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POUR SAÏD MUSETTE, DIRECTEUR DE RECHERCHE AU CREAD

La fuite des compétences :

un gaspillage des cerveaux P.7

POSITIONS DE L’ALGÉRIE PAR RAPPORT À DES QUESTIONS RÉGIONALES

Bouteflika s’explique auprès du roi d’Arabie saoudite P.6

LE DROIT DE SAVOIR, LE DEVOIR D’INFORMER

LIBERTE

PROCÈS DU NAVIRE PANAMÉEN RESPONSABLE DE LA COUPURE DU CÂBLE SMWE4

6 mois de prison

avec sursis pour

le commandant

de bord P.8

ASSASSINAT D'ARLETTE TIAB

Peine capitale

pour les deux

accusés, une

année pour r le le

44
44

receleur P.24

QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION. 37, RUE LARBI BEN M’HIDI, ALGER - N° 7200 MERCREDI 6 AVRIL 2016 - ALGÉRIE 20 DA - FRANCE 1,30 € - GB 1£ 20 - ISSN 1111- 4290

APRÈS LES RÉVÉLATIONS SUR SON IMPLICATION DANS LE SCANDALE DE L’ÉVASION FISCALE Bouchouareb peut-il rester ?
APRÈS LES RÉVÉLATIONS SUR SON IMPLICATION
DANS LE SCANDALE DE L’ÉVASION FISCALE
Bouchouareb
peut-il rester ?
SCANDALE D’ÉVASION
FISCALE “PANAMA PAPERS”
LE PAYS VOULAIT DEVENIR
UN PUISSANT CENTRE
FINANCIER
Le monde
Le Panama
ébranlé,
victime de
Alger se tait
son ambition
BOUCHOUAREB
NE S’EST PAS EXPLIQUÉ
PERSONNELLEMENT
SUR “PANAMA PAPERS”
P.2/3/4
L’embarras d’un
ministre de la
République
Iconographie
ILS EN SONT À LEUR TROISIÈME JOUR DE GRÈVE DE LA FAIM EN RAISON D’UNE SITUATION
ILS EN SONT À LEUR TROISIÈME
JOUR DE GRÈVE DE LA FAIM
EN RAISON D’UNE SITUATION SÉCURITAIRE
PRÉCAIRE
Contractuels-
Benghabrit :
le pourrissement ! P.8
Bamako rétablit
l’état d’urgence
pour dix jours
P.6
Yahia Magha Archives/Liberté
Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE 2 L’actualité en question
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
2
L’actualité en question

SCANDALE D’ÉVASION FISCALE “PANAMA PAPERS”

Le monde ébranlé, Alger se tait

Au moment où l’Algérie proteste contre le traitement qu’a réservé le quotidien français Le Monde à l’affaire “Panama Papers”, la justice française et le fisc espagnol ont ouvert une enquête, le Premier ministre britannique s’est publiquement expliqué, le président islandais a écourté son séjour aux USA et son Premier ministre a démissionné.

  • L e scandale de fraude fiscale “Pana- ma Papers” ébranle le monde et plusieurs gouvernements n’ont pas tardé à engager des procédures. La justice française a ouvert une enquête pour “blanchiment de

fraudes fiscales aggravées”, les pratiques dévoi- lées étant “susceptibles de concerner des résidents

Par :

MEHDI MEHENNI

fiscaux français”, a fait savoir, hier, l’AFP, précisant

que la France a

aussi décidé de “réinscrire ce pays (le Panama) sur sa liste de paradis fiscaux, d'où il avait été

retiré en 2012”. La justice française a visiblement anticipé et n’a pas attendu que l’on dévoile le ou les noms de personnalités pour enquêter. Même réflexe en Espagne où la justice et le fisc “ont ouvert des enquêtes”, alors qu’aux Pays-Bas, le fisc a promis de “s'intéresser aux possibles cas d'éva- sion fiscale”, rapporte l’agence de presse fran- çaise. Autre pays, l'Australie a également lan- cé “des investigations sur 800 clients de Mos- sack Fonseca”, le bureau d’avocats panaméen, selon la même source. Le Premier ministre britannique David Came- ron, dont le père Ian est cité dans ce scanda- le mondial, s'est publiquement expliqué hier,

D. R.
D. R.

Le peuple islandais est sorti dans la rue.

mardi, devant la presse de son pays. “Je n'ai au- cune action, aucun trust offshore, aucun fonds offshore, rien de tout cela (…) J'ai le salaire de Premier ministre et j'ai quelques économies, sur lesquelles je perçois des intérêts, et j'ai une mai- son, dans laquelle nous vivions, mais qui est, ac- tuellement, louée pendant que nous sommes à

Downing Street (la résidence des Pre- miers ministres bri- tanniques, NDLR), et c'est tout ce que j'ai”, s’est-il justifié. Le Premier ministre islandais Sigmun- dur David Gunn- laugsson, secoué également par le scandale, pour avoir effectué des place- ments offshore, a informé, hier, le groupe parlemen- taire de son parti le Progrès de son in- tention de démis- sionner de ses fonc- tions. Sigmundur

pressions de la rue, mais aussi de l’opposition au Parlement. Ce qui lui est reproché est d’avoir omis cette participation dans sa décla-

ration de patrimoine quand il a été élu dépu- té en avril 2009. Même au Pakistan, le Premier ministre Nawaz Sharif a annoncé la formation d'une commission judiciaire de haut niveau pour enquêter sur les révélations d’évasion fis- cale concernant ses proches. Le Premier mi- nistre pakistanais a fait cette annonce en di- rect à la télévision nationale. Visiblement en avance, les États-Unis ont pris déjà ce lundi de nouvelles mesures pour “freiner l'exil fiscal des multinationales américaines qui fuient l'impôt

en transférant leur siège social à l'étranger à la faveur de rachats d'entreprises”, s’est félicité le président Barack Obama. En Algérie, la seu-

le réaction officielle était de protester auprès du Quai d’Orsay après que le quotidien Le Monde eut illustré l’article concernant les personnalités algériennes proches du Président impliquées dans le scandale, notamment l’ac- tuel ministre Abdeslam Bouchouareb, par la photo d’Abdelaziz Bouteflika.

M. M.

David Gunnlaug- sson qui a “détenu des millions de dollars dans la société Wintris, avant qu’il ne cède ses parts à son épouse en 2009”, a fait l’objet de fortes

Ils ont réagi

ATMANE MAZOUZ, SECRÉTAIRE NATIONAL À LA COMMUNICATION DU RCD

“Une preuve que les décideurs sont les véritables dangers pour la stabilité du pays”

n Le scandale des “Panama Papers” impliquant des dirigeants algériens vient nous rappeler l’extrême déliquescence de tout l’édifice institutionnel du pays. Compter des hauts cadres de la nation, pour certains, encore en exercice parmi les accusés d’évasion fiscale, sans que la justice s’autosaisisse, est d’une énorme gravité. La myriade des comptes offshore cachés par les dirigeants algériens et soustraits de tout contrôle des organismes fiscaux algériens est une atteinte gravissime à l’économie nationale au moment où les accusés invitent les Algériens à serrer la ceinture et à accepter les mesures insoutenables d’austérité qui continuent à peser lourdement sur le quotidien des citoyens. Ces révélations doivent cacher, assurément, d’autres beaucoup plus compromettantes impliquant de hauts dignitaires du régime ; et ce n’est certainement pas avec une justice soumise que la vérité éclatera et que les accusés répondront de leurs malversations. Les informations révélées sur les relations de Bouchouareb et les activités de la Royal

Arrival Corp spécialisée dans la représentation commerciale, négociation et obtention de contrats dans divers secteurs d’activités ne peuvent que susciter des interrogations et des condamnations sur un conflit d’intérêt plus qu’évident d’un ministre en exercice. Décidément, chaque jour qui passe révèle que les hommes en charge du destin national sont les véritables dangers pour la stabilité du pays.

  • F. A.

SOUFIANE DJILALI, PRÉSIDENT DE JIL JADID

“Ces gens sont prêts à couler le pays pour leurs intérêts”

n “Nous ne sommes guère surpris des révélations faites sur le ministre de l’Industrie et des Mines. Cela ne fait que confirmer un sentiment qu’ont tous les Algériens sur ceux qui gouvernent le pays, tous accusés de voleurs qui cherchent à avoir la main sur le pays. Ces gens qui n’ont honte de rien du tout, qui sont prêts à couler le pays pour leurs intérêts. Aujourd’hui, ils méritent d’être mis à nu. S’il y avait un président, il devrait suspendre tous ces gens. Mais, il se trouve qu’on a affaire à un Président qui couvre tous les corrompus qu’il a lui-même ramenés. Où est passé le Président qui ne ratait jamais l’occasion de s’attaquer à l’opposition ?”

  • F. A.

ALGER S’ÉLÈVE CONTRE LA PUBLICATION DU PORTRAIT DE BOUTEFLIKA À LA “UNE” DU JOURNAL FRANÇAIS

“Le Monde” s’explique

n Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avons-nous appris de sources bien informées, a protesté officiellement, via le ministère des Affaires étrangères, auprès du Quai d’Orsay sur la publication du portrait du président de la République, à la Une du journal Le Monde dans son édition du 5 avril, pour illustrer l’article traitant de l’implication du ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, dans le scandale d’évasion fiscale, cité dans l’affaire “Panama Papers”. Cette Une scannée avait, déjà la veille, fait le tour du Net. Suite à quoi, le quotidien français a tenu à apporter, dans son édition d’hier sa précision :

“Contrairement à ce que la photo en Une du Monde daté du 5 avril a pu laisser croire, le nom du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, n’apparaît pas dans les ‘Panama Papers’. Ce sont des proches du chef de l’État qui sont soupçonnés d’avoir détourné une partie des ressources du pays, comme le relève l’article ci-dessus, paru en page 7 du quotidien.”

F. A.

A notre cher père ABDELMADJID BOUZBID Déjà 40 jours, le temps n’effacera jamais dans nos cœurs
A notre cher père
ABDELMADJID BOUZBID
Déjà 40 jours, le temps n’effacera jamais dans nos cœurs
ce que toujours tu as été pour nous.
Un père dévoué, chaleureux, attentif et toujours dispo-
nible pour nous et la famille.
Tu as été un exemple de sacrifice, de sagesse, d’humilité
et de loyauté envers ta patrie dans la discrétion totale.
La force dont tu as fait preuve tout au long de ta vie et ta
volonté vivront éternellement en nous.
Ton visage, ta voix et ton sourire seront gravés à jamais
dans nos cœurs.
Nous t’aimons et te remercions pour l’amour, la bonté
et l’éducation que tu nous as donnés.
Tu resteras toujours dans nos cœurs.
Ta femme, tes enfants, tes petits-enfants et tes arrière-
petits-enfants prient Allah de t’accorder Sa Sainte
Miséricorde et de t’accueillir en Son Vaste Paradis.
XMT

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LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 L’actualité en question 3
LIBERTE
Mercredi 6 avril 2016
L’actualité en question
3

APRÈS LES RÉVÉLATIONS SUR SON IMPLICATION DANS LE SCANDALE DE L’ÉVASION FISCALE

Bouchouareb peut-il rester ?

Très critiqué par une partie de l’opposition, le ministre de l’Industrie ne doutait certainement pas que la vague scélérate viendrait plutôt de l’étranger.

Liberté
Liberté

Le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, est mis dans l’embarras.

mière fois, rejeté par la commission électora- le de la wilaya d’Alger. En un tour de main spectaculaire, le recours qu’il avait déposé, vrai- semblablement, à la suite des assurances reçues pour la circonstance, avait été rapidement ac- cepté, lui ouvrant la voie à la députation, étant classé deuxième sur la liste du Rassemblement national démocratique (RND). Durant cette mandature, il sera même élu vice-président de l’Assemblée nationale (APN) et continuera de gravir rapidement les échelons pour être en- fin désigné ministre de l’Industrie et des

Mines dans le gouvernement actuel. Ayant réussi à diriger, avec une certaine poigne, le ser- vice de communication de la campagne du pré- sident-candidat Bouteflika en 2014, il pouvait, en effet, savourer cette récompense. L’homme de confiance d’Ahmed Ouyahia, dont il était le chef de cabinet au RND, devenait, avec le temps, un pion qui compte sur l’échiquier du système algérien. Et son ambition commençait même à s’épaissir avec, notamment, les ru- meurs sur sa possible désignation pour condui- re le prochain gouvernement dont l’annonce

É claboussé par le scandale mondial des comptes bancaires offshore dans ce qui est convenu d’appeler “Panama Papers”, le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, voit, désormais,

son avenir politique s’assombrir et son image salie par les révélations de la presse interna-

Par :

HAMID SAÏDANI

tionale. Certes, ce n’est

pas la première fois que son nom est asso-

cié à un scandale puis- qu’il avait déjà été cité dans l’affaire Khalifa. Ce- pendant, les réseaux dont il dispose et, surtout, sa fidélité au clan présidentiel ont facilité son retour sur la scène politique. Et par la grande porte, au grand dam de beaucoup d’Algériens. Il est maintenant établi que ce ne sont pas les compétences qui priment dans les nominations de hauts responsables de l’État et leur ascen- sion, souvent fulgurante, mais, avant tout, l’al- légeance au système, au clan et au pouvoir. Et cela, M. Bouchouareb semble l’avoir bien compris, lui qui a échappé, on ne sait comment et pourquoi, aux griffes de la justice après que son nom a été cité parmi les bénéficiaires de prêts, évalués à plusieurs dizaines de millions de dinars, contractés auprès de Khalifa Bank et qu’il n’avait pas remboursés. Pour beaucoup d’observateurs, cette “immunité”, il l’a doit es- sentiellement à sa proximité avec le clan pré- sidentiel, notamment le frère du président Bou- teflika, Saïd. Et c’est cette “bénédiction” qui lui avait permis en 2012 de briguer le mandat de député alors que son dossier avait été, une pre-

serait imminente. Jusqu’à l’éclatement de ce nouveau scandale, rien, ou presque, ne devait faire obstacle à la nomination de ce ministre, fidèle parmi les fidèles au clan présidentiel, à la place d’Abdelmalek Sellal. Très critiqué par une partie de l’opposition, M. Bouchouareb ne doutait certainement pas que la vague scélé- rate viendrait plutôt de l’étranger, là où le pou- voir algérien n’a d’emprise ni sur la presse, ni sur la justice et encore moins sur l’opinion pu- blique. Et ce gros dossier, qui pourrait s’avé- rer un coup de grâce pour ce rescapé du scandale Khalifa, pose, de nouveau, la pro- blématique de la convergence d’intérêts pour les hommes politiques appelés à assumer des responsabilités publiques. Et pour le cas d’es- pèce, c’est, à l’évidence, un avenir en pointillé qui se profile pour l’actuel ministre de l’In- dustrie, bien que le système soit capable de dé- montrer le contraire, en maintenant le concer- né à son poste, voire en le promouvant à d’autres responsabilités encore plus impor- tantes. Ce qui n’aura rien d’étonnant, l’opinion publique étant habituée à ce type de compor- tements provocateurs de la part d’un système qui ne semble pas accorder de l’importance, outre mesure, au point de vue de la société sur ses projets. Le pouvoir va-t-il donc rester les bras croisés face à cette nouvelle altération de l’image du pays sur la scène internationale ? Ou sera-t-il contraint de sacrifier ce fidèle parmi les fidèles sur l’autel d’une inspiration destinée à atténuer, un tant soit peu, la décrue de son crédit auprès de l’opinion publique ?

