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Politiques Economiques L2 AES

Introduction Générale

- Définition de la politique économique :


E. Mossé qui définit la politique économique comme un ensemble de mesures qui sont prises
pour atteindre des objectifs compte tenu de représentations de la réalité (modèle) dans un
contexte bien précis.

- Politique économique et théorie économique :


Il y a un lien entre les mesures et les objectifs et les théories économiques sachant qu’il y a
trois catégories de théories économiques : une approche libérale, les Marxistes, les
Keynésiens (Keynes étant l’inventeur de la politique économique).

- Politique économique et contexte :


On ne peut pas raisonner dans l’absolu c'est-à-dire sans faire référence à un contexte. Il va
falloir analyser le contexte, analyse des indicateurs.

- Politique économique et contraintes techniques :


Il existe des moyens permettant de rendre plus efficace une politique économique. Il y a des
techniques propres.

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Chapitre 1 : Principes de politique économique et


cadre d’intervention de l’Etat

Ce sont les pouvoirs publics qui mettent en œuvre la politique économique. Les pouvoirs
publics c’est l’Etat mais ça deviendra de plus en plus les collectivités territoriales. La
politiqué économique et les mesures prises vont dépendre des conceptions théoriques que l’on
a de l’Etat.

I- Les principes d’interventions de l’Etat

1- Les conceptions théoriques de l’Etat

a- De l’Etat gérant à l’Etat garant : la conception minimaliste de l’état chez


les libéraux

Chez les libéraux, l’intervention de l’Etat doit être réduite à son minimum : les fonctions
régaliennes c'est-à-dire garant de l’ordre interne et l’ordre externe et même gérant. L’Etat
produit la monnaie. Les libéraux ont une conception particulière de la coordination des
décisions individuelles. C’est la conception du laisser faire, laisser aller => liberté totale.
C’est la conception de la main invisible qui va, sur tous les marchés, permettre la
confrontation entre une offre et une demande pour déterminer un prix d’équilibre. On ne
parvient pas toujours instantanément à cet équilibre. On y parvient par tâtonnement. Cet
équilibre est unique (pas d’autres équilibres possibles) et stable. Un indicateur suffit : le prix.
L’Etat ne doit absolument pas intervenir pour modifier ce système => neutralité, à condition
que : les règles de concurrences pure et parfaite soient respectées c'est-à-dire l’atomicité, la
transparence, l’homogénéité des produits, la fluidité des marchés ; la neutralité de l’Etat ; la
neutralité de la monnaie.
Les libéraux vont se rendre compte qu’il existe des entorses à ce mécanisme du marché et que
par conséquent l’Etat doit intervenir notamment pour être garant dans un certains nombres de
circonstances précises :
 Les rendements croissants : une loi économique dite « loi des rendements
décroissants » dit que le coût d’un produit augmente plus rapidement que la quantité
produite. Cette loi permet d’éliminer toute situation de monopole dans la mesure où à
partir d’un certain moment il ne sera plus rentable pour certaines entreprises d’entrer
sur le marché parce que le coût sera trop élevé. Il n’y a pas d’incitation à
l’augmentation perpétuelle de la taille des entreprises sinon une entreprise pourrait
avoir un monopole. Dans la situation des rendements croissants les coûts diminuent
plus vite que la quantité produite grâce aux économies d’échelles et la répartition des
charges fixes. Il y a un risque de monopole naturel. Ce risque intervient en particulier
quand un bien est indivisible soit du côté de la consommation soit du côté de la
production. Si il y a des rendements croissants le bien devient indivisible car on ne
peut plus garantir à un consommateur que sa consommation sera individuelle. L’Etat
doit intervenir car aucune entreprise privée n’acceptera de prendre en charge la
production de ce type de produit, si elle l’accepte c’est en excluant une grande partie
des consommateurs potentiels mais a priori ça ne pourrait être rentable que si on
dispose de tout le marché => production difficilement rentabilisable.

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 Les externalités : les plus connues sont négatives : quand l’action d’un agent
économique entraîne pour la collectivité un effet non désiré négatif qui a un coût pour
la collectivité ou alors un effet non désiré qui entraîne un bénéfice, on parle alors
d’externalité positive. Le marché est défaillant.
 Les asymétries d’informations : le marché est défaillant parce qu’on ne respecte plus
l’hypothèse de la transparence c'est-à-dire que le prix n’est plus l’indicateur parfait,
synthétique pour deux raisons :
o Existence d’un aléa moral : il y a aléa moral quand l’une des parties au contrat
décide de changer complètement son comportement une fois que le contrat a
été conclu. Il est d’autant plus important que l’une des parties est en situation
de dépendance vis-à-vis de l’autre. Exemple : relation entre patient &
médecin : il peut profiter de sa position => marché défaillant.
o Sélection adverse : situation où l’une des parties dispose d’une information et
ne la révèle pas à l’autre partie. Exemple : les discriminations sur le marché de
travail.

A priori si l’Etat est un garant il peut être dans la plupart des cas, notamment dans les
monopoles naturels, gérant. Les libéraux répondent que si l’Etat intervient il est lui-même
défaillant, il est donc un mauvais gérant. On peut repérer trois types de défaillances de l’Etat :
 L’Etat est dépensier par nature : la dette publique augmente. Il l’est par notre faute car
nous sommes victimes de « l’illusion fiscale », toute dépense de l’Etat génère des
impôts et le budget de l’Etat est annualisé, c’est la loi de la finance, il en résulte deux
tendances des administrations publiques : on dépense tout ce qui a dans le budget dans
l’année pour avoir la même somme l’année suivante ; il y a une tendance à surévaluer
les besoins.
 L’Etat est bureaucratique : les délais de décisions sont très longs.
 L’Etat est girouette : il maximise sont support politique. L’Etat fait plaisir à son
électeur, il subit les pressions (pas seulement des médias mais aussi des lobbies).

b- De la conception keynésienne de l’Etat à celle de l’Etat providence

C’est une révolution keynésienne parce que c’est le premier non marxiste à demander une
intervention de l’Etat en partant d’un constat qui est que l’équilibre est instable et il peut
même y avoir déséquilibre. Il parle d’équilibre de sous emploi. Or, l’équilibre de sous emploi
est lié à une insuffisance de la demande à laquelle le marché ne peut apporter de solutions
parce que les entrepreneurs anticipent toujours la récession et donc ils virent des salariés et ils
croient que les entreprises vont réduire les prix. Or, les entreprises vont licencier (ajustement
par la quantité) => la demande va diminuer => on s’enfonce dans la dépression. Il n’y a
qu’une solution : l’intervention de l’Etat, que ce dernier investit, dépense son argent => effet
multiplicateur de la richesse et offre la possibilité à un retour au plein emploi.

L’Etat providence va se développer au cours des Trente Glorieuses en développant des


fonctions nouvelles permettant de satisfaire pratiquement tous les besoins fondamentaux de la
population. Donc l’Etat va renforcer ou développer sa fonction économique. Il va devenir
progressivement le régulateur de l’activité économique. Et en même temps il va devenir un
producteur à part entière d’un certains nombres de services publics (électricité, transports…).
Il va développer des fonctions sociales : création de la sécurité sociale en 1945, l’Etat va
prendre en charge les besoins en matière de santé, prise en charge des dépenses de l’éducation
et l’Etat va développer une fonction de répartition : création de revenu de transfert.

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c- Du socialisme d’état à l’état « béquille du capital »

Hypothèse marxiste : le système capitaliste est voué à sa destruction pour deux raisons :
 La baisse tendancielle du taux de profit : composition organique du capital : C/V ;
« C » c’est le capital fixe (les machines) et « V » c’est le capital variable des hommes.
Sa composition organique augmente traduisant de ce fait la substitution du capital au
travail. Ce faisant, on réduit les possibilités d’extraction de la plus value, faire du
profit parce que dans une économie la seule richesse est produite par les hommes
 La paupérisation croissante : les prolétaires sont exploités par les capitalistes qui ont la
propriété des biens de production. Cette exploitation nécessite un maintien des salaires
au plus bas mais aussi la détériorisation des conditions de travail.
La combinaison de ces deux éléments va entraîner une lutte des classes et une aspiration à la
révolution. Il y a deux types de révolutions :
 Une révolution économique : on ne sait plus faire de profit donc on va collectiviser les
moyens de production (tout appartiendra aux prolétaires) et on va substituer le plan au
marché, le marché ne décidera plus c’est le plan qui va tout prévoir (exemple :
quantité de crédit).
 Une révolution culturelle et politique  : philosophie socialiste de l’Etat : le
communisme comme état optimal est un état auquel on parvient en suivant un certains
nombre de phases mais c’est un état fondé sur l’égalitarisme et fondé sur une certaine
liberté individuelle pour éviter une lutte des classes. Les prolétaires, masses populaires
n’ont pas la conscience de classe suffisante pour atteindre cet état parfait qu’est le
communisme. Ce faisant, on va prévoir un processus de conscientisation des masses et
ce processus a un caractère politique et culturel. Sur le plan politique, on va confier à
l’Etat socialiste la mission de faire prendre conscience aux populations de ce besoin
d’accéder au communisme et cet Etat disparaitra quand la prise de conscience sera
totale. En même temps, cela suppose une révolution culturelle car il faut bannir de
l’esprit des prolétaires tout ce qui pourrait les faire devenir capitalistes.

Marx s’était trompé, on n’a jamais connu un communisme parfait. Les Marxistes vont évoluer
et comprendre que le système capitaliste pouvait inventer de nouvelles façons de fonctionner
pour lutter contre la baisse tendancielle du taux de profit et de la paupérisation croissante. Ils
vont trouver des moyens pour y circonscrire. Les capitalistes se sont inventés des béquilles,
expression de A. Le Pors, ancien ministre : « béquille du capital ».
- Première béquille : on lutte contre la baisse tendancielle du taux de profit en
nationalisant les secteurs d’activités non rentables, exemple : l’électricité, les
autoroutes. Les Marxistes parlent de lutte contre le dépérissement du capital. Les
capitalistes vont inventer une nouvelle façon de baisser la valeur de reproduction de la
force de travail qui est constitué par la maison, la nourriture et la formation du salarié
pour pouvoir travailler dans une usine. Si on baisse cette valeur, les salaires n’ont pas
besoin d’augmenter / on va faire produire par l’Etat un certain nombre de services
(éducation) et on va baisser le prix de revient de certains biens de consommation.
- Deuxième béquille : lutte contre la paupérisation croissante avec l’invention de l’Etat
providence. Il couvre tous les risques humains et professionnels, il distribue des
revenus de transfert (exemple : allocations). Cela permet de faire du profit car les gens
consomment et cela empêche les prolétaires de réclamer des hausses de salaires donc
cela permet aux entreprises d’augmenter leur profit.

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2- Quelques principes de calcul économique public

a- Le choix d’une organisation administrative : la règle de Musgrave

On part du principe que l’Etat exerce un certain nombre de fonctions (économique, social, de
régulation). La question que pose Musgrave est : comment doit-on organiser les services de
l’administration publique ? Il faut les organiser en 3 types de bureaux correspondants à une
fonction particulière de l’Etat :
 La fonction de stabilisation : certaines administrations auront une mission de
régulation, de retour du système économique à l’équilibre
 La fonction d’affectation : il s’agit d’assurer la production d’un certain nombre de
services publics : dans le domaine de la santé, éducatif. Cette fonction se fait avec un
objectif qui est de permettre à tous de bénéficier de ce service public quelque soit le
lieu et le milieu social.
 La fonction de répartition : l’Etat prélève et redistribue sous forme de revenu de
transfert. Il corrige des inégalités soit territoriales (politique d’aménagement du
territoire) soit sociales.

b- Les problèmes d’optimum de second rang

On part du principe que les agents économiques coordonnent leurs décisions sur les marchés.
On sait qu’il est stable et unique mais ce que l’on va essayer de déterminer est si cet équilibre
est optimal au sens de Pareto. On va essayer de savoir si c’est le meilleur des équilibres.
Pareto répond : le meilleur des équilibres (l’optimum 1er rang) est atteint quand on ne peut
plus augmenter la satisfaction d’un individu sans diminuer celle d’un autre. Ça veut dire que
tout le monde n’a pas atteint le même niveau de satisfaction mais que chaque individu atteint
son niveau de satisfaction maximal compte tenu des ressources dont on dispose dans
l’économie, de l’état de la technique et des choix effectués par chaque individu. Cela suppose
que tout le monde peut faire des choix.

