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Go Gr Comité d'Etude de la Corrosion et de la Protection des Canalisations GUIDE PRATIQUE DE LA PROTECTION CATHODIQUE AVANT-PROPOS Le présent “Guide pratique de la Protection Cathodique* constitue la deuxiéme version éditée par les soins de 1a Commission "protection cathodique" du CEOCOR (Comité d'Etude de Corrosion et de la protection des Canalisations), le premier ouvrage ayant été publié en 1969 par l'entremise de 1‘Association Internationale des Distributions d'Eau (AIDE), connue également sous la dénomination anglaise: International Water Supply Association casa). Le nouvel ouvrage constitue une version plus compléte que celle Ge 1969 par le fait que, d'une part, il reproduit les bases théoriques de la corrosion et que, d’autre part, il fournit une description plus fouillée des techniques utilisées en matiére de protection cathodique, et ceci tant en ce qui concerne les appareillages 4 mettre en oeuvre que les techniques de mesure proprement dites, 11 va sans dire que 1'évolution technologique des vingt derniéres années a été ddment prise en compte, surtout en ce qui concerne les récents développements dans le domaine de 1'électronique et de 1‘ informatique. Le nouveau “guide pratique" constitue, tout comme le premier, un outil intéressant destiné A fournir aux réalisateurs et aux exploitants non spécialisés un apercu global sur les multiple: problémes qui peuvent se poser dans le cadre de la réalisation pratique d'une protection cathodique. Il n‘a pas été rédigé avec la prétention de fournir aux non initiés une réponse & toutes les questions spécifiques pouvant se poser lors de la réalisation d'un projet faisant appel A la protection cathodique et, il leur est, dés lors, vivement conseillé d'avoir recours 4 des experts qualifiés das le stade de 1'étude du projet en question. Enfin, il me reste A remercier les membres du groupe de travail de la Commission “Protection cathodique" du CEOCOR lesquels, au cours de nombreuses réunions, ont réussi, avec une compétence et un enthousiasme exemplaires, a faire de cet ouvrage un ensemble cohérent de haut niveau technologique. Ernest REITER président de la Commission 4 “Protection cathodique* Composition du groupe de travail par ordre alphabétique: ; BORREMANS (B) . CURTY (F) DI BIASE (I) FUNK (D) GALEANI (1) VAN HEMELRIJCK (B) . HOFBAUER (A) » LAMBERT (F) . LEGRAND (F) W. PRINTZ (D) E, REITER (1) président de la Commission 4 ‘Protection cathodique* F. STALDER (Cit) BRM o son ED président du Groupe de travail I, WOLFF (CH) Mme LIEBGOTT traductrice Ate ctés du Comité d’Orgeiston des Jace Obympiques dA Bertil et des Savoyard, le Groupe Lyonnaie des Eaux-Dusmez est engage dant ta competition pour conibver a russite des 16bmes J olympiques Chiver, La competition cet Uengagement quotiien des hommes et des femmes de Lyonnaise des Eaux-Dume2, sut les cing continents, pour la protection de-Veniton- rement, et Varménagement du cadre de vie. Une compétition pour embiorer Ia propreté des wills, préserver les ressources rates, éviter la polltion des caux.. Une compétion oi le vctire n'est jamais cquise defntivement, Lyonnaise des Eaux-Dumez: Mewvironnement est notre engegement Direction de la Production et du Transport ZAC. de Merciéres - 5, rue Ferdinand de Lesseps BP. 829 - 60208 COMPIEGNE Cedex - Tél. 4423.40.40 te Service CORROSION of Owes =~) UANTIE CORROSION mie SD spécialisé depuis 1947 dene? NY ae la protection contre he corrosion de canalisations et J douvrages enterrés immergés : CENTRE TECHNIQUE OPERATIONNEL g ; #1 - 75 000 km de canalisation sous protection cathodique - 350 puits de stockage souterrain - des ouvrages maritimes, pieux, palplanches, quais - des stations de filtration et de pompage d'eau de mer - usines marémotrices : (barrage de la Rance en FRANCE et usine d'Annapolis-Royal au te Le “Service Protection des Ouvrages dispose d'une Division Etudes. Spéciales qui propose sa longue expérience pour des activités de développement, d'expertise et de conseil, en FRANCE et & I'étranger. Elle dispose de moyens performants, laboratoires d’électrochimie, délectronique et informatique, et d'un bassin d'essais pour études Guide pratique de la protection cathodique waune Apercu général Introduction Wistorique Considérations énergétiques Domaines d‘application Limitation du présent guide aux conduites enterrées Causes de la corrosion et bases de la protection cathodique Corrosion électro-chimique Piles géologiques Contacts métalliques Courants vagabonds unidirectionnels courants vagabonds alternatifs Bases de la protection cathodique Protection cathodique par anodes réactives Protection cathodique par courant imposé Besoins en courant protecteur Critéres de protection Protection passive contre la corrosion Le revétement Historique des revétements extérieurs de tuyaux Revétements extérieurs Propriétés physico-mécaniques des matériaux organiques Pouvoir d'isolation électrique Phénoménes de diffusion Adhérence Stabilité mécanique Revétenents dtusine Isolation des soudures sur chantier Mise en oeuvre Contréles du revétement Transport et stockage Protection du revétement Matériaux de remblayage Protection mécanique supplémentaire Revétements inorganiques non métalliques Protection cathodique contre la corrosion Conditions préliminaires Isolation électrique des canalisations Conditions d'isolement des canalisations Continuité électrique des canalisations Points de mesure 4.2 4.2.4. 4.2.2, 4.2.3, 4.3. 4.3.4, 4.3.2. 4.3.2.1, 4.3.2.2. 4.3.2.3. 5.2. 5.3. 5.4. 5.4.1. 5.4.2. $.4.3, Etudes Choix de l‘emplacement Intensité du courant protecteur Eléments nécessaires au projet Implantation d‘installations de protection Installation de protection a courant imposé Déversoirs horizontaux Anodes horizontales Anode verticale unique Anodes multiples Déversoirs anodiques en profondeur Appareillages de protection Drainage polarisé Soutirage sur rails Anodes réactives Mise en service de la protection cathodique Mise en service et réglage des installations de protection Mesures de vérification Mesures rapprochées Mesures d‘ influence Généralités Détermination de la nature et de ‘importance de 1‘ influence Disposition permettant de réduire les effets a influence tt 6.2 6.3 6.3.1 6.3.2 6.3.2.1, 6.3.2.2. 6.3.3. 6.3.3.1. 6.3.3.2. TA. 7.2. 73, 7.4.4. 7.3.2, 7.3.3. 10. Contréle de la protection cathodique Généralités Contréle du fonctionnement des installations de protection a anodes réactives Contréle des réseaux protégés par courant imposé Contréle du fonctionnement Inspections techniques et mesures électrochimiques Contréles a effectuer sur les installations de protection Contréles a effectuer sur les conduites Mesures particuliéres pour les ouvrages soumis a des courants vagabonds Contréle de fonctionnement du matériel de protection Mesures effectuées sur les installations de protection contre les courants vagabonds Mesures effectuées sur des conduites influencées par des courants vagabonds Constat et élimination des défauts Influence de la haute tension Influence ohmique Influence capacitive Influence inductive Influence de courte durée Influence de longue, durée Réduction de la tension La protection globale Qualification du personnel Aspects économiques de la protection cathodique Conclusions. ittntroduction La plupart des métaux utilisés par l'homme ne se trouvent pas dans la nature 4 l'état natif. [1s sont extraits de minerais dans lesqueis ils sont combinés a d'autres corps simples sous forme d'oxydes, de sulfures, de carbonates, ... La métallurgie, au moyen de réactions chimiques ou électrochimiques, élabore les métaux 4 partir de leurs minerais. Ces réactions consomment une énergie importante, on comprend donc que les métaux ne soient pas stables intrinséquement. Sous l‘action des éléments extérieurs tels que l'eau, 1‘oxygéne, et plus généralement de facteurs physiques ou chimiques (contraintes mécaniques, température, hétérogénéité de structure, gradient de concentration de corps chimiques en présence, courants vagabonds, ...) ils s‘oxydent et se dégradent, tendant ainsi a retourner A 1’état de minerai. Ce phénoméne d'oxydation et de dégradation est appelé “Corrosion des métaux". Deux types de traitement permettent de lutter contre la corrosion. On les appelle, suivant les moyens mis en jeu, les protections passives et les protections actives. Parmi ces derniéres, la protection cathodique occupe une place primordiale. Les protections passives sont obtenues en isolant le métal du milieu agressif au moyen d‘un revétement, d‘une peinture ou d'une couche superficielle d'oxydes insolubles La protection cathodique est obtenue en faisant circuler un courant électrique continu entre le métal 4 protéger, le milieu dans lequel il est placé et une électrode auxiliaire, Le passage du courant provoque des réactions électrochimiques a l'interface métal-électrolyte, " Lorsque le sens et l‘intensité du courant continu appliqué assurent une diminution suffisante du potentiel métal- électrolyte, les réactions d'oxydation ne peuvent plus se produire, Le méta) est ainsi protégé cathodiquement. 4.2 Historique La premiare utilisation de la protection cathodique remonte a 1824, lorsque le chimiste anglais Sir Humphrey Davy préconisa de relier des piaces de zinc ou de fer au placage en cuivre des navires afin d'en supprimer l'attaque par l'eau de mer. A partir de la fin du 19*siécle, un certain nombre de tentatives furent effectuées pour utiliser la protection cathodique contre ltaction des courants vagabonds, émis par les tramways, qui détruisaient par électrolyse les conduites métalliques enterrées. En 1924, U.R. Evans démontra la nature électrochimique de la corrosion. Des essais systématiques de protection cathodique furent alors entrepris aux U.S.A., en 1928. Robert J.Kuhn, exploitant les résultats des mesures de potentiels de différents ouvrages en acier enterrés, remarqua qu'au dessous de - 850 mV (mesurés avec un voltmatre et une électrode de référence au cuivre-sulfate de cuivre) l'acier ne se corrodait plus. Il venait de déterminer expérimentalement le seuil de protection cathodique du fer. En Belgique, Marcel Pourbaix, en 1945, établissait les diagrammes G'équilibre situant les domaines de stabilité des corps simples en présence d'eau, en fonction de leur potentiel et du pl. ce travail permettait de Géfinir thermodynamiquement les conditions dans lesquelles le fer ne peut pas s‘oxyder au contact de l'eau et de L'oxygane, La valeur du potentiel de protection cathodique déterminée par cette méthode correspondait a quelques dizaines de millivolts prés au seuil expérimental mesuré par R.J. Kuhn. A partir de 1950, l'utilisation industrielle de la protection cathodique se développa rapidement, ainsi que les recherches et les travaux de laboratoire. Leurs résultats, consignés dans une 12 banque de données, ont été publiés dans plus de mille articles au cours des 14 derniéres années. 1.2. Considérations énergétiaues Les valeurs de potentiel mesurées lors des études de corrosion ou de protection cathodique sont toujours trés faibles comparées aux tensions électriques utilisées dans l'industrie. A titre d'exemple une piéce d'acier au carbone, se corrodant dans une eau de mer aérée, se trouve a un potentiel de - 680 mV (mesuré avec une électrode cuivre - sulfate de cuivre). I) suffira, par une polarisation cathodique, d'abaisser ce potentiel de 170 mV pour supprimer cette corrosion, On peut donc s‘étonner de voir de si faibles variations de potentiel produire des effets importants. On comprendra mieux la nature des forces électrochimiques si 2‘on sait que le potentiel mesuré se développe entre 1a premiére couche d'ions de 1*électrolyte et la surface du métal qui sont situées A 10 ~® m tune de 1*autre. Le champ électrique ainsi provoqué est de l'ordre d'un mégavolt par centimétre. La trés faible distance séparant la premiére couche ‘ions de la surface métallique est confirmée par les mesures de la capacité électrostatique des métaux plongés dans un électrolyte, Cette capacité spécifique est de l'ordre de to “5 F. cm ~?, soit 10 millions de fois plus que celle d'un condensateur a air équivalent. Compte tenu des tensions peu élevées, mises en jeu pour produire les réactions de polarisation cathodique, 1'énergie consommée par les installations de protection cathodique est souvent faible, ce qui en fait un procédé économique. 1.4. Domaine d'application Depuis quarante ans, la protection cathodique a recu de nombreuses applications. Les conduites enterrées en acier pour le transport et la distribution de gaz, de produits pétroliers ou d'eau, sont pour la plupart protégées cathodiquement. 13 Ce réseau représente pour les pays membres du CEOCOR (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Sudde et Suisse) une longueur dépassant les 500.000 km. Parmi les autres applications on trouve: ~ les conduites immergées - les coques de navires + la protection interne des réservoirs d'eau, de ballasts de navires, de boites a eau @'échangeurs thermiques - les circuits de refroidissement des centrales thermiques en bord de mer (pompes, filtres, conduites) - les portes d'écluses ~ les plates-formes pétroliéres - les réservoirs de stockage enterrés ~ les turbines marémotrices - les circuits de traitement des eaux potables et des eaux usées - les gaines de puits de pétrole, d'eau ou de gaz (casing). Bien congue, dés le stade du projet, la protection cathodique peut étre d'une efficacité totale. Elle peut aussi étre appliquée au sauvetage d‘ouvrages en péril: des conduites en acier posées en 1937, et présentant dix ans aprés des fuites par corrosion externe, ont été réparées et soumises 4 une protection cathodique en 1947; elles sont a l'heure actuelle toujours en service Par son utilisation, on a évité la mise au rebut d‘échangeurs industriels refroidis 4 l'eau de mer dont les plaques tubulaires en alliage cuivreux étaient fortement corrodées. Il est important de signaler que le codt le plus faible et l'efficacité la meilleure seront obtenus si les moyens de lutte contre la corrosion sont pris en compte das 1'élaboration de l'avant-projet d'un ouvrage. Un choix précoce des solutions a mettre en oeuvre (nature des métaux, des revétements, équipement de protection cathodique) 14 vére toujours plus économique qu'une modification tardive du projet ou qu'une intervention ultérieure, lorsque les désordres das 4 la corrosion sont constatés. 1.5Limitation du présent quide aux conduites enterrées Bien que la protection cathodique puisse paraitre assez simple @ l'ingénieur ou au technicien non spécialiste, son application nécessite la prise en compte de nombreux facteurs en fonction des caractéristiques particuliéres de chaque ouvrage. Par exemple, la polarisation cathodique dépend: de la nature du métal, de la vitesse éventuelle de 1'électrolyte a son contact, de la distribution du champ électrique a sa surface .... Par ailleurs la protection cathodique d‘ouvrages enterrés non revétus peut créer dans le sol des circulations de courant assimilables a des courants vagabonds pouvant influencer les ouvrages voisins; il faut alors prendre des mesures de compensation pour annuler ces influences Dans tous ces cas particuliers, il est conseitlé de faire appel Aun spécialiste expérimenté. Souhaitant que cet ouvrage puisse apporter une contribution pour une meilleure protection contre la corrosion des réseaux de cCanalisations enterrées, 1a commission "Protection Cathodique" du CEOCOR a limité l'objet de ce guide a la protection cathodique des conduites enterrées revétues. 2.1. Sorrosion électrochimique La bonne conductivité électrique de l‘acier est due A une forte concentration d‘électrons libres dans la structure métallique. Au contact d‘un électrolyte, un état d'équilibre réversible s‘établit selon la réaction (2-1), of Fe = Fe 2+ . + 2e (ty 8 16 Les ions ferreux (Fe**) passent en solution et les électrons chargent le métal négativement 2ty (Fe*) acier ~ (Fe Solution électrolytique (2-2) (réaction partielle anodique) En l‘absence d‘oxydant captant les électrons, la réaction (2-1) ne peut pas se poursuivre. Il en résulte que la réaction de corrosion (2-2) n'est possible que dans le cas od les réactions partielles cathodiques suivantes peuvent avoir lieu: 4e7+0,tH,0 + 40H” (en milieu aérobie) (2-3) 2e"4+2H,0 + 20H"4+H, (en milieu anaérobie) (2-4) 2e"s2Ht = n (en milieu acide) (2-5) La vitesse de la corrosion dans un électrolyte homogéne et peu aéré, selon la relation (2-3), est approximativement de 10 um.a”', Dans le cas of la teneur en oxygéne peut étre négligée et of le pit est supérieur A 5, 1a relation (2-4) écrit 1a réaction cathodique partielle et 1a perte de poids est négligeable. Les réactions suivant la relation (2-2), associées aux réactions cathodiques suivant les relations (2-3) ou (2-4), sont désignées par “corrosion électrolytique*. Lors de 1a dissolution du métal, le passage de Fe’* dans la solution produit un courant positif ou anodique I, et une perte de métal de A M. La décharge des électrons & L'interface métal-électrolyte (suivant les réactions 2-3 et 2-4) correspond a un courant cathodique Ty sans perte de métal, La corrélation entre la perte de métal et 1‘intensité du courant ancdique est donnée par la loi de Faraday: AM = ye tyre (2-6) of Hy représente 1‘équivalent électrochimique du métal ou la constante de corrosion et t le temps pendant lequel subsiste le courant anodique. L‘équivalent électrochimique du fer Hy est de: by 2 9,1 kg at at La premiére phase est constituée par l‘entrée en solution d‘ions métalliques, tandis que les électrons sont retenus dans le métal. En l‘absence d'autres réactions, on obtiendrait un état d'équilibre entre les métaux a charge négative et la solution devenue positive. ; ; La grande majorité des phénoménes de corrosion des canalisations causée par les sols trouve son origine: d'une part dans l‘agressivité propre du sol, d'autre part dans le couplage de terrains dont Ia nature et la perméabilité 4 ‘air sont différentes. Les argiles, les marais et les limons constituent des sols non aérés, tandis que les sables et les graviers sont bien aérés. Une conduite traversant des sols de nature différente Provoque la formation de zones anodiques dans les parties non aérées et de zones cathodiques dans les parties aérées, (voir figure 2-1). La distance entre les zones anodiques et cathodiques peut varier entre quelques cm et plusieurs km. Lorsque cette distance est assez importante, on peut vérifier ce phénoméne au moyen d'une mesure de l'intensité de courant circulant dans la canalisation. L'agressivité propre d'un sol est conditionnée par sa conductibilité. C'est pourquoi la mesure de cette conductibilité (ou de son inverse: la résistivité) fournit une indication trés importante pour l‘appréciation de l‘agressivité probable du sol. 7 2.1.2 Contacts métalliqaues 18 Un autre élément de corrosion provient de la liaison galva- nique de l'acier avec une structure en matériau plus noble. Au contact entre deux métaux, ou entre un métal et des corps solides conducteurs d'électrons (tel que le graphite, le charbon ou les oxydes), ayant des potentiels naturels différents, il se forme, dans un électrolyte, une pile galvanique engendrant un courant électrique, les parties a potentiel positif formant la cathode et les parties négatives ltanode (fig. 2.2.). Agissent comme cathodes vis-a-vis des aciers ordinaires: le cuivre et ses alliages, les aciers dits inoxydables et les armatures du béton. En liaison métallique avec les conduites en acier, ces armatures jouent le réle de cathodes. L'intensité des effets de cette pile est fonction du degré d'aération de la cathode, et du rapport de surface cathode/anode. Les surfaces des armatures en acier dans le béton étant rela~ tivement importantes par rapport aux surfaces des défauts dans le revétement des tuyaux, il s‘en suit que les intensi- tés de courant sont particuliérement élevées au droit des défectuosités du revétement, ce qui conduit trés rapidement a une perforation du tuyau en ces points. (voir chapitre 4.2.). 