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Filière Blé en Algérie face a la Mondialisation

Filière Blé en Algérie face a la Mondialisation

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE D’ALGER

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION
DEPARTEMENT ECONOMIE

OPTION : ECONOMIE INTERNATIONALE

THÈME:













Réalisé par: Dirigé par:

FOUGHALI Ibrahim Mr.ADLI Zouheir








Promotion 2005/2006
LA FILIÈRE BLÉ EN
ALGÉRIE FACE A LA
MONDIALISATION



REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE D’ALGER

FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION
DEPARTEMENT ECONOMIE

OPTION : ECONOMIE INTERNATIONALE

THÈME:













Réalisé par: Dirigé par:

FOUGHALI Ibrahim Mr.ADLI Zouheir








Promotion 2005/2006
LA FILIÈRE BLÉ EN
ALGÉRIE FACE A LA
MONDIALISATION

























































DEDICACE







A la mémoire de mon très cher père



































REMERCIMENTS

Je remercie tous ceux qui , de près ou de loin, m’ont aidé à
accomplir ce modeste travail, sans oublier :

-Ma chère mère pour ses conseils métodologiques qui ne
représentent qu'une partie insignifiante par rapport à tout ce qu'elle a
consenti comme sacrifices.

- Ma chère tante chez laquelle j’ai trouvé le soutien, l’aide,
l’assistance indispensables et sans lesquels je n’aurais pu parvenir
au terme de mon travail.

- Monsieur Adli Zouheir à qui j’exprime ma profonde gratitude pour
le soutien sincère pédagogique aussi bien que métodologique qu’il
m'a apporté.

- Monsieur Hamdi et Mr.Brahim de CAMEF pour les moments
fructueux et le climat favorable pour travailler.

- A tous ceux qui me sont chers, particulièrement :

Mon frère Yasser et mes deux sœurs,

Mes cousins : Abderrahmane, Taha,Selmane,Idir, Ghanou, Rabiaa, Malik
et tout le reste de la famille,

Mes camarades de la promotion Walid, Houcine, Abdessamad, Adlane,
Djamel, Abdelkarim ………

Mes amis : Raouf, Sofiane, Hamza,Hichem,Zaki,les tois Karim et
Emmanuel….








Résumé

Le secteur agroalimentaire généralement et la filière blé précisément constituent
un secteur de premier plan dans la plupart des pays des rives sud de la
Méditerranéen,
à la fois pour son poids en termes socio-économique et pour ses effets
d’entraînement. On voit toutefois apparaître, après une phase dominée par les
entreprises publiques jusqu’au début des années 90, des firmes de grande taille
développées par le capitalisme privé,dans plusieurs pays MEDA :Egypte, Maroc,
Tunisie, Turquie ,Algerie notamment.
À la lumière de ces considérations,un des objectif de cet étude est de montré
que l'Algérie doit améliorer sa capacité à attirer des IED dans ce secteur . Sur
le long terme,l'examen pourra stimuler l’innovation, le transfert de
technologie,une coordination plus efficace entre les entreprises internationales
et locales et le dialogue public-privé.Cela renforcera également les possibilités
de l'Algérie de tisser des liens avec l’économie régionale et mondiale.

ﺺﺨﻠﻣ

ﻞﺘﺤﻳ ﺫﺇ ﺔﻴﻟﻭﺃ ﺔﻧﺎﻜﻣ ﻭﺫ ﺹﻮﺼﺨﻟﺎﺑ ﺢﻤﻘﻟﺍ ﻉﺮﻓ ﻭ ﺎﻣﻮﻤﻋ ﻲﺣﻼﻔﻟﺍ-ﻲﺋﺍﺬﻐﻟﺍ ﻉﺎﻄﻘﻟﺍﺮﺒﺘﻌﻳ
ﻪﺘﻴﻤﻫﻷ ،ﻂﺳﻮﺘﻤﻟﺍ ﺾﻴﺑﻷﺍ ﺮﺤﺒﻟﺍ ﻦﻣ ﺔﻴﺑﻮﻨﺠﻟﺍ ﺔﻔﻀﻟﺍ ﻥﺍﺪﻠﺑ ﺔﻴﺒﻠﻏﺃ ﺪﻨﻋ ﺓﺭﺍﺪﺼﻟﺍ ﺔﺒﺗﺮﻣ
.ﺔﻴﻋﺎﻤﺘﺟﻹﺍ-ﺔﻳﺩﺎﺼﺘﻗﻹﺍ
ﺕﺎﻨﻴﻌﺴﺘﻟﺍ ﺔﻳﺍﺪﺑ ﻰﺘﺣ ﺔﻴﻣﻮﻤﻌﻟﺍ ﺕﺎﺴﺳﺆﻤﻠﻟ ﺔﺤﺿﺍﻮﻟﺍ ﺓﺮﻄﻴﺴﻟﺍ ﺔﻠﺣﺮﻣ ﺪﻌﺑ ﻆﺣﻼﻤﻟﺍ ءﻲﺸﻟﺍ
ﻦﻣ ﺪﻳﺪﻌﻟﺍ ﻲﻓ ﺔﺻﺎﺧ ﺔﻠﻤﺳﺃﺭ ﻖﻳﺮﻃ ﻦﻋ ﻉﺎﻄﻘﻟﺍ ﺍﺬﻫ ﻲﻓ ﺓﺭﻮﻄﺘﻣ ﺔﻗﻼﻤﻋ ﺕﺎﻛﺮﺷ ﺭﻮﻬﻇ
.ﺮﺋﺍﺰﺠﻟﺎﺑ ﻝﺎﺤﻟﺍ ﺔﻌﻴﺒﻄﺑﻭ ﺎﻴﻛﺮﺗ ،ﺲﻧﻮﺗ ،ﺏﺮﻐﻤﻟﺍ ،ﺮﺼﻣ :ﻞﺜﻣ ﻥﺍﺪﻠﺒﻟﺍ ﻩﺬﻫ
ﻰﻠﻋ ﺐﺟﻮﺘﻳ ﻪﻧﺃ ﺕﺎﺒﺛﺇ ﻮﻫ ﺔﺳﺍﺭﺪﻟﺍ ﻩﺬﻫ ﻑﺍﺪﻫﺃ ﻯﺪﺣﺍ ﻥﺈﻓ،ﺕﺍﺭﺎﺒﺘﻋﻹﺍ ﻩﺬﻫ ﻝﻼﺧ ﻦﻣ
ﻞﻳﻮﻃ ﺪﻣﺃ ﻲﻓﻭ .ﻲﻨﻌﻤﻟﺍ ﻉﺎﻄﻘﻟﺎﺑ ﺔﻴﺒﻨﺟﻷﺍ ﺕﺍﺭﺎﻤﺜﺘﺳﻻﺍ ﺐﻠﺟ ﻰﻠﻋ ﺎﻬﺗﺭﺪﻗ ﻦﻴﺴﺤﺗ ﺮﺋﺍﺰﺠﻟﺍ
ﺓﺩﺎﻳﺯ ﻰﻟﺇ ﺔﻓﺎﺿﻹﺎﺑ ،ﺪﻠﺒﻟﺍ ﻰﻟﺇ ﺎﻴﺟﻮﻟﻮﻨﻜﺘﻟﺍ ﻝﺎﻘﺘﻧﺍﻭ ﺭﺎﻜﺘﺑﻻﺍ ﺹﺮﻔﺑ ﻊﻓﺪﺗ ﺪﻗ ﺔﻬﺟﻮﻟﺍ ﻩﺬﻫ ﻥﺈﻓ
ﻦﻴﺑﺭﺍﻮﺤﻟﺍﻭ ﺔﻴﻠﺤﻤﻟﺍ ﺕﺎﻛﺮﺸﻠﻟﺍﻭ ﺔﻴﻣﻮﻗ ﻕﻮﻔﻟﺍ ﺕﺎﻛﺮﺸﻟﺍ ﻦﻴﺑ ﻥﻭﺎﻌﺘﻟﺍﻭ ﻖﺳﺎﻨﺘﻟﺍ ﺔﻴﻟﺎﻌﻓ
.ﺹﺎﺨﻟﺍﻭ ﻡﺎﻌﻟﺍ ﻦﻴﻋﺎﻄﻘﻟﺍ
ﻱﻮﻘﻄﻨﻤﻟﺍ ﺩﺎﺼﺘﻗﻹﺍ ﻊﻣ ﺎﻬﻄﺑﺍﻭﺭ ﻖﻠﺧ ﻲﻓ ﺮﺋﺍﺰﺠﻟﺍ ﻕﺎﻓﺁ ﺔﻳﻮﻘﺗ ﻰﻟﺇ ﻱﺩﺆﻳ ﺮﻴﺧﻷﺍ ﺍﺬﻫ
.ﻲﻤﻟﺎﻌﻟﺍﻭ









TABLE DES MATIERES

DEDICACE ………………………………………………………….. 4
REMERCIMENTS…………………………………………………… 5
RESUME…………………………………………………………….... 6
ﺺﺨﻠﻣ ………………………………………………………………. 6
LISTES DES TABLEAUX…………………………………………... 12
LISTES DES FIGURES……………………………………………… 14
LISTES DES ABBREVIATIONS……………………………………. 15

PREMIERE PARTIE: Aspect méthodologique de la recherche..... 18

I .1 Introduction................................................................... 19
I.1.1 L'objectif de la recherche………………………………. 20
I.1.2 Problématique et hypothèses de recherche………………. 21
I.1.3 Cadre théorique de la recherche : La théorie éclectique
(Le paradigme O.L.I) 1981………………………………... 22
I.2 Concepts généraux…………………………………… 24
I.2.1 L'investissement direct étranger ………………………… 25
I.2.1.1 Introduction…………………………………………….... 25
I.2.1.1.1 Les determinants de la delocalisation des unités de R&D.. 26
I.2.1.1.2 La definition d'IDE………………………………………. 28
I.2.1.2 Tandances et évolution récente de l’IDE……...………….. 29
I.2.1.2.1 Faits saillants……………………………………………… 30
I.2.1.2.2 Entrées et sorties mondiales d’IDE (Bilan 2003-2004-2005)… 31
I.2.1.2.2.1 Entrées d’IDE par région………………………………….. 34
I.2.1.2.2.2 Sorties d’IDE par region…………………………………... 37
I.2.1.3 Répartition sectorielle de l'investissement direct et détail des
transactions………………………………………………… 39
I.2.1.4 Comment faire pour attirer l’IDE vers les pays en
developpement, notamment Africains………………………41
I.2.1.5 Les problèmes du Moyen-Orient…………............................42
I.2.2 La multinationalisation………………………………………44
I.2.2.1 Gros plan sur la multinationalisation et la mondialisation de
« l’économie du savoir »……………………………………...44
I.2.2.2 Les indicateurs économiques de la mondialisation..................48
I.3 Conclusion...............................................................................49



DEUXIEME PARTIE : Analyse du marché international de blé…. 51

II .1 Introduction........................................................................ 52
II.1.1 La nature hétérogène du blé…………………………………. 53
II.1.1.a) La différenciation du blé par rapport à l'utilisation finale…… 53
II.1.1.b) La différenciations par rapport à la source
d'approvisionnement………………………………………… 55
II.1.2 Caractéristiques du commerce international des céréales…… 56
II.1.2.1 Faits récents du marché international des céréales………….. 58
II.1.2.2 Aperçu sur l’offre et la demande en 2006/07……………….. 59
II.2 Les firmes MN dominante sur le marché mondiale des
Céréales…………………………………………………….. 65
II.3 Structure et stratégie des multinationales agroalimentaires… 67
II.3.1 Poids des investisseurs institutionnels et financiarisation des
Staratégies…………………………………………………... 68
II.3.1.1 Le modèle anglo-saxon de la « shareholder value »………… 68
II.3.1.2 Logique d’action des I.I……………………………………… 68
II.3.1.3 Influence sur les entreprises………………………………….. 69
II.3.1.4 La diffusion du modèle anglo-saxon en Europe : le cas de la
France………………………………………………………… 69
II.3.2 Structure actionnariale et utilisation du cash flow : les FMN-
A en Europe………………………………………………….. 70
II.3.2.1 Des structures actionnariales contrastées selon la nationalité
des FMN-A…………………………………………………… 70
II.3.2.2 Des choix divergents en matière d’utilisation du cash flow….. 71
II.3.2.3 Vers une « financiarisation » des grandes FMN-A
Européennes………………………………………………….. 72
II.3.3 La course à la globalisation, moteur de la financiarisation….. 73
II.3.3.1 Stratégies de marché des grandes FMN-A : la quête du
leadership mondial…………………………………………… 73
II.3.3.2 Stratégies globales de marché et influence des I.I. :
une relation interactive……………………………………….. 78
II.3.4 Une proche euroméditerranéenne……………………………. 79
II.4 Contre des subventions qui faussent les échanges :
(Débats de negociations à l’OMC Hong Kong, du 13 au 18
décembre 2005)……………………………………………… 82
II.5 Conclusion………………………………………………… 84


TROISIEME PARTIE : La filière blé algérienne face à la
Mondialisation…………………………………. 85

III.1 Introduction…………………………………………..... 86
III.2 Industrie céréalière et stratégie agroalimentaire en
Algérie…………………………………………………….. 88
III.2.1 La constitution et l’essor de l’indutrie céréalière coloniale..
III.2.1.1 La politique céréalière dans la mouvance coloniale………. 88
III.2.1.2 Projet d’industrialisation coloniale et progrès de la
Minoterie…………………………………………………… 90
III.2.1.3 Le commerce des céréales…………………………………. 92
III.2.2 Evolution du secteur céréalier dans l’Algérie
Independante………………………………………………. 95
III.2.2.1 Quelle politique céréalière pour l’Algérie indépendante….. 95
III.2.2.1.a) Les grands traits de la politique céréalière depuis 1962…... 95
III.2.2.1.b) L’évaluation des résultats : une première approche……….. 96
III.2.2.1.c) Sous-estimation des besoins et problématique de la
Dépendance…………………………………………………. 97
III.2.2.2 Une organisation du circuit des blés à la recherche de
sa cohérence…………………………………………………. 98
III.2.2.3 Le système de prix et ses effets……………………………… 98
III.2.2.4 Developpement de l’industrie céréaliere et independance
Alimentaire………………………………………………….. 100
III.2.2.4.1 L’expansion du secteur de première transformation………… 100
III.2.2.4.2 Contribution de l’industrie céréalière à la sécurité
Alimentaire…………………………………………………... 101
III.2.2.5 Evolution des politiques céréalières (1980-2005)…………….103

III.2.2.5.1 La periode (1980-1988) : vers un désengagement partiel de
l’état et émergence du capital privé………………………… 103
III.2.2.5.2 La periode (1989-1995) : Réformes économiques et
politiques d’ajustement structurel…………………………… 104
III.2.2.5.3 la periode (1996-2000) : Recentage du soutien de l’État
sur la production……………………………………………... 105
III.2.2.5.4 Effet du désengagement de l’État sur le modèle de
consomation céréalière en Algerie ( 1991-2000)…………….. 105
III.2.2.5.5 La periode (2000-2005) : Vers une ouverture
progressive et plus large……………………………………… 107


III.2.2.6 La transformation cérélière actuellement en Algerie……………109

III.2.2.7 Tendances des industries agro-alimentaires dans le
monde et perspectives en Algérie……………………………..110
III.3 Les obstacles de l’IDE dans le secteur agro-alimentaire
en Algérie………………………………………………………111
III.3.1 Généralités sur l’IED en Algérie………………………………111
III.3.1.1 Flux et tendances des investissements étrangers directs……… 112
III.3.1.1.a) L'évolution des IED en Algérie : de 1970 à 1994……………...113
III.3.1.1.b) L'évolution des IDE en Algérie : a partir de 1995……………..114
III.3.1.2 Les IDE par pays d’origines………………………………….. 116
III.3.1.3 Répartition sectorielle dIDE…………………………………...118
III.3.1.4 Importance relative des IED dans l'économie algérienne……...120
III.3.1.5 Potentiel en matière d'IDE (Le potentiel et les faiblesses
au niveau national selon la CNUCED)………………………...121
III.3.1.5.a) Les avantages comparatifs……………………………………..121
III.3.1.5.b) Obstacles aux investissements…………………………………123
III.3.2 Aperçu sur l’IDE agro-alimentaire en Algérie…………………126
III.3.2.1 Secteur avec plein de promesses……………………………….126
III.3.2.2 Aventages, Inconvénients, Recommendations…………………129
III.3.2.2.a) Faiblesses et menaces…………………………………………..129
III.3.2.2.b) Forces et opportunités………………………………………….130
III.3.2.2.c) Les recommandation selon la CNUCED et l’AFII :
Comment développer l’attractivité du pays pour les
investissements internationeaux ?................................................130
III.4 CONCLUSION……………………………………………...132

QUATRIEME PARTIE : L’étude de cas SARL CAMEF…………………...133

IV.1 Objectifs de notre étude de cas………………………………….134
IV.2 Présentation de la société………………………………………135
IV.3 Présentation de la société mère………………………………...136
IV.4 Organigrammes………………………………………………...136
IV.4.1 Organigramme de la filiale……………………………………..136

IV.4.2 Organigramme de la société mère………………………………137
IV.5 Les paramètres de transaction chez CAMEF (la filiale)………..137


IV.6 Participation dans les foires……………………………………138
IV.7 L’analyse financière à travers les deux T.C.R
(Exercices 2004 et 2005)………………………………………139
IV.7.1 Indices principaux obtenus…………………………………….141
IV.7.2 Interprétation des résultats……………………………………..142
IV.8 Sratégie de la société…………………………………..............143

IV.9 Perspectives de CAMEF dans le secteur agroalimentaire……..144
IV.10 CONCLUSION………………………………………………..145

CONCLUSIONS GENERALES, RECOMMANDATIONS………...146


BIBLIOGRAPHIE …………………………………………………………..151


ANNEXES………………………………………………………………………153

ANNEXE 01 COMPARAISON DES DEUX DERNIÈRES
RÉGLEMENTATIONS ALGÉRIENNES RELATIVES À
L’INVESTISSEMENT………………………………………...154

ANNEXE 02 ORGANISMES PUBLICS CHARGÉS DE
L’INVESTISSEMENT ÉTRANGER…………………………..156

ANNEXE 03 A) NOMBRE DE PROCEDURES REQUISES POUR
CRÉER UNE ENTREPRISE…………………………………....157
B) NOMBRE DE JOURS NECESSAIRES À LA CRÉATION
D'UNE ENTREPRISE…………………………………………...157

ANNEXE 04 A) COÛT POUR ENRIGISTRER UNE ENTREPRISE....................158
B) CAPITAL MINIMUM REQUIS………………………………....158









LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1.01 : Entrée mondiales d’IDE……………………………….33
Tableau 1.02 : Fusions-acquésitions transnationales à destination et en
provenance des pays de l’OCDE………………………38
Tableau 2.01 : Evolution des principales mesures de réforme de l’OMC du
secteur des céréales entre 1994-98 et 2002 et projestion
jusqu’en 2006…………………………………………..52
Tableau 2.02 : Différenciation du blé selon l’utilisation finale………..53
Tableau 2.03 : Estimations mondiales…………………………………62
Tableau 2.04 : Principeaux évenments du maché intervenus depuis le 26
janvier 2006…………………………………………...63
Tableau 2.05: Principeaux évenments du maché intervenus depuis le 23
fèvrier 2006…………………………………………….64
Tableau 2.06 : Principeaux évenments du maché intervenus depuis le 30
mars 2006………………………………………………64
Tableau 2.07 : Poids des investisseurs institutionnels dand les 10 détentions
du capital des sociètés (données mars 2000)…………...71
Tableau 2.08 : Dividendes et rachats d’action en % du cash-flow,
1996-2000………………………………………………72
Tableau 2.09 : Indicateurs de financiarisation des grandes FMN-A
Européennes…………………………………………....73
Tableau 2.10 : Répartion des F&A et opérations assimilées par origine et
Distination des investissements, top 100 FMN-A mondiales,
1987-2003 (6mois)……………………………………..75
Tableau 2.11 : Classement des FMN-A dans le top 10 mondial des budgets
Publicitaires,2000………………………………………76
Tableau 2.12 : Les marques agroalimentaires dont les ventes dépassent un
milliard de dollars US en 2000-2001…………………..77
Tableau 3.01 : Activités des minoteries et semouleries algérienne en 1957
(Centre Algérie exclu)………………………………… 91
Tableau 3.02 : Evolution des triturations de blé dur et de blé tendre, par
Régions (1955-1960) en 1000 qx…………………….. 91
Tableau 3.03 : Evolution des taux de livraison des principales céréales
d'hiver (1946-1959)……………………………………93
Tableau 3.04 : Balance des échanges de blé tendre, blé dur, orge et avoine
(total des grains, farines et semoules) 1000 qx………. 94
Tableau 3.05 : Evolution des importations algériennes de farines et de
Semoules (1979-1984)……………………………….. 97
Tableau 3.06 : Evolution de l'indice des prix de différents produits
(1973-1977)…………………………………………..99
Tableau 3.07 : Structure de la consommation de céréales selon différentes
Sources (1976-1980)………………………………….102

Tableau 3.08 : Evolution de la structure des disponibilités en Algérie
(1992-1998)………………………………………….. 106
Tableau 3.09 : Principaux indicateurs économique de l'Algérie
(2000-2005)……………………………………………112
Tableau 3.10 : Les 10 principaux pays investisseurs en Algérie…….. 116
Tableau 3.11 : Niches de spécialisation des IDE par pays
(sur la base des projets)……………………………….. 118
Tableau 3.12 : Analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces
Du potentiel d'investissement en Algérie…………….. 125
Tableau 3.13 : Agroalimentaire: 1
er
industrie hors hydrocarbures…… 127
Tableau 3.14 : Equipements agroalimentaire: La France, 1
er
fournisseur
De l'Algérie…………………………………………… 127
Tableau 4.01 : Tableau des comptes et des résultats (TCR) 2004……. 139
Tableau 4.02 : Tableau des comptes et des résultats (TCR) 2005…… 140
































LISTE DES FIGURES


Figure 1.01 : Flux d'IDE vers les économies développées et
Regroupements d'entreprise transfrontalières………….33
Figure 1.02 : Aperçu de la mondialisation……………………………34
Figure 1.03 : Entrées d'IDE par région……………………………….35
Figure 1.04 : Entrées annuelles d'IDE en Chine…………………….. 37
Figure 1.05 : Sorties d'IDE par région………………………………..38
Figure 1.06 : Dépenses de R-D par les filiales à l'étranger en pourcentage des
dépenses de R-D,2001………………………………….46
Figure 1.07 : Propriété nationale d'inventions faites à l'étranger
1999-2001………………………………………………47
Figure 2.01 : Prix à l'exportation……………………………………...59
Figure 2.02 : Matrice de globalisation………………………………...74
Figure 3.01 : Blé: une production fonction de la pluviométrie……….108
Figure 3.02 : Flux d'IDE entrant en Algérie (1970-2002).……………115
Figure 3.03 : Stock d'IDE entrant en Algérie (1980-2002)…………...115
Figure 3.04 : Stock d'IDE en pourcentage du PIB……………………121
Figure 3.05 : Céréales et produits laitiers: premiers post d'importations
en 2004…………………………………………………127
Figure 3.06 : Répartition du PIB par secteur d'activités (2002-2004)...128
Figure 4.01: Evolution des taux de marges commerciales et poids des
Dettes (2004-2005) chez CAMEF………………………142


















LISTE DES ABBREVIATIONS

ADPIC Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle
AFII l’Agence Française pour les Investissements Internationaux
ANDI l’Agence Nationale de Developpement de l’investissement
APD Aide Publique au Développement
BRIC Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine
CA Chiffre d’Affaire
CCLS Coopérative des Céréales et des Légumes Secs
CE Comission/ Communauté Européenne
CEI Communauté des États Indépendants
CIC Conseil international des céréales
CIHEAM Centre International de Hautes Etudes Agronomiques
CNEAP Centre National d’Etudes et d’Analyses pour la Planification
CNI Conseil national de l'investissement
CNUCED Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le
Developpement
EDC Exportation et Développement Cannada
ENAD Entreprise Nationale des Détergents et Produits d’Entretien
ENGI Entreprise Nationale des Gaz Industriels
ENIAL Entreprise Nationale des Industries Alimentaires
ERIAD Entreprise Régionale des Industries Alimentaires et Dérivés
E.-U Etats-Unis
EVA Economic Value Added
FMI Fond Monétaire International
FMN Firmes Multinatinales
FMN-A Firmes Multinatinales Agro-alimentaires
FNDA Fonds National pour le Développement Agricole
FNDIA Fonds National de Développement de l’Investissement
Agricole
FNDRA Fonds National De Régulation et du Développement de
l’Agriculture
FNRPA Fonds National pour la Régulation de la Production Agricole
GNL Gaz Naturel Liquéfié
IAA Industries Agroalimentaires
IDE Investissement Direct Etranger
IGG degré de Globalisation Géographique
IGS degré de Globalisation Sectorielle
I.I Investisseurs Institutionnel
MCNE Ministère délégué auprès du Chef du Gouvernement chargé
de la communauté Nationale à l'Etranger
MDPPI Ministère Délégué auprès du chef du Gouvernement chargé

de la Participation et de la Promotion de l’Investissement
MEDA pays des rives sud Méditerranéennes
MEF Matériels d'Elevage Forezien
MN Multinatinales
MN-A Multinatinales Agro-alimentaires
NEPAD New Partnership for African Development
NTIC Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication
OAIC Office Algérien Interprofessionnel des Céréales
OCDE Organisation de Coopération et de Développement
Economique
OMC Organisation Mondiale du Commerce
ONIB Office National Interprofessionnel du Blé
PDD Programme de Doha pour le Développement
PIB Produit Intérieure Brute
PIC Programme d’Intencification des Céréales
PMA Pays les Moins Avancés
PME Petites et moyennes entreprises
PNB Produit Nationale Brute
PNDAR Plan National de Développement Agricole et Rural
PSC Produits de Substitution aux Céréales
PSRE Programme de Soutien à la Relance Economique
PVD Pays Vers le Développement
R&D Recherche et Développement
R.-U Royaume-Unis
SAONIB Section Algérienne de 1’ONIB
SAONIC: Section Algérienne de Office National Interprofessionnel
des céréales
SAPARD Special Accession Programme for Agriculture and Rural
Development
SAU Surface Agricole Utile
SEDIA Société pour I’Etude et le Développement de l’Industrie
Algérienne
SIM Semoulerie Industrielle de Mitidja
SIP Sociétés Indigènes de Prévoyance
SNMG Salaire National Minimum Garanti
SNSEMPAC Société Nationale des Semoules, Pâtes Alimentaires
et Couscous
STN Sociétés Transnationales
SVA Shareholder Value Added
UE Union Européen
UGTA Union Générale des Travailleurs Algériens
UMA l'Union du Maghreb Arabe

USD United States Durum
VA Valeur Ajoutée
VALYD Valorisation des Hydrocarbures




























































Aspect méthodologique de la recherche





















I .1 INTRODUCTION

A l'origine de la création de la pensée économique libérale, le commerce
extérieur était toujours considérée comme porte ouverte à la richesse que ce soit
dans un contexte classique ou néoclassique. La question épineuse de cette
pensée économique était et demeure le besoin et la rareté.
Donc dans c'est de ce point de vue que notre recherche a ouvert un espace
critique, car le libre échange pose toujours la question: Que peut-il nous
apporter: La stabilité et développement économique, satisfaction des besoins,
sécurité alimentaire ?…….
A cette approche correspond la raison d'un dilemme qui a duré plus trois
siècles:
Au début, c'était la période smithienne et ricardienne après toute une bataille
entre le protectionnisme (par les mercantilistes) et le libéralisme, et le caractère
spécifique qui a évolué à cette époque fut l'orientation globale des grandes
nations économiques vers le capitalisme (Fin XVIII ème siècle - Début XIX
ème siècle), une capitalisme sans limites pratiquement sauvage.
Au XX ème siècle, les néoclassiques ont prouvé leur capacité d'analyse malgré
les critiques et les idées opposées à leur vision, car ils présentaient une étape
nécessaire pour l'évolution des écoles modernes.
Ce déroulement historique de la science économique aboutit à une surface de
développement d'une pensée économique libérale ainsi que l'émergence d'une
économie moderne confrontée aux caractéristiques nouvelles du capitalisme:
Nouvelles idées, nouvelles références modifiant la structure même de
l'entreprise c-à-d les multinationales.
Pour cela, il faut préciser que la mondialisation à laquelle tous les pays du
monde sont ou seront confrontés n'est qu'une conséquence de ce développement
du capitalisme, et non pas l'aboutissement du socialisme, idée qui est discutable.
A présent la question qui se pose concernant en particulier les pays
émergents est: De quoi cette mondialisation est-elle capable pour œuvrer à leur
développement?
Notre recherche a été entreprise sous cet angle, car le facteur principal que
constitue l'écart technologique entre le nord et le sud nous met face au
problème suivant: Quels sont donc les enjeux de cette situation?
Cependant le domaine choisi dans cette recherche n'exige pas beaucoup de
moyens technologiques (n'étant pas un secteur industriel), l'agriculture en est
l'illustration. Etant un élément stratégique en Algérie, le blé constitue ainsi
l'objet de ce travail.
La mondialisation donc comme moyen de pénétration des multinationales
présente les aspects caractéristiques:
1- Outil d'internationalisation des entreprises au terme de leur croissance.
2- Mobilité des facteurs de production.

3- La mobilité parfaite des capitaux (marché international des capitaux).

Cela signifie que l'investissement direct étranger a gommé les frontières en
accroissant les échanges internationaux.
Actuellement, l'exemple choisi dans ce modeste travail est le marché
international du blé. A mesure que les obstacles à l'accès aux marchés des
céréales vont tomber, et que l'économie céréalière va se mondialiser et
s'articuler de plus en plus sur le marché, ceci est illustré par l'évolution des
groupes agroalimentaires multinationaux .Ces derniers sont entrés dans une
phase de maturité sur leurs marchés traditionnels (pays riches), ce qui les
incitera désormais à chercher leurs performances financières sur les marchés
émergents.
Cependant l'harmonisation entre le marché interne (le cas de l'Algérie) et le
marché international du blé dans le cadre de la mondialisation est précaire.
Par contre les pays formant la communauté internationale n'ont pas le même
degré de connaissance et d'applications technologiques et leurs niveaux de
productivité divergent nécessairement. C'est cette diversité des niveaux de
production qui commande la différenciation en avantages comparatifs et même
compétitifs et la nécessité de l'échange entre les nations.
Quant à l'économie Algérienne, elle est vulnérable et peu diversifiée à
cause de sa forte dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz naturel. Conscient
du problème, le gouvernement encourage l'investissement tant étranger que
national dans des secteurs autres que de l'énergie.
Toutefois cet engagement gouvernemental de l'investissement direct étranger
est obscurci surtout quand il touche au secteur agro-alimentaire et à plus forte
raison le blé.
Les anciennes politiques agricoles ayant presque toutes échoué, ceci bouleverse
jusqu'à présent le secteur de la sécurité et la stabilité alimentaire dans le pays.
Cet aspect politique et économique entraîne la nécessité de mettre en œuvre des
réformes intérieures de la politique céréalière afin d'empêcher certains facteurs
d'utiliser les arguments avancés pour résister à l'ouverture des investissements
étrangers dans le secteur en question qui a subi une déstructuration au cours de
ces dernières décennies dans le but de la maintenir à l'état de filière
importatrice.
I.1.1-L'objectif de la recherche:
Avant de démontrer l'objectif de ce travail, il est préférable de commencer
par les origines du choix de ce sujet:
- Le blé comme élément stratégique en Algérie étant déjà mentionné.
-La facture alimentaire que le pays doit payer à chaque transaction ne peut pas
passer inaperçue.

- Par ailleurs, il existe une disproportion entre les besoins croissants liés à la
démographie galopante et l'insuffisance de production céréalière nationale
(problème économique chez Malthus).
Ce déséquilibre économique est clair et pour cela l'état doit toujours réagir
mais jusqu'à quand?
Si l'exemple des grandes nations agricoles est pris, le secteur est autonome
grâce à une structure privatisée, tandis qu'en Algérie c'est l'état qui fait face à
tout un organisme agricole, sans partenariat.
La privatisation dans le secteur en question doit être très active, ce qui exige un
soutien technique et managérial. Autrement dit l'investissement direct étranger
dans ce domaine est-il vraiment encouragé?
On peut estimer que si cette voie est suivie, la surface terrestre agricole (et agro-
alimentaire) va changer: Ce sera une transformation d'une économie
importatrice vers une économie exportatrice surtout dans les céréales; ce n'est
qu'une vision optimiste personnelle.
Actuellement les multinationales agro-alimentaires ne sont pas fortement
incitées à s'installer en Algérie car le climat n'est pas suffisamment favorable et
les jeux stratégiques actuels ne poussent pas à prendre de risque.
Etant donné que le marché céréalier nord-africain demeure néanmoins
séduisant, il s'agit de prendre toutes les précautions face aux cas suspects
comme les risques politiques et économiques.