HAMID SAÏDANI

BOUCHOUAREB NE S’EST PAS EXPLIQUÉ PERSONNELLEMENT SUR “PANAMA PAPERS”

L’embarras d’un ministre de la République

  • L e ministre de l’Énergie et des Mines, Abdeslam Bouchoua- reb, cité dans le grand scanda-

le planétaire d’évasion fiscale révélé

dimanche par ce qui est convenu

LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 L’actualité en question 3 APRÈS LES RÉVÉLATIONS SUR SON IMPLICATION DANS

Par :

S. A. I.

d’appeler “Pana-

ma Papers”, garde toujours le silence.

N’ayant visible- ment pas perçu la nécessité de s’ex-

pliquer personnellement devant l’opi- nion, comme l’ont fait prompte- ment d’autres responsables poli-

tiques étrangers également écla- boussés par le scandale, il s’est suffi de réagir par l’intermédiaire du fon- dé de pouvoir de la Compagnie d’études et de conseil (CEC), le Fran- çais Guy Feite, agissant pour le compte de Bouchouareb.

“La Compagnie d’études et de conseil (CEC), mandatée pour agir pour le

compte de M. Abdeslam Bouchoua- reb, confirme qu’elle est à l’initiative de la création de la société Royal Ar- rival Corp dont la constitution s’est faite en toute transparence et toutes les informations ont été communi- quées, y compris ses fonctions ac- tuelles”, a-t-il affirmé, entre autres. Soit, mais, tout ministre en exercice qu’il est, Abdeslam Bouchouareb ne doit-il pas à l’éthique, au moins, de s’exprimer par lui-même et d’expli- quer pourquoi il a éprouvé le besoin de créer une société offshore au Pa- nama, un pays qu’il sait assurément être un paradis fiscal ? Son silence,

embarrassé, pour sûr, pousserait à croire qu’il ne porte pas en haute es- time l’opinion nationale, du moins ne se sentirait pas redevable d’explica- tion devant elle. Une attitude qui contraste de manière forte avec cel- le du Premier ministre islandais, Sigmundur David Gunnlaugsson, qui s’est précipité devant les caméras

pour se défendre contre le soupçon d’évasion fiscale qui pèse sur lui et sa femme qui ont possédé secrètement une société offshore au Panama. Il faut reconnaître qu’en Islande, com-

me ailleurs dans les démocraties oc- cidentales, l’opinion publique pèse et est prise en compte. Ce qui n’est mal-

heureusement pas le cas ici, d’où, d’ailleurs, la rareté, voire carrément l’inexistence d’exemples de ministres cités dans des affaires douteuses, comme la possession de biens à l’étranger, qui se sont rendus à l’obli- gation d’explication. Le même Bouchouareb n’a pas réagi à la révélation sur ses biens immo- biliers à Paris (un appartement de 156 mètres carrés) rapportée dans le livre Paris-Alger, une histoire pas- sionnelle des journalistes Christophe Dubois (TF1) et Marie Christine Tabet (JDD). Bouchouareb aurait réglé l’acquisition par un versement comptant de 580 000 euros et un prêt relais d’un an de 60 000 euros. L’an- cien gouverneur du Grand Alger, Cherif Rahmani, s’est résigné au si- lence, lorsque l’hebdomadaire sati- rique français le Canard Enchaîné avait révélé la possession par le couple Rahmani de trois apparte- ments dans le XVI e arrondissement de Paris. L’hebdomadaire avait men- tionné un appartement de 85 mètres carrés, rue Singer, un studio de 20 mètres carrés et un deux-pièces de 31 mètres carrés dans les Sablons. Les appartements parisiens de Cherif Rahmani sont acquis au nom de la société immobilière SCI Fomm de Zoubida Betahar, son épouse. Plus ré- cemment, le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, a dû résister longtemps avant d’avouer l’existen- ce de son appartement à Neuilly-sur- Seine révélé par la presse française.

“J’ai présenté au général Toufik les do- cuments relatifs à ce bien immobilier”, a-t-il affirmé, justifiant que “c’est pour permettre à ma fille malade de

se soigner en France”. Saâdani, tout comme Bouchouareb et Rahmani, ne s’est pas expliqué sur la provenance des fonds qui lui ont permis d’ache-

ter son appartement. La justice n’a pas pris sur elle de le lui demander. Aux autres aussi.

S. A. I.

L’ÉDITO

PAR OMAR OUALI

Et s’il démissionnait ?

  • L e monde entier est profondément ébranlé par les révélations “sis- miques” de l'opération “Panama papers”, qui met au grand jour l’ampleur planétaire du phénomène d’évasion fiscale. Poli-

Pourtant un ministre, et pas des moindres, qui

s’est même permis, récemment, de donner une leçon de patriotisme fiscal à un homme d’affaires honnête qui a bâti son groupe à la force du poignet, est cité pour être le propriétaire d’une société offshore, Royal Arrival Corp, établie au Panama. Hier, Bouchouareb était absent à l’hôtel Sofitel où il devait assister personnellement

aux Journées de la Suède. Sans doute a-t-il choisi de “zapper” ce rendez-vous pour ne pas avoir à s’expliquer devant la presse, en espérant qu’avec le temps les gens finiront par vite oublier.”

tiques, sportifs, peoples et richissimes hommes d’affaires sont cloués au pilori. Et les premières conséquences du scandale n’ont pas tardé à se manifester. En Islande, le Premier ministre a fini par je- ter l’éponge sous la pression de la rue. Dans d’autres pays, où la trans- parence est une religion, des enquêtes tous azimuts sont lancées pour traquer d’éventuels possesseurs de fonds dans des paradis fiscaux, alors que plusieurs ONG anticorruption, à l’instar de Transparency International, réclament l’interdiction, pure et simple, des sociétés écrans anonymes. C’est dire à quel point ce nouveau scandale est an- nonciateur de grands chamboulements dans le système financier mondial. Et pendant ce temps, en Algérie, c’est le calme plat. “Circulez, y a rien à voir !” C’est à croire que nous ne faisons pas partie de la planète Terre. Pourtant, un ministre et pas des moindres, qui s’est même permis, récemment, de donner une leçon de patriotisme fis- cal à un homme d’affaires honnête, qui a bâti son groupe à la force du poignet, est cité pour être le propriétaire d’une société offshore, Royal Arrival Corp, établie au Panama. Hier, Bouchouareb était ab- sent à l’hôtel Sofitel où il devait assister personnellement aux Journées de la Suède. Sans doute, a-t-il choisi de “zapper” ce rendez- vous pour ne pas avoir à s’expliquer devant la presse, en espérant qu’avec le temps les gens finiront par vite oublier. Et pouvoir, du coup, continuer à siéger, peinardement, dans le gouvernement. Comme si de rien n’était ! Pourtant, Abdeslam Bouchouareb aurait dû remettre sa démission au président de la République. Dans les pays qui se res- pectent, c’est la règle. D’abord, pour ne pas mettre dans la gêne le gou- vernement qui est, par ailleurs, suffisamment plombé par ses couacs à répétition et sa politique à vue de nez. Il y va, aussi, de l’ima- ge du pays. Mais, en Algérie, il y a bien des lustres que l’éthique po- litique a foutu le camp, laissant place à l’impudence, au cynisme. Le retour en grâce de Chakib Khelil en est la dernière illustration. n

Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE 4 L’actualité en question
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
4
L’actualité en question

JOURNÉES DE LA SUÈDE

L’absence énigmatique de Bouchouareb

Il a fait l’impasse sur la rencontre prévue à l’hôtel Sofitel pour certainement éviter de devoir répondre à la presse sur son implication dans le scandale.

L’ absence du ministre de l’In- dustrie et des Mines, Abdes- lam Bouchouareb, n’est pas passée inaperçue, hier, lors des Journées de la Suède orga- nisées à hôtel Sofitel d’Alger.

Prévu dans le programme, M. Bouchouareb de- vait ouvrir la rencontre avec la ministre sué-

  • doise du Développement stratégique et de la Coopé- ration nordique, M me Kris-

Par : MEZIANE RABHI

tina Person. C’est la secré- taire générale du ministère, M me Rabea Khar- fi, qui a lu son discours. Cité dans l’affaire “Pa- nama Papers”, M. Bouchouareb voulait-il évi- ter la presse ? Certains chefs d’entreprise pré- sents le pensent et ils sont persuadés que son

absence est liée au scandale “Panama Papers”. Pour rappel, le nom du ministre de l’Industrie et des Mines figure parmi les responsables po- litiques éclaboussés par ce scandale de dimen-

sion planétaire. Le quotidien français Le Mon- de a révélé, dans son édition de lundi, que M. Bouchouareb “a détenu une société établie au Panama, Royal Arrival Corp. Elle a été créée en

avril 2015 à travers les services de la société de domiciliation d’entreprises offshore Mossack Fonseca”. La Compagnie d’études et de conseil

mandatée pour agir pour le compte d’Abdes- lam Bouchouareb a confirmé qu’elle est “à l’ini- tiative de la création de la société Royal Arri- val Corp dont la constitution s’est faite en tou- te transparence”. La société “avait pour objet de reprendre et gérer des biens patrimoniaux

existants avant l’entrée en fonction de Monsieur Bouchouareb”, selon le message signé par le fondé de pouvoir de la Royal Arrival Corp, Guy Feite. Selon la CEC, M. Bouchouareb, “en ap- prenant nos démarches, a immédiatement de- mandé de geler (pendant l’exercice de ses man- dats publics) toute utilisation de cette société, et l’ouverture du compte bancaire à la NBAD Genève n’a, de ce fait, pas été concrétisée”. Mais les journalistes qui ont assisté à l’ouverture “des Journées de la Suède” voulaient accrocher le mi- nistre pour avoir sa version des faits. Selon une source, M. Bouchouareb n’a pas cherché à fuir la presse. “Il a été retenu par des engagements. Une réunion au gouvernement.” En tout état de cause, M. Bouchouareb, dans son discours lu par la secrétaire générale du ministère, M me Ra-

bea Kharfi, l'Algérie, qui dispose des potentia- lités et atouts pour faire émerger une industrie fondée sur l'innovation, souhaite s'associer avec des partenaires étrangers ayant la maîtrise et le savoir-faire. La ministre suédoise du Déve- loppement stratégique et de la Coopération nordique a, de son côté, affiché la disponibi- lité de son pays pour mettre ses avancées en matière d'innovation au service du renforce- ment d'un partenariat gagnant-gagnant avec l'Algérie. La Suède, a-t-elle indiqué, a été ré- cemment classée troisième nation la plus in- novante du monde, devancée par la Suisse et le Royaume-Uni. M me Kristina Person insiste sur “la transparence, l’ouverture et la coopéra- tion” comme facteurs-clés de succès.

M. R.

LE PAYS VOULAIT DEVENIR UN PUISSANT CENTRE FINANCIER

Le Panama victime de son ambition

A pathique face au système fiscal international, le Panama conti- nue de nourrir son vieux pro-

jet de faire de son territoire le plus puissant centre financier de l’Amé-

  • Par :

BADREDDINE

KHRIS

rique Centrale. Pour réaliser cet objectif, le gou-

vernement a usé de tous les moyens y compris les plus illicites et indélicats. Depuis le début des années 1970, ce pays garantit un secret bancaire invio- lable et une fiscalité zéro pour les re- venus issus de l'étranger. Ce sont ces deux avantages attrayants qui, au fil des décennies, ont fait de Panama un véritable paradis fiscal par excellence. Panama fait partie de ces lieux qui ins- pirent confiance et offrent une tran- quillité à tous les grands richards de la planète. Pourquoi ? Car, certains

impôts y sont supprimés, d’autres proposés à des taux faibles. Mieux, sur cette discrète place financière, on y dé- veloppe une sorte d’opacité sur les ti- tulaires des comptes et des sociétés.

Ces pratiques frauduleuses sur les- quelles les autorités ont souvent fer- mé les yeux, ont fini par faire sortir le

pays de son habituelle discrétion. Le scandale éclata au grand jour avec les révélations contenues dans les millions de documents qui ont fuité du cabi- net d'avocats panaméen, Mossack & Fonseca. Cette puissante société, au cœur du scandale Panama Papers, s’est spécialisée dans la création de so- ciétés offshore, des sociétés fictives ou “sociétés-écrans” permettant à de riches clients de dissimuler leur argent dans des paradis fiscaux. Elle a su pro- fiter de la dictature de Noriega entre 1984-1990. L'un de ses fondateurs, Jür-

gen Mossack, d'origine allemande, est fils d'un ancien officier de la Waf- fen-SS. Son cofondateur, Ramon Fon- seca Mora, est réputé pour ses connaissances du monde politique, même sous la dictature. Il est en outre le vice-président d'un parti na- tionaliste panaméen, le Parti panamis- te, qui est proche du chef de l'État, Juan Carlos Valera. Créé en 1977, le cabinet a pu vendre à ses clients aux grandes fortunes, investisseurs et autres…une garantie de confiden- tialité absolue. Le mystère, qui a carac- térisé ses activités, vient d’être levé avec la fuite des documents révélant les avoirs dans les paradis fiscaux de 140 responsables politiques ou person- nalités de premier plan. Le gouverne- ment panaméen a affiché la volonté de se mettre en conformité avec les stan- dards internationaux de transparen-

LE SCANDALE DU “PANAMA PAPERS” EN BREF

ce en matière de fiscalité établis par l’OCDE. Par ailleurs, depuis la publi- cation du rapport de 2010, le Panama a signé une convention d’échanges d’informations avec 12 partenaires, y compris des États importants de l’OC- DE. Ce pays est sorti ainsi de la liste grise de l’Organisation en juillet 2011. L’OCDE a, en effet, imposé une nou- velle norme mondiale unique relati- ve à l’échange automatique de rensei- gnements entre autorités fiscales du monde entier. Elle oblige les pays à se mettre en conformité avec les stan- dards fiscaux internationaux en si- gnant une douzaine de conventions établissant l'échange d'informations fiscales. Cependant, face à la pression internationale, les “experts“ de l’offsho- re, à l’instar du cabinet Mossack Fon- seca, trouvent une nouvelle parade pour préserver la discrétion de leurs

clients grâce à la complicité de plus de 14 000 banques et sociétés d’avocats

fiscalistes qui servent d’intermédiaires financiers. Le Panama a toujours été ciblé par les organismes de régulation. Ce pays ne s’est, en fait, jamais enga- gé pleinement pour la transparence dans le cadre de la lutte contre la frau- de fiscale. Il faut noter qu’une liste eu- ropéenne de 30 paradis fiscaux non coopératifs a été rendue publique en juin 2015 par la Commission euro- péenne. Le commissaire européen pour les Affaires économiques et fi- nancières, Pierre Moscovici, évoquait alors “des estimations faisant état de 17 000 milliards d'euros stockés dans les paradis fiscaux. Cela étant, la ten- dance est maintenant à la transparen- ce et non plus au secret bancaire”.

B. K.

Argentine : le nom du président dans les registres d'une seconde société offshore

n Le nom du président argentin Mauricio Macri apparaît dans

les registres d'une seconde société offshore, Kagemusha, créée

en 1981 au Panama, a révélé hier le quotidien argentin La

Nacion, membre du Consortium international des journalistes

d'investigation (Icij). Le président de centre-droit, 57 ans, élu en

novembre en promettant de lutter contre la corruption, s'est

défendu lundi de toute irrégularité alors que son nom et celui

de son père ont été cités dans l'affaire des “Panama papers”

pour une première société (Fleg Trading Ltd) domiciliée aux

Bahamas, entre 1998 et 2008.

R. I./AGENCES

le scandale mondial des “Panama papers”. Son nom figure

parmi les 200 “structures fantômes” liées au Chili qui ont été

créées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca, selon le

Centre d'enquête journalistique (Ciper) qui a participé à

l'opération “Panama papers”. “Étant donné qu'il me reste une

semaine, que je ne peux même pas continuer en tant que

directeur (de l'ONG) et le mal qui a été fait à l'institution, je

pense qu'il est bon de faire un pas de côté”, a déclaré cet avocat

de profession sur CNN-Chile hier.

