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Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre DOSSIER La manœuvre ressources humaines N°

Mensuel d’information et de liaison de l’armée de Terre

DOSSIER

La manœuvre ressources humaines

N° 202 - Mars 2009

La manœuvre ressources humaines N° 202 - Mars 2009 Focus In memoriam : décès au Gabon

Focus

In memoriam :

décès au Gabon

Technologie

COBRA et SL2A

Traditions

Coutumes culinaires militaires

En direct

du Gabon

Sommaire

A LA UNE EN MARS

LA MANŒUVRE RESSOURCES HUMAINES

Les nouvelles mesures d’organisation et les objectifs de déflation fixés ne doivent pas remettre en question l’impératif de jeunesse indispensable au maintien de la capacité opérationnelle de l’armée de Terre. Aide à la mobilité, adaptation des parcours professionnels, poursuite du recrutement, toutes les mesures ont été prises pour atteindre la cible fixée en 2014 et faciliter les départs des personnels qui souhaitent quitter l’institution.

ÉDITO

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EN DIRECT

 
 

DU GABON

 

A

L’HONNEUR

 

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Une ressource

 
 

opérationnelle

 

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PANORAMA

 

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Une coopération

 
 

à

toute

épreuve

 

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FOCUS

Les nouveaux

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« Qui ose gagne ! »

 

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statuts particuliers La prépa ops différenciée L’armée de Terre

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DOSSIER

La manœuvre ressources humaines

 

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RETEX

 

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à la rescousse In memoriam :

crash

au

Gabon

 

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TÉMOIGNAGE

 

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TECHNOLOGIE

 

COBRA

et

SL2A

 

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TRADITIONS

 

Les coutumes

 

culinaires

 

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VIE DES UNITÉS

Les addictions

 

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Versement des pensions

au

Tchad

 

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FORMATION

 

La FTEM à Compiègne

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PORTRAIT

 

Le SLT Margueritte, pilote

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TIM A 20 ANS

1991 et 1992

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INSOLITE

Secouriste cynotechnique

du 1 er

RTir

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QUARTIER LIBRE

Brèves

 

Sport

 

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BD Votre agenda Culture et loisirs

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Mots fléchés Vu dans les médias

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Petites annonces

 

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. . . 68 . 69 Petites annonces   . 70 RÉDACTION SIRPA TERRE : 14,
. . . 68 . 69 Petites annonces   . 70 RÉDACTION SIRPA TERRE : 14,

RÉDACTION SIRPA TERRE : 14, rue Saint-Dominique, 00453 Armées - Tél. : 01 76 64 + N° de poste ou PNIA 821 753 + N° de poste - Fax : 01 76 64 85 52 I PRÉSIDENT DU COMITÉ DE RÉDACTION : COL Benoît Royal I DIRECTEUR DE LA RÉDACTION : COL Bruno Lafitte I RÉDACTEUR EN CHEF : LCL Michel Sabatier (poste 85 43)

I RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT : CNE Julie Cros (poste 85 46) I SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : LTN Sabine Fosseux (poste 85 46) I CHEF DES REPORTAGES : MAJ Yannick

Le Leuch (poste 85 47) I RÉDACTION : (poste 85 50) - CNE Audrey Laisné, CNE Nathalie Durand, LTN Thomas Dijol, LTN Aurélie Carrière, ASP Adrien Facon, Bernard Edinger

I BRÈVES ET PETITES ANNONCES : SDT Maxime Beuvin (poste 85 49) I CELLULE PHOTOGRAPHIQUE : (poste 85 45) ADJ Jean-Raphaël Drahi, ADJ Gilles Gesquière, CCH Jean-

Baptiste Tabone I CELLULE ICONOGRAPHIQUE : (poste 85 44) BCH Christophe Deyres, BCH Pascal Villemur I MARKETING : MAJ André Lebodic (poste 85 48) I ÉDITEUR : Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense - 1, place Joffre, 75007, Paris I DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : COL Benoît Royal, Chef du SIRPA Terre I PUBLICITÉ (ECPAD) : M. Thierry Lepsch - Tél. : 01 49 60 58 56 I DIFFUSION - ABONNEMENTS : BCH Pascal Villemur - Tél. : 01 76 64 85 44 - Fax : 01 76 64 85 52 I ABONNEMENTS PAYANTS : ECPAD - Tél. : 01 49 60 52 44 I RÉALISATION : Samourai.fr I IMPRESSION : CirclePrinters - Commission paritaire n° 0211B05259 - ISSN n° 0995-6 999 - Dépôt légal : à parution. Ce numéro comprend un encart Terre Information folioté de I à IV. Tous droits de reproduction réservés. La reproduction des articles est soumise à l’autorisation préalable de la rédaction. I CRÉDITS PHOTOS : SIRPAT, ECPAD, 1 er RCP, 13 e RDP, FFG, Service photo Elysée, EEM, DR I COUVERTURE : GGaabboonn,, AADDJJ GGiilllleess GGeessqquuiièèrree

www.defense.gouv.fr/terre I sirpat-comecrite.emat@terre-net.defense.gouv.fr

TIM n° 202 - Mars 2009

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Éditorial

Éditorial Une manœuvre RH ambitieuse et personnalisée L’ armée de Terre a entamé sa transformation. Les

Une manœuvre RH ambitieuse et personnalisée

L’ armée de Terre a entamé sa transformation. Les profondes réformes qu’elle induit, et qui visent à adapter notre outil de Défense à la nouvelle politique

de la France, vont lui permettre de mieux

se concentrer sur son objectif premier : la préparation à l’engagement opérationnel. Anticipant le changement et en ordre de bataille pour aborder cette transformation majeure, la chaîne des ressources humai- nes de l’armée de Terre achève sa réorga- nisation en se dotant de nouvelles structures et

de nouveaux outils de gestion. Cela permet de partir du bon pied, car la manœuvre des ressour- ces humaines que l’armée de Terre va conduire d’ici

ces humaines que l’armée de Terre va conduire d’ici L’armée de Terre ne veut laisser personne
ces humaines que l’armée de Terre va conduire d’ici L’armée de Terre ne veut laisser personne

L’armée de Terre ne veut laisser personne au bord du chemin. »

à 2014 est ambitieuse et personnalisée. Ambitieuse, d’abord, parce que l’armée de Terre doit réduire ses effectifs, continuer à recruter tout en garantissant sa cohé- sion d’ensemble. Composée de 72 % de contractuels, toutes catégories de militai- res confondues, elle doit préserver un équi- libre entre le flux de recrutement et celui des départs afin de disposer constamment d’un personnel jeune. C’est une condition essentielle à la préservation de sa capa- cité opérationnelle. Dans le même temps, la mise en place de parcours profession- nels rénovés et la revalorisation de la condi- tion du personnel auront pour objectif de

permettre de « bien vivre de son métier pour bien vivre son métier ».

Personnalisée, ensuite, parce que l’armée de Terre ne veut laisser personne au bord du chemin. Tout départ se fera sur la base du volontariat. L’équité entre les différen- tes catégories de personnel sera préser- vée et chacun sera à même de faire ses choix en toute connaissance de cause. De nombreuses opportunités, dont certaines existaient déjà mais que nous allons dyna- miser, s’offriront à ceux qui veulent par- tir : accès à d’autres ministères, change- ment d’armée ou de service, reconversion, pécules et aides à la mobilité. L’armée de Terre sera présente pour éclairer les choix de chacun, militaires comme civils, sans préjugé ni arrière-pensée, tout en appuyant la «sur-mobilité» de ceux qui restent, mais que les restructurations incitent fortement à déménager ou à se réorienter profes- sionnellement. Trouver aujourd’hui et demain le juste équi- libre entre les aspirations de chacun et l’in- térêt supérieur d’une armée de Terre qui rentre de plein pied dans le vingt-et-unième siècle, tel est un des grands défis que nous devons relever. C’est aussi grâce à l’impli- cation de tous, à tous les niveaux de com- mandement, que chacun trouvera la place qui lui revient au sein d’une institution qui avance et s’adapte résolument aux choix stratégiques et économiques de notre pays.

aux choix stratégiques et économiques de notre pays. Général de corps d’armée François-Pierre Joly Major

Général de corps d’armée François-Pierre Joly Major général de l’armée de Terre

TIM n° 202 - Mars 2009

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A l’honneur Hervé Morin à Castres Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a présidé

A l’honneur

A l’honneur Hervé Morin à Castres Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a présidé la

Hervé Morin à Castres

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a présidé la cérémonie de dissolution du batail- lon Kapisa, le 22 janvier 2009 à Castres en présence du général d’armée Irastorza, CEMAT. Le groupement tactique interarmes (GTIA) Kapisa du RC-Est, en Afghanistan, composé notamment du 8 e RPIMa, a été mis à l’honneur pour différents faits d’armes. A l’issue, le ministre a remis la croix de la valeur militaire à 12 soldats.

Le président Sarkozy au 2 e RH Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est
Le président Sarkozy au 2 e RH
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est
rendu sur le site du 2 e Régiment de hussards, à Sourdun,
le 20 janvier 2009, afin de se voir présenter les mesures
de restructurations concernant cette unité qui sera trans-
férée à Haguenau dans le courant de l’année.
trans- férée à Haguenau dans le courant de l’année. Le CEMAT au CENTAC Le général d’armée

Le CEMAT au CENTAC

Le général d’armée Elrick Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre, s’est rendu le 14 janvier 2009 au Centre d’entraînement au combat (CENTAC) de Mailly-le-Camp. Il a assisté à une présentation globale des missions du CENTAC, à un point de situation sur le terrain et à un débrie- fing « 3A » (Analyse après action).

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TIM n° 202 - Mars 2009

Le CEMA et le CEMAT aux Invalides

Le général d’armée Jean-Louis Georgelin, chef d’état- major des armées, a présidé la prise d’armes du 29 janvier 2009 dans la cour d’honneur des Invalides (Paris). Il était accompagné du général d’armée Elrick Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre. Cette prise d’armes avait pour but de rendre hommage à l’ensemble des unités de l’armée de Terre engagées sur tous les théâtres d’opérations en 2008 (Afghanis- tan, Liban, Tchad, République de Côte d’Ivoire, Kosovo, Guyane). Après une revue des troupes, 21 militaires ont été décorés pour s’être particulièrement distin- gués en mission.

En Bref

En Bref Le SGT Mastouri Tombola à l’honneur du CEMAT A l’occasion des vœux du président

Le SGT Mastouri

Tombola

à l’honneur

du CEMAT

A l’occasion des vœux du président de la Républi- que au monde sportif, le 19 janvier 2009, le ser- gent Mastouri, médaillé aux Jeux paralympiques de Pékin, a été fait chevalier de l’ordre national du mérite au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à l’Institut national des sports et de l’édu- cation physique (INSEP), en présence de Rose- lyne Bachelot (ministre de la Santé et des Sports)et de Bernard Laporte (secrétaire d’Etat aux sports).

M. Bockel en Afghanistan

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants, s’est rendu en Afghanistan le 22 et 23 janvier 2009. Accueilli au camp de Warehouse (est de Kaboul), il s’est ensuite rendu à la base opérationnelle de Tora, au poste avancé de Sayad Abad et à la base de Kandahar. Cette visite lui a permis de faire un point sur les moyens humains et matériels déployés en Afghanistan.

Le général d’armée Elrick Iras- torza, chef d’état-major de l’ar- mée de Terre, a décidé d’offrir les présents reçus lors de ses dépla- cements pour l’organisation d’une tombola. Les bénéfices seront reversés à l’association Terre Fra- ternité au bénéfice de la Cellule d’aide aux blessés de l’armée de Terre (CABAT). Les billets seront en vente dans toutes les forma- tions de l’armée de Terre au prix de 2 en mars et avril. Tirage au sort le 15 mai 2009. Renseigne- ment auprès du major Cacan :

821 752 70 80 ou 01 42 19 70 80.

Témoignage

de solidarité

In memoriam Afghanistan : l’armée de Terre endeuillée Le 11 février 2009, une patrouille franco-afghane
In memoriam
Afghanistan : l’armée de Terre endeuillée
Le 11 février 2009, une patrouille franco-afghane a été touchée par le déclenchement
d’un engin explosif improvisé. À bord de son véhicule blindé léger (VBL), le capitaine
Patrice Sonzogni, du 35 e Régiment d’artillerie parachutiste (35 e RAP), ainsi que son
interprète afghan sont décédés. Le brigadier-chef Rodrigues, de la même unité, a été
gravement blessé et rapatrié en France où il a été pris en compte par le Service de santé
des armées. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a fait part de sa « vive
émotion » à l’annonce du décès. Une cérémonie, présidée par le ministre de la Défense,
Hervé Morin, et en présence du général d’armée Elrick Irastorza, chef d’Etat-major de
l’armée de Terre, a eu lieu le 17 février, à Tarbes, en hommage au capitaine Sonzogni
qui a été nommé chef d’escadron et fait officier de la légion d’honneur à titre posthume.
Le CEMAT a exprimé son « soutien et la fraternité de toute l’armée de Terre. Cette
disparition nous rappelle toute l’exigence de notre métier et nous incite à nous mon-
trer déterminés et solidaires pour mener à bien les missions, difficiles, qui nous sont
confiées. Mes pensées se tournent aussi vers sa famille endeuillée que nous devons
entourer de toute notre affection et vers le brigadier-chef Rodrigues, blessé ».

Suite à un incendie survenu dans une maison bisontine le 2 décem- bre 2008, le 19 e RG de Besançon

a organisé une collecte d’argent

en témoignage de solidarité en- vers le couple de retraités dont

le mari est un ancien appelé du premier contingent incorporé à Besançon en 1964. La somme

récoltée a ainsi pu être reversée

à la famille et le petit-fils du

couple a été accueilli à l’arbre de Noël régimentaire quelques jours plus tard.

Don de fournitures scolaires

Un détachement du 1 er Régiment de chasseurs parachutistes ac-

tuellement au Tchad s’est employé

à la distribution de mobilier et de

fournitures scolaires, le 15 janvier 2009, au profit de deux écoles pu- bliques de N’Djamena, la capitale du Tchad. Ainsi, avec l’aide des ins- titutions scolaires, des communes de l’Ariège et le concours du dépar- tement et de la région Midi-Pyré- nées, les « Rapaces » ont comblé une partie du besoin en fournitu- res et mobilier scolaire. Le reste des fonds collectés permettra de creuser un forage d’eau potable au profit de l’une des écoles.

TIM n° 202 - Mars 2009

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Panorama L’agenda du CEMAT 29 JANVIER Prise d’armes aux Invalides présidée par le CEMA. 4

Panorama

L’agenda du CEMAT

L’agenda du CEMAT 29 JANVIER Prise d’armes aux Invalides présidée par le CEMA. 4 FÉVRIER Visite
L’agenda du CEMAT 29 JANVIER Prise d’armes aux Invalides présidée par le CEMA. 4 FÉVRIER Visite

29 JANVIER

Prise d’armes aux Invalides présidée par le CEMA.

4 FÉVRIER

Visite au 6 e RMAT de Besançon et au 13 e RG de Valdahon.

6 FÉVRIER

Visite au 1 er REG de Laudun.

