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S C E N A R I O

Notes de lecture : Comme nous l’avons esquissé dans la note d’intention,


nous rappelons que ce film aura deux niveaux de narration, des dialogues et
des actions joués par des comédiens mais que chaque comédien aura son
« double » rappeur ou chanteur dans les séquences musicales. Ainsi, Daniel
le personnage principal évoluera à travers les mots, le flow d’Akhenaton,
Safia sa femme empruntera la voix d’Amel Bent, Nassim le beau frère celle
de Faf Larage etc...
- Écrits en « NOIR » : les dialogues et les actions qui s’y rapportent
- Écrites en « BLEU » : les paroles des chansons
- Écrites en « ROUGES » : les intentions de mises en scènes ou caméra ou
Post Prod

1. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/JUSTE A L’AUBE


06:00
(Toutes les actions qui suivent seront filmées en plan séquence, la caméra sur
Steadicam, laissant de temps à autre notre personnage sortir du champ.
Nous le perdons ainsi lorsqu’il va aux toilettes, sous la douche et lorsqu’il rentre
se changer dans la chambre avant de le laisser définitivement hors champ
quand il sort de l’appartement. Nous jouerons beaucoup avec la mise au
point, avec régulièrement des pertes de points tout en suivant Daniel (par
exemple, le point peut rester fixe et c’est lui qui viendra se positionner tout en
jouant dans la zone de netteté)
Daniel est allongé sur un canapé, il se réveille difficilement, la télé encore
allumée diffuse une atone et amorphe émission hertzienne pré matinale. Le
visage écrasé contre un coussin, de sa main droite, il tâte le sol, écarte un
cendrier remplis qui vomit ses mégots, une manette de jeu, une canette de
soda à moitié concassé et un paquet de cigarette. Il prend une cigarette et
l’allume, il tire une grande bouffée et se passe la main sur son visage et
ébouriffe ses cheveux en bataille.

DANIEL
(fatigué, dans un souffle)
Putain …

Il se lève enfin pour aller aux toilettes, en sortant il oublie de tirer la chasse et
d’éteindre la lumière. Il se fait réchauffer un café de la veille dans le micro
onde. Il se retrouve ensuite dans sa salle de bain, et prend une douche. En
sortant trempé, il met de l’eau partout et laisse traîner sa serviette mouillée
par terre. Il revient à la cuisine et s’aperçoit que son café s’est refroidi et
relance donc le micro onde. Le temps qu’il réchauffe, il va dans la chambre
récupérer ses vêtements de travail (tenue de livreur US, chaussures de
sécurité noires, pantalon et chemisette dans les mêmes tons avec une
casquette sur laquelle apparaît le logo de la boite et veste droite). On
découvre qu’il ne vit pas seul, Safia, sa femme, dort dans le lit. Daniel semble
ne pas la voir mais se fait discret en enfilant ses habits.
DANIEL (VOIX OFF)
Elle, c’est Safia… ma femme …
On s’est connus au lycée, ça va
faire 10 ans qu’on est ensemble…
C’est une fille bien.

Il retourne dans la cuisine chercher son café, qui cette fois si à plus que bouillit
en moussant et giclant sur les parois du micro onde, le goûte fait une mou de
dégoût et préfère le jeter dans l’évier. Il prend son lecteur MP3 et son casque
qu’il met autour du cou puis sort en claquant la porte, ce qui réveille sa
femme… Safia sort la tête de la chambre et l’appelle.

SAFIA
(petite voix encore endormie)
Daaan ?

Sans réponse, elle va machinalement tirer la chasse d’eau des toilettes et


éteint la lumière.

SAFIA
(mi exaspéré mi « maternelle »)
Ooh…Daniel …

Elle retourne se coucher.


2. EXT/ENTREE BARRE D’IMMEUBLE/Aube
Daniel sort du hall, il rentre dans sa voiture de fonction, un fourgon de livraison
couleur gris métallisé avec un logo orange dessus assorti à sa tenue. Il se
regarde un instant dans le rétroviseur.

DANIEL (VOIX OFF)


(soupir)
Mouais ! Ca c’est moi…Daniel…
j’ai 30 ans, j’ fais des petits boulots
par ci, par la. Les jours se suivent
et se ressemblent… Rien
d’excitant… A part ma musique…

Il démarre et met du son dans ses écouteurs.

GÉNÉRIQUE DE DÉBUT
Divers plans de la ville qui s’éveille au petit matin, des rues, des façades, des
gens pour illustrer le titre « Des gens ordinaires ».
- Des gens ordinaires -
A l’instar du générique de la série « Entourage » ou le générique d’intro du
film « Panic Rom », les noms et les infos seront incrustés en tracking à même les
devantures des magasins, les panneaux de signalisation, le mobilier urbain et
d’autres, typo en volume au milieu des rues qui se reflèteront dans des
vitrines, masquées et démasquées, par des véhicules, des angles de rues
etc…

1er couplet
Comme si seul l’éclat des pierres
Pouvait embraser notre bonheur
Perdu dans la ville des lumières
Au cœur de la foule on se sent seul
Si encore tout cet argent
Pouvait seulement acheter l’amour
De nos parents, de nos amants
Ou bien de ceux qui jouaient dans la cours
On est assis sur la même terre
La même où l’on pousse le premier cri
Puis on se couche sous les mêmes pierres
Où quelques mots résument nos vies

Refrain
Quand vient le soir, qu’on ferme les portes, que nos pensées dans le ciel se
perdent
On mord dans la vie, on défit la mort, comme des personnes ordinaires
C’est vrai
On bâtit nos vies, on porte nos peines, on fait tout ce qu’il faut pour se plaire
On est ni meilleur ni pire, juste ordinaires
Oh Ohoh Ohoh Ohoh
Juste ordinaires
Oh Ohoh Ohoh

2ème couplet
Si les mille feux de nos parures
Pouvaient illuminer ces secondes
On serait choisi, on serait sûr
On danserait sur le toit du monde
On vit pourtant ces déchirures
Ces rires, ces pleurs, ces frustrations
Ces coups de blues, ces blessures
Ces trahisons, ces passions
Quand le miroir nous renvoi l’image
Notre œil n’y voit que des défauts
Des larmes redessinent nos visages
Mais la joie n’en devient pas l’écho
Il suffit parfois d’une seule étreinte
D’un grand sourire, de quelques mots
D’un regard toutes mains jointes
Et d’un souffle qui effleure la peau

Refrain

3. EXT/ENTREPOT/JOUR
Un grand entrepôt où sont parqués plusieurs fourgons, une dizaine
d’employés s’affairent à charger les livraisons de la journée.

Daniel sort à peine de son camion qu’il aperçoit au loin devant des bureaux
vitrés son patron, un homme à la carrure de docker approchant la
soixantaine. Ce dernier tapote sa montre d’un doigt violement et lui balance
un regard qui en dit long. Daniel détourne la tête et marmonne.

FIN DU GENERIQUE « DES GENS ORDINAIRES »

DANIEL
(irrité)
Mais ouais …çà va... je sais

Déjà exaspéré par la journée qui s’annonce, Daniel ouvre le coffre de son
fourgon et commence à charger les colis déposés en tas sur des palettes à
son attention. Le téléphone posé sur la banquette avant sonne. Safia
l'appelle. Daniel à l’extérieur forcément ne répond pas. Il referme les
portières du coffre et va se prendre un expresso au distributeur . Il passe à
l’accueil prendre sa feuille de route quand il se fait tomber dessus par le boss.

PATRON
(sec, cynique et haussant le ton)
Ohw Di maïo ! Tu t’crois encore à
l’heure d’été ?

Daniel baisse la tête et gratte du bout des pieds un chewing-gum incrusté


dans le sol en attendant que passe l’orage. Il relève la tête.

DANIEL
(insolent limite irrespectueux)
C’est bon ?... J’peux y’aller là?

Une colère contenue se lit dans les yeux du patron. Daniel le contourne et en
remettant l’oreillette de son mp3...

PATRON
(menaçant)
Di Maïo, j’t’ ai déjà prévenu.

...et grimpe dans son véhicule.


Il jette un œil sur son rétroviseur et aperçoit le patron qui le fixe, hostile. Daniel,
démarre le moteur. Le patron reste solidement planté là, et observe le
véhicule de Daniel quitter l’entrepôt. Il reprend soudainement ses esprits et
lance un regard furieux vers deux jeunes employés qui regardent également
partir la fourgonnette.

PATRON
(hurlant)
Capus ! Mentz ! C’est valable
pour vous 2.. au boulot

4. INT/EXT FOURGON et RUE/JOUR


- Fin de semaine –
1er couplet
Je suis de ceux qu’on n’voit pas, qui n’font rien qu’on r’marque
Rien qu’on apprécie, rien dont on parle, mais de
Ceux qu’on écarte au premier ennui
Ma vie est plate, mes jours fades, mes rêves fanent

A la vitesse de ma j’nesse qui s’enfuit, résigné les


Trains passent et moi j’mens, j’dis à tous que j’m’en fiche
C’n’est pas grave, je fais c’que j’ai à faire, depuis l’
CP j’ai l’habitude, quand le monde parle, j’me la ferme…

Daniel débute sa tournée de livraisons. Arrivé dans une ruelle il se retrouve


coincé dans un embouteillage monstre. Daniel abattu appuie sa tête contre
le volant

DANIEL
(dégouté)
Oh noooon, pas çaaaa déjà …

Il sort la tête de la vitre, et aperçoit deux livreurs occupés à leur tache. Il


commence à perdre patience.

DANIEL
(plaintif)
Allez alleeeeez …

Daniel pose sa main contre le klaxon, et hésite à appuyer, c’est alors qu’il
entend d’autres voitures klaxonner et appuie par à-coup. Les livreurs finissent
par rentrer dans leur camion et libèrent le passage.

DANIEL
(Enervé)
Eh ben voilaaa, c’est pas trop
tôt…

5. INT/EXT FOURGON et RUE/JOUR


- Fin de semaine -
…C’est moi l’gars qui livre, des paquets de carton
Dans les piaules pour vivre, et j ‘en suis
Ni heureux, ni fier, j’me lève tous les matins, sachant

Bien qu’j’vais rencontrer des gens qui m’toisent et m’


Prennent pour un larbin, ni salut, ni bonjour,
Ni rien, même pas une poigné de main…

Daniel s’arrête dans une rue, un colis à la main. Son téléphone portable
sonne à nouveau. Daniel essaie de décrocher mais embarrassé par son colis
et son carnet électronique et ses feuilles de route, fait chuter le paquet, il le
ramasse, le secoue en écoutant le bruit à l’intérieur et rentre dans une
résidence.

6. INT/HALL D’IMMEUBLE/JOUR
- Fin de semaine -
…En parlant d’çà où elle crèche celle là ? Ah voilà j’crois qu’j ‘ai

Trouvé, ascenseur en panne ! Manquait plus qu’ça!!…

Il arrive dans le hall de l’immeuble et appuie sur le bouton de l’ascenseur et


attend un instant, surpris, il appuie de nouveau sur le bouton et s’aperçoit
d’une petite note collée sur la porte « En panne … » Il envoi un petit coup de
pied nerveux contre le bas de la porte et résigné, avale les escaliers étage
par étage.

7. INT/DERNIER ETAGE IMMEUBLE/JOUR


Il arrive évidemment presque au dernier étage, essoufflé, cherche le nom du
destinataire, sonne et attend. Personne ne répond, il appuie de nouveau sur
la sonnerie. On entend plusieurs verrous s’ouvrir, puis la porte s’entrouvre,
bloquée par une chaînette, une vieille dame regarde Daniel d’un air méfiant.

DANIEL
(monocorde)
‘Jour M’dame...C’est pour une
livraison …

La vieille dame ne répond pas, et continue de fixer Daniel qui, encombré, lui
tend un carnet électronique et un stylet.
DANIEL
Te… tenez … si vous voulez bien
signer la …

La vieille dame passe la main à travers la porte prend le stylet et gribouille


une signature en bas de l’appareil que lui tend maladroitement Daniel. Il
prend alors le colis et essaie de le passer par l’ouverture de la porte, le colis
est légèrement trop épais et passe difficilement, la vieille dame ne réagit pas
et observe Daniel lutter. Il finit par pousser le colis qui craque
dangereusement en forçant le passage. La vieille dame claque la porte au
nez de Daniel. Il s’en va. Au bout du couloir dans le dos de Daniel, la porte se
ré-entrouvre, la vieille dame vérifie bien que le livreur soit parti. Daniel jette un
coup d’œil, la vieille femme referme brusquement sa porte.
Arrivé au rez-de-chaussée, Daniel entend des klaxons et se rend compte que
son fourgon a provoqué à son tour un bel embouteillage. Il sort de l’immeuble
en pressant le pas et se dirige vers son véhicule, dans un concert de coups
de klaxons et d’insultes.