I.1.2 Problématique et hypothèses de recherche:
Il est sûr que l'analyse générale des phénomènes économiques de la
globalisation est difficile, pour cela la méthode choisie est une méthode au
moyen de laquelle les dimensions de ce travail peuvent être délimitées .Ces
dimensions sont liées aux I.D.E qui peuvent contribuer au développement du
secteur agro-alimentaire national dans le cadre de la mondialisation.
Ainsi il sera peut-être même permis d'espérer de diminuer la dépendance de la
facture alimentaire envers le secteur des hydrocarbures.
La problématique de cette recherche se présente alors comme suit:
Est-ce que la mondialisation peut offrir des opportunités à la filière blé
algérienne? En basant sur les hypothèses suivantes:


Hypothèse -1: Investissement direct étranger:
Si le climat est favorable pour investir, l'I.D.E peut apporter aux
investisseurs les avantages suivants:
A) La baisse des coûts (production, transport et distribution, taxes..).
B) L'expansion des bénéfices.
C) L'accès aux matières premières………..

Par conséquent, les pays d'accueil de leur coté vont également jouir des
avantages suivants:
A) La baisse des taux de chômage.
B) L'équilibre du taux de change.
C) La formation et le savoir faire.


Hypothèse -2:

Quant à l'ouverture du marché céréalier national, elle aura pour conséquence
le partage des informations qui contribueront à accroître la transparence des
règles du fonctionnement du marché; par la suite l'amélioration des analyses de
l'évolution des marchés céréaliers sera visible avec probablement un effet
stabilisant sur ce marché mondial.
Hypothèse -3:
L'avantage que peuvent représenter des prix concurrentiels.

I.1.3 -Cadre théorique de la recherche:
L'évaluation du développement des marchés céréaliers mondiaux est
l'interprétation de l'essor des multinationales agro-alimentaires à travers le
parcours capitaliste. Pour cette raison, le moyen préféré d'analyse économique
de leurs caractéristiques (multinationales agroalimentaires) se base sur la
théorie du commerce international portant sur : La Théorie Eclectique (Le
paradigme O.L.I).

* La théorie éclectique (Le paradigme O.L.I) 1981:
Dunning développe une analyse qu'il appelle la théorie éclectique qui
reprend les initiales de trois grands types d'avantages à la multinationalisation:
O: OWNERESHIP ADVANTAGES Avantages spécifiques.
L: Localisation
I: Internalisation

Ownership
Possession par l'entreprise d'actifs susceptibles d'être exploités de manière
rentable à une échelle relativement large (technologie, actifs incorporels tels
que brevets, noms de marque, réseaux de commercialisation).




Localisation

Existence d'un avantage à utiliser ces actifs pour produire dans plusieurs
pays plutôt que d'exporter à partir d'une production dans le seul pays d'origine.
Il est surtout tenu compte des variables de coûts (production, transport,
distribution)






.
Permet d'éviter les coûts associés aux transports entre sociétés
indépendantes, coûts liés à la passation des contrats et à la garantie de la qualité.
Dunning étudie ensuite les trois voies principales et alternatives de
pénétration des marchés étrangers (investissement direct, exportation, licence).
D'après Dunning l'investissement direct comme de pénétration du marché
étranger est choisi lorsque la firme réunit simultanément les trois types
d'avantages O.L.I.
















ternalisation




























I.2.1 Investissement direct etranger


L'investissement direct étranger est un élément- clé de la mesure de l'intégration
des marchés économiques. On nomme souvent le résultat de cette intégration la «
mondialisation de l'économie». Quant à la définition et à la mesure de
l'investissement direct étranger, Le présent travail présente les concepts et les
principales tendances de l'investissement direct étranger.
La première partie porte sur la notion d'investissement direct; elle explique
brièvement les concepts et les sources de données et décrit le calcul de
l'investissement direct à l'échelle internationale, compte tenu des résultats d'une
enquête du FMI/OCDE. La deuxième partie compare les données sur
l'investissement direct étranger à d'autres séries analytiques connexes, afin de
situer les principales tendances en matière d'investissements directs étrangers et
d'en présenter une ventilation géographique et sectorielle:

I.2.1.1 INTRODUCTION

Un trait frappant de l’économie mondiale de ces dernières décennies est la
croissance des investissements directs étrangers (IDE) réalisés par des sociétés
multinationales en vue d’acquérir des actifs et gérer des activités de production à
l’étranger. A la différence des autres grands types de flux de capitaux privés
extérieurs, ils sont motivés essentiellement par la perspective des profits que les
investisseurs espèrent réaliser dans des activités de production qu’ils génèrent
directement. Cette tendance a été favorisée ces dernières années par la
libéralisation du commerce et des régimes d’investissement.
Depuis le début des années 80, les flux d’IDE mondiaux ont augmenté plus vite
que les échanges commerciaux internationaux ou la production mondiale. Les IDE
dans les pays en développement (PVD) ont suivi la même tendance en atteignant
un tiers environ du PIB de ces pays, alors qu´ils s´établissaient à peine à 10 % en
1980. En ce moment, ils constituent pour les PVD, la principale source de
financement extérieur, devant les prêts sur les marchés financiers et l’aide publique
au développement (APD).
Les multinationales des pays industrialisés demeurent la principale source de ce
type d’investissement, mais l’investissement direct en provenance des PVD a lui
aussi plus que doublé depuis le milieu des années 80.(1)
Malheureusement, l’Afrique est boudée ces dernières années, par les
investissements directs étrangers si bien qu’elle représente actuellement moins de
ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1)Réunion d’experts sur l’incidence de l’investissement direct étranger sur le développement, Genève,
24-26 janvier 2005


3 % des flux mondiaux de l’IDE, très loin derrière l’Asie et l’Amérique Latine.
Etant donné que les investissements directs étrangers sont stratégiques pour le
développement d’un pays; non seulement parce qu’ils augmentent les capitaux
disponibles, mais surtout, parce qu’ils permettent de créer des emplois, d´améliorer
la productivité, d´opérer des transferts de compétences et de technologies,
d´accroître les exportations, tout en renforçant les capacités d’innovation des pays
hôtes, il importe que les PVD, notamment africains améliorent leur environnement
politique, économique et juridique pour pouvoir les attirer sur leur territoire.
Malheureusement, une grande proportion de l’IDE reçu actuellement par l’Afrique
concerne essentiellement les investissements liés à l'exploitation des matières
premières, notamment le pétrole et les minerais, alors que le problème de
développement de l’Afrique est lié surtout à la transformation de ses produits qui
seule est susceptible de créer des richesses et de consolider le développement du
continent.
Il serait donc souhaitable de renforcer les capacités de recherche et d’innovation
des PVD, en attirant les investissements directs étrangers dans le secteur de la
recherche et développement (R&D).
Cela est possible, car, selon le Bureau d'analyse économique des Etats Unis, le taux
de rentabilité interne sur les investissements étrangers directs est élevé en Afrique.
Il a été en moyenne de 19,4% en Afrique en 2000 comparé à 18,9% au Moyen
Orient, 15,1% en Asie- Pacifique, 8,3% en l'Amérique Latine et 10,9% en l'Europe.
(1)
I.2.1.1.1 - LES DETERMINANTS DE LA DELOCALISATION
DES UNITES DE R&D
L’un des critères déterminant sur lequel s’appuient les investisseurs pour la
délocalisation d’une entreprise est souvent la recherche de coûts réduits de
production.
Toutefois, ce n’est pas le seul critère déterminant ; sinon, toutes les activités des
sociétés multinationales auraient été délocalisées dans les PVD. D’autres critères
tels que le niveau de qualification et la productivité de la main d'œuvre,
l’environnement politique et juridique du pays hôte, sont tout aussi déterminants.
(2)
En effet, l'instabilité politique et sociale du pays d'accueil, la fiabilité de son
administration (notamment son indice de corruption éventuelle), ainsi que l'étendue
de la réglementation et son respect (en particulier en ce qui concerne le droit de la
propriété intellectuelle), ont une influence décisive sur le choix du pays dans lequel
investir.


ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1), (2) Réunion d’experts sur l’incidence de l’investissement direct étranger sur le développement,
Genève, 24-26 janvier 2005

Avec un dollar sous-évalué actuellement par rapport à l'euro, on peut prendre aussi
en compte le taux de change pour des pays africains de la zone franc.
La qualité des infrastructures et de la logistique, absolument indispensable pour
minimiser les coûts d'approvisionnement et sécuriser les flux d'inputs et d'outputs
sont aussi des paramètres à prendre en compte.
En matière de délocalisation des unités de R&D, le coût de la main d’oeuvre
(salaires et charges sociales, productivité des salariés), est évidemment un élément
très déterminant, compte tenu du grands nombre de travailleurs de très haut niveau
utilisés dans ce secteur (le rapport d'écart avec les charges sociales incluses entre
PVD et pays industrialisé est très élevé dans le secteur de la R&D).
En ce qui concerne la productivité de la main d’oeuvre, à qualification égale, elle
serait du même ordre que dans les pays développés, pour peu que les équipes de
recherche des PVD bénéficient d’un environnement de travail proche de celui des
pays industrialisés. En effet, la plupart des chercheurs des PVD sont intégrés
depuis longtemps dans des réseaux mondiaux de R&D et travaillent avec leurs
homologues des pays industrialisés dans le cadre de projets conjoints, ce qui
contribue à améliorer leurs compétences et leur productivité.
En matière de fiscalité, la situation étant variable d’un pays à l’autre, une analyse
précise de la situation est donc indispensable, puisque les systèmes de taxations
sont extrêmement divers d'un pays à l'autre, non seulement quant à leur existence
et à leurs taux, mais aussi à leur assiette.
Il en est de même en ce qui concerne les coûts du transport, de l’énergie et des
télécommunications.
Les charges d'installation (coût d'acquisition du terrain, coûts de construction des
bâtiments, ou coûts de location) sont généralement moins élevées dans les PVD
que dans les pays industrialisés.
Le problème qui pourrait se poser se situe au niveau de l'environnement juridique
des entreprises dans certains pays en développement, car c’est surtout dans ce
domaine qu’on rencontre souvent quelques problèmes ça et là. (1)













ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1)Réunion d’experts sur l’incidence de l’investissement direct étranger sur le développement, Genève,
24-26 janvier 2005/Dr EFA FOUD

I.2.1.1.2 LA DEFINITION D'IDE


Voici la définition acceptée à l'échelle internationale : « Foreign direct
investment represents the investment which allows an investor to have a significant
voice in the management of an enterprise operating outside his own economy » . (1)

Afin de mesurer cette influence réelle sur la gestion d'une entreprise, on applique
habituellement comme critère des intérêts de 10 % au moins dans les titres avec
droit de vote d'une entreprise non résidente, établissant une relation
d'investissement direct. Le Canada par exp. utilise ce critère de10 %.
Suivant la définition internationale, l'investissement direct renvoie à la notion de
titres de participation, qui se distingue de la notion de contrôle.
« Tant les investisseurs directs que les participation de contrôle relèvent de la
notion de propriété d'une entreprise. Toutefois, les investisseurs directs indiquent
une influence significative sur une autre entreprise sans qu'il s'agisse
nécessairement d'une participation de contrôle ».(2)
Une participation majoritaire se définit habituellement par la possession de 50 %
ou plus des actions avec droit de vote.
Si un investisseur direct détient plus de 50 % des actions avec droit de vote d'une
compagnie non résidente, on parle de filiale étrangère. Si l'investisseur direct
détient de 10 à 50 % des actions avec droit de vote, on parle d'associé étranger.
L'investissement direct dans des entreprises non résidentes non constituées en
société renvoie à ce que l'on appelle des succursales étrangères.
« Une société peut à la fois être investisseur direct et entreprise
recevant de l'investissement direct. Ainsi, il y a plusieurs filiales de sociétés
étrangères (investissement direct étranger au pays d'origine) qui exploitent des
filiales étrangères.
L'investissement direct, où une entité peut à la fois être investisseur direct et
entreprise recevant de l'investissement direct, doit être distingué du contrôle. Dans
la notion de contrôle, une entité est, soit contrôlée de l'étranger ou contrôlée au
pays d'origine, mais pas les deux. Le contrôle est généralement obtenu par une
participation majoritaire de plus de 50% et exclut dans ce cas-ci tout contrôle par
participation minoritaire. ». (3)





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(1), (2) Sources: FMI, Manuel de la balance des paiements, cinquième édition.
(3)Statistique Canada/ Document de recherche No 67F0001MIB01020 au catalogue/Division de la
balance des paiements


L'investissement direct se mesure comme le total de la participation, y compris les
bénéfices réinvestis de même que les créances à long terme et à court terme de
l'investisseur direct dans l'entreprise. La balance des paiements et le bilan des
investissements internationaux du Canada sont une mesure de l'investissement
direct comprenant à la fois les transactions et le bilan de fin d'année. Les
transactions renvoient aux flux d'investissement direct extérieur (y compris les
bénéfices réinvestis) au cours d'une période de temps (trimestre, année); elles sont
enregistrées à la valeur marchande (au moment de la transaction). Le bilan de fin
d'année renvoie à la valeur comptable de l'investissement direct mesurée en
fonction des comptes de l'entité qui reçoit l'investissement. Cela signifie que
l'investissement direct à l'étranger se mesure en fonction des comptes de la filiale
étrangère (associée ou succursale) et non pas des comptes de l'investisseur résident.
De même, l'investissement direct étranger au pays d'origine se mesure en fonction
des comptes de l'entité natale.

Des différences peuvent survenir entre les flux d'investissement direct et les
changements de la valeur comptable d'une période à l'autre sous l'effet de la valeur
marchande des transactions par opposition à la valeur comptable pour les positions,
des fluctuations du taux de change,de la réorganisation des sociétés, de la
migration des principaux propriétaires et du déplacement de l'investissement direct
vers l'investissement non direct attribuable à un changement de propriétaires au
profit de non-résidents.

I.2.1.2 TENDANCES ET ÉVOLUTION RÉCENTE DE
L’INVESTISSEMENT DIRECT ÉTRANGER

Dans une économie mondiale marquée par une rapide diversification, il
importe d'harmoniser les concepts et les définitions de l'investissement direct
étranger et de comprendre les limites des données au moment de comparer les
statistiques pour différents pays.
Ces dernières années, les conditions générales de l’investissement international
ont fortement varié selon les pays. Les performances macroéconomiques des
économies à forte croissance en Asie et dans certaines autres régions en
développement ont fortement tranché avec la croissance économique ralentie de
l’Europe continentale. Entre ces deux extrêmes, la poursuite de la reprise
économique dans certains pays (comme les États-Unis) a permis de rétablir
progressivement la confiance des
investisseurs. (1)



ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1)Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.

Un autre facteur économique important aura été l’affaiblissement du dollar des
États-Unis (USD). Il a non seulement joué sur la relative compétitivité des lieux de
production alternatifs et donc, affecté les schémas d’allocation du commerce
international, mais il a eu aussi un effet plus direct sur l’investissement direct
étranger (IDE). En dehors des « apports de capitaux propres » (comme les projets
d’investissement entièrement nouveaux et les fusions et acquisitions), l’IDE
comprend de nombreuses opérations transnationales entre entités liées au sein des
structures détenues par les entreprises multinationales. De nombreuses entreprises
multinationales sont dites avoir profité de la faiblesse du dollar pour rembourser
des prêts interentreprises.
En troisième lieu, des facteurs structurels peuvent également avoir encouragé
l’investissement direct en dehors de la zone OCDE. Les investisseurs sont de plus
en plus attirés par les grandes économies qui offrent non seulement des coûts de
production compétitifs, mais aussi l’accès à une clientèle dynamique. Étant donné
leurs taux de croissance actuellement élevés, nombre d’économies en
développement parmi les plus peuplées offrent des perspectives d’expansion bien
plus grande encore au cours de la prochaine ou des deux prochaines décennies et
les entreprises internationales misent plus en plus sur ces débouchés prometteurs.
De surcroît, les réformes administratives et réglementaires ont encouragé les
investisseurs internationaux à porter un regard plus attentif aux pays en
développement.

I.2.1.2.1 FAITS SAILLANTS

---La croissance du PIB a culminé en 2004, à 5,1 %. Dans ses Prévisions à
l’exportation de l’automne 2005, EDC estime que la croissance redescendra à 4,2
% cette année (2005), puis à 4,1 % en 2006.
---Non seulement l’année 2004 a été une bonne année pour la croissance
économique mondiale, mais en plus, elle a marqué un tournant pour
l’investissement direct étranger (IDE). Ainsi, après trois années consécutives de
baisse, les entrées d’IDE ont augmenté de 2 %. Le flux vers les économies
développées a continué de diminuer par rapport au sommet atteint en 2000, mais la
hausse des flux vers les pays en développement a plus que compensé cette
situation. Il reste à savoir si le redressement de l’IDE se poursuivra.
--- Le redressement de l’IDE a été facilité par l’augmentation soudaine des flux
mondiaux de capitaux. Ces derniers, qui étaient retombés à environ 400 G USD en
2001, ont atteint 870 G USD en 2004.




ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/ Novembre 2005

La Chine joue un rôle clé dans cette croissance. Les exportations de capitaux
chinois ont plus que quadruplé depuis 2001, pour approcher les 70 G USD en
2004. Même s’ils ont principalement servi à acheter des bons du Trésor américain,
les capitaux chinois ont aidé à dégripper les marchés financiers mondiaux et à
orienter l’IDE vers des emprunteurs souverains à plus haut risque.
--- Les flux mondiaux de capitaux ont probablement encore augmenté en 2005,
quoique plus modérément que l’an dernier, mais ils pourraient commencer à
diminuer en 2006 dans une mesure qui dépendra de gros exportateurs de capitaux
comme la Chine. Les flux d’IDE sont moins sensibles aux cycles que les autres
flux de capitaux, mais il se peut qu’ils commencent aussi à ralentir l’an prochain.
--- L’important, c’est que les investisseurs mondiaux deviendront plus sélectifs
en 2006 quant à la destination géographique de leurs fonds. L’année sera donc plus
difficile pour les emprunteurs des marchés émergents, notamment lorsque les
facteurs économiques fondamentaux y sont plus faibles, car ils se disputeront une
offre plus limitée de capitaux internationaux. (1)
---Comme il a été mentionné antérieurement, si un investisseur direct est
propriétaire de plus de 50 % des actions avec droit de vote d'une compagnie non
résidente, on parle de filiale étrangère. L'investissement direct à l'étranger (IDE)
était lié à des filiales étrangères. Cela semble indiquer que les multinationales ont
investi de plus en plus dans des intérêts majoritaires à l'étranger, cette récente
tendance étant un phénomène associé à la mondialisation..
De plus, l'investissement direct se dirige de plus en plus vers des filiales à 100 %,
ce qui signifie que l'acquisition d'une participation majoritaire revêt également une
importance accrue, surtout depuis quelques années. (2)

I.2.1.2.2 ENTREES ET SORTIES MONDIALES D'IDE
(BILAN 2003-2004-2005)
Le cycle économique mondial a culminé en 2004. Non seulement la production
mondiale a été impressionnante (+5,1 %), mais les flux mondiaux de capitaux ont
soudain augmenté, et l’IDE a enfin amorcé son redressement et enregistré sa
première croissance positive après trois années consécutives de baisse.
Les 2 % de plus d’entrées d’IDE en 2004 tenaient en partie au regain d’intérêt des
investisseurs pour les E.-U. La nette amélioration de la productivité dans ce pays
en fait certainement un pôle d’attraction pour eux, tandis que la dépréciation de
l’USD depuis quelques années aide à en faire un lieu d’investissement abordable.




ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1), (3)Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005
(2) Sources: FMI, Manuel de la balance des paiements, cinquième édition.
Par ailleurs, les É.-U. doivent attirer des capitaux étrangers pour financer leur
déficit courant croissant. La majorité de ces entrées sont sous forme de placements
de
portefeuille, mais les entrées d’IDE ont augmenté dans les 12 derniers mois.
Après les É.-U., le R.-U. et la Chine étaient les deuxième et troisième plus grands
bénéficiaires d’IDE en 2004, l’IDE à destination de la Chine battant encore des
records.
L’activité sur le front des regroupements d’entreprises n’est qu’un des éléments
des flux d’IDE, mais il est généralement le plus sensible à la situation économique
globale. Les regroupements d’entreprises ont diminué pendant chacune des trois
dernières années, mais ils ont fait un bond de 28 % en 2004, les plus importants
intervenant dans le secteur financier.
L’année 2004 a été excellente pour l’économie mondiale, mais le meilleur est
maintenant derrière nous. (1)
Les Services économiques d’EDC (Exportation et Développement
Canada)s’attendent à un ralentissement de la croissance mondiale, qui restera
cependant très respectable cette année [2005] (+4,2 %) et l’an prochain[2006]
(+4,1 %). Les beaux jours se terminent aussi probablement pour les flux mondiaux
des capitaux, qui devraient encore augmenter cette année, mais moins qu’en 2004,
et qui devraient commencer à diminuer en 2006.
L’IDE, qui est moins sensible aux cycles économiques que d’autres flux de
capitaux, devrait se porter assez bien. D’après les données pour les neuf premiers
mois de 2005, l’activité sur le front des regroupements d’entreprises devrait être à
son plus fort depuis des années. Les entrées d’IDE aux É.-U., au R.-U., dans la
zone euro et au Canada sont supérieures à l’an dernier. Les flux vers les marchés
émergents devraient également rester vigoureux, car les entreprises des économies
avancées continuent de rechercher des gains de productivité en accédant à des
unités de production à plus faible coût à l’étranger. Parmi les autres facteurs de bon
augure pour l’IDE, citons la reconstruction associée au tsunami et à d’autres
catastrophes naturelles, et l’adoption dans certains pays de nouvelles lois et
réglementations visant à améliorer le climat de l’investissement. En revanche,
l’amnistie fiscale ponctuelle sur les gains étrangers accordée par les É.-U. réduira
probablement les sorties d’IDE en 2005, ce qui aura une incidence négative sur les
flux mondiaux






ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
N.B: G=milliards

(1)Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005










ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
N.B: G= milliards



Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005

I.2.1.2.2.1 Entrées d’IDE par région
Les flux d’IDE vers les pays en développement ont augmenté de 40 % en 2004,
pour atteindre 233 G USD, ce qui est un quasi-record. Ces pays ont besoin de
l’IDE pour aider à maintenir des taux de croissance élevés nécessaires pour se
rapprocher du niveau de vie des économies avancées. Mais les économies
développées ont
aussi beaucoup à gagner à y investir. La forte croissance des flux d’IDE vers les
marchés émergents reflète la tendance à la délocalisation. Les économies avancées
installent une partie de leurs unités de production à l’étranger afin de profiter de
coûts inférieurs, en particulier pour la main-d’œuvre, et de libérer leurs propres
ressources pour améliorer leur productivité et passer à des produits à plus grande
valeur ajoutée. Les entreprises choisissent aussi d’installer des usines à l’étranger
pour avoir accès à une base de consommateurs croissante, y compris dans les
économies peuplées que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine (BRIC).
La forte croissance de l’investissement dans la R-D incite beaucoup à diriger l’IDE
vers les pays en développement, les pays hôtes utilisant le capital humain à
l’étranger. Les prix élevés des produits de base ont aussi encouragé les flux d’IDE
vers les pays riches en ressources naturelles.
L’IDE est la principale source de flux de financement privé pour les pays en
développement. Ainsi, en 2004, il représentait plus de la moitié des apports en
ressources vers ces pays et il y était nettement supérieur à l’aide publique au
développement (APD). Cependant, les flux d’IDE restent concentrés dans un petit
groupe de pays.
ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
N.B: G= milliards

Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005
L’Asie et l’Océanie restent la première destination des flux d’IDE vers les
régions en développement, qui ont reçu 46 G USD de plus en 2004, soit la plus
forte augmentation jamais enregistrée. Les entrées d’IDE en Chine, qui continuent
de battre des records, s’élevaient à 61 G USD en 2004, soit près de 10 % des
entrées mondiales. L’essentiel de cette croissance est due à des investisseurs basés
à Hong Kong, mais les investissements en provenance d’autres régions augmentent
aussi. Toutefois, la vigueur des flux d’IDE vers la Chine n’est pas entièrement
positive, car elle alimente des craintes au sujet d’une bulle du prix des actifs.
D’après les données pour les neuf premiers mois de 2005, les flux d’IDE vers la
Chine ont sans doute un peu ralenti par rapport à 2004, mais la Chine devrait rester
un pôle de l’IDE.

Les flux d’IDE vers l’Inde ne cessent d’augmenter depuis quelques années, même
si les 5,3 G USD enregistrés en 2004 semblent minimes par rapport aux sommes
qui s’investissent dans des pays comme la Chine et Singapour. L’augmentation des
flux vers l’Inde, qui est une tendance positive pour ce pays, devrait continuer, à
condition que les réformes économiques intérieures y progressent. D’après les
données pour la première moitié de 2005, les flux d’IDE se renforceront encore
cette année.





ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
N.B: G= milliards


Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005


Les flux d’IDE vers l’Amérique latine et les Caraïbes sont nettement repartis
à la hausse en 2004, après quatre ans de baisse. Le Brésil et le Mexique arrivaient
en tête des bénéficiaires et, avec le Chili et l’Argentine, ils représentaient les deux
tiers des flux d’IDE vers la région. Une économie régionale plus vigoureuse, en
plus de cours des produits de base plus élevés, a contribué à ce redressement.
Cependant, les flux d’IDE ont chuté vers des pays comme la Bolivie, le Venezuela
et l’Équateur. D’après les données pour les premiers mois de 2005, les flux vers le
Brésil se sont encore renforcés, mais ceux vers le Mexique et l’Argentine ont
baissé par rapport à la même époque l’an dernier.
Les flux d’IDE vers l’Afrique n’ont pratiquement pas changé en 2004 et ils
représentent tout juste 3 % des flux mondiaux de l’IDE, malgré des flux d’IDE
importants vers le secteur des ressources naturelles. Une série de mesures a été
prise pour attirer plus d’IDE en Afrique, mais il reste beaucoup à faire pour
renforcer les cadres économiques et sociaux dans la région.
Les flux d’IDE vers l’Europe du Sud-Est et la CEI affichent une quatrième année
de croissance en 2004.
La Russie en est le principal bénéficiaire dans la région, avec des entrées
concentrées dans le secteur de l’énergie. D’après les données pour les six premiers
mois de 2005, les flux d’IDE vers la Russie sont supérieurs à ce qu’ils étaient dans
les six premiers mois de 2004
Les flux d’IDE vers les pays développés ont encore reculé en 2004. Les É.-U. et le
R.-U. étaient les deux exceptions notables, avec des gains importants dus à des
regroupements d’entreprises. L’UE s’en est assez mal sortie en général dans
l’année, ses entrées chutant de 36 % par rapport à 2003, ce qui reflète en partie la
piètre performance économique de la région. Les baisses étaient les plus marquées
en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas. Les entrées au Canada ont
légèrement diminué pour la quatrième année consécutive. D’après les données de
2005 à ce jour, les flux augmenteront vers les É.-U., le R.-U., le
Canada et la zone euro.








ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
N.B: G= milliards


Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005



I.2.1.2.2.2 Sorties d’IDE par region


Globalement,en 2004, les sorties d’IDE ont augmenté de 18 %, en provenance
pour l’essentiel de pays développés, et sont passées à 730 G USD, dont 637 G
USD venant d’entreprises ayant leur siège social dans des pays développés. Près de
la moitié des sorties venaient des É.-U. et du R.-U.
Une tendance est à surveiller, celle des économies en développement qui
deviennent investisseurs extérieurs. Ainsi, non seulement l’Asie et l’Océanie sont
des destinations pour l’IDE, mais elles deviennent aussi une source importante de
sorties d’IDE. En fait, les sorties ont quadruplé, passant de 17,2 G USD en 2003 à
69,4 G USD en 2004. Presque tous ces investissements sont restés dans la région.





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N.B: G= milliards


Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005

-1-


-2-

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Graphique(1): Analyse et prévisions économiques, Services économiques d’EDC/Novembre 2005
Graphique(2): Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à
paraître en septembre.

N.B: G= milliards


I.2.1.3 Répartition sectorielle de l'investissement direct et détail des
transactions

Les différentes transactions de fusions-acquisitions transnationales en 2004 et
dans la première moitié de 2005 confirment l’image d’un « retour à la normale »(1).
La prédominance des sociétés de télécommunication et les transactions à
des prix exorbitants observées depuis la fin des années 90 relèvent du passé. Les
fusions-acquisitions internationales, dont le nombre s’est accru ces dernières
années, se sont mieux réparties entre les secteurs et ont surtout impliqué des
opérations allant de 2 à 5 milliards USD. Il est toutefois à noter que les secteurs
manufacturiers traditionnels, particulièrement ceux qui ciblent directement les
consommateurs, n’ont pas encore connu d’augmentation particulière des opérations
de rachats transnationaux. Les tendances principales sont données ci-après.
Comme c’était le cas avant le « boom des télécoms » à la fin des années 1990,
beaucoup des fusions-acquisitions les plus importantes concernent le secteur
financier. Les deux plus grandes opérations ont été le rachat de Abbey National du
Royaume-Uni par Banco Santander Central Hispano
d’Espagne (estimé par Dealogic à 16.8 milliards USD) et l’acquisition par
l’assureur canadien Manulife Financial Corp de John Hancock Financial Services
des États-Unis (14.0 milliards USD).
Une troisième très grande absorption dans le secteur financier a été l’achat
en 2004 par la Royal Bank of Scotland, par l’intermédiaire de sa filiale Citizens
Financial Group, de Charter One Financial Inc., des États-Unis pour 10.2 milliards
USD.
Les secteurs financiers des pays asiatiques ont également connu des
acquisitions d’entreprises et de positions stratégiques par des intérêts étrangers. En
2004, Capital Research & Management, aux États-Unis, a versé environ 3.0
milliards USD pour une participation de 10 % dans UFJ Holdings au Japon et
Citigroup des États-Unis a acquis la Korean KorAm Bank pour 2.7 milliards USD.
Au début de 2005, la Korea First Bank a acheté Standard Chartered du Royaume-
Uni pour 3.2 milliards USD.
Autre secteur en proie à une forte activité, la gestion et l’investissement
immobiliers. Ce secteur n’est pas traditionnellement un gisement d’acquisitions
par des capitaux étrangers, mais en 2004 et au début 2005, il a attiré,
particulièrement en Europe continentale, des montants importants d’investissement
international. Fondo Immobili Pubblici en Italie, a été privatisé au profit d’un
groupe d’investisseurs étrangers pour 4.5 milliards USD, Fortress Investment
Group LLC des États-Unis a versé 4.3 milliards USD pour acheter presque toutes
les actions de GAGFAH en Allemagne et Sophia SA, France a été acquise par
l’Américain General Electric pour 4.2 milliards USD.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1): Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.

Par ailleurs, la plus importante transaction du premier semestre 2005 entre
dans cette catégorie. Metrovacesa SA, d’Espagne a versé 6.8 milliards USD pour
acquérir 38.5 % des actions de l’entreprise française Gecina SA.
Dans le secteur des services aux collectivités, la production et la
distribution d’énergie a été la cible de plusieurs rachats transnationaux en 2004 et
2005. (1)
En 2004, International Power plc du Royaume-Uni et Japanese Mitsui & Co ont
acquis conjointement le portefeuille international de production électrique
d’Edison Mission Energy dans une transaction évaluée par Dealogic à 5.5 milliards
USD. TXU Australia a été acquise par Singapore Power Ltd pour 3.7 milliards
USD, les exploitations industrielles de gaz de la société allemande Messer
Griesheim GmbH ont été achetées par Air Liquide SA de France pour 3.3 milliards
USD et l’entreprise allemande E.ON AG a vers 2.9 milliards USD pour acquérir
44.6 % des actions de Sydkraft AB en Suède. Deux des plus grandes transactions
du début 2005 ont été l’acquisition de National Grid Transco du Royaume-Uni
pour 5.7 milliards USD par un groupe international d’investisseurs et une
conversion de dette en prise de participation pour un montant de 5.7 milliards USD
avec les créanciers internationaux de British Energy plc. (2)

Si l’activité du secteur des télécommunications n’est sans doute que « l’ombre
d’elle même », plusieurs transactions importantes sont néanmoins intervenues
depuis un an et demi. Notamment, la société américaine WorldCom Inc, en
difficulté, a été acquise par un groupe international de créanciers lors d’une
transaction évaluée à 10.7 milliards USD. En Asie, un certain nombre d’entreprises
de téléphonie mobile a été acquis en une seule transaction évaluée à 4.1 milliard
USD par China Mobile Ltd de Hong Kong (Chine) et un groupe d’opérateurs de
téléphone basé en Allemagne
(des filiales immatriculées localement de Turkcell, LM Ericsson et
TeliaSonera) a versé 3.0 milliards USD pour acheter la deuxième licence de
téléphone mobile en Iran. Au début de 2005, Intelsat Ltd, Bermudes, a été acquise
par Zeus Holdings Ltd, basé au Royaume-Uni pour un montant de 5.1 milliard
USD et le groupe britannique Vodaphone a versé 4.5 milliards USD pour acquérir
le Néerlandais ClearWave NV.
Enfin, il faut mentionner quelques acquisitions internationales de grande
envergure dans les secteurs de la pharmacie et des biotechnologies. La plus
grande transaction dans ce domaine a été l’achat d’Hexal AG, en Allemagne, pour
5 .7 milliards USD par le groupe suisse Novartis.



