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COPPEMNEWS 23/24

Bimestriel du Coppem, année 6 n.23/24 Nov 2006

PALERME 24/25 NOVEMBRE 2006

10èmeASSEMBLÉE GÉNÉRALE

L'ÉDITORIAL
DE PIERO FAGONE

COPPEMNEWS

bimestriel édité par le Coppem Enregistrement Tribunal de Palerme n°22 du 23/12/1986.

DIRECTEUR Fabio Pellegrini SOUS-DIRECTEUR Lino Motta DIRECTEUR RESPONSABLE Piero Fagone RÉDACTION Roberta Puglisi Giovanna Cirino Nino Randisi
redazione@coppem.org

TRADUCTION (en français) Flavia Marzialetti (en anglais) Stefania Di Caro Roberta Italia Alessandra Prudente Nicola Spagnolo (arabe) Sonia Yakoubi PROJET GRAPHIQUE Luigi Mennella IMPRIMERIE Officine Grafiche Riunite Palermo

COPPEM Via E. Amari, 162 90139 Palermo (Italia) tel. +39 091.662.22.38 www.coppem.org

INTERNATIONAL RELATIONS OFFICE Adnan Kahveci Bulvari No:78 Bahcelievler, Istanbul (Turkey) Tel: +90 212 441 10 95 www.anadolubil.edu.tr c/o Governorate Benha Kornish El-Nil st. 113111 Egypt tel: 0020.13.32.32.280 qalyubiya_gov@hotmail.com

Un “pépin” pour la paix. La reconnaissance que le Coppem confère, avec le Prix “Seme d'arancia” (Pépin d'orange), à deux personnalités de prestige telles que Madame Suzanne Mubarak et Carlo Azeglio Ciampi, pourrait trouver dans cette définition son sens le plus authentique et profond car la paix est la base indispensable pour entreprendre de réels processus de croissance et de développement économique, pour promouvoir la diffusion de la culture et réaffirmer les droits fondamentaux de l'homme et de la démocratie. En bref, une dimension nécessaire à la cohabitation civile et au progrès économique et culturel. Et c'est justement à tous ces caractères que semble s'être inspirée l'intense activité de la Première Dame égyptienne et du Président honoraire de la République italienne auxquels, aujourd'hui, les Villes et les Régions de 35 Nations adhérentes au Coppem entendent manifester leur plus vaste considération et souligner le rôle joué en vue de l'affirmation des valeurs de la solidarité et de la promotion humaine. Le pépin d'orange a, en Méditerranée, une valeur symbolique, toute particulière car il témoigne de rapports millénaires au sein de cette région et traduit efficacement la perspective de renaissance d'une zone si tourmentée. Le Coppem, dès le début de son activité, s'est fixé l'objectif de contribuer à la recomposition du tissu politique, social et économique du milieu méditerranéen en utilisant le levier formidable des autonomies locales, à même d'exprimer des formes modernes de coopération et de réaliser une vaste solidarité. A titre d'exemple nous pouvons citer certaines initiatives significatives: le Projet (promu par l'ONU) de coopération côtière entre certaines villes dramatiquement touchées par le terrorisme: Aqaba, Eilat, Gaza et Sharm-el-Sheik, celui qui voit l'Ismett (Institut méditerranéen pour les transplantations et les thérapies d'excellence) de Palerme se projeter vers toute la région et les pays arabes, et les Projets Ecomemaq pour la sauvegarde du maquis méditerranéen et Medins pour la tutelle de la culture immatérielle et la valorisation des territoires méditerranéens. Le point sur ces initiatives et sur d'autres déjà en chantier sera fait à l'occasion de la X Assemblée Générale qui sera ouverte, de manière significative, par la cérimonie de remise du Prix “Seme d'arancia”. Donc, en prenant la voie de la coopération et d'un engagement commun solidaire, les Pouvoirs locaux ont la possibilité de contribuer, de façon déterminante, à améliorer les conditions de vie des communautés concernées, à promouvoir le développement économique et la croissance civile et culturelle et, de cette façon, à faire progresser immanquablement les rapports entre les Etats. L'élargissement à l'Est de l'Union Européenne a fait naître la crainte que l'insertion des pays de l'Europe orientale porte préjudice à la politique de rééquilibre le long de l'axe Nord-Sud. Le vice-ministre des Affaires Etrangères d'Italie, Ugo Intini, dans une interview que nous publions dans ce numéro, nous rassure en disant que “il ne s'agit pas de deux processus destinés à se neutraliser réciproquement, et je dirais même le contraire, il est fondamental qu'ils aillent de pair selon une idée moderne d'intégration, qui concerne tant le secteur économique et commercial que l'aspect politique”. Intégration qui a son point de repère dans la politique de partenariat et, en particulier, dans les partenariats territoriaux, instruments opérationnels efficaces afin de réaliser de nouvelles perspectives économiques et politiques plus avancées. Coppem News, qui franchit la ligne d'arrivée du premier quinquennat de publications, a suivi avec une attention particulière l'évolution du Processus de Barcelone, a enregistré ses affirmations partielles et ses nombreux insuccès, mais a surtout mis en lumière les programmes élaborés et a donné voix aux sujets qui se sont mesurés dans le difficile pari de récupérer les valeurs de la coopération, de la solidarité et de la cohabitation dans la région méditerranéenne, en faisant pression sur la force et sur l'engagement des communautés locales. C'est à travers cette optique que le Coppem, en collaboration avec le Facm (Forum algérien pour la citoyenneté et la modernité), a approfondi, lors d'un congrès à Alger, les perspectives de développement de la coopération entre villes et régions euro-méditerranéennes. Coppem News s'est inspiré de ce congrès pour dédier un onglet sur la réalité de l'Algérie, pays traversé par de grands ferments de réforme moderne mais également théâtre de résistances qui freinent les processus d'avancement culturel, civil et économique. Tout comme pour le Congrès, cette initiative éditoriale a été réalisée avec le précieux apport du Facm.

NOUVEAUX CHEMINS POUR LE DÉVELOPPEMENT
RELANCÉ UN “PLAN MARSHALL” POUR LES PAYS DE LA RIVE SUD
DE SALVATORE CUFFARO PRÉSIDENT DE LA RÉGION SICILIENNE

de gauche: Adly Hussein, Salvatore Cuffaro, Salvatore Cilento

La remise du Prix “Seme d'arancia” à Madame Suzanne Mubarak et au Président honoraire de la République italienne Carlo Azeglio Ciampi revêt une importante valeur: avec cette initiative, le Coppem a voulu, d'un côté, remarquer l'engagement et le dévouement de deux grandes personnalités à la cause de la paix et à la promotion civile et culturelle des communautés en Méditerranée, de l'autre, elle a entendu placer les valeurs de cohabitation civile et de progrès auxquels aspirent les Villes et les Régions des deux rives. Le long de la voie du partenariat, d'importants objectifs de coopération et de solidarité, vraiment impensables en présence de l'incessant conflit au Moyen-Orient, sont en train de se réaliser petit à petit. La Sicile, le Coppem ont favorisé la mise en place d'un processus original de croissance globale qui fait pression sur d'importants secteurs tels l'organisation civile, la formation, les biens culturels et l'environnement, le tourisme, les activités productives et commerciales. Le Coppem est un instrument important pour le travail que la Sicile veut effectuer pour que la Méditerranée

redevienne une mer de paix, de développement et de solidarité. Du Maroc à l’Algérie, de la Grèce à Crète jusqu'à l'Egypte, Pays avec lequel nous avons lancé différents projets de partenariat, nous voulons continuer sur le chemin d'une efficace coopération solidaire, en réaffirmant le rôle de la Sicile comme force motrice pour la croissance de la Méditerranée. La Conférence de Barcelone, en établissant le partenariat euro-méditerranéen, avait indiqué trois grands domaines dans lesquels développer une importante coopération: la démocratie et la sécurité, le partenariat économique et financier, la coopération dans le domaine social et culturel. La réalité nous a imposé de nous mesurer avec d'autres impératifs: le terrorisme et l'immigration illégale. Après dix ans, en traçant le bilan, en grande mesure décevant, du Processus de Barcelone, un plan d'action commun en matière d'immigration et de justice et sécurité, thèmes qui ne figuraient pas dans la Déclaration de 1995, a été convenu. Rappelons que la Banque européenne des investissements (Bei) a été autorisée à affecter 1,5 milliards d'eu-

ros pour les prêts, l'assistance technique et les capitaux-risques à disposition d'entreprises de différents Pays de la rive sud. Et toutefois, si l'initiative de l'Ue n'aura pas d'essor et si les Autonomies locales ne seront pas pleinement impliquées, la date de 2010 pour la création prévue de la grande zone de libre échange pourra être difficilement respectée. Aujourd'hui, la Méditerranée est au cœur du débat politique et les problèmes qui tournent autour d'elle et en son sein concernent toute la communauté internationale. Je crois fermement, et je pense ne pas être le seul, qu'aujourd'hui tous les Gouvernements, toutes les régions doivent faire en sorte que tous les Pays doivent être mis en mesure d'assurer à leurs habitants, outre la liberté d'expression et de mouvement, la possibilité de satisfaire des nécessités fondamentales telles l'alimentation, la santé, le travail, le logement, l'éducation, sinon la frustration poussera de plus en plus les gens à devoir émigrer. Nous ne pouvons pas et nous ne pourrons jamais avoir la conscience tranquille si nous renvoyons les gens désespérés, qui arrivent dans le seul espoir d'une vie meilleure. En tant que Président de la Région, j'ai honte que tant de personnes à la recherche d'une aide soient considérées à l'instar de quotas à évacuer. La Sicile s'offre comme avant-poste, avec d'autres régions méditerranéennes européennes, de cette contre-offensive de la solidarité et de la vie, par rapport à une invasion pacifique mais inévitablement dramatique et déstabilisatrice. Nous devons mettre cette nouvelle “question méditerranéenne”, sans plus hésiter, au cœur de la politique étrangère communautaire. Celles-ci sont les motivations qui m'ont convaincu à lancer l'idée d'un plan de développement extraordinaire pour les Pays de la rive sud de la Méditerranée, un plan Marshall du troisième millénaire qui puisse devenir un exemple concret de solidarité.

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SUZANNE MUBARAK
«POUR SA GRANDE SENSIBILITÉ ET SON ENGAGEMENT CIVIL GÉNÉREUX PRODIGUÉS DANS LES MULTIPLES INITIATIVES CONDUITES SOUS LE SIGNE D'UNE SOLIDARITÉ EFFICACE, DE L'AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE VIE DES PLUS FAIBLES ET DE LA PROMOTION DE LA CONDITION FÉMININE”

Suzanne Mubarak

Suzanne Mubarak, Première Dame d'Egypte, est née dans la province égyptienne d'El Menya. Après avoir complété sa formation à l'école féminine Ste Claire, elle a obtenu une Maîtrise ès Sciences Politiques à l'Université Américaine du Caire en 1977. En 1982, elle a obtenu un Master en Sociologie. C'est justement la sociologie qui, depuis toujours, est l'un de ses intérêts et qui reflète son engagement inébranlable au service de la communauté. Pendant des années la Première Dame a contribué de façon significative au progrès de la société par le biais de l'institution et la sponsorisation d'innombrables associations et organisations non gouvernementales. Elle est la fondatrice et la Présidente de la Société de Soin intègre établie en 1977 au soutien des activités sociales, culturelles et éducatives pour les enfants et les jeunes et elle s'emploie pour instituer des bibliothèques pour enfants en Egypte. En 1991, la Première Dame lance une campagne nationale pour le programme étendu “Lire pour tous” qui s'est traduit avec l'amélioration des capa-

cités de lecture des enfants et des jeunes. Parmi ses nombreuses initiatives: l'institution de la Société égyptienne de l'Enfance et de Progrès – d'importance vitale dans la reconstruction des écoles après le tremblement de terre de 1992 – le Musée d'Histoire national pour enfants Suzanne Mubarak et le texte unique de la législation sur les mineurs. La loi définit le cadre des droits qui sauvegarde les mineurs, notamment à l'égard de ceux qui sont sans abri ou qui subissent des abus. Engagée dans la défense des droits des femmes, la Première Dame est également Présidente de la Direction de Conseil National de l’Enfance et la Maternité et du Comité National des Femmes. Elle est également connue pour ses formidables participations aux œuvres humanitaires. En qualité de présidente de l'Association Egyptienne du Croissant-Rouge, Madame Mubarak a été très active pour fournir une aide importante à la Palestine, au Soudan et à la Bosnie. A travers le Croissant-Rouge, Madame Mubarak a lancé avec succès la campagne nationale pour la transfusion de sang sain. Sur la scène internationale, Suzanne Mubarak est admirée pour ses contributions dans le cadre de la reconnaissance des droits des femmes et des mineurs. Elle a participé à d'innombrables conférences internationales y compris la Conférence sur la réforme économique pour les femmes africaines à Genève en 1992. Elle a été le principal rapporteur lors du Séminaire des Premières Dames africaines sur la condition des femmes et des enfants en Afrique ainsi qu'à la seconde session du Conseil spécial de haut niveau aux Nations-Unies à New-York en 1993. Son activité intense a obtenu de significatives reconnaissances également au niveau international. Parmi les prix qui lui ont été décernés, revêtent une importance particulière:

- Maurice Pate Award, décerné par le Comité Exécutif de l'Unicef pour son dévouement et son engagement pour la survie, la protection et le progrès des enfants (1989); - Honorary Fulbright Award, pour les activités dans le domaine du développement et de l'éducation des enfants (1992); - Enrique de la Mata International Prize for Peace par la Fondation Together for Peace, pour son engagement pour la promotion du développement des enfants et pour soulager les souffrances des victimes de catastrophes naturelles (1992); - Paul Harris Fellow, pour la collaboration offerte dans la promotion d'une meilleure compréhension et relations amicales entre les peuples du monde (1992); - Health for All Gold Medal, la distinction la plus élevée de l'Organisation Mondiale de la Santé, pour ses remarquables contributions en vue de la qualité de la vie des femmes et des enfants d’Egypte, ainsi que pour son engagement personnel pour l’effort international visant à intégrer le domaine de la santé dans le processus du développement; - International Book Award, remis par l'International Book Committee pour ses efforts exceptionnels pour la promotion de la lecture en Egypte (1995); - Prix Highest Honor de la Soka University (1995); Le Diplôme de doctorat en Loi de la part du Westminster College, New Wilmington, pour les formidables résultats obtenus en faveur du peuple égyptien et pour les nombreuses initiatives qui ont obtenu l'appréciation de la communauté internationale; - American World Book Association for Publication Award, pour avoir favorisé la publication de livres et pour son engagement dans la campagne “Lire pour tous”.

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COPPEMNEWS

CARLO AZEGLIO CIAMPI
“POUR AVOIR OFFERT, AVEC SON ACTIVITÉ INTENSE, UN EXTRAORDINAIRE TÉMOIGNAGE D'ENGAGEMENT POLITIQUE ET CIVIL DANS L'AFFIRMATION DES VALEURS LES PLUS ÉLEVÉES DE LA DÉMOCRATIE ET DE LA PAIX”

Carlo Azeglio Ciampi

Carlo Azeglio Ciampi, Président honoraire de la République italienne, est né à Livourne le 9 décembre 1920. Après deux maîtrises ès Lettres et en Droit obtenues à la prestigieuse Ecole Normale Supérieure de Pise (la première en 1941, la seconde en 1946), à vingt-six ans il fait partie de la famille toute aussi prestigieuse de via Nazionale: autrement dit il entre dans 'équipe très sélectionnée de la Banque d'Italie, engagé et appelé à prêter son service dans différentes filiales, en exerçant une activité administrative et d'inspection d'entreprises de crédit. En 1960 il est appelé à l'administration centrale de la Banque d'Italie, dans le Bureau d'Etudes, dont il a été le directeur en juillet 1970. Secrétaire générale de la Banque d'Italie en 1973, Vice-directeur général en 1976, directeur général en 1978, en octobre 1979 il a été nommé Gouverneur de la Banque d'Italie et Président du Bureau Italien, changements et fonctions qu'il remplira jusqu'au 28 avril 1993. D'avril 1993 à mai 1994 il a été Président du Conseil, en présidant un gouvernement appelé à

exercer un rôle de transition. Durant la XIII législature il a été Ministre du Trésor, du Bilan et de la Programmation Economique, des gouvernements Prodi (d'avril 1996 à octobre 1998) et D'Alema (d'octobre 1998 à mai 1999). Depuis 1993 Gouverneur honoraire de la Banque d'Italie et depuis 1996 membre du conseil d'administration de l'Institut de l'Encyclopédie Italienne. Il a recouvert de nombreuses importantes charges au niveau international, dont celles de: Président du Comité des gouverneurs de la Communauté européenne et du Fonds européen de coopération monétaire (en 1982 et en 1987); vice-président de la Banque des règlements internationaux (de 1994 à 1996); président du Groupe Consultatif pour la compétitivité au sein de la Commission européenne (de 1995 à 1996); Président du comité interinal du Fonds Monétaire International (d'octobre 1998 à mai 1999). D'avril 1993 à mai 1994, Ciampi a gouverné durant une phase de transition institutionnelle et économique difficile. Le référendum électoral et la conjoncture défavorable caractérisée par un ralentissement de la croissance économique exigeaient des réponses immédiates. Le gouvernement Ciampi a garanti l'application de la nouvelle loi électorale approuvée par le Parlement, à travers le travail complexe pour la détermination des collèges et des circonscriptions électorales et le passage d'un Parlement qui s'est rénové profondément entre la XI et la XII législature. Sur le plan économique les interventions les plus significatives ont été vouées à la constitution du cadre institutionnel pour la lutte contre l'inflation, à travers l'accord gouvernement-partenaires sociaux de juillet de 1993, qui a notamment mis fin à tout mécanisme d'indexation en identifiant dans le taux d'inflation programmée le paramètre de

référence pour les renouvellements contractuels. Par ailleurs, le gouvernement Ciampi a engagé la privatisation de nombreuses entreprises publiques, enélargissant et en précisant le cadre de référence normatif et en réalisant les premières opérations d'abandon (parmi lesquelles, dans le secteur bancaire, celle du Crédit italien, de la Banque commerciale italienne, de l'IMI). En tant que Ministre du Trésor et du Bilan des gouvernements Prodi et D'Alema, Ciampi a contribué de manière déterminante au respect des critères de convergence prévus par le Traité de Maastricht, permettant ainsi la participation de l'Italie à la monnaie unique européenne, dès sa création. Parmi les mesures les plus significatives de cette période rappelons la manœuvre corrective de la politique de bilan effectuée en septembre 1996 par le gouvernement Prodi, qui a permis un abattement de plus de 4 % de la dette nette des administrations publiques par rapport au produit intérieur brut, ce qui représentait le critère de convergence le plus difficile à atteindre pour notre Pays. Le 13 mai 1999 a été élu au premier tour, dixième Président de la République Italienne. Son mandat a terminé en mai 2006. Depuis le 15 mai 2006 il est sénateur de droit et à vie et il est inscrit dans le groupe Mixte du Palais Madame. Carlo Azeglio Ciampi est également l'auteur, outre de nombreux articles et interventions, également de certaines publications, dont nous signalons "Considerazioni Finali del Governatore della Banca d'Italia dal 1979 al 1993" (Considérations Finales du Gouverneur de la Banque d'Italie de 1979 à 1993), "Sfida alla disoccupazione: promuovere la competitività europea" (Défi au chômage: promouvoir la compétitivité européenne) et "Un metodo per governare" (Une méthode pour gouverner).

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UN PÉPIN POUR LA PAIX
LA CÉRÉMONIE DE REMISE À PALERME LE 24 NOVEMBRE
DE GIOVANNA CIRINO

Suzanne Mubarak, Première Dame égyptienne et Carlo Azeglio Ciampi, Président honoraire de la République italienne, sont deux personnalités euro-méditerranéennes particulièrement engagées dans la promotion du dialogue entre les peuples vivant sur les deux rives du Mare nostrum, qui depuis toujours nourrit et embrasse de nombreuses civilisations. Le Coppem, à l'occasion de sa X Assemblée Générale de Palerme, leur décernera le prix Seme d'arancia (Pépin d'Orange), comme reconnaissance pour l'activité qu'ils ont exercée, considérée comme un pont important entre les cultures islamique et oc-

cidentale. L'épouse du Président égyptien Hosni Mubarak, Présidente, entr'autres, du Conseil d'administration de la bibliothèque d'Alexandrie d'Egypte, et un des Présidents les plus aimés du Belpaese, retireront ce prix le 24 novembre à Villa Malfitano. Le Pépin d'Orange est une œuvre qu'Emilio Isgrò, poète visuel, peintre, artiste, qui jouit d'une célébrité internationale, a dédié aux peuples “de bonne volonté” comme signe de paix, prospérité et confiance en un futur plus juste. C'est une scuplture réalisée en tuf, résine, agrumes et déchets vulcaniques, donnée, le 21 mars du 1998, à sa ville natale Barcellona Pozzo di Gotto, province de Messine, avec une cérimonie en présence de 200 maires venus de l'Europe toute entière. Cette œuvre, d'une hauteur de plus de six mètres et exposée en plein air sur la place de l'Ancienne Gare, semble exploser du ventre de la terre sicilienne, lieu de la mémoire et de rencontre entre les cultures euro-méditerranéennes. Ce Pépin d'Orange révèle la maturité créative d'Emilio Isgrò et fait partie des “détails grossis” qui, comme les “lettere estratte” (“lettres tirées au sort”), représente une de ses étapes artistiques les plus importantes. Ce pépin a été grossi 9.000 fois: un géant de la nature qui s'impose dans un contexte urbain à requalifier, dans une ville qui

veut se libérer de l'indifférence et qui peut trouver, dans l'art, un instrument d'engagement civil. Le Pépin d'orange est un langage artistique, un signe qui unit l'Espagne, la Sicile, l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient, Israël et la Palestine, dans une mer unique. Un pépin qui n'est pas lié à l'ensemencement saisonnier mais qui se veut symbole éternel d'un parcours commun «pour ne pas se rendre à la dégradation et au découragement» pour utiliser les mêmes mots que l'artiste. «L'art, en tant que signe de renaissance et de rachat, est nécessaire dans tout processus de construction, précise Isgrò. J'espère que ce pépin continuera à germer au sein de tous les peuples de la Méditerranée et, qu'à l'ombre régénératrice de ce symbole, les jeunes pourront grandir sous le signe de la liberté et de la tolérance». La ville de Palerme expose depuis 2001, à Palazzo Ziino, une œuvre de cet artiste sicilien, intitulée “ La rotta dei catalani” dont les protagonistes sont des fourmies, humbles ouvrières de la paix, symbole de confiance en la vie, représentantes de cette ardeur méditerranéenne au travail, témoin d'un passé culturel qui a donné sa grandeur à cette zone du monde et qui se veut être le meilleur souhait pour un futur où la paix ne soit pas une utopie mais quelque chose qui puisse se construire chaque jour.

Emilio Isgrò

Artiste, écrivain et dramaturge, Emilio Isgrò est un sicilien qui vit à Milan mais qui retourne souvent sur son île. Après son début en 1956 avec son recueil de poèmes Fiere del Sud, il a dirigé, de 1960 à 1967, les pages culturelles du quotidien Il Gazzettino. En 1964, il commence à produire les célèbres Cancellature, en exposant dans des Musées et des Galeries prestigieuses à Munich, Hannover, Stuttgart, Bonn, Amsterdam, New-York, Turin, Anvers, Londres et Toyama. En 1985, il a réalisé à Milan, commissionnée par le Théâtre de la Scala, l'installation multimédia La veglia di Bach et, en 1998, le gigantesque Seme d'arancia, inauguré à Barcellona Pozzo di Gotto, dans la province de Messine, comme symbole de renaissance méditerranéenne à même de relancer les intentions sociales et civiles qui sont l'un des caractères les plus importants de l'œuvre de cet artiste. Plusieurs fois invité à la Biennale de Venise, il obtient en 1977 le premier prix à la Biennale de Sao Paulo. En 2001, la Ville de Palerme lui a dédié une grande exposition anthologique à Santa Maria dello Spasimo. Dans son histoire d'artiste, complexe et polyvalente, son activité d'écrivain et de dramaturge, consolidée par la création de la monumentale Orestea di Gibellina (1983/84/85) et par une série de romans et de livres en vers toujours accueillis avec la plus grande ferveur par le public et par la critique, revêt également une importance absolue. En 2003, il reçoit le Prix San Pellegrino pour la poésie avec son recueil Brindisi all'amico infame.

