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principe de précaution

Redécouvrir
la prudence
Selon Jean-Jacques Salomon, le principe de précaution n’est pas un
frein à la recherche scientifique mais un frein à la folie des hommes

Entretien Jean-Luc Terradillos Photo Mytilus

J
ean-Jacques Salomon poursuit sa réflexion sur quement modifiée qui est introduite dans la nature
les liens qu’entretiennent la science et la tech- ne peut plus être «rattrapée» : s’y lancer à yeux fer-
nologie dans son dernier livre, intitulé Survi- més, c’est entrer dans un processus irréversible dont
vre à la science. Homme d’expérience – il a les effets à long terme peuvent être tout à fait dom-
fondé et dirigé la Division des politiques de la mageables !
science et de la technologie à l’OCDE de 1963 à 1983 Le principe de précaution, c’est donc la réponse
–, Jean-Jacques Salomon est professeur honoraire donnée, sur le plan politique, à des menaces qui se
au Conservatoire national des arts et métiers. traduisent par une situation d’incertitude pour la
science et par l’irréversibilité des conséquences pour
L’Actualité. – Quels sont, selon vous, les fonde- l’humanité et l’environnement naturel. C’est bien
ments du principe de précaution ? en ce sens que ce principe est entré dans la loi, sur
Jean-Jacques Salomon. – Le principe de précau- le plan international comme sur le plan national.
tion renvoie à deux défis que rencontrent simulta- Pour la France, il a été reconnu dès février 1995 par
nément l’institution scientifique et la société : l’in- la loi Barnier qui souligne qu’en «l’absence de cer-
certitude et l’irréversibilité. Citons quelques exem- titudes, compte tenu des connaissances scientifiques
ples : il semble bien que le réchauffement de la pla- disponibles», on ne doit pas «retarder l’adoption
nète soit lié aux activités industrielles, en particu- de mesures visant à prévenir les risques», en
lier à l’augmentation de la pollution de l’air, mais l’occurence pour l’environnement. Mais l’environ-
comme cette hypothèse n’est pas complètement nement n’est pas seul en cause : il suffit de penser
démontrée et que nous manquons de repères dans au sang contaminé ou aux vaches folles. Ce con-
la durée, les scientifiques sont partagés et s’affron- cept nouveau est hérité, en partie, du «principe de
tent dans un contexte de concurrence internationale responsabilité» forgé par le philosophe Hans Jonas
manipulée par les lobbies industriels et les gouver- en fonction et dans la pensée des générations à ve-
nements. Le débat n’oppose pas seulement entre eux nir, concept qui prend très évidemment à partie, dans
les pays industrialisés, mais encore ceux-ci aux pays nos démocraties, les pouvoirs politiques qui sont
en développement : qu’est-ce qui se passera, par requis d’anticiper et de limiter les dégâts. En somme,
exemple, quand la Chine et l’Inde, une fois bien la vision de l’avenir n’est plus seulement celle du
industrialisés sur le même modèle que le nôtre, pol- «tout est possible», où donc tout ce qui est possible
lueront la planète... à notre échelle ? De même, quels doit être réalisé, mais celle du type de société, de
que soient les perfectionnements du savoir et de la modèle de développement et de valeurs que nous
technique, il y a toujours un état d’incertitude dans voulons transmettre aux générations qui nous suc-
la mise en œuvre d’une centrale nucléaire qui tient céderont : c’est cela, le «principe responsabilité»
d’abord, tout simplement, à la relation entre de Jonas, et le principe de précaution consiste, de
l’homme et la machine. En ce qui concerne les OGM, la part des décideurs, à pleinement assumer cette
nous ne savons pas précisément jusqu’à quel point forme nouvelle – et planétaire – de responsabilité.
ils peuvent présenter un danger pour la santé et la
biodiversité, et les Etats-Unis les pratiquent déjà sur La précaution peut-elle freiner la recherche ?
d’immenses espaces. Or, une semence généti- Oui, bien sûr, les mesures de précaution impliquent

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des études, des essais, des coûts qui mettent à
l’épreuve certaines innovations dont on a quelque
raison de penser qu’elles comportent des dangers.
