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DOSSIER witalie : un destin européen Du miracle économique a la stagnation * Céline Antonin ‘est conomiste 3 FObservateire frais des cnjonctues canomiques (FCF) et matre de conferences Scences Po Pas. Céline Antoni Longtemps associée au « miracle économique » de Vaprés-guorre, Italie offre désormais Vimage d'un pays désonchanté, englué dans une croissance molle et losté par Ie poids de son endettement public. La crise européenne a fait ressortir les faiblesses structurelles du pays a l’origine de son endettement public colossal et de son déficit de croissance depuis vingt ans. Liar ivée au pouvoir de Mario Monti, fin 2011, et Ia politique volontariste qu'il a menée aprés sa prise de fonctions ont néanmoins été saluées, d’autant que le pays dispose d’atouts considérables qui ne demandent qu’a étre valorisés. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Pitalie a connu une période de boom écono- mique, avec une tres forte croissance de la production industrielle ~ pros de 6 % par an centre 1950 et 1960 — qui a assuné la transforma. tion de son économie essentiellement agricole en véritable puissance industrielle, Fortement affectée par le choe petrolier de 197: italienne a retrouvé Ia croissance dans la seconde moitié des années 1980 par le biais d'une tertia- risation accrue, mais au prix dun endettement spectaculaire et d'un dérapage des comptes publics, Avec la crise monétaire de 1992 et la perspective de adhésion & l’euro, les gouveme- ments suecessif’s ont alors sacrifié la croissance surl’autel de Passainissement budgétaire, faisant «du pays Ia Janterne rouge de la croissance dans les années 1990-2000, Lillie offre de nos jours Pimage dun colosse aux pieds dargile. Bien qu’étant la dixidme puissance économique mondiale, elle doit assumer le service de sa dette publique considérable, renchéri par la crise des dettes économie Qe tc souveraines en zone euro qui a place le pays dans la ligne de mire des marchés, Une puissance économique encrise La dixie puissance économique mondiale En 2011, I'Italie est la dixitme puissance économique mondiale! et la tro zone euro — apres |’Allemagne et la France. Forte dune population de 60.6 millions dhabi- tants, elle con jographic déclinante, avee par issement de sa population jeme de la femme, et un L’économie italienne est diversifiée, mais la composante industrielle reste impor- tante par rapport A celle de ses partenaires. européens (24,7 6 de la valeur ajoutée et 23,7 4 » Classement da FMI selon le tered PS a pais de pouvoir tact, 2011 SA x Vemaon de l'emploi). L’industrie italienne, essen- ticllement manufacturigre (voir graphique) —T'Italie est la cinquime puissance manufac- turiére mondiale ~, est basée sur la fabrica~ juipem mécanique, la chimie, l'agroalimentaire et les secteurs phares du made in Italy (textile, cuir et habillement). Sur le plan agricole, I"Ttalie tion de machines et d bs, le secteur est le plus grand producteur européen de riz, de fruits et de végétaux et également le plus grand producteur et exportateur mondial de vin. = les services représentent 73,2 4% de la valeur ajoutée et 70 Se de emploi en 2011. Le secteur du tourisme représente environ 8,6 % du produit intérieur brut (PIB), I'ltalie stant la cinquigme destination touristique mondiale. Le capitalisme italien est un capitalisme familial, avee des grands groupes embléma- tiques comme ENI (Ente Nazionale Idrocarburi), Enel (Ente Nazionale per I'Energia Eletirica). Fiat, Gestore dei Servizi Energetici (GSE). Finmeccanica, et un large réseau de petites et snnes entreprises (PME) compétitives & export, souvent regroupées au sein de districts ndustricls. Ce capitalisme familial présente lami sistance des atouts, notam leure A la crise et la pérennité, mais également des faiblesses, comme I'insufli we de linvestisse- DOSSIER uitalie Re eet eta La balance commerciale italienne est déséquilibrée du fait de la grande dépendance nergétique du pays. Les ressources minidres de a Péninsule sont en effet modestes et couvrent 4 peine un cinquidme de la consommation, Non seulement I Italie est tres dépendante du pétrole —qui représente plus dun tiers de ses dépenses Lasortic du nuclésite civil a €é confide pat le Sférendumn du 13 juin 2011 au cous daguel plus de 90% des yan sont ‘pps la reprise du programme nuclear ii italien PIB par habitant en Italie (2009) En ewosparan 21250 20500 24900 18900 Decoupage: eglons Discetsation: moyennes embaties Reais avec Piano, Nipapartosee touché I'Italie 4 l'été 2010, faisant peser sur le pays un risque d’« insoutenabilité » de la dette. 