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COPPEMNEWS

ÉGYPTE ET ITALIE UNIS POUR LA PAIX
LA SATISFACTION DE L'AMBASSADEUR DU CAIRE POUR LA RECONNAISSANCE À SUZANNE MUBARAK

Ashraf Rashed, Ambassadeur de la République Arabe d'Égypte en Italie

Les relations entre l’Italie et l’Egypte se basent sur un maximum de confiance et de collaboration réciproque. La promotion de la part de l’Union Européenne de programmes de recherche, en collaboration avec les Pays de la rive Sud de la Méditerranée, a donné une forte impulsion à l’Egypte en faveur d’une plus grande ouverture à l'égard des Pays limitrophes. Surtout dans le domaine des Biens Culturels l’Egypte est depuis toujours parmi les principaux partenaires de l'Italie. En outre, de façon cohérente avec les critères établis alors, noir sur blanc, en 1995, par la Déclaration de Barcelone, les rapports entre ces deux Etats deviennent de plus en plus intrinsèques. Des accords bilatéraux de plus en plus intenses, donc, coopération et interaction et, surtout, un cheminement commun vers le Processus de Paix au Moyen-Orient. Ce sont certains des objectifs qui émergent de l’interview ciaprès de l'Ambassadeur de la République arabe d'Egypte, Ashraf Rashed, invité du Coppem, les jours derniers, en vue de l'arrivée de la Première Dame, Suzanne Mubarak, épouse du président égyptien Hosni Mubarak, qui sera à Palerme le 24 novembre prochain pour recevoir le prix “Seme d'arancia” (Pépin d’orange) pour son engagement au cours de ces années dans la promotion de la coopération entre les peuples de la Méditerranée et dans la poursuite des objectifs de paix et de justice. Monsieur l’Ambassadeur, dans le cadre des rapports entre l’Italie, la Sicile et l’Egypte, que pensez-vous de la remise de ce prix à Madame Mubarak? Nous sommes contents pour Madame Mubarak car le prix qui lui sera remis par le Coppem témoigne également d’une reconnaissance des efforts que l’épouse du Président est en train de faire pour le dévelopement et la coopéra-

tion entre le Nord et le Sud. Madame Mubarak encourage la culture de la Paix dans toute la région de la Méditerranée et donc la remise du “Seme d'Arancia” signifie que vous avez saisi la valeur d’un engagement prodigué avec constance et dédition. Madame Mubarak est fondatrice et présidente du Suzanne Mubarak Women's International Peace. De quelle façon cette institution affronte-t-elle le problème des droits des femmes? Madame Mubarak est une leader qui se bat pour donner voix aux femmes dans notre région. Il est important que les femmes aient les mêmes opportunités que les hommes, dans les études, la recherche et le travail afin d’améliorer leur condition. Je suis orgueilleux de pouvoir dire qu’en Egypte il y a de nombreuses femmes actives dans l’économie et que plus d’une femme est ministre du Gouvernement. Je voudrais ajouter que parmi les ambassadeurs égyptiens dispersés dans le monde, trente cinq sont des femmes. Nous devons certainement travailler encore pour une reconnaissance plus complète du rôle de la femme car nous retenons que ce rôle soit fondamental pour leur croissance tant au sein de la société que de la famille. Que pensez-vous du niveau actuel des relations entre l’Egypte et l’Italie? Je crois que les rapports entre l’Italie et l'Egypte soient fortement en expansion. Nous avons une histoire commune et des caractères semblables. En Egypte, les investissements italiens continuent de croître et, dernièrement, la Banque San Paolo a acquis la Banque Alexandrine. Je parle de cet événement uniquement car il témoigne la confiance que nous avons à l’égard des hommes d’affaires italiens. Il est clair que les investissements s’entrecroisent; par exemple, le propriétaire de la compagnie télépho-

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Suzanne Mubarak Women’s International Peace

nique Wind est égyptien. Quand je parle de similitudes entre les deux peuples, celui égyptien et celui italien je ne me réfère pas uniquement aux caractéristiques personnelles ou sentimentales, mais également aux profonds intérêts qui nous unissent. L'Egypte a eu le courage d’entreprendre la voie de la paix basée sur le droit international. A votre avis quel rôle sont en train de jouer ces deux Pays? L'Egypte et l'Italie doivent partager les mêmes objectifs pour continuer et intensifier le processus de Paix au MoyenOrient. L'Italie joue un rôle fondamental et déterminant. L’Etat italien a pris une position leader au Liban pour mettre fin à l'oppression, avec l'envoi des troupes de paix. Dans l’histoire, l'Italie a toujours eu une claire idée politique. La Paix et la résolution du conflit au Moyen-Orient sont encore loin. Du point de vue arabe quelle est la clef ? La clef pour obtenir la tranquilité, la

stabilité et pour mettre fin à la violence, est celle de résoudre le conflit palestinien. La reconnaissance de deux Etats, celui de la Palestine et celui d'Israël, conduirait à la paix et à la sécurité pour les deux peuples. En réalité, au cours de ces années, il n’y a jamais eu un réel processus de paix, à cause des différents accords non appliqués. C'est un moment historique où il n’y a aucun espoir, les gens souffrent et meurent. La seule certitude est que le problème ne peur être affronté par l’usage de la force. Il faut comprendre ce qui ne va pas, car il n’existe aucune justification plausible à la mort des civils. Vous parlez d’accords non appliqués. Les critères fixés par la Déclaration de Barcelone, selon vous, après dix ans, ont-ils atteint les objectifs? Le Processus de Barcelone a débuté en trois dimensions: Stabilité et sécurité, développement économique et culture. Malheureusement je dois constater que les objectifs n’ont pas été pleinement atteints.

Dans le processus de Paix au MoyenOrient, la Déclaration de Barcelone, pour déployer toutes ses potentialités, aurait peut-être dû rechercher un lien possible avec l’initiative des Etats-Unis? Les Etats-Unis et l'Ue ont un poids considérable dans le processus de paix. Les Etats arabes ont manifesté une position claire, en 2002, à l’occasion de la Conférence de Beyrouth. Alors, ils ont offert la paix en échange de la libération des territoires occupés et la reconnaissance des droits du peuple palestinien. A Beyrouth, les Etats arabes ont demandé au Président du Sommet de former un comité spécial, composé de certains de ses Etats membres et du Secrétaire Général de la Ligue des Etats arabes, avec le devoir de développer les contacts nécessaires afin d’assurer à cette initiative le soutien le plus ample au niveau international et notamment l’accord des Nations-Unies, du Conseil de Sécurité, des Etats-Unis d'Amérique, de la Fédération Russe, des Etats islamiques et de l'Union Européenne.

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COPPEMNEWS

SPÉCIAL ALGÉRIE

SPÉCIAL ALGÉRIE

INTERVENTIONS DE TAYBE ZITOUNI/ MOHAMED BEDJAOUI/ ABDELKADER GOUTI/ LINO MOTTA/ ZERFA ZAHIA/ NOURREDDINE SBIA/ AHMED BENBITOUR/ ABDELHAK LAMIRI/ ANDI/ FACM/ ZEROUALI YOUCEF/ MOULOUD MZEIANI/ZEROUALI YOUCEF,/ BABA-AHMED MUSTAPHA/FAHRI BOUMECHAAL/ABDELGHANI MEGHERI

L'histoire de la Méditerranée est en grande partie histoire de villes, de communautés intensément engagées non seulement dans les échanges commerciaux mais aussi dans la diffusion de la culture et de la science. Bref, un long fil continue à unir les différentes réalités de la Méditerranée, qui disposent aujourd'hui de nouveaux instruments pour étendre la coopération au sein d'une vision moderne du développement et de la croissance civile. Les Autonomies locales apparaissent comme le moteur d'un difficile processus inexorable de collaboration solidaire au sein d'un cadre, d'un périmètre tracé au niveau supranational. En somme, si l'Ue a ébauché la physionomie du Partenariat et a tracé les lignes d'une politique euro-méditerranéenne, ce sont les Villes et les Régions qui doivent fournir un contenu concret aux choix effectués au niveau des Etats. C'est justement le rôle des Pouvoirs territoriaux qui a été au centre d'une intéressante rencontre que le Coppem et le Facm (Forum algérien pour la citoyenneté et la modernité) ont tenu à Alger, sous le Haut Patronage du Ministre des Affaires Etrangères. “Perspectives de développement de la coopération entre les Villes et les Régions euro-méditerranéennes”: ce thème a été au centre des travaux et a servi de point de repère pour une analyse critique des politiques nationales et européennes en matière de Partenariat. D'un côté, la dimension internationale avec laquelle les pouvoirs locaux doivent désormais se mesurer, de l'autre, les rapports entre ces mêmes pouvoirs et les autorités centrales des Etats respectifs, alors qu'en arrière-plan incombent les thèmes très actuels liés à la paix et à la sécurité, authentiques questions préalables pour le développement économique et la croissance sociale et culturelle. Le congrès d'Alger a constitué également l'occasion pour une forte projection de la réalité algérienne, engagée dans la conquête de nouveaux objectifs le long du chemin de la modernisation et d'une cohabitation civile plus avancée. En s'inspirant de l'intense débat à Alger, “Coppem News” a jugé bon d'étendre l'analyse sur la situation de ce pays et sur les processus qui sont en train de la traverser. C'est ainsi que “Coppem News” non seulement a recueilli certaines des interventions les plus significatives enregistrées lors de cette rencontre mais il a également demandé à certaines personnalités illustres de tracer un profil des secteurs les plus importants de l'économie algérienne et d'illustrer les processus évolutifs gravés dans l'organisation civile et présents dans la société algérienne. C'est de cette façon qu'est née l'initiative de dédier, comme il l'a été fait par le passé pour d'autres pays, un “Spécial” dédié à l'Algérie et réalisé grâce à la précieuse collaboration du Facm.

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VILLES ET RÉGIONS SUJETS DE CROISSANCE
LE DÉFI DU CHANGEMENT BANC D'ESSAI POUR LES AUTONOMIES LOCALES
TAYBE ZITOUNI, MAIRE D'ALGER

Les collectivités locales subissent actuellement les contrecoups d'une crise structurelle induite par des mutations au niveau politique économique et socioculturel. L'enjeu actuel consiste en l'évolution contradictoire de la dynamique du système politique qui connaît des pesanteurs en son centre mais des transformations plus rapides à la périphérie. La problématique actuelle consiste à agir dans le sens d'enrailler les contradictions Induites par les changements politiques vers des objectifs de confortement de l'Etat et cela par la volonté des institutions et des hommes. Un Etat voire une nation ne peut se pérenniser se développer que par la faveur de ses structures et fondamentalement de ses assemblées élues. Les assemblées locales notamment constituant la pierre angulaire de l'édifice d'un état doivent impérativement assumer pleinement les prérogatives qui leur sont dévolues. Le ripage des prérogatives d'une assemblée élue, la dérive de sa démarche fait encourir le risque certain d'un désordre politique qui ne saurait soustraire l'Etat d'une déliquescence. Notre pays traverse actuellement une étape cruciale marquée notamment par un débat pluriel ponctué par des faits de conjoncture. L'intégration des mutations stratégique du pays dans le concert des faits de la mondialisation place la Commune a parer aux conséquences induite en aval et lui dicte l'obligation d'intervenir en amont a l'effet de répondre a la pression permanente de la demande sociale. Les assemblées locales aussi bien que le collège des élus ne doivent qu'y participer car il y va de leur devoir et de leur responsabilité nonobstant les attentes citoyennes du fait qu'elles constituent le principal objectif de leurs missions, le credo de leur préoccupation ne doivent aucunement entre occultés. La politique nationale a besoin d'un nouveau souffle voire même d'un second le citoyen algérien en dépit des difficultés quotidiennes est appelé à son corps défendant à s'impliquer, il doit assumer encore une fois sa responsabilité au titre de la nation qu'il constitue du moment qu'il l'a créée. Le devoir du citoyen consiste à ne pas délaisser le terrain politique et à participer pleinement à la mise en place d'un pouvoir politique qu'il reconnaîtra dans sa légitimité. A cet effet le cadre des assemblées locales constitue l'espace idoine d'expres-

sion de la volonté et des énergies. Le développement local consiste a intégrer les collectivités dans le processus de répartition de la richesse nationale, a cet effet il convient de procéder à une évaluation exhaustive de la situation actuelle qui prévaut au sein des assemblées qui constituent le principal outil d'essor régional. LES ASSEMBLÉES LOCALES DANS L'EFFORT DE DÉVELOPPEMENT: • A la lumière de la jeune expérience de démocratisation du pays il résulte à travers l'analyse de l'exercice du pouvoir local que les élus de la majorité quoique traditionnellement rompus à sa pratique ne semblent pas disposer d'une aptitude à se constituer unilatéralement en alternative de développement sans recours a la participation des tiers. • La mise a l'épreuve des autre composante de l'assemblée induit un apport substantiel dans la maturation de la décision. Ainsi il y a efficacité notable si cette même décision est soumise a évaluation et appréciation auprès de la population concernée. • Il ressort a travers l'expérience que les actes dans lesquels la participation des citoyens est intégrée la municipalité bénéficie d'une efficience dans le résultat, ainsi qu'une économie de ses ressources. • Le cas de décision du COVILLE a démontré que tous les programmes initiés en commun accord avec les représentants et les comités de citoyens ont non seulement eu l'agrément des citoyens mais aussi l’assurance de leur gestion. • Il est indéniable que le prétoire du COVILLE ne soit pas limité à une simple caisse d’enregistrement de la doléances ou de la demande mais doit constituer un espace d’écoute et de concertation citoyenne afin d’éviter que la commune en tant qu’édifice de base de l’Etat soit réduite a un simple résidu administratif. • Il est vital que le dispositif mis en place par l’Etat à la disposition des assemblées soit mobilisé à la faveur des citoyens. • La conjoncture économique politique et socio-culturelle exige l’entreprise d’un management des assemblées qui doit passer de l’étape de la gestion des moyens vers celle des contraintes. • La faiblesse des budgets des assemblées pourrait être pallié par un recours aux volontés et aux énergies locales. • Il y a lieu de considérer que le chômage croissant d’une grande frange de la population doit

être endigué par une intégration des catégories touchées et cela par le truchement de différentes formes d’organisation (associations coopératives…). • Il n’est pas exclu que les élus locaux se concertent avec leur pairs des autres assemblées autrement constituées à l’effet de conjuguer un effort commun de développement local ou régional et cela dans une vision de stratégie nationale ou de solidarité inter – Communale. LA GESTION DES ASSEMBLÉES LOCALES: Les objectifs assignés aux élus locaux dans le cadre des missions qui leur ont été assignées consiste en: • La gestion rigoureuse et efficiente des finances publiques locales. • La recherche de gisements financiers ainsi que la création de richesses au niveau local. • La mise en adéquation des actions des assemblées avec les attentes des citoyens par leur implication et leur association dans les décisions. • Le renforcement des outils de la communication à l’effet d’améliorer l’écoute des citoyens. •L’amélioration de la qualité dans les missions de service publique. • La création d’un espace de synergie dans la perspective de fédérer l’ensemble des potentialités animées de volontés d’améliorer leur environnement. • Une répartition équitable des ressources et une allocation efficiente par le lancements d’action de développement durable. • La réalité dans la gestion des objectifs ainsi exposés obéit a une logique de fonctionnement qui fait que la Commune est confronté régulièrement a la mise en œuvre de ces paramètre en adéquation avec la politique de l’Assemblée a l’effet de soulager la ville et ses citoyens des pesanteurs socioéconomiques. • L’entretient permanent des espaces urbains et l’environnement citoyens dicte au gestionnaire l’impérative mission d’adapter ses réflexes a la réglementation en vigueur toute en se mettant a la disposition de l’écoute de la population. • Cette tache délicate est surtout motivée par le fait que l’Elu de l’assemblée est en permanence a la recherche de la préservation de l’Etat social et de lui faire éviter de dériver vers l’Etat pénal. • La bonne gouvernance des administré ne pourrait avoir de sens que si l’élu municipal s’intègre dans des stratégie de développement durable avec une vision de sans se soucier des scores réalises.

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PARTENARIAT PLUS PROCHE DES CITOYENS
MOINS DE BUREAUCRATIE ET PLUS DE PARTICIPATION
MOHAMED BEDJAOUI, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ALGÉRIEN

Alger, Mosquée

L'Algérie est aujourd’hui un pays qui reste fortement lié au Partenariat euro-méditerranée par rapport aux modestes résultats atteints en thème de coopération. Le développement des Pays de la Méditerranée a besoin d'économies de marché compétitives, d'intégration régionale et de coopération effective entre tous les partenaires. Toutefois ce processus, selon le ministre des Affaires Etrangères, Mohamed Bedjaoui, apparaît faible, peu visible car, selon lui, nombre des instances n’ont pas réussi à impliquer les populations, les villes et les réseaux urbains des deux rives de la Méditerranée. «Aujourd’hui, si ce processus a de grands problèmes de visibilié, c’est parce qu'il est resté, il faut l'admettre, affirme Bedjaoui, prisonnier de rencontres officielles entre fonctionnaires et gestionnaires de pratiques bureaucratiques». Le processus euroméditerranéen a donc le devoir d’être soutenu par certaines interventions de correction qui, justement, lui confèrent toutes possibilités de succès auprès des premiers destinataires et bénéficiaires de ses réalisations, qui sont les populations, la société civile et d’autres organismes et acteurs locaux du développement. Le ministre des Affaires Etrangères est convaincu que «le partenariat, les échanges d’expérien-

ce en matière de politique managériale des villes, d’économie urbaine, de bonne gouvernance, de développement durable, de coopération décentralisée et de politique participative des citoyens, sont des secteurs capables de représenter de vraies passerelles afin de réussir à atteindre l’objectif principal qui est celui de créer une zone de paix et de prospérité partagée». «Ces échanges en faveur du développement local – poursuit le diplomate - et que nous espérons denses et rentables, seront, je le crains, insuffisants s’ils se limiteront à un flux de marchandises et de services et s’ils cachent ou négligent l’élément moteur, le facteur humain». En effet, pour être authentique et pleinement significatif, le partenariat global, tant au niveau officiel que moins formel des collectivités locales, des ONG et de la société civile, a besoin également d’être alimenté par un rapprochement entre nos populations, par une libre circulation des personnes et par un dialogue culturel permanent. «Il n’est ni cohérent ni productif que, alors que nous nous engageons dans un partenariat privilégié, se dressent entre nous des politiques restrictives en matière de circulation des personnes. Certainement, la conjoncture internationale est difficile et délicate, faite de tensions

et de divers défis, mais j’y vois plutôt un argument supplémentaire qui devrait nous pousser à unir nos efforts et à faire tout notre possible pour construire ensemble des ponts d’amitié et de compréhension entre nos peulpes et nos sociétés, et pour faire face aux tentatives de fracture et de discorde». «Je peux affirmer affirmer à ce propos que pour sa part, l’Algérie n’épargnera aucun effort pour contribuer au rapprochement entre nos ensembles et que son souhait est de pouvoir parler, un jour, d’un seul ensemble, l'ensemble euroméditerranéen. Notre forte conviction – soutient le ministre – est que le fait de s’intéresser à la coopération entre les villes, aux problèmes des citoyens, des municipaliés, des associations et des petites et moyennes entreprises, pourrait constituer une nouvelle façon de contribuer à la reconstruction de notre partenariat». A Barcelone, récemment, à l’occasion du sommet euro-méditerranéen entre les Chefs d’Etat et de Gouvernement, ils se sont accordés sur un certain nombre de mesures en faveur d’une meilleure ouverture de notre partenariat vers la société civile et ils invitent à de plus grands efforts en direction de la coopération transfrontalière et de la coopération décentralisée. «Je confirme, en outre - conclut Bedjaoui - que l'Algérie réitère sa disponibilité et son engagement envers la société civile, qui adhère, également, au concept de coopération transfrontalière, qui donnera tout son sens à notre proximité et qui ajoutera incontestablement, une dynamique nouvelle au partenariat euro-méditerranéen. Autrefois nos villes des deux rives de la Méditerranée constituaient une vraie pépinière pour les échanges et un fourmillement de cultures et de sciences, qui ont favorisé une formidable renaissance. Des villes comme Tlemcen, Bejaia, Cordoue, Séville, Venise, Fès, Le Caire ont certainement inspiré d’éminents penseurs, érudits et inventeurs. Ces derniers ont semé le fruit de leur savoir tout autour de la Méditerranée comme l'illustre Ibn Khaldoun dont cette année l’on commémore le six centième anniversaire de sa mort».

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ALGÉRIE CONTINENT À DÉCOUVRIR
L'INDUSTRIE TOURISTIQUE LIÉE À UN TERRITOIRE HÉTÉROCLITE ET RICHE EN TÉMOIGNAGES
ABDELKADER GOUTI, CHARGÉ D’ETUDES ET DE SYNTHÈSE, MINISTÈRE DU TOURISME

Alger

Mer, Montagne, désert: c’est sans doute ici, dans des modes de vie façonnés par le milieu, qu’il faudrait parler d’entité spécifiquement algérienne. L’Algérie est une terre multiple, ou l’art et l’histoire transparaissent indéfiniment. L’Afrique, l’Orient, la Méditerranée y fusionnent pour former un seul levain. En témoignent les innombrables constructions militaires, les monuments religieux et funéraire, les palais, les édifices publics et privés, sans oublier les riches collections d’objets de toutes sortes légués par ces aires de civilisation. Le tout parsème à foison un territoire dont le sous-sol n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets. Le visiteur ira à la rencontre de messages «vivants » que véhiculent ou abritent, immuables, les casbahs millénaires d’Alger, de Constantine et leurs légendaires maisons – terrasses, l’attrayante Kabylie et ses indomptables hameaux de crête sur la tranquillité desquels veille le majestueux Djurdjura, les Aurès historiques et leurs incomparables forêts de cèdres et d’aleps. Enfin, le Sahara unique et fascinant qui, à lui seul, constitue

tout un univers. Ici, la notion d’espace rejoint celle de l’absolu d’autant que rien n’est moins désert que le Sahara. Une vie intense s’y exprime sous de faux airs de néant: celle des éléments – sable, vent, soleil, pluie même – engagés dans une sculpture éblouissante de la nature ; celle de la faune et de la flore qui ont produit ici d’incroyables stratégies d’adaptation ; celle des hommes enfin dont le combat existentiel s’est traduit par l’intégration d’une spiritualité et d’une esthétique présentes dans les geste les plus anodins. Le Sahara est l’endroit ou la réalité se déguise en mythe. C’est aussi l’endroit où l’on peut vivre l’extraordinaires aventure de se découvrir soi-même la où pourtant les étendues sans fin devraient nous pousser à nous croire insignifiants. C’est au Sahara que se trouve le plus vaste musée au monde à ciel ouvert: des milliers de gravures et peintures rupestres dont les premières précédent de cinquante mille ans les pyramides égyptiennes. Ce n’est pas tout: les contrastes géographiques et climatiques sont si frappants en Algérie qu’il est des périodes ou les uns peuvent se baigner aux Andalouses (Oran) ou à Sidi –Fredj prés d’Alger tandis que les autres font du Ski à Chréa ou à Tikjda. Les sites naturels d’une beauté éblouissante y décorent avec magnificence des contrées ou le calme absolu se le dispute à un indicible espace en se conjuguant à la marche inexorable du temps. Tlemcen et son prestigieux passé de capitale Abdelwadite ; Constantine , L’Antique Cirta punique et romaine ; Annaba la coquette ; Médéa l’Altière ; Aflou et ses fameux tapis Djebel Amour ; Béjaia la Hammadite… Ces cités parmi tant d’autres présentent des tissus urbains aussi anciens que ceux d’Alger, d’Oran ou de Cherchell. Un pays s’exprime par son art. Formes, couleurs et matières traduisent le visage d’un peuple riche de traditions artisanales et artistiques. C’est une géographie gâtée par la nature, sédui-

sante à souhait, qui a permis, ici, de donner à l’artisanat d’art une inspiration inépuisable en allant à la rencontre de la civilisation –mère du Maghreb.Dans la poterie, par exemple, le répertoire abondant en symboles obéit à des lois strictes, de source multimillénaire.Pareille remarque est valable pour les autres arts populaires.Qu’il s’agisse d’une poterie des M’sirda (Nédroma), des Mâatkas (Kabylie) ou de Djemila (Sétif),d’un bijou des Béni-Yenni ou des Aurès, d’un plateau en cuivre ciselé de Constantine ou de Ghardaïa, d’un tapis du Djebel Amour ou des Nementchas, ce travail inspiré par la poésie populaire se plie à des règles ancestrales. Chaque objet présente une beauté à la fois plastique et mystique qui reflète, dans sa variété et ses richesses, l’Algérie tout entière. C’est dans ces arts populaires que se manifeste encore la pensée même qui engendra les civilisations méditerranéennes leurs philosophies et leurs croyances. D’une manière générale, il n’est pas une ville ou un village qui ne puisse s’enorgueillir de posséder un passé historique, un patrimoine archéologique classé, une station balnéaire ou thermale notoirement connus. Quand ce n’est pas le cas, on s’efforce, ici et là, de puiser dans quelque tradition orale ou de promouvoir une initiative culturelle. L’essentiel étant toujours de susciter le contact avec les autres, de nouer des relations nouvelles et de se donner l’occasion de traduire en actes concrets ce sens important de l’hospitalité. Que ce soit donc à Timimoun – l’Oasis rouge – avec sa verdoyante palmeraie et ses multiples trésors ; à Ghardaïa et sa pentapole à l’architecture originale ; à Tipaza, ancienne ville romaine de négoce, témoin patenté du souci religieux de l’époque avec sa multitude de nécropoles et de basiliques ; à Bejaia (l’Antique Naciria) et à Skikda, villes portuaires lumineuses ; à Oran, avec la mosquée du Pacha, ses fortifications espagnoles, le musée Demaeght ; à El –Kala et de son parc national ; à Batna et des gorges impressionnantes de Rhoufi ; à Timgad l’Antique ; à Lambaesis d’où se dégage une forte empreinte romaine – elle fut le camp de la troisième légion d’Auguste-, c’est,