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(1) (2): Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.


parmi les autres acquisitions pharmaceutiques, on retiendra l’achat par la société
israélienne Teva Pharmaceutical Industries de Sicor Inc, aux États-Unis, pour 3.4
milliards USD et la vente par Roche Holding, pour un montant de 3 milliards USD,
de son unité de produits pharmaceutiques délivrés sans ordonnance à l’Allemand
Bayer AG. Dans le secteur des biotechnologies, Le groupe belge UCB a acquis
lors d’une transaction très médiatisée, la société britannique de haute technologie,
Celltech Group, pour 2.7 milliards USD. (1)

I.2.1.4 COMMENT FAIRE POUR ATTIRER L’IDE VERS LES PAYS EN
DEVELOPPEMENT, NOTAMMENT AFRICAINS

Etant donné le rôle que l’IDE peut jouer pour accélérer la croissance et la
transformation économique, certains pays ont mis en place depuis des années
(Afrique du Sud, Chine, Inde, Tunisie, etc.) des politiques visant à améliorer les
principaux indicateurs qui influencent sur les choix d’implantation des
investisseurs étrangers dans un pays. Il s’agit, notamment :
• De la stabilité économique, politique et sociale ;
• De la gouvernance ;
• De l’existence des règles transparentes régissant l’entrée et l’exercice de l’activité ;
• De normes applicables au traitement des filiales étrangères des multinationales;
• Du régime du commerce (barrières tarifaires et non tarifaires) ;
• Des régimes fiscaux ;
• Du régime de fonctionnement et de la structure des marchés (en particulier
régimes de la concurrence et des fusions et acquisitions) ;
• De la politique des privatisations ;
• Des incitations et des aides à l’investissement ;
• De la qualité des infrastructures et des équipements collectifs (écoles bilingues,
qualité de vie, etc.) ;
• Des services après investissement, etc.
Tout pays désireux d’attirer les investissements directs étrangers devrait prendre
des mesures pour améliorer tous les indicateurs se rapportant aux paramètres. (2)
En ce qui concerne l’Afrique, les principaux dysfonctionnements organisationnels,
politiques et économiques observés çà et là devraient être rapidement surmontés, si
elle veut capter l’IDE.
L’amélioration de la bonne gouvernance, un cadre réglementaire prévisible
et transparent, la primauté du droit et la stabilité politique et sociale sont autant
d'éléments indispensables pour créer un climat favorable à l'investissement direct
étranger en Afrique.
ــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1): Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre (2) Réunion d’experts sur l’incidence de l’investissement direct étranger sur le développement,
Genève, 24-26 janvier 2005/Dr EFA FOUDA


L’intégration régionale est aussi un facteur essentiel dans la mesure où la taille des
marchés constitue un important levier et un facteur de rentabilité pour l’IDE.
Dans cette optique, une initiative comme celle du Nouveau Partenariat pour le
Développement de l’Afrique (NEPAD) devrait être encouragé.
En matière de recherche et développement, des programmes nationaux visant à
favoriser l’implantation des unités de R&D des entreprises des pays industrialisés
devraient être mis place, par exemple:

--- Des programmes de renforcement des infrastructures scientifiques et
technologiques nationales (création de parcs scientifiques et technologiques, des
universités et des centres de recherche de qualité) ;
--- Des programmes de développement des ressources humaines de qualité ;
--- La mise en place d’un cadre incitatif permettant aux entreprises, notamment
étrangères à s’investir dans la R&D.

I.2.1.5 Les problèmes du Moyen-Orient

L’Afrique est la seule région en développement où les grandes économies
européennes semblent jouer un rôle plus important que les États-Unis et le Japon
en tant qu’investisseurs directs. Si l’on considère les positions bilatérales
d’investissement, le plus grand investisseur en Afrique est le Royaume-Uni (18
milliards USD – pour l’essentiel en Afrique du Sud), suivi par la France (17
milliards USD – pour une bonne part en Afrique francophone). L’investissement
en Afrique provenant des économies de l’OCDE reste très faible par rapport aux
autres parties du monde – bien qu’il ne le soit pas tant, comparé au nombre
d’habitants et aux économies des pays bénéficiaires.
La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord est une zone dont l’attrait
potentiel pour les investisseurs semble élevé, mais s’est peu concrétisé jusqu’ici.
Grâce en partie à une ouverture plus forte mais limitée à l’investissement étranger,
l’IDE y a augmenté ces dernières années, mais pas aussi vite que dans certaines
autres régions en développement. Les entrées nettes d’IDE dans les pays de cette
région pour lesquels on dispose des statistiques nécessaires ont atteint 7.4 milliards
d’USD en 1998, mais sont retombées à seulement 2 milliards d’USD en 2003,
année au cours de laquelle l’ensemble des autres régions en développement de la
planète ont bénéficié de beaucoup plus d’IDE. (1)
Au cours de la période 1998-2000, les entrées d’IDE par habitant dans les pays de
la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont atteint en moyenne 21 USD
par an, c’est-à-dire beaucoup moins que les 1 321 USD enregistrés dans la zone
OCDE en 2005.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Hans Christiansen et Ayse Bertrand de la Division de l’investissement,
OCDE/Juin 2004





D’un pays à l’autre de la région, on a constaté au cours de cette période des écarts
importants : les entrées d’IDE ont ainsi atteint 0.2 USD par an et par habitant en
Algérie, 12 USD au Yémen et 155 USD en Arabie Saoudite. Mesurées par rapport
à la taille des économies nationales, les entrées d’IDE ont par ailleurs joué un rôle
relativement modeste dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
En 1998-2000, le taux moyen de l’IDE rapporté au PIB n’atteignait que 0.9 pour
cent, soit aussi peu que dans les pays de l’Afrique subsaharienne, et nettement
moins que les 3 pour cent enregistrés en Amérique latine et en Asie orientale. (1)




























ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Hans Christiansen et Ayse Bertrand de la Division de l’investissement,
OCDE/Juin 2004


I.2.2 LA MULTINATIONALISATION

I.2.2.1 Gros plan sur la multinationalisation et la mondialisation
de « l’économie du savoir »
Au vu de l’importance croissante de l’investissement dans les pays non membres
de l’OCDE, les analystes se sont penchés sur la nature évolutive de l’attrait que
présentent ces pays pour les investisseurs de la zone de l’OCDE.
Traditionnellement le postulat était que l’investissement dans les pays en
développement était motivé soit par la disponibilité de ressources, soit par la
recherche de sites de production à bas coût par les entreprises. Toutefois, depuis un
certain temps, il apparaît que cette explication est souvent trop simpliste. Les
investisseurs dans les sites à bas coûts (comme l’industrie textile dans certains pays
d’Asie) ont la possibilité de traiter sur un pied d’égalité avec les entreprises
locales, ou même de les intégrer complètement dans leur propre chaîne mondiale
de valeur,sans prendre de participation. Il s’avère que les entreprises
multinationales passent de plus en plus de la phase de commerce avec un pays à
une phase d’établissement d’une présence dans ce pays, ce qui entre dans une
stratégie d’entreprise plus élaborée qui vise, notamment, à produire localement
pour la consommation internationale tout en desservant les marchés locaux. C’est
ce qui ressort très clairement de la tendance observée cette dernière décennie où les
investisseurs internationaux choisissent des pays d’accueil dans le monde en
développement non seulement en fonction de leurs coûts (et de leurs atouts en
termes de conditions offertes) mais aussi en fonction de la taille de leur économie
intérieure. (1)
Plus récemment, les investissements dits de « recherche d’actifs stratégiques » qui
auparavant était censés être l’apanage des économies les plus développées,
semblent maintenant à la portée des pays en développement. Un des exemples les
fréquemment cités est la délocalisation des services de développement de logiciel
dans le sous-continent indien pour bénéficier de ses ressources humaines.
Moins visible à l’extérieur, l’attribution de la production industrielle à de grands
pays en développement (comme l’industrie automobile en Amérique du Sud et
dans l’ancienne Union soviétique) s’appuie en même temps sur l’existence sur le
plan local de compétences comme les
services d’ingénierie. (2)
Une publication récente de l’OCDE (Indicateurs de la mondialisation économique)
éclaire la nature transnationale des activités à forte intensité de savoir. Un exemple
en est la part de la recherche et développement (R-D) totale réalisée en dehors du
pays d’origine des entreprises multinationales.

ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2) Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.

Les données ne sont disponibles que pour quelques pays mais il apparaît que les
entreprises multinationales domiciliées dans les petits pays – bien que
technologiquement avancés – sont plus enclines à mener des activités de recherche
à l’étranger. Le meilleur exemple est donné par la Suisse dont les entreprises
dépensent plus de la moitié de leur budget de R-D à l’étranger. On a attribué ce
phénomène au fait qu’un pays qui compte seulement 7 millions d’habitants doit
puiser dans le capital humain d’autres nations pour garder certaines des entreprises
(par exemple, pharmaceutiques) technologiquement les plus avancées du monde.
La forte croissance de la composante étrangère de la R-D en témoigne. L’étude
citée ci-dessous indique aussi que les dépenses de R-D des filiales à l’étranger des
sociétés mères ont augmenté à un rythme annuel de 10 à 20 % de 1995 à 2001.
Toutefois, cette comparaison n’implique que quatre pays de l’OCDE, l’Allemagne,
le Japon, la Suède et les États-Unis. Parmi ces pays, la croissance des dépenses en
R-D à l’étranger a été plus forte chez les entreprises multinationales suédoises et
plus faible chez leurs homologues américaines.

Une autre façon de mesurer le contrôle par les entreprises étrangères de
l’innovation est la nationalité des brevets. D’après la base de données de l’OCDE
sur les brevets, il apparaît que les entreprises de certains des plus petits pays
européens dépendent fortement d’activités de R-D à l’étranger pour l’innovation.
En Suisse et en Irlande, près de la moitié des demandes de brevet concernent des
inventions faites à l’étranger et, au Luxembourg, cette part ne représente pas moins
de 80 % .La plus grande économie de l’OCDE, les États-Unis, ne compte pas
parmi les pays les plus « fermés » à cet égard. Les entreprises américaines
bénéficient en effet largement d’innovations à l’étranger. Les entreprises
domiciliées en Asie et du sud de l’Europe, en revanche, semblent dépendre
largement de la R-D nationale pour progresser technologiquement.













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(1),(2) Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.



(1)













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(1) Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.



(1)



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(1)Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.

I.2.2.2 Les indicateurs économiques de la mondialisation

Les entreprises multinationales jouent un rôle clé dans l’internationalisation des
marchés, généralement appelée « mondialisation », qui s’est nettement développée
ces deux dernières décennies. L’intégration économique est au cœur de cette
évolution mais elle n’en est pas le seul élément : les dimensions sociales,
culturelles, politiques et institutionnelles ne peuvent être négligées.
En reconnaissant l’importance de la mondialisation pour la formulation des
politiques, les décisions stratégiques et autres recherches et analyses économiques
et sociales, l’OCDE a pris l’initiative d’élaborer une série d’indicateurs
significatifs pour mesurer le phénomène à partir d’un vaste ensemble
d’informations factuelles.
La première démarche importante a été de mettre au point la méthodologie des
nouveaux indicateurs sachant les seules statistiques traditionnelles ne sont plus
suffisantes pour analyser complètement l’ampleur et les conséquences de la
mondialisation et qu’elles doivent être complétées. De plus, de nouveaux concepts
ont dû être définis et intégrés dans un cadre commun devant servir de référence à
des outils d’analyse comparables.
Leurs objectifs sont doubles :
i) Identifier un ensemble d’indicateurs pertinents pour mesurer l’ampleur et
l’intensité du processus de mondialisation et permettre aux pouvoirs publics et
autres analystes de suivre son évolution dans le temps ;
ii) fournir à ceux qui collectent les données de base nationales les lignes directrices
méthodologiques et statistiques nécessaires pour construire les indicateurs retenus
et les rendre compatibles avec les normes internationales.
Les indicateurs relatifs aux domaines suivants sont explicités:
a) Commerce et investissement internationaux
b) Investissement direct étranger
c) Activités des entreprises multinationales dans le secteur manufacturier
d) Activités des entreprises multinationales dans le secteur des services
e) Comparaison entre le secteur manufacturier et le secteur des services des
entreprises multinationales
f) Contribution des filiales sous contrôle étranger à la valeur ajoutée et à la
productivité du travail dans le secteur manufacturier et le secteur des services des
pays d’accueil.




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Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.


g) Internationalisation de la recherche-développement industrielle
h) Propriété transnationale des inventions
i) Balance des paiements technologiques
j) Internationalisation des produits à forte intensité technologique dans les pays
déclarants
k) Part des filiales sous contrôle étranger dans le secteur des technologies de
l’information et de la communication
l) Aspects de la mondialisation du commerce


I.3 CONCLUSION

Selon les Indicateurs mondiaux du développement de la Banque mondiale, qui
fournissent des données sur l’IDE et la formation de capital fixe dans plus de 130
pays en développement, la part moyenne de l’IDE dans l’ensemble de
l’investissement fixe a été d’environ 15 pour cent au cours de la décennie écoulée.
Toutefois, les écarts d’un pays à l’autre sont considérables : dans certains pays
riches en ressources comme l’Angola, le Soudan et le Venezuela, l’IDE a
représenté au moins la moitié de l’investissement national fixe, tandis qu’à l’autre
extrême, l’Iran, le Niger, le Sierra Leone, Haïti, le Bangladesh et plusieurs autres
pays moins développés n’ont pratiquement bénéficié d’aucune participation privée
étrangère. (1)
En ce qui concerne les possibilités dont disposent les pouvoirs publics pour utiliser
l’APD au profit de l’investissement, il se peut que la distinction opérée entre l’IDE
et l’investissement national fixe soit dans la plupart des cas artificielle. En effet, les
entreprises étrangères et nationales réagissent aux mêmes incitations et contre-
incitations à investir, et leurs évaluations du climat de l’investissement dans un
pays donné tendent à converger. En raison de leur connaissance privilégiée des
structures sociales et économiques du pays concerné, les investisseurs nationaux se
montrent parfois plus souples que les entreprises étrangères face aux lacunes de la
gouvernance.

Par ailleurs, les microentreprises et les producteurs qui opèrent à la marge de
l’économie formelle (comme par exemple les agriculteurs qui travaillent
uniquement pour assurer leur subsistance) peuvent avoir une perception tout à fait
différente du climat de l’investissement, mais les entreprises privées à but
entièrement lucratif peuvent dans la plupart des contextes relever d’un traitement
identique.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1)Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.




Les efforts visant à améliorer le climat de l’investissement avec le soutien de
l’APD ont leur pertinence pour attirer l’IDE, mobiliser les fonds nationaux au
profit de l’investissement et renforcer la contribution de tous les types
d’investissements au développement économique. (1)
































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(1)Perspectives d’investissement international, ISBN: 92-64-01135-8, © OCDE 2005, à paraître en
septembre.


















Analyse du marché international
de blé



















II.1 Introduction

Le blé est incontestablement l'un des produits agricoles les plus produits et plus
échangés dans le monde. La place privilégiée du blé dans les productions et les
échanges agricoles mondiaux est due essentiellement à de multiples utilisations qui son
faites tant sur le plans de l'alimentation animale que sur le plan de l'alimentation
humaine.
Sur le plan de l'alimentation animale,le blé,à l'instar des autre céréales et de produits de
substitution aux céréales(PSC) que sont le manioc, le gluten, le son de maïs,etc. , est
utilisé comme source d'énergie dans les aliments composés pour le bétail. (1)
Sur le plan de l'alimentation humaine, le blé s'illustre, à travers les produits de
boulangerie et de pâtisserie dont il est le principal facteur de production, comme un des
produits de base les plus importants de l'alimentation humaine aussi bien dans le pays
en développement que dans les pays industrialisés.
Cependant, le marché international du blé n'est approvisionné que par un nombre
restreint de pays ou groupes de pays. Pour cette raison l'OMC a pris l'initiative de
mettre de différents réformes et ajustement du secteur des céréales dans le but
d'accroître la compétitivité de ces produits,a l'échelle mondiale en diminuant la
concurrence oligopolistique.

ــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1), (2)Thèse de doctorat: ANALYSE ECONOMIQUE DE LA REPONSE DU MARCHE DU BLE
DIFFERENCIE AUX INSTRUMENTS DE L’ORGANISATION COMMUNE DES MARCHES
DU SECTEUR DES CEREALES LE CAS DE LA France / Rabelais Yankam Njonou /
UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN / DEPARTEMENT DE BIOLOGIE APPLIQUEE
ET DES PRODUCTIONS AGRICOLES/ UNITE D’ECONOMIE RURALE/ Louvain-la-Neuve,
Avril 2004



II.1.1 La nature hétérogène du blé:

Le blé n'est pas un produit homogène, ce produit est différencié non
seulement par apport aux utilisations finales, mais aussi par rapport aux
sources d'approvisionnement. Afin de mieux appréhender les échanges du blé,
ces deux éléments de différenciation doivent être simultanément pris en
considération dans l'analyse des marchés du blé.

II.1.1.a) La différenciation du blé par rapport à l'utilisation finale:

Les deux espèces du blé que sont le blé tendre et le blé dur son
communément échangées sur le marché international. Elles sont utilisées pour
l'alimentation animale et pour l'alimentation humaine.
Le schéma général de la différenciation du blé par rapport à l'utilisation
globale est repris dans le tableau ci-dessous.

Par exemple en 1999, selon la Communauté européenne (CE) le blé
utilisé pour l'alimentation animale représente 39% du blé consommé au sein
de l'UE. Il est principalement utilisé comme source d'énergie dans
l'alimentation des animaux. Le blé tendre représente environ 97% des
utilisations du blé pour l'alimentation animale contre seulement 3% pour le blé
dur. (2)
En général, les utilisations de cette dernière espèce du blé pour l'alimentation
animale ne proviendraient essentiellement que des volumes
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ déclassés sur le marché.

(1), (2)Thèse de doctorat: ANALYSE ECONOMIQUE DE LA REPONSE DU MARCHE DU BLE
DIFFERENCIE AUX INSTRUMENTS DE L’ORGANISATION COMMUNE DES MARCHES DU SECTEUR
DES CEREALES LE CAS DE LA France / Rabelais Yankam Njonou / UNIVERSITE CATHOLIQUE DE
LOUVAIN / DEPARTEMENT DE BIOLOGIE APPLIQUEE ET DES PRODUCTIONS AGRICOLES/ UNITE
D’ECONOMIE RURALE/ Louvain-la-Neuve, Avril 2004







Pour l'alimentation humaine, le blé tendre est utilisé comme matière
première dans les industries de boulangerie,de pâtisserie et d'amidonnerie
alors que le blé dur est utilisé comme matière première dans les industries de
soumoulerie.
Pour chacune de ses utilisations, Il existe des classes ou qualités du blé
spécifique qui donnent lieu à une classification des blés en fonction des
utilisations finales.
En fonction des utilisations finales, on distingue les trois"types" du blé
suivants sur le marché céréalier:
--Le blé panifiable.
--Le blé pour l'utilisation animale.
--Le blé semoulier.
Chacun de ces types du blé est constitué de classes ou qualités : (1)
+ Le blé panifiable est subdivisé en blé en haute , moyenne et basse qualité
.Le blé panifiable de haute qualité est utilisé pour produire les farines de haute
qualité. Il est aussi utilisé pour rehausser la qualité des blés de faible qualité
à travers des mélanges.
Le blé de moyen qualité est utilisé pour la production des farines de moyenne
qualité destinées à la production des pains de moyenne qualité. Le blé de
basse qualité est destiné à la production des farines de faible qualité qui sont
utilisés pour la biscuiterie,la pâtisserie, la viennoiseries et l'amidonnerie.
+ Le blé semoulier est constitué de deux classes du blé dur qui sont le blé dur
de moyenne qualité et de haute qualité.
+ Le blé pour l'alimentation animale n'est constitué que du blé fourrager.
Chacune des qualités du blé à l'intérieur d'un type précis est classée suivant les
critères physique et technologiques.








ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1)Thèse de doctorat/ Rabelais Yankam Njonou/ UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN/ Avril 2004/
P.21


II.1.1.b)La différenciations par rapport à la source d'approvisionnement:

Dans ce type de catégorisation, trois causes ont été identifiées selon les
sources d'importation: (1)
-- Les différences agro-climatiques qui existent entre les différents pays
producteurs.
-- Les relations historiques et institutionnelles qui existent entre un
importateur et les exportateurs en vue de diversifier les fournisseurs et d'éviter
les risques de retard ou de pénurie etc.….
-- Les relations de coopération qui fidélisent les importations aux
exportateurs.
Il y a aussi dans ce type de différenciation trois autres caractères: (2)
1) Il n'existe pas de substitution parfaite entre les blés d'origines différentes.
2) L'existence de différence entre les qualités du blé qui constituent chacune
un segment de marché du blé.
3) L'existence de différences entre les sources d'importation d'une même
qualité du blé permettant de mieux appréhender le commerce et les échanges
internationaux du blé.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ

--D'après : Thèse de doctorat/ Rabelais Yankam Njonou/ UNIVERSITE CATHOLIQUE DE LOUVAIN/
Avril 2004/ P.21
(1)

(2) 2-1

2-2


2-3

2-4





II.2 Caractéristiques du commerce international des céréales
Les échanges internationaux de céréales ne constituent que 1% de la
valeur du commerce mondial, soit environ 40 milliards de dollars par an. La
part de la production qui fait l’objet d’échanges internationaux représente à
peine 10% (Toussain, 1999). (1)
Seuls les grands pays exportateurs écoulent une partie significative de leur
production. Ainsi, les Etats unis vendent près de 50% de leur production de
blé sur le marché international et la proportion est de 60% pour l’Argentine,
65% pour le Canada, 70% pour l’Australie et seulement 15% environ pour
l’Union européenne.
Les exportations de céréales sur le marché international sont dominées
principalement par les Etats Unis, l’Union européenne, l’Australie, le Canada,
l’Argentine pour le blé et les céréales secondaires. Les Etats unis contrôlent à
peu près 30% du marché du blé et 60% du marché des céréales secondaires.
Quant à l’Union européenne, ses parts de marché sont de 15% pour le blé et
10% pour les céréales secondaires.
Le marché du riz est dominé principalement par :
- Thaïlande : 25% du marché;
- Vietnam : 15% du marché ;
- Chine : 12% du marché ;
- Etats unis : 11% du marché ;
- Inde : 11% du marché ;
- Pakistan : 8% du marché.
Les principaux importateurs de produits alimentaires sont surtout asiatiques
avec 26,4% des importations alimentaires mondiales. Les Etats Unis ne
représentent que 9,9% des importations mondiales contre 11,6% pour l’Union
européenne. Quant à l’Afrique elle représente 19% des importations
mondiales.
Le commerce international des céréales est dominé par des négociants
internationaux peu nombreux qui confèrent un caractère d’oligopole à ce
marché. Parallèlement, la plupart des céréales font l’objet d’une intervention
importante de la part des états, particulièrement ceux du nord. Ainsi, le
commerce international des céréales est loin de fonctionner librement.
Les pays utilisent surtout les soutiens internes et les subventions à
l’exportation pour conquérir des parts de marché tout en érigeant des barrières
tarifaires et non tarifaires pour protéger leur production nationale. (2)


ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1), (2)Commerce International des Céréales et Production Céréalière au Mali/Niama Nango
DEMBELE/APCAM/MSU Document de Travail no. 5/Bamako, Avril 12, 2003









Selon des estimations de l’OECD, l’Union européenne a dépensé 90
milliards de dollars pour soutenir son agriculture contre 60 milliards de dollars
au Japon et 49 milliards de dollars aux Etats unis en 2000. Les soutiens
spécifiques aux prix agricoles qui faussent la concurrence se situeraient en
moyenne par an à 62 milliards de dollars pour l’Union européenne, 31
milliards pour le Japon et 19 milliards de dollars pour les
Etats unis. (1)
La concurrence acharnée entre les grands pays agro-exportateurs à coup de
subventions conduit à une baisse régulière et tendancielle et à une instabilité
généralisée du prix des céréales sur les marchés internationaux.
Soumis à la concurrence des céréales importées ou de l’aide alimentaire et
confrontés à une évolution des habitudes de consommation défavorables aux
céréales locales, les producteurs africains peuvent difficilement développer
une production céréalière marchande.
La reconquête du marché africain par les céréales locales constitue donc un
enjeu majeur pour les producteurs.















ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ


(1)Commerce International des Céréales et Production Céréalière au Mali/Niama Nango
DEMBELE/APCAM/MSU Document de Travail no. 5/Bamako, Avril 12, 2003

II.1.2.1Faits récents du marché international des céréales

Les conditions météorologiques et les prévisions officielles
d’ensemencements ont été les moteurs clés des marchés céréaliers américains
en avril 2006, redressant généralement les prix, l’évolution des marchés des
produits de base et de l’énergie jouant aussi un rôle déterminant. Des
inquiétudes persistantes soulevées par le temps sec dans les plaines
américaines du sud, conjuguées à des semis de printemps moindres que prévu
et des conditions excessivement humides dans le nord du pays ont renchéri les
prix du blé dur américain. (1)
En Inde, des préoccupations liées à la hausse des prix intérieurs et à la lenteur
des achats publics ont motivé une récente décision d’importer
3 millions de tonnes supplémentaires pour gonfler les stocks. La
réintroduction de restitutions à l’exportation dans l’UE début avril a coïncidé
avec un raffermissement de l’euro par rapport au dollar et une demande
intérieure élevée en blé fourrager, donnant des cotations à l’exportation
légèrement supérieures.
L’évolution des marchés du maïs a été en grande partie déterminée par les
cours à terme américains, qui se sont laissés surprendre le 31 mars lorsque les
données officielles ont suggéré un recul de près de 5 % des semis 2006.
Malgré des disponibilités abondantes de maïs, les opérateurs ont également
noté une robuste demande intérieure et étrangère, y compris une utilisation
très forte par le secteur en plein essor de fabrication d’éthanol. Par la suite, les
prix ont reculé en avril, lorsque les conditions météorologiques ont favorisé
les semis de la prochaine récolte.
Les prix de l’orge fourragère UE et Mer Noire ont été généralement plus
faibles au cours du mois dernier mais les valeurs brassicoles de l’UE se sont
raffermies, principalement du fait des inquiétudes soulevées par les semis de
printemps.
Les marchés mondiaux des oléagineux ont tiré un soutien sous-jacent de la
fermeté des huiles utilisées pour la fabrication de biodiesel mais les données
au 31 mars suggéraient une hausse étonnamment élevée des semis américains
de soja, ce qui a entraîné de grosses vagues de ventes à Chicago, le marché se
redressant par la suite grâce à la fermeté soutenue des cours énergétiques
mondiaux.
Un repli des prix à l’exportation du riz vietnamien à l’issue de sa
moisson principale, qui a aussi coïncidé avec une demande relativement
timide de l’Afrique de l’Ouest, a marqué un net contraste avec le bon maintien
des prix en Thaïlande, essentiellement dû à la fermeté du baht.


ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Conseil international des céréales (CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de27 avril 2006




Dans le secteur du fret maritime, les taux Panamax ont encore fléchi du fait
de la faiblesse de la demande et d’un excès de tonnage, les congés récents et à
venir ralentissant l’activité du marché.

EXPORT PRICES CIC © 2006
II.1.2.2 APERÇU SUR L’OFFRE ET LA DEMANDE EN
2006/07
BLE - Les prévisions de production mondiale de blé en 2006 font 598
millions de tonnes, 4 millions de plus que le mois dernier, mais 21 millions de
tonnes de moins que le chiffre record de 2005 dû à une récolte beaucoup plus
petite en Russie et en Ukraine. Les perspectives restent favorables dans la
majeure partie de l’Europe, bien que des inondations aient touché certaines
régions de Bulgarie et de Roumanie. Au Canada, les semis de printemps
devraient augmenter.(2)
L’état des cultures de blé dur d’hiver dans les régions méridionales des Etats-
Unis reste médiocre malgré les pluies récentes, alors que les semis de blé de
printemps, qui devraient désormais porter sur une superficie moindre, ont été
ralentis par le temps humide. Certains producteurs pourraient donner la
préférence au soja en raison du coût élevé des engrais. Des pluies propices ont
aidé les cultures chinoises et les conditions se sont bonifiées au Pakistan et au
Maroc.

ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2) Conseil international des céréales(CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de27
avril 2006




Dans l’hémisphère sud, des prix bas et des dépenses élevées pourraient nuire
aux semis argentins et il faudrait davantage de pluies dans certains points de
l’Australie. La consommation mondiale de blé en 2006/07 est estimée à 614
millions de tonnes, 3 millions de tonnes de plus que le mois dernier mais tout
de même en retrait de 9 millions sur 2005/06. La réduction concerne
principalement l’utilisation pour l’alimentation animale, car la contraction des
disponibilités de blé de meunerie à bas prix se soldera par une plus grande part
de maïs ou d’oléagineux dans les aliments composés pour animaux. Une
hausse de 1 million de tonnes porte les projections d’échanges mondiaux de
blé à 112 millions de tonnes, 2 millions de tonnes de plus qu’en 2005/06, en
raison d’un accroissement des achats de la Chine et de l’Inde. Les
disponibilités des pays exportateurs devraient être suffisantes pour couvrir les
besoins mondiaux à l’importation.
Les stocks mondiaux à la fin de 2006/07 devraient reculer de 16 millions pour
tomber à 119 millions de tonnes, dont 45 millions (soit une baisse de 6
millions) entre les mains des cinq principaux exportateurs.(1)
MAIS - La production mondiale est estimée à 690 millions de tonnes, soit 8
millions de plus qu’en 2005, mais 1 million de moins que le mois dernier. La
récolte américaine, qui devrait porter sur une superficie réduite en raison de la
concurrence exercée par le soja, devrait être proche du chiffre de 282 millions
de tonnes enregistré l’an dernier, en supposant des rendements conformes aux
tendances récentes. Peu de changements sont attendus dans l’UE, des
accroissements en Espagne, en Hongrie, en Italie et en Pologne
essuyant les réductions formulées pour la France et l’Allemagne.
La production dans le sud-est de l’Europe et de l’Ukraine devrait croître. De
bonnes conditions d’ensemencements en Chine suggèrent une récolte
légèrement supérieure à 2005.
La consommation mondiale de maïs est estimée en hausse de 23 millions de
tonnes sur 2005/06 à un record de 709 millions. Du fait d’une concurrence
moindre du blé à bas prix, la part du maïs dans l’alimentation animale pourrait
croître de 4 millions de tonnes, mais la plus forte hausse (18 millions de
tonnes) intervient dans l’utilisation industrielle, notamment pour la fabrication
d’éthanol aux Etats-Unis.



ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1) Conseil international des céréales(CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de27
avril 2006



Le total des échanges en 2006/07 est estimé à 77,0 millions de tonnes, 1,4
million de plus qu’en 2005/06, en raison d’une forte demande de l’Extrême-
Orient, du Mexique et du Canada. De plus grosses récoltes en Europe et dans
la CEI limiteront leurs besoins d’importations. Du fait de la concurrence
réduite de l’Argentine et de la Chine, les exportations américaines vont sans
doute augmenter à plus de 50 millions de tonnes durant cette campagne de
commercialisation. Les stocks mondiaux de maïs devraient reculer de 18
millions pour tomber à 111 millions, leur niveau le plus bas en trois ans. Les
stocks de report américains, bien qu’ils soient réduits, resteront substantiels,
aux alentours de 50 millions de tonnes.
ORGE - La production mondiale d’orge est estimée à 147 millions de tonnes,
soit 1 million de plus qu’en mars et 8 millions de plus que l'an dernier. La
production de l’UE devrait croître de 4 millions à 58 millions, grâce à de
meilleurs rendements et la récolte de la Russie devraient aussi être plus grosse,
mais les semis du Canada et des Etats-Unis seront
plus faibles. Des pluies abondantes au Maroc se solderont par une moisson
beaucoup plus grosse. (1)
La consommation mondiale d’orge en 2006/07 est projetée à 146 millions
de tonnes, 3 millions de plus que l’année précédente. Les meilleures
disponibilités dans l’UE, notamment en Espagne, augmenteront l’utilisation
pour l’alimentation animale aux dépens du blé, mais l’utilisation dans le
secteur brassicole pourrait diminuer. La consommation d’orge brassicole en
Chine et dans les pays de la CEI augmentera en raison de l’expansion de leur
capacité de maltage.
Les échanges mondiaux d'orge en 2006/07 devraient reculer de 0,5 million et
fléchir à 17,6 millions de tonnes. Les importations d’orge fourragère vont sans
doute baisser du fait des besoins réduits de l’Afrique du Nord et de l’Arabie
Saoudite mais de plus grosses ventes à la Chine pourraient doper les
importations mondiales d’orge brassicole. (2) Du fait de l’accroissement des
disponibilités, les exportations d’orge fourragère par l’UE et l’Ukraine
devraient augmenter, et les ventes canadiennes d’orge brassicole devraient
aussi grimper, mais la précarité de l’offre limitera les disponibilités
exportables de la Russie. Les stocks mondiaux d’orge devraient augmenter
d’environ 1 million pour se hisser à 28 millions de tonnes, car des hausses
dans l’UE font plus qu’essuyer un recul au Canada.



