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MODULE « SANTE »

INTERRELATION SANTE/MGF

Informations pour les organisations de la


coopération allemande au Mali

Gritt Richter, Conseillère MGF de la coopération allemande au Mali


gritt_richter_ded_mali@yahoo.fr

Bamako/Mali, avril 2008


(Version d’avril 2007 retravaillée)

Service Allemand de Développement / DED Mali 1


CONTENU

Introduction 3

I La définition de la santé 4

II Les organes de l’appareil génital féminin 4


Les organes externes : définition et fonctions 4
Les organes internes : définition et fonctions 6

III Les MGF 8


La définition des MGF 8
Les différents types de MGF 8
Les conséquences sur la santé 9
Les conséquences immédiates 9
Les conséquences à long terme 10
1. Les complications gynécologiques 10
2. Les complications pendant l’accouchement 11
3. Les complications sexuelles 12
4. Les conséquences pour la santé psychologique 12

IV Réflexions 13
Réflexion 1 : Les complications des MGF sur la santé 13
Réflexion 2 : Les répercussions des MGF sur les organes
génitaux féminins 13
Réflexion 3 : Les complications des MGF observées au Mali 16
Réflexion 4 : La question de la médicalisation des MGF 18
Réflexion 5 : Les répercussions des MGF sur l’homme 20
Réflexion 6 : L’interrelation MGF/VIH 21

Bibliographie 23
Annexe 25

DED: Deutscher Entwicklungsdienst, Service Allemand de Développement


FES : Friedrich Ebert Stiftung, Fondation Friedrich Ebert
GTZ: Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit, Coopération Technique Allemande
KfW : Kreditanstalt für Wiederaufbau, Banque Allemande de Développement
MGF: Mutilation Génitale Féminine
OMS: Organisation Mondiale de la Santé
WHH : Deutsche Welthungerhilfe, Agro Action Allemande

Service Allemand de Développement / DED Mali 2


INTRODUCTION

L’approche «sanitaire» ou l’approche «santé» est une approche de lutte contre


les mutilations génitales féminines (MGF) employée pendant les 15 à 20
dernières années qui porte sur l’information de la population sur les risques des
MGF pour la santé des filles et des femmes concernées.

Cette approche est adoptée par de nombreuses associations et ONG maliennes.


Le présent module1 vise à présenter les faits importants d’une manière concise
pour les personnes focales de la GTZ et pour toute autre personne d’une
organisation de la coopération allemande au Mali (DED, KfW, WHH, FES,
Ambassade de l’Allemagne).

Le module comprend quatre parties. Les parties I, II et III donneront d’abord les
connaissances de fond. Les réflexions de la partie IV entreront ensuite dans les
argumentations concrètes qui peuvent aider dans les débats, discussions ou
sensibilisations.

I La définition de la santé servira comme point de démarrage.


II Le module élabora après sur l’appareil génital féminin et son
fonctionnement.
III Ensuite il entrera en détail sur les MGF en donnant la définition, en
expliquant les différents types et en précisant les complications liées à
cette pratique néfaste.
IV Dans une dernière partie six réflexions seront élaborées.
Réflexion 1 : Comment les complications liées aux MGF affectent-elles la
santé?
Réflexion 2 : Comment les organes génitaux féminins sont-ils affectés
dans leur fonctionnement par les MGF ?
Réflexion 3 : Quelles sont les complications des MGF observées au Mali ?
Réflexion 4 : Pourquoi ne pas aller à l’hôpital pour faire exciser sa fille ?
Réflexion 5 : Est-ce qu’il y a des répercussions des MGF sur l’homme ?
Réflexion 6 : Quelle est l’interrelation entre les MGF et la transmission du
VIH ?

Le présent module « Santé/MGF » va de pair avec un deuxième module sur


l’interrelation « Droits de l’Homme/MGF ».2

1
Cette version du module est une version retravaillée et actualisée dans laquelle des nouvelles
réflexions ont été incluses. La première version a été élaborée en avril 2007 par la conseillère MGF
avec la participation de M. Abdou Dembele et de M. Mamary Konaté de l’Association Malienne Pour
le Développement Rural (AMPDR) ainsi que de M. Adama Sanogo et Dr. Touré, Médecin Chef
Service Socio-Sanitaire au Centre de Référence de la Commune IV à Bamako. Ce module contient
aussi des éléments d’un travail effectué en octobre et novembre 2007 avec et pour le Programme
Nationale de Lutte contre la pratique de l’Excision (PNLE) sur l’aspect « ethique ».
2
Richter, Gritt. Module « Droits de l’homme », Interrelation Droits/MGF, DED Mali, avril 2008,
(Version d’avril 2007 retravaillée). En ce qui concerne le module sur l’interrelation « Droits de
l’Homme/MGF »), la conseillère MGF a rédigé additionnellement un document qui sert de support
pour une journée de formation sur les droits de l’homme et fait découvrir l’approche
méthodologique utilisée dans un esprit de partage d’expérience avec d’autres organisations
maliennes (Richter, Gritt. Synthèse d’une journée de formation sur les Droits de l’homme, DED
Mali, avril 2007).

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I LA DEFINITION DE LA SANTE

La définition de la santé adoptée internationalement est la définition de la santé


donnée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

L’OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et


social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.3

II LES ORGANES DE L’APPAREIL GENITAL FEMININ

L’appareil génital féminin est constitué d’organes externes et internes. Par la


suite chaque organe externe comme interne sera nommé et définit ; ses
fonctions seront également décrites.

Les organes externes: définition et fonctions4

La vulve (voir dessin sur la page suivante) :


Définition : La vulve correspond à l’ensemble des organes génitaux externes de
la femme. Elle se compose donc des formations situées sous le pubis, soient les
deux grandes lèvres, les deux petites lèvres, le clitoris, l'orifice urinaire et
l'entrée du vagin.
Fonction : La vulve est un organe érectile qui participe à la copulation.

Le Mont de Vénus ou le pubis :


Définition : Le Mont de Vénus est constitué de tissus adipeux et épais. Il se situe
au bas de l’abdomen, recouvre l’os du pubis et est recouvert de poils.
Fonction : Le pubis protège contre la saleté, mais la principale fonction de cette
zone est d’amoindrir les contacts sexuels en évitant qu’ils deviennent douloureux
par la collision des os (os de pubis).

Les grandes lèvres :


Définition : Ce sont deux larges replis, constitués par la peau et des tissus
graisseux qui se trouvent sur les côtés du vagin. La partie externe est recouverte
de poils.
Fonction : Au repos, les grandes lèvres se rejoignent et recouvrent, pour les
protéger, les autres organes sexuels: le clitoris, l’orifice urinaire et vaginal et les
petites lèvres. Au niveau du tiers postérieur des grandes lèvres se situent les
glandes de Bartholin. Ces deux glandes (droite et gauche) produisent les
sécrétions filantes, incolores et lubrifiantes qui facilitent la pénétration du pénis

3
http://www.who.int/fr, 27.11.2006
4
Youth Development Foundation. Modules de formation des pairs éducateurs, Mvog-Ada face
Institut Samba, Yaoundé, Cameroon.
http://www.paueducation.com/unesco/pdf/mydf.pdf (29.4.2007)

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lors des rapports sexuels.