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LE “CAPITAL SOCIAL” POUR LA ZONE DE LIBRE ÉCHANGE
VALIDITÉ DES PRINCIPES DE LA DÉCLARATION DE BARCELONE MAIS DE NOUVEAUX CONTENUS SONT NÉCESSAIRES
LINO MOTTA, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU COPPEM

Il y a quelques mois, nous avons célébré le dixième anniversaire de la déclaration de Barcelone à Barcelone et au Caire. L'opinion générale est qu'il faut introduire de profondes innovations dans la politique euro-méditerranéenne afin de pouvoir répondre pleinement aux objectifs préfixés. Pour le Coppem, les trois piliers de la déclaration de Barcelone demeurent valables: paix et sécurité; partenariat économique et financier; partenariat social et culturel. La question essentielle sur laquelle tout le monde doit réfléchir est que, bien que des résultats non négligeables aient été obtenus au cours de ces années, il reste encore beaucoup à faire. Les pays de la rive sud de la Méditerranée n'ont pas encore été mis dans les conditions d'aboutir à d'importants résultats dans la politique du développement. Nous tous le savons que le problème des problèmes est celui de la paix et de la sécurité. Sans la paix, il n'y a pas d'investissements ni de développement. L'engagement du Coppem, comme tous nos collègues le savent, a et doit de plus en plus viser à la création des conditions pour le dialogue et pour les solutions politiques des conflits; parfois les pouvoirs locaux et régionaux peuvent faire un pas de plus par rapport aux gouvernements nationaux. Mais la politique

Annaba

des contenus du partenariat euro-méditerranéen doit également subir des modifications substantielles. 2010 approche. La zone de libre échange prévue, peut-elle se réaliser dans ces conditions? Nous devons faire en sorte que la formation du “capital social” prime, en valorisant les territoires et les ressources productives et intellectuelles. Il n'existent pas de modèles préfabriqués dans une politique de développement. Chacun part de sa propre réalité, mais il faut un grand effort de la

part de l'Europe pour seconder le développement durable. Récemment, le Coppem a ouvert ses bureaux au Caire, à Istanbul, à Rabat et d'autres bureaux de représentation sont prévus à Bruxelles, à Poznan et à Dubaï. Pourquoi pas à Alger? Réfléchissons la-dessus. Le Coppem considère l'Algérie un pays stratégique pour la politique euro-méditerranéenne. Avec nos collègues algériens, nous chercherons à donner notre contribution à la croissance de ce grand État.

chaque fois, invariablement, vers une seule destination que l’on se rendrait: l’Algérie dans toute son authenticité, sereine et vivace à La fois. L’ALGÉRIE DESTINATION ALTERNATIVE ET D’AVENIR Le Bassin Méditerranéen, région la plus visitée dans le monde, commence à atteindre des seuils de saturation inquiétants, sur le double plan de la fréquentation touristique et la surexploitation des sites. L’Algérie, est l’un des rares pays Méditerranéens qui fait exception à cette situation, en raison de la préservation quasi-totale de son patrimoine naturel et cultuel. Par ailleurs,de part l’étendue de sa superficie, recelant des espaces et des sites touristiques diversifiés, de part également la richesse de son patrimoine culturel matériel et immatériel, de son histoire et de sa civilisation, l’Algérie est qualifiée aujourd’hui par les spécialistes du tourisme Mondial, comme étant la destination touristique alternative et d’avenir dans l’espace Méditerranéen. Cette affirmation est étayée par les constats suivants: 1. L’Algérie, terre de tous les tourismes, grâce à l’existence d’un gisement touristique exceptionnel, pouvant être transformé à terme, en une offre touristique.

Concurrentielle, capable de satisfaire les motivations d’un large segment du marché international des voyages. La destination Algérie, épouse ainsi parfaitement les qualificatifs: diversité, originalité, Authenticité. 2. La richesse du patrimoine culturel, historique et civilisationnel fait de l’Algérie un véritable carrefour des civilisations et terre de prédilection du tourisme culturel et cultuel de plus en plus recherché. 3. L’existence de l’un des plus beaux Sahara au monde, renfermant des sites classés patrimoine Mondial et réserve de la biosphère, comme la région du Tassili, connue comme étant le plus Grand Musée à ciel ouvert dont la notoriété est avérée dans le domaine du tourisme d’aventure et de dépaysement. 4. La proximité de l’Europe, peut être également considérée comme un élément d’attractivité supplémentaire. 5. Et enfin la volonté des pouvoirs publics de développer le tourisme et de rehausser ce secteur au rang des secteurs créateurs de richesses, dans le cadre de la mise œuvre d’une stratégie décennale de développement du tourisme en Algérie. Cette stratégie accorde au volet encouragement de l’investissement la priorité des priorités afin de rattraper le déficit en lit que connaît le tourisme en Algérie et évalué à environ 120 000 lits nouveaux.

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LES INSTRUMENTS DU MARCHÉ FINANCIER ALGÉRIEN
LA PERSPECTIVE DES RÉFORMES POUR L'AFFIRMATION DE L'ÉCONOMIE DE MARCHÉ
ZERFA ZAHIA, ENSEIGNANTE EGB, CADRE À LA COSOB

La création d’un marché financier en Algérie constitue un axe important des réformes économiques devant doter le pays d’instruments économiques et financiers modernes à même de contribuer efficacement à l’avènement d’une économie de marché. Son développement doit collaborer à assurer la transition vers un financement plus concurrentiel de l’économie nationale et une incitation à l’épargne publique destinée à l’investissement productif dans le cadre d’un marché financier fluide, transparent et concurrentiel. Le chantier de mise en place de ce marché a débuté en 1990, cependant il n’est devenu opérationnel qu’en 1998. Ce décalage temporel a permis de réunir les conditions préalables à l’émergence du marché financier tant sur le plan juridique que sur le plan institutionnel. Au plan juridique, cette étape a été marquée par la modification en 1993 du code de commerce qui a introduit de nouveaux instruments financiers en énumérant les différents types de valeurs mobilières pouvant être émises par les sociétés par actions, ainsi que la promulgation du décret législatif n°93-10 du 23 mai 1993 relatif à la bourse des valeurs mobilières qui constitue la loi cadre du marché financier Algérien. Au plan institutionnel, cette même étape a été caractérisée par la mise en place des institutions de fonctionnement du marché à savoir: • La Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse «COSOB», chargée de la régulation du marché et ayant pour principale mission de surveiller et d’organiser le marché des valeurs mobilières en vue de protéger les épargnants; • La Société de Gestion de la Bourse des Valeurs «SGBV», constituée en la forme de société par action dont le capital est souscrit par les intermédiaires en opérations de bourse chargée de la gestion des transactions en bourse; • Les intermédiaires en opérations de bourse chargés de la négociation des valeurs mobilières; • Une société d’investissement à capital variable.

Le lancement de la toute première opération de placement de titres en public est intervenue en 1998 à travers un emprunt obligataire émis par la SONATRACH proposant une rémunération très attractive, soit un taux d’intérêt fixe de 13% par an. Suivront trois opérations d’émission d’actions par les entreprises publiques économiques: ERIAD SETIF –augmentation de capital de 20%-, le groupe pharmaceutique SAIDAL et L’EGH EL AURASSI –ouvertures de capital de 20%-. Avec l’entrée en activité du marché boursier d’Alger en septembre 1999, ces actions tout comme l’obligation SONATRACH, ont été introduites officiellement à la cote, donnant ainsi naissance au parquet de la bourse d’Alger et marquant de ce fait un tournant significatif dans la concrétisation des réformes économiques. L’activité boursière est passée de 108 millions DA en 1999 à 720 millions de DA en 2000 avant d’amorcer une chute du volume des transactions qui a atteint en 2005 le niveau dérisoire de 4 millions de DA. Cette situation est due essentiellement au nombre insignifiant des titres cotés et à la faiblesse des taux de rendement des actions qui se situaient à des niveaux inférieurs aux taux créditeurs servis par les banques. Cinq ans après son lancement, le constat est que la bourse d’Alger est restée dans un état embryonnaire, ce qui a amené les autorités publiques à mettre en place à partir de la fin de l’année 2003 une série de mesures visant à favoriser la relance du marché financier Algérien. En effet et à partir du dernier trimestre de l’année 2004, après la promulgation de la loi 03-04 du 17 février 2004, modifiant et complétant le décret législatif 93-10, une dizaine d’entreprises ont eu recours à l’émission d’emprunts obligataires pour financer leurs besoins d’investissement à moindre coûts en évitant le risque de change et de taux puisque l’entreprise ne paye pas la prime de risque liée à la notation du pays. Citons parmi ces entreprises: SONATRACH, Air Algérie, SONELGAZ, l’ENTP, l’ENAFOR, CEVITAL, Algérie Télécoms, la Société de Refinancement Hypothécaire et l’Arab

Leasing Corporation. Le montant total des obligations émises à atteint 140 milliards DA et est négocié sur un marché de gré à gré, excepté les obligations SONELGAZ qui ont fait l’objet d’une entrée en bourse en date du 29 mai 2005. L’année 2004 à été marquée par un autre fait saillant visant à donner un nouveau souffle au marché financier Algérien et à moderniser son fonctionnement. Il s’agit de la mise en place d’un dépositaire central des titres dénommé Algérie Clearing et qui représente le dernier maillon essentiel à la chaîne pour permettre par une gestion dématérialisée des titres, un fonctionnement du marché selon les standards internationaux en termes de délais et de sécurité de traitement des opérations. Dans le même ordre d’idées, il convient d’indiquer que le conseil des participations de l’Etat (CPE) avait opté en 2004 pour la privatisation partielle en bourse de onze entreprises du secteur public par vagues de 3 à 4 entreprises, ces ouvertures de capital sont censées servir à relancer l’activité du marché boursier. Ainsi, le passage à la dématérialisation des titres, le lancement d’une série d’emprunts obligataires et la confection d’une liste d’entreprises à privatiser par le biais de la bourse sont autant d’actions initiées durant cette dernière période afin de promouvoir le marché financier Algérien. Il faut rappeler que le marché financier Algérien est à ses débuts et qu’il évolue dans un environnement où la culture boursière est encore très insuffisante et dans un système financier en pleine mutation. Dans ce cadre, l’Algérie est appelée à développer davantage le marché financier à travers notamment, un plan de privatisation d’une certaine ampleur, la cotation de certaines valeurs phares, la densification du marché obligataire, la mise en place d’un cadre adéquat pour le marché de gré à gré et le développement d’un second marché pour les petites et moyennes entreprises. L’objectif escompté est de parvenir à ériger une place financière à même d’assurer un apport considérable dans le financement des entreprises.

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L'ALGÉRIE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE
LES STRATÉGIES POUR ASSURER AU PAYS UNE PRÉSENCE INFLUENTE À L’ÉTRANGER
NOURREDDINE SBIA, ECONOMISTE, PRÉSIDENT DU FACM

Timgad

L’Algérie a engagé des actions d’envergures sur plusieurs plans. Ces actions ont consisté particulièrement: • En la restauration de la sécurité, la consécration de la concorde civile et la réconciliation nationale ; • En l’institution d’un dialogue social comme méthode de Gouvernance, induisant une plus grande implication du citoyen dans la gestion des affaires publiques, à travers le mouvement associatif ; • En la promotion de programmes sociaux innovant, à savoir la mise en place notamment: 1. de nouvelles formules en matière de logements (tels que l’AADL) ; 2. et les nouveaux dispositifs d’emploi et de protection sociale. • En l’initiation et la mise en œuvre de grands chantiers de réformes; • A réunir les conditions nécessaires à la relance économique; • Et enfin, à la réinsertion de l’Algérie sur la scène mondiale à travers notamment: a) La présence significative de notre pays dans les grands forums mondiaux ;

b) La participation active à l’édification du NEPAD (New Economic Partnership for African Development) ou nouvelle initiative pour le développement de l’Afrique; c) La conclusion de l’accord d’association avec l’Union Européenne ; d) Les initiatives d’adhésion de l’Algérie aux espaces économiques régionaux, tels que l’association européenne de libre échange (AELE) et les zones de libre échange maghrébin et arabe ; e) Ainsi que la relance et l’accélération du processus d’adhésion de l’Algérie à l’OMC qui demeure un choix stratégique et incontournable pour notre pays. Les exigences de cette réinsertion dont la configuration s’appui notamment sur le triptyque: • accords d’association avec l’Union Européenne; • adhésion à l’OMC ; • et adhésion aux espaces économiques régionaux de libre échange, fondent la stratégie algérienne d’intégration à l’économie mondiale. Cette stratégie devra se traduire par une double injonction: • une action soutenue de mise à niveau, de renforcement du potentiel de compétitivité de notre

économie, de maîtrise de la gestion et de bonne gouvernance en tant que norme et facteur de stabilisation politique et en tant que référence pour toute modernisation politique, économique, culturelle et sociale ; • et des changements profonds des attitudes comportementales et intellectuelles de nos ressources humaines qui devront accompagner le processus de mutations structurelles en cours. Cette structure dichotomique nécessite, pour sa mise en œuvre, l’élaboration de stratégies tenant compte des enjeux actuels: • articulant le politique, l’économique et le social, • et impliquant les élites, les compétences et les scientifiques, afin de produire une pensée structurante et efficiente, capable de lire et d’accompagner les mutations que le pays a engagé, dans l’espoir de construire un Etat moderne et une société ouverte à l’universalité. La réflexion approfondie, globale et exhaustive, en cours, permettra à coup sûr, de tracer les grandes lignes d’une action concertée des pouvoirs publics et de la société civile à la faveur d’une réinsertion harmonieuse de notre pays dans la scène mondiale.

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SPÉCIAL ALGÉRIE

LA DIFFICILE VOIE DES RÉFORMES
LA BONNE GOUVERNANCE CLEF DE VOÛTE DU PROCESSUS DE CHANGEMENT
AHMED BENBITOUR, ANCIEN CHEF D'ÉTAT

L’Algérie ainsi que l’ensemble des pays de la Région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, apparaissent comme les grands perdants de la globalisation. Effectivement les pays de cette région ont enregistré durant les deux dernières décennies la stagnation économique et la lassitude des élites. Pourtant dès la moitié des années ‘1980, l’Algérie s’est engagée sur la voie «conseillée » par les Institutions Financières Internationales, dans le mouvement de la globalisation marquée par le « Consensus de Washington », à savoir: • la stabilisation macroéconomique, • l’ajustement structurel, • la privatisation. De même que des réformes institutionnelles en vue de la «bonne gouvernance». L’Algérie a réussi dans la mise en œuvre de la stabilisation macroéconomique. Par contre le pays a enregistré de faibles performances dans l’ajustement structurel, la privatisation et les réformes institutionnelles. Par ailleurs, l’étude de l’économie algérienne, sur la période 1970-2002, permet de constater que cette économie a enregistré une forte croissance économique durant la période 1970-1985 et une faible croissance, sinon une stagnation durant la période 1985-2000. (6% par an en 1970-1985 et 1,3% depuis 1986, c’est à dire moins que les 2,2% de croissance démographique, soit une croissance négative du revenu per capita de –0,9% par an pendant 15 ans !). Pourtant, les autorités du pays ont adopté, durant la première période, des politiques économiques dont tous les éléments s’opposent aux mécanismes de marché tels que décrits dans la littérature de l’économie libérale: contrôle du crédit, maintien de taux d’intérêts réels négatifs, manipulation des taux de change, contrôle et subvention des prix, contrôle du commerce extérieur, intervention de l’Etat dans tous les secteurs d’activités économiques, choix du modèle structuraliste de l’import-substitution etc. Durant la deuxième période l’Algérie a connu la mise en œuvre de réformes économiques importantes. Comment expliquer cette double contradiction dans: • le succès de la stabilisation macroéconomique

et l’échec des réformes du secteur réel, • la croissance économique d’avant les réformes et la stagnation d’après les réformes? L’objet de cette présentation est d’étudier l’expérience algérienne dans la gestion des réformes pour proposer des réponses à cette double question. Par cette présentation je vais essayer de partager avec vous quelques conclusions tirées de mon expérience dans la participation à la conduite des réformes économiques en Algérie durant les quinze dernières années. Jusqu’à la fin des années ’1980, l’Algérie était caractérisée par: • un système autoritaire de parti unique, sur le plan politique, • un système d’économie administrée, sur le plan économique. Deux événements vont servir de démarreur aux réformes politiques et économiques. Ce sont la chute du prix du pétrole en 1986 qui a fait tomber les recettes d’exportations de US$ 12,7 Milliards en 1985 à US$ 7,9 en 1986 et les manifestations d’Octobre 1988. Pour faire face à ces deux situations, les autorités algériennes se sont engagées dans un important programme de réformes économiques avec l’appui de la Banque Mondiale et le F.M.I. ainsi que dans une révision de la Constitution pour autoriser l’existence de plusieurs partis politiques et ouvrir la voie à la démocratie. Ce fut le début d’une double transition: • une transition politique pour le passage d’un système autoritaire de parti unique à un système démocratique avec plusieurs partis. • une transition économique pour le passage d’une économie administrée vers une économie de marché. Au départ s’est posée la question du rythme de mise en œuvre des réformes: thérapie de choc ou gradualisme? L’option retenue par les autorités algériennes était la thérapie de choc forte dans les réformes politiques et le gradualisme lent dans les réformes économiques. Autrement dit on a voulu aller très loin dans la transition vers la démocratie: naissance d’une soixantaine de partis politiques, liberté de la presse, ouverture du champ médiatique. Cette thérapie de choc démo-

cratique a permis à un seul parti de canaliser le mécontentement et se présenter comme seul capable d’enlever la légitimité de l’ancien système. Mais alors, il aurait utilisé la démocratie pour installer un régime théocratique, totalitaire. De ce fait, le processus électoral était en voie d’aboutir à la confiscation du processus démocratique. La question qui s’est posée alors, était: fallait-il interrompre le processus électoral pour sauvegarder le processus démocratique même si cela devrait engendrer la violence terroriste ; ou bien laisser faire et aboutir à une confiscation du processus démocratique? Donc l’interruption du processus électoral était vue par ses promoteurs comme un acte de sauvegarde du processus démocratique. Ce fut l’arrêt du processus électoral avant le deuxième tour du scrutin. A l’opposé, il y a eu beaucoup d’hésitations dans la mise en œuvre des réformes économiques, c’était la frilosité, en particulier en ce qui concerne le règlement du problème de l’endettement extérieur et la restructuration du secteur productif public. Au plan institutionnel, les réformes économiques ont notamment touché l’autonomie des entreprises publiques, l’organisation du commerce extérieur et l’abolition des monopoles de juré, la privatisation de l’agriculture, l’assouplissement des relations de travail, la libéralisation des conditions de l’investissement privé, la mise en place de nouveaux mécanismes de protection sociale. Au plan macroéconomique, elles ont englobé la politique du crédit, la structure et le niveau des taux d’intérêt, le taux de change, la politique fiscale, la libération des prix. Effectivement, la part des prix libres dans l’indice des prix est passée de 10% en 1988 à 77% à fin 1993. Cette libération des prix ne s’est pas accompagnée d’une inflation galopante et ceci grâce à la politique monétaire mise en œuvre qui a permis l’absorption de l’excédent monétaire. Le rapport de la masse monétaire (M2) au Produit Intérieur Brut (PIB) est passé de 88% en 1988 à 53% en 1993. Le taux de change est passé de 4,85 DA / US$ en 1987 à 24 DA/ US$ en 1993. C’est cinq fois sa valeur nominale. Par rapport à un niveau 100 en 1985, le taux de change réel n’était plus que 30 à fin 1992. C’est

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une dépréciation réelle importante pour un pays qui enregistre un excédent de la Balance du Compte Courant. C’est un effort d’autant plus important qu’il était accompagné d’une libération des prix et des taux d’intérêt et que la contrainte devises imposait aux entreprises de s’approvisionner en intrants à crédit aggravant de ce fait leur surendettement par les pertes de change. Au plan fiscal, il y a eu la mise en place de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) et la simplification de l’impôt sur le revenu. Si cet effort de maîtrise de la gestion globale de l’économie a eu pour effet d’éviter la dégradation de l’activité économique qui a accompagné ce type de réformes dans d’autres pays, il n’a malheureusement pas permis l’atteinte des taux de croissance économiques nécessaires à la stabilité sociale et politique. Le taux de croissance moyen en termes réels du PIB a été de +0,4% entre 1988 et 1993, bien inférieur aux 6% nécessaires. Le pays s’est efforcé à maintenir sa solvabilité et son image de marque sur les marchés financiers internationaux au prix de sacrifices importants à des moments cruciaux de son histoire. En effet pour faire face à leurs engagements au titre de la dette extérieure, les autorités algériennes ont dû s’imposer une austérité très contraignante, matérialisée par des excédents importants de la Balance Commerciale. Les importations de 1992 ou 1993 représentaient en volume la moitié de leur niveau de 1985! Durant les trois années 1991-93 qui ont précédé le rééchelonnement de la dette extérieure, c’est à dire en plein crise politique, économique et sociale, l’économie algérienne a dû réaliser des transferts nets (paiement du principal et des intérêts moins nouveaux crédits) de l’ordre de neuf (9) milliards US$ soit une moyenne de trois milliards US$ par an. Ceci est rendu possible grâce à un excédent de la Balance Commerciale de 10,6 Milliards US$, soit une moyenne annuelle de 3,5 milliards US$. Le ratio du service de la dette extérieure est resté supérieur à 50% pendant dix ans et a enregistré une moyenne annuelle de 75% durant les six années qui ont précédé le rééchelonnement. Ainsi par son effet sur le volume des importations et par conséquent la baisse de l’appro-

visionnement du secteur productif et de l’économie en général, le traitement de la dette extérieure a présenté une contrainte majeure à la croissance économique. Il a également réduit les effets positifs des réformes économiques. De fait la population a eu à subir les effets perturbateurs des réformes économiques sur les circuits de distribution et les circuits de production sans bénéficier de la croissance et la création d’emplois attendues. Le nombre de chômeurs avait atteint 1,5 millions et il devait arriver 250 000 jeunes chaque année sur le marché du travail. C’est pour faire face à de gros risques d’aggravation des problèmes que le gouvernement algérien s’est engagé, à partir de 1994, dans un programme d’approfondissement des réformes économiques appuyé par un Accord de Confirmation d’un an suivi d’un Accord de facilité de financement élargi de trois ans avec le Fonds Monétaire International. Ces programmes ont permis un traitement approprié de l’endettement extérieur dans le cadre du rééchelonnement de la dette extérieure au Club de Paris et au Club de Londres. C’est donc la rectification vers une politique graduelle dans la transition politique et sans aller dans la thérapie de choc en économie, marquer un pas décisif vers les réformes économiques par la libéralisation du commerce extérieur, la convertibilité commerciale du dinar, le programme de lutte contre l’inflation, le rééchelonnement de la dette extérieure et le maintien des équilibres financiers intérieurs et extérieurs, à partir de 1994. A la fin de la décennie ’1990, l’économie algérienne continuait à être déprimée avec un niveau faible des importations, des dépenses budgétaires insuffisantes et mal affectées, une augmentation du taux de chômage et une baisse du revenu réel et du niveau de vie. L’économie était plus fortement dépendante des recettes pétrolières dans le financement du Budget de l’Etat. La dépendance alimentaire s’est aggravée. La baisse du pouvoir d’achat devenait une contrainte effective à la relance de l’économie par le secteur privé. Les infrastructures de bases se sont détériorées de façon importante. L’économie informelle

s’est accrue. Malgré une stabilisation macroéconomique bien établie, une aisance financière jamais égalée auparavant et le règlement du problème de l’endettement extérieur, l’économie algérienne est toujours en attente du lancement des réformes de «deuxième génération». Cet exemple montre que si la stabilisation macroéconomique est une condition nécessaire à la relance économique, elle n’est pas suffisante. L’Algérie a très bien réussi son programme de stabilisation macroéconomique, pourtant la croissance économique nécessaire aux règlements des problèmes sociaux n’est pas au rendez-vous, parceque les réformes structurelles du secteur réel n’ont pas été mises en œuvre au rythme nécessaire. Comment expliquer par cet exemple, la réussite dans la mise en œuvre de la stabilisation macroéconomique d’une part et l’incapacité à lancer les réformes structurelles dans le secteur réel, d’autre part? Je propose trois critères pour répondre à cette question: (i) – la nature des ressources disponibles dans l’économie, (ii) – la gestion de la mise en œuvre des réformes, (iii) – le rapport de forces entre les gagnants et les perdants, au regard du processus de décision. 1. Explication du succès de la stabilisation macroéconomique: 1.1. LA NATURE DES RESSOURCES DISPONIBLES: Les hydrocarbures jouent un rôle important dans l’économie algérienne. Ils représentent plus de 95% des recettes d’exportations et plus de 60% des recettes fiscales. De ce fait, la politique du taux de change a permis de réaliser les objectifs budgétaires et de Balance de Paiements sans mesures coercitives. Le glissement du taux de change ; 4,70 DA/US$ en 1986, 35,09 DA/US$ en 1994, 66,64 DA/US$ en 1999 ; a permis de maintenir un niveau croissant de recettes fiscales grâce à la fiscalité pétrolière, ce qui a rendu possible une politique de transferts sociaux plus généreuse pendant l’ajustement tout en réalisant l’équi-

