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La Bhagavad-Gt, ou Chant du Bienheureux

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18 Tu es lIndivisible, le suprme Intelligible. Tu es le trsor souverain de cet Univers ; tu es imprissable ; cest toi qui maintiens la Loi
immuable ; je vois que tu es le principe masculin ternel.
19 Sans commencement, sans milieu, sans fin ; dou dune puissance infinie ; tes bras nont pas de limite, tes regards sont comme la
Lune et le Soleil ; ta bouche a la splendeur du feu sacr.
20 Par ta chaleur tu chauffes cet Univers. Car tu remplis toi seul
tout lespace entre le ciel et la terre et tu touches toutes les rgions ;
la vue de ta forme surnaturelle et terrible, les trois mondes, Dieu
magnanime, sont branls.
21 Voici les troupes des tres divins qui vont vers toi ; quelques-uns
joignent de crainte leurs mains en haut et prient voix basse. Swasti ! rptent les assembles des Maharshis et des Saints, et ils te clbrent dans de sublimes cantiques.
22 Les Rudras, les Adityas, les Vasus et les Sdyas, les Viwas, les
deux Awins, les Maruts et les Ushmapas, les troupes des Gandharvas, des Yaxas, des Asuras et des Siddhas te contemplent et demeurent tout confondus.
23 Ta grande forme, o sont tant de bouches et dyeux, de bras, de
jambes et de pieds, tant de poitrines et de dents redoutables : les mondes en la voyant sont pouvants ; moi aussi.
24 Car en te voyant toucher la nue, et resplendir de mille couleurs ;
en voyant ta bouche ouverte et tes grands yeux tincelants, mon me
est branle, je ne puis retrouver mon assiette ni mon calme, Vishnu.
25 Quand japerois ta face arme de dents menaantes et pareille
au feu qui doit embraser le monde, je ne vois plus rien autour de moi
et ma joie est partie. Sois-moi propice, Matre des dieux, demeure du
monde.