11 convient cependant de souligner la spéciti- cité italienne parmi les pays de la zone euro contrairement Espagne ou a lTrlande, ott Péclatement dune bulle, dans un eas immobi- lidre et dans l'autre financire, est responsable de la crise budgétaire, "Italie n’a pas connu de bulle speculative Les principales causes de la stagnation de économie italienne sont le niveau trop élevé de adette publique et la politique de rigueur qu'elle impose au pays depuis vingt ans. L'ltalie paie de nos jours les conséquences d’un laxisme bud: taire qui remonte aux années 1970-1980. Apres le miracle économique italien, avec un endet- tement inférieur 4.40% du PIB, I'Ttal en place un Ftat-providence généreux & partir de 1969. En conséquence, la dépense publique primaire a fortement progressé, passant de 30.4 % 42,7 % du PIB entre 1970 et 1990, et le nombre de fonctionnaires a plus que doublé. Au lieu de financer ces mesures par une augmenta- tion des prélévements obligatoires, Etat a choisi ea mis Taux de chomage en Ttalie (2011) lation; Ate de cartographers a, ‘Ohh Pat 2012 de recourir & lendettement. Tant que les taux. itérét sur la dette sont restés bas, jusqu’au début des années 1980, la dette publique a été contenue. Mais, dans les années 1980, la Banque centrale italienne a décidé d’avementer ses taux pour juguler I'inflation de 20 % et enrayer les pressions a la baisse sur la lire, Cette hausse est en partie responsable de l'explosion de la dette publique, qui est passée de 56 % du PIB en 1980 8122 % en 19943 Lacrise de 1992 a margué un tournant dans Phistoire budgétaire du pays, avec Ia prise de conscience du caractére insoutenable de la situa- tion. A partir de cette date, dans la perspective de Fadoption de euro, Vitalie s'est astreinte 3 un assainissement de ses finances publiques, avec des soldes primaires systémati La hausse des dépenses est restée recettes fiscales ont augmente et les privatisations yuement exeédentaires. > En septembre 2012, la dete publigue italicane s’éléve a 1995 mliand deuroe dont 1 670 miliade obligations, $9 «does irs obligatires sont détnus pals Tales, 39 pa ‘des no-sidonts bunqus et fonds ivestssements étage) Le reste dela dete iallenne est consis de pts eaire Blas et dete deteaus parla BCE, rea Sees DOSSIER witalie : un destin européen ‘ont été massives. A partir de 1995, lorsque les taux intérét ont diminué, cette politique a porté ses fruits: 1a dette publique italicnne a éé ramence de 122 % du PIB en 19948 104 % en 2007. Suite & la crise financigre de 2007, la récession s'est installée en Italie depuis la mi-2011 et les tensions sur la dette se sont traduites par une hausse des taux obligataires. La dette publique progresse mécaniquement, malgré un solde primaire positif, La décision de la Banque centrale européenne (BCE) de lancer le programme OMT (Outright Monetary Transaction)*, le 6 septembre 2012, semble avoir réussi & rassurer pour un temps les marchés. Lltalie a alors vu son écart de taux avec I’Alle- magne diminuer, ce qui lui a permis d’emprunter sur les marchés obligataires a des taux plus bas. i cette haisse se poursuit, la charge de la dette dans les années qui viennent devrait étre allézée, La récession italienne pousse & s*inter~ roger sur les causes de la stagnation de l'act vité. Certes, la dette publique apparait comme le principal frein & la croissance, car elle prive le pays dun outil de relance budgétaire qui aurait pu se révéler trds utile en période de crise. Ceci ant, dPautres aspects structurels antérieurs 2 la crise expliquent la stagnation dactivité, en parti- culier