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Les Grands Courants De L’Histoire De L’Art

Introduction

Réflexion sur l’art :

‘L’art est une activité humaine expressément et intentionnellement fabricatrice de choses, ou plus souvent
d’êtres singuliers dont l’existence est leur fin’ (Souriau).

Cette définition ne fait pas l’unanimité. Des changements y seront apportés au long des siècles,
notamment par Pierre Francastel, qui a démontré que l’art n’est pas gratuit et qu’il est un mode de
communication et de transformation du monde.

L’art serait alors un langage aidant à accorder les modes de représentation, les conceptions de l’espace.
Il existe 5 modes d’approche :

1) La philosophie de l’art : regroupant les réflexions des philosophes (de Platon à Kant) pour qui
l’art n’est qu’un simple domaine de la connaissance. Les philosophes se sont, par la suite, détournés
de l’étude ‘du beau’ pour s’intéresser à l’activité artistique et au système des arts.

2) L’esthétique : étant le domaine de philosophes spécialisés qui se méfient des spéculations


abstraites et s’appuient sur une connaissance plus directe des œuvres (Etienne Souriau, Henry Van
Lier).

3) La critique de l’art : Acception large : qui est la théorie générale des arts plastiques, explorée
par des ‘psychologues’ comme Ruskin, Huygue, Malraux (‘Le musée imaginaire’). Acception
courante : ‘l’art de juger les ouvrages d’art’ : Vasari, Diderot, Baudelaire (‘Les phares’), Zola, Butor.

4) Ecrits d’artistes : Depuis De Vinci. La création plastique et la réflexion sur l’art étant des
activités différentes, les artistes ont écrit des choses banales sur leur art, parfois en contradiction avec
leurs réalisations. Delacroix (‘Journal’), Klee.

5) Histoire de l’art (et intérêt de connaissance)

a) Casus belli : Il existe des controverse dans le monde de l’art (ex : La fresque de Sienne
représentant le condottiere Guido Riccio). Ces controverses sont rarement médiatiques. Mais le cas de
Guido Riccio est différent car les Siennois l’admirent énormément et ils n’apprécient pas qu’on
remette en doute son attribution à Martini. Il est probable qu’on ne sache jamais la vérité. Bien
souvent ces polémiques sont des attaques contre les historiens de l’art.

b) Combat d’arrière-garde
c) Liquider les francs-tireurs
d) Neutralité perméable
e) Le musée comme champ de manœuvre
f) La stratégie de l’autruche
g) La revanche du récepteur
h) Savoir-regarder, gai-savoir

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Les Temps Modernes

Contexte historique :

- Les Temps Modernes débutent officiellement vers 1453, chute de Constantinople (mais plus tôt
en Italie)

- Prennent fin vers 1789 (Rév. Française).

- Cette période est appelée la Renaissance : retour aux valeurs de l’Antiquité (Valeurs oubliées
durant le Moyen-Age, art gothique) → Idéalisation de la représentation.

o Caractéristiques de la Renaissance :

 Modification du statut social de l’artiste :

• Surtout amené par De Vinci : l’art → profession intellectuelle (libérale).


• Statut social privilégié.
• Organisation professionnelle autonome.
• Célébrité : l’artiste signe son œuvre
• >< M-A : Artisans anonymes au service de plus important qu’eux

 Peinture = Art dominant :

• La peinture commande l’évolution des autres disciplines artistiques.


• La ‘consommation’ d’œuvres augmente.
• Instrument important pour la politique → propagande.
• Art mobilier d’avant-garde.
• Art communautaire.
• >< M-A : architecture domine

 La peinture change de fonction :

• Fonction de représentation, illusion du réel (photo).


• Représentation imaginaire (présenter à nouveau la réalité en imaginant celle-ci
pour des évènements passés par ex.) mais vraisemblable (propagande politique ou religieuse).

• >< M-A : image porteuse de symboles et ne représentait pas le monde (la réalité
terrestre = un instrument pour arriver à qqch. de supérieur)

o Ingrédients de la culture de la Renaissance :

 L’individualisme se développe au niveau de la peinture, formation de collections


personnelles >< L’architecture et la sculpture sont des arts Collectifs de par leur taille.

 L’humanisme

 L’intérêt pour l’Antiquité Greco-Romaine.

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L’Italie

Contexte historique :

- 15e siècle : L’Italie est un pionnier solitaire en matière d’art.

- Florence :

o Ville prospère bénéficiant d’un statut particulier → Cité-Etat gouvernée par la bourgeoisie.

o Les élites exercent une grande influence (Médicis)

o Domaine d’action des bourgeois : économie :

→ Grand intérêt pour le monde tel qu’il est (>< Moyen Age)
→ >< M-A : Bourgeoisie ne compte pas → frein à l’ascension sociale → conditions
culturelles : 3états à l’époque : noblesse, clergé, tiers-état).  Valeurs humaines
valorisées.

o Causes de l’intérêt pour l’Antiquité :

 Position géographique favorable (vestiges,…)

 L’Antiquité fournit des modèles de sociétés (système de Cité-Etat)

 La culture antique était humaniste et tendait vers l’individualisme.

 À l’Antiquité, l’appartenance à l’élite était due à l’excellence intellectuelle →


aristocratie de l’esprit (pas due à l’origine aristocratique)

o Les Médicis :

 Veulent favoriser leur ascension au-delà de la capitale.

 Monnayent leur ascension sociale : visent d’abord la papauté ainsi que les grands
cardinaux.

 Influence déterminante sur les pouvoirs spirituels et politiques (prises de position) →


s’ouvrent les portes de la grande aristocratie → semblait impensable (bourgeois devenant des
aristocrates)

 Deux reines de France étaient des Médicis : Catherine et Marie.

Œuvres

Architecture :

1. ‘Perspectives pour une cité idéale’ (1450) Giorgio Martini Francesco (1439-1502)
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 Contexte :

- Images précèdent les Constructions (architecture conçue en peinture). C’est la représentation de


quelque chose qui n’existe pas.

- L’architecture est marquée par la culture gréco- romaine.

 Analyse :

- Paysage :

o Urbain : correspondant à une forme de ville que l’on retrouve en Italie.


o Bâtiment circulaire sans valeurs religieuses : monde profane
o Pas de personnages

- Titre :

o Assez neuf
o « Pour une cité idéale » → fait penser à une réalité.

- Point de vue :

o Dans cette perspective, il faut suivre les lignes de fuite.


o Vision individuelle, personnelle du monde. (>< Symbolique collective : peut importe où on se
trouve, on voit la même chose)
o Plan central est situé à équidistance des autres bâtiments (modèle pratiqué dans l’Antiquité
romaine)
o Plan rationnel → mise en avant d’un homme pensant qui est le maître de son point de vue.
o Parfaite régularité du plan → il faut se placer au centre
o Perspective linéaire : ce qui est proche est grand, ce qui est loin est petit, les lignes parallèles se
rejoignent,… (>< Eglises : Taille des personnages dépend de leur niveau hiérarchique)

→ Eléments idéologiques fondamentaux.

2. ‘Dôme de la cathédrale Sainte-Marie-des-Fleurs, Florence’(1420-1436) Brunelleschi Filippo


(1377-1446).

 Contexte :

Cathédrale (gothique) en construction depuis des années mais on ne parvient pas à terminer la coupole.
Brunelleschi se voit confier la mission d’achever cette construction. L’artiste imagine intellectuellement un
plan : il conçoit la coupole par bandes de murs qui s’additionnent et sont autoporteurs (innovation). Son
plan fonctionne, il parvient à finir cette construction → Exploit individuel.

3. ‘Chapelle des Pazzi, Florence’(1429) Brunelleschi Filippo (1377-1446)

 Contexte :

- Pazzi : famille florentine de la haute bourgeoisie, ils seront éliminés par les Médicis.
- Chapelle privée → privatisation du religieux.

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 Analyse :

- Arrière plan : église gothique → rupture.

- Antiquité : arc d’entrée, pilastres, colonnade, etc. → semblables aux temples antiques.

- Coupole :
o Fenêtres circulaires appelées « OCULI »
o Cube dans lequel s’inscrit le caractère circulaire de la coupole (païen)

- L’édifice a un plan central (perspective idéale) → emphase par rapport à la centralité.

 Remarques :

- Sculpture : un évènement fondateur popularise de nouvelles valeurs. Il y a eu des contestations,


le moine réactionnaire Savonarole, par exemple, ami du Pic de la Mirandole, qui appartenait à une élite
et qui devient le chef d’un état.

- Alberti : grand concurrent de Brunelleschi, il a écrit des traités théoriques.

- Michellozo : architecte du palais Riccardi.

Sculpture :

4. ‘Scènes de la vie de Joseph, porte du Paradis, baptistère, Florence’(1425-1452). Ghiberti


Lorenzo (1378-1455)

 Contexte :

Certaines parties de la cathédrale de Florence demeurent inachevées, dont le baptistère. Il manque des
portes. La ville organise un concours artistique des meilleurs projets. Ghiberti remporte ce concours, il crée
des portes en laiton narrant l’histoire de Joseph :

Joseph provient à une bonne famille juive, ses frères jaloux le jettent dans un puit mais Joseph parvient à
s’enfuir en Egypte, où il doit travailler. Le pharaon fait chaque nuit un cauchemar où il voit 7 vaches
grasses puis 7 vaches squelettiques. Joseph explique au pharaon que ces vaches représentent 7 années de
prospérité suivies de 7années de famine. Le pharaon va alors faire des réserves et sauver son peuple de la
misère. Plus tard, Joseph retrouve ses frères et les pardonnent → ce récit n’est pas religieux et met en valeur
les qualités intellectuelles d’un individu.