Les organes de l’appareil génital féminin externe, la vulve5

Les petites lèvres :


Définition : Ce sont deux petits plis de tissus fins qui sont situés entre les
grandes lèvres et généralement cachés par elles. Elles vont de l'orifice vaginal,
qu’elles entourent et protègent, jusqu’au clitoris, où elles se réunissent de
chaque côté de cet organe. Les petites lèvres sont sans poils.
Fonction : Elles protègent l'orifice vaginal et le méat urinaire.   Elles ont aussi
l'usage de diriger le jet de l'urine.

Le clitoris :
Définition : C’est l’organe érectile de la femme et l’équivalent féminin du pénis
de l’homme. Le clitoris est une partie sous la forme d’un bourgeon située sur la
partie supérieure de la vulve, là ou les petites lèvres se rejoignent. Il est fait
d’un ensemble de tissus érectiles et très sensibles.
Fonction : Le clitoris est le seul organe qui ait pour unique fonction de procurer
du plaisir; le clitoris a donc une fonction érotique. C'est de loin la zone la plus
sensible du sexe féminin, même le point focal de stimulation sexuelle.
L’excitation de beaucoup de femmes se fait par le clitoris. Tout comme le pénis,
l’excitation sexuelle fait gonfler et grossir le clitoris (érection).

L’orifice urinaire ou le méat urinaire :


Définition : L’orifice urinaire est une toute petite ouverture qui se trouve au
dessus de l’ouverture du vagin et qui est contrôlée par un muscle. Ce muscle se
détend, s’étend, s’élargit et l’urine accumulée plus haut dans la vessie sort en
jet. Ce muscle est très fin.
Fonction : Le méat urinaire sert de point de passage et de sortie des urines.

5
http://education.sexuelle.free.fr/anatomie-feminine.php (29.04.2007)

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L’orifice vaginal ou l’ouverture du vagin :
Définition : L’orifice vaginal est l’ouverture ou l’entrée qui donne accès au vagin.
Cette ouverture est élastique, elle s’étend pendant les rapports sexuels et
surtout à la naissance du bébé.
Fonction : L’orifice vaginal est la voie empruntée par le pénis pour accéder au
vagin lors des rapports sexuels ainsi que la voie pour la sortie des menstrues et
de l’enfant lors de l’accouchement.

L’hymen :
Définition : L’hymen est une mince membrane qui recouvre partiellement
l’entrée du vagin chez la plupart des filles et femmes vierges et se compose d’un
tissu fibreux et élastique. Sa forme et son étendue varient selon les femmes.
C'est un reste du développement fœtal. Il se déchire normalement avec le
premier rapport sexuel. Mais il est a noté que certaines filles naissent sans
hymen !
Fonction : La fonction biologique de l’hymen humain est encore incertaine. Les
scientifiques présument que l’hymen protège le vagin contre les infections chez
les petites filles.

Le périnée :
Définition : Le périnée est la partie située entre l'ouverture du vagin et l'anus
constitué de peau et de muscles ainsi que du tissu qui peut se gonfler. C’est une
zone qui n'appartient pas à la vulve, mais pourvue de nombreuses terminaisons
nerveuses c'est une zone qui est sensible au toucher.
Fonction : Le rôle du périnée de la femme est ambitieux puisqu’il doit maintenir
les organes pelvi-abdominaux et permettre en même temps quatre fonctions
essentielles à la vie: la miction (l’écoulement de l’urine), l’activité sexuelle, la
parturition (accouchement, naissance) et la défécation.

Les organes internes: définition et fonctions6

Le vagin :
Définition : Le vagin lie la partie génitale externe avec l'utérus, s’étend donc de
la vulve (l’orifice vaginal) au col utérin où il se termine. Cet organe interne de la
femme est une cavité cylindrique musculaire, élastique et souple.
Fonction : Le vagin est l’organe de copulation chez la femme, c’est-à-dire c’est
une cavité qui reçoit le pénis de l’homme lors des rapports sexuels. Le vagin est
aussi un organe fortement érogène. Il a entre autres propriétés de se lubrifier
lors du rapport sexuel par un phénomène involontaire né du désir. A part sa
fonction sexuelle le fœtus traverse le vagin au moment de l’accouchement et
l’écoulement des règles se passe également par cet organe.

Le col de l’utérus ou le col utérin :


Définition : Le col de l'utérus (cervix) est la portion du bas utérus, où celui-ci se
joint au sommet du vagin. Le col utérin marque alors le début de l'utérus.
Fonction : Le col de l’utérus sert de lieu de passage des spermatozoïdes, des
règles et a un rôle très important par la glaire qu’il sécrète et qui protège
l’utérus contre les infections. Il sert aussi de lieu de passage de l’enfant pendant

6
Youth Development Foundation. Modules de formation des pairs éducateurs, Mvog-Ada face
Institut Samba, Yaoundé, Cameroon.

Service Allemand de Développement / DED Mali 6


l’accouchement. Au cours de la grossesse le col de l'utérus est bloqué par un
bouchon de muqueuse antibactérienne qui aide à prévenir les infections. Ce
bouchon de muqueuse se libère lorsque le col de l'utérus se dilate lors du travail
ou peu de temps avant.

Les organes de l’appareil génital féminin interne7

L’utérus :
Définition : C’est un muscle creux qui se trouve dans le bas-ventre.
Fonction : L’utérus est l’organe destiné à contenir l’œuf fécondé, ses membranes
et le placenta, à assurer son évolution pendant neuf mois (embryon puis fœtus)
et à l’expulser lorsqu’il est arrivé au terme de son évolution. C’est aussi sa paroi
intérieure qui se dégrade pour sortir sous la forme de règles si aucune
fécondation n’a eu lieu.

Les trompes, les trompes de Fallope ou les trompes utérines :


Définition : Les deux trompes sont deux conduits qui s’étendent entre l’utérus et
les ovaires et s'abouchent sur l'utérus des deux côtés de sa partie supérieure.
Fonction : Elles ont pour principale fonction de capter l'ovule expulsé par l'ovaire
et de permettre sa fécondation par le spermatozoïde. C’est par conséquent le
lieu de la fécondation. S’il y avait fécondation, l’ovule est transporté ensuite vers
l’utérus où l’embryon sera formé.

Les ovaires :
Définition : Les deux ovaires sont des glandes situées dans le petit bassin.
Fonction : Les ovaires chez la femme ont une fonction double, la production des
ovules et la sécrétion hormonale des deux hormones sexuelles indispensables,
œstrogène et progestérone.

7
Population Council. Infections du Tractus Génital, Un jeu de fiches d’information, 2002;
http://www.popcouncil.org/pdfs/frontiers/RTIfactsheets_fr/RTI_fr.pdf (29.4.2007)

Service Allemand de Développement / DED Mali 7


III LES MGF

La partie suivante éclairera la définition des MGF, les types pratiqués au Mali
ainsi que les conséquences sur la santé des filles et des femmes concernées.

