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EL CID

2015-2016 THÉÂTRES DU VAL D’YERRES

VENDREDI 8 AVRIL À 14H AU CEC - THÉÂTRE DE YERRES

à partir de 12 ans

Mise en scène Danuta Zarazik Chorégraphie Karine Herrou Direction Musicale Sinda Elatri Maître d’Armes Florence Leguy Costumes Amélie Hagnerel et Perrine Chassagne Maquillage Catherine Gargat

Avec la Compagnie Alegría Emilien Audibert, Agathe Boudrières, Rym Bourezg, Emanuele Contadini, MarieGiros, Issam Kadichi, Thibaut Kizirian, Simon Lapierre, Davide Lazzaretto, Laurie-Anne Macé et Clovis Rampant.

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EL CID

2015-2016 THÉÂTRES DU VAL D’YERRES

L’AUTEUR

PIERRE CORNEILLE

Ses dates : 6 juin 1606 – 1er octobre 1684

Pierre Corneille est un dramaturge et poète français, il nait à Rouen le 6 juin 1606. Il étudie au Collègue Bourbon de Rouen tenu à cette période par les jésuites, en classe de rhétorique notamment, et obtient des prix d’éloquence en latin.

notamment, et obtient des prix d’éloquence en latin. Issu d’une famille de magistrats et l’aîné de

Issu d’une famille de magistrats et l’aîné de cinq enfants, on le prédestine à devenir avocat, mais rien n’y fait. En effet, sa personnalité timide et discrète le détourne du barreau pour se réfugier dans la poésie. Il écrit sa première pièce, Mélite, à l’âge de 23 ans, ses œuvres de jeunesses se tournent vers la comédie. Il s’affirme peu à peu comme un écrivain talentueux et se fait remarquer par Cardinal de Richelieu, ce dernier lui propose de faire partie d’un cercle d’écrivains pour composer des pièces à sa demande : La société des cinq auteurs, parmi lesquels L’Estoile, Boisrobert, Guillaume Colletet et Rotrou. Seulement, le jeune Corneille aspire à une liberté d’écriture et ne supporte pas de composer sur commande. C’est en 1636, qu’il écrit une pièce d’empreinte semi- tragique, semi-comique, Le Cid qui reçue un accueil triomphal. Pièce centrale dans sa carrière, Corneille s’affirme alors comme un dramaturge de renommée internationale (Le Cid fût traduit dans la majeure partie des langues européennes) et publie toute une série d’œuvres à succès depuis Horace en passant par La Mort de Pompée, Polyeucte et Cinna. Il est élu à l’Académie française le 22 janvier 1647 ce qui lui vaudra le surnom de « Père de la tragédie ». Côté vie privée, Corneille épouse en 1641 Marie de Lampérière avec qui il aura six enfants. Son frère Thomas Corneille, lui aussi dramaturge, de dix neuf ans son cadet, connaîtra le succès avec une quarantaine d’ouvrages et succèdera à la mort de son frère au fauteuil d’académicien.

Pierre Corneille sera rattrapé par une jeune génération d’écrivains dont Jean Racine. En effet, on reproche au travail de Corneille d’être irrégulier, ses compositions alternent succès et déception. Sa popularité baisse cruellement à partir de Pertharite (1652), au point de se murer dans le silence durant sept années. Il refait apparition sur scène avec Œdipe en 1659, mais la suite de ses compositions reçoit un accueil mitigé. Après sa dernière œuvre Surena, Corneille quitte la scène parisienne définitivement et disparait le 1er octobre 1684. Les œuvres de Corneille sont aujourd’hui considérées comme des classiques de la littérature française, elles ont aussi contribué à fixer la langue française, qui était à cette période en plein évolution (voir ci-dessous).

à cette période en plein évolution (voir ci-dessous). Pierre Corneille, Théâtre de P. Corneille : avec

Pierre Corneille, Théâtre de P. Corneille: avec des commentaires, et autres morceaux intéressants, Tome 6, (1650), 1765.