CONDUCTEUR 1
(TRES TRES ENERVE)
OH BOUGE AHH !

CONDUCTEUR 2
(énervé)
hé Casse toi de la maint’nant !

Daniel rentre dans son fourgon et claque sa portière. Il fulmine.

DANIEL
(revanchard)
Ah ouaip ? Ah ouaip !!!!
Il démarre le moteur de la voiture mais ne bouge pas d’un centimètre. Par le
rétroviseur, il regarde les passagers qui commencent à klaxonner de plus
belle, puis un des passagers finit par sortir d’une voiture et avance d’un pas
menaçant en sa direction. Daniel ouvre sa vitre, sort sa main et leur fait à tous
un gros doigt, avant de démarrer en trombe.
8. EXT/KEBAB/JOUR
- Fin de semaine -
2ème
couplet
La ville m'appartient de la crasse aux palaces, à l'ennui
Des pauses dans les döners, des trottoirs de l'aube à la nuit
Sans point sur le permis, au d(e) là des limites
Rentabilité dit le Boss, voilà la messe est dite et puis
Hors la loi, c'est ainsi que j'fais mes visites

Avec le son du poste à fond qui crache mes musiques


Les jours s'enfilent, monotones, p’tits accrochages
Et embrouilles déversent un peu d'été dans mon automne.

Daniel est devant une baraque à Kebab dans une zone industrielle. Le
serveur (un jeune Turc ?) termine de confectionner son sandwich de façon
mécanique, fait frire des morceaux de viande, se baigner des frites dans une
mer de végétaline et dispose les différentes garnitures dans une galette.
Daniel observe chaque geste … Une fois servi, debout, le corps penché en
avant, les jambes écartées, Daniel dévore son Kebab, de la sauce blanche
ruisselle le long du papier à emballage et entre ses doigts.

9. INT/FOURGON/JOUR
- Fin de semaine -
…Parfois en avance, je m'allonge à l'arrière et tape un
Somme, si bien que j'finis en retard quand je somme
Quand mes paupières s'ferment, j’vais ma vie telle qu'elle aurait
Du être, ma bonne étoile n'a jamais parlé toujours
Elle est restée muette, alors j'construis victoires
Et fantasmes dans ma tête et ma vie désuète…

Daniel est allongé dans le coffre arrière de son fourgon. Sa tête est posée sur
les quelques colis restants qui lui servent d’oreiller de fortune... Il dort
casquette rabattue sur les yeux.

…Et c'portable qui m'tape sur le système


Ça c'est l'autre, eh, elle croit qu'j'ai qu'ça à faire?…

Le téléphone sonne, sans regarder il raccroche. Et se lève


(Pendant toute la matinée, en conduisant, en livrant, pendant son repas, son
téléphone sonne continuellement, c’est souvent Safia, il ne répond pas, par
pure négligence et parce que ça l’exaspère d’être pendu au téléphone à
qu’a chaque fois il avait autre chose à faire).

10. INT/STUDIO D’ENREGISTREMENT/JOUR (APRÈS MIDI)


Pour sa nouvelle livraison, Daniel rentre dans le hall d’un studio
d’enregistrement, une secrétaire se tient debout derrière une banque
d’accueil, et patiente au téléphone .Daniel semble très impressionné d’être
là. Pour se donner de la contenance en attendant son tour il dévisage un
jeune trentenaire qui attend avant lui… c’est manifestement quelqu’un de
connu, un acteur qui lui est familier… mais qui ??? Daniel essaie de mettre un
nom sur le visage du comédien. (NB : possibilité en post prod d’intégrer
différents noms de comédiens français qui pourraient défiler comme un
panneau d’affichage à côté du visage du comédien selon les pensées de
Daniel : « Benoît Magimel ? » puis le nom s'efface « Samuel le Bihan ? » le nom
s'efface encore, « Guillaume Canet ? », « Nicolas Cazalé ? »...

DANIEL
(s’adressant au comédien en
aparté)
Hey ..? Hey… M’sieur…Je vous
connais vous non?!

LE COMEDIEN
(Surpris et amusé)
Euh... oui, enfin… je sais pas çà
dépend ?!!

DANIEL
Mais oui vous êtes… (en claquant
plusieurs fois des doigts ou en
tapotant sur son colis à livrer)
heu ??? Raah… c’est quoi votre
nom déjà ... ?

LA SECRETAIRE
(en off qui a enfin son interlocuteur au téléphone)
…BENOÎT MAGIMEL est à l’accueil !? …Ok… (elle
raccroche) …Manu vous attend au studio A
NB : selon l’option choisie « Benoît Magimel » se réinscrit à côté de son visage

BENOÎT MAGIMEL
(D’un petit sourire amusé en
hochant les épaules il montre la
secrétaire d’un geste de la main
ou de la tête du genre « ben
voilà elle vient de vous donner la
réponse » … puis il tend la main à
Daniel et la lui serre en lui
balançant une petite tape sur
l’épaule)
…bonne journée, j’dois y aller…
courage.

DANIEL
(qui n’en reviens pas de la
proximité, de la simplicité de
l’acteur, de l’accessibilité d’une
« vraie star », puis s’adressant à la
secrétaire)
…Bonjour, J’ai une livraison pour
euh... Mèche ?!

SECRETAIRE
Mèche, d’accord, c’est au Studio
B, au fond à droite au bout du
couloir.

DANIEL
Merci (accentué d’un hochement
de tête)…

Daniel traverse le couloir et ouvre la porte qu’on lui a indiquée. Il se retrouve


dans un studio d’enregistrement, un ingénieur du son s’affaire sur ses consoles
tandis que Soprano, accompagné de son manager et ses producteurs,
écoutent le morceau qu’il vient de poser (Le même effet du nom de l’artiste
comme « Magimel » pourrait être repris lorsque Daniel reconnaît Soprano,
dont le prénom s'afficherait en volume au dessus de sa tête). Tout ce qui fait
rêver Daniel se trouve concentré dans cette pièce, des musiciens, du
matériel de son « pro ». Daniel donne le colis et le bon de livraison à signer au
client…son regard et ses pensées se perdent. Daniel ose, il sort son téléphone
portable, tout intimidé demande s’il est possible de faire une photo aux côtés
de Soprano qui accepte chaleureusement.

DANIEL
(en montrant son appareil téléphonique)
S’cusez moi…J’peux..?

SOPRANO
Vas’y vas’y…Y’a pas de problèmes frérot !

(Daniel se cale aux côtés du rappeur et flashe l'instant)

DANIEL
Merci, hé franchement çà fait trop plaisir vraiment
j’suis fan et…

SOPRANO
Aaahhh c’est gentil, te cass’ Y’a pas de quoi !

L’ingé son essaye de lui tendre le bon signé.


INGENIEUR DU SON
Hé jeune homme ?

Daniel reprend ses esprits récupère le bon de livraison et salut l’équipe un peu
« lourdement ».

DANIEL
Merci et « A LA BIEN» la famille…

Il sort du studio, visiblement « secoué » ému et pensif.

NB : CI DESSOUS LES PAROLES DU 3ème couplet - Fin de semaine - QUI SONT


ILLUSTRÉES DANS LA SÉQUENCE PRÉCÉDENTE- N°10

Je pénètre dans un hall classe, un studio où tout est clean


J’fais demi tour pour m’essuyer les pompes, aux murs des
Affich(e)s de films, des récompenses, des prix
J’avance, non, j’hallucine, eh mec t’as vu c’est qui ?
Première fois que j’vois un’ star, j’y tends la main, il m’dit
Bonjour, j’y arriverais/je s(e)rai dans son costard un jour
La secrétaire, me rappelle à la réalité
Bonjour c’est pour qui le paquet à livrer ?
Je r(e)garde et dis c’est pour Mèche/elle montre
Studio B au fond à droite au bout du couloir et là

J’pousse la porte/c’est le vrai paradis que j’viens d’voir


Matos de fou, rêve de fou, mes yeux scrutent chac’ recoin de
Cette pièce, les personnes affairées à travailler
Le son que dans 6 mois le public va kiffer
Tellement que j’en oublie l’ingé qui m’tend le bon et m’dit
Monsieur, eh monsieur ! Putain j’crois que j’dois
Filer pour de bon, retrouver le fourgon

11. EXT/FOURGON et RUELLE/JOUR (PLUS TARD)


- Fin de semaine –
Daniel s’aperçoit qu’il reste un colis perdu au fond du coffre de son fourgon, il
jette un œil à sa montre et rentre dans le coffre. Il pose le colis dans l’axe
d’une benne à ordure située derrière le véhicule. Il fait mine de calculer une
trajectoire avec son pouce, prend un peu d’élan et shoote dans le colis qui
vole et atterrit pile poil dans la poubelle.

DANIEL
(vainqueur)
Yeesss (susurré)... Fin de
journée ! Et fin d’semaine !
Merci !
…Les bruits, les bouchons, les cris et les têt’ de cons
J’monte dans l’coffre, merde, il reste un colis au fond
J’le prends et l’pose à terre, dans l’axe d’une benne
Je r(e)cule, prend de l’élan, derrière le véhicule
Un grand coup de pied, et l’paquet finit dans les ordures
Là j’balance, les 2 ou 3 conneries qui trainent
Yes ! Fin d’journée, fin d’semaine !

12. INT/FOURGON /FIN DE JOURNEE


Sur le retour, son téléphone sonne une énième fois, il soupir et décide enfin de
répondre, il décroche.
(A partir de ce moment-là, montage parallèle de la conversation téléphonique / Daniel qui
conduit son fourgon / Safia qui prend sa pause de vendeuse en cosmétique).
(possibilité de monter la conversation en split-screen.)

DANIEL
(monocorde)
Yep ?

SAFIA
(inquiète)
Et ben quand même ! J’ai
essayé de te joindre toute la
journée …j’m’inquiétais
(affectueuse) Tout va bien ?
DANIEL
(monocorde)
Mais oui, rien de spé
…j’bosse, qu’est c’qui
s’passe ?

SAFIA
(petite voix)
Ben rien, je voulais juste avoir des nouvelles …
Ah oui tant qu’j’y pense ! Tu t ’sens d’passer à
la pâtisserie, j’leur ai commandé un truc
c’matin…mais oui celle là

DANIEL
(soupir)
Ok, ok, je m’en occupe ...ouais, ouais
t’inquiète…OUI... Allez à toute j’file.

SAFIA
O-kay... alors à tout', bises.

Daniel jette son portable sur le siège passager et remet ses écouteurs …

13. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/ ENTRE CHIEN ET LOUP


Dan passe le pas de la porte l’air vanné mais empressé... Il jette sa veste de
travail dans l’entrée. Son regard balaye rapidement chaque pièce qu’il
traverse et se dirige dans un petit bureau où traîne un vieux synthétiseur posé
devant un ordinateur poussiéreux (type Atari ST). Il allume son ordinateur et
sort de la pièce se mettre à l’aise le temps que les logiciels chargent.
La caméra découvre son univers musical pendant qu'en off on entend Daniel
se changer.
Sur les murs de son petit « home studio » qui s’apparente plus à une chambre
d’adolescent qu’aux « Studios d’Abbey Road » traînent quelques affiches et
posters de musique. Dan ajuste quelques réglages sur sa micro table de
mixage, se met un gros casque sur les oreilles et commence à « faire » du son.
Plus tard Safia rentre à son tour. Elle l’appelle.
SAFIA
(enthousiaste puis jette un œil sur
la veste de Dan échouée au sol
elle le ramasse)
Dan ?... Daniel t’es rentré ?... DA-
NIEL ?

Pris par sa musique, Dan n’entend pas. Elle le rejoint dans le bureau, se
penche derrière lui et l’embrasse tendrement sur la nuque. Dan sursaute.

DANIEL
(surpris)
Putain... c’est toi? Tu m’as fait
peur !

SAFIA
(sortant du bureau allant ranger la
veste)
He ben! Ça va pas mieux d’puis
d’ta l’heure, toi?

Dan se retourne vers son ordi sans répondre.