La définition des MGF

L’OMS définie les MGF comme : toutes les interventions incluant l’ablation
partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des
organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses
ou pour toute autre raison non thérapeutique.8 Au Mali, il existe une définition
qui a été approuvée par tous les intervenants actifs dans la lutte contre les MGF.
D’après cette définition la pratique consiste à l’ablation totale ou partielle des
organes génitaux externes de la femme de façon irrémédiable.

Les différents types de MGF

L’OMS distingue les types des MGF suivants :


Type I : Ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce
(clitoridectomie).
Type II : Ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou
sans excision des grandes lèvres (excision).
Type III : Rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation
et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans
excision du clitoris (infibulation).
Type IV : Toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes
génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le
percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.9

La clitoridectomie (type I) et l’excision (type II) sont les formes les plus
répandues au Mali; l’infibulation (type III) reste faible.

8
OMS. Les mutilations sexuelles féminines, Aide-mémoire N°241, Juin 2000.
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/fr/ (23.9.2006).
9
En 2007, l’OMS a modifie sa classification des types des MGF de 1995. Cette classification
apparaît dans la publication actuelle de l’OMS de 2008 en anglais : WHO. Eliminating Female
genital mutilation. An interagency statement. OHCHR, UNAIDS, UNDP, UNECA, UNESCO, UNFPA,
UNHCR, UNICEF, UNIFEM, WHO, Geneva, 2008, p. 24. La traduction en français en haut est la
traduction officielle de l’OMS qui a été pourtant, au moment de la rédaction de ce module, pas
encore publié officiellement par cette agence des Nations Unies.

Service Allemand de Développement / DED Mali 8


MGF
Les conséquences sur la santé

La liste des conséquences citées ci-dessous n’a pas pour but d’être exhaustive,
mais vise plutôt à donner un aperçu sur la dimension du problème de santé
publique lié aux MGF dans beaucoup de pays africains et au Mali, bien que l’on
doive spécifier que toutes les femmes concernées ne souffrent pas de
complications de cette pratique ; il ne faut alors pas généraliser. Toutefois, une
infibulation, qui réduit l’orifice vaginal et couvre le méat urinaire, ou une excision
avec une forte cicatrisation ont souvent des conséquences plus sévères.

Les conséquences immédiates MGF


Douleur extrême : L’appareil génital féminin est très innervé (riche en nerfs, la
partie du corps féminin avec la plus haute concentration des nerfs). Une coupure
dans cette partie cause plus des douleurs qu’une coupure faite au niveau du
bras ou du pied.

Hémorragie (saignement) : L’appareil génital féminin est également très


vascularisé (lieu de beaucoup de vaisseaux sanguins, le clitoris et les petites
lèvres sont le lieu de nombreuses artères et veines). Des blessures de ces
vaisseaux sanguins sont très dangereuses et peuvent mener à des saignements
abondants qui, souvent, ne peuvent être maîtrisés et entraînent choc et décès.

Choc nerveux, hémorragique, septique : La douleur extrême, les


saignements forts et une septicémie (infection) peuvent provoquer un choc. Un
tel état de choc peut finir par la mort de la fille.

Infections aiguës : Les infections suites à une MGF qui menacent la vie d’une
fille sont la septicémie, mais aussi le tétanos ou l’hépatite (voir aussi le risque
d’infection avec le VIH en réflexion 6 dans ce module).

Hémorragie, choc et infection peuvent entraîner la mort d’une fille!

Rétention d’urine (impossibilité d’uriner) : Une rétention d’urine peut


résulter d’une MGF, parce que: 1. L’urine doit s’écouler sur la plaie, ce qui cause
d’énormes douleurs, la fille retient donc l’urine pour éviter ces douleurs; 2. La
zone génitale est gonflée ce qui peut empêcher une urination normale; 3. Après
une infibulation le méat urinaire est masqué, cet état s’ajoute au fait que l’urine
doit s’écouler sur la plaie.

Incontinence urinaire (impossibilité de retenir les urines) : Une


incontinence suit si le méat urinaire, le périnée ou l’anus sont blessés par
inattention et/ou parce que la fille se révolte fortement contre l’acte.

Service Allemand de Développement / DED Mali 9


Il peut aussi résulter des fractures et des luxations si la fille se défend
fortement.

Les conséquences à long terme MGF

1. Les complications gynécologiques


Miction difficile (miction, écoulement de l’urine) : La miction devient difficile à
cause de la cicatrisation de la zone génitale qui peut réduire ou couvrir
partiellement (excision) ou totalement (infibulation) le méat urinaire.

Infections récurrentes (répétées) des voies urinaires et génitales : Ces


infections peuvent se produire à cause d’une suture ou d’une cicatrisation mal
faite qui réduit le méat urinaire et/ou couvre l’orifice vaginal. Cela amène des
problèmes de vidange de la vessie et/ou d’un bon écoulement du sang des
menstrues. Il reste toujours un peu d’urine ou un peu de sang… source
d’infections.

Hématocolpos : C’est le cas extrême de l’empêchement d’un bon écoulement


du sang des règles. Le sang s’accumule dans le vagin (hématocolpos). Dans le
cas extrême un hématocolpos peut aboutir à la stérilité.

Dysménorrhées (règles douloureuses) : La réduction de l’orifice vaginal par


une suture (type III) ou une cicatrisation mal faite (type II) prolonge les
menstrues anormalement et les rend douloureux.

Infécondité (impossibilité de tomber enceinte et de concevoir) : Une MGF


peut être la source d’infections qui peuvent se répéter et devenir chroniques. Si
une telle infection arrive au niveau du tractus génital supérieur, à savoir de
l’utérus, des trompes et des ovaires ou même de l’ensemble du bas-ventre, une
conséquence peut être l’infécondité (par exemple une infection plus longue des
trompes peut entraîner la stérilité par une obstruction dangereuse de ces
organes).

Formation de chéloïdes : Chaque personne a sa façon de cicatriser, une


blessure donne une petite cicatrice chez une personne, mais une grande chez
une autre. Des chéloïdes (ou aussi cicatrices chéloïdiennes) sont des mauvaises
cicatrices – des cicatrices qui sont très volumineuses et dures, qui n’ont aucune
tendance à s’améliorer et qui restent stables ou s’aggravent même avec le
temps. Elles se forment là où l’exciseuse avait coupé et mènent à des problèmes
lors de la miction (écoulement de l’urine), des menstrues et de l’accouchement.