11 FÉVRIER

Visite au 2 e REP (Calvi) et au détachement du 4 e RMAT de Miramas.

12 FÉVRIER

Présentation commune Terre Air Mer (PCTAM) à Toulon.

17 FÉVRIER

Cérémonie d’honneurs militaires funèbres au CNE Sonzogni au 35 e RAP à Tarbes.

19 FÉVRIER

Visite au 516 e RT à Toul et au 61 e RA à Chaumont.

Soldats blessés dans une avalanche

Une avalanche s’est déclenchée le

20 janvier 2009 sur le secteur du col de

l’Arche. Cinq soldats du 2 e REG, basé à Saint-Christol et qui participaient à un stage au CNAM de Barcelonnette, ont été blessés par cette avalanche. Ils ont été secourus par le peloton de gendar- merie de haute montagne de Jausiers et évacués sur les hôpitaux de Gap et de Dignes ainsi qu’à Barcelonnette. L’état des victimes n’inspirait pas d’inquiétude lors de leur évacuation.

Adoption du CAESAR

La nouvelle pièce d’artillerie CAESAR doit subir de nombreux tests avant toute projection en OPEX. L’adoption du sys- tème d’armes CAESAR se déroule en deux phases. Fin décembre 2008, la phase 1 permettant le tir de munitions

39 calibres jusqu’à 28 km a été adoptée

par le CEMAT. L’adoption de la phase 2,

permettant le tir d’obus explosifs jusqu’à

38 km, devrait être adoptée à l’été 2009.

D’ici début 2011, 77 pièces d’artillerie CAESAR devraient être en dotation dans l’armée de Terre.

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TIM n° 202 - Mars 2009

Projet de logiciel de solde

Le projet de Logiciel unique à vocation inter- armées de la solde (LOUVOIS), développé par la société Steria et par une équipe de développement interarmées, permet de cal- culer la solde des militaires d’active et de réserve. Le projet Louvois préfigure de ce que sera l’opérateur national de paye attendu en 2016. Déployé à partir du 1 er avril 2010, Louvois va progressivement être relié aux quatre systèmes d’information ressour- ces humaines du ministère de la Défense et de la Gendarmerie pour assurer en 2011 le calcul et l’émission des bulletins men- suels de soldes des forces armées. Le rac- cordement est prévu en juin 2010.

Le 61 e RA au CENTAC

Dans le cadre de sa préparation opéra- tionnelle pour l’Afghanistan en avril 2009, le 61 e RA a participé, du 10 au 15 janvier 2009, à la rotation du 1 er RI au CENTAC avec un drone SDTI. Cet exercice avait pour objectif de poursuivre l’entraîne- ment du personnel dans la mise en œuvre technique du SDTI, mais aussi de prendre un premier contact avec le régiment d’infanterie au profit duquel le détachement sera appelé à conduire des missions d’appui aux opérations sur le théâtre afghan.

Bouffée d’air pour l’épargne

Dans le contexte de la crise financière, la Carac, mutuelle d’épargne et de retraite, leader du marché de la Retraite mutualiste du combattant, enregistre en 2008 des taux de rendement nets (hors prélèvements sociaux) parmi les meil- leurs du marché pour trois de ses garan- ties d’assurance-vie en euros: le Compte Epargne Carac (4,50 %), l’Entraid’épar- gne Carac (4,60 %) et le Compte Epar- gne Famille (4,50 %). A compter du 1 er janvier 2009 le montant du plafond majorable de la Retraite mutualiste du combattant est fixé à 1 694 euros, soit 125 points à 13,55 euros.

est fixé à 1 694 euros, soit 125 points à 13,55 euros. Les espagnols en formation
est fixé à 1 694 euros, soit 125 points à 13,55 euros. Les espagnols en formation

Les espagnols en formation à l’EFA

De juin à décembre 2008, sept pilotes espagnols ayant suivi la formation initiale d’Eurocopter en 2007 et leurs mécaniciens étaient présents à l’école franco- allemande afin de suivre une formation tactique sur l’hélicoptère Tigre, dispensée par les moniteurs français. Point d’orgue de cette formation : leurs premiers tirs canon et roquettes, de jour et de nuit, assistés des personnels technico-logistique français.

: leurs premiers tirs canon et roquettes, de jour et de nuit, assistés des personnels technico-logistique

Acquisition de Buffalo

Acquisition de Buffalo L’armée de Terre vient de faire l’acquisi- tion de cinq Buffalo. Ces engins

L’armée de Terre vient de faire l’acquisi- tion de cinq Buffalo. Ces engins permet- tent d’assurer une sécurité optimale des équipages dans les opérations de démi- nage. L’acquisition a été rendue effective grâce à la procédure d’urgence opération-

nelle et les premiers véhicules ont été livrés courant du deuxième semestre 2008. Ceci a permis de réaliser des aménage- ments à l’établissement d’Angers de la Délégation générale pour l’armement (DGA), tels que l’installation de radios de bord et de brouilleurs contre les engins explosifs déclenchés à distance, ainsi que des essais sur la sécurité et la précision de ses conditions d’emploi opérationnel. Les Buffalo seront déployés en début d’an- née 2009 en Afghanistan. Pour pouvoir uti- liser ce matériel aux caractéristiques inédites, les équipages ont été formés à Charleston, aux Etats-Unis. Une démons- tration a eu lieu le 22 janvier 2009 sur le camp du Valdahon.

a eu lieu le 22 janvier 2009 sur le camp du Valdahon. Coopération franco-sénégalaise Le 23

Coopération franco-sénégalaise

sur le camp du Valdahon. Coopération franco-sénégalaise Le 23 e BIMa, stationné à Dakar a réalisé

Le 23 e BIMa, stationné à Dakar a réalisé début janvier, au centre d’entraînement tactique des Forces armées sénégalaises (FAS), un Détachement d’instruction opé- rationnelle (DIO) au profit de 140 militai- res sénégalais. Durant ce DIO, préparé au profit de la Mission de l’Organisation des Nations unies au Congo (MONUC), la défense d’un point sensible, l’escorte de convoi et le poste de contrôle ont été quel- ques domaines enseignés aux hommes de la FAS.

De nouvelles adresses postales

Dans le cadre de la fermeture des bureaux postaux interarmées en France, les nou- velles adresses civiles des unités et orga- nismes précédemment desservis sont disponibles sur le site Intradef/vie prati- que ou les intranets métiers/Poste inter- armées, sous les rubriques Télécharger Admil et ses mises à jours ou Recherche d’adresse en ligne.

Evacuation sanitaire d’un chien

d’adresse en ligne. Evacuation sanitaire d’un chien Le premier exercice d’évacuation d’un chien militaire

Le premier exercice d’évacuation d’un chien militaire du Groupement tactique interarmes (GTIA) installé sur la base de l’ONU à At Tiri, au Liban, s’est déroulé début novembre 2008. L’exercice, censé évaluer en temps et en risque l’évacuation d’un chien, fut une réussite. Les neuf binômes homme- chien du GTIA sont un important élément complémentaire de protection. Ils réali- sent des patrouilles, assurent des mis- sions de dissuasion et participent aux missions de reconnaissance, d’investi- gation et de contrôle de zone.

La santé avant tout

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont des affections touchant les muscles, les tendons ou les nerfs. Liés à de mau- vaises postures de travail ou à la réalisa- tion de gestes répétitifs, ils peuvent être à l’origine de maladies professionnelles. Face à cet enjeu, le ministère de la Défense a lancé une campagne sur la pré-

Visite au CHU

Le 18 décembre 2008, les militaires du 19 e RG de Besançon, présidé par le chef de corps, se sont mobilisés en faveur des enfants hospitalisés qui n’ont pas pu fêter Noël en famille. Confronté à la prise en compte de l’éloignement des proches dans le cadre des OPEX, le 19 e RG est très attaché aux témoignages de soutien et d’amitié qui, sans les remplacer, permet- tent de mieux assumer leur absence. Ils se sont ainsi rendus au service de chi- rurgie pédiatrique du CHU de Besançon pour offrir aux malades divers jouets et friandises.

vention des TMS. Elle s’appuie sur des

actions menées localement et visant à repérer les postes de travail à risques et mettre en œuvre des moyens de préven- tion. Un bilan sera réalisé en septem- bre 2009. Renseignements sur intraterre:

www.emat.terre.defense.gouv.fr/pre-

vention

intraterre: www.emat.terre.defense.gouv.fr/pre- vention La bataille de Picardie Début 1918, le chef

La bataille de Picardie

Début 1918, le chef d’état-major allemand, Hindenburg, et le général Ludendorff décident de ramener des divisions allemandes du front russe sur le front ouest pour porter un coup décisif aux alliés. Le 21 mars 1918, l’offensive allemande, baptisée opération MICHEL, est déclenchée sur un front de 70 km, en Picardie entre la Scarpe et l’Oise. En moins d’une semaine, les Allemands avancent de plus de 50 km. Foch décide de couvrir Paris sans abandonner Amiens en envoyant des divisions de réserves. Le 30 mars, l’offensive allemande est bloquée et le 5 avril 1918, les Allemands sont arrêtés après une progression de 60 km.

TIM n° 202 - Mars 2009

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Panorama T rès d’humour Dans une région ravagée par le choléra, un officier du service

Panorama

Très d’humour

Dans une région ravagée par le choléra, un officier du service de santé visite une caserne.

Il interroge un sous-officier:

« Quelles précautions prenez-vous pour rendre l’eau potable?

– Eh bien, tout d’abord nous la faisons bouillir.

– Très bien. Et après?

– Nous la filtrons.

– Parfait. Ensuite?

 

– Ensuite, pour ne courir aucun risque, nous ne buvons que de la bière! »

Le 3 e RHC respecte l’environnement

« On n’hérite pas de la terre de ses ancê- tres mais on l’emprunte à ses enfants. »

Le 3 e RHC a mis en exergue cette maxime de Saint-Exupéry. Implanté sur un terrain d’aviation datant de 1936, le régiment est, dans sa partie nord-ouest, régit par la directive européenne Natura 2000. Dans le but de répondre à cette directive, les 12 plots pétroliers qui furent utilisés dès les années cinquante par les Américains sur la base d’Etain Rouvres et jusqu’en 2008, sont aujourd’hui centralisés sur un seul site afin de respecter l’environne- ment (flore, faune et captages d’eau de la base).

Le chiffre

12 000

La DRHMD/SDEP réalise une enquête portant sur 12000 militaires dont 2000 de l’armée de Terre. Cette enquête, qui a pour but

 

d’actualiser les données recueillies en 2001 sur les militaires et leur famille,

a

débuté le 15 janvier 2009.

Elle permettra de dresser un bilan complet des conditions de vie des militaires dans le cadre d’une meilleure réflexion en matière de politique sociale. Les questionnaires seront directement transmis aux

chefs de corps et directeurs d’établissement concernés par le tirage au sort.

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TIM n° 202 - Mars 2009

VAB TOP en Afghanistan

Les six premiers Véhicules de l’avant- blindé tourelleaux télé-opérés (VAB TOP), destinés au théâtre afghan, sont arrivés sur l’aéroport de Kaboul le 23 janvier 2009. Ils seront principalement affectés aux

OMLT (Operational mentoring and liaison

teams) de la 1 re brigade du 201 e corps. Ce

VAB est désormais équipé d’un système

qui, pour actionner l’arme de bord, une

12,7 mm depuis l’habitacle, est muni d’un

télémètre laser et de 2 caméras. Orienta- ble sur 360°, l’ensemble est commandé par le tireur au moyen d’un joystick. Des instructeurs de l’EAI et de l’ESAM sont aussi projetés pour former les futurs uti- lisateurs et maintenanciers.

pour former les futurs uti- lisateurs et maintenanciers. Passage de témoin De juin à décembre 2008,
pour former les futurs uti- lisateurs et maintenanciers. Passage de témoin De juin à décembre 2008,

Passage de témoin

De juin à décembre 2008, le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr), basé à Lille, était en alerte de commandement pour la NATO Response Force (NRF). Depuis le 1 er janvier, ce commandement est passé à un état-major basé en Espa- gne. Le passage de témoin s’est déroulé

Commande de jumelles infrarouges

en présence du général Mac Coll, com- mandant suprême adjoint de la force de l’OTAN en Europe. Le général Damay, commandant le CRR-Fr, a remis le fanion de la NRF au général espagnol Sanchez de la Fuente au cours d’une cérémonie le 9 janvier 2009.

de la Fuente au cours d’une cérémonie le 9 janvier 2009. La Délégation générale pour l’armement

La Délégation générale pour l’armement (DGA) a commandé, en début d’année,

155 jumelles infrarouge multifonctions

longue portée (JIM LR) à Sagem. Cette commande s’inscrit dans un contrat attri-

bué fin 2005 et porte sur l’acquisition de

850 JIM LR. La livraison est prévue pour

l’année 2009 et comprend également 81 moniteurs tactiques portables et des boîtiers d’adaptation dans les véhicules. Les jumelles permettent la détection de menaces de jour comme de nuit ainsi que la désignation précise de cibles. La JIM LR est interopérable avec le système Félin.

La JIM LR est interopérable avec le système Félin. Paras instructeurs au Tchad Le 1 e

Paras instructeurs au Tchad

Le 1 er Régiment de chasseurs parachu- tistes et le 17 e Régiment de génie para- chutiste ont fourni un Détachement d’instruction opérationnelle (DIO) au pro- fit de l’armée nationale tchadienne. Ce sont 40 élèves officiers tchadiens qui ont profité de l’instruction du 12 décembre 2008 au 17 janvier 2009. La formation, qui s’est déroulée à Koundoul (sud du Tchad), se divisait en 2 parties: instruction tacti- que le matin et instruction technique l’après-midi. La reconnaissance, les

technique l’après-midi. La reconnaissance, les procédés d’assaut et la réaction à l’em- buscade

procédés d’assaut et la réaction à l’em- buscade furent les principaux thèmes abordés.

Télex

Dans le cadre d’une convention entre Sciences politiques Paris et l’Ecole spéciale militaire de

Saint-Cyr, quatre étudiants, stagiaires aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, ont visité l’Ecole d’application de l’arme blindée cavalerie du 26 au 28 novembre

2008.

Le 3 novembre 2008, la France mutualiste et le ministère de la Défense ont signé une convention de partenariat dont l’objectif est de proposer des emplois aux femmes de militaires devant suivre leur conjoint au cours de leurs différentes affectations.

Le général Henry de Chizelle, doyen des saint-cyriens, est décédé le 13 janvier 2009 à l’âge de 106 ans. Issu de la promotion de Saint-Cyr 1921-1923, dite du souvenir, il a fait une grande partie de sa carrière dans les états-majors internationaux.

Un colloque s’est tenu à l’école militaire (Paris), les 7 et 8 janvier 2009, sur le thème: « Nouveau monde, nouveau capitalisme:

éthique, développement, régulation.» Des politiques tels que Nicolas Sarkozy, Tony Blair et Angela Merkel ainsi que trois prix Nobel étaient présents.