 Figure 1 – Optimum de Pareto dans le cas de l’utilité marginale décroissante

On est forcément sur la courbe des niveaux de satisfaction. L’hypothèse libérale dit qu’à partir
du moment où il y a un équilibre sur le marché on est dans un optimum de Pareto. Les
néolibéraux disent que nous ne sommes jamais dans un optimum de 1 er rang parce qu’il y a
défaillance du marché (asymétries, externalités, monopole naturel, pas de transparence) qui
fait qu’on est dans un optimum de 2nd rang.

 Figure 2 – modification de la répartition des ressources et cheminement vers


l’optimum

Au point C, il y a une mauvaise utilisation des ressources. Je vais cheminer vers un optimum
de 1er rang. De C si je vais vers C’, je vais augmenter la satisfaction de I 2 mais en même temps
je vais diminuer la satisfaction de I1, de même avec C’’. Dans le triangle A, B, C c’est
optimal, je chemine vers un optimum de 2 nd rang. Ça peut mettre les entreprises en réseau,
choisir une affectation des ressources qui aidera tout le monde.

Toute la question qui est posée par la recherche d’un optimum de 2 nd rang est la question de
décentralisation et la question de l’internalisation.

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c- Le problème de la préférence étatique et de l’approche économique des


phénomènes politiques

Comment passer de choix individuels à des choix collectifs ? Cela pose la fonction de
préférence étatique.

Agrégation des préférences individuelles  :

Choix collectifs

Fonction de
préférence
étatique

En principe, l’Etat est le représentant de l’intérêt général quand il intervient. La solution la


plus simple est de décider de tout soi-même (dictateur). Comment coordonner toutes les
décisions individuelles ?
 1ère procédure : faire un vote. Le problème est peut-on appliquer une rationalité
économique à des choix politiques ?
 2ème procédure : le consensus
 3ème procédure : le marché
 4ème procédure : le plan
Approche économique :
 1er modèle : l’échange volontaire par un économiste suédois L. Johansen qui prétend
que l’on peut appliquer une rationalité économique à la rationalité politique. Il part du
principe que les agents économiques vont exprimer une demande de biens publics,
services publics en tenant compte de prix de ces différents biens. Pour les biens
publics il n’existe pas de prix. Or, le prix c’est ce qui permet d’exercer la rationalité
économique. Il y a un échange volontaire, les consommateurs vont accepter les
prélèvements pour financer ces biens publics.
 2ème modèle : un autre auteur, Weinsbrod, dit la même chose. Les consommateurs ne
sont pas victimes de l’illusion fiscale et sont capables d’évaluer le coût attaché aux
biens ou services publics qu’ont leur fournis et donc aux impôts qui sont prélevés pour
les financer. Mais ces consommateurs sont en plus capables de choisir le mode
d’organisation du choix collectif. En fait, on a deux modes d’organisations possibles :
le financement par les impôts, l’Etat prend en charge ou on fonctionne sur la base de
consensus ou d’organismes à but non lucratif, les gens vont donner.
 3ème modèle : le théorème d’impossibilité d’Arrow qui dit qu’il est impossible
d’appliquer la rationalité économique à la rationalité politique. Il évoque des raisons
pour cela : il n’y a pas de dictateur sur un marché ; les décisions sur un marchés sont
modulables c'est-à-dire on peut revenir sur sa décision quand on veut, on peut diviser
ses choix, il y a moins d’exigences par rapport à la quantité de ce qu’on va décider sur
la marché, la participation sur un marché est beaucoup plus forte qu’en politique parce
que sur un marché on peut être marginal ; le degré de certitude de la validité d’une
décision est beaucoup plus grand sur un marché qu’en politique.
 4ème modèle : le plan. Je vais appliquer une rationalité politique plutôt qu’une
rationalité économique, il n’y a plus de votes ni de marché. Le plan décide de tout. On

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calcul des prix fictifs et à partir de là on en déduit les quantités à produire. 2 ème
possibilité : on réunit des experts et on leur demande de déterminer l’intérêt général
(x1, x2,…, xn => une quantité de bien à fabriquer). Ils vont révéler la préférence
collective.
 5ème modèle : la question du consensus et donc par l’application d’une rationalité
économique à la rationalité politique c’est ce que propose Buchanan qui montre
comment les choix collectifs peuvent se faire de manière rationnelle. En fait, il existe
pour cet auteur 3 façons de parvenir à un intérêt général :
o la constitution politique qui suppose l’exercice du droit de vote, c’est affecté à
certaines décisions
o la constitution économique qui est celle par le marché
o la constitution sociale est celle proche du consensus
On n’a pas toujours besoin de faire voter une loi pour coordonner ses décisions. Les
agents économiques vont décider de la spécialisation de ces constitutions et de leur
degré d’utilisation déterminé en fonction des coûts de transaction liés à l’écriture, le
contrôle, la mise en œuvre de chaque constitution.

II- L’optimisation de la politique économique

1- La démarche en politique économique

 Schéma « La démarche de la politique économique  »

Dans toute politique il y a des données qui rendent compte du contexte et donc utiles au
diagnostic. On en déduit des objectifs, ensuite on doit trouver des instruments d’objectif
politique dont il existe 2 catégories. On passe par des modèles qui portent sur le
comportement des agents économiques.

2- La prise en compte des délais en politique économiques

 Schéma sur les délais

Il y a un délai interne qui se décompose en délai de reconnaissance et délai administratif.


Le délai de reconnaissance est la période qui s’écoule entre le moment où l’intervention aurait
été nécessaire et le moment où j’ai pris conscience qu’il fallait faire quelque chose. Certains
phénomènes sont présents, j’aurais du intervenir mais j’en n’ai pas pris conscience. Qu’est-ce
qui joue sur ce délai ? La méconnaissance de la réalité, du contexte. Or, cette méconnaissance
est liée à un manque à la qualité des indicateurs ou au fait qu’il n’y en n’a pas. Autre raison :
une attitude idéologique. On refuse de voir l’évolution d’une réalité avérée.
Le délai administratif est la période qui s’écoule entre le moment où on a pris conscience de la
nécessité d’agir et le moment où on intervient effectivement, on prend la mesure qui est
nécessaire. Les facteurs qui jouent : le fait qu’il y a une dissociation entre les élus et les
fonctionnaires et le fait que le processus de décision est très lent.
Le délai intermédiaire est la période qui s’écoule entre le moment où l’intervention est
effective et l’action sur les variables intermédiaires (celles qui se situent avant l’objectif final,
c’est un sous-objectif qui conditionne la réalisation d’un objectif final).
Le délai externe est la période qui s’écoule entre le moment où j’interviens au moment où
j’atteins mon objectif. Les facteurs qui jouent sur ce délai : l’instrument choisit n’est pas bon
car le diagnostic n’est pas bon, la qualité des modèles, la réaction des agents économiques.

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3- Indicateurs, instruments et objectifs

La façon techniquement d'améliorer une politique économique c'est d'améliorer la qualité des
indicateurs. C'est un problème effectivement statistique puisque pour avoir des indicateurs il
faut avoir des données et ces données existent ou pas. C'est un problème d'existence d'institut
statistique, d'institutions chargées de produire ces données. En France, c'est l'INSEE qui a en
charge de produire ces données, elle se base sur des instituts, d'enquêtes officielles, exemple :
enquête démographique. L'INSEE s'appuie également sur des données comptables, il n'y a pas
de bon indicateur économique sans comptabilité privée et sans comptabilité nationale.
C'est aussi un problème de méthode de calcul des indicateurs et quelque fois de collecte des
données. Des problèmes de méthodes peuvent être techniques : exemple : l'indice INSEE des
prix qui nous renseigne sur l'inflation peut être calculé sur une année de référence qui peut
amener à surestimer l'inflation ou à la sous-estimer. Jusqu'à la fin des années 1990, l'année de
référence était l'année 1970, bien évidemment c'était une année où le taux d'inflation était
faible. Sauf qu'après on a connu des situations de très fortes inflations et il a donc fallu
changer l'année de référence. Maintenant l'année de référence est 1990. On évite le problème
d'inflation et de sous inflation. Le problème de méthode peut être un problème de
manipulation puisque les indicateurs sont à la fois des instruments de diagnostic (qu'est-ce qui
ne va pas ?) et un instrument de contrôle de la politique économique. De ce fait, je vais avoir
tendance à manipuler cet indicateur. Le but est politique.
Pour qu'une politique économique soit efficace il faut utiliser des instruments que l'on peut
classer en fonction de leur objectif, que l'on peut classer de manière théorique. Pour améliorer
la qualité, l'efficacité des instruments il faut éviter la confusion entre instrument et objectif, il
faut choisir le bon instrument (règle de Tinbergen : il faut autant d'instruments que d'objectifs,
on peut peut-être s'attaquer à plusieurs objectifs avec un seul instrument), il faut que les
agents économiques réagissent bien à l'instrument. Cela dépend de la qualité des modèles.
Les objectifs peuvent être classés : des objectifs intermédiaires & objectifs finaux, objectifs
sociaux & objectifs économiques.

4- L'effort de taxonomie en matière de politique économique

Taxonomie : classement
On fait la différence des politiques keynésiennes et des politiques libérales ou néolibérales, le
critère de classement est donc théorique. Une classification possible en fonction des objectifs
et on va effectivement faire la différence entre un certain nombre d'objectifs. On a coutume de
repérer en politique économique 4 grands objectifs : la croissance, le solde extérieur, le
chômage, l'inflation.

 Schéma Le carré magique de Kaldor

Quelque fois on met dans le carré magique déficit public à la place de la croissance.
On peut faire une autre classification : politique structurelle et politique conjoncturelle (ou de
stabilisation). Le structurel : les politiques agissent sur les structures économiques et sociales.
Par exemple : les politiques d'aménagement du territoire, ses effets sont à très long terme, elle
vise à restructurer les structures économiques. C'est une politique keynésienne. Concernant
les structures sociales on peut chercher à changer le modèle d'emploi français (un emploi près
de chez soi toute sa vie). Les politiques de stabilisation sont des politiques qui permettent un
retour à l'équilibre et on distingue trois formes de politiques de stabilisation :
 Stabilisation proportionnelle c'est à dire une politique où l'Etat intervient sans tenir

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compte des fluctuations passées (exemple : les politiques de « stop and go » dans les
années 1970 – 1980)
 Stabilisation dite intégrale où on cherche à tenir compte du passé et on cherche un
retour à l'équilibre
 Stabilisation différentielle prend en compte le degré d'utilisation des instruments parce
qu’il se peut que nous ayons choisi le bon instrument pour atteindre un objectif sauf
que nous n'avons pas suffisamment utilisé l'instrument

III- Les modèles en politique économique

Un modèle économique utilise les hypothèses pour obtenir une représentation du


comportement réel des agents économiques. Les hypothèses sont simplificatrices.