Fistules vésico vaginales/recto vaginales : Une fistule vésico vaginale (FVV)


est une communication anormale entre la vessie et le vagin entraînant une
incontinence urinaire, comme la fistule recto vaginale (FRV) est une
communication entre le vagin et le rectum entraînant une incontinence fécale.
Les fistules sont malheureusement très répandues en Afrique et souvent le
résultat du trauma pendant et des difficultés lors des accouchements pénibles.
Les fistules peuvent donc être aussi une conséquence d’une MGF qui rend plus
difficile l’accouchement ; une FVV ou une FRV peut être provoquée si la tête du

Service Allemand de Développement / DED Mali 10


fœtus est bloquée dans le vagin et comprime la vessie et le rectum pendant
longtemps. Malheureusement il y a aussi une association entre les fistules et les
infections urinaires et vaginales récurrentes.

D’autres complications gynécologiques qui arrivent, mais plus rarement, sont :


• Les kystes dermoïdes : Une tumeur qui se développe au niveau de la
cicatrice et qui est très douloureuse.
• Le neurinome clitoridien : Une tumeur là où il y avait le clitoris. Cette
cicatrice du clitoris est très douloureuse, avant tout lors des rapports
sexuels.
• L’abcès de la vulve : La collection du pus au niveau de la vulve.
• Les brides vulvaires : Elles obstruent les voies génitales.

2. Les complications pendant l’accouchement


En général une MGF rend l’accouchement plus douloureux et long. Elle peut
entraîner (en cas d’infibulation) des problèmes à cause du tissu cicatriciel induré
qui provoque la fermeture partielle ou totale de l’orifice vaginal et qui peut se
déchirer d’une manière incontrôlable (conséquence : saignements dangereux).
Une difficulté d’expulsion peut provoquer une déchirure du périnée (conséquence
: incontinence), une hémorragie (conséquence la plus extrême : décès), la
formation des fistules ou la rupture utérine.

Les complications peuvent entraîner de graves problèmes maternels (le décès ou


de sérieux états d’anémie après l’accouchement) et néonatales (mort-nés ou
déformations mentales à cause d’un manque d’oxygène). Les femmes infibulées
doivent subir une désinfibulation pour permettre le passage du nouveau-né.
Cette procédure augmente le risque d’infection.

Une étude de l’OMS publiée en 2006 a montré « (…) que la mutilation génitale
féminine fait courir un risque important aux bébés lors de l’accouchement. Les
chercheurs ont montré que les bébés dont la mère a subi une mutilation ont
plus souvent besoin d’être réanimés (le taux est de 66% plus élevé chez les
femmes ayant subi une mutilation de type III). De même, le taux de mortalité
des bébés pendant et immédiatement après l’accouchement est beaucoup plus
élevé lorsque la mère a subi une mutilation génitale féminine : la surmortalité
est de 15% dans le cas des mutilations de type I, de 32% dans le cas des
mutilations de type II, et de 55% dans le cas des mutilations de type III. On
estime que dans le contexte africain, sur 1000 accouchements, de 10 à
20 bébés de plus meurent à cause de cette pratique. » ! 10

10
OMS. Une nouvelle étude montre que la mutilation génitale féminine expose les mères et les
bébés à des risques majeurs à l’accouchement, 2006.
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/pr30/fr/ (23.9.06)

Service Allemand de Développement / DED Mali 11


3. Les complications sexuelles
NB: En ce qui concerne les conséquences des MGF sur la sexualité d’une femme, il ne
faut aussi pas généraliser ! Les femmes excisées ne sont pas des handicapées
sexuellement. Il y a des femmes qui n’ont aucun plaisir, mais il existe aussi des femmes
qui trouvent des possibilités de jouir de leur sexualité. Il est vrai que le centre de la
sensualité sexuelle de la femme est le clitoris, mais il y a quand même d’autres organes
qui jouent un rôle important. Finalement la relation dans le couple et la sensibilité de
l’homme pour sa femme jouent un rôle primordial.

Dysfonctionnement sexuel (frigidité, baisse ou absence de la sensibilité


sexuelle, incapacité d’avoir un orgasme) à cause de la mutilation partielle ou
totale du clitoris (NB: Différentes discussions lors des rencontres dans les villages au
Mali ont montré que certaines femmes excisées parviennent à l’orgasme, donc il est
important de rappeler une fois de plus de ne pas généraliser !)

Dyspareunie (rapports sexuels douloureux) par exemple à cause des


infections répétées au niveau de l’appareil génital féminin externe, d’un orifice
vaginal très réduit, des cicatrisations mal faites qui empêchent une pénétration
normale, d’une infection des glandes de Bartholin qui sont responsables de la
lubrification lors des rapports sexuels.

Incapacité d’avoir des rapports sexuels à cause d’une pénétration qui n’est
pas possible car il y a une suture qui réduit l’orifice vaginal considérablement
(type III, ce qu’a entraîné le divorce dans certains cas).

Frustrations et dépressions à cause d’un sentiment de ne pas être capable


d’avoir des rapports sexuels «normaux», «sans problèmes», «sans douleurs» et
d’avoir une satisfaction sexuelle.

4. Les conséquences pour la santé psychologique


Une MGF peut marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies. Certes les
douleurs psychiques varient d’une personne à l’autre et dépendent des
circonstances dans lesquels une MGF a été pratiquée. Mais c’est un fait que les
filles se retrouvent dans une situation de douleur et de peur extrême à laquelle
elles n’ont pas été préparées. Certaines filles se sentent donc trahies, par
exemple de leur environnement social ou de leurs mères qui ne les ont pas
protégées. La méfiance et une perte de confiance peuvent résulter. A plus long
terme, les femmes peuvent souffrir d’un sentiment d’inachèvement, d’angoisse
ou de dépression et vivre des troubles de la personnalité.11

11
OMS. Les mutilations sexuelles féminines, Aide-mémoire N°241, Juin 2000.

Service Allemand de Développement / DED Mali 12


IV REFLEXIONS
Réflexion 1: Comment les complications liées aux MGF affectent-elles la
santé?

MGF
Les effets des MGF sur la santé en général sont bien visibles à partir de l’analyse
des éléments focaux de sa définition: L’OMS a définit la santé comme un état de
complet bien-être physique, mental et social et non seulement comme une
absence de maladie ou d'infirmité.

Les MGF compromettent la santé physique en coupant des parties de l’appareil


génital féminin externe avec des répercussions sur le fonctionnement de ses
parties ainsi que sur des parties internes de cet appareil. L’appareil n’est plus
complet et son fonctionnement peut être gravement réduit jusqu’à ce que
différentes parties ne puissent même plus jouer leur rôle prévu. Les MGF
mettent aussi en danger le bien-être mental et social. Des infections répétées ou
par exemple des petits problèmes par ci et par là peuvent freiner une
participation active à la vie; l’infécondité, l’incontinence ou les fistules peuvent
avoir des suites sociales négatives pour la femme, même le rejet social.

REFLEXIONS
Réflexion 2: Comment les organes génitaux féminins sont-ils affectés
dans leur fonctionnement par les MGF?

Les organes génitaux externes de la femme


La vulve :
Rappel Fonction : La vulve est un organe érectile qui participe à la copulation.
Dégât fait par une MGF : En coupant différentes parties de la vulve (selon le
type) l’exciseuse détruit certaines parties à son niveau. Elle peut par exemple
couper ou blesser gravement par inattention les grandes ou petites lèvres ou le
méat urinaire, ce qui peut endommager les fonctions de ces organes de la vulve.