Accession à la propriété

L’Etablissement public des fonds de pré- voyance (EPFP) militaire et aéronautique consentira annuellement à l’IGeSA (Ins- titution de gestion sociale des armées), pour une période de 8 ans, un prêt à titre gratuit de 50 millions d’euros. Ceci per- mettra d’octroyer au personnel militaire 1250 prêts d’accession à la propriété de 16000 euros, soit le prêt de 11 000 euros délivré par l’action sociale du ministère de la Défense plus, grâce au prêt, 5 000 euros issus des fonds de pré- voyance. La délivrance des prêts complé- mentaires par l’IGeSA est effective dès le 1 er mars 2009.

Validation du Tigre version HAP

Début janvier 2009, l’Organisation con- jointe de coopération en matière d’arme- ment (OCCAR), qui gère le programme d’hélicoptère Tigre, a prononcé, en accord avec la Délégation générale pour l’arme- ment (DGA), la qualification finale de la version HAP (Hélicoptère d’appui protec- tion) du Tigre. Cette validation ouvre la voie à la mise en œuvre opérationnelle du Tigre et à son déploiement en OPEX. 18 des 40 Tigre HAP commandés ont déjà été livrés à la France.

Masque de protection balistique

été livrés à la France. Masque de protection balistique En 2008, la Direction centrale du commis-
été livrés à la France. Masque de protection balistique En 2008, la Direction centrale du commis-

En 2008, la Direction centrale du commis- sariat de l’armée de Terre (DCCAT) de Rambouillet a lancé la réalisation d’un masque de protection balistique. L’objec- tif est d’équiper les soldats français en Afghanistan pour les protéger des engins explosifs improvisés. Ils seront également utilisés pour l’instruction sur le tir de com- bat (ISTC) et seront étendus par la suite aux autres théâtres d’opérations. Trois mille masques ont été commandés et envoyés en Afghanistan entre juillet et septembre 2008. En décembre, un mar- ché a été notifié auprès de la NAMSA (agence de l’OTAN pour la maintenance et l’approvisionnement) pour de nouvel- les commandes.

> © ADC Olivier DUBOIS Combat en zone urbaine du 1 er RI à Sarrebourg
>
© ADC Olivier DUBOIS
Combat en zone urbaine du 1 er RI
à Sarrebourg en 2005.
Faites-nous parvenir vos clins d’œil et situations
militaires originales à l’adresse Internet
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Les meilleurs seront publiés et récompensés

TIM n° 202 - Mars 2009

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Focus Nouveaux statuts particuliers La compétence au cœur de la gestion De nouveaux statuts particuliers

Focus

Nouveaux statuts particuliers

La compétence

au cœur de la gestion

De nouveaux statuts particuliers sont en vigueur depuis le 1 er janvier 2009. En voici résumées les nouveautés marquantes.

C es statuts confortent le prin- cipe de recouvrement inter catégories qui fait la cohésion de l’armée de Terre: la moitié des sous-officiers seront tou-

jours issus du rang et la moitié des offi- ciers seront d’anciens sous-officiers. Ils placent la compétence au cœur de la gestion : ainsi, le VDAT peut être dispensé de période probatoire s’il possède d’em- blée une qualification; la détention d’un diplôme (CT1) conditionne le parcours long de l’EVAT. Le sous-officier est promu s’il détient une qualification profession- nelle (BSAT, BSIM, BSEP, BMP1 pour une promotion au grade de sergent-chef ; BSTAT pour le grade d’adjudant); la réus- site aux épreuves de sélection profession- nelle (ESP) est impérative pour accéder au grade de major. Un diplôme supérieur est nécessaire pour accéder au grade de commandant (diplôme d’aptitude à l’em- ploi d’officier supérieur – DAEOS). Ces statuts sont également bâtis sur trois principes: lisibilité, attractivité et diffé- renciation.

« Compte tenu de ma situation person- nelle, quel parcours professionnel mili- taire puis-je envisager? Et avec quelle lisibilité? »

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TIM n° 202 - Mars 2009

Les militaires du rang se voient proposer trois parcours possibles : court (5 ans), médian (11 ans) et long (18 à 25 ans). Les sous-officiers bénéficient de règles d’avancement identiques, qu’ils soient engagés ou de carrière (choix et ancien- neté). Le grade de major ne forme plus un corps à part. Tous les grades d’officiers sont potentiellement terminaux à partir de celui de capitaine. Cependant, les offi- ciers disposent de perspectives de car- rière claires, distinctes par origine de recrutement: la perspective d’atteindre le grade de colonel pour la majorité du recru- tement direct, de lieutenant-colonel pour la majorité du recrutement semi-direct et de capitaine pour la majorité du recrute- ment semi-direct tardif et rang, sous

majorité du recrute- ment semi-direct tardif et rang, sous Ces statuts placent la compétence au cœur
majorité du recrute- ment semi-direct tardif et rang, sous Ces statuts placent la compétence au cœur

Ces statuts placent la compétence au cœur de la gestion. »

condition de qualification, et sans exclure pour tous la possibilité d’une promotion plus avantageuse. Le principe d’attracti- vité évoque « les garanties apportées par le statut militaire ». Les militaires du rang bénéficient de responsabilités élargies avec, dès 11 ans de services, la possibilité

d’accéder aux fonctions équivalentes à cel- les de jeunes sous-officiers. Les sous-offi- ciers connaîtront une meilleure adéquation entre le grade détenu et l’emploi occupé, et l’avancement d’échelon de solde par l’ancienneté permettra de récompenser les meilleurs sans pénaliser les autres. Enfin, les officiers, tous corps confondus, bénéficient des mêmes dispositions sta- tutaires.

Des particularités reconnues

La différenciation, pour les militaires du rang, assure la reconnaissance des acquis de l’expérience (CT1 VE; attribution du cer- tificat de qualification technique supé- rieure), pour un service au-delà de 11 ans. Chez les sous-officiers, l’avancement au choix est l’outil de différenciation; la réus- site aux épreuves de sélection profession- nelle (ESP) est déterminante pour l’accès au grade de major. La progression d’éche- lon de solde des officiers désormais assise uniquement sur l’ancienneté dans le grade, et l’avancement au choix dans des créneaux élargis vers le haut et vers le bas répondent à la nécessité de différencia- tion. Le grade de CDT peut être terminal, mais la création d’échelons exceptionnels (CNE, CDT, LCL) assure la reconnaissance de la valeur de chacun et préserve ses possibilités d’évolution.

LLCCLL EErriicc FFAASSOOLLII,, DDRRHHAATT Photo: ADC Olivier DUBOIS

La préparation opérationnelle différenciée

Un entraînement

préparation opérationnelle différenciée Un entraînement plus dures, la préparation sera renforcée au-delà de la

plus dures, la préparation sera renforcée au-delà de la norme. Par exemple, une mise en condition avant projection en Afghanistan dure six mois et comprend une phase d’entraînement et de forma- tion individuels et une phase collective avec des passages obligés au CENTAC, au CENZUB, au CEITO et bientôt au déta- chement d’assistance opérationnelle du 1 er RCA de Canjuers. L’accent est mis entre autres sur l’Instruction sur le tir de combat (ISTC), le secourisme de combat, la lutte contre les engins explosifs im- provisés, la réaction aux embuscades. En ce qui concerne les OPEX stabilisées et l’alerte Guépard, elles nécessiteront une préparation entre le seuil et la norme. Pour les OPEX normalisées et les forces de présence, l’atteinte du seuil est requise : pour la préparation des pro- jections comportant des missions de contrôle de foule, une phase spécifique d’instruction sur les matériels de contrôle de foule est planifiée. Enfin, pour les mis- sions intérieures sur le théâtre national et les DOM-TOM, le niveau correspondant aux MICAT est le minimum requis. Le système de préparation opérationnelle différenciée s’appuie sur le principe de réalité : il s’agit de « s’entraîner comme

on combat » (train as you fight) en ne fai-

sant l’impasse ni sur les fondamentaux communs, ni sur les savoir-faire du métier de base. Cette différenciation n’engendrera pas une armée à deux vitesses : aucun régiment ne sera “spé- cialiste” d’un théâtre puisque chaque unité passera par les différentes phases de préparation et sera projetée tour à tour sur tous les terrains d’opérations.

LLTTNN AAuurréélliiee CCAARRRRIIEERREE Photo: ADJ Jean-Raphaël DRAHI

à la carte

La préparation opérationnelle est une priorité majeure de l’armée de Terre, afin de remplir son contrat opérationnel. Mais les contraintes de temps et de moyens et la nécessité de maîtriser les coûts ont conduit le général d’armée Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre, à différencier la préparation à l’engagement de ses forces, notamment leur mise en condition pour les projections. Explications.

A vant la projection sur un théâtre d’opérations, chaque unité est formée et préparée au mieux pour remplir les missions qui lui sont confiées

sur le terrain. Des parcours d’activités, appelés parcours normés, sont décrits pour chaque niveau de commandement et chaque métier. Ils permettent à l’ar- mée de Terre de faire valoir un niveau d’ambition et d’apporter des ajustements. Aujourd’hui, la préparation opérationnelle va être différenciée par rapport aux deux références de ces parcours : le seuil et la

norme. L’objectif visé est de maintenir au moins l’atteinte du niveau seuil. Tous les soldats acquièrent un même socle de compétences en suivant la formation ini- tiale, en apprenant les savoir-faire des missions communes (MICAT) et des fon- damentaux de métier, en s’entraînant dans un cadre interarmes. Des priorités sont ensuite définies en fonction des types d’unités et de la nature des engagements. Il s’agit de faire du “sur-mesure” par type de théâtre en définissant un parcours imposé avec certains points de passage obligés. Pour les zones d’engagement les

de passage obligés. Pour les zones d’engagement les La prépa ops différenciée DÉFINITIONS La norme est

La prépa ops différenciée

DÉFINITIONS La norme est le standard correspon- dant au niveau d’aptitude idéal requis pour remplir l’intégralité du contrat opérationnel. Le seuil est le niveau en dessous duquel on impacte les capacités requises et on engage la sécurité.

TIM n° 202 - Mars 2009

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Focus Une tempête aussi violente qu’en 1999 a ravagé le sud-ouest de la France le

Focus

Une tempête aussi violente qu’en 1999 a ravagé le sud-ouest de la France le samedi 24 janvier. Les vents ont causé la mort de 11 personnes et les dégâts sont considérables. Conformément à son contrat opérationnel défini par le Livre Blanc, l’armée de Terre a été sollicitée pour venir en aide aux populations et apporter son soutien aux services publics.

L’armée de Terre à la rescousse

Mobilisation

generale

ai demandé aux forces armées de se mobiliser pour apporter tout leur concours, tous les moyens possibles, en hommes et en matériels pour permet-

tre un retour aussi rapide que possible à

J

la normale. » Lors d’une réunion de crise à la préfecture de la région Aquitaine, à Bordeaux le 24 janvier, le président de la

République, Nicolas Sarkozy, a annoncé le renfort des militaires pour aider les ser- vices publics à rétablir rapidement une situation normale. Car les dégâts sont considérables: aux premières heures de la tempête Klaus qui a ravagé trois dépar- tements français, 1 700000 foyers étaient privés d’électricité, des milliers de per- sonnes n’avaient plus accès à l’eau pota- ble, les lignes de train de la SNCF étaient

en grande partie endommagées et 60 % de la forêt des Landes ont été dévastés. Dès le premier jour, une trentaine d’hom- mes du 1 er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (Bayonne) ont effectué les premières reconnaissances pour évaluer l’accès aux lignes électri- ques, en soutien des agents d’EDF. Le len- demain, d’autres soldats de l’armée de Terre (cf. encadré), placés sous les ordres de l’Etat-major interarmées de la zone de Défense de Bordeaux (EMIAZD), avaient pour mission de dégager les routes obs- truées par les nombreuses chutes d’ar- bres, reconnaître les lignes électriques touchées par le vent et alimenter en élec- tricité les passages à niveaux et les cen- traux téléphoniques. Mais ils avaient également pour mission de venir en aide à la population : des moyens ont été déployés pour aider en urgence les agri- culteurs à protéger les cultures sous ser- res, pour la réfection des bâtiments d’élevage et la restauration des clôtures électriques. Les militaires sont aussi intervenus pour approvisionner les habi- tants en eau potable et pour le déblaie- ment. Des groupes électrogènes ont également été mis à leur disposition. Dans le Lot-et-Garonne, les soldats sont

Témoignage du 1 re classe Mawade Cissokho, servant groupe électrogène au 31 e RG.

« Nous avons été mis en alerte dans la nuit de vendredi à samedi. Dès le lundi matin, nous sommes arrivés sur zone près de Dax. Nous avons eu pour mission de nettoyer les bordures de routes. Nous avons coupé les arbres à moitié, puis avec les moyens lourds on a soulevé les troncs afin de dégager les lignes électriques coincées. A ce moment-là, les agents EDF ont pris le relais pour replacer les lignes. Le jour suivant, nous sommes partis déblayer les routes et les grands axes pour rétablir la circulation. Nous avons aussi dégagé les lignes téléphoniques. Une semaine après la tempête, nous étions encore sur place pour continuer notre travail: des habitants qui avaient leur maison dans la forêt étaient encore bloqués, sans eau ni électricité. C’est un spectacle que je n’avais jamais vu. La tempête a été dévastatrice. La population était désespérée mais rassurée de nous voir arriver si vite. Puis, quand ils nous ont vus au travail, les gens étaient vraiment contents et beaucoup s’arrêtaient pour nous remercier. Une dame venait même toutes les quatre heures nous apporter des crêpes toutes chaudes! Pour notre régiment, ce type de catastrophe naturelle est l’occasion de voir que tout ce que nous accomplissons en régiment est réellement utile le moment venu. »

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TIM n° 202 - Mars 2009

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arrivés avec des moyens lourds du génie et des tronçonneuses pour déblayer les voies de circulation. Dans les Landes, une centaine d’hommes du 5 e Régiment d’hé- licoptères de combat de Pau et de l’Ecole d’application de l’aviation légère de l’ar- mée de Terre (EAALAT) était à pied d’œu- vre. D’autres militaires intervenaient dans le Gers, où ils assuraient l’apport d’eau minérale à plus de 40000 personnes pri- vées d’eau courante. Une semaine après le passage de Klaus, les sections non spé- cialisées ont été désengagées et les moyens spécifiques ont été renforcés (six sections du génie). Au total, le ministère de la Défense aura fourni près de 1500 hommes. Tandis que l’armée de Terre et l’armée de l’Air agis- saient au sol, quatre Mirage F1 de l’ar- mée de l’Air venus de Reims ont effectué un quadrillage photographique de la région balayée par la tempête afin de mieux orienter les secours et d’établir une cartographie complète des dégâts. La tempête Klaus a été décrétée catas- trophe naturelle.

LLTTNN AAuurréélliiee CCAARRRRIIEERREE Photos: ADJ Jean-Raphaël DRAHI, CCH Jean-Baptiste TABONE

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55

33
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1. Le 28 e RT sur l’aire aux maraîchers, dans le Lot-et-Garonne. 2. L’UIISC 7. 3. Le CNE Simon- neau, du 35 e RAP, au PC de crise. 4. Militaires du 5 e RHC et équipe d’ERDF. 5. L’UIISC 1.

Les unités

en présence

Au total, 25 régiments de l’armée de Terre (et 10 bases aériennes) ont été sollicités et sont intervenus sur cinq départements : Landes, Gers, Gironde, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques.