1- Les modèles théoriques

a- Le modèle libéral

C'est un modèle où l'équilibre est unique et stable (il n'y a pas de déséquilibre). La
coordination des agents économiques sur un marché est parfaite. La notion de politique
économique chez les libéraux n'a pas de sens. A la limite, les libéraux admettent une politique
économique : la politique commerciale qui consiste à faire que le marché devienne un vrai
marché c'est à dire être régulé par la main invisible.

b- Le modèle keynésien

Les hypothèses du modèle keynésien :


 économie fermée : le raisonnement keynésien ne prend pas en compte les relations
d'exportations, d'importations et les mouvements de capitaux
 l'ajustement économique se fait par des quantités et non par les prix, c'est un modèle à
prix rigides. Cela suppose des hypothèses :
o si les prix sont rigides les techniques de production doivent être aussi rigides,
le progrès technique doit être neutre : pour que la baisse de la demande se
traduise effectivement par une hausse du chômage mais aussi pour qu'une
hausse de la demande se traduise elle aussi par une baisse du chômage.
o il faut aussi que le taux d'utilisation des capacités de production soit égale à
100 %, autrement dit, qu'il n'y ait pas de capacité de production sous utilisée.
Sinon si la demande augmente les entreprises ne sont pas obligées
d'embaucher, il leur suffit de faire tourner à plein régime leurs capacité de
production.
o Il faut que les stocks de l'entreprise soit égale à 0
 l'ajustement est macroéconomique, c'est donc l'état, qui face à une baisse de la
demande globale, va prendre des mesures budgétaires permettant un retour au plein
emploi.
Le modèle keynésien constate qu'il y a un équilibre de sous emploi. Quant au consommateur
il a tendance à épargner et de ce fait il ne va pas consacrer une part plus importante de son
revenu à la consommation. Deux mesures : faire en sorte que l'état investi et de ce fait
relancer la demande et donner l'allocation au chômage.

Il y a équilibre quand tout ce qui est produit comme richesse est dépensé ou quand le revenu

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national est égal à la dépense nationale ou quand l'offre globale est égale la demande globale.
Sauf que pour que tout revenu soit dépensé

Équilibre : Revenu National (RN) = Dépense Nationale (DN) ; Offre Globale (OF) = Dépense
Publique (DG) ou injections = fuites

Offre globale (Y) = consommation (C) + investissement des entreprises (I) => 1è fuite
ou épargne (S) = investissement (I) => 2è fuite
taxes, impôts (T) = dépenses publiques (G)
ou S + T = I + G
ou Importations (M) = Exportations (X) => 3è fuite

Équilibre total : C + I + G + (X – M)
S + T + M = I +G + X
C, I 45 °

Io Ct

y
yPE : équilibre de plein emploi
y = f(K, L) = yo
C = f(y)
Ct = ayt + b
b : demande incompressible
a : propension marginale à consommer
I = Io

y = k * G (k : multiplicateur)

c- Le modèle néolibéral

On l'appelle néo parce qu'ils réagissent contre le trop d'état. Ils vont essayer de trouver des
raisons qui font que l'état a fossé les mécanismes du marché. Et en fait, il y aura trois courants
dont le mot d'ordre sera la flexibilisation.
Sur le marché des biens et services, là où s'échange les produits, la flexibilisation va se
traduire de deux façons :
 la privatisation (ou désétatisation), il s'agit d'une mesure de type monétariste. Les
monétaristes défendent évidemment la régulation par le marché et vont inciter à la
privatisation. La privatisation a un double effet : réduire les dépenses publiques,
déréguler l'activité économique.
 Centrer la politique économique sur les problèmes d'offre. C'est ce qu'on appelle
l'économie de l'offre. Cette économie de l'offre part du principe que trop d'impôts tuent
l'impôt. On en revient à l'idée d'un désengagement de l'Etat. En réduisant le nombre

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d'impôt on relance l'offre. Quand on parle d'économie de l'offre c'est aussi redonner la
priorité aux entreprises et en particulier aux petites entreprises. Celui qui crée de la
richesse c'est le chef d'entreprise. Elles respectent la concurrence pure et parfaite.
Les mesures de flexibilisation du marché monétaire. Il y a deux écoles : les monétaristes qui
cherchent à flexibiliser le marché des capitaux. Ce qu'ils visent c'est le passage à une
économie de marché financier. C'est permettre à tous d'accéder à tous les types de
financement et de couvrir certains risques sur des marchés. L'un des mots d'ordre de cette
politique est la politique de rigueur s'opposant à la politique keynésienne qui est la politique
de relance. Le courant dit des anticipations rationnelles qui partent du principe que toute
intervention de l'état est inefficace surtout en matière monétaire.
La flexibilisation du marché du travail : on retrouve à la fois les monétaristes qui expliquent
pourquoi une grande partie du chômage est volontaire et lié à trop d'état. Par exemple
l'existence d'une allocation chômage.

2- Les modèles économétriques

a- La conception et l'utilité d'un modèle économétrique

Un modèle économétrique c'est la traduction statistique d'une relation théorique entre des
variables dites agrégées ou macroéconomiques. Exemple : Ct = ay t + b => fonction de
consommation
Ct = f(yt) => consommation en fonction du revenu
L'économétrie c'est de faire passer une droite au sein du nuage de points dans un graphique en
la faisant passer par deux points. La deuxième méthode est la méthode de Mayer où on essaye
de minimiser les écarts par rapport à la droite.
L'utilité du modèle économétrique : agir sur la réalité.

b- Un exemple : le modèle DMS

Modèle Dynamique Multi Sectoriel.

 schéma « La structure simplifiée d'un modèle (modèle MDS)

La première difficulté pour établir un modèle économétrique c'est repérer l'ensemble des
variables endogènes et exogènes. Une variable endogène est expliquée, déterminée par le
modèle. La variable exogène est la variable explicative qui, parfois, est une donnée pour le
modèle. C'est difficile parce que dans certaines équations une variable est exogène alors que
cette variable est endogène dans d'autres équations. De ce fait, un modèle économétrique doit
être fait de plusieurs dizaines, centaines d'équations. La deuxième difficulté est la question du
bouclage. Il faut s'arrêter dans les explications et surtout il faut trouver un équilibre. Assez
naturellement, dans le modèle DMS, on va boucler le système en écrivant y= C + I + G + (x –
n).

 tableau «  Principales variables exogènes »

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Chapitre 2 : La politique budgétaire et le


budget de l'état

I- Le budget de l'Etat comme instrument

1- La structure du budget de l'Etat

a- Les principes de la LOLF

Loi Organique Sur La Loi de Finance. Cette loi a été votée en 2001 et a été appliquée à partir
de 2006 même si ce n'est pas encore totalement appliqué.
La loi de finance est votée tous les ans. On respecte le principe d'annualité des dépenses et des
recettes. À l'automne, le gouvernement propose un projet de loi de finance que les députés
vont voter. Elle porte sur les recettes et les dépenses de l'état. Jusqu'en 2006, une grande partie
des dépenses étaient dite votées c'est à dire en fait une grande partie des dépenses n'étaient pas
votées mais systématiquement reconduite, en particulier les dépenses liées aux rémunérations
des fonctionnaires. Depuis 2006, il n'y a plus de services votés. Il y a même, en principe,
fongibilité c'est à dire qu'il n'y a pas de fléchage en matière de crédit budgétaire. Or avant
2006 chaque crédit avait une ligné déposée.
Il y a le respect du principe de sincérité des comptes dans la LOLF. Principe que l'on connait
très bien en comptabilité privée.
Le principe le plus important est celui de la performance. Toute dépense publique doit être
justifiée (évaluée) en fonction des performances produites par des décisions publiques. C'est
une révolution puisque jusqu'à la LOLF on ne devait pas rendre de compte en terme
d'efficacité des dépenses publiques. On va évaluer l'action publique comme on est censé le
faire dans les entreprises privées.

 schéma La nouvelle architecture du Budget

Cela pose des problèmes : comment trouver des indicateurs de performance ? Peut-être que
certains services ne peuvent pas être performant.
Le principe du contrôle. Il y a un contrôle annuel qui va être fait par les députés à l'Assemblée
Nationale qui va pouvoir demander des justifications. Il y a un second contrôle par la cour des
comptes (nationale et régionale) qui doit contrôler l'utilisation des deniers publics. Il y a un
dernier contrôle par un certain nombre d'agences.

b- La traduction en termes budgétaires

Le budget est organisé en mission, programme et BOP (Budget Opérationnel de Programme).


Avant nous avions des chapitres.

 tableau «  Ce qui va changer  » page 9

Les crédits sont répartis en fonction d'objectifs. On a une certaine pluri-annualité.

 « Le budget 2006 de l'Etat » page 10

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Il ne faut pas oublier la dette publique dans le budget de l'Etat.

 graphiques TVA et TIPP assurent plus de la moitié des recettes page 11

c- Les types de financement

Les types de financement :


 les impôts : impôts directs et indirects. Les principaux impôts sont la TVA (45 % des
recettes de l'Etat), la TIPP (environ 10 %), impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés.
 Monétaire : émission de bon du trésor négociable à court ou moyen terme.
 Financement à long terme sur le marché obligataire.

 schéma page 12, page 13

L'état a des revenus industriels et commerciaux. On ne met pas dans le budget de l'état la
sécurité sociale et certaines grandes entreprises publiques. On peut ajouter dans certaines
statistiques les déficits des collectivités territoriales. Se pose des questions par rapport aux
recettes.

 schéma page 14

La part des recettes de l'état diminue.

2- Les principaux soldes

a- Les principaux indicateurs

Le déficit public. On l'évalue soit en valeur absolue en prenant comme indicateur le solde des
administrations publiques. Recettes moins les dépenses. Le solde est toujours négatif. Il y a
toujours un déficit public.
On peut ramener ce déficit public au PIB. On a donc dans ce cas là un indicateur en valeur
relative qui en principe ne doit pas dépasser 3,5 %.

 tableau «  Le budget de l'Etat » page 21

Mis à part en 2000, les dépenses publiques ont toujours augmentées, les recettes ont plus ou
moins augmenté et le déficit public est toujours négatif. Le plus élevé est en 1995. On
constate qu'il y a eu des périodes où on a lâché le déficit public.
Les indicateurs au niveau de la dette publique. On peut avoir l'évolution de la dette publique
en valeur absolue ou alors en valeur relative c'est donc le taux d'endettement. La dette
publique représente les crédits cumulés y compris les intérêts. Si on le rapporte au PIB on a
bien le taux d'endettement. Tout dépend de ce que l'on met dedans.

 schéma La dette publique page 15, « La dette s'accroît et pèse sur le budget » page
16

Cela dépend effectivement si on met la dette de la sécurité sociale, …


En matière de prélèvement, il y a le taux de prélèvement qui exprime l'ensemble des
prélèvements obligatoires sur le PIB.

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 tableaux 3 et 4 page 19 ; schéma page 18, tableau page 20

b- La différence entre le solde HSD et SDC

Pourquoi faire ça ? Parce qu'on peut calculer le déficit budgétaire sans prendre en compte les
effets de la dette publique. Les effets de la dette publique se manifestent par l'amortissement
de la dette et les intérêts. On n'est pas obligé de tenir de cela si on veut analyser le budget de
l'état. Les conséquences :
 on peut se retrouver exceptionnellement en situation d'excédent : on a des recettes
supérieures aux dépenses. C'est possible d'avoir un excédent budgétaire.
 Si on raisonne hors service de la dette on nie les engagements de l'état et les efforts
qu'il doit continuer à faire pour réduire son endettement, le déficit public.

3- Le budget de l'état : un instrument pour faire du social

a- L'utilisation de la fiscalité et des dépenses fiscales

En principe, la fiscalité est un moyen de corriger les inégalités. La fiscalité est un moyen
d'écrémer les revenus les plus élevés à condition de respecter un certain nombre de principes :
 la progressivité de l'impôt : plus l'impôt est progressif plus on écrème les revenus d'en
haut. Il y a un autre problème : faut-il faire payer l'impôt à tout le monde ?
 Changer la nature des impôts : il faut donc créer des impôts qui véritablement vont
réduire les inégalités.
 les dépenses fiscales : c'est un impôt que l'état refuse de prélever. Exemple : l'avoir
fiscal c'est un mécanisme qui évite la double imposition aux actionnaires d'une société.
Quand une entreprise fait des bénéfices, ils sont imposés par l'impôt sur les sociétés.
C'est un crédit d'impôt qui permet d'éviter de retirer l'impôt deux fois.

b- L'utilisation des revenus de transferts

Certains sont payés, reversés par l'état (exemple : le RSA, les indemnités de sortie de prison)
et il y a des revenus de transfert qui sont versés par des collectivités territoriales ou par la
sécurité sociale (allocations familiales, allocations logement). Ces revenus doivent corriger les
inégalités de revenus et les inégalités de situation.

c- L'utilisation des services publics

On peut les utiliser. C'est la fonction d'affectation de l'état qui produit des services publics de
toute sorte : éducatif, de santé, en matière économique (électricité, transport, poste)... Si on
veut effectivement faire du social il faut appliquer certains principes : tout le monde doit avoir
accès aux services publics et cela partout. Il ne peut y avoir aucune discrimination territoriale
mais aussi non discrimination quant à la situation personnelle. Cela se traduit par la mise en
œuvre d'une péréquation des tarifs. On va subventionner les services publics territorialement,
ou selon les catégories socioprofessionnelles, déficitaires en utilisant éventuellement les
excédants produits par les services publics excédentaires de façon à maintenir un prix
identique pour tout le monde et sur tout le territoire.