SAFIA (OFF, BRUIT DE CINTRES)


Au fait, t’as pu récupérer le
gâteau ?

Dan a un mouvement de recul sur son fauteuil. Il se prend le visage dans les
mains tout en levant les yeux au plafond

DANIEL
(murmurant comme pris en flag’)
Meeeeeeeeeeeeerde…

SAFIA
(sortant la tête du couloir,
sérieuse)
Dan… ?!!

DANIEL
(de dos, il écarte les mains avec
un petit haussement d’épaule et
se tourne vers elle, l’air désolé et
fautif)
...J’ai zappé.

SAFIA
(un peu exaspérée mais douce)
Et Nass t’as zappé aussi j’ parie
non ?

DANIEL
(perplexe presque agacé)
Nass ?

SAFIA
Ben oui, Nass… Nassim... T’as
rendez-vous… T’es pas un peu
sensé l’amener à l’aéroport ce
soir ? Tu t’souviens ?

DANIEL
Putain j’l’avais oublié çui-là…

Dan se lève sans grande conviction et s’apprête pour sortir.

13 BIS. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/ ENTRE CHIEN ET LOUP


Après le départ de Daniel, Safia reste seule quelque peu désappointée par
l’attitude, et les réactions de son compagnon, son égoïsme, son
individualisme. Changera t ‘il un jour, redeviendra t il le jeune homme
attentionné, tendre et sensible qu’il était au début de leur relation
sentimentale ?
Safia commence à en douter sérieusement, cet enfant, qu’on comprend
qu’elle porte en elle, sera t il cette dernière chance de sauvetage de leur
couple ou anéantira t’il un amour moribond ?
Toute à sa réflexion, Safia est dans le couloir et range quelques affaires
éparses de Daniel. En haut de l’armoire trônent quelques photos, des albums
et autres souvenirs rangés dans des boites. Safia se risque à en exhaler ces
images heureuses d’un temps, qu’elle espère, n’être pas révolu.
Les boîtes ouvertes, Safia regarde des photos, les caresses du bout des doigts,
tombe sur des tickets de cinéma, une chaîne en or offerte par Daniel, des
billets d’avion…
Elle remet en place un pan de sa vie en haut du placard, fait le tour de leur
appartement, émue les yeux dans le vide (à sa fenêtre ou balcon ou
terrasse) elle fume une cigarette en cassant le bout avant de l’allumer.
Elle passe en cuisine, prépare un petit repas « d’amoureux » et dresse une
belle table, une ambiance propice pour mettre toute les chances de leurs
côtés.
- Juste une chance -
AMEL BENT

1er couplet
Effacée, forcée d’y croire
Assise au pied du mur dans ce long couloir
Devant toutes les photos de nos souv(e)nir
(En)tassées dans les boites
Des portraits, témoins de jours heureux
La soif du lendemain brillait dans tes yeux
De me retrouver là sous l’abri bus
Cachée sous les arbres

Refrain
Juste une chance
Rien qu’une chance
Posons-nous un instant et regardons le temps nous donner…
Plus qu’une danse
Juste une danse
Prends-moi la main, viens près de moi et laisse ta tête tourner

2ème couplet
Le lycée, les mots passés en cours
La première chaîne enroulée dans le velours
L’aprèm au cinéma on rêvait de la vie des personnages
Nos fous rires, nos premières histoires
Cette fille qui te draguait à mon taf le soir
Pour prouver ton amour t’avais posé ce menu sur la table

Refrain

3ème couplet
Quand tous les autres mecs vivaient le diable dans le corps
Sans un mot un soir t’as roulé vers l’aéroport
T’avais pris 2 billets pour qu’on s’en aille ensemble
Loin de nos vies stressantes et du froid de décembre
Aussi beau que ce jour où cette clé ouvrit la porte
Sur un nouveau départ, sur un projet sans amour propre
Dans ce petit appart, j’ai vu mes plus belles heures
Défilées doucement
M’enivrer pleinement
Je vais dresser la plus belle table que t’ai vu ce soir
Bougies, roses blanches et musique, plongé la chambre dans le noir
Pour t’annoncer ce qui donne encore plus de sens
A tout ce qu’on a bâtit pendant ces 10 ans ensemble

14. EXT/TERRASSE HOTEL/NUIT


Dan sort de sa camionnette, l’horloge numérique indique 18:45
DANIEL (VOIX OFF)
(marchant d’un pas nonchalant
vers la soirée)
Nassim, c’est l’ frère de Safia...
J’peux pas m’le voir... tu m’diras
lui non plus d’ailleurs… C’est un
gros enfoiré dans l’genre qui s’la
raconte avec son pognon et ses
traders … Enfin…
(marmonnant pour se donner un
peu d’entrain)
Puisque j’dois y aller…

Dan se trouve à l’entrée d’une terrasse d’un hôtel luxueux, où se tient une
soirée privée où des financiers, traders et autres économistes se relâchent
après la fermeture des marchés. Nassim, son beau frère en assure
l'organisation. Daniel arrive et s’apprête à entrer quand deux agents de la
sécurité en costume, oreillette, l’arrêtent.

VIDEUR 1
(stoïque, esquissant un STOP de la
main)
Monsieur...c’est à quel sujet ?

DANIEL
(surpris)
C’est au sujet que j’rentre là
dedans, pourquoi ?!

VIDEUR 2
Eh bien pour rentrer il faut être soit
client de l’hôtel soit avoir une
invitation. Je peux voir la votre ?

DANIEL
(un peu embarrassé)
Mais... j’ai pas vraiment d’invite,
en fait j’dois juste voir Nassim
pour…

VIDEUR 1
Désolé, Monsieur mais ça va pas
être possible... Veuillez vous
décaler sur le côté Monsieur s’il
vous plait, y a des gens qui
veulent passer.
Le videur écarte Dan sur le côté, un couple de yuppie-bobos passe près de
lui, indifférents, et salue les videurs d’un hochement de tête présentant, sûrs
d’eux, un carton d’invitation du bout des doigts.

VIDEUR 1
(reprenant un sourire de rigueur)
Merci, passez une bonne soirée. (il
se retourne vers Dan l’air grave)
Bon maintenant il va falloir nous
laisser faire notre travail.

Daniel commence à perdre patience.

DANIEL
Allez les gars, j’en ai pour 5
minutes. Nassim c’est mon beau
frère, il a son avion ce soir à 8h et
franch…

VIDEUR 1
(le coupant sèchement)
Pas d’invit’ : pas d’entrée. C’est
clair ?

DANIEL
(énervé)
Vas-y, à quoi tu joues là. Puisque
j’te dis qu’il est au courant !

VIDEUR 2
Maintenant c’est pas la peine
d’insister on t’a dit NON !

DANIEL
(essayant de garder son calme)
... Bon ok, je bouge pas, j’reste là.
Vous pouvez au moins dire à
Nassim que j’l’attends à l’entrée
alors ?

VIDEUR 1
Désolé Monsieur mais on ne peut
pas quitter notre poste.
DANIEL
(à lui-même)
Oh...sérieux ... j’hallucine là !?

15. INT/TERRASSE HOTEL/NUIT


Nass est en pleine discussion dans le hall de l'hôtel. En off on entend depuis
l’intérieur de la party fuser des insultes (« dégage maintenant connard
etc... »). Nass se retourne, on voit derrière lui l’altercation de Dan avec les
videurs. Nass s’en rend compte, il prend congé de ses invités et se précipite
vers l’entrée.
- Chacun de son côté –

DANIEL
Oh, SON PUTAIN D’AVION EST À 8H
ALORS MAINTENANT ENCULÉ TU
VAS ME L’CHERCHER OK
PARSQUE SANS QUOI C’EST
ENCORE MOI QU’IL VA FAIRE
CHIER TU VOIS...

NASSIM
(s’interposant)
OWH OHW OHW... Oh Daniel ! HÉ
Daniel...

DANIEL
Ah t’es là toi, eh bordel ça fait
des plombes
Que j’leur dis de t’appeler aux
deux là

NASSIM
(s’adressant aux videurs)
C’est bon messieurs il est avec
moi, désolé ( en leur tapottant
l’épaule )
(A Daniel)Et mais Toujours tu râle
toi ? R’garde tes sapes aussi, non
mais mate toi
Comment tu veux rentrer comme
çà (lui tirant le col de son sweat).

1er Couplet
Faf la rage
T’aurais pu m’appeler, le portable ça existe
Non, tu t’sentais la sécu, t’aimes trop les risques
AKH
Alors quoi d’entrée, t’envoies les critiques
J’ai pas envie d’parler, c’est ça, allez, prends tes valises
A moins qu’tu payes un bon verre, à ton méchant beau-frère
Qui s’lève le cul pour te trimballer quand t’es en galère ?
Faf la rage
Tu veux une coupette ? Sers-toi ! Le bar est ici

(Ils se mettent au comptoir du bar, Nassim tend une coupe de champagne)

Faf la rage
T’as trop l’habitude, dès qu’t’es avec moi, pas de soucis c’est gratuit
Arrête de tirer cette tronche, c’est bon allez rentre
AKH
Ouh, y a du beau monde ce soir, eh, ça brasse les rentes
Sinon le biz en c’moment, comment ça marche ?
Est-c’que t’as mis 2 ou 3 bifs de côté pour ma ganache ?

(Daniel qui se sent exclu de ce milieu. Il semble malalaise et sur ses gardes.
Joute verbale habituelle entre les deux hommes. Daniel lui reprochant d'être
toujours relié à tes taches subalternes et de n'être que la dernière roue du
carrosse, ce que lui confirme un Nassim ironique)
Faf la rage
Tu veux dire quoi par là ? J’te devrais quelque chose
T’as que le pognon à la bouche bordel ?
AKH
C’est bon j’rigole, c’est moi qui te rends un service.

(Daniel sort un billet tout froissé de 10 ou 20 euro de sa poche et le lance du


bout des doigts au visage de Nassim)

FAF LARAGE
T’sais quoi, oublies le verre, on a des trucs à se dire

(D’un geste sec et violent Daniel poseson verre sur une table, écarte
« nerveusement » des convives pour sortir du lieu de la soirée en « invitant ».
Nassim l’air de dire « ah ouais ? veine dehors qu’on s’explique un peu ». Le
champagne éclabousse la veste de Nassim et les invités autour. Devant la
réaction des convives, Nassim s'excuse et emboite le pas à Daniel.)

16. INT/ASCENSEUR/NUIT
- CHACUN DE SON COTE –
Refrain
Quand les sourires sont faux, que pour les apparences
Quand ne viennent plus les mots, on met de la distance
Même si le temps s’échappe, même si des plaies s’effacent
Il vaudrait mieux qu’on parte, chacun d’son côté
Quand le cœur n’y est plus, qu’on a fait trop d’efforts
Quand les silences sont durs, parc’qu’on est pas d’accord
Même si les doutes se tassent, même si les routes se croisent
Il vaudrait mieux qu’on trace, chacun d’son côté

Pendant le refrain du morceau. Ils sortent de l’hotel et se dirigent vers


l'ascenseuret descendent cloîtrés dans leur mutisme en attendant le
deuxième round dans le parking sous terrain loin des regards.

17. INT PARKING SOUTERRAIN NUIT


On retrouve Dan et Nass dans les parkings souterrains du palace, entourés
par des voitures de luxes qui trônent fièrement dans les allées. De nombreux
néons font briller les carrosseries des véhicules. La dispute reprend. Nassim va
lui explique que sa réussite personnelle n'est due que par son travail, que
Daniel se regarde un peu avant de juger les autres. Nassim lui expliquera qu'à
ses yeux il n'est qu'un looser, incapable d'être père de famille et encore moins
musicien. Daniel encaissera mal le coup et partira.
- Chacun de son côté –

DANIEL
Alors c’est quoi ton problème ?
NASSIM
Mon problème tu dis ?