Les régiments concernés :

• le 503 e Régiment du train de Martignas-sur-Jalle ;

• le 17 e Groupe d’artillerie de Biscarosse ;

• l’Ecole de l’aviation légère de l’armée de Terre de Dax ;

• l’Ecole des troupes aéroportées de Pau ;

• le 5 e Régiment d’hélicoptères de combat de Pau ;

• le 1 er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Bayonne;

• le 1 er Régiment de hussards parachutistes de Tarbes ;

• le 35 e Régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes ;

• le 1 er Régiment du train parachutiste de Toulouse ;

• le 3 e Régiment du matériel de Toulouse ;

• le 4 e Groupe logistique

du commissariat de l’armée de Terre de Toulouse ;

• le 31 e Régiment du génie de Castelsarrasin ;

• le 17 e Régiment du génie parachutiste de Montauban ;

• le 48 e Régiment de transmissions d’Agen ;

• 8 e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres;

• Régiment d’infanterie chars de marine de Poitiers ;

• 515 e Régiment du train de La Braconne ;

• 1 er Régiment d’infanterie de marine d’Angoulême ;

• Ecole nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent ;

• 15 e Bataillon du train de Limoges.

Les régiments hors de la zone

de défense sud-ouest :

• le 19 e Régiment du génie de Besançon ;

• le 13 e Régiment du génie de Valdahon ;

• le 1 er Régiment étranger du génie de Laudun ;

• le 2 e Régiment étranger du génie de Saint-Christol ;

• le 6 e Régiment du génie d’Angers.

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Focus Le 17 janvier 2009, huit frères d’armes ont perdu la vie dans un tragique

Focus

Le 17 janvier 2009, huit frères d’armes ont perdu la vie dans un tragique accident d’hélicoptère. Deux autres camarades ont pu être sauvés. Le Cougar AS532 des Forces françaises au Gabon (FFG) s’est abimé en mer, peu après 20 h alors qu’il décollait du bâtiment TCD Foudre. Cet accident est intervenu lors de l’exercice franco-gabonais N’GARI, qui se déroulait au large des côtes gabonaises.

In memoriam

L’exigence de notre métier

Message du CEMAT

Dans un message daté du 19 janvier 2009, le général d’armée Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), a tenu à exprimer « [son] soutien

et la fraternité de toute l’armée de Terre. La disparition de nos camarades nous rappelle toute l’exigence de notre métier. Dans ces douloureuses circonstances, nous devons plus que jamais nous montrer déterminés et solidaires pour mener à bien les missions difficiles qui nous sont confiées».

Nos camarades morts en mission ■ Chef de bataillon Jean-Noël Guerimand, 1 er Régiment d’hélicoptères
Nos camarades morts en mission
Chef de bataillon Jean-Noël Guerimand,
1 er Régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg,
en séjour au DETALAT du Gabon.
Adjudant Bastien Belmas,
1 er Régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg,
en séjour au DETALAT du Gabon.
Adjudant Vincent Anne,
1 er Régiment d’hélicoptères de combat de Phalsbourg,
en séjour au DETALAT du Gabon.
Adjudant Cyril Michaud,
13 e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze.
Maréchal des logis-chef Yannick Cheix,
13 e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze.
Maréchal des logis-chef Michaël Shigetomi,
13 e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze.
Maréchal des logis-chef Gilles Le Maitre,
13 e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze.
Maréchal des logis Yoan Rouat,
13 e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze.
Nos camarades ont été promus au grade supérieur
à titre posthume. Chacun d’entre eux a été fait chevalier
dans l’ordre national du Mérite.
© BRI Idrac-Virebent/13 e RDP

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Service photo Elysée © FFG©

Cérémonie au Gabon Le mercredi 21 janvier 2009, le général d’armée Irastorza, chef d’état-major de
Cérémonie au Gabon
Le mercredi 21 janvier 2009, le général d’armée
Irastorza, chef d’état-major de l’armée de Terre,
accompagné du général de division Tanguy,
commandant l’aviation légère de l’armée de Terre
(ALAT), et du général Reglat, commandant les
forces françaises au Gabon (FFG), a présidé
la cérémonie d’hommage aux huit soldats français
décédés dans l’accident du Cougar survenu le
17 janvier dernier au large des côtes du Gabon.
Au cours de cette prise d’armes au 6 e Bataillon
d’infanterie de marine (6 e BIMa) à Libreville, des
militaires du 13 e Régiment de dragons parachutistes
(13 e RDP) et de l’Aviation légère de l’armée de Terre
(ALAT) ont salué la mémoire de leurs frères
d’armes.
Les corps des militaires tués dans cet accident
ont été rapatriés à Paris, le 21 janvier.
Un hommage particulier leur a été rendu par le
président de la République, M. Sarkozy, en présence
du général d’armée Georgelin, chef d’état-major
des armées, du général d’armée Irastorza, et
du général de corps d’armée Dary, gouverneur
militaire de Paris.
Prise d’armes au 13 e RDP Le vendredi 23 janvier 2009, une prise d’armes en
Prise d’armes au 13 e RDP
Le vendredi 23 janvier 2009, une prise d’armes en l’honneur des cinq parachu-
tistes, s’est déroulée dans l’enceinte du 13 e RDP à Dieuze, au quartier du Maré-
chal Lyautey, présidée par le ministre de la Défense, monsieur Hervé Morin, et
en la présence du chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée
Elrick Irastorza. « Ce tragique évènement nous rappelle, à chacun d’entre nous,
combien le métier de militaire est bien plus qu’un métier, qu’il est un engage-
ment pouvant aller jusqu’au sacrifice ultime, pour la France et pour les Fran-
çais (…). Comme trop de soldats, la mort vous a fauchés avec violence, si
soudainement, si tôt. Mais comme tous nos soldats, cette mort inspire un infini
respect et la reconnaissance de la Nation. Au nom du président de la Républi-
que, du Premier Ministre et de l’ensemble du gouvernement, je m’incline
devant vous. La France ne vous oubliera pas», a prononcé le ministre de la
Défense, monsieur Hervé Morin, lors de son éloge funèbre.
© BRI Idrac-Virebent/13 e RDP

AArrttiiccllee rrééaalliisséé ppaarr llee CCNNEE NNaatthhaalliiee DDUURRAANNDD

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En direct de… Les Forces françaises au Gabon Au cœur de l’Afrique centrale Le Livre

En direct de…

Les Forces françaises au Gabon

Au cœur de l’Afrique centrale

Le Livre blanc précise que la présence militaire française en Afrique doit servir en priorité à aider l’Afrique à bâtir son propre dispositif de Défense et de sécurité. Adossée à la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), la France mène une action régionale visant à la montée en puissance des structures de paix et de sécurité africaines. C’est ainsi qu’au sein des Forces françaises au Gabon (FFG), véritable ressource opérationnelle, la mission de coopération prend une dimension croissante, tant dans le domaine de la formation que de l’entraînement. C’est le cas du Centre d’aguerrissement outre-mer en forêt gabonaise (CAOME FOGA), qui accueille sur le même terrain Français et Gabonais, pour une préparation opérationnelle optimale.

ASP Adrien FACON Photos : ADJ Gilles GESQUIERE

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TIM n° 202 - Mars 2009

TIM n° 202 - Mars 2009

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2 0 En direct de… Les Forces françaises au Gabon prennent plus que jamais en

20

En direct de…

Les Forces françaises au Gabon prennent plus que jamais en compte leur mission de coopération avec les pays de la région, notamment les pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC). Mais elles n’oublient pas pour autant leur mission première : être une ressource opérationnelle apte à réagir.

Forces françaises au Gabon

opérationnelle apte à réagir. Forces françaises au Gabon Une ressource opérationnelle Repères sur la république du

Une ressource opérationnelle

Repères sur la république du Gabon

Capitale : Libreville Superficie : 267670 km 2 Population : 1400000 hab Densité : 5 hab/km 2 PIB par habitant : 7403 $ Rang IDH : 119/177 Langues : français (officielle), lan- gues du groupe bantou. Monnaie : franc CFA (1 = 656 FCFA) Chef de l’Etat : Omar Bongo depuis le 28 novembre 1967, réélu le 27 novembre 2005 Régime de l’Etat : présidentiel, multipartisme.

TIM n° 202 - Mars 2009

e Livre blanc, définissant une future stratégie globale pour la Défense française, précise que

« la présence militaire française

en Afrique sert en priorité à aider l’Afri-

que à bâtir, comme elle en a l’ambition, son propre dispositif de sécurité collec-

tive ». A l’échelle régionale, ceci se tra- duit par la montée en puissance, encadrée par les Forces françaises au Gabon (FFG), des structures de paix et de sécurité au sein de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), comme la brigade régionale (BRA Centre) de la Force africaine en attente (FAA). Illustrant à merveille le concept de force préposi- tionnée, les FFG sont une véritable res- source opérationnelle en mesure de réagir rapidement à des événements imprévus, comme en témoigne son action récente lors de l’évacuation de ressortis-

L

sants au Tchad de février 2008, ou encore son action déterminante lors de l’opéra- tion ARTEMIS en République démocrati- que du Congo en mai 2003.

Un point d’appui

A 6000 kilomètres de la France, les FFG,

fortes d’environ 1100 hommes et femmes engagés au service de la paix et de la sécurité dans la région, constituent, selon les termes du général Réglat comman-

dant les FFG, « le point d’appui de l’ac- tion militaire de notre pays en Afrique centrale ». Ainsi, les FFG sont actuelle- ment déployées sur trois pays: le Gabon,

où se trouve la majeure partie des unités,

le Cameroun, où est implantée la mission

logistique, et la République Centrafricaine, où se déroule l’opération BOALI. Compo- sante principale des FFG, le 6 e Bataillon

d’infanterie de marine (6 e BIMa), princi-

Entrée du camp De Gaulle à Libreville.

palement stationné à Libreville, ainsi qu’un Détachement de l’aviation légère de l’armée de Terre (DETALAT) et d’un détachement Air (DETAIR), constituent les forces permanentes des FFG. Relevées tous les quatre mois, deux compagnies « tournantes » de troupes aéroportées en mission de courte durée (MCD) 1 renfor- cent les militaires qui résident en séjour. C’est dans le cadre de la réorganisation du dispositif militaire de la France en Afri- que, datant de 2007, que le général Claude Réglat a pris la tête des FFG. Avec Dakar, Djibouti et la Réunion, Libreville devient, dans ce nouveau dispositif, l’une des qua- tre bases dirigées par un état-major inter- armées (EMIA) régional.

Des missions permanentes

Cette modification structurelle, qui a ins- tauré des instances régionales au profit du renforcement des capacités africaines de maintien de la paix au niveau régional et continental, a fait de la coopération mili- taire opérationnelle des FFG une mission prioritaire. Elle consiste en un soutien logistique et opérationnel d’unités afri- caines engagées dans les opérations de maintien de la paix sur le continent ainsi qu’à la formation des forces africaines avec la mise en place de Détachements d’instruction opérationnelle (DIO) et tech-

Détachements d’instruction opérationnelle (DIO) et tech- nique (DIT). Les missions de présence, d’intervention et

nique (DIT). Les missions de présence, d’intervention et de relations internatio- nales militaires demeurent, naturelle- ment. Comme l’affirme le colonel Bonnel, adjoint Terre du COMFOR, « la sécurité des ressortissants français demeure en toile de fond de notre action ».

français demeure en toile de fond de notre action » . 1 Actuellement deux compagnies du

1 Actuellement deux compagnies du 1 er Régiment de chasseurs parachutistes (1 er RCP).

TIM n° 202 - Mars 2009

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En direct de… Forces françaises et gabonaises Une coopération à toute épreuve Apprentissage des techniques

En direct de…

Forces françaises et gabonaises

Une coopération à toute épreuve

Apprentissage des techniques de pliage de parachutes au DTMPL de Libreville.

La réorganisation du dispositif militaire de la France en Afrique donne une dimension croissante à la mission de coopération militaire opérationnelle dans la région. Centrée sur la montée en puissance des structures de paix et de sécurité au sein de la Communauté économique des états d’Afrique centrale (CEEAC), la coopération renforce les liens de fraternité qu’entretient la France dans la région.

C omme le rappelle le lieutenant- colonel Jobet, responsable coo- pération à l’Etat-major inter- armées des Forces françaises

au Gabon (FFG), « nous ne sommes pas là pour donner de l’argent mais pour échanger un savoir ». Les FFG sont réso- lument engagées dans une mission de

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TIM n° 202 - Mars 2009

Objectif 2010

La mission de coopération des FFG se fait au profit d’une part de l’Etat-major régional (EMR) de la CEEAC, d’autre part des forces armées de pays de la CEEAC, avec pour objectif leur contri- bution à la Force africaine en attente (FAA). A l’échelle continentale, l’objec- tif pour 2010 est de mettre sur pied la FAA, constituée des EMR et des Bri- gades régionales en attente (BRA) des cinq communautés régionales africai- nes : la CEEAC, l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté écono- mique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) et l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) pour l’Afrique orientale.

formation, au profit des membres de la CEEAC. Adossée à la CEEAC, la France légitime son action au niveau régional ; une action à long terme aux enjeux sécu- ritaires multiples. L’instruction se fait tout d’abord par l’organisation de stages de formation et par la mise en place de Détachements d’instruction opération- nelle (DIO) et technique (DIT). Les tech- niques d’état-major sont aussi partagées lors d’exercices d’état-major auxquels des officiers des différents pays de la CEEAC sont invités. Ces stages s’inscri- vent dans une dynamique globale de for- mation des futurs formateurs des forces armées africaines. L’instruction permet ainsi de partager les expertises de cha- cun en matière de commandement sur des scénarios traditionnels d’opérations de maintien de la paix. De sorte que les étapes ultérieures sont l’accompagne- ment, la vérification puis la validation de ces compétences en matière de sécurité et de maintien de la paix. Cette coopé- ration s’oriente vers une meilleure maî-

Témoignage du major Mputu

Le major Mike Mputu, de l’Etat- major général des forces armées de la République démocratique du Congo (RDC), est le premier officier de la RDC à participer à un DIO organisé par les FFG concernant le rôle d’un bataillon dans le cadre de missions de maintien de la paix.

