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: DEFENSE . DU CHRISTIANISME PAR LES PERES DES PREMIERS SIECLES DE VEGLISE, CONTRE LES PRILOSOPHES; LBS PATENS. ET LFS JUIFS. ‘TAADUCTIONS FUBLIERS, ete ae DEUXIEME SERIE contenant: LES GUVRES CHOISIRS DE SAINT CLEMENT D’ALEXANDRIE ET LBS DISCOURS DE SAINT BERNARD. PARIS, LIBRAIRIE DE PERRODIL, EDITEUR, Place du PalisRoyal, 244. 1846 ; LiDRARY AR eh Varn ners QUEL RICHE PEUT ETRE SAUVE. Ceux qui louent les riches, faisant ainsi semblant d’hono- rer les richesses qui , par elles-mémes, ne méritent aucune Jouange, ne sont pas seulement de vils flatteurs , des escla- ves laches et rampants, ils sont des impies et des traftres. Des impies : la louange appartient & Dieu, seul étre bon et parfait, de qui tout vient, par qui tout existe, en qui tout réside; elle lui appartient , il se l'est réservée , et ils Ven privent! Ils font plus encore, ils la prostituent & des hom- livrés ala fouguede leurs passions, qui n’ont d’autre ré- compense a attendre de la justice divine que la punition de leurs crimes. Des traitres : les richesses seules suffisent pour amollir, corrompre et détourner de la voie du salut ceux qui ont le malheur de les posséder ; les flatteurs le savent, et ils entretiennent les riches dans leur folie ; ils enorgueil- lissent leur orgueil, ils leur apprennent & tout mépriser , si ce n’est ces richesses, qui leur procurent tant d’honneurs. Ils ajoutent ainsi la flamme & la flamme, l’orgueil &l’orgueil, le poison de la flatterie au poison de lor; un poids déja trop lourd qu’ils devraient alléger, il I’aggravent ; une ma- ladie dangereuse qu’ils devraient s'efforcer de guérir, ils 250 (BUVBES CHOISIES la rendent mortelle et incurable. « L’arrogance et la vanité, » adit le Seigneur, seront punies par l'abaissement et la » ruine. » Il est donc bien plus humain, bien plus charita- ble, au lieu de: flatter les riches et de couvrir du bruit de nos louanges le bruit que leurs crimes élévent autour d’eux, de venir & leur aide par de sages avertissements, et de leur apprendre par quels moyens ils peuvent entrer et s'avancer sQrement dans la voie sainte du salut. C’est surtout par la pritre vers ce Dieu, qui dispense ses faveurs & ses enfants et leur apprend & en faire un usage conforme et agréable & ses volontés, c’est par la grace de notre Sauveur que nous pouvons guérir leur esprit : c’est en les éclairant , c’est en nous offrant pour guides & leur ignorance dans la recherche de la vérité. Celui-la seul, en effet, qui s’attache ardem- ment 2 Ja vérité, et qui s’environne de la lumidre des bon- pes ceuvres, celui-la seul sera sauvé, et emportera le prix de la vie éternelle. Or, si d'un cOté la pritre, qui doit nous trouver infatigables et nous servir d’appui fiddle jusqu’a la derniére heure de notre vie, demande un eaprit plein de force et de sérénité; d'un autre cOté, la vie régulidre de- mande un amour ardent de la justine et une oléissance Sclairée & tous les préceptes du Sauveur. | Ce n’est pas une seule et simple cause, mais plusieurs, et de différentes sortes, qui font croire aux riches qu'il lear gst plus difficile qu’aux pauvres de se sauver. Les ums, en effet, saisissant sans réflexion, et prenant 2 la lettre ces pa- roles de notre Sauveur : « I] est plus facile A un cable de | » passer par le trou d’une aiguille qu’a un riche d’entrer | » dans le royaume des ciewx, » se persuadent qu'ils n'ont qucune part 4 I’héritage céleste de tous lea hommes, ot sus- pendus entre le regret de la vie étergelie ¢t les plaisire dela vie périssable , ils se rejettent yers celle-ci et se perdent enx-mémes, np sqngeant pas ¢ examines quele sqnt ceux 3