les problemes de compétitivité, Les contraintes structurelles D’apres le classement du World Economic Forum, lualie occupe la 21* place (sur 27) en termes de competitivité. Dans la méme veine, apres le rapport Doing Business 2013, Vlalie ‘occupe le 73*rang sur 185 pourles faclités qu'elle offre faire des affaires (le Royaume-Uni est 7%, Allemagne 20° et la France 34°), le 84° rang pour Ia création dentreprise (Ie Royaume-Uni est 198, Ia France 27et Allemagne 106%), et Ie 131* rang * Pour alléger les tensions du marché dela deste en zane euro, la BCE seat rapprocte de la ligne dela Réserve fra amér- sine (Fo) en ¥ engage, le septembre 2012, acheter sue atch secondaire des obligations tat de mature allan «un Atois an, sans Fixer de imite qualitative & ces achat (quant tative easing). Cete mesure est conditionnée & une demande (Cresci Italia, 24 janvier2012)surlaconcurrence, le développement des infrastructures et la compstitivité, le déeret-oi « Développement » (Sviluppo, 22 juin 2012) sur adoption de mesures ‘urgentes pour la croissance du pays, la réforme Fomero du marché du travail 28 juin 2012). Ces réformes visent tout d’abord la simplification des procédures administratives —appel d'offres, création d'entreprise, faillite permettant une poursuite d'activité plus facile, i ~ et Felfic: le passage au num administrative avec de la performance et la rati compétences nationales et territoriales. Elles visent également 2 encourager la concurrence : sur le marché des produits, Agence pour la concurrence a vu ses pouvoirs acerus, Ia regulation a été renforeée dans les industries de réseaux, les professions réglementées et les secteurs de l'énergic, du transport et des assurances ont été ouverts a la concurrence. © Autre mesure emblématique du gouvernement de Mario Monti, la réforme du marché du travail. La loi dite Fornero entend introduire davantage de flexibilité sur le marché du travail en facilitant le recours au contrat & durée déterminge — tout en confirmant son caractére dérogatoire — et au travail temporaire termittent. Des incitations fiscales doivent favoriser la participat des jeunes au marché du travail, La loi promeut le recours au contrat & durée ini aus n des femmes et rminge « apprentissage » pour favoriser Pinsertion des jeunes sur le marché du travail, et introduit des réductions de 50 % de charges sociales & partir de janvier 2013 en cas d'embauche de seniors au chOmage depuis plus de douze mois ou de femmes au chémage depuis plus de six mois. Elle modifie également le dispositif en matiére de licenciement, et notamment l'article 18 de la loi de 1970 qui prévoyait un cumul de la réintégration et de Vindemnisation en cas de licenciement. Désormais, et conformément a la pratique en vigueur dans de nombreux pays européens, |"indemnisation prévaut sur Vimpératif de réintégration, sauf dans les cas particuligrement graves d’irmégularité ‘© Enfin, sur le plan de Péquité, P’évasion fiscale a été combattue, Grace au renforcement des contriles fiscaux et & la mise en place du systéme informatique Serpico permettant de mesurer I'adéquation entre le niveau de vie des contribuables et leurs déclarations fiscales, le Trésor italien a réussi & doubler le niveau des recettes liges a la lutte contre evasion, soit 7,2 milliards d’euros & la fin aodt 2012, Lobjectif est d”atteindre les 15 milliards euros miilliards en 2011 sur l’anné contre 7, Sous la pression des marches, Italie entend réduire son deficit budgétaire & marche forese. Or, Te pays est surtout malade de sa croissance et une cure budgétaire trop brutale risque de l’enfoncer tun peu plus dans la récession. Les efforts doivent one porter en priorité sur les mesures en faveur certainesréformes struc- turelles, comme celles qui touchent le marché du travail, prendront du temps. ll rea © Quant a Vobjectif de restauration de la croissance et de renforcement de la compétitivité du pays, ila donné lieu a plusieurs décrets-lois ledécret-loi « Croissance de 'talie > (Cresci Italia, 24 janvier2012)surlaconcurrence, le développement des infrastructures et la compstitivité, le