« C’est une occasion exceptionnelle de travailler ensemble dans le cadre de l’interopérabilité », témoigne-t-il. Et il insiste: « C’est un système qui marche! » Quels espoirs pour l’avenir? « Constituer une force autogérée pour intervenir dans les conflits africains et maintenir la paix en Afrique. » Il insiste sur sa volonté de vouloir faire partie de cet « embryon », qui constituera à l’avenir la Force africaine en attente (FAA). Et de conclure: « Ça peut marcher! »

Salle de pliage où Français et Gabonais travaillent côte-à-côte.

pliage où Français et Gabonais travaillent côte-à-côte. Ces stages s’inscrivent dans une dynamique globale de
pliage où Français et Gabonais travaillent côte-à-côte. Ces stages s’inscrivent dans une dynamique globale de

Ces stages s’inscrivent dans une dynamique globale de formation des futurs formateurs des forces armées africaines. »

trise des savoir-faire nécessaires et indis- pensables à la constitution de la FAA. Dans cet esprit, la France forme des mili- taires gabonais au pliage de parachutes au Détachement technique de matériels de parachutage et de largage (DTMPL) de Libreville. Dans l’emprise d’une enceinte gabonaise, on assiste à une véritable mutualisation des moyens et des savoirs. Côte à côte, Français et Gabonais plient leurs parachutes dans un souci de traça- bilité. La tour de séchage est mise en commun et il existe une table « interna- tionale » qui est partagée par les plieurs français et gabonais. La Mission de contrôle et d’assistance de la maintenance (MICAM) contrôle par sondage les para- chutes gabonais et leur prodigue des conseils précis tout en garantissant au commandement l’application des mesu- res de sécurité. « Tout est réuni pour faire du travail de qualité », nous confie le lieu- tenant-colonel Nguyen Van Tinh, respon- sable de l’audit au DTMPL.

Les expertises de chacun

Dans une optique opérationnelle, le Centre d’aguerrissement outre-mer (CAOME) ouvre ses portes aux sections

outre-mer (CAOME) ouvre ses portes aux sections d’exemple, la France arme le deuxième mandat de la

d’exemple, la France arme le deuxième mandat de la MICOPAX. Les militaires du Congo-Brazzaville atterrissent donc en Transall à Libreville, perçoivent un paque- tage, avant de réembarquer pour la Répu- blique Centrafricaine pour une relève de 4 mois.

de la Brigade régio- nale en attente (BRA), ce qui permet une véritable préparation opérationnelle des futurs combattants de la FAA, en me- sure de répondre aux défis sécuritai- res de l’Union afri- caine. De plus, les soldats gabonais qui suivent l’instruction apportent souvent leur expérience et ne sont pas avares en conseils sur la sur- vie en jungle. Cette mutualisation des centres d’aguerris- sement assure une formation de qualité aux futures unités combattantes et une meilleure rentabilité budgétaire. « Il nous faut trouver des dispositifs qui nous per- mettent de former de plus en plus avec un budget différemment réparti », conclut le lieutenant-colonel Jobet. Cette coopération est aussi matérielle. A titre

TIM n° 202 - Mars 2009

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En direct de… La plate-forme d’instruction et d’entraînement du Centre d’aguerrissement outre-mer en forêt

En direct de…

La plate-forme d’instruction et d’entraînement du Centre d’aguerrissement outre-mer en forêt gabonaise (CAOME FOGA) 1 offre des conditions d’acclimatation et d’aguerrissement optimales. Au programme : un environnement accablant, à l’atmosphère humide et chargée de moustiques, une végétation exubérante et des pistes d’instruction exigeantes, à la hauteur des enjeux de la préparation opérationnelle…

Combat : Composante principale de l’instruc- tion, le combat en forêt offre beaucoup de similitudes
Combat :
Composante principale de l’instruc-
tion, le combat en forêt offre beaucoup
de similitudes avec le combat urbain,
du fait de la verticalité, de l’isolement
ou des problèmes de transmissions.
Les techniques de déplacement, telle
la progression en Y, la rupture de fila-
ture, les haltes comme les embusca-
des y sont exposées puis mises en
situation. Les techniques de tir consti-
tuent aussi un élément clé de l’ensei-
gnement. L’instructeur ne cesse de
souligner la pertinence de ces métho-
des et invite les élèves « à s’entraîner
en régiment avant de partir en OPEX,
afin de gagner en efficacité ».
Vie en forêt : « Toute eau inconnue peut être polluée par les micro- bes
Vie en forêt :
« Toute eau inconnue peut être polluée par les micro-
bes », « La baignade dans les cours d’eau ne doit se
faire que pour des besoins opérationnels ». Voilà les
premières règles fondamentales de la vie en forêt avec
toujours à l’esprit l’efficacité opérationnelle comme but.
Suivent nombre de recommandations sur la cuisson
des aliments, l’hygiène, l’habillement et la désinfection
de plaies… Le but de ces stages en forêt est d’acquérir
des réflexes: « Comme des actes de combat, ces actes
de vie doivent devenir des actes réflexe », souligne l’ins-
tructeur. Une partie de l’instruction, particulièrement
appréciée et bien assimilée par les élèves, demeure la
présentation de l’exubérante végétation des forêts gabo-
naises : arbre à nivaquine, mamba jaune et « arbre à
sang » qui pourront servir de traitement préventif et
curatif d’appoint.

Le CAOME FOGA

« Qui ose gagn

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TIM n° 202 - Mars 2009

Topographie :

Après le calcul du pas simple sur terrain plat, descendant puis montant, la forma- tion de l’équipe « topo-nav » est exposée aux stagiaires. Les méthodes de jalonne- ment, d’étalonnement, de marquage et de contournement d’un obstacle seront bientôt mises en pratique pour une mar- che topo inhabituelle, où la méthode du « colimaçon », afin de trouver les balises peu visibles dans cette végétation abon- dante, sera primordiale. Dernière recom- mandation avant le départ: « Les petites blessures peuvent vite s’aggraver en forêt alors ne jouez pas les rambos ! »

s’aggraver en forêt alors ne jouez pas les rambos ! » Piste individuelle et collective: Un
Piste individuelle et collective: Un sol boueux, une atmosphère acca- blante, chargée d’humidité et de
Piste individuelle
et collective:
Un sol boueux, une atmosphère acca-
blante, chargée d’humidité et de mousti-
ques. Ajouté à cela un sac à dos, un
FAMAS et des obstacles nécessitant
adresse, force et équilibre. Voilà le
contexte des pistes individuelle et collec-
tive du CAOME, qui répondent aux exigen-
ces des missions actuelles. Les premières
épreuves donnent le ton : le franchisse-
ment de barbelés plongés dans une mare
d’eau boueuse déclenche les premières
fatigues et réclame la cohésion du groupe.
Suivront le franchissement d’un fleuve
sur tyrolienne et l’évacuation d’un blessé
sur brancard de fortune à travers la man-
grove… « On est tenu par l’adrénaline,
donc on tient le coup. » « Quand on doit
trouver les forces, on les trouve en soi et
grâce au groupe, mais là, la chaleur est
vraiment accablante », nous confie une
élève-stagiaire de l’Ecole militaire inter-
armes (EMIA).

e! »

Piégeage : « Attention! », prévient l’instructeur, « on peut piéger n’importe quoi n’im- porte
Piégeage :
« Attention! », prévient l’instructeur, « on peut piéger n’importe quoi n’im-
porte où. Les possibilités sont infinies. » Dans le cadre des conventions d’Ot-
tawa, l’objectif de ce module est de sensibiliser les stagiaires à la dangerosité
des pièges, et plus particulièrement au caractère vicieux des pièges en forêt.
Cependant, l’effet des pièges de sol, aériens ou à feu, est avant tout tactique
et applicable pour la défense de zone ou d’axe.
Piste Malibé :
Piste Malibé :

Plus « aquatique » que la piste collective, le principe est cependant le même! Un dépassement de soi au profit du groupe… Vaincre ses appréhensions dans ce milieu aquatique, retrouver des forces lorsque son sac rempli d’eau pèse sur ses épaules: des étapes que franchiront ensemble les sections de sta- giaires qui s’exerceront, dans ces moments difficiles, au commandement dans l’effort et éprouveront la cohésion de leur groupe.

dans l’effort et éprouveront la cohésion de leur groupe. 1 En pleine forêt de la Mondah

1 En pleine forêt de la Mondah (30 km au nord de Libreville), sur deux sites distincts – Cap militaire et Malibé, les premières pistes du CAOME sont nées en 1982 dans une jungle encore vierge de toute présence humaine. L’idée d’un stage commando au CAOME date de 1983.

TIM n° 202 - Mars 2009

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De août 2006 à août 2008, le capitaine Patrick Valdivia a servi en Guinée-Conakry en tant que chef de projet « formation des sous-officiers ». Une expérience inoubliable.

U n e e x p é r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir

RETEX

n e e x p é r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter

Savoir

s’adapter

r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont
r i e n c e inoubliable. RETEX Savoir s’adapter Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont

Vos comptes-rendus et expérimentations ne sont pas inutiles. Le Centre de doctrine et d’emploi des forces (CDEF) vous propose ainsi chaque mois un point, en quelques brèves, sur les RETEX en cours.

THEATRES

le 7 e BCA au Tchad

sur les RETEX en cours. THEATRES le 7 e BCA au Tchad Le deuxième mandat de

Le deuxième mandat de l’opération EUFOR Tchad-RCA a vu le 7 e BCA (BMN- C) et le 516 e RT opérer conjointement dans leur zone de responsabilité entre juin et décembre 2008. Le premier mandat avait permis de « jeter » un dispositif provisoire. Il a fallu consolider l’existant en construisant notamment 42 postes de combat autour du camp des Etoiles, près d’Abéché. La protection de la force revêt un aspect essentiel lors d’une phase de stabilisa- tion. En effet, les emprises européennes restent des cibles potentielles d’attaques d’éléments rebelles. Une fois assurée, cette protection permet aux unités de mener leur mandat en toute sécurité. Par ailleurs, la saison des pluies ne per- mettant pas aux détachements d’accéder aux régions les plus reculées, les chas- seurs alpins ont innové en effectuant des patrouilles à cheval. L’ingéniosité et la

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Intraterre du CDEF:

www.cdef.terre.defense.gouv.fr

faculté d’adaptation des soldats français permettent donc de pouvoir conduire les missions en tout temps et en tout lieu.

ENTRAINEMENT

Exercice POSEIDON 2008

POSEIDON (camp de Mailly, décem- bre 2008) a permis l’entraînement amphi- bie des états-majors de FRMARFOR (Marine nationale) dans sa configuration de Commander Amphibious Task Force (commandement des opérations amphi- bies: CATF) et de la 6 e BLB dans celle de Commander Landing Force (commande- ment des forces terrestres : CLF). Une opération d’évacuation de ressortissants en zone urbaine hostile en était le thème support.

en zone urbaine hostile en était le thème support. POSEIDON 08 constituait une étape pré- paratoire

POSEIDON 08 constituait une étape pré- paratoire pour les deux PC à l’exercice multinational amphibie LOYAL MIDAS 2009 et à la prise d’alerte NRF 14 (NATO Response Force) en 2010. Organisé par l’EMF 1 en liaison avec le CEPC (Centre d’entraînement des PC- Mailly) et COMFRMARFOR, cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè-

cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè- A près avoir fait valoir mes moti- vations
cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè- A près avoir fait valoir mes moti- vations
cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè- A près avoir fait valoir mes moti- vations
cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè- A près avoir fait valoir mes moti- vations
cet exercice s’est appuyé conjointement sur les systè- A près avoir fait valoir mes moti- vations

A près avoir fait valoir mes moti- vations dans la case 4 G de ma FIDEMUT pour servir en coo- pération, j’ai été désigné pour servir en Guinée-Conakry en

tant que chef de projet formation des sous-officiers et conseiller du directeur de l’ENSOA des forces armées guinéen- nes. Je débarque donc au mois d’août 2006 à Conakry avec ma petite

famille dans un pays très pauvre, atypi- que, où les habitants ont une gentillesse et un sens de l’accueil incomparables.

) (

tuée par les manifestations sociales tra- giques de début 2007, je m’attache avec mes correspondants guinéens à déve- lopper un climat de confiance et de res- pect. En faisant l’effort sur la formation des “formateurs” chargés d’instruire les sous-officiers, je choisis d’investir dans le long terme et privilégie “le savoir-être” et les qualités intrinsèques du militaire pour servir son pays. Cela m’est apparu comme la priorité, compte

Après une étude du milieu, ponc-

mes de simulation SCIPIO pour les opé- rations terrestres et ORQUE pour les opé- rations navales.

ADAPTATION

La trousse de secours individuelle

Les enseignements tirés en Afghanistan ont conduit à renforcer les capacités de premiers secours. Un nouveau modèle de trousse de secours individuelle est main- tenant distribué en Afghanistan à la tota- lité des forces engagées. Elle équipera progressivement tous les théâtres. Elle comprend un lot de perfusion (le soluté

42

TIM n° 202 - Mars 2009

moments fraternels

Des

DR.©

tenu de l’importance de l’armée dans le contexte politique, social et ethnique du

pays. (

rigueur car il est facile de baisser les bras sous prétexte que rien ne bouge. Les “petit pas par petit pas” et les “Inch Allah, peut-être demain” sont nombreux mais nous nous devons d’accepter le rythme de nos frères d’armes. A contra- rio, il ne faut pas viser trop haut, ni s’ap- proprier le projet à la place du partenaire. Le militaire guinéen, après une longue période de dictature, a plaisir à échanger, communiquer, travailler avec des “Fotés” qui mouillent le treillis sur le terrain avec

La patience et la volonté sont de

)

n’est pas destiné à être administré par le combattant mais permet aux personnels autorisés d’en disposer partout sur le théâtre). Par ailleurs, en fonction du sou- tien santé qu’il réalise, le personnel du service de santé dispose maintenant d’une trousse de cuisse, d’un sac à la journée

d’une trousse de cuisse, d’un sac à la journée eux et partagent en frères d’armes le

eux et partagent en frères d’armes le riz-

) Je ne parle ni le

“Soussou” ni le “Malinké” ni le “Peul” car l’étude des langues n’est pas mon fort mais je suis intégré “par la sueur versée” au rythme des séances d’instruction, des sorties terrain et des palabres permanen- tes pour surmonter les obstacles en tout genre. Je vis des moments fraternels inou- bliables tout en gardant mon identité mili- taire française des troupes de marine. »

poisson traditionnel. (

Extrait du n° 363 de L’Ancre d’Or Bazeilles consacré à la coopération militaire. Pour s’abonner:

ancredor@orange.fr

de 25 litres ou d’un sac trois jours de 45 litres. (Voir le dossier du TIM n° 201 sur le soutien santé en opérations.)

PUBLICATION

La tactique dans son nouvel environnement:

actes du séminaire tactique

Organisé par le CDEF et le CESAT, le sémi- naire tactique permet, une fois par an, de réunir, autour de thèmes d’actualité, les professionnels de la tactique. Cette année, ce troisième rendez-vous, intitulé « La tactique dans son nouvel environnement »,

Le capitaine Patrick Valdivia est, depuis septembre 2009, officier traitant BOI au sein du Régiment d’infanterie-chars de marine. Après quelques exercices régi- mentaires et une mission intérieure VIGI- PIRATE en Ile-de-France à Noël, il est désigné comme chef du module 2C (sou- tien des services) pour servir avec le 2 e escadron du RICM au sein du 23 e BIMa à Dakar, de février à juin 2009. Passionné de l’Afrique en général et de la Guinée en particulier, il savoure chaque moment passé aux côtés de ses frères africains.