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4- Le budget de l'état : un instrument de soutien à l'activité économique

a- L'évolution des dépenses publiques et ses effets (loi de Wagner, loi de


Peacok et Wiseman, le multiplicateur de transfert et de dépenses
publiques, le théorème d'Haavelmo)

Il est certain que les dépenses publiques sont utiles à l'activité économique.
Ce que va dire la loi de Wagner. Wagner essaye de mettre en relation le niveau des dépenses
publiques et le niveau de développement d'un pays mesuré par la croissance du PIB.

PIB PIB

Dépenses publiques Dépenses publiques

Loi de Wagner Loi de Peacok et


Wiseman

Il constate que s’il n'y a pas de dépenses publiques, il n'y a pas de croissance du PIB. Dès que
l'état dépense on constate qu'il y a une croissance économique.
La loi de Peacok et Wiseman, c'est toujours un peu la même idée, c'est celle des effets des
dépenses publiques sur le niveau de développement. Ils relient effectivement la croissance
économique aux dépenses publiques en mesurant la croissance économique par le PIB mais il
constate aussi que l'évolution se fait par palier parce que le comportement de l'état n'est pas le
même en période de récession et en période d'expansion. En période de récession, les
dépenses publiques ont tendance à se réduire. Par contre elles vont augmentées en phase
d'expansion.
Le multiplicateur de transfert appartient à Keynes qui a établi un lien entre le PIB (y) et dans
un premier temps les dépenses publiques (G) : y = kG, les dépenses publiques entraînent
une variation encore plus importantes du revenu national ou du PIB : y180 = 630. Le
multiplicateur de dépenses publiques :
y=C+I+G
y = ay + b + I = G
y – ay = b + I + G
(1 – a) y = b + I + G
(1 – a) y = G, y = 1/1-a G
Plus j'épargne plus le multiplicateur est faible. Limite k : 1 (si a tend vers 0), cela veut dire
qu'il y a absence d'effet multiplicateur. Il y a effet multiplicateur parce qu'il y a un effort très
important de consommation de la part des agents économiques. Si l'état décide de distribuer
des allocations chômages (revenu de transfert), il va y avoir un effet multiplicateur, sera-t-il
plus élevé ou plus faible que le multiplicateur lié à des grands travaux ? Si ça revient plus vite
il est préférable d'investir. Si l'objectif est de faire du social il faut donner aux chômeurs, si
l'objectif est de faire du profit, il faut investir. En fait, l'allocation chômage intervient ici : y =
a(y + CHo) + I + G + b, y = ay + aCHo + I + G + b, il est moins multiplicateur parce qu'il y a
une propension tout de suite à épargner. Multiplicateur de transfert : y = a/1-a CHo.
Le théorème d'Haavelmo (économiste suédois), il s'interroge sur la valeur du multiplicateur et
il constate que Keynes a oublié le problème du financement de ces dépenses publiques.

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Exemple : Les allocations chômages : je décide de les augmenter, comment vais-je financer
ces 30 milliards ? Soit j'augmente les impôts sauf qu'on ajoute une fuite dans le circuit et on
réduit fortement l'effet multiplicateur. Soit je finance à court terme (marché monétaire) ou à
long terme (émission d'un emprunt obligatoire, marché financier). Toute dépense publique
entraîne un prélèvement, l'effet multiplicateur est-il donc nul ? La réponse est simple :
l'augmentation des prélèvements des impôts diminue l'effet multiplicateur toutefois, il reste un
effet multiplicateur des dépenses publiques car l'investissement public va stimuler rapidement
l'offre et diminuer l'épargne.
Y=C+I+G
y = a (y – T) + b + I + G
revenu disponible
y = ay – aT + b + I + G
y – ay + -aT + b + I + G
(1 – a) y = G – aT
y = G – aT / (1 – a)
y = [1 / (1 – a)] G – [a / 1 – a] T

b- Le rôle de la fiscalité (le multiplicateur de dépenses fiscales, l'incitation à


l'investissement)

Le multiplicateur de dépenses fiscales : on peut utiliser une dépense fiscale comme moyen
d'augmenter le revenu des agents économiques et donc par conséquent la demande. Par
conséquent le multiplicateur de dépense fiscal peut donc être totalement assimilé à celui des
revenus de transferts. Au lieu de donner un revenu de transfert je vais moindre élever sur le
revenu. Le multiplicateur est 1 / 1 - a. A condition d'être en économie fermée.
L'incitation à l'investissement. En fait, la fiscalité souvent d'ailleurs en terme de dépenses
fiscales est un moyen d'inciter les agents économiques à avoir un certain comportement qui
est soit profitable uniquement à lui-même soit profitable à plusieurs agents économiques, dans
ce cas il y a des externalités positives. Exemples :
 le crédit d'impôt recherche : on a le droit de déduire des impôts sur les sociétés qu'on a
à payer la moitié des dépenses en matière de recherche et développement (matière et
personnel). C'est une incitation à innover et à devenir compétitif parce que ça nous est
directement utile. Quelque part, on cherche à faire cheminer des agents économiques
vers un optimum de second rang.
 L'autre possibilité est d'utiliser des incitations (financer la création d'un réseau
d'entreprise par exemple) là c'est une incitation à faire ensemble de la recherche, c'est
à dire une incitation à bénéficier d'externalités positives.

II- La gestion de la dette publique

1- La RCB (rationalisation des choix budgétaires)

a- Principes

C'est une méthode qui est née aux Etats-Unis dans le cadre des programmes militaires
américains dans les années 1960. Son objectif est de rationaliser les décisions publiques. En
fait, d'appliquer une rationalité économique à des décisions publiques qui ont un caractère
particulier surtout dans le domaine de la défense. Une rationalité économique est d'être
efficace c'est à dire atteindre ses objectifs, ne pas gaspiller l'argent public, prendre la meilleure

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décision au bon moment. Cela veut dire aussi être efficient c'est à dire adapter les moyens aux
objectifs que l'on s'est donné. On va inventer une méthode pour appliquer cette rationalité
économique qui s'appelle la méthode des coûts avantages qu'on utilise encore presque
aujourd'hui. A partir de chaque décision budgétaire, on va chiffrer les coûts directs et indirects
liés à cette décision mais aussi les avantages directs et indirects liés à cette même décision et
en particulier on va voir apparaitre dans les avantages la notion de coûts évités. Ce qui ne me
coûte pas est un avantage. Ensuite il faut se définir un critère de choix : est-ce un critère de
minimisation des coûts ou de maximisation des avantages ? Cela suppose de trouver aussi
dans la méthode une unité permettant l'agrégation des différents éléments.

b- Les limites

Il y a des limites techniques : existe-t-il toujours une unité de référence permettant d'agréger
les différents éléments ? Certains éléments sont difficilement mesurable notamment tout ce
qui est coût ou avantage indirect.
Il y a une limite éthique.

2- L'évolution de la pression fiscale et ses conséquences

a- La courbe de Laffer

 Page 23, Evolution des recettes fiscales en fonction du taux d'imposition : la courbe
de Laffer

On voit une zone admissible jusque t 0 c'est à dire jusqu'au moment où on prélève jusqu'à 50 %
du produit de l'impôt. A partir de 50 % on passe en décroissance. La pression fiscale est
devenue trop forte. Si 100 % du PIB est prélevé par l'état, nous sommes dans une économie
de guerre et du coup la notion d'impôt n'a pas de sens.

b- La question de l'internationalisation

La pression fiscale est un moyen d'internalisation c'est à dire un moyen pour faire prendre en
compte aux agents économiques soit les coûts que leur décision individuelle fait supporter à la
collectivité soit les avantages, les bénéfices que leur décision individuelle apporte à la
collectivité. On a l'exemple de la taxe carbone. Cette taxe serait une façon de faire prendre
conscience du fait qu'en consommant telle chose je fais supporter à la collectivité par ma
décision un coût de pollution.

3- Le principe d'équivalence de Ricardo et ses conséquences

a- Enoncé du principe

C'est un principe de gestion de la dette publique. Il y a équivalence entre une situation où il y


a relance c'est à dire une situation d'augmentation des dépenses publiques et une situation où
il y a absence de relance, c'est à dire que l'état ne fait rien, parce que toute relance pose à plus
ou moins long terme la question de son financement. Or, pour financer une relance il faudra
s'endetter (dette publique) et à terme il faudra rembourser soit en réduisant les dépenses du
même montant soit en augmentant les impôts du même montant. La conclusion de ce principe
est que l'effet de la relance est nul à long terme. Les créances que nous avions sur l'état sont
des créances sur nous-mêmes.

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b- La tentation politique

Si les agents économiques sont victimes de l'illusion fiscale, la tentation politique est de
répondre à toutes les demandes et à reporter le problème du financement de la dette à plus
tard. Ou reporter la responsabilité de l'endettement sur le gouvernement précédent.

4- Le théorème de Barro et ses conséquences

a- L'hypothèse d'altruisme

Au départ, il y a l'idée que les agents économiques sont totalement rationnels c'est à dire qu'ils
ne sont pas victimes de l'illusion fiscale et ils sont capables d'effectuer des choix inter-
temporels c'est à dire de nous projeter et de regarder l'effet de décision présent sur le futur.
Barro va évoquer l'hypothèse de l'altruisme compte tenu du fait que nous sommes totalement
rationnels. Face à une relance, les agents économiques vont renoncer à consommer
aujourd'hui sachant que la relance a eu un effet sur leur pouvoir d'achat. Ils vont donc
pratiquer l'abstinence pour épargner en sachant que cette épargne servira à terme à rembourser
l'emprunt lié à la relance. S’ils font cela, il n'y aura pas de relance tout de suite. Il y a deux
formes d'altruisme : altruisme intergénérationnel, il pratique l'abstinence au profit des
générations futures et un altruisme infra générationnel entre différentes catégories de
population et en particulier il y aura un altruisme infra générationnel de la part des retraités
pour ceux qui sont en activité.

b- La réalité du principe

Première critique : les ménages ne sont pas forcément volontairement altruistes. Certains
peuvent choisir volontairement d'être altruistes, d'autres par contre vont être victimes de
l'illusion fiscale et ne pas percevoir les effets de la relance sur les générations futures ou les
autres catégories sociales.
Deuxième critique : pourquoi seraient-ils forcément altruiste de la façon dont le décrit Barro
c'est à dire avec cette abstinence ? Effectivement si l'on admet l'existence d'un effet
multiplicateur, il peut devenir plus rationnel de dépenser aujourd'hui plutôt que de s'abstenir.
Troisième critique : qui va être altruiste ? On dit, dans le modèle de Barro, qu'il existe une
forme d'altruisme des générations actuelles pour les générations futures et des retraités pour
les non retraités. C'est oublié le rôle très important joué par les institutions financières qui
vont se charger de drainer l'épargne ou de rendre plus ou moins facile le crédit et donc vont
aussi conditionner la forme d'altruisme qu'on pourra avoir. L'altruisme infra générationnel
devrait être plutôt de la part de ceux qui ont des revenus élevés vers ceux qui ont des revenus
plus faibles. Cela nous renvoie au caractère très progressif d'écrémage de l'impôt.