Les grandes lèvres :


Rappel Fonction : Protectrices des autres organes sexuels, qui sont le clitoris,
l’orifice urinaire et vaginal ainsi que les petites lèvres. Lieu des glandes de
Bartholin qui produisent les sécrétions facilitant la pénétration.
Dégât fait par une MGF : Dans le cas d’une infibulation (type III) où une partie
des grandes lèvres est coupée et où la plaie est ensuite suturée, il est évident
que la fonction naturelle de protection de cet organe soit compromise. Mais aussi
dans le cas d’une «simple» blessure des grandes lèvres par inattention de
l’exciseuse, la fonction de protection sera réduite.

Service Allemand de Développement / DED Mali 13


Les petites lèvres :
Rappel Fonction : Elles protègent l'orifice vaginal et le méat urinaire.
Dégât fait par une MGF : Dans le cas d’une excision (type II) les petites lèvres
sont partiellement ou totalement coupées ce qui mène à une non protection de
l’orifice vaginal et peut par la suite faciliter les infections du tractus génital. Mais
aussi dans le cas d’une «simple» blessure des petites lèvres par inattention la
fonction de protection sera réduite. Les petites lèvres peuvent aussi s’accoler,
suite à leur coupure partielle, et par la suite couvrir l’orifice urinaire. Dans ce cas
la femme aura des problèmes lors de la miction, donc lors de l’écoulement de
l’urine (ce qui peut mener aussi à des infections).

Le clitoris :
Rappel Fonction : Procurer du plaisir, fonction érotique, la zone la plus sensible
et le point focal de stimulation sexuelle chez la femme, érection et orgasme.
Dégât fait par une MGF : En endommageant ou en supprimant cet organe par
des différents types des MGF, la sensibilité de la femme est diminuée ou peut
être même supprimée totalement. La femme est privée de son point focal de
stimulation et de la fonction érotique de cet organe. Par conséquent sa capacité
d’atteindre un orgasme est souvent indisposée, comme aussi la fonction
afférente : l’érectilité du clitoris. Selon les cas il y a donc des répercussions
importantes sur la vie sexuelle, non seulement de la femme mais aussi du
couple.

L’orifice urinaire ou le méat urinaire :


Rappel Fonction : Le méat urinaire sert de point de passage et de sortie des
urines. Il est contrôlé par un muscle.
Dégât fait par une MGF : Dans le cas où par inadvertance ou inhabilité le méat
et son muscle sont blessés, la fille souffrira par la suite d’une incontinence, c’est-
à-dire elle ne peut plus contrôler ses urines. Cet état peut amener à une
exclusion sociale. Dans le cas d’un accolement des petites lèvres (une possible
conséquence du type II) et d’une infibulation (type III) l’orifice urinaire est
même complètement masqué ce qui résulte à de grandes difficultés d’uriner – la
sortie des urines doit être forcée goutte par goutte, petit à petit. Il est plutôt
difficile de bien vider la vessie et en plus l’urine peut rester sous la cicatrice. Tout
cela peut amener des infections des voies urinaires.

L’orifice vaginal ou l’ouverture du vagin :


Rappel Fonction : Voie empruntée par le pénis pour accéder au vagin lors des
rapports sexuels, la sortie des menstrues et de l’enfant lors de l’accouchement.
Dégât fait par une MGF : Le but de l’infibulation est entre autres de réduire
l’orifice vaginal à un orifice souvent seulement d’un millimètre de diamètre pour
assurer la virginité d’une fille. Dans ce cas ni le pénis, ni les menstrues ou
l’enfant peuvent entrer dans le vagin respectivement d’en sortir normalement.
Premièrement l’orifice vaginal est trop petit et étroit, deuxièmement la suture
réduit l’élasticité naturelle de l’ouverture du vagin ou cette élasticité n’existe
même plus.
• En cas des rapports sexuels, une ouverture de l’orifice (désinfibulation)
est souvent nécessaire pour permettre une pénétration.
• En cas des menstrues, ils seront souvent douloureux et dans certains cas
aussi prolongés car le sang ne sort pas facilement. Il se peut que tout le
sang ne puisse sortir ce qui mène à l’hématocolpos (accumulation de sang
dans le vagin) et/ou à des infections du tractus génital menant jusqu’à

Service Allemand de Développement / DED Mali 14


l’infécondité.
• En cas d’accouchement une désinfibulation (l’ouverture ou le défaire des
parties génitales, qui ont été fermées par une suture) est souvent
nécessaire.
En cas d’excision un accolement des petites lèvres et/ou une cicatrisation mal
faite peuvent aussi réduire l’orifice vaginal. Aussi une «simple» blessure de
l’orifice vaginal par inattention a des conséquences sur la fonction du vagin et
contrecarre son rôle.

Le périnée :
Rappel Fonction : Permet en même temps quatre fonctions essentielles à la vie:
la miction (écoulement de l’urine), l’activité sexuelle, la parturition
(accouchement, naissance) et la défécation.
Dégât fait par une MGF : Il se peut que par inattention ou parce que la fille se
révolte fortement, le périnée soit endommagé lors d’une MGF. Cela a de graves
répercussions sur la vie de cette fille : elle souffrira alors peut être d’une
incontinence ce qui peut amener une exclusion sociale, elle aura des problèmes
lors de l’accouchement et lors des rapports sexuels.

.
Les organes génitaux internes de la femme
Le vagin :
Rappel Fonction : L’organe de copulation chez la femme, reçoit le pénis de
l’homme, à part de sa fonction sexuelle le fœtus traverse le vagin et aussi à
l’écoulement des règles se passe par cet organe.
Dégât fait par une MGF : Si le vagin est blessé il s’en suit par exemple les
douleurs au moment des rapports sexuels, des problèmes lors de l’expulsion de
l’enfant pendant l’accouchement ou des douleurs lors des menstrues.

Le col de l’utérus :
Rappel Fonction : Lieu de passage des spermatozoïdes, des règles, de l’enfant et
rôle très important par la production de la glaire qui protège l’utérus contre les
infections.
L’utérus :
Rappel Fonction : Contient l’œuf fécondé, assure son évolution et l’expulse.
Les trompes :
Rappel Fonction : Le lieu du transport de l’œuf et de la fécondation.
Les ovaires :
Rappel Fonction : Production des ovules.
Dégât fait par une MGF : Des infections de l’appareil génital externe de la femme
à cause des MGF ou même des infections multiples qui peuvent devenir
chroniques12 peuvent migrer au col. Une telle infection du col est jugée grave,
parce qu’elle entraîne le plus souvent des infections du tractus génital supérieur,
à savoir de l’utérus, des trompes et des ovaires ou même de l’ensemble du bas-
ventre, car la fonction de protection du col par la glaire est compromise. Les
12
En médecine, un état persistant et accablant est appelé chronique. Une maladie est chronique si
elle persiste dans le temps, en général plus de trois mois.