Les firmes pharmaceutiques se plaignent des délais
et des coûts que leur imposent les réglementations,
mais enfin sans ces réglementations le «laissez-
faire» reviendrait à multiplier – en fermant les yeux !
– les catastrophes du type thalydomide. Il faut sa-
voir ce que l’on veut : Tchernobyl, Seveso, l’affaire
du sang contaminé, le prion transmis par les ali-
ments carnés, les problèmes posés par les dévelop-
pements de la biologie moléculaire, de la possibi-
lité du clonage humain aux OGM, ce ne sont tout de
même pas des fantasmes du postmodernisme ! Je
suis toujours étonné quand les scientifiques voient
dans ce principe une menace pesant sur la légiti-
mité de la science : tout au long de ce siècle, pour
citer une formule fameuse de Goya, ce ne sont pas
seulement les rêves de la raison qui produisent des
monstres, mais bien aussi la raison éveillée – de la
gestion scientifique des camps de concentration aux
chambres à gaz, de la bombe atomique aux problè-
mes posés par les déchets nucléaires à vie longue,
des menaces d’eugénisme qu’alimentent les progrès
des biotechnologies à l’enjeu crucial du «dévelop-
pement durable» pour l’avenir de la planète, il est
clair que la légitimité de la science ne peut pas l’em-
porter sur la raison politique. Quand M. Jospin s’op-
pose à l’entrée en France des vaches anglaises, il
s’appuie sur des experts qui s’opposent à d’autres entraînant une menace pour la vie et l’espèce sem-
experts : c’est lui qui doit prendre en charge une dé- blent naturelles quand la science, la technique et l’in-
cision qui, certes, se heurte à beaucoup d’intérêts. dustrie sont tellement liées qu’on ne peut plus les
Bien sûr, le réflexe immédiat de la technostructure, dissocier : le risque, objet de la précaution, en parti-
de certains lobbies scientifiques et industriels, est culier le risque technologique majeur, est pourtant
de dénoncer dans la précaution un principe de peur au cœur du destin même des sociétés industrielles.
qui menace de paralyser la recherche scientifique et
l’innovation. C’est pourtant simple : le principe de Vous dites que le principe de précaution permet
précaution ne doit pas être interprété comme un frein d’éviter le pire. La tempête du 27 décembre 1999
à la soif de connaître, mais comme un frein à la a failli provoquer un accident majeur dans la cen-
folie des hommes. trale nucléaire du Blayais.
C’est ce que j’appelle le syndrome du Titanic – qui
D’autant que même un bon repas peut présenter a parcouru tout le XXe siècle. Avec une belle arro-
un danger vital… gance, certains scientifiques et techniciens affirment
Que la maladie de la vache folle se transmette à qu’ils ont imaginé tous les accidents possibles : un
l’homme, voilà quelque chose de nouveau et d’in- avion qui s’écrase sur une centrale, un tremblement
supportable, car cela affecte l’espèce, c’est-à-dire de terre, un attentat terroriste, etc. Ils savent qu’une
vous, moi, nos enfants et petits-enfants. Etant donné centrale a besoin d’eau pour fonctionner, mais ils
que la maladie de Creutzfeldt-Jakob met des années n’ont pas pensé qu’une inondation, certes excep-
à se déclarer, nous ne savons pas actuellement si nous tionnelle, peut déborder les petits barrages élevés Survivre à la science.
allons connaître une épidémie qui touchera des cen- autour de la centrale du Blayais, et d’autres Une certaine idée du
futur, par Jean-
taines, mille, cent mille ou un million de personnes. d’ailleurs, entraînant des dégâts qui pouvaient me- Jacques Salomon,
En revanche, nous somme sûrs que la maladie ré- ner à la catastrophe. Bref, on rehausse les barrages Albin Michel, 1999.