R. I./AGENCES

La France va réinscrire le Panama sur sa liste des paradis fiscaux

n Le ministre français des Finances, Michel Sapin, a déclaré,

Le président de “Chili Transparent” démissionne

n Gonzalo Delaveau, le président de “Chili Transparent”,

membre de l'ONG anti-corruption Transparency International,

a démissionné lundi après avoir vu son nom apparaître dans

hier, que Paris allait réinscrire le Panama sur sa liste des États

et territoires non coopératifs en matière fiscale. “La France a

décidé de réinscrire le Panama sur la liste des pays non

coopératifs, avec toutes les conséquences que cela aura pour

ceux qui auront des transactions” avec lui, a déclaré M. Sapin,

jugeant que ce pays avait fait croire à tort qu'il était “en

capacité de respecter les grands principes internationaux”. La

France avait retiré le 1 er janvier 2012 le Panama de sa liste de

territoires non coopératifs, après la signature d'une

convention avec les autorités panaméennes portant sur la

lutte contre l'évasion fiscale.

  • R. I./AGENCES

La justice italienne enquêtait déjà depuis 2015

n La justice italienne enquêtait depuis 2015 sur des sociétés

panaméennes liées au cabinet d'avocats Mossack-Fonseca et

va chercher à obtenir plus d'informations sur les personnes et

sociétés italiennes figurant sur les “Panama Papers”, a

annoncé à l'AFP un magistrat du parquet de Turin. Le parquet

de cette ville du nord-est du pays a chargé la police financière

(GDF) “d'obtenir des données et des informations concernant le

contenu de la liste et d'entamer la procédure pour l'obtenir”,

selon un communiqué de la GDF. Cette nouvelle mission

“s'insère dans le cadre d'enquêtes de police judiciaire (

...

) lancées

en 2015 et concernant le délit de blanchiment” d'argent, précise

la GDF.

  • R. I./AGENCES

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LIBERTE Mercredi 6 avril 2016

LE RADAR

Mercredi 6 avril 2016 LE RADAR DE LIBERTÉ 5 PAGE ANIMÉE PAR SOUHILA HAMMADI radar@liberte-algerie.com

DE LIBERTÉ

5

PAGE ANIMÉE PAR SOUHILA HAMMADI

radar@liberte-algerie.com

SCANDALE “PANAMA PAPERS”

L’édition du quotidien “Le Monde” en vente en Algérie

Mercredi 6 avril 2016 LE RADAR DE LIBERTÉ 5 PAGE ANIMÉE PAR SOUHILA HAMMADI radar@liberte-algerie.com

n Les exemplaires destinés à la vente en Al- gérie de l’édition du quotidien français Le Monde, dans laquelle a été publié le dossier af- férent au scandale de l’évasion fiscale dit de “Panama papers”, ont été réceptionnés, sans contrainte, hier, à l’aéroport international Houari-Boumediene d’Alger. D’aucuns avaient pourtant parié sur la saisie de cette pu-

blication dès lors que l’affaire qu’elle rapporte, au même titre que plusieurs dizaines de sup- ports médiatiques de par le monde, met en cause la res- ponsabilité directe d’un mi- nistre en exercice, en l’occur- rence Abdeslam Bouchouareb, titulaire du portefeuille de l’In- dustrie et des Mines. Il s’est avé- ré que les pouvoirs publics n’ont pas jugé opportun d’as- sumer une censure qui ne pro- duira, en définitive, que l’effet d’un coup d’épée dans l’eau. Le scandale, qui a éclaté avant- hier dans plusieurs titres de la presse européenne notamment, a été répercuté par la suite dans les médias du monde entier, dans les organes de presse al-

gérienne et relayé abondam- ment par les réseaux sociaux. À quoi bon alors priver les Algériens de s’informer sur l’affai- re à la source ? D’autant qu’il semblerait que l’Algérie a reproché officiellement aux auto- rités françaises de mener “une campagne dif- famatoire” contre des responsables algériens. Seulement, celui ou ceux qui ont choisi cet- te stratégie de la transparence ont vu juste.

CONSTANTINE

Le wali fait le procès des journalistes

n M. Hocine Ouadah a, enfin, dit tout haut ce qu’il pensait tout bas… des journalistes. “Les chiens aboient, la caravane passe”, a asséné le chef de l’exécutif de la wilaya de Constan- tine à l’adresse des journalistes conviés au conseil de wilaya consacré aux préparatifs de la clôture de la manifestation “Constantine, capitale culturelle arabe 2015”. Tout au long de la rencontre, il n’a pas cessé de faire tantôt des reproches tantôt des accusations, à telle en- seigne que l’assistance a cru assister à un procès en bonne et due forme de la presse. Ce n’est guère une surprise. Les relations ont toujours été tendues entre le wali et les médias locaux ou du moins les titres de la presse nationale qui refuse de consentir à des écrits de “com- plaisance” ou de faire… son éloge.

EN RAISON DES COUPURES D’ÉLECTRICITÉ

Un investisseur perd 800 000 DA par jour à Chorfa

n Un investisseur privé, implanté dans la commune de Chorfa, à l’est de Bouira, accu- se quotidiennement une perte sèche évaluée à plus de 800 000 DA à cause des récurrentes coupures d'électricité. Deux élus FFS, Saïd Derradj et Douane Abdellah, l’ont révélé sur le ton de la dénonciation, lors de la dernière

séance plénière de l'APW de Bouira. “Cet in- vestisseur produit des bouteilles en plastique et il importe la matière première d'Espagne, mais du fait de ces coupures intempestives du courant électrique, toute sa production est per- due”, ont-ils informé.

CADASTRE D’OUM EL-BOUAGHI

Les travailleurs grévistes ne désarment pas

CADASTRE D’OUM EL-BOUAGHI Les travailleurs grévistes ne désarment pas n Entamé le 10 mars dernier, le

n Entamé le 10 mars dernier, le mouvement de grève, observé par les travailleurs de la direction du cadastre de la wilaya d'Oum El-Bouaghi, dure depuis près d'un mois. Les protestataires sont dé- terminés à ne pas désarmer tant que le directeur général de l’organisme n’est pas relevé de ses fonctions. Toutes les tentatives de discussion avec une commission d’arbitrage dépêchée d'Alger par la tutelle et une autre composée de responsables au niveau régional, n'ont pu faire fléchir les grévistes. Pour rappel, le débrayage des travailleurs du cadastre a été décidé pour faire aboutir une série de revendications, énumérées dans un communiqué remis à la presse. Il s'agit, entre autres, de déficit de communication avec leur premier responsable de la structure, d'humiliation et d’insultes subies, d’accusa- tions diverses à tort, de minimisation de leurs capacités professionnelles et scientifiques, d’en- tretien de conflits entre collègues, d’application

de la politique de “diviser pour régner”...

RENTRÉE UNIVERSITAIRE 2016/2017 EN FRANCE Six étudiants algériens obtiennent la bourse Eiffel
RENTRÉE UNIVERSITAIRE 2016/2017
EN FRANCE
Six étudiants algériens
obtiennent la bourse
Eiffel

n

Le

programme

français

chaine rentrée universitaire.

de bourses d’excellence “Eif-

C’est deux fois

plus

qu’en

fel”

a sélectionné

six étu-

2015 ! Quatre candidats ont

diants algériens pour la ren-

obtenu

une bourse afin de

trée

2016/2017,

parmi les 1

poursuivre leur doctorat en

gestion”.

534 dossiers évalués pour le monde entier.

“sciences” ou en “économie de

Ce programme est un dispo-

Les

deux derniers

sont ins-

sitif du ministère des Affaires

crits en mastère de “sciences

étrangères et du Développe-

de l’ingénieur”.

 

ment international destiné à

Les

lauréats “Eiffel” perçoi-

soutenir l'action de recrute-

vent une

bourse annuelle

ment

à

l'international des

équivalant

à

20

000 euros

établissements d'enseigne-

(2 500 000 DA), comprenant

ment supérieur français qui

une allocation mensuelle

accueillent l'élite

des étu-

(1

181 euros pour un niveau

diants internationaux dans des formations diplomantes de niveau mastère et doctorat.

Les meilleurs candidats sont

mastère et 1 400 euros pour un niveau doctorat), les frais

du voyage, la couverture mé-

dicale (sécurité sociale et mu-

présélectionnés par

les éta-

tuelle), la prise en charge des

blissements, puis les lauréats sont choisis par un jury d’ex-

activités culturelles. Les boursiers peuvent égale-

perts.

Ainsi,

six

Algériens

ment prétendre à une alloca-

sont

retenus pour

la pro-

tion de logement.

DANS UNE AFFAIRE D'ATTRIBUTION “DOUTEUSE” DE PERMIS D'EXTENSION

Le P/APC de Lakhdaria convoqué devant le juge d'instruction

Mercredi 6 avril 2016 LE RADAR DE LIBERTÉ 5 PAGE ANIMÉE PAR SOUHILA HAMMADI radar@liberte-algerie.com

n Le P/APC de Lakhdaria n'en finit plus avec ses ennuis de justice. Aussitôt condam- né à six mois de prison avec sursis, dans l'affaire de l’ac- quisition de micro-ordina- teurs non conformes aux conditions contenues dans le cahier des charges, son nom est de nouveau cité dans un autre dossier afférent à une attribution “douteuse” de per- mis d'extension de construc- tion. Selon des sources proches de l'affaire, cet élu devra comparaître, ce mer- credi, devant le juge d'ins- truction chargé de l'enquête, afin de répondre à certaines

questions portant sur l'octroi de permis d'extension d'une villa située en plein cœur de Lakhdaria. La genèse de cet- te affaire remonte à l'été 2015. Sur la foi d’une lettre ano- nyme dénonçant le non-res- pect du plan d'occupation des sols (POS) de la ville, les services enquêteurs ont en- tamé leurs investigations. Le POS en question, d’après les mêmes sources, permet uni- quement de bâtir en R+2, alors que la villa incriminée a été construite en R+4. Ce qui constitue une violation flagrante des règles de l'ur- banisme, indique-t-on.

Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE 6 L’actualité en question
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
6
L’actualité en question

POSITIONS DE L’ALGÉRIE PAR RAPPORT À DES QUESTIONS RÉGIONALES

Bouteflika s’explique auprès du roi d’Arabie saoudite

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a dépêché un émissaire, en la personne de son conseiller personnel, Tayeb Belaïz, pour éclaircir les positions de l’Algérie par rapport notamment au Hizbollah, à la coalition arabe intervenant militairement au Yémen et à la crise syrienne.

A lger a dépêché Tayeb Belaïz, ministre d'État, conseiller spé-

cial du président de la Répu- blique, auprès des autorités saoudiennes, afin de lever l’équivoque qui entache ses

relations avec l’Arabie saoudite, subséquem-

ment à ses positions à l’égard de certaines ques-

tions, comme le Liban, le Yémen

Dans une

... déclaration à la presse à l'issue de l'audience que lui a accordée le serviteur des deux Lieux saints de l'Islam, le roi Salmane Ben Abdela- ziz Al-Saoud, Tayeb Belaïz a, en effet, indiqué qu'il était porteur d'un message du président Bouteflika “apportant des éclaircissements” au souverain saoudien. Pour autant, Abdelaziz Bouteflika a, d’abord, réaffirmé, lundi, que “les positions de l'Algérie vis-à-vis de certaines questions sensibles que connaît la scène arabe sont sous-tendues par son legs historique quant à la non-ingérence dans les affaires internes d'autres pays, et ne sont pas, contrairement à ce qui pourrait être perçu, une opposition à des partenaires arabes”. “D'aucuns pourraient croire, à tort, que des positions ex- primées par l'Algérie à propos de certaines ques- tions sensibles sur la scène arabe, voire régio- nale, s'opposent à celles de nombre de ses par- tenaires arabes, mais, en fait, les positions de

APS
APS

frontières du pays” , souli- gnant que “cela ne les empêche pas de fournir des aides consi- dérables dans d'autres do- maines” . Ce rappel étant fait, le président Bouteflika a néanmoins ac- cusé certaines

“parties malin-

tentionnées” , qu’il n’a pas ci-

tées, de camper derrière les ten- tatives de

Le prince héritier l’émir saoudien Mohamed Ben Neyef Ben Abdelaziz et Tayeb Belaïz.

“brouiller” des relations avec l’Arabie saoudite. Ce qui, à l’évidence, vient confirmer la tension qui plombe les relations bilatérales entre Al- ger et Riyad. À commencer par le Yémen, sub-

séquemment au refus de participer à la coali- tion arabe menée par l’Arabie saoudite pour combattre les rebelles soutenus par l'Iran, et de prendre part aux manœuvres militaires or-

l'Algérie trouvent leur essence dans son legs his- torique, depuis la guerre de libération, consa- crant le principe de non-ingérence dans les af- faires internes d'autres pays”, a soutenu le pré- sident Bouteflika dans son message. La posi- tion de l'Algérie, ajoute le chef de l'État, éma- ne de “ses Constitutions qui interdisent le dé- ploiement des forces armées algériennes hors des

ganisées par ce pays, les prises de position de notre pays à l’égard de certaines questions ne semblent pas du goût du royaume wahhabite. Ce que l’Algérie a pourtant dûment expliqué, en son temps, par l’interdiction constitution- nelle qui est faite à son armée de se déployer hors des frontières du pays. Mais en déclinant l’offre saoudienne, l’Algérie avait fait montre de sa disposition à contribuer à la force ara- be, par d’autres moyens, autrement logis- tiques, comme vient de le rappeler l’actuel mes- sage de Bouteflika. Alger a également refusé de déclarer comme organisation “terroriste” le Hezbollah libanais. Ce qui a fini par réduire à la potion congrue les relations bilatérales, comme en témoignent les mesures de rétorsion prises par l’Arabie saoudite, en s’alignant franchement sur les thèses marocaines sur le Sahara occidental. Cela étant, dans sa démarche visant la relan- ce des relations bilatérales plombées par au- tant de questions qui “fâchent”, l’Algérie ne s’arrête pas là. Une invitation a été transmise au souverain saoudien de la part du président de la République à visiter l'Algérie “dans les meilleurs délais” et à laquelle il a répondu favorablement.