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libre budgétaire et même des excédents! Ce même glissement du dinar a permis le maintien du volume des importations à leur niveau d’avant les réformes malgré la libéralisation du commerce extérieur et par conséquent une meilleure réponse aux choix des consommateurs tout en réalisant l’excédent de la Balance Commerciale pour poursuivre la politique de désendettement extérieur. 1.2. LA GESTION DE LA MISE EN ŒUVRE DES RÉFORMES: Celle-ci s’est appuyée sur quatre composantes. (i) Une équipe homogène peu nombreuse a été choisie pour négocier les accords avec les institutions financières internationales et suivre la mise en œuvre des programmes. Cette équipe a gardé sa mission tout au long du processus des réformes, même si les gouvernements ont changé. (ii) Le suivi de la mise en œuvre des programmes a été confié à un comité présidé par Le Premier Ministre et qui se réunissait une fois par semaine. (iii) Il y a eu une politique de communication ciblée envers les tenants des enjeux. C’est ainsi qu’avant et après chaque négociation avec les institutions internationales, le gouvernement organisait une réunion regroupant les représentants du gouvernement, du syndicat ouvrier, du patronat public et du patronat privé. (iv) Les gains budgétaires réalisés sur la suppression du soutien des prix ont été systématiquement et totalement affectés au filet social. 1.3. LE RAPPORT DE FORCES ENTRE LES GAGNANTS ET LES PERDANTS AU REGARD DU PROCESSUS DE DÉCISION: Les décisions relatives à la stabilisation macroéconomique, à savoir: la dévaluation de la monnaie, la suppression des soutiens aux prix, la libéralisation du commerce extérieur..., sont en général prise par un nombre très restreint de personnes au niveau le plus élevé de la hiérarchie de l’Etat. La préparation de la décision se fait dans la plus grande confidentialité. Cette situation ne permet pas aux perdants de contrer la décision à l’avance qui, une fois prise, s’impose à tous. La

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mise en œuvre de la décision est très rapide et ceux qui ont la capacité de réagir (les syndicats patronaux et ouvriers) sont informés et consultés. Ce sont là, les principales conditions qui ont permis le succès des réformes pour la stabilisation macroéconomique en Algérie. 2. Explication de l’incapacité de lancer les réformes dans le secteur réel: 2.1. LA NATURE DES RESSOURCES: La place importante des hydrocarbures dans l’économie permet à celle-ci de fonctionner comme une économie de rente. Le comportement des opérateurs publics et privés dans une économie de rente se distingue par: • il n’y a pas un besoin d ‘exporter dans les secteurs non traditionnels pour couvrir leurs besoins d’importations. • il y a une tendance chez le secteur privé pour créer des lobbies et des groupes de pression pour tirer avantage des incitations du gouvernement plutôt que de travailler à tirer un avantage des opportunités de marché. • rôle important joué par l’économie informelle pour compenser les défaillances de l’économie formelle. Ici la nature des ressources devient un frein à la prise de décision pour les réformes structurelles. 2.2. LA GESTION DE LA MISE EN ŒUVRE DES RÉFORMES: Au contraire de la stabilisation, l’ajustement structurel, notamment la privatisation, implique des personnes au niveau du gouvernement, de l’entreprise, du syndicat et quelquefois du parlement. D’où la difficulté de réaliser le consensus pour la prise de décision.

2.3. LE RAPPORT DES FORCES ENTRE LES GAGNANTS ET LES PERDANTS AU REGARD DU PROCESSUS DE DÉCISION: Contrairement à la stabilisation, le processus de décision concernant l’ajustement Structurel est lent et exige l’accord de plusieurs intervenants. Par exemple la transparence nécessaire dans le processus de privatisation exige que: • l’évaluation des actifs soit réaliste, loyale et appliquée avec consistance • le programme de privatisation soit porté à la connaissance du public pour s’assurer de son soutien • le programme soit perçu comme ne favorisant pas un groupe au détriment de tous les autres groupes, etc... Le temps nécessaire pour réaliser ces travaux est utilisé par les groupes de pression (syndicat des travailleurs, syndicats patronaux, clients favorisés, nouveaux importateurs qui profitent de libéralisation du commerce extérieur...) pour saboter la privatisation par la propagande, la calomnie... Ceci est encore plus vrai s’agissant d’une économie de rente. Conclusion Comme on peut le constater à travers cette expérience, il est plus facile de réussir la stabilisation macroéconomique que de lancer le processus d’ajustement structurel. Si, aujourd’hui nous maîtrisons bien les conditions de succès dans la stabilisation macroéconomique, nous avons à travailler fort pour trouver les clés du succès de l’ajustement structurel, plus précisément comment briser le cercle d’influence? La réponse se trouve dans un engagement fort du leadership dans la mise en œuvre des réformes institutionnelles en vue de la « bonne gouvernance ».

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L'ENTREPRISE ET LES DÉFIS DE LA GLOBALISATION
ABDELHAK LAMIRI, CONSULTANT INTERNATIONAL, PDG DE L’INSTITUT INTERNATIONAL DE MANAGEMENT

L’Entreprise Algérienne fait face à plusieurs défis: L’intensification de la compétition Nationale, l’ouverture aux marchés internationaux, le contrat de libre échange avec l’Union Européenne et l’adhésion à l’ O.M.C. culminant le processus d’ouverture. Il serait opportun de penser que dans ce contexte nous ne pouvons qu’évoquer brièvement les contraintes et les opportunités offertes à nos Entreprises qui n’ont plus le temps de tergiverser. Les bouleversements attendus auront de nombreux avantages et certains inconvénients. Tout dépend de la rigueur de la préparation. Le management «intuitif, solitaire, familial et archaïque», deviendra de plus en plus rare. Ceci induira une amélioration de la productivité; qui va en profiter de cette amélioration? Deux scénarios sont possibles: 1. L’Economie Mondiale aspirera tout gain de productivité dès lors que la mise à niveau des entreprises et des institutions publiques est ratée, 2. Le bien être s’améliorera en Algérie à condition d’améliorer la qualité de la régulation et le management des entreprises économiques. Nous voyons donc que l’issue final dépend de nous même et de nos capacités à gérer le changement au niveau macro et micro-économique et l’interaction avec la méso-économie. Ceci n’est pas chose aisée, vu le nombre d’échecs passés. LE CONTEXTE MACRO-ECONOMIQUE Jamais l’Algérie n’a accumulé tant d’atouts pour accélérer ses réformes économiques léthargiques. Nous pouvons en citer au moins trois: 1. Une marge de manœuvre politique très étendue favorisée par une multitude de facteurs dont la sécurité, les élections et le reste. 2. Une stabilisation macro-économique qui dure. 3. Des ressources énormes induites par un marché pétrolier favorable. Ces développements positifs ne produisent pas pour autant Systématiquement une croissance économique durable et équitable. De nombreux autres conditions restent à mettre en place. Nous pouvons citer entre autres: 1. La clarification stratégique.

2. L’amélioration des processus de régulation 3. La débureaucratisation 4. Introduction de plus de rigueur dans les décisions de politique économiques du Pays ( Simulateurs…). 5. Mobilisation de l’intelligence Nationale afin de concevoir une stratégie ouverte, cohérente et globale 6. Accélérer le rythme des réformes économiques et sociales 7. Concevoir un timming de réforme précis mais flexible. En conclusion, il s’agirait d’introduire une inginiérie globale cohérente autour d’une vision de notre role dans la globalisation. Ceci servirait à éviter les faux débats du genre: Faut-il privatiser l’Agro-alimentaire, que doit-on faire des surrectifs ? Faut-il faire du choc ou du gradualisme ? Ces questions ont été quasiment tranchées par la science et l’expérience. Il n’est point question de les aborder dans ce contexte, par contre, nous allons développer les grandes lignes de conduite à mener par l’Entreprise Algérienne. LES DEFIS DE L’ENTREPRISE ALGERIENNE Frantz RIEGER qualifiait les décideurs des PVD d’intuitifs et ceux des pays développés d’Analytique. Le grand défi est d’opérer des mutations culturelles afin d’être analytique. Le dirigeant intuitif pense que toute idée qui lui vient en tête est forcément vraie: un dirigeant analytique la met à contribution. Avant de décider sur un sujet il se pose trois questions: 1. Que connaît la science sur ce sujet? 2. Quelles sont les expériences d’échecs et de réussite? 3. Quelles sont les leçons tirées?. La formation de tous à tous les niveaux est le facteur le plus performant dans les mutations culturelles. Il s’agit donc d’introduire un management du changement et de rupture. Ce dernier à ses règles, ses lois et ses mécanismes. Nous pouvons en citer: • Identifier les adeptes du changement • Créer des exemples de réussite

• Prendre en charge les doléances de ceux qui craignent le changement. • Préparer l’Entreprise de sorte que la demande provienne de la base (sensibilisation, information, formation…). RECENTRER L’ENTREPRISE SUR SES FACTEURS CLES DE SUCCES Il est universellement admis que les deux facteurs clés de succès de toute Entreprise sont: 1. La gestion de l’intelligence humaine. 2. Le Management de l’information. Ce sont les 20 % de facteurs qui produisent 80 % de chances de succès. Il faudrait donc leur accorder le temps et les ressources nécessaires. L’Entreprise Algérienne, publique ou privée, néglige ces axes d’efficacité. REORIENTATIONS STRATEGIQUES Le repérage stratégique ne peut plus attendre. Il faudrait éliminer ce qui ne marche pas et surtout ce qui ne marchera pas. Le timming de l’abandon est une question technique. Il y a lieu d’investir rapidement les champs porteurs ou on peut disposer d’atouts et valoriser ses forces. Le diagnostic stratégique devient une nécessité. Il peut être externalisé ou initié à l’aide d’un coaching. L’entreprise aura l’occasion d’explorer, à travers le BENCHMARKING, ses atouts et ses failles. L’analyse peut déboucher sur la nécessité d’un partenariat. L’Entreprise Algérienne fait face à la complexité internationale. Il lui est difficile de concurrencer le Japon, l’Europe et les U.S.A. sur les produits de haute technologie. Il est également impossible de concurrencer l’Inde et la Chine sur les activités à forte composante salariale. Il faut donc trouver des niches spécifiques ou des activités qui ne s’internationalisent pas. LA MISE A NIVEAU C’est une opération de dernière chance. Il faut distinguer entre: Assainissement, Redressement et mise à niveau. Cette dernière passe parfois

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La Basilique de Djemila

par des décisions douloureuses, car il s’agit de normaliser l’activité en fonction de la productivité internationale. AMELIORER SON MANAGEMENT OPERATIONNEL Nous avons toute une multitude de mécanismes à introduire au sein de toutes les fonctions. Mais «le diable est dans les détails». L’erreur coûte chère. Les entreprises algériennes ont à introduire les principes de la bonne gouvernance. Les entreprises privées doivent s’éloigner de la gestion artisanale. Voilà, quelques actions importantes qu’elles ne mènent pas toujours convenablement. 1. Qualifier les ressources humaines: (Dépenses de Formation/Personnel) 2. Investir dans l’information et surtout la connaissance des marchés: (Dépenses information / valeur ajoutée) 3. Développer la concertation: (Nombre de suggestions émises/effectifs) 4. Moderniser son système de rémunération: (Rémunération - variable / Frais de personnel ) 5. Introduire une gestion centrée autour des résultats constitue l’essence du management.

6. Revoir le dispositif managérial en un tout intégré (réorganiser, améliorer ses tableaux de bord….) 7. Introduire progressivement une démarche et une approche qualité: ISO, qualité totale (progressivement). L’entreprise algérienne, publique ou privée, n’a pas pu digérer les pratiques du management moderne. Les dirigeants sont polarisées sur les équipements et les crédits. Cette Culture Hard sous-estime les préoccupations « SOFT »… Les hauts managers pensent également que la mise à niveau des ressources humaines concernent les personnels subalternes seulement, alors qu’ils doivent être les premiers à s’améliorer. Ces signes sont tout a fait négatifs. Plus de la moitié des P.M.E. actuelles risquent de disparaître dans les cinq prochaines années. Il y a lieu de tirer la sonnette d’alarme et aider le maximum de P.M.E. à réussir leur mise à niveau. Le C.N.C. propose des actions suivantes: 1) Mise au point avec les entreprises qui ont suivi la mise à niveau; 2) Communiquer avec le reste des entreprises afin de leur éviter les erreurs de mise à niveau des premières entreprises et capitaliser sur les points forts de l’expérience.

3) Sensibiliser le reste des entreprises à entreprendre des actions stratégiques et opérationnelles rigoureuses. Le C.N.C. aura besoin au moins d’un Consultant National ou International pour faire le travail d’évaluation. CONCLUSION Il n’est pas attendu ni plus, ni moins qu’une révolution managériale. Ce que nous n’avons pas su faire en vingt ans, il va falloir le faire en cinq ans. L’échec conduirait à la disparition. Les activités qui s’internationalisent (la vaste majorité…) connaîtront de profonds bouleversements: positifs pour certains et négatifs pour d’autres. Le C.N.C. ne peut se substituer aux PME/PMI. Il leur offre une vision d’expert qui les éclaire sur les défis et les moyens de les relever. Il reste à l’écoute pour entreprendre toute action salutaire. Le C.N.C. considère que le processus de mise à niveau est insuffisant tant en quantité qu’en qualité. Il serait intéressant d’entreprendre plus d’actions afin d’approfondir la démarche et la rendre plus compatible avec les besoins des opérateurs économiques.

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DE NOUVELLES STRUCTURES POUR FAVORISER LES INVESTISSEMENTS
L'ANDI POUR LA DÉCENTRALISATION AVEC SON GUICHET UNIQUE AU NIVEAU LOCAL
ANDI - AGENCE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DES INVESTISSEMENTS

nécessaires à la réalisation de l’investissement • la franchise de la TVA pour les biens et services •un taux réduit en matière de droits de douane pour les biens importés. b) Les avantages après constat de mise en exploitation: • Une exonération pendant une période de dix ans d’activité effective, de l’impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) et de l’IRG sur les bénéfices distribués, du versement forfaitaire (VF) et de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) • Une exonération, à compter de la date d’acquisition, de la taxe foncière sur les propriétés immobilières • Le report des déficits et des délais d’amortissement. LES GARANTIES ACCORDÉES AUX INVESTISSEMENTS: • Le traitement identique des personnes physiques et morales algériennes et étrangères; • Le transfert du capital investi en devises et des revenus qui en découlent; • Le transfert du produit de la cession ou de la liquidation avec son éventuelle plus value. Selon l’ANDI, quatre vingt cinq (85) projets d’investissements ont été concrétisés en 2005 pour une valeur globale de 1,5 milliard de dollars depuis la création de l’Agence en 2001. Quelques 7.000 projets d’investissements nationaux et étrangers ont été recueillis par l’Agence, pour une valeur de 1.000 milliards de dinars (12 milliards de dollars). Les projets les plus importants ont touché la téléphonie, la production des matériaux de construction, le tourisme ; parmi les projets réalisés ou en cours de réalisation dans le cadre de l’ANDI, la cimenterie de M’sila et dans le secteur du tourisme, la construction de deux villages touristiques par une société de tourisme ainsi que 14 unités de dessalement d’eau de mer (en partenariat avec AEC), le réaménagement de la zone côtière de Mohammadia et un projet baptisé « Alger Médina ». Sources: « Liberté économie » in El Watan – Rapport CNES 2004 – ONS 2004-2005 – ANDI Communication Article extrait de « l’Annuaire économique et social – Algérie: état des lieux » - Rachid BENYOUB – Kalima Communication – 3ème édition – 2006.

Rhoufi

L’Agence de promotion, de soutien et de suivi des investissements (APSI), après plus de huit années d’existence et suite à l’ordonnance n° 01-03 du août 2001, disparaît et est remplacée par une nouvelle institution dénommée Agence Nationale de Développement des Investissements (ANDI). Cette agence, dotée de la personnalité morale et d’une autonomie financière a pour missions: • D’assurer la promotion, le développement et le suivi des investissements • D’accueillir, d’informer et d’assister les investisseurs résidents et non résidents • De faciliter l’accomplissement des formalités constitutives des entreprises et de concrétiser des projets, à travers les prestations d’un guichet unique décentralisé • D’octroyer les avantages liés à l’investissement dans le cadre du dispositif en vigueur • De gérer le fonds d’appui à l’investissement visé à l’article 28 de l’ordonnance • De s’assurer du respect des engagements souscrits par les investisseurs durant la phase d’exonération. L’organisation et le fonctionnement de l’Agence sont fixés par voie réglementaire ; la décentralisation de l’Agence au niveau local contribuera au rapprochement de l’investisseur de l’organe chargé du développement et du suivi de l’investissement. Cette implantation de structures décentralisées pourvues de leur propre guichet unique donnera un

essor particulier au développement local, permettra l’accès à l’information en matière d’opportunités économiques locales et assurera une meilleure localisation des projets. LES AVANTAGES DE L’AGENCE NATIONALE DE DÉVELOPPEMENT DE L’INVESTISSEMENT Deux régimes d’investissements sont prévus: le régime général et le régime dérogatoire. 1. Le régime général prévoit: • un taux réduit en matière de droits de douane pour les équipements importés • une franchise de TVA pour les biens et services • une exemption du droit de mutation pour toutes les acquisitions immobilières. 2. Le régime dérogatoire: Il concerne les investissements réalisés dans les zones dont le développement nécessite une contribution particulière de l’Etat et ceux présentant un intérêt particulier pour l’économie nationale. a) les avantages liés au titre de la réalisation de l’investissement: • l’exemption du droit de mutation pour toutes les acquisitions immobilières • l’application du droit fixé en matière d’enregistrement du taux réduit • la prise en charge partielle ou totale par l’Etat, après évaluation de l’Agence, des dépenses au titre des travaux d’infrastructures

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LA POLITIQUE SOCIALE DE L'ÉTAT
LES EXPÉRIENCES MÛRIES ET LES INTERVENTIONS LÉGISLATIVES EN CHANTIER
FACM - FORUM ALGÉRIEN POUR LA CITOYENNETÉ ET LA MODERNITÉ

Les différentes constitutions adoptées par le pays depuis l’indépendance ont toutes consacré le principe de justice sociale et du droit du citoyen à l’épanouissement économique, culturel et social. Dans ce contexte, «les conditions de vie des citoyens qui ne peuvent pas encore, ne peuvent plus ou qui ne pourront jamais travailler ont été garanties» par les constitutions de 1976, 1989 et de 1996 (Constitution de 1976: articles 64 et 65; Constitution de 1989: article 56; Constitution de 1996: article 59). Aussi, les dispositifs mis en place visent à prendre en charge les catégories de population ciblées par les dispositions constitutionnelles à travers des programmes dont l’objectif est d’assurer la satisfaction des besoins essentiels et leur intégration socio-professionnelle. Compte tenu des objectifs assignés, l’action sociale de l’Etat, expression et matérialisation de la solidarité nationale, est modulée en fonction de la nature des besoins et de la catégorie de population ciblée. Elle s’est exercée à travers trois canaux principaux: • Le soutien direct aux catégories sociales défavorisées et démunies; • L’aide financière aux handicapés • La prise en charge résidentielle et l’aide à la réinsertion des catégories particulières de population.

LE SOUTIEN DIRECT AUX CATEGORIES SOCIALES DEMUNIES Le soutien direct aux catégories sociales défavorisées s'effectue à travers le Fonds Social de Développement géré par l' Agence de Développement Social (ADS) créée par décret n° 96 - 232 du 29 Juin 1996. Le bilan des actions menées en direction des populations – cibles fait ressortir que le nombre de bénéficiaires du filet social à la fin de l’année 2004 est évalué à 611.575 pour ce qui est de l'allocation forfaitaire de solidarité (AFS) servie aux personnes du 3ème âge et aux handicapés chefs de ménage sans ressources. Pour ce qui est de l'Indemnité pour participation aux travaux d'intérêt général organisés par les communes, le nombre de bénéficiaires de ce dispositif, pour la période 1999 à 2004, est de l’ordre de 931.000 emplois et le montant mobilisé pour la période s’élève à 37milliards DA. L'impact financier des prestations servies dans le cadre du dispositif de filet social est évalué à fin 2004 à 20,61 milliards de DA. Depuis 1997, le dispositif de filet social a été renforcé grâce à un programme d’appui financé par un prêt de la Banque mondiale. Ce programme d’appui a porté sur la mise en œuvre: • de chantiers de travaux d’utilité publique à haute intensité de main d’œuvre (TUP-HIMO) ; • d’un programme de développement communautaire; • de cellules d’action sociale de proximité . • Les travaux d'utilité publique à haute intensité de main d'œuvre(TUPHIMO) Le programme de TUPHIMO porte sur la réalisation de travaux dans le domaine routier, de l'assainissement-viabilisation, de l'agriculture et forêts et de la petite hydraulique. Par ailleurs, les activités d’entretien des routes, des travaux forestiers, de la petite hydraulique et de l’assainissement, lancés par avis d’appel d’offre et cahier des charges, outre l'emploi qu'elles génèrent, ont permis le développement de micro -entreprises (tâcheronnat), avec à leur tête d’anciens chômeurs qui ont pu,par ce biais, assurer leur réinsertion dans le monde du travail.