5- Les conditions de soutenabilité de Blanchard

Toute relance n'a pas un effet nul comme le sous-entendent Ricardo et Barro. Blanchard parle
de conditions financières d'endettement qui vont faire que oui il faudra relancer, non il ne faut
pas relancer. Les conditions :
 le taux d'endettement : si un ménage a trop d'endettement il va refuser de faire cet
investissement et va attendre d'être moins endetté. Si le taux d'endettement est faible
on dira que c'est soutenable
 si le taux d'intérêt est faible, l'endettement deviendra soutenable parce que cela coûtera

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moins cher. Si le taux d'intérêt est faible, le poids des intérêts dans le service de la
dette diminue. Cela veut dire qu'il y a absence d'effet boule de neige.
 La relance est soutenable en période de croissance économique parce que l'activité
génère suffisamment de recette fiscale pour faire face au remboursement.
 Une relance où l'endettement est soutenable si le taux de prélèvement est faible ou
supportable ou alors si les agents économiques sont victimes de l'illusion fiscale.
 Le niveau de l'inflation. L'endettement est soutenable si le taux d'inflation est élevé. Si
le taux d'inflation est élevé on n'est pas victime de l'illusion monétaire. Deux
phénomènes vont se produire : la valeur actualisée de la dette va diminuer et l'effet de
levier. Il y a effet de levier tant que le taux de rentabilité d'un investissement est
supérieur au taux d'intérêt. Dans l'effet de levier, ce qui est comparé c'est le taux de
croissance économique au taux d'intérêt réel. Or, le taux d'intérêt réel est le taux
nominal moins l'inflation. En période d'inflation, l'effet de levier joue encore plus, il
est accentué. L'état va donc s'endetter.

6- La gestion sous contrainte du budget de l'état

a- Les contraintes pesant sur le multiplicateur

Il y a plusieurs types de contraintes. On pourrait d'abord dire en fait que toutes les dépenses
n'ont pas le même effet multiplicateur. Par exemple, les dépenses de fonctionnement de l'état,
en particulier celles qui consistent à augmenter les services votés comme l'augmentation du
salaire des fonctionnaires, vont avoir un effet sur la demande puisque immédiatement les
fonctionnaires vont consommer mais se pose le problème de l'endettement. Si ce n'est pas
soutenable on risque d'avoir un effet multiplicateur à court terme et à long terme d'avoir des
problèmes de financement et donc une augmentation du chômage à long terme. Cette
hypothèse est néo libérale.
Je peux destiner les dépenses publiques aux dépenses de revenus de transferts. Nous sommes
en économie ouverte et les revenus de transferts vont favoriser les dépenses externes.
Les dépenses d'investissement de l'état en particulier si elles sont ciblées auront un effet sur la
compétitivité de l'économie mais pas forcément un effet multiplicateur.

b- Les contraintes liées à Maastricht et à la BCE

Toutes ces contraintes budgétaires sont liées à la mise en place de la monnaie unique. Il y a
une contrainte qui porte sur le déficit public et qui le limite à 3,5 % du PIB et de la dette
public 60 %. Ces deux contraintes font partie du pacte de stabilisation de la croissance. Il y a
sous couvert d'un objectif de justice, on défend l'euro.

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Chapitre 3 : La politique monétaire

I- Principes généraux sur la monnaie

1- Formes et fonctions de la monnaie

Pour parler des formes de monnaie il faut d'abord partir des qualités, des propriétés d'une
bonne monnaie. Il y a des propriétés physiques et des propriétés non physiques.
Les propriétés physiques : il faut que la monnaie circule facilement donc qu'elle soit
facilement stockable et transportable, par exemple l'inaltérabilité. C'est aussi un faible poids,
masse, volume. Une autre catégorie de propriété physique : la monnaie doit être divisible pour
faciliter les échanges c'est à dire qu'on peut effectuer à la fois des paiements de petits
montants mais aussi de très grands montants, c'est une monnaie divisionnaire. Ensuite, la
valeur de production de la monnaie doit être inférieure à sa valeur faciale.
Les propriétés non physiques renvoient à la confiance que l'on va avoir dans la monnaie. Pour
avoir confiance, il faut qu'elle soit d'abord un caractère symbolique reflétant une certaine
identité. Il existe un monopole de production assortie de sanctions. Ensuite, la monnaie doit
conserver son pouvoir d'achat entre deux périodes. C'est une propriété non physique très
importante de la monnaie.
Une monnaie perd de la valeur à cause de l'inflation et des taux de change.

Les formes de la monnaie vont faciliter les échanges. Première forme : la monnaie
marchandise ou monnaie naturelle, on voit que son coût de production est faible puisque tout
le monde y a accès.
Deuxième forme : la monnaie métallique. Ces monnaies ont pu être pesées, elles ont été
frappées. Une monnaie métallique est plus facilement transportable et stockable mais le coût
de production est plus élevé.
Troisième type de monnaie : la monnaie fiduciaire c'est à dire la monnaie fondée sur la
confiance. C'est une monnaie papier apparue au 17e siècle mais généralisée au 19e siècle.
Cette monnaie, au départ, est une simple reconnaissance de dette. Deux écoles font s'opposer :
la Banking Principle et la Currency Principle. A cette époque on développe de plus en plus
l'échange et les banques font valoir leur droit à créer leur propre monnaie. Un problème va se
poser qui est celui de la confiance que l'on peut attribuer à cette monnaie papier. La solution
qui sera proposé est de rendre cette monnaie fiduciaire convertible en or. On va instaurer le
monopole de production de cette monnaie. C'est la thèse défendue par le Currency Principle.
L'autre courant défendait une monnaie non convertible en or et produite par les banques.
Quatrième forme : la monnaie scripturale. Elle est totalement dématérialisée. C'est une simple
écriture dans un compte. Le titre représentatif est le chèque.
Cinquième forme : la monétique. C'est de la monnaie informatique dont le titre représentatif
est la carte bancaire.

Les fonctions pour la monnaie :


 fonction de réduire des coûts de transaction : il faut réaliser une double coïncidence :
une coïncidence entre des biens qui ont été produits mais aussi et surtout coïncidence
entre les besoins. Il faudra engager des coûts d'information, des coûts de contrôle et de
négociation, des coûts de transaction.
 Fonctions aristoteliciennes : la monnaie est un moyen d'échange, de transaction. C'est
un étalon de mesure des valeurs. La fonction de réserve de valeur : conserver de

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l'argent parce que cela rapporte.


 La monnaie est un facteur d'exclusion.

2- Le financement de l'économie

 schéma page 24 «  Financement intermédié  »

Il existe deux sources de financement par exemple pour un besoin d'investissement ou un


besoin en fond de roulement. Une entreprise qui veut investir peut auto-financer mais dans ce
cas là elle n'a pas de besoin de financement. Sur le marché intermédié, si des agents ont
besoins de financements qui vont se procurer des capitaux auprès d'agents à capacité de
financement en passant par des banques qui vont recevoir des dépôts et accorder des crédits.
Cette simple opération est appelé l'intermédiation. On dit que c'est un marché de la finance
indirect de la finance des capitaux à court terme et c'est aussi un marché de professionnels.
La loi bancaire distingue plusieurs types d'établissements de crédits. Par exemple : les
banques commerciales qui sont les banques qui reçoivent des dépôts et accordent des crédits
aux ménages. On fait une distinction entre les banques qui a un statut coopératif et d'autres
non. Les banques d'affaires ne reçoivent pas de dépôts elles s'adressent aux entreprises pour
des grands projets d'investissements. On a ensuite les institutions financières spécialisées
(IFS), elles ne reçoivent pas de dépôts mais sont spécialisées dans des crédits spécialisés.
Enfin, on a des sociétés financières spécialisées (SFS). Elles sont spécialisées dans le crédit à
la consommation.
Sur ce marché on négocie des actifs monétaires c'est à dire des actifs sur lesquels vont peser
un risque d'insolvabilité. L'intermédiation c'est recevoir des dépôts pour accorde des crédits.
Elle se mesure par un taux d'intermédiation. Taux = crédits bancaires / besoins de financement
de l'économie. Si le taux est égale à 90 % on est dans une économie de l'endettement, on a
totalement recours au financement par l'intermédiation.

3- La création monétaire

Cela pose une question fondamentale en économie : c'est une question de contrat social parce
que au départ, l'offre de monnaie est exogène c'est à dire qu'elle est liée à un monopole public
et en principe indépendante de l'activité économique. C'est un monopole public. Ce n'est plus
le cas depuis 2002, c'est un monopole international. Le problème se pose quand il y a une
possibilité de création sa monnaie. Or en France, la seule monnaie que nous pouvons créer par
nous est la monnaie scripturale c'est à dire par les banques. Les banques créent de la monnaie
quand les crédits qu'ils accordent sont supérieurs aux dépôts. Y-a-t-il une limite à la création
monétaire par les banques ? Quelles sont les limites ? Il y a trois types de limites à la création
de monnaie scripturale par les banques.
 le retrait des billets : si effectivement tous les déposants demandent un retrait en billet
la banque fait faillite.
 La fuite vers les agents extérieurs : parce que la banque est parfois obligée de convertir
des euros en devise et si elle convertit des euros en devise, il y a une fuite parce que
c'est comme si il y avait une demande de billet euros.
 Les limites liées au besoin des banques en monnaie banque centrale : a priori c'est la
limite la plus importante. Chaque banque est tenue de déposer un pourcentage de ses
dépôts à la banque centrale. Ce dépôt va limiter les possibilités d'octroyer des crédits.
Ce sont les dépôts qui font les crédits. Si je limite les dépôts la banque fera moins de
crédit et créera moins de monnaie scripturale. Il y a deux façons de créer de la
monnaie scripturale : les dépôts font des crédits, on parle de limite à la création

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monétaire et on parle en même temps de diviseur de crédit. Deuxième cas : les crédits
font les dépôts, il y a alors un multiplicateur de crédit et le pouvoir de création
monétaire est illimité.

 tableau page 25.

4- Les agrégats monétaires

 Les agrégats de monnaie, page 27

Pourquoi définir un agrégat monétaire ? Parce que la politique monétaire va chercher à


contrôler la masse monétaire pour atteindre certains objectifs et en utilisant certains
instruments. Il faut donc disposer d'une mesure statistique de cette masse monétaire. En
principe elle est normalisée au niveau européen. Cela suppose de définir un agrégat
monétaire. La masse monétaire est l'ensemble des liquidités de l'économie. Les liquidités vont
correspondre d'abord à M1, l'ensemble des moyens de paiement, cela comprend ensuite M2
qui sont des instruments d'épargne qui sont moins liquides que les moyens de paiement.
Enfin, M3 comprend tous les instruments du marché monétaire, cela correspond le moins à
des moyens de paiement.
Quelles sont les contreparties de la masse monétaire ? En principe, elles sont de trois types : le
crédit à l'économie, ce sont les crédits aux ménages et aux entreprises ; crédit au trésor ou à
l'État ; crédit à l'extérieur.

III- Les objectifs et les instruments de la politique monétaire

1- Les objectifs

a- Les objectifs généraux et intermédiaires

L'objectif de la politique monétaire pourrait être le plein emploi. Ça pourrait avoir un rôle
social. Mais ce ne sont pas les objectifs généraux de la politique monétaire. Plus couramment,
l'objectif général est le maintient du pouvoir d'achat de la monnaie. Mais on va décomposer
cet objectif final en deux sous-objectifs : le maintient du pouvoir d'achat interne de la
monnaie c'est à dire la lutte contre l'inflation ; le maintient du pouvoir d'achat externe de la
monnaie c'est à dire stabiliser le taux de change. L'objectif intermédiaire le plus courant est la
fixation d'un certain niveau de taux d'intérêt. Il y a différentes sortes de taux d'intérêts :
 taux administrés – taux non administrés : les taux administrés sont les taux fixés par
les textes. Par exemples on ne peut pas dépasser un taux d'usure, il y a des taux
bonifiés (l'état fixe un taux d'intérêt et finance une partie de l'intérêt).
 Taux courts – taux longs : l'idée est qu'il existe un lien entre les taux courts et les taux
longs. Les taux courts déterminent les taux longs puisqu'ils fixent les conditions de
refinancement des banques mais aussi la demande de monnaie, de crédit. Il existe un
enchaînement dans l'articulation des taux. Le premier taux est le taux de base bancaire
qui est librement déterminé par les banques mais calculé à partir du taux du marché
monétaire lui-même calculé à partir d'un taux directeur qu'on appelle le loyer de
l'argent au jour le jour. Ces taux français sont aussi influencés par des taux européens :
le TEMPE (taux moyen du marché monétaire en Europe). Il y a un autre taux le
BIBOR c'est le taux pratiqué sur le marché interbancaire en Europe.