2ème couplet
Faf la rage
Tu parles de fric, de service, mais j’te dois rien petit
Saches que j’te traine avec moi, pour faire plaisir à ma sœur
Si j’avais pris un taxi, t’aurais pas mis la merde à ma teuf
AKH
Là j’te reconnais bien ! Un type qui pense qu’à sa gueule
Qui pense qu’à ses poches, qui pense qu’à ses meufs
Faf la rage
Ecoutes moi bien connard, là, moi je pense qu’à ma sœur
Qui taffe, qui fait l’ménage quand toi tu rentres à pas d’heure
AKH
De quoi tu t’mêles d’abord, balaies devant ta porte
Mais qu’est-c’tu donnes des leçons, quand t’as l’pif dans la coke
Faf la rage
J’t’emmerde pauvre mec, toujours pendu au goulot

C’est pas not’ faut’, t’es dans la loose et t’as un sale boulot
AKH
Mon taf, il m’convient, et t’inquiètes pas la roue tourne, ces
Pompes ? Regardes, tu viendras les cirer un jour
Faf la rage
Ah j’oubliais m’sieur est dans la musique / personne t’attend mec
T’as même pas commencé qu’t’es déjà un ex
Retournes à tes colis ramper devant ton chef
AKH
Putain, j’te jure, je vais te défoncer pour faire bref
Laisse tomber, regardes l’heure, t’as loupé ton avion
J’dirais à ma femme, que je s(e)rais plus jamais ton pigeon

Nassim voit arriver des invités dans le parking.


Dan en profite pour laisser son beauf’ avec ses invités et décide de rentrer
chez lui. Nass pensif, le suit du regard, jusqu’à ce que le groupe d’invités
arrive à sa hauteur.

L'INVITE ET SON AMIE


Hé qu’est ce qu’il y a Nass ?... Un
problème ?
NASSIM
Hein ? (encore dans ses pensées)
Non, non rien… Putain la
« famille » j’te jure... Heeeey
(reprenant du service) ! Mon
poulet, comment tu vas ? …

Nass prend ses invités par l’épaule et les accompagne vers l’ascenseur.

19. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/NUIT


Safia est dans la salle de bain, courbée en deux, elle se sèche les cheveux
vigoureusement. On entend la porte d’entrée claquer, elle coupe le sèche-
cheveux… C’est Dan qui rentre plus tôt que prévu. Safia « panique »
contrariée dans le bon déroulement de ses plans.

SAFIA (OFF)
Dan ? Dan c’est toi ? T’es déjà de
retour ?

DANIEL
(dégouté)
Ouais, j’me suis encore pris la tête
avec ton frère…

Elle enfile un pull tout en courant pour rejoindre Dan à l’entrée, prise de court,
elle improvise.

SAFIA
(se précipitant vers Dan, un peu
paniquée)
Tu m’raconteras ça plus tard. Mais
avant, suis moi, je te sers un verre
dans la cuisine.

Dan la suit sans rien ajouter, soulagé de ne pas avoir à se noyer dans des
explications interminables. Safia lui sert un verre.
SAFIA
(avec douceur)
Tu bois un coup, tu souffles… tu
m’attends sagement, j’en ai pour
2 minutes.

DANIEL
De quoi?

SAFIA
Rien, t’inquiète c’est une surprise,
tu restes là hein ?...

Dan commence à se détendre entre deux gorgées. Safia s’affaire au salon.


La table est dressée pour un dîner aux chandelles, en tête à tête. Elle allume
quelques bougies, réduit la lumière pour tamiser l’ambiance de la pièce…
Puis, glisse quelque chose dans une enveloppe qu’elle garde à la main. En
passant devant le miroir ornant un des murs du salon, elle se passe la main
dans les cheveux, se remet un peu de gloss…
La sonnerie de la porte retentie. Daniel va ouvrir.

DANIEL
J’y vais

Dan regarde à travers le judas.


(Subjectif judas : on voit la tête déformée de son ami Stef grimaçant
bêtement avec une chapka – sous réserve la chapka - visée sur la tête. Dan
ouvre la porte, étouffant un rire compulsif.)

STEF
(enjoué)
Hey la famille ! Bien ou bien ?

Ils se checkent du poing.

DANIEL
Bien jeune ? Qu’est-ce qui
t’amènes ?
STEF
Comme d’hab, on s’fait un p’tit
tour… à l’ancienne quoi, ça te
dit… ? Y’a Mo en bas

Dan hésitant regarde par-dessus son épaule en direction du couloir vers Safia
toujours dans le salon.

STEF
(mimant l’action de fumer un
joint)
T’inquiètes mec, j’ai du gros son
dans la caisse. Allez fais pas ta
vieille !

Dan passe la tête dans le couloir, regarde si la voie est libre.

DANIEL
(chuchotant, à Stef)
Attends, ‘tends, ‘tends 2 sec…
(il enfile rapidement un sweat à
capuche, il prend sa veste en cuir
et haussant la voix…)
Safia, vas-y, j’fais juste un tour
avec Stef OK ?... J’prendrais un
sandwich dehors, m’attends pas,
j’reviens pas tard. A tout'!
(Et claque la porte derrière lui)

Safia est toujours devant le miroir, elle se fige, les traits alors enjoués de son
visage laissent place à l’amertume teintée d’une insondable tristesse. Son
regard se durcit, elle lâche l’enveloppe qui glisse au sol. Puis, elle se penche
sur une des bougies et d’un souffle, elle l’éteint. La flamme ne se rallumera
plus.
Fondu au noir

20. INT/ASCENSEUR/NUIT
Les deux amis sont côte à côte dans un ascenseur faiblement éclairé, sans
mot dire. Stef s’amuse à graver des motifs sur la porte en métal à l’aide de sa
clef, pendant que Daniel, regarde dans le vide le miroir. L’ascenseur s’arrête,
ils s’apprêtent machinalement à sortir et s’aperçoivent qu’ils ne sont pas au
rez-de-chaussée et reculent. Un vieux retraité en savates rentre, tenant dans
ses bras un petit chiwawa. Les deux se mettent à parler en même temps.

DANIEL
(monocorde, en même temps
que Stef)
Bonsoir.

STEF
(marmonnant, en même temps
que Dan)
‘soir.

Le vieil homme vient se placer entre les deux sans répondre. Dans son dos
Dan et Stef se mettent à observer le chien tout tremblant qui les dévisage à
son tour en dodelinant légèrement la tête. Tous les deux partent
involontairement dans un jeu de mimétisme avec le chien. L’ascenseur
s’arrête, le vieil homme sort de l’ascenseur avec son chien. Les deux hommes
reprennent leurs esprits, se regardent avec un air complice, éclatent de rire et
poursuivent leur chemin.

21. EXT/ENTREE BARRE D’IMMEUBLE/NUIT


Mo les attend, assis sur le capot d’une voiture, il fume une cigarette. En
voyant arriver ses deux collègues, il jette sa clope dans les fourrés.

MO’
Hola, bien Dan ?

DANIEL
(check du poing)
Wwouai, tranquille et toi ?

Ils montent dans la voiture : Mo côté passager, Daniel se met à l’arrière et Stef
est au volant.
22. INT/VOITURE/NUIT

STEF
Bon juste un truc les gars, faut
qu’ON mette de l’essence.

MO’
(mettant les pieds sur le tableau
de bord)
T’inquiète, y a une station pas
loin.

STEF
(exaspéré)
Putain Mo tes pieds ! J’te l’ai d’jà
dit 100 fois… ah j’plains ta mère toi
des fois hein !!!

MO’
Ooohh Ça va, ‘xcuse, s’cuse.

DANIEL
(impatient à Stef pour qu’il
démarre)
Allez roule !

STEF
(impatient à MO pour qu’il fasse
un gros 3 feuilles)
tiens ben ouais voilà, roule toi
aussi là !!!

Stef démarre et envoie du son sur le poste qui nous indique l’heure : 21:00. La
virée nocturne peut commencer. En Off Mo’ ricane.
On se lance dans une pérégrination à travers la ville, une errance dans les
rues animées de la cité. Personne ne s’adresse la parole, les trois amis
observent la vie, la ville défilée sous leurs yeux par les vitres de la voiture. Un
joint circule et les plonge dans une rêverie collective. Daniel a la tête posée
contre la vitre hypnotisé par les lumières de la ville, perdu ses pensées.
(Dans cette séquence les 3 comédiens seront tour à tour remplacé en
alternance à l’image par leur « doubles » rappeur Sako/Stef, Veust/Mo et
Akhenaton/Daniel)
Pour cette séquence, la caméra restera constamment braquée sur les
comédiens et leurs doubles fantomatiques rappers afin d’étendre jusqu’à
l’extrême la sensation d’ennui, de fatuité et de huis-clos.Nous vivons
quasiment en temps réel en unité de temps et d’actions une errance
nocturne au cœur des rues . Ainsi, les actions se limiteront à des choses très
futiles comme conduire, rouler un joint,regarder à travers la vitre, Daniel qui
écrit son nom sur la vitre embuée, etc… Nous n’illustrerons en aucun cas ce
qui est rappé dans le texte de la chanson. Parmi les possibles effets de
transitions, le joint qui tourne dans la voiture peut servir d’élément qui nous
fera passer des comédiens aux artistes et inversement : la caméra suit le joint
et quand elle revient sur le passeur ce n’est plus le comédien mais son double
rapper /voix

- Par le toit ouvrant –


SAKO
Comme d’hab, il claque la portière, cash, j'ai trop les nerfs.
Comme d’hab, j’râle alors ça monte le son du Pioneer.
J’plisse les paupières, passe la première,
Comme d’hab, ça craque: "Te casse, bientôt le hummer".
Bords d’mer, j’observe les hautes sphères
Corps d’rêve, roadsters, sortis de posters
Des golden boy trop fiers, sourire Colgate
Crachent un bonheur trop net pour être honnête,
J'vois les gosses faire fumer les Goodyear
Pump up the volume, ambiance poppers et valium
Ça chasse la bimbo en Twingo
A leur âge, ma vie c’était la guerre, à chaque niveau, des rivaux
(Bref), Oublie les minots, la corniche défile, ça tapine au prix fort
Des narines ont pris gros, silicone et botox designés au stylo
Les mères comme leur fille veulent les formes de J Lo
Là-bas une mignonne crie fort mais le monde l'ignore
Elle raccroche son phone, fond en larmes aussitôt
J’vois d’ici le topo, quand il l’a su en cloque,
Son homme a fui. Aujourd’hui il réclame leur minot
La gorge déshydratée, encore une nuit bradée,
Ca klaxonne derrière... tranquille, on va tous y passer (comme s'il fallait plus
vite clamser)
Mes potes collés au siège, direction le drive-in
Des songes volés au ciel, « What’s Going on » de Marvin

REFRAIN
VEUST LYRICIST
De l’essence et on tourne dans la ville
Confrontés aux visages de l’autre côté d’la vie
On se plait à rouler à côté de la vie
On croise quelques rôdeurs, on s’comprend, on navigue
Le beau temps puis l’orage d’un regard à l’autre, ça va vite
L’espoir, la détresse, mais autour on gravite
Des stops, des feux rouges, des clopes, des yeux rouges
Nos rêves, nos souffrances, partent par le toit ouvrant
AKHENATON
Enfoncé sur la banquette arrière
Avec la tête posée sur la fenêtre
J’avance accroché à mes rêveries
Certains sous la couette, rendent jaloux ceux qui taffent
J’vois ceux qui taillent, pousser les portes de la cafet’
J’aime ces visages, imaginer leurs vies
Deviner sur les traits, la romance ou les plaies endurées
Machinalement écris mon nom sur la vitre embuée
Placé au rang d’ces choses, qui s’évaporent en fumée
Comme ces yeux que j’croise, qui reflètent haine, amour,
Passion, patience infinie
R’garde cet homme, ses paupières incriminent les coups du sort
Le bilan d’une course, qu’il qualifie d’insipide
Accident sur son lieu de travail, le voilà invalide
Plus d’job, depuis sa femme a fait la valise
La piaule est vendue pour solder les dettes
Et c’est tous les souvenirs joyeux, des mômes qui partent avec
La pension, jamais vu, rien qu’des foutaises
Du coup, c’est HLM pourri, rez de chaussée et boule quiès
Debout à l’aube, quand dehors, ils secouent les poubelles
Aller rêvez là où les femmes se voilent en Courrège
Les trottoirs d’la ville défilent, décrivent des pistes
Où les vies s’déguisent, s’embrassent et puis s’déchirent
Une latte sur mon artificiel Eden
Ici viennent se faire mes vers coincés entre ciel et terre

23. EXT/STATION ESSENCE/NUIT


Ils s’arrêtent comme prévu à une station essence 24 / 24. Pendant que Stef
commence à faire le plein, les deux autres se dirigent à l’intérieur de la petite
supérette de la station.
(A partir de ce moment-là, montage parallèle entre Stef qui met de l’essence
à la pompe Dan et Mo’ qui se ravitaillent dans la supérette).
24. INT/STATION ESSENCE/NUIT
Ils parcourent lentement les rayons éclairés par la pâle lueur des néons.
Chacun de son côté erre sans trop savoir quoi acheter, les yeux rougis par le
joint, l’air agar. La caisse est tenue par un hindou, petite moustache,
impassible. Son nom, Apu, est inscrit sur un petit badge négligemment
accroché à son gilet d’un vert assez laid. Dessous, il porte un polo qui fut un
jour sans doute coloré et rayé rentré dans un pantalon blanc qui lui remonte
jusqu’au nombril. Derrière son comptoir, un petit téléviseur diffuse un obscur
film d’action indien dans la plus pure tradition des « nanars ».
Mo’ s’arrête devant un frigo, laissant un bon moment la porte en verre
ouverte le temps de se décider. Le visage d’Apu se crispe à mesure que la
chaîne du froid de son frigo se rompt. Mo’ se décide enfin à prendre un
grand Coca, Apu lui lance un regard à la fois soulagé et vindicatif en
marmonnant dans son idiome …

23bis. EXT/STATION ESSENCE/NUIT


Stef fait le plein en chantonnant (ou rappant) exagérément mal, tout en
bougeant à la manière d’un robot avec sa main libre, au rythme de sa
dernière composition…
Stef termine de mettre de l’essence en mimant l’action de pisser ses dernières
gouttes. Il remue le pistolet de la pompe frénétiquement en forçant les traits
du soulagement sur son visage, accompagné d’un râle, range le pistolet de
la pompe dans son étui en tressautant de joie.