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SES ŒUVRES

1629

Mélite

1644

La Suite du menteur

1663

Sophonisbe

1632

La Veuve

1645

Rodogune

1664

Othon

1633

La Galerie du palais

1646

Théodore, vierge et martyr

1666

Agésilas

1634

La Suivante

1646

Héraclius

1667

Attila

1634

La Place Royale

1649

Don Sanche d’Aragon

1670

Tite et Bérénice

1635

Médée

1650

Andromède

1672

Pulchérie

1636

L’Illusion comique

1651

Nicomède

1674

Surena

1637

Le Cid

1651

Pertharite

1640

Horace

1656

Imitation de Jésus-Christ

1642

Cinna

1659

Œdipe

1642

Polyeucte

1660

Examens et trois Discours

1643

La Mort de Pompée

1661

Conquête de la Toison d’or

1643

Le Menteur

1662

Sertorius

1629 1632 1633 1634 1634 1635 1636 1637 1640 1642 1642 1643 1643
1629
1632
1633
1634
1634
1635
1636
1637
1640
1642
1642
1643
1643

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L’ŒUVRE

Le Cid est une tragi-comédie en 5 actes écrite par Pierre Corneille, publiée en 1636 et représentée pour la première fois au Théâtre du Marais à Paris en janvier 1637. Cette œuvre suscita beaucoup de critiques concernant son contenu et sa forme lors de sa publication et sera condamnée par l’Académie française et le Cardinal de Richelieu. Le « Cid », « seid » en arabe, veut dire « Seigneur ». Corneille s’est librement inspiré de l’ouvrage Les Enfances du Cid de l’écrivain espagnol Guillén de Castro, ce qui lui a valut d’être accusé de plagiat.

LES PERSONNAGES

Don Rodrigue (Rodrigue) : fils de Don Diègue et amant de Chimène. Cid est un surnom de guerre qui ne sera rappelé qu’aux actes IV et V et uniquement par le roi et l’Infante. Chimène : fille de Don Gomès et maîtresse de don Sanche et de Don Rodrigue dont elle est aussi l’amante. Don Gomès (le comte) : comte de Gormas et père de Chimène. Don Diègue [de Bivar] : père de don Rodrigue. Doña Urraque (l’Infante) : Infante de Castille, secrètement amoureuse de don Rodrigue. Don Fernand : premier roi de Castille. Don Sanche : amoureux de Chimène. Elvire : gouvernante de Chimène Léonor : gouvernante de l’Infante. Don Arias et Don Alonse : gentilshommes castillans.

RÉSUMÉ

Plus qu’une tragi-comédie, El Cid est un poème épique où la passion amoureuse guerroie avec les codes d’honneur exacerbés de la péninsule ibérique du XI e siècle. C’est dans le contexte historique d’une Espagne arabo-andalouse déchirée par les luttes de pouvoir opposant Chrétiens et Musulmans qu’un amour mythique et immortel voit le jour: celui de Rodrigue et Chimène. Cependant la querelle de leurs pères érige entre eux un obstacle invincible: l’honneur. Faut-il sacrifier son amour ? Faut-il sauver l’honneur ? Faut-il tuer ? Faut-il mourir ?

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L’ARGUMENT

ACTE I

L’histoire se passe à Séville en Espagne en 1033. On apprend que Chimène, fille du Comte Don Gomès s’apprête à épouser Rodrigue, fils du comte Don Diègue. Ce dernier vient d’être désigné gouverneur du Prince de Castille au grand désarroi de Don Gomès qui attendait cette promotion. Les relations entre les deux hommes dégénèrent au point d’en venir aux mains : Don Gomès gifle Don Diègue et le déshonore en faisant tomber son épée. Don Diègue, fatigué par son grand âge fait appel à son fils, Rodrigue et lui demande de le venger. L’acte se termine sur le trouble qui hante Rodrigue, doit-il rétablir l’honneur de son père en tuant Don Diègue, ce qui le conduirait à perdre Chimène à tout jamais ?