déeret-oi « Développement » (Sviluppo, 22 juin 2012) sur adoption de mesures ‘urgentes pour la croissance du pays, la réforme Fomero du marché du travail 28 juin 2012). Ces réformes visent tout d’abord la simplification des procédures administratives —appel d'offres, création d'entreprise, faillite permettant une poursuite d'activité plus facile, i ~ et Felfic: le passage au num administrative avec de la performance et la rati compétences nationales et territoriales. Elles visent également 2 encourager la concurrence : sur le marché des produits, Agence pour la concurrence a vu ses pouvoirs acerus, Ia regulation a été renforeée dans les industries de réseaux, les professions réglementées et les secteurs de l'énergic, du transport et des assurances ont été ouverts a la concurrence. © Autre mesure emblématique du gouvernement de Mario Monti, la réforme du marché du travail. La loi dite Fornero entend introduire davantage de flexibilité sur le marché du travail en facilitant le recours au contrat & durée déterminge — tout en confirmant son caractére dérogatoire — et au travail temporaire termittent. Des incitations fiscales doivent favoriser la participat des jeunes au marché du travail, La loi promeut le recours au contrat & durée ini aus n des femmes et rminge « apprentissage » pour favoriser Pinsertion des jeunes sur le marché du travail, et introduit des réductions de 50 % de charges sociales & partir de janvier 2013 en cas d'embauche de seniors au chOmage depuis plus de douze mois ou de femmes au chémage depuis plus de six mois. Elle modifie également le dispositif en matiére de licenciement, et notamment l'article 18 de la loi de 1970 qui prévoyait un cumul de la réintégration et de Vindemnisation en cas de licenciement. Désormais, et conformément a la pratique en vigueur dans de nombreux pays européens, |"indemnisation prévaut sur Vimpératif de réintégration, sauf dans les cas particuligrement graves d’irmégularité ‘© Enfin, sur le plan de Péquité, P’évasion fiscale a été combattue, Grace au renforcement des contriles fiscaux et & la mise en place du systéme informatique Serpico permettant de mesurer I'adéquation entre le niveau de vie des contribuables et leurs déclarations fiscales, le Trésor italien a réussi & doubler le niveau des recettes liges a la lutte contre evasion, soit 7,2 milliards d’euros & la fin aodt 2012, Lobjectif est d”atteindre les 15 milliards euros miilliards en 2011 sur l’anné contre 7, Sous la pression des marches, Italie entend réduire son deficit budgétaire & marche forese. Or, Te pays est surtout malade de sa croissance et une cure budgétaire trop brutale risque de l’enfoncer tun peu plus dans la récession. Les efforts doivent one porter en priorité sur les mesures en faveur certainesréformes struc- turelles, comme celles qui touchent le marché du travail, prendront du temps. ll rea DOSSIER witalie : un destin européen => POUR ALLER PLUS LOIN Les enjeux complexes de I'immigration immigration étrangéreenltalieestsouvent présentée ‘comme relevant d'un phénoméne conjoncturel et de Vurgence, ainsi qu’en témoignent les traitements, édiatique et politique des récents sharchi* sur les, cétes siallannes. Limmigration est pourtant, depuls, lune quarantaine d'années, une donnée structure de |a société itallenne. De pays d'émigration massive Jusqu’3 la fin des années 1960, 'talle est entrée danse club des premiers pays d'accuel des popula tions évangéres en Furope, aux cbtés de Allemagne, de Espagne, de la France et du Royaume-Uni. Selon, les astimations de association Cartas, ly aurait actuellement prés de 5 millions ¢'étrangers résidant |égelement en tale. De terre de départ a terre d'accueil Cest en 1974 que le solde migratoire itallen devient posit Une lol datant de 'époque fasciste réglemente alors encore les flux d’étrangers dirigés vers la Péninsule. Il faut cependant attandre la fin des années 1980, avec la lol Martell, pour que Valle prenne conscience d'étre devenue un pays immigation. La loi Martelli insttue simultanément des freins & immigration étrangére et les premieres ossibilités pour