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GOMES Virginie Semestre 2, mars 2010

L1 P2 Droit

TD - Droit constitutionnel : Dissertation

La loi sous la Vème République

« La loi permet ou elle défend, elle ordonne, elle établit, elle punit ou elle récompense ».
Cette citation de Portalis permet de mettre en avant la légitimité de la loi, qui, dans notre société,
occupe une place considérable, notamment parce qu’elle constitue la principale source du droit.
Au sens large, la loi est une règle ou un ensemble de règles édictées par une autorité
souveraine. Dans un sens plus strict, la loi se définit comme une règle écrite, générale et
permanente élaborée par le Parlement, conformément à l’article 34 de la Constitution de 1958.
Celle-ci, rédigée en grande partie par le Garde des Sceaux Michel Debré, reprend les grandes
idées énoncées par le Général De Gaulle lors de son discours de Bayeux, le 16 juin 1946. Elle
fixe les règles régissant l’exercice du pouvoir. Entre le 13 mai 1958 (coup de force à Alger,
menant à la création du Comité de Salut public) et le 28 mai 1958 (démission du Gouvernement
Pflimlin), la IVème République se démantèle. Les parlementaires, poussés par l’opinion publique,
viennent à considérer que le retour au pouvoir du Général De Gaulle est nécessaire : il est
investit par l’Assemblée nationale le 1er juin 1958. Le nouveau Gouvernement obtient dès lors le
vote de la loi constitutionnelle du 3 juin 1958, qui va fixer le cadre des nouvelles institutions et
servir de support à l’élaboration de la Vème République. La Vème République est un régime
parlementaire au pouvoir présidentiel fort, au sens où le pouvoir exécutif collabore avec le
pouvoir législatif dans le cadre d'un système de séparation souple des pouvoirs. On assiste en
France, depuis la mise en place des institutions de la Vème République, à un déplacement des
prérogatives du Parlement vers le pouvoir exécutif, et plus particulièrement vers le
Gouvernement. De ce point de vue, la question de l'élaboration de la loi ne fait pas exception. En
effet, face aux pouvoirs forts du Parlement sous les IIIe et IVe Républiques, les constituants de
1958 ont mis en place un régime parlementaire fortement rationalisé. La loi est par excellence
l'émanation de la souveraineté nationale dont le Parlement (Sénat et Assemblée Nationale) élu
par le peuple en est l'incarnation. Sous la Vème République, la définition de la loi va changer, mais
son mode d’élaboration également. En effet, sous les Républiques précédentes, le Parlement était
omniprésent. Cette prépondérance a abouti à une instabilité ministérielle, ne permettant pas aux
assemblées d'exécuter efficacement leur rôle. Dès lors, les constituants de 1958 ont été incités à
rationaliser fortement le Parlement en diminuant ses pouvoirs, entre autres, dans la procédure
d'élaboration de la loi. Il y a donc bien dans la Constitution une volonté manifeste de circonscrire
son intervention législative, de limiter sa capacité d'initiative au profit du Gouvernement. Les
parlementaires ne sont donc plus tout puissants pour faire la loi.

Il convient ici de soulever une problématique, celle de la pluralité de la loi, tant sur la
forme sur sa définition que sur le fond. Il est question dans un premier temps de la définir, et de
montrer ensuite qu’elle n’est plus tant le fruit du travail parlementaire que l’œuvre du
Gouvernement.
I . La pluralité législative
Tout d’abord sa définition même a changé et s’est étoffée depuis la Constitution de 1958 ;
mais ensuite, on observe que la loi prend des formes diverses.

A – Définition plurielle et légitimité de la loi

Il convient de voir que depuis 1958, la définition de la loi comporte des innovations
considérables ; il faut également étudier la portée de la loi.

1/ Définition selon un critère matériel en plus du critère organique initial


- Eléments organiques et éléments matériels
- La jurisprudence du Conseil constitutionnel

2/ Légitimité de la loi
- La loi comme expression de la volonté générale
- Le contrôle de constitutionnalité des lois

B – Les différents types de loi

Il semble important de rappeler que la loi se conjugue au pluriel sous la Vème République.

1/ Différenciation entre lois ordinaires et lois organique


- Lois parlementaires
- Lois organiques

2/ Les autres cas


- lois de finances
- ordonnances
- lois référendaires
- textes à forme ou à valeur législative

Après avoir évoqué la pluralité des formes de la loi, il s’agit de voir qu’elle résulte
aujourd’hui d’une collaboration en le Gouvernement et le Parlement.

I I . Une collaboration inégalitaire du Gouvernement et du


Parlement en matière législative
L’élaboration de la loi exige une collaboration des organes législatifs (assemblée
nationale et Sénat) et des organes exécutifs. Cependant on observe que, tant au niveau de
l’élaboration que du domaine de la loi, qui seront étudiés successivement, le Parlement voit son
rôle s’amoindrir.

A – L’élaboration de la loi

La loi est semble être davantage l’œuvre du Gouvernement que du Parlement, dans le
sens où le Gouvernement dispose d’un certains nombres de prérogatives pouvant réduire le
domaine d’action du Parlement.

1/ L’initiative de la loi
- Projets et propositions de lois (les projets ayant plus de chances d’aboutir que les
propositions).
2/ La procédure législative
- Navette parlementaire (avec possibilité d’intervention du Premier ministre qui peut
passer outre les réserves du Sénat, en cas de désaccord).
- Promulgation et publication (rôle du Chef de l’Etat)

B – Le domaine de la loi

Il s’agit d’examiner le domaine de la loi, mais aussi la protection dont il peut bénéficier
en cas de problèmes de frontières avec le domaine règlementaire, qui relève du pouvoir exécutif.

1/ Le domaine législatif et sa protection


- L’article 34 de la Constitution
- L’intervention du Conseil constitutionnel

2/ Quand la loi empiète sur le domaine règlementaire


- Une différence s’opère selon que le Gouvernement s’oppose ou accepte une
proposition de loi qu’il juge comme empiétant sur le domaine règlementaire.

Malgré que la loi sous la Vème République ait une légitimité et une importance
particulière, certains juristes considèrent que la loi française serait « en crise ». Les principaux
maux dont elle souffrirait sont : la multiplicité (inflation législative), la présence de lois
« jetables » (mal écrites ou qui restent inappliquées), de lois « molles » (sans effets pratiques), et
de lois protectionnistes. Du coup, la loi perd de son éclat et on peut se demander si on ne va pas
vers une désacralisation de la loi.