Service Allemand de Développement / DED Mali 15


conséquences des infections du tractus génital supérieur sont nettement plus
graves que les infections du tractus génital inférieur. Une infection due à une
MGF remontée au col peut monter même jusqu’aux trompes et aux ovaires. Une
infection plus longue des trompes par exemple peut entraîner la stérilité par une
obstruction dangereuse de ces organes.13

Une stérilité suite à une infection liée aux MGF pèse certainement très lourd et a
des conséquences psychologiques et sociales. Dans la culture malienne où la
fécondité et la maternité constituent une grande valeur, les femmes infécondes
peuvent souffrir d’abandon, de mauvais traitement et de rejet social. Toutes les
femmes doivent se rendre compte que les infections du tractus génital liées aux
MGF leur font courir beaucoup de risques et que l’abandon de la pratique
diminue ces dangers considérablement !

REFLEXIONS
Réflexion 3: Quelles sont les complications des MGF observées au Mali ?

Il est difficile de s’exprimer sur les vraies dimensions des MGF comme problème
de santé publique en termes quantitatifs au Mali, car il n’existe pas de
statistiques qui permettront un jugement complet de la situation nationale.
Malgré cette situation, ils existent quelques études et recherches, qui peuvent
être citées ici. Elles illustrent l’impact des MGF sur la vie et la santé des filles et
femmes maliennes.

Les conséquences immédiates

En ce qui concerne les conséquences immédiates d’une MGF on peut citer les
résultats de l’Enquête Démographique et de Santé Mali-IV de 2006 (EDSM-IV).
Au cours de l’étude on avait demandé aux femmes si leur fille qui avait été
excisée le plus récemment avait souffert d’un certain nombre de complications
pendant ou après l’acte. Selon l’information des femmes interrogées 28% des
filles ont eu au moins une complication, 12% au moins deux. Dans 14% des cas,
les filles ont eu des difficultés pour uriner ou ont fait une rétention urinaire, dans
15% des cas, elles ont eu des saignements excessifs et dans 14% des cas, elles
ont eu des problèmes d’infections/cicatrisation. 6% des mères ont observé un
gonflement de la zone génitale (ce qui peut être un signe d’infection).14

Les conséquences à long terme

1. Les conséquences gynécologiques : Une étude du Population Council,


menée en 1998 au Mali, trouvait que 5% des femmes enquêtées ont connu au
moins une conséquence gynécologique liée aux MGF. La complication la plus
souvent observée a été l’hémorragie, suivi de la cicatrisation vaginale et du
blocage de l’orifice vaginal. Les femmes ayant vécu une infibulation
rencontraient des complications gynécologiques deux fois et demie plus
fréquentes que les femmes avec type II.15
13
Population Council. Infections du Tractus Génital, Un jeu de fiches d’information, 2002;
http://www.popcouncil.org/pdfs/frontiers/RTIfactsheets_fr/RTI_fr.pdf (29.4.2007)
14
EDSM-IV, 2006, p. 295.
15
Population Council. Female Genital Cutting Harms Women’s Health, OR Summary 10, Burkina

Service Allemand de Développement / DED Mali 16


Une autre étude menée également en 1998 au Mali par l’Association de Soutien
au Développement des Activités de Population (ASDAP) et le Ministère de la
Santé a montré que plus le type d’une MGF est sévère, plus on observe des
complications gynécologiques. En effet chez les femmes interrogées ayant subi
le type I, 3% de complications ont été observées et chez les femmes ayant subi
le type II, 4% de complications. Ce pourcentage a atteint 14% chez les femmes
infibulées.16

2. Les complications pendant l’accouchement : La même étude a observé


que la proportion d’accouchements normaux est plus élevée chez les femmes
interrogées non excisées que chez celles qui le sont : Presque un tiers (29%)
des femmes excisées a connu une complication lors de l’accouchement, mais
seulement 7% des femmes non excisées. Un quart (24%) des femmes excisées
ont subi une déchirure ou une épisiotomie au cours de leur accouchement,
contre seulement 9% des femmes non excisées.17

L’étude du Population Council, elle aussi, a définit les MGF comme un facteur de
risque majeur lors de l’accouchement. Par rapport à 5% des femmes non
excisées qui rencontraient des problèmes pendant l’accouchement, 18% des
femmes avec type I, 30% des femmes avec type II et 36% des femmes avec
type III vivaient des complications.18

D’après une source de Professeur Amadou Dolo (Hôpital Gabriel Touré à


Bamako) 10,3% des nouveau-nés des mères excisées devaient être réanimées,
par rapport à seulement 1,2% des nouveau-nés des mères non excisées.19

3. Les complications sexuelles : Lors de l’étude menée par l’ASDAP et le


Ministère de la Santé 8% des femmes interrogées ont répondu que la pratique
affecte leur vie de couple. Elles ont parlé des rapports sexuels difficiles
entraînant une dyspareunie et des incisions nécessaires pour permettre la
pénétration ; les incisions ont rendu les relations sexuelles douloureuses allant
quelquefois même jusqu’au dégoût.20

4. Les conséquences pour la santé psychologique : La même étude a pu


démontrer que 4% des femmes ont connu elles-mêmes des problèmes
psychologiques résultant des MGF ou connaissent quelqu’un avec de tels
problèmes. Malgré la procédure, les troubles psychologiques ne semblent pas
être très répandus au Mali. 21

Faso and Mali FGC, Washington, 2000, p. 2.


16
Diop, N. et al. Etude de l’efficacité de la Formation du Personnel Socio-sanitaire dans l’Education
des Client(e)s sur l’excision et dans le Traitement de ses Complications au Mali, Population Council,
Bamako, 1998, pp. 14.
17
Ibidem, pp. 14, 15.
18
Population Council. 2000, p. 2.
19
MEN. Module de Formation sur l’Abandon de l’Excision. Enseignement Secondaire Général, sans
indication de l’année, p. 12-13.
20
Diop, N. et al., 1998, p. 15.
21
Ibidem.

Service Allemand de Développement / DED Mali 17


Pour conclure cette réflexion, on citera Dr. Moustapha Touré, Médecin Chef
Service Socio-Sanitaire au Centre de Référence de la Commune IV à Bamako et
spécialiste dans le traitement des complications liés aux MGF. Il a écrit un article
résumant les cas liés à la pratique et traités dans ce Centre de Référence de
1999 jusqu’à 2003.

Entre 1999 et 2003, 122 cas ont été pris en charge, soit environ 24 cas par an.
Parmi ces cas 115 ont comporté des complications directement liées aux MGF.
Les difficultés urinaires constituaient la majeure partie des complications reçues
(94 cas, soit 81,7%), suivi de la dyspareunie (rapports sexuels douloureux, 12
cas, soit 10,4%) et des infections (9 cas, soit 5,8%). Les patientes venaient de
toutes les régions maliennes, excepté des régions du Nord. « Ces faits
confirment la réalité des complications liées à l’excision. Ces cas ne sont que la
partie visible de l’iceberg. »22

REFLEXIONS
Réflexion 4: Pourquoi ne pas aller à l’hôpital pour faire exciser sa fille?