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 Taux nominaux – taux réels : les taux nominaux c'est avant inflation et les taux réels
c'est réduction faite de l'inflation.
 Le TEG (taux effectif global) c'est un taux fixé en prenant en compte l'ensemble des
frais.

b- La cohérence des objectifs entre eux

Cohérence entre objectif réel et objectif purement monétaire : ce sont très souvent des
objectifs qui s’excluent, qu'il est difficile de poursuivre ensemble. Mais tout dépend des
théories utilisées et du contexte. Nous sommes dans une économie de marché financier,
certains objectifs intermédiaires deviennent prioritaires. Certains objectifs généraux comme
l'inflation deviennent prioritaires. Il existe une incompatibilité ou de grandes difficultés de
cohérence entre le maintient du pouvoir d'achat interne c'est à dire lutter contre l'inflation et le
maintient du pouvoir d'achat externe. C'est toute la problématique de la désinflation
compétitive.

2- L'inflation comme objectif prioritaire

L'inflation est une hausse généralisée des prix auto-entretenu sur un plan macroéconomique.
On le mesure en prenant un panier de la ménagère où on met 290 articles et on suit l'évolution
du prix de ces articles. À partir du prix relevé de ces articles pendant une période donnée, on
calcule un indice des prix.

a- Les causes de l'inflation

C’est une hausse généralisé des prix.


Il y a une distinction entre les causes conjoncturelles et structurelles :
 Conjoncturelle : c’est une inflation monétaire, il y a une inflation quand il y a une
demande sans offre lié à la création monétaire.
 Inflation dite par la demande : une inflation liée au fait que la demande est
supérieure à l’offre. Automatiquement le niveau général des prix augmente.
 Inflation par les coûts : le niveau général augmente quand les coûts de
productions augmentent car les entreprises répercutent la hausse des coûts
sur les prix. Il existe 2 types de coûts :
- Inflation importé pour l’approvisionnement en matière première,
elle vient soit d’une différence de taux de change (dépréciation de
l’Euro par rapports au Dollar) ou soit de l’attitude, de la volonté des
producteurs de matières premières d’augmenter leur prix.
- L’inflation par les coûts salariaux, si les salariés demandent des
augmentations de salaire, les entreprises vont augmenter leur prix,
on l’appelle la Spirale inflationniste

 L’inflation structurelle est difficile à voir. Cette inflation est liée à la rigidité des
structures économique et sociale.
 Rigidité des structures économiques : situation sur le marché (oligopole,
monopole). C’est le cas de la présence de monopole, d’oligopole qui
facilite pour les entreprises la possibilité de répercuter toutes les hausses de
coûts sur les prix.

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- Effet Cliquet : il y a effet quand les entreprises répercutent


facilement les hausses de coût mais ne répercute pas facilement la
baisse des prix.
- L’Effet perroquet : c’est aussi totalement liée à la rigidité des
structures, on répercute une hausse des coûts que l’on n’a pas subit.

 Rigidité des structures sociale : on retrouve un peu le même type d’effet


notamment l’effet Perroquet. Les syndicats vont avoir tendance à justifier
une augmentation de salaire alors que leur pouvoir d’achat n’a pas
forcement baissé.
- L’inflation socio-économique : elle est liée à un modèle de
consommation, le fait est que le consommateur à tendance à
consommer pour être, pour se construire une identité, sauf que cette
identification a un coûts, il faut payer les personnes très cher.

b- Les effets de l'inflation

On peut dire que l’inflation fausse le comportement des agents économique et l’inflation
rationne.
 L’inflation fausse les comportements des épargnants car c’est tout simplement une
incitation à consommer tout de suite et à ne pas épargner. Le mécanisme qui est
derrière est que le prix des biens va augmenter alors on l’achète tout de suite.
 Fausse le comportement de l’Etat car la valeur actualiser de la dette à rembourser
diminue (incitation à s’endetter) et surtout l’inflation fausse le comportement des
investisseurs car l’inflation renforce l’effet de leviers et sa pousse les investisseurs à
s’endetter.
L’inflation rationne : un économiste J. RUEFF dans les années 50 évoque le problème de
la création de faux droit. Notamment parce l’inflation rationne certaine catégorie de
population qui ont le pouvoir de créer des faux droits.
1ère catégorie d’agent : les banques qui ont un pouvoir de création monétaire donc des faux
droits. Si leur revenu diminue, pour maintenir leur pouvoir d’achat (bénéfice) les banques
font créer de l’argent structurale.
2ème catégorie : l’Etat a lui aussi la possibilité de créer de faux droit, il n’a pas la possibilité
de faire faillite. L’Etat n’est jamais rationné. L’Etat s’endette mais malgré tout il se rend
dépendant des banquiers. L’Etat va exercer un droit de seigneuriage, il va augmenter la
taxe d’inflation. Il va augmenter les taux d’imposition ou il va laisser augmenter
l’inflation.
3ème catégorie : les entreprises ne sont pas rationner facilement car elles décident de leur
prix, elles sont rationner que si il y a une très forte concurrence.
4ème catégorie : les salariés, il y a des salariés qui sont très rarement rationner ce sont ceux
qui ne risque pas de perdre leur emploi (les fonctionnaires) ceux qui ont des bons
syndicats. Enormément de salariés non pas de syndicat. Enfin, il y a des salariés qui sont
plus exposé que d’autre car ils sont dans un secteur concurrentiel ou ouvert à la
concurrence international.

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3- Les instruments

a- La typologie des instruments et leurs effets

On a une 1ère catégorie qui sont les instruments quantitatifs destinés à un contrôle direct de la
masse monétaire, de la quantité de monnaie en circulation (monnaie scripturale). Sur un plan
théorique ces instruments sont plutôt monétariste, 2 catégories d’instruments de contrôle :
l’encadrement de crédit et le contrôle des changes.

 L’encadrement de crédit, il s’agit de fixer pour les banques des quotas de crédit à
accorder en fonction des dépôts.
 Le contrôle des changes c’est surtout par rapport au crédit à l’extérieur, et de
l’extérieur pour la France. On va donc fixer des quotas et on va soumettre les
mouvements de capitaux à un agrément ministériel exemple le cas quand une société
étrangère fait une OPA sur une entreprise Française.

La 2ème catégorie sont les instruments qui jouent sur la demande de refinancement des
banques. On agit sur le prix de la monnaie. Parmi les instruments, il y a le taux d’intérêts car
si on joue sur les taux d’intérêt on joue sur le taux bancaire et inversement.
Le taux d’intérêt dépend des possibilités qu’aura la banque de prêter de la monnaie à la
Banque Centrale ou d’emprunter la monnaie à la Banque Centrale.
 Ces prêts ou ces emprunts s’appellent des Appels d’Offre et des prix en pension
 Le réescompte est une opération qui permet de contrôler les crédits commerciaux
accordés par les Banques aux Entreprises.

Exemple : vente de marchandise de 1 000


D 411 Client C D 707 Vente C
Comptabilité de l’entreprise
1 000 1 000 1 000

Si je mets 1 000 à crédit c’est que le client à accepté la lettre de change

D 413 client effet à recevoir C


Si j’ai besoin de liquidité, je vais vendre la créance
1 000 1 000

CTn T : taux d’escompte à ma banque


L’escompte c’est n période que l’on gagne
360
n
D 512 Banque C
J’aurai en Banque

900

L’autre partie est des charges d’Intérêt D 661 CI C

100 0

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Mon banquier peut revendre ma lettre de change. Il va s’adresse à la Banque Centrale, et elle
va adresser le taux de réescompte. Les réserves obligatoires c’est la Banque qui dépose une
partie de ces dépôts à la Banque Centrale cela réduit ses liquidités et augmente le coût du
crédit.

L’Open Market est un instrument de régulation de l’offre de crédit par la Banque Centrale qui
achète ou vend des titres de toutes natures pour jouer sur la liquidité des banques, elle vend
des titres pour réduire la liquidité des Banques et elle achète des titres pour l’augmentation.

b- L'évolution dans l'utilisation des instruments

La 1ère catégorie d’instrument correspond à une économie d’endettement (utilisation jusqu’à la


fin des années 80, une utilisation massive du contrôle du crédit, le but est d’éviter que l’on
accorde trop de crédit). En France, ça a pris une forme particulière car on a fixé des quotas
avec des plafonds et avec des taux de refinancement de plus en plus élevé (taux d’enfer). On a
désencadré certain crédit notamment les crédits à exportation et aussi lié au crédit des
économies d’énergie. En 1986, on les a abandonné, mis fin à l’encadrement du crédit.

2ème catégories : le contrôle des changes appliqué jusqu’en 1989, il a été très souvent appliqué
pour les particuliers, il s’agissait de fixer un montant maximum de Francs ou de devises a
apporté à l’étranger. Les autres instruments sont liés à une économie de marché est donc
nécessite la titrisation. Le réescompte à été abandonné, on utilise le plus en France, l’Appel
d’offre et la prise en pension. L’Open Market est très peu utilisé.

IV- Les analyses de la politique monétaire

a- La théorie quantitative de la monnaie

On trouve une 1ère expression chez les mercantilistes. Ils établissent un lien entre le stock d’Or
et la richesse du pays. Il faut attendre les travaux I. Fisher qui va établir l’équation célèbre de
la théorie quantitative de la monnaie.

M.V=P.T

M : masse monétaire


V : vitesse de la circulation de la monnaie
P : niveau géré des prix
T : transaction en volume
Y : P.I.B

On discute d’abord de la valeur de V et de T


V est une variable institutionnelle qui dépend de la qualité du système financier, ce sont ces
capacités à drainer une épargne. Ce système a une qualité s’il y a capacité à drainer l’épargne
et finance l’activité. Or cette variable est stable au moins à court terme, variable exogène à
l’activité économique.
T est stable c'est-à-dire il n’y a pas de déséquilibre.

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M est plus ou moins instable, la masse monétaire peut varier grâce à la demande. La variation
de M va avoir une influence sur P.

Toute variation inadaptée de la masse monétaire ne correspondant pas aux besoins de


transaction va entrainer une hausse du niveau générale des prix.
La monnaie reste le voile, en faite, elle n’influence pas l’activité réelle (WALRAS). Si on a
un équilibre sur tous les marchés c'est-à-dire si l’offre égale à la demande sur tous les marchés
alors il n’y a pas de chômage en même temps, il y a un équilibre sur le marché monétaire
(WALRAS)

b- L’analyse Keynésienne

Elle dit que la 1ère théorie est fausse. Pour Keynes il y a un lien entre la quantité de monnaie
en circulation et les transactions en volume donc sur le chômage. Il faut regarder du côté de V
et en faite de la demande de monnaie. Pour Keynes, V est instable et cela tient au
comportement de ceux qui demande des crédits. La demande de monnaie est fonction du taux
d’intérêt et du PIB
DM= f (ti, y)
Chez les classiques, la demande de monnaie est fonction d’y
DM= f (y) -> transaction

La monnaie ne répond pas à un besoin de réserve d’épargnes c’est uniquement pour un motif
de transaction. Chez les Keynésiens on va avoir plusieurs motifs, on va avoir un motif de
transaction, de précaution, et un motif de spéculation.
DM= f (y) ; DM= f (y ; ti) ; DM= f (ti)

 figure 18 pages 34

La phase classique est la demande de monnaie, inélastique au taux d’intérêts. L’hypothèse de


spéculation est un spéculer qui veut faire une plus valu, il faut acheter au plus bas et vendre au
plus haut. Keynes fait l’hypothèse que la valeur d’un titre est fonction du taux d’intérêt car le
taux d’intérêt c’est au moins l’efficacité marginal de capital, c’est le taux interne de
rentabilité.
On compare ce taux interne de rentabilité au taux d’intérêt, sa détermine l’attitude du
spéculateur. L’évolution de la valeur d’un titre dépend du bilan comptable de l’entreprise.
Keynes choisit de calculer par rapport au taux d’intérêt.
Si le taux d’intérêt augmente, la valeur du titre diminue et inversement les spéculateurs
fonctionnent par anticipation.