24bis. INT/STATION ESSENCE/NUIT


Devant la caisse, en attendant de payer Mo’ est absorbé par une séquence
du film indien au kitsch outrageant, du Coca et des friandises posés sur le
comptoir. Sur son visage, on ne lit aucune expression, si ce n’est de
l’incompréhension totale bouche entr’ouverte. L’arrivée de Dan le sort de sa
torpeur.

APU
(avec un fort accent hindou et
dans un français mal maitrisé)
Vlou kllelle plomple ?

Dan et Mo’ ne savent pas quoi répondre. Ils se tournent vers l’extérieur, il n’y a
qu’une seule voiture à la pompe, c’est donc forcément la leur.

DAN
(se retournant vers Apu en
pointant la voiture d’un signe de
tête)
Beennn…

APU
(impassible, toujours avec
l’accent)
Num’lo tloi, … (tapotant sur sa
machine) toussa aussi ? (en
montrant une grande bouteille
de coca et 2 paquets de M&Ms)

DAN
Hé attendez M’sieur, Y’a plus de
club poulet mayo ?

APU
...‘a pu !

Mo’ et Daniel bloquent un moment sur le badge nominatif « APU » que porte
le vendeur. S’engage un ping pong visuel entre le badge le visage du
vendeur et les deux amis hébétés...

APU
...Non...‘a pu !

GROS SILENCE.
Dan laisse tomber son idée de sandwich, lâche un billet de 20€ et quelques
pièces de monnaie sur le comptoir avant de sortir.

23ter. EXT/STATION ESSENCE/NUIT


Stef les attend dans la voiture. Les deux autres montent avec leurs provisions,
cette fois si Daniel à l’avant et Mo derrière au milieu entre les deux siège
avant.
MO’ (TRES PENSIF)
Et Dan...mais pourquoi il nous
répétait son nom le mec ?

STEF
Quoi?

MO’
(sur le ton de « papa c’est quoi
cette bouteille de lait ? »)
Hein Dan...mais pourquoi il nous
répétait son nom le mec ?

Stef démarre et la virée nocturne reprend son cours.

DAN
Mo.. A-P(O)U... c’est AP(O)U son
nom, pas APU

25. INT/VOITURE/NUIT
- Par le toit ouvrant -
REFRAIN
VEUST LYRICIST
De l’essence et on tourne dans la ville
Confrontés aux visages de l’autre côté d’la vie
On se plait à rouler à côté de la vie
On croise quelques rôdeurs, on s’comprend, on navigue
Le beau temps puis l’orage d’un regard à l’autre, ça va vite
L’espoir, la détresse, mais autour on gravite
Des stops, des feux rouges, des clopes, des yeux rouges
Nos rêves, nos souffrances, partent par le toit ouvrant

Les trois amis roulent à travers la ville toujours sans se dire un mot. La caméra
panote sur le toit ouvrant laissant défiler les lumières de la ville.
En hors champ :

MO’
(bien plus tard en off)
Ah d’accord… c’était ton
sandwich qu’y’ en a pu ???
hein ?

DANIEL
(épuisé en off)
Pfffou Mo’ t’es lourd
Mo ricane en off. « hi hi hi »

26. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/NUIT


Le micro onde de la cuisine nous indique: 23:00
La porte s’ouvre, Daniel rentre de sa virée sans trop faire de bruit et cherche
sa femme... ne la trouvant pas :

DANIEL
(surpris)
Safia ?

Pas de réponse.

DANIEL
(à haute voix)
Safia !

Il jette un coup d’œil rapide dans toutes les pièces en vain. Il commence à
s’inquiéter.
Arrivé dans le salon, Dan découvre la table que Safia avait dressée pour leur
repas en tête à tête. Il marque un temps, réfléchit et assemble les pièces du
puzzle et comprend la « petite » surprise loupée du début de soirée. Il prend le
téléphone et compose nerveusement le numéro de Safia... « Répondeur »...
DANIEL
(susurré quand il entend le
message du répondeur)
Rhho putain
(BIP)
Ouaip Safia c’est moi, j’suis rentré
à la maison...rappelle moi steup.

Il raccroche. Aussitôt compose compulsivement le numéro de téléphone de


la grande sœur de Safia. Ça sonne un certain moment.

NAYLA (OFF)
(somnolante)
Mmm… allo ?

DANIEL
Nayla ? Ouais c’est Daniel.

NAYLA (OFF)
Dan ?! T’as vu l’heure ?

DANIEL
‘Scuse. Dis-moi, euh… A tout
hasard… ta sœur s’rait pas chez
toi ?

NAYLA (OFF)
Safia ? Quelle idée, pourquoi veux
tu qu’elle y soit ? Elle est pas chez
vous ?

Pendant qu’ils parlent, Daniel remarque une enveloppe posée sur la table
contre une bougie laissée allumée. Il commence à l’ouvrir le téléphone
coincé entre l’épaule et la joue et abrège la conversation

DANIEL
… non mais ça va t’inquiète.
Ah ??? (faussement) attend j’crois
qu’ c’est elle qui rentre là... Ok, ok
j’l’embrasse... allez fais une bise
aux enfants. Ciao.

A partir de ce point jusqu’à la fin de la séquence 28, les actions décrites


seront montées dans un plan séquence truqué. La caméra exerce un
mouvement circulaire panoramique à 360° sur un axe au milieu du salon,
avec Daniel qui lit la lettre , puis alternant pendant ce même mouvement
« temps présent » (Daniel qui lit) et flashbacks (départ de Safia qui
abandonne le domicile conjugale )… puis daniel qui in situ lettre en main se
remémore ces soirées entre potes pendant que Safia faisait office de « bonne
à tout faire » puis enfin des playback des artistes en lieu et place des
comédiens ( playback de akhenaton qui remplace Daniel ).
Dan raccroche. Il ouvre l’enveloppe et y trouve une lettre (accompagnée
d’une échographie qu’il ne voit pas). Et commence à la lire dans sa tête.
Le titre « Plein de si » commence.

27. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE / NUIT (FLASHBACK)


- Plein de si –
AKHENATON
1er couplet
Tout à coup, c’est comme si le monde s’effondre
Un coup si violent que même le plus fort des hommes ne peut s’défendre
Et si Dieu tient les comptes, j’devais être en débit
Content des péripéties d’une vie débile
J’vais pas faire comme d’hab, j’vais rester planté là
A regarder cette vérité dans les yeux car j’fais partie de ceux qui s’débinent
Au premier ennui quand dans le nid y’a l’feu, je fuis
Et si j’peux pas m’effacer, alors j’me déguise
T’as vécu avec cet homme là, lâche parmi les lâches
Tirant et tirant sur la corde jusqu’à c’qu’on se fâche
J’me croyais en position de force, qu’tu partirais jamais

Comme ce nom et ce visage tatoués sur mon torse

Safia fait ses valises.


Elle traine le pas dans leur appartement, les larmes aux yeux.
Elle récupère quelques photos.
Elle passe un coup de téléphone. Sur la table du salon, elle dépose la lettre
contre la bougie.
Puis, elle quitte l’appartement après un dernier regard teinté à la fois
d’amertume, de mélancolie et de détermination.
Daniel se replonge dans la lecture de la lettre.

28. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/JOUR (FLASHBACKS)


(A partir de là, on voit Daniel déambulant, seul, dans son appartement, en
spectateur des scènes qui vont suivre. Dans chaque pièce surgissent, en
fonction des situations décrites dans les paroles, des réminiscences et
résurgences du passé. Tel des fantômes, Safia, sa bande de potes
apparaissent pour illustrer les paroles.)
- Plein de si –
…Ces soirées où dans ma piaule, y’avait 20 d’mes potes
Buvant et fumant, tu souriais peu importe si dans les placards ils fouillaient
Mangeant tout sans vergogne avec ton p’tit salaire, les courses, c’est toi qui
les payais
J’t’ai remercié passant des nuits à la console
Sans personne qui t’console, toi effondrée en larmes dans les draps
J’ai bâti mon p’tit monde et je m’suis mis au centre
Et réduit une décennie d’vie commune en cendres comme ça !
Quand on s’est rencontrés, t’étais ma princesse adorée
Exaltés par la taille de cet amour, affolés
Le temps est passé, déformé les choses
De ma perle de lune, t’es devenue l’21ème de mes SOS

2ème couplet
Puis la bonne qui faisait à bouffer, quand j’sortais des clubs
Avec sa place à la piaule comme un meuble
J’ai oublié de prendre soin de toi, et t’as hérité d’quoi ?
Des emmerdes d’une vie à deux avec la tristesse du célibat

26bis. INT/APPARTEMENT BANAL DU CENTRE VILLE/NUIT


(A partir de là, on retrouve Dan, la lettre froissée dans sa main, dans toutes
les pièces de l’appart, tantôt effondré, en larmes ou rageur)
On le voit allongé au sol, au milieu de la cuisine, juste éclairée par la lumière
du frigo ouvert, il fume une cigarette, le regard vide et hypnotisé par le
nuage de fumée. Il jette en boule l’échographie puis la ramasse la défroisse
l’instant d’après.
Puis on le voit sur son lit, les larmes aux yeux la tête plongée dans l’oreiller de
sa femme.
Dans la salle de bain fixant les cheveux qui dépassent d’une brosse oubliée
par Safia. Le souffle court, les nerfs à vif, il voit son reflet sur le miroir qu’il brise
d’un coup de poing. Blessé à la main, du sang coule dans l’évier. Il se fait un
bandage grossier avec un morceau de T-shirt qu’il déchire…
- Plein de si –
…Que puis-je dire pour ma défense ?
Rien de bien intéressant depuis mes avances !
La gentillesse qui logeait dans ton cœur, Hanina, j’en ai abusé
Et tous les abrutis s’en sont amusés
Comme quand t’allais remplir le frigo, exténuée après le travail
J’t’ai jamais aidée, bordel, j’avais qu’la gueule pour raillave
Et quand l’soir, ton cou dénudé, prisait mes lèvres
J’posais mes pieds sur toi comme sur une paillasse
J’ai perdu ma poésie, sur un carré d’asphalte
Perdu mon amour comme quand on part et dit « au plaisir »
Et arrivé à c’stade, on s’croise et on parle même plus
C’est p’têt trop tard mais tu méritais bien plus
En 10 ans j’ai pas dit j’t’aime, j’ai pas su faire
J’t’ai fait payer pour c’que dans mon enfance j’ai souffert,
Loin d’égayer les murs du foyer, j’ai tourné le dos quand tu croyais
Qu’on allait discuter, j’ai tracé, comme tout à l’heure
La p’tite goutte a fait tout déborder, si c’était pas aujourd’hui
C’aurait été demain c’est fort vrai
J’t’ai même pas entendue m’annoncer ta promotion à ton job
Et qu’t’avais acheté 2 billets pour qu’on s’en aille 3 jours à Rome
Alors t’es partie, maintenant j’suis là assis sur le sommier

A secouer nos souvenirs comme un pommier


Et les fruits tombés à terre sont si amers que j’ne peux y goûter
Et que j’suis là à te lire, car j’n’ai pas su t’écouter

Daniel se reprend, essaye de contenir sa rage et sèche ses larmes. La lettre


en poche, il sort de chez lui d’un pas décidé.