AMAR RAFA

À LA VEILLE DE LA RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU SUR LE SAHARA OCCIDENTAL

La Conasadh réclame la libération des détenus de Gdeim Izik

À quelques jours de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara

occidental, la Commission nationa- le sahraouie pour les droits de l’Homme (Conasadh) a réitéré son appel en direction de la communau- té internationale pour libérer “immé- diatement” les 13 prisonniers poli- tiques en grève de la faim depuis le 1 er mars dernier. Lors d’une conférence de presse or- ganisée, hier, au Centre d’informa- tion sahraoui, par l’ambassade de la Rasd à Alger, Abba Lhaisen a appe- lé à la “libération immédiate” des dé-

tenus du groupe Gdeim Izik, en in- sistant sur la détérioration de leur état de santé. Accompagné du nouvel ambassa- deur sahraoui, Bouchraya Hamou- di Sidina, l’intervenant a également mis en garde contre les conséquences de “la situation alarmante” de ces prisonniers, imputant la responsa- bilité en premier lieu à l’occupant marocain. “Nous revendiquons leur libération immédiate, car ils n’ont commis aucun délit”, a déclaré M. Lhaisen, rappelant au passage que les

13 prisonniers sahraouis sont “un cas parmi les autres cas liés aux violations

des droits humains”. Il s’est aussi de- mandé “pourquoi le Maroc juge ce groupe de militants sahraouis civils

devant un tribunal militaire”, notant plus loin que le Sahara occidental est

“un territoire sous la responsabilité

des Nations unies” via “la présence” de la Mission de l’ONU pour un ré-

férendum au Sahara occidental (Mi- nurso). Suite aux manifestations pacifiques de Gdeim Izik, en no- vembre 2010, les détenus sahraouis avaient été condamnés à 20 ans de prison, en 2013, par un tribunal militaire, pour leur position en fa- veur du droit à l’autodétermina-

EN RAISON D’UNE SITUATION SÉCURITAIRE PRÉCAIRE

Bamako rétablit l’état d’urgence pour dix jours

  • L es autorités maliennes ont an- noncé, hier, le rétablissement de l’état d’urgence pour une

période de dix jours, a indiqué le gouvernement de Bamako dans un communiqué. La décision a été pri- se lors d’un Conseil des ministres ex- traordinaire, tenu lundi, et elle est motivée par la persistance de la me- nace terroriste au Mali et le risque de nouvelles attaques d’ampleur, a ex- pliqué Bamako. En effet, sur la base des rapports élaborés sur la situation sécuritaire au Mali, le gouverne-

ment “décrète l’état d’urgence pour une durée de dix jours, à compter du

lundi 4 avril 2016 à minuit, sur tou- te l’étendue du territoire national”, lit- on dans le communiqué du Conseil

des ministres, expliquant que cette mesure entre “dans le cadre d’une dé- marche de prévention et d’anticipa- tion sur les menaces réelles à la sécu- rité des personnes et de leurs biens”. Les autorités maliennes estiment que “la situation sécuritaire au Mali, et globalement au plan sous-régional, régional et international, reste carac- térisée par des menaces terroristes”, en dépit des résultats enregistrés ces derniers temps dans le domaine de la lutte anti-terroriste. Ce pour- quoi, explique encore le communi- qué, “dans ce contexte de situation sé- curitaire globale instable, il s’avère né- cessaire de maintenir les mesures exceptionnelles prévues par l’état d’urgence”. Une source de sécurité

malienne a estimé que son rétablis- sement pourrait aider la suite de l'en- quête sur l'attentat terroriste dans la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam (19 morts, sans compter trois assaillants tués), a rapporté l’AFP. Pour rappel, le cerveau présumé de cette attaque est d’origine malienne, selon les informations fournies par deux de ses complices qui ont été ar- rêtés fin mars dans le nord du Mali, où sont implantés plusieurs groupes terroristes, à leur tête Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a re- vendiqué les dernières attaques au Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

LYÈS MENACER

tion du peuple sahraoui. Ils avaient alors contesté la légitimité du tribu- nal militaire, tout en condamnant les violations des droits de l’Homme et les crimes commis par le Maroc contre les citoyens sahraouis. Incar- cérés dans la prison de Salé, au Ma- roc, ils ont entamé une grève de la faim ouverte, le 1 er mars 2016, pour protester contre leur détention arbi- traire qui dure depuis plus de 5 ans. Hier, le président de la Conasadh a exhorté la communauté internatio- nale à soutenir les 13 prisonniers po- litiques en grève de la faim et à fai- re pression sur le Maroc pour les li- bérer, afin de sauver leur vie. Il a également fait savoir que la par- tie sahraouie “n’a jamais cessé” de de- mander à ce que “la Minurso fonc-

tionne comme toutes les autres mis- sions de l’ONU”, revendiquant ain- si l’élargissement de ses prérogatives à la protection de la population

sahraouie. Pour Abba Lhaisen, la France est “la première” à bloquer le projet de protection des droits hu- mains, en usant de son statut de membre permanent au Conseil de sécurité. D’ailleurs, le responsable sahraoui a saisi l’occasion pour “appeler la France à défendre au moins la léga- lité internationale”, comme il a ap- pelé la communauté internationale, surtout le Conseil de sécurité, à

“adopter cette fois une résolution sur l’élargissement du mandat de la Minurso pour superviser les droits de l’Homme au Sahara occidental”.

HAFIDA AMEYAR

L’ALGÉRIE ET LA TUNISIE À PROPOS DE LA SITUATION EN LIBYE

Le dialogue politique

pour résoudre la crise

n Le président de l'Assemblée des représentants du peuple de la

République tunisienne, Mohamed Ennaceur, a affirmé, hier à Alger, que

son pays et l'Algérie sont unanimes quant à la nécessité de trouver une

solution politique à la situation en Libye, estimant qu'il s'agit d'“un

objectif commun” pour l'Algérie et la Tunisie. Dans une déclaration à la

presse au terme de sa rencontre avec le ministre d'État, ministre des

Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane

Lamamra, M. Ennaceur a indiqué que “les entretiens ont porté sur les

questions d'intérêt commun y compris la lutte anti-terroriste et la

situation dans la région, notamment en Libye”. Le responsable tunisien a

souligné “le soutien de la Tunisie au gouvernement d'union nationale en

Libye et aux efforts visant à trouver une solution politique à travers le

rapprochement des vues entre les parties libyennes”, ajoutant qu'il s'agit

d'“un objectif commun de l'Algérie et de la Tunisie”.

R. I./APS

LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 L’actualité en question 7
LIBERTE
Mercredi 6 avril 2016
L’actualité en question
7

POUR SAÏD MUSETTE, DIRECTEUR DE RECHERCHE AU CREAD

La fuite des compétences :

un gaspillage des cerveaux

Pour le chercheur, si l’Europe et les EU tablent sur la mobilité des compétences, sur la migration circulaire, sans oublier les chasseurs de tête, c’est que leur déclin démographique ne leur permettra plus de soutenir la croissance d’ici à 2030.

“L a fuite des cerveaux et des compétences n’est pas un phénomène nouveau, c’est une question qui date des années 1950, mais aujour- d’hui, faut-il en parler se-

lon la vision européenne ou notre vision à nous,

en Algérie et au Maghreb ?” C’est par cette in- terrogation que Mohamed Saïd Musette, di-

recteur de recherche au Cread, sociologue, spé- cialiste des questions du marché du travail et de la migration internationale, situera l’inté- rêt des travaux d’une étude réalisée par des équipes de recherche maghrébines et pluri- disciplinaires publiée sous le titre de “Fuites des cerveaux ou mobilité des compétences au

Maghreb”. Étude demandée au départ par l’Or- ganisation internationale du travail (OIT) et qui sera étendue à l’étude des cas dans les pays du Maghreb. La présentation des résultats, fai- te ce lundi au Crasc d’Oran, aura permis de ré- colter des données fiables sur “la fuite des cer- veaux” et d’asseoir une nouvelle approche de la mobilité des compétences et leur fuite à l’étranger par opposition aux concepts occi- dentaux admis, jusque-là, selon les propres in- térêts des pays d’accueil.

D. R.
D. R.

En effet, Saïd Musette expliquera qu’aux trois théories “les réseaux diasporiques, les transferts d’argent et la migration circulaire”, il introduit un nouveau concept du “gaspillage des cer- veaux”, et de s’en expliquer : “Le drame pour

les pays du Maghreb, notamment l’Algérie, n’est pas tant le départ des compétences de niveau su- périeur, comme on le retrouve dans les statis- tiques de l’OCDE et de l’Insee, qui est grave, mais c’est quand ce sont des diplômés du su- périeur. Par exemple, vous avez un médecin par- mi les mieux payés en exercice ou un technicien dans le forage avec une compétence rare et qui travaille. Là, on peut parler de gaspillage de cer-

veaux.” Car, pour le chercheur, si l’Europe et les EU tablent sur la mobilité des compétences, sur la migration circulaire, sans oublier les chasseurs de tête, c’est que leur déclin démo- graphique ne leur permettra plus de soutenir la croissance d’ici à 2030. L’intervenant mon- trera, justement, chiffres à l’appui, le ni- veau des départs au Maghreb et notamment en Algérie, qui, depuis les années 2000, enre- gistre la plus grande croissance de la fuite des compétences, notamment des médecins, en de- hors de la Libye où là c’est une véritable hé-

morragie pour les raisons que l’on connaît. Ainsi, selon les données françaises, en l’absence de données nationales, le nombre de médecins partis dépasse les 17 600, les ingénieurs sont plus de 14 000. Ce sont les psychiatres qui re- présentent le plus gros contingent, soit 30%,

avec une courbe ascendante à la fin de la dé- cennie noire, viennent après les radiologues et les ophtalmologues. À noter que le niveau des départs en Tunisie reste proche de celui des Al- gériens. Autre remarque de taille et qu’il faut rapprocher du concept de “gaspillage des cer- veaux”, le déclassement global et général des compétences algériennes. En France, ce taux atteint les 45%, c’est-à-dire sous-payés où contraints d’occuper des postes très en deçà de leur compétence et niveau de diplôme. Poursuivant l’analyse des chiffres et de l’étude, le conférencier démontera aussi le concept de transfert d’argent émanant des compétences ayant fui à l’étranger, et de citer

des sources de la Banque centrale : “90% des transferts des migrants sont le fait des retraités, ils vont finir par disparaître et il y aura taris-

sement des transferts puisque l’on remarque en- core que les salariés algériens à l’étranger ne transfèrent que 10% de leur salaire soit 200 000

dollars par an.” Et d’indiquer que notre pays se trouve dès lors dans une situation de solde négatif des transferts et de laisser entendre qu’il est utopique de croire que l’on pourra trans- former les transferts en investissement.

D. LOUKIL

LE DG DES DOUANES À TLEMCEN

Renforcement du dispositif de lutte contre la contrebande

  • L e directeur général des douanes, Kaddour Bentahar, s’est rendu hier à Tlemcen

pour une visite de travail de deux jours. Elle intervient quelques se- maines après la réunion tenue à Maghnia par le ministre de l’Inté- rieur et des Collectivités locales avec les responsables des services de sé- curité pour tracer une nouvelle feuille de route afin de verrouiller la frontière algéro-marocaine et faire face aux différents trafics et crimes organisés portant un lourd préjudi- ce à l’économie nationale et à la san- té publique des citoyens. Depuis la mise en œuvre de cette opération coup-de-poing, coor-

donnée par le commandement mi- litaire, et qui, dit-on, va se prolonger dans l’espace et dans le temps, les sai- sies de drogue et de carburant ont baissé en quantités substantielles à telle enseigne qu’il est à présent aisé pour les automobilistes de s’appro- visionner auprès des stations-servi- ce sans pour cela subir l’éprouvan- te épreuve des chaînes interminables. Cela ne s’était pas vu depuis plus de vingt ans. D’ailleurs le DG des douanes devrait se rendre jusqu’à la frontière ouest pour rencontrer les agents et cadres de son institution. Selon l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, il a été

procédé en 2015 par les services de douanes, de la gendarmerie et de la police à la saisie de 126 tonnes de ré- sine de cannabis dont 60% pro- viennent de la région Ouest. Kaddour Bentahar aura à se rendre compte de visu des opérations en- gagées par l’ANP qui a pris en char- ge l’opération de creusement de larges tranchées sur une grande dis- tance linéaire de la bande frontaliè- re qui couvre un tracé de 175 km pour empêcher les contrebandiers d’exporter illicitement le carburant qui se fait à dos de baudets ainsi que les produits de tous types à partir du territoire national et également fai- re barrage à l’accès des cargaisons de

drogue et des psychotropes. Les nouveaux moyens déployés par les gardes-frontières qui se sont dotés d’équipements de surveillance de dernière génération opérationnels même de nuit devraient dissuader les trafiquants de tous bords et ceci d’autant plus que le dispositif pénal a été renforcé pour infliger de lourdes peines de privation de liberté allant jusqu’à la condamnation à mort. Il est prévu aussi que le res- ponsable de la douane effectue un déplacement à Ghazaouet pour s’en- quérir des conditions de réception et de traitement des marchandises au niveau du port commercial qui a at- teint en 2015 une capacité de 1 200

000 tonnes. Le DG des douanes a, par ailleurs, assisté à la sortie de la cinquième promotion de 249 agents de surveillance formés durant deux ans à l’école nationale implantée à Ouled Mimoun, commune située à 33 km de Tlemcen. Les douaniers ont reçu une forma- tion paramilitaire et professionnel- le et vont être affectés au niveau des ports, aéroports et zones fronta- lières à travers le territoire national. Depuis sa création en 2009, l’éta- blissement a formé plus d’un millier d’agents et inspecteurs douaniers dont 25 ressortissants africains.

B. ABDELMADJID

OUVERTURE DE LA 6 e ÉDITION DE SIMEX À BLIDA

Plus de 100 entreprises au rendez-vous

P lus de 100 entreprises adhérant au Club des entrepreneurs et industriels de la Mi- tidja (Ceimi) ont pris part à la 6 e édition

de Simex qui a ouvert hier ses portes sous une

chapiteau géant dressé sur l’esplanade du stade Mustapha-Tchaker à Blida. Ce rendez-vous, qui est dédié aux profes- sionnels, a pour objectif de motiver et boos- ter l’entreprise algérienne pour se développer davantage même si l’environnement écono-

mique est relativement hostile. D’ailleurs, le pa- tron du Ceimi, Kamel Moula, n’a pas hésité a évoquer certains problèmes d’ordre surtout bu- reaucratique qui freinent l’évolution ou même la création des entreprises en Algérie. Dans un point de presse organisé en marge du salon, le patron de l’entreprise leader en cos- métique a longuement évoqué le problème de l’absence du foncier pour lancer l’investisse- ment dans la wilaya de Blida. Selon lui, plus

de 1 400 dossiers d’investissement déposés dans les services de la wilaya de Blida, depuis plusieurs années, attendent toujours une ré- ponse positive pour se lancer. “Malgré la bonne volonté du wali, les investisseurs atten- dent toujours une réponse. Nous avons attiré l’attention du ministre de l’Industrie, mais rien n’a été fait jusque-là”, souligne Kamel Mou- la. Ce dernier évoque également le problème de la bureaucratie qui, selon lui, persiste,

malgré la bonne volonté des pouvoirs publics qui veulent éradiquer ce phénomène qui pol-

lue l’environnement de l’entreprise. “Nous n’avons d’autre choix que de réussir notre éco- nomie. Il ne faut plus compter sur la rente pé-

trolière. Et il ne faut plus être dépendants de l’importation. C’est à nous de réussir. Il faut jus- te lever les obstacles”, estime le président du Ceimi.

K. FAWZI

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LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 L’actualité en question 7 POUR SAÏD MUSETTE, DIRECTEUR DE RECHERCHE AU

SPR

Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE 8 L’actualité en question
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
8
L’actualité en question

ILS EN SONT À LEUR TROISIÈME JOUR DE GRÈVE DE LA FAIM

Contractuels-Benghabrit :

le pourrissement !

En dépit du froid et de la pluie, et surtout de la faim, les enseignants contractuels, qui sont actuellement bloqués au niveau de Boudouaou, à l'ouest de la wilaya de Boumerdès, restent plus que jamais déterminés à aller au bout de leur revendication, à savoir l'intégration et rien que l'intégration.

H ier, vers midi, ils étaient plus de 500 enseignants vaca- taires à observer un sit-in
H ier, vers
midi, ils
étaient plus de 500
enseignants vaca-
taires à observer un
sit-in à la sortie de
la ville de Bou-
douaou, à proximité du quartier
des 950-Logements. Leur détermi-
nation n'a pas fléchi, malgré l'échec
des pourparlers entamés la veille avec
M me Benghabrit. Cette dernière, pour
rappel, campe sur ses positions et ne
souhaite nullement entendre parler
d'intégration sans passer par un
concours.
Un des membres de la délégation re-
çue par la ministre de l'Éducation na-
tionale dira à ce sujet : “Nous avons
reçu un bon accueil de la part de Ben-
ghabrit, mais il n'en demeure pas
moins qu'elle reste insensible à notre
revendication”, a-t-il déploré. Notre
interlocuteur ajoutera que M me Ben-
ghabrit est “très mal conseillée” par
ses proches collaborateurs. “Lors de
Les enseignants contractuels sont toujours bloqués à Boudouaou où ils observent une grève de la faim.
notre réunion, on a senti que la mi-
Magha Yahia/Archives Liberté

nistre souhaitait une issue favorable

à cette situation, mais elle a été aus-

sitôt dissuadée par ses collabora-

teurs”, a-t-il affirmé.