La trappe à liquidité : qu’elle que soit le taux du niveau d’intérêt, la demande est déconnecté
de la réalité productive.

Pourquoi ne pas utiliser la politique monétaire pour résorber le chômage ? Keynes a dit « a
long terme nous sommes tous mort ». La politique monétaire vice le taux d’intérêt n’agit qu’à
long terme. Difficile d’agir à la fois sur la demande et l’offre. Keynes montre qu’il y a une
préférence pour la trappe à liquidité, les agents économiques vont refuser de consommer,
d’investir et de voir leur épargne utiliser pour relancer l’activité économique.

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C+I
 
S S Esprits animaux, refus d’investir car il y a pas assez de demande

Epargne

Pour Keynes, l’offre de monnaie est droite.

Partie normalePolitique monétaire expansionniste sans aucun effet

Si on veut relancer la politique économique, il faut pratiquer une politique budgétaire.

c- ISLM

Synthèse Keynes/ classique


Représente l’équilibre simultané sur le marché monétaire et sur le marché des biens et
services (manque le marché du travail).
Il y a équilibre quand
Y=C+I ou I=S
L=M ou L=DS + DT +DP

I=S traduit l’équilibre sur le marché des biens et services. (Figure 13 pages 30) I est la
fonction du taux d’intérêt fonction décroissante et S est l’épargne est une fonction croissante
de croissante du revenu.
(Figure 14 page 31) on représente un IS fort ou faible si g une pente forte, il faut une forte
variation du taux d’intérêt pour avoir une forte variation du PB. Pente faible c’est l’inverse,
elle entraine une forte variation du revenu national.

LM : équilibre sur le marché monétaire, Figure 16 page 32.


Le modèle ISLM est utilisé pour faire des choix en matière de politique économique. Figure
19, page 35 : représentation de l'équilibre sur le marché des biens et services et sur le marché
monétaire.

d- La courbe de Phillips

Cette courbe permet d'intégrer le chômage. Phillips est un économiste néo zélandais et s'est

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posé la question de la relation à long terme entre le taux de chômage et le niveau des salaires.
En fait, jusqu'à présent, les économistes opposent l'inflation au chômage.

La courbe en L renversé :

Px

IS

Classique
IS
Keynésien

Chômage (y)

Il y a chômage sans inflation pour les keynésiens. Phillips va montrer qu'il y a des situations
où on peut avoir de l'inflation et du chômage en même temps, on appelle cela de la
stagflation, mais il va surtout montrer qu'il y a un arbitrage possible entre l'inflation et le
chômage. Schéma 11-1, page 36. Phillips va observer sur une longue période la relation entre
le chômage et les salaires nominaux. Normalement, si le chômage augmente, les salaires
diminuent. On retrouve une situation de plein emploi. Si les salaires ne sont pas flexibles, une
hausse du chômage ne va pas se traduire par une baisse des salaires et les entreprises devront
répercuter sur leurs prix. Les entreprises fixent le niveau des salaires en fonction de la
productivité marginale du travail autrement dit la performance des salariés. Le problème de
l'inflation et du choix du chômage se pose quand l'évolution des salaires est supérieure au
rythme de la productivité. Sur le graphique : c'est le lien entre le sous emploi et le taux
d'inflation. Graphique 11.2, page 37. Graphique page 38. Il y a une relation cyclique entre
l'inflation et le chômage. Cette relation tient aux comportements des agents économiques. Ils
peuvent être plus ou moins sensibles à une variation des prix ou plus ou moins sensible à une
variation du chômage.

e- Le NAIRU

 figure 37, page 40


NAIRU : Non Accelerating Inflation Rate of Unemployement
NAWRU : Non Accelerating Wage Rate of Unemployement
NAIRU : c'est le taux de chômage non inflationniste. NAWRU : c'est une déflation.
'Estimation et écart type de NAIRU', page 41. Éléments endogènes qui jouent sur le
NAIRU : fonctionnement du marché du travail, division internationale du travail, chocs
monétaires. En France, la hausse du NAIRU peut être interprétée comme une détérioration
exogène et ce malgré une amélioration endogène.

f- Le monétarisme

Il intervient à la fin des années 1970 et est un courant qui critique des analyses keynésiennes
de la crise qui ont sévis jusqu'au début des années 1970. Il leur reproche notamment leur
raisonnement qui est à prix rigide, donc à salaire rigide et il reproche aussi à Phillips de
raisonner en salaires nominaux. Les monétaristes partent du principe que les agents ne sont
pas victimes de l'illusion monétaire ce que sous-entendent les keynésiens et Phillips. Il

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critique les keynésiens notamment leur démonstration du caractère instable de la demande de


monnaie. Milton Friedman va démontrer la stabilité de la demande de monnaie en étudiant sur
le long terme l'évolution de la consommation. Pour lui, il n'y a qu'un seul motif : motif de
transaction. Il va montrer que la consommation est stable à long terme, elle est fonction du
PIB et par conséquent la demande de monnaie est stable. Pour parvenir à ses fins, il utilise la
notion de revenu permanent et de revenu transitoire. La consommation est fonction d'un
revenu permanent qui détermine ce que le consommateur va dépenser mais elle est aussi
fonction d'un revenu transitoire qui va permettre de lisser, d'ajuster dans le temps l'évolution
de la consommation. Ce revenu transitoire est lié à des comportements de choix de
portefeuille de la part des ménages. On y intègre les aspects financiers sauf qu'ils sont liés
totalement à la volonté de maintenir à un niveau stable de consommation. Le choix se fait
pour les ménages entre différents actifs. Des actifs réels qui sont les biens consommés et des
actifs financiers qui vont chercher à rentabiliser mais dans un seul but qui est celui de dégager
un revenu transitoire. L'autre aspect de la théorie monétariste est de réintroduire la théorie
quantitative de la monnaie. Le niveau de la masse monétaire détermine la variation des prix.
On va admettre une sur-création monétaire mais qui ne serait pas lié à l'instabilité de la
demande de monnaie mais lié à l'endettement de l'état. Cela aura un effet inflationniste. La
conséquence de cette approche est que l'objectif de politique monétaire est l'inflation. On
préconise l'austérité pour l'état et pour les agents économiques qui ont tendance à trop
s'endetter. L'idée est qu'il faut assainir les conditions de financement de l'économie.

g- La nouvelle économie classique

Ils ajoutent l'hypothèse d'anticipation rationnelle. On est toujours dans le cadre d'une théorie
quantitative de la monnaie mais les agents économiques ont des anticipations rationnelles à
plus ou moins long terme. Imaginons une politique budgétaire de relance. Cette politique est
sensé via la théorie quantitative de la monnaie être inflationniste puisque l'état s'endette sans
qu'il y ait une offre en face. Les nouveaux classiques vont dire à court terme les agents
économiques ne se rendent pas compte de cette inflation. Ils sont victimes de l'illusion
monétaire. Ils sont capable à long terme d'anticiper que cela se traduit par une baisse de leur
pouvoir d'achat. Ce que l'on constate est que la relance à un effet positif à court terme car les
ménages consomment la hausse du revenu. Mais à long terme, ils vont comprendre que cela
se traduit par une baisse de leur pouvoir d'achat car le chômage augmente de nouveau, il
revient à son niveau initial sauf qu'entre temps le niveau général des prix à augmenté. Chaque
relance se fait à un coût inflationniste de plus en plus élevé. Comment s'en sortir ? Il faut se
fixer des objectifs de croissance de la masse monétaire et surtout il faut les annoncer parce
qu'on espère que les agents économiques anticiperont la réalité des choses qui vont se passer
et de ce fait on n'aura pas l'effet inflationniste.

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Chapitre 4 : Les politiques de l'emploi

I- La mesure du chômage

1- Un peu d'histoire

a- De la notion au chômage

Au départ, la notion de chômage est apparue au 19e siècle pour représenter l'idée qu'une
personne peut être privée d'activité évidemment par manque d'ouvrage, par maladie ou pour
les jours fériés. Dans le droit social aujourd'hui, les jours fériés sont dit des jours chômés. La
notion de chômage telle qu'on l'entend aujourd'hui, donc une personne qui est dans l'esprit
licenciée, est totalement liée à l'emploi industriel et elle a amené aussi à faire la différence
entre ceux qui sont involontairement privés de travail et ceux qui ne font rien pour en trouver.

b- Des moyens de comptage

Ils ont évolués. Au départ, on comptait les chômeurs grâce au recensement effectué mais aussi
grâce aux inscriptions aux différents bureaux de main d'œuvre. Il faut attendre 1967 pour voir
créé l'ANPE (Agence Nationale Pour l'Emploi) qui devient l'institut qui va enregistrer les
offres et les demandes d'emplois. L'ANPE a disparu en 2008 et a été regroupé avec les
Assedic pour créer le Pôle Emploi.

2- La statistique administrative du chômage

Elle est établie par l'ANPE et par l'INSEE au travers d'enquêtes semestrielles. Elle cherche à
vérifier les chiffres de l'ANPE par le biais d'enquêtes et à préciser les comportements en
matière de recherche d'emplois selon les différentes CSP. Elle détermine ce que l'on appelle la
population disponible à la recherche d'un emploi.

a- Les catégories de demandeurs d'emploi

L'ANPE reconnaît huit catégories de demandeurs d'emplois fin de mois. La classification est
plus ou moins souple. La première catégorie est les vrais chômeurs. C'est la catégorie la plus
restrictive. Ce sont les personnes sans emploi immédiatement disponible qui accomplissent
des actes de recherche d'emploi à durée indéterminée à temps plein. Un temps plein c'est au
moins 78 heures par mois. La seconde catégorie est la même chose mais à temps partiel. La
dernière catégorie se sont les personnes sans emploi non immédiatement disponible
recherchant un emploi soit temporaire, partiel et/ou saisonnier.

b- Polémiques et controverses

Ce qui va changer sont les pratiques d'enregistrement et les règles administratives de


définition de ce qu'est un chômeur. Si on change les deux on peut jouer sur les chiffres du
chômage d'où les soupçons de manipulations. Quelques exemples : les chômeurs ayant atteint
l'âge de 57 ans et bénéficiant ou pouvant bénéficier des conditions de pré-retraite ne sont plus
comptés dans les statistiques du chômage. L'an dernier il y avait environ 400 000. En 1995,
on a fait passer la durée d'un emploi indéterminé à 78 heures alors qu'avant c'était 169. Cela

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Politiques Economiques L2 AES

fait 500 000 chômeurs gagnés. Ensuite, on a supprimé l'obligation de s'inscrire à l'ANPE pour
toucher les indemnités. On a donc perdu tous ceux qui ne toucheront jamais d'indemnités. Et
on a perdu des chômeurs découragés qui représentent 2 à 3 % du nombre total des chômeurs.

Comparaisons internationales : le bureau international du travail donne une statistique


internationale du chômage qui s'éloigne de la statistique française. Cela pose problème. Ils
retiennent trois critères : être sans travail, être disponible pour travailler, être à la recherche
d'un travail. La notion de travail est plus large pour le BIT. On y inclut les temps partiels et on
applique des critères plus précis pour la disponibilité notamment on donne un délai de 15
jours. En France, la simple inscription au Pôle emploi est considérée comme un acte de
recherche. C'est relativement difficile de comparer les chiffres du chômage parce que le
fonctionnement du marché du travail n'est pas le même.