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(1),(2) Conseil international des céréales(CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de27
avril 2006



(1)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) CIC © 2006









(1)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1) Conseil international des céréales (CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de23
février 2006

TABLEAU 2.05
PRINCIPAUX EVENEMENTS DU MARCHE INTERVENUS DEPUIS LE 23 FEVRIER 2006
Fév. 24 Egypte : achat de 240.000 t. de blé UE. 120.000 t. (E.-U., UE) le 16 mars et 120.000 t. (UE) le 25
mars

Mars 1 Jordanie : achat de 123.000 t. d’orge fourragère
3 Inde : confirme l’achat de 500.000 t. de blé australien
6 Irak : achat de 500.000 t. de blé canadien. 150.000 t. (E.-U.), augmenté par la suite à 450.000 t.
7 Tunisie : achat de 125.000 t. de blé
9 Iran : achat de blé canadien, australien et UE
13 E.-U. : repli marqué des cours à terme du blé devant l’amélioration des perspectives
météorologiques
dans les Grandes Plaines
14 Ukraine : envisage la délivrance de permis d’exportation de céréales
15 Egypte : achat de 100.000 t. de blé syrien
Japon : achat de 218.962 d’orge fourragère et 17.440 t. de blé lors d’un marché SBS
23 Turquie : vente de 90.000 t. d’orge fourragère, 60.000 t. de durum et 10.000 t. de blé
Jordanie : achat de 300.000 t. de blé syrien
U.-E. : rejette une fois de plus toutes les offres de restitution sur le marché libre pour le blé
27 E.-U : 29 % du blé du Kansas jugé en mauvais/très mauvais état, Texas 78 %, mais légère
amélioration
28 Irak : Commission du grain : achat de 150.000 t. de blé UE ; promesse d’achat de 500.000 t. de
blé
australien
Ukraine : semis de céréales de printemps retardés par le temps froid
29 Russie : pertes de céréales d’hiver estimées à 20 %, mais dégâts inférieurs aux attentes
(1)

ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Conseil international des céréales (CIC)/MARCHE DES CEREALES/ rapport de 30
mars 2006
(2) CIC/ rapport de 27 avril 2006

II.2 Les firmes MN dominante sur le marché mondiale des
céréales

La production mondiale du blé est dominé par un nombre restreint de pays
ou groupes de multinatinales agro-alimentaire, ces derniers jouent un role très
marqué dans le marché international.
Il sont cinq grandes compagnies qui dirigent le négoce des céréales, à savoir :
‹‹ CARGILL››, ‹‹ CONTINENTAL››,‹‹BUNGE››,‹‹DREYFUS››, et
‹‹ANDRE››.(1)
De toute les multinationales, les compagnies céréalières sont les plus secrètes :
ces grande firmes ne publient pas leurs résultats financiers et n’ont aucune
obligation de fournir des informations au public.Leur chiffre d’affaires est de
50 milliards de dollars par an. Les informations et décisions sont étroitement
centralisées au sommet par un petit groupe de personnes. Les cinq
multinationales gèrent la disribution et la transformation du grain à l’échelle
mondiale.
LES CINQ FMN-CEREALIERE :
1- La société CARGILL : de Minnéapolis est la première firme céréalière
qui a développé un grand commerce à travers le monde.
« CARGILL » est une multinationale qui regroupe plus de 140 sociétés
apparentées et filiales dans plus de 36 pays.Elle a été le premier
exportateur du blé français et le 3
ème
négociant dans le monde.
2- La société « CONTINENTAL GRAIN COMPANY » : de New York
est la seconde multinationale des céréales, un véritable conglomérat
agro-alimentaire.
On peut dire que la moitié des exportations des céréales des USA passent
entre les mains de « CARGILL » et « CONTINENTAL ».
3- La société « BUNGE CORPORATION » : est une multinatinale
fondée en Holland puis installée en Argentine. L’anonymat fait que
pratiquement aucune des nombreuses compagnies qui
forme « BUNGE », ne porte ce nom. Les filiales s’appellent :
« GRAFA(textiles) ;ALBA(peinture) ;AQUILLAN(mines) ; CEA
(conserves) ; SUFOCID (produits chimiques) ;Molino Rio de la
plata(moulins); Samba(coton et oléagineux) »
4- La société « DREYFUS » : est une multinationale opérant depuis
Paris.
5- La société « ANDRE » : est aussi un grand ‘major’ céréalier qui
contrôle la companie Suisse ; ses filiales échangent avec les pays de
l’Est, de l’Asie et de l’Afrique. ـــــــــــــــــــــــــــ
(1) Le defi agro-alimentaire de l’Algerie (Analyse et statégie pour l’an 2000)/Boudjemâa
Haïchour/OPU/mars 1992/P.100


Les géants du grain,comme ceux du pétrole,ont grandi et ont largement
diversifié leurs commerce. On assiste à une véritable multinatinalsation des
compagnies céréalières.Par leurs investissements dans le domaine des
transports ,ce sont ’’de véritable raffineries de céréales ’’ qui transforment le
blé en farine, le soja en huile de cuisine et en nourriture pour les animaux.
Elles contrôlent tous les ’’pipe-line’’ du grain, du cultivateur au
consommateur.(1)





























ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Le defi agro-alimentaire de l’Algerie (Analyse et statégie pour l’an 2000)/Boudjemâa
Haïchour/OPU/mars 1992/P.100

II.3 Structure et stratégie des multinationales agroalimentaires


Cette partie porte sur l’étude de la sphère des FMN-A consacrée à l'analyse
de leur structure ainsi que leur stratégie.

Cette analyse des trente plus grandes multinationales agro-alimentaires
(FMN-A) révèle l’émergence d’un modèle de la firme globale et financiarisée,
adopté par des multinationales d’origine tant européenne qu’américaine, ceci
malgré la persistance de spécificités nationales dans les structures
actionnariales de ces entreprises et leurs choix d’utilisation des cash flows.(1)

Aux Etats-Unis, Michael Porter a souligné les inefficiences d’un
système financier qui enferme les grandes firmes dans une logique de
rendement à court terme peu propice à l’investissement (Porter, 1998).
D’autres pensent que les critères de rentabilité ne peuvent se substituer à la
construction d’une mission commune propre à stimuler l’engagement des
membres de l’entreprise dans les processus d’innovation.

En France les auteurs exprimé des préoccupations similaires concernant le
contrôle accru qu’exerce la sphère financière sur l’activité managériale.
Alors que nombre de travaux soulignent le poids croissant des investisseurs
institutionnels sur les marchés financiers, et leurs exigences accrues vis-à-vis
des entreprises cotées qui étaient apparues aux Etats-Unis dans les années
1980, ces évolutions se diffusent en Europe, et notamment en France, depuis
le milieu des années 1990,aboutissant à un portefeuille de marques globales,
nationales et régionales placées sur une échelle allant de la « pure
standardisation » à la « pure différenciation ».
Aujourd’hui les chercheurs s’intéressent aux modes d’internationalisation,
avec par exemple des travaux sur la composition des portefeuilles de marques
ou encore sur la gestion des marques mondiales pour satisfaire les attentes des
consommateurs. (2)






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(1) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES
EN EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE : Une
communication s’appuie sur les principaux résultats, actualisés et complétés, d’une étude
collective conduite pour le compte du Commissariat Général au Plan (Pérez et Palpacuer,
coord., 2002).
(2) Kapferer J-N, (2005), Les marques capital de l’entreprise, 3e édition, Editions
d’Organisation.


Deux grandes dimensions des stratégies des firmes seront ainsi prises en
compte dans ce travail:
- les stratégies concurrentielles, champ classique de l’analyse stratégique et
marketing,qui font intervenir les choix de positionnement de l’entreprise en
termes deportefeuille d’activités et d’avantage concurrentiel recherché dans
un domaine donné;
- les stratégies financières, champ traditionnel de la finance, qui renvoient
notamment aux choix d’utilisation des cash flows générés par l’entreprise.
Cette approche est appliquée aux très grandes firmes de l’agro-alimentaire,
qui exercent un rôle fortement structurant dans l’évolution des modes de vie et
de consommation.(1)
Malgré la persistance de spécificités locales dans les modes de gestion et le
pilotage stratégique de ces entreprises (FMN-A), au nombre de 33, ces FMN-
A avaient implanté plus de deux filiales dans plus de deux pays européens, et
réalisaient un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de dollars en 1998.
II.3.1 POIDS DES INVESTISSEURS INSTITUTIONNELS ET
FINANCIARISATION DES STRATEGIES
II.3.1.1 Le modèle anglo-saxon de la « shareholder value »
Les marchés financiers ont connu une mutation considérable au cours des
deux dernières décennies, avec la montée en puissance d’un nouveau type
d’acteurs, les investisseurs institutionnels (I.I.), qui présentent la
caractéristique de gérer de façon collective les capitaux qui leur sont confiés
par des épargnants individuels ou par d’autres organisations.
Ces investisseurs, incluant les compagnies d’assurance, fonds de pension,ainsi
que les banques dans leur activité d’investissement, détenaient toute catégorie
confondue des actifs financiers d’un montant de 36 000 milliards de dollars en
1999, soit 140% du PIB des pays membres.
II.3.1.2 Logique d’action des I.I.
L’analyse de la structure et de la dynamique de l’investissement institutionnel
révèle unevindustrie non seulement soumise à de fortes pressions au
rendement, mais aussi caractériséevpar un niveau élevé de concentration,
susceptible de permettre aux I.I. de répercuter sur lesventreprises des
exigences accrues en matière de rentabilité des capitaux investis.cCes
investisseurs sont, ensuite, évalués sur la base d’un système de classement
réalisé en fonction du rendement de leurs opérations, et renouvelé tous les
trois ou six mois.(2)


ــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1),(2)LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES
EN EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE

II.3.1.3 Influence sur les entreprises

De nouveaux principes de corporate governance parmi lesquels la
composition, le rôle et le mode de fonctionnement des conseils
d’administration occupent une place de premier plan affirmant la primauté de
l’actionnaire en tant que destinataire des richesses produites par l’entreprise,
et celle du marché en tant que mécanisme de régulation de l’activité
économique, l’existence d’un « marché du contrôle » des entreprises devant
notamment favoriser la liquidité des placements des investisseurs . On observe
alors l’apparition d’indicateurs de performance tels que l’Economic Value
Added (EVA), ou la Shareholder Value Added (SVA).
Sous l’influence de ces évolutions, les grandes entreprises américaines ont
opéré un revirement stratégique majeur à partir des années 1980, en
augmentant de façon significative la part des profits distribués aux
actionnaires sous forme de dividendes et de rachats d’actions. Le taux de
distribution sous forme de dividendes passe ainsi de 42,9% à 58,5% en
moyenne annuelle entre la décennie 1970 et celle de 1990, tandis que 12% à
30% des profits seront annuellement redistribués sous forme de rachats
d’actions entre 1984 et 1996.

II.3.1.4 La diffusion du modèle anglo-saxon en Europe : le cas de
la France

L’émergence d’une nouvelle forme de capitalisme dans le monde anglo-
saxon a suscité d’importants débats ;dont plusieurs auteurs constatent un
déclin des formes antérieures de capitalisme non seulement aux Etats-Unis et
au Royaume-Uni, mais aussi au Japon et en Europe continentale, ils
n’observent pas pour autant une convergence uniforme vers le modèle anglo-
saxon. (1)
En France, la libéralisation des marchés financiers durant les années 1980 a
stimulé une forte croissance du marché des capitaux, dont le poids en
proportion du PNB est passé de 5,6% à 111,5% entre 1982 et 1999, tandis que
celui du volume annuel des transactions augmentait de 1,8% à 54,6%. La
pénétration des investisseurs étrangers y est toutefois beaucoup plus forte
qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, avec un taux de détention de 35% du
capital des entreprises cotées en 1997.




ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1)LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE.

II.3.2 Structure actionnariale et utilisation du cash flow : les FMN-A en
Europe
Des situations contrastées entre firmes anglo-saxonnes et firmes d’Europe
continentale, confirmant l’hypothèse d’une spécificité américaine du modèle
de la « shareholder value ». Pourtant, l’observation des évolutions récentes
des plus grandes FMNA européennes indique une « financiarisation » de leur
stratégie.

II.3.2.1 Des structures actionnariales contrastées selon la nationalité des
FMN-A
L’observation de 18 firmes a donné une différenciation marquée entre
firmes selon leur nationalité d’origine,concernant la part des I.I. dans le capital
détenu par les dix premiers actionnaires. Tandis que le poids des 10 premiers
actionnaires est comparable chez les firmes européennes et américaines,
s’élevant aux alentours de 39%, la part des I.I. dans le capital détenu par ces
actionnaires est supérieure à 80% dans la plupart des firmes américaines. Elle
se situe entre 73% et 77% dans les firmes britanniques, et reste inférieure à
60% dans les firmes d’Europe continentale. (1)
Ces derniers possèdent soit un actionnariat très dispersé, laissant une large
autonomie à l’équipe dirigeante dans le pilotage stratégique de la firme (cas de
Nestlé, dont les actions sont largement diffusées parmi les épargnants suisses),
soit un actionnariat dominant de type familial (cas de Pernod Ricard,
Parmalat, Heineken), soit un actionnariat dominant de type managérial (cas de
LVMH, contrôlé par la holding de son Président Bernard Arnault, et dans une
moindre mesure de Danone, où les trois premiers actionnaires sont des
institutions financières alliées du management, qui investissent de longue date
sur leurs fonds propres dans le capital de la firme).
Notre champ d’étude, les FMN-A en Europe, correspond à l’oligopole agro-
alimentaire européen. Il s’agit, parmi les 100 premières FMN-A mondiales
recensées dans la base de données AGRODATA, des firmes qui ont
développé une présence significative dans l’Union Européenne.





ــــــــــــــــــــــــــــــــــ


(1) Ce test permet de vérifier statistiquement l’hypothèse d’indépendance entre deux variables, ici
la nationalité de la firme et le taux de participation des I.I. au capital détenu par les 10 premiers
actionnaires, mesuré comme étant soit strictement supérieur, soit inférieur ou égal, à la valeur
médiane de 70% sur l’ échantillon choisi. Ce test est disponible en ligne à l’adresse suivante:
http://home.clara.net/sisa/



II.3.2.2 Des choix divergents en matière d’utilisation du cash flow

Les structures actionnariales des FMN-A en Europe sont associées à des
comportements très typés en matière d’utilisation du cash flow. L’étude des
pratiques de redistribution de 19 firmes marque une différence entre firmes
américaines et firmes européennes, les premières ayant redistribué aux
actionnaires, sous forme de dividendes et de rachats d’action, un taux moyen
annuel de 89,2% du cash flow brut sur la période 1996-2003.(1)
Le test précédent fait également apparaître des différences significatives entre
firmes européennes et américaines, avec 9 firmes européennes sur 11
distribuant en moyenne annuelle moins de 50% de leur cash flow sur la
période considérée, tandis que les 8 firmes américaines ont largement dépassé
ce seuil avec des taux de distribution allant de 67% à plus de 100% en
moyenne annuelle.

ــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1) Ce test permet de vérifier statistiquement l’hypothèse d’indépendance entre deux variables,
ici la nationalité de la firme et le taux de participation des I.I. au capital détenu par les 10
premiers actionnaires, mesuré comme étant soit strictement supérieur, soit inférieur ou égal,
à la valeur médiane de 70% sur l’ échantillon choisi. Ce test est disponible en ligne à
l’adresse suivante: http://home.clara.net/sisa/




(1)
On pourrait donc conclure d’une part, à une spécificité persistante des
stratégies financières et des structures actionnariales des grandes FMN-A
selon leur pays d’origine, et d’autre part, à l’exercice d’une pression très
significative des actionnaires institutionnels américains sur les firmes de
même nationalité.

II.3.2.3 Vers une « financiarisation » des grandes FMN-A européennes

Pourtant, l’observation des évolutions stratégiques récentes des grandes
FMN-A européennes telles que Danone, Nestlé, Unilever et LVMH conduit à
douter d’une vision déterministe de l’influence actionnariale sur le
management stratégique de l’entreprise.
En effet, divers indicateurs révèlent que ces FMN-A se sont récemment
engagées dans une financiarisation de leur stratégie.
A partir du milieu des années 1990, ces firmes ont intensifié leur
communication avec les investisseurs, adopté des programmes de stock-
options pour leurs cadres dirigeants, ainsi que des indicateurs de type EVA
pour piloter leur performance, autant de comportements typiquement associés
à une prise en compte accrue des attentes des investisseurs.(2)






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(1) .(2) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES
AGROALIMENTAIRES EN EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET
FINANCIARISÉE.


La diffusion de ces normes comportementales anglo-saxonnes est
probablement favorisée par le fait que ces FMN-A sont aujourd’hui cotées sur
diverses places financières américaines où la « shareholder value » est une
norme établie.
Ces firmes ont également engagé des
programmes de rachat d’action, qu’elles utilisent toutefois de façon moins
régulière que leurs homologues américaines en tant que mécanisme de
redistribution du cash flow et, à l’exception de LVMH, elles ont régulièrement
augmenté leur distribution de dividendes et réduit leurs investissements
internes, ici mesurés en pourcentage des ventes.

II.3.3 LA COURSE A LA GLOBALISATION, MOTEUR DE LA
FINANCIARISATION ?

II.3.3.1 Stratégies de marché des grandes FMN-A : la quête du leadership
mondial :

L’évolution dominante des grandes FMN-A au cours des années 1990 est
celle d’un passage de stratégies « multi-domestiques », basées sur une
diversité de couples produits-marchés à l’échelle nationale, à des stratégies «
globales », axées sur la recherche d’une position de leadership sur des couple
produits-marchés définis à l’échelle mondiale
A partir des100 premières FMN-A mondiales, nous avons évalué le
degré de globalisation des 33 FMN-A composant l’oligopole agro-alimentaire
européen. Ces firmes sont positionnées sur la matrice ci-dessous en fonction
de leur degré de globalisation géographique (IGG) et de globalisation
sectorielle (IGS). (1)


ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE



(1)


ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES
EN EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE.
(2)
IGG=(nombre de filiales à l’étranger / nombre total de filiales)*(nombre de macro-régions
d’implantation /total de 8 macro-régions) et IGS=(nombre de domaines d’activité hors du pays
d’origine/nombre total de domaines d’activité). Les 8 macro-régions sont l’Afrique, l’Amérique
Latine, l’Asie, l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest, l’Europe Centrale et de l’Est, la
Méditerranée et l’Océanie.
Certaines firmes de l’échantillon ne figurent pas sur le graphique soit parce qu’elles
n’appartenaient pas au top 100 en 1988 (Danisco, Friesland, Parmalat), soit parce qu’elles en
étaient sorties en 2000 (Bass, United Biscuit,Hillsdown, Nabisco).

En 2000, la plupart des grands groupes ont évolué, signalant une forte
expansion en dehors de leur macro-région d’origine, et une homogénéisation
de leur portefeuille d’activités basée sur la construction de grandes branches
d’activités au plan mondial. Cette recomposition des portefeuilles d’activité
s’est accompagnée d’une intense activité de fusions, acquisitions, cessions
d’actifs et restructurations au cours des années 1990.
On observe dans le tableau suivant que les FMN-A d’origine européenne ont
été particulièrement actives en la matière, puisqu’elles sont à l’origine de 64%
des 3926 opérations recensées à partir de la base de données Agrodata
entre1987 et 2003. L’Europe occidentale constitue également la principale
zone de mise en œuvre de ces stratégies, puisqu’elle accueille 45% des
opérations considérées.

(1)
Ces stratégies de recentrage axées sur la quête d’un leadership mondial
permettent la réalisation d’économies d’échelle au sein de la firme. Au plan
marketing, elles s’accompagnent ainsi du déploiement de « marques ombrelles
» qui visent à rentabiliser un investissement accru dans la marque sur un
ensemble élargi de produits et de pays, et dont les marques Lipton (Unilever),
Danone (ou Dannon), ou Nestlé constituent autant d’exemples. Pour cela elles
réduisent le nombre de marques qu’elles possèdent pour se concentrer sur les
plus stratégiques. Ainsi Unilever prévoit de passer d’un portefeuille de 1200 à
400 marques, et Nestlé donne la priorité à ses 6 marques mondiales, parmi
lesquelles on retrouve Nescafe et Buitoni.
Le groupe Danone a ainsi concentré ses efforts sur les produits
probiotiques ultrafrais (Actimel) et sur le développement de produits
diététiques, en déployant sa marque Taillefine vers les biscuits et les eaux
minérales embouteillées.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2)LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE.


En effet, les auteurs dressent une typologie des marques internationales, dans
laquelle les produits alimentaires correspondent à la catégorie des marques glocales
», commercialisées dans le monde entier avec des adaptations locales, pour
lesquelles la perception de confiance est prépondérante. Les 100 premières FMN-A
investissent toutefois une faible part de leur chiffre d’affaires (1 à 2 %) dans la
R&D, faiblesse que compense en partie l’importance de leurs budgets de
communication.


(1)
ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE


(1)

Une puissante logique de globalisation se déploie donc dans les stratégies de
marché des plus grandes firmes de l’agro-alimentaire(2). Cette évolution
s’accompagne toutefois d’une activité de fusions et acquisitions
particulièrement intense chez les firmes européennes, susceptible de générer
d’importants besoins de financement.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1),(2)LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE.


II.3.3.2 Stratégies globales de marché et influence des I.I. :
une relation interactive

Les stratégies de recentrage réalisées par les grands groupes français ne peuvent
être imputées à l’influence des I.I. puisqu’elles s’amorcent dès la moitié des années
1980, bien avant que ne se diffusent en France les nouvelles normes du capitalisme
anglo-saxon, c’est avant tout la stratégie d’innovation portée par ces grands
groupes qui a motivé leur forte politique de croissance externe internationale au
cours des deux dernières décennies. Tandis que la première vague de fusions et
acquisitions de la fin des années 1980 aurait obéi à une logique concurrentielle, les
firmes visant à améliorer leur compétitivité en se focalisant sur leur base de
compétences, la seconde vague de la fin des années 1990 aurait été guidée par une
logique financière, s’inscrivant en réponse aux attentes des investisseurs.
Concernant l’internationalisation des marques, l’objectif premier n’est pas la
satisfaction du consommateur mais plutôt la recherche de réduction des coûts,
voire dans certains cas la performance financière.
Dans l’agro-alimentaire, ce modèle inclut les caractéristiques suivantes :
(1)
I. une forte capitalisation boursière (Danone, Nestlé, Unilever), permettant
d’assurer une liquidité du placement de l’investisseur et facilitant le suivi de la
firme par les analystes.

II. une position de leadership mondial, basée sur des marques
fortes à même de s’imposer vis-à-vis des marques de distributeurs qui
occupent une place croissante sur les marchés agro-alimentaires.

III. une spécialisation (« pure players ») considérée comme nécessaire
à la construction d’un leadership mondial.

IV. une croissance régulière, permettant de garantir les résultats
financiers attendus.
Les stratégies globales de marché apparaissent ainsi comme la résultante
d’une interaction étroite entre sphères managériales et actionnariales dans les
firmes que nous avons étudiées. Cette interdépendance entre stratégie
financière et concurrentielle est également observable au niveau de l’ensemble
des groupes du CAC 40, dont la croissance durant la seconde moitié des
années 1990 s’est principalement effectuée à l’international, sur la base
d’acquisitions financées par endettement.
ــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) LES STRATÉGIES DES GRANDES MULTINATIONALES AGROALIMENTAIRES EN
EUROPE : VERS UN MODÈLE DE FIRME GLOBALE ET FINANCIARISÉE


Seule une stratégie de marché globale apporte l’envergure financière
nécessaire à la satisfaction des attentes des marchés, tandis que ces derniers
sont apparus, dans le contexte de dérégulation des années 1990, comme un
moyen incontournable de financement de la croissance internationale.
Les résultats attestent de l’existence de spécificités persistantes des stratégies,
qui restent ancrées dans différents contextes nationaux, tout en confortant les
analyses qui soulignent la prégnance des I.I. et de leurs attentes vis-à-vis des
grandes firmes. Les structures actionnariales des FMN-A et leurs choix
d’utilisation du cash flow se caractérisent, en effet, par des différences
significatives selon l’origine américaine ou européenne de ces entreprises
étudiées.

II.3.4 Une proche euroméditerranéenne

L’appel aux investisseurs étrangers s’avère nécessaire pour le développement
des industries agroalimentaires dans la zone euroméditerranéenne. C’est l’une des
recommandations d’une étude récente (novembre 2005) réalisée dans le cadre de
la mission confiée par la commission européenne à l’agence française pour les
investissements internationaux (AFII) et portant sur les industries agro-
alimentaires (IAA) dans la région euro-méditerranéenne. (1)
Selon cette étude, la nécessité de faire appel aux firmes multinationales
reconnues dans le domaine dans le monde s’explique par le fait que « seules
de grandes firmes multinationales disposent aujourd’hui de moyens financiers
technique et industriels à la hauteur de l’enjeu : nourrir 320 millions de
personnes dans 20 ans ». Faisant le constat suivant :
les 100 premières multinationales agroalimentaires dans le monde, n’ont
aujourd’hui que 160 filiales dans les pays du sud de la Méditerranée,
contre plus de 2000 en Europe de l’ouest, et 400 en Europe de l’est, les
experts de l’AFII estiment qu’avec un marché total de 237,1 millions
d’habitants en 2001, les pays MEDA offrent un marché large et en
développement rapide. Les estimations du CIHEAM prévoient une demande
alimentaire qui atteindra les 500 milliards de dollars en 2015 dans cette région
du globe.
L’AFII précise que l’étude qui s’est focalisé sur les activités
de transformation alimentaire, n’aborde que de manière incidente l’amont
(agriculture) et l’aval (distribution) de la filière.



ـــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1) EL WATAN Economie/Les firmes multinationales : la panacée/Edition du 12 au 18 décembre
2005 / Mahmoud Mamart/P.5

Et d’indiquer que, l’IAA selon les estimations du centre international de
hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) en 2004, la
production mondiale représentait 2400 milliards de dollars US. Il s’agit de la
première industrie mondiale, représentant à elle seule le quart de l’activité
manufacturière, près de 4% du PIB de la planète et employant au total 22
millions de personnes. Les pays développés représentent à eux seuls plus de
70% du marché et de la production mondiale. La demande de l’UE est évaluée
800 milliards d’euros en 2002, pour 450 millions de consommateurs. Les
ménages européens dépensent environ 13% de leurs revenus dans les produits
alimentaires et les boissons, un pourcentage en baisse progressive, estime le
document. La demande en produits alimentaires pourrait doubler d’ici 2015
pour atteindre près de 500 milliards de dollars contre 250 milliards en 2000,
ajoute-il. (1)
Pour les pays MEDA, la consommation alimentaire est liée en grande partie à
l’achat de produits agricoles non transformés. La demande croit plus
rapidement que dans les pays développés sous l’effet de la croissance
démographique et de la progression des revenus par tête. Avec un marché
total de 237,1 millions d’habitants en 2001, les pays MEDA offrent un marché
large et en développement rapide. Les estimations du CIHEAM prévoient une
demande alimentaire qui atteindra les 500 milliards de dollars en 2015. Mais
les pays MEDA représentent des situations variables, selon les experts de
l’AFII, classées comme suit :
Un premier groupe constitué de pays riches (Israël..) caractérisé par une
stagnation de la demande en volume et en valeur du fait de la stagnation de la
croissance démographique et un déclin progressif des dépenses alimentaires
dans le budget des ménages. (2)
Un deuxième groupe rassemblant les pays intermédiaires ou en transition
vers l’économie de marché (Liban, Malte et la Libye) soient 12 millions de
personnes et connaissant une forte croissance de leurs marchés agro-
alimentaires. Le troisième groupe rassemble la majorité des pays de la région,
caractérisé par un revenu par tête d’habitant relativement faible et une
croissance démographique forte (Algérie, Egypte, Jordanie, Maroc, Syrie,
Tunisie et Turquie). Un marché de 200 millions d’habitants à moins de 3000
dollars de PIB par tête et par an. L’étude relève certaines faiblesses
« inquiétantes » : une production qui représente à peine plus de 1,5% du total
mondial pour nourrir près de 4% de la population du globe ; un déficit
commercial en augmentation régulière, et qui a frôlé en 2003 les 10 milliards
de dollars et un déséquilibre particulièrement marqué pour les corps gras et
surtout les céréales, aliments de base pour des populations pauvres de cette
région.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2) EL WATAN Economie/Les firmes multinationales : la panacée/Edition du 12 au 18
décembre 2005 / Mahmoud Mamart/P.5


De même qu’elle relève une dépendance alimentaire assez forte pour certains
pays comme l’Algérie ou l’Egypte et une part de marché assez faible dans la
partie « aval »-plus rémunératrice- de la filière (produits transformés), malgré
le potentiel important de MEDA.
Quant aux perspectives à long terme, elles aussi « inquiétantes », selon le
document de l’AFII citant la poussée démographique augmentant tandis que,
note t-il, « l’environnement se dégrade (pénuries croissantes en eau,
désertification terrestre et marine).Hormis Israël, et deux cas jugés
encourageants, la Turquie et le Maroc, dans trois segments :
les fruits et légumes, les conserves végétales et les viandes et poissons, les
autres pays sont tous déficitaires malgré quelques prouesses telles celle de la
Tunisie qui réalise des excédents positifs pour les produits animaux. (1)



































ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) EL WATAN Economie/Les firmes multinationales : la panacée/Edition du 12 au 18 décembre
2005 / Mahmoud Mamart/P.5

II.4 Contre des subventions qui faussent les échanges :
(Débats de negociations à l’OMC Hong Kong, du 13 au 18 décembre
2005)

En juillet 2004, les membres de l’OMC ont franchi une étape clé lorsqu’ils
ont convenu d’un cadre sur l’agriculture s’inscrivant dans un ensemble plus
vaste de mesures visant à faire progresser le programme de Doha pour le
développement (PDD). Les membres ont établi des concepts et des approches
pour orienter les négociateurs chargés d’élaborer des « modalités », soit un
ensemble de règles détaillées et d’engagements à prendre dans les trois
principaux domaines visés par les négociations :
la concurrence à l’exportation, le soutien interne et l’accès aux marchés.
Ce cadre reflétait le niveau d’ambition fixé dans le mandat de Doha pour les
négociations sur l’agriculture, niveau qui avait été convenu par tous les
membres de l’OMC au cours de la Conférence ministérielle de 2001, à
l’occasion de laquelle ils avaient entrepris les négociations du cycle de Doha.
Le Canada s’est grandement réjoui de l’élaboration du cadre de juillet 2004,
qui oriente nettement les négociations vers l’établissement de règles du jeu
internationales plus équitables. Le Canada se réjouit également du fait que ce
cadre lui offre l’occasion de poursuivre ses objectifs de négociations, soit
l’élimination des subventions à l’exportation, l’élimination ou la diminution
substantielle des mesures de soutien interne ayant des effets de distorsion des
échanges, ainsi que l’amélioration réelle et substantielle de l’accès aux
marchés pour tous les produits agroalimentaires.

À l’automne 2004, les membres de l’OMC ont entrepris des négociations
visant l’établissement de modalités en matière d’agriculture en se fondant sur
le mandat de Doha et sur le cadre sur l’agriculture convenu en juillet. Les
négociations se sont intensifiées à l’hiver et au printemps 2005 et les membres
de l’OMC ont convenu de préparer une « première approximation» des
modalités avant la fin de juillet 2005. Ils souhaitaient faire le point sur
quelques questions d’ordre général, de façon à circonscrire les sujets devant
être débattus et les décisions devant être prises dans le cadre des préparatifs de
la prochaine Conférence ministérielle de l’OMC du Hong Kong.(1)






ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Se préparer pour Hong Kong/Le point sur les négociations de l’OMC en agriculture/ © Sa
Majesté la Reine du Chef du Canada, 2005/ Section des publications Agriculture et agroalimentaire
Canada.