 Sculpture :

- Arrière-plan : ouvriers.

- Avant-plan :

o Scène de distribution des réserves au peuple : non-religieux → allégorie du bon gouvernement.


o Nationalisation de la religion et auto-proclamation du gouvernement florentin (image politique
profane).
o Partie supérieure droite : sauvetage de Joseph hors du puit.
o Partie supérieure gauche : Joseph sur le trône qui reçoit ses frères
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- Point de vue formel : décor → référence à l’Antiquité (vêtements (toges), colonnes antiques,
bâtiment circulaire, oculus à gauche)
- Centre : bâtiment circulaire et gens amenant des réserves (silos)

- Perspectives linéaires → évoque la profondeur :

o Partie arrière du bâtiment plus basse que la partie avant.


o Sculpture en relief → trompe-l’œil.
o Personnages dans le fond plus petits (→ perspective)

5. ‘David’(1442-1550) Donatello (1386-1466)


 L’artiste :

- Sculpteur attitré des Médicis au talent fort diversifié.

- Utilisait des matériaux appropriés aux messages qu’il voulait faire passer (bois = vieux ; pierre =
force, athlète)

 Contexte :

L’histoire de David : David était un commun des mortels. Mais il parvint à se faire remarquer. Il était
serviteur dans l’armée d’Israël. La guerre contre les Philistins fut destructrice. Les opposants s’accordèrent
sur l’issue : pour mettre fin au conflit, il fallait un duel entre les deux champions de chaque camp. Du côté
des Philistins, le choix se porta sur une sorte de géant qui répondait au nom de Goliath. Or les Juifs, de leur
côté, ne trouvaient personne dans leur camp. Alors, un adolescent se présente et veut relever le défi. Cette
proposition est acceptée et il vainquit le géant. Ce fut le triomphe de la ruse sur la force brutale : David prit
sa fronde et envoya un caillou contre Goliath qui s’écroula et il lui trancha la tête  victoire des Juifs.

 Analyse :

- Ici, David vient de terrasser Goliath. Ce n’est pas le roi David mais bien David adolescent →
figure emblématique de Florence (Ville petite mais ambitieuse qui croit en la force intellectuelle de
ses élites pour rivaliser avec les plus grands)

- Le personnage représenté est nu  peu fréquent (confidentielle):

o Nu héroïque
o Personnage intemporel (pas d’habits d’époque).
o C’est un évènement culturel, le corps humain n’est plus une honte ( >< M-A).
o Praxitèle
o Taille réduite (1m20)

- Couronne de lauriers : symbole de l’excellence chez les Romains.

- Statue de bronze : le bronze s’adapte à l’adolescent car il n’est pas encore tout à fait formé (peu
encore changer, se modeler). Il reflète la lumière et donne une impression de mouvements dans
l’espace. Il faut fondre le bronze à partir d’un modèle, nécessite un calcul préalable.  science de la
sculpture

Pour un prophète, pierre, côté « agresssif » dans le travail (on enlève de la matière)

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Marie : bois est fibreux  matériaux= moyen d’expression

6. ‘Monument équestre au Colleone’ (1483-1485) Verrochio Andrea (1435-1488)

 L’artiste :
- Peintre et sculpteur
- Verrochio était le grand rival de Donatello.
- Premier artiste à s’exporter hors de Florence pour venise (commande)
 Florence commence a avoir influence (extension de la renaissance florentine vers
l’extérieur)

 Contexte :

- Œuvre commandée par les Vénitiens en vue d’orner une place publique.

 Analyse :

- Œuvre en bronze.

- Portrait individuel, très réel : le visage n’est pas embelli

- Représentation d’un condottiere (= personne qui louait ses services à des entités politiques qui
n’avaient pas de milices pour les défendre) mais il n’était pas très fidèle et faisait peur → statue
(><M-A : Interdiction de mettre n’importe qui, personnage profane en valeur sur la place publique)

- Statue équestre :

o La statue équestre fut mise en place par les Romains pour les généraux et les empereurs

o Forte affirmation de l’individu : on met ce dirigeant sur le même pied qu’un empereur romain en
lui offrant une statue équestre). Il a m l’air arrogant

o Difficile à concevoir mais le bronze est prédestiné à cela. Ref antiquité

o Problème de stabilité → bronze très lourd → problème de résistance des matériaux.

o Besoin préalablement de conceptualisation vu la difficulté de sa conception car différents


facteurs doivent être pris en compte → œuvre intellectuelle où la réflexion et les calculs sont
nécessaires. ( équilibre de la statue,..)

o Risque : une patte du cheval est levée → affirmation de l’individu par l’exploit (les sculpteurs
vont sans cesse rechercher la difficulté) défit

 Remarques :

- Luca Della Robbia était un sculpteur-céramiste.


- Les frères Pollaiolo étaient quant à eux des sculpteurs expressionnistes.

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Peinture (Première moitié du Quattrocento):

7. ‘Crucifixion du Polyptyque de pise’(1426) Masaccio (1401-1428)

 L’artiste :

- Courte carrière. Meurt jeune

 Contexte :

- Cette œuvre date de la première moitié du Quattrocento qui est le temps des pionniers : on
intègre des éléments de la culture antique :

o Fond d’or
o Absence de décors
o Traitement ample des vêtements

 Analyse :

- Le tableau représente Jésus en croix, la Vierge Marie, Marie Madeleine, et St Jean.


- Il semble que le christ n’a pas de cou → l’artiste s’est placé dans la scène comme si elle était
réelle et il s’avère que le christ est en hauteur et de plein pied, on ne voit pas le cou du christ → mise en
perspective et effet de cohérence de la représentation : défis personnels que les artistes s’imposent.
Au pied de la croix on ne voit pas les parties en retrait
 Phase d’hésitation de transi
- Les personnages portent des auréoles qui entourent leurs têtes. Signe : saint personnage  code

8. ‘Le tribut de saint Pierre, chapelle Brancacci’ (1427) Masaccio (1401-1428)

 Contexte :

- Peinture murale se trouvant à Florence.


- Fait partie d’un ensemble de peintures.

 Analyse :

- Message politique : Pierre refuse de payer l’impôt à Capharnaum (= tribut) et Jésus s’impose
car il veut le ramener à la raison (message politique).

- Espace : prend de l’ampleur et les personnages sont disposés les uns derrière les autres. Si
position surélevée → meilleure vision de plus de personnages.

- Disposition des personnages : le Christ sert de pivot et autour de lui se disposent en cercle les
autres personnages (Masaccio choisit la difficulté qu’il résout géométriquement). Nous sommees
intégrés à la scène . M multiplie les personnages qui agissent, ont des attitudes. A conçu un schéma
avant les personnages, géométrise l’espace.

- Décor : s’approfondit, les personnages sont visibles et ont du volume, ils ont de la place pour se
mouvoir → l’espace acquiert véritablement du volume. On ne voit pas la ligne d’horizon ( œil bloqué
par une falaise)

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- Symbolique du Moyen-Âge : auréoles (pures symboles du M-A) disposées comme des
chapeaux (>< crucifixion) → Masaccio tente déjà de prendre de la distance en matérialisant le symbole
de manière vraisemblable.

- Perspective linéaire mais montagnes → barrière pour le regard.


Impression culte scénique
- Auréoles : symboles, objets concrets dans l’espace, matérialité

 Technique :

- Utilisation de la réaction avec la chaux qui en séchant protège (rapidité nécessaire) mais certains
pigments ne peuvent pas être utilisés (provoque une destruction partielle de la peinture)  problème de
réalisme.

9. ‘Annonciation’ (1440) Fra Angelico (1357-1455)

 L’artiste :

- Moine dans l’abbaye de San Marco (ordre des dominicains).

- Premier exportateur de l’art en dehors de Florence.

- Il a décoré toutes les cellules de son abbaye avec des fresques (dont celle-ci).

 Analyse :

- Représente un archange (Gabriel) révélant à Marie la naissance de Jésus.


 Thème bateau
- Construction de l’espace : perspectives géométriques linéaires

o Lignes de fuite créées par l’architecture, les colonnades.

o Lignes noires horizontales : pour soutenir le poids des colonnes mais ici, on dirait que c’est
juste un trait géométrique pour aller au bout de la perspective.

o Références médiévales du Moyen Âge :

 Architecture : colonnes gothiques


 Symbole médiéval de la virginité de la Vierge : jardin clos ( ortus conclusus ? )

o Références antiques : chapiteaux corinthiens et ioniques.

Peintre reli qui introduit éléments de l’antiquité (païens)  particulièrement audacieux !

10. ‘La bataille de San Romano, panneau de gauche’ (1435-1440) Uccello Paolo (1397-1475).
 peinture sur bois
 L’artiste :

- Dernier peintre de cette première partie du Quattrocento.