2.1.3 Courants vagabonds unidirectionnels La corrosion par électrolyse est provoquée essentiellement par des courants vagabonds engendrés par des voies a courant continu. En ‘absence d'une protection cathodique par drainage ou par soutirage de ces courants, le phénoméne reste responsable de 30 A 501 de toutes les .corrosions observées dans les grandes villes od circulent les tramways électriques. Ainsi qu'il ressort de la fig. 2-3, le courant passe du pale positif du redresseur par le fil aérien jusqu'au moteur de ja motrice, et retourne par les rails a la barre collectrice négative du redresseur de la sous-station 2.44 Entre les points texminaux des rails et le point de retour du courant au redresseur, il se produit ainsi une chute de ten- sion ohmique. Comme les rails sont dans la pratique diffici- les a isoler par rapport au sol, le sol représente un circuit de retour du courant paralléle aux rails. Une partie de ce courant de retour, passant dans le sol comme courant vagabond, est absorbée et véhiculée par une conduite située A proximité et ressort de celle-ci prés du point de retour au redresseur, Sur une conduite enterrée, on peut alors identifier trois zones: - A proximité du redresseur, il se produit dans la zone anodique de la conduite une sortie de courants vagabonds qui entrafne une corrosion trés rapide par électrolyse. - Ensuite, on observe une zone of il peut y avoir, selon Ja position de la motrice, aussi bien entrée que sortie de courants vagabonds. - En bout de voie, cette zone se confond avec une zone dans laquelle le courant est absorbé par la conduite et provoque ici, en partie, une protection cathodique. Courants vagabonds alternatits Si l'effet des courants continus a depuis longtemps fait ltobjet d'études approfondies pour trouver des remédes ef- ficaces, il en était tout autrement jusqu'da présent en ce qui concerne l‘influence exercée par les courants alternatifs: cette influence avait dans la pratique été considéréé comme négligeable, car apparemment 1'amplitude anodique ne favorisait guére la corrosion, Par conséquent, on ne dispose que de peu de renseignements sur le risque que présentent les courants alternatifs (sous forme de courants vagabonds et par induction) pour les ouvrages en acier enterrés (voir chapitre 4.3), Selon ces quelques renseignements, un courant alterna- tif provoque la perte de 1% de la quantité de métal qui, d‘apraés la loi de Faraday, serait entrée en solution si le courant avait été un courant continu, 19 2.2 Bases de la protection cathodique 20 L'application de la protection cathodique produit 1‘état a‘équilibre représenté 4 la fig. 2-4, car le raccordement d'une anode galvanique ou d'un déversoir apporte un nombre suffi- sant d‘électrons pour supprimer 1a mise en solution du fer sous forme d‘ions ferreux Fett. Les caractéristiques de l'interface conduite/sol peuvent étre reproduites, en premiére approximation, par la mise en paral- léle d'une résistance et d'un condensateur (fig. 2-4). La capacité du systéme acier/sol C, se retrouve dans une plage entre 10 et 100 pF/cn?. La résistance 4 la polarisation r, résulte de la différence entre le potentiel naturel et le potentiel en présence de courant. Cette résistance peut se situer entre 1 et 1600 Qm?, La fig. 2-5 montre la formation de macro-éléments 4 l‘'exemple d'une conduite dont une partie traverse un sol sableux bien aéré et une autre partie un sol argileux ma? aéré. Par exemple, le potentiel naturel relevé A l‘endroit des défauts cété sable est de -0,5 V et cété argile de -0,7 V, mesuré par rapport a une électrode de référence au sulfate de cuivre saturé (ce qui s'écrit -0,7 V cu/so,cu), Dans ces conditions, le trongon enterré dans du sable devient cathode, tandis que celui placé dans un sol argileux devient anode Pour l'ensemble du sol sableux, les résistances & la pola- xisation des défauts peuvent étre régroupées en une résis tance A la polarisation globale dans le sable, soit Rog. Cette résistance est en série avec la résistance de diffusion Rpg La xésistance globale de 1a zone de sable peut donc s'exprimer par la formule: Rs = Rog + Rog (2-7) Diune fagon analogue, on obtient, pour la zone des sols ar- gileux: Ry = Rpg + Ron (2-8) Le courant I, circulant entre les deux zones, s‘exprime par la formule: aY Le (2-9) E Ret Ry La résistance longitudinale de la conduite peut étre négligée, puisqu'elle est nettement plus faible que les résistances rencontrées dans les zones anodique et cathodique. L‘intensité du courant I, constitue un courant Protecteur I, pour le trongon traversant le sable et un courant anodique ou de corrosion I, pour le trongon placé dans un sol argileux. Protection cathodiane par anodes réactives Le courant protecteur nécessaire pour compenser des sorties de courant peut atre fourni par des anodes réactives ou par des déversoirs alimentés par un redresseur A courant continu. Les anodes réactives doivent présenter un potentiel plus négatif que l'objet a protéger. Comme on peut le voir dans lo partie supérieure de la fig. 2-6, le raccordement de 1'anode 4 l'objet A protéger provoque técoulement d'un courant de l'objet & protéger vers 1 node qui, 4 partir de celle-ci, en Passant de nouveau par le sol, regagne l'objet a protéger et empéche la corrosion de celui-ci. L' importance du courant fourni par 1’anode galvanique dépend - de la diftérence de potentiel AU, entre le potentiel de Protection l'objet a protéger et celui de l'anode; cette différence est de 0,6 V pour le fer et le magnésium et de 0,2 ¥ pour le zine; ~ de la résistance de diffusion Rp de l'objet & protéger; dans le présent exemple, elle est égale 4 la résistance de diffusion du troncon de conduite posé dans du sable et de celui placé dans un sol argileux. 21 - de la résistance de diffusion R, de l'anode. Pour une barre-anode verticale d'une longueur L, elle est de: ew OP (2-10) Pour une anode d'une longueur d'un métre, dans un sol d'une résistivité de 20 am, la résistance de diffusion est de 10 9. Lorsqu'on néglige la résistance a la polarisation de l‘anode, le courant de protection fourni par l‘anode est déterminé par la relation: AU, Rey (2-11) Dans cette équation, Ry représente le branchement en paralléle des résistances R. et R,. Le courant se subdivise en des courants partiels correspondant 4 la section de la conduite dans le sable I, et dans l‘argile I,. R Ro. Io (2-12) Ss Re R reat tT (2-13) Pour supprimer la‘corrosion, il faut que he - tp (14) A partir des équations (2-8) et (2-13), on obtient alors l'intensité totale I, du courant de protection nécessaize, a savoir: Av, BAU, Rt =e ete ee (2-15) n RoR, Re Rs RS Dans cette équation, on peut voir que 1'intensité de courant protecteur nécessaire est plus grande que le courant de corrosion qu'il s‘agit de compenser. Elle est déterminée par le produit de la différence entre les potentiels naturels de corrosion et la résistivité de la partie du sol sableux. 22 Dans la pratique, il n'est pas possible de calculer le courant de protection nécessaire suivant 1'équation (2~14),parce qu'on ‘ignore les valeurs de R, et R,. Dans le cas des conduites déja en place, cette détermination se fait souvent au moyen d'un soutirage. Pour les conduites encore a 1'étude, la protection cathadique est congue en fonction de la nature du revétement. Etant donné que la différence de potentiel AU, est fixée par la nature méme du métal de ces anodes, l'intensité de courant fourni est limitée et relativement faible. De ce fait, les anodes réactives sont surtout utilisées pour des objets dont le besoin en courant de protection est faible, comme par exemple les réservoirs de stockage de pétrole et de carburants. otec: ou Dans ce type de protection, le courant est fourni par un redresseur débitant entre l'objet 4 protéger et une masse anodique appelée déversoir. La tig. 2-7 représente le principe de la protection par courant imposé, dans lequel le péle négatif de la source de courant continu est raccordé & la structure métallique a protéger, tandis que le péle positif est raccordé 4 une anode. En régle générale, le courant protecteur est fourni par un redresseur alimenté par le secteur électrique (fig. 2-8). Les installations peuvent &tre congues pour une tension jusqu'a SO volts. Contrairement aux anodes réactives, il n'est pas nécessaire que les anodes a courant imposé constituant le déversoir présentent un potentiel spontané de valeur négative par rapport au fer. Pour assurer une longue durée de vie de ces anodes, il est important de choisir un matériau dont le taux de dissolution anodique (kg/Ah) soit aussi faible que possible. La protection contre la corrosion occasionnée par des courants vagabonas unidirectionnels peut étre obtenue par drainage. Ce procédé consiste A retourner les courants engendrés par une voie A courant continu, par l'intermédiaire d‘un c&ble et d'une diode, de la conduite vers les rails de cette voie émettrice. Un relais polarisé permet d‘éviter l'inversion du courant (fig. 2-9), Si le drainage ne suffit pas pour retourner la totalité des courants vagabonds vers les rails, le courant peut étre soutiré (fig, 2-10). A cette fin un redresseur alimenté par le secteur est connecté aux rails ou au c4ble de retour a la sous~station, 2.2.3 Besoins en courant protecteur 2.3 24 L'intensité de courant requise pour la protection cathodique contre la corrosion de surfaces nues dépend de la quantité d'oxygéne qui peut atteindre la surface du métal. Pour Ltacier posé dans Le sol of les eaux, il faut prévoir une densité de courant de 30 4 500 mA.m™* de métal nu. Dans la pratique, l'utilisation prolongée de 1a protection cathodique fait apparaitre, dans de nombreux sols, des couches carbonatées qui finissent par réduire, aprés un certain temps, les besoins en courant protecteur. Dans le cas des conduites et des réservoirs de stockage munis d'un revétement a base de bitume ou de matiére plastique, 1'intensité de courant effectivement requise est nettement plus faible. Le courant n’entre pratiquement dans la conduite qu‘a l'endroit des défauts du revétement. Le courant de protection a travers le revétement lui-méme peut étre négligé du fait de la trés haute résistivité intrinséque du revétement proprement dit lequel joue le réle d‘un isolant (voir chapitre 4.4, figure 4-5). Si les revétements anciens en bitume nécessitaient des intensités de courant supérieures A 1 mA.m” pour obteniz la protection cathodique, ces valeurs se situent dans un ordre de grandeur du pA.m™* polyéthyléne. pour un revétement moderne en Sritéres de protection L'application d'un courant protecteur déplace le potentiel a l'interface entre le métal et le sol dans le sens négatif et a partir d'un certain seuil la vitesse de corrosion devient pratiquement négligeable. La fig. 2-11 représente 1a vitesse de corrosion de L'acier dans différents sols en fonction du potentiel. Les zones en pointillé indiquent le potentiel de corrosion initial et xespectivement la vitesse de corrosion auxquels il faut stattendre en présence de ce potentiel. On voit ainsi trés nettement la rapidité avec laquelle la corrosion diminue lorsqu‘un courant protecteur est appliqué. Dans un sol neutre aéré i] suffit déja d‘abaisser le potentiel A - 0,75 V mesuré par rapport a une électrode au sulfate de cuivre pour que la vitesse de corrosion se réduise a 10 pm.a™', Généralement, te potentiel toujours mesuré avec une électrode de référence au sulfate de cuivre est abaissé a - 0,85 volts, ce qui met l'ouvrage a protéger a l'abri du risque de corrosion. Ce seuil de - 0,85 V permet également en présence de sols argileux non aérés de réduire le départ métallique a des valeurs insignifiantes. En présence de bactéries sulfato- réductrices, le potentiel devra pourtant étre abaissé a - 0,95 V, mesurés au niveau de 1‘interface conduite/sol. Le potentiel ainsi mesuré ne doit pas étre faussé par des chutes de tension ohmique dans le sol. On parvient généralenent a éviter l‘erreur due a ces chutes de tension obmique en coupant le courant avant d’effectuer les mesures. Les erreurs dues aux chutes ohmiques occasionnées par les courants d‘équilibre pendant 1a phase de déclenchement ne peuvent étre évaluées que par les mesures de potentiel dites rapprochées, Une électrode de référence est une demi-pile qui doit avoir les propriétés suivantes: ~ étre impolarisable: lors du passage d'un courant relativement faible elle ne doit pas présenter de modification de son potentiel d‘équilibre 25 - @tre capable de maintenir ce potentiel d‘une maniére stable en fonction du temps. Ce sont les électrodes de références dites impolarisables qui répondent a ces exigences; celles-ci sont des demi-piles, constituées de métaux dont les propres ions métalliques entrent en solution dans 1'électrolyte. A la séparation de phase métal/électrolyte il se produit le phénoméne suivant: Le métal en contact avec 1'électrolyte a tendance a entrer en solution par le départ d'atomes métalliques, sous forme de ions positifs, vers la solution électrolytique. Ce départ d'ions métalliques confére au métal un potentiel de plus en plus négatif jusqu'a atteindre un seuil de potentiel au dela duquel la transformation d'atomes métalliques en ions nétalliques n'est plus possible. En sens inverse, une solution saturée en ions métalliques a tendance 4 se diluer sous l‘effet d'une émission a'ions ou d'une réception de solvants. Ce phénoméne est connue sous la dénomination de “pression osmotique". La pression de diffusion et la pression osmotique s'exercent dans des sens opposés et a l'état stationnaire elles atteignent la méme valeur. Dans une solution saturée, ce phénoméne se produit 4 une vitesse telle que 1'équilibre est atteint dans un temps trés court, La couche double constituée par le métal et l'électrolyte représente une différence de potentiel, appelé potentiel d'électrode, Dans le domaine de la protection cathodique des ouvrages enterrés, l‘électrode cuivre-sulfate de cuivre saturé, robuste et facile a réaliser, est la plus utilisée. 3.4. 3. PROTECTION PASSIVE CONTRE [A CORROSION Lg_revétement Les canalisations posées dans le sol n’offrent que rarement une résistance suffisante 4 la corrosion. Tl est ainsi indispensable de prévoir une protection contre 1a corrosion extérieure, Le but de la protection passive consiste A effectuer une séparation entre l'électrolyte agressif et la surface d'acier. Afin d'obtenir dans une grande mesure cette séparation du sol (électrolyte) de la surface métallique dune canalisation, on munit celle-ci d'un revétement faisant fonction d‘'isolant électrique. La combinaison de ces mesures de protection passive avec les mesures de protection active de la protection cathodique fournit une solution optimale au probléme de la protection extérieure contre 1a corrosion, tant au point de vue technique qu‘ économique. A l'aide de recouvrements organiques des canalisations en acier, le contact avec le sol environnant - c'est-a-dire de l'électrolyte - avec la surface métallique est supprimé. Les matériaux constituant le revétement doivent toutefois posséder des propriétés spécifiques leur permettant de xéaliser cette fonction d‘isolement. Un revétement passif d'objets enterrés devrait étre concu de sorte a pouvoir assurer une efficacité durant au moins quelques décennies. Des revétements ayant une épaisseur de couche de moins de 300 ym ne se prétent généralement pas a la protection passive des canalisations a cause de l'ampleur des phénoménes de diffusion d'oxygéne et de vapeur d'eau. Autrefois on utilisait principalement d'épaisses couches de brai ou de bitume munies de renforcements constitués de fibres ou laines de verre. Concernant les revétements de canalisation, 1a préférence est donnée aujourd'hui au polyéthyléne, et dans une plus faible mesure aussi aux systémes de recouvrement a base de résine époxydique en poudre et de brai-polyuréthanne. Pour les revétements de chantier, on utilise des 27 3.2. 28 bandes de protection contre la corrosion ou des manchons thermorétractables dont les propriétés ont pu étre adaptées en grande partie déja a celles des revétements d'usine. Des prescriptions pour revatements ont été élaborées par la Commission 2 du CEOCOR sous forme de documents de travail. *) Index des prescriptions CEOCOR se trouvent a la fin du chapitre. Historique des revétements extérieurs de tuyaux De maniare générale, les peintures de protection et les revétements, c'est-a-dire les couleurs et les laques, étaient déja connus vers 4000 ans avant Jésus-Christ. A cette époque, on réussit @ fabriquer des laques, des couleurs et des vernis noirs en insérant des pigments dans des agents liants existant a l'état naturel (huiles, poix). Bien que l‘effet anticorrosif des revétements de peinture ait &té déja connu dans l'antiquité, cette propriété ne fut soumise A une recherche systématique que lors du développement de la technique au 19éme siécle, et appliquée d'abord sous forme artisanale, puis de manidre industrielle. A cette époque, on commenca a poser des conduites en fonte grise et plus tard en acier et l'on s‘apercut que ces matériaux étaient sujets 4 la corrosion. Ceci impliqua la fe au point de protections pour éviter, ou du moins pour retarder, la détérioration du matériau ferreux. Vers le milieu du siécle dernier, les tuyauteries étaient principalement protégées par des vernis noirs formés 4 par- tir de goudrons, de poix, de bitume et d‘asphalte. on connaissait également des combinaisons de ces produits de base, telles que le brai de goudron ou les bitumes a base d‘asphalte. Ces revétements de protection étaient caractérisés par leur faible épaisseur et leur vulnérabilité aux actions mécaniques, En général, ces matiéres contenaient également des solvants, et confé- raient ainsi au film de protection une certaine porosité. Durant la premiére moitié de ce sidcle, l'utilisation de jute, de feutre de laine et de voile en fibre de verre impregnés de brai ou de bitume, en couches de 3 4 4 mm d‘épaisseur, apporta une sensible amélioration a l'effet de protection des canalisations contre la corrosion. Toutefois, la tenue de ces systémes s'avéra encore faible malgré leur épaisseur. La mise au point de meilleurs agents liants (EP, PUR), ainsi que l'usage de matiares fibreuses apporta des améliorations tant mécaniques qu‘électriques. Les épaisseurs des couches dépassérent largement 0,5 mm (env. 1 - 2 mm). Toutefois, ces matériaux de revétement s‘avérérent encore trop faibles vis- a-vis des détériorations mécaniques. Dans la plupart des cas on utilisait des liants dépourvus ou ne contenant que trés peu de solvants, combinés a des fibres ou des tissus de verre. Il a fallu attendre le développement des matiéres thermoplastiques et thermodurcissables pour trouver un matériau susceptible de remplir les conditions que l'on exige aujourd'hui des revétements de tuyaux. Revétements extérjeurs Les revétements de tuyaux peuvent étre classés dans les caté- gories suivantes: - Revétements en usine - Revétements sur chantier - Protections mécaniques des revétements Aujourd'hui on utilise en majeure partie les matiéres Plastiques comme constituants des revétements. 