La sixième conférence ministérielle de l’OMC sur la libération du
commerce mondial, a marqué une hantis de l’échec des négociations :
Cette dernière a accompagné les traveaux de l’institution, craignant la
réedition des précedents réunions de Cancun ou de Doha.
Mais le fait saillant,cette fois-ci,est sans contest les quelques 120 pays en
developpement membres de l’OMC qui ont formé un front commun afin
d’optenir des pays riches des mesures concrètes d’aide et la fin de leurs
subventions au secteur agricole. Le secteur de l’agriculture a fini par unir, en
dépit de leurs divergence, des pays en développement du forum du G20 et
pays en développement du forul disttinct du G90,en adoptant une plate-forme
de base commune, appelant à ¨ l’élimination complète des mesures de soutien
à l’exportation¨ versées par les pays développés ¨d’ici 2010¨ et ¨la nécessité
d’une réduction substantielle des aides internes faussant le plus les échanges
commerciaux¨.(1)
Ils reclament un accés sans droit de douane ni contingent des exportations
agricoles des pays les moins avancés(PMA) aux marchés des pays riches ainsi
qu’un¨ engagement ferme¨ des 149 membres de l’OMC pour régler la
question des subventions déloyales au coton de manière spécifique.
L’Union euripéene, mise sous pression par le G20 pour faire des concessions
sur la baisse de ses subventions agricoles,demande à son tour en échange aux
pays émergents plus d’ouverture de leurs marché aux produits manufacturés et
aux services europénns.
Par ailleurs les PMA peuvent bénéficier en cas de son adoption d’un
programme proposé en leur faveur.L’essentiel du dispositif étant l’octroi à ces
50 pays très pauvre, qui ne dépassent guère et ensemble 1% du commerce
mondial,d’un accès totalement libre aux marché des pays riches.
Mais l’integration de tous les produits même au terme d’une période de
transmition rest problématique pour les Etats-Unies, le Japon et le Canada :
Exemple.pour qui est du textile au Etats-Unies, Le riz et cuir pour le Japon.
Une telle ouverture est politiquement trop sensible face à de puissants
groupes d’intérêt. (2)












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(1) EL WATAN Economie/Sommet de l’OMC à Hong Kong : Quand le sud s’éveille/Edition du 19
au 25 décembre 2005 / Mahmoud Mamart/P.10






Conclusion

les règles de l'OMC sont nécessaires pour réguler le commerce mondial
mais elles doivent permettre aux pays en développement d'adopter des
politiques publiques pour aider la petite industrie, à se développer, et trouver
le juste milieu entre les préoccupations d'ordre commercial et les inquiétudes
de la société; il est vital que les gouvernements préparent leur agriculture
locale pour tirer parti des résultats des négociations de l'OMC en mettant en
place des infrastructures telles que routes, électricité,……….
Cadre réglementaire pour satisfaire aux normes internationales et aussi pour
encourager les producteurs et les investisseurs étrangers à investir dans ses
pays là.
Quant aux FMN-A,la libéralisation des marché céréaliers aux pays en
développement leur permis à élargir leurs performences financières et
stratégiques.Chose qui est favorable pour ses pays en passant d’un déficit
céréalier à une situation d’autosuffisance de production ainsi que le partage
relatif de l’expérience des producteurs locaux avec eux(FMN).













































La filière blé algérienne face à la
mondialisation











III.1Introduction

L’étude de l’AFII (l’agence française pour les investissements
internationaux) sur le secteur agro-alimentaire montre une faiblesse de ce
secteur en Algérie (1).
Les parts des produits agro-alimentaires dans l’exportation en 2003 ne sont
que 0,3% contre 24,3% pour le Maroc, et 11,3% pour la Turquie. L’Algérie
importe pour 21,0% contre 6,2% pour la Turquie et 12,4% pour le Maroc.
L’Algérie est classée comme le plus grand importateur et le plus faible
exportateur des pays MEDA (pays du sud de la Méditerranée).Si l’IAA
représente l’un des moteurs de croissance dans le pays, notamment pour les
secteurs des céréales, du lait, des conserves, des corps gras, et des boissons,
les experts de l’AFII considèrent que n’ayant pas réussi à assurer son
autosuffisance alimentaire et avec une balance commerciale déficitaire dans
les IAA, l’Algérie est le premier importateur africain de denrées alimentaires.
Quant à la production totale du secteur, elle est modeste : 3 milliards de
dollars en 2001 soit à peine 7% de l’ensemble MEDA. L’étude la l’AFII
considère que l’agriculture qui emploie un quart de la population active a
souffert des nationalisations de la période post-coloniale et reste assez
dépendante des aléas climatiques,en notant toutefois au passage que le pays
mène actuellement un vaste programme de réformes.
Il existe pour les investisseurs étrangers de réelles opportunités liées au
dynamisme du marché, aux possibilités de l’agriculture et de la pêche, et aux
faiblesses multiples de la filière agro-alimentaire rendant dans les années à
venir des investissements importants à tous les stades (emballage,
transformation, logistique, distribution...). Cependant, dans les autres pays de
la région MEDA, la situation n’est guère reluisante.
Ainsi, et malgré des potentialités certaines, l’étude cite parmi les handicaps :
la sécheresse, une productivité agricole basse, qualité inégale de l’outil de
production industriel, produits non normalisés, faiblesse de la chaîne
logistique et de l’industrie de l’emballage, atomisation de l’offre, pénurie de
moyens de financement ainsi que l’enclavement de certaines zones agricoles
lié à la médiocrité des infrastructures. Et afin de remédier à ces handicaps,
l’étude préconise une politique de mise à niveau et de promotion des petits
producteurs peut jouer un rôle d’appoint en valorisant des produits
traditionnels pour lesquels il existe une demande sur les marchés du nord :
production artisanale d’huile d’olive, de fromage, culture biologique...mais
elle ne suffira pas. Il faut également favoriser l’apparition de véritables firmes
de dimensions industrielles. Et de fait, un capitalisme privé autochtone est en
train d’apparaître dans certains pays.(2)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2) EL WATAN Economie/ Les firmes multinationales : la panacée /Edition du 12 au 18
décembre 2005 / Mahmoud Mamart/P.5


Cela se traduit par l'apparition d’entreprises privées de grandes tailles,
souvent (mais pas toujours) issues de la reprise d’actifs publics : Cevital en
Algérie, Poulina en Tunisie, Groupe ONA au Maroc, Lakah, Orascom et
Ghabbour en Egypte, Koç, Holding et Sabanci Holding en Turquie. Elles
accompagnent l’émergence d’un marché agro-alimentaire et qui s’appuient
souvent par des partenariats avec des firmes étrangères comme pour les
industries de l’ultra-frais laitier, des eaux embouteillées (Danone ou Nestlé),
ou encore des boissons non alcoolisées (Coca Cola). (1)
Les atouts du marché, selon l’étude, sont nombreux : la taille et le dynamisme
du marché, les spécificités des régimes alimentaires locaux, la disponibilité
d’une main d’œuvre abondante dans l’espace rural ou périurbain constituent
en, particulier de puissantes incitations à des localisations sur place. Une
concurrence vive n'est cependant pas à perdre de vue pour ces multinationales
dans d’autres régions en développement, telles l’Asie et les pays de l’est. Et
pour attirer ces multinationales, l’étude préconise pour les pays MEDA
d’articuler leur coopération avec leurs partenaires du nord, autour de 4 axes
principaux :
1- la création graduelle d’un espace d’échange et de coopération euro-
méditerranéen.
2- la modernisation des environnements des climats d’affaires locaux et la
mise à niveau des entreprises.
3- le recensement et la mise en valeur du potentiel agro industriel local,
pour l’exportation et pour la satisfaction des besoins intérieurs.
4- enfin la mise en œuvre de politiques de promotion-prospection
reposant sur la promotion du potentiel méditerranéen dans son
ensemble.
Certains experts ont considéré qu’une libéralisation rapide du secteur
entraînerait la disparition brutale d’un certain nombre d’exploitations
agricoles, et de petites entreprises industrielles incapables de faire face à la
concurrence. .(2)
Enfin l’étude de l’AFII indique que dans la zone euro-méditerranéenne
en général, les investissements d’origine européenne occupent une place
dominante (66% des projets/filiales et 68% des emplois créés en 2003-
2004). Cependant les USA restent le premier pays d’origine avec 54
projets/filiales. Pour les pays MEDA, la part des américains est un peu plus
faible, tandis que celle des pays de l’Europe du Sud (France, Espagne...)
est plus élevée. Notons la présence de quelques projets issus des pays du
Golfe et de quelques projets d’origine turque.

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(1),(2) EL WATAN Economie/ Les firmes multinationales : la panacée /Edition du 12 au 18
décembre 2005 / Mahmoud Mamart/P.5

III.2 INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO
ALIMENTAIRE EN ALGERIE

Le ‹‹complexe du blé››(1), correspond à l’ensemble des activités situées en
aval de la production de la filière ;il constitue une part non négligeable des
industries céréalières algériennes.
Ce potentiel industriel présente, en effet, une capacité de trituration
remarquable bénéficiant d’une infrastructure de stockage importante. La
meunerie avait assuré un rôle particulier durant la période coloniale dans ses
liens avec la céréaliculture. C’est pourquoi cette première partie rappelle
brièvement les caractéristiques de la politique céréalière mise en oeuvre en
Algérie de 1830 à 1962.
Ensuite, pour la période 1962-2005, les évolutions de la filière du blé essayent
d’identifier les causes des décalages survenus entre les prévisions et les
résultats enregistrés.
Enfin, quelques unes des tendances des industries agro-alimentaires dans le
monde sont évoquées soulevant des interrogations sur les perspectives de cette
industrie céréalière en Algérie.

III.2.1 LA CONSTITUTION ET L’ESSOR DE L’INDUSTRIE
CEREALIERE COLONIALE
L’industrie céréalière algérienne ne s’est pas constituée pour répondre à
l’accroissement des besoins de consommation locaux. Elle a été
l’aboutissement de la logique du capital colonial. L’essor du commerce des
grains, lui-même à l’initiative des négociants de la colonie et des utilisateurs
métropolitains, a permis de créer les bases d’une industrie minotière puissante
qui avait pour fonction d’approvisionner les semouleries et fabriques de pâtes
alimentaires de France. Ainsi le capital bancaire et commercial avait trouvé là
une source d’accumulation de profits non négligeables avec à son appui, une
infrastructure considérable de stockage de céréales qui fut créée pour favoriser
en retour ce ‹‹ commerce extérieur››.
III.2.1.1 La politique céréalière dans la mouvance coloniale.
L’extension de la céréaliculture coloniale a connu trois grandes périodes
de 1830 à 1962.
a. Des hésitations à la période.de colonisation (1830-1900)
Durant les premières décennies de la colonisation, la politique agricole
concernant l’Algérie va connaître plusieurs réorientations. De 1830 à 1850, le
développement de la céréaliculture coloniale est freiné par diverses mesures
législatives, notamment les tarifs douaniers pratiqués en métropole.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/Institut National d’Enseignement Supérieur Agronomique de
BLIDA/CIHEAM - Options Mediterraneennes

De plus, les débouchés locaux sont faibles, car les Algériens produisent à
bas prix les céréales destinées à leur propre consommation.
Le Second Régime (1850-1872) constitue un tournant : le triomphe du courant
libéral favorise, avec les lois d’assimilation douanière, l’essor du blé colonial.
Dès 1854, les colons cultivent 483 618 hectares de céréales dont 96% sont
consacrés au seul blé tendre.
Ceci mène d’une part, à l’effondrement des forces productives de la
paysannerie algérienne et, d’autre part, à l’intégration de l’Algérie au marché
métropolitain.(1)
Cette dernière est réalisée dès les années 1865-1870 qui marquent le début de
la dépendance économique, et notamment alimentaire du pays. La part
croissante du blé dur dans les emblavures des colons (la moitié des surfaces
emblavées en 1890, 430 000 ha au total) confirme ce rôle spécifique dévolu
aux céréales algériennes : compléter les besoins de la métropole et servir les
intérêts des semouliers et des fabricants de pâtes alimentaires français.
A la fin duX IXème siècle, la céréaliculture algérienne semble avoir atteint un
point culminant (2 943 700 hectares en 1900- 1904) subissant les effets de
plusieurs facteurs : la chute des prix consécutive à la crise agricole mondiale
de 1876 ; la concurrence de la vigne, ‹‹deuxième succès agricole›› de la
colonie, dont la progression est spectaculairecentre 1861 et 1914 ; et, surtout,
le désintéressement des pouvoirs publics et des institutions bancaires.
b. Reprise de la colonisation et maintien des céréales (1900-1936)
Au début du XXème siècle, une reprise inespérée de la céréaliculture,
permit son extension dans les zones semi-arides. Ainsi, à la veille de la
première guerre mondiale, les supperficies cultivées en céréales par les colons
atteignaient 880 000 hectares. Elles connurent une certaine régression pendant
les quatre années de conflits, puis une reprise à partir de 1920 grâce au
développement des activités de stockage des grains et à l’intervention
simultanée des pouvoirs publics et du système bancaire.

c. Une production tournée vers les besoins de la métropole (1936-1962)
Les lois promulguées de 1933 à 1936, dont la plus significative est celle du
15 août 1936 instituant l’Office National Interprofessionnel du Blé (ONIB),
avec une section algérienne, constituent, malgré leur caractère contradictoire,
une protection réelle des producteurs de céréales.
Cependant, cette règlementation favorable du marché (débouché sur prix
garanti) ne conduisit qu’à une faible progression des superficies céréalières en
Algérie : celles en blé tendre passèrent de 426 000 hectares à 456 000 hectares
en 1940 tandis que celles en blé dur se maintinrent.
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(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/Institut National d’Enseignement Supérieur Agronomique de
BLIDA/CIHEAM - Options Mediterraneennes

Le seuil maximum de trois millions d’hectares, pour l’ensemble des céréales,
semble avoir été atteint dès les années 1920 ; il ne sera dépassé que durant la
période 1951-1955, au cours de laquelle la superficie totale atteignit 3,330
millions d’hectares. (1)
Le développement de la céréaliculture algérienne durant la période coloniale
s’est donc principalement effectué par un accroissement des superficies,
notamment celles exploitées par les colons. En effet,le domaine céréalier de
ceux-ci fut multiplié par 22 entre 1862 et 1960 (passant de 39 000 hectares à
850 000 hectares) tandis que la céréaliculture algérienne ne s’est accrue que
de 33% (passant de 1 875 000 hectares à 2 500 000 hectares).
Parallèlement, les rendements ont faiblement progressé : évoluant entre 7,6
et 8,9 quintaux/ha avant 1900, ils s’élèvent à 10,4 quintaux/ha dans les années
1950 pour revenir à 9,9 quintaux/ha au début des années 1960. Cette
céréaliculture extensive, fortement mécanisée dans les dernières années, a
conduit à un épuisement des sols.(1)
La situation économique des producteurs algériens n’a cessé, tout au long de
la période coloniale, de se dégrader ; ainsi, si la production céréalière des
colons progressa de 3,7 qx par habitant en 1885 à 5,1 qx en 1930, celle des
fellahs chuta de 1,6 quintal par habitant en 1865 à 0,88 quintal en 1960.
III.2.1.2 Projet d’industrialisation coloniale et progrès de la minoterie
Limitée à l’origine à une fonction strictement stratégique, l’industrie
algérienne se développa véritablement à partir de 1865. Un secteur agro-
alimentaire, centré sur la transformation des céréales, se mit alors en place en
même temps qu’une industrie métallurgique et extractive, principalement:
a. De 1851 à 1936 :
C’était un secteur faiblement concentré, la plupart des moulins étant de type
familial. Cependant, la part relative des grosses unités, pourvues
d’équipements modernes, tendait à augmenter.
A partir de 1936, cet essor se poursuivit dans le cadre d’un marché céréalier
organisé sous l’autorité de la section algérienne de 1’ONIB (SAONIB).
La nouvelle règlementation du marché céréalier conduisit à établir des
contingents par unité de transformation permettant aux pouvoirs publics de
garantir une complémentarité entre l’industrie des dérivés du blé de la
métropole et celle implantée en Algérie.
b. De 1936 à 1962 :
Une enquête effectuée en 1938 pour mettre au point ces contingents indique
qu’il existe 100 moulins d’une capacité totale de trituration de 30 000 qx/jour,
soit 9 millions de qx par an (6 millions en blé dur et 3 millions en blé tendre)
et, par ailleurs, des centaines de moulins à meule disposés sur tout le territoire
pour satisfaire les besoins de la ‹‹clientèle arabe ». (2)
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(1),(2) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes


Mais le suréquipement de ces industries était significatif des contradictions
entre le capital ‹‹local›› et le capital métropolitain. Ainsi, l’étude de la SEDIA
concluait sur un plan de développement des industries céréalières dans lequel la
boulangerie se taille la part du lion, suivie par la fabrication des pâtes, les
triturations du riz, de l’orge et du maïs, tandis que la minoterie et la semoulerie
n'étaient pas concernées.
:

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(Tableau 3.01) SEDIA = Société pour I’Etude et le Développement de l’Industrie Algérienne ; cette
étude concerne uniquement l’Est et l’Ouest Algériens.

Ces données indiquent un accroissement annuel moyen de 11% de la
trituration du blé tendre. Une telle évolution s’inscrivait dans un contexte,
commun à de nombreux pays, d’augmentation de la consommation du pain ;
le blé tender écrasé en Algérie était, en effet, essentiellement destiné à
satisfaire la demande locale. Les triturations de blé dur progressaient moins
rapidement : 5% par an en moyenne. Jusqu’en 1957-1958, l’Algérie produisait
suffisamment de blé dur pour faire face aux besoins de la population locale et
à ceux du marché extérieur, c’est-à-dire celui de la métropole.
Après la campagne de 1957-58, la SAONIC devait acheter des quantités
complémentaires de blé sur le marché mondial,(1) (principalement aux Etats-
Unis) et limiter ses exportations de semoule à 750 000 quintaux, en
équivalent-grain, ce qui constitua un frein au développement de la trituration
de cette céréale.
III.2.1.3 Le commerce des céréales
a. Les années 1830-1850 :
Au cours de ces deux décennies, la balance commerciale des échanges
céréaliers entre l’Algérie et la métropole indiquait un excédent en faveur de
celle-ci. A l’effet de volume s’ajoute une évolution inverse des prix des blés
exportés et de ceux des produits importés : les premiers tendaient à baisser
tandis que les seconds étaient à la hausse. Par ailleurs, cette période se
caractérisa par un recul du nombre des négociants musulmans, au profit
d’européens : en 4 ans, de 1838 à 1842, vingt commerçants européens
s’installaient tandis que disparaissent 12 négociants locaux.
b. Les échanges à partir de 1851 :
Les échanges intérieurs : Le marché intérieur algérien se développe
véritablement à partir de 1880, sous l’effet conjoint de l’accroissement de la
population européenne et de la mise en marché de la production locale.
Une lourde imposition va en effet forcer les fellahs à commercialiser de plus
en plus leurs récoltes. Organismes d’assistance crés en 1893, les Sociétés
Indigènes de Prévoyance (SIP) (2) vont jouer un rôle déterminant dans la
croissance du marché intérieur.A utorisées par la loid u 15 août 1936 à jouer
le rôle de coopératives, elles construisent des docks et des magasins, vendent
les semences et prennent en charge la commercialisation des blés, puis des
autres céréales. En 1942, il est estimé à 15 et 25% de la récolte indigène de
blé dur et d’orge et à 65% de celle de blé tendre la part collectée par les SIP.
Pour l’ensemble des céréales produites par les colons et les producteurs
algériens, le taux de livraison progresse de 24% en 1945-46 à 52% en 1950-
51, puis il fléchit pour se stabiliser à 42% à la fin des années 50. L’analyse de
ce taux par type de céréale nous permet de préciser le fonctiohnement du
marché.
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(1) SAONIC=Section algérienne l’Office National Interprofessionnel des céréales
(2) Les SIP, qui deviennent parla suite les SAP, sont créées par la loi du 14 avril 1893.


Le blé tendre est surtout produit par les colons ; il est donc normal que son
taux de livraison soit élevé. Le blé dur se divise en deux parts à peu près
égales entre l’autoconsommation (il constitue un des aliments de base des
Algériens) et la mise sur le marché pour l’exportation. Quant à l’orge, peu
utilisée par l’industrie, sa part commercialisée demeure assez faible. Les
limites du marché intérieur renforcent en fait la fonction de régulation du
marché métropolitain que joue la céréaliculture algérienne, ainsi que le montre
l’analyse des échanges extérieurs.
Les échanges extérieurs : Au cours de la période 1852-1936, la croissance des
exportations algériennes de céréales est remarquable : leur volume est
multiplié par (14Soit 239 358 qx en 1860 et 3 244 321 qx en 1932); dans le
même temps, les importations de semoules et de farines diminuent
sensiblement. Ce commerce permet la réalisation de profits considérables,
aussi bien par les gros colons exportateurs, que les négociants patentés ou les
armateurs.(1)
Alors que les exportations de produits céréaliers connaissent des variations en
correspondance avec celles des superficies, les spécificités des échanges de
blé dur et de blé tendre se précisent :
- le blé dur, en grain puis en semoule, est destiné à opérer la ‹‹ soudure›› en
France et surtout à approvisionner les fabriques métropolitaines de pâtes
alimentaires, qui apprécient ses qualités technologiques et nutritionnelles.
Le blé tendre de force est livré aux minoteries françaises afin d’améliorer la
qualité de leurs farines. Inversement, les besoins locaux algériens ont atteint
un niveau tel que des importations régulières de France sont nécessaires.
Parallèlement, l’Algérie expédie des quantités non négligeables de pâtes
alimentaires, de biscuits, d’issues de meunerie vers les autres pays du
Maghreb, la France et le reste de l’Europe.
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(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

Notons à ce propos que les producteurs et les négociants céréaliers d’Algérie
défendent la métropole contre les importations étrangères, cherchant ainsi à se
réserver le marché français. A partir de 1936, malgré l’organisation du marché
céréalier, les‹‹ excédents nets ›› se réduisent et des déficits apparaissent dans
la balance commerciale des céréales, ainsi que l’indique le tableau ci-dessous.

On a souvent invoqué l’accroissement de la population dans cette réduction des
volumes disponibles pour l’exportation. Mais une autre cause, plus profonde, est
systématiquement oubliée : le fléchissement de la production céréalière en raison
de la faiblesse des investissements consacrés à la céréaliculture et de
l’appauvrissement réel des sols,exploités de façon minière.
Les prix : Jusqu’en 1936, il n’existe pas de politique cohérente concernant les
prix des céréales. Le libéralisme en vigueur procure des gains substantiels aux
marchands, mais fait peser une insécurité permanente sur les céréaliculteurs
; ceux-ci sont, de plus, confrontés à des prix d’achat de leurs produits toujours
inférieurs à ceux pratiqués en France.

Les spéculations subventionnées ou soutenues par le budget métropolitain, en
particulier le vin et les céréales ; et celle de l’industrie et de l’agriculture françaises
qui limitent ou bloquent totalement l’activité de certains secteurs pour se constituer
des marchés privilégiés en Algérie.


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(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

III.2.2 EVOLUTION DU SECTEUR CEREALIER DANS L’ALGERIE
INDEPENDANTE

III.2.2.1 Quelle politique céréalière pour l’Algérie indépendante ?

III.2.2.1.a) Les grands traits de la politique céréalière depuis 1962
A l’indépendance, l’agriculture est un secteur de poids dans l’économie
algérienne puisqu’elle assure 80% du total des exportations. La céréaliculture,
qui constitue 23% de la valeur de la production agricole totale, est pratiquée
de manière extensive, tout en étant fortement mécanisée. Par ailleurs, la
fertilité de la plupart des terres cultivées en céréales est sérieusement
dégradée. (1)
L’introduction de rapports de production nouveaux, avec la mise en place du
secteur autogéré, ne provoque pas de transformations radicales de ces systèmes de
culture. Dans le secteur public, les incitations à une utilisation accrue d’engrais et
de produits phytosanitaires restent sans effet sur les rendements, le secteur privé
continue également à pratiquer une céréaliculture extensive. Celle-ci n’évoluera
pas jusqu’à la mise en oeuvre de la Révolution Agraire.
Lorsque, à partir du plan triennal de 1967-69, de profondes transformations socio-
économiques sont engagées, la politique agricole algérienne et la place des céréales
dans celles-ci sont encore loin d’être fixées. C’est le premier plan quadriennal
1970-73 qui donneu ne orientation plus précise à l’agriculture. L’objectif
déterminé alors est d’intensifier la production en s’appuyant sur les actions de
développement entreprises dans le secteur industriel. Celui-ci doit créer les
conditions permettant d’accroître la disponibilité des facteurs d’intensification, et
donc leur consommation.
Les principales dispositions de ce plan sont :
- la priorité accordée à la consommation nationale ; seuls les vins et quelques fruits
(dattes, agrumes) continuent d’être exportés,
- la réduction des superficies cultivées ou, tout au moins, l’arrêt de leur extension,
- l’intensification de la production par la réduction de la jachère et l’introduction de
variétés de blé tendre à hauts rendements. L’implantation, sur 200 000 hectares, de
cultures fourragères devant compenser la diminution des jachères. (2)
Le deuxième plan quadriennal 1974-1977 confirme cet objectif d’intensification.
I1 reprend les orientations définies dans le planp récédent, en insistant sur une
généralisation de la mécanisation et de l’utilisation des fertilisants. Dans ce but, les
prix des engrais et du matériel agricole sont bloqués pour une période de cinq ans,
tandis que les prix à la production des céréales et des légumes secs sont
relevés.Cependant, les autres objectifs assignés à la politique agricole dans ce plan
paraissent s’opposer à la réussite des efforts entrepris dans le secteur céréalier.
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(1),(2)INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

Ainsi, il est annoncé que ‹‹la hiérarchie des priorités exige que, dans la
réalisation des objectifs de production, l’effort soit surtout concentré sur la
production laitière, la viande (notamment les bovins, les ovins et la volaille) et le
poisson.

III.2.2.1.b) L’évaluation des résultats : une première approche
Avant de poursuivre, il nous parait important d’effectuer une remarque pertinente.
I1 ne s’agit pas pour nous de nier la réalité de cette crise mais plutôt de cerner les
conditions dans lesquelles l’agriculture algérienne a du évaluer.
De nombreux travaux portent sur la répartition sectorielle des investissements
publics et mettent alors en évidence que les industries et le secteur des
hydrocarbures ont été très largement privilégiés au détriment de l’agriculture.
Des choix stratégiques ayant été faits. Dans les bilans qu’il a réalisés le ministère
de l’Agriculture reconnait l’inadéquation de l’affectation sectorielle des
investissements publics et évoque les distorsions et les déséquilibres apparus au
cours de l’application du plan.
Par delà les fortes variations interannuelles, qui sont la marque du climat, il est
certain que la production céréalière de l’Algérie stagne depuis l’indépendance.
L’analyse par céréale fait apparaître une certaine progression du blé tendre
et, dans une moindre mesure, de l’orge, tandis que le blé dur connait une régression
inquiétante.
Comment expliquer ce décalage entre la volonté d’intensification dans les
différents plans et les niveaux de rendements effectivement obtenus ?
Pour le premier, l’effort d’intensification a été réalisé, mais la croissance
de la production a été empêchée par l’incohérence qui a marqué l’utilisation des
consommations intermédiaires.
De plus, la recherche par les unités autogérées d’un excédent financier les a
incitées à pratiquer une culture extensive des céréales.












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(1) MARA, (( Bilan provisoire du 2e plan quadriennal N, Alger 1978.


III.2.2.1.c) Sous-estimation des besoins et problématique de la dépendance :
L’analyse des documents de planification frappe par le caractère peu réaliste des
projections qui ont été effectuées sur les disponibilités (production, importations).
Ainsi, les prévisions concernant le blé dur pour la période 1974-1977 étaient de
1,03 millions de tonnes produits et de 285 200 tonnes importés par an. Or, la
production a été en moyenne de 1,22 millions de tonnes, soit 18% de plus que les
prévisions ; et les importations ont atteint 983 000 tonnes par an, soit un
dépassement de 245% ... En blé tendre, si les résultats obtenus durant les années
1970-1973 sont encourageants, ceux du deuxième plan (1974-1977) le sont
beaucoup moins : le niveau de la production est de 19% inférieur aux prévisions
tandis que les importations leurs sont supérieures de 256%.
Cette détérioration de I’autosuffisance alimentaire du pays s’est aggravée à partir
de 1974 avec le début des importations de produits finis (semoules, farines), ainsi
que l’indique le tableau ci-après :






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(1) F. RIVIER, (( L’intensification de l’agriculture algérienne )), thèse de 3ème cycle, Grenoble, 1980.
J.C. KARSENTY,‹‹L’évolution de l’appareil de production et les investissements du secteur autogéré
agricole ››, Cahiers du CREA, n˚3, janvier-mars 1978.

Cette dépendance céréalière croissante ne constitue pas une situation dramatique
quand on connaît les difficultés (agronomiques, techniques et surtout sociales) à
reconstituer un potentiel de production capable de répondre aux objectifs
fondamentaux du pays. L’aspect le plus inquiétant semble être le niveau des
importations et le rythme de leur croissance. Une telle insertion dans le marché
mondial est une source potentielle de menaces pour la sécurité alimentaire du pays.

III.2.2.2 Une organisation du circuit des blés à la recherche de sa cohérence
L’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) détient le monopole de
la collecte nationale et celui des importations. Pourtant, il n’est pas le seul
organisme à disposer de capacités de stockage de longue durée pour les céréales.
L’insuffisance des préoccupations de sécurité alimentaire, et donc la faiblesse des
moyens de stockage, a en effet conduit une autre structure publique, le
SNSEMPAC (1), à se doter de ses propres infrastructures.
Cette situation de concurrence entre deux organismes, qui constituent les maillons
agro-industriels essentiels de la filière céréalière, est le reflet d’une legislation
héritée du système français et se trouve inadaptée au contexte du pays.
En ce qui concerne les infrastructures de stockage, leur développement n’a pas
suivi la progression des besoins puisqu’elles se sont accrues de 16% seulement
entre 1962 et 1978. Quelques années aprés, I’OAIC et le SNSEMPAC
ont, chacun, élaboré un programme d’élargissement de leurs capacités de stockage.
Celui de la SNSEMPAC consiste en la réalisation d’un réseau de ‹‹silos
stratégiques›› qui devrait permettre d’effectuer les importations lorsque les prix
mondiaux sont les plus bas.

Ce programme, qui portait sur trois millions de tonnes, a été revu à la baisse par les
pouvoirs publics afin de prendre en compte les projets de 1’OAIC. Au total, le
pays devait disposer en 1983 d’une capacité de stockage de 3,3 millions de tonnes
(2,3 millions pour I’OAIC et un million pour la SNSEMPAC).

III.2.2.3 Le système de prix et ses effets

Qu’ils soient fabriqués en Algérie ou importés, les intrants agricoles ont vu leurs
prix augmenter sous l’influence des tendances inflationnistes du marché capitaliste,
comme l’indique le tableau ci-après :






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(1) Société Nationale des Semoules, Pâtes Alimentaires et Couscous.


Jusqu’en 1973-1974, les prix à la production des céréales d’hiver ont
pratiquement stagné. A cette date, ils sont nettement relevés afin d’assainir la
situation financière du secteur autogéré et de relancer la production. Parallèlement,
la consommation des principaux intrants est subventionnée; ces mesures ne
suffisent cependant, pas à impulser une intensification de la production.
Cette politique conduite en matière de prix à la production correspond au choix
d’assurer une alimentation bon marché aux populations urbaines. L’objectif est en
réalité double : d’une part, éviter l’accentuation des tensions dues à l’érosion du
pouvoir d’achat de la population, grosse consommatrice de pain, de semoule et de
pâtes et, d’autre part, satisfaire la demande, notamment celle de viande.
Mais ce système de prix a influé sur la structuration de la production dans un sens
contraire aux orientations prévues par la planification.

Les prix des fruits, des légumes frais et surtout des produits animaux progressant
plus vite que ceux des céréales, il se produit ‹‹ une nette régression des produits
(vivriers) traditionnels au profit des cultures commerciales ››. Ainsi, les blés cédent
le pas aux cultures fourragères, notamment à l’orge, du fait du développement des
cheptels dans le secteur privé. C’est là tout l’enjeu de la détermination du rapport
des prix entre les céréales et la viande.




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(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

III.2.2.4 DEVELOPPEMENT DE L’INDUSTRIE CEREALIERE ET
INDEPENDANCE ALIMENTAIRE
Au moment de sa constitution en monopole d’Etat en 1965, le secteur minotier a
trouvé un appareil de production conséquent : 57 unités de production d’une
capacité totale de trituration de 43 000 quintaux par jour. Cependant, la plupart de
ces installations étaient vétustes (80% des moulins ont été construits entre 1900 et
1930) et de faible capacité .
III.2.2.4.1 L’expansion du secteur de première transformation

Entre 1963 et 1978, la production de farine algérienne progresse de 117% et celle
de semoule de 354%. La croissance plus rapide de la trituration des blés durs est
particulièrement nette à partir de 1975, avec la reconversion de huit minoteries en
semouleries. Cette progression de la transformation des céréales a une double
origine. D’une part, les capacités de trituration son atccrues par la construction de
nouvelles unités et par l’augmentation du nombre de jours de fonctionnement des
unités (331 jours en 1979 contre 246 en 1969)(1). D’autre part, la libération, en
1976, du taux d’extraction a permis une amélioration de la rentabilité physique des
installations.
La croissance des industries de transformation n’a cependant pas été accompagnée
d’une évolution similaire de la production et le taux d’autoapprovisionnement a
régressé : il varie, selon les années, de 51% à 77% pour le blé tendre et de 6% à
29% pour le blé dur.

a. Projets et résultats du plan de développement de la meunerie :

Les objectifs assignés à ce secteur dans les deux premiers plans quadriennaux
montrent l’intérêt qui lui est accordé et la prise en compte de son rôle dans la
satisfaction des besoins alimentaires de base du pays. Les programmes
d’investissement sont fondés sur le principe d’une ‹‹ implantation des unités, et
particulièrement des moulins, définie de telle sorte que chaquew ilaya dispose
d’une autonomie d’approvisionnement››. Au cours du deuxième plan, l’importance
de la demande en produits dérivés du blé conduit les pouvoirs publics à accroître le
volume des investissements, notamment dans le secteur de la semoulerie, en
mettant en oeuvre les projets planifiés pour l’horizon 1980. Le tableau ci-dessous
résume les programmes réalisés au cours des deux plans quadriennaux :





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(1) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/ Mohammed
TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes


b. L’intégration au marché capitaliste de la technologie :
Cette politique d’investissements soutenus a eu pour effet d’intensifier les
relations avec les firmes d’ingénierie et d’équipement des pays capitalistes, qui
exercent une domination à peu près totale dans cette branche. Si 53% des
travaux de génie civil (bâtiments, infrastructures, ...) ont été confiés par la
SNSEMPAC à des entreprises algériennes, la part prise par les firmes des pays
capitalistes dans les équipements électromécaniques et l’ingéniérie générale
est prédominante : 89% des engagements totaux. Un déséquilibre similaire
s’observe dans les différents secteurs de l’industrie algérienne, exprimant la
dépendance technologique dans laquelle se réalise le développement du pays.
Cette dépendance était probablement inévitable, tout au moins en partie. Mais l’on
peut se demander s’il n’aurait pas été souhaitable de chercher à renforcer
l’autonomie technologique d’un secteur stratégique du point de vue de
l’approvisionnement alimentaire, dans lequel les procédés techniques utilisés ne
sont pas très sophistiqués (1), et qui est déjà très dépendant de l’extérieur pour la
fourniture de ses matières premières.