- Spécialiste de la perspective et de la stylisation géométrique.

 Contexte :
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- Cette œuvre fait partie d’un triptyque (tableau en 3 parties).

- Elle représente une bataille entre Florence et Sienne :

o Bataille = désorganisation → défi pour le peintre

 Analyse :
- Subterfuge : de nombreux débris jonchent le sol, si on allonge les fragments de lances, tous se
rejoignent au centre de l’œuvre (où se trouve la tête du prince) → ligne de fuite

- Arrière plan : champs, on ne voit pas l’horizon  on voit perso comme si on était au dessus du
sol

- Point de vue :

o Au dessus des soldats → pas d’horizon.

o Le tableau semble coupé en deux (horizontalement).

o Allusion à Florence (symbol) : présence d’un buisson fleuri qui sépare l’avant-plan de
l’arrière-plan.

Peinture (2e moitié du Quattrocento) :

11. ‘La naissance de Vénus’ (1484) Sandro Botticelli (1445-1510)

 L’artiste :

- Peu soucieux du réalisme et de la perspective, par la suite, il va changer et va consacrer ses


dernières années aux évocations d’un mysticisme visionnaire.

- Il est le virtuose des arabesques en accolade.

- Peintre attitré de Laurent de Médicis (tableau privé).

 Analyse :

- Sujet féminin et antique :

o Vénus → coté érotique.

o Naissance de Vénus représentée selon les textes mythologiques :

 En pleine mer, dans un coquillage


 Zéphyr (vent) la pousse vers le rivage
 Une femme va la revêtir

o Vénus (contrairement aux autres dieux) n’est pas rattachée à une ville (car elle est née en mer)→
Florence va l’adopter (le vêtement représente le drapeau de Florence) :

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 Vénus est la patronne de Florence
 Symbole de la fécondité et du printemps (→ Renaissance).

- Perspective : rupture avec la première moitié du Quattrocento → pas de décor architectural ni de


perception des lignes.

- Point de vue : surélevé.

- Innovation :

o Virtuosité du dessin :

 Allonge les personnages


 Réseaux de lignes par les cheveux et les drapés.
 Donne du mouvement aux cheveux et aux vêtements.

12. ‘Le printemps’ (1482) Sandro Botticelli (1445-1510)

 Analyse :

- Elément central de la peinture : Vénus :

o Habillée
o Domine 2 groupes distincts :

 A sa droite (les plus importants) :

• 3 jeunes femmes symbolisant l’amour divinisé → « Les 3 Grâces ».


• Elles forment un cercle → communion spirituelle.

 A sa gauche :

• Représentation de l’amour physique : dieu Zéphyr avec une nymphe, Flore, qu’il
violente.

- Décor : représente la fécondité, la renaissance (printemps).

- Présence de Florence : vêtements de Zéphyr représentent le drapeau de Florence.

- Extrême gauche du tableau :

o Dieu Mars repoussant les nuages représenté sous les traits de Laurent le Magnifique (de
Médicis) qui se voit comme le protecteur de Vénus (s’est fait placer à la droite du tableau, le ‘meilleur’
coté).

- Arrière : rideau végétal qui empêche toute perspective, pas de profondeur.

- Eros (dieu de l’amour) ‘vole’ au dessus de Vénus.

- Elégance des figures : Grâces habillées d’un voile → la peinture couvre, ne dévoile pas.

13. ‘Sainte Anne, la Madone et l’Enfant’ (1510-1513) Léonard de Vinci (1452-1519)

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 L’artiste :

- Artiste emblématique et polyvalent :

o Ingénieur
o Théoricien de la peinture et du dessin (a écrit des traités)

- Revendique un statut intellectuel.

- Il exporte la culture florentine hors d’Italie (en France par ex.)

 Analyse :

- Arrière plan : semble esquissé, pas peint → caractéristique de De Vinci : il choisit ses oeuvres
et ne termine pas ses tableaux une fois qu’il a résolu le problème de perspective (quête intellectuelle).

- Thème : assez ‘Moyenâgeux’ (étonnant pour De Vinci).

- Fusion entre les personnages : la Vierge est sur les genoux d’Anne et l’enfant est accolé à elle.
Il est impossible de les séparer.

- Couleurs : ternes, jeux d’ombres (Sfumato).

- Faille dans l’arrière-fond : obscurité plus importante que lumière → De Vinci a abandonné le
tableau

 Contexte :

- Ce tableau a fait couler beaucoup d’encre car il y a beaucoup de mystères autour de celui-ci :
« La peinture est une chose mentale », disait De Vinci.
- De Vinci a abandonné le tableau : il y a une faille dans l’arrière-fond (L’obscurité est plus
importante que la lumière).

- Interprétation de Sigmund FREUD :

De Vinci, dans ses écrits, introduit des éléments autobiographiques et évoque des techniques picturales
importantes pour la psychologie. Il y a une évocation de sa petite enfance et de ses cauchemars (un
oiseau de proie sur son berceau qui l’embrasse → thème récurrent).

De plus, il y a certaines anomalies sur le tableau :

o Sainte Anne qui est la mère de la Vierge devrait être plus vieille. Or, on dirait plutôt un
mouvement décomposé : Sainte Anne serait peut-être en fait la Vierge dans un mouvement au ralenti.

o Saint Anne et la Vierge représentent peut-être la belle-mère et la mère biologique de De Vinci.

o L’enfant devrait être sur les genoux de la Vierge mais il ne veut pas, il tente de s’échapper → il y
a tension.

o En outre, il joue avec un agneau pascal. Il y a donc des écarts personnels de De Vinci par rapport
aux représentations classiques.

o En cherchant bien, on peut distinguer la figure d’un oiseau caché.

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14. ‘La Flagellation du Christ’ (1450-1460) Piero Della Francesca (1420-1492)

 L’artiste :

- Actif autour d’Arezzo.

 Analyse :

- Peint sur bois.

- Erreur d’interprétation due au titre : le sujet du tableau est relégué à l’arrière-plan, comme
inférieur. Les personnages à l’avant-plan semblent insensibles à ce qui se passe derrière → distance par
rapport à la religion. On a retrouvé des documents d’archives qui expliquent pourquoi on a peint ce
tableau : pour réparer une injustice faite à ces trois personnages, qu’il faut glorifier, et la flagellation du
Christ n’est qu’une mise en image de l’injustice qui a été faite aux trois hommes → ce thème n’est
qu’un prétexte.

- Deux époques différentes réunies sur un seul tableau → séparation du Christ et des 3 hommes.

- Les hommes semblent indifférents à la situation → distance psychologique et spatiale pour


distance chronologique.

- Le peintre fait comme si le tableau était divisé en deux et installe une colonne pour bien marquer
la dichotomie. Il accentue cette séparation avec la profondeur : on perçoit bien le contraste intérieur/
extérieur.

- A droite : Le décor est neutre

- A gauche : le décor est de l’Antiquité

- Personnages géométrisés → pas naturels (la géométrie prime sur tout le reste, c’est pourquoi
l’émotion passe difficilement).

- Personnages comme des somnambules  sérénité

15. ‘La crucifixion’ (1459) Andrea Mantegna (1431-1506)

 L’artiste :

- Peintre itinérant (nord de l’Italie).

 Contexte :

- Travaillait à Padoue : contexte encourageant pour la peinture d’avant-garde car c’est une ville
universitaire à la pointe de la recherche dans la peinture et spécialisée dans deux domaines :

o La médecine : médecine d’avant-garde basée sur l’empirisme (disparu au Moyen-Âge).

 Regain d’intérêt pour l’étude du corps humain.

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 Mantegna fut chargé de mettre en peinture les découvertes faites par rapport à la réalité
du corps.

o La culture :

 Intérêt pour l’étude de l’Antiquité gréco-romaine sur la base de textes et de documents


archéologiques (apparition d’antiquaires qui sont des collectionneurs de témoignages de la culture
antique).

 Grande volonté de reconstituer cette culture Gréco-romaine.

 Mantegna représente tout cela : la réalité de la civilisation romaine est à la base de la


Renaissance.

 Analyse :

- Développement de la crucifixion.

- Trois nus masculins détaillés : on voit le squelette, les muscles,…

- Détails cruels : travail de dissection du corps, de son analyse (même dans les montagnes
derrière le Christ, nous avons différentes couches (stratigraphie)).

- Saint Jean et Marie sont décalés sur la gauche au profit d’autres personnages : des légionnaires
romains

- Exposition d’une encyclopédie du costume militaire antique : légionnaires romains

- Jérusalem est représentée de manière assez réaliste, en tant que ville historiquement fondée.

- Perspective :

o S’arrête, ne va pas jusqu’au fond

o Impression d’approfondissement avec les personnages.

o La perspective se déploie à partir des pavés.

o Les courbures montrent une volonté de rendre plus naturelle cette perspective fondée sur la
géométrie.

- Avant-plan : personnages tronqués (bustes de soldat) → Mantegna veut montrer un fragment de


réalité (en dehors du tableau, la réalité se prolonge (souci de crédibilité))

 Remarques :

- Autres peintres : Filipinno Lippi et Piero di Cosimo (amateur de thèmes insolites tel ‘Forêt en
feu’).

