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Fiche Cours

Nº : 91002 FRANÇAIS Toutes séries

Résumé d’œuvre :
Candide de Voltaire
Plan de la fiche
1. Contexte de création
2. Résumé

Contexte de création

Candide est un conte en trente chapitres numérotés et titrés, publié à Genève et diffusé en février 1759, simultanément à Genève,
Paris et Amsterdam. En 1761, une édition augmentée paraît à Paris.

Le contexte historique

Au cours des années qui précédèrent Candide, des événements dramatiques se succèdent, conduisant à une profonde mutation de
l’Europe. Deux principaux événements expliquent l’évolution des conceptions du monde.

En novembre 1755, la terre tremble à Lisbonne dans un fracas épouvantable, emportant des dizaines de milliers d’individus, dont
certainement de nombreuses âmes innocentes. Cette catastrophe met fin à toutes les « théodicées » philosophiques, notamment
celles de Leibniz. Comment croire qu’un monde créé par Dieu comme le meilleur entre tous les possibles et où le mal se justifie
par le plus grand bien qu’il permet puisse voir cette terrible injustice se produire ? Aucune justification n’est ici acceptable.
L’« optimisme », qui désigne une partie de la philosophie leibnizienne, ne peut tenir à l’épreuve des faits.

La même année, une rupture diplomatique entre la France et l’Angleterre préfigure la guerre de Sept Ans qui débute l’année
suivante. L’horreur de la guerre est à nouveau présente. Mais celle-ci est aggravée du point de vue français par la résonance désuète
qui l’accompagne. En effet, ce conflit semble obéir à des règles de prestige héritées de l’époque médiévale, au mépris des vies
humaines. Le sentiment que laisse cet affrontement franco-anglais contribue à renforcer la méfiance de certains esprits à l’égard
d’une forme d’idéologie aristocratique plaçant l’honneur d’un groupe avant le respect et le bien-être des vies. Pire encore, la guerre
de Sept Ans accélère le déclin de la France. Alors que le XVIIe siècle avait donné au royaume de Louis XIV un prestige inégalé,
initiant dans toutes les cours d’Europe un élan culturel comparable à celui de Versailles, le XVIIIe siècle assiste à l’appauvrissement
du royaume. La guerre de Sept Ans accélère cette ruine : à l’issue du conflit, la France n’est plus la première puissance européenne,
car l’Angleterre lui a ravi la place.

Les conséquences des événements historiques sur la pensée de Voltaire

Ces deux événements confirment les idées de Voltaire sur plusieurs points.

Une certaine idée de l’aristocratie a vécu. Ce que l’écrivain pressentait lors des Lettres philosophiques, vingt ans auparavant, trouve
ici confirmation. Dans sa comparaison entre le système bourgeois anglais et le système nobiliaire français (voir les parties « Les
belles pages » et « Entraînement aux épreuves littéraires »),Voltaire y soutenait déjà la supériorité du premier, plus apte à favoriser
le progrès. En France, les préjugés sur la naissance étaient en effet jugés comme autant d’obstacles à la reconnaissance du mérite.
Et l’honneur revenait à l’Angleterre d’avoir compris cela avant les autres pays européens.

La guerre, jugée par les Lumières comme hors-la-loi, révèle ici son inutilité, ses dangers et sa cruauté. Capable d’appauvrir une
contrée entière au nom de l’intérêt de quelques-uns, elle doit être l’occasion d’une sévère remise en question. L’optimisme de
Leibniz a également vécu.Voltaire se rallie aux détracteurs de cette thèse et s’attache à la combattre, pensant qu’elle empêche une
réflexion saine sur les conditions du progrès. L’optimisme paralyse la liberté d’action puisque, poussée à l’extrême, cette doctrine
conduit à une forme de fatalisme. Il est désormais urgent de mettre au point une morale simple qui favorise le bonheur individuel
et le progrès collectif. Le travail d’une société aux valeurs bourgeoises apparaît comme la solution idéale permettant de ne pas
sombrer dans le pessimisme que le monde aurait tendance à nous faire adopter.

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Nº : 91002 FRANÇAIS Toutes séries

De ces différents points naît le petit livre Candide, conte en apparence inoffensif, mais à l’impact étonnant, et considéré aujourd’hui
comme l’un des chefs-d’œuvre de son auteur.

Candide dans la vie de Voltaire

Voltaire est à Ferney depuis peu et gère son domaine comme un prince, son Etat. Le philosophe semble avoir trouvé un équilibre
grâce à ses activités personnelles et se trouve reconnu par l’Europe des Lumières. Toutefois, il est marqué par le spectacle d’un
monde en péril et par le pressentiment de la fin d’un système en France.