APPEL À TÉMOIGNAGES ! Faites partager vos expériences opérationnelles à nos lecteurs. Envoyez vos textes à la rédaction par internet à sirpat-comecrite.emat@ terre-net.defense.gouv.fr

s’est articulé autour de deux thèmes :

le premier s’est interrogé plus particuliè- rement sur les espaces lacunaires, et sur la façon de les contrôler, réhabilitant la manœuvre à tous les échelons. Le second thème est revenu sur la numérisation de l’espace de bataille (la NEB), ses apports mais aussi ses limites, développant les relations com- plexes entre nou- velle technologie et savoir-faire tac- tique.

développant les relations com- plexes entre nou- velle technologie et savoir-faire tac- tique. TIM n° 202

TIM n° 202 - Mars 2009

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COBRA et le SL2A

COBRA et le SL2A Technologie Pour répondre aux conditions des engagements les plus probables, l’armée de

Technologie

Pour répondre aux conditions des engagements les plus probables, l’armée de Terre a développé un système de localisation des batteries adverses:

le radar COBRA. Pour renforcer son efficacité, COBRA peut être couplé au SL2A, un système basé sur l’écoute au son qui sera mis en service opérationnel au cours de cette année.

D ans la nuit du 7 au 8 janvier, des roquettes ont été tirées au Sud Liban. Le lendemain, au 12 e Régiment d’artillerie d’Ha- guenau, les soldats de la bat-

terie COBRA pensent à leurs camarades présents dans la zone FINUL. « Nos radars

COBRA ont dû tout détecter », estime le capitaine Luc Andréa, commandant d’unité de la batterie COBRA. « Ce type de radar va nous permettre d’établir avec précision la provenance des tirs. Ca ne nous don- nera pas l’âge du tireur mais on saura si les tirs initiaux sont partis du sol libanais ou israélien. » Trois radars COBRA sont sur le sol libanais depuis plus de deux ans: deux fonctionnent en per- manence ; le troisième reste en réserve. Le but: observer les deux belligérants. Les deux radars, avec leur portée de 40 km, couvrent à eux deux, la zone sud du Liban. Sept autres COBRA attendent d’être utili- sés aux 1 er RA et 12 e RA.

44

TIM n° 202 - Mars 2009

Ce type de matériel n’est pas adapté à tous les théâtres d’opérations. COBRA n’est actuellement pas projeté en Afghanistan car l’artillerie adverse est légère. Or le radar COBRA est véritablement destiné à identifier et localiser les moyens de feux adverses type canons, mortiers ou lance- roquettes. Intégré au réseau ATLAS, pour la remontée quasi-instantanée des infor- mations, COBRA permet de reconstituer la trajectoire des obus et ainsi déterminer leur point de départ et d’arrivée. « COBRA est d’une précision diabolique », explique le lieutenant-colonel Hugues Viard, offi- cier de marque à la STAT. « Alors qu’il va à une vitesse de 100 mètres par seconde, un obus de 60 mm pourra être détecté à plus de 15 kilomètres. COBRA a une por- tée de 40 kilomètres. Il faut savoir qu’il peut détecter jusqu’à 40 batteries enne- mies. En fait, en moins de 15 secondes, l’obus n’est pas encore arrivé que COBRA nous donne la position exacte du lanceur ennemi. »

Pour éviter que les radars n’émettent en permanence (détection, potentiel…), COBRA est désormais associé à un autre système, le Système de localisation d’artillerie par acoustique (SL2A).

Le retour de l’acoustique

Depuis plusieurs années, l’armée de Terre réfléchissait à un système passif capable de pré-alerter les radars COBRA. « Dans un premier temps, on a travaillé sur des systèmes d’optique qui fonctionnent avec la lueur au départ du coup et l’échauffe- ment de l’obus dans l’air », rappelle le LCL

Et ailleurs ?

La France n’est pas le seul pays à avoir développé un radar de ce type : les Etats-Unis disposent du radar Q36 qui localise les tirs de courte portée tels que les tirs de mortiers, et le radar Q37 qui détecte les roquettes. La Russie n’est pas en reste ; le radar ZOOPARK repère toutes les cibles de mortiers et de l’artillerie ennemie. Enfin, la Norvège et la Suède se sont associées pour créer ARTHUR, un radar de faible poids et de petite taille qui permet une plus grande mobilité tactique et opérationnelle. Le SL2A a également son équivalent avec HALO au Royaume-Uni et SMAD, utilisé par l’armée allemande.

Viard. Finalement, on a choisi la techni- que ancienne de l’acoustique. » Utilisée pendant la Première Guerre mondiale, l’acoustique avait été abandonnée au pro- fit d’autres techniques plus modernes. La France y est revenue en Bosnie dans les années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui, le SL2A est constitué d’un concentrateur et de 8 capteurs indépendants. Chaque cap- teur regroupe une petite balise et trois micros discrets. Il envoie les informations à la station de réception qui fait l’associa- tion des événements. La différence de temps du son reçu par les micros déter- mine la direction d’où vient le tir. Le SL2A est un système très souple : pour une manœuvre classique, nécessitant de nombreux redéploiements, il est prévu 19 personnes (une équipe concentrateur – station de traitement – et quatre équi- pes de pose). En revanche, sur une mis- sion statique, comme la protection d’une FOB, seulement deux hommes sont sol- licités sur la veille du concentrateur. De plus, le découplage entre la station de trai- tement et les capteurs permet de faire fonctionner une même station sur des réseaux de capteurs différents ou plu- sieurs stations sur un seul réseau de cap- teurs. « Le SL2A est une technologie simple et robuste », précise le LCL Viard, « les balises sont des produits fabriqués à partir de composants achetés sur éta- gères. De par leurs bas coûts, elles peu- vent être abandonnables 1 . Par ailleurs, l’acoustique, contrairement au COBRA, n’est pas directionnel. En fait, les deux systèmes sont complémentaires : sur un radar, il faut faire la différence entre les détections et les fausses alarmes car il est d’une très grande sensibilité. On véri- fie donc avec le SL2A. Recoupé par deux sources, le renseignement est très fia- ble. » Même s’il est sensible au relief et aux conditions météorologiques, le SL2A peut être utilisé seul, de par sa discrétion

le SL2A peut être utilisé seul, de par sa discrétion COBRA est d’une précision diabolique. »

COBRA est d’une précision diabolique. »

LLCCLL HHuugguueess VViiaarrdd,, SSTTAATT

u g g u u e e s s V V i i a a r

Caractéristiques technico-opérationnelles de COBRA

Le COBRA est un radar à balayage électronique. Un navigateur à gyrolaser placé dans l’antenne fournit la position du système et l’attitude de l’antenne (trois axes). Le radar présente la même mobilité que la famille TRM 10000. DISTANCES DE DÉTECTION :

• obus de 155 mm > 25 km;

• roquettes de calibre supérieur à 200 mm > 40 km.

SECTEUR D'OBSERVATION :

• ouverture : 90 degrés ;

• adaptation automatique du faisceau de veille au relief du terrain. MISE EN STATION :

• 15 minutes.

SORTIE DE POSITION :

• 5 minutes.

et sa légèreté. Un premier SL2A a été livré au 12 e RA pour être expérimenté. Neuf autres seront livrés cette année conjoin- tement à la mise en service opération- nelle.

LLTTNN AAuurréélliiee CCAARRRRIIEERREE Photos: ADJ Jean-Raphaël DRAHI

A A R R R R I I E E R R E E Photos: ADJ

1 Laissées sur le terrain.

Caractéristiques technico- opérationnelles du SL2A

• Localisation des mortiers de 60 mm, 81 mm et 120 mm,

• Portée sur 155 mm : 10 km.

• Le système occupe un volume d’environ 3 m 3 .

• Déploiement d’un capteur : 10 min.

• Déploiement concentrateur : 30 min.

un volume d’environ 3 m 3 . • Déploiement d’un capteur : 10 min. • Déploiement

TIM n° 202 - Mars 2009

45

militaires,

les traditions

à une au les Parmi

liées

habitudes

et manger

« coutumes place

» occupent

et plats,

boire

au

Associées

particulière.

ou boissons,

repas

différents

en popote ou sur le terrain, elles

sont bien plus que de simples

de cohésion.

repas ou activités

é s i o n . repas o u a c t i v i t

Traditions

Traditions culinaires militaires le terrain en République Sur Côte de d’Ivoire. Le petit-déjeuner colonial
Traditions culinaires militaires
le terrain
en République
Sur Côte
de
d’Ivoire.
Le petit-déjeuner
colonial
Sur la table: oignons, sardines,
charcuterie (pâté, jambon…), pain,
vin rouge… « Le petit dej » est le fruit
d’un double héritage, d’abord celui
du premier repas du matin dans une
France autrefois à majorité paysanne
où le pain, la charcuterie et le vin
rouge tenaient une place essentielle;
et d’autre part, les habitudes
alimentaires spécifiques et parfois
contraignantes à bord des navires
qui visaient tout à la fois à assurer
la conservation des aliments, et
un apport nutritionnel et énergique
suffisant.
Y a-t-il autre chose que « des
lendemains difficiles » derrière
les traditions culinaires de l’ar-
mée de Terre? Le cri rituel du
popotier, « Vos gueules là-
dedans ! », annonçant le menu, serait-il
autre chose que le prélude d’un repas en
chansons, si possible bien arrosé? Plus
que de simples activités de cohésion, les
traditions culinaires militaires permettent
en effet à l’armée de Terre de cultiver une
identité forte et un sens de la tradition
indispensables au fonctionnement d’une
institution d’abord faite d’hommes. La
popote illustre parfaitement cet aspect. Du
rôle du popotier, qui doit faire preuve de
fantaisie, de gaieté et d’esprit, à la tenue
des invités, tout est codifié pour intégrer
au mieux ceux qui le souhaitent, se parler,
rire, être ensemble et développer ainsi des
liens forts, au-delà du service courant
et de ceux qu’entretiennent de simples
« collègues de travail ».
On observe souvent que les unités les
plus exposées sont celles où ces traditions
sont les plus vivaces, comme si le risque
rapprochait encore davantage les hom-
mes. Un repas pris à l’occasion d’une fête
d’arme est du même tonneau. Les ban-
quets de la Sainte-Barbe pour les artilleurs
ou la Saint-Eloi pour le matériel contri-
buent à intégrer les nouveaux et à main-
tenir le lien avec les anciens souvent
invités.
Le célèbre pinard
Au cours de ces repas, certains plats et
boissons sont incontournables. Outre le
célèbre pinard, qui a d’ailleurs de moins
en moins la côte dans nos armées, même
si il est toujours chanté, les plats les plus
connus sont sans doute le petit-déjeuner
colonial et le boudin légionnaire. Toutes
ces traditions sont l’affirmation d’une iden-
tité, mais aussi l’inscription dans une série
de comportements collectifs. Les spécia-
listes ne s’entendent pas toujours sur
l’origine d’un plat ou d’une « cérémonie
culinaire ». Leur histoire est souvent
sujette à plusieurs versions.
Le café, quant à lui, fait partie du quotidien.
Il est l’occasion de parler avec les mem-
bres de son unité et ceux de passage. La
démocratisation du café dans la société

46

TIM n° 202 - Mars 2009

bivouac en Algérie.

Un

zouave pendant

Un

Guerre mondiale.

la 1

re

Des appelés de la classe 1946 percevant la ration K.

la classe 1946 percevant l a r a t i o n K . La tradition
la classe 1946 percevant l a r a t i o n K . La tradition

La tradition est le lien du présent avec le passé. » Lacordaire

française est d’ailleurs largement due au fait qu’il était distribué aux appelés pen- dant leur service national (cf. interview). Les traditions sur le terrain ont aussi leur histoire propre. Lors de l’installation du bivouac, les soldats mettent souvent en place un espace dédié à la convivialité, en général autour de la nourriture ou de la boisson. Sur le terrain, les hommes essayent le plus souvent de préparer leurs repas ensemble. Les récits de campagne sont remplis de tel ou tel incroyable débrouillard qui parvenait toujours, même dans un pays en guerre, à composer un menu original, avec des produits frais.

Une spécificité française

Cet amour de la nourriture, une spécificité française? A en croire les nombreux témoi- gnages venus des théâtres d’opérations extérieures, nos rations sont très appré- ciées par les autres nations: elles sont l’un des piliers du moral des hommes. Le lieutenant-colonel Gilles Aubagnac, conservateur du musée de l’Artillerie et commissaire d’une exposition sur « L’ali- mentation dans les armées : du poulet Marengo à la boîte de ration », explique:

« A l’autre bout du monde, le militaire français retrouve dans sa ration journa- lière des emballages et des logos qui lui rappellent la maison. Cette boîte est alors plus que de la nourriture: elle participe au moral de la troupe. »

Pour en savoir plus, consultez la directive sur les traditions et le cérémonial éditée par l’EMAT en 2001.

LLTTNN TThhoommaass DDIIJJOOLL Photos: SIRPA Terre/ECPAD

La légende du poulet Marengo

En juin 1800, juste après la victoire française de Marengo (en Italie) sur les Autrichiens, c’est le cuisinier de Bonaparte, Dunand, qui concocte ce plat pour le Premier Consul, avec les «moyens du bord», la cavalerie française étant très éloignée du ravitaillement. Les ingrédients? Poulet, ail, huile, tomate,œufs et écrevisses. Mais le plat est surtout célèbre pour sa sauce au vin blanc, eau et farine. Une variante de cette recette remplace le poulet par du veau.

La force de l’habitude

Interview de l’ADC (ER) Pierre Eveno, ancien conservateur du musée de l’Administration militaire et du Commissariat de l’armée de Terre.

Quels est le sens des traditions culinaires militaires? L’armée française, comme toute institu- tion, crée des habitudes qui deviennent pour certaines des traditions. L’alimen- tation n’y échappe pas, comme à travers les libations communautaires, les repas de corps… où des lieux comme le mess ou l’ordinaire. Ces habitudes ont même parfois débordé l’institution puisqu’elles ont participé en partie à l’éducation ali- mentaire de la nation au siècle du ser- vice militaire, comme le café du matin.

Quelles sont les traditions les plus anciennes? La plus ancienne est le partage du pain en temps de paix comme en campagne.

L’alimentation est conçue autour de deux denrées: le pain et le vin. Le pain est la première denrée réglementée dans sa fabrication et sa distribution aux soldats. C’est le pain de munition ou pain du Roy, à raison de 750 grammes par homme et par jour, alors que le vin sera une denrée distribuée exceptionnellement jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Les plus récentes? Le soldat dispose d’une ration alimen- taire journalière conditionnée. Cette habi- tude prise pendant la Deuxième Guerre mondiale a pour origine la ration de réserve, portée par le Poilu en 14-18 et consommée sur ordre. Les dernières évolutions et tendances sont conçues par les consommateurs eux-mêmes! En gar- nison, l’armée calque ses modes alimen- taires sur ceux de la société civile. Le pain et le vin, ces denrées mythiques, sont consommées en moindre quantité et la diversité des plats augmentent à travers un nouvel environnement: le self service.

TIM n° 202 - Mars 2009

47

4 8 Vie des unités L’usage de produits stupéfiants comme la consommation excessive d’alcool sont

48

Vie des unités

L’usage de produits stupéfiants comme la consommation excessive d’alcool sont des fléaux qui sévissent chez les jeunes. Ces dérives sociétales ne s’arrêtent malheureusement pas aux portes des régiments et ont des conséquences sur la capacité opérationnelle. Afin de lutter efficacement contre ce problème récurrent, le CEMAT a souhaité mettre de nouveaux outils à la disposition du commandement.