III.2.2.4.2 Contribution de l’industrie céréalière à la sécurité alimentaire

Le développement de l’industrie de transformation des céréales a suivi, non pas
les disponibilités de la production, mais la demande finale dont le niveau est
particulièrement élevé.Les Algériens accordent, en effet, une place prépondérante
aux céréales dans leur alimentation ; celle-ci présente de ce fait un déséquilibre
entre les apports en calories et en protéines, au détriment des secondes. Une telle
situation est le résultat de plusieurs éléments : le prix élevé des protéines animales ;
les ruptures fréquentes de certains approvisionnements (oeufs) ; l’insuffisance de
certaines productions (lait et produits laitiers), et, enfin, la disponibilité élevée des
céréales grâce aux importations et à la politique de distribution mise en place.
En matière de consommation des céréales, le planificateur algérien privilégie le blé
tendre en s’appuyant sur une double hypothèse : ‹‹il existe une tendance nette à
l’augmentation de la consommation de pain›› et ‹‹le blé dur y est rare et cher››.
Une telle option implique un accroissement de la dépendance extérieure, d’autant
qu’elle induit une augmentation de l’utilisation indirecte de céréales à travers
la progression de la consommation de produits animaux. En effet, comme le
soulignait un rapport publié en 1977.



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(1) Les processus de fabrication dans la meunerie font appel principalement aux équipements
électromécaniques dont la maitrise est accessible ;ils n’ont connu que deux innovations particulièrement
importantes au cours des dernières années :l’introduction du transport pneumatique et l’automatisation du
contrôle des machines.

‹‹ le remplacement du blé dur par le blé tendre entraînerait un abaissement
important de la ration protéique de l’ordre de 15g/jour qu’il faudrait alors trouver
ailleurs››. Or, l’analyse de la structure dela consommation des céréalesà partir de
diverses sources, fait apparaître le maintien de la prépondérance du blé dur .
Cette consommation prédominante du blé dur, et de ses produits dérivés, est
confirmée par les évolutions respectives des ventes de semoules et de farines par la
SNSEMPAC : entre 1963 et 1979, les premières ont progressé en moyenne de
13,38% par an et les secondes de 7,54%, à partir de 1974, le volume des livraisons
de semoule dépasse celui des farines, ce qui constitue un renversement de la
situation antérieure.
Ainsi, l’urbanisation de l’Algérie ne s’est pas traduite par une modification
fondamentale du comportement alimentaire de ses habitants. Nous pourrions dire
qu’il s’est produit un phénomène de ‹‹ruralisation ›› du modèle de consommation
urbain. I1 est remarquable que les projections à moyen terme ont longtemps
envisagé un renversement de la tendance en faveur du blé tendre.(1)
L’évolution des importations reflète, elle aussi, cette prépondérance du blé dur.
Ainsi, en 1979, les semoules représentent 68% des importations contre 32% aux
farines.







(2)

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(1),(2) INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/
Mohammed TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

III.2.2.5 EVOLUTION DES PLITIQUE CERELIERE (1980-2005)

III.2.2.5.1 La periode (1980-1988) :vers un désengagement partiel de l’état et
émergence du capital privé

Cette période s’accompagne, d’une part, d’un désengagement partiel de l’état
et, d’autre part, de l’implication progressive du capital privé dans le
fonctionnement de la filière « blé » qui se traduisent par la modification des
politiques céréalières mises en œuvre ( réorganisation du secteur public agricole,
libéralisation du commerce des produits agricoles, soutien à l’agriculture privée).(1)
Mais ces évolutions n’ont eu aucun impact significatif sur la production céréalière
et à l’exeption de la culture de l’orge dont l’essor est intimement lié au maintien
d’un élevage ovin spéculatif et peu productif de surcroît. En conséquence, les
importations des céréales se sont accrues à un rythme plus important, et ce en dépit
de la situation du pays qui les rendent plus difficiles et plus lourdes politiquement.
Parallèlement ,les capacités de la première transfomation augmentent
progressivement, mais s’écartent fortement des besoins de la population, en plein
croissance, ce qui rend nécessaire l’accroissement des importations en produits
finis (farines,semoules).
C’est dans ce context qu’intérvient la restructuration de la SNSEPAC qui donne
naissance aux ERIAD (qui prennent en charge la transformation et la distribution
de gros) et à l’ENIAL ( dont la mission est d’assurer l’importation des produits fini
pour le compte de l’Etat).(2)

Enfin, le capital privé tend à se developper,en aval,sur des maillons tels que la
biscuiterie et,sutout, la boulangerie stimulé en cela par une croissance
démographique, l’urbanisation des bourgs rureaux et le developpement de la
restauration collective et privée. Cette dynamique a eu pour l’effet d’accroître les
besoins en farine de panification.Quant à la distribution de détail elle revient à des
entreprises publiques (grades surfaces,ERIAD) ou privées (magasins
d’alimentation générale, boulangerie).
En définitive, c’est au cours de cette période qu’ont été mis en place les
principeaux maillons de la filière’’blé’’ dont le fonctionnement est subordonné à la
logique de la distribution étatique (financement public des importations, soutien
des prix à tous les niveaux, priorité à la disponibilité des produits). (1)

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(1)Thèse de doctorat: LE PROCESSUS DES REFORMES ECONOMIQUE EN ALGERIE. IMPACT
SUR LES PERFORMANCES DES ENTREPRISES PUBLIQUES DE TRANSFORMATION DE LA
FILIÉRE’’BLE’’ : CAS DE L’ERIAD D’ALGER 1983-2000 /ADLI Zoheir/ UNIVERSITE D’ALGER /
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUE ET DE GESTION/ Alger ,2002/P.182
(2) ERIAD = Entreprise régionale des industries alimentaires et dérivés
ENIAL = Entreprise nationale des industries alimentaires

III.2.2.5.2 La periode (1989-1995) : Réformes économiques et politiques
d’ajustement structurel

La mise en œuvre du processus d’auto ajustement économique et du PAS va se
répercuter de manière percebtible sur les politiques céréalières.
Le fonctionnement des entreprises de la filière céréaliere (ERIAD,ENIAL,OAIC)
en sera fortement affecté. Les deux première entreprises aquiérent, dès 1990, Le
statut d’EPE, deviennent « autonomes » et sont ainsi soumises aux « lois du
marché ». Quant à l’OAIC, maintenu sous la tutelle du ministère de l’agriculture.

Au niveaux des exploitation agricol, la production céréalière devai être stimulée
par un relèvement substantiel des prix à la production ; mais face à la hausse
considérable des prix des intrants,induite par la dépréciation de la partie de la
monnaie nationale et des logiques marchandes des entreprises d’agrofourniture, la
croissance de la production n’a pas eu lieu, plus le problème de la couverture
climatique n’a pas été résolu. Même l’instauration d’un fond national de protection
contre les calamités naturelle, crée en 1990, n’a pas permis de résourdre cette
problématique majeure de la céréaliculture algériènne.

Malgré ces contraintes, les réformes économiques engagées durant cette période ne
remettent pas en cause fondamentalement la logique « distributive » de la periode
antérieure : (2) Le principe de la disponibilité des produits à bas prix,pourtant ils
sont substantiellement relevés, est maintenu notament pour la farine et la semoule.
Aussi, les importation ont continuer à augmenter au rythme de la croissance des
besoins alimentaires de la population. Cette croissance est accentuée par le report
de la demande sur les produits « refuge » que sont les produits céréaliers, en raison
de la la hausse des prix des produits avicoles et de la pomme de terre.
La couverture de ces besoins s’avère de plus en plus difficile dans un contexte
marqué par l’agravation de la crise financière du pays, les difficultés rencontrées
dans le financement des stocks (au niveau des ERIAD) et le dérèglementation de la
filière ’’blé’’,particulièrement prononcé depuis 1993.









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(1),(2)Thèse de doctorat : LE PROCESSUS DES REFORMES ECONOMIQUE EN ALGERIE / ADLI
Zoheir/ UNIVERSITE D’ALGER/P.183
PAS = Programme d’ajustement structurel, EPE = Entreprise publique à caractère administratif

III.2.2.5.3 La periode (1996-2000) : Recentage du soutien de l’État sur la
Production
Les carences ainsi constatées vont amener l’État à changer les orientations de la
politique céréalière. La tendance et la liberalisation et au désengagement de l’État,
même si les missions de l’OAIC seront renforcées, en 1997, du fait de l’extention
de ses prérogative vers l’importation des farines et de semoules.
La politique des prix à la production se limite, désormais, au soutien des seuls
blé.Les politiques de crédit et d’investissement sont réduites à leurs plus simple
expression en raison des contraintes financières de l’État.
L’action de se dernier se portera,en fait, de manière prioritaire sur le segment de la
production céréalière et dans une moindre mesure, sur le système de protection
tarifaire par l’introduction de la valeur administrée en douane en guise de
protection locale des farines et de semoule.
Mais c’est la production des céréales qui fera l’objet d’incitations publiques
importantes, financées par le FNDA, à traverts la mise en œuvre du programme
d’intencification des céréales (PIC) dans des zones potentielles qui s’étendent sur
une superficie de 1.2 millions d’hectares. (1)
Ce programme, enclenché en 1998, se traduira par l’instauration d’une prime de
rendement, la stabilisation des prix garantie aux producteurs, la réduction des taux
de crédit pour la mécanisation des labours et la systémation des préfinancements
entre agriculteurs et les CCLS pour l’achat des intrants industrièles.
Cette politique d’incitation à la production sera reconduite,en l’an 2000, das le
cadre du PNDA avec la mise en place d’un dispositif de soutien des cultures de
blés.
III.2.2.5.4 Effet du désengagement de l’État sur le modèle de consomation
céréalière en Algerie ( 1991-2000)

Cette période marque une suppression progréssive des subventions alimentaires
par l’État conduite a plusieurs conséquences :
Sur les semoules, elle aura l’incidence négative la plus importante sur la population
et plus particulièrement sur les catégories sociales les plus vulnérables lesquelles
verront leur pouvoir d’achat et leur consommation calorique se réduire de 11% et
24% respectivement entre 1992 et 1996 ainsi que pour les produits dérivés du blé
dur occupaient une part prépondérante alimentaires globales : une moyenne de
26% et 45% respectivement en 1991 et 1995.
En effet, l’analyse des bilans de disponibilités des blés montre que les
disponibilités annuelles par habitant en blé dur ont enregistré le décroissement le
plus important entre 1992-1998,soit un taux de -32% contre des teaux respectifs de
-12% et -17% pour le blé tendre et la totalité des blés.
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(1)Thèse de doctorat : LE PROCESSUS DES REFORMES ECONOMIQUE EN ALGERIE / ADLI
Zoheir/ UNIVERSITE D’ALGER/P.183
FNDA = Fonds national pour le développement agrocile, CCLS= coopérative des céréales et des légumes secs

La baisse des disponilités se fera particulièrement ressentir à partir de 1995, date à
laquelle seront supprimées les subventions a la cosommation.
Au plan de la structure, la tendance à la baisse de la part du blé dur au profit du blé
tendre,mais le blé dur continue à occuper une place importante dans la
consommation des ménages ( Prés de 45%).

Le CENEAP a realisé plusieurs enquêtes « quantitatives » dont-il a obtenu les
résultas suivantes : (1)
- Durant la période d’ajustement structurel (1993-1997), les fréquences
de consommation des céréales sont demeurées stables, alors que celle de pâte
alimentaire ont augmenté.
- Sur un échantillon de 1536 de ménage, parmi eux 61% rureaux ; la
consommation des produits céréaliers est caractérisée par :
a) une consommation quotidienne des produits de première transformation
par les ménages ( 57% des ménages,66% en milieu rural).
b) La farine est beaucoup mois consommée ( 9%) comparativement à la
semoule.
c) La consommation des produits tient plus à l’habittude alimentaire
qu’aux variables inhérentes aux contraintes budgétaires des ménages (28% en ville,
20% en milieu rural).
En résumé, la dégradation du pouvoir d’achat des populations conjuguée au
désengagement de l’état et son corollaire,qui se traduira parsuite à une
consommation des produits dérivés du blé dur a cause de l’augmentation des prix,
et un glissement progressif de la demande vers les produits les moins chers : la
farine plutôt que la semoule, farines et semoules ordinaires plutôt que les produits
similaires de qualité superieure.
Ces tendance vont se maintenir à l’avenir en raison du poids des habitudes
alimentaires et des carences structurelles de l’agriculture nationale à produire des
produits de substitution accessibles à une large frang de population.(2)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) CNEAP= Centre National d’Etudes et d’Analyses pour la Planification
(2)Thèse de doctorat : LE PROCESSUS DES REFORMES ECONOMIQUE EN ALGERIE / ADLI
Zoheir/ UNIVERSITE D’ALGER/P.194

III.2.2.5.5 La période (2000-2005) : Vers une ouverture progressive et plus
large
Selon les organisateurs du salon DJAZAGRO 2006, depuis ces dernières années
les algériens sont au rang de premiers consomateurs de blé au monde, par une
demande évalué entre 185,200, voire 228Kg/hab/an contre une production locale
de céréales qui ne couvre qu’un peu plus de 30% des besoins du pays. (1)
Par conséquence, l’Etat algérienne a pris l’initiative par une politique
volontariste; il s’agit de la création d’un programme prometteur: Plan national de
développement agricole et rural (PNDAR) lancé en juiellet 2000 et visé à une
moderniser et mettre à niveaux l’agriculture du pays. (2)
- Ses différentes programmes consenant :
a) Le developement des productions agricoles ;
b) L’adabtation des systèmes de production aux conditions
agroclimatiques(séchresse);
c) Le reboisement( restructuration du patrimoine forestier,lutte contre l’érosion) ;
d) L’extention de la SAU(Surface agricole utile) par voie de concession ;
e) Le developement des zones de parcours et de protection de la steppe ;
f) Le developpement rural ;
- Ils sont financés sur les fons propres des agriculteurs et promoteurs par le crédit
agricoles ou le crédit bail et par les soutiens de l’état, pour les programmes
éligibles.
- Ses résultats semblent pour le moins encourageants puisque, si l’on réfère aux
chiffres du troisième trimestre 2005, 339 445 exploitation seraient adhérentes au
PNDAR, et son impact cumulé sur l’emploi serait de 923442 création, ajoutant
aussi l’irrigation localisée passée de 8800 ha en 2000 à 137984 ha, au troisième
trimestre 2005. Enfain le Fonds national de régulation et du développement de
l’agriculture (FNDRA) a été scindé en deux fonds distincts. Il s’agit du Fonds
national de développement de l’investissement agricole (FNDIA) et du Fonds pour
la régulation de la production agricole (FNRPA). Il convient de signaler que la
régulation ne concerne que le lait et les céréales qui restent les seuls produits dont
les prix sont règlementés à ce jour. (3)
En ce qui concerne la demande du blé dans cette période là, une étude récente
réalisé par le cabinet Tiere Consult montre qu’elle est atteigné 7,3Mt en 2005
réparties en 2,7 de blé dur,3,7 Mt de blé tendre et 900 000 t d’orge, d’avoine et de
siegle. Cette demande n’est en moyenne couverte qu’à hauteur de 30 à 32% par la
production national,avec de forte ampliltude.
Au niveaux de la prodution locale-deux tieres de blé dur et un tière de blé tendre-
subit de fortes variation liées à la pluviométrie,entre 800 000 en 2000, 2,9 Mt en
2003 et 1,5 Mt en 2005.
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(1) Laurent Bénard, Céréales : viser la taille critique, RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars
2006, P.19
(2) Même source P.8
(3) Le service des délégués commerciaux du Canada, Nouvelles d’Algérie Novembre-décembre 2005



(1)
Ces résultats son à l’origine d’un manque de financement, d’une faible
mécanisation, du moecellement des terres, du viellissement de la main d’œuvre, de
variétés dépassées, etc…
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Laurent Bénard, RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars 2006,P.19

D’où des rendements moyenne inférieurs à 10q/ha qui n’est pratiquement
qu’une seule variété de blé cultivée dans le pays avec tous les risques que cela
implique en termes de récolte si cette variété fait l’objet,une année donnée,de
l’attaque d’une maladie spésifique à laquelle elle est sensible.
III.2.2.6 La transformation cérélière actuellement en Algerie
Le potentiel de transformation de l’Algerie s’appuie depuis toujours sur une
tradition très ancienne et une économie traditionelle qui font le moulin le cœur de
la vie de la communauté :
A present quelque 80 coplexes agro-alimentaires du secteur public regroupent
autour de 110 moulins (minoteries et semoulerie) d’une grande capacité de
trituration « 2,6 millions de tonnes/an » et des silos de stockage de 625000 tonnes
de blé.(1)
Ce potentièl relevait des ERIAD, ces entreprises qui ont pris la relève de la
première société national chargée de ce domaine - la libéralisation entamée en
1998 avec la fin du monopole d’importation de l’OAIC et la possibilité pour le
secteur privé d’investir dans la meunerie- cela a provoqué la réalisation de
nouveaux investissement par des promoteurs privés nationeaux, plus de 350
enregistrés en 2003, une centaine déjà réalisés, dont certaines n’ont rien à envier
aux capacités des unités ERIAD. On remarque que sont rares les filières qui ont pu
s’imploatés aussi équitablement que les moulins à traverts les différentes régions
du pays Les investissement privés dans la filière ont pratiquement suivi le schéma
de ERIAD.
Les premiers de ces investissements ont été réalisés, dans la trituration des céréales
et la fabrication des pâtes alimentaires à Annaba par les société LIANA et
Mahbouba, au centre par SIM, Tizi Pâtes et d’autres….
Au cours de ses cinq dernière années,ces industries agroalimentaires ont souffère
d’une prolifération anarchique de moulins avec pour conséquences, des sucapacités
chroniques qui pénalisent leurs marges et les place dans des situations financière
difficiles.Certains opérateurs considèrent que les capacité installées équivalant à à
peu près deux fois le besoin du pays.(2) Un chiffre donnée par le ministère de
l’industrie annonce quelque 29 700 t/j de capacité pour le secteur privé (351
moulins) et 14 500 t/j pour le secteur public avec ses 81 minoteries et
semoulerie.Soit un total,secteurs privé et public confondus, de 10 Mt par an, dont
7,4 pour le privé. Selon la dernière étude consacrée à l’IAA algeriènne et réalisée
par le cabinet Tiers Consult,il existe pour cette filière une situation de surcapacité
qui risque d’apparaître, à court et moyen terme, comme préjudiiable aux nouveaux
investisseurs qui sont en outre fragilisés dans certains cas par choix technologique
aléatoire ou par une faible implantation sur le marché. Contexte qui se traduit en
2004 par la fermeture de très nombreuses minoterie.(3)
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(1) Mémoire de fin d’étude en TS Mareting/ Institut de formation en marketing (I.F.O.M)/
Positionnement des produits SIM/ SAKHER Abderrahmane/ Promotion 2001-2003/ P.55
(2),(3) Laurent Bénard, RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars 2006,P.19-20

Ce mouvement ne semble pas prês de s’arrêter à cause d’une concurrence entre les
opérateurs publiques (ERIAD,OAIC) et les opérateurs privés, chose qui pese les
prix à la baisse surtout avec un prix intérieur stable maintenu par l’OAIC et
particulièrment bas au travers de son réseau national de distribution (coopérative
céréalière CCLS).
En conséquence la livraison aux moulins privés sont limités(30% maximum de
leurs besoins).
Toutfois si la première transformation est en proie à lourdes restructuration,
certains intervenants semblent néamions tirer leur épingle du jeu comme le cas du
goupe SIM par exemple.(1)
Dans le domaine de la seconde transformation, on notera, en plus de l’existance de
nombreux biscuitiers nationeaux telques El-bibane(Bimo) et Biscorima à l’est et
l’ouest du pays et même étrangers d’origine turc comme l’implantation de la
biscuiterie Bifa à constantine et la fusion sur l’ex-biscuitrie étatique Cherchell.

III.2.2.7 Tendances des industries agro-alimentaires dans le monde et
perspectives en Algérie
L’industrie céréalière algérienne n’échappe pas aux influences de l’évolution
mondiale. L’évolution de l’industrie céréalière algérienne est influencée depuis les
années 70 par celle des agro-industries dans le monde, en raison de sa dépendance
à l’égard du marché international des produits de base, mais aussi de ceux de
l’équipement et de la technologie. C’est pourquoi nous cherchons ici à repérer,
sans prétendre à l’exhaustivité, les lignes directrices des stratégies des
multinationales intervenant dans le secteur de la transformation céréalière. Les
firmes multinationales fondent leur expansion sur les produits stratégiques de
l’agro- alimentaire (la meunerie, l’huilerie et la laiterie) pour se bénéficier à une
forte valeur ajoutée.
A cette évolution s’ajoute le fait que a le véritable contrôle effectué par l’agro-
industrie provient en définitive des immenses transferts de capital et de technologie
et d’une main mise sur l’aide au développement tant financière que technique.
Nous faisons l’hypothèse que ce processus se produit dans des pays en voie de
développement et qu’il est le signe de la délocalisation par les firmes
multinationales des activités de meunerie.(2)
De plus, ce développement des industries de transformation céréalière dans les
PVD, (pays en voie de développement), crée de nouveaux marchés et donc des
possibilités substantielles de profit, aux entreprises multinationales.
Pour en revenir aux perspectives spécifiques à l’Algérie, on a pensé, à un moment
donné que l’industrie céréalière pourrait être le moyen privilégié pour inciter à la
constitution de complexes agro-industriels.
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(1)Laurent Bénard, RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars 2006, P.21
(2)INDUSTRIE CEREALIERE ET STRATEGIE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE/ Mohammed
TOUNSI/CIHEAM - Options Mediterraneennes

III.3 LES OBSTACLES DE L’IDE DANS LE SECTEUR
AGROALIMETAIRE EN ALGERIE

III.3.1 GENERALITES SUR L’INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS
DIRECTS EN ALGERIE
Le processus de transition d'un système économique centralisé à une
économie de marché a imposé au Gouvernement algérien,dès le début des années
90,une politique de réformes structurelles qui a rendu possible le rétablissement
des équilibres macroéconomiques et la libéralisation de l’économie. Ces réformes
ont permis d'améliorer certaines performances en termes de croissance du produit
intérieur brut (PIB) et le développement d’un secteur privé plus dynamique,
entraînant par conséquent un plus grand flux entrant d'investissements étrangers
directs (IED).
En effet,en 2002,l'Algérie s'est classée premier pays hôte d'IED au Maghreb et
troisième en Afrique. Cependant,ces résultats restent modestes par rapport au
potentiel d'investissement du pays.Bien que l'Algérie ait obtenu des résultats
positifs dans certains secteurs, tels que les hydrocarbures, les télécommunications,
la pharmacie,la sidérurgie et la chimie,les réformes introduites au cours des 10
dernières années ont été insuffisantes pour permettre au pays de bénéficier
significativement des externalités positives de l'IED (création d'emplois,
transfert de technologie et de savoir-faire, accès aux marchés internationaux, etc.).
De plus,un ralentissement dans la mise en place des réformes structurelles est à
remarquer,notamment en ce qui concerne le programme de privatisation, la
réforme du secteur bancaire et financier, la réforme fiscale, la promotion de la
bonne gouvernance d'entreprise et la mise en place des règlements sur la
concurrence.Or toutes ces réformes sont nécessaires afin d'améliorer le cadre
national de l'investissement.(1)
Par ailleurs, l'Algérie souffre d'un déficit d'image et de communication à l'étranger,
déficit caractérisé par une absence de visibilité de la politique nationale
d'investissement,en grande partie liée à l’indisponibilité d'informations qualitatives
sur les flux et tendances des IED par secteur et par pays d'origine, à un manque de
coordination entre les différents acteurs de l'investissement, à une lenteur dans les
procédures administratives, à un risque financier élevé (faillite de banques
privées), à une économie informelle grandissante, à des difficultés d'accès au
foncier industriel et, enfin, à des retards considérables en termes d'infrastructures
(télécommunications, eau, électricité, aéroports, etc.).
Ces obstacles risquent d'empêcher la pérennisation des IED en Algérie, et par
conséquent de ralentir le processus de modernisation et de développement du pays
entrepris courageusement dès le début des années 90.
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT,
EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et
Genève, 2004

En effet, bien que les résultats enregistré dans ces dernièrs années par une
croissance économique de 2,2% en 2002 à une croissance de 5,2% en 2005(1), ce
taux reste insuffisant par rapport aux dynamiques démographiques nationales et au
chômage structurel qui caractérise le pays (30% de la population active).
L'objectif de cette partie est d’étudier une meilleurs façon à améliorer la capacité
de l’Algerie à attirer des IED dans le secteur agroalimentiare.
Sur le long terme,l'IDE pourra stimuler l’innovation, le transfert de technologie,une
coordination plus efficace entre les entreprises internationales et locales et le
dialogue public-privé.Cela renforcera également les possibilités de l'Algérie de
tisser des liens avec l’économie régionale et mondiale.

III.3.1.1 Flux et tendances des investissements étrangers directs
La libéralisation de l'économie algérienne entreprise depuis 1994 et la réforme de
la réglementation relative à l'investissement ont produit des résultats remarquables
en termes d'IDE. En 2002, malgré la chute généralisée qui a caractérisé
l'investissement étranger en Afrique, l'Algérie a bénéficié d'un flux constant
d'investissements.
En effet,en 2002, elle s'est classée premier pays hôte d'IED au Maghreb et
troisième en Afrique.Néanmoins,les flux d'investissements se sont concentrés dans
un nombre limité de secteurs, notamment les hydrocarbures, la sidérurgie, la
chimie et les NTIC (Le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la
communication).
Le défi que doit relever aujourd’hui l'Algérie consiste à augmenter les flux d'IDE
et à en diversifier l’impact dans les secteurs où elle bénéficie de véritables
avantages comparatifs.(2)
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(1) Algerie, Situation macroeconomique 2005-2006/Club CIC International Lyonnaise de Banque
(2) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT,
EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et
Genève, 2004

Dès le début des années 90,le Gouvernement algérien a engagé une série de
réformes à la fois structurelles et institutionnelles, visant à rétablir et stabiliser les
équilibres macroéconomiques et financiers et organiser la libéralisation de
l’économie, en commençant par la levée du monopole sur le commerce extérieur.
Ces changements ont permis l'émergence et le développement d’un secteur privé,
longtemps comprimé ou marginalisé (notamment dans l'agroalimentaire et les
services). En revanche, les secteurs manufacturiers et sidérurgiques ont continué à
recevoir des subventions importantes dans le cadre d’une politique de
restructurationindustrielle.
Parallèlement, un vaste programme de privatisations a été mis en place, mais le
bilan est, à ce jour, encore mitigé : la situation financière des entreprises publiques
ainsi que leur taille, l’absence d’une stratégie cohérente, les résistances internes
(cadres des entreprises et syndicats) et, enfin, l'absence de visibilité pour les
investisseurs ont entraîné de nombreux retards.
Néanmoins,des progrès certains ont été réalisés.Depuis 1994,année du premier
accord de rééchelonnement de la dette, la croissance du PIB reste positive.Ces
chiffres sont toutefois insuffisants, compte tenu du rythme de croissance de la
population. En revanche, l'inflation a été remarquablement maîtrisée,passant de
29,7 % en 1995 à 3,6% en 2004.(1)
Cependant, cette maîtrise s'est faite au prix d'efforts considérables réduction des
dépenses budgétaires, liquidation d'entreprises, etc.) et suite à de nombreuses
dévaluations monétaires rendues nécessaires dans le cadre du programme
d'ajustement structurel. Il est à noter également la très forte baisse entre 2001 et
2002 du taux d'inflation des produits alimentaires qui constituent près de 50 % des
dépenses de consommation des ménages.
La dette publique continue de suivre une tendance favorable à la baisse avec, à la
fin de 2002, un stock de 22,3 milliards de dollars, grâce notamment à une politique
d'endettement prudente et des remboursements conséquents du principal.
C'est dans ce nouveau contexte économique en nette amélioration, caractérisé
par des finances publiques saines, des équilibres macroéconomiques retrouvés, un
ratio d’endettement favorable et une volonté forte de transformation du système
économique, que les derniers investissements étrangers se sont réalisés en Algérie.
III.3.1.1.a) L'évolution des IED en Algérie : de 1970 à 1994
La période (1970-1994) reflète l'importance des IED dans le secteur des
hydrocarbures, suite à la décision prise par l'Algérie en 1971 d'ouvrir cette
industrie aux capitaux étrangers ; ceux-ci ont été massivement investis dans le
raffinage, l’exploration, la production et le transport du pétrole et du gaz naturel.
L'attractivité de ce secteur s’est accrue suite aux chocs et contrechocs pétroliers des
années 70 et 80.(2)
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(1) Algerie, Situation macroeconomique 2005-2006/Club CIC International Lyonnaise de Banque
(2) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT,
EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et
Genève, 2004

L'augmentation du prix du pétrole et l'interdiction faite aux grands groupes
pétroliers de posséder des champs pétrolifères ont rendu d'autant plus intéressants
les investissements dans les infrastructures pétrolières et gazières et permis par la
même occasion de pallier le manque de ressources financières nécessaires pour
l'entretien et la mise à niveau de celles-ci.Néanmoins, avant 1992,l’Algérie
n’autorisait pas les sociétés étrangères à produire directement pour leur propre
compte ; elles pouvaient cependant bénéficier de contrats de partage de production
ou autres contrats de prestation de service avec la Sonatrach.(1)
Cependant, la décennie 80 est caractérisée par une quasi-absence d’IED. Les divers
gouvernements de cette période, réticents à toute intervention étrangère, ont en
outre remis en cause le plan VALYD (valorisation des hydrocarbures) qui
prévoyait un programme ambitieux d’investissements. Cette remise en cause a
conduit à un quasi-arrêt des investissements, car les nouveaux IED dans le secteur
des hydrocarbures, sans être formellement interdits, n'ont pas été suffisamment
encouragés.
III.3.1.1.b) L'évolution des IDE en Algérie: à partir de 1995
La deuxième période est marquée par la reprise des flux d’investissements qui
résulte principalement de la détérioration de l’économie induite notamment par la
baisse du prix du pétrole. Le Gouvernement ne pouvait plus assurer à lui seul le
fardeau économique causé par la détérioration de la dette et par l'inefficacité du
système économique. Ainsi, la mise en place de réformes macroéconomiques
viables a favorisé le désengagement progressif de l'État dans certains secteurs clefs
de l'économie nationale et a permis l'émergence d'un secteur privé dont le poids
s'est rapidement accru dans l'économie. Bien que l'ambitieux programme de
privatisations mis en place ait rencontré de nombreux obstacles (chômage, poids de
l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) dans les rouages politiques,
rigidités administratives, résistance des acteurs partisans de l’ancien système) qui
ont considérablement ralenti sa mise en oeuvre,les IDE ont été encouragés dans
une certaine mesure par une nouvelle législation fiscale plus attractive et un cadre
institutionnel d’appui plus approprié (Code des investissements de 1993, amendé et
complété par l’ordonnance de 2001). L’évolution favorable du flux des IED en
Algérie au cours des dernières années a renforcé la volonté politique des autorités :
en effet,dans l'ambitieux Programme de soutien à la relance économique (PSRE)
lancé en 2001 pour une période de trois ans, la politique relative à l'investissement
occupe une place prépondérante. Par ailleurs, l’État algérien a pris des dispositions
pour offrir un certain nombre de garanties aux investisseurs ; c’est ainsi que de
nombreuses conventions multilatérales et bilatérales en matière d'investissements
ont été ratifiées. Cette volonté politique forte est l’un des déterminants qui a permis
une reprise rapide des flux d'IED dans de nombreux secteurs (télécommunications,
agroalimentaire, chimie et pharmacie) et une amélioration de l’image de l’Algérie
auprès du secteur privé international.
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN DE LA POLITIQUE
DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

La tendance de ces dernières années est donc encourageante ; elle devrait être
maintenue en raison de l’importance du potentiel d’investissement en Algérie.
À cet égard, les autorités semblent afficher une volonté politique forte, avec
l'objectif d'attirer et de maintenir des niveaux substantiels d’investissements
étrangers directs.