29 3.3.1 30 Les revétements inorganiques composés de systémes de mortiers 4 prise hydraulique sont principalement utilisés comme protection mécanique des couches organiques et pour les canalisations en fonte, et comme composant principal des conduites en béton armé. Parmi les propriétés physico-mécaniques des matiéres plastiques, celles indiquées ci-aprés revatent une importance prioritaire comme matériau de recouvrement: - haut pouvoir d'isolation électrique - faible periéabilité vis-a-vis de l‘oxygéne et de l'eau ~ bonne adhérence sur la surface d‘acier - bonne résistance mécanique aux chocs, A la déformation - maintien de ces propriétés dans le temps. -1 Pouvoir d'isolation étectrigue La grandeur qui mesure le pouvoir d'isolation des revétements est la résistance spécifique d‘isolement électrique du revétement xr. I] existe un rapport direct entre la résistance électrique du revétement et la grandeur du courant de protection cathodique des tuyaux en acier et des structures enterrées. Cette protection peut dere appliquée d'autant plus efficacement et économiquement que Lobjet A protéger est mieux isolé électriquement. La résistance de revétement d'un matériau de recouvrement peut @tre détermingée en laboratoire. Elle est donnée par la formule: (3-1) ot 4, = résistance spécifique d'isolement du revétement en Om? U = tension de mesure en volt I = courant débité sous la tension U (en ampére) = surface en m? Les mesures de la résistance d‘isolenent des revétements montrent que les valeurs déterminées sur chantier sont toujours sensiblement inférieures 4 celles mesurées en laboratoire, Ceci est dd au fait que surtout lors du transport et de la pose des tuyaux les revétements peuvent subir des détériorations. La résistance d‘isolement électrique doit répondre aux prescriptions techniques des spécifications correspondantes. 3.3.1.2 Phénoménes de diffusion L'oxygéne et la vapeur d'eau peuvent pénétrer jusqu’d la surface d‘acier par diffusion. Dans le cas d'un revétement dont 1l‘adhérence sur la surface du tuyau est idéale, 1a diffusion se maintient en équilibre. La présence de pores macroscopiques entre le revétement et la surface de canalisation peut amener une condensation dana ces pores, ainsi que la formation de formation de poches d'air et/ou de réactions chimiques. 31 3.3.1.3 Adhérence 32 L'adhérence 4 la surface de l'acier est une des caractéristiques la plus importante qu'un revétement doit avoir. Quelquefois, surtout dans le cas de revétement mince, le manque d'adhérence peut provoquer une cassure du revétement et par conséquent 1'électrolyte peut pénétrer sous le revétement et atteindre le métal, Dans la plupart des cas, le manque d‘adhérence, méme s'il n‘aboutit pas A la cassure du film protecteur, est @angereux pour deux raisons: - 41 augmente la perméabilité du revétement - il empéche le courant de protection cathodique d*arriver 4 la surface métallique Ce dernier -point est encore plus évident dans le cas des bandes appliquées A froid of les conditions d‘application et les sollicitations durant 1a pose peuvent amener 1a formation de plis et Je décollement des bords de la bande, ceci, provoque la pénétration de 1‘étectrolyte avec un effet d'écran pour le courant de protection cathodique. Dans ces conditions le métal peut se trouver en corrosion libre. La technologie actuelle offre la possibilité d'utiliser des revétements qui ont des caractéristiques mécaniques élevées avec la garantie d'un meilleur comportement dans le temps. Avec de tels revétements on peut obtenir des canalisations trés bien isolées en adoptant quelques précautions: - soigneuse manipulation - passage du balai électrique sur toute la surface du revétement - soin particulier durant la pose et le remblai 11 convient de rechercher et localiser, aprés un certain temps de la pose, les défauts éventuels et procéder a leur réparation, 3.3.1.4 Stabilité mécanique La notion de *stabilité mécanique" se rapporte a un grand nombre de propriétés diverses telles que pouvoir de ré- sistance aux charges de pression, élasticité vis-a-vis des sollicitations de flexion, comportement vis-a-vis des chocs. Les trois grandeurs précitées sont les plus importantes pour caractériser la qualité des revétements de tuyau. Les modes de transport, de chargement et de pose des tuyaux sont généralement déteruinés par la charge mécanique admissible du revétement. Lors du choix des revétements de protection, il faut teniz compte des conditions de service, spécialement des conditions de température, Revétements d‘usine Les revétements de canalisations appliqués en usine se composent actuellement en majeure partie de matiéres Plastiques telles que le polyéthyléne, les résines époxydiques et les brai-~polyuréthannes. On utilise également des bitumes renforcés a la fibre de verre. Les exigences posées aux revétements sont les suivantes haute résistance spécifique électrique du revétement - épaisseur adaptée de la couche ~ bonne adhérence sur le matériau métallique - facilité de réparation des détériorations mécaniques compatibilité avec le revétement appliqué sur chantier (voir 3.5.) - procédé économique 3.5. 34 Isolation des soudures sur chantier L'isolation des soudures sur chantier devrait atre entreprise immédiatement aprés leur contréle. Le choix du type de bandes ou de matidres plastiques thermorétractables le mieux adapté pour chaque cas d’application n‘est pas toujours facile. La qualité du matériau devrait étre au moins égale 4 celle du revétement de tube, De plus, la mise en oeuvre des systémes de protection doit pouvoir s'effectuer facilement, Les systémes courants utilisés aujourd'hui se composent de combinaisons de divers matériaux choisis en vue de conférer au revétement une résistance suffisante au choc et a la déformatio porter sur: - bandes de bitume parmi ces systémes, le choix peut se - bandes de matiére plastique sans couche intercalaire {(caoutchoue butyl) ~ bandes de matiére plastique a deux couches renforcées par une feuille de polyéthyléne enduite de caoutchouc butyl ~ bandes de matiére plastique avec couches intercalaires (3 couches renforcées par des feuilles de PE enduites des 2 cbtés de caoutchouc butyl) - matériaux thermorétractables Selon les applications, ces systémes peuvent étre combinés sur la base des recommandations du fabricant en vue de ré- Pondre aux exigences posées. 3.5.1 Mise en oeuvre La préparation de surface pour la mise en place de ces systémes ne peut étre exécutée en plein air que par temps sec. En cas de pluie, il y aura lieu d‘utiliser un parapluie de protection ou une tente. La section a recouvrir doit étre séchée préalablement a l'aide d'une flamme a basse température. La surface d'acier doit étre dérouillée et nettoyée & fond, soit & la main avec une brosse métallique, soit 4 l'aide de brosses entrainées pneumatiquement ou par moteur électrique. A cet effet on aura soin d'observer que la surface d'acier soit blanche et rugueuse; en aucun cas toutefois, elle ne devra étre polie 4 la brosse. Lors du nettoyage, il sera nécessaire d‘étendre le processus 4 la partie du rev moins 10 cm. ment d‘usine avoisinant sur une largeur d'au On appliquera ensuite, si nécessaire, une couche primaire servant d‘adhésif. Avant d‘'entreprendre cette opération, la section de canalisation a isoler sera séchée une nouvelle fois - en cas d*humidité - avec une flamme 4 basse température. L‘adhésif doit étre appliqué de sorte 4 recouvrir entidrement la section a isoler ultérieurement, ainsi que le recouvrement d‘usine sur une largeur d'au moins 10 cm. 3.5.2.La méthode d*aeplication de la couche protectrice dépendra pour chaque cas du syatéme de protection utilisé, Les indications a‘application pour des différents systémes de protection devront étre respectées strictement. S'il faut combiner différents systémes lors d'une retouche ou réparation du revétement, la compatibilité des matériaux doit étre vérifiée. 35 3.6. Les bandes de bitume sont appliquées en couches séparées. A cet effet, les bandes sont chauffées 4 l'aide d'un brdleur au propane jusqu‘A ce qu'une épaisseur d‘environ 1/2 a 1 mm de la couche de bitume soit devenue molle et collante. En évitant la formation de plis, 1a bande est alors enroulée sous l'effet d'une légére traction sur le fond chaufté, puis soigneusement pressée A la main. Le chevauchement de la bande est une nouvelle fois légérement échauffé, puis égalisé au moyen d'une spatule. La pose des bandes en matiére plastique s‘effectue en général par enroulement en hélice, La premiére spite recouvre 5 cm au moins du revétement d'usine; le chevauchement des spires est de 5O\ au moins, La bande, soumise 4 une légére traction, est appliquée sur le tube en évitant la formation de plis. Les autres bandes sont ensuite appliquées sur cette premiere couche en fonction du systéme de protection choisi. En principe, 1a robinetterie et les vannes devraient étre munies initialement d'une protection d‘usine. Ceci s'effectue dans la plupart des cas a l'aide de résines époxydique, de brai-polyuréthanne ..., Le revétement: ultérieur effectué sur chantier se limite alors aux joints de soudure et a la réparation des défauts. Contréles du _revétement Aprés avoir terminé les travaux de revétement sur le chantier, le revétement doit étre examiné avec un appareil a haute tension (balai électrique) pour localiser les défauts dans le revétement. On aura soin d'effectuer ce contréle peu avant la pose du troncon de conduite dans la fouille et exclusivement sur revétement sec. 3.7 A cet effet il faut s'assurer que la sonde ait un contact permanent avec le revétement de la section de mesure. Lors de cet essai, il y a lieu d‘attacher une importance spéciale a l'état impeccable du matériel, ainsi qu‘'a sa sécurité de fonctionnement. La tension d'essai a appliquer doit étre adaptée a la nature du revétement. En principe on prendre comme base une tension d'essai de 5 kV/mm couche. D‘éventuelles détériorations doivent étre répérées et immédiatement réparées selon les prescriptions du fournisseur du revétement. eur de Aprés la pose, il faut s’assurer qu‘aucune détérioration du revétement ne se soit produite par frottement contre les parois de la tranchée (écorchures), spécialement sur les parties latérales. Transport et stockage Afin d‘éviter d‘éventuelles détériorations du revétement, une grande importance doit étre attachée au transport et au stockage des tubes, L'utilisation de cAbles d‘acier nus et de chaines pour la manutention des tuyaux revétus est notamment interdite. Tl y a lieu d'utiliser pour ces opérations des sangles larges et lisses en tissus ou en caoutchouc armé, des chariots éléva- teurs 4 fourches appropriées, des ventouses, des élingues munies de crochets adaptés, tout en procédant et en respectant les mesures suivantes: contrdler le bon état du matériel utilisé avant chaque emploi; prendre garde 4 ce que leurs surfaces portantes soient exemptes d'objets munis d'arétes vives ne faire entreprendre les manutentions que par du per- sonnel ayant recu une formation; effectuer avec précaution et sans a-coup les opérations de levage et de déchargement des 37 3.8 38 tuyaux portés par la grue; éviter d'éventuelles détériorations pouvant étre causées au revétement lors de manutentions consistant 4 former et a défaire des empilements de tubes; en cas de transport des tuyaux a l'aide d'une grue prendre soin 4 la manoeuvre de la charge suspendue afin a'éviter toute détérioration du revétement et du tube provoquée par des chocs avec des objets munis d'arétes vives. Le stockage des tuyaux doit s‘effectuer uniquement sur un terrain plat et un sol capable de supporter les charges. Lors du stockage, la couche inférieure devra reposer soit sur un lit de sable ou de terre meuble stable, soit sur des madriers en bois disposés réguliérement a des distances dtenviron 2 4 4m, Pour des places de stockage bétonnées, une épaisseur de madrier de 5 cm est suffisante. Si les surfaces de stdckage ne sont pas consolidées, il sera nécessaire de prévoir des madriers de 10 cm d'épaisseur. Ceci est également valable pour l'appui latéral des empi- Jements de tubes. Tous les bois utilisés (supports, cales intermédiaires, coins, etc.) doivent atre exempts d‘objets durs, pointus ou a arétes vives tels que clous, pierres ete, En tant que support, ainsi que pour le calage des couches et le rembourrage latéral, i) est recommandé dtutiliser de préférence des paillons ou des sacs de sable des planches ou des madriers, éventuellement des poutres équarries. Protection du _revétement Dans les régions od les conduites sont exposées 4 certains dangers - comme dans les terrains rocheux p.ex.-, le revéte- ment de tuyau recoit une protection mécanique supplémentaire. Matériaux de remblavage En matiére de protection des revétements de tuyaux, divers systémes peuvent étre appliqués. La détermination du matériau de remblai est fixée aprés chaque creusement de fouille par une analyse du fond de la tranchée. En principe, les matériaux suivants peuvent étre appliqués: - Sable rond d'une granulométrie convenable ~ Terre meuble dépourvue dtargile, grosseur de grains plus petit que 15 mm, exempte de pierres, 3.8.2 Protection mécaniaue suplémentaire Les lés perforés imputrescibles en matiére plastique, feutre non tissé par exemple, sont enroulés autour des conduites en vue de leur conférer une protection supplémentaire. La fonction de ces 16s consiste d'une part a assurer le contact de l'électrolyte (eau du sol) avec le tuyat, afin de permettre 1'écoulement d'un courant de protection vers l'objet A protéger, d‘autre part, A empécher le contact direct de 1a couche de revétement avec les arétes vives des matériaux de remblai, évitant ainsi les éventuelles détério- rations mécaniques. 3.8.3 Revétements inorganiques non méta}liaques En ce qui concerne les revatements inorganiques non métalliques, ceux-ci se composent principalement de systémes de mortiers a prise hydraulique. Cette couche inorganique est utilisée aujourd'hui comme Protection mécanique supplémentaire pour les revétements organiques. 39 Sonditions préliminaires La canalisation enterrée et isolée par son revétement, pour faire l'objet d'une protection cathodique, doit répondre A des critéres bien spécitiques. En effet, quel que soit le type d'ouvrage 4 protéger, celui~ ci devra étre concu de maniére a permettre au spécialiste d‘effectuer tous les essais et les contréles qui lui permettront de s'assurer des possibilités d' d'une protection cathodique, pplication Les dispositions envisagées s'avérent en général peu onéreuses si elles sont prévues dés l‘origine, c'est-a-dire das 1'élaboration des plans et des projets, et si elles sont correctement réalisées au moment de la pose de la canalisation. Les ouvrages A protéger devront remplir les conditions préliminaires suivantes: - La conduite sera solée électriquement des autres installations 4 faible résistance d'isolement par rapport au sol. . - On interdira tout contact accidentel avec d'autres structures le long du tracé. ~ La conduite aura une bonne conductance longitudinale. - On installera des points de mesure en vue de la mesure, lors des essais préliminaires, du potentiel conduite/sol et de ltintensité de courant circulant dans la conduite. att, 4.4.2. es satioy Tl y a lieu d‘éliminer tous les contacts entre les canalisa- tions @ protéger et les autres structures métalliques enterrées susceptibles de créer une mise a la terre. Citons a titre d‘exemple: les cAbles, les armatures en béton, les Vannes électrifiées, les conduites étrangéres, etc. Aux extrémités des canalisations, on prendra soin d‘isoler celles-ci de toute autre structure enterrée 4 faible résistance d‘isolement par rapport au sol, ce qui se fera au moyen de brides isolantes ou de raccords isolants conformément aux dispositions des figures 4-1 et 4-2. Ceux-ci pourront étre instaliées également sur la conduite en vue d'une séparation électrique de trongons particuliers. Conditions d'isolement des _canalisations Les conditions d‘isolement des canalisations seront garanties au moyen d‘un bon revétement de bonne qualité conformément aux dispositions du chapitre 3. 4.1.2.1,.Une distance minimale de 0,30 m sera maintenue entre la canalisation A protéger et tout ouvrage voisin, Dans le cas ol cette distance ne peut étre respectée, cas de Parcours parallaies ou croisements, 2'interposition d'un matériau isolant de qualité (indestructible dans le temps) et d'une épaisseur suffisante sera prévue entre eux. 4.1.2.2.Pour les cas de pose sur des tasseaux ou dalles en béton, des précautions particuliares seront prises afin d'éviter tout contact qui pourrait occasionner une mise & la terre de la canalisation a protéger. Dans ce cas il est recommandé de prévoir la mise en place d‘une semelle isolante entre la canalisation et le support. an 4.4.2.3. 4.1.2.4, 42 Tout contact avec des armatures des ouvrages en béton armé sera proscrit. On tiendra compte des éventuels tassements différentiels de l‘ouvrage. Toutes ces régles sont aussi applicables dans les cas de la pose d‘une canalisation sur des supports métalliques ou colliers de suspension. Dans le cas de traversées de murs d‘ouvrages en béton armé, une attention toute particuliére sera portée a la nature de l‘ouvrage. En effet, il y a lieu de veiller 4 ce que les armatures n‘entrent pas en contact avec la canalisation. En plus, on prévoira le renforcement de L'isolement externe par un matériau indestructible. Si possible, une gaine de protection isolante sera placée par le maitre de l'ouvrage a cet endroit. Celle-ci couvrira toute 1'épaisseur du mur. I] est indiqué d‘utiliser des colliers de centrage placés entre la gaine et la canalisation. Si la mise en place de gaines est prévue sur le parcours enterré, dans des cas de traversées de voies de chemins de fer d'autoroutes par exemple, la canalisation sera entiérement et de facon permanente solée par rapport 4 la qgaine au moyen de colliers en matiére isolante, Il faut savoir que tout contact accidentel entre la gaine en acier et Ja conduite peut amener celle-ci en état de corrosion, car le courant de protection sera dérivé vers la gaine. Pour connaltre les mesures particuliéres qui se rapportent A la mise en place de gaines, il y a lieu ¢e consulter un spécialiste expérimenté, La figure 4-3 donne le schéma d‘une canalisation placée dans une gaine. 