Le porte-parole de la Coordination

nationale des enseignants contrac-

tuels, Saïdi Bachir, notera, quant à

lui, que la “situation est grave”, tout

en déplorant le “manque de consi-

dération” de la tutelle à leur égard.

“Depuis le début de notre mouve-

ment, nous n'avons cessé de marteler

que seule l'intégration sans condition

peut nous satisfaire. Hier (dimanche,

ndlr), la ministre nous parlait de bo-

nification de notre expérience ( ) ...

C'est absurde !”, s'est-il emporté.

Ses camarades ont aussitôt scandé

leur désormais slogan : “L'intégration

ou la mort”.

Hier à la mi-journée, une dépêche

APS faisant état de “menaces de li-

cenciement” des enseignants gré-

vistes, si ces derniers continuent à ré-

clamer leur intégration sans passer

par la case concours. “Voilà ce que

nous répond Benghabrit. Elle veut

nous virer, parce que nous récla-

mons nos droits”, s'indignera Saïdi

Bachir. Et d'ajouter sur un ton las :

“Nous sommes déjà exclus par nos

contrats de la honte (

...

)

Nous n'avons

pas peur de ses menaces et nous

avons déjà menacé d'une démission

collective”, a-t-il indiqué.

D'autres rétorquent que les seuls per-

dants, ce sont les élèves. “Ce sont les

élèves qui n'auront plus d'ensei-

gnants pour terminer le programme

(

...

)

Avant de menacer à tout va,

notre ministre devrait réfléchir

à l'avenir des enfants”, a-t-on souli-

gné. Il y a lieu d'indiquer que ces

professeurs ont entamé, depuis

avant-hier, une grève de la faim

collective pour protester contre la dé-

cision des autorités de les empêcher

de marcher vers Alger. Une dizaine

de cas d'anémie ont été déjà signa-

lés, indique-t-on.

RAMDANE B.

ELLES NE POUVAIENT PARTICIPER A LA MARCHE

Rassemblement de soutien des enseignantes de Béjaïa

U ne vingtaine d’enseignantes contrac-

tuelles et vacataires, qui n’ont pas pu

prendre part à “la marche de la digni-

té” de leurs camarades sur Alger, ont observé,

hier, devant l'Académie de Béjaïa, un ras-

semblement de solidarité avec les marcheurs

et grévistes de la faim. “Nous n’avons pas pu

participer à la marche pour des raisons de res-

ponsabilités familiales. Nous sommes des

femmes mariées et pour certaines avec des en-

fants en bas âge”, nous déclare une enseignante,

porte-parole du collectif des enseignantes

manifestantes. “Notre rassemblement, au-

jourd’hui, poursuit-elle, se veut un soutien à nos

camarades bloqués aux portes d’Alger par les

services de sécurité et en grève de la faim.” Ces

enseignantes manifestantes se déclarent être

en grève illimitée et interpellent les associations

des parents d’élèves à s’impliquer et à les re-

joindre dans leur combat légitime car il y va

de l'intérêt de leurs enfants aussi.

“Les associations des parents d’élèves doivent

nous soutenir activement dans notre lutte

pour notre intégration car il y va de la stabili-

té de la scolarité de leurs enfants”, nous déclare

un groupe d’enseignantes. En effet, il y a lieu

de signaler que dans plusieurs établissements

scolaires, notamment ceux où sont nom-

breux les enseignants contractuels et vacataires,

le déroulement de la scolarité a été sérieuse-

ment perturbé par la grève illimitée de cette ca-

tégorie d’enseignants. À moins d’une solution

miracle, la scolarité dans ces établissements

scolaires risque d’être hypothéquée d'autant

que les dates des examens sont arrêtées par le

ministère de l'Éducation. Par ailleurs, dans une

déclaration transmise à notre bureau, le comité

de solidarité avec les travailleurs de la wilaya

de Béjaïa apporte “son soutien aux ensei-

MOSTAGANEM

gnants marcheurs”.“Malgré la légitimité de leurs

revendications, le pouvoir public entretient le

pourrissement en nous dressant les uns contre

les autres, en remettant en cause un droit dé-

mocratique des plus élémentaires, en l’occur-

rence le droit à un travail digne”, lit-on dans

la déclaration. Devant cet état de fait, les ré-

dacteurs de la déclaration “appellent toutes les

forces sociales, syndicats, partis politiques et as-

sociations, à dénoncer la répression, le déni de

manifester et exiger la réintégration de tous les

contractuels”.

L. OUBIRA

Les établissements scolaires en grève par solidarité

  • L ’actualité nationale de l’édu-

cation et la marche des

contractuels trouvent un fort

écho dans la wilaya de Mostaganem

où plus d’un millier d’enseignants

contractuels sont en fonction dans

les trois paliers de l’enseignement et

partagent aujourd’hui les mêmes

préoccupations socioprofession-

nelles que leurs collègues du reste du

pays. Cette semaine, en guise de so-

lidarité, une partie de ces ensei-

gnants observe une grève afin de fai-

re aboutir leurs revendications d’in-

tégration, dont le taux de suivi a at-

teint les 70% au niveau des établis-

sements scolaires de la région, selon

des sources locales.

Ces enseignants veulent une

reconnaissance des mêmes efforts

pédagogiques fournis dans le

cadre de l’enseignement et estiment

faire de leur mieux afin de proposer

une éducation de qualité au

même titre que leurs collègues

permanents.

Dans ce contexte marqué par les évé-

nements nationaux de la longue

marche des enseignants contrac-

tuels vers Alger, hier, une manifes-

tation pacifique a eu lieu devant la

Direction de l’éducation de Mosta-

ganem entamée par les enseignants

vacataires et contractuels. “Se battre

pour sa dignité est noble, malgré les

répercussions à très court terme”, a

déclaré, désabusée, une enseignan-

te vacataire d’un lycée de Mostaga-

nem. Nous apprenons, par ailleurs,

que chaque jour, entre 50 et 80 en-

seignants partent à Alger pour “sou-

tenir moralement” les collègues par-

tageant le même sort.

M. SALAH

PROCÈS DU NAVIRE PANAMÉEN RESPONSABLE DE LA COUPURE DU CÂBLE SMWE4

6 mois de prison avec sursis pour le commandant de bord

  • L e tribunal d’Annaba a rendu, hier, son

verdict dans le procès qui a été intenté

par Algérie Télécom à l’encontre du ca-

pitaine du navire panaméen “Poavosa Ace”, ac-

cusé d’avoir été responsable de la coupure, le

22 octobre 2015, du câble sous-marin de

fibre optique SMWE4 reliant Annaba à Mar-

seille. Le magistrat chargé de ce dossier a

condamné Du Chang Long, le commandant

de bord dudit navire, et son principal adjoint,

tous deux de nationalité chinoise, à une pei-

ne de six mois de prison avec sursis assortie

d’une amende de 50 000 DA ainsi que la res-

titution de leurs passeports aux prévenus, qui

étaient placés jusqu’alors sous contrôle judi-

ciaire. Le tribunal a également ordonné la le-

vée de la saisie conservatoire dont faisait

l’objet depuis novembre 2015 le navire pan-

améen “Poavosa Ace”, à la requête d’Algérie

Télécom, qui demande des dédommagements

pour le manque à gagner, les frais de répara-

tion et le préjudice moral que cette entrepri-

se a subi pendant la durée de la coupure du

câble, on s’en souvient. Des sources proches

de l’instance judiciaire indiquent que le ver-

dict se rapportant aux dédommagements ré-

clamés par Algérie Télécom, à savoir 18 mil-

lions de dinars de frais de réparation et 100

millions de dinars de dommages et intérêts, ne

sera connu qu’en fin de semaine, la section

commerciale du tribunal d’Annaba n’ayant pas

encore rendu ses conclusions. Rappelons à ce

propos que la coupure du câble, qui a privé

l’entreprise nationale de télécommunications

de 80% de ses capacités en bande passante in-

ternationale, a provoqué de graves perturba-

tions sur le réseau national ADSL, du 22 au 28

octobre dernier et donné lieu aux rumeurs les

plus folles quant à ses causes.

A. ALLIA

LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 Publicité 9
LIBERTE
Mercredi 6 avril 2016
Publicité
9
ANEP n°211 221 Liberté du 06/04/2016
ANEP n°211 221 Liberté du 06/04/2016
ANEP n°412 138 Liberté du 06/04/2016
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ANEP n°412 137 Liberté du 06/04/2016
ANEP n°412 137 Liberté du 06/04/2016
ANEP n°211 216 Liberté du 06/04/2016
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ANEP n°412 165 Liberté du 06/04/2016
ANEP n°412 165 Liberté du 06/04/2016
Mdj
Mdj
Direction de la distribution Blida Division technique électricité Pour améliorer sa qualité de service et consolider

Direction de la distribution Blida Division technique électricité

Pour améliorer sa qualité de service et consolider son réseau, la Direction de la distribution de Blida entreprend des travaux d’entretien qui nécessite- ront l’interruption de fourniture d’électricité la journée du 06/04/2016 entre 09h00 et 16h00, au niveau de la commune de L’Arbâa. Localités concernées :

w DOMAINE KHEDA w HAOUCHE TANZALI w DOMAINE CHERIF HAMIDOU w FORAGE N°17 w STATION FORAGE BZNDALI ALI w SIDI SALAH w DOMAINE REVOLUTION Pour plus d’informations, contactez la Direction de la distribution de Blida sur le numéro suivant :

025 20 75 61 La Direction de la distribution de Blida s’excuse pour les désagréments causés.

ANEP N°411 975 Liberté du 06/04/2016

F.367
F.367

A V I S

Aux buralistes et lecteurs du journal Liberté. Pour toute réclamation au sujet de la distribution du journal

Tél./Fax : 021 50 54 08

 
 
10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE
10
L’Algérie profonde
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE BRÈVES du Centre BOUIRA Les robinets toujours à

BRÈVES du Centre

BOUIRA

Les robinets toujours à sec à Lahguiya

n Les villageois de Lahguiya

(commune de Djebahia, 30 km à

l’ouest de Bouira) souffrent, depuis

longtemps, d’un manque flagrant

d’eau potable. Cette situation dure

depuis plusieurs années et ne

cesse de provoquer le courroux des

citoyens qui ne savent plus à quel

saint se vouer pour régler ce

problème récurrent. Notons que le

réseau local de distribution d’eau

potable, datant d’une trentaine

d’années, est complètement

défectueux et il était endommagé

davantage suite aux travaux

d’aménagement de la ville et de la

voie publique. “Nous souffrons de

ce problème depuis plus de dix ans.

L’eau n’arrive que rarement dans

les robinets, soit deux à trois heures

par jour”, témoigne Aziza, une

habitante dudit village. Son fils,

lui, ajoute : “Notre localité se situe

à quelques kilomètres du barrage

de Koudiet Acerdoune, qui

alimente la majorité des

communes du sud et de l’ouest du

chef-lieu. Il n’y a que notre localité

qui endure ce calvaire.” D’autres

villageois ont affirmé que des

lettres de doléances ont été

adressées aux services de

l’Algérienne des eaux (ADE) de

Djebahia et de Bouira, en vain.

Actuellement, les citoyens sont

contraints d’acheter des citernes et

des fardeaux d’eau minérale, ce

qui n’est pas à la portée de tout le

monde et même à partir des

sources voisines.

BOUMERDÈS

  • R. B.

15 bonbonnes de gaz volées à Ouled Aïssa

n Des individus se sont introduits

avant-hier dans un dépôt de

bonbonnes de gaz situé dans la

commune d’Ouled Aïssa, à

l’extrême est de Boumerdès, a-t-on

appris hier d’une source locale. Les

cambrioleurs ont volé 15

bonbonnes de gaz remplies, ajoute

notre source. C’est le propriétaire

qui, en ouvrant son dépôt dans la

matinée, a découvert que 15

bonbonnes de gaz ont été volées.

Les services de sécurité ont ouvert

une enquête.

BOUIRA

  • N. Z.

Un quota de 216 fusils bientôt restitué

n Le dossier des fusils de chasse

confisqués durant les années 1990

dans la wilaya de Bouira semble

connaître une certaine avancée,

puisque selon Guerache

Abdelkader, porte-parole des

propriétaires des fusils de chasse à

Bouira, un arrivage de 216 fusils a

été annoncé par les responsables

locaux. “Notre wilaya vient

d'obtenir un quota de 216 fusils, le

chef de cabinet du wali vient de me

l'annoncer”, a déclaré hier M.

Guerache. Pour notre

interlocuteur, c'est “une avancée

notable”, car cela fait plus de deux

ans qu'aucun fusil de chasse n'a

été restitué à Bouira. Ceci vient

faut-il le rappeler après un

mouvement de protestation de ces

propriétaires, qui avaient menacé

de fermer l'autoroute Est-Ouest au

cas où les autorités concernées ne

procéderaient pas à la restitution

immédiate de leurs biens.

  • R. B.

LE MINISTRE DE LA FORMATION ET DE L’ENSEIGNEMENT PROFESSIONNELS À M’SILA :

“60% des jeunes de l’apprentissage à la carte ont été recrutés”

Lors de cette visite le ministre a indiqué que la formation par apprentissage attire de plus en plus de jeunes.

  • M . Mohamed

Mebarki,

ministre de la

Formation et

d

e

l’Enseignement

professionnels a effectué ce lundi

une visite d’inspection et de travail

dans la wilaya de M’sila. Il s’est

rendu dans plusieurs communes

de la wilaya. Lors de son déplace-

ment, le ministre a indiqué que la

formation par apprentissage attire

de plus en plus de jeunes. “Elle est

efficace dans la mesure où le jeune

a plus de chances d’être recruté par

l’entreprise où il a effectué son stage

pratique”, dira-t-il. Cette formule

permet aux opérateurs écono-

miques d’embaucher un jeune

formé déjà par l’entreprise. “En

formant un apprenti, l’employeur

s’assure de pouvoir recruter, en fin

d’apprentissage, un salarié dont il

connaît la qualité”, ajoute-t-il.

C’est le mode le moins coûteux,

mais le plus adapté aux besoins de

l’entreprise, du fait qu’il est lié à

l’existence d’un poste de travail.

C’est une formation pratique en

entreprise où on bénéficie des

conseils et de l’accompagnement

de professionnels. C’est aussi la

possibilité de justifier d’une expé-

rience professionnelle dès la fin de

ses études et d’augmenter ses

chances de trouver un emploi.

Selon le ministre, pas moins de

60% des jeunes inscrits à la forma-

tion par apprentissage ont été

recrutés.

La wilaya de M’sila est en avance

pour cette formule avec un taux de

80%. M. Mebarki estime égale-

ment que l’évolution de ce mode

de formation suivra le développe-

ment économique de notre pays.

“Ce genre d’apprentissage permet-

tra de revaloriser et réhabiliter les

métiers manuels déficitaires dans le

D. R.
D. R.

La formation en entreprise permet un meilleur accompagnement professionnel du stagiaire.

bâtiment, les travaux publics,

l’agriculture, l’industrie, l’artisanat

traditionnel, le tourisme”, fait

savoir le ministre. “De plus la loi de

finances 2016 permettra, doréna-

vant, au fonds FNAC de prendre en

charge toutes les actions liées à la

promotion de l’apprentissage”, a-t-

il conclu.

CHABANE BOUARISSA

MAÂTKAS (TIZI OUZOU)

Des routes livrées aux pollueurs

D e nombreuses localités relevant de la

daïra de Maâtkas où l’incivisme des

citoyens conjugué au laxisme des auto-

rités locales transforme certaines routes

menant aux villages en grandes décharges sau-

vages de toutes sortes d’ordures et de déchets

hétéroclites. Ces lieux, qui sont pourtant pro-

pices à l'évasion pour les amoureux de la natu-

re sont pratiquement agressés au quotidien.