Sienne

- Quelques artistes qui se démarqueront dont :


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o Sasseta (manière délicate du trecento en peinture)
o Jacopo Della Quercia (sculpteur au style large et robuste)

Naples

- Antonello De Messine (aurait, d’après la légende, importé de Flandre la technique de la peinture


à l’huile).

Ferrare

- Ecole née à l’ombre de Mantegna d’où provienne des artistes tels que :

o Cosme Tura
o Francesco Del Cossa
o Ercole De Roberti.

Italie de Centre

- Piero Della Francesca (1416-1492) :

o Rigueur géométrique et pureté presque insoutenables (‘Madone entourée de saints’, ‘histoires de


la Croix’).

o Son élève Lucas Signorelli :

 Tempérament beaucoup plus dramatique


 Sens poussé de l’anatomie dans le ‘Jugement dernier’ de la cathédrale d’Orvieto.

Venise

- Influences orientales et gothiques qui se constatent dans l’architecture (palais des Doges, Santa-
Maria dei Miracoli).

- Affinités avec Florence.

- Devient très importante (plaque tournante).

- Venise = Cité-Etat ; indépendante ; très riche ; ville portuaire.

- Différences avec Florence : seule ville européenne dirigée par les aristocrates (commerce aussi).
Les aristocrates n’ont rien à prouver puisqu’ils sont d’origine noble → l’art n’est que du luxe et du
plaisir (fonction : le décorum).

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Peinture :

16. ‘Vierge et l’enfant’ OU ‘La Madonne aux arbrisseaux’ (1487) Giovanni Bellini (1430-
1516)

 L’artiste :

- Elève de Mantegna : style très proche de celui de son maître (a par la suite changé de style)

- Thèmes : monotones (la Vierge).

- Il part de l’héritage Florentin qui prônait le dessin avant tout.

- Couleur :

o Elément central de sa peinture (>< Florence : dessin avant tout).

o Problème : dû au principe d’unification de l’image. Ici, les couleurs sont pâles, laiteuses,
semblent plus importantes que le dessin lui-même et permettent des effets de fondu.

o Vise des émotions, la création d’une ambiance.

o Le Blanc domine comme un leitmotiv.

 Idée d’expérimentation par / dans la peinture.

- Reconnaissable : toujours un drap ou un quelconque rectangle d’étoffe derrière la Madone →


profondeur abolie pour mieux valoriser la Vierge → La sensualité vénitienne tient donc autant à la
forme qu’au motif.

17. ‘Scènes de la vie de sainte Ursule’ (1490-1498) Carpaccio Vittore (1465-1525)

 L’artiste :

- « Carpaccio » (= la chair) est un surnom : allusion à une couleur, le rouge chair (souvent, les
noms de peintres étaient des surnoms : le Tintoret, Véronèse,…)

- Développe deux axes innovants selon la peinture privée ou la peinture publique :

o Peinture publique et monumentale (comme dans ce tableau) :

 Religieuse

 Concerne les églises et les locaux de corporations (cette œuvre se trouve dans une
corporation allemande à Venise).

 Peintures à l’huile afin de préserver une palette étendue de couleurs.

 Analyse :

16
- Extrait d’une série de peintures sur la vie de Sainte Ursule (prétexte à un déploiement
narcissique de Venise) :

o Multiplication de personnages

o Architecture compliquée et luxueuse de Venise : on montre les fastes de Venise aux niveaux
architectural et des personnages (fourrures, étoffes, tapis d’Orient, bannières, musiciens,…).

o Image festive, riche et opulente de Venise → sorte d’autosatisfaction.

o Perspective : pas essentielle mais maîtrisée par l’artiste.

o Principe unificateur : beaucoup de blanc.

18. ‘Les deux courtisanes’ (1510) Carpaccio Vittore (1465-1525)

- La dame à l’avant-plan semble plus âgée.

- Elles se ressemblent (peut-être mère et fille)

- Objets identifiables :

o Symbole de fidélité : 7 chiens


o Symbole utérin : vase
o Oiseaux

- Lumière dorée, une grande luminosité.

- Tête de loup qui mort un bâton.

- Caractère somnambulique des personnages.

- Dimension érotique : « luxe, calme et volupté ».

- Pas de coté démonstratif mais il doit y avoir un sens.

 Contexte :

- Peinture privée (de plus petit format), hermétique (il ne doit pas être compris) :

o Tableaux intellectuel mais différent de l’art florentin.

o N’est décodable que par l’entourage du commanditaire (discriminant sur le plan social) car il y a
des allusions à la vie privée du personnage ; des allusions culturelles → forme d’élitisme aristocratique
mais c’est aussi discriminant pour les autres aristocrates.

o Ce type de peinture ne promeut aucune idéologie comme la peinture florentine le faisait.

- Tableau d’identification qui évoque le caractère aristocratique des deux femmes.

- L’art de la Renaissance n’est pas seulement italien : il va se répandre en Europe. L’aristocratie va


jouer un rôle capital dans cette propagation.

17
Le 16e siècle : La Haute Renaissance

Italie

- Phénomène important : internationalisation de la Renaissance dans l’Europe catholique :

o Véritable épanouissement
o Synthèse de toutes les démarches diversifiées développées à Florence, Venise → conquête
d’efficacité.

 La haute Renaissance n’a lieu qu’en Italie dans le premier tiers du 16e siècle (+/- 1500-1530).

- Deux foyers :

o Rome : émerge comme une ‘excroissance’ florentine


o Venise : prolonge sa course en tant que plaque tournante de l’italianisme

- Rôle de l’Eglise : beaucoup d’importance (apportait sa caution à l’art). Des raisons politiques
vont faire que la papauté va instrumentaliser les innovations → Rome était une ville en ruine, celle-ci
doit être reconstruite et amenée au premier plan.

- L’art de la haute Renaissance est optimiste et équilibré

 Rome :

- Fortement influencée par Florence

- Engouement des Romains pour la renaissance (la famille Borgia, par exemple, d’où est issu le
pape Jule II).

- Motivations de Rome :

o Culturelles
o Politiques :

 La papauté veut exercer du pouvoir dans le domaine public. De grands Etats (ex.
Angleterre) sont en formation, il y a des rivalités, l’Eglise se sent menacée.

 Une autre menace apparaît : le Protestantisme. L’Eglise catholique a de moins en moins


de pouvoir, la papauté va se créer un Etat : le Vatican. Jules II agrandit donc ses territoires mais il faut
également ranimer le prestige. Jules II va affirmer qu’il est un descendant du grand Jules César (→
Césaropapisme) → réhabilitation de l’histoire romaine et restauration du prestige de la ville.

 La papauté manifeste alors un intérêt pour l’Antiquité.

Architecture :

18
- Saint-Pierre polarise durant tout le siècle l’activité des meilleurs artistes :

o Bramante
o Michel-Ange (qui dessine la coupole)
o Giacomo Della Porta.

- Le Gésu monopolise également plusieurs artistes :

o Della Porta
o Vignola
o Pozzo.

19. ‘Fête à Rome (la basilique Saint-Pierre en construction)’ (1550) Anonyme

- Architecture : façade initiale de Saint-Pierre date de l’époque romaine (démodée et peu


majestueuse).

- Derrière : base basilique Saint-Pierre, (tambour) une coupole.

- Gigantisme : effort pour antiquiser la basilique → premier effort de la papauté : restaurer la


basilique Saint-Pierre.

- Opposition avec la Renaissance : basilique gigantesque >< homme minuscule (il n’est plus à la
hauteur de l’œuvre) → l’Eglise sort ‘la grosse artillerie’.

20. ‘La coupole de la basilique Saint-Pierre’ (1547-1593) Michel-Ange (1475-1564)

 L’artiste :

- Vedette → papauté le choisit.

- Florentin

- Au départ : sculpteur puis peintre → polyvalence des artistes

 Contexte :

- Basilique achevée en plus de 3 siècles.

- Bâtiment gigantesque à la mesure d’un rassemblement collectif et populaire.

- Bramante (Donato di Angelo di Pascuccio : 1444 - 1514) :

o Architecte de grand renom

o Florentin

o Mêmes conceptions que Brunelleschi.

o A conçu un plan central de Saint-Pierre avec 4 bras égaux :

 Selon lui, les choses doivent être à la mesure humaine >< Jules II : à la mort de
Bramante, confie ses plans à Michel- Ange qui :
19
• Allonge les bras du plan
• Elargit les nefs (pour qu’elles puissent accueillir plus de monde)
• Conçoit une coupole gigantesque → affirmer la puissance du pape.
• C’est un bâtiment gigantesque à la mesure d’un rassemblement collectif et
populaire.

Peinture :

21. ‘Les noces de la Vierge’ (1504) Raphaël (1483-1520)

 L’artiste :

- Peintre officiel de la papauté (comme Michel-Ange en était le sculpteur officiel) + portraitiste.

- Pas florentin formé en Italie du centre (Ombrie) par Pérugin.

- Fait la synthèse complète du Quattrocento.

- Œuvre abondante

- Raphaël = modèle enseigné dans les académies jusqu’au 19e siècle.

 Analyse :

- Thème :

o Récurant : la Vierge
o Réapparition du thème du mariage.