ACTE II

Rodrigue décide de venger son père et provoque Don Gomès en duel. Toute la cour est en émoi devant tant de colère et tente tant bien que mal de dissuader les deux hommes de se battre. L’Infante, elle aussi éprise de Rodrigue, propose de l’emprisonner, tandis que Don Arias, gentilhomme castillan tente de dissuader Don Gomès. De son côté, Don Fernand, roi de Castille craint que cette affaire ne vienne aggraver la situation politique : Séville est sur le point d’être attaquée par les Maures. La situation s’avère incontrôlable, Don Gomès est assassiné par Rodrigue. Chimène renonce à son mariage et demande au Roi la permission de venger son père.

ACTE III

Chimène demande au Roi la tête de Rodrigue comme titre de vengeance. Rodrigue rejoint ses appartements et lui offre la possibilité de le tuer de ses propres mains. Les deux amoureux se lamentent sur leur sort et repensent au passé. Rodrigue explique à Chimène qu’il ne l’aurait pas mérité s’il n’avait pas vengé son père, tiraillé entre son honneur et ses sentiments pour elle. Son père, lui, le félicite et l’encourage d’aller se battre contre les maures pour recevoir les hom- mages du roi ou bien une mort glorieuse.

ACTE IV

Rodrigue revient victorieux de la bataille contre les Maures et obtient le pseudonyme de « Cid » par le roi, Don Fernand. Chimène soulagée de savoir Rodrigue sain et sauf, souhaite tout de même assouvir sa vengeance et demande au roi la permission d’organiser un duel entre Rodrigue et un chevalier volontaire pour rétablir son honneur. Elle s’engage à épouser le vainqueur, une opportunité que ne manquera pas de saisir Don Sanche, un prétendant. Le roi accepte mais à une condition : Chimène devra épouser le chevalier vainqueur même s’il s’agit de Rodrigue.

ACTE V

Rodrigue retrouve Chimène dans ses appartements et lui annonce qu’il ne se défendra pas lors du duel car il ne sup- porte pas d’être haït par elle. Chimène le supplie de se battre car elle ne souhaite pas épouser Don Sanche. L’Infante de son côté pleure sur son sort et se désole que Rodrigue et Chimène n’aient pas été séparés avec tous ces évènements. Chimène, quant à elle, se rend compte que la situation vire à l’absurde: elle devra épouser le meurtrier de son père ou bien celui de son amour. Don Sanche arrive auprès de Chimène ce qui l’amène à penser que Rodrigue est vaincu. Elle se résout à entrer au couvent afin de pleurer son père et son amant. On apprend finalement par le roi que Rodrigue a épargné la vie de Don Sanche lors du duel, et qu’elle est par conséquent invitée à accepter la main du « Cid » une fois les maures repoussés et son deuil terminé.

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EN SAVOIR PLUS

LES MAURES À SÉVILLE

L’histoire du Cid se déroule à Séville durant « la reconquista ». Il faut savoir que le territoire de Séville et plus largement de l’Andalousie a subi de nombreuses invasions car il était riche en minéraux (fer, bronze, or et argent). De plus, Séville est traversée par le fleuve Guadalquivir, ce qui en fait un atout commercial et maritime. Découverte par les phéniciens, fondée par les tartessiens, conquise par les catharginois puis les romains, cette ville d’Andalousie constitue un carrefour où diverses civilisations se croisent. Durant le Moyen Âge, Séville sera occupée par les peuples germa- niques qui seront écartés par des armées venant du Maroc vers 711, c’est la « conquista » symbolisée par la bataille du Guadalete, oppo- sant l’armée Omeyyade et le Royaume de Wisigoth. En effet, c’est le lieutenant Tariq ibn Ziyad, qui mènera les troupes ber- bères sur les terres espagnoles en passant par le détroit de Gilbratar, « djebel Tariq » en arabe, la « montagne de Tariq ». La conquête par le peuple arabe s’est faite plus ou moins sans contraintes car les condi- tions de vie de la population andalouse sont rudes à cette période :