Dépistage de l’alcoolémie et de la toxicomanie

Une bataille à mener

l’alcoolémie et de la toxicomanie Une bataille à mener la sécurité de l’individu, mais aussi à

la sécurité de l’individu, mais aussi à la capacité opérationnelle des unités. Sans oublier l’absentéisme et les dérives com- portementales (violence, désinhibition…) que cela implique.

La FIAT

• Toute sanction disciplinaire, consé-

quente à un usage de drogues ou à un état d’ivresse excessif mis en évidence par le dépistage, implique la rédaction

d’une fiche individuelle d’appétence aux toxiques (FIAT) ;

• la FIAT relate les faits reprochés et

précise la catégorie dans laquelle est

classé le contrevenant ;

• elle lui est personnellement com-

muniquée et est conservée dans son dossier, sous pli confidentiel, afin qu’elle le suive lors des changements d’affecta- tion ;

• elle est détruite à expiration du délai prévu (1 ou 5 ans selon le degré de consommation). Ces durées peuvent être réduites de moitié si l’individu s’engage à suivre un stage de sensibi- lisation. La FIAT est un élément d’appréciation à la disposition du commandement mais aussi un contrat moral qu’il propose à l’individu.

P our une lutte efficace, il fallait d’abord lever le tabou. C’est chose faite ! Oui, l’alcool et les produits stupéfiants peuvent faire des ravages dans nos uni-

tés. Non seulement cela nuit à la santé et à

Rôle central du commandement…

Ce regrettable constat établi, il fallait agir de manière concrète. En 2006, un groupe de travail interarmées est constitué avec pour mission de rédiger une instruction visant à donner l’initiative au commande- ment pour organiser le dépistage dans les

 

2 modes de dépistage

 
  Dépistage de vérification

Dépistage de vérification

 

Dépistage à visée préventive

 
 

afin de s’assurer qu’un personnel

 

lorsqu’un comportement anormal ou douteux

 

est apte à exercer son emploi pour

 

est constaté dans l’enceinte militaire

une mission donnée

une mission donnée

une mission donnée
une mission donnée
une mission donnée
 

Sur l’initiative du chef de corps

 

1. Sur l’initiative du commandant d’unité qui

 

qui donne l’ordre au commandant

 

demande l’autorisation au chef de corps

 

d’unité d’exécuter le dépistage

  d’unité d’exécuter le dépistage d’exécuter le dépistage au sein de son unité

d’exécuter le dépistage au sein de son unité

 

(éthylotest ou prélèvements

 

salivaires) au sein de son unité

2. Sur l’initiative de l’officier de permanence

 

par un sous-officier désigné

qui demande, après validation de l’OSI

 

(officier supérieur d’intervention),

 

d’exécuter le dépistage par le sous-officier

 

de permanence.

le dépistage par le sous-officier   de permanence.   Dépistage réalisé à titre individuel
le dépistage par le sous-officier   de permanence.   Dépistage réalisé à titre individuel
le dépistage par le sous-officier   de permanence.   Dépistage réalisé à titre individuel
le dépistage par le sous-officier   de permanence.   Dépistage réalisé à titre individuel
 

Dépistage réalisé à titre individuel

  Dépistage réalisé à titre individuel Dépistage réalisé à titre uniquement

Dépistage réalisé à titre uniquement

 

ou collectif (tous les individus

 

individuel

 

accomplissant une même mission)

  accomplissant une même mission)
 

Le test est positif :

 

> Décision d’une sanction disciplinaire par le commandement ;

 

> Rédaction d’une fiche individuelle d’appétence aux toxiques (FIAT) conservée sous

 

pli confidentiel dans le dossier personnel du contrevenant.

TIM n° 202 - Mars 2009

2 QUESTIONS A

2 QUESTIONS A armées. La conclusion des travaux remise le 26 octobre 2006 bénéficie de l’avis

armées. La conclusion des travaux remise le 26 octobre 2006 bénéficie de l’avis favora- ble du Conseil d’Etat. Un an et demi plus tard, une instruction ministérielle 1 précise les modalités de dépistage par le service de santé des armées et demande à chaque armée de privilégier à son niveau l’appli- cation concrète de ces modalités.

…afin d’assurer un meilleur suivi

L’instruction de l’armée de Terre, signée le 15 janvier dernier par le CEMAT, accorde un rôle central au commandement. Grâce à cette instruction, ce dernier peut ainsi directement déclencher des contrôles et prononcer le cas échéant, des sanctions disciplinaires. Il pourra encourager le mili- taire fautif à suivre un stage de sensibilisa- tion prévu par la législation. Pour les cas les plus difficiles, le commandement (chef de corps, commandant d’unité, officier de permanence…) pourra assurer leur suivi en établissant une fiche individuelle d’ap- pétence 2 aux toxiques (cf. encadré) intégrée, sous pli confidentiel, dans le dossier per- sonnel du contrevenant. Cette fiche est automatiquement détruite après 1 ou 5 ans si le contrevenant ne récidive pas pendant ce délai. Concrètement, deux dépistages sont à la disposition du commandement : un dépistage à visée préventive et un autre de vérification (cf. organigramme). Ils s’opè- rent par le biais d’éthylotests pour l’alcool ou de prélèvements salivaires pour les stu- péfiants. Leurs avantages : la simplicité d’exécution et des résultats rapides et fia-

simplicité d’exécution et des résultats rapides et fia- Le colonel Morelli, chef de corps du 61
simplicité d’exécution et des résultats rapides et fia- Le colonel Morelli, chef de corps du 61

Le colonel Morelli, chef de corps du 61 e Régiment d’artillerie, nous fait part de ses impressions à la lecture de cette nouvelle instruction.

Terre Information Magazine : Comment jugez-vous la situation actuelle en ce qui concerne l’usage illicite des drogues ou l’abus d’alcool dans les régiments?

Colonel Morelli : « Même si nous avons la possibilité depuis quelque temps de faire des dépistages préventifs au sein de nos unités (éthylotests ou tests sanguins), il faut reconnaître qu’en termes de lutte efficace contre l’usage de drogues, nos moyens sont insuffisants. Ces pratiques addictives représentent une menace pour nos unités car elles engendrent de graves dérives comportemen- tales, des risques pour la sécurité, sans parler du trafic de drogue et de ses consé- quences (racket). Il faut les détecter et de les sanctionner. Il y a quelques semaines,

un 1 re classe de mon régiment a été attrapé à consommer de la drogue. Et après ? Quand on l’a sermonné et mis aux arrêts, qu’est-ce qu’on en fait ? Ne nous voilons pas la face. Certains, en général les plus malins, profitent d’une véri- table situation d’impunité. De plus, un régiment comme le mien regorge par son étendue, et malgré la surveillance du commandement, d’endroits « tranquilles » où l’on peut consommer de la drogue ou de l’alcool. Cela n’est pas tolérable et complètement incompatible avec le statut, mais aussi les missions mêmes du militaire. J’ai dans mon régiment des opérateurs et des maintenanciers de dro- nes et ils doivent être en possession de tous leurs moyens pour mettre en œuvre et soutenir ces aéronefs. »

TIM : Pensez-vous que cette instruction relative aux dépistages va vous aider efficacement ?

Colonel Morelli : « Cette instruction a le mérite de clarifier les choses car elle donne au commandement la capacité immédiate de déclencher des dépistages. Elle met aussi à notre disposition des outils : les tests salivaires, par exemple. Même si le coût financier de ces tests devait être à la charge de mon régiment (un test coûte environ 20 euros), je n’hésiterais pas une seconde à m’en procurer car cela vaut le coup ! La FIAT nous apportera aussi une aide précieuse dans le suivi de l’individu. Car elle permettra au commandement d’être au courant de son état de fragilité face à l’alcool ou à la drogue en ayant une trace de cet état de fait dans son dossier. Mais elle offre aussi une chance à l’individu en lui permettant de participer à des stages de sensibilisation. »

de participer à des stages de sensibilisation. » Deux dépistages sont à la disposition du commandement
de participer à des stages de sensibilisation. » Deux dépistages sont à la disposition du commandement

Deux dépistages sont à la disposition du commandement : un dépistage à visée préventive et un autre de vérification. »

bles 3 . Techniquement la procédure est la suivante: le personnel habilité à procéder à un contrôle doit être désigné par le com- mandement, puis formé par le service de santé des armées. Concernant l’aspect dis- ciplinaire, le commandement peut sanc- tionner l’individu sans confirmation médicale préalable. Cependant, aucun contrôle ne peut être ordonné sur le per- sonnel situé hors service et en dehors des enceintes militaires. Mais cela n’exclut évi- demment pas la sanction disciplinaire en cas d’infraction relevée par l’autorité judi- ciaire. De plus, tout militaire refusant de se soumettre à un dépistage ordonné par le commandement peut être puni. Cette nou- velle instruction avec ses dépistages et sa procédure (FIAT, stage de sensibilisation…) a pour vocation d’appuyer le commande- ment dans cette bataille qu’il faut absolu- ment gagner. Une bataille ayant pour but

de sauvegarder la santé des individus, d’as- surer la sécurité dans l’exercice du métier, de sanctionner un comportement déviant interdit par la loi et le règlement militaire… mais aussi d’aider le militaire fautif à se sortir de sa dépendance envers l’alcool et les stupéfiants.

CNE Julie CROS Photo : ADJ Jean-Raphaël DRAHI En savoir plus: www.drhat.defense.gouv.fr (intranet)

1
1

Instruction n° 5549/DEF/CAB du 19 avril 2007, relative aux dépistages de la toxicomanie et de la consommation excessive d’alcool applicables aux militaires.

2 L’appétence est la tendance qui porte une personne à satisfaire ses besoins, ses instincts.

3 Il faut 10 minutes pour obtenir le résultat d’un prélèvement salivaire.

TIM n° 202 - Mars 2009

49

5 0 Vie des unités Tchad Progression sur un axe goudronné à 20 km de

50

Vie des unités

Tchad

Progression sur un axe goudronné à 20 km de N’Djamena.

La France

n’oublie pas ses anciens combattants

Du 25 octobre au 1 er novembre 2008, une section du 1 er Régiment de chasseurs parachutistes (1 er RCP), qui armait alors le dispositif EPERVIER au Tchad, a effectué une mission d’escorte et de protection au profit d’une opération de paiement des pensions militaires françaises aux anciens combattants tchadiens, en collaboration avec la trésorerie de l’ambassade de France.

anciens combattants tchadiens, en collaboration avec la trésorerie de l’ambassade de France. TIM n° 202 -

TIM n° 202 - Mars 2009

D 12 octobre 2008 à début

mars 2009, 225 parachutistes

du 1 er RCP, renforcés de trois unités PROTERRE du 17 e RGP

u

et

du 35 e RAP, et d’éléments

du 1 er RHP, étaient engagés dans l’opéra- tion EPERVIER au Tchad afin d’y effectuer entre autres des missions ponctuelles de reconnaissance, d’escorte et de protec- tion. Ainsi, la section “Rouge 1”, aux ordres de l’adjudant Dall’erba, s’est rendue par voie terrestre à Moundou, à près de 500 kilomètres au sud de N’Djamena, afin d’y assurer la protection du personnel civil de la paierie de France et la sécurité des fonds appartenant à l’État français lors d’une mission de paiement au profit des anciens combattants de nationalité tcha- dienne, qui se sont battus pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, en Indochine et en Algérie. Cette mission est unique au Tchad. Ailleurs, la trésorerie française verse directement les pensions et les retraites aux ministères des états concernés qui se doivent ensuite de les reverser à qui de droit. Pour le personnel de l’ambassade de France, ainsi que pour les Eléments français au Tchad (EFT), l’or- ganisation et les modalités de cette mis- sion sont donc très complexes, en particulier pour les militaires qui assurent la sécurité d’une « distribution d’argent » au profit de la population locale qui vit dans des conditions difficiles. Les militai- res français ont donc fait le trajet par voie routière en partant quelques jours au préalable afin de sécuriser l’arrivée du personnel civil et des fonds à l’aéroport de Moundou. Ces fonds sont restés sous la protection des militaires pendant toute la durée de la mission.

Des fonds sous haute protection

Le paiement des pensions s’est déroulé dans une enceinte de la paierie de Moun- dou, un petit bâtiment avec une salle prin- cipale, entouré d’une muraille de 2 mètres de haut. Le paiement des 779 pensionnés de Moundou s’est effectué sur trois jours. Trois catégories de versements ont été effectués auprès des pensionnés:

les retraites du combattant: versées à tout militaire ayant effectué un minimum de 90 jours au front. Cette retraite est en fait une indemnité forfaitaire qui s’élève à 26,676 CFA soit 244 par semestre;

les pensions militaires de retraite: ver- sées à tout militaire ayant servi au mini- mum 10 ans dans l’armée française. En métropole, les militaires français ne tou- chent cette pension qu’à partir de 15 ans de service;

les pensions militaires d’invalidité: ali- gnées sur les pensions françaises, elles sont versées en fonction du pourcentage d’invalidité.

sont versées en fonction du pourcentage d’invalidité. Pendant toute la durée de la mission de paiement,
sont versées en fonction du pourcentage d’invalidité. Pendant toute la durée de la mission de paiement,

Pendant toute la durée de la mission de paiement, les parachutistes ont assuré les meilleures conditions de sécurité et

de discrétion pour le paiement des pensionnés. »

Il est important de préciser que ces pen- sions sont réversibles aux veuves, ce qui explique que sur les 779 bénéficiaires, les deux tiers sont des femmes. Par ailleurs, ces pensions sont cumulables. Ceci mène tout naturellement au versement de mon- tants importants rapportés au salaire moyen tchadien, environ 4 000 soit jusqu’à 18 fois le SMIC tchadien.

Plus de 570000 versés

Au total, les sept employés de la trésorerie de l’ambassade ont versé 375259893 CFA, soit plus de 570 000 Ils ont aussi sus- pendu 13 pensions pour cause de fraude. Le bilan de cette opération est donc posi- tif. Pendant toute la durée de la mission de paiement, les parachutistes ont assuré les meilleures conditions de sécurité et de discrétion pour le paiement des pension- nés afin de limiter au maximum la vulné- rabilité de ces derniers.

Les paiements s’effectuaient à l’intérieur de l’enceinte, entourée d’une foule d’inté- ressés en tout genre, qui s’amassaient contre les parois de la muraille, rendant parfois l’accès à la paierie difficile. Les Français étaient très attendus dans cette région où l’impact économique d’une telle opération est tout simplement in- comparable, comme le témoignaient les commerces « champignons » qui s’étaient développés autour de la paierie. Deux autres missions de ce type ont été conduites par le groupement Terre EPER- VIER en novembre 2008. La première à Sarh dans le sud du Tchad sous la respon- sabilité d’une section du 17 e RGP, la deuxième à Mongo plus vers l’est.