• Les projets de développement communautaire Cette composante du projet d'appui au filet social a été marquée par la clôture du programme pilote sur 03 wilayas et l'engagement de l'ensemble des 63 projets de travaux et 15 projets de fournitures retenus dans le cadre d'un programme complémentaire sur 34 wilayas grâce aux reliquats de crédits dégagés à partir de l'enveloppe prévue pour le programme pilote. • Programme d'action sociale de proximité: Le volet action sociale du programme d'appui au filet social a été marqué par la mise en place et le soutien de 28 cellules de proximité activant sur le territoire national au niveau des quartiers déshérités et des poches de pauvreté. L’AIDE FINANCIERE AUX HANDICAPES L' action des pouvoirs publics en matière d'aide financière aux personnes handicapées s’est traduite par l’allocation de pensions et indemnités à 360.468 personnes à fin 2004 dont: Enfance assistée et protection de l’enfance: 28.214; Infirmes, incurables et vieillards: 107.575; Allocation de cécité: 96.279; Handicapés à 100 %: 128.400. L’impact financier de l’aide financière est évaluée pour l’année 2004 à 6,9 milliard DA. Les efforts en matière d’aide sociale durant ces dernières années ont été orientés essentiellement vers l’amélioration et la rationalisation de la gestion des dispositifs de l’aide sociale afin d’assurer une plus grande maîtrise des dépenses et un meilleur ciblage des populations dans le besoin. LA PRISE EN CHARGE RESIDENTIELLE DES CATEGORIES PARTICULIERES DE POPULATION Un réseau de plus de 250 établissements spécialisés de protection sociale et trois grands centres de formation assurent une prise en charge résidentielle à plus de 18.500 personnes handicapées ou en difficulté sociale. En outre, des programmes de formation visant l’élévation de la qualification des personnels intervenant aussi bien au niveau de la prise en charge résidentielle

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que des dispositifs d’aide sociale et du filet social sont mis en œuvre à travers trois centres nationaux de formation et des actions de coopération. Ces actions s’inscrivent dans l’optique de l’amélioration de la qualité des prestations fournies aux populations concernées et de l’accroissement de l’efficience des structures et des dispositifs de protection sociale. En plus des aides déjà existantes de nouvelles formules de soutien ont été introduites à travers le conventionnement par la Sécurité Sociale d’officines pharmaceutiques favorisant ainsi l’accès aux médicaments pour les personnes démunies. Parallèlement à l’octroi d’allocations et à la prise en charge en milieu spécialisé, l’Etat à travers des mesures incitatives d’ordre fiscal et parafiscal favorise l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. EVALUATION DE L’ACTION SOCIALE DE L’ETAT Ainsi, l’évaluation de la politique d’action sociale mise en œuvre par l’Etat durant ces dernières années fait ressortir un certain nombre d’éléments positifs qu’il y a lieu de consolider en même temps qu’elle montre quelques faiblesses qu’il importe de prendre en charge afin d’améliorer l’efficience de l’action de l’Etat en direction des groupes fragiles de population. LES POINTS FORTS DE L’ACTION SOCIALE: Au chapitre des satisfactions de l’action sociale de l’Etat, il y a lieu de relever que: • Les transferts sociaux de l'Etat ont permis d'assurer à de larges couches de population défavorisées un niveau de consommation minimum. Dans beaucoup de cas, ces transferts ont constitué l'unique ressource de ces ménages. • La distribution des ressources aux populations démunies a permis de limiter dans une conjoncture difficile, l'extension de l'exclusion et de la marginalisation et de maintenir une certaine cohésion du tissu social. • Le développement d'un vaste réseau d'établissements spécialisés de protection sociale ( 251 structures ) a permis de prendre en charge des catégories de population fragilisées tels que les handicapés, les personnes âgées, les enfants privés de familles ainsi que les enfants orphelins de parents victimes de la tragédie nationale. Ces établissements, en plus de la prise en charge matérielle et psychologique, assurent aux pensionnaires l'accès à la formation et à l'éducation augmentant ainsi leurs capacités d'intégration sociale et professionnelle. • L'assouplissement des procédures réglemen-

taires a permis l'essor et l'extension du mouvement associatif à caractère social qui apporte ainsi une contribution active en complément à l'action des pouvoirs publics. • La mise en place des structures décentralisées de la Protection Sociale qui sont chargées d'encadrer la mise en œuvre des dispositifs et mesures prises dans le cadre de la politique sectorielle. LES INSUFFISANCES DE L’ACTION SOCIALE Malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics, un certain nombre d'insuffisances ou de lacunes continuent de caractériser l'action sociale de l'Etat. Elles ont trait pour l'essentiel à: • La faiblesse des mécanismes de ciblage des populations éligibles à l'aide de l'Etat qui en limite fortement l'efficacité et l'impact . • L'absence de normes et d’objectifs quantifiés ne permet pas de juger de l’efficacité de l’action de l’Etat en matière de protection sociale ni d’évaluer les restes à réaliser dans ce domaine. • La faiblesse du taux d'utilisation des capacités d'accueil des établissements spécialisés en raison d'une part,des progrès en matière de programmes de prévention (notamment en direction des handicaps visuels et moteurs ) et d'autre part, d'une répartition spatiale inadéquate. • Le dispositif résidentiel actuel ne permet pas la prise en charge des handicapés adultes rompant ainsi la continuité des actions entreprises en faveur des handicapés. Ceci limite considérablement leurs chances d’insertion sociale et professionnelle. • L’objectif d’insertion socio-professionnelle des personnes handicapées n’est pas soutenu par une véritable démarche inter-sectorielle • Les mécanismes de contrôle à priori et à posteriori des critères d'éligibilité aux différents dispositifs, notamment le filet social, ne sont pas systématiquement mis en œuvre. LES MESURES EN COURS POUR AMELIORER L’EFFICACITE DE L’ACTION SOCIALE DE L’ETAT Compte tenu de la nature des insuffisances qui caractérisent l'action sociale de l'Etat, un certain nombre d’actions sont initiées et mises en œuvre afin d’accroître l’efficacité des dispositifs de protection sociale et leur impact sur le bien être des populations concernées. Elles portent notamment sur: • La redéfinition de la carte d'implantation des infrastructures de protection sociale; • La recherche d’une participation au financement des structures de protection sociale des fa-

milles des pensionnaires modulée en fonction de leur revenu; • L'établissement et la détermination de normes en matière de protection sociale. Dans ce cadre, la mise en place des instruments susceptibles de mesurer le seuil de pauvreté constituera une des actions majeures en la matière. La définition de ces normes permettra une meilleure maîtrise des paramètres sociaux ainsi qu'une meilleure appréciation de la nature et de l'ampleur des besoins. Des travaux ont été entamés dans ce sens et ont permis de définir trois types de seuil de pauvreté en fonction des besoins à satisfaire. Il s’agira, dès lors, de conférer un caractère normatif a ces seuils et d’en faire un instrument de mesure et de quantification des moyens à mobiliser et des populations nécessitant un soutien de l’Etat. • L'élaboration de la carte sociale du pays: cet outil indispensable, permettra de préciser les profils et les zones de pauvreté et déterminera les moyens et les actions à mettre en œuvre. La mise à jour périodique de cette carte permettra d'évaluer l'efficience des programmes initiés et d'opérer les réajustements nécessaires. • L'harmonisation des aides sociales de l'Etat afin d'éviter des superpositions et des chevauchements d'aides attribuées par différents canaux et secteurs . • L'amélioration du dispositif législatif et réglementaire visant à privilégier l'insertion professionnelle à l'allocation d'indemnités. Dans ce cadre, des mesures incitatives et des structures devront être mises en place pour favoriser et promouvoir l'emploi des catégories de population fragilisées et/ou handicapées. • La diversification de la nature des prestations dans le domaine de l’action sociale de l’Etat à travers la prise en charge de nouveaux besoins autre que pécuniaires par notamment le développement des actions de prévention et par l’organisation et l’encadrement de l’aide et de l’action socio-sanitaire à domicile. • La mise en place de Fonds spéciaux destinés à prendre en charge le paiement des allocations familiales, les frais de trousseaux, de fournitures scolaires, de livres en faveur des enfants des familles démunies et/ou sans revenus pour éviter les exclusions scolaires. Ces fonds pourraient également être destinés au financement partiel des cantines scolaires pour lutter contre la malnutrition. • Une mobilisation plus active des dons et la mise en œuvre d'un cadre susceptible de canaliser la générosité des citoyens ainsi que des institutions publiques et privées.

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LA LONGUE MARCHE POUR L'ÉGALITÉ
LA CONDITION FÉMININE A BEAUCOUP ÉVOLUÉ MAIS LES VIEUX PRÉJUGÉS RÉSISTENT ENCORE

Khalida Messoudi

L’Etat Algérien a montré un grand intérêt pour la question de la femme qui s’est traduit par la mise en place d’un certain nombre de programmes, de stratégies, de mesures institutionnelles et de lois visant à accompagner l’évolution socio-économique des femmes algériennes. C’est d’ailleurs au titre de sa démarche globale d’adhésion aux instruments internationaux des droits de l’homme (plus particulièrement ceux visant le renforcement des droits de la Femme) que l'Algérie a ratifié en 1996 la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention sur les droits politiques de la femme dont elle a déposé l’instrument de ratification de ce traité en août 2004. L’Algérie a également adhéré aux Conventions internationales pertinentes élaborées dans le cadre de l’ Organisation Internationale du Travail, et notamment la Convention de juin 1951 sur l’égalité de rémunération entre la main d’œuvre masculine et la main d’œuvre féminine pour un travail à valeur égale, ratifiée et la Convention sur la discrimination en matière d’emploi et de profession. L’égalité entre les citoyens est d’abord garantie par les dispositions de la Constitution qui dispose en son article 29 que « Les citoyens sont égaux de-

vant la loi, sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale » et les différents codes énoncent le principe de l'égalité entre les citoyens. Au niveau des textes juridiques fondamentaux, il n’existe aucune barrière à l’insertion socio-économique et socio-professionnelle des femmes et ce, dès le lendemain de l’indépendance nationale. Le code du travail ne fait aucune discrimination fondée sur le sexe. La législation garantit à la femme l’égalité des droits et des devoirs et interdit toute discrimination. La Constitution accorde notamment à la femme des droits politiques, le droit au travail et une participation à toutes les sphères de la vie socio-économique. Un code de la famille algérienne qui régit les droits et obligations de la femme (à l’instar des codes Tunisien et Marocain) a été promulgué en 1984. La reconnaissance du rôle actif dans le processus de développement reste un acquis stratégique en ce sens que cela a amené le pouvoir à envisager de modifier ce code pour ouvrir la voie à de nouveaux équilibres fondés sur l’égalité entre les hommes et les femmes, universellement reconnue aujourd’hui comme une

condition essentielle du développement durable. Sur un autre plan, le code de la nationalité algérienne permet à la femme algérienne de léguer la nationalité algérienne à ses enfants ; ceci constitue une première dans la région MENA (Middle East and North Africa). Au cours de cette dernière décennie marquée par un contexte économique, social et sécuritaire difficile, la femme algérienne s’est affirmée comme un acteur incontournable de la vie économique et sociale. C’est ainsi que des progrès constants ont été réalisés en matière de participation de la femme à la prise de décision et son accès aux fonctions supérieures de l’Etat: • au titre des fonctions supérieures de l’Etat, il y a lieu d’indiquer la présence de quatre (04) femmes dans l’actuel gouvernement, (02) ambassadrices, une femme Secrétaire générale de ministère, quatre Chefs de Cabinet de ministères, une (01) femme wali nommée en 1999, deux (02) walis hors cadre, trois (03) secrétaires générales de wilayas, quatre (04) inspectrices générales de wilayas et sept (07) chefs de daïra • dans le domaine de la magistrature, la femme occupe des postes importants de Présidente du Conseil d’Etat (01), (03) présidentes de Cour, (34) présidentes de tribunal sur un total de 56, (115) juges d’instruction sur un total de 404, (11) Présidentes de section dont cinq au Conseil d’ Etat et six à la Cour Suprême. Sur un Nombre total de 2811 magistrats 922 sont des femmes ; • Une femme occupe le poste de vice gouverneur de la banque d’Algérie ; • Les Facultés des Sciences de la Nature, des Lettres et l’université des Sciences et de la Technologie sont dirigées par des femmes ; • La femme algérienne est de plus en plus présente dans les différents corps de l’Armée, de la Gendarmerie Nationale et dans le secteur de la police nationale. En matière de travail et d’émancipation économique, le nombre des femmes travailleuses s’est considérablement accru même si leur taux global reste faible. L’intégration de la femme dans la vie active et dans la formation, son engagement sur le mar-

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femmes algériennes

ché du travail et sa participation aux instances de décisions sont des indicateurs importants de son accession à l’autonomie économique et de son rôle d’agent du développement. Il faut noter également les actions engagées par l’Etat pour la promotion du rôle économique et social des femmes rurales, qui ont permis d’ enregistrer des résultats allant dans le sens de l’amélioration du taux de leur participation dans la sphère de production avec une population active agricole de 18% qui s ‘investit dans les domaines réservés à l’homme et une implication de plus en plus grande a la gestion locale des territoires ruraux. Le travail rémunéré reste une réalité pour les unes et une aspiration pour la grande majorité des femmes algériennes. Le travail des femmes se présente d’abord comme une activité urbaine pour plus de 70 % d’entre elles. L’activité rémunérée des femmes est exercée pour près de 60 % dans le secteur public (le plus développé) et 40 % dans le secteur privé (en pleine expansion depuis l’insertion de l’Algérie dans l’économie de marché). Et les femmes activant dans le secteur privé sont plus présentes dans l’informel que le formel. L’idée de projet est pour la majorité, liée à la formation reçue et au savoir faire personnel

construit à partir d’une expérience professionnelle. La majorité des femmes entrepreneurs mobilisent, pour la mise en œuvre de leurs projets, des fonds personnels ou familiaux ; le recours aux prêts bancaires restant faible du fait de la méconnaissance des mécanismes y afférents, mais surtout des contraintes liées à la lourdeur des procédures bancaires. Les femmes entrepreneurs bénéficient en outre des différentes aides octroyées dans le cadre des dispositifs de l’ANSEJ (Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes) et l’ANGEM (Agence Nationale de Gestion du Micro crédit). L’implication des femmes dans les espaces socio-politiques reste aussi globalement très faible (5,5 %) bien qu’en constante augmentation. Les femmes s’impliquent essentiellement dans l’activité associative, dans les clubs sportifs, dans les syndicats et dans les partis politiques (une femme est chef d’un parti politique). L’implication dans les organisations (associations, partis politiques, clubs sportifs, syndicats) est une pratique majoritairement urbaine. L’implication dans les activités socio-économiques et la formation apparaissent actuellement comme un facteur favorisant l’activité civique organisée des femmes.

Le niveau d’instruction des femmes reste un facteur déterminant dans la mobilisation au niveau de la vie associative (52 % sont d’un niveau d’instruction supérieur), qui constitue depuis la fin de la « décennie noire » du terrorisme un espace de mobilisation par excellence des femmes algériennes aspirant à l’indépendance économique et à une plus grande implication dans les activités socio-économique et politique du pays. Le travail est l’objectif immédiat après les études; beaucoup comptent approfondir leur formation par une spécialité. L’accès progressif des femmes au travail rémunéré, sous la pression de la nécessité ou de la volonté de s’affirmer, a eu tendance à privilégier la rentabilité du diplôme sur le marché de l’emploi. En exerçant une activité en dehors de l’espace domestique, les femmes algériennes accèdent à des formes de sociabilité et de cultures nouvelles qui introduisent des changements dans le mode de vie traditionnelle structurellement fondé sur la division sexuelle des rôles. La législation en matière de sécurité sociale est venue renforcer la protection de la femme travailleuse en prévoyant, notamment la protection de la maternité. Elle prévoit également la possibilité pour les femmes, de partir en retraite à 55 ans (au lieu des 60 ans requis) avec la possibilité de réduction d’un an par enfant à charge et ce, dans la limite de trois enfants. Malgré ces problèmes, en somme naturels, et bien que la part des femmes ayant un emploi reste faible par rapport à l’ensemble des occupés, la participation de la femme algérienne à l’édification du pays est devenue la préoccupation centrale des femmes elles-mêmes mais également des pouvoirs publics. Ce thème bénéficie d’une certaine priorité dans les débats, dans les différentes manifestations culturelles et dans les revendications de la population féminine. Enfin, la femme algérienne continue de lutter contre certaines attitudes et comportements rétrogrades encore persistants pour accompagner les changements et l’évolution de la société vers la modernité et la pleine citoyenneté.

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MICRO-CRÉDIT POUR L’EMPLOI DES JEUNES
LES INSTRUMENTS TRADITIONNELS QUI IMPLIQUENT LA SOCIÉTÉ CIVILE SONT À RÉFORMER
MOULOUD MEZIANI, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU FACM

La situation alarmante du chômage est bien sûr davantage aggravée par le fait que les 80 % des chômeurs sont des jeunes de moins de trente (30) ans et que 75 % sont des primo demandeurs. A partir de 1990, le Gouvernement décidait de mettre en place un nouveau dispositif, le Dispositif d’Insertion Professionnelle des Jeunes, destiné à élargir les actions de soutien à l’emploi des jeunes, en faisant financer par un Fonds public d’Aide à l’Emploi des Jeunes non seulement des emplois salariés à durée limitée, mais aussi l’auto emploi des jeunes (artisans individuels, coopératives artisanales de production et de serviceS…) ainsi que des actions de formation-adaptation en milieu professionnel et de formation à distance. Il a été développé par la suite, une série d’autres dispositifs de création d’activités, depuis les « gros investissements » gérés par l’Agence Nationale de Développement de l’Investissement(ANDI) jusqu’au micro crédit géré par deux institutions: l’Agence Nationale de Gestion du Microcrédit (ANGEM) et la Caisse Nationale des Assurances Chômage (CNAC), en passant par la micro entreprise administré par l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes (ANSEJ). Le point commun de tous ces dispositifs est leur gestion administrative par les institutions créées à cet effet et par les banques chargées de financer les projets. Aucun de ces dispositifs ne fait appel ou implique directement ou indirectement le mouvement associatif, certes embryonnaire et non préparé, mais cependant prêt s’impliquer. La formule micro entreprises est adoptée – avec la création de l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes/ANSEJ. Cette nouvelle formule ou dispositif de micro entreprises, mise en oeuvre depuis 1997, consiste à aider les jeunes de 19 à 35 ans à créer leurs propres entreprises à travers des prêts bancaires à taux bonifiés et des prêts non rémunérés (PNR) assurés par l’ANSEJ. Cette formule est considérée comme étant la panacée, sauf qu'il est nécessaire souligner un certain nombre d’éléments fondamentaux qui caractérisent la situation socioéconomique du pays, à savoir:le caractère extraverti de l’économie algé-

Alger, Casbah

rienne, ce qui offre peu voire très peu de créneaux d’activités d’où la concentration des entrepreneurs potentiels autour des projets orientés essentiellement vers les services (transports, Kiosques Multi-Services, confections.) qui connaissent de la sorte une rapide saturation et en même une limite pour le dispositif. Une autre limite reste le faible taux de qualification et d’expérience des jeunes entrepreneurs potentiels qui n’ont ni les aptitudes, ni la faculté, ni la volonté (surtout pour affronter le parcours du combattant érigé pour sécuriser les banques) pour devenir de vrais entrepreneurs et managers. L’autre limite est constituée par la disponibilité des locaux à usage professionnels et par les problèmes inextricables que connaît le secteur du foncier industriel en Algérie. Le dispositif du micro crédit est basé sur la promotion de petites activités et du travail indépendant, essentiellement à domicile. Après quatre années de mise en œuvre, le bilan des actions n’a pas pu répondre aux attentes des populations concernées et aux effets escomptés par les pouvoirs publics. Le Gouvernement a décidé par la suite de: • de créer une nouvelle agence entièrement dédiée à la gestion du micro crédit: l’ANGEM ou Agence Nationale de Gestion du Micro crédit qui

devait entrer en activité dès 2004 ; • de confier à la Caisse d’Assurance Chômage le financement et la gestion du micro crédit pour les promoteurs de micro projets âgées entre 35 et 50 ans, essentiellement provenant des assurés contre le chômage, en fin de droit. Le traitement spécifique du chômage des jeunes passe en grande partie par la micro entreprise et la Très Petite Entreprise. Mais il reste évident que ce genre de dispositifs ne peut pas à lui seul régler le problème de chômage des jeunes pour différentes raisons: tous les jeunes chômeurs ne sont pas ou ne peuvent pas être entrepreneurs; ils n’ont pas tous les capacités, ni la culture, ni la volonté nécessaires pour créer, gérer et rentabiliser un projet de production de biens ou de services qu’elle que soit l’envergure du projet (micro entreprise ou même micro crédit); l’économie algérienne étant fortement extravertie, les créneaux pouvant être investis sont forcément limité; les autres créneaux peuvent rapidement être saturés ou devenir peu rentables; les conditions et modalités de créations de micro entreprise et de TPE sont encore lourdes et rebutantes et pour les jeunes ayant les aptitudes, elles demeurent encore décourageantes; le système bancaire actuel est peu en-

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CENT MILLE ENTREPRISES POUR RENFORCER L'ÉCONOMIE
CET OBJECTIF EST INDIQUÉ DANS LE PROGRAMME DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE 2004 – 2009
ZEROUALI YOUCEF, CES MINISTÈRE DE LA PMEA

La PME joue un rôle moteur dans la relance des activités et la croissance économique. Ce rôle est justifié par la part de plus en plus importante qu’elle occupe dans toutes les économies du monde, qu’elles soient dominantes ou émergentes. De nombreux pays ont, pour les uns, résolu et dépassé les situations de crise économique, et pour les autres annoncée de manière vigoureuse leur développement grâce, essentiellement, aux PME, quand celles–ci ont trouvé un terrain favorable à leur épanouissement. Et dans ces situations, la majorité des emplois crées ainsi qu’une part prépondérante des exportations de biens et de services sont réalisés par elles. Une étude faite par Fernando BECKER ZUAZUA nous montre que la santé de l’économie Européenne dépends beaucoup des PME: 99,8% des entreprises de l’union Européenne sont des PME. Elles génèrent 66,2% de l’emploi. Les pourcentages sont même élevés en Espagne: 99,9% des

entreprises et 81,1% de la population active (support for small and Medium seize enterprises in Spain. ELMERCADO de Valores/ NovemberDecember 1998 p. 22). En Algérie une loi concernant la PME a été promulguée en 2001 (loi d’orientation sur la promotion de la petite et moyenne entreprise). Cette loi définit la PME et annonce les principes généraux de soutien et des aides destinés à faciliter l’exercice des activités, à développer de nouveaux mécanismes de financement, à rendre les PME plus compétitives, à encourager l’émergence de nouvelles activités, à favoriser la sous-traitance et à rendre l’information économique plus accessible aux entreprises. Au sens de la loi sus-cité le nombre de PME fin décembre 2005 est de l’ordre de 245.842 PME privées dont 96072 artisans ce qui veut dire que plus de 95% des entreprises algériennes sont des PME. Le nombre de PME a connu une évolu-

tion de l’ordre de 9 ,5 % par rapport à l’année 2004. L’effectif employé en 2005 est de 1.157.856 salariés dont 888.829 salariés par le secteur privé et 192.744 artisans. Des mesures de soutien d’aide et d’appui ont été mises en œuvre par le ministère de la Petite et Moyenne Entreprise et de l’Artisanat, notamment: • Création d’un Fonds de Garantie des crédits bancaires octroyés aux PME (FGAR). A décembre 2005, le FGAR a octroyé 85 garanties de crédit équivalent à 1.636979490 de dinars pour des projets d’investissement dont le montant global est de 5.873865.94 DA, et devant générer 3.252 emplois. Le montant des crédits a été de 3.647.149818 DA soit 62% du montant global de l’investissement. • création d’une caisse de garantie des crédits d’investissement aux PME. Son capital autorisé est de 30 milliard de DA. • création de centres de facilitation et de pépi-

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clin et peu préparé à s’impliquer fortement ou tout au moins suffisamment dans le financement des micro entreprises et des TPE ; le manque flagrant de locaux à usage professionnel et le problème du foncier industriel constituent des freins non négligeables pour la promotion de la création d’activités. La micro entreprise et la TPE sont un véritable réservoir de création de richesses et d’emplois pour les jeunes ; il reste possible de créer près de 100 000 entités par an pour peu que les modalités, les conditions et l’environnement administratif soient des facteurs d’accompagnement et non des facteurs bloquants. Mais le développement et la réussite des dispositifs de micro entreprises et de TPE n’iront pas sans le développement de l’investissement lourd dans les secteurs public ou privé de la PME/PMI, des infrastructures de base, de l’agriculture et de l’hydraulique, des télécoms et des nouvelles technologies, ainsi que des programmes de soutien social et de solidarité, notamment à travers les emplois d’attente. Bien que le micro crédit en Algérie ne vise pas à lutter contre la pauvreté extrême comme c’est le cas dans de nombreux pays sous-développés ou en voie de développement, il n’en demeure pas moins qu’il a beaucoup à gagner s’il faisait siennes les règles générales régissant ce type d’actions, en impliquant en particulier le mouvement associatif qui serait à la base des institutions de micro finance, plus souples et plus proches des petits entrepreneurs poten-

tiels que ne le sont les institutions bancaires conventionnelles. Cette approche du micro crédit par l’implication pleine et entière, mais responsable, de la société civile devra être privilégiée au détriment de l’approche institutionnelle conventionnelle de type agences d’Etat qui fonctionnent de manière mécanique et surtout bureaucratique, même si la volonté de bien faire existe de la part des gestionnaires. Le système bancaire doit également être mobilisé selon des formules et des interventions à revoir dans le cadre de l’assouplissement et de l’ouverture sur le marché (financier et monétaire). Pour cela, il est impératif de revoir dans le fonds la loi sur les associations et la loi sur la monnaie et le crédit, dans le sens d’une plus grande ouverture sur la société civile, y compris dans la possibilité ouverte aux associations de faire du « lobbying » auprès de bailleurs de fonds nationaux et surtout internationaux, d’accéder à des dons et aux prêts destinés à développer le micro crédit et les micro projets de production de biens et services dont le marché local, encore en friche, a besoin - et lutter ainsi par ce biais ( qui n’en est qu’un ) contre le chômage en général et le chômage des jeunes en particulier. La logique d’intervention repose sur la participation active de la société civile, de la population visée dans le cadre du micro crédit, la responsabilisation des bénéficiaires et le renforcement des acteurs (agences d’animation du développement local, banques, élus locaux…).