En 1759, il fait paraître à Genève le conte philosophique Candide, sans le signer. Même si tout le monde reconnaît le style de
Voltaire, celui-ci en nie la paternité, affirmant n’avoir aucun rapport avec cette « coïonnerie ».

Pourtant, tout le personnage de Voltaire s’y retrouve : sa pensée, ses convictions, son style et ses aspirations. Il les portait en germe
depuis plusieurs années. Babouc ou Le Monde comme il va, en 1748, en comprenait déjà l’esprit et le Poème sur le désastre de
Lisbonne en contenait les idées philosophiques. Mais Candide synthétise parfaitement l’ensemble de l’être et de l’œuvre voltairiens.
De même, ce conte plonge le lecteur dans l’univers du XVIIIe siècle, en montrant ses aspects négatifs de façon outrancière.
Aujourd’hui, Candide est l’œuvre du siècle des Lumières la plus étudiée dans les écoles.

Voltaire écrit ce conte en pleine maturité, à l’orée de la troisième partie de son existence. Il a vécu et a beaucoup vu. De ses
observations et de ses déceptions s’élaborent les thèmes de l’œuvre dont on ne pourra pas manquer de repérer les quelques
références à sa propre existence. Son style s’est façonné et devient totalement personnel. Voltaire ne prend plus Racine comme
modèle et n’essaie plus de refaire ce qui a déjà été fait. Zadig constituait le premier essai d’un genre littéraire nouveau, Candide en
est l’illustration la plus aboutie, par son originalité et son efficacité dénonciatrice.

Résumé

A noter : les chiffres romains entre parenthèses renvoient aux numéros des chapitres.

Le jeune Candide, enfant naturel dont le nom révèle le caractère, vit dans ce que son maître Pangloss appelle « le meilleur des
mondes possibles », c’est-à-dire en Vestphalie, dans le château du baron de Thunder-ten-Tronckh, son oncle probable. Le jeune
homme mène une existence heureuse dans cet univers clos sur lui-même et autosatisfait. Candide est ébloui par l’illusion de
puissance du baron et par la philosophie optimiste du docteur Pangloss, qui enseigne que « Tout est pour le mieux dans le
meilleur des mondes possibles », résumé caricatural du providentialisme de Leibniz. Candide est également fasciné par la beauté de
mademoiselle Cunégonde, la fille du baron. Mais lorsqu’il y touche et que le baron s’en aperçoit, il est chassé du château, comme
Adam du paradis (I).

Errant et pauvre, Candide est pris dans une tempête de neige, avant d’être enrôlé de manière discutable dans l’armée bulgare. Pris
pour un fuyard, il est rattrapé et fessé, échappant de justesse à la mort pour assister à la guerre et à ses massacres (II-III). Il déserte
et fuit jusqu’en Hollande, où il découvre l’intolérance et l’hypocrisie sectaire d’un prédicateur huguenot. Le hasard lui fait rencontrer
Pangloss, rongé par la vérole. Ce dernier lui apprend la destruction du château, ainsi que le viol et la mort de Cunégonde, à cause
de l’armée bulgare. Le baron, la baronne et leur fils ont également été tués. Candide et Pangloss sont recueillis par Jacques, un bon
anabaptiste qui les emmène au Portugal où il se rend pour son négoce. Hélas, lorsqu’ils sont au large de Lisbonne, une terrible
tempête se déchaîne, le bateau est englouti et l’anabaptiste meurt noyé. Le jeune homme et son maître échappent miraculeusement
au même sort et parviennent à la ville portugaise. A leur arrivée, un violent tremblement de terre se produit. Les deux compères
sont saisis et déférés à l’Inquisition pour propos subversifs. Pangloss est pendu et Candide flagellé, à l’occasion d’un autodafé censé
empêcher la terre de trembler de nouveau (IV-VI).

Une vieille dame recueille le jeune homme et le soigne. Elle lui présente une belle jeune femme qui n’est autre que Cunégonde.
Elle confirme à Candide qu’elle a été violée, puis éventrée. Sa survie est donc miraculeuse. Elle est désormais la maîtresse de Don
Issachar, un banquier juif, et du grand Inquisiteur de Lisbonne. Menacé par ces deux hommes, Candide les élimine l’un et l’autre,
puis s’enfuit avec Cunégonde et la vieille en direction de Cadix. Ils prennent place dans un bateau appareillant pour Buenos-Aires,
pour combattre la rébellion contre les rois d’Espagne et du Portugal. Lors de la traversée, la vieille raconte son histoire : fille d’un
pape et d’une princesse, elle a connu une enfance de joie et de luxe, avant de voir son fiancé empoisonné et sa mère enlevée,
d’être vendue comme esclave puis d’être battue par son maître. Au final, elle est devenue la servante de Don Issachar. Les autres
passagers racontent également leur histoire, chacune plus sinistre que la précédente (VII-XIII). A peine arrivés à destination, les
deux amoureux sont à nouveau séparés, car la vieille dame conseille à Candide de s’éloigner. En effet, l’Inquisition a retrouvé sa
trace. En outre, le gouverneur s’est épris de Cunégonde.