29. INT/FOURGON/NUIT

Daniel conduit vite, la colère et la détermination se lisent dans son regard.


Eclairés par les phares de la voiture, les marquages au sol de la route défilent
à toute vitesse.
DANIEL (VOIX OFF)
C’est vrai, là quitte à passer pour
un con fallait qu’ j’la vois… Elle
devait forcément être chez sa
mère ??!...quoique … Putain
j’croyais même qu’elle avait pu
s’tailler avec un enfoiré, qu’ils
avaient planifiés tout çà, dans
mon dos …
(Daniel chasse cette idée d’un
revers de tête et s’auto persuade)
… Mais bien sûr qu’elle devait être
chez sa mère !

30. EXT/MAISON DES BEAUX PARENTS/NUIT


Sur le tableau de bord, on peut lire l’heure : 00:30.
La voiture de Daniel est garée devant un petit pavillon. Il observe
attentivement la fenêtre éclairée de la salle de séjour. Et fume nerveusement
une cigarette.

DANIEL (VOIX OFF)


Enfin d’vant la baraque d’sa
mère, j’étais vraiment dans un
sale état : Triste, fatigué…les nerfs
à fleur de peau!

Il sort de la voiture, claque la porte, et marche en direction de la porte


d’entrée. Il jette sa moitié de clope qui vient s’écraser sur la pelouse humide.
Il frappe à la porte (le tout filmé au steadicam, passant du personnage à la
maison, s’attardant sur certains détails comme celui de la cigarette). La mère
de Safia lui ouvre et le fixe du regard.

DANIEL
(peu fier, détournant le regard)
Bonsoir Saadia, j’euh…

Sans lui laisser finir, elle lui refermer calmement la porte au nez. Dan reste
planté là. Il rebrousse chemin en traînant le pas puis s’arrête. Il se retourne, le
visage crispé par la colère, il lève les yeux à l’étage.

DANIEL
(hurlant)
Safiaaa !... Safiaaaa, c’est
moi putain ! T’es là ?...

Dan revient précipitamment vers la porte.


DANIEL
(frappant à la porte)
Safia, ouvre j’t’en supplie ! Ouvre
c’te putain d’porte ! J’sais qu’t’es
là…Safiaaa ! Mais regarde-moi !
Regarde! Qu’est-ce que t’attends
d’moi ?! (baisse la tête, résigné)
Qu’est-ce tu veux qu’fasse ?

La porte s’ouvre doucement.

SAFIA
(froide mais les yeux humides)
Arrête Daniel, tout l’monde
t’entend.

DANIEL
(criant) HÉ ALORS ?!!
(plus posément comme assagi)
Je… j’avais besoin d’te parler et…

SAFIA
Parler ? ah ? C’est maintenant
qu’tu veux m’parler !

(On les voit discuter avec véhémence, tristesse, lui énervé, elle plus froide
posée et résignée. On alterne parties jouées par les comédiens (dialogues
repris du texte de la chanson) et parties plus « clipesques » où on ne perçoit
que des bribes d’attitudes des personnages (pour lesquelles on garde les
paroles chantées/rappées en fond))
A niveau de la mise en scène pour ce face à face, les apparition d’Amel et
Akh devront jouer le contre point des comédiens. Ces derniers évoluant dans
un registre assez dramatique, tendu, déterminé; les artistes se substituront par
intermittence, jouant leur playback de manière plus douce, ouaté, quasi-
angélique. Ainsi, chaque comédien se retrouvera respectivement épaulé par
une sorte de double angélique de la personne à qui il est sensé faire face lors
de cette dispute.
Les comédiens pourront également ne pas rester sur le pas de la porte mais
se déplacer sur les marches de l’entrée afin d’amener une certaine diversité.
Une diversité qui peut également être accentuée par l’intervention
d’éléments extérieur à la scène, comme des plans sur un voisin dérangé par
la dispute et qui les interrompt l’espace d’un instant en criant depuis sa
fenêtre ( « c’est pas bientôt fini c’bordel…j’appelle les flics moi hein ?!! » )…
- Essaie de comprendre –

SAFIA
« Çà fait 10 ans Daniel, 10 ans de
ma vie j’suis fatiguée d’attendre »

AMEL BENT
Chaque soir ce qui chez toi allait me surprendre
J’n’ai manqué de rien, mais si tu m’voyais tu saurais
Non, on n’garde pas la flamme, dans une prison dorée

SAFIA
« Dan... Comment te dire les
choses sans te blesser »

Les petits gestes tendres se sont effacés


Pour faire place à la peine, désireuse parfois de mourir
Oh mon Dieu, laissez moi voir son sourire
Essaies de comprendre (X4)

REFRAIN

SAFIA
(répété, sur différents tons)
« Essaies de comprendre »

Essaie de comprendre…
Comprendre quoi ? Que la porte est fermée, j’peux pas m’y résoudre
Essaie de comprendre…
Dis-le-moi si notre serment devant Dieu va s’dissoudre
Essaie de comprendre…
Comprendre quoi ? Que j’dois faire un demi-tour et revenir sur mes pas ?
Essaie de comprendre…
Attends, attends, pose toi deux minutes, écoute moi !

AKHENATON
2ème couplet
Un trip dans les bas fonds, voilà c’que j’sens la corde à mon cou
Not’ relation pendue au plafond

DANIEL
« Hé attend,...J’en veux pas
des… « On prend du recul, on
s’donne du temps pour réfléchir....
On fait l’point et tant d’main on
r’prend... » Putain c’est des
conneries tout çà Safia »

J’aime les choses claires, d’emblée j’dis c’que je pense


On doit tirer un trait sur le passé,
Si l’but c’est d’avancer, oublie mes offenses
Oublie c’manque de respect, j’t’en prie, on doit recommencer
Sur des bases nouvelles, j’comblerai les manques
Les marches ne verrai plus, je retrousserai les manches
Debout à l’aube, une rose à la main
Posée sur la fine porcelaine éclatante à côté du café

Tu m’dirais tes rêves, sous les alizés


Enfin j’me mettrai en 4 pour les réaliser
Étreins-moi, car je m’éteins dans les silences de l’attente
Et ton impassible visage me fait trop baliser

AMEL BENT
3ème couplet
Je t’en prie n’mets pas ta vie dans la balance
Tu m’as donné l’absence, j’attendais une alliance
J’ai vu mes amies, les passer à leur doigt une à une

SAFIA
«Et moi Daniel, J’suis resté en
rade... j’ai abandonné mes
études... j’ai vécu qu’ au travers
d’tes caprices et des choix d’ta
p’tite personne sans un égard
pour moi »

Même si au fil des jours, on se hait, on s’embrasse et on s’aime


La vie est dure : on a des tempêtes que l’on sème
Essaies de comprendre (X4)

REFRAIN

SAFIA
(répété, sur différents tons)
« Essaies de comprendre »

Essaie de comprendre…
Comprendre quoi ? Que la porte est fermée, j’peux pas m’y résoudre
Essaie de comprendre…
Dis-le-moi si notre serment devant Dieu va s’dissoudre
Essaie de comprendre…
Comprendre quoi ? Que j’dois faire un demi-tour et revenir sur mes pas ?
Essaie de comprendre…
Attends, attends, pose toi deux minutes, écoute moi !

Safia, les larmes aux yeux, referme tout doucement la porte laissant une
nouvelle fois Daniel seul au-dehors.
Noir.

DANIEL (VOIX OFF)


C’était sur un pan d’ma vie que
cette porte se refermait à double
tour…et j’avais pas la clef
(Ou)
C’était sur un pan d’ma vie
qu’elle refermait c’tte porte à
double tour…et j’avais pas la
clef …

31. EXT FOURGON/VUE SUR LA VILLE/NUIT


Sur les hauteurs de la ville, on retrouve Daniel avachit dans l’habitacle de son
fourgon, une flasque de rhum agricole à la main.

DANIEL (VOIX OFF)


…Il pleuvait sur la ville.
J’avais plus goût à rien.... La
gorge nouée (IL BOIT UNE RASADE
DE RHUM). Le cœur au fond des
tripes. J’avais plus qu’une envie…
disparaitre…

(La radio, grésillante, crachote d’insipides hits.)

ANIMATEUR RADIO (OFF -DANS


L’EMPHASE)
Oh la la la la la du lourd du lourd
Rien qu’du bon, Que du hit pour
vous ce soir ! 02:00 du mat’ tout
rond, on enchaine : Keïshiya «
Pour te garder » (etc... etc...)

(Daniel coupe le poste.)


A travers le pare-brise, on voit les lumières scintillantes de la ville, sous une
pluie battante. Dan ouvre la fenêtre pour sentir la pluie sur sa main et se
rafraîchir le visage.
Daniel, soul, dépité se laisse aller à une introspection. Il lutte constamment
contre ses démons intérieurs qui parasitent ses pensées, (ces dernières,
illustrées par les artistes eux-mêmes qui apparaissent à l’image de temps à
autre aux côtés de Daniel à la manière des « revenants » dans la série « Six
feet under »). On retrouve ainsi, pendant cette réflexion intérieure, les
présences fantomatique d’Akhenaton, Faf la Rage / Nassim mais aussi de sa
femme Safia / Amel Bent au chant), son patron, les amies de sa femme... Au
niveau sonore, nous oscilleront entre la voix off du personnage et les
playbacks des artistes.
- MA CONSCIENCE –
AKH
Certains disent, ces secondes
Ouvrent sur un nouveau jour
C’est un’ rose qui se fane
Une page qui se tourne
Mais mon cœur lui dit si fort
« Ce n’est pas la vérité »
Dans un dernier effort, je dois le
Laisser crier
De la brum(e), dans les yeux
J’ai du mal à respirer

Pourtant je demandais peu


Qu’elle daigne m’écouter
La colère sur son visage
M’a poussé du haut des nues
J’ai perdu là, son image
Comme si je n’l’avais pas connu
Ce sont mes songes qui s’effondrent
Et m’entrainent dans leur chute
La terre, se dérobe, et
M’ensev(e)lit un peu plus
Je regarde à, l’extérieur
Je vois les gens, les sourires
Qu’ils paient tous pour leurs erreurs
Que Dieu les fassent tous mourir
*
(Safia apparaît à ses côtés sur le siège avant, elle lui parle en même temps
que son double chant Amel Bent qui apparaît dans la nuit noire à l’extérieur
du véhicule comme sous un coup de projecteur.)

*
Amel Bent/Safia
Tu disais : « qu’il vente ou pleuve
Tu es ma raison de vivre
On pass(e)ra tous les écueils
Et ce… quoiqu’il arrive »
*
(Daniel a un sursaut mêlé d’effroi et de colère. Il commence à sentir trop ivre.
Il sort en titubant de la voiture pour prendre l’air, il manque de vomir.)

*
Mais à la première épreuve
Je ne sais pourquoi, si vite
Tu m’as planté là, tout seul
Tu n’es vraiment qu’une hypocrite
Et là ton, batard de frère
*
( Dans son dos, une silhouette s’approche de la voiture, on reconnait
Nassim… Il s’adresse à Daniel.)