4.1.2.5. Pour les poses en caniveaux ou galeries techniques, un 4.4.3. 4.4.4, soin tout particulier sera porté 4 la pose, ainsi qu'a la qualité du revétement externe choisi. Ces canalisations ne sont pas soumises A la protection cathodique et peuvent subir une corrosion atmosphérique due a la présence d*humidité dans ces types d‘ouvrages. Si néces re, une continuité électrique entre les canalisations enterrées, situées de part et d‘autre du caniveau ou de la galerie, sera prévue, Elle sera réalisée 4 l'aide de cables isolés soudés A hauteur des joints isolants situés aux extrémités de la galerie ou du caniveau. Les cables doivent demeurer accessibles. Les régtes de pose recommandées ci-avant sont aussi d'application pour les canalisations suspendues dans les ponts. La conduite a protéger doit présenter une faible résistance longitudinale, ce qui est toujours le cas pour les conduites en acier soudées Pour les cas particuliers de canalisations dont l'assemblage se fait A l'aide de joints en caoutchouc, de brides ou d'accessoires A emboitement, des éclisses par conducteur isolé seront soudés de part et d‘autre de la discontinuité. La section de ceux-ci sera calculée de maniére a réduire la chute de tension due au courant électrique circulant dans la conduite (voir figure 4-4). Points de mesure Afin de pouvoir facilement par la suite procéder aux essais en vue de la protection cathodique de l‘ouvrage, (essais de soutirage, les mesures de contréle, ...etc) la canalisation sera équipée de prises de potentiel. on utilisera des cébles isolés en cuivre d'une section minimale de 2 x 2,5 mm2, reliés par soudure A la conduite 43 a protéger et ramenés dans des regards, des chambres de visite, des bornes ou potelets de contréle. Tl y a lieu de porter une attention particuliére a 1'isola- tion des points de soudure des c4bles sux la conduite. Dans le cas de conduites de transport, l'implantation des prises de potentiel sera prévue tous les 1,5 4 2 km, tandis que dans les réseaux de distribution cette distance séparant deux prises sera de 0,5 ka. Pour les réseaux de transport, il y a lieu de prévoir en plus deux prises de mesure jumelées 4 30 m d'intervalle pour l'évaluation de l‘intensité de courant, la distance entre chaque paire de prises de mesure étant d@‘environ 10 km. Pour les réseaux de distribution, 1'emplacement des points de mesure de l‘intensité sera déterminé par le spécialiste. Les coffrets de mesure sur poteaux ont L'avantage d‘étre accessibles facilement et répérables de loin. Dans certains cas il sera justifié a’établir des prises similaires a hauteur des joints isolants enterrés ou au droit de manchons isolants. Les prises seront soigneusement repérées. Les prises de potentiel trouvent également toute leur utilité dans les cas de croisements de canalisations ou 4 ltendroit de leurs passages en gaine, Il est aussi recommandé d‘établir dans le cas de conduite en gaine une prise de potentiel sur la canalisation a protéger et une autre prise sur la gaine. Il peut s'avérer utile d'installer des points de mesure supplémentaires au croisement avec d'autres structures enterrées susceptibles de subir 1‘influence de la protection cathodique. I1 appartient au spécialiste de décider de la nécessité de tels points de mesure. 4.2. Les figures 4-5 et 4-6 ci-dessous représentent un point de mesure sous bouche 4 clef et un point de mesure sur poteau. Etudes, La protection cathodique des canalisations neuves doit étre étudiée das le projet de L‘ouvrage et aménagée a temps afin qu'elle puisse étre appliquée dés 1'achévement de la pose. L'étude d'un systéme de protection cathodique des canalisations doit s'appuyer sur les documents et les données ci-aprés: ~ Plan d‘ensemble faisant ressortir le tracé ainsi que L'emplacement de la robinetterie, des postes de sectionnement et de détente, des gaines, des traversées sous-fluviales, des passages de ponts, des joints isolants et des joints de dilatation ~ Fluide a transporter avec indication des paramatres d‘exploitation (pression et température), type de joints utilisés - Nature du métal, longueur, diamétre, surface, épaisseur et année de pose pour les conduites existantes - Type du revétement, mode d'application (en usine et sur chantier) nature des sols traversés et matériau de remblayage Approches, parcours paralléles ou croisenents avec des lignes haute tension, des voies & courant alternatif ou 4 courant continu, emplacement des sous-stations et des points de retour des voies & courant continu Tracés des conduites et des cibles de tiers A proximité de la conduite et de l'installation de protection avec indication du matériau et du revétement utilisé 45 46 - Résistivité du sol 4 l’endroit prévu pour l‘installation de protection de_Ltemplact Ltemplacement d'une installation de protection cathodique doit étre choisi en fonction des critéres suivants: Possibilité d'alimentation en énergie électrique - Sol A résistivité aussi faible que possible au lieu d'implantation des anodes - Géne minimale pour les ouvrages de tiers - Bonne accessibilité - Distance suffisante des anodes par rapport aux installations enterrées appartenant A des tiers en vue de réduire les interactions. Pour déterminer dés le niveau d'étude 1'influence que des courants vagabonds risquent d‘exercer sur la conduite 4 protéger, il est recommandé d'effectuer a l'endroit des parcours en paralléle, des croisements ou des approches aux voies 4 courant continu des mesures du potentiel rail/sol ou de la chute de tension dans le sol, afin de connaftre les zones les plus dangereuses. Dans le cas des conduites déja en place, longeant des rails de tramway, il s'avérera utile de procéder de facon synchrone a des mesures de la tension conduite/rail, ou du potentiel rail/sol, et de la tension conduite/so2. 4.2.2 Intensjité du courant protecteur Le systame de protection cathodique et sa configuration dépendront de l‘intensité requise pour assurer la protection de la conduite. Lorsqu‘il stagit de protéger des Conduites neuves munies d'un revétement de bitume, la densité minimale du courant a prévoir sera de l‘ordre de 30 pA.m™?, tandis que pour les conduites avec un revétement en polyethyléne une densité de 3 wA.m est suffisante. Les conduites tras anciennes nécessitent généralement une densité de courant plus élevée, pouvant atteindre plusieurs ma.m"?. Le besoin effectif sera dans ce cas détermininé par des essais de soutirage. La figure 7 indique la portée d'une installation de protection cathodique en fonction de la densité J, ainsi que du diamétre et de 1‘épaisseur de paroi de la conduite a protéger. La figure 4-6 fait ressortir l‘intensité Ip a fournir par une installation de protection par courant imposé pour une section de conduite définie. Lors du choix du calibre du redresseur correspondant, il est d‘usage de majorer 1‘intensité déterminée par le calcul par une réserve de courant de l'ordre de 50%, L'intensité de courant et la portée maximale de l'installation requise pour protéger une section définie d'une conduite en place peuvent étre déterminées par un essai de soutirage. Cet essai consiste 4 appliquer A Ataide d'un accumulateur ou d'un redresseur de contréle et d'une anode auxiliaire un courant continu I sur une surface § de la conduite et A mesurer en méme temps le long de cette section le potentiel avec et sans courant. A 1 de des formules ci-aprés une évaluation approximative de la résistance spécifique du revatement et de la densité moyenne J, du courant protecteur est possible: a7 48 3 eS VO, 1 (4-1) 5 wy s UW, étant le potentiel A l‘enclenchement et Ug le potentiel au déclenchement. Il y @ avantage a effectuer L'essai de soutirage directement a l'emplacement prévu pour L‘installation de protection. En régle générale, un essai de soutirage pour un seul trongon est suffisant. Le besoin en courant protecteur de toute la conduite peut ensuite étre déterming par extrapolation. Les conduites dont la longueur ne dépasse guére quelques kilomatres, qui ne sont influencées ni par les courants vagabonds ni par la haute tension et qui ne nécessitent qu'un courant protecteur de faible intensité ({ 40 wA.m™?), peuvent étre protégées plus économiquement par des anodes au magnésium que par des soutirages de courant; par contre, l'emploi de ces derniers est presque toujours préféré pour des conduites plus longues ou si des extensions du réseau de canalisations sont prévues. En présence de courants vagabonds provoqués par des voies A courant continu, 1‘emplacement de 1‘installation de protection doit étre déterminé compte tenu de l'emplacement des sous-stations et des potentiels rail/sol. Pour choisir le mode de protection approprié (drainage et/ou soutirage des courants vagabonds) et la conception correspondante de l'installation de protection, il faut savoir si & l‘endroit le plus défavorable les rails sont toujours suffisamment négatifs, s'il s‘agit uniquement d‘éliminer le risque d'une corrosion par courants vagabonds ou si la conduite doit étre intégralement protégée. Eléments nécessaires au projet. L*étude et la conception d'un systéme de protection conforme aux besoins doivent nécessairement aboutir a l'établissement des documents et des données ci-apras; - Plan général ou plan d'ensemble faisant ressortir les emplacements prévus pour les installations de protection et les points de mesure, ainsi que des joints isolants et des gaines - Nombre et plan de situation détaillé des installations de protection (anodes, redresseurs) - Plan d‘exécution des installations de protection prévues - Schémas de connexion pour Jes installations et les points de mesure - Procés-verbaux de mesures et, au besoin, courbes indiquant la résistivité du sol le long de la conduite, tableau des potentiels ou enregistrements de ces mesures en cas d‘influence par des courants vagabonds - Calcul des densités de courant protecteur et de la portée de chaque installation de protection ~ Mesures de sécurité pour la protection du personnel contre les contacts accidentels. 49 4.3 4.3.1 50 s: 1 sé Une installation de protection cathodique (voir fig. 4-3) est formée par les trois parties principales suivantes: - la cathode, qui est la structure 4 protéger {canalisa~ tion, structure métallique enterrée, etc.); - l'anode qui est 1'électrode déversoir de courant; - le redresseur, Les anodes ou déversoirs anodiques doivent toujours avoir une faible résistance de terre, compatible avec les caractéristiques de fonctionnement des redresseurs (voir 4.4, ci-aprés). La résistance de diffusion des anodes est proportionnelle a la résistivité du sol. Elle diminue avec la longueur de l‘anode. Les équations (4-2) et (4-3) font ressortir que Ltaugmentation de diamatre de l‘anade n‘entraine pas une diminution proportionnelie de sa résistance. 3.2 11 est indispensable que 1'électrode anodique soit enfouie dans un matériau de faible résistivité qui puisse rester en permanence en contact avec le déversoir anodique lui-méme. Si ce matériau. appelé “back fill", est composé seulement de coke -pétrolifére ou métallurgique calciné, il réduit l'attaque de 1 node et abaisse la résistance du déversoir; s'il est composé de bentonite, il diminue Ja résistance du déversoir et maintient 1'humidité du sol. Le platre est généralement ajouté 4 la bentonite dans les installations avec des anodes sacrificielles au magnésium. Des expériences récentes ont en outre confirmé que, spécialement en présence d'eau saumatre et donc avec dégagement de chlore, le platre et la bentonite forment une gaine imperméable qui empéche la sortie des gaz et, dans ce cas, il est conseillé d'employer seulement le poussier de coke ou de graphite. i . Ces déversoirs sont généralement placés dans un terrain ayant une résistivité suffisamment faible, ne dépassant pas $0 Qm environ. En cas de terrains caractérisés par une plus grande résistivité, les déversoirs devront avoir une géométrie appropriée. En vue d'assurer une bonne distribution des potentiels de protection, ces déversoirs devront étre placés 4 une distance minimale de 1a canalisation a protéger, en fonction de l‘intensité de courant nécessité (ordre de grandeur pour 5 4 10A; environ 50 métres). 51 Pour obtenir une distribution de courant le long de la canalisation aussi uniforme que possible, on installe les déversoirs 4 une plus grande distance surtout lorsque la résistance d'isolement du revétement est faible ou lorsque la structure enterrée est de trés grande dimension. 4.3.2.1 Anodes borizontales Les anodes horizontales (voir fig. 4-10) doivent étre placées en paralléle 4 la conduite a protéger et 4 une distance d’au moins 3 4 10 métres l'une de l'autre afin de diminuer L‘effet écran entre anodes. Une profondeur, 4 laquelle ces anodes sont enterrées supérieure a 1 - 2 matres n‘apporte généralement pas de diminution sensible de la résistance de terre. Il convient d‘essayer d'installer les déversoirs dans des terrains a faible résistivité, moyennant 1a mesure préalable de cette derniére, La forme cylindrique allongée est la meilleure pour les électrodes anodiques parce que le rapport volume/ superficie est plus favorable, ce qui permet d'obtenir une consommation uniforme et un excellent contact avec le terrain, Les matériaux pour anodes les plus appropriés sont le graphite, l‘acier et le ferro-silicum (teneur en silicum 2144), lequel est plus utilisé. Des anodes en titane platiné ou recouvertes d'oxydes particuliers ont été récemment employées dans l'eau de mer et les terrains saum4tres en raison de leur trés faible taux de dissolution. L'emploi de barres d‘acier ou de tubes épais est encore utilisé dans les anciennes installations. L‘augmentation de la durée d'utilisation de l'anode au moyen du back-fill est indiquée dans le tableau 4-1. La résistance de diffusion d'une anode horizontale peut étre calculée, avec une bonne marge d‘approximation, moyennant la formule simplifiée suivante: a ' a THT I (4-2) R, la résistance de diffusion de l'anode en 9; ~§ est la résistivité du terrain en am; - Lest la longueur de 1'électrode en métres ~ t est la profondeur de pose en m (t > 1); ~ dest le diamétre (en métres) du back-fil] (lit-de coke) qui entoure le déversoir. 4.3.2.2.Anode verticale unigue La résistance d'un déversoir constitué par une seule anode peut étre calculée avec la formule ci-aprés. 53, Pour une anode verticale: Re Pe 41. (4-3) A yee oa R, la résistance de diffusion de 1‘anode en 9; -P est la résistivité du sol en om; = Lest 1a lengueur de L‘anode en métres; = dest le diamétre de 1‘anode en métres. 4.3.2.3 Anodes multiples Lors de la pose horizontale ou verticale d'un déversoir constitué de plusieurs anodes disposées en ligne, il faut tenir compte du fait que la résistance globale de terre est plus élevée que celle calculée 4 partir de la résistance d'une seule anode divisé par le nombre d‘anodes en place, en raison de 1'interférence des anodes entre elles. Dans ce cas, on applique avec une bonne approximation la formule de SUNDE: R Fr Aan Ge + 7h an (0,66 0) (4-5) nA oa: Raq est 1a résistance de diffusion des anodes en 9; -f est la résistivité du sol en om; - Lest la longueur des anodes en métres; - d est le diamétre des anodes en metres; - n est le nombre des anodes; ~ s est la distance entre les anodes en métres. 4.3.2.4 Déversoirs anodiaues en profondeur 54 Lorsque le terrain of doivent étre posées les anodes est composé de couches superficielles 4 haute résistivité ou lorsqu'il existe A proximité des structures métalliques de tiers susceptibles de subir des influences, on préfére placer les anodes en profondeur, aprés forage du sol. En vue d'une meilleure utilisation, il est de régle d'effectuer des mesures de la résistivité du sol a différentes profondeurs. Les déversoirs anodiques en profondeur présentent le trés grand avantage d‘occuper des surfaces au sol trés limitées et peuvent donc étre aisément placés en ville et répérés. Ces déversoirs sont généralement obtenus au moyen de forages ayant jusqu'd une trentaine de centimétres de diamatre environ, et a une profondeur atteignant des couches de terrain moins résistantes et humides. La profondeur peut atteindre 100 matres et, exceptionnellement, elle peut étre méme supérieure. Les électrodes anodiques en éléments cylindriques séparés, soutenues par un céble en nylon ou opportunément ancrées Aun tube en PVC et liées l'une 4 l'autre par des connexions électriques, devront étre plongées dans un back- fill (voir fig, 4-12 et 4-13). Chaque anode pourra avantageusement étre alimentée par un cable individuel 4 partir d'un boitier de connexion placé en surface. L'isolement sera spécialement étudié en vue de pouvoir résister aux sollicitations mécaniques et aux divers agents chimiques existants déja, ainsi qu'a ceux engendrés par le fonctionnement de l'anode. Pour limiter au minimum les interférences sur les structu- Fes proches du déversoir anodique en profondeur, les anodes sont installées au moins 4 40 métres au-dessous de la surface du sol. En tout cas, la hauteur libre du @éversoir est fonction de la résistivité des terrains et il est de régle de remplir la zone située entre le lit 58 56 anodique et la superficie du sol avec du gravier. Apparei)lades de protection La protection d'une structure métallique contre la corrosion est compléte lorsque le potentiel A chaque point de la structure elle-méme est en permanence égal ou inférieur au seuil d‘immunité. Le courant de protection nécessaire 4 l'abaissement du potentiel est fourni par un redresseur alimenté par le réseau électrique ou par une source de courant continu autonome. La tension de sortie est réglable. La protection active avec redresseurs est préférée 4 la protection par anodes réactives {voir 2.2.1 et 2.2.2) dans les situations suivantes: ~ ouvrages nécessitant un courant de protection élevé; - terrains de résistivité électrique moyenne ou élevée; - ouvrages soumis a des courants vagabonds importants; - réseaux susceptibles d'extensions ultérieures. Les redresseurs peuvent étre choisis suivant trois modes de fonctionnement: ~ fonctionnement a tension constant. - fonctionnement a courant constant; ~ fonctionnement a potentiel asservi. Le fonctionnement a tension constante est choisi lorsque la structure 4 protéger est placée dans des champs électriques suffisamment stables. Ce type de fonctionnement permet un débit constant du courant de protection que l'on peut ajuster en fonction des paramétres électriques du déversoir ou de l'ouvrage 4 protéger. La résistance totale résistance de diffusion des anodes et de la structure a protéger, ainsi que de la résistance des cA4bles de raccordement, est constituée par la somme des résistance: Dans les cas particuliers en présence de variations de la résistance de diffusion du déversoir ou des champs électriques, il peut s'avérer avantageux d‘utiliser des redresseurs 4 courant stabilisé, Au moyen d'un redresseur potentiel asservi associé 4 une électrode de référence enterrée, i1 est possible de maintenir constant, en ce point 1a difgérence du potentiel conduite~sol. A cette fin, le redresseur est réglé sur 1a valeur consigne du potentiel conduite-sol que l'on veut imposer. Cette valeur est comparée avec le potentiel conduite-sol effectif mesuré 4 l'aide de liélectrode de référence permanente. A partir de 1'écart entre les deux valeurs, le débit du courant protecteur est modifié au moyen du dispositif d'asservissement afin que la valeur du potentiel effectivement mesurée corresponde 4 la valeur de consigne. Les besoins en courant protecteur sont décrits dans 2.2.3. La figure 4-14 fournit un apercu sur les ordres de grandeur du courant de protection en fonction du type de revétement utilisé. Chaque installation de soutirage doit comprendre: 87 4.46.4 - un disjoncteur automatique 4 l'entrée du courant alterna- tif avec fonction de sectionnement et de protection; ~ un adapteur de tension monophasé (110-220-380 V); - un trensformateur de tension (secondaire de 1 a 50 V); - un redresseur (asservi 4 1a tension métal~sol daris le cas du réglage automatique du potentiel); ~ des instruments de mesure de la tension de sortie, du courant de protection et du potentiel métal-sol. Les soutirages installés A l'extérieur devront étre protégés par un coffret, muni de fentes pour l'aération naturelle; les coffrets devront &tre dotés de portes avec fermeture A clé. 11 est opportun que chaque coffre ait un espace suffisant pour pouvoir abriter: - un éventuel dispositif d'enregistrement continu ou par points pour le contréle du fonctionnement de l'installation pendant une période de temps bien définie; - des dispositifs pour la transmission éventuelle & distance des mesures. Toutes les installations électriques devront étre conformes aux réglements de sécurité en vigueur. Drainage polarisé Le drainage des courants vagabonds sert 4 restituer les courants vagabonds de la conduite vers les rails par un cAble conducteur approprié, sans passer par le sol, en supprimant ainsi la corrosion par électrolyse dans les zones oi la tension rail-sol est négative (voir 2.1.3.)