LLTTNN OOnnééssiimmee VVOOLLKKOOFFFF//OOCCII dduu 11 eerr RRCCPP Photos: 1 er RCP

Femmes devant la paierie de Moundou.
Femmes devant
la paierie de Moundou.
Le 1 er RCP au Tchad Activé depuis 1986, le dispositif militaire français EPERVIER à
Le 1 er RCP au Tchad
Activé depuis 1986, le dispositif militaire français
EPERVIER à N’Djamena, a parmi ses missions
principales la sécurité des ressortissants français
au Tchad. En février 2008, face à la montée
de violences dans la capitale tchadienne, l’armée
française avait dû procéder à l’évacuation de
1 600 ressortissants européens et étrangers.
C’est justement en février que deux compagnies
du 1 er RCP étaient parties dans l’urgence à Libreville
relever les deux compagnies para projetées à
N’Djamena pour accueillir ces ressortissants, en
restant prêtes à renforcer le dispositif français
dans la capitale tchadienne.
TIM n° 202 - Mars 2009
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Formation La formation aux techniques d’état-major Vous êtes sous-officier ou officier sous contrat spécialiste. Vous

Formation

La formation aux techniques d’état-major

Vous êtes sous-officier ou officier sous contrat spécialiste. Vous êtes affecté en état-major ou le serez bientôt. Vous appréhendez ce poste dans un milieu nouveau. La Formation aux techniques d’état-major (FTEM), dispensée à l’Ecole d’état-major (EEM) de Compiègne, vous aide à connaître les fondamentaux qui permettent de servir avec efficacité.

Connaître

les fondamentaux

52

Ils en parlent… L’adjudant-chef Denis Becam,
Ils en parlent…
L’adjudant-chef Denis Becam,

sous-officier traitant à la 9 e BLBMa, stagiaire FTEM OPS en septembre 2008

« Je suis venu pour tout découvrir : en première partie de carrière, en régiment, on est évidemment déconnecté de la réa- lité d’un état-major. Les attentes sont également fortes à la brigade en matière de numérisation, l’attestation d’usager SICF était donc un de mes besoins. Pendant ces quatre semaines, j’ai tout appris de la méthode de raisonnement général (MRG) et de la méthode d’éla- boration d’une décision opérationnelle (MEDO). J’avais une bonne connaissance de la bureautique mais on apprend tous les jours et ces cours étaient aussi un vrai “plus” dans la formation.

Ce stage a modifié ma façon de travail- ler. J’ai désormais une connaissance plus approfondie de la structure et du fonc- tionnement d’un état-major, ce qui n’est pas inutile même après un an dans ma fonction. Je saisis mieux les tenants et les aboutissants de mes missions. Avant, je me demandais “quel type de docu- ment utiliser pour répondre à telle ou telle demande? Maintenant je sais for- maliser mes envois, notamment en res- pectant la charte graphique. »

TIM n° 202 - Mars 2009

Le major Gilles Llacer,
Le major Gilles Llacer,

adjoint au DMD des Pyrénées Orientales, stage FTEM ORG en octobre 2008

« Je fais l’objet d’une réorientation depuis trois ans après une distorsion d’emploi en état-major opérationnel. C’est donc la DRHAT qui m’a proposé cette formation. Le stage a répondu à mes attentes en formalisant des connaissances souvent apprises “sur le tas”. J’aborderai certainement mes dossiers avec plus de sérénité, doré- navant. »

C haque année, 120 sous-officiers et une quinzaine d’OSC-S sont formés au cours des neuf sta- ges proposés par l’école. Spécifiques aux OSC-S ou aux

sous-officiers en deuxième partie de car- rière (ou sujets à une réorientation), voire

obligatoires pour le BSTAT de la filière renseignement, le FTEM est l’une des mis- sions de l’école compiégnoise. Par promo- tion de 15 stagiaires, ces cadres sont formés aux méthodes, techniques et pro- cédures propres aux états-majors de tous niveaux. On distingue deux types de stage 1 pour les sous-officiers, selon la vocation de l’état-major d’affectation: organique ou opérationnel.

Le « FTEM OPS » pour le sous-officier affecté en état-major dans un poste opérationnel

L’EEM a pour mission de former, en qua- tre semaines, des cadres dont les connais- sances militaires sont limitées et sans expérience d’état-major. Elle s’appuie sur une pédagogie d’accompagnement mise en œuvre par le professeur de groupe et elle fait appel au travail en groupe. Ce der- nier permet aux stagiaires de partager leurs expériences et leurs connaissances pour un meilleur apprentissage des fon- damentaux.

Le lieutenant Carole Irtan,
Le lieutenant Carole Irtan,

chef de la cellule relations internationales – langues de la 3 e BM, stagiaire FTEM OSC en juin 2008

« J’avais appris à rédiger des docu- ments courants, notamment la fiche, au cours de mes affectations. Il n’était pourtant pas inutile de revoir ces fon- damentaux. C’est davantage la partie tactique, en particulier la MEDO, qui m’a été grandement utile. Pour appré- hender le stage OREM 1 2 , ces quatre semaines se sont avérées indispensa- bles. A l’état-major de la brigade, cette compréhension de la tactique me permet également de faire des liens avec d’autres pans de la mission qui m’échappaient jusqu’alors. »

Au cours du stage, les stagiaires vont acquérir des connaissances:

- théoriques sur l’esprit et l’organisation du travail en état-major;

- nécessaires pour participer à la décision du chef grâce aux méthodes et techni- ques de raisonnement général et d’ex- pression écrite;

- sur la forme et l’utilisation des principaux documents en usage dans les états- majors;

- pour la mise en œuvre des principaux logiciels de bureautique couramment

en œuvre des principaux logiciels de bureautique couramment employés dans les états-majors; - pour la mise

employés dans les états-majors;

- pour la mise en œuvre du système d’in- formation et de commandement des for- ces (SICF) ;

- opérationnelles afin d’appréhender l’en- vironnement et occuper un poste au sein d’un centre opérations (CO).

L’adjudant Thomas Karsenti, sous-officier traitant à la région Terre nord-ouest, stage FTEM ORG en octobre
L’adjudant
Thomas Karsenti,
sous-officier traitant à la région
Terre nord-ouest, stage FTEM ORG
en octobre 2008
« Je suis venu chercher un complé-
ment à ma formation, dans les techni-
ques mais aussi dans la méthodologie.
Le travail en état-major nécessite des
connaissances spécifiques. Il faudra
voir avec le recul, mais je note déjà que
la bureautique enseignée ici a corrigé
de mauvaises habitudes et va me sim-
plifier les choses! Quant à la MRG, par
exemple, son efficacité est flagrante et
je ne doute pas d’y avoir recours. C’est
un stage que je recommanderai à d’au-
tres sous-officiers. »

La formation porte sur les :

- techniques d’expression écrite et à la méthode de raisonnement général;

- logiciels de bureautique générale et opérationnelle;

- connaissances générales et les procé- dures opérationnelles.

Le « FTEM ORG » pour le sous-officier affecté en état-major dans un poste organique

Passées les trois semaines de formation, vous qui devez vous intégrer dans une fonction organique d’un état-major aurez acquis des connaissances:

- théoriques sur l’organisation du travail et le fonctionnement d’un état-major;

- nécessaires pour participer à la décision du chef par la mise en application de la méthode de raisonnement général et des techniques d’expression écrite;

- sur la forme et l’utilisation des principaux documents en usage dans les états- majors;

- pour la mise en œuvre des principaux logiciels de bureautique;

- sur les principes de l’infrastructure mili- taire, le budget de l’armée de terre et ses principales règles de fonctionnement, l’organisation des ressources humaines et la défense sur le territoire.

L’attestation de stage reconnaît alors les initiations aux:

- techniques d’expression écrite et mé- thode de raisonnement général;

- logiciels de bureautique;

- connaissances générales organiques et territoriales.

Le « FTEM OSC » pour l’officier sous contrat spécialiste

Vous serez formé à participer aux travaux d’un état-major comme rédacteur durant quatre semaines. D’autres infos dans l’onglet « dossier de stage » du site Intraterrede l’EEM:

www.eem.terre.defense.gouv.fr

EEccoollee ddééttaatt--mmaajjoorr Photos: EEM/cellule audiovisuelle et EAABC

a a j j o o r r Photos: EEM/cellule audiovisuelle et EAABC 1 Une attestation

1 Une attestation de formation est alors remise au terme des 3 à 4 semaines. 2 Officier renseignement d’état-major de niveau 1.

TIM n° 202 - Mars 2009

53

Portrait Attentif aux consignes de s on instructeur. Dans le cockpit d ’un A320. Un

Portrait

Attentif aux

consignes de

son instructeur.

Dans le cockpit d’un A320.

Un recrutement atypique Ç ronronnait déjà un peu », a reconnaît-il dans un demi-sou- rire
Un recrutement atypique
Ç ronronnait déjà un peu »,
a
reconnaît-il dans un demi-sou-
rire à propos de sa vie d’avant.
«
Et puis je ne me voyais pas
vieillir dans ce job de pilote de
ligne. Amener des passagers
Ancien pilote de ligne chez Air France,
d’un point A à un point B, en ayant pour
seul challenge de prendre en compte le
vent de face, le poids des bagages ou les
correspondances, ça ne m’intéressait
plus », déclare le SLT Eryk Margueritte.
Calmement, il parle aussi d’une vocation
le sous-lieutenant Eryk Margueritte a
certes « tardive », mais qui avait germé il
tout changer pour s’engager
décidé de
dans l’Aviation légère de l’armée
de
y a déjà bien longtemps: « Aucun de mes
amis pilotes n’a d’ailleurs été surpris de
ce changement pourtant radical. » Ses
Terre (ALAT). Début
2008, après
yeux brillent d’une drôle de lueur lorsqu’il
mentionne cette passion pour le vol, qu’il
2 700 heures de
vol et un détachement
a finalement décidé d’associer à une quête
opérations aéroportées de
auprès des
l’Organisation
des Nations unies
(ONU),
de sens en voulant “servir” dans l’accep-
tion la plus noble du terme. Il parle de son
engagement dans la réserve, d’abord, au
il
quitte finalement Air
France et ses
A 320 pour Dax et ses Gazelle.
7 e Bataillon de chasseurs alpins, de l’ONU
ensuite, de vouloir donner du sens à son
travail, d’être acteur du monde qui l’en-
toure et de l’évidence qu’il a eu alors à
s’engager dans l’armée de Terre.
54
TIM n° 202 - Mars 2009

vérifications

Dernières

le vol.

avant

Il répète qu’il y avait pensé “avant”, quand il était enfant puis étudiant. Avant d’en- chaîner un bac scientifique et une prépa Maths sup maths spé”. Il entre alors à l’Ecole nationale de l’aviation civile (ENAC) de Toulouse. « Une fois à l’école, ça a été la spirale » : la formation et son embau- che chez Air France arrivent « à toute vitesse ». Il vole tout le temps, il est heu- reux. Il travaille alors aux moyens cour- riers, vit successivement en Pologne, en Autriche, au Canada, voyage partout, navi- gue sur A320 quand tout à coup, il se demande s’il ne fait pas fausse route. « J’ai transporté des dizaines de milliers de passagers sans avoir transpiré une goutte de sueur ou parlé à beaucoup d’entre eux, et puis j’avais un souci avec la finalité de l’entreprise », explique-t-il calmement. « J’avais besoin d’évoluer dans une insti- tution plus faite d’hommes que d’action- naires ou de salariés. »

Un retard vite rattrapé

Alors qu’il est détaché aux Nations unies, et au moment de passer sa qualification pour voler sur Boeing 747, il préfère envoyer son dossier au Centre d’informa- tion et de recrutement de l’armée de Terre

(CIRAT) de Paris. « J’avais un peu peur car je sais que les vocations tardives ne sont pas toujours bien comprises et acceptées

dans l’armée de Terre. » Le CIRAT pari- sien est intéressé par sa démarche. Il intè- gre en cours de route la formation à Dax avec un statut d’officier sous contrat spé- cialiste encadrement (OSC/E). Arrivé qua-

contrat spé- cialiste encadrement (OSC/E). Arrivé qua- J’avais besoin d’évoluer dans une institution plus
contrat spé- cialiste encadrement (OSC/E). Arrivé qua- J’avais besoin d’évoluer dans une institution plus

J’avais besoin d’évoluer dans une institution plus faite d’hommes que d’actionnaires ou de salariés. »

SSoouuss--lliieeuutteennaanntt EErryykk MMaarrgguueerriittttee

tre mois après les autres stagiaires, il rattrape son retard en quelques semai- nes. « On a parfois l’impression qu’il ne fait pas exactement le même stage que nous », assure mi-souriant, mi-sérieux le lieutenant Thibaut Brunon, lui aussi

OSC/E. « Il survole carrément certaines matières. » « C’est clair qu’il a un bon background. Il maîtrise déjà certaines notions et sa familiarité avec l’aéro est un atout énorme », renchérit le LTN Nicolas Chopard, un autre stagiaire de la même promotion. Le commandant Christian Boileau, chef de brigade, va dans le même sens: « C’est ma quatrième promotion de stagiaires et le SLT Margueritte sort définitivement du lot. On n’a jamais eu un profil aussi atypi-

«Il survole certaines matières.»
«Il survole
certaines matières.»

que que le sien. Avec ses 2700 heures de vol, même si c’est dans un autre domaine,

il a un vécu rare. » Puis, presque sur le ton de la confidence, il ajoute aussitôt :

« Comme en plus il est humble, souriant

et que c’est un bosseur, c’est même dif-

ficile de lui en vouloir d’être bon ! »

Les autres cadres reconnaissent que la diversité des profils, déjà inhérente aux promotions de l’EAALAT, est renforcée par ce type de recrutement. « Ça permet aux élèves de s’enrichir mutuellement », conclut le commandant Boileau.

Master en poche et trilingue

Le sous-lieutenant Margueritte poursuit sa formation sans se laisser distraire par ce statut d’oiseau rare. « Je veux juste m’intégrer, être reconnu comme militaire et comme pilote, travailler en équipe », et tant pis s’il doit parfois presque dissimu- ler son envie dévorante d’apprendre et de comprendre. Il avoue tout juste du bout des lèvres qu’il suit parallèlement un Mas- ter de sécurité internationale et Défense à l’université de Grenoble et qu’il parle trois langues étrangères (anglais, alle- mand, polonais), conséquence d’une en- fance voyageuse passée à suivre un père correspondant de grands journaux fran- çais.

« Ma femme dit que ça fait longtemps

qu’elle ne m’avait pas vu aussi heureux »,

Concentré avant le poser.
Concentré
avant
le poser.

annonce-t-il simplement. « Et d’ailleurs, depuis que j’ai commencé il y a bientôt un

an, je n’ai pas vu le temps passer. » La for- mation est intense et les stagiaires sont soumis à un feu roulant d’évaluations et

de tests. « Il se crée une ambiance d’ému- lation et de complicité entre camarades et moniteurs. C’est très stimulant, ça nous oblige à être toujours dans l’amélioration, le perfectionnement de nos compéten-

ces », explique-t-il. Il prend un air malicieux quand il évoque les expérimentations du Tigre ou l’avenir

de l’ALAT. « J’avais l’habitude de discuter avec les pilotes Tigre quand j’étais encore à Air France et que j’étais en phase d’ap- proche sur Pau », dit-il. « C’est évidem- ment un autre rêve de piloter le Tigre. Ce serait une forme d’aboutissement, mais j’ai encore de nombreux défis à relever