*
Faf la rage/Nassim
« Dany, tu n’es pas pour Safia
Prends-moi, toutes ces affaires
Vas-t-en, fous le camp de là »
*
(On revient sur Daniel, qui dans un élan de rage, lui jette sa fiole de rhum.
Celle-ci vient s’écraser sur un mur vide, la silhouette ayant disparu. Daniel se
sent perdu, il a l’impression de perdre la tête. )

*
Qu’il se fixe dans un miroir
Prenne le temps de méditer
Le peu d’estime qu’il me reste pour toi
M’empêche de le buter
Mon abruti, de patron
Qui n’cesse de m’rabaisser
Plein de blagues sur mon compte
Devrait aussi penser
*
(Son patron apparaît devant les phares de la voiture, Daniel ramasse un
carton/ colis par terre, lui écrase de la main gauche sur le visage pendant
que de la droite, un canon scié en main, il lui fait sauter la tête. Du sang et de
la matière cérébrale l’aspergent quand même lorsqu’il tire en fermant les
yeux et tournant la tête. Vue en large de la voiture avec l’ éclair lumineux du
coup de feu qui déchire l’obscurité de la nuit « «BANG »)

*
Qu’un d’ces jours, je viendrai
J’aurais scié le canon
Balancer tous ces paquets
Avant de m’faire un gros carton
Des jalouses : tes amies
*
(Daniel paniqué revient à lui, il n’a pas de sang ni de patron mort a ses côtés.
Il regarde à l’intérieur de la voiture et voit à l’avant de la voiture une copine
de sa femme en larme en pleine crise de jalousie avec son boyfriend qui l’a
trompé)
*
Pleines de conseils, bidons
Des principes sur la vie
Et d’embrouilles à la con
Regarde-les, là où elles sont
Désolé, de le dire
Cocues, en dépression
Elles ont foiré leurs vies
Si tu savais, ô ma douce
Combien je hais le monde
Peu importe qu’il réchauffe
*
(Daniel, à nouveau réfugié dans la voiture, regarde dans le ciel au dessus de
la ville. Dans le reflet du pare-brise, on voit une énorme boule de feu déchirer
l’atmosphère et fondre sur la Ville ravageant tout sur son passage.)

*
Ou qu’il crève sous les bombes
A l’heure de l’Armageddon
Je serais, le scorpion
Celui qui part en dernier
Pour danser sur leurs tombes
A quoi sert, d’exister ?
*
(Haletant Il revient à la réalité.)
*
Devoir souffrir autant
De porter, ce fardeau
Ne plus regarder devant
Les horreurs que je promets
N’ont aucune importance
La dernière chose que j’ai
C’est encore ma conscience

Le téléphone sonne. Daniel se précipite dessus, plein d’espoir... Le nom qui


s’affiche sur l’écran du portable est celui de Stef. Déçu, il balance sa tête en
arrière, pousse un long soupir et décroche. C’est un appel « Visiophone », Stef
apparaît à l’écran.

STEF
(survolté)
Wou hou ! , hey mon pote devine
on est où hein ??! Haha !

(A partir de ce moment-là, montage parallèle entre Dan dans sa voiture et


Stef et Mo’ dans le Strip-bar)
32. INT STRIP-BAR NUIT
Stef est avec Mo’ dans un lieu festif, la musique bombarde ses décibels. Ils
sont tout deux assis devant un comptoir, un verre d’alcool à la main. Mo roule
des yeux.

STEF
(se filmant avec son téléphone)
Ecoutes, écoutes, écoutes ! C’est
la folie ici mec !

DANIEL (OFF)
(petite voix, au téléphone)
Oh putain Stef…

Stef rapproche sa tête des fesses d’une stripteaseuse dansant sur le comptoir
tout en tenant le téléphone vers lui.

STEF
Mate ça putain mais mate çà !
Allez rejoins nous mon pote ! On
est au « Fantasia » !

31bis. EXT FOURGON/VUE SUR LA VILLE NUIT


Dan esquisse un timide sourire.

DANIEL
Nan, franchement les gars… c’soir
j’suis pas d’humeur pour vos
conneries.

STEF
(hurlant pour couvrir le bruit dans
l’écran, au téléphone)
Vas-y ! Qu’est-ce tu fais t’y a
attrapé la ménopause ou quoi !?

32bis. INT STRIP-BAR NUIT


Stef, sentant que quelque chose ne va pas, essayant de reprendre un ton
plus sérieux.

MO
C’est quoi l’souci ? C’est Safia ?
Putain mais elle dort pas encore à
c’t’ heure là !?

DANIEL (OFF)
(triste)
Ouais c’est Safia… c’est très
chaud... mais c’est pas c’que tu
crois … c’te fois c’est sér…

Stef est bousculé par Mo que la stripteaseuse rend littéralement fou.

MO’
(à STEF, criant)
Naan mais re-gar-de moi c’ boule
de fou ! c’est un truc de malade !

STEF
(revenant à Dan, cherchant ses
mots)
Euh… ouais… ben raison d’plus !

MO’
(à STEF, insistant en le secouant)
Hein c’est un truc de malade !
Hein ?

STEF
(en aparté à MO’ en se
dégageant) Rhhoo Mo’ c’est toi
t’es malade ouais… t’es lourd
(puis revenant à Dan)
Rapplique toi on va s’mettre une
groooosssse mine, t’inquiète
demain matin t’y r’penseras plus.
Allez arrive !

Stef raccroche.

31ter. EXT FOURGON/VUE SUR LA VILLE NUIT


Dan regarde la ville, se redresse, appui son front contre le volant... pousse un
soupir et met le contact.

33. EXT/STRIP-BAR/NUIT
02:30
A l’entrée d’un club de stripteaseuse, une enseigne lumineuse trône au
dessus d’un videur patibulaire qui contrôle les entrées. Daniel se réajuste un
peu et prend soin d’enlever le bandage ensanglanté qui recouvre sa main.
A l’entrée on remarque une note d’avertissement rappelant aux clients de
bien se tenir sous peine d’expulsion. « Ici, on ne touche qu’avec les yeux ».

34. INT/STRIP-BAR/NUIT
Daniel rentre dans le club et passe à travers une foule de clients qui boivent
fument et s’amusent entre eux. Quelques clientes lancent un regard
éphémère et dédaigneux vers Daniel qui se dirige vers le comptoir du bar.
Les lumières colorées des spots balayent les lieux tandis que la musique bat
son plein, un morceau de rap qui accompagne les danses sensuelles et
frénétiques des stripteaseuses. Il regarde autour de lui et cherche en vain ses
deux amis, dépité, il décide de s’asseoir et commande un verre au Barman,
un petit trentenaire crâne rasé chemisette hawaïenne, épaulé par un serveur
plutôt grand habile et très speed.
(Pour l’entrée de Daniel et sa découverte du lieu, nous alternons entre une
caméra embarquée fixée sur lui (caméra légère) et sa vue subjective,
troublée, hoqueteuse et instable comme sous l’effet de l’alcool (en post-
prod).
- Gogo –
AKHENATON
Ils sont pas là, alors j’m’assieds au bar

DANIEL
(Doublant le geste à la parole)
Oh chef, un gin tonic.

D’vant moi dansent 2 filles supersoniques


Photo discrète, hop, dans la puce électronique
Allez chef remets ça avec des glaçons
Que j’rentre dans la vibe, comme elles dans l’son
Autour j’vois des jeunes, des vieux, des couples
Sur la piste, une métisse à la découpe s’agite
Bouge et s’découvre, j’pète un fusible
Et j’fais l’deuil d’mon amour en style abusif
Une heure et j’poireaute encore au comptoir, verre plein
Et pensées confuses, perplexe
J’crois qu’ils viennent pas donc j’improvise
Reluque les michtos, elles bougent avec trop d’vice

Chef, fais danser l’Paddy, ce soir j’ai soif


J’espère qu’t’as rempli l’caddy

Le serveur acquiesce et prépare la boisson, Daniel quant à lui regarde les


danseuses se déhancher sur la piste. Il contrôle de moins à moins ses émotions
et son regard « vrille » en proie à de noires pulsions. Les visions glauques de ce
qui se passe dans la boite deviennent de plus en plus oppressantes : des
hommes aux regards lubriques salivent devant le show des filles, les billets
pleuvent, les verres se remplissent d’alcools, et la lumière stroboscopique
devient de plus agressive. C’est alors qu’une sublime danseuse noire vient
danser sur le comptoir du bar, elle s’approche de Daniel qui se laisse enivrer
devant le déhanchement lascif de la créature. Il boit verre sur verre que le
barman remplis de façon de plus en plus mécanique. Maladroitement il
prend une photo à l’aide de son téléphone portable. Un videur remarque ce
geste prohibé et vient avertir Daniel en lui chuchotant une remarque à
l’oreille (il efface la photo de son téléphone). Daniel ne sourcil pas, déjà
attaqué par l’ivresse il continue d’admirer la danseuse et tente de lui parler à
chacun de ses passage. Son regard s’assombrit, jusqu’au moment où,
perdant son sang froid, il lui jette son verre au visage.

Tout à coup : l’silence, elle entre comme une panthère


Avec une sirène stridente
Tombe le verre cul sec me voilà pris d’dans
J’sens l’diable pointer avec son trident
Eh beauté, pourquoi tu fais c’taf ?
Tu t’balances d’vant ces pervers
Qui fantasment chez eux, devant tes kilos d’chair ferme
Alors que p’têt ton homme t’attend
Et qu’il s’ronge les sangs, un pied à l’hôpital
De peur qu’chaque soir tu partes accrochée au cou d’un minable
Tu m’tournes la tête dans mon verre et dans la salle
Il fait 40, fais couler cette bouteille pour la fête
Un molosse de la sécu vient m’calmer
J’entends plus rien, j’vois qu’tes jambes galbées
Oh panthère, pourquoi même pas un regard
Je m’tue à t’expliquer que j’suis différent d’ces tocards
A bien des égards, j’suis pas un mec à écart
Allez s’te plait, j’t’attends d’vant la porte à et quart
Envoie l’sky patron, j’me sens danser
Et trinquer on the rocks à la santé d’ma fiancée
Oh panthère, j’te cause, réponds moi bordel
J’sais qu’tu m’entends, même si tes paupières sont closes
T’es comme les autres, pas besoin qu’on s’connaisse
Freluques différentes ouais t’es comme mon ex
Une salope déguisée en fille valable
Et toi un’ salope fringuée avec sa panoplie d’gala
A cause d’un’ pute comme toi, j’me retrouve seul
Tu m’feras plus jamais mal, et tiens prends ça dans ta gueule

DANIEL
(saoul)
Et tiens...Salope !

Deux videurs viennent l’agripper par le col.

DANIEL
(furieux se débattant)
Touche moi pas toi ! Lève les
mains de là.
Les videurs ne bronchent pas et lui assènent quelques coups dans les côtes et
lui balancent un franc coup de tête dans la bouche, avant de le jeter par la
porte de derrière. Daniel beugle la bouche éclatée.

35. EXT/RUELLE/NUIT
04:00
Daniel allongé sur un sol de pavés humides, sale et blessé essaye de se
relever accroupi, agenouillé le dos voûté face contre terre.

DANIEL
Bâtards... bande de bâtards

Un moment d’absence, au cours duquel il semble avoir du mal à reprendre


connaissance. Un maelström de son et d’akufen envahissent ses pensées. Sa
tête ne veut pas se décoller du sol, un filet de bave et de glaires s’écoulent
de sa bouche, et du sang s’écoule de ses narines, il est pris de soubresauts de
sanglots et semble « couiner » comme Harvey Keitel dans « Bad Lieutnant ».
Daniel se relève difficilement et commence à errer en titubant dans les rues.

36. EXT/RUES/NUIT
Il croise des gens qu’il semble dégoûter ou inquiéter. Il les regarde
suspicieusement comme si dans chaque couple, il voyait Safia dans les bras
d’un autre homme (2 couples et une fille seule qui de loin pourraient
ressembler à Safia). Il vomit au coin d’une rue. Puis profitant d’un tuyau
d’arrosage de cantonnier, il s’asperge le visage. De l’eau coule le long de ses
cheveux. Il titube, se tient aux murs, s’appui contre les voitures en
stationnement. Il erre aigris et déboussolé.
- La rue –
1 couplet
er

La nuit s’offre à mes yeux à l’heure où les rues sont pas sûres
J’marche, titube / un kleenex panse mes blessures
J’m’arrête au coin pour vomir, perd l’équilibre
Me relève avec difficulté avec l’aide des deux mecs qui livrent
A chaque pas, la rage inonde mon cœur
Ceux qui m’croisent ont peur, j’peux les comprendre
Un faciès de sang et d’sueur, ivre comme une barrique
C’est moi Dany / l’imbécile qu’sa moitié a trahi
J’te parie qu’en c’moment elle dort avec un gonze
Si j’avais un peu d’cran / j’irai / avec un chrome
Une femme prépare sa sortie avant
Elle quitte le foyer rassurée par un amant
J’ai pas foiré en fin de compte, j’suis sûr qu’c’est elle qui m’a trompé
Attend, bientôt, la vérité va tomber
Elle a dû s’faire embrouiller tant d’fois dans mon dos
Pour ça j’buterais sa mère, ses copines et son mec dans l’lot
REFRAIN
Du sang dans la bouche, du vomi sur les pompes
Je zig et zag, cogite et fait les comptes
C’est si, c’est ça, c’est lui ou elle au fond
C’est la même chanson, le même mensonge
- BIS -

2ème couplet
Maint(e)nant mes joues recueillent mes larmes et je ressens le vide
Amour et haine démesurés j’souhaite à personne de le vivre
Autour tout bouge, et à 2 doigts d’s’effondrer
Maint(e)nant mes joues recueillent mes larmes et je ressens le vide
Amour et haine démesurés j’souhaite à personne de le vivre, debout et
emmuré
J’me fais le film où je les tue, non j’peux plus rien endurer
Elles jouent les saintes, femmes au foyer modèles
Partent au taf le matin, comme on part au bordel
Draguent un mec de la boite, tiens prend le portable
Toi tu trimes et elle prend son panard au 1er rencard
Y en a pas une pour sauver l’autre
Elles tiennent une armée d’excuses / enrobées d’un esprit trop véloce
Autour d’moi tout tourne, j’suis à deux doigts de tomber
L’espoir a succombé
Pendant 2 heures la colère a su m’combler
Safia mon amour, comment t’as pu m’tromper
Sais-tu au moins, tout le mal que tu m’as fait

REFRAIN

Il arrive alors devant un café, s’arrête sur les baies vitrées de la devanture
pour reprendre son souffle.