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TAB.1. EVOLUTION DE LA POPULATION DES ARTISANS 2002-2005

nières d’entreprises au niveau local. Les pépinières sont des structures d’accueil et d’appui aux jeunes créateurs d’entreprises pour les assister dans la phase de démarrage de leur activité à travers la mise à disposition de lieux d’implantation de leurs entreprises et de conseils. Les centres de facilitation constituent un espace d’animation économique destiné à rendre l’information disponible et d’assister les nouveaux entrepreneurs à concrétiser leurs projets d’investissement par une assistance technique adaptée. • Création d’une agence nationale pour la promotion de la PME (décret exécutif n° 05-165 du 3 mai 2005). Sur un autre plan des actions de mise à niveau ont été prises. Un premier programme a été engagé en 2000 avec l’assistance du PNUD (programme des Nations unies pour le développement) et de l’ONUDI (organisation des nations unies pour le développement industriel). Il consiste en un financement mixte de 1.200.000 $US de l’ONUDI et 120 millions de DA du Ministère de l’industrie. Les trois opérations pilotes de ce programme concernent une cinquantaine d’entreprises publiques et privées. Un second programme (Euro développement PME) s’étalant sur 6 années. Il cible 4000 PME constituant un potentiel de croissance. Il se concentre sur les entreprises dont la taille varie entre 5 et 20 emplois. L’essentiel de ces entreprises appartient au secteur privé. Un programme de mise à niveau des PME, s’étalant sur une période de 6 années, a été mis en place par notre département ministériel. Une enveloppe de 1 milliard de dinars est confiée à l’agence nationale de développement des PME pour la mise en œuvre de ce programme. Le souci de renforcement de la communication et l’information interentreprises a conduit le Ministère de la PMEA, à la mise en place, en plus d’un Conseil National de la Sous-Traitance d’un réseau de Bourses de Sous-Traitance (04) à qui a été confiée la mission de création et de vulgarisation de l’information sur les disponibilités de sous-traitance algériennes et étrangères. Ces structures constituent un excellent moyen, voire, une véritable vitrine

2002 Production de biens Production de services Traditionnel et art TOTAL 38346 23901 9276 71523

2003 43435 26151 10264 79850

2004 45126 30140 11466 86732

2005 50139 32574 13359 96072

des offres de services en direction des grandes entreprises donneurs d’ordres, ce qui fait acquérir au mouvement de choix des entreprises receveurs d’ordre une transparence certaine et une égalité de chances aux PME. Un autre organe de concertation et d’appui aux PME a été mis en place par le ministère de la PMEA. Il s’agit du Conseil National Consultatif (CNC) dont les missions concernent la promotion du dialogue entre les PME et les associations patronales d’une part, et avec les pouvoirs publics d’autres parts. EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT DE L’ARTISANAT: Le secteur de l’artisanat, au sens large (artisanat de production de biens, de services et l’artisanat traditionnel) connaît une certaine avancée depuis l’adoption d’un plan d’action. Le plan a pour objectif de réhabiliter l’artisanat dans sa vocation économique et sociale. A titre indicatif le nombre d’artisans a évolué comme suit au cours de ces dernières années (tab.1) Le plan d’action du développement du secteur de l’artisanat prévoit une batterie de mesures organisationnelles, techniques, fiscales et financières à même d’assurer la valorisation du patrimoine artisanal pour en faire un vecteur de développement des potentialités humaines et matérielles au niveau local. Les principales actions inscrites au titre de ce plan portant sur l’adaptation du dispositif législatif et réglementaire régissant l’artisanat et les métiers aux mutations économiques et sociales du pays, et le développement de programmes de formation, d’apprentissage et de manifestation thématiques. Il serait opportun

de signaler que, parmi les mesures prévues ou déjà mises en place, figurent les maisons et musées de l’artisanat et les centres de savoir faire locaux et les centres d’estampillages, qui sont de véritables vecteurs de développement local et rural, particulièrement de par la nature de l’activité auxquelles elles ont trait. Je dois conclure par dire que beaucoup d’observateurs voient dans la création de 100000PME annoncée dans le programme de Mr le Président de la République (2004-2009) un défi qui interpelle le Ministère de la PMEA. Ce défi peut être réalisé dans la mesure où on constate de nos jours une répartition géographique des PME avec un recentrage en direction des wilayas du sud, dont certaines se distinguent par un nombre de PME assez proche de celles, des hauts plateaux, voir même du nord. A titre d’illustrations, Ghardaïa compte 4229 PME et se situe au niveau de Jijel avec 4.694 PME ou de Tlemcen avec 4.509 PME ou de Ain Defla avec 4372 PME ou de Bouira avec 4076 PME. Cette tendance confirme que les programmes spéciaux de développement et de désenclavement régionaux et que les dispositifs de soutien adaptés peuvent se traduire par des résultats probants. D’autant plus et au titre du programme complémentaire de développement pour les wilayas du sud, l’Etat a réservé 680 millions de dinars et 3 milliards de dinars pour la bonification des taux d’intérêt de crédits bancaires destinés à l’Agriculture et aux PME. En un mot le secteur de la PMEA en tant qu’un choix de développement économique et social hors hydrocarbures pourrait être une véritable alternative pour un future meilleur.

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RESSOURCES ET DÉPENSES PUBLIQUES
DIVERSIFIER LES INVESTISSEMENTS SELON UN PROGRAMME DE CROISSANCE ADHÉRENT AUX BESOINS DU PAYS
BABA-AHMED MUSTAPHA, ECONOMISTE, MEMBRE FONDATEUR DU FACM

L’Algérie est confrontée à ce défi: les recettes extérieures que déverse l’exportation des hydrocarbures donnent le mirage de la richesse: dans le conscient populaire, les milliards de Dollars US doivent satisfaire les attentes sociales. Il ne s’agit pas de se prononcer sur le bien fondé de ces attentes: il nous suffira de les confronter aux pratiques et au discours politique qui les entretiennent et les encouragent. Le produit des hydrocarbures prend pour une très large part la forme de devises. C’est par les recettes extérieures que nous commençons la présentation des ressources et de leur évolution. Entre 1999 et 2005, les exportations de biens et de services sont passées de 13 à 48,8 milliards de Dollars US. La part des hydrocarbures y entre respectivement pour 11,9 et 45,6 milliards de Dollars US. L’augmentation des ressources extérieures révèle un tel degré de vulnérabilité de l’économie algérienne qu’il est permis de se demander si l’autonomie de 27 mois à l’égard des importations met effectivement le pays à l’abri de lendemains difficiles en cas de retournement de la conjoncture comme en 1985. Il faut relever ici que le niveau des exportations hors hydrocarbures qui mesure, bien sûr avec les importations, la compétitivité de l’économie nationale n’a pas atteint le milliard de Dollars US. La particularité des hydrocarbures en Algérie est de supporter un taux de fiscalisation élevé et de concentrer les flux financiers au niveau de 3 acteurs économiques principaux: le Trésor, la SONATRACH (la société pétrolière nationale) et la banque de cette dernière, la BEA (banque extérieure d’Algérie). Le degré de dépendance des finances publiques à l’égard des hydrocarbures est passé de 62 % en 1999 à 76,3 % en 2005. Cette mesure vaut pour les recettes fiscales. Les dépenses de l’Etat n’ont pas évolué au même rythme que les recettes ; elles ont quand même plus que doublé. Le secteur bancaire est en situation de surliquidité: un total de ressources de 1212 milliards de Dinars est proprement gelé. De 2002 à 2005, les crédits à l’économie ont augmenté de 40% à 1778 milliards de Dinars. Les banques sont décriées pour leur frilosité, voire même pour des comportements qui ne procèdent pas de la commercialité. Il

est à peine besoin de préciser que la PME se trouve, alors, pénalisée dans la recherche de la couverture de ses besoins financiers par des concours bancaires. Elle ne peut pas accéder, a fortiori, à des emprunts obligataires sur un marché en voie de formation. La grande entreprise privée est, quant à elle, courtisée par toutes les banques de la place. Pour être complet, il convient de souligner que le niveau relativement modeste du total des emplois bancaires, compte tenu des ressources disponibles, tient à la position particulière des entreprises publiques: un certain nombre d’entre elles n’ont pas d’avenir et posent problème pour ce qui est de leur éligibilité au financement bancaire. La création des richesses a besoin d’entreprises qui aient les moyens de leurs ambitions. Alors que la loi de finances 2005 a organisé un dispositif de subvention d’exploitation ex ante des entreprises publiques non performantes, le traitement ex post et non transparent sur le plan budgétaire des déficits de ces entreprises a été maintenu. Il prive le Parlement des moyens de contrôle et donne au syndicat des travailleurs un moyen privilégié et exorbitant de négociation avec le gouvernement. Les dépenses d’assainissement financier ont longtemps été imputées au budget d’équipement, alors qu’il s’agit de couvrir des pertes en capital de ces entreprises, et non de la formation de capital fixe. Echappent également au contrôle parlementaire de l’utilisation effective de la ressource les fonds inscrits dans les « charges communes » dont le montant a cru de façon très importante. Au surplus, le Parlement est tout simplement privé du contrôle que confère la loi de règlement budgétaire et ce, depuis plus de 20 ans. Le budget de fonctionnement ne remplit même pas la vertu propre à la dépense publique: contribuer à réduire les inégalités sociales. Le même manque de discernement dans la destination des dépenses dites sociales ou considérées comme telles se retrouve dans le domaine de la santé: la médecine qui continue à être gratuite bénéficie en réalité à ceux qui, de par leur position sociale ou leurs introductions, ont accès aux structures de santé publiques ; de façon à peine caricaturale, les négociants de

l’informel ont priorité sur les assurés démunis alors que la caisse sécurité sociale couvre une bonne partie du budget des hôpitaux. La dépense publique reste largement otage de l’avatar historique du populisme. L’exemple le plus symptomatique est celui de l’enseignement et de la formation professionnelle ; les jeunes sortis des écoles professionnelles ne maîtrisent pas le savoir-faire et ne sont pas reconnus comme professionnels ; quant aux universitaires, ils sont rares à posséder le savoir qu’ils sont sensés avoir acquis. Le pays vit la situation paradoxale où plus il dépense d’argent pour former les jeunes, plus il a besoin de faire appel à des compétences étrangères. L’administration est dramatiquement sous encadrée quand il faut organiser et conduire les réformes. Le savoir et le pouvoir d’innovation sont, aujourd’hui, la véritable richesse des nations: ils confèrent la puissance économique et la reconnaissance politique. L’Etat entend réserver le pactole du pétrole et du gaz aux infrastructures économiques: les infrastructures sociales ne mobilisent que faiblement le surplus de recettes, au point que par exemple les mauvaises conditions dans lesquelles vivent les étudiants contribuent sans aucun doute à la médiocrité de leurs résultats. L’Etat a pris deux mesures fondamentales: • la priorité est donnée aux infrastructures économiques; • leur financement est assuré en totalité par la ressource publique. L'Etat engage la quasi-totalité des recettes engrangées dans les infrastructures de transport et les grands ouvrages hydrauliques, unités de dessalement d’eau de mer comprises. L’histoire de l’Algérie indépendante montre que les importations sont totalement inélastiques à une baisse des moyens de paiement extérieurs: même «l’économie de guerre» en 1993 n’a pas permis de contenir les importations. La voie choisie par l’Algérie est volontariste: elle parie sur le maintien du marché pétrolier au niveau de ses données fondamentales actuelles. Est-elle assurée de l’efficacité de la dépense? La bonne gestion de la dépense publique renvoie aux règles qui régissent le domaine de cette dé-

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pense:toutes les phases de la dépense budgétaire sont organisées par des lois et des règlements. Le choix du partenaire procède par voie d’offres ou de consultation par application du code des marchés publics. Le visa de la commission des marchés compétente et celui du contrôle financier sont exigés avant toute dépense sur le marché. La Caisse Nationale d’Equipement et de Développement (CNED), créée pour veiller, pour le compte du ministère des finances, à la pertinence des caractéristiques technico-économiques des projets, n’est pas encore vraiment opérationnelle. Cette Caisse doit s’intéresser également pour le compte de l’administration du budget qui n’en a plus les moyens, à la cohérence intersectorielle et intra-sectorielle de différents projets. Une telle mission est fondamentale pour des projets aussi structurants que l’autoroute ou le rail. L’essentiel du programme d’investissements publics lancé pèse sur un nombre très réduit – quatre ou cinq – d’opérateurs économiques publics. La force de frappe de ces acteurs est très limitée: les cadres qui doivent normalement en constituer la colonne vertébrale sont sensés être des ingénieurs et des techniciens rompus aux techniques et aux technologies. Or, on a vu que le niveau de formation a fortement baissé ; de plus, les meilleurs sont soit aspirés par les entreprises étrangères en Algérie, soit attirés par l’émigration. Le système n’est pas orienté vers la reconnaissance du mérite: au contraire, l’échelle sociale des valeurs verse, au contraire, une prime aux fervents de la débrouillardise et du trabendo . Pour les ingénieurs et techniciens qui restent, même s’ils sont intrinsèquement compétents, ils ne sont pas toujours avantageusement intégrés dans des équipes ; ils peuvent être simplement marginalisés. L’absence de motivation qui en résulte vide alors de toute substance leur apport. Le sommet de l’Etat est la source de toute impulsion politique; il s’érige en même temps en point de départ des décisions économiques d’une quelconque importance. Pour ce qui est du programme complémentaire de soutien à la croissance, la gouvernance politique veut constituer par elle-même une véritable locomotive d’entraînement pour les réalisations des infrastructures. L’ambitieux programme d’investissement est présenté comme étant celui du Président de la République. Dès lors, le premier magistrat du pays ne peut pas ne pas se sentir l’obligation de réaliser les projets dans les délais, conscient que tout retard lui serait inévitablement imputé. En laissant de côté les considérations strictement politiques, on peut dire que la tentation est grande chez les autorités de supposer que la disponibilité de la ressource doit être le garant des performances. L’identification du programme à la plus haute autorité de

Timgad

l’Etat a son revers: pour échapper au reproche de retards, les gestionnaires peuvent succomber à la tentation soit de passer sur des éléments contractuellement à la charge des titulaires des marchés, soit de fermer les yeux sur des insuffisances et des malfaçons. Les partenaires sont conscients de cette situation et peuvent l’exploiter à leur profit. C’est dire que l’argent ne garantit pas à lui seul que les projets soient bien réalisés ni même réalisés tout simplement dans les délais. On peut même soutenir que le pays est assuré qu’il ne réalise pas les projets au moindre coût. La bonne gouvernance économique suppose naturellement une gouvernance politique avisée. Celle-ci n’existe que si les différents pouvoirs jouent effectivement leur rôle constitutionnel. Le Parlement doit, pour cela, être le point de départ et le point d’arrivée de tout le processus en matière de dépense publique. Il a besoin d’être impliqué financièrement, mais aussi sur le plan technique, dans l’inscription des programmes et opérations budgétaires ; il doit pouvoir connaître ex post des réalisations, c’est-à-dire de l’utilisation de la ressource qu’il a autorisée. Les infrastructures bien conçues et bien réalisées contribuent au développement du marché local par une plus grande fluidité des transports de marchandises et une plus grande mobilité des personnes. Les projets lourds comme l’autoroute et le développement du rail constituent des investissements indispensables. Ils sont fortement structurants pour l’économie du pays. Mais, s’ils participent largement à l’amélioration du cadre de vie, ils ne sauraient constituer à eux seuls les bases d’un potentiel de croissance durable. Dans ce domaine, les obligations à la charge de l’Etat sont multiples. Certaines sont de nature financière et doivent mobiliser la ressource publique; d’autres relèvent de l’ordre social:

• La revalorisation de la fonction voire de la mission d’enseignant passe d’abord par une reconsidération fondamentale des conditions matérielles faites aux enseignants à tous les niveaux ; le rôle de l’enseignant est primordial dans la formation de la société toute entière et ce n’est pas parce que l’enseignant n’est pas en situation de monnayer ses services comme d’autres commis de l’Etat qu’il doit être sanctionné. • L’Etat doit agir sur tous les facteurs de démotivation et de désincitation à l’égard des métiers manuels: la formation professionnelle doit cesser d’être le parent pauvre des cursus et acquérir ses titres de noblesse. Ce sont les pays où la formation aux métiers est performante qui sont assurés de l’utilisation optimale du capital humain et même d’une productivité globale des facteurs élevée et durable. Une véritable révolution doit être menée à l’intérieur du système de formation globalement considéré, qui est seule garante de la qualité des produits dans tous les circuits de formation: le cursus long de l’université – et de grandes écoles – considéré comme la voie royale doit cesser d’être sacrifié au profit des moins bons ; le nivellement doit se faire par le haut. • La société doit vivre une véritable refondation de valeurs dans ce domaine: le système des passe-droits qui prévaut toujours pour l’accès aux différentes filières de formation doit cesser. Ce n’est rendre service ni à l’intéressé ni encore moins à la société que de l’admettre dans une formation donnée un jeune qui n’a pas les compétences requises. Il faut donc apporter de véritables bouleversements à des pratiques sociales prégnantes et dont on ne peut soupçonner les petites gens. C’est sans aucun doute plus difficile que de dépenser de l’argent public pour réaliser des projets.

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UNE STRATÉGIE EFFICACE POUR LE DÉVELOPPEMENT
L’INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER (IDE) POUR EXPLOITER LES POTENTIALITÉS DE LA GLOBALISATION
FAHRI BOUMECHAAL, CONSEILLER AUPRÈS DU MINISTRE DES PARTICIPATIONS ET DE LA PROMOTION DES INVESTISSEMENTS

La politique algérienne de développement vise à atteindre une rapide croissance économique, résorber le chômage et relever le niveau de vie et de bien être des populations. Elle vise également l’établissement d’un système économique efficient. Durant quatre décennies l’Algérie a opté pour un système économique de développement d’économie administrée. L’économie algérienne doit être profondément réorganisée. Le noyau dur de cette nouvelle économie sera une industrie basée sur une technologie moderne.En vue d’atteindre cet objectif notre pays aura à utiliser le potentiel extraordinaire qu’offre la globalisation ainsi que les nouvelles méthodes de production qui apparaissent à travers le globe en utilisant comme instrument privilégié l’investissement direct étranger (IDE). La mise en œuvre de cette stratégie demande, de la part des autorités publiques, une grande rigueur et un effort considérable de mobilisation de ressources. L’action des autorités publiques concernera une action directe (production de « biens publics » et une action de soutien aux entreprises. L’IDE constitue alors un des leviers les plus appropriés sur lequel se fonde la stratégie industrielle et cela d’un double point de vue: i) de par les capitaux qu’il peut mobiliser et le transfert des technologies qu’il permet, l’IDE constitue un facteur de développement économique et industriel pour notre pays ; et ii) du fait des déséquilibres commerciaux des échanges avec l’Union européenne, largement en faveur de notre pays, les accords d’association euro méditerranéens forment un cadre privilégié pour l’attraction des IDE en provenance d’Europe. L’IDE jouera également un rôle important dans la commercialisation des productions nationales ainsi que dans la restructuration de l’industrie algérienne afin que cette dernière puisse manufacturer des produits de qualité à destination des marchés national et international. Les éléments fondamentaux caractérisant une économie de marché ont déjà été accomplis: l’agriculture, le commerce et la gestion des entreprises publiques et privées répondent aux incitations du marché. Mais beaucoup d’autres éléments n’y répondent pas. L’adoption d’une politique basée sur l’exportation de produits manufac-

turés nécessite une réorientation totale du système industriel: passer de la fourniture de produits de basse qualité destinés à une clientèle locale captive, à un système industriel dont la production est destinée à l’exportation requiert d’être compétitif au niveau de la qualité et des coûts. Le développement d’une forte demande domestique des produits manufacturés made in Algeria ne peut que renforcer le caractère soutenu et durable de l’industrialisation du pays. Le marketing devient fondamental dès qu’il s’agit de vendre sur les marchés internationaux. La commercialisation des produits et le contrôle de la qualité nécessaires à la compétitivité sur les marchés internationaux ne s’acquièrent pas instantanément. Le test décisif indiquant que notre pays désire adhérer de façon déterminée aux règles du système économique global, est d’adhérer à l’OMC. La structure de l’organisation industrielle: i) la taille des entreprises industrielles: l’Algérie a entamé depuis le début des années 80 le découpages des grandes entreprises d’Etat en des unités beaucoup plus réduites répandues à travers le territoire national et cette stratégie devrait être continuée ; ii) le degré de concentration dans les différents secteurs industriels: notre pays continuera à encourager la concentration des petites entreprises en unités plus grandes, en utilisant des méthodes s’inspirant du marché telles que les incitations fiscales et autres procédés de la même nature. Un développement technologique endogène: le processus de maîtrise des procédés technologiques est à la merci de toutes sortes d’externalités: les entreprises apprennent en interactions avec d’autres entreprises (fournisseurs, acheteurs, consultants, compétiteurs) ainsi qu’avec les institutions spécialisées en matière de formation ou de savoir. En particulier elles doivent apprendre à gérer le processus d’acquisition des technologies. À cet effet le cadre institutionnel de l’investissement évolue rapidement pour s’adapter et offrir un cadre friendly aux aspirations du monde des affaires. L’investissement est un élément essentiel des relations de partenariat. Le cadre législatif et réglementaire reste un facteur déterminant en matière de promotion de l’investissement. Dès le début

des années 1980, suite à la crise de l’endettement de nombreux pays ont opté en faveur de l’investissement étranger et ont mis en place des législations ouvertes favorables à leur attraction. L’Algérie a, dès 1989, adopté le principe de liberté de commerce et d’industrie. Ramené à l’investissement ce principe s’est matérialisé dans la pratique à une simple déclaration à caractère informatif et statistique consistant à enregistrer l’expression de la volonté de l’investisseur. L’idée était acceptée que les investisseurs privés, parce qu’ils risquent leurs propres fonds, sont bien placés pour identifier la faisabilité de leurs projets. À cette époque le système déclaratif signifiait que l’Etat conserve son droit souverain d’octroyer les avantages en fonction des objectifs qu’il se fixe. Il peut exclure certaines activités ou certains biens du bénéfice des avantages. Ce coté discrétionnaire a été perçu négativement. Aujourd’hui nous cherchons à rapprocher le cadre juridique du système déclaratif. Ce sera une progression constante vers la mise en place d’un système déclaratif total. Souple, fluide et transparent le cadre juridique régissant l’investissement est ainsi mis en adéquation avec les aspirations des partenaires et des candidats à la réalisation d’actions de coopérations qui ont la liberté de choisir les opportunités qui leur paraissent correspondre aux objectifs qu’ils recherchent. Concernant le traitement de l’investissement étranger on peut affirmer que si notre politique est d’attirer des IDE et de les utiliser comme levier ne nos politiques, nous devons i) adopter, dans le domaine économique, un cadre législatif et réglementaire clairement établi et en harmonie avec les systèmes légaux des pays d’origine de l’investissement ; ii) renforcer la précision de la réglementation ou de la régulation du cadre du marché ; et iii) rationaliser la pratique des affaires en adhérant à l’OMC. En règle générale tout investissement national ou étranger, doit bénéficier d’une incitation de la part du gouvernement. L’objectif de la politique de restructuration de notre industrie est de la rendre efficiente, profitable et compétitive sur les plans domestique et international. Le gouvernement adoptera également une politique active de renforcement de la densité du tissu industriel.

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FUTUR “BOOM” POUR L’INDUSTRIE RÉCEPTIVE
PLUS DE 800 PROJETS POUR DE NOUVEAUX HÔTELS DANS L'ATTENTE D'ÊTRE APPROUVÉS
ABDELGHANI MEGHERBI, PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ D’ALGER

Tipaza, village romain

Le tourisme était devenu, essentiellement au début des années 1960, aux yeux des experts internationaux, outre l’ONU, le FMI et l’OCDE, presque synonyme d’industrie lourde, par rapport au processus de développement qu’avait connu l’Europe. C’est dans un tel contexte et un tel état d’esprit que même certains pays pétroliers, telle que l’Algérie, par exemple, avaient opté pour un tel choix, sans pour autant aller jusqu’à confondre tourisme et «industrie industrialisante». L’option touristique avait été bel et bien intégrée dans une vision globale de développement dès 1966, déjà, la veille du lancement du Premier Plan national de développement pour la période triennale 1967/1969. Une telle option considérée comme stratégique, est connue sous l’appellation significative de « charte du tourisme ». celle-ci visait la concrétisation de trois objectifs fondamentaux et complémentaires: l’apport de devises, la création de postes d’emploi, enfin l’intégration du pays au marché international du tourisme. Ce qui explique la construction de complexes touristiques balnéaires dans les régions d’Alger (Moretti, Sidi Fredj, Tipaza) et d’Oran (les Andalouses) ainsi que des hôtels de type saharien, dans le sud du pays. Il est évident que de telles structures d’accueil, d’un standing fort élevé, étaient destinés à une clientèle étrangère jouissant d’un pouvoir d’achat important. Une telle stratégie, à la suite de changements socio-économiques et poli-

tiques, avait été remplacée en 1980 par une autre stratégie de développement touristique, accordant la primauté à la demande interne en matière de loisirs et de détente. Cette nouvelle option, orientée prioritairement au bénéfice des nationaux, était accompagnée de la mise en œuvre d’un programme anti-pénurie (PAP) qui n’avait pas manqué de soulager quantité de familles et de citoyens confrontés durant une longue période à de grosses difficultés dans leur quotidienneté, étant donné la non disponibilité de divers produits de consommation sur le marché (agro-alimentaire, électro-ménager, pièces détachées, etc…). Le secteur du tourisme, dans ce nouveau contexte, n’est plus perçu sous une double optique interne et externe, selon les humeurs et les fluctuations du moment, mais à travers une vision globale: le produit touristique à mettre à la disposition aussi bien de la clientèle nationale qu’étrangère, selon la demande et la loi du marché international. Ce qui suppose, d’un côté, l’identification exacte des besoins à satisfaire des uns et des autres et, de l’autre côté, des investissements à la hauteur desdits besoins, sans omettre – cela va de soi – la qualité des prestations offertes au client ainsi que leur prix. Toujours selon les normes internationales. Quoiqu’il en soit, l’Algérie ne peut offrir actuellement que 81.000 lits en tout et pour tout, dont la majorité d’ailleurs ( les quatre cinquièmes) ne répond point aux normes universelles dans le domaine considéré. En un mot, une vingtaine de milliers de lits échappent à la dégradation et à la vétusté. Ce qui est minime, pour ne pas dire dérisoire, par rapport, aux 230.000 lits dont dispose la Tunisie, par exemple, et qui relè-

vent tous du standing international. Il est réconfortant d’apprendre qu’un processus dynamique avait été enclenché, en vue de faire du tourisme un secteur jouissant de tous les attributs d’une industrie et ce, bien qu’appartenant à la sphère du tertiaire dans la sériation classique. C’est ainsi que 30.000 lits représentant environ 300 projets sont présentement en cours de réalisation sur la côte algérienne qui s’étend, rappelons-le, sur 1.200 kms. Outre ce qui précède, 250 autres projets sont agréés par les autorités compétentes et regroupant 20.000 lits sont en souffrance, pour des raisons financières, essentiellement. Quant aux dossiers d’investissements, déposés par des promoteurs algériens, ils sont au nombre approximatif de 800. Evidemment, ce sont les plus crédibles qui seront retenus et ce, en fonction de critères réalistes et objectifs. Voilà pour ce qui concerne les investissements afférents aux promoteurs nationaux. A propos des investissements étrangers, le groupe des Emirats Arabes Unis « Immar » a, par exemple, jeté son dévolu sur une zone d’expansion touristique dans la région d’Alger, sur la côte, dont la superficie est de plus de 80 hectares. Le projet en question est en cours de finalisation au niveau des préparatifs avec le concours du Ministère du Tourisme. Dans le même contexte, il convient de citer aussi le groupe « Accor », associé à l’homme d’affaires algérien Djillali Mehri, qui a manifesté le désir de construire 25 hôtels de standings différents, totalisant quelques 3.600 lits. Ajoutons à ce qui précède nombre d’autres projets, soit en cours de réalisation, soit en cours de conception et d’élaboration des dossiers, et visant essentiellement Alger, Oran, Constantine et Tlemcen, De ce qui précède, il apparaît éminemment souhaitable et mutuellement profitable, que des promoteurs européens du secteur du tourisme se joignent à ceux qui sont déjà à pied d’œuvre, afin d’aider l’Algérie à sortir aussi rapidement que possible du système économique rentier, synonyme de mal-développement, et lui permettre d’ériger une économie polyvalente et performante, fondée sur l’imagination créatrice et le travail productif à même de rendre possible une vie digne pour la génération présente et un avenir fécond pour les générations futures.