., En intercalant une diode semi-conductrice ou un relais unidirectionnel, on supprime le retour du courant dans 1a conduite lorsque la voie ferrée est positive (fig. 4-15 ). La of it est possible, i] serait opportun de connecter directement le conducteur de drainage avec la barre collectrice négative de la sous-station, puisque cette derniére, 4 cause de ta chute de tension sur le cable de retour, se maintient constamment A des valeurs plus négatives que celles des rails. Etant donné que le fonctionnement du drainage met en oeuvre des intensités importantes, il est nécessaire d'effectuer une étude préalable avant son installation définitive. Cette étude devra comprendre un essai de drainage, assorti de mesures et d'enregistrements des potentiels et du courant drainé sur les voies ferrées et les conduites. Elle devra tre effectuée avec le concours obligatoire des services techniques des chemins de fers, en vérifiant que le fonctionnement du drainage n‘apporte pas de perturbation 4 la transmission des données de signalisation ferroviaire par les voies ferrées, si cette transmission existe. Sur le circuit de drainage, on installe en série les dispositifs suivants: un ampéremétre sur shunt pour la mesure du courant; un fusible de protection du circuit lui-méme et des composants prévui une diode de puissance équipée éventuellement d'une Protection contre les surtensions; - éventuellement, i les mesures effectuées lors de L'essai de drainage en démontrent la nécessité, une ré- sistance pour limiter la valeur maximale du courant au niveau nécessaire a 1a polarisation de la conduite en évitant d‘influencer les structures étrangéres. 59 4.4.2.Soutirage sur rails Au cas of le systéme de drainage illustré au paragraphe précédent ne suffit pas 4 éliminer totalement les courants vagabonds, on pourra avoir recours au systéme de soutirage sur rails (voir figure 2-10). Ce systéme consiste a intercaler un redresseur entre le rail et la conduite, En présence de fortes fluctuations de 1a tension conduite/ rail, le redresseur subit de méme de fortes variations de courant, I1 est das lors préférable, dans ce cas, d‘utiliser un générateur a potentiel asservi, réglant automatiquement le courant et maintenant ainsi le potentiel conduite/sol a une valeur constante déterminée préalablement. Ceci peut également faciliter l'installation de systémes complexes formés par un nombre varié d‘installations de protection, ainsi que lL‘évaluation des mesures et l'enregistrement sur d'autres points du parcours du conducteur. Il convient, de doter le soutirage de dispositifs efficaces de protection contre les surtensions qui se manifestent inévitablement sur les rails de chemin de fer ou de tramway, Pour une meilleure utilisation du drainage de courant sur les rails de chemin de fer, on adopte parfois un compromis en utilisant en paralléle un drainage simple polarisé et un soutirage sur rail. Anodes _réactives Les anodes réactives sont également appelées anodes sacrificielles ou anodes galvaniques. La protection par anodes réactives met en oeuvre, généralement, des blocs de magnésium enterrés réguliére- ment sur des parcours de la conduite a une distance de 3.4 10 métres de cette derniére. (voir 2.2.1.) Dans des terrains a trés faible résistivité, on peut employer également des anodes en zinc. Pour réduire la résistance de diffusion des anodes galvaniques, on les enterre dans un lit de boue a haute conductibilité (back-£ill ou régulateur de corrosion). Dans des terrains calcaires ou 1égérement basiques, on utilise un mélange particulier formé par 75% de bentonite, 20% de sulfate de calcium (gypse ou platre) et 5% de sulfate de soditm Les anodes galvaniques se trouvent dans le commerce sous diverses dimensions et poids; elles sont généralement livrées dans un sac de jute rempli de régulateur de corrosion dans lequel elles doivent étre maintenues lors de la pose. Leur durée de vie est fonction du courant débité et du poids. Un kg de magnésium fournit, d‘aprés la loi de Faraday, 2.200 Ah. Ou fait de la corrosion propre du magnésium, cette valeur est réduite a 50% (1,100 ah kg@), La quantité théorique d'lectricité fourni par le zinc est de 800 Ah kg”! avec un rendement de 95%. Il est opportun, pour mesurer le courant débité par L‘anode réactive et le potentiel de la canalisation, d‘installer un point de mesure & chaque anode ou A chaque groupe d'anodes (voir figure 4-16 }. Ce paint de mesure est constitué par un boitier étanche monté sur une colonne comprenant un bornier sur support isolant et permettant le raccordement des c4bles reliés aux anodes et a la canalisation, Les dimensions de ce boitier sont déterminées Pour permettre d'y placer des éléments, tels que résistances électriques ou enreyistreurs numériques dé potentie), 61 S.MISE EN SERVICE DE £4 PROTECTION CATHODIOUE Mise en_service et réalage des installations de protection Avant la mise en service de l'installation de protection, il faut effectuer les mesures suivantes: - Résistance entre la conduite et le déversoir - Résistance de diffusion des anodes ~ Potentiel conduite/sol 4 proximité de 1‘installation de protection ~ Tension alternative entre la conduite et 1‘installation de protection (en cas d‘influence par lignes haute tension) Ensuite, les installations de protection sont mises en service et l'intensité du courant de protection est réglée a la valeur prédéterminge. s'il s‘avére que les potentiels mesurés a proximité de 1‘installation de protection en fonctionnement sont plus positifs qu'environ -1,5 V et ceux obtenus aux extrémités de la zone 4 protéger plus positifs qu‘environ -1,2 V, mesuré avec une électrode de référence placée 4 la surface du sol, 1'installation étant en service, il faut augmenter l'intensité du courant. de protection dans une proportion adéquate. Dans l'éventualité d'un écart important de l‘'intensité de courant nécessaire par rapport 4 l‘intensité calculée, il faut en déterminer la cause, par exemple par un contréte de L'efficacité des joints isolants et la recherche de contacts avec des ouvrages métalliques étrangers non protégés, Aprés le réglage de l‘installation de protection, il faut consigner,-dans un procés-verbal, la tension de sortie du redresseur, l'intensité du courant de protection, 1'index du compteur et les potentiels d'‘enclenchement (A courant établi) aux alentours de 1‘ installation de soutirage (a lextérieur du céne de tension des anodes), ainsi qu‘aux extrémités de 1a structure 4 protéger. Mesures de vérification Aprés une période de polarisation, qui sera de quelques jours A quelques semaines dans le cas d‘ouvrages neufs, ou de quelques mois dans le cas des ouvrages plus anciens, il faut »-surer, sans modifier les réglages du redresseur, les potentiels d'enclenchement et de déclenchement (mesuré imuéditement aprés la coupure du ou des générateurs) de la conduite a proximité de l'installation de soutirage et aux extrémités de la structure a protéger. Lorsque les potentiels mesurés 4 courant coupé sont inférieurs au seuil de protection, il peut étre procédé aux mesures de vérification, Si le potentiel mesuré selon cette méthode n'est pas suffisamment négatif, il faut ajuster le réglage de l'installation dé protection et attendre que la conduite soit de nouveau polarisée avant d'effectuer les mesures de vérification. Lors de ces mesures, le potentiel conduite/sol doit étre en tout point inférieur au seuil de protection, les chutes de tension ohmique devant en étre éliminées. Lorsque les conditions locales le permettent, on a recours, A cet effet, 4 la mesure du potentiel a courant coupé. S'il stavére que le seuil de protection’n'est pas atteint en certains endroits, 1a protection cathodique n'est certes pas complétement assurée, mais tant que le potentiel relevé est Plus négatif que le potentiel naturel, i) provoque néanmoins une diminution de la vitesse de corrosion. Pour contréler ltefficacité de la protection cathodique, il ne suffit pas de mesurer uniquement le potentiel a courant enclenché. La dittérence entre le potentiel mesuré A l‘enclenchement et au déclenchement dépend de la résistance du revétement et de la nature du sol et peut accuser des variations de l'ordre de Plusieurs centaines de millivolts. Pour vérifier la protection cathodique, il faut effectuer les mesures suivantes: 64 Courant de protection et tension 4 la sortie du redresseur Résistance entre la conduite et le déversoir anodique Résistances de compensation et courants dans les 1 équipotentielles sons Potentiels a l'enclenchement et au déclenchement 4 toutes les prises de mesure Intensités de courant dans la conduite aux prises de mesure correspondantes Résistance entre la conduite et sa gaine, ainsi que les potentiels de celles-ci (mesures avec et sans courant) Influence (en trois points au moins) sur les ouvrages de tiers 4 proximité du lit d'anodes, comme par exemple la mesure de la résistance entre la conduite et le fil neutre, ainsi que le potentiel de ceux-ci Influence au niveau des croisements et sur les parcours paralléles 4 faible distance d'ouvrages de tiers avec une densité moyenne du courant de protection > 100 pa.m* Enregistrement du courant vagabond des installations de drainage Résistances entre les conduites et les structures de ponts, ainsi que les potentiels de celles-ci. En cas d‘influence d‘une ligne & haute tension, il faut également mesurer les tensions alternatives entre.la conduite et le sol et comparer ces valeurs avec celies de Ltintensité circulant dans les lignes électriques a haute tension, L'installation, la mise en service et les mesures de vérification de la protection cathodique contre la corrosion doivent faire l'objet d'un rapport. Le type de formulaires a utiliser est indiqué ci-aprés a titre d'exemple. Le formulaire No 5.1.1sera utilisé pour les valeurs relevées sur les installations de protection et le formulaire No $.1.3 pour les mesures effectuées sur la conduite. I] est recommandé de consigner les valeurs de wesure dans un tableau des potentiels (fig. 5-1). Ce tableau fournira un apercu rapide du degré de protection obtenu. Mesures _rapprochées Si, entre deux points de mesure, le revétement de la conduite présente des défauts trés importants, la protection cathodique risque de ne pas étre assurée A ces endroits et la corrosion peut donc progresser, Ce risque est particuliérement élevé, lorsque la conduite traverse des sols & haute résistivité, par exemple des zones rocheuses, et si le matériau de remblayage a une faible résistivité. Pour connaftre les défauts du revétement of le potentiel de l'acier n‘atteint pas le seuil de protection, il faut d'abord localiser ces endroits, Ce travail se fait sur la base des considérations suivantes: Le courant protecteur se dirige uniquement vers les défauts du revétement, 2a résistance de diffusion de ces défauts, Provoque des chutes de tension dans le sol. Celles-ci peuvent étre déterminges a partir de la surface a ‘aide de deux sondes ou électrodes de référence. La chute de tension peut étre graphiquement représentée par un cone. Le centre de ce céne de tension correspond au centre géométrique du défaut et désigne ainsi 1‘endroit od il faut mesurer le potentiel conduite/sol. Afin de pouvoir localiser tous les endroits défectueux d‘une certaine importance, il s'est avéré utile, surtout pour les conduites munies d'un revétement a base de bitume, de mesurer la chute de tension tous les 5 métres le long de la conduite en relevant en méme temps le potentiel conduite/ sol. Dans certains cas, il faudra méme choisir des distances encore plus faibles entre les points de mesure; ces distances peuvent parfois se réduire jusqu'a 0,5 m. Comme ces mesures doivent se faire A des distances effectivement trés rapprochées, le procédé Iui-méme a été désigné par le terme de “mesures rapprochées". Le principe des mesures rapprochées est représenté 4 la fig. 5-2. Dans cette représentation, le technicien I passe le long de 1a conduite avec un détecteur. En méme temps, il détermine sur le terrain les endroits de mesure distants de 5 m. Pour localiser les défaut: le technicien IT mesure la chute de tension dans le sol entre les électrodes de référence B et B‘. Le techinicien IIT mesure le potentiel conduite/sol 4 l'aide de 1'électrode de référence B. Comme le caéble doit étre raccordé 4 la conduite pour effectuer la mesure du potentiel conduite/sol, le technicien I1I transporte un rouleau de cAble d‘un point de mesure & Liautre. Le technicien IV évalue les valeurs mesurées, les consigne dans un procés-verbal et dirige 1'équipe. Cette méthode de mesure peut &tre adaptée selon le but de 1 investigation. En cas de parcours paralléles & faible distance et a proximité de croisements avec des voies @ courant continu, il peut, du fait d'une superposition des cénes de tension des rails et de ceux formés par les défauts de revétement, stavérer difficile de localiser correctement le défaut et de déterminer le potentiel conduite/sol sans englober dans ces mesures la chute de tension ohmique dans le sol. En dehors des zones de croisement, il est possible de localiser les défauts et de mesurer les potentiels conduite/sol avec un risque relativement faible pour y inclure la chute de tension ohmique.T1 suffit pour cela d‘établir la moyenne des valeurs mesurées sur une période de deux a trois minutes. De nouveaux procédés sont actuellement 4 1*étude pour effectuer des mesures rapprochées dans des zones de la conduite influencées par des courants vagabonds. L'évaluation des valeurs obtenues par des mesures rappro- chées se fait par exemple a l'aide des tableaux de potentiel, représentés @ la fig. 5-3. Cette évaluation qui tient compte des conditions locales, telles que la nature du sol et 1*influence des courants vagabonds (existants ou futurs) etc., permet de déterminer les endroits les plu: critiques oi le potentiel de protection corrigé n‘est pas atteint, Dans ce dernier cas les trongons en question sont dégagés, examinés et réparés s'il présentent des points de corrosion, Il sera alors décidé, en fonction des dégéts constatés, s'il faudra encore dégager d'autres sections de la conduite, Les mesures rapprochées fournissent ainsi des indications valables sur des endroits of une corrosion risque de se produire, Elles ne permettent cependant pas de déterminer ni en quel point de sa circonférence une conduite a été at- taquée ni a quelle profondeur, mais ces indications ne sont pas indispensables. Comme les mesures rapprochées revélent tous les endroits le long d'une canalisation qui présentent un risque de corrosion, des mesures de protection passives 67 (remise en état du revétement) ou actives (réglage du potentiel conduite/sol 4 un niveau plus négatif) permettent de bien protéger la conduite. Pour vérifier que la protection cathodique a été complétement rétablie, il faut procéder a une autre série de mesures rapprochées qui ge limitera toutefois a ces endroits. Afin de déterminer en temps utile les points faibles d'un systéme de protection cathodique, il est recommandé d‘ef- fectuer des mesures rapprochées 4 la fin de la premiére ou de la deuxiéme période d'hiver aprés la pose de la conduite. Les mesures rapprochées fournissent non seulement des indications sur 1‘état actuel des conduites, mais permettent de connaitre également les endroits of des mesures de pro- tection s‘imposent afin d'éviter a l'avenir de nouveaux dégats par corrosion, lesures d' influence Généralités La plupart des structures métalliques enterrées ou immergées sont exposées aux influences qui peuvent avoir pour origine, par ordre d'importance, des installations & courant continu avec prises de terre multiples, telles que voies ferrées a courant continu, systémes de protection cathodique, éléments galvaniques ou bien courants géomagnétiques ou telluriques. Les courants vagabonds peuvent provoquer la corrosion d'autres struc tures métalliques enterrées, p.ex. de conduites et de cables (voir pos. 2.1.3). Lors qu‘un ouvrage est protégé cathodiquement, le courant traversant le sol exerce une influence sur d'autres structures métalliques enterrées, car dans les zones de déversoirs celles-ci absorbent une partie de ce courant et le libérent loin des déversoirs au niveau des rapproche- ments avec d'autres structures. Des conduites ainsi influencées se comportent & proximité des anodes comme une cathode et a une certaine distance de celles-ci comme une anode. Les zones of le métal est polarisé anodiquement (zones de sortie de courants vagabonds) sont sujettes a la corrosion électrolytique. Détermination de_Ja nature et de l*importance de ‘influence Les phénoménes’ électriques provoquant une influence sont représentés 4 la fig. 5-4, Lors qu'on suppose deux con- duites (P) et (T) ‘se croisant au point x en appliquant la protection cathodique 4 la conduite (P), un courant circulera depuis le déversoir anodique vers tous les points de la conduite (P) au travers de 1'électrolyte environnant. I1 ne peut cependant pas étre exclu qu'une partie de ce courant de protection emprunte en tant que courant vagabond la conduite (T) pour en ressortir au niveau des défauts du revétement dans la zone d'approche des deux conduites et y provoquer de la corrosion. On parle d‘influence lorsque le potentiel de la structure étudiée varie au moment de la coupure du courant protecteur de l‘ouvrage protégé. Le potentiel de la structure influencée comprend d'une part le potentiel conduite/sol effectif, d'autre part une deuxiéme composante qui est la chute de tension ohmique dans le sol. Dans la pratique il est en général impossible de mesurer séparément ces deux composantes. Si toutefois des mesures sont effectuées 4 des points sélectionnés et si A ces endroits le potentiel ne varie Pas aprés coupure du courant protecteur, on peut étre certain que la conduite n'est pas influencée. 