les immigrés présents sur le territoire d'obtenir un permis de séjour, & travers deux opérations de régularisation, menées en 1986 et en 1990, Ces mesures, appelées sanatoria, permettent & 336 000 immigrés de régulariser leur situation Présentées d'abord comme exceptionnelies, elles deviennent ensuite une composante réguliére de la politique migratoite italienne, et plus généralement * Les abarci(itéralement, «dbarquements ») ont concerné irc 60000 personsesen 201 en provenance majriaieest Ae Libye ct de Tunisie, Ton si uo Inport cauvetire ‘nstagueet oe une cise dplomatique eEurope Le gouyer- nement Beriscon! ayant Aide d'atrboer dune parte de es migrants des permis de sour de coure dure fer permetant de fe placer au sein de oapace Schengen, "Camas est a ola ssciatoneathlign intervensat dane "ide aoe migrants lle publie chaque anne on rapport sur immigration, sud-européenne, Entre 1995 et 2003, par exemple, les régularisations italiennes ont concerné plus de 1,2 million de migrants. Les rappels & ordre suocessifs de |'Union européenne, souhaltant restreindre davantage l'acoés au territolre communautaire, ont rendu depuis les procédures de régularisation plus discrétes. II n'en reste pas ‘moins que Fltalie continue & régulariser plusieurs dizaines, voire centaines, de miliers de migrants selon les années, Ainsi, au 15 octobre 2012, a'arét de la demise opération de régularsation, quelque 120 000 dossiers avaient été déposés. Ges demiéres années, les flux migratolres dirigés vers Italie sont restés importants malgsé [a crise économique qui affecte le pays, a la diférence de Espagne, du Portugal et de I'rlande qui ont vu récemnment les chiffres de leur immigration chuter, Meme si ce sont les images des boat people arrivés dans ta clandestinité qui viennent & esprit ‘en premier, les migrants entrent généralement en Italie avec un visa pour le tourisme, les études ou les affaires, puis demeurent dans le pays apres son, ‘expiration, Selon la fondation ISMU (Iniziatve e stud sulla muttiemcita), la présence inéguliére - estimée € environ 544 000 personnes en Janvier 2010 - se situe a peu prés au méme niveau qu'au début des années 1990, Elle fluctue d’une année sur autre, notamment en fonction des opérations de régularisation. LintSgration récente de certains pays comme la Roumante et la Bulgarle dans l'Union ‘européenne a entrainé, de facto, une régularisation de leurs ressortissants. Les défaillances de l'intégration Si la plupart des immigrés sont done en regle du point de vue légal, ils ne sont pas pour autant Intégrés dans la société Italienne, Les possibités de renouvellement des permis de séjour ou d'obtention «d'un permis de longue durée, 'aco’s ala citoyenneté, le traitement des demandes de statut de réfugé et d'asile a lutte contre la discrimination sont autant Pee ee eee ene cerita) PON e eerie Goria de domaines dans lesquels Iitalle est défaliant, comme l'a observé & de nombreuses reprises le Conseil de l'Europe. La gestion des questions migatoires par Italie pose aussi probléme : les politiques dintégration wotées a échelle nationale sont souvent peu appliquées, dans la mesure oit ells sontrtement eiayées parles régions. CConcernant la présence des étrangers en Italie, le paysage migratore actuel se caracétise & la fois, pat le renforcement des anclennes communautés mmigatoies (Albanals, Chines, gyptiens, Marocains, Philippins, Sénégalas, Sri Lankais, Tunisiens) et Vaffmation de groupes artvés plus récemment (Equatoriens, Indiens, Moldaves, Péruviens, Polonais, Roumains, Uraniens). Stagissant de la composition de es flux par nationalité, immigration en ltalie est d'une grande diversi : elle se différencie des logiques bipolaires caractéistiques des migrations d'aprés- ‘ete en Europe occidentale - qui associaient par exemple Allemagne et Turquie, Fance et Maghreb ceca a eats ou encore Royaume-Uni et sous-continent indien. La distribution terrtoriale des migrants refléte les déséquilibres socio-économiques du pays : tes migrants résident pour la plupart dans le Nord (63,4 %), puis dans le Centre (23,8 %) et enfin dans le