- Avant 16e siècle : mariages chez les mariés sans prêtre → ici : prêtre au centre → la papauté
impose la religion.

- Selon le tableau, les mariages doivent être faits suivant un certain rite.

- Au niveau artistique :

o Personnages élancés, séduisants (comme chez Botticelli)

o Jeu d’ombres (Sfumato = avec une notion d'enfumé ; sans lignes ni contours.)

o Couleurs : rôle important.

o Personnages à l’avant plan + grand espace entre eux et le bâtiment → horizon (l’espace est
maîtrisé)

o Arrière-fond : bâtiment circulaire (vient de Florence).

o Collines : forment des lignes de fuite.

20
22. ‘L’école d’Athènes, palais du Vatican, chambre de la Signature’ (1508-1511) Raphaël
(1483-1520)

- Œuvre politique : décore la résidence du pape.

- Représente la chambre de la Signature (où les actes politiques, traités sont authentifiés) → salle
importante, peinture importante :

o Salle ornée de plusieurs peintures :

 Petits formats : « les sacrements ».

 Grand format : « la dispute du Saint sacrement » (en vis-à-vis de « L’Ecole d’Athènes »)

 Grand format (monumental) : « L’école d’Athènes »

• Réunion dominée par deux personnages : Platon et Aristote (au centre à l’arrière).

• Divinités païennes (Apollon et Athéna) + images de l’Antiquité → en plein


centre du Vatican !

• Avant plan : personnage intellectuel du Moyen Age : Dante.

• Présence d’un personnage arabe: ‘Averroès’, intellectuel arabes = protecteur de la


culture antique → un musulman au Vatican ! (il fallait oser, même si ceux-ci ont apporté beaucoup a
l’Europe).

• Personnages contemporains : Bramante (architecte), Michel-Ange et Raphaël,


lui-même.

 Dans cette salle de la Signature cohabitent l’héritage intellectuel catholique et la tradition laïque →
véritable manifeste de réconciliation entre ces deux traditions.

- Au niveau artistique :

o Perspective bien maîtrisée : série de lignes de fuite dans un couloir central.

o Véritable espace où les individus peuvent bouger et s’exprimer (états d’âme,…).

- Au niveau architectural :

o Effigies de statues antiques en marbre.

o Nef voûtée en demi-cercle.

o Caissons (éléments géométriques sur les voûtes).

23. ‘La Dispute du Sacrement, palais du Vatican, chambre de la Signature’ (1508-1511)


Raphaël (1483-1520)

 Analyse :

21
- Présence d’autres intellectuels que dans la peinture précédente : ecclésiastiques (le Christ, St-
Paul, St-Jérôme, des théologiens) → intellectuels laïcs (ci-dessus) >< intellectuels d’église.

- Partie supérieure : apôtres convoqués par le Christ.

- Dans les deux tableaux de cette salle, le pape et les artistes sont mis sur un même pied.

- L’Eglise s’affirme comme la descendante de Dieu et comme dépositaire de l’Antiquité Greco-


Romaine.

- Ici aussi, l’artiste est maître de l’espace, de l’ampleur.

 Contexte :

- Cette dispute (discussion) remonte à longtemps. La question était de savoir si l’hostie était le
symbole de la passion du Christ ou si le Christ s’incarnait à chaque fois dans le pain de la communauté.

- Cette dispute a été reprise par les protestants → réaffirmation d’un dogme).

Architecture :

24. ‘Basilique Saint-Pierre’, vue intérieure

- Espace :
o Très bien maîtrisé
o Espace voûté antiquisant (alvéoles = Antiquité, caissons) suivi d’un espace circulaire avec
coupole.

- Médaillons représentant des personnages.

- Au fond : autre voûte et espace ouvert.

- Statues religieuses en marbre blanc logées dans des niches

- Espaces circulaires

- Fusion d’éléments antiques dans un lieu catholique

 Caractéristiques que l’on retrouve chez Raphaël : la peinture prédomine l’architecture.

Sculpture :

25. ‘Le David’ (1501-1504) Michel-Ange (1475-1564)

 L’artiste :
- Michel-Ange (florentin d’origine) a occupé des fonctions importantes à la mort de ses rivaux
(Raphaël, Bramante).

- Il « colle » à la politique de propagande de la papauté, même s’il a eu beaucoup de problèmes


avec ses commanditaires.

22
- Peintre, architecte, poète mais surtout sculpteur.

- Ses œuvres sont puissantes et recouvrent plusieurs époques (Renaissance, Maniérisme, baroque).

 Analyse :

- Thème récurant chez les sculpteurs florentins (cf : Verrochio, Cellini,…) : David

- Exploit technique :

o Mesure 8 mètres de haut (socle inclus).

o Sculptée dans un bloc de marbre comportant de graves défauts.

 Idée de performance, de dépassement avec une affirmation presque inhumaine.

- Paradoxe : ce David est un géant qui n’a rien à voir avec les proportions normales. De plus,
David est censé être un adolescent faible, fluet lui-même confronté à un vrai géant.

- Mains disproportionnées (Michel- Ange prend des libertés par rapport au rendu logique) →
significatif : la main est un instrument de force, l’arme des combats physiques.

- Symbolise la montée en puissance de Florence → l’artiste se permet de contrevenir à la réalité


établie et à ses normes. Cette statue n’a choqué personne car elle est l’incarnation d’un discours
affirmant une puissance surpassant celle des autres.

26. ‘Deux esclaves du tombeau de Jules II’ (1519) Michel-Ange (1475-1564)

- Ces deux sculptures devaient être intégrées dans un ensemble : le tombeau du pape Jules II →
grand monument à trois niveaux :

o Centre : le tombeau du pape en question.

o Au dessus : le Moïse de Michel- Ange.

o En dessous : des figures masculines ; les Atlantes.

- Mise en commun des héritages antique et chrétien :

o Jules II (Église chrétienne)

o Réconciliation entre une figure de l’Ancien Testament (Moïse qui, lorsqu’il redescend du mont
Sinaï avec les tables de la loi, se rend compte que son peuple a changé de religion → protestantisme)

o Héritage antique (les Atlantes = divinités antiques, enfants d’Atlas).

- Présence de la figure de Moïse : Moïse portant les tables de la loi → assimilation de la figure
de Jules II et celle de Moïse : le pape voit que certains chrétiens quittent le bon chemin
(protestantisme, hérésies, etc.) et veut les ramener sur la bonne voie.

- Nouveau procédé : le « NON FINITO » → le « non fini » qui fait partie intégrante de la
sculpture (nouveau moyen d’expression qui constitue un grand écart par rapport à la norme).

23
- Personnages adoptent des poses convulsives → tension, lutte contre quelque chose (on a
l’impression qu’ils se battent avec la matière).

- Combat matière / forme : les personnages sont dans une gangue (en sont-ils prisonniers ou en
émergent- ils ?)

Peinture :

27. ‘Le Jugement dernier, Chapelle Sixtine’ (1536-1541) Michel-Ange (1475-1564)

- Michel-Ange s’est également illustré dans le domaine de la peinture.

- Peinture située sur le mur du chœur de la chapelle Sixtine au moment où le protestantisme a


émergé.

- Thème récurant dans l’iconographie chrétienne (met en scène la crainte de ne pas se trouver du
bon côté).

- Impression de chaos mais tout est bien organisé (série de cercles concentriques au milieu
desquels se situe le Christ).

- Ecarts :

o Eléments en référence à d’autres traditions religieuses (Christ est imberbe et présenté dans sa
nudité comme l’était Zeus chez les Grecs).

o Détails ajoutés après la mort de Michel-Ange :

 Plusieurs artistes ont « rhabillé» les figures car on considérait qu’il y avait trop de nus
dans la chapelle Sixtine → travail de censure.

o Apparence de chute et caractère monumental du Christ → démonstration de la force (correspond


bien à la politique de propagande de la papauté à cette époque).

- Extrait de la voûte de la chapelle Sixtine :

o La Genèse : création du monde.

o Préfiguration : épisodes de l’Ancien Testament que l’Eglise catholique interprète (ex :


Moïse // Jules II).

o Personnages isolés (dont la Sibylle: prêtresse de la religion grecque très rare qui prédisait
l’avenir en état de transe (droguée)  messages de divinité interprétés par des prêtres
spécialistes).

28. ‘La Sibylle lybique, voûte de la chapelle Sixtine’ (1511), Michel-Ange

- Les Sibylles prédisaient l’avenir, proféraient des paroles qu’il fallait interpréter → symbole de
l’Antiquité.

- Personnage :

o Féminin (ce sont les vêtements qui le laissent penser)


24
o Très musclé (Michel-Ange prenait des hommes comme modèles)

o Position de sportif : torsion du corps comme au lancé du poids

o Porte un livre très lourd (alors que le livre des Sibylles est, à l’origine, petit)

o Socle en bois sous son pied (comme si elle était une sculpture).

 Démonstration de force (surhomme).

- La chapelle Sixtine :

o Importance stratégique : plus vaste que les autres chapelles.

o Il ne s’agit pas d’une chapelle privée : lieu de réunion pour les traités cruciaux et lieu d’élection
des nouveaux papes.

o Décoration significative (doit inspirer les hôtes dans leur prise de décisions).

o Murs latéraux déjà décorés avant Michel-Ange → il reste deux surfaces à peindre :

 Le plafond (et les voûtes)


 Le mur du chœur.