69 Une augmentation de 100 mV du potentiel réel (sans chute IR) d'une conduite influencée, accroit théoriquement le taux de corrosion du métal de 30 fois, une augmentation de 20 mV double la vitesse de corrosion. En présence d‘une couche d'oxydes, la perte métallique est sensiblement moins élevée. Cette influence et Ja part relativement importante que représente la chute de tension ohmique dans les valeurs mesurées a amené certains pays, tels que par exemple 1a République fédérale d'Allemagne et la France, 4 stipuler qu'une modification du potentiel apparent de la structure influencée de l‘ordre de 100 mV pour des sols a résistivité moyenne est considérse comme admissible. Par contre, en Grande-Bretagne et en Suisse la modification du potentiel 4 la limite structure/sol ne doit pas dépasser 20 mV; la précision de cette mesure reste cependant entachée de doutes. Plusieurs autres pays d'Europe acceptent une modification du potentiel de 50 mV incluant la chute IR, ou bien n'ont pas encore de réglementation. Les mesures du potentiel de la structure influencée se font au moyen de voltmétres A lecture directe ou d‘appareils enregistreurs, Les électrodes seront posées aussi prés que possible des deux conduites et si possible dans la partie de 1'électrolyte comprise entre les deux structures, Dispositions pernettant de réduire les effets des influences Afin de diminuer l’influence sur les structures étrangéres des cénes de tension anodique et cathodique des conduites protégées, on peut utiliser une ou plusieurs techniques par exemple: - Etablir une liaison equipotentielle entre l‘ouvrage influencé et les conduites munies d'une protection cathodique. Dans ce cas, le courant qui entre dans la conduite non protégée a l’intérieur du périmétre formé par le cdne de tension du déversoir, ne passe plus, au niveau du croisement, comme courant de corrosion dans le sol mais regagne la conduite protéaée par 1' inter~ médiaire de la liaison équipotentielle. Ceci permet a'éviter une variation trop positive du potentiel de la structure influencée au niveau du croisement. La liaison équipotentielle est généralement munie d'une résistance pour limiter le courant et l‘abaissement du potentiel de la conduite influencée. L'intensité du courant qui passe par liaison est réglée de maniére a empécher toute influence excessive quand le systéme de protection cathodique est en fonctionnement. L'établissement d'une liaison équipotentielle risque toutefois d'affaiblir la protection cathodique lorsqu'une trop grande partie du courant protecteur est absorbée par la conduite influen- cée. De ce fait, il est conseillé de n‘établir de liai- son entre conduite influengante et conduite influencée que lorsqu'il n‘existe pas d‘autre possibilités de réduize l'influence d'une fagon adéquate - Eliminer la cause de l‘influence, c'est-a-dire, amélio- rer la qualité du revétement de la conduite influen- gante. Ceci est la mesure la plus importante pour éviter la corrosion due 4 1'influence surtout au niveau de croisements de conduites. ~ Eloigner lors de 1'étude les déversoirs des conduites tierces ou réduire la tension des anodes. Le liew d‘implantation du déversoir doit done atre choisi en fonction de sa distance aux structures métalliques Strangéres, De faibles tensions d'anodes s'obtiennent en multipliant le nombre de soutirages qui débitent chacun un courant plus faible ou en allongeant la surface couverte par les déversoirs pour réduire la 7 72 résistance anode/sol et diminuer 1a tension ou encore en employant des déversoirs en profondeur. Lorsqu‘il s‘agit de protéger des conduites en zone urbaine, il y a avantage 4 utiliser des déversoirs en profondeur dont L'extrémité supérieure se trouve a 40 m au dessous de la surface du sol (voir pos, 4.3.2.4.). Ceci permet de réduire sensiblement la distance 4 respecter par rapport aux ouvrages tiers. ~ Eviter dans la mesure du possible L'absorption de courant protecteur par des structures non protégées. 11 y aurait de ce fait intérét 4 munir les conduites et la robinetterie non englobées dans la protection cathodique d'un revétement a haute résistivité. - Protéger cathodiquement la conduite influencée. En plus des dispositions mentionnées ci-dessus, les me- sures ci-aprés peuvent étre prises: - Augmenter en apparence la surface des défauts de revétement en connectant avec la conduite influencée une anode au magnésium qui en débitant elle-méme un courant protecteur réduit 2'influence subie. ~ Augmenter la distance entre les deux ouvrages en munissant par exemple la structure influencée d'une gaine en matiére plastique adhérente ou étanche. - Séparer électriquement les deux structures dans la zone de croisement ou de parcours en paralléle par des piéces d'isolement (plaque en matiére plastique). Comme la qualité des revétements s‘améliore sans cesse, le probléme de 1'influence diminue en proportion. Les conduites munies d'un revétement en polyéthyléne n'exercent d'ores et déja plus aucune influence sur Jes structures non englobées dans le systéme de protection cathodique, Seul les robinetteries dont la qualité de revétement laisse 4 désirer ou les parties de conduite laissées 4 nu aprés soudage sur chantier risquent encore actuellement d‘exercer une influence. 73 G._CONTROLE DE LA PROTECTION CATHODIOUE Ce chapitre fixe les critéres de surveillance et de mesure des installations de protection soumises A un contréle obligatoire. Tl peut @tre appliqué également aux conduites non soumises a cette astreinte, 6.1 74 Généralités Les systémes de protection cathodique demeurent efficaces aussi longtemps que les critéres de protection vérifiés par des mesures périodiques sont maintenus (voir également chapitre 2.3). En plus de la surveillance des installations et d‘un entretien régulier, il est nécessaire de procéder a des mesures périodiques du potentiel en différents points des ouvrages. . La fréquence des contréles et de l‘entretien des installations de protection, indiquée sous les points 6.2 4 6.3 ci-aprés, n‘a qu'un caractére minimal. Elle s'applique dans la mesure of les autorités n'imposent pas des contréles plus fréquents. Les défauts ou incidents ci-aprés, que seul un spécialiste est en mesure de réparer, peuvent rendre la protection cathodique inefficace: - redresseur ou autre partie de L'installation de protection cathodique défectueuse - cAbles défectueux alimentation en énergie électrique défectueuse augmentation des besoins en courant protecteur 4 la suite dune extension des ouvrages protégés - anodes usées - défaillance des électrodes de référence des systémes automatiques ou asservis ~ court-circuits des joints et raccords isolants - contacts avec d'autres ouvrages métalliques - contacts avec des gaines métalliques Les défaillances des installations de protection contre les courants vagabonds sont trés dangereuses, parce que la corrosion générée par ces courants est particuliérement intense et rapide. Elle peut conduire 4 des perforations au bout de quelques mois. Les mesures effectuées dans le cadre des travaux d‘entretien précités peuvent conduire le cas échéant a 1'implantation de points de mesure supplémentaires. Sentrole du_fonctionnement des installations de protection A anodes réactives Le contréle du fonctionnement des installations de protection a anodes réactives utilisées pour protéger de courts trongons de conduite doit étre effectué une fois par an. Sont a contréler: - le potentiel de 1a conduite protégée, mesuré & courant enclenché = le potentiel de 1a conduite protégée, mesuré A courant coupé - le potentiel de 1‘anode réactive seule - la résistance de diffusion des anodes ~ le courant de protection débité 1'état et le serrage des connexions ~ L'efficacité des joints isolants - 1'isolement entre conduite et gaine métallique Ces mesures ne peuvent étre exécutées que par des spécialistes. 6.3 Controle des réseaux protéaés_par courant imposé 6.3.1 Contréle du fonctionnement Le fonctionnement des installations 4 courant imposé doit étre contr61é obligatoirement au moins tous les deux mois, les installations de protection contre les courants vagabonds au moins une fois par mois. Tous ces contréles peuvent étre effectués par du personnel d'exploitation 4 condition que les installations de Protection A courant imposé soient équipées de compteurs électriques ou horaires, d'ampéremétres ou de voltmétres pour la mesure du potentie) conduite/sol. Les relevés de ces mesures doivent étre remis aux spécialistes de la protection cathodique. Au cas of les installations de protection sont raccordées a un systéme de télétransmission, le contréle de fonctionnement peut également étre effectué A distance. 6.3.2 Inspections technigues_et mesures électrochimiaugs Les installations de protection cathodique par courant imposé et les potentiels conduite/sol des réseaux doivent 76 6.3.2.1 6.3.2.2 étre contrélées une fois par an par du personnel qualifié. fee jes installations de protection Tl y a lieu de faire contréler par des spécialistes dans chaque installation de protection: = le potentiel conduite/sol ~ 1a tension de sortie du redresseur - la résistance de diffusion de l‘anode = 1a résistance anode/conduite ~ le débit du courant protecteur et le courant dans chacun des ouvrages protégés - 1e bon fonctionnement des appareils de mesure - 1a résistance de diffusion de 1‘électrode de référence - les mises a la terre de sécurité les dispositifs de protection contre les surtensions. Les résultats sont a consigner dans un procés-verbal, de préférence a l'aide de formulaires du type joint au chapitre 5.2, Sontréles 4 effectuer sur les conduites, Dans le cas des conduites qui peuvent étre équipées d'un systéme de coupure synchronisé de leurs soutirages, le potentiel devra étre mesuré annuellement avec courant enclenché et avec courant déclenché. Si cette possibilité n'est pas donnée, il faut effectuer au moins une fois par an a toutes les prises de potentiel des mesures avec courant enclenché. Les résultats des mesures effectuées en présence de courant doivent étre comparés avec ceux des mesures effectuées précédenment avec courant enclenché et courant déclenché. 7 78 Si l'écart entre les potentiels mesurés avec courant est sensible, it faut effectuer d'autres mesures pour en déterminer la cause. Le potentiel A courant coupé doit étre mesuré A toutes les prises de mesure au moins tous les trois ans. Pes mesures de la résistance ou de la tension doivent étre effectuées pour vérifier la qualité des joints isolants et l'absence de contacts entre conduites et fourreaux métalliques. Si deux jeux de prises de potentiel, placés a une distance d’environ 30 métres l'une de l'autre, permettent d'utiliser la conduite comme shunt pour la mesure du courant, il y a lieu d'effectuer ces mesures pour déterminer la densité du courant. Des mesures d'influence sont a effectuer lors de la mise en service, aprés la pose de nouvelles conduites ou aprés un nouveau régiage de l'installation de protection. Les résultats de ces mesures sont a consigner par écrit pour étre comparés avec les résultats des mesures effectuées lors de la mise en service, respectivement avec les résultats des mesures du potentiel d'enclenchement (avec courant) et de déclenchement (sans courant de protection) effectuées précédemment. Les mesures des potentiels conduite/sol avec et sans courant, ainsi que les mesures du courant le long de la conduite se prétent au traitement par ordinateur pour le tracé automatique des profils de potentiel. 6.3.3.4 En ce qui concerne les ouvrages dont le contréle est obligatoire, les résultats de mesure doivent atre archivés pendant au moins 10 ans, au cas of l'on aurait besoin pour analyser des défaillances, voir pendant une période plus longue, indéterminge, si l'on veut obtenir par la suite une autorisation administrative d'exploitation pour une pression de service supérieure. 1 se peut également qu'aprés une réparation le réglage de l‘installation de protection doive étre ajusté, (voir également chapitre 5.1). Il y a lieu de conserver le rapport sur les causes des défaillances, ainsi que sur les modifications de réglage de ‘installation. Mesures particuli@res pour les ouvrages soumis a des courants vagabonds Controle de fonctionnement du matérie] de protection Les contréles énumérés sub 6.3.1, sont 4 compléter par un contréle de fonctionnement des systémes de drainage polarisé et de soutirage sur rails. A cet effet il ya lieu de faire des lectures d‘intensité de courant Pendant 15 minutes et de reporter les valeurs maximales et minimales sur les protocoles de mesure avec relevé de ltheure exacte. Une indication de l‘ampéremétre dans les deux sens fait ressortir qu‘éventuellement les diodes semi-conductrices sont claquées et qu'elles doivent étre remplacées immédiatement. Si cette détérioration se renouvelle, on doit remplacer ces diodes par des diodes spéciales munies d'une protection contre les sur- tension: 9 6.3.3.2 6.3.3.3 Mesures effectuées sur les installations de protection sontre Jes courants vagabonds Les contréles énumérés sub, 6.3.2.1 sont A compléter par des données sur une période plus longue obtenues au moyen d‘appareils enregistreurs et des systémes d‘enregistre- ment et de traitement de données. Pour les structures soumises 4 1'influence de la traction 4 courant continu des chemins de fer, i1 est recomnandé de faire ces enregistrements sur une période de 24 heures, alors que pour les tramways on peut parfois se limiter 4 une heure. Les mesures suivantes sont 4 effectuer de facon synchrone: - mesure du potentiel rail/sol; - mesure du potentiel conduite/so: - mesure de l'intensité de courant. Par ailleurs, il peut étre utile de faire des mesures synchrones sur le potentiel conduite/sol a des endroits critiques La figure 6-2 montre des enregistrements synchrones des potentiels rail/sol conduite sol et du courant d'une installation de drainage polarisé a l‘endroit du point de drainage, Mesures effectuées sur des _conduites influencées par des courants veazbonds Les potentiels conduite/sol sur des conduites soumises a l'influence de courants vagabonds sont, d‘aprés 6.3.2.2, évalués & l'aide d'appareils enregistreurs et éventuellement 4 l'aide de systémes d‘enregistrement de données, Ces opérations font appel 4 des techniques de mesure trés spéciales. Elles ne peuvent donc étre exécutées que par du personnel expérimenté. Constat et élimination des défauts Les défauts constatés sont a éliminer dés la vérification des causes. Aprés 1'élimination de ces défauts, il y a lieu, le cas échéant, de procéder 4 un nouveau réglage de ltinstallation de protection, La cause des défauts et les données du nouveau réglage doivent étre archivées. 81 ANELUENCE DE _LA HAUTE TENSION Depuis environ 25 ans on assiste 4 une multiplication constante du nombre de croisements, d'approches et de parcours paralléles entre lignes aériennes 4 haute ten- sion ou conducteurs aériens de voies a courant alternatif avec des conduites de gaz, de pétrole ou de produits pétroliers, ce qui augmente le risque d' influence surtout pour les conduites et provoque des tensions de contacts inadmissibles entre celles-ci et le sol environnant. Afin d‘éviter le risque pour les personnes et la détérioration des installations, il y a lieu de prendre lors de la pose et de l'exploitation les mesures de sécurité qui s*imposent, (voir tableaux 7-1 et 7-2) Influence obmigue (par contact) Sont exposées 4 L'influence ohmique surtout les personnes qui manipulent des engins de chantier 4 proximité immédiate de lignes aériennes de haute tension. Il est de ce fait conseil1é de respecter lors des travaux’ de construction et de réparation une distance de sécurité a, suffisante entre ces engins et les lignes agriennes (voir fig. 7-1) pour exclure le contact avec les fils conducteurs ou la formation d'un arc électrique. Pour la hauteur des engins et leur portée, il doit étre néce: ixement tenu compte du niveau du sol et des mouvements des lignes aériennes causées par le vent. Les entreprises d'électricité indiquant sur simple demande les distances de sécurité a respecter. Si, en dépit des précautions prises, une grue ou un autre engin de chantier est mis sous tension, le grutier doit essayer par ses propres moyens de sortir son engin du périmétre dangereux. S'il n'y parvient pas, il ne doit en aucun cas sauter de l'engin. D'autres agents ne doivent ni toucher l'engin ni méme l‘approcher avant de s'étre renseignés auprés de l'entreprise d'électricité et d'avoir obtenu de celle-ci la confirmation que la ligne en question a été coupée. Aux points de croisement avec des lignes de haute tension la distance entre la conduite et les pieds du pyléne doit normalement atre supérieure 4 10 m. Des distances plus faibles peuvent étre convenues, mais la conduite doit alors étre distante d'au moins 2 m de la prise de terre du pyléne, afin dtexclure la formation d‘un arc €lectrique entre cette terre et la conduite, car si la tension du pyléne est élevée, il y a un risque imminent pour l'homme en cas de court-circuit 4 la terre, s'il touche en méme temps la prise de terre et la conduite dans la fouille ouverte. Ce n'est que dans des cas exceptionnels et en accord avec }‘entreprise d‘électri- cité que cette distance peut étre réduite 4 0,5 m (voir tableau 7-1). Lors d‘un court-circuit de la ligne aérienne, le pyléne se trouve sous tension par rapport au sol éloigné. Cette tension peut fortement varier suivant les cas, Le céne de tension qui se forme et dont ltimportance est fonction des dimensions des fondations du pyléne, de la composition du sol et de la forme des prises de terre raccordées, a été indiqué a titre d‘exemple & la fig. 7-2, Une conduite munie d'un revétement ordinaire en matiare synthétique ou en bitume, posée A une distance x du pyléne, a le méme potentiel que 84 la terre éloignée, par contre, le potentiel du sol a Ltendroit du céne de tension est de U,/U,. Si par exemple au cours de travaux de réparation une personne touche cette conduite, elle subit de plein fouet l'effet de la tension de contact, En respectant une distance de plus de 10 m entre la conduite et les pieds du pyléne, il ne faut d'ordinaire pas s'attendre 4 des tensions de contact dangereuses, méme si la tension du pyléne est de plusieurs centaines de volts. Pour une tension plus importante, des distances plus grandes ou des mesures de protection supplémentaires peuvent cependant atre requises. 