Signalons
sulte de la distribution de produits carnés au bétail. et c’est cela la prudence ! C’était oublier que l’his- «Le rationnel et le
Donner de la viande à des herbivores, c’est l’exem- toire fourmille en accidents liés à la faillibilité de la raisonnable»,
entretien publié dans
ple même d’un fantasme de rentabilité et de produc- relation entre l’homme et la machine, entre le syn- L’Actualité n° 36
tivité industrielles qui a aussi été rendu possible par drome du Titanic et les dysfonctionnements orga- (avril 1997), repris
dans le spécial
les progrès mêmes de la science. De telles dérives nisationnels. Le calcul des probabilités peut faire la «10 ans d’Actualité».

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fortune des compagnies d’assurance, il ne supprime Pourquoi parlez-vous de résurgence de l’huma-
pas les aléas de l’existence ni la nécessité d’affron- nisme à la fin du XXe siècle ?
ter la possibilité des catastrophes. Pensez, par exem- Le bilan tragique de cette fin de siècle n’est pas
ple, à l’explosion de la navette Challenger : cela ne étranger à la résurgence de l’humanisme. Nous sa-
pouvait pas arriver, mais on a appris par la suite vons désormais que l’homme est capable de se dé-
toute la chaîne des événements, laisser-aller et dys- truire lui-même et de détruire la nature qui l’envi-
fonctionnements de la Nasa, qui ont en fait rendu la ronne. Cette prise de conscience incite à sonner
tragédie inévitable... l’alerte et à retrouver le sens des limites. Prenons le
cas des plantes et aliments transgéniques. Par la pri-
Qu’entendez-vous par «clergé de la science» ? vatisation du vivant, quelques firmes multinationa-
Dans nos sociétés laïcisées, la science fonctionne les tentent d’imposer leurs semences à tous les pay-
comme une religion, avec ses théologiens, ses car- sans de la planète, recréant en quelque sorte un sys-
dinaux, ses évêques, et la masse du petit clergé. Elle tème de dépendance proche de la féodalité. Si
est hautement hiérarchisée, du prix Nobel au tech- Monsanto réussit Terminator, c’est-à-dire des plan-
nicien de laboratoire. Ses membres donnent parfois tes dont les graines sont incapables de regermer
le sentiment qu’ils appartiennent à une classe parti- après une récolte et qu’il faut donc racheter chaque
culière, détentrice d’un savoir et de pratiques dont année, tous les pays en voie de développement se-
ront tributaires de cette multinationale. Quant aux
progrès du génie génétique, il est toujours sous-
«Nos sociétés s’appuient désormais sur les comités tendu par le fantasme de l’eugénisme, l’idée que
d’experts comme hier, au XVIe siècle par exemple, l’on peut maîtriser la vie en choisissant les bons
gènes, donc en sélectionnant les «bons» individus,
elles s’appuyaient sur les théologiens» en imposant une sorte de déterminisme génétique
jusqu’aux comportements sociaux : la tentation
le «bas peuple» n’a surtout pas à se mêler. Si vous d’écarter les «déviants» peut devenir irrésistible !
contestez, vous pouvez très vite être excommunié : Déjà le parallèle entre Grünewald et Bacon m’a fait
les gens qui s’interrogeaient sur les effets du nuage penser qu’on pouvait comparer le retour à l’huma-
de Tchernobyl en France n’ont-ils pas été dénoncés nisme de la Renaissance avec notre fin de siècle : le
comme de fâcheux trublions écologistes, avant tout XVIe siècle est celui de l’imprimerie, des grandes dé-
incompétents ? Et nos sociétés s’appuient désormais couvertes, de la Réforme et de la guerre des pay-
sur les comités d’experts comme hier, au XVIe siècle sans, du début aussi de l’esprit de tolérance, comme
par exemple, elles s’appuyaient sur les théologiens : le nôtre est celui d’Internet, de l’homme sur la lune,
je ne vois pas beaucoup de différence entre les com- des plus grands massacres que l’histoire ait connus
missions de Charles-Quint qui s’interrogeaient sur et des espoirs que suscitent sur le plan international
le point de savoir si le «bon sauvage» découvert en le droit d’ingérence, la défense des droits de
Amérique avait une âme et donc méritait le salut, et l’homme, la poursuite devant le tribunal de La Haye
le Comité d’éthique biomédicale qui se demande à des criminels de guerre. Donc, nous allons peut-
quel stade on doit interrompre le processus em- être vers une nouvelle Renaissance...