Certaines et certains peuvent demander un agent socio sanitaire de faire


une MGF en milieu médical. Bien que l’exercice de la pratique dans un tel
milieu puisse peut être diminuer les complications immédiates, il n’y a aucune
preuve scientifique que cela empêche ou diminue les complications documentées
et associées aux MGF.23

C’est-à-dire qu’une MGF faite par une matrone, infirmière ou un médecin ne


protège pas des complications immédiates comme le saignement et ne protège
non plus contre les complications à long terme, comme des cicatrisations mal
faites, les infections ou les fistules etc. Donc, une MGF faite sous les
circonstances stériles peut, par exemple, être facteur d’une stérilité chez la
femme plus tard de la même manière qu’une MGF faite traditionnellement par
une exciseuse… Cette stérilité est le résultat des infections du tractus génital
supérieur. Ces infections ne sont pas différentes en fonction du milieu dans
lequel une MGF a été pratiquée. Ce qui est déterminant c’est le dégât causé et
celui-ci est justement le même sur le long terme si la MGF a été pratiquée dans
un milieu médical.

Une MGF – quel que soit sa forme ou le milieu où elle est pratiquée – a donc
toujours des conséquences sur le fonctionnement des organes génitaux de la fille
et de la femme. Encourager une médicalisation peut légitimer la pratique comme
un acte médicalement sans inconvénient ou même favorable à la santé des
concernées. Force est de reconnaître que les parties touchées ne sont plus
récupérables ou régénérées. Le dégât est quoi qu’il en soit irréparable !

22
Touré, M. Rapport de Prise en Charge des Complications Médicales de l’Excision au Centre de
Référence de la Commune IV du District de Bamako, Bamako, sans indication de l’année, pp. 1, 4.
23
WHO. 2008, p. 12.

Service Allemand de Développement / DED Mali 18


Par ailleurs, la matrone, l’infirmière ou le médecin qui consentent à
exercer une MGF violent le code éthique régissant la conduite
professionnelle des agents socio sanitaires. Une MGF est une ablation
d’organes sains. Elle constitue une agression contre les filles et viole leurs droits
humains,24 comme le droit de se voir protégées. Elle est donc contraire aux
principes éthiques généraux et à l’éthique médicale de bienfaisance et de souci
de ne pas nuire. Le rôle de l’agent de santé consiste à guérir une maladie et non
à mutiler des organes sains et à heurter les droits humains des femmes et des
filles. Une MGF devait donc toujours être refusée.25

Par ailleurs, la lettre No. 0019/MSPAS-SG du Ministère de la Santé Publique et


des Affaires Sociales du 7 janvier 1999 prend clairement position à ce sujet et
dit dans son texte : « Compte tenu du rôle des établissements dans la
préservation de la santé des populations, la pratique de l’excision ne saurait y
être tolérée. Par conséquent je vous engage, chacun en ce qui le concerne, à
prendre des dispositions voulues aux fins d’empêcher la pratique supposée ou
réelle, de l’excision dans les établissements sanitaires sous votre responsabilité
morale et technique. » (Voir lettre en annexe).

Au niveau international, l'OMS s’est opposée catégoriquement à la


médicalisation de toutes les formes de MGF, car elles sont pratiquées pour des
raisons culturelles ou religieuses, et pas pour des raisons thérapeutiques, donc il
n’existe aucune justification médicale pour l’ablation des organes sains de
l’appareil génital féminin. L’OMS recommande que les MGF soient condamnées à
tous les niveaux, national et international et qu’elles ne soient pratiquées en
aucune circonstance par des professionnels de santé ou dans des établissements
de santé. Les associations et organismes professionnels ont le devoir d’informer
leurs adhérents et tous les professionnels de santé. Il leur est interdit de pratiquer
les MGF, qui sont une pratique contraire à l’éthique.

Aussi l'Association Médicale Mondiale « (…) condamne la pratique


de la mutilation génitale féminine (…) et condamne la participation des médecins à
de telles pratiques. »26

24
Depuis 1993 les MGF sont reconnues internationalement comme une grave violation des droits
de l’Homme de la fille et de la femme et comme une forme de violence à l’égard des femmes. Pour
plus d’informations voir «Module Droits de l’Homme, Interrelation Droits/Excision».
25
OMS. Mutilations sexuelles féminines, Prévention et prise en charge des complications liées aux
mutilations sexuelles féminines, Principes directeurs à l’intention des infirmières et des sages
femmes, Département de Genre et santé de la femme, Département Santé et recherche
génésiques, Santé familiale et communautaire, Genève, 2001.
26
WMA. Déclaration de l'Association Médicale Mondiale sur la Mutilation Génitale Féminine,
Adoptée par la 45e Assemblée Médicale Mondiale, Budapest, Hongrie, octobre 1993 et révisée par
la 170e Session du Conseil, Divonne-les-Bains, France, mai 2005 ;
http://www.wma.net/f/policy/c10.htm (9.4.2008).

Service Allemand de Développement / DED Mali 19


REFLEXIONS
Réflexion 5: Est-ce qu’il y a des répercussions des MGF sur l’homme?

Toutes les sensibilisations, animations et projets contre les MGF mettent l’accent
principal sur les conséquences de la pratique sur la santé de la femme. Bien
évidemment cette approche se justifie à de nombreux égards, comme ce module
tente de le montrer. Mais une MGF ne joue-t-elle pas aussi sur le couple et non
seulement sur la femme elle-même ?

Une étude au Soudan et ses résultats27


C’est dans cet ordre d’idées que des chercheurs suédois ont réalisé une étude au
Soudan pour savoir si les hommes ont des complications à cause de l’excision de
leurs femmes.

Ils ont interviewé 29 jeunes hommes (ayant en moyenne 35 ans) et 30 hommes


âgés (ayant en moyenne 65 ans) et ont posé la question suivante: « Est-ce que
vous avez connu ou vous connaissez des problèmes à cause de l’excision de
votre femme ? » 63% des jeunes hommes et 53% des hommes âgés ont
répondu « Oui ».

Les hommes ont spécifié ayant connu des problèmes et difficultés de


pénétration, des inflammations du pénis et quelquefois même des plaies sur le
pénis.

Les hommes ont aussi abordé des problèmes psychologiques qui ont une relation
directe avec les problèmes lors des rapports sexuels. D’après eux :
• L’homme souffre car l’épouse souffre lors des rapports sexuels. Ce fait a
des conséquences négatives sur la satisfaction sexuelle de l’homme.
• L’homme cause une souffrance supplémentaire à sa partenaire par la
pénétration. Il se sent coupable et internalise cette souffrance comme son
propre problème.
• L’homme arrive difficilement à satisfaire sa partenaire. Il se sent mal à
l’aise.