L’exemple le plus frappant est ce spectacle offert

le long de la route reliant le village d’Ighil

Issiouen à celui d’Aït Aïssa Ouziane ou le

contrebas du village de Melbane. Traversant

des oliveraies très vastes, le tronçon est devenu

un dépotoir où des énergumènes jettent à tout

vent toutes sortes de déchets. Des ordures

ménagères, des meubles usés, des débris de

matériaux de construction et même des car-

casses d’animaux. D’ailleurs, lors de notre der-

nier passage sur les lieux, une odeur nauséa-

bonde provenant de charognes se dégageait et

polluait l’atmosphère. Conçue et goudronnée

pourtant pour servir de contournement au

chef-lieu de daïra, cette route est, aujourd’hui,

dans un état dégradé à tel point que même les

automobilistes ne l’empruntent plus. Pis enco-

EL-MENEA (GHARDAÏA)

re, le réseau d’assainissement réalisé au beau

milieu de la route est tellement détérioré que les

eaux usées coulent à ciel ouvert ce qui expose

les villageois aux risques de maladies. D'ailleurs,

un habitant du village de Melbane, rencontré

sur les lieux, nous a appris que les habitants ont

frappé à toutes les portes, sans pour autant voir

la situation s’améliorer. “Nous avons sollicité les

autorités locales et tenté de sensibiliser les gens

qui fréquentent ces lieux ; mais peine perdue.

Nous espérons qu’après notre appel, les respon-

sables mais aussi des citoyens vont enfin réagir”.

Espérons qu'un tel cri du cœur soit entendu !

R. ACHOUR

Pose de fistules artério-veineuses sur des insuffisants rénaux

L e staff d'une caravane sanitai-

re volontaire des centres hos-

pitaliers universitaires

(CHU) d’Alger et de Tizi Ouzou

ont réussi une prouesse. En effet,

sept poses de fistule artério-vei-

neuse (FAV) ont été effectuées sur

des insuffisants rénaux chroniques

hémodialysés de la région d'El-

Menea. Durant trois jours, cette

caravane, composée d'équipes

médicales des CHU de Béni

Messous, Hussein-Dey , Bab El-

Oued et de Tizi Ouzou, a réussi à

ausculter plus de 200 patients et à

prodiguer des prestations médi-

cales à des personnes atteintes de

pathologies néphrologiques à

Guerrara, Ghardaïa, Métlili et El-

Menea, selon la direction de la

santé de Ghardaïa. Conduites par

des professeurs et chefs de services

des CHU précités, ces équipes

médicales ont également dispensé

des cours de formation au profit

du personnel médical et paramédi-

cal local, selon la même source.

Durant son séjour dans la wilaya

de Ghardaïa, ce panel de profes-

seurs et de spécialistes en néphro-

logie a entrepris des séances de

sensibilisation en direction de la

population sur la prévention des

maladies rénales qui trouvent sou-

vent leur origine à l'enfance, ainsi

que sur l'importance du don d'or-

TOUGGOURT

ganes et du dépistage précoce des

maladies rénales. Des explications

ont été présentées sur l'incidence

financière importante du traite-

ment des maladies rénales, après le

développement de la maladie,

mettant en valeur les efforts

déployés par les pouvoirs publics

pour la prise en charge des

patients.

B. AREZKI

Formation sur le greffage de l’olivier et autres arbres fruitiers

“L a conduite de la taille et du greffage de

l’olivier et autres arbres fruitiers” était

le thème d’une formation dispensée,

les 4 et 5 du mois en cours, au profit des 20 agri-

culteurs venus des 5 wilayas du Sud, à savoir

Ouargla, El-Oued, Biskra, Illizi et Ghardaïa.

Cette formation a été organisée par le centre de

formation et de vulgarisation agricole de

Touggourt en collaboration avec l’Institut tech-

nique de développement de l’agriculture saha-

rienne. Selon Belmaki Sami, ingénieur à la

ferme de Sidi Ben-Abdellah de Ouargla, cette

formation s’est axée sur les volets théorique et

pratique. M. Belmaki a expliqué, lors de son

intervention, que “la taille est de deux types : la

taille de formation qui s'effectue sur un arbre

jeune afin d'équilibrer son architecture, et la

taille de fructification qui consiste à supprimer

les branches mortes, celles qui s’entrecroisent, les

bois abîmés et aussi les vieux fruits’’. Et d’ajou-

ter : “Cette technique (fructification) est recom-

mandée pour avoir un rendement plus élevé.’

Quant aux méthodes de greffage, le formateur a

fait plusieurs démonstrations pratiques en pré-

sence des agriculteurs stagiaires au milieu d’un

champ d’oliviers appartenant au CFVA,

comme il a insisté sur l’idée du choix de la

variété de l’olivier s’adaptant au sol et aux

conditions climatiques de la région, telle que la

ségoise et le chemlal.

A. D.

10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE
10
L’Algérie profonde
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE BRÈVES de l’Est SOUK AHRAS Baisse sensible de

BRÈVES de l’Est

SOUK AHRAS

Baisse sensible de la criminalité en 2016

Dans leur lutte contre la criminalité

dans sa diversité, les services de la police

judiciaire ont, durant le mois de mars

2016, traité 287 affaires impliquant 203

hommes, 21 femmes et 3 mineurs. Parmi

les mis en cause, 33 ont été écroués, 128 ont

écopé d'une citation directe, 6 laissés en

liberté provisoire et 1 placé sous contrôle

judiciaire. Selon le chargé de la cellule de

communication, le mois de mars a connu

une sensible baisse de la criminalité. Sur

un autre chapitre selon toujours la même

source, la section d'assainissement des

services de la Sûreté, dans le cadre de la

lutte contre les ventes illégales, sont,

durant les 3 premiers mois de l'année en

cours, intervenus dans 402 opérations qui

se sont traduites par la saisie de 1202 kg de

légumes et fruits et 334 kg de viande

rouge proposés à la vente illégalement

ainsi que 46 563 feux d'artifice. 44 procès-

verbaux ont été dressés à l'encontre des

mis en cause alors que la marchandise a

été remise aux services concernés.

TÉBESSA

HOCINE FARROUKI

Saisie de 32 tonnes de cuivre

Une quantité de 32 t de cuivre, sous

forme de tôle épaisse, a été saisie, le 2

avril, au lieudit Elma Labiod par le

groupement de la Gendarmerie nationale,

apprend-on de sources concordantes. La

marchandise, destinée à la contrebande,

se trouvait à bord d’un semi-remorque,

lequel a été intercepté lors d’un barrage.

Deux personnes ont été arrêtées. Par

ailleurs, 1200 l de carburant et 202 fûts

vides ont été saisis entre El-Houijbet et El-

Merij durant la même journée par les

gendarmes. Les personnes impliquées ont

réussi à fuir, laissant la marchandise et la

camionnette chargée derrière elles. Enfin,

1250 sacs de tabac à chiquer ont été saisis

par les éléments de la Gendarmerie

nationale sur l'axe El-Meridj - El-Ouinet,

apprend-on de même source. Deux

personnes impliquées dans ce trafic

utilisaient une Peugeot 308 et une moto

de marque Honda pour faire passer leur

marchandise. Toutes deux ont été

arrêtées.

KHENCHELA

RACHID G.

Un fusil de chasse saisi

Les services de sécurité de la ville de

Khenchela ont arrêté, avant-hier, un

individu pour détention illégale d'une

arme à feu, selon une source digne de foi.

Cette découverte a été faite lors d'un

barrage de routine où la fouille d’une

voiture interceptée par lesdits services a

permis de récupérer un fusil de chasse, a-

t-on précisé de même source. Le mis en

cause a été placé en détention préventive

pour détention d’une arme à feu sans

autorisation. Une enquête est ouverte.

EL-TARF

M. ZAIM

Une bande de dealers neutralisée

Les éléments de la brigade

antistupéfiants de la wilaya d’El-Tarf ont

mis la main sur une bande composée de

quatre personnes, âgées entre 24 et 39 ans,

spécialisée dans le trafic de drogue. Cette

bande, selon la même source, recherchée

depuis des mois, active entre la wilaya

d’El-Tarf et Annaba. Au moment de leur

arrestation, les agents de police ont

récupéré 500 g de cannabis et 150

comprimés de psychotropes. Parmi cette

bande se trouve un jeune habitant de

Jabanet El-Yahoud à Annaba, recherché

par le tribunal de cette ville pour avoir

commis de nombreux méfaits. Trois mis

en cause ont été traduits hier devant le

magistrat instructeur et incarcérés. Le

quatrième a été transféré vers le tribunal

de Annaba.

TAHAR B.

COMPLEXE SIDÉRURGIQUE DE BELLARA ET AUTOROUTE DJENDJEN - EL-EULMA

Les projets seront remis dans les délais impartis

Si l’on se fie à la dernière réunion d’évaluation, les deux méga-projets dont a bénéficié la wilaya de Jijel, à savoir le complexe sidérurgique de Bellara et l’autoroute reliant le port de Djedjen à El-Eulma (wilaya de Sétif), seront remis dans les délais impartis.

D. R.
D. R.

Des dispositions ont été prises afin d’augmenter la cadence des travaux pour la réalisation de tous les projets.

U ne réunion de travail consacrée

l’évaluation et le suivi du pro-

jet de réalisation du complexe

sidérurgique de Bellara a été te-

nue, le week-end passé, au siè-

ge de la wilaya de Jijel, a-t-on

appris. Lors de cette réunion présidée par le wali,

en présence des différents intervenants et ac-

teurs, une situation actualisée sur le chantier a

été présentée, faisant état de la pose de 858 pieux

de semelles sur un total de 1600, et la réalisation

de 2290 pieux de renforcement du sol sur un to-

tal de 10 000. Pour ce qui est de l’opération d’ou-

verture des pistes, celle-ci a été achevée totale-

ment, au même titre que les travaux de barda-

ge de la conduite d’AEP et le raccordement pro-

visoire du chantier en énergie électrique. L’opé-

ration de soudage des conduites d’eau, quant à

elle, est en cours de réalisation. Pour ce qui est

de l’alimentation provisoire du complexe si-

dérurgique en gaz, nous apprendrons que le taux

d’avancement a atteint 70%. Sur un autre volet,

l’entreprise Infrarail, chargée des travaux d’in-

frastructures ferroviaires, a approvisionné le

chantier avec la totalité des rails tandis que les

travaux de montage des panneaux de voie sont

en cours au niveau de la gare de Bazoul.

Concernant les travaux préparatoires du site qui

devra recevoir le rail sur l’axe Bazoul - El-Mi-

lia, ceux-ci sont achevés. On citera l’élagage

d’arbres, le nettoyage général et la rénovation

des wagons par la SNTF. D’ailleurs, cette der-

nière a déjà rénové pas moins de 100 wagons qui

seront mis sur les rails dès le lancement de ce

projet d’envergure. Sur un autre plan, une

autre réunion s’est tenue le même jour pour exa-

miner l’état d’exécution des décisions prises lors

de la précédente réunion consacrée au projet de

la pénétrante autoroutière Djendjen - El-Eul-

ma, en l’occurrence le déplacement des réseaux

électriques, l’alimentation en eau potable, l’as-

sainissement, la démolition des constructions

situées sur les terres irriguées de l’axe de l’au-

toroute ainsi que le volet de l’expropriation, a-

t-on indiqué. Dans cette optique, le wali instruit

les directeurs des travaux publics, l’hydraulique

et la Société de distribution d’électricité et de gaz

de Jijel d’accélérer la cadence des travaux afin

d’achever ce qui reste à faire dans les plus brefs

délais. Par ailleurs, les travaux de terrassement

des ouvrages hydriques et des ouvrages d’art, en

l’occurrence deux viaducs, sont en cours de réa-

lisation. À ce sujet, il a été indiqué que pas moins

de 231 engins de travaux publics et 628 ouvriers

sont sur le chantier. Rappelons que cette futu-

re pénétrante autoroutière qui fera jonction avec

l’autoroute Est-Ouest en passant par la com-

mune d’El-Eulma, dans la wilaya de Sétif, sur

une distance de 110 kilomètres, verra la réali-

sation de 44 ouvrages d’art, 54 viaducs, 12 échan-

geurs et un tunnel d’une longueur de 3 km, ce

qui devra faciliter la circulation automobile entre

Jijel et les wilayas limitrophes et booster da-

vantage l’activité de l’entreprise portuaire de

Djendjen. La wilaya de Jijel devra assurer la réa-

lisation des 45 kilomètres se trouvant dans son

territoire caractérisé par des espaces géogra-

phiques accidentés.

MOULOUD.S

MILA

La corporation des mobilisés exprime sa solidarité avec l’ANP

P lus de quatre-vingts militaires mo-

bilisés lors de la décennie noire se

sont rassemblés hier devant le siège

de la wilaya de Mila en signe de solidarité

avec l’institution militaire en cette conjonc-

ture marquée par une activité terroriste de

plus en plus prononcée sur les frontières

sud-est du pays. Les mobilisés entre les an-

nées 1995 et 1999 assurent, à travers un

communiqué remis à la presse, qu’ils sont

solidaires avec l’Armée nationale populaire

et qu’ils sont prêts à rallier de nouveau les

rangs des forces armées si cela était né-

cessaire. Rappelant des intentions visant la

sécurité et la souveraineté enregistrées ré-

cemment dans certaines régions du sud no-

tamment, les anciens militaires mettent en

garde “tous ceux qui tenteraient, de l’inté-

rieur ou de l’extérieur, de porter préjudice

à la sécurité et à l’intégrité du pays”. À la fin

du rassemblement, un groupe représentatif

de la corporation a été reçu à la wilaya et

a remis au wali une copie de la lettre de so-

lidarité émanant du Conseil national des

militaires mobilisés. Les concernés ont

saisi, par ailleurs, l’occasion, pour présen-

ter leurs condoléances aux familles des vic-

times la catastrophe de l’hélicoptère mili-

taire. Soulignons que deux des douze vic-

times du crash de l’appareil militaire sont

originaires de la wilaya de Mila. Il s’agit de

Kamel Boutauatou (commandant) et Mo-

hammed Rameche (sergent).

KAMEL B.

GUELMA

Un nouveau programme de 1000 logements AADL

Le directeur du logement et des équipements

publics a saisi l'opportunité de la tenue de la

première session ordinaire 2016 de l'APW pour

donner des informations sur son secteur. Il rappelle

que la wilaya de Guelma a bénéficié d'un quota de 3

000 logements AADL, à savoir 1 100 au chef-lieu, 700 à

Oued-Zénati, 700 à Bouchegouf et 500 à Héliopolis. Il

précise que ceux de Guelma seront implantés sur une

superficie de 1 100 hectares au quartier pôle Sud, le

projet ayant été confié à une société turque pour un

délai de 24 mois. Les travaux ont démarré après une

étude de trois mois. Le projet d’Oued-Zénati sera

localisé à Djebel Ancer et deux sociétés chinoises sont

en pourparlers avec AADL. Le choix de terrain a été

finalisé le 16 janvier dernier à Bouchegouf et une

société chinoise a visité ce site. Le choix de terrain est

en cours pour Héliopolis. Le même responsable

annonce qu'un autre quota de 1 000 logements vient

d'être attribué à la wilaya de Guelma par le ministère

de l'Habitat, de la Construction et de la Ville.