persécution des juifs par les catholiques, épuisement de la population par la famine et les épidémies, les habitants aspirent à une stabilité politique et un avenir meilleur, ils vont donc collaborer avec l’armée Omeyyade. Toutefois, les relations entre souverains musulmans étant conflic- tuelles, les chrétiens vont profiter de cette instabilité politique pour reconquérir les terres andalouses, c’est la « reconquista » qui débute en 718 jusqu’en 1492. Cette fragilité de l’Espagne du sud est symbolisée par les communautés « taïfas » qui contrôlent chacune une partie du territoire, Séville est alors occupée par la dynastie des Abbadides qui régna de 1023 à 1091. Un fameux chevalier, mer- cenaire chrétien nommé Rodrigo Díaz de Vivar alias El Cid Campeador s’est illustré en héros au côté des armées venues du nord et notamment du roi Ferdinand le Grand de Castille qui occupa le trône de 1035 à 1065. Selon la légende, El Cid a été élevé à la cour du roi Ferdinand le Grand après la mort de son père. Le Roi pour le récom- penser de sa bravoure mise à profit pour repousser les attaques des maures, lui donne en mariage sa nièce, Jimena Diaz (Chimène). Nous remarquerons que les dates indiquées ci-dessus ne correspondent pas réellement au récit de Corneille, en effet, ce dernier s’est librement inspiré de cette histoire pour en faire un drame à part entière à l’instar de l’écrivain espagnol Guillén de Castro y Bellvís (1569-1631) et son œuvre Las Mocedades del Cid, dont Corneille s’est aussi inspiré.

Guillén de Castro y Bellvís (1569-1631) et son œuvre Las Mocedades del Cid , dont Corneille

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LA RÈGLE DES TROIS UNITÉS

Le théâtre du 17 ème siècle, appelé « théâtre classique » est régenté par un ensemble de règles qui répondent à un souci de vraisemblance. En effet, l’histoire doit sembler vraie auprès du public et pour ce faire, des règles de « bienséances » ont été appliquées en accord avec les mœurs de l’époque. C’est François Hédelin, abbé d’Aubignac, qui fixa ces règles dans son ouvrage Pratique du théâtre, publié en 1657. La pièce El Cid a suscité beaucoup de controverses en particulier pour le non-respect de certains points.

L’unité d’action : L’attention du spectateur doit se concentrer sur une intrigue pour permettre une meilleure compréhen- sion de l’action. Dans El Cid, Corneille génère une intrigue secondaire entre l’Infante et Rodrigue. L’Infante tente de dissi- muler ses sentiments car elle sait que Rodrigue et Chimène sont épris l’un de l’autre.

L’unité de temps : L’action doit se dérouler le temps de la représentation. Dans El Cid l’action se déroule en 24 heures, seu- lement le lecteur à peine à croire qu’autant d’évènements puissent se dérouler en si peu de temps ! (duel entre Rodrigue et Don Gomès, attaque de la ville dans la nuit par les maures, Rodrigue sauve la ville puis réunion le lendemain avec le roi).

L’unité de lieu : L’action doit se dérouler dans un lieu unique. Cependant, il est possible qu’un lieu ait plusieurs décors. El Cid se déroule à Séville mais l’action prend place dans différents espaces : la chambre de Chimène, dans les rues de Séville, au palais du roi etc.

« LA QUERELLE DU CID »

Corneille est incontestablement un grand dramaturge. Depuis la première El Cid, le public l’acclame et le place au centre de toutes les préoccupations y compris les plus jaloux et réactionnaires. En effet, Corneille n’a pas totalement respecté la fameuse règle des trois unités, et constitue une faute grave pour le cercle des dramaturges classiques. L’action conden- sée est surréaliste, l’histoire d’amour entre Chimène et Rodrigue est concurrencée par les sentiments de l’Infante pour Rodrigue, l’action se déroule dans différents lieux dans la ville de Séville. De plus, le dénouement heureux de l’histoire d’amour entre Rodrigue et Chimène contredit la définition de « tragédie », ce qui lui vaut le titre de « tragi-comédie ».

Corneille est également accusé d’avoir plagié la pièce Les Enfances du Cid de l’écrivain espagnol Guillén de Castro, de l’avoir non seulement imitée mais également de ne pas l’avoir respectée en déplaçant l’action à Séville au lieu de Burgos, lieu initial de l’intrigue. Le Cardinal de Richelieu demanda à l’Académie française d’émettre son opinion et publiea Les Sentiments de l’Académie sur la tragi-comédie du Cid en 1637.