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PROJETS POUR LA RELANCE DE LA COOPÉRATION
À PALERME LA X ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU COPPEM
DE NINO RANDISI

IX assemblée générale du Coppem

Les travaux de la X Assemblée Générale du Coppem auront également lieu cette année à Palerme, à Villa Malfitano. Le rendez-vous est fixé pour les 24 et 25 novembre. A cette occasion les délégations et les représentants des institutions locales les plus importantes provenant des 35 pays de la zone euroméditerranéenne seront présents. Outre les procédures rituelles (prise d'acte des variations et du redressement du Budget prévisionnel 2006 et du Budget prévisionnel pour l'exercice 2007) l'Assemblée procèdera à l'élection du Président, des Vice-présidents et du Secrétaire Général de cette organisation. Les charges sont actuellement recouvertes respectivement par Salvatore Cuffaro, Président de la Région sicilienne, par le Député et Maire de Rabat, Omar El Bahraoui (Maroc), par le Gouverneur de Qalyubya, Adly Hussein (Egypte), par le Directeur exécutif de l'Association des Villes polonaises, Andrzey Porawski (Pologne), par le Maire de Nea Halkidonia, Nikolas Papamikroulis (Grèce), par le Président

du Forum Algérien pour la Citoyenneté et la Modernité, Nourredine Sbia (Algérie), par le Vice-président de la Fondation Internationale Blue Crescent, Muzzafer Baca (Turquie) et par Carmelo Motta. La dixième Assemblée Générale, qui s'ouvrira le 24, sera précédée par la cérémonie de remise du Prix “Seme d'Arancia”. A cette occasion, après l'intervention du Président de l'Ars Gianfranco Miccichè qui donnera les salutations de toute la députation sicilienne aux participants, interviendront Diego Cammarata, Maire de Palerme; Francesco Musotto, Président de la Province de Palerme; Omar El Bahraoui, Maire de Rabat et premier Vice-président du Coppem; Adly Hussein, Vice-président du Coppem; Luigi Cocilovo, Vice-président du Parlement européen; Abdalla Abbas, Acting Director – ONU Habitat; Pier Virgilio Dastoli, Directeur de la Délégation en Italie de la Commission Européenne; Ian Micallef, Président de la Chambre des Pouvoirs Locaux du CPLRE Conseil d'Europe; Ahmad Al Adsani,

représentant de l'Organisation des Villes Arabes; Jeremy Smith, Secrétaire Général du Conseil des Communes et des Régions d'Europe; Obaid Salem Al Shamsi, représentant de la ville de Dubaï; Lucile Schmid, Vice-présidente de la Région Ile-de-France. La matinée se conclura par une intervention du Viceministre des Affaires Etrangères italien Ugo Intini. Les travaux de l'Assemblée se poursuivront le lendemain à Villa Malfitano avec les relations, comme déjà mentionné, sur les instruments financiers de cette organisation et avec la présentation officielle de la V Commission qui s'occupera de “l'Egalité des Chances”. Le programme des activités du Coppem pour l'année qui va bientôt se conclure a été dense d'activités et de rendez-vous, en commençant par la réunion qui a eu lieu en janvier et qui a servi pour préparer la troisième Conférence des Villes Euro-arabes. Le calendrier des rendez-vous s'est poursuivi en février avec les inaugurations officielles de différents bureaux de représentation du Coppem à Rabat et au Caire, en mars, avec la réunion des membres du Groupe Fondateur ERIMED, en avril avec l'inauguration du Bureau de représentation du Coppem à Instanbul, en mai avec la IX Assemblée Générale et en juin à Alger avec la réunion des représentants des pouvoirs institutionnels décentralisés. Dans la capitale de l'Algérie, le Secrétaire Général Lino Motta est intervenu sur les développements de l'organisation de la Conférence EuroArabe des villes à la lumière de la quatrième réunion préparatoire qui a eu lieu à Rome le 6 juin. Motta a confirmé l'importance de la valeur politique du programme de Coopération entre villes de l'Egypte, de la Jordanie, d'Israël et de l'Autorité Nationale Palestinienne qui, après l'annonce officielle donnée à l'oc-

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Le Conseil de Présidence du Coppem s'est réuni le 1er octobre 2006 à Chania, dans l'île de Crète, accueilli dans la salle de la Municipalité par son Maire Kiriakos Virvidakis, membre rapporteur de la III Commission du Coppem “pour la coopération économique et financière”, qui a souhaité la bienvenue aux participants de la part de la ville et qui a participé aux travaux. Sous la Présidence du Vice-président du Coppem Nikos Papamikroulis et avec la participation du Vice-président Adly Hussein, Gouverneur de Kalyubiya (Egypte), du Président de la II Commission Jan Mans, du Président fondateur Fabio Pellegrini et du Secrétaire Général Carmelo Motta, les principales activités en cours du Coppem, la composition et les candidatures de la V Commission pour l'“Egalité des chances”, récemment constituée, ont été réalisées ainsi que les phases préparatoires du Congrès international des Villes Euro-Arabes au programme à Dubaï en mars 2007, dont le Coppem est l'un des organisateurs et de la prochaine Assemblée Générale du Coppem (Palerme 24-25 novembre 2006). il a été en outre confirmé qu'à l'occasion de cette Assemblée aura lieu l'édition du Prix “Seme d'arancia” qui sera remis à la Première Dame de la République Arabe d'Egypte Madame Suzanne Mubarak aini qu'au Président honoraire de la République italienne le Sénateur Carlo Azeglio Ciampi, à laquelle ont été invitées d'éminentes personnalités institutionnelles de la zone euro-méditerranéenne et de l'organisation des Nations-Unies. Le projet Ecomemaq sur la sauvegarde du maquis méditerranéen, dont le Coppem est chef de file et la région de Crète partenaire, a été illustré. Lors de cette réunion Ali Abu Ghanimeh (membre du Coppem, Université de la Jordanie) a fourni une contribution concrète alors que le responsable technique de la Région Crète, Kostas Strataridakis, a donné la pleine disponibilité de son Administration pour concerter avec le Coppem de futures initiatives de projets.

casion du Workshop à la Fiera del Mediterraneo de Palerme, continuera avec une autre réunion programmée à Sharm El Sheikh en octobre. Toujours à Alger, le point sur les principales activités de projets du Coppem a été fait dont, la participation comme partenaire au projet “Biens Culturels et Développement Local”; la présentation à la Commission européenne d'un projet au sein du programme MED PACTE; l'approbation de la part de la CE du projet Ecomemaq (valorisation du maquis méditerranéen) au sein du programme Interreg Archimed, du projet Medins (catalogage des biens culturels immatériels) au sein du programme Interreg Medoc, du projet Sun & Wind (architecture bio-climatique) au sein du programme Life, du projet City to City au sein du programme Interreg; développement du projet “Regional Coastal Cooperation” entre villes de l'Egypte, de la Jordanie, d'Israël et de l'Autorité Nationale Palestinienne sur le thème du tourisme dans la zone d'intérêt commun; le lancement de l'initiative visant

la création d'un network de Foires de la Méditerranée; la réalisation du workshop “Artisanat pour le Développement Local” avec la participation de représentants de secteur provenant de neuf Pays méditerranéens et avec la présence de représentants des Ambassades en Italie de l'Egypte, de la Jordanie, de l'Autorité Nationale Palestinienne et avec un message de l'Ambassadeur d'Israël; et enfin la perspective d'organiser à Palerme en octobre un workshop sur la problématique des transports. Après l'été, les activités ont repris en octobre avec une réunion du Conseil de Présidence à Crète qui a vu la participation des rapporteurs des Commissions. Le thème des transports est affrontée de manière approfondie dans le cadre de la III Commission. Toujours à Crète l'idée de créer des réseaux de foires de villes est lancée. Cette proposition est née après que la Fiera del Mediterraneo de Palerme avait organisé en mai un workshop sur l'artisanat local, symbole de liaison entre les pays euro-méditerranéens. C'est dans

cette direction que les représentants de la Turquie (la Foire d'Antalia, par exemple, avait déjà envoyé une ébauche d'accord entre foires qui est en cours d'examen), le bureau touristique d'Haifa (Israël) et la Hollande avaient en effet manifesté leur intérêt. Dans le cadre du projet City to City (C2C) – Plural identities and urban contexts: new approaches for migratory policies”, le Coppem a présenté une proposition dans le cadre du volet 3 de ce même projet qui prévoit la mise en œuvre de projets pilote. Réseau de laboratoires territoriaux – RELATE est le Projet Pilote (PP) transnational, dont le Coppem est partenaire. Ce projet aborde le thème des mouvements migratoires dans la zone euro-méditerranéenne. C'est un support pour le développement de modèles de comparaison et de planification entre différentes cultures qui peuvent assurer l'égalité des droits pour les immigrés et les communautés locales ainsi qu'une contribution consciente pour ceux qui partagent des cultures et des espaces dans le respect

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Gianfranco Micciché Président de l'Assemblée Régionale Sicilienne – ARS

des différences pertinentes à une société multiculturelle. Et toujours le Coppem, dans le cadre des activités de la II Commission, coordonnera l'Unité 2 du projet Relate – Sensibilisation et communication. La responsabilité de cette unité prévoit toutes les activités concernant la communication interpartenariale, et le Coppem aura un rôle fondamental concernant les activités de sensibilisation grâce à l'usage de son réseau international. Dans cette phase il définira le plan des activités de sensi-

bilisation avec pour objectif l'implication des communautés locales des zones du projet RELATE. En ce qui concerne le projet de coopération régionale côtière, interrompu à cause de la situation au Liban, le conseil de présidence a fait savoir que les contacts pour l'organisation d'autres réunions sont en cours de reprise. Toujours en octobre, dans la salle du conseil de Chania, a eu lieu la présentation du Projet “Ecomuseum of the Mediterranean Maquis” - ECOMEMQ – financé par le Programme

d'Initiative Communautaire Interreg III B – Archimed. Ce projet, coordonné par le Coppem, voit la participation de prestigieuses Autorités Internationales dans le domaine de la recherche, comme l'Institut Agronomique de la Méditerranée (IAM) de Bari, de l'Université de Bari et du Polytechnique National d'Athènes. En outre, le partenariat se compose de la Région de Crète (Grèce), du PIT Déméter (qui comprend environ 13 Autorités territoriales de la province d'Agrigente) et de l'Autorité Générale du Ministère de l'Environnement de la République Islamique de Libye. A Crète, enfin, les objectifs du projet ECOMEMAQ, les méthodologies pour sa réalisation et ses actions pilote qui seront mises en place en Sicile, en Pouilles et à Crète ont été illustrés. A ce propos, une plus étroite collaboration entre la Région Crète et la Municipalité de Chania, pour la création d'un projet pilote sur le territoire de l'antique capitale crétoise, est souhaitée. Une année riche en initiatives, réunions et projets pour le Coppem qui s'apprête à organiser sa dixième Assemblée Générale. Pour l'année prochaine, au programme, la participation à la III Conférence des villes Euro-arabes qui aura lieu à Dubaï.

Des entrepreneurs égyptiens du secteur agroalimentaire, textile, confection, métallurgique et mécanique, guidés par Mohammed Ateya Ibrahim El Fayoumi, Président de la Chambre de Commerce du Gouvernorat de Qalyubiya, seront en Sicile du 20 au 24 novembre prochain pour participer à un Workshop promu par la Chambre de Commerce du chef-lieu. Le programme de travail de la délégation égyptienne prévoit également une série de visites auprès des entreprises dans la Sicile occidentale, des rencontres avec des représentants du monde productif et commercial ainsi qu'une visite au musée diocésain de Catane. Les rapports économiques entre l'Italie et l'Egypte ont toujours été très étroits. Notre pays est en effet le premier marché pour l'écoulement des exportations égyptiennes et le troisième fournisseur de l'Egypte avec une balance commerciale fondamentalement équilibrée. Sur le plan des investissements directs, la présence italienne continue à avoir une croissance significative. Par exemple les entreprises italiennes qui ont investi en Egypte sont déjà nombresues. La ville de Palerme a été récemment un carrefour pour de nouvelles ententes fructueuses. Au début de cette année, en effet, plus de cinq cents entrepreneurs provenants de l’Italie et de 13 pays de la Méditerranée se sont donnés rendez-vous pour nouer des rapports économiques et industriels, conclure des coentreprises et promouvoir des investissements. La délégation égyptienne, au terme de l'intense programme de rencontres et de réunions, prendra part aux travaux de l'Assemblée Générale du Coppem. (n.r.)

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PARTENARIATS TERRITORIAUX POUR L'INTÉGRATION
INTERVIEW AU VICE-MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ITALIEN UGO INTINI
DE ROBERTA PUGLISI

Ugo Intini (à droite) durant sa visite d'Etat à Paris

Le Parlement européen, en traçant un bilan de la politique euro-méditerranéenne de l'Ue, dix ans après la Conférence de Barcelone, a été très critique et a affirmé explicitement que les résultats du partenariat n'ont pas correspondu pleinement aux attentes générales. Réalistiquement parlant, pensez-vous que cette politique puisse être relancée? Et de quelle façon le gouvernement italien entend-il contribuer? Il faut donc être réalistes, certes, mais il faut également savoir saisir les opportunités offertes par le processus euro-méditerranéen. Le Parlement Européen tape dans le mille lorsqu'il met en évidence qu'il y a encore de nombreuses potentialités inexprimées. Mais nous ne devons pas oublier que l'Euro Med continue à être un forum indispensable pour la coopération, le seul – et cela ne me semble pas une circonstance futile – où Israël s'assied aux côtés de Pays qui ne le reconnaissent pas ou avec lesquels il n'a aucune relation diplomatique normale. Je dirais plutôt

que justement les crises moyenorientales et la persistance de celle que je retiens être la "mère" de l'instabilité régionale, à savoir la question israélo-palestinienne, confirment la nécessité de relancer l'Euro Med vers une plus efficace la perspective politique, pour contribuer à la construction de ce climat de confiance réciproque qui jusqu'à présent faisait défaut dans la zone. L'Italie en particulier entend se prodiguer afin que les efforts soient concentrés dans ces secteurs qui conduisent à des résultats plus concrets, résultats que les personnes peuvent toucher du doigt. Je pense à la coopération contre le terrorisme, à la protection civile, à l'énergie, à l'environnement, à la coopération en matière migratoire. Sans négliger bien entendu le dialogue entre cultures, l'engagement pour surmonter les préjugés et les stéréotypes diffusés, pour démentir les lieux communs: en plus d'être un instrument immatériel décisif de coopération, je le considère également comme un réel investissement politique.

L'élargissement de l'Ue le long de l'axe Ouest-Est influence-t-il en quelque sorte, et négativement, la tentative de récupérer les déséquilibres Nord-Sud traditionnels? Je suis convaincu que la vraie clef de voûte pour le développement est l'intégration contextuelle des systèmes méditerranéens le long de la ligne directrice Nord-Sud et le long de celle Ouest-Est. Ce ne sont pas deux processus destinés à se neutraliser réciproquement, et je dirais même le contraire, il est fondamental qu'ils aillent de pair selon une idée moderne d'intégration, qui concerne tant le secteur économique et commercial que l'aspect politique. Le chemin à parcourir est encore long: c'est un fait que, alors que la rive nord de la Méditerranée, celle européenne, a sûrement trouvé son unité économique, et elle est en train d'atteindre de plus en plus celle politique, on ne peut pas en dire autant de la rive Sud. Il faut que cela soit clair pour tout le monde que la paix, la stabilité et le développement en Europe dépendent de la paix, de la stabilité et du développement en Méditerranée. Il est avant tout nécessaire, pour une coopération euro-méditerranéenne plus efficace, que nos partenaires arabes travaillent pour garantir une plus grande cohésion et unité entre eux. On ne peut éviter de relever, par exemple, que pour les nombreux projets de coopération politique et financière mis en œuvre depuis la naissance de l'Euro Med, l'un des principaux obstacles reste la clôture de la frontière entre l'Algérie et le Maroc. Nous attendons de nouvelles propositions, intelligentes, constructives, en d'autres mots imagination et courage politique, qui, à dire vrai, ne manquent pas. J'ai été par exemple très favorablement

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touché par la proposition que les Egyptiens ont avancé au Forum Euro-méditerranéen d'Alicante fin octobre, en demandant l'assistance aux européens sur les nouvelles technologies pour développer des sources énergétiques alternatives, comme l'énergie solaire, et en offrant en échange la restitution en hydrocarbures de tout ce qu'ils réussiront à économiser. Je crois que des initiatives spécifiques et ciblées comme celle-ci puissent être fort utiles, alors que le cadre plus général de la politique internationale est par la force des choses destiné à être plus complexe, également du fait que tous les Pays européens ne participent pas à l'exercice euro-méditerranéen, mais uniquement les Pays qui, de par leur histoire et leur géographie, sont plus proches du monde arabe. Quel rôle attribuez-vous aux Autonomies Locales dans le but d'une stratégie de développement efficace fondée sur la coopération et la solidarité? Je crois que les pouvoirs locaux puissent exercer un rôle important pour promouvoir une plus grande intégration entre les Pays des deux rives de la Méditerranée, surtout à travers l'intensification des partenariats territoriaux. Sous cet aspect, je note favorablement que les Régions italiennes sont en train d'exercer une action propulsive. Je vois que Autorités locales et régionales sont en train de s'impliquer de plus en plus dans le Partenariat Euro-méditerranéen, et cela peut nous aider beaucoup pour faire face aux défis communs, pour échanger nos expériences. J'aime rappeler, à ce propos, que le Programme de travail quinquennal concordé lors du Sommet de Barcelone de l'année passée prévoit que les Partenaires Euro-méditerranéens passent à l'action pour augmen-

Alger, 13 août 2006. Rencontre avec le Premier Ministre Algérien Abdelaziz Belkhadem

ter la coopération dans les secteurs d'intérêt commun également au niveau des pouvoirs locaux. Les expériences mûries jusqu'à présent, également à travers le Coppem, qui réunit les villes et les régions d'Europe et de la rive Sud de la Méditerranée, se sont articulées en des formes inouïes de collaboration beaucoup plus avancées par rapport à la politique des Etats nationaux et ont assumé un caractère fortement positif. Selon vous, comment pourrontelles être soutenues et renforcées? Nous nous sommes déjà engagés dans cette direction, et nous entendons à l'avenir intensifier nos efforts. Je rappelle qu'au cours des négociations sur les Perspectives Financières de l'Union Européenne pour la période de 2007 à 2013 l'Italie s'est prodiguée de façon particulière afin que des ressources adéquates soient destinées aux projets conjoints promus par les Autorités pas seulement centrales mais également locales, tant des Etats Membres que des Pays tiers. C'est éga-

lement grâce à l'action italienne que le nouvel intrument de Proximité et Partenariat, 1'ENPI, pourra financer des initiatives bilatérales et multilatérales qui impliqueront les autorités territoriales qui donnent sur le même bassin maritime. D'après mon point de vue, il est indispensable de valoriser l'impact de l'ENPI sur les Pays bénéficaires afin que cet instrument contribue de manière incisive à surmonter l'écart entre conditions politiques et attentes de développement. L'importante nouveauté est que des programmes conjoints entre les territoires des Etats membres et des Pays proches qui partagent une frontière terrestre ou maritime seront financés. Cela est un réel saut de qualité pour la Politique Européenne de Proximité. Dans ce cadre nous avons lancé également un Programme Multilatéral sur le Bassin Méditerranéen spécifique, qui impliquera les régions côtières des Etats membres et des Partenaires Méditerranéens. Il me semble que l'on est sur la bonne voie.

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LUTTE CONTRE LE TERRORISME ET DROITS CIVILS
CONGRÈS À RABAT POUR ANALYSER LES PROBLÈMES DE LA SÉCURITÉ ET DES LIBERTÉS INDIVIDUELLES

Le terrorisme est considéré désormais comme la forme moderne de la guerre. Quelle définition peut-on donner de ce phénomène terrifiant qui ensanglante le monde et qui continue à répandre la tension, la peur et le doute? Et quelles mesures pourront être adoptées pour l'endiguer et l'anéantir? Et comment concilier d'éventuelles mesures qui portent atteinte à la sphère délicate des droits de l'homme tout en les tutélant? C'est à ces questions que le congrès sur “Droit international et lutte contre le terrorisme. Justice et principes des droits de l'homme”, qui a eu lieu à Rabat, a cherché de donner une réponse. Sur l'initiative des Jeunes Avocats, de l'Union des jeunes arabes en coordination avec le Conseil mondial des jeunes contre le terrorisme. La rencontre, sous le paRabat, les remparts de la ville tronage de la Ligue des Pays arabes, s'est déroulée en partenariat avec le Ministère de Grâce et Justice du Maroc. Les intermains, ce n'est qu'à ce moment-là que ventions des représentants de l'ONU, l'on comprendra alors que ceux qui les de l'UNESCO et de l'ALECSO, outre ont tués sont des terroristes. Vincenzo celles d'experts, de politiciens et de Militello, titulaire de la chaire de Droit membres des Institutions, ont approfonPénal de l'Université de Palerme et didi l'examen de cette matière complexe, recteur du Département de Sciences Péanalyse rendue encore plus difficile du nales et Criminologiques, a représenté fait que l'on n'a pas toujours une perle Coppem à Rabat. ception complète de la dimension traProfesseur Militello, durant le gique du terrorisme. Il a été dit que ce congrès, la définition de terrorisme a phénomène ne sera pas entièrement été analysée sous ses aspects les plus compris tant que nous ne verrons pas variés. Quel point de vue a particulièmourir notre famille, nos voisins, sarement attiré votre attention? chant qu'ils n'ont rien fait, pas un seul En premier lieu, la possibilité de consicrime, pas un seul acte de violence, dérer le problème terrorisme à partir de qu'ils n'ont jamais eu de fusil entre les l'optique musulmane. En général nous

sommes habitués à entendre toujours le “son de cloche” occidental mais, cette fois-ci, le point de vue a été plus vaste. Bien que partageant fondamentalement la condamnation du terrorisme international et la nécessité de le contraster avec des instruments communs de la part des différents états, la clef de lecture musulmane est fortement conditionnée par d'autres évaluations. D'un côté, l'on se soucie de souligner que certaines situations sont le fruit de formes de terrorisme d'état (cette référence concerne les attaques palestiniennes vues comme une réponse à la politique d'occupation d'Israël). De l'autre, l'anti-américanisme a été et est une sensibilié, une culture, diffuses au sein de ces peuples: il a certainement augmenté après la réponse USA au 11 septembre, mais dans son noyau essentiel il ne diffère pas de nombreuses autres formes d'“orgueil national” diffuses dans différents pays du monde, qui refusent que leurs destins et leurs affaires soient hétérodirigés. L'Islam parle de paix et de soumission. Il y a cependant certaines réalités dont nous ne pouvons pas nous cacher", a dit Ziauddin Sardar auteur du livre intitulé "Pourquoi le monde déteste-t-il l'Amérique". Justifiez-vous, en quelque sorte, le sentiment anti-américain dans les pays islamiques ? Sans aucun doute, le choix d'une intervention armée pour établir des valeurs immatérielles telles la liberté et la démocratie présente toujours des risques très élevés de compréhension des signi-

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Rabat, Palais Impèrial

fications relatives. Personnellement, je crois qu'elle ne doive pas être exclue face aux violations de masse des droits fondamentaux, par rapport auxquels les instruments de droit pénal international, bien qu'étant des plus avancés, se révèlent insuffisants. Mais dans le cas de l’intervention USA en Iraq toute signification possible dans la direction indiquée a été absorbée – au moins dans la représentation collective – par l’exigence de maintenir intacts les gisements pétroliers. D’autre part, les politiques de soutien au développement d'origine occidentale dans des pays comme l'Afghanistan et l'Iraq soit elles doivent être encore entamées (en raison de l'exigence prééminente d'assurer des conditions de paix sociale) soit elles sont encore épisodiques et loin de réussir à intervenir sur les conditions structurelles des sociétés respectives. Quant au problème plus général de la confrontation entre civilisations différentes, j'ai la sensation que la complexité du problème réside justement dans la stratification de différents éléments - poli-

tiques, religieux et économiques – qui retombent sur la façon dont les deux mondes se regardent réciproquement. L’approche américaine – et peut-être en général occidentale – par rapport aux diversités musulmanes doit trouver un juste compromis entre respect des spécificités culturelles qui ne heurtent pas les principaux droits fondamentaux et harmonisation des marchés. Revenons au congrès de Rabat, croyezvous que, à cette occasion, il y ait eu une diversité dans les intentions ou, au contraire, une sorte d'unanimité pour affronter le problème terrorisme? Selon moi le choix des organisateurs de structurer le congrès de façon interdisciplinaire a été très positif. Le fait d'entendre parler des écrivains, et non pas des juristes, qui ont une approche sûrement plus vaste, même si moins technique, aide à saisir le phénomène également d'un autre point de vue. Les écrivains musulmans, en effet, n'attribuent pas la faute du radicalisme islamique uniquement à la politique occidentale, mais ils admettent également une faible

volonté des communautés islamiques de s'ouvrir sur le monde occidental. Partagez-vous l'hypothèse que la lutte contre le terrorisme comporte pour tous les citoyens un prix à payer, en termes de limitation de la liberté? Il est incontestable que tout phénomène criminel, qui a le caractère de la subversion et qui retombe sur les biens primaires de la personne, induit dans la collectivité une exigence de tutèle à laquelle correspond, d'autant plus rapidement que l'attaque est plus grave – une réponse également de type pénal, avec les limitations à la liberté de tout le monde qui lui sont liées. Le terrorisme en particulier est caractérisé par ses finalités d'engendrer au sein des collectivités des sensations d'insécurité diffusée. Et c'est un fait que la réponse de la part des Etats soit elle aussi une intervention de type pénal, qui limite la liberté individuelle. Il est vrai qu'un Etat, surtout s'il est démocratique, doit intervenir à différents niveaux (social, économique, culturel) mais il est impensable qu'il n'agisse pas également au niveau pénal. Je crois qu'il soit simpliste et illusoire de penser à une réponse au terrorisme qui ne prévoie pas également l'usage des normes pénales. Pour terminer, je voudrais souligner que sur le modèle de la Conférence de Rabat, nous devrions avoir ici chez nous la capacité de discuter encore au sujet de thèmes liés à la tutèle internationale des droits de l'homme, en convoquant une centaine de représentants du monde islamique et un nombre très limité mais très qualifié d'experts occidentaux. Ce n'est que de cette façon que les représentants du monde islamique n'auraient pas la sensation d'être encerclés mais plutôt d'être partie intégrante d'un dialogue sur un problème crucial pour toute l’humanité contemporaine. (r.p.)