 Venise :

- L’autre grand foyer qui connut au 16e siècle son âge d’or au niveau pictural

- Succède à Rome comme centre artistique (+/-1530)

- Peinture dominante.

- Richesse et ouverture des Vénitiens propices à l’épanouissement de l’art

- Durant la Haute Renaissance, Venise approfondit les caractéristiques du Quattrocento (les


couleurs, la peinture liée au plaisir, la discrimination sociale).

- Forte apparition de l’érotisme.

Peinture :

29. ‘La tempête’OU‘L’orage’ (1506-1508) Giorgione (1476-1510)

 L’artiste :

- Vie aussi mystérieuse que ses œuvres.


- Successeur de Carpaccio.

 Analyse :
25
- Jeune femme à moitié nue qui allaite un enfant dans une position inconfortable.

- A l’arrière : ville (qui pourrait être un abri)

- Un jeune homme observe la jeune fille (en bas à gauche).

 Contexte :

- Il existe 80 interprétations de ce tableau.

- Pour pouvoir interpréter nous devons connaître :

o La culture de l’artiste
o L’origine de l’œuvre : commande ou choix personnel

- Salvator SETIS sembla proposer l’interprétation la plus plausible :

o Enquête pour connaître le commanditaire (le mécène est un doge de l’époque) et avoir des
infos sur lui, son entourage culturel, etc.

o Etudes scientifiques du tableau afin de voir ce qui s’est passé au cours de son élaboration
(rayons X, etc..), afin de déceler les erreurs, les ratures, les « repentirs » du peintre,…

o Son interprétation :

 Représentation d’Adam et Ève chassés du paradis terrestre.

 Pas d’ange, Adam et Ève pas nus et séparés d’une ville.

 Présence de celui qui chasse : élément qui exprime la colère divine : l’éclair (= Zeus tonnant).

 Personnages exclus de la ville : frontière entre les deux espaces → exclus de la Jérusalem
céleste, le paradis futur serait malgré tout évoqué.

 Lorsqu’ils sont chassés, il y a une série de malédictions :

• « Tu enfanteras dans la douleur », « Tu auras honte de ton corps » : Ève est à demi nue, elle se
protège

• « Tu travailleras à la sueur de ton front » : le personnage habillé porte la gaule du clergé, il est
déjà situé du côté du travail (bâton de berger)

• Ils seront mortels : cette malédiction de la mort est symbolisée par les deux colonnes
inachevées → colonne : pas seulement un motif abstrait, symbolise la figure humaine.

• De plus, il y a un petit serpent qui se faufile à travers les rochers.

- Le message lui-même n’a pas beaucoup d’importance : on prend un thème « banal » et on le


rend le plus compliqué possible, le plus hermétique possible (il y a des contradictions).

- Ce tableau baigne dans la lumière → homogénéisation des couleurs.

26
- Antiquité Gréco-romaine encore présente : colonnes, éclair manifestant la colère divine.

30. ‘Vénus endormie’ (1509-1510) Commencé par Giorgione (1476-1510), achevé par Le Titien
(1484-1576)

- Sujet et nom mythologique : Vénus → prétexte intellectuel pour faire du nu → Naissance


de l’art érotique.

- Tableau lumineux (provient du ciel) : c’est Le Titien qui apporta cette lumière (vénus
réalisée par Giorgione).

- Niveau formel :

o Homogénéisation de la surface picturale


o Lumière dorée qui baigne l’ensemble de la composition → aspect plus luxueux

- Ce genre d’œuvre s’est étendu à la faveur du maniérisme en Europe.

31. ‘L’homme aux yeux glauques’ (1545) Le Titien (1484-1576)

 L’artiste :

- Tiziano Vecelli :

o Maître incontesté de la peinture vénitienne (il lui donne sa forme classique).


o Maître de la couleur.
o Grand portraitiste : apporte une densité psychologique.
o Peintre de Charles Quint (se baissait même pour lui ramasser ces pinceaux)

 Analyse :

- Sensualité :

o Toujours contenue par une distinction aristocratique

o S’affirme dans les oeuvres de la maturité mais culmine à la fin de sa vie sur des toiles
empreintes de maniérisme.

- Représente un prince (fils d’un doge).

- Glauque : couleur tirant sur le gris-vert (couleur sinistre qui fait ressortir un caractère 
personnage inquiétant).

- Décor : gommé

- Espace : restreint → confrontation directe avec le personnage.

- Regard glacial du personnage

- Visage froid et agressif.

27
- Dissimulé sous ses vêtements

- Chaîne d’or → montre son rang malgré sa discrétion (mangée par le noir des vêtements) .

- Couleur dominante : noir

- L’ombre domine, Le Titien l’utilise comme ‘pathos’, crée un sentiment, une émotion (il n’utilise
pas la couleur que pour l’unification).

32. ‘Le repas chez Lévi’ (1573) Véronèse (1528-1588)

 L’artiste :

- Véronèse (surnom → duché de Venise : Vérone)


- Spécialisé dans la peinture décorative (peintures monumentales).
- A inventé des nuances de couleurs.

 Analyse :

- Cette peinture orne le réfectoire d’un monastère (c’est donc étrange que cette peinture s’y
retrouve puisque les moines devraient vivre dans la pauvreté mais, les moines sont parfois des cadets de
familles aristocratiques. Cela apporte donc un écart par rapport à ce à quoi on s’attendrait. Ce sont les
autorités vénitiennes qui ont protégé Véronèse de l’inquisition).

- Représente un repas (qui constitue un épisode secondaire de l’évangile).

- Au centre :

o Quelques personnages centraux (Lévi, saint Pierre).

o Autres personnages : encombrants.

- Décor : très luxueux

- Lumière dorée : dénote un certain faste.

- Architecture :

o Fort présente

o Evoque ‘L’école d’Athènes’

33. ‘L’Ascension, Venise, Scuola Grande San Rocco’ (1564-1587) Le Tintoret (1518-1594)

 L’artiste :

- Jacopo Robusti dit Le Tintoret (→ ‘teinturier’ en rapport avec la couleur).

- Aime les œuvres colossales.

- Concurrent de Le Titien.

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 Contexte :

- Cette œuvre décore la Scuola de San Rocco (fait partie d’un grand cycle religieux
concernant la vie du Christ).

- Le Tintoret s’était enfermé dans le bâtiment, les commanditaires l’ont laissé peindre.

 Analyse :

- Représente l’Ascension du Christ

- Le Christ est dans la partie supérieure du tableau (il a le visage coupé car la peinture est
dans une salle voûtée, la tête du Christ se trouve dans la partie voûtée → impossible de se
représenter l’œuvre en un seul plan)

- Œuvre sombre (alors que le sujet est ‘joyeux’).

- Leitmotiv coloré de cette Ascension : noir

- Sensation de chute (>< ascension) : des anges soutiennent péniblement le Christ comme
s’il tombait.

- Coin inférieur gauche :

o Saint Marc en train d’écrire.

o Il s’abat sur le sol comme si le Christ allait lui tomber dessus.

o Il est lui aussi envahi par l’obscurité.

- Paysage : sinistre et désertique.

- L’apôtre de droite a le même mouvement que Saint-Marc.

 Sensation d’inquiétude qui marque la transition vers le Maniérisme.

Parme :

- Artiste principal : Corrège.

o Ses œuvres se situent entre la beauté ‘raphaélesque’ et le sublime de Michel-Ange.

o Grâce molle et alanguie

o Technique du fondu (pour dissiper les contours).

o Il décora également des voûtes (‘Assomption de la Vierge’)

 Remarque :

- Entre 1540 et 1600, la culture italienne se répand en Europe → Conversion à la Renaissance.

29
Le Maniérisme

- Se généralise dans toute l’Europe.

- Caractérise différentes phases de l’histoire de l’art (maniérisme hellénistique, maniérisme


gothique, …).

- Incarne une volonté de se référer à la manière des maîtres (considérés comme l’apogée).
Inspiration sur :

o Raphaël
o Michel-Ange
o Titien

 Ce besoin de se réclamer des maîtres traduit une inquiétude spirituelle, idéologique


→ l’étrange et l’irrationnel vont occuper une grande place dans l’art.

- Manière : façon de s’exprimer.

- Maniéristes : artistes qui travaillent à la manière d’autres → académique

o Pas que de la reproduction, aussi réinvention.


o La première école d’art est l’Académie de Bologne.
o Les artistes iront jusqu’à se rassembler sous certaines dénominations
Ex : Les Raphaélistes.

- Maniérisme :

o Grande importance à la forme (prend le pas sur le contenu, qui sera alors moins bien
compris) → l’artifice est plus important que le naturel.

o Coïncide avec l’émergence du protestantisme → un certain flottement chez les artistes.

 Chaque individu est partagé entre deux camps.

 La crise religieuse touche tous les aspects : théologie, politique, philosophie, etc.