En plus des problèmes et difficultés lors des rapports sexuels, les hommes ont
encore parlé des problèmes économiques, puisque dans quelques cas une MGF
augmente les coûts pour des traitements médicaux.

Résumé
1. Les hommes enquêtés ont constaté qu’une MGF leur cause des problèmes lors
des rapports sexuels à cause:
• d’une pénétration plus difficile : La femme peut éviter les rapports sexuels
à cause des douleurs lors de la pénétration et des rapports (avant tout
type III) ce qui ne plait pas à l’homme. Mais aussi l’homme peut éviter les
27
Almroth, L. et al. Male complications of female genital mutilation. In: Social Science & Medicine
53 (2001), pp. 1455-1460.

Service Allemand de Développement / DED Mali 20


rapports sexuels car il cause des souffrances à sa femme lors de la
pénétration et lors des rapports ce qui le fait sentir coupable.
• d’une satisfaction plus difficile : Il se peut qu’à cause de l’excision de sa
femme l’homme atteint plus difficilement la satisfaction – aussi du fait
qu’il fait mal à sa partenaire. La satisfaction pour sa femme peut être
encore plus difficile et l’homme peut se sentir aussi coupable s’il n’arrive
pas à lui donner satisfaction.
• d’une diminution du désir sexuel : Ces problèmes peuvent avoir comme
résultat un désir sexuel diminué chez l’homme et la femme.

Tout cela peut amener, dans un cas très négatif, l’homme à devenir infidèle
puisqu’il n’arrive pas à avoir des relations sexuelles normales et satisfaisantes
avec sa femme. A long terme une telle situation peut entraîner un divorce ou des
troubles de comportement des deux conjoints.

2. L’homme peut en plus contracter des infections chez la femme (ou même des
plaies, type III).

3. L’homme dépense, selon les cas, plus d’argent pour les traitements médicaux
des conséquences de la MGF de son épouse (infections, complications lors de
l’accouchement, fistules etc.) et, dans certains cas, aussi pour lui même.

Peut être serait-il intéressant de créer plus de conscience chez les hommes sur
ses interrelations et arriver par ce moyen à une plus grande implication dans la
lutte contre les MGF ?

REFLEXIONS
Réflexion 6: Quelle est l’interrelation entre les MGF et la transmission
du VIH ?

Peu de recherches scientifiques ont été effectuées pour explorer le lien


entre la pratique des MGF et une infection avec le virus de
l’immunodéficience humaine (VIH). Pour l’essentiel, des publications et
recherches établissent quatre liens entre les deux phénomènes.28

Tout d’abord, on s’inquiète du risque de transmission du VIH parce que souvent


un seul instrument est utilisé pour plusieurs MGF. Concernant ce risque on doit
toutefois constater qu’il n’a pas fait l’objet de recherches scientifiques
approfondies. Brady par exemple avait cité en 1999 une étude de la Tanzanie qui
avait trouvé que « l’utilisation des mêmes outils facilitait la transmission du
VIH/Sida/IST. »29 De même l’OMS, dans sa nouvelle publication de 2008,
constate que « l’usage du même instrument sans stérilisation pourrait
augmenter le risque de transmission du VIH parmi les filles subissant ensemble

28
Aditionnellement, Brady établi aussi le lien entre une infection avec candidiasis (une infection
avec le champignon du genre Candida) qui augmentait le taux de l’infection avec le VIH parmi des
femmes européennes ayant une histoire de candidiasis et le constat par différents chercheurs
d’une incidence élevée de candidiasis parmi les complications des MGF. Brady, M. Female Genital
Mutilation: Complications and Risk of HIV Transmission. In: AIDS PATIENT CARE AND STDs,
Volume 13, Number 12, December 1999, pp. 709-716.
29
Brady, M. 1999, pp. 709-716. Traduction de l’anglais et mise en évidence par la conseillère MGF.

Service Allemand de Développement / DED Mali 21


une MGF. »30

Des publications parlent aussi d’un risque accru de transmission de VIH à cause
d’un besoin plus grand des transfusions de sang, par exemple suite à une
hémorragie causée par des blessures des vaisseaux sanguins du clitoris et/ou
des petites lèvres, suite à des complications pendant l’accouchement ou pendant
une désinfibulation. Vue la qualité des stocks de sang en Afrique subsaharienne,
surtout en dehors des grandes villes, une transfusion de sang peut signifier un
énorme risque.

Un autre risque s’établi puisque la partie génitale mutilée est plus vulnérable
pendant les rapports sexuels : l’élasticité naturelle de l’ouverture du vagin peut
être fortement réduite ce qui mène facilement à des déchirures, fissures ou
d’autres blessures du vagin et de la vulve facilitant la transmission du virus.

Les chercheurs thématisent aussi sur la pénétration anale assez fréquente chez
les femmes ayant subi une infibulation ou une excision avec une forte
cicatrisation qui rend l’orifice vaginal très étroite et par conséquence une
pénétration vaginale très difficile. Le recours à une pénétration anale augmente
le risque de transmission du VIH car pendant une telle pénétration des petites
fissures de la muqueuse sont répandues.31

Enfin, on peut constater que, même si les liens entre les MGF et le VIH ne sont
pas explorés à fond, il est pourtant fort probable qu’une pratique entraine un
risque considérable de transmission du VIH :
• qui est accompagnée d’une perte de sang importante à différents
moments (acte de coupure, accouchement),
• qui est suivie des blessures directement liées à l’acte et plus tard liées aux
rapports sexuels,
• qui résulte en infections récurrentes.

Le VIH peut être alors à la fois une conséquence immédiate et à long terme
d’une MGF.

30
WHO. 2008, p. 33. Traduction de l’anglais et mise en évidence par la conseillère MGF.
31
OMS. Les mutilations sexuelles féminines, Aide-mémoire N°241, Juin 2000; Brady, 1999, pp.
709-716; GTZ. Thèmes. Les mutilations génitales féminines et le risque d’infection par le VIH.

Service Allemand de Développement / DED Mali 22


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http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs241/fr/ (23.9.2006).

OMS. Une nouvelle étude montre que la mutilation génitale féminine expose les
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http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/pr30/fr/ (23.9.2006)

WHO. Eliminating Female genital mutilation. An interagency statement. OHCHR,


UNAIDS, UNDP, UNECA, UNESCO, UNFPA, UNHCR, UNICEF, UNIFEM, WHO,
Geneva, 2008.

Différentes pages d’Internet sur le fonctionnement des organes de


l’appareil génital de la femme (29.4.2007):
http://www.aly-abbara.com/livre_gyn_obs/termes/vulve.html#montvenus
http://www.cours-anatomie.info/appareil-genital-feminin.html
http://www.docteur-benchimol.com/anatomie_appareil_genital_feminin.html
http://education.sexuelle.free.fr/anatomie-feminine.php
http://www.pilado.com/abcd/default.htm
http://www.diffu-sciences.com/pages/med_acces/encyclo/18_ap_genital_
fem.html

Photo sur la page « Contenu » : Katrin Volck

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