bryonnaire et donc jusqu’à quand on peut utiliser Que s’est-il passé ? A partir du XVIIe siècle, c’est-à-
l’embryon humain comme matériau expérimental dire à partir de la révolution scientifique de Galilée,
parmi d’autres. Descartes, Newton, on a assisté à un renversement :
Les fonctions que la science remplit sont celles l’esprit de prudence a été balayé par les promesses
d’une religion séculière caractéristique d’une so- de la toute-puissance de la raison scientifique, la
ciété matérialiste qui ne se réfère d’aucune façon, science conçue comme pouvoir, fondée sur la
bien sûr, au sacré ou à l’obsession de l’éternité : mathématisation de la nature, devait rendre l’homme
l’exigence de progrès du savoir et des mutations «maître et possesseur» non seulement de la nature,
techniques a tout simplement pris le relais des con- mais encore du cours de l’histoire… C’est le thème,
victions religieuses dans une temporalité obsédée entre autres, de Hobbes : la géométrie cartésienne
par l’éphémère et les sensations. C’est bien pour- doit pouvoir s’appliquer aux affaires humaines. Et
quoi, dans mon livre, j’ai dressé une sorte de pa- c’est effectivement avec l’essor du calcul des proba-
rallèle entre la Crucifixion de Grünewald, qui a bilités et des compagnies d’assurance que la prise en
rendu célèbre le musée de Colmar, symbole d’un compte du risque est devenue objet de gestion d’abord
monde obsédé par l’idée du salut et les Crucifixions financière, puis politique. La mémoire et l’exemple
contemporaines de Francis Bacon, «crucifixions des grands hommes sont relégués au second plan, et
sans croix» où la chair est exposée comme de la la prudence n’est plus qu’une vertu dévalorisée par
viande dans l’obsession de l’instant et l’absence rapport à toutes les promesses et utopies auxquelles
de toute transcendance. donnent lieu les découvertes et les applications scien-

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tifiques. La science, qui permet de se projeter vers Votre expérience au sein du Collège de la pré-
l’avenir, devient la source de l’idéologie du progrès vention des risques technologiques ne vient-elle
au XVIIIe siècle, le socle du positivisme au XIXe siècle pas tempérer cet optimisme ?
et simultanément la référence des philosophies de Oui... et non ! Effectivement, le Collège de la pré-
l’histoire qui postulent que l’on peut maîtriser tous vention des risques technologiques a été supprimé
les événements, changer la nature de l’homme et faire d’un trait de plume par Alain Juppé en 1996. Placée
que l’histoire soit «l’accouchement de l’homme nou- auprès du Premier ministre, cette institution con-
veau». Ainsi va-t-on toujours plus loin sans s’inter- sultative à vocation interministérielle avait été créée
roger sur les répercussions de ce que l’on fait... en 1989 par Michel Rocard. Elle était composée de
Aujourd’hui, ce retour à la prudence sanctionne en «sages», insensibles à toute forme de pression, ayant
quelque sorte toute la légitimité d’une démarche hu- une grande expérience et le sens de l’intérêt collec-
maniste au sens où l’intervention de l’homme (sur tif. Le Collège disposait du droit de saisine et, pri-
lui-même ou la nature) ne peut pas être entièrement vilège exorbitant, il pouvait publier ses avis sans
déterminée par la raison scientifique : il y a d’autres avoir à demander l’autorisation de son autorité de
valeurs en jeu que la seule poursuite du savoir ou du tutelle. En outre, ses avis étaient aussi clairs et com-
progrès, ce qui revient à rappeler que la raison politi- préhensibles que possible. Ils ont tout de même per-
que doit l’emporter sur la tyrannie des experts et des mis de tirer des sonnettes d’alarme. Par exemple, le
intérêts industriels. Collège a publié en 1994 un avis «sur les nuisances