DANIEL (VOIX OFF)


Alors j’me suis r’trouvé d’vant ce
p’tit café, y’ avait une dizaine de
clients et au milieu... c’te fille…
Alors j‘ suis rentré et j’ me suis assis
à sa table… qu’elle le veuille ou
non !

37. EXT/CAFE/NUIT
Il regarde à l’intérieur, l’air hagard, et ses yeux se portent sur une jeune
femme assise seule, rayonnante au milieu de tous les vieux clients habitués du
matin : cantonniers, retraités et autres marginaux noctambules. Dans ce
décor qui respire la fatigue, Daniel se décide à rentrer et se concentre sur sa
marche, évite de se faire remarquer. Il bouscule tout de même une ou deux
chaises tandis qu’il se dirige vers la femme, le visage tuméfié.
38. INT/CAFE/NUIT
- Au café –
AKHENATON
J’ai pris une bonne chaise et m’suis assis en face d’elle
Un’ serviette, essuie la gerbe sur mes baskets blanches,
(Daniel attend son verre, le garçon hésite à le servir)

DANIEL
(agressif)
Eh garçon ?, Ohw...Garçon, sa
fait deux heures qu’j’attends là

Un caïperina pour un bibi, un aut’ pour Mamzel

DANIEL
(éthylique)
Eh ! Attend, J’veux juste boire un
coup avec toi
T’as vu, on tchatche 10 minutes et
j’bouge ok ?

LA FILLE
(correcte et compréhensive)
« Si j’étais toi j’irais boire ailleurs,
mon mec est juste allé aux
toilettes et franchement, il est pas
du genre commode »

DANIEL
(lourd)
« Ben écoute çà tombe bien, tu
vois, d’puis c’tte nuit J’suis plus
jaloux, allez vas y lâche moi un
sourire quoi !!? »

Arrête de me mater ici comme si j’allais mourir


J’ai voulu faire un smack mais j’ai accroché le verre
Il s’est renversé sur la robe et sur son sac, putain d’merde

Au moment où Daniel s’approche pour tenter de lui voler un baiser, il


renverse un verre sur sa robe. Elle pousse un cri, et Daniel se fait arrêter net
par le « petit » ami, un homme à la carrure d’un boxeur.

A c’moment précis, son mec est sorti


2m/2 le gadjo m’a paru bien sportif
PETIT AMI
(sec)
OH clochard ! Qu’est c’que tu
fais ? tu t’crois où là, vas’y lâches
ma femme ?

J’me suis écrasé, retombé sur la chaise


Et me suis dit mon p’tit Dany, ce soir t’es de la baise
Ils sont sortis du troquet bras d’sus, bras d’sous
Et moi aussi 20 secondes après en laissant 4 sous
En répétant dans ma tête, franco, c’est pas possible
S’il t’reste une figure, va rosser cet imbécile

Le couple sort du café. Daniel serre les dents, son regard est haineux et il
décide de les suivre après avoir lâché quelques pièces sur la table, déterminé
et vengeur.

39. EXT/RUE et CHANTIER/AUBE


05:30
- Au café –

DANIEL (VOIX OFF)


Alors de loin, j’ les ai suivis sur 1OO
mètres

Il traîne le pas, éreinté par la nuit redoutable qu’il vient de passer.

DANIEL (VOIX OFF)


Y’avait un p’tit chantier, j’ai
chopé une barre de fer

AKH
Et j’ai cavalé tempête, ils étaient plus lents
J’ai déboulé par derrière, la pouf s’est retournée en hurlant

En passant à côté d’un chantier, il ramasse une barre de fer qu’il empoigne
solidement de sa main meurtrie. Daniel se précipite sur le couple mais la fille
se retourne au moment où il lève la barre à mine sur eux. Le colosse lui envoi
un crochet qui projette Daniel à terre.

AKH
J’ai voulu frapper l’type, il m’a évité
Et direct dans ma tête, un bon crochet
J’suis tombé sur le cul, groggy, j’savais plus où j’étais
Écumant et en bien piteux état, il se relève et bouscule le garçon qui
trébuche sur le trottoir, bascule sur la chaussée et se fait violemment percuter
par un fourgon.

AKH
Debout sur le trottoir il m’insultait
Je m’suis levé difficilement, avec mes deux lèvres en sang
Et par surprise, je l’ai poussé violemment
Il est parti en arrière, entre deux voitures a basculé
Au moment même où un fourgon déboulait

Le corps atterri quelques mètres plus loin et reste sans vie. A partir de ce
moment, tout est confus, le temps se dilate. Tout semble irréel, onirique et au
ralentit.
La jeune femme est affolée et court vers le corps de son copain en
bousculant Daniel.

JEUNE FEMME
(en pleure, hystérique, confuse)
Nooooon ! Noooon ! Au s’cour...
quelqu’un...aidez moi

Le chauffeur abasourdit descend du fourgon au ralentit. Daniel lui, vacille,


perdant prise avec la réalité. Dans ce même mouvement de flottement très
elliptique, on voit les lumières des gyrophares balayer son visage.

DANIEL (VOIX OFF)


Daniel ? Hé Daniel ? Ohw ? Qu’est
ce qui t’arrive là... ?
J’ai pas voulu tout ça… on s’ dit
toujours qu’on est à l’abri, qu’ça
n’arrive qu’aux autres …

Daniel se laisse tomber sur une chaise qui est apparu soudainement en plein
milieu de cette rue.
Sur les séquences qui suivent et ce jusqu’à la séquence 42 incluse, la caméra
tourne autour de notre personnage assis : au milieu de la rue où a eut lieu
l’accident, puis passant dans la salle d’interrogatoire au centre commercial à
la salle d’interrogatoire à une plage et enfin à sa cellule. Les lieux se mêlent,
mais les actions de Daniel marquent une certaine continuité et se raccordent
parfaitement par des effets volets (confère l’action de boire son verre ci-
après dans les séquences 40 et 41). En effet, nous nous servirons des
personnages en face de lui ( inspecteur de police, safia… )pour effectuer les
transitions entre chaque lieu. De plus, toujours en alternance et dans le même
mouvement de caméra, Akh prendra la place du comédien pour laisser
place au playback du morceau, il représente une dernière fois son double
fantomatique à l’instar de la séquence 30.

40. INT/SALLE INTERROGATOIRE/JOUR


- Un plan simple –
Le décor en arrière plan change, nous passons de l’extérieur accident à une
salle d’interrogatoire dans un commissariat en ayant toujours Daniel en
premier plan dans la même valeur.

DANIEL (VOIX OFF)


… et là en un clin d’œil tout
bascule... Putain j’ai tué
quelqu’un… Comme çà, Pour rien
... Pourquoi moi ? sa aurait pu
être si simple….

REFRAIN
J’avais pas prévu ça, j’voulais faire comme d’hab
C’est l’usage, tracer ma route
Sous des cieux sans nuages, un plan simple
Mais j’n’ai plus d’jardin, rien que du sable

AKHENATON
Merde au con qui a dit « l’alcool noie les problèmes »
Me voilà maintenant entre 4 murs, faites que Dieu me protège
J’ai jamais pensé menottes et empreintes, non
J’avais ma destinée tracée d’un plan simple
J’suis discret depuis la crèche, j’voulais une tire modeste
Et croiser le samedi avec du bon son

41. INT/CENTRE COMMERCIAL/JOUR


De la salle d’interrogatoire, même principe que pour la séquence
précédente, le décor en arrière plan change pour nous faire retrouver Daniel
et Safia à la terrasse d’un café dans une galerie commerciale, ils prennent
un verre avec leur enfant de 2/ 3 ans.
- Un plan simple –
Toi assise à mes côtés, dans ces centres où on consomme
On s’ferait gentiment un sorbet à la fraise
Des p’tits bijoux fantaisie empaquetés, avec un collier d’perles
Sans valeur, on s’en tape, on est pas gavés d’fraiche
J’voulais pas un palace, juste un peu plus grand qu’l’appart
Rien d’comparable à ce ranch à Dallas
Une terrasse avec deux chaises en bois rouge
Et là, j’boirais mon thé relax, en short et Havaianas
Les yeux dans l’ciel d’Août, et le cœur loin des épreuves
Je sais pertinemment combien la vie est précieuse
REFRAIN
J’avais pas prévu ça, j’voulais faire comme d’hab
C’est l’usage, tracer ma route
Sous des cieux sans nuages, un plan simple
Mais j’n’ai plus d’jardin, rien que du sable

Daniel porte son verre à la bouche (le décor s’efface derrière lui pour nous
ramener à la salle du commissariat) et quand il le repose...

40B. INT/SALLE INTERROGATOIRE/JOUR


Daniel donne des explications aux policiers et raconte. Daniel médite sur son
sort. Il boit un verre d'eau (mouvement racc. de la seq. 41).
- Un plan simple –
J’voulais voir ton ventre prendre sa forme, mois après mois
Et regarder notre amour prendre des force
J’en aurais bien voulu 2 ou 3, tendresse dans la récolte
Au petit matin, on aurait déjeuné avant d’partir à l’école

De là ils ramèneraient des soleils faits sur papier Canson


J’autoriserais quelques mensonges sûrement
J’voulais m’asseoir près de la fenêtre quand le ciel s’couvre
Un verre de Nah Nah dans la main et un livre d’Amine Maalouf
Sentir l’odeur de la terre soulevée par les gouttes,
Faire la valise, partir aux antipodes avec nos économies
Bien sûr garder sous le coude, 2 ou 3 sous pour offrir
De quoi s’fringuer à la mode : de belles sapes, à nos filles ou nos fils
J’voulais gratter un stock de rimes sur mon cahier
Qu’un max de gens l’entendent et que j’puisse grailler
Pas beaucoup, l’minimum, de quoi pas calculer
Les jaloux qui rigolent et les tas de factures accumulées
J’voulais après le taf m’asseoir sur le sofa
Et t’prendre dans les bras, bref, faire c’que les maris font à leur femme
Je me serais satisfait d’une vie moyenne
Mais j’ai foiré, et je pars pour un séjour à Cayenne
42. EXT/JOUR/PLAGE
On retrouve le couple en famille sur la plage en silhouette contre jour, le soleil
décline à l'horizon et va disparaître dans la mer, le ciel est pourpre orangé.
- Un plan simple –
J’avais pas prévu ça, j’voulais faire comme d’hab
C’est l’usage, tracer ma route
Sous des cieux sans nuages, un plan simple
Mais j’n’ai plus d’jardin, rien que du sable

43. INT/CELLULE/JOUR
06:00
On retrouve Daniel dans une étroite cellule défraîchie, un rayon de lumière
provenant d’une petite fenêtre éclaire faiblement la pièce. Il est
recroquevillé et perdu dans ses pensées. (Akhenaton peut être dans un coin
de la pièce, tapi dans l’ombre et rapper le dernier morceau).
- Thème de fin –
Transition avec la lumière de la fenêtre qui vient directement éclairer le
visage et le regard de Daniel, il regarde profondément la caméra comme s’il
voulait sonder le fond de nos âme et détourne la tête lentement vers le mur.
Le rayon de lumière se dissipe peu à peu. La nuit tombe sur Daniel allongé sur
la banquette de sa cellule.
Fondu au noir.

Fin

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