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LE CID DE JULES MASSENET

Le Cid est un opéra français en quatre actes composé par Jules Massenet sur un livret de d’Adolphe d’Ennery, de Louis Gallet et d’Édouard Blau. Il fut représenté pour la première fois le 30 novembre 1885 à l’Opéra de Paris. Jules Masse- net s’est inspiré à la fois de la pièce Les Enfances du Cid de Guillén de Castro et de celle de Pierre Corneille El Cid, il a notamment choisi de placer l’intrigue à Burgos.

On observe dans le document ci-à côté, que Jules Massenet a souhaité mettre en valeur le caractère des personnages en choisissant des tessitures de voix particulières. La tessiture de voix désigne l’ensemble des sons qu’un chanteur peut atteindre avec sa propre voix. Les rôles de Chimène et l’Infante sont tous les deux interprétés par des chanteuses sopranos. La voix de soprano est sou- vent privilégiée pour mettre en valeur les personnages féminins d’apparence jeune et amoureuse. Cependant, le registre « soprano dramatique » indique que le compositeur a souhaité ajouter une valeur sérieuse au personnage de Chimène en lui préférant une voix de soprano davantage présente dans les notes graves. En effet, Chimène est une femme dotée d’une forte personnalité, ainsi ce timbre de voix permet de mettre en avant ce trait de caractère.

Rodrigue, quant à lui est interprété par un chanteur ténor. La voix de ténor est la voix la plus aigue dans le registre mas- culin, les compositeurs se plaisent à l’utiliser pour caractériser vocalement des héros dont le sort est cruel tant du point de vue sentimental que loyal. Ce registre semble parfaitement convenir pour le rôle de Rodrigue, personnage central de la pièce El Cid, continuellement incompris par ses pairs et tiraillé entre son amour pour Chimène et le devoir envers son père.

Cette œuvre musicale pourrait permettre d’étudier la pièce El Cid sous un angle différent, axé sur la psychologie des personnages.

pourrait permettre d’étudier la pièce El Cid sous un angle différent, axé sur la psychologie des

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LA PRODUCTION

EL CID SELON LA COMPAGNIE :

Si Le Cid de Corneille fait partie des pièces classiques les plus souvent jouées en France depuis sa création, c’est que son contenu n’a pas vieilli d’un iota. Le dilemme cornélien (amour du pouvoir ou pouvoir de l’amour) trouve ici sa plus infinie représentation. Mais comment mettre en scène ce texte aujourd’hui ? D’une part, nous avons essayé de retranscrire la pièce dans son contexte historique. À l’époque du Cid, l’Espagne était en pleine Reconquista, bouleversée par une guerre opposant Chrétiens et Musulmans. Ces deux cultures comme autre- fois s’entremêlent dans notre mise en scène, au travers des chants (aussi bien arabes qu’espagnols) et de la danse (flamenco). Les trois combats (querelle des deux pères, affrontement entre Don Rodrigue et le Comte, ordalie judiciaire entre Don Rodrigue et Don Sanche) sont exécutés à l’épée médiévale et présentés dans leur entièreté. D’autre part, il s’agissait de rendre à la pièce sa véritable nature, celle de tragicomédie. En effet, si nous avons à notre répertoire trois pièces appartenant au genre comique, à savoir Le Malade Imaginaire de Molière, La Folie d’Isabelle de Flaminio Scala et l’Arlequin, Serviteur de Deux Maîtres de Goldoni, Le Cid de Corneille va puiser dans l’infinie profondeur du genre tragique. Le tragique exprime la prise de conscience par l’homme des forces qui pèsent sur lui, le dépassent et le dominent. Il ne se manifeste pas que dans la tragédie, et toutes les tragédies ne sont pas forcément tragiques : c’est le cas du Cid. Les éléments comiques ne manquent pas : les personnages du Roi et de Don Arias font dans notre mise en scène l’objet d’un décalage avec la tragédie propre aux amants et à la querelle de leurs pères.