Sud (12,8 %). Les immiggés sont essentillement installés dans les principales ates ubaines et dans les régions les plus densément peuplées et les plus dynamiques économiquement, en particulier les cistricts industriel. opinion publique italienne a encore du mal @ accepter cette présence. Une enquéte de institut national de statistiques Istat, menée en jullet 2012, montre que 65 % des Haliens considérent que les immigrés sont trop nombreux. Force est toutefols de constater que cette présence est nécessalre au fonctionnement cu marché du travall. Les rangers constituent 8 % de a population italienne et 10% de ta mein-d'euvre, Alors que les nouveaux émigants ttallens partent &'étranger@ la recherche d'emplois qualinés et ts qualiiés, les immigrés étrangers een ein! DOSSIER witalie : un destin européen présents en Italie trouvent du travail dans les secteurs les moins qualifés tels que le batiment, agriculture, la petite industrie et comme employés de maison On assiste & la formation de véritables fiiéres d'emploi sexuées. Les hommes trouvent des emplois dans lindustie, 'agiculture, le batiment et le petit commerce, tandis que les femmes sont employées cde maison, en tant que colf ou badante?, Ce secteur est fondamental et explique en partie pourquot la migration étrangere en Italie est ts féminisée (52 % des résidents étrangers sont des femmes en 2011 selon I'stat),féminisation qui tend a se renforcer, La famille et les jeunes, deux enjeux cruciaux Officiellement au nombre de 750 000 en 2011, mals certainement plus nombreux car tous ne sont pas déclarés, les collaborateurs familiaux représentent a catégori c'emplal la plus importante parm les étrangers et une ressource cruciale pour le fonctionnement social et économique du pays. Il faut, pour comprendre leur role de pilier de ta farnill tlienne, revenir& la spécificité du systéme social italen, quise retache aux modes de weltare sud-européens dits « familalistes ». Ces modéles se distinguent notamment par le r6le central des solldarités familiaes, En Italle, ce systéme repose sur le principe selon lequel cst en premier leu 2 la famille d’assumer la charge des Individus nécassieux Les familesitalennes ont alors deux solutions pour répondre & la demande de soins résultant de la épendance de certains de leurs membres: faire Jover la solidarité familiale ou avoir recours & la main-d'ceuvre étrangére, chacune de ces solutions Sappuyant en grande parte sure travallfminin. Or, on assiste actuellement a une crise des solidarités farniliales, lie a la mobilté et & autonomisation crolssantes des femmes, tandis que le nombre de personnes dépendantes - en particulier les personnes dgées - ne cesse de croitre - environ > Goff: cllaborarice famille, Ce terme inca également ls femmes de menage; badane: iteralemeat, elueele« gu ‘eccupe» det mmees de a amile~ malades, pescanes Bes nvemant dessin Qe nmrtaa 90 000 personnes en plus chaque année. Face a cette tendance, le recours la main-d’ceuvre étrangére est nécessaite pour répondre & la demande de soins Ces migrations présentent un autre enjeu important dordre démographique, puisque la présence croissante de familles étvangéres a pour effet de freiner le veilissement de la population italienne. Les femmes étrangéres font des enfants plus tot que les taliennes et en font davantage. En 2008, rage ‘moyen au premier enfant était de 27 ans et 9 mois, pour les étrangBres et de 31 ans et 7 mois pour les italiennes. Dans le méme temps, le nombre moyen enfants par femme était de 2,3 pour les étrangres, et de 1,3 pour les Italiennes. Si la population ‘augment en tale, surtout dans les régions du Nord, cestdone bien du fait de immigration étrangere. La distinction entre habitants et citoyens se fat ins! de plus en plus forte en fale, Malgyé des prises de position de la part de certains parts politiques et ‘municipaltés tenues parka gauche (Génes, Bologne) en faveur du droit de vote des étrangers aux sentins locaux, i! leur est pour le moment impossible de Participer aux élections. Il est également difficile, Y compris pour les enfants d'immigrés étrangers,