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RÉSEAUX FRONTALIERS POUR LA COOPÉRATION
LE COPPEM À LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE KARS AVEC SON VICE-PRÉSIDENT MUZZAFAR BACA

Encore une fois le Coppem a pris part à une conférence sur un grand rayon au sujet de la coopération frontalière et l'abolition des tensions entre les civilisations. Le Vice-président Muzzafer Baca a été le modérateur de la Conférence Coopération Frontalière Régionale et Autorités Locales dans le Caucase qui a eu lieu à Kars le 16 septembre 2006. Cette conférence, organisée par la Municipalité de Kars et par l'INTA a mis au point les opportunités pour créer de nouveaux réseaux frontaliers de coopération et des activités communes. Baca a exprimé le désir du COPPEM de contribuer à ces activités et a expliqué de façon générale

le domaine et la politique de cette organisation concernant ces thématiques. Nikola Sobot (Directeur Exécutif de l'Eurorégion EuroBalkans), Gregory Connor (Directeur du Centre Coopération Frontalière), Rune Rafaelsen (Secrétaire Général de la Coopération Frontalière de Barents), Janos Lukacs (Directeur de la Fondation des Carpates) et Kai Hoelshaner (Administrateur Délégué de Regio Gesellschaft Schwarzland-Oberhein, ont présenté des exemples de bonnes pratiques de leur région dans le cadre d'Interreg et des campagnes pour la coopération frontalière de l'Ue. Naif Alibeyoglu, Maire

de Kars et membre du Coppem, a exprimé sa détermination à mettre sur pied des projets de coopération frontalière avec ses contreparties de la Géorgie, de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan et il a demandé l'assistance des organisations internationales pour promouvoir la paix dans la région du Caucase. Plus de 200 participants se sont réunis dans la Salle de Conférences de la Kafkas University de Kars, surtout des ambassadeurs de divers pays à Ankara, des maires des pays limitrophes et des représentants de diverses organisations internationales comme Mme Gesche Karrenbrock, Représentante de l'HCR en Turquie.

FORUM EUROPÉEN POUR LA GESTION DES CATASTROPHES AU NIVEAU LOCAL ET RÉGIONAL
DE JAN MANS, PRÉSIDENT FORUM EUROPÉEN POUR LA GESTION DE LA CATASTROPHE AU NIVEAU LOCAL ET RÉGIONAL (WWW. EFDM.NL)

En quoi consiste réellement la gestion des catastrophes? Quel type d'aide devrait être offert aux victimes? Que devrait-on faire comme post-assistance? Que faire pour la reconstruction? Comment affronter la cohue des médias? Ce sont ici quelques-unes des questions qui ont été posées récemment à Strasbourg pour affronter les problèmes liés aux risques de désastres environnementaux et naturels. A cette occasion, il a été demandé d'instituer, en accord avec le Coppem, un Forum Européen pour la Gestion des catastrophes au niveau local et régional en coopération avec le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux auprès du Conseil de l’Europe et la section hollandaise du Conseil des Communes et des Régions d’Europe. Ce programme prévoit de recueillir, de résumer et de diffuser les données acquises de sorte que d'autres puissent en tirer profit. Il s'agit d'un réseau international de personnes et d'organismes qui courent le risque d'une catastrophe. La participation à ce réseau consiste non seulement à recueillir mais aussi à donner des informations concernant ses propres expériences. Ceci n'aidera pas à prévenir les désastres, mais contribuera au développement d'une façon efficace d'affronter une calamité. Le thème abordé à Strasbourg avait déjà été discuté, en novembre 2004. En effet, le Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux auprès du Conseil de l’Europe avait organisé une rencontre entre les représentants des zones et des municipalités urbaines qui ont subi une catastrophe ou qui en courent le risque. Entr'autres: Toulouse (désastre industriel), Enschede (désastre feux d'artifice), Chernobyl (désastre nucléaire), Arménie (tremblement de terre) et Galltür en Autriche (désastre avalanches).

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ÉCOMUSÉE POUR LE MAQUIS MÉDITERRANÉEN
PROJET COMMUNAUTAIRE COORDONNÉ PAR LE COPPEM
DE NATALE GIORDANO COORDINATEUR PROJET ECOMEMAQ ET CONTACT IV COMMISSION COPPEM

La sauvegarde et la valorisation des territoires avec maquis méditerranéen. Ceci est l'objectif du projet “Ecomuseum of the Mediterranean Maquis”, présenté les 14 et 15 septembre dernier, auprès des locaux de la Sala Rossa de l'Assemblée Régionale Sicilienne. Ce projet, financé par le Programme d'Initiative Communautaire Interreg III B – Archimed et coordonné par le COPPEM, voit l'implication de prestigieux Organismes Internationaux qui interviennent dans le domaine de la recherche: l'Institut Agronomique de la Méditerranée (IAM) de Bari, l'Université de Bari et l'Ecole Polytechnique Nationale d'Athènes. En outre, la Région de Crète (Grèce), le PIT Demetra, qui comprend environ 13 Pouvoirs territoriaux de la province d'Agrigente et l'Autorité Générale du Ministère de l'Environnement de la République Islamique de Lybie ont adhéré au projet “Ecomuseum of the Mediterranean Maquis”. Ce projet prévoit, dans un délai maximum de 18 mois, la mise en place de districts écomuséaux, dans le maquis méditerranéen, à travers une série d'actions intégrées, de recherche appliquée et de projets pilote locaux. Ecomemaq s'insère dans les activités de projet, promues par la IV Commission de travail du Coppem. En effet, à travers la gestion des ressources environnementales et culturelles, l'on vise la valorisation des territoires et la promotion du développement local. Dans ce contexte, sera développé un modèle de gestion flexible de district écomuséal, à même d'être transféré, utilisé et répliqué également dans d'autres territoires qui, à travers la promotion du COPPEM, feront partie du Réseau Transnational des districts écomuséaux. “Ecomuseum of the Mediterranean Maquis” prêtera une attention particulière afin que soit défini un cadre stratégique et programmatique pour le développe-

artemisia vulgaris

ment et le marketing territorial. Le Coppem, donc, est appelé à impliquer les institutions du territoire sicilien, telles l'Assessorat du Territoire et de l'Environnement ainsi que les nombreuses Communes, Divisions des Parcs et les acteurs de la Programmation Négociée (PIT, PIR, Pactes Territoriaux) en vue de la Programmation des Fonds Structurels 2007-2013 et de leur lien avec la Politique de Voisinage de l'Union Européenne. Le but est celui de constituer une table programmatique pour encourager la constitution de districts écomuséaux qui soient l'idée-force de marketing de territoires à la vocation touristico-artisanale. Ecomemaq, de façon concrète, prévoit la réalisation de trois études de faisabilité, pour la période 2007-13, pour définir des scénarios en Pouilles, en Sicile et à Crète, auxquels feront suite les publications et huit projets locaux de mise en place de districts écomuséaux: deux en Sicile, trois en Pouilles et trois à Crète. Seront appelés à participer à la mise en place de ces districts, outre les institutions locales, également les opérateurs privés, les coopératives, les associations

et les entreprises à même de soutenir la production, la commercialisation et la promotion des produits du maquis méditerranéen qui interviennent dans l'industrie gastronomique, esthétique et pharmaceutique (comme l'artémisie, l'origan, la sauge, etc). La formulation stratégique de ce projet, qui sera développé également au niveau transnational, sera affinée au cours des prochaines réunions du Comité de Gestion, dont la première est prévue à Bari en novembre, sous la coordination de l'Institut Agronomique de la Méditerranée. C'est ce qui a été établi au cours de la Réunion du Conseil de Présidence du Coppem, qui s'est tenu à Chania, Crète, le 1er octobre dernier. Au cours de cette même réunion, il a été en outre concordé qu'un des projets pilote à développer dans le territoire grec soit réalisé de concert avec l'administration communale de Chania, guidée par son Maire Virvidakis, membre du Coppem, en renforçant ainsi les principes de coopération promus par le Comité Permanent, qui confirme son propre rôle de promoteur des rapports de développement local, partagé et participé.

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UN HÔPITAL VIRTUEL POUR LA MÉDITERRANÉE
RELANCE DES ENTENTES ENTRE LA SICILE ET RABAT AVEC L'APPORT DE L'ISMETT
DE FRANCESCO SAMMARITANO PERSONNE DE CONTACT DE LA I COMMISSION DU COPPEM

Rabat vue du Mausolée Mohamed V

Au sein du cadre de coopération mené par le Coppem, la Région de Rabat et la Région Sicilienne ont signé, en octobre 2005, un protocole d’entente visant l'intensification de la coopération entre ces deux régions dans différents secteurs dont celui de la médecine. Sur la base de cet accord, le Président du Conseil Régional de la Région de Rabat Abdelkébir Berkia a invité l'Ismett, en sa qualité d'Observateur permanent du Coppem, à la journée d'étude sur le thème: “La politique sanitaire dans la région de Rabat-Salè–Zemmour-Zaer: réalité et perspectives”. Ont pris part aux travaux, qui ont eu lieu le 8 juin 2006 auprès du siège du Conseil Régional de Rabat, les

représentants d'institutions publiques et privées marocaines parmi lesquels le délégué régional du Ministère de la Santé Ed Dine Bennati, Said Oulbacha Secrétaire d'Etat chargé de la formation professionnelle et Amine El Hassani, Directeur du Centre Hospitalier Ibn Sina de Rabat. Le thème abordé durant cette journée a été l'organisation du système sanitaire du Maroc avec une référence particulière au rôle que les communautés locales et territoriales peuvent exercer pour améliorer le système sanitaire du pays. L'Ismett, le seul Institut étranger invité à cette rencontre, y a participé avec une intervention intitulée: “L'expérience de l'ISMETT en Sicile en matière de transplantations d'organe: propositions de coopération”. La présentation a été divisée en trois parties: la première dédiée à l'activité générale de l'Ismett, la deuxième à l'activité de recherche, la troisième, enfin, à l’activité de formation et aux possibles secteurs de coopération avec le Maroc. En ce qui concerne l’activité de formation l'accent a été mis sur les secteurs possibles de coopération entre différents organismes. Dans ce domaine, deux actions ont été identifiées: • mise en place d'une activité de colla-

boration entre la Région Sicilianne et la Région de Rabat avec pour objectif la formation, à travers le support de l'Ismett, du personnel médical et infirmier. • l'instauration de formes de coopération également au niveau national entre le Centre National Transplantations, le Centre Régional Transplantations Sicilien, l’Ismett et le Gouvernement du Maroc, pour la définition d'un accord de jumelage entre le Maroc et l’Italie qui prévoie, entre autre, la sensibilisation de la population locale sur le thème du don d'organes mais aussi l'organisation de centres spécialisés pour le prélèvement. Au-delà de cette initiative spécifique, le Coppem et l'Ismett, depuis longtemps, ont déjà envisagé la possibilité de réaliser deux initiatives conjointes concernant respectivement: • l'établissement d'un plan de formation pour le personnel sanitaire et parasanitaire provenant des pays arabes adhérents au Coppem, à tenir éventuellement à Palerme sous la gestion politicoinstitutionnelle du Coppem, scientifique de l'ISMETT et avec le support logistique de l'Anfe (Association nationale familles émigrées); • la réalisation de l'Hôpital virtuel euro-méditerranéen comprenant une liaison télématique entre les structures hospitalières euro-méditerranéennes les plus importantes, de façon à permettre le diagnostic en temps réel et par voie télématique d'éventuelles pathologies du patient et à fournir immédiatement les soins appropriés. Ces deux initiatives, cohérentes avec les impératifs du Protocole d'entente qui institue le Centre de Coordination socio-sanitaire euro-méditerranéen, seront présentées dans le cadre des travaux de la I Commission du Coppem, à l'occasion de la X Assemblée Générale.

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PROJET MEDINS POUR LES IDENTITÉS CULTURELLES
INITIATIVE POUR LA SAUVEGARDE DE LA CULTURE IMMATÉRIELLE ET LA VALORISATION DES TERRITOIRES

La tutelle, la promotion et la valorisaVilles de la Culture Immatérielle. Metion du patrimoine culturel immatériel dins recueille, de manière innovante, des régions euro-méditerranéennes est les méthodologies de mise en place des le thème du Projet Medins, financé principales orientations internationales dans le cadre du Programme d'Initiative des politiques culturelles, à partir de la Communautaire Interreg III B – MEtrès importante Convention UNESCO DOCC. Les principaux objectifs de ce du 17 octobre 2003, dont le présent proprojet concernent la sauvegarde des jet constitue la première réalisation identités culturelles qui risquent fortedans le bassin euro-méditerranéen. Ce ment l'extinction à laquelle elles sont sujettes et leur transformation en ressource pour le développement social, économique et culturel des territoires euro-méditerranéens. Ce projet, dont le chef de file est l'Assessorat des Biens Culturels de la Région sicilienne, voit la participation de 18 autres partenaires provenant, outre ceux de l'Italie, également du Portugal, de l'Espagne, de la Grèce, de Palerme (Italie), le marché de la vucciria Malte, du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie, de l'Egypte et du Liban. Nombre de ceuxprojet enfin prévoit l’élaboration d'un ci sont des Régions et des Municipalités système de catalogage dans les régions faisant partie du COPPEM, qui y partipartenaires visant l'identification et la cipe ayant pour rôle principal la coordiclassification de leur patrimoine cultunation des Autorités Locales particirel immatériel ainsi que l'élaboration pantes mais également pour objectif la d'un modèle transnational flexible, vidiffusion de leurs résultats et la création sant leur valorisation, promotion et did'un Réseau Euro-méditerranéen des vulgation, en en faisant ainsi, outre un

élément de tutelle, également un instrument de développement durable. En l'espèce ce projet prévoit dans la phase concernant les études, l'analyse des orientations pour les politiques de valorisation du patrimoine immatériel des différentes régions partenaires, l'analyse des systèmes scientifiques de catalogage en vigueur de leur patrimoine culturel immatériel et des acteurs, publics et privés impliqués dans la production et la définition et l'institution d'un sysème de catalogage du patrimoine culturel immatériel. Dans cette phase les Autorités Locales seront assistées par les Universités participant au Projet, dont les activités seront coordonnées par Unimed, Union des Universités de la Méditerranée, également partenaire du Projet. Les Actions Pilotes concernent principalement la définition d'un système de certification internationale, la définition d'un logo et d'un label de qualité et de réalisation du site internet. Les résultats obtenus feront l'objet d'échanges d'expériences et, avec les résultats des analyses des besoins et des points de force des territoires impliqués, ils constitueront la base de la phase de

NOVEMBRE 2006

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Nabuel (Tunisie), marché

l'élaboration des Routes de la Culture Invisible le long des parcours qui valorisent la culture immatérielle du territoire, tant à travers les lieux de la culture qu'à travers les événements, les recettes, les objets. En définitive les itinéraires proposeront des voyages et des suggestions méditerranéennes à travers ce que l'on identifie comme les lieux, les sons, les saveurs, les formes et les savoirs qui caractérisent l’identité culturelle du territoire. Medins, enfin, prévoit également l'activation de processus de spectacularisation de la culture immatérielle parmi lesquelles se distingue la réalisation d'un événement artistique multidisciplinaire au marché historique de la Vucciria de Palerme. Prendront également part à cet événement les producteurs de la culture immatérielle impliqués dans les laboratoires et dans les actions artistiques précédemment réalisées, dont des artistes, des artisans, des cortèges et des associations culturelles. Seront en outre impliqués des chercheurs, des architectes, des scénographes, des archéologues et des anthro-

pologues. Cette action aura pour objectif de recréer le long des routes, les places et dans les cours des immeubles de la Vucciria, un itinéraire dans la mémoire de la Méditerranée, en le racontant à travers sa culture vivante. De cette manière l'espace physique de tout le

marché historique deviendra la vraie scène de la représentation interdisciplinaire, en le transformant ainsi dans le set de l’identité culturelle méditerranéenne, de ses diversités et de ses racines communes. A travers la mise en scène les objets et les produits œnogastronomiques réalisés selon des techniques et des recettes cataloguées comme patrimoine immatériel, les récits et les chants, les expressions musicales, théâtrales, scéniques, plastiques, visuelles, ludiques ou littéraires des artistes méditerranéens, outre les rites, les fêtes et les manifestations populaires religieuses et païennes cataloguées dans toutes les régions partenaires, seront les protagonistes de l'acte final de ce projet. En définitive, l'espace scénique de la Ville, deviendra l'espace de confrontation, d'échange et de rencontre entre différentes âmes de la Méditerranée, dvisant l'enrichissement spirituel des bénéficiaires, leur divulgation et la redécouverte des racines culturelles communes. (n.g.)

Aswan (Ègypte), marché

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X ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU COPPEM
1ER PRIX “SEME D'ARANCIA” - RÉUNION DES QUATRE COMMISSIONS
24/25 NOVEMBRE 2006

AGENDA

JEUDI 23 NOVEMBRE 2006 14h00: Conseil de Présidence

15h00 X ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (Villa Malfitano, Via Dante 167, Palerme)

SAMEDI 25 NOVEMBRE 2006 (Villa Malfitano, Via Dante 167, Palerme)

Enregistrement des participants VENDREDI 24 NOVEMBRE 2006
(Sala Gialla, Palais des Normands)

08h30: Ouverture des travaux II Commission: “Immigration et Emigration, actions et instruments de la coopération entre villes et régions euro-méditerranéennes ”; Président: Jan Mans Présentation des activités de la Commission: Alessandra Prudente Rapporteur: Harrie Jeurissen Interventions des membres de la Commission Interventions externes Dessein d'un plan d'action pour de futures activités III Commission: “Le développement local: la décentralisation des pouvoirs et les instruments opérationnels”; «Intégration euro-méditerranéenne des réseaux stratégiques infrastructurels: l’exemple des transports»; Président: Abdelkarim Misbah Présentation des activités de la Commission: Paolo Carrara Rapporteur: Kiriakos Virvidakis Interventions des membres de la Commission Interventions externes Dessein d'un plan d'action pour de futures activités IV Commission: “Culture et Tourisme: promotion et gestion des zones culturelles”; Président: Falah Al Omoush Présentation des activités de la Commission: Natale Giordano Rapporteur: Petros Filippou Interventions des membres de la Commission Interventions externes: Dessein d'un plan d'action pour de futures activités Clôture des travaux de la X Assemblée Générale du Coppem

09h00: Manifestation pour la remise du Prix “Seme d'Arancia” à Madame Suzanne Mubarak et au Président Honoraire Carlo Azeglio Ciampi Préside: Salvatore Cuffaro, Président du Coppem, Président de la Région Sicilienne Ouverture des travaux: Gianfranco Miccichè, Président de l'Assemblée Régionale Sicilienne Interventions: Diego Cammarata, Maire de Palerme Francesco Musotto, Président de la Province de Palerme et membre du Parlement européen Omar El Bahraoui, Maire de Rabat et Premier Vice-président du Coppem S.E Adly Hussein, Gouverneur de Qalyubiya etVice-président du Coppem Luigi Cocilovo,Vice-président du Parlement Européen Abdalla Abbas, Coordinateur Etablissements Humains Spéciaux – ONU Habitat – Bureau de Genève Pier Virgilio Dastoli, Directeur de la Représentance en Italie de la Commission Européenne Ian Micallef, Président de la Chambre des Pouvoirs Locaux du CPLRE du Conseil de l'Europe Ahmad Al Adsani, Représentant de l'Organisation des Villes Arabes Jeremy Smith, Secrétaire Général du Conseil des Communes et des Régions d'Europe Obaid Salem Al Shamsi, Représentant de la ville de Dubaï Lucile Schmid, Vice-présidente Ile de France Conclusions: Ugo Intini, Vice-ministre italien des Affaires Etrangères

Ouverture des travaux de la part du Président d'âge Vérification des pouvoirs des nouveaux membres et procédures de désignation Election du Président, des Vice-présidents et du Secrétaire Général du Coppem Bilan des activités 2002 – 2006 du Secrétaire Général Etablissement de la V Commission pour “l'Egalité des chances” Election du Président et des Vice-présidents de la V Commission Prise d'acte des variations et du redressement du Budget prévisionnel 2006 Budget prévisionnel pour l'exercice 2007 Nommination du Commissaire aux comptes extérieur pour l'année 2007 16h30: Travaux des Commissions Présentation travaux des Commissions – Michele Raimondi, Coordinateur Programmes et Projets I Commission: “Expériences de participation des pouvoirs locaux et régionaux euro-méditerranéens”; Président: Ian Micallef Présentation des activités de la Commission: Francesco Sammaritano Rapporteur: Said El Dakkak Interventions des membres de la Commission Interventions externes Dessein d'un plan d'action pour de futures activités 17h30: Présentation de la V Commission “Egalités des chances”: Giovanna Cirino 18h00: Clôture des travaux 19h00:Villa Igiea, rencontre entre Madame Mubarak et la V Commission du Coppem

ASSEMBLEA REGIONALE SICILIANA

REGIONE SICILIANA PRESIDENZA

PROVINCIA REGIONALE DI PALERMO

COMITÉ PERMANENT POUR LE PARTENARIAT EUROMÉDITERRANÉEN DES POUVOIRS LOCAUX ET RÉGIONAUX

10èmeASSEMBLÉE GÉNÉRALE
PALERME 24/25 NOVEMBRE 2006
ARS - ASSEMBLÉE RÉGIONALE SICILIENNE (SALA GIALLA) H 9,00 OUVERTURE DES TRAVAUX 1ÈRE EDITION DU PRIX “SEME D'ARANCIA” VILLA MALFITANO h 15,00 ASSEMBLÉE TRAVAUX DES COMMISSIONS

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