Pour en revenir au dialogue direct entre les acteurs et le public, la Commedia dell’Arte est peut-être le style théâ- tral où ce dialogue est le plus clair : le jeu masqué est par nature destiné à une adresse directe, frontale, avec le spectateur. Les représentations se jouent sur un tréteau en bois, démontable, conçu pour être installé n’im- porte où, en salle comme à l’extérieur : ainsi, c’est le théâtre qui vient directement à la rencontre du public. Si Le Cid ne reprend pas les codes du jeu masqué, le tréteau est bien conservé, ainsi que l’esprit de la Commedia, aussi bien dans le rapport frontal au public que dans les jeux scéniques. Dans les représentations qui ont lieu en milieu scolaire, le rapport au public est double dans la mesure où nous proposons, à la fin du spectacle, une rencontre ‘’bord de scène’’ entre les comédiens et les élèves où nous pouvons échanger, parler de l’œuvre, de l’auteur, de notre manière d’aborder les alexandrins, du processus de fabrication du spectacle, de la Commedia dell’Arte en général, etc…

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LA COMPAGNIE ALEGRIA

La Compagnie Alegría est une association loi 1901 fondée en 2014 par les dix élèves de la huitième promotion de l’Aca-

démie Internationale Des Arts du Spectacle, à l’issue de leur troisième et dernière année de formation professionnelle. L’AIDAS propose un cursus intensif à la Commedia dell’Arte et à toutes les disciplines associées telles que l’escrime

, une formation aux autres types de théâtre. Les quatre spectacles de la compagnie sont tirés soit du théâtre classique, comme Le Malade Imaginaire de Molière, El Cid de Corneille, soit de la tradition populaire italienne comme la Folie d’Isa- belle de Flaminio Scala, ou l’Arlequin, Valet de Deux Maîtres de Carlo Goldoni. Ces derniers s’inspirant totalement ou de manière plus référentielle des techniques de la Commedia. L’AIDAS a permis à la troupe de jouer ses spectacles lors de festivals en France (à Paris, Tomblaine, Cergy et en région parisienne), à l’étranger (à Rome, Venise et Bergame), et lors de festivals professionnels: le Mois Molière à Versailles et le Festival OFF d’Avignon.

artistique, la pratique du masque, le mime, le chant, la danse (classique, flamenco, tango) l’acrobatie etc

mais aussi

DANUTA ZARAZIK, METTEUSE EN SCÈNE.

Danuta Zarazik est formée à l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique de Strasbourg. En tant que comédienne, elle a no- tamment travaillé avec Georges Lavaudant, Robert Girones, Carlo Boso, Ariel Garcia Valdes, Jean Marie Villégier, Emmanuel Ostrovski, Sylvie Mongin-Algan… sur des œuvres de Racine, Molière, Marivaux, Shakespeare, Eschyle, Pirandello, Tchekov, Gorki, Ibsen, B. Chartreux, N. de Pontcharra…

Tchekov, Gorki, Ibsen, B. Chartreux, N. de Pontcharra… Depuis de nombreuses années, elle travaille en étroite

Depuis de nombreuses années, elle travaille en étroite collaboration avec Carlo Boso en tant que co-directrice de l’Académie Internationale Des Arts du Spectacle et est également forma- trice sur les stages AFDAS qu’il dirige. Par ailleurs, elle anime des stages de théâtre autour d’auteurs divers, tels que Brecht, Koltès, Beckett, Shakespeare, Genet, Strindberg, Garcia Lorca, Sean O’Casey… En 2003, elle fonde la Cie des Utopies Sauvages.

En tant que metteur en scène, elle a dirigé Mademoiselle Julie de Strindberg, Virulla (comédie musicale présentée au théâtre du Gymnase à Paris en 2007 et au Zénith de Toulon en 2009), Toute une Journée dans les bras d’un Homme de Dario Fo et Franca Rame (présenté à l’Espace Pierre Cardin à Paris et au Festival d’Avignon OFF en 2004 et 2012), La Esmeralda d’après Victor Hugo (Festival d’Avigon Off 2012) et El Cid (Avignon OFF 2013 et au théâtre Montansier de Versailles en avril 2014)… Elle signe également en collaboration avec Carlo Boso les mises en scène de La Nuit des Rois de Shakespeare, La Trilogie de la Villégiature de Goldoni, Arlequin poli par l’Amour de Marivaux

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