HAMID BAALI

10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE
10
L’Algérie profonde
Mercredi 6 avril 2016
LIBERTE
10 L’Algérie profonde Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE BRÈVES de l’Ouest TLEMCEN Un réseau de trafic

BRÈVES de l’Ouest

TLEMCEN

Un réseau de trafic de psychotropes tombe

Les éléments de la brigade de lutte contre le trafic de

stupéfiants ont démantelé un réseau de trafiquants de

psychotropes qui active entre Maghnia et El-Bayadh. À

l’origine de cette affaire, B. N., 24 ans, qui a été surpris en

train de consommer des comprimés psychotropes à

l’intérieur d’un véhicule loué à une agence. La fouille de la

voiture a permis de découvrir 72 comprimés d’ecstasy de

type Domino et 64 de type Dove. Cinq autres personnes

ont été interpellées par la suite dont une mineure. Ces

dernières se dirigeaient de Maghnia vers El-Bayadh via

Bougtob à bord d’un véhicule.

NÂAMA

MOHAMMED AMMAMI

Saisie de plus de 10 quintaux de kif à Mecheria

Agissant sur renseignements, les gendarmes de

Mecheria (wilaya de Nâama) ont immobilisé dans la zone

El-Ouesaa (commune d’El-Biodh) un camion de marque

Isuzu, transportant une cargaison de légumes et interpellé

ses deux occupants. La fouille du camion a permis la saisie

de 10,60 q de kif traité. Deux autres complices qui

servaient d’éclaireurs à bord d’une 307 et d’une 208 ont été

interpellés.

RELIZANE

AA. A.

Deux contrefacteurs africains arrêtés

Deux Africains en situation irrégulière ont été arrêtés

par la gendarmerie au niveau de leur barrage permanent

dressé sur l’autoroute Est-Ouest, dans la commune de

Belaâssel-Bouzegza. Un Malien et un Guinéen étaient à

bord d'un véhicule de marque Dacia Sandero, en

possession d’une liasse de papiers sous forme de billets de

banque en euros, de cinq téléphones portables, d’une

poudre verte servant dans la contrefaçon des billets de

banque.

  • A. A.

HAMMAM BOU-HADJAR (AÏN TÉMOUCHENT)

Il tombe dans un puits de 15 m de profondeur et s’en sort

B.M., 28 ans, souffrant de troubles mentaux, a été

extirpé d’un puits de 15 mètres de profondeur, alors que le

niveau de l’eau avoisinait les 1,5 mètre, hier, à 7h15. Alertés

par un citoyen sur cette chute, les pompiers se sont

déplacés à la ferme Berrahal-Ahmed située à la sortie

ouest de la ville de Hammam Bou-Hadjar pour secourir

B.M., encore sous le choc. Une enquête a été ouverte.

MOSTAGANEM

M. LARADJ

Huit arrestations our détention d'armes blanches

Une équipe de la police judiciaire de la 1 re et 3 e sûreté

urbaine de Mostaganem a procédé à l'arrestation de huit

individus âgés entre 27 et 49 ans, originaires de

Mostaganem, tous impliqués dans des affaires de

possession d'armes blanches. Les interpellations ont été

effectuées suite à une ronde de routine de la police de la 1 re

sûreté urbaine au niveau de la rue Abdelaoui-Abed, ainsi

qu'à l'ancienne gare des taxis, où sept personnes furent

appréhendées en possession illégale d’armes blanches. La

huitième arrestation a été effectuée par les éléments de la

3 e sûreté urbaine, l'homme interpellé portait un couteau

sur lui dans le quartier de Beymouth.

CHLEF

M. SALAH

Plus de 600 gardes communaux protestent

Plus de 600 gardes communaux se sont rassemblés,

lundi, devant le siège de la wilaya de Chlef. Venus de

plusieurs communes, les protestataires ont demandé la

prise en compte de leurs revendications

socioprofessionnelles qui tardent, selon eux, à voir le jour.

Nous demandons aux autorités compétentes du pays de

procéder à la révision totale de toute la plate-forme de nos

revendications socioprofessionnelles”, lancent-ils devant

l’entrée principale du siège de la wilaya. Le logement

social, l’augmentation de salaire qui ne dépasse pas selon

eux les 24 000 DA/mois, la gratuité des soins médicaux au

niveau des établissements hospitaliers militaires et

l’attribution de la prime de danger qu’ils ont couru durant

toutes les années où ils étaient en fonction demeurent,

entre autres, parmi les revendications qu’ils ont avancées

avant qu’ils ne se dispersent, dans le calme, vers 13 h.

  • A. C.

POUR DES FAITS VIEUX DE 10 ANS À ORAN

Un harrag condamné

“J’étais en Belgique au moment des faits. Je n’ai jamais participé à ce cambriolage. Je suis innocent”.

  • B. Lahcène

était-il en

Belgique au

moment où

un magasin

de vêtements

féminins de M’dina J’dida,

Oran, se faisait cambrioler le 10

décembre 2005 ? C’est la ques-

tion que le tribunal criminel

d’Oran a examinée, lundi der-

nier, lors du procès dans lequel

l’accusé était poursuivi pour

constitution de bande de mal-

faiteurs et bande qualifiée.

Mais un procès dans lequel

Lahcène a introduit une op-

position à une condamnation

par contumace, estimant avoir

été injustement condamné à 20

ans de prison pour des actes

qu’il dit n’avoir jamais commis.

“J’étais en Belgique au mo-

ment des faits. Je n’ai jamais

participé à ce cambriolage. Je

suis innocent”, a-t-il soutenu à

la barre. Le problème est que

l’homme ne peut pas prouver

sa présence en Belgique puis-

qu’il s’y serait introduit clan-

destinement en 2005, à une

époque qui a vu des milliers de

jeunes Algériens tenter la har-

ga avec plus ou moins de bon-

heur. Pour le ministère public,

les déclarations des personnes

condamnées lors du premier

procès, impliquant B. Lahcène,

sont suffisantes pour prouver

sa culpabilité dans un cam-

briolage au cours duquel des

D. R.
D. R.

B. Lahcène a été condamné à trois ans de prison ferme pour un vol commis le 10 décembre 2005.

effets d’une valeur de 120 000

DA et une somme de 250 000

DA ont été dérobés. Il requer-

ra 10 années de réclusion cri-

minelle. La défense, elle, sou-

tient qu’on ne peut pas se sa-

tisfaire de déclarations de dé-

tenus, aussi accablantes soit-

elles, pour conclure à une cul-

pabilité. Il faut des preuves

matérielles, tangibles. “En l’oc-

currence, le dossier de l’accu-

sation n’en a pas apportées.

Hormis les dépositions des per-

sonnes condamnées, il y a 10

ans, le dossier de l’accusation est

vide”, a-t-elle dénoncé en sou-

lignant que son mandant, qui

n’était pas en fuite, a régulari-

sé sa situation en Belgique,

qu’il est marié et père de deux

enfants et dispose d’un emploi

stable. “Il est venu pour régu-

lariser sa situation vis-à-vis de

la justice de son pays, prouvez-

lui qu’il a eu raison de lui fai-

re ainsi confiance”. Après dé-

libérations, la cour a décidé que

B. Lahcène est coupable des

faits qui lui étaient reprochés

et l’a condamné à 3 ans de pri-

son ferme. Le jeune homme est

sorti en poussant des gémis-

sements.

  • S. OULD ALI

EL-BAYADH

564 millions de DA pour les PCD

P olitique de récession

budgétaire oblige, la wi-

laya d’El-Bayadh ne

vient de bénéficier que de 564

millions DA comme envelop-

pe financière pour la réalisa-

tion d’une soixantaine d’opé-

rations inscrites dans le cadre

des PCD et réparties à travers

les 22 communes de la wilaya.

Ces opérations portent sur 22

projets de rénovation et d’ex-

tension des réseaux d’assai-

nissement, 19 autres d’exten-

sion et d’amélioration des ré-

seaux d’alimentation en eau

potable, 7 projets d’aménage-

ment urbain et enfin 11 projets

d’aménagement et de moder-

nisation d’édifices commu-

naux.

Par ailleurs, une enveloppe de

plus de 434 millions DA a

également été accordée à la wi-

laya d’El-Bayadh pour la ré-

évaluation de 20 opérations

liées aux secteurs de l’éduca-

tion, des travaux publics, de la

jeunesse et des sports et autres,

dans le but, dit-on, de relancer

des projets à l’arrêt.

Au registre des projets secto-

riels, la wilaya a bénéficié de

quatre opérations pour un fi-

nancement de 571 millions

DA, dont deux pour l’étude et

OULED FARÈS (CHLEF)

réalisation d’un collège et d’un

groupement scolaire à El-

Bayadh.

Les deux autres opérations

sectorielles portent sur la réa-

lisation, pour le secteur des res-

sources en eau, de quatre ré-

servoirs de stockage d’eau, et

pour celui de la santé, une ac-

quisition d’équipements

d’imagerie médicale.

  • A. MOUSSA

Découverte d’un cimetière romain

  • D es ossements de plusieurs sque-

lettes humains ont été décou-

verts, cette semaine, sur le chan-

tier de l’autoroute actuellement en cours

de réalisation entre la ville de Ténès et le

chef-lieu de la wilaya de Chlef. Selon

nos sources, c’est suite à des travaux ef-

fectués sur le chantier en question, pré-

cisément à proximité du lieu-dit “cime-

tière de la Chienne”, non loin de la loca-

lité d’Ouled Farès, que cette découverte a

été faite par des ouvriers de la société por-

tugaise qui travaille sur le site.

Outre les squelettes, plusieurs objets en

poterie ont également été trouvés dans une

fosse. D’après des témoignages recueillis

auprès de certains habitants de la région,

les squelettes et les objets découverts da-

tent de l’époque romaine. D’autres té-

moins ont fait savoir, pour leur part,

SIDI BEL-ABBÈS

160 millions de centimes volés d'une voiture

A gissant sur la base d’informations,

les éléments de la 3 e sûreté urbai-

ne de Sidi Bel-Abbès ont arrêté un

individu âgé de 32 ans impliqué dans le

vol de 160 millions de centimes de l’in-

térieur d’une Renault Symbol en sta-

tionnement. La perquisition du domici-

le du suspect a permis aux policiers de ré-

cupérer l’intégralité de la somme volée

dissimulée dans la cuisine. A. BOUSMAHA

qu’il s’agirait d’un cimetière qui remon-

te toujours à l’époque romaine.

Alertés, les éléments de la Protection ci-

vile et de la sûreté de daïra d’Ouled Farès

ont été dépêchés sur les lieux afin de ré-

cupérer les objets découverts.

AHMED CHENAOUI

Arrestation d’un dealer

Les éléments de la brigade de lutte

contre les stupéfiants ont arrêté un

dealer âgé de 53 ans, connu des services

de sécurité. Après la perquisition de son

domicile, les policiers ont saisi 129

comprimés psychotropes, 10 flacons

contenant une substance liquide

hallucinogène et 78 millions de

centimes représentant le revenu de la

vente de la drogue.

A. B.

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SPR

  • 14 Auto

Mercredi 6 avril 2016

LIBERTE

PAGE ANIMÉE PAR FARID BELGACEM

liberteauto2011@yahoo.fr

PLUS DE 1 200 000 VOITURES SUR LE MARCHE INFORMEL

Véhicules d’occasion :

la niche qui échappe à l’État

Après de longues tergiversations, le gouvernement décide d’assainir ce marché. Ainsi, il sera soumis à des règles de fonctionnement à travers la mise en place d’un groupe de travail pour préparer des textes juridiques. Mais, ce n’est pas demain la veille…

Q uantifié par les profession-

nels de l’automobile, le mar-

ché d’occasion représente

un peu plus de 1 200 000

unités, soit le triple du mar-

ché du neuf, au cumul de

l’année 2014. Représentant également plus

de 20% des immatriculations, ce marché

informel représente des dizaines de mil-

liards de dinars et constitue une niche qui

échappe à tout contrôle. L’État récupère, à

travers les quittances des impôts, du passage

obligatoire chez l’ingénieur des mines et du

contrôle technique obligatoire automobile,

un bénéfice infinitésimal. On s’en souvient,

les Algériens importaient 30 000 unités/an

âgées de moins de 3 ans depuis l’Europe.

Très vite, les concessionnaires dénoncent

une concurrence déloyale, au plan commer-

cial, et dangereuse, au plan sécurité. La

démarche entamée en 2003 par les profes-

sionnels du secteur a porté ses fruits. En

2005, un texte de loi met fin à ces importa-

tions, d’autant que le scandale des véhicules

dits “ZH” a ruiné les caisses de l’État. Deux

ans plus tard, soit en 2007, le marché de l’au-

tomobile explose et le véhicule d’occasion

(moins de 3 ans) est définitivement enterré.

Durant cette année, l’Algérie avait importé

près de 75 000 véhicules neufs avant de pas-

ser au double, soit 150 000 véhicules en

2008. Le crédit à la consommation aidant, le

marché connaîtra une embellie telle que

tous les Algériens achètent à tout bout de

champ des voitures au prix fort et au détri-

ment de leur budget. Les ventes explosent et

atteignent les 250 000 unités. De graves dys-

fonctionnements touchent les banques à

cause des non-remboursements et les foyers

enregistrent des plafonds d’endettement

importants. Le gouvernement sévit et met

fin, en 2009, au crédit à la consommation à

travers une disposition contenu dans la LFC

(loi de finances complémentaire). Cela n’a

guère dissuadé les Algériens qui continuent

d’acheter les voitures neuves. Si pour cer-

tains, le véhicule est un moyen de locomo-

tion, pour d’autres la voiture est une solu-

tion de transport devant l’échec des trans-

ports en commun. En 2010, le marché du

neuf atteint 350 000 unités, avant de passer à

420 000 unités en 2012 et près de 500 000

unités en 2013. L’Algérie devient un véri-

table dépotoir à ciel ouvert. En plus des

zones sous-douanes et des showrooms satu-

rés, les trottoirs sont squattés par les reven-

deurs qui dictent leur diktat. Après un flé-

chissement, en 2014, dû notamment au

retour des formules des logements (LPP,

AADL et LSP), le marché baisse sensible-

ment et le gouvernement porte un coup de

massue au véhicule neuf. En mars 2015, le

gouvernement décide de brider les importa-

tions, et ce, avant de supprimer carrément la

lettre de crédit (Credoc). Face à cette situa-

tion, le marché informel prend des ailes et se

substitue au marché du neuf. En mai 2015,

dans un entretien exclusif accordé à Liberté,

Omar Rebrab, le P-DG du pôle Automotive

au groupe Cevital et néanmoins P-DG de

Hyundai Motor Algérie (HMA) a interpellé

les pouvoirs publics pour assainir le marché

d’occasion. Invité au forum de Liberté, l’ex-

président de l’Association des concession-

naires automobiles algériens (AC2A),

Mourad Oulmi, avait annoncé que le mar-

ché informel dépassait les 800 000 unités en

2014, ce qui constitue une niche importante

14 Auto Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE PAGE ANIMÉE PAR FARID BELGACEM liberteauto2011@yahoo.fr PLUS DE 1

pour les concessionnaires automobiles pour

imposer un “Argus à l’algérienne” d’une

part, et pour l’État pour engranger des béné-

fices à même de renflouer les caisses du

Trésor public, d’autre part. Résultat des

courses : le marché d’occasion, squatté par

des spéculateurs qui défient les lois du mar-

ché, échappe aux pouvoirs publics. Après de

longues tergiversations, le gouvernement

sort de son silence et décide d’assainir ce

marché. Ainsi, il sera, désormais, soumis à

des règles de fonctionnement à travers la

mise en place d’un groupe de travail pour

préparer des textes juridiques. Ce futur dis-

positif a pour objectif d’assainir le marché

local d’occasion et de protéger ses clients. Ce

groupe de travail avait été mis en place

depuis juin dernier 2015 pour instaurer une

cotation qui mettrait fin au trafic des véhi-

cules d’occasion, l’identification des ven-

deurs et des nouveaux propriétaires et à la

traçabilité des capitaux. Une annonce qui

fait face à l’absence d’un fichier national uni-

fié de cartes grises, de permis de conduire et

de certificats de résidence. Trois sésames

que l’Etat ne contrôle pas actuellement lors

des transactions enregistrés au niveau des

daïras. Entre temps, lemensueldelautomobi-

le.com, que dirige Mord Saadi, lance la cota-

tion du véhicule d’occasion et la marque au

lion lance la certification du véhicule d’occa-

sion, dans le cadre de la vente de particulier

à particulier.