(1)
(2)
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(1),(2) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT,
EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et
Genève, 2004

III.3.1.2 Les IDE par pays d’origines :

Les principales firmes étrangères qui investissent en Algérie sont généralement
de grande taille, ce qui leur permet d'appréhender les risques et incertitudes élevés
liés au marché, mais également de tirer pleinement profit de la profitabilité élevée
(position de premier entrant) qui compense cette incertitude.
Comme le montre le tableau suivant, les États-Unis sont les principaux
investisseurs étrangers en Algérie, avec environ 908 millions de dollars investis ces
dernières années. Investisseurs de longue date, les opérateurs privés américains
demeurent intéressés essentiellement par le secteur des hydrocarbures (Petrofac
Resources International Inc.). Une diversification commence à s’opérer vers les
secteurs de la chimie et de la pharmacie (Pfizer), mais elle demeure mineure par
rapport au potentiel des États-Unis en matière d'investissements.(1)

L'Algérie a signé des accords de coopération au niveau politique et économique
avec les trois principaux pays du sud de l'Union européenne (Espagne, France et
Italie), qui se situent d'ailleurs juste derrière l'Égypte en matière d'IED et sont
essentiellement présents dans les hydrocarbures (Cepsa, Agip, Elf/TotalFina),
l’agroalimentaire (Danone),la céramique, la chimie et la pharmacie, les industries
manufacturières (Michelin) et la sidérurgie.

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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

À la faveur des relations économiques traditionnelles existantes entre l'Algérie et
l'Allemagne,deux importantes coentreprises furent créées en 2002 :
Henkel, le manufacturier allemand de produits de consommation,est rentré
majoritairement dans le capital de deux usines,anciennes filiales à 100 % de
l’Entreprise nationale des détergents et produits d’entretien (ENAD).Le groupe
Messer, autre groupe allemand spécialisé dans les gaz industriels,manifeste
également un réel intérêt ; à ce sujet,des pourparlers sont en cours à la fois avec la
Sonatrach et avec l’Entreprise publique des gaz industriels (ENGI).
En ce qui concerne les IED en provenance des pays européens, la mise en place
de l'Accord d'association avec l'Union européenne pour la création d'une zone de
libre-échange, prévue en 2010, devrait ouvrir de nouvelles perspectives positives
pour l'Algérie.(1)
Les investissements en provenance de pays en développement (investissements
Sud-Sud) sont également en forte progression. En effet, l'Égypte a fait une entrée
remarquée en 2001, en se plaçant au second rang des investisseurs suite à l’arrivée
sur le marché algérien de l’opérateur de téléphonie mobile Orascom.
Il est difficile de prédire sur cette expérience prometteuse, mais récente, le futur
développement des IED interrégionaux. Cependant, le potentiel apparaît très
important, d'autant plus que les différents pays de la région offrent de nombreux
avantages comparatifs complémentaires. Un véritable système vertueux pourrait se
mettre en place sur la base d'une collaboration plus étroite fondée sur une politique
commune de partenariat multiforme exploitant au mieux un marché régional fort
de 100 millions d'habitants et les ressources propres à chaque pays. Des avancées
sont faites dans ce sens avec les dernières réunions de l'Union du Maghreb arabe
(UMA) en 2003 et 2004 et le premier sommet du dialogue «5 plus 5» entre les
chefs d'État et de Gouvernement des pays du bassin de la Méditerranée (Algérie,
Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie, Espagne, France, Italie, Malte et Portugal).

Cependant, la mise en application de mesures concrètes tarde à se réaliser.
Par rapport aux investissements Sud-Sud, l’acquisition de 70 % du capital de la
Société publique de sidérurgie (SIDER), propriétaire du complexe d’El-Hadjard et
premier complexe sidérurgique du pays, par le groupe indien ISPAT constitue la
principale réalisation en termes d’IED (hors licences de télécommunications et
hydrocarbures) intervenue en Algérie au cours des trois dernières années. Le
groupe ISPAT manifeste à présent une réelle volonté d’élargir ses participations à
d’autres filières et à d’autres entreprises publiques du secteur, dans le cadre d’une
stratégie d’intégration verticale.(2)



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(1),(2) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT,
EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et
Genève, 2004

III.3.1.3 Répartition sectorielle dIDE :

Il n'existe pas pour le moment de statistiques fiables concernant la ventilation
sectorielle des IED en Algérie.Les trois sources disponibles ne sont pas
suffisamment élaborées et sont très segmentées et partielles : les chiffres de
la Banque d'Algérie concernent les flux d’IED par volume et par pays d’origine
(sans secteur) ; ceux de l’ANDI indiquent la liste des intentions d’investissement
(par secteur d’activité) et non des réalisations (pas de suivi et aucun paramètre de
classement de l’importance des IED) ; quant aux statistiques de la douane, elles
portent uniquement sur les flux physiques.
En outre, les fusions-acquisitions de sociétés déjà existantes n’apparaissent pas
dans les statistiques douanières (ISPAT,Henkel). Il convient de noter que les
projets d’IED en Algérie portent sur certains secteurs particuliers et spécifiques à
l’économie nationale,à l’exception bien entendu des services financiers.Il en
résulte que le pays dispose d'atouts compétitifs et qu'il existe un potentiel important
non exploité dans certains secteurs tels que le tourisme.(1)

Deux secteurs sont à distinguer,tant en raison de leur potentiel que de la place
qu'ils occupent dans l'économie, les hydrocarbures et l'énergie, d'une part, et les
télécommunications et les NTIC, d'autre part :
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

a . Les secteurs des hydrocarbures et de l’énergie
Le secteur des hydrocarbures joue un rôle primordial en matière d’IED : en effet,
la part des exportations de pétrole et de gaz s’élève à 95 % des exportations totales
de l'Algérie et entre 26 % et 30 % de son PIB.Ainsi,en raison de l’augmentation du
prix du pétrole de 30 % depuis la fin de 2001, il n’est pas surprenant de voir
l’énergie et les activités d’extraction se positionner comme moteur principal de
l’économie algérienne.
Depuis 1967, l’Algérie est le deuxième fournisseur mondial de gaz naturel liquéfié
(GNL). Ses principaux acheteurs sont européens, Gaz de France étant le principal
client suivi d’opérateurs espagnols et italiens. La Belgique, les Pays-Bas et, de plus
en plus, les États-Unis sont des clients à fort potentiel d’achat.
Le groupe anglo-néerlandais BP-Amoco met actuellement en place un projet
d'investissement pour 2002 s’élevant à 2,5 milliards de dollars dans la région d’In
Salah en créant une coentreprise avec la Sonatrach en tant qu’actionnaire
minoritaire avec 35 % des parts. Ce projet vise à augmenter la production nationale
de gaz en la portant à 9 milliards de mètres cubes,dont la commercialisation pour
l’Europe, la Turquie et l’Afrique du Nord sera effectuée par la filiale conjointe In
Salah Gaz Marketing, entreprise basée en Europe qui vient de conclure son premier
contrat avec le géant italien Enel pour une production annuelle de 4 milliards de
mètres cubes. Ce grand projet prévoit également l’exploration de nouvelles
réserves. Tous les éléments sont donc en place dans ce secteur pour permettre un
positionnement très favorable de l'Algérie dans l’accueil d’un flux massif d’IED.
Une plus grande libéralisation du secteur attirerait davantage les investisseurs
internationaux. Cependant, la question reste encore en débat aujourd’hui autour
d’un projet de loi sur les hydrocarbures.
En ce qui concerne le secteur de l'électricité,la libéralisation est à un stade
beaucoup plus avancé que dans celui des hydrocarbures. La loi sur l’électricité de
1997 avait déjà introduit les premiers éléments de la libéralisation du secteur en
ouvrant la production de l’électricité à l’investissement privé,national et étranger
;cette ouverture était néanmoins soumise à une obligation de livraison de la
production soit à la Sonelgaz, soit à l’exportation. La loi de 2002 libéralise
davantage la production, mais aussi la distribution pour les gros clients industriels.
Par ailleurs, l’actuel opérateur du monopole EPIC-Sonelgaz a changé sa statut
puisqu’elle est devenu une société par actions dont le capital est susceptible d’être
ouvert à la souscription privée; l'État a conservé néanmoins la majorité du
capital.Cette transformation de l’opérateur historique en société par actions et la
mise en place d’une autorité de régulation de l’électricité et de la distribution du
gaz a suscité non seulement l’intérêt des investisseurs étrangers,mais aussi celui
des grandes institutions internationales telles que la Banque mondiale,qui a apporté
son soutien à cette réforme, la jugeant très favorable au développement du
secteur.(1)
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(1) A ce sujet, il est à noter que la Trade and Development Agency des États-Unis a approuvé une aide de
560 000 dollars en argent et en assistance technique.

b. Télécommunications et nouvelles technologies de l'information et de la
communication
Dans le secteur des télécommunications, les entreprises transnationales
recherchent des marchés larges, inexploités et peu compétitifs. L’Algérie est donc
un marché très propice, avec une monopole de deux operateurs de téléphonie fixe
et autres services connexes. Le secteur connaît depuis quelques années des
mutations importantes.
Le taux de pénétration est faible et la demande est très forte : pour 30 millions
d’habitants, le pays dispose plus de 2,6 millions de lignes fixes.
Une importante réforme est intervenue dans ce secteur en 2000 suite à la loi sur la
poste et les télécommunications qui a d'abord permis la transformation du statut de
l’opérateur historique, cette administration classique étant devenue une société
commerciale par actions.
Ensuite, après ouverture du segment de la téléphonie mobile et fixe à la
concurrence, une licence a été octroyée à deux opérateurs privés étrangers,
Orascom et Wataniya.
Au niveau des nouvelles technologies de l'information, l'Algérie est un marché
extrêmement intéressant en terme d'équipements. L'essor de l'informatique et
d'Internet est considérable, le potentiel l'est également. Ces dernières années ont vu
se multiplier le nombre de fournisseurs privés nationaux d’accès Internet dont l’un
a particulièrement réussi à la fois en termes de part de marché et en nouant un
partenariat international avec le groupe français Wanadoo.Le faible nombre
d’abonnés comparativement aux autres pays de la région est compensé par la
multiplication du nombre de cybercafés, offrant les services Internet au grand
public.
III.3.1.4 Importance relative des IED dans l'économie algérienne

La part des IED dans le PIB algérien reste extrêmement faible. En 2000, elle
s’élève à 6,5 %, alors que pour la même période la moyenne pour les pays
d'Afrique du Nord se situe autour de 15 % et celle d'autres pays d'Afrique autour
de 25 %. Il faut, toutefois,nuancer la valeur de cet indicateur qui tend à surclasser
les pays à faible niveau de PIB.
Bien qu’il soit nécessaire de prendre en compte le caractère tardif de la véritable
ouverture aux IED, ce chiffre reflète néanmoins la très faible part que jouent les
investissements étrangers dans l'économie du pays. Il reflète également la politique
autocentrée longtemps pratiquée par le Gouvernement. Si certaines filières de
l’économie sont aujourd'hui dominées par des entreprises créées dans le cadre de
l’investissement étranger – c’est le cas notamment de la sidérurgie (ISPAT), des
détergents (Henkel) et de la téléphonie mobile (OTA) – , ces cas sont récents et
marginaux, et il reste encore en Algérie un énorme potentiel inexploité d’IED.(1)
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004


III.3.1.5 Potentiel en matière d'investissements directs étrangers (Le potentiel
et les faiblesses au niveau national selon la CNUCED)
III.3.1.5.a) Les avantages comparatifs

i) Libéralisation et réforme de l'économie
Les bons résultats enregistrés récemment par l'Algérie en ce qui concerne les flux
entrants d'IDE confirment une sensible amélioration de l'environnement
économique national. Afin d’améliorer son attractivité et de profiter des flux
accrus de l’IDE,
le Gouvernement algérien s’est engagé, à partir des années 90, dans une série de
réformes structurelles, tendant à assurer la stabilisation macroéconomique et la
libéralisation du commerce extérieur. Parmi les réformes les plus importantes,
l'ordonnance de 2001 et la création de l'ANDI ont été des étapes décisives dans
l'amélioration du cadre de l'investissement et la mise en valeur des potentialités
dont dispose le pays. Par ailleurs, le Gouvernement a mis en place en 2001 un
Programme de soutien à la relance économique (PSRE) d'une enveloppe de 525
milliards de dinars (environ 7 milliards de dollars) sur 4 ans qui a déjà donné des
résultats encourageants, notamment dans l'agriculture avec le Programme national
de développement agricole (PNDA), les infrastructures, l'énergie,l'habitat,etc.
Les entretiens menés par la CNUCED auprès des investisseurs étrangers ont
permis de noter une forte convergence d'opinion sur l'efficacité du PSRE qui
permettra, dans un avenir proche, d'améliorer l'environnement de l'investissement
et d'identifier et mettre en valeur les potentialités du pays.(1)
ii) Disponibilité des ressources naturelles et politiques proactives de mise en valeur
La disponibilité des ressources naturelles représente un atout majeur pour
l’économie nationale qui devrait pouvoir jouer un rôle géostratégique dans la
région.En effet,les richesses naturelles en pétrole et en gaz naturel sont
remarquables.
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

Le secteur énergétique représente un élément d'attraction pour les investisseurs
étrangers : l'Algérie est en effet le troisième fournisseur de gaz naturel de l'Union
européenne (UE) et le quatrième fournisseur énergétique. Par conséquent, les liens
économiques, politiques et culturels avec l'UE pourront se renforcer.À cet égard, deux
gazoducs transportant le gaz algérien en Europe à travers la Tunisie et le Maroc sont
déjà en activité ; un troisième, qui devrait relier directement l'Algérie et l'Europe à
travers l'Espagne, est en cours de construction. Le potentiel énergétique (gaz et
pétrole) est activement mis en valeur par les autorités algériennes ; or cette politique
proactive pourrait servir d'exemple pour les autres secteurs d'activité.
iii) Proximité géographique des marchés potentiels
Confinant avec l'Europe,l'Afrique et des pays arabes, l'Algérie bénéficie d'une
position géographique stratégique pour la mise en valeur de son potentiel
d'investissement : cette remarquable position devrait en effet favoriser les
investissements étrangers orientés vers l'exportation et lui permettre de tirer avantage
de l'accord de partenariat avec l'UE pour la création d'une zone de libre-échange.
iv) Intégration économique régionale (UMA/UE) et mondiale (OMC)
L’intégration régionale au sein de l’Union du Maghreb arabe,qui comprend
l'Algérie,la Jamahiriya arabe libyenne, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, augmente
significativement les possibilités d'exportation pour les produits algériens. Ce
processus d'intégration a toutefois subi un ralentissement important ces dernières
années. Il est donc nécessaire de le relancer afin de bénéficier au maximum de
l'ouverture des liens économiques et commerciaux avec les pays voisins.
Par ailleurs, l’adhésion prochaine de l'Algérie à l’Organisation mondiale du commerce
devrait entraîner l’intégration progressive du pays dans l’économie mondiale.Cette
adhésion demeure primordiale pour l'économie et devrait contribuer à la création d'un
climat plus favorable aux IED. En effet, l'économie nationale s’ouvrira beaucoup plus
à la concurrence des produits et services étrangers, ce qui induira nécessairement une
plus grande compétitivité du secteur privé.
La réglementation en matière de propriété intellectuelle devra également être
harmonisée en respectant les normes internationales prévues par l'Accord sur les
ADPIC,créant ainsi de nouvelles opportunités d'investissements.
v) Abondance des ressources humaines et flexibilité du marché du travail
Même si la formation de la main-d'oeuvre s'est significativement améliorée ces
dernières années, elle reste encore inadaptée aux besoins actuels du marché du travail ;
la flexibilité de ce marché s'est aussi améliorée ces derniers temps. En effet, le
principe de la liberté d'emploi a été reconnu et les employeurs peuvent conclure
directement un contrat de travail avec les travailleurs. D'ailleurs, le coût relativement
bas du travail pourrait contribuer dans un premier temps à augmenter la compétitivité
du pays et son attractivité pour les investisseurs étrangers. La rémunération est fixée
d'un commun accord entre l'employeur et le salarié.
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ADPIC= Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle

Néanmoins, deux facteurs limitent cette liberté de manoeuvre : le salaire de base,
qui résulte de la classification professionnelle du salarié déterminée par la
convention collective applicable à l'employeur, et le salaire national minimum
garanti (SNMG), correspondant à une durée hebdomadaire de travail de quarante
heures (soit 173,33 heures par mois),qui est fixé à 10 000 dinars par mois ; le
taux horaire est de 46,15 dinars.
III.3.1.5.b) Obstacles aux investissements

Malgré des avantages comparatifs certains, l'Algérie rencontre toujours des
obstacles aux investissements étrangers directs : (1)
i) Ralentissement dans la mise en place du programme de privatisation
En raison d’un long héritage d'une économie centralisée et planifiée, où le secteur
public assumait un rôle important dans l'économie, certains segments de
l'économie demeurent toujours sous le contrôle de l'État et le rythme du
programme de privatisation s'est ralenti. L'exemple du secteur financier est à cet
égard le plus révélateur : en effet, 94 % du marché appartient toujours aux banques
publiques. Cette omniprésence pourrait donc constituer un véritable frein pour la
pénétration de tout nouvel opérateur privé locale et étranger.
ii) Déficit d'image et de communication
Malgré les importantes réformes mises en place par les autorités, l'Algérie
enregistre un considérable déficit d'image à l'extérieur. En effet, le milieu des
affaires étranger a généralement une méconnaissance des nouvelles
réglementations adoptées afin de libéraliser l'économie et de mettre en valeur le
potentiel d'investissement que recèle le pays. Par ailleurs, selon l'enquête menée
par la CNUCED lors de la mission d'évaluation d'avril-mai 2003, les investisseurs
relèvent souvent le fait que les agents de l'administration publique ne semblent pas
toujours être parfaitement informés de l’existence de nouvelles réformes ainsi que
des règles et procédures qui en découlent, leur application ne pouvant donc pas être
assurée.
iii) Difficultés d'accès au foncier industriel
Le foncier est un des plus importants obstacles à la création et au développement
d'un secteur privé national et étranger dynamique en Algérie.L’accès au foncier
industriel est difficile en raison de la rareté ou de l’indisponibilité de terrains, du
coût de ces derniers et de manoeuvres spéculatives.La multitude d'acteurs dans le
domaine du foncier est une entrave majeure à l'investissement. Par ailleurs,la
méconnaissance de la part de l'administration publique de la disponibilité et de la
viabilité des terrains est perçue par les investisseurs potentiels comme étant un
obstacle à tout investissement ; un cadastre est cependant en cours d’élaboration.


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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

Les actifs résiduels récupérés des entreprises publiques dissoutes ouvriront
quelques possibilités d’attribution par l’ANDI ; en outre, le Ministre des finances
vient de recevoir l’autorisation légale de vendre ou d’accorder en concession des
terrains bâtis ou non bâtis à vocation industrielle libérés suite à la dissolution de
certaines entreprises publiques.
iv) Existence d’un important secteur informel
Lors des nombreux entretiens de l'équipe de la CNUCED avec différents
opérateurs privés nationaux et étrangers, le problème de l’importation frauduleuse
de marchandises, sans droits ni taxes, a souvent été souligné. Parmi les obstacles
régulièrement dénoncés par les opérateurs économiques, le poids du secteur
informel dans l'économie nationale (le marché informel couvre plus de 35% du
marché global)(1), et le manque de transparence des procédures administratives
demeurent des problèmes structurels.
v) Retards dans les infrastructures
La chaîne portuaire qui traite la quasi-totalité des marchandises importées en
Algérie souffre de graves dysfonctionnements malgré des progrès récents.
La coordination entre les différents acteurs, notamment les autorités portuaires,les
transitaires,les douaniers,les importateurs et les armateurs,est inefficace.Il en
résulte une multiplication des retards préjudiciables à la bonne marche des unités
de production. Il faut espérer que l’informatisation des services douaniers et
l’utilisation de nouveaux équipements spécialisés tels que le scanner accélèrera les
procédures de dédouanement au port d’Alger, principal port du pays.
La création récente d'un port sec à Alger, inauguré en juin 2003, représente un
progrès significatif dans ce domaine. L'entreprise portuaire d'Alger, par
l'intermédiaire de sa filiale Algerian Container Services, a mis en place un nouveau
port sec, dont la création obéit à la logique induite par la loi de finances de 2003.
Toutes les formalités douanières se feront sur place : déclarations en douane
informatisées, paiement des droits et taxes, existence d'une recette douanière,
visite-livraison. Par ailleurs, il ressort des entretiens entre la CNUCED et des
opérateurs que de nombreux retards dans les infrastructures constituent des freins à
l'investissement étranger, notamment dans les ports, les aéroports internationaux et
les chemins de fer, ainsi que dans la distribution de l'électricité et du gaz et l'accès
aux télécommunications.
vi) Inadaptation du système judiciaire
Malgré les récentes réformes du système judiciaire,les procédures demeurent lentes
et inefficaces.En effet,selon une étude que la Banque mondiale a effectuée en
2002, 20 procédures et 387 jours sont nécessaires en moyenne pour résoudre un
différend en Algérie.L’excès de formalités,d'autorisations et de contrôles
caractérisent le système administratif local et ne contribuent pas à l’amélioration de
l'image du pays à l'étranger. Ainsi, le manque devconfiance dans le système
judiciaire, en particulier quant au règlement des litiges commerciaux, est perçu par
lesvopérateurs étrangers comme des obstacles aux investissements en Algérie.
ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Algerie, Situation macroeconomique 2005-2006/Club CIC International Lyonnaise de Banque

ll faut ajouter aux divers obstacles qui freinent les IED en Algérie, l’absence de
tribunaux de commerce et d'une véritable culture de l'arbitrage.

(1)
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(1) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT, EXAMEN
DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE : NATIONS UNIES New York et Genève, 2004

II. APPERÇU SUR L’IDE AGRO-ALIMENTAIRE EN ALGERIE

Les potentialités économiques du secteur sont significatives. Pendant les années
d’économie centralisée, l’Algérie avait donné la priorité à son industrie lourde, en
négligeant la valeur stratégique de l’agriculture. Un changement d’attitude s’est
produit avec le lancement en juillet 2000 du Programme national de
développement
agricole (PNDA) : doté d’importants moyens financiers, il devrait entraîner une
forte adhésion du milieu agraire et produire des effets positifs.
Mais la mise en oeuvre du PNDA se heurte aux manques de moyens de contrôle et
d’évaluation, ainsi qu’au manque de moyens humains et organisationnels.Un
meilleur soutien du secteur bancaire serait utile car l’agriculture reste pénalisée par
le sous-investissement et la sous-mécanisation. La proximité géographique de
l’Europe constitue un atout essentiel pour écouler certaines productions locales.
Dans l'agroalimentaire, les IED pourraient permettre aux produits algériens de
mieux pénétrer sur le marché européen et d'être plus compétitifs. Les producteurs
algériens devraient conclure des partenariats avec les sociétés transnationales
européennes, ce qui permettra aux exportateurs algériens de s’adosser aux chaînes
de distribution européennes pour vendre leurs produits.
Enfin, la future participation à l'OMC permettra à l'Algérie de négocier au plan
multilatéral des conditions plus favorables d'accès des produits agricoles aux
marchés des pays plus développés.
III.3.2.1 Secteur avec plein de promesses :
La machine industrielle agroalimentaire algérienne donne l’impression de bruler
toutes les étapes. Dopées par une croissance de prés de 6% l’an et une forte
allocation du budget des ménages aux dépenses alimentaires,il n’aura fallu qu’une
petite dizaine d’années aux industries agrlalimentaires (IAA) du pays pour prendre
leur envol et occuper, derrière le secteur énérgitique,la second marche du podium
des industries nationales.
Entre 2001 et 2004, l’agence de l’investissement (ANDI) aurait enregistré plus
plus de 17 000 projets, dont 5870 concernant la branche agroalimentaire et ceci,
pour une valeur de 5347,7 milliards de Dinars.(1)
Mais des difficultés existant. Bon nombre d’entreprises du secteur public sont dans
une situation financière difficile et recherchent des investisseurs pour les
accompagner. Certaines sociètés, insuffisament arméées face à la concurrence,
souffre d’importations de produits à bas prix. La balance commerciale
agroalimentaire algérienne présente un déficit annuel de plus de 2 milliards de
dollars. La question qui se pose aujourd’hui l’agroalimentaire algérienne
parviendra-t-elle à surmonter ses difficultés et à tenir toutes ses promesses?
Quelque observateur attendent que les équipementiers étrangers vont apporter des
prestations d’associées de transfert technologique, de formation, d’assistance…(2)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1),(2) Laurent Bénard, RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars 2006, P.3


(1)

ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) RIA hors-série Spécial Algérie- DJAZAGRO- Mars 2006, P.7


(1)

ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1)Transparence, Energie& Mines,Novembre 2005, P.64

III.3.2.2 Aventages, Inconvénients, Recommendations :

III.3.2.2.a) Faiblesses et menaces :
Le secteur des IAA souffre en Algérie de multiples handicaps à la fois internes
et liées à son envirennement technique et industriel, pamis ces handicaps ont peu
citer :
. Le caractère encore très artisanal de certaines activités( atomisation de l’offre,
équipements vétustes...) ; la faible compétitivité des entreprises à capiteaux
publique, parfois encor protégées par des situation de monopole ; la faiblesse
globale de l’effort d’investissement et de recherche se traduisant par une
modernisation lonte du secteur ; la formation insuffisante de la main d’œuvre ; les
problemes de la qualité et de normalisation des produits ainsi que l’absence
fréquente de certification européenne, empêchant les exportations vers les pays de
l’union.
. Les IAA souffrent par ailleurs des faiblesses effectant les secteurs connexes :
- Faible dévelopement des secteurs de l’amballage et des équipements indutriels ;
- Déffaillance de la chaîne logistique qui se traduit par des coûts élevés, des retads
et des pertes de produits ;
- Mais surtout, faiblesses du secteur agricole, liées à la fragmentation des
exploitations, à la vétusté des équipements, à la faible productivité de la main
d’œuvre et bien sûr à des conditions climatiques défavorables. Les productuions
céréalières, sucrières, et même de viande rouge,en particulier,restent très
infèrieures aux besouins locaux. Cette situation compromet le développement
d’une indutrie locale de transformation.
- Enfin, l’environnement général des affaires est parfois peu favorable.Par
exemple, l’absence de marché intégré dans les pays du sud de la méditerranée
consititue un handicap pour le développement des industries locaux, qui ont du mal
à élargir leur débouchés, au-delà du seul marché national, aux pays voisin. Cette
situation est également défavorable au développement des investissement
étrangers, découragés par la fragmentation des marchés voisins.
Ces handicaps sont d’autant plus préoccupants que l’ouverture progressive de
marché agrocole du pays risque d’exposer à la concurrence étrangère des
entreprises alimentaires (et des exploitations agricoles) qui y sont souvent mal
préparées.(1)




ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Fabrice Hatem, Le secteur agro-alimentaire dan la région euro-médterranienne, Notes et documents
ANIMA Nº16, L’AFII, Novembre 2005, P.37

III.3.2.2.b) Forces et opportunités :
Cepandant, on observe un mouvement de modernisation du secteur,
notamment sur les points suivants :
. Réformes institutionnelles (libéralisation des marchés et privatisation).
L’ampleur du processus est cependant variable selon le secteur choisi et ses
caractéristique. Par exemple des capiteaux publics, souvent majoritaires restent
dans certains comlexes agro-industrieles des secteurs du sucre, de l’huile et du
tabac.
. Apparition d’entreprises privés de grande taille, issue de la reprise d’actifs
publics comme Cevital qui sont généralement très diversifiés
(industries,services,construction) et accompagnent l’émergence du marché des
produits agro-alimentaires en investissant dans des filliales spécailisées. Ils
interviennent souvent avec des partenaires étrangers leaders sur leurs marchés qui
leur apportent la compétance technique et marketing. Ce type de partenariat est
fréquent par exemple dans les industries de l’ultra-frais laitier (Danone-Djurdjura)
ou encore des boissons non alcoolisées (CocaCola-Fruital)…
. Présence croissante, mais cependant encore limitée des firmes multinationales
(implantation directes ou partenariats).Selon l’ANDI 63 sociètés étrangères ont
déclarés entre 1998-2005 leurs inplantation.(1)

. Effort de mise à niveau des PME locales, souvent encourgé par des
programmes publics : Modernisation des équipements, formation du personnel,
amélioration de la qualité des produits, obtention des certifications européennes….

III.3.2.2.c) Les recommandation selon la CNUCED et l’AFII : Comment
développer l’attractivité du pays pour les investissements internationeaux ?

Même si le développement de l’offre nationale endogène doit être considéré
comme une priorité, l’apport complémentaires des firmes étrangères paraits
nécessaire à plusieurs niveaux : apport de capacités financières, de compétances
managériales, de savoir-faire industriels et techniques, accès aux marché
étrangères, mise en valeurs des potentiels loceaux, dynamisation du marché et
absorption du secteur informel.
Or ces firmes n’ont pas fait pour l’instant le pays comme priorité pour leurs
investissement, quoiqu’en progression, restent limités.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Se sont des sociètés qui ont déclaré leur implantation mais ils sont pas forcément en état d’activités car
le suivi au niveau de l’ANDI est indisponible
(2) Fabrice Hatem, Le secteur agro-alimentaire dan la région euro-médterranienne, Notes et documents
ANIMA Nº16, L’AFII, Novembre 2005, P.85

La présence des firmes étrangéres dans le pays est encore limitée(63 projets) ; et
pour faire face ;l’amélioration de l’attractivité du pays dans le domaine agro-
alimentaire passe par une série d’initiatives d’ordre général et sectoriel, touchant à
la fois les améliorations à apporter à l’offre locale et les politiques de
promotions/prospection à mettre en œuvre :
1) Création d'un forum agroalimentaire : dans l’agroalimentaire interviennent
plusieurs filières verticales et différents niveaux de raccords horizontaux (ou sous
systèmes). Il est indispensable que les représentants de l’ensemble des filières
participent à la mise au point du cadre réglementaire, des stratégies et des mesures
qui les affectent.
La création d’un forum agroalimentaire national, ouvert aux acteurs étrangers du
secteur, permettrait d’atteindre les niveaux de participation et de concertation
nécessaires pour soutenir l’essor de tout le secteur.

2) Intégration du PNDA par un plus fort volet agro-industriel : pour éviter le risque
d’une soudure manquée ou retardée entre l’industrie et l’agriculture, le PNDA
devra mieux intégrer des mesures visant à favoriser les complémentarités entre ces
deux sous-systèmes. À ce sujet, il faudrait introduire des mesures adressées
spécifiquement :

i) À l’industrie d'une part, pour l’encourager à entreprendre des opérations
d’encadrement contractuel et technique au niveau des agriculteurs.
ii) Aux agriculteurs d’autre part, afin qu'ils se regroupent pour établir des contrats
de livraison avec des industries.
Ces mesures permettront de renforcer les liens en amont et en aval des activités des
sociétés transnationales (STN). Des mesures de ce type sont très importantes dans
les programmes SAPARD(1),qui appuient la mise à niveau des filières agro-
industrielles dans les pays destinés à l’accession à l’UE.

3) Facilitation de l'accès à la terre : à cet égard, le Gouvernement pourrait lancer
une large consultation nationale sur la facilitation de l’accès à la terre de la part de
l’industrie agroalimentaire pour favoriser les investissements, en invitant les
entrepreneurs, les représentants des wilayas, les agriculteurs, les anciens
propriétaires, les coopératives, les juges, etc.
4) Respect des normes de qualité : la nouvelle loi sur l'étiquetage devrait
prochainement entrer en vigueur. Les normes phytosanitaires ayant été mises à
niveau conformément aux négociations avec l’OMC, une nouvelle législation sur
les conditions de stockage et de vente des produits, les dénominations d’origine, la
certification et la traçabilité des produits devrait être adoptée afin d'assurer de
meilleures conditions de concurrence et une plus grande transparence du marché.
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1)«Special Accession Programme for Agriculture and Rural Development» (SAPARD).Accord mis en
place entre l’Union européenne et les pays d’Europe centrale et de l’Est pour la période 2000-2006.


5) Amélioration de l'accès aux technologies agroalimentaires : à ce sujet, il serait
opportun d'investir dans la formation technique et universitaire pour mettre à la
disposition de l'industrie agroalimentaire des cadres techniques nationaux bien
formés, par une réforme des curriculum de formation, en consultation avec les
industriels, avec prévision de stages de formation à l’étranger pour les formateurs
et signature d’accords de partenariat avec des universités et des centres de
recherche spécialisés en technologies agroalimentaires.

6) La modernisation des envirronnements d’affaires locaux et la mise à niveaux
des entreprises.


III.4 CONCLUSION


Le developement des échanges agro-alimentaires entre l’Algérie et le rest du
monde est freinée par toute une série d’obstacles d’ordre technique et
reglementaire, tandis que les marchés intérieurs restent encore souvent régulés.(1)
Cette situation handicape le développement de la filière ( agroalimentaire
généralement et filière blé spécifiquement), en dissuadant les industriels de mettre
en œuvre des projets d’investissements de grande taille dont la rentabilité est
obérée par la faiblesse des possibilités d’exportation. Elle complique le
fonctionnement technique des réseaux de production transnationeaux reposant sur
l’échange internationale de demi-produits. Il est donc souhaitable de mettre
progressivement en place un espace de concurrence assaini et plus ouvert, tout en
ménageant des étapes graduelle et en offrant aux petits producteurs loceaux
menacé par ces évolution des opportunités accrues d’adaptation.












ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) Fabrice Hatem, Le secteur agro-alimentaire dan la région euro-médterranienne, Notes et documents
ANIMA Nº16, L’AFII, Novembre 2005, P.97




















L'étude de cas: SARL CAMEF








IV.1 OBJECTIFS DE NOTERE ETUDE DE CAS

- produire des indicateurs pertinents sur l'IDE dans le secteur agricole et
agroalimentaire algerien.

- constituer une base de données sur les activités des FMN-A en Algerie.

- actualiser certaines données de référence sur le secteur agricole et
agroalimentaire.

-mettre en oeuvre une analyse sur le secteur agroalimentaire.




















IV.2 PRESENTATION DE LA SOCIETE


CAMEF est une SARL agro-alimentaire ( société à responsabilité limitée)
franco-algeriènne ou plus précisément une filiale de la société (mère)
française MEF ce qui signifie Matériels d'Elevage Forezien l'abbréviation
CA signifie le caractère de filiale.) (
Fondée le 02 juin 2004, son capital social est de 1 million de DA divisé en
trois associés:
-- SARL MEF 51% représentée par son gérant Mrs Jean Marc. (1)
«contrôle par participation majoritaire. ». (2)
-- Mr Youcfi Lyes 20%
--Mr Chergui Khelifa 29%
Les activités principales de CAMEF sont les suivantes:
-- Importation de matériel et équipements d'élevage et de viaires.
-- Installation de bâtiments d'élevages ( les engardes par exp. et d'autres….).
-- Engraissement industriel.
-- Consulting agro-alimentaire.






Siège sociale: Delly Ibrahim –Alger.

Fournisseur unique: SARL MEF.










ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ

(1),(2) Si un investisseur direct détient plus de 50 % des actions avec droit de vote d'une compagnie
non résidente, on parle de filiale étrangère/chapite1.P

IV.3 Présentation de la société mère :

SARL MEF est une PME, multinationale française de 80 salariés installée
en région Rhône-Alpes depuis 26 ans spécialisé en commerce agro-
alimentaire fondé en 1980.(3)
Les activités principales sont :
-L'achat des matériel d'élevages ;
-Le montage de ce matérièl;
-L’installation des batiments d’élevage ;


Siège sociale: Région: Rhône-Alpes Feurs- France


Fournisseurs: HAIKOO-Belgique et DASOLEC-Italie

MEF s'approvisionne de HAIKOO en:
-- chaînes d'alimentations. 'Semi-automatique'
-- chaînes d'abrèvements. 'Semi-automatique'
L'approvisionnement de chez DASOLEC porte sur:
-- Les appareils de controle. 'Système électronique'

IV.4 ORGANIGRAMMES :

IV.4.1 Organigramme de la filiale :


- Gérant.

- Responsable commercial.

- // d'administration et finance.

- // technique.

- // de ressources humaines.

ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ


(1) www.mef-sarl.com



IV.4.2 Organigramme de la société mère: Source: www.mef-sarl.com























IV.5 Les paramètres de transaction chez CAMEF (filiale):

Le caractère spécifique de l'investissement de cette filiale étant
commercial, la première étape,après l'identification du client, sera la prise de
contact avec lui pour la négociation des termes du contrat.

La deuxième étape : la société CAMEF fait sa demande à son fournisseur
unique société MEF pour exporter la marchandise.

La troisième étape : Dès que la commande est faite les procédures pour
l'importation chez CAMEF vont commencer en passant par toutes les
opérations: transit, douane, banque (prise de contact avec la banque du client)




La société CAMEF fait la plupart de ses transactions avec la banque:
PNB PARIBAS EL-DJAZAIR

La société assure tous ses transaction chez GAM assurance(Général
Assurance Médeteranienne).


La quatrième étape: La livraison du matériel est effectuée conformément
aux articles du contrat. En ce qui concerne l'installation des bâtiments, la
société mère MEF envoie une équipe technique qui va prendre en charge le
montage.






IV.6 PARTICIPATION DANS LES FOIRES:




-- La foire SIPSA 2004(Alger).


-- La foire DJAZAGRO 2005(Alger).

















IV.7 L'ANALYSE FINANCIERE A TRAVERS LES DEUX T.C.R
(EXERCICES 2004 ET2005):


(1)
ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) CAMEF, Janvier 2005




(1)

ـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1) CAMEF, Janvier 2006

IV.7.1 Indices principaux obtenus


1- Taux de croissance de CA(chiffre d’affaire) :

T.C (CA) = CA (2005) – CA (2004)/CA (2004)
= 10101490,70-13645711/13645711
= - 0,26
= - 26%

2- Taux de croissance de VA(valeur ajoutée) :
T.C (VA) = VA (2005) – VA (2004)/VA (2004)
=505369,29 -1897403/1897403
= - 0,73
= - %73

3- Taux de marge commercial :
T.M.C= marge brute/chiffre d’affaire
2004=0,26=26%
2005=0,14=14%

4- poids des dettes :
P.D = Fraits financiers/chiffre d’affaires
2004=0,6%
2005=0,4%


5- Taux d’activité :
T.A= CA/Période d’activité (moyenne par mois)
2004= CA (2004)/6(mois d’activité)
= 13645711/6
= 2274285
2005= CA (2005)/12(un an d’activité)
= 10101490,70/12
= 841790









IV.7.2 INTERPRETATION DES RESULTATS :


L’étude des résultats montre des indications contradictoires :
- Le premier exercice (2004) -qui portait uniquement sur un semestre- était
globalement plus positif que le deuxième, notament grâce à un taux d’activité
et taux de marge commerciale plus élevés.

- D’aure part, les taux de croissance en VA (valeur ajoutée) et CA (chiffre
d’affaire) présentent une nette dévaluation.

- Bien que le poids des dettes soit en règression, il a été expliqué par le fait
que la société mère s’est portée garante de la couverture.

- Il est à noter que l’exercice de 2005 a été ralenti à cause de la grippe aviaire
qui a provoqué une certaine stagnation de l’activité des éleveurs.
Ces dernièrs, habitués à des méthodes traditionnelles, igniorent l’importance
de la gamme de l’équipement proposé par CAMEF.

- Le pouvoir d’achat des éleveurs explique également leur préférence pour le
matériel chinois, mois sophistiqué.






IV.8 Sratégie de la socièté


Malgré les résultats obtenus, les gérants de la société sont optimistes car
ils sont persuadés qu'à moyen terme l'épidémie de la grippe aviaire va se
révéler un avantage plutôt qu’un inconvénient.
Leurs estimations se basent sur une logique où les conditions d’élevage (les
critères d’hygiène, modes de production……..) seront de plus en plus
réglementés conformément aux normes internationales,ce qui incitera les
éleveurs à une exigence de qualité, contrairement aux pratiques actuelles.
A cet effet, la stratégie tracée par la société à moyen et long terme est
ambitieuse.
Il s’agit d’une diversification vers une activité productive.Les projets prévus
sont :

- Implantation dans d’autres wilayas.
- Prise en charge effective du montage de matériel d’élevage sans le
concours de la société mère ;
- Extension de l'activité actuelle à l'intégration de l’élevage : ovin, bovin,
avicole
- Construction d’une chaine d’abattage.
























IV.9 Perspectives de CAMEF dans le secteur agroalimentaire



La société Camef peut offrir à l’économie agro-alimentaire plusieurs
opportunités par rapport à ce qu'une entreprise de sa dimension peut offrir :

 Elle peut transférer le savoir-faire technique et les nouvelles méthodes
de gestion pour des sociétés diverses, en tant que filiale étrangère;

 Elle peut couvrir la demande du matériel d’élevage de haute gamme à
l’échelle nationale ;


 Si le projet du Camef est mis en œuvre comme prévu dans sa stratégie,
son role serait de plus en plus important.Ce dernier est lié aux multiples
activités envisagées :
a) En ce qui concerne le montage de matérièle d’elevage, ce sera l'amorce
d'un virage dans le secteur en question ou l’économie pourra bénéficier
de ces avantages:diminution du chômage, partage du savoir-faire,
stimulation de la concurrence,…
b) Pour l’élevage : ovin, bovin, poulet et dinde, ce sera une augmentation
de production puis une concurrence accrue sur ce marché ( avec une
meilleure qualité des produits)…
c) Une construction d’une chaine d’abattage : productivité et concurrence
stimulées…..

 Elle peut encourager d’autres investisseurs étrangers à s’implanter en
maintenant l'avantage de sa primauté grâce à une meilleure
connaissance du marché.













IV.10 CONCLUSION

La politique d'ajustement des finances publiques et de libéralisation de
l'économie entreprise par les autorités politiques à la fin des années 80 a
influencé positivement le flux d'IED en Algérie.
La position géostratégique du pays, la disponibilité en ressources naturelles, la
taille du marché potentiel et l'intégration progressive dans l'économie mondiale
représentent des atouts majeurs pour les investissements étrangers comme le cas
de CAMEF.
Toutefois, la perception que les opérateurs privés ont du climat d'investissement
en Algérie demeure critique en raison du ralentissement du processus de
libéralisation et de décentralisation du système économique, des problèmes
d'accès au foncier économique, de la dépendance excessive au secteur
énergétique, du poids de l'économie informelle, des difficultés de rapatriement
des capitaux, de la bureaucratie, de l'inefficacité du système judiciaire et du
retard dans les infrastructures et du poid lourd du marché informel. Ainsi,les
bonnes performances en termes d'IED obtenues lors des dernières années seraient
imputables à des causes conjoncturelles, plutôt qu'à une véritable politique de
promotion de l'investissement mise en place par les autorités algériennes.(1)
Les obstacles qui caractérisent le système économique algérien retardent le
développement économique du pays et empêchent la valorisation effective de son
potentiel d'investissement. En effet, malgré le rétablissement des équilibres
macroéconomiques, la croissance économique demeure modeste par rapport aux
dynamiques démographiques et au taux de chômage.
À la lumière de ces considérations, le Gouvernement algérien devrait
accélérer les réformes et s'investir beaucoup plus dans l'amélioration du climat
des affaires, en mettant en place une véritable politique de promotion des IED,
afin de bénéficier de leurs retombées positives sur la croissance
économique, la création d’emplois, l'innovation et le transfert de
technologie.(2)
L'accélération des réformes ne peut se faire sans le renforcement de la
coordination entre les politiques économiques sectorielles du Gouvernement
ainsi qu'entre les différents acteurs de l'investissement (administrations publiques
entre elles et dialogue public-privé).



ــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــ
(1), (2) CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE
DÉVELOPPEMENT, EXAMEN DE LA POLITIQUE DE L’INVESTISSEMENT ALGÉRIE :
NATIONS UNIES New York et Genève, 2004




















L’enquête socio-économique












INTODUCTION


Les obstacles qui caractérisent le système économique algérien
retardent le développement économique du pays et empêchent la valorisation
effective de son potentiel d'investissement national notament étranger.

Cette étude est consacrée pour déterminer le rétablissement des concepts et
des équilibres micro et macroéconomiques des investissements étrangers agro-
alimentaires implantés en Algérie.
Pour faire cette étude et atteindre nos objectifs, il faut d’abord être en mesure
de répondre à la question principale :

Quels sont vraiment les facteurs inquiétants pour ces investisseurs
étrangers et quelles sont les réactions attendues ?
Après la lecture du sondage, vous allez remarquer deux grandes parties :
Celle concernant l’environnement d’affaires, et celle des entreprises visé.
L’étude est réalisée par un sondage d’une catégorie définie à travers un
échantillon de 7 sociétés (une qui présente la filière blé) étrangères agro-
alimentaires implantées au niveau de la Wilaya d’Alger et la Wilaya de Blida.
Il s’agit de : Danone, Groupe bel Algérie (La vache qui rit), Euro germe,
Coca-cola, Orangina, Yoplait, Nestlé waters.







Enquête socio-économique

Objectif : Evaluation d’IDE agro-alimentaire en Algérie (IDE : investissement direct étranger)
- Donnez une note de 1à 10 :
1 Très insuffisant 10 Très performant
Peu important Très important

- Par exemple, si vous pensez que ce
Paramètre est défaillant,vous indiquez
une note de 3 ;
et si son importance est primordiale
Vous indiquez 9 ou 10.


Question1 : Comment évaluez-vous les réformes de l’état pour encourager l’IDE ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Problème du foncier industriel
Système d’imposition
Marché informel
Contrefaçon
Corruption
Autres :…………………………………………………………………………………..

Question2 : Quelle est votre perception à propos du système juridique ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Adéquation des lois
Bureaucratie
Clarté des procédures
Rapidité des procédures
Autres :…………………………………………………………………………………..

Question3 : Quelle appréciation émettez-vous concernant le système bancaire?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Bureaucratie
Contrôle de change
Précision des règles sur le transfert
bénéfices


Question4 : Comment évaluez-vous la qualité des services?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Communication
Publicité
Niveau de formation


Note
D’évaluation




Note
D’évaluation




3 9

Question5 : D’après vous, le système des douanes joue-il un rôle facilitateur ou perturbateur ? :
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Lois existantes
Tarifs
Bureaucratie
Corruption
Autres :………………………………………………………………………………

Question6 : Quelle est votre appréciation de la chaîne logistique en Algérie ?
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Flux physiques :Transport
Flux physiques :Stockage
Flux d’informations
Flux d’informations :suivi administratif des commandes,des flux physiques.


Idendification de l’entreprise :
Question1: Quelle est le statut (ou type) de votre entreprise ?

Question2: Depuis combien de temps est –elle implantée en Algérie ?
Question3: Quel est le caractère de l’IDE dans votre entreprise ?








Question4: Quel est le statut de vos activités (votre investissement)?
Question5: Quelle stratégie votre société a-t-elle adopté ?











1
SPA


SARL


SA


Autre(Précisez)

2
Depuis moins d’un an


Entre 1 an et 2 ans


De 2ans à 5ans


5 ans et plus


3
Acquisition(100%)


Fusion par participation :
majoritaire


F.P.minoritaire


Autre…………………..
4
A)Agro-alimentaire


Agriculture


Production laitière


Autres : …………


B)Investissement commercial


I.productif


I. de service


5
A)Stratégie de production
Par une voie de l’approvisionnement



Par une voie de rationalisation



B) Stratégie de marché



C) Stratégie globale



Question6: Quelles sont les types de banque où vous faites vos transactions,
sinon citez le nom ?
Question7: Quelle est votre société d’assurance ?











Autres informations :


Nom de l’entreprise :
Date de l'enquête:
Secteur d'activité :
Nom du personnel enquêté:
Fonction:
Age :














6
1)Banque algeriènne
Publique



Privée



2) Banque étrangère




3) Nom :……………………………







7
1) Société d’assurance algérienne
Publique



Privée



2) Société d’assurance étrangère




3) Nom :……………………………


Objectifs de notre enquête :

L’objectif de notre enquête se résume en :

- Faire une analyse sur la situation des IAA étrangères actuellement en
Algérie.
- Evaluer l'accélération des réformes de l’état pour encourager cet
investissement.
-Déterminer les attentes des investisseurs à propos de ces réformes.
-Définir leurs choix stratégiques et leurs choix institutionnels.
-Clarifier leurs choix de transactions financières.
- Les améliorations et les modifications nécessaires pour favoriser ces
investissements et avoir une meilleure attractivité.
Dans ce sondage, nous avons défini l'échantillon de sociétés qu'on a choisi
selon le secteur et l’endroit d’activité, et les résultats de l’étude sont
représentés par les pourcentages qui suivent :

Pour le secteurs :

14% De l’échantillon de sociétés sont dans la filière blé (L’amélioration et
panification de la qualité de la farine)
43% Sont dans le secteur de la production laitière
29% Sont dans le secteur de la production des boissons non alcoolisés
14% Sont dans le secteur de la production de l’eau

















Pour l’endroit :


71% De l’échantillon de sociétés sont implantés au niveau de la wilaya
d’Alger

29% Sont implantés au niveau de la wilaya de Blida
























A partir d’une analyse profonde faite sur les investisseurs et leurs
évaluation et leurs comportement les résultats obtenus sont :







Pour la première partie :


la question № 01:


Comment évaluez-vous les réformes de l’état pour encourager l’IDE ?




















Selon notre échantillon,on remarque que l’état n’a pas bien réagit contre le
problème de contrefaçon, et qui est représenté par une moyenne de 6/10 ;
contrairement au système d’imposition qui a diminué à 3/10.

Pour la question № 01 une moyenne de 4,6/10, signifie que l’état à favoriser
moyennement l’environnement d’affaires en Algérie.










la question № 02:


Quelle est votre perception à propos du système juridique ?















D’après notre échantillon le facteur Bureaucratie dans le système juridique est
le plus inquiétant ; et qui est représenté par une moyenne de 6/10.



La moyenne générale des 4 facteurs est de 4,35/10, ce qui signifie que le système
judiciaire complique l’attractivité de l’IDE.
















la question № 03:


Quelle appréciation émettez-vous concernant le système bancaire?



















Avec une moyenne de 7/10 du point de vue de notre échantillon ; la
bureaucratie bancaire rend les transactions plus difficiles , en revanche le problème
des règles de transfère des bénéfices ne constitut pas un vrai obstacle pour ces
investisseurs étrangers ce qui est présenté par une moyenne de 4/10.

Une moyenne générale de 5,67/10 pour les trois choix montre que le système
bancaire est relativement faible pour satisfaire les IDE.












la question № 04:

Comment évaluez-vous la qualité des services?
















Pour l’évaluation de la qualité des services selon notre échantillon, une
moyenne de 3,5/10 est donnée ; montre que la qualité de la publicité est
toujours faible.
En deuxième lieu; la communication et le niveaux d’information restent un
paramètre défaillant pour l’IDE.

Selon le résultat obtenu ; pour une moyenne de 4/10, les investisseurs
étrangers jugent que la qualité des services est au dessous de la moyenne.

















la question № 05:

D’après vous, le système des douanes joue-il un rôle facilitateur ou perturbateur ?


























A propos du système des douanes l’échantillon choisi a confirmé que la
bureaucratie et la corruption sont les problèmes les plus opposants aux IDE
par une moyenne de 6,29/10.

Même chose pour les facteurs facilitateurs qui sont toujours au dessous de la
moyenne ce qui signifie qu’au niveau des tarifs et des lois , l’état n’a pas
résout ces problèmes jusqu'à présent.








la question № 06:


Quelle est votre appréciation de la chaîne logistique en Algérie ?















Notre échantillon a valorisé les flux physiques en générale que se soit
transport ou stockage par rapport au flux d’informations qui reste le facteur
logistique le plus faible.


Les résultas obtenus montre que la chaîne logistique en Algérie est relativement
moyenne, ce qui est prouvé par une moyenne de 5/10.















Remarque importante :



Dans cet échantillon la moyenne générale de la bureaucratie et la corruption
est évaluée à :


- 6,42/10 pour la bureaucratie
- 5,29/10 pour la corruption




















Ces deux indice-là montre un taux élevé des deux problèmes dans
l’économie ; chose qui oppose l’attractivité des IDE au pays.












Pour la deuxième partie : ( Identification de l’entreprise)


la question № 01:

Quelle est le statut (ou type) de votre entreprise ?















L’ échantillon des 7 entreprises qu’on a pris en considération dans notre étude
se présente comme suit :

- 57% Se sont des entreprises SPA (Société par action)
- 29% Sont des entreprises SARL (Société à responsabilité limitées)
- 14% Des entreprises sont d’autres types

Par contre on a pas trouvé dans l’échantillon les sociétés anonymes (SA) ce
qui est présenté par un pourcentage de 0%.














la question № 02:

Depuis combien de temps est –elle implantée en Algérie ?

















Pour cette deuxième question qui est l’implantation de ces projets en
Algérie ; on a trouvé que :

- 14% Sont implantées au moins d’un an
- Une égalité avec le pourcentage précèdent (14%) pour les sociétés
implantées entre 1 et 2 ans
- 43% Sont implantées entre 2 et 5 ans
- 29% Sont implantées depuis 5 ans et plus














la question № 03:

Quel est le caractère de l’IDE dans votre entreprise ?













En ce qui concerne le caractère de l’IDE (le capital investi) dans les
entreprises qu’on a choisi on trouve :

- 57% Des entreprises et qui est un pourcentage relativement élevé sont des
entreprises à participation majoritaire
- Par contre 43% des entreprises choisi ne sont ni une fusion majoritaire ni
minoritaire. C’est des entreprises qui travaillent sous licence ou bien d’un
capital divisé en 50 à 50%
On remarque l’absence des acquisitions et les F.P.minoritaire, ce qui signifie
que les choix stratégiques des investisseurs s’orientent vers les trois types
précédents : F.P.majoritaires
50 à 50%
Ou bien d’autres méthode comme la licence

















la question № 04:


Quel est le statut de vos activités (votre investissement)?
















Le statut des activités dans notre échantillon sont :
- 43% Se sont des activités de production laitière
- 57% Se sont d’autres activités : Boissons gazeuse non alcoolisés, La
panification et l’amélioration de la qualité de la farine, Production de l’eau

Le type d’investissement :
Puisque l’échantillon ciblé est de caractère d’ industrie agro-alimentaire (IAA) ;
les entreprises sont productives à 100%

















la question № 05:

Quelle stratégie votre société a-t-elle adopté ?















Pour les choix stratégiques les résultats obtenus sont :

- 14% Des entreprise on adopté une stratégie de production par voie
d’approvisionnement

- 29% Ont choisi la stratégie de marché

-57% Qui présente le pourcentage le plus élevé ont adopté la stratégie
globale
















la question № 06:

Quelles sont les types de banque où vous faites vos transactions?



















Les choix de transactions bancaires de l’échantillon sont :
- 29% ont choisi des banque à caractère algérien publique
- 29% ont choisi des banque à caractère algérien privé
- 29% ont choisi des banque à caractère étranger

Un pourcentage de 13% montre que quelque entreprises de notre
échantillon font une transaction dans des banques étrangères et des banques
Algérienne publiques en même temps.


















la question № 07:


Quelle est votre société d’assurance ?














On a trouvé dans cette 7
ème
question que :
- 71% Ont préféré prendre comme société d’assurance des sociétés
algériennes publiques
- En revanche 29% qui représente le reste ont choisi des sociétés algériennes
privés
On remarque aussi dans ce pourcentage qu’il n y a aucune
entreprises qui a choisi des sociétés d’assurance étrangère.












CONCLUSIONS GENERALES, RECOMMANDATIONS

Le Gouvernement devrait accélérer le processus de modernisation et de
libéralisation du système économique, par la réduction du poids de l'État dans
l'économie, faciliter le renforcement du secteur privé et créer un
environnement favorable à la création de richesse permettant de pérenniser les
IED en Algérie,c'est-à-dire de créer un flux constant d'investissements moins
tributaires de la conjoncture économique internationale.
À cet égard, il convient de :
● Mettre à jour la législation sur l’investissement, par exemple en ce qui
concerne les décisions de l'ANDI quant à l'octroi d'avantages aux investisseurs
étrangers qui s'installent en Algérie,décisions qui devraient se fonder sur des
critères objectifs fixés clairement par la loi, et non sur une évaluation
arbitraire faite par l'Agence.
● Améliorer la prévisibilité et la transparence de la législation relative à
l'investissement, afin de limiter au maximum les divergences d’interprétation.
À ce sujet, il est recommandé de simplifier et clarifier le système des recours
contre les décisions de l'ANDI.
● Régler la question du foncier économique, qui est un obstacle redoutable à
l’investissement, à cause des droits de propriété mal définis, des problèmes de
spéculation et de la multiplication des acteurs.
À cet égard, l'avant-projet de loi tendant à simplifier le système actuel de
gestion et d’attribution des assiettes foncières pour permettre une véritable
relance de l’investissement et d'améliorer le mode de gestion des zones
industrielles va dans la bonne direction.
● Simplifier les procédures d’établissement des sociétés étrangères et de
rapatriement des profits, leur complexité étant la raison principale de
l'abandon des projets d'investissement par les opérateurs privés étrangers.
● Réformer le système judiciaire, selon les principes de simplification des
procédures et d'efficacité afin de rétablir la confiance des investisseurs
étrangers dans le système judiciaire.
● Améliorer les règles relatives à l’arbitrage et diffuser une véritable culture
des modes alternatifs de règlement des différends auprès des arbitres
nationaux et des opérateurs privés.
● Renforcer le réseau d'accords bilatéraux en matière de protection des
investissements et de double imposition avec les principaux pays investisseurs
en Algérie.
● Réduire le décalage temporel entre la promulgation d'un texte de loi et les
décrets d’application et garantir une plus grande uniformité dans l’application
des réglementations sur le territoire national.
● Accélérer le rythme des réformes structurelles,à savoir l'intégration dans
l'économie mondiale et la poursuite du programme d'ouverture des entreprises
publiques aux capitaux étrangers.

Le processus de libéralisation des secteurs stratégiques de l'économie
algérienne (énergie,banques,etc.) présente certainement des risques dans la
phase de transition d'un système centralisé vers une économie de marché ;
toutefois, l'ouverture de ces secteurs aux capitaux étrangers demeure
primordiale afin d'attirer les capitaux nécessaires au développement et à la
modernisation de l’économie.
● Renforcer la législation sur la propriété intellectuelle dans le but de
favoriser le processus de transfert des technologies par les STN
(societés transnationales) au profit des entreprises locales, de lutter contre la
contrefaçon et d'organiser le fonctionnement concurrentiel des marchés.
● Diversifier l'économie nationale par la promotion d'investissements publics
et privés dans des secteurs stratégiques non énergétiques, tels que le secteur
l'agroalimentaire principalement, et les télécommunications, l'électronique,
l’industrie pharmaceutique, l'Internet et les technologies du numérique, la
chimie.
● Améliorer les infrastructures avec la participation des capitaux étrangers.
Ainsi, le pays pourrait bénéficier de répercussions positives en termes de liens
interentreprises entre les STN et le secteur privé local.
● Mettre en valeur les zones franches, qui devraient jouer un rôle fondamental
dans l'attraction des IED.

En second lieu, Un déficit d'image et de communication caractérise
actuellement l'Algérie auprès des investisseurs privés étrangers. En particulier,
le poids de l'État dans l'économie et le climat général des affaires sont perçus
comme peu favorables à la création de richesse et donc à l'attraction d'IED.
De plus, les réformes achevées n'ont pas été présentées de manière claire aux
investisseurs privés potentiels. À ce sujet, le pays devrait mettre en place des
mesures concrètes afin de combler cette lacune et garantir l'application
concrète des règles et lois existantes.
À cet égard, il convient de :

● Mettre en place une stratégie de promotion de l'investissement à travers
l'ANDI. Il est cependant nécessaire de faire auparavant un audit de l’Agence
afin qu'elle puisse répondre aux critères internationaux de promotion des IED.
Ainsi, l'ANDI pourrait organiser une campagne internationale de marketing
portant sur le potentiel d'investissement en s'appuyant sur le corps
diplomatique en poste à l'étranger, celui-ci pouvant jouer un rôle actif en
termes de promotion de l'investissement. D'où la nécessité de former des
diplomates aux techniques de ciblage des investisseurs.
● Élaborer une politique de promotion et de communication portant sur les
réformes les plus importantes réalisées par l’Algérie auprès de la communauté
internationale des affaires, par la mise en ligne de textes législatifs en
plusieurs langues(en anglais par exemple), la mise à disposition de ces textes

auprès de toutes les ambassades algériennes à l’étranger et l’organisation de
séminaires de vulgarisation.Cette politique exige la mise à jour continuelle des
sites web de l’État (en particulier ceux des Ministères compétents, de l’ANDI
et du Journal officiel).

En suite, l'élaboration d'une politique nationale d'investissement doit
permettre d'éviter le chevauchement de fonctions entre les différentes
institutions de l'État et d'améliorer la prévisibilité et la transparence du cadre
de l'investissement.
À cet égard, il convient de :

● Renforcer la coordination entre le MDPPI (Ministère délégué auprès du
chef du Gouvernement chargé de la participation et de la promotion de
l’investissement) le CNI (Conseil national de l'investissement) et l'ANDI
La législation relative à l'investissement devrait être mise à jour afin d'éviter
tout chevauchement des compétences entre les trois administrations de l'État.
Le Ministère devrait avoir la charge de l'élaboration de la politique de
l'investissement ; l'ANDI, quant à elle, devrait élaborer et mettre en place la
stratégie de promotion de l'investissement.
Par ailleurs, afin d'assurer une plus grande efficacité de la politique de
l'investissement, le CNI devrait se réunir plus fréquemment.
● Concentrer les efforts de l'ANDI sur les activités de promotion de
l'investissement,de conseil et d'accompagnement de l'investisseur étranger tout
au long de la vie de ses projets, en lui assurant un suivi personnalisé et une
assistance permanente.Une direction d'assistance et de suivi des entreprises
étrangères devrait avoir une place essentielle dans l'organigramme de l'ANDI.
De plus, le caractère discrétionnaire du choix par l'ANDI quant à l'octroi
d'avantages aux investisseurs, garanti par l'ordonnance de 2001, devrait être
modifié.
En effet, l’octroi d'incitations fiscales selon des critères objectifs fixés
clairement par la loi permettrait à l'ANDI de concentrer ses efforts et ses
ressources aux seules opérations de promotion de l'investissement.
● Renforcer le rôle des guichets uniques décentralisés dans les activités de
promotion de l'investissement et d'accords de partenariat entre le secteur
public local et les investisseurs étrangers potentiels.
● Assurer la formation et la mise à niveau des négociateurs d'accords
bilatéraux en matière de protection des investissements et de non-double
imposition.
● Doter le MDPPI d'un instrument informatique (web) lui permettant
d'effectuer un «benchmarking» du cadre de l'investissement avec celui de ses
principaux concurrents, afin d'élaborer une politique de l'investissement en
adéquation avec les normes internationales.

● Élaborer une base de données statistiques sur les flux et les tendances des
IED par secteur et pays d'origine et mettre en place un instrument électronique
de suivi de l'investissement (investor tracking) au sein de l'ANDI. Doter
l'ANDI d'un site web en différentes langues relatif aux opportunités et
procédures d'investissements.
● Renforcer la coordination entre l'ANDI et les ambassades algériennes à
l'étranger; celles-ci pourraient jouer le rôle de point focal sur les opportunités
d'investissement en Algérie.
● Renforcer la coordination entre le MPPI, l'ANDI et le MCNE (Ministère
délégué auprès du chef du Gouvernement chargé de la communauté nationale
à l'étranger) afin de mettre en place une politique permettant de drainer
l'épargne des expatriés algériens ; cette politique est une composante
essentielle de la politique de l'investissement nationale.
● Doter l'ANDI d'une cellule spécialisée dans la promotion des IED avec
autonomie de gestion et liberté de recrutement du personnel spécialisé dans
l'investissement (marketing, études économiques prospectives, statistiques,
finances,cadres spécialisés dans divers secteurs industriels,juristes d’affaires,
fiscalistes,communication).
● Renforcer la participation du secteur privé national et international en
assurant leur représentation au sein de l'agence, afin d'inciter la coopération et
le dialogue sur les besoins des investisseurs et sur les opportunités en
matière d'investissement.

Par ailleur, un secteur privé dynamique est un déterminant d'implantation des
IED et de renforcement des liens interentreprises entre les STN et les
entreprises privées nationales.
À cet égard, il convient de :

● Renforcer le dialogue entre le secteur privé et le secteur public.
● Simplifier les procédures bancaires et assurer un plus large accès au crédit
pour les opérateurs privés locaux.
● Sensibiliser les chefs d'entreprises dans l'élaboration de «business plans»,
instruments facilitant leur accès au crédit, et mettre en place des formations
spécialisées dans le domaine de l'entrepreneuriat.
● Favoriser l'accès des entreprises algériennes à la technologie, par la
promotion de liens avec les centres nationaux universitaires et techniques et
les grandes entreprises transnationales.
● Promouvoir auprès des entreprises algériennes la formation de structures en
grappe, à travers la mise en oeuvre des politiques de développement industriel
ciblées tel que le secteur agro-alimentaire.

D'aure part, le niveau de formation du capital humain demeure un
déterminant stratégique des choix d’implantation des investissements.

À cet égard, il conviendrait de :

● Augmenter les financements publics destinés à l’université et à la recherche
(R–D).
● Encourager la recherche scientifique auprès du secteur privé par des
mesures fiscales incitatives (crédit d'impôts ou réduction fiscale pour les
investissements dans la recherche–développement).
● Promouvoir les liens entre les universités, les écoles de formation
professionnelle,les centres de recherche et le secteur privé.
Cette politique devrait permettre aux opérateurs privés locaux et internationaux
de s'impliquer dans l'élaboration des programmes d'études afin de répondre aux
besoins du marché du travail et de contribuer au financement des instituts
techniques et universitaires.
● Diversifier et améliorer l'offre de formation universitaire et post universitaire
en management, gestion d'entreprises, économie, ingénierie, informatique,
finance et entrepreneuriat.
● Favoriser l'ouverture du système universitaire national aux réseaux
internationaux, par le biais de la signature d'accords de coopération entre les
universités algériennes et les grandes écoles de commerce étrangères (mise en
place de MBA communs et de programmes d'échange pour les étudiants, les
chercheurs et les professeurs).
● Favoriser la protection et la commercialisation des résultats de la recherche
scientifique à travers la diffusion de la culture de la propriété intellectuelle
auprès des opérateurs privés nationaux.
























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ANNEXE 01:







ANNEXE 01: (suite)










ANNEXE 02:


















ANNEXE 03:






ANNEXE 04:




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