et risques collectifs liés au transport routier de mar-
Des crises et des révoltes sont inévitables, dites- chandises». Il préconisait notamment de s’inspirer
vous. Ce qui s’est passé à Seattle n’est-il pas un du ferroutage mis en œuvre en Suisse – solution
signe avant-coureur ? immédiatement récusée par le ministre des Trans-
La Renaissance ne n’est pas faite sans crises ni ten- ports de l’époque. Il n’a pas fallu moins que l’acci-
sions ni surtout sans institutions nouvelles ! Le vrai dent tragique du tunnel sous le mont Blanc, en 1999,
bogue de l’an 2000, ce n’étaient pas les ordinateurs, pour que le gouvernement envisage, pour la pre-
mais la réunion de l’OMC à Seattle : pour la première mière fois, une telle solution. Certes, nos avis sur la
fois, la technostructure, les Etats-nations, les «ma- gestion des déchets nucléaires et sur le redémarrage
chins internationaux» et les lobbies industriels ont du Superphénix ont déplu, mais nous n’étions pas
découvert une société ci-
vile... multinationale ! «Le vrai bogue de l’an 2000, ce n’étaient pas les ordinateurs, mais la
Un choc qui a pris de
court «l’establishment»
réunion de l’OMC à Seattle␣ : pour la première fois, la technostructure,
national et international : les Etats-nations, les “machins internationaux” et les lobbies industriels
rien n’est joué, mais dé-
ont découvert une société civile... multinationale␣ !»
sormais on sait qu’il y
aura des associations de citoyens, des ONG et des ma- là pour caresser l’animal dans le sens des poils !
nifestations transnationales face aux pouvoirs mani- Soit, à force de déplaire, le Collège a été supprimé.
pulés par les intérêts industriels et les gouvernements. Pourtant, ici encore, ne désespérons pas, puisque
En outre, rappelons que la préparation du sommet de ce type d’institutions-vigiles est en fait indispensa-
l’OMC fut au-delà du tolérable : il n’y avait aucun ble au bon fonctionnement de le la démocratie : en
représentant des pays en développement dans les avril dernier, n’y a-t-il pas eu un extraordinaire con-
commissions, alors que les enjeux de la réunion les sensus, à l’Assemblée nationale, sur la création
concernaient plus que les pays industrialisés. Donc, d’une «Agence française de sécurité sanitaire
il ne faut pas désespérer parce qu’il y a, dans nos environnementale» ? Sous une autre forme, certes,
pays démocratiques, des contre-pouvoirs qui permet- et avec moins d’autonomie ou d’accès au sommet
tent d’exiger – et d’obtenir ! – un peu plus de trans- de l’exécutif que n’en avait le CPRT, le phénix renaît
parence. Par exemple, la Crii-rad, seul interlocuteur tout de même de ses cendres. C’est que l’actualité
civil en matière nucléaire, est maintenant prise au sé- ne cesse pas d’alerter, des nappes de pétrole de
rieux alors qu’il y a quelques années le Commissa- l’Erika à la dioxine dans le poulet, des vaches fol-
riat à l’énergie atomique et EDF la considéraient les au saturnisme dû à la présence de plomb dans
comme un foyer de dangereux agitateurs. Et il faut l’eau ou aux effets de la pollution sur les popula-
d’autant moins désespérer que Seattle, comme en- tions asthmatiques. Et c’est bien l’actualité qui en-
suite Washington, incarnent un type de révolte et gage le pouvoir politique à «gouverner à la précau-
de résistance que favorisent, précisément, les nou- tion», donc à s’entourer d’institutions capables de
velles technologies. La mondialisation, c’est aussi signaler à temps, avec le maximum d’indépendance,
la mobilisation internationale qu’Internet a permis les enjeux et les risques des développements scien-
d’amplifier contre l’OMC. tifiques et techniques qu’il est voué à affronter. ■

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