FARID BELGACEM

COUP DE CŒUR

C’EST LE PREMIER CONCESSIONNAIRE À L’INSTITUER

Peugeot certifie les véhicules d’occasion avant leur vente

14 Auto Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE PAGE ANIMÉE PAR FARID BELGACEM liberteauto2011@yahoo.fr PLUS DE 1

T oute l’originalité est là :

Peugeot certifie tout véhi-

cule d’occasion avant sa

vente et permet au particulier de

céder sa voiture avec une garan-

tie de six mois, sans pour autant

perdre de sa valeur. Qu’en est-il

exactement et comment ça

marche ? Selon le protocole

lancé par Peugeot Algérie au

Salon international de l’auto-

mobile d’Alger (SIAA-2016), un

client en possession d’un véhi-

cule de marque Peugeot, ayant 5

ans d’âge et ayant circulé une

distance inférieure ou égale à

150 000 km, se présente à la suc-

cursale de la firme française en

Algérie. Une fois sur les lieux,

une équipe authentifie le kilo-

métrage, vérifie l’état du véhicu-

le et de ses papiers et lance une

opération d’entretien général.

Celle-ci prend en charge la

vidange, les filtres, la peinture et

la tôlerie, l’état de la suspension

et du freinage, bref tous les

points que contrôle générale-

ment un acheteur dans les mar-

chés d’occasion. Une fois l’opé-

ration effectuée, Peugeot Algérie

certifie ce véhicule et offre un

avantage de six mois de garantie

à l’acheteur. Ainsi, le propriétai-

re pourra afficher sa voiture

“certifiée Peugeot occasion” sur

un site Internet, un magazine ou

un quotidien national, voire

même dans la cité où il habite

avec un simple écriteau “à

vendre”. Le nouvel acquéreur

pourra ainsi circuler avec un

véhicule d’occasion quasiment

révisé et refait dans plusieurs de

ses parties avec une pièce de

rechange d’origine garantie.

Cette certification se veut une

première en Algérie et inter-

vient dans une conjoncture

marquée par le bridage des

importations des véhicules

neufs, et ce, en attendant l’an-

nonce par le ministère du

Commerce de l’octroi des

licences d’importation et des

quotas pour un marché plafon-

né à 152 000 unités/an.

F. BELGACEM

FOCUS
FOCUS

VOITURES ÉLECTRIQUES

Tesla dévoile sa future Model 3,

déjà commandée

à 115 000 exemplaires

14 Auto Mercredi 6 avril 2016 LIBERTE PAGE ANIMÉE PAR FARID BELGACEM liberteauto2011@yahoo.fr PLUS DE 1

n Le constructeur américain de voitures électriques Tesla a dévoilé une très

attendue berline compacte, deux fois moins chère que ses véhicules précédents,

la Model 3, pour laquelle il a annoncé avoir déjà enregistré plus de 115 000

commandes. La Model 3 doit être commercialisée à la fin de l’année prochaine,

avec un prix de base annoncé de 35 000 dollars, soit deux fois moins chère que

les deux modèles vendus actuellement par Tesla, à savoir la berline Model S et le

Crossover Model X, qui démarrent à 70 000 dollars. Tesla joue gros avec le

lancement de la Model 3, censée lui ouvrir le marché grand public et lui

permettre de prouver qu’il est capable de produire en grande quantité. Le

véhicule devrait représenter le plus gros des 500 000 véhicules par an que Tesla

s’est fixé comme objectif de produire en 2020 (contre encore seulement 50 000

l’an dernier).

FARID B.

DR

LIBERTE

Mercredi 6 avril 2016

Culture

15

LE MINISTRE DE LA CULTURE L’A ANNONCÉ LUNDI À BORDJ BOU-ARRÉRIDJ

Création d’une carte nationale des monuments culturels en Algérie

Lors d’une visite de travail à Bord Bou-Arréridj, Azzedine Mihoubi a demandé à toutes les wilayas de “répertorier ses monuments culturels” pour la réalisation d’une carte du patrimoine. Il a également visité le Château El-Mokrani, dont l’ouverture est prévue le 18 avril.

  • L e ministre de la Culture,

Azzedine Mihoubi, qui

a effectué, lundi, une vi-

site de travail dans la

wilaya de Bordj Bou-

Arréridj, a annoncé que

son département va réaliser une

carte nationale des monuments cul-

turels en Algérie. À cette occasion,

il a appelé toutes les wilayas de “ré-

pertorier ses monuments culturels, de

retracer son histoire, les étapes his-

toriques de ces monuments sur le plan

local avant de rassembler les données

sur le plan national en se basant sur

les normes d’usage en pareils cas”. Et

d’ajouter : “Cette initiative va servir

à l’identification, au classement et à

la protection de notre riche patri-

moine que recèle le pays, produit de

son histoire millénaire.” Il a égale-

ment recommandé la nécessité de

mettre les moyens, les équipements

nécessaires et le temps à la disposi-

tion des spécialistes du domaine

pour leur faciliter la tâche dans

leurs travaux d’investigation et de

restauration.

Par ailleurs, le ministre s’est rendu

au Château El-Mokrani qui sera

rouvert le 18 avril, après une dizai-

ne d’années de fermeture pour “res-

tauration”. Dans ce cadre, M. Mi-

DR LIBERTE Mercredi 6 avril 2016 Culture 15 LE MINISTRE DE LA CULTURE L’A ANNONCÉ LUNDI

Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture

houbi a insisté sur la qualité des tra-

vaux, même si elle prend du temps

ou nécessite de faire appel à l’expé-

rience étrangère. Pour rappel, le

Château El-Mokrani, édifié sur un

rocher de 15 m de haut, surplombe

toute la région, offrant une vue pa-

noramique sur toute la ville de Bordj

Bou-Arréridj. Il servit de poste de

surveillance pour défendre les portes

de la ville et était, surtout, l'unique

source d'eau appelée à l'époque Aïn

Bordj ou Aïn Essiraj. De cette sour-

ce coulait une eau aux vertus cura-

tives, raconte-t-on, puisqu'elle pro-

venait de la fontaine de Aïn Soltane,

dans les montagnes de Merisane.

Cette source, surnommée Aïn Essi-

raj par les Bordjiens, a été détruite

après l'indépendance et son eau a été

détournée. Même s'il est baptisé au

nom du héros de la résistance de

1871, le château n'a pas été édifié par

El-Hadj Mohamed El-Mokrani. Il est

signalé dans plusieurs ouvrages

consacrés à Bordj Bou-Arréridj.

Francine Dessaigne, une historien-

ne française, relève qu'en octobre

1839, “le duc d'Orléans, avec l'armée

du général Valée, décide de bivoua-

quer au lieu dit Aïn Bou-Arroudj,

protégé par un fort”. Un autre his-

torien français qui était chef de

troupe de l'occupation française,

du nom de Ferraud, a, dans un

autre ouvrage concernant l'histoire

de l'Est algérien, signalé que “les édi-

fices rencontrés près d'une source

appelée Bou-Arréridj sont un fort bâti

qui constitue un poste d'observation

stratégique et une base arrière aux

troupes ottomanes”. Ce fort, selon les

historiens, a été utilisé par les Al-

mohades lors de leurs conquêtes et

fut un élément du dispositif guerrier

pour assiéger les Hammadites. Du-

rant la présence ottomane, le château

assurait la sécurité des caravanes

commerciales sujettes à de nom-

breuses attaques.

Il a été utilisé par l'armée française

comme caserne militaire durant

plus d'un siècle. Après l'indépen-

dance, il a été cédé par l'ANP en 1967

à la commune de Bordj Bou-Arré-

ridj. Depuis 1993, il est mis à la dis-

position de l'Agence nationale d'ar-

chéologie qui devait le transformer

en musée à la mémoire de l'une des

plus belles épopées de la résistance

du peuple algérien, et en biblio-

thèque pour toute la wilaya.

CHABANE BOUARISSA

IL SERA INHUMÉ AUJOURD’HUI DANS SON VILLAGE NATAL

L’écrivain Chabane Ouahioune tire sa révérence

  • L ’écrivain d’expression française Chabane

Ouahioune s’est éteint lundi en fin de jour-

née dans son village natal, Tassaft Ougue-

moune, à l’âge de 94 ans. Cloué au lit par le poids

de l’âge depuis quatre longues années, celui que

tout le monde dans sa région nomme affectueu-

sement Da Chavane est parti sur la pointe des

pieds. Il sera inhumé aujourd’hui, mercredi, à Tas-

saft Ouguemoune, ce village perché sur une de ces

collines d’Iboudrarène qui ont inspiré le gros de

son œuvre littéraire riche de huit romans.

De La Maison au bout des champs à L’Aigle du Ro-

cher, passant par Les Conquérants au parc rouge

et Randonnées avec Aït Menguellet, Chabane Oua-

hioune s’est fait le devoir d’être, comme le dé-

crivait une thèse de doctorat d’État soutenue en

2001 au département de français de l’université

d’Alger, “l’enregistreur d’un vécu dont il entend

simplement témoigner, observateur attentif de ses

semblables et d’une région, la Kabylie, à laquelle

il appartient”. Cette thèse préparée par Bouba

Mohammedi Tabti et dirigée par Christiane

Achour sous l’intitulé “Littérature algérienne

d’expression française : espace algérien et réalis-

me romanesque des années 80” a mis en lumiè-

re, dans un sous-chapitre, toute l’importance lit-

téraire de l’œuvre de Chabane Ouahioune, et ce,

à travers plusieurs aspects, tels que la symbiose des

hommes et de la terre, la montagne comme re-

fuge mais incapable de retenir ses enfants, l’exil,

ses raisons et ses effets sur les hommes… Cha-

bane Ouahioune n’était pas seulement écrivain.

Il était également journaliste et chroniqueur. Mé-

tier qu’il entama dans La voix des humbles, le jour-

nal des instituteurs du début du 20 e siècle. Il était

également longtemps lecteur et correcteur aux édi-

tions Sned. Sa passion pour l’écriture, il l’a dé-

couvre encore jeune étudiant à la faculté de

droit à Alger, où il s’inscrit plusieurs années après

avoir interrompu ses études à l’école normale

après sa mobilisation pour la Seconde Guerre

mondiale. Locataire d’une chambre dans un hô-

tel d'Alger-Centre, avec un de ses amis, il fait la

connaissance de Mouloud Mammeri, alors en-

seignant au lycée de Ben Aknoun. Mouloud

Mammeri lui confie, sitôt écrites, des pages du ma-

nuscrit de son premier roman, La Colline oubliée.

C’est là qu’il découvre son goût pour l’écriture ro-

manesque et entame son premier roman. Une vo-

cation qu’il n’abandonne qu’à l’âge de 89 ans après

la publication de L’Aigle du Rocher. Les habitants

de sa région ont eu le réflexe de lui rendre un

hommage vendredi dernier, soit moins d’une se-

maine avant son décès.

SAMIR LESLOUS

SALON NATIONAL DU LIVRE DE CONSTANTINE

Participation de 140 éditeurs et distributeurs

n Pas moins de 140 éditeurs et

distributeurs prendront part au

Salon national du livre prévu du 11

au 16 avril, à Constantine, a indiqué

lundi le président-directeur général

de l’Entreprise nationale des arts

graphiques (Enag), Messaoudi

Hamidou. Le Salon qui sera organisé

à l’université Constantine 1, sous un

chapiteau de 4000 m 2 , présentera

“plusieurs milliers d’ouvrages publiés

en Algérie, dans les pays arabes et

dans le monde entier”, a précisé le

responsable au cours d’une

conférence de presse. Organisée

dans le cadre de la manifestation

“Constantine, capitale de la culture

arabe 2015”, cette exposition

comprendra l’ensemble des genres

éditoriaux dont “des essais

scientifiques de toutes disciplines,

ouvrages de références

(encyclopédies et dictionnaires),

écrits littéraires (romans, recueils de

nouvelles et de poésie), livres d’art et

de patrimoine, ouvrages techniques

et autres livres d’enfants et de

juniors”, a détaillé M. Hamidou,

également commissaire général de

Salon international du livre d'Alger

(SILA). Le PDG de l’Enag a indiqué

que ce Salon qui sera organisé sous

forme d’exposition-vente permettra

aux lectorats de s’informer des

nouvelles parutions et acquérir sur

place les ouvrages avec des prix

“réduits”. Qualifiant ce Salon de

“fête du livre, des lettres et du

savoir”, M. Hamidou a indiqué qu'il

sera également “une occasion pour

mettre en valeur” l’important

programme d’édition soutenu dans

le cadre de Constantine capitale de

la culture arabe, soldé, a-t-il précisé

par “de nombreuses publications”

(environ un millier d’ouvrages) en

rapport avec l’histoire, le patrimoine

et la création littéraire. Outre

l’aspect exposition de livres, le Salon

offrira également un programme

d’animation culturelle, rencontre

littéraire et lecture de romans et de

poésies et conférences-débats sur

des thématiques liées à la littérature

notamment, pour permettre aux

lecteurs de rencontrer et débattre

avec des écrivains de renommée

comme Wassini Laâradj entre

autres, a-t-il ajouté. Organisé par le

commissariat de la manifestation

Constantine capitale de la culture

arabe et l’Enag, ce Salon devant être

inauguré par le ministre de la

Culture consacrera de larges espaces

aux éditeurs et écrivains

constantinois, a encore ajouté le

même intervenant. Ce salon

national du livre, qui a été précédé

par l’organisation de deux

expositions du livre à Constantine

dans le cadre de la manifestation

culturelle, a nécessité un

investissement public de 30 millions

DA, a encore précisé M. Hamidou.

APS

INVITÉ AU CAFÉ LITTÉRAIRE DE TIZI OUZOU

Younès Adli a présenté son ouvrage “Des Igeliden aux Sultans”

  • D écidément, l’entreprise EMEV, spé-

cialisée dans l’organisation des mani-

festations culturelles et scientifiques

sous la férule de son infatigable animateur

Amirouche Malek, ne lésine guère sur les

moyens et les idées pour concocter de belles

rencontres littéraires à Tizi Ouzou, chef-lieu

de wilaya comme dans les contrées les plus

lointaines de la Kabylie profonde. Et le siège

de la dynamique Association des anciens

scouts de Tizi Ouzou situé sur les hauteurs de

la Ville des genêts s’est avéré fort exigu, cette

fois, pour accueillir la grande foule venue à la

rencontre de l’écrivain Younès Adli, qui avait

à cœur de présenter son dernier ouvrage in-

titulé Des Igeliden aux Sultans, un livre d’his-

toire agrémenté de longs et fructueux travaux

de recherche sur la glorieuse épopée des

grands chefs berbères qui ont régné jadis sur

la Numidie, de Massinissa jusqu’à Jughurta,

Gaya, Juba, Micipsa, en passant par Koceila,

Shashnaq, Syphax sans oublier la Kahina et la

liste est encore longue ! Face à un public at-

tentif et connaisseur, marqué par une grande

présence féminine de tout âge, Younès Adli

aura abreuvé, avec son éloquence habituelle et

sa grande expérience communicative, cette

grande et belle assistance de ses nombreuses

connaissances tirées de la bravoure, de la di-

gnité et de la droiture de ces igeliden qui ont

marqué l’histoire ancienne de l’Afrique du

Nord du temps où ils agissaient en tant que

conquérants sans peur et sans reproche. Doc-

teur en langue, littérature et civilisation ber-

bères, journaliste, chercheur universitaire

bien connu et diplômé de l’Inalco de Paris,