11 y a lieu d'éviter tout contact métallique entre la conduite et le pyléne ou les prises de terre de ce dernier. Dans les zones urbaines od il y a inévitablement de nombreuses croisements entre conduites et cables de haute tension, les distances entre les deux ne devraient pas étre inférieures 4 20 cm. Si la pose A une distance plus faible est inévitable, il faut intercaler entre le cable et la conduite une plaque ou une piéce d‘écartewent en matiare synthétique, afin d'exclure tout contact direct entre la gaine du cable et la conduite ou la formation d'un arc électrique dont 1'extrémité risquerait de perforer la conduite. Influence capacitive M1 n'y @ risque d'influence capacitive que pendant la pose d'une conduite quand les tubes ou un troncon d'une certaine longueur déja soudé sont disposés a proximité immédiate d'une ligne électrique aérienne sur une aire constituée par exemple de bois sec qui est un excellent isolant par rapport au sol. Dans ce cas, il se produit dans le champ électrique des conducteurs une division capacitive de la tension, provoquée d'une part par la capacité partielle de chacun des conducteurs par rapport aux tubes et d’autre part par celle de la conduite par rapport au sol. Si la tension du réseau est élevée, le trongon se charge alors d‘une tension par rapport au sol qui peut étre tout 4 fait considérable et rester telle quelle jusqu‘'a la distance d'une centaine de matres de 1'axe de Ja ligne aérienne. Si le trongon subissant l‘influence capacitive est relati~ vement long, le courant dont il est chargé peut présenter un risque pour l'homme (fig. 7-3). Pour les bardages de plus de 200 m, il est de ce fait conseillé de prévoir le raccordement d‘un piquet de terre dtenviron 1 mde long, ce qui permet d‘éviter le risque @'une influence capacitive (tableau 7-2). Jnfluence inductive En cas d‘approche entre conduites et lignes aériennes sur un parcours prolongé et surtout en cas d'évolution Paralléle a faible distance, des tensions dues a la présence d'un champ magnétique alternatif peuvent étre induites dans la conduite. Ce phénoméne, connu depuis plusieurs dizaines d'années dans le domaine des lignes et des cdbles de télécommunication, n‘a pris de Ltampleur pour les conduites que depuis l'utilisation de revétements modernes constituant un bon isolement électrique, Influence de courte durée Un court-circuit @ la terre des lignes aériennes de haute tension décharge pendant environ 0,2 40,5 5 un courant de court-circuit I, qui selon la puissance du réseau peut étre assez important (voir fig. 7-4). Ce court-circuit induit pendant une court durée a Liintérieur du champ magnétique du courant T, un champ longitudinal EB de forte intensité dans un conducteur paralléle électriquement isolé, L'intensité se calcule suivant la formule ci-aprés s2TLeM ior (7-4) dans laquelle sont: £ = la fréquence du courant de court-circuit ltinductance mutuelle linéique r= le facteur de réduction indiquant le degré de réduction de la tension induite due aux conducteurs voisins. Du fait des défauts du revétement, les tensions de contact sont dans la pratique toutefois moins importantes que les valeurs de tension induite calculées. Dans le cas d'une conduite entiérement soudée, dont la longueur dépasse de loin la zone d'approche avec la ligne de haute tension, L‘influence inductive est enrayée par 1‘impédance caractéristique de la conduite. La tension maximale induite est alors calculée suivant la formule Unax = 5iqt Cee 7 thy Dans cette formule, ly! est le coefficient caractéris- tique de la conduite, 11 est déterminé par le diamatre, L'épaisseur, 1a résistivité et la perméabilité du matériau du tube, par les résistances de diffusion ohmique et capacitive du revétement, par la fréquence du courant d‘influence et par la résistivité du sol. Les tensions maximales se produisent aux extrémités de la zone d'approche et peuvent atteindre plusieurs milliers de volts. Influence de Jongue durée Si L‘intensité du courant dans la ligne est relativement grande et le parcours paralléle assez long, un champ électrique longitudinal E, peut éyalement étre induit par ce courant de régime I,. Si la charge en régime normal était symétrique, la somme géométrique de tous les courants de régime serait égale a zéxo. Or, du fait que les conducteurs électriques évoluent 4 des distances finies les uns par rapport aux autres et par rapport également 4 la conduite influencée, le champ magnétique qui se forme a proximité immédiate de la ligne aérienne n'est pas égal a zéro, 1 diminue toutefois rapidement en fonction de 1'éloignement. L’intensité induite du champ électrique (fig. 7-5) dépend: ~ de la fréquence £, - du facteur de réduction r, = de la disposition des conducteurs - des courant de régime dans chaque terne (en cas de lignes multiples), - de l'angle des phases entre les courants dans chaque terne, ~ de la résistivité du sol P, et de la distance de la conduite influencée. Comme cette influence est permanente, la tension de contact maximale ne doit pas dépasser les seuils fixés dans les différents pays. Réduction de la tension Afin de réduire la tension de contact conduite/sol Pouvant résulter de l'influence de ta haute tension, quvelle soit de courte ou de longue durée, il est utile de raccorder 4 la conduite des prises de terre en acier 88 galvanisé (fig. 7-6). La connexion de prises de terre, réparties A distance égale le long de 1a zone influencée, diminue toutefois la résistance du revétement de la conduite et risque ainsi de mettre en question Ltefficacité de la protection cathodique. Pour éviter ce risque, il est conseillé de raccorder les prises de terre par l'intermédiaire d'une cellule de polarisation. Ce dispositif consiste dans des téles d‘acier inoxydable ou de nickel plongées dans une lessive de potasse (solution KOH) qui, face a une tension continue d‘environ 1,2 V (tension de protection cathodique), posséde une résistance élevée, et face 4 un courant alternatif une résistance de seulement quelques milli-Ohm. Quand la résistivité exacte du revatement n‘est pas connue, on admet pour les conduites revétues de polyéthyléne une résistivité de r= 100 kam? et pour les conduites munies d'un revétement bitumineux de x, = 10 kam? . Le nombre des prises de terre requises en cas de répartition uniforme le long de la zone d‘ influence d'une conduite de diamétre D et leur résistance A la terre par kilométre de conduite peuvent étre déterminés approxivativement par le rapport entre toutes les prises et la résistance de terre par kilométre de conduite a l'aide de 1'équation ci-aprés. 1 an 1° G'” * “Jo00 fd Si la tension induite ainsi déterminée est égale 4 U, et la tension réduite qu'on souhaite obtenir dgale 4 U,, la formule employée pour de longs parcours en paralléles, compte tenu du fait que 1 urbe Ile VE yp yb s‘écrit comme suit u Rt rr 1 ry ag MVR fm “Ty TH PRY, "a2 La résistance Rey s‘obtient par le rapport entre la résistance de diffusion initiale de la conduite sur 1 km de longueur Ry et la résistance de toutes les prises de terre par km de conduite R',, a savoir: Ry Rte U, Rye oy =k 2 Re ly La formule ci-aprés fournit l‘ordre de grandeur de la résistance des prises de terre supptémentaires A installer par kilométre de conduite. 2 _ fort Ye FP 1000 cu, ? - u,?) Du fait de la résistivité élevée des revétements en matiére plastique, l'emploi de la formule simplifiée fournit la résistivité apparente du revétement: Tyg = 1000 m TD Rp (1-8) Selon la résistivité de terre souhaitée et la résistivité du sol en présence, il y a lieu d‘installer une ou plusieurs prises de terre par kilométre de conduite. Les prises de terre doivent toutefois étre installées au-deld de la zone d'approche L proprement-dite, de part et d‘autre de la conduite sur une longueur caractéristique L,. La longueur caractéristique pour une fréquence de 50 Hz ressort de la fig. 7-7. Elle est déterminge par la résistivité apparente du revétement, aprés raccordement des prises de terre. Le nombre total des prises de tere requises s'obtient ensuite par 1‘ équation nen! (L + 2bg) (7-9) Lorsqu'une conduite se termine 4 l‘intérieur de la zone d'approche ou si la conductivité longitudinale est interrompue par tin joint isolant, il y a lieu de raccorder A cet endroit une prise dont la résistance de terre correspond a 1'impédance caractéristique Z (fig. 7-8). Pour déterminer 1'influence de la haute tension et les mesures de protection requises dans chaque cas, il est recommandé de s‘adresser au fournisseur de 1'énergie électrique ou a des firmes spécialisées disposant du matériel et du logiciel nécessaire pour effectuer ces calculs. Lors de la pose d'une conduite, il peut s‘avérer utile de placer des prises de terre en feuillard galvanisé directement dans la fouille. L'emploi de piquets de terre est recommandé au cas of la résistivité du sol diminue avec la profondeur. Les piquets de terre présentent, par ailleurs, l'avantage de nécessiter moins de place et lorsqu'ils sont ajoutés par la suite. Tis Peuvent étre disposés prés d'une prise de mesure 4 lintérieur de la bande de sécurité de la conduite. Les prises de terre permettent de réduire également 1'inten- sité du courant alternatif au niveau des défauts du revé- ftement et contribuent ainsi efficacement 4 diminuer le risque de corrosion (voir chapitre 2.1.4). 0" CATHODIOUE GLopal La mise en oeuvre de la protection cathodique conventionnelle contre la corrosion pour des installations souterraines complexes non isolées en contact avec des fondations en béton armé, par exemple pour des tuyauteries en acier enterrées dans des sites industriels et des centrales électriques, se heurte souvent 4 des difficultés, parce que cette mesure de protection nécessite une séparation électrique entre les installations a protéger et les autres éléments métalliques de la construction en contact avec la terre. Dans le cas of, pour des raisons de sécurité, d'exploitation et de construction, une telle séparation n'est pas possible, on peut remplacer cette protection conventionnelle par une protection globale, la décision quant au choix de la méthode 4 utiliser étant 4 prendre lors de 1'étude de 1‘installation. Dans le cas d'une protection globale, il va s'avérer difficile d'apporter la preuve que le seuil de protection cathodique est atteint 4 tous les endroits défectueux du revétement de la tuyauterie. La protection cathodique globale constitue un procédé actif de protection contre la corrosion qui renonce 4 la séparation électrique des éléments a protéger par rapport aux autres ouvrages métalliques enterrés ou mis a la terre. Le procédé repose sur l‘idée que le potentiel de protection nécessaire pourra également étre obtenu par un déplacement du potentiel du sol vers des valeurs plus positives par rapport 4 l'objet a protéger, ce qui équivaut a une modification du potentiel de l'objet 4 protéger dans le sens négatif. 11 s'agit par conséquent d'un effet de protection globale qui est connu dans la documentation anglo-saxonne sous l‘appellation de “hot spot protection*, Parmi les cas typiques d‘applications, on trouve des réservoirs reliés par des conducteurs métalliques au reste de l‘infrastructure dans les raffineries; des parties de tuyauteries exposées 4 un risque de corrosion particulier; des parties de tuyauteries soumises A une protection cathodique o4 le potentiel de protection souhaité n'est pas atteint par l‘installation de protection cathodique déj4 installée (par exemple en raison de défectuosités importantes dans }‘enrobage), ou encore des oT ouvrages souterrains en contact avec des batiments construits sur des fondations en béton armé d‘'acier caractérisées par des surfaces de contact étendues avec le sol, comme par exemple les tuyauteries d'eau de refroidissement de centrales électriques. Les études menéges 4 cet effet ont démontré que l'acier noyé dans le béton présente, en régle générale, un potentiel de quelques centaines de mV plus positif que l'acier posé dans le sol. cette différence de potentiel est due A la passivation de l‘acier dans le béton. Le potentiel de L'acier noyé dans le béton se situe dans une fourchette de valeurs donnée “cu/cuso, = - 0,2 4 - 0,6 V et dSpend du type de ciment, de la valeur du rapport eau/ciment de l'humidité et du taux d'alcalinité du béton. Etant donné que ltacier noyé dans le béton peut facilement faire l'objet d'une polarisation, son potentiel peut accuser des variations importantes lorsqu'il est en contact avec d‘autres métaux présentant de grandes surfaces en contact avec le sol. Si l’acier posé dans la terre est raccordé par un conducteur métallique A un acier noyé dans le béton, la formation du couple ainsi créé entraine 1‘écoulement d‘un courant continu de l*acier posé dans la terre vers le sol environnant, puis, passant par le béton, vers le ferraillage en acier, Aux points de sortie du courant électrique; on observe une dissolution du métal par voie électrolytique, ce qui provoque des phénoménes de corrosion (figure 2-2). On observe également des phénoménes de corrosion analogues en cas de combinaison avec d'autres métaux posés dans le sol dont le potentiel accuse une valeur négative par rapport a ltacier noyé dans le béton. D'aprés la régle des surfaces, la densité du courant de corrosion Se définit comme suit: 92 ol U,_, représente la tension élémentaire de l‘acier dans le béton par rapport A l'acier dans le sol. ry est la résistance spécifique de polarisation acier/ouvrage en béton armé et Sy/S, est le rapport entre les surfaces en contact avec le sol acier/ouvrage en béton armé (S,) et la surface des endroits défectueux dans le revétement de la tuyauterie (3,) En analysant cette équation, on s‘apercoit qu'il peut y avoir des densités importantes de courant de corrosion, quant la surface des défauts dans le revétement des tubes est faible, ce qui explique pourquoi les dommages par corrosion apparaissent assez rapidement lorsqu‘on a affaire a des structures acier revétu/ ouvrages en béton armé, on peut théoriquement supprimer les effets de 1a tension élémentaire U,_, par la mise en oeuvre de joints isolants. Ceci est rarement possible dans ‘un complexe industriel. En revanche, il est possible de supprimer la tension élémentaire U,__ Par le recours 4 la protection cathodique globale. La protection cathodique globale contre la corrosion peut étre obtenue par les moyens suivants: ~ par une polarisation cathodique des armatures des fondations en béton armé ne pouvant étre séparées électriquement et d'autres installation, et/ou > par l'augmentation du potentiel du sol par rapport A l'objet & protéger se trouvant a proximité, la valeur de cette augmentation devant étre au moins égale a la valeur de la différence des tensions a vides m&tal/sol et armatures/béton. Ces mesures auront pour objectif principal d‘annuler le courant @e couple provenant de l'acier noyé dans le béton. Par ailleurs, il faudra également s'efforcer d‘obtenir une protection de la tuyauterie contre la corrosion due a la présence d'un sol agressif et A la formation de piles géologiques ou lorsqu'on se 93 trouve en présence d'une aération différentielle. Dans la plupart des cas, cet objectif ne pourra étre atteint que par une combinaison des deux mesures précitées. Pour obtenir une meilleure répartition des courants de protection, il pourra étre utile de revétir la paroi en béton armé, au niveau des points de pénétration de tuyauteries, sur une surface d'au moins 1 métre de diamatre et jusqu'au niveau du sol (ou tout au moins jusqu‘a environ 0,1 m en-dessous de la surface du sol}, d'une couche d'isolation électrique en bitume ou en matiére plastique. L'épaisseur de ce revétement devrait étre d'au moins 2m, les faibles épaisseurs 4 base de peintures n‘étant pas suffisantes. De m&me, il sera utile d‘appliquer ce genre de revétement sur les surfaces de béton armé aux endroits oi les tuyauteries sont posées en paralléle A ces structures ou en s‘en rapprochent et que la distance de séparation est inférieure a deux fois le diamétre de la tuyauterie ou bien inférieure a 0,5 m. La mesure de la “polarisation cathodique* incorpore les fondations en béton armé et les autres équipements ne pouvant Stre séparés électriquement dans 1a protection cathodique des objets a protéger. ‘Pour obtenir le potentiel de protection “ouscuso, = 0,85 V de l'acier posé dans le sol a tous les endroits a l‘installation 4 protéger, il sera nécessaire d‘obtenir une polarisation cathodique approprige des armatures en acier et des autres installations qui y sont raccordées. Aux endroits of le potentiel conduite/sol est insuffisant, i1 faut installer des anodes supplémentaires. Cette mesure conduit a une augmentation du potentiel du sol par rapport a l'objet a protéger dans 1a zone soumise au champ électrique des anod Pour obtenir ce résultat, il suffit d'une intensité relativement faible du courant de protection, Etant donné qu‘en régle générale, seule la zone of le champ électrique produit par les anodes est concernée, l'emplacement des anodes est indépendant de la résistivitité du sol. La disposition des anodes dépend des conditions locales. 11 est préférable de placer des anodes horizontales, parallélement 4 la tuyauterie, 4 la profondeur de l'axe de la tuyauterie. La tension, la longueur et la distance par rapport A l'objet A protéger doivent étre choisies de facon & obtenir a proxi: té de celui-ci une augmentation du potentiel du sol d‘au moins 0,5 V par rapport 4 l‘objet a protéger, et de facon approximative, également par rapport A 1‘électrode de référence. Dans la pratique, il ne sera souvent possible d'obtenir une protection optimale contre la corosion, dans des conditions économiques acceptables, qu'en combinant les deux mesures décrites ci-dessus (figure u+!). En ce qui concerne la polarisation cathodique de l‘acier dans le béton, les besoins en courant de protection dépendent du nombre des armatures mises en oeuvre par métre carré de surface des fondations et de la nature du béton, Les expériences ont montré qu'en régle générale, il faut une densité du courant de protection de l'ordre de 10 mA.m™” de surface en béton pour obtenir la modification souhaitée du potentiel. Celle-ci ntapparaftra, en fonction de la nature et de l'état du béton, qu‘au bout de quelques mois seulement, ce qui aura pour conséquence de réduire 1a densité requise pour le courant de protection 4 environ 3 4 5 mA.m~”. compte tenu du degré important des surfaces des fondations en béton armé et, le cas échéant, des mises 4 la terre en cuivre, il sera souvent nécessaire, pour obtenir une protection cathodique locale contre la corrosion, ‘utiliser des courants de plusieurs centaines d‘ampéres au départ d'installations 4 courant imposé. Etant donné que pour des raisons d'influence, la tension des anodes ne doit pas dépasser 50 V, ces anodes doivent présenter des résistances de diffusion trés faibles. 