3- Le halo du chômage

a- Deux définitions de la population active

Si on compare la définition du BIT avec la définition de l'ANPE on a des situations de


personnes qui sont aux frontières de la population active. Par exemple, on a de nouvelles
catégories : chômeurs découragés, les femmes qui ne répondent pas aux critères de
disponibilité en général, des situations de chevauchement entre emploi, recherche d'emploi et
formation. On peut dire qu'aujourd'hui on n'a plus cette idée de travailler auprès de chez soi
dans le même métier.

b- Les personnes en sous-emploi

Ce sont des personnes qui ont un emploi mais qui ne correspond pas à ce qu'ils souhaitaient.
Cela correspond notamment au temps partiel. Le temps partiel non choisi peut être considéré
comme du sous emploi. 40 % des temps partiels ne sont pas choisis. On peut également
considérer comme sous emploi les CDD et les contrats intérimaires. Les CDD donnent une
mission limitée dans le temps. Il est relativement rare. Le contrat intérimaire est entre une
boîte d'intérim, une entreprise et un chômeur. Il y a un contrat de mission. On fait des
missions pour la boîte d'intérim. On les dits aussi contrats précaires. Ils représentent 15 % des
effectifs salariés. Durant les années 2000 leur pourcentage a augmenté de plus en plus.

c- Les effets des politiques de l'emploi sur l'appréhension du chômage

La politique de l'emploi brouille les cartes dans la mesure où on crée des catégories de salariés
particulières : les préretraités, les emplois aidés notamment dans les structures d'insertion par
l'économique... Cela crée une sorte de précarité qui se surajoute sur les CDD, temps partiel...

d- Vers de nouveaux indicateurs

Les nouveaux indicateurs devraient être capables d'identifier toutes les situations
intermédiaires. Les solutions sont d'abord peut-être développer plusieurs types de mesures
pour identifier ces situations. Il y a le concept d'emploi inadéquat parce qu'on a bien compris
qu'il n'y avait pas forcément de bon emploi et de mauvais chômage. On va chercher à mettre
en relation des situations de travail ou de non travail avec des aptitudes et un bien être. La
qualification est sans doute le critère de sélection le plus grand.

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II- Les conceptions théoriques du marché du travail

1- Chômage et contrat social chez les fondateurs

Un contrat social est l'ensemble des justifications qui sont admises dans le fonctionnement du
marché du travail.

a- Le chômage volontaire chez les libéraux

Le contrat social libéral est celui qu'on a aujourd'hui dans notre société. Il fixe la nature de ce
qui est juste aux yeux de tous. Qu'est-ce qui est juste sur le marché du travail pour un libéral ?
Ce qui est juste c'est que les personnes doivent être libres de travailler ou non. En contre
partie on est responsable de notre choix. Les inégalités sociales sont justes dans la mesure où
elles traduisent soit une performance différente, soit en fonction de l'effort.
Tout chômage est volontaire. Il n'est pas question d'aider les chômeurs sous quelques formes
que ce soit parce qu'il faut respecter leur choix ou ils ne sont pas performants.
 'Les effets du salaire minimum sur l'équilibre du marché du travail', page 42
L'offre du travail est une fonction croissante du salaire réel. La demande de travail est une
fonction décroissante du salaire. L'offre de travail se fixe sur le salaire minimum. Le chômage
est lié à la rigidité des salaires et du marché du travail en général.

b- Le chômage volontaire chez les marxistes

Dans le contrat social on n'est pas libre de faire ce que l'on veut, on ne fait que ce qui
correspond à l'intérêt général. Il est fondé sur l'égalitarisme, donc l'égalité de traitement de
tous les salariés quelque soit leur performance, l'effort dépensé. Cela est vrai surtout par
rapport aux salaires. Le contrat social est un contrat critique du capitalisme. On en conclu que
le chômage est volontaire pour les capitalistes. Les prolétaires n'ont pas le capital, ils ont que
leur force de travail à offrir et de ce fait les capitalistes vont s'en servir pour les exploiter. Le
chômage devient une armée de réserve.

c- Le chômage involontaire chez les keynésiens

Le contrat social keynésien admet l'existence d'un chômage involontaire, c'est la seule
différence avec le contrat social libéral. Chez les keynésiens, il y a chômage involontaire c'est
à dire qu'il existe des salariés qui cherchent un emploi mais qui n'en trouve pas.

2- Les nouvelles analyses du marché du travail

a- La rigidité des salaires et les imperfections du marché chez les néolibéraux

Ce sont des interprétations nées dans les années 1970, 1980 et qui vont chercher à expliquer
l'existence d'un taux de chômage naturel. Ils vont inventer des théories essayant de justifier la
rigidité des salaires à la baisse et du chômage naturel de la population active.
Il y a la thèse des coûts presque fixes. L'entreprise détermine son comportement en fonction
des coûts salariaux mais aussi en fonction de coûts non salariaux comme le recrutement, la
formation, adaptation au poste et ces coûts sont pratiquement fixes que l'entreprise doit
amortir. A court terme, le salaire est rigide parce que l'entreprise voudra garder ses salariés.
Pour le salarié, il existe un salaire de réservation qui explique la rigidité des salaires à la
baisse. C'est le salaire que doit offrir l'entreprise pour attirer le salarié compte tenu de tous les

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coûts qui sont liés à son changement d'activité (déménagement, coûts psychologiques).
Il y a la théorie de segmentation du marché du travail. Ce sont ceux qui ont un emploi qui
obligent ceux qui n'en ont pas à rester au chômage. C'est un chômage d'attente qui est naturel
parce qu'il y a deux marchés du travail : un marché primaire qui est interne aux entreprises et
un marché externe ou secondaire qui est celui de ceux qui recherchent un emploi. Les salariés
comme les entreprises vont avoir tendance à recourir au marché interne.
Enfin, la théorie des cycles réels. Elle part du principe que des chocs exogènes comme les
changements démographiques, les progrès technologiques vont se traduire par une
augmentation automatique de l'offre de travail en phase de croissance puisqu'à priori la
productivité et les salaires seront plus élevés. En phase de dépression se sera l'inverse. Le
chômage résulte de choix inter temporels des salariés.

b- Les approches néo keynésiennes

Salaires déficiences
On cherche à expliquer l'existence d'un chômage involontaire en montrant pourquoi les
salaires sont rigides. Ils montrent que le salaire est rigide pour prouver qu'il y a un chômage
involontaire qui ne serait pas lié à l'insuffisance de la demande globale. On suppose que le
salaire proposé par les entreprises est supérieur au salaire d'équilibre pour attirer les bons
salariés pour obtenir l'effort maximal du salarié et pour prendre en compte les coûts de
mobilité. Ensuite, on a les contrats implicites. L'idée est que le contrat de travail est un contrat
d'assurance implicitement qui va assurer la stabilité des revenus au salarié. En période de
croissance il est sous payé par rapport à sa productivité et inversement, en période de
dépression il est sur payé par rapport à sa productivité. Le salaire reste stable. La théorie des
négociations qui dit que la relation salaire-emploi est définie au niveau macro économique par
les syndicats. La présence de syndicat peut provoquer le chômage si les salariés étaient prêts à
assumer la flexibilité salariale. Enfin, la théorie du déséquilibre part du principe qu'il peut
exister simultanément plusieurs formes de chômage. Tout dépend de la forme prise par le
rationnement. Il y a différents cas. Le premier : les ménages sont rationnés sur le marché des
biens et services, la demande est supérieure à l'offre et sur le marché du travail, l'offre de
travail est supérieure à la demande. On est dans un chômage libéral. On présuppose que les
salaires sont trop élevés, cela restreint la capacité d'offre des entreprises. Autre situation, les
entreprises sont rationnées sur le marché des biens et services. La demande est inférieure à
l'offre. Les ménages sont rationnés sur le marché du travail. Il n'y a pas assez de demande et il
y a du chômage, c'est un chômage involontaire, keynésien. Troisième situation : les ménages
sont rationnés sur le marché des biens et services, la demande est supérieure à l'offre, mais pas
sur le marché du travail. On a une inflation dite « contenue ». C'est cette inflation qui est
source de croissance économique parce qu'il y une demande, il y a donc une potentialité de
développement pour les entreprises et en plus sur le marché du travail les entreprises vont
trouver des salariés. Ce sera positif pour la croissance.

c- Les autres interprétations (loi d'Okun, loi d'appariement, modèle


d'emploi)

C'est les thèses hétérodoxes qui essayent d'interpréter le chômage. La loi d'Okun, économiste
japonais qui essaye d'établir un lien entre la croissance économique et l'emploi. En principe,
toute croissance économique est créatrice d'emplois. Okun va montrer que ce n'est pas tout à
fait vrai. Depuis une vingtaine d'années, on a eu un plafonnement de la croissance
économique. Elle ne crée des emplois qu'à partir d'un certain seuil. On a pu montrer que la
croissance économique de ces dernières années ne créé suffisamment d'emplois qu'à partir de

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3 %. La thèse des appariements dit que le chômage apparait lorsqu'il y a des offres d'emplois
non satisfaites. Il y a également la thèse du chômage technologique. C'est celui lié au progrès
technique. En principe le progrès technique crée des débouchés mais en même temps, il
économise du travail. Le progrès technique permet de créer des emplois dans les secteurs où
la demande est très élastique par rapport au prix. Il va entraîner une baisse de prix. Le progrès
technique fait naitre de la concurrence avec la course à l'innovation. Or structurellement, cette
course fait des dégâts. Le modèle d'emploi dit que le fonctionnement du marché de travail et
le chômage sont liés à un modèle d'emploi. Or, un modèle d'emploi c'est l'ensemble des
systèmes articulés d'emploi, de formation et de protection sociale. Les modèles d'emplois sont
différents selon les pays. Cela explique les natures de chômage dans les différents pays.

III- La typologie des politiques d'emploi

1- Les politiques passives : atténuer les conséquences sociales du chômage et agir


sur le volume de l'offre de travail

a- Les instruments

Le premier instrument est l'indemnisation du chômage. C'est bien une politique passive. Elle
est basée soit sur un système assurantiel soit sur un système assistantiel. Le premier système
sont les cotisations chômage des salariés et des entreprises qui vont financer les assurances
chômages. L'assurance chômage est due à celui qui a été un jour assuré, qui a cotisé. Les
indemnités chômage sont fonction du salaire et sont dégressives. Tous les pays n'appliquent
pas cela. Le système assistantiel est financé par l'état et par l'impôt. On verse une indemnité
journalière forfaitaire. En général c'est qu'en on est en fin de droits. L'autre possibilité est de
jouer sur l'offre de travail. C'est éviter qu'elle soit trop importante et se sont des actions
démographiques. On met en préretraite, on limite les mouvements migratoires.

b- Portée et limites

L'indemnisation du chômage coûte excessivement cher. C'est une dés-incitation au travail


mais on ne peut pas le supprimer parce que c'est utile.

2- Les politiques actives : instaurer un cadre favorable au maintient ou à la


création d'emplois

a- Les instruments

Soit l'existence d'un chômage volontaire, soit il y a une rigidité des salaires à la baisse. Le
premier type de mesure est d'abaisser le coût du travail. On va par exemple assouplir les
négociations en matière salariale en particulier en matière de minimas sociaux. On
subventionne l'emploi en réduisant les charges patronales en particulier pour les jeunes mais
aussi pour les emplois peu qualifiés. On va ensuite agir sur les modalités d'utilisation du
travail. Par exemple, on favorise l'extension du recours au CTT, c'est favoriser l'accès au
temps partiel. On desserre les contraintes en matière d'horaires du travail. On réduit la durée
hebdomadaire de travail. Ensuite, on joue sur la formation.

b- Portée et limites

La flexibilisation du marché du travail, la réduction du temps de travail a amené les RTT.

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