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Nº : 91002 FRANÇAIS Toutes séries

Candide part avec son valet Cacambo se réfugier chez les jésuites du Paraguay. Ils y retrouvent le jeune baron, frère de Cunégonde,
qui a lui aussi miraculeusement échappé à la mort. Il raconte ses aventures dans la joie qu’il a de retrouver Candide, mais dès que
celui-ci lui fait part de son projet d’épouser sa sœur, le jeune baron s’énerve, refuse qu’un enfant naturel épouse une aristocrate et
l’attaque. Candide le tue et s’enfuit (XIV-XV). Candide et Cacambo errent et vivent quelques aventures pittoresques en se dirigeant
vers Cayenne, souffrant de la faim. Au hasard de leur errance, ils découvrent une terre magnifique, l’Eldorado, où les gens sont
heureux, accueillants, tolérants, ouverts et pacifiques. La région et le souverain y sont facteurs de paix, mais les deux voyageurs
préfèrent repartir, chargés de fortune pour éblouir le monde.

Ainsi quittent-ils l’utopie pour errer dans la jungle, en perdant progressivement les moutons chargés d’or qui leur ont été donnés
(XVI-XVIII). Après une longue errance, ils parviennent à Surinam où ils rencontrent un nègre mutilé par son maître. La vision de
cet esclave ébranle l’optimisme de Candide. Les deux compagnons se séparent : Cacambo va racheter Cunégonde au gouverneur
de Buenos Aires, tandis que Candide va l’attendre à Venise. Joué par celui qui devait l’embarquer et dépossédé de ses deux derniers
moutons, Candide est obligé de monter à bord d’un vaisseau en partance pour Bordeaux (XIX-XX). Sur ce bateau, il rencontre
Martin, savant pessimiste. Tous deux discutent sur le bien et le mal. Après son arrivée à Bordeaux, Candide préfère se rendre à
Paris plutôt qu’à Venise. Il n’y connaît que des déceptions, jusqu’à se faire injustement arrêter. Il parvient à s’enfuir en corrompant
un officier de police (XXI-XXII).

Candide embarque alors pour l’Angleterre, en compagnie de Martin, puis il demande à être conduit directement à Venise. Il n’y
retrouve pas Cacambo, mais rencontre Paquette, ancienne femme de chambre de la baronne. Paquette vit en compagnie du moine
Giroflée. Tous deux expriment à Candide leur malheur et Candide décide de rendre visite à Pococurante, grand seigneur connu
pour ne jamais avoir eu de chagrin. La personnalité de ce seigneur ainsi que le monde dans lequel il évolue fascinent le jeune homme,
tant son hôte semble détaché des biens matériels. Quant à Martin, fidèle à son pessimisme, il voit en Pococurante un homme blasé
de ce qu’il possède (XXIII-XXV).

Par la suite, Candide dîne avec six rois destitués qui racontent à leur tour leurs malheurs, puis il retrouve Cacambo au cours de ce
dîner. Son valet lui apprend que Cunégonde, enlaidie et vendue comme esclave, l’attend à Constantinople. Les deux compères s’y
rendent alors à bord d’une galère où ils reconnaissent parmi les galériens Pangloss et le frère de Cunégonde. Ils rachètent ces deux
hommes qui ont été sauvés une nouvelle fois de façon miraculeuse.

Candide retrouve Cunégonde, aigrie et repoussante de laideur. Mais il décide tout de même de l’épouser, afin de faire enrager le
jeune baron qui, en vertu de ses préjugés nobiliaires, refuse toujours que sa sœur épouse un bâtard. Au final, Candide revend le
beau-frère fâcheux aux galères (XXVI-XXIX). Avec le reste dérisoire des richesses de l’Eldorado, il achète une petite métairie où
tous viennent se réfugier. Chacun continue d’éprouver dégoût et agacement quant à sa condition, jusqu’à ce qu’un sage vieillard leur
conseille de travailler, afin de fuir « trois grands maux, l’ennui, le vice et le besoin ». Le conte se clôt sur une morale pragmatique
accordant au travail une valeur essentielle, exprimée dans la formule : « Il faut cultiver notre jardin. » (XXX).

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