95 En fonction de la résistivité du sol, on peut de ce fait arriver aisément a des longueurs ou 4 des profondeurs relativement élevées pour cet ensemble d‘anodes. Dans toute la mesure du possible, ces anodes seront installées 4 proximité des points de pénétration ou d‘approche des tuyauteries dans les fondations, puisque c'est en ces endroits qu'on désire obtenir une baisse plus importante du potentiel des fondations en béton armé, Les courants de couple et Jes courants de compensation pourront entrainer un gradient de tension dans le sol susceptible de rendre impossible une mesure des potentiels sans IR. Ce phénoméne est plus prononcé dans le cas de la protection cathodique globale contre la corrosion, parce que l'objet 4 protéger et l'acier dans le bSton font Ltobjet d'une polarisation fort différente. Pour cette raison, les valeurs des potentiels au déclenchement ne fournissent pas d'information fiable sur 1'état de la polarisation. En vue de procéder a un contréle de la protection cathodique globale, on mesure les valeurs du potentiel d‘enclenchement, Lélectrode de référence étant disposée le plus prés possible de la structure a protéger. Dans toute la mesure du possible, les valeurs de mesure devraient étre plus négatives que la valeur de “cuscuso, = - 1,2 v. Dans la plupart des cas, il n'est pas possible d‘atteindre cette valeur a proximité des constructions en béton armé, Pour ces constructions, les effets des couples sont pratiquement éliminés das lors que les valeurs du potentiel atteignent des valeurs plus négatives que - 0,8 V. On peut obtenir une meilleure appréciation des effets de protection de 1a protection cathodique globale en effectuant des mesures sur des témoins, enterrés 4 cété de la tuyauterie dans la zone od elle pénétre dans l'ouvrage en béton armé, et raccordés @ la tuyauterie par le biais des points de mesure. Dans cette disposition, la plaque en acier montée dans le témoin en question est représentative d'un défaut de revétement dans la tuyuterie (voir figure 8-2). L'utilisation d'une Slectrode de référence permanente disposée derridre la plaque, dans un tube en matiére plastique rempli d'un produit électrolytique, permet alors la mesure du potentiel tube/sol exempt d*IR, au moyen d'un diaphragme isolé placé sur la plaque, En l'absence d'une protection cathodique globale, on observe, en régle générale, une sortie de courant de corrosion au niveau de la plaque en acier. Aprés la mise en service de l'installation de protection par courant imposé, la protection cathodique globale doit étre réqlée de telle sorte qu'il y ait une entrée de courant au niveau du témoin. Dans ce cas, le potentiel métal/sol est alors plus négatif que le potentiel initial. Les défectuosités du revétement de la tuyauterie dans la zone du témoin, dont la dimension est inférieure 4 la surface métallique du témoin, auront alors un potentiel plus négatif que celui~ci. La figure 8-4 représente la variation dans le temps du potentiel aprés la mise en service de la protection cathodique globale. sur un des échantillons, ce n'est qu'aprés le montage d'une anode supplémentaire qu'on a réussi a obtenir l'inversion du courant et une diminution suffisante du potentiel. 98 2. QUALIFICATION DU PERSONNED La mise en oeuvre et le contréle de la protection cathodique doivent étre effectués par des techniciens possédant de bonnes connaissances d‘électrotechnique et d'électrochimie. Le calcul et le choix des redresseurs, leur alimentation en énergie, le calcul de la résistance des déversoirs relévent de 1'électrotechnique. La mesure du potentiel métal-sol, 1'évaluation de la polarisation des ouvrages, la mesure de la résistance @‘isolement des ouvrages enterrés nécessitent des connaissances d‘électrochimie. Un bon techhicien en protection cathodique devra étre capable d‘assimiler ces disciplines et d'établir la relation entre les mesures sur le terrain et les phénoménes fondamentaux. Son expérience sera le gage de la qualité de son travail. IL semble utile d'insister pour que l'on maintienne dans cette discipline les spécialistes ainsi formés plutét que de confier les travaux nécessaires 4 un personnel renouvelé. 10. ASPECTS ECONOMIQUES DE LA PROTECTION CATHODTOUE Un systéme de protection cathodique, correctement étudié et réalisé, supprime indéfininent la corrosion de l‘ouvrage sur equel i2 est appliqué. Pour cela il est nécessaire et suffisant que l‘installation de protection soit maintenue en état de fonctionnement et que des mesures de potentiel appropriées soient effectuées périodiquement afin de vérifier 1'efficacité de la protection cathodique et d‘éliminer les défauts éventuels une canalisation enterrée en acier sans protection cathodique se corrode; cette corrosion provoque des fuites dans un délai variant entre quelques mois, lorsqu‘elles sont dues 4 l‘action des courants vagabonds, et 5 A 10 ans, lorsque l‘agressivité des sols en est la cause. On doit alors procéder a une inspection interne, par un procédé ultrasonique, pour déterminer l‘emplacement des attaques, ainsi que 1‘importance de la perte de métal et Pour localiser les réparations. Le coat de cette inspection est de l'ordre de 2000 $ par km, ce qui représente 1,7% du prix de la conduite posée dans le cas d'un ouvrage de 350 mm de diamétre (conditions économiques octobre 1987). Les dépenses d‘investissement entrainges par 1' application d'une protection cathodique sont, en général, inférieures a 1% du prix de la conduite posée, le revétement intervenant pour § 4 7%. Les chiffres qui viennent d'étre cités montrent que ltintérét de la suppression de la corrosion par 1*applica- tion de la protection cathodique est sans commune mesure avec les dépenses d'investissement nécessaires 4 sa mise en oeuvre. Les coitts d'entretien et de contréle sont aussi trés faibles: intérieurs 4 1 pour mille par an pour les conduites de transport, et de l‘ordre de 2 4 3 pour mille pour les réseaux urbains. Les données précédentes correspondent a des installations alimentées par un réseau électrique. Les conduites posées dans des régions désertiques doivent @tre polarisées au moyen de générateurs indépendants: éoliennes, panneaux de cellules photovoltaiques, turbines 4 gaz, piles thermo~ électriques ou groupes diesels dont le prix est plus élevé. 100 Dans ces conditions, on doit porter une attention particu- liére sur le choix du revétement et, bien que cela soit difficile, surveiller sévarement le transport des tubes et Ja pose de la conduite, afin de maintenir la qualité de Liisolement et d'éviter ainsi la multiplication des postes de protection. UL CONCLUSTONS: La protection cathodique des conduites enterrées est un moyen efficace de lutte contre la corrosion. Une mise en oeuvre selon les ragles de l'art, conformément aux indications du présent guide, suivie de contréles réguliers permettra des économies trés importantes en s‘opposant 4 la dégradation du métal et en maintenant les ouvrages a 1'état neuf. L'efficacité de la protection cathodique a été démontrée par quarante années d'expérience industrielle et certains pays ont méme conféré un caractére réglementaire et obligatoire a son application dans le cas des conduites de gaz ou de produits pétroliers. sone corrosion cathode anode araile sable Figure 2-1 Corrosion provoquée par des sols de nature différente 101 Ucurcuso, V ouvrage en béton armé défaut dans le revétement sol 1 2 3 4 liaison ou contact 5 canalisation 6 potentiel de la canalisation Fig. 2-2 Elément formé par un contact acier/sol et acier/béton courant circulant dans la caténaire sous-station courant circulant dans le rail Onn courant de corrosion courant vagabond dans la conduite zone anodique zone transitoire zone cathodique erxraue 9. 2-3 Corrosion provoquée par les courants vagabonds 1 cathode 2 zone anodique 3 sol 4 anode réactive 5 anode énergisée ou déversoir Fig. 2-4 a phénoméne de corrosion b protection cathodique par anode réactive © protection cathodique par courant imposé 104 UCu/CuSo,*-0,5V Ucuicuso,=70.7¥ a ° 1 2 3 t ®@ hee 1 sable 2 argile 3 courant de corrosion Fig. 2-5 Formation d'un macroélément sur une canalisation (aération différentielle) 108 2 445V © Ucurcuso,=-0.85V UcuiCu sos = bs ® Cea st AU2 1 sable 2 argile 3 anode réactive Fig. 2-6 Protection cathodique par anode réactive Gyicuttusog=-085¥ @- Or ‘m 1 sable 2 argile 3 redresseur 4 déversoir Fig. 2-7 Protection cathodique par courant imposé 107 wi 1 appareil de protection 2 coffret 3 cable d'anodes 4 réseau électrique 5 jonction ces anodes 6 poussier de coke 7 liaison vers le voltmétre 8 arrivée du courant de protection 9 anodes 10 électrode de référence 11 canalisation Fig. 2-8 Installatiion de protection cathodique a courant imposé et anodes horizontales 1 courant dans la caténaire 2 courant dans la sous-station 3 courant dans les rails 4 courant dans le drainage 5 courant dans la conduite Fig. 2-9 Protection contre les courants vagabonds par drainage polarisé 1 courant dans la caténaire 2 courant dans la sous-station 3 courant dans les rails 4 courant dans le soutirage 5 courant dans la conduite Fig. 2-10 Protection cathodique par soutirage sur rails 110 gm? ht 05 0,2 01 0,05 1 ins 0,02 2 Sol neutre anaérobie 3 argile 4 sol neutre aérobie 0,005 0,01 0,7 -06 9 Ucurcuso, ¥ Fig. 2-11 Vitesse de corrosion de Iacier au carbone en fonction du potentiel dans différents électrolytes (les partivs hachurées représentent Jes vitesses de corrosion spontanées) wm au Matériau Fer Ferrosilicium Graphite Magnetite Lithiuaferrite sur titane Longueur en = Section ov Diandtre Poids en kg Densité g¢.cn -3 Consonnation sans lit de coke en kg-A -Leacl d° avec lit de coke Durée de vie pour JA eane Lit de coke en a Durée de vie pour 1A avec lit de coke ena Fragilité Utilisation 1m IPN 30 1m de rail hz 0,14 10 a nulle mule matériau anodique bon arché, avec lit de joke, sols résistants 05 1.2 18 1,2 0.9 0.06 0,06 0,04 16 26 43 6 1 7 7 5418 0,075 0,2 bia 0,3 0,002 ca. 0,1 ca. 0.2 bis 05 500 go 140 160 260 «4302S 10-1286 trés importante sols agressifs et eau, avec ou sans coke, natériau peu cher importante sols et eau de ner importante anodes de longue durée, utilisée aussi sans coke Tableau 4-1 Matériaux pour anodes & courant imposé dans les sols. 0.5 0,016 02 6,12 0,001 <0,001 120 2120 nulle anodes profondes| eau de ner aueTosT voysueW un,p adnog z-y ain8ry Ree LIT ADP LP RELLY fxodg autsay (7) girpyouer9,p aunztg (¢) uotqestteueg |(Z) uoyouey (1) 14 igure 4-3 Schéne de colliers de centrage (Q) Bouche a clef aw niveou du sol (2) Cables Ssolés de mesure 4u potentiel (3) Socle en béton (4) Isolation des cébles. (5) Canalisation revétue (6) Gaine de protection isolée (7) Revétenent isolant de la canalisation (8) Collier de centrage isolant 1 a (en Wige_| (waa (9) Support isolent du collier de centrage Su gut Figure dnt Sehéna de 1a contimuité électrique et de 2 “soienent de canalisations. (1) Canalisation en - Sidéro-ciment fee raccordenents respectifs et les pontages. = Asbest-cinent 2 PVA. PE. = Fonte ou Fonte nodulaire (2) Raccordenent en acter d'un inmeuble sens vanne. (3) Canalisation en acier revétue {4) Raccordenent d'une borne d'incendie (5) Pontage d'une vanne de raccordenent —— (6) Raccordement en acter revétu (7) Vanne : Borne d'incendie souterraine en (9) Canalisation en matériau autre que a (10) Cenalisation en acier revétu (11) Caneliseetos en acter revéeu entre deux chanbres de visite J.t.1 Joint tsolent (1) Cable de mesure isolé Tsolenent de 1a soudure (2) Résine isolante (3) Résine Epoxy ou ditune (4) Hanchon d'isolement (5) Revétenent isolent de} Ja eenalisacion Figure 4-6 Exenple de potelet de mesure 18 ‘yoo ago2 0008 001 02 07 0.05 0s 02 03 05 10 Js mA/m2 Fig. 4-7 Portée d'un poste de protection cathodique en fonction de ta densité de courant et de 1'épaisseur d'acier 119 A 100 50 20 Is V 5 aE s9] ant oe 2 1 0.01 002 005 0102 os 1 2 5 0 Js mA/m? Fig. 4-8 Intensité du poste de soutirage en fonction de la densité de courant et des dimensions du tube 120 Figure 4-9 redresseur réseau électrique (220 ¥) cathode (canalisation, anode (déversoir) fondation métallique etc.) DISPOSITIF DE PROTECTION CATHODIQUE PAR COURANT IMPOSE 124 122 aTeOFAIeA sopoue DaAe eéeatanos un,p uoFseTressur If=p arnbrz 123 back-fi11 barres en fer l 60 na cable isolé en Cu 9 10 om nélange isolant <—— soudure aluminothermique *——| connexion en Cu botce de fonctioi en aatériel plastique antichoe c&ble de raccordenent entre chacune des barres anodes Fig. 4-12 DEVERSOIR ANODTQUE EX PROFONDEUR : 124 Fig. 4-13 Exemple de déversoir profond en ferro-silicium 1&2 cables 3 poussier de coke 4 anodes, 125 gzt Figure 6-14 ELECTROLYTE ~ S01. matériel synthétique Udtume - leine de verre bitume - feutre de laine fate imprégné sans revétenent ELECTROLYTE - EAU DOUCE bon revétement isolant vieux revétement isolent sans revétement ELECTROLYTE - EAU DE MER bon revétement isolant vieux revétement isolant sans revétement 107 107 10" 10° 10° 10? 10 densité de courant de protection en mAn™2 DENSITE DE COURANT DE PROTECTION DANS DIVERS ELECTROLYTES EV POUR DIVERS REVETEMENTS zt Figure 4-15 Circuit d'un dra ainage polarisé 1 rails 2 connexion inductive 3 fusible 4 diode 5 résistance variable 6 conduite P elecesote de rétérence poste de mesure canalisation & protéger back-fi1L anode réactive L____, Fig. 4-16 INSTALLATION D'UNE ANODE REACTIVE , 128 Sed PROCES VERBAL DE MESURES Fone ane «1 INSTALLATION DE PROTECTION CATHODIQUE INSTALLATION DE PROTECTION CATHODIQUE + DESIGRATION TYPE DIMSTALLATION = ANODE A COURANT MPOSE [] — NOMDELACONOWIE: + sounaase____ Mo sorasuse____ 7} re pe neonesseue_ = MAISON eoupatenvewe__[] WDE FABRICATION sn + ANODE MAGNESWM__{7] DATE: AR FAGE comPreuR Kw ‘DIFFERENCE OE POTENTIEL ENTRE 'ELECTRODE ENTERREE €1 UNE ELECTROOE DE SURFACE ( OECLENCHE } : ay, av POTENTEL CONDUITE SOL Uc { C2/Cu Seg} eam LECTURE AVEC APPAREK. DE PRECISION LECTURE AVEC APPAREL STALE ‘AVEC ELECTRODE ENTERREE | AVEC LELECTRODE OE SURFACE | AVEC ELECTRODE ENTERREE ENcleNCHE | vectencwe | encuencHe | peccencHe | enceeNcHe | DECLENCHE Se COURANT TOTAL : AVEC APPARER DE PRECISION : (AYE AVEC APPAREIL INSTALLE, Le NES Hee = cone Teawman tates seus] messtce ace ou PRECISION EK NSTALLEE sr an caste tie | TENSION DE SORTIE OU REDRESSEUR : ___(v) TERNS Ewa EOE MORE cou reecinn ones freee Seba eee Sina CONDUFE/COMDUCTEUR NEUIRE, PROTECTION CONTRE LES CONTACIS ACCDENIELS: Fu Oo o MISE AU HEUTRE cachoenen A? PaaS OUE TS WE eS TE TORN PERE] PFO KATO ET] ECLATEUR verre: (7) ‘REMPLACE <= oO 129 130 ‘CAUSES DES MODIFICATIONS DE REGLAGE + ‘REMPLACEMENT DE LINSTRUMENT od CAUSES :. engin: somes ewes a Hevesi conmns < tn vennce 2 Ha ee ote tones Ent gale Teoumamtor arestuan | came |r oe Jucmwadcoman ce Tessar [reason | onseranoe PONT DE MESURE Mesures | curcuSe, | PROTECTION 1. v coe + emg [MGTIO LC E —i Pon VERE T | sas = —L Tamar ‘COMPARAISON DES VALEURS RELEVEES ACCELLE DU DERNER RELEVE. DIFFERENCES NOTABLES = _ MESURES A PREWDRE : tee 7 ai POUR MIFORKATION A: 5.2. Fomanane-2- PROCES VERBAL DE MESURES POUR LA PROTECTION CATHODIAL CCoNDUNE : DATE = ===. VERFEE PAR ; POWT DE WESURE POTENT, ENCLENCHE UpglCu/CuSeg av POTENTIL DECLENCHE UprlCu/CaSeg av TENSION POLARIE POSITIVE (COURANT | RESISTANCE ww (ay [OBSERVATIONS 131 Mewusde ¥ yo yaind 36 2 Arad 159 pared c denen ean! bP Bina v4 fs a9 ~ etree an Ie Yop ryan gtukiet wat ay uan pd 1igi fennel 8 a akan Fig. 5-1 Diagramme du potentiel d'une canalisation sous protection cathodique. Figure du haut: protection cathodique en bon état, figure du bas: défaillance en tre le km 26 et le km 27. 132 Fig. 5-2 Dispositif pour les mesures rapprochées. 1 —__—. courant de protection * courant d‘équilibre 134 ug mV 240 180 120 60 AU VIF -U5 ) “| ® 60 0 0 50 100 150 200m Veuieuso, V “0 50 100 150 200 m Fig. 5-3 Graphique représentant: a) les cénes de tension déterminés entre mesures 4 courant enclenché et A courant déclenché b) la différence entre ces deux mesures ©) les potentiels 4 courant enclenché et A courant déclenché Fig. 5-4 Influence d'une protection cathodique sur une conduite étrangére: 1 soutirage 2 courant émis par le déversoir 3 liaison équipotentielle 4 influence: 5 anodique, 6 cathodique 135 136 Fig. 6-1 Contréle de la protection cathodiqu 1 potentiel enclenché 2 potentiel déclenché Fig. 6-2 Rnregistrements synchrones au point de drainage 1 Potentlel rafl/sol 2 Interisité drainée 3 Potentiel de Ja conduite (protection cathodique Par soutitage et drainage) 137 xi 4 YP J ? Zi ‘Yl oO Oe p NZ Figure 7-1 Distance de sécurité entre conduite ot ligne aérienne de haute tension | Un = In Reg Ux 10 Un 08) c i : aL 99 2 4 6 8 10 2 % 16 18 20 2 24m x Fig. 7-2 COne de tension d‘un pyléne 0,002 0,001 0 Fig. 7-3 20 40 60 80 100 a n Courant de charge au contact avec une conduite. a distance conduite/ligne aérienne 1.T. 1 longueur di I,, Courant d Uy tension ni 140 le la conduite ans la conduite jominale de la ligne U.T. Fig. 7-4 Tension conduite/sol induite par court-circuit & la terre 1 court-circutt a la terre 2 fil de terre 3 tension conduite/sol 4 tonquour du parcours en paralléle conduite/tigne i. 'T. 141 400 200 Wo 40 20 1 6 6 10 20 40 100 200 00 @ 44 € t fies 1% {1-4 ! igh Peake eK] ® | ‘ 220 KV y to Kv sT T + 70 Ht “je Ht - Fig. 7-5 Valeur du champ électrique induit dans un conducteur parfaitement {solé (F-S0 fiz, résistivité du sol 100a..m) 142 © Fig. 7-6 Point de mesure du potentiel au droit a'une mise & la terre (horizontale ou verticale) pour réduire 1" Influence inductive de ta haute tension. 1 poteau 2 raccord conduite/terre 3 conduite 4 sens de l'écoulement 5 prise de terre verticale 6 prise de terre horizontale 143, 0 200 400 600 800 1000mm d—_— Fig. 7-7 Longueur caractéristique Ly d'un conduite en fonetion de son diamétre et de sa résistance d‘isolement. 144 100 f =S0Hz Cu a 20 kom 10 N 1000 5 300 400 2 30 1 10 3 1 (ZI 03 oa o4 0 200 400 600 800 1000mm q—— Fig. 7-8 Impédance caractéristique d'une conduite en fonction de son diamatre. 1 Haseee] TER OL ETA Fig. 8-2 Exemple de protection cathedique globale dans une centrale électrique. 146 Reproduit par INSTAPRINT S.A. 1.2.8, levée da la Loire ~ LA RICHE ~ BP. 5927 - 37059 TOURS Cedex Tél. 47 98 16.04 Dépor légal 4 trimestre 1991