 Conflit généralisé → retrait par rapport au message intellectuel qui avant était
véhiculé par l’art.

o Le maniérisme est né en Italie (sort de moteur)

o Maniérer >< authentique, spontané, naturel

o Forme plus importante que contenu (maniérisme gothique) → état d’esprit de personnes
qui ne croient plus au contenu (perte de confiance dans un système de valeur de l’époque. Ex :
protestantisme qui émerge, questions politiques, Europe divisée à tous les niveaux (guerres des
religions, mouvement des populations))
30
Italie

Architecture :

34. ‘Villa Rotonde’ (1567-1569) Andréa Palladio (1508-1580)

 L’artiste :
- Architecte dominant.

- Exalte les formes classiques (antiques) dans les palais et villas de Venise.

 Analyse :

- Rotonde : cube où s’inscrit une coupole.

- Bâtiment symétrique avec un portique.

- Détails du portique conformes à un ordre antique (ionique) → imitation.

- Fait allusion à un temple → sacralisation du lieu privé.

Peinture :

35. ‘La Madone au long cou’ (1534) Le Parmesan (1503-1540)

 L’artiste :

- Originaire de Parme → surnom.

- A utilisé énormément de références aux maîtres antérieurs (Botticelli, Raphaël)

 Analyse :

- Titre : surnom.

- Eléments allongés (anormalement) :

o Cou de la Vierge
o Doigts et pieds.

 Ce personnage n’est pas crédible car il comporte des impossibilités anatomiques → fait
exprès: l’allongement permet de dessiner des arabesques (au profit de l’image)

- Lumière : teint coloré.

31
- Accentuation du dessin au détriment de la vraisemblance du motif (maniérisme)

- Eléments troublants et/ou étranges:

o Petit personnage en bas à droite.

o Enfant Jésus très éloigné de la Vierge : il se raccroche au bras de sa mère, il est en train
de glisser.

o Jésus à l’air malade.

o Colonne qui ne soutient rien

o Ciel nuageux

36. ‘Le Feu’ (1566) Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)

 L’artiste :

- Peintre vénitien

- Appelé à travailler à Prague comme peintre officiel d’un empereur germanique (Rodolphe II de
Habsbourg) → Exportation de la culture.

- Dirigeait des collections d’œuvres d’art → collectionnait des « objets de curiosité » (coquillages,
etc.).

- Fréquentait un milieu très maniériste.

- Connu pour ses allégories (personnification d’une notion abstraite/ représentation sous des
formes humaines).

- Le Feu fait partie d’une série de peintures sur les éléments naturels.

 Analyse :

- Allégories bizarres: compression d’éléments en rapport avec le feu qui donnent un montage
représentant une figure humaine → jeu formel au détriment de la crédibilité :

- Cheveux en flamme.

- Nez, oreilles en briquet.

- Des armes pour les bras.

- Une lampe à huile pour le cou.

 C’est un magnifique coup de force

- Fond noir typiquement maniériste → projette le motif hors du tableau (>< peinture italienne qui
creusait le tableau en profondeur, cherchait une perspective).

32
- Côté fantastique qui fait presque peur (De Vinci s’y était essayé)

 Remarque :

- Autres peintres maniéristes :

o Luca Cambiaso
o Bronzino
o Romano
o Beccafumi.

- Certaine résistance de la bourgeoisie par rapport au maniérisme → les deux cultures vont
cependant coexister.

La France

- Maniérisme italien :

o S’exporte en Europe.

o Maniérisme de second degré : travaille à la manière de ceux qui travaillent à la manière


de.

o France :

 Première à se tourner vers ce courant.

 Phénomène centralisé : lié au roi et à la politique des rois de France.

 Pays très puissant qui n’aspire qu’à son expansion → Italie (région divisée au
niveau politique) représente une aubaine pour les états qui veulent augmenter leur influence.

 Proximité géographique avec Italie.

 François Ier veut gouverner : il se montre comme quelqu’un qui peut régner sur
l’Italie

 Il faut sympathiser avec l’Italie → importation forcée des artistes italiens en France.

 Création de diverses écoles (Fontainebleau) : les artistes doivent faire des œuvres
pour le roi et former les artistes français.

• Maître italiens de cette école : Rosso, Primatrice, Dell’Abate).

 Aristocratie participe au mouvement → apparition des châteaux de la Loire.

 Politique artistique et matrimoniale : Catherine, Marie de Médicis,


Mazarin,…

33
Architecture :

37. ‘Tour d’escalier du château de Blois’ (1515-1524)

 Analyse :

- Château gothique au départ :

o Gargouilles typiques de l’art gothique

o Escalier à visse

- Eléments maniéristes qui rappellent l’Antiquité :

o Ravalement de la façade

o Point de vue décoratif : pilastres et corniches (avec motifs de coquillages) →


décoration composée d’éléments italianisants.

- Escalier asymétrie → art italien.

- Château pas facile à réaliser : contraintes climatiques (les gargouilles servaient à projeter
l’eau le plus loin possible du bâtiment lors de fortes pluies – cela n’était pas nécessaire en Italie).

 Remarque :

- L’architecture évolue ensuite vers un classicisme maniérisant (P. Lescot et P. Delorme)

Peinture :

38. ‘Eva Prima Pandora’ (1550) Jean Cousin dit le Père (1490-1560?)

 Analyse :

- Pandore, dans la mythologie grecque est la première femme.

- Femme représentée : à la fois Ève et Pandore.

 Volonté d’allier traditions antique et biblique :

o Dans les deux, la première femme et histoire comparables :

 Ève et le péché originel qui eut pour conséquence tous les maux que
l’humanité connaît.

 Pandore était gardienne d’une boîte qui ne pouvait être ouverte. Mais sa
curiosité lui fit transgresser l’interdit : elle ouvrit la boîte, libérant ainsi les fléaux qui ravagent le
monde.

- Le vase (boite) révèle Pandore

34
- Eve :

o Branche de pommier
o Serpent qui s’enroule autour de son bras → tentation

- Mortalité résultant de leurs actes, évoquée par le crâne

- Lignée des nus vénitiens.

- Maniérisme : allongement du personnage

- Profil et coiffure grecque : comme sur vases grecs → Antiquité référence à des maîtres
italiens.

- Paysage d’arrière-plan : semble à peine esquissé (comme chez de Vinci).

- Lumière unificatrice : comme à Venise.

 Dans cette œuvre il y a énormément de citations à d’autres artistes et à l’Italie (Le


Parmesan, De Vinci, le Quattrocento).

Sculpture :

- Tous les styles sont représentés :

o Tradition médiévale (Richier)


o Manière antiquisante (Goujon).

39. ‘La Diane d’Anet’ (1554) Jean Goujon (1520-1572)

 L’artiste :

- Sculpteur officiel de la cour.

- Cette œuvre est l’une de ses plus connues.

 Contexte :

- Les personnages contemporains se font représenter sous les traits de divinités : Louis XIV en
Apollon

- Anet est un château en France

 Analyse :

- Portrait de Diane de Poitiers (maîtresse du roi assimilé).

- Nu allongé adopte pose rappelant la Vénus de Giorgione → récurrence des références.

- Tour de force : artiste pas habitué à manipuler le marbre (formé par l’école du Moyen Age)
mais très bien adapté (pattes du cerf très fines)
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- Utilisation du marbre car matière utilisée en Italie et matériau antique.

- Thème fantastique : femme nue allongée près d’un cerf apprivoisé → irréel

La Flandre

 Contexte :

- Flandre pas indépendante

- Se tourne vers l’Italie :

o Motifs :

 Fin du Moyen Age : existe une école de peinture nommée les « Primitifs
Flamands » (peintres du Nord de l’Europe).

 Œuvres flamandes : gothiques → faciles à vendre → commerce florissant.

 Perte de vitesse et de marché à cause de la montée de l’Italie → peintres


cherchent un renouveau → se tournent vers l’Italie.

o Moyens déployés :

 « Espionnage industriel » : artistes flamands vont se former en Italie et


ramènent des modèles → reconversion réussie :

• On les surnommera les Romanistes (+ romain que les romains) car ils
ont une maîtrise parfaite des thèmes et techniques mais au détail flamand → beaucoup de travail,
donne un aspect plus ciselé.

Peinture :

- Anvers : domine → activité intense de ses peintres.

- Malines :

o Siège de la cour de Marguerite d’Autriche


o Rôle important comme relais de l’italianisme.

40. ‘Danaé’ (1527) Jean Gossart dit Mabuse (1503-1533/36 ?)

 L’artiste :

- Originaire de la ville de Mabeuze

 Analyse :
36
- Danaé : nymphe séduite par Zeus → pour la séduire, il se transforme en pluie d’or car elle est
vénale.

- Caractère érotique : pluie d’or

- Formes du personnage : allongées

- Epaules tombantes

- Environnement antiquisant : luxueux

- Lumière : baigne l’ensemble de la toile.

- Bâtiments à l’arrière : à la fois antique et gothique.

41. ‘La danse des paysans’ (1568) Pieter Bruegel, l’Ancien (1525-1569)

 L’artiste :

- Né au sein du mouvement romaniste.

- Envoyé en Italie : rupture → il a ramené d’Italie uniquement des paysages alpins (rien de ce
qu’on attendait → réticence).

- Retour au pays : s’installe chez lui et peint des choses inédites → au départ, succès local
(bourgeoisie locale).

- Représente le monde paysan local >< jusqu’ici tous les personnages représentés étaient des
«grands».

- Bruegel ne peint pas les paysans pour qu’ils achètent ses toiles → personnages ni valorisés,
ni esthétisés :

o Pas un monde de vertu : femme qui attire l’homme chez elle sous une bannière
religieuse

o Pas non plus d’élégance : paysans bourrés

 Aspect plutôt caricatural (négatif) du paysan → objet de moquerie.

 Contexte :

- Problème de la bourgeoisie : en dépit de sa prospérité et de ses qualités, elle est


déconsidérée au niveau social. La bourgeoisie prend conscience de sa valeur et de son potentiel → la
peinture bourgeoise s’érige sur l’économie :

o Ces valeurs seront mises en avant → ici pas de références italiennes ou antiques.

o Ces tableaux sont des repoussoirs afin de permettre aux bourgeois de se distancer des
paysans.

37
 Analyse :

- Perspective : très maîtrisée → vers l’église

- Grand sens du détail propre à la peinture flamande.

- Sujet concret, réalité locale → cela va plaire.

- Nouvelle peinture en usant des techniques italiennes pour les objectifs de Bruegel.

- Grâce à lui, la peinture bourgeoise affirme son identité.

42. ‘Paysage avec la chute d’Icare’ (1558), Pieter Bruegel, l’Ancien (1525-1569)

 Remarque :

- Certains des tableaux de Bruegel sont des attaques sous forme de clins d’œil.

 Analyse :

- Mythologie grecque : Icare est dans la mer (ses jambes émergent de l’eau en bas à droite) :

o Icare est le fils de l’architecte et inventeur Dédale. Celui-ci a inventé une machine pour
voler, des plumes et de la cire. Malgré les conseils de son père, Icare s’est approché du soleil, la cire a
fondu et Icare est tombé.

o Bruegel ne l’ignore pas mais elle n’est néanmoins pas mise en avant → moquerie :

 Héros raté : Icare a voulu aller très haut dans le ciel, se rapprocher, être l’égal
de Dieu et être au dessus du commun des mortels → comparaison avec les aristocrates qui veulent
aussi être toujours mieux.

- Personne ne lui vient en aide :

o Paysan lui tourne le dos à Icare, il ne lui vient pas en aide.


o Pêcheurs ne le regarde pas.
o Bateau (bourgeois) s’éloigne (voile).

 Les paysans mais surtout les bourgeois représentent le coté positif : honnête gens
qui travaillent.

 Icare représente les Aristocrates, le coté négatif.

- L’île au milieu de l’eau représente Dédale → allusion à l’île de Knosos où se trouve le


labyrinthe de Dédale pour le Minotaure :

o Fils d’un roi, Minos, qui avait copulé avec une vache → attaque à l’aristocratie.

- Point de vue surélevé pris par l’artiste: permet un recul → valeur universelle à ce qu’il
représente → très intellectuel.

- Dévalorisation du mythe antique (et surtout Icare)


38
- Dénonciation de l’orgueil de l’aristocratie.

 Remarque :

- Autres peintres :

o Bernard Van Orley


o Lucas de Leyde
o Lambert Lombard (Liégeois)

Architecture :

- On reste fort au style gothique.

- Seul l’Hôtel de ville d’Anvers (de Corneille Floris) est plus proche d’un « Palazzo », malgré
un pavillon central très ‘flamand’.

Sculpture :

- Le maniérisme s’impose avec Jacques Du Broeucq, il fût le maître de Jean Bologne.

L’Allemagne

 Contexte :

- Artistes allemands : s’intéressent à l’Italie.

- L’Empire s’étend à certaines parties de l’Italie jusque sous le règne de Rodolphe II.

- Protestantisme ou luthéranisme >< institution et doctrine catholiques → inventer de


nouvelles images (pas catholiques) :

 Réforme, innovation de l’art et réflexion sur l’image.

 Stimulant pour un art qui est en train de se former : individualisme présent dans l’art
italien.

 Allemagne se tourne donc vers Italie pour raisons économiques mais aussi politico-
religieuses : besoin d’une certaine image dans les régions protestantes.

 Age d’or allemand aura lieu au 16e s.

Architecture et Sculpture :

- Attachement au style gothique (tardif) plus tenace en Allemagne que partout ailleurs.

39
Peinture :

43. ‘Autoportrait’ (1500) Dürer Albrecht (1471-1528)

 L’artiste :

- Premier Allemand à se tourner vers l’italianisme.

- Premier à faire carrière en Italie.

- Beaucoup d’autoportraits: peinture et gravure → diffusion, vente.

- S’affirme en tant que personnage et non en peintre → sûr de lui.

- A également peint des sujets mythologiques et religieux.

 Analyse :

- Pas de décor → projeté sur le devant de la scène.

- Luxe : vêtements

- Reconnaissance sociale manifestée : arrogance

- Goût pour la précision

 L’ensemble du message italianisant est adapté et le statut de l’artiste est affirmé.

44. ‘La crucifixion, panneau central du Polyptyque d’Isenheim (1511-1516), Matthias


Grünewald (1475/1480-1528)

 Remarques :

- Ce tableau comporte plusieurs panneaux et se trouvent à Colmar.

- Lié aux traditions gothiques.

 Analyse :

- Souffrance : Christ semble très écartelé, le sang coule → vision tragique

- Eléments symboliques : Agneau de Pascal (symbole du Christ >< vraisemblance)

- Anachronisme : Jean-Baptiste, le précurseur du Christ, est présent. Or, il est mort.

- Marie-Madeleine, la Vierge et St Jean sont présents :

o Vierge :

 Semble très marquée

 Entièrement vêtue de blanc (pas bleu)


40
 Ressemble à un spectre

o St Jean-Baptiste : très serein → fait exprès car il n’y était pas vraiment.

- Influences italiennes :

o Fond foncé → aspect fantastique


o Travail des couleurs

 L’artiste innove sur certains points.

45. ‘Les ambassadeurs’ (1533) Hans Holbein, le Jeune (1497-1543)

 L’artiste :

- Excellent portraitiste : connu dans sa région puis internationalement.

- Deviendra le peintre officiel de la cour d’Angleterre : roi Henry VIII.

- Il est le pendant nordique du TITIEN.

 Contexte :

- Ce tableau est une commande des deux ambassadeurs français à la cours d’Henry VIII.

- Ils font appel au peintre officiel d’Henry VIII, par intérêt (pour leur résidence).

- Henry VIII s’est séparé de la religion catholique : Anglicanisme.

- Les français restent en contact (tolérance des protestants sans renier la religion catholique) et
envoient 2 ambassadeurs :

o A gauche : membre de la haute noblesse française, protestant


o A droite : évêque catholique ouvert d’esprit.

 Œuvre diplomatique car c’est une lettre d’accréditation.

 Analyse :

- Décor : pas innocent et il existe bien deux ambassadeurs :

o Pavement : réplique exacte du pavement de chœur de l’église de l’abbaye de


Westminster (première église anglicane).

o Accessoires entre les deux personnages → montrer leur culture :

 Deux livres : cadeaux de l’évêque → montre son ouverture d’esprit car ces
livres sont :

• Ouverts
• Lisibles
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• Ecrits par Luther

 Instruments de musique : luth → la musique est une branche des


mathématiques
 Objets du haut : science du ciel
 Objets du bas : science de la terre

 Le modèle de l’homme renaissant, de l’humaniste est celui d’un homme cultivé.

- Avant plan : motif étrange :

o Crâne peint en anamorphose : c.-à-d. qu’il n’est pas peint selon la perspective
linéaire qui régit le reste du tableau → utilisé pour des images codées → procédé en vogue à
l’époque.

o Le crâne est le symbole de :

 La mortalité
 La vanité

 Placé en face de l’étalage de richesse terrestre → nous devons relativiser : les personnages
sont conscients de leur importance mais sont aussi humbles et ne font preuve d’aucune vanité.

- Placé de cette façon, c’est comme un crâne qui surgit d’une autre dimension ; un monde
invisible pour nous.

- Tableau placé au dessus d’une porte : quand on passe la porte, le crâne se restitue dans un
flash (irréel, maniérisme).

- Virtuosité de la composition : certains motifs sont construits selon des règles mathématiques
qui semblent étrangères à notre monde réel.

46. ‘Vénus et l’Amour’ (1540), Lucas Cranach, le Jeune (1515-1586)

 L’artiste :

- Cranach (le père) :

o Meilleur ami de Luther : l’accompagnera partout (même dans l’emprisonnement).

o Il était le bras armé de la propagande → diffusion par les images

o Peinture : innovante et combative.

o Ses œuvres tournent autour de femmes comme Vénus, les nymphes, Judith.

 Analyse :

- Production érotique

- Caractéristiques maniéristes :

42
o Fond noir
o Allongement des corps
o Référence aux grands maîtres :

 Erotisme
 Cube sous Éros → Michel Ange

- Éros évoque une petite statue

- Vénus :

o Cheveux qui s’envolent (alors que son mouvement ne devrait pas les faire bouger)

o Femme fatale: longue, mince, épaules tombantes et aspect fuselé.

o Sourire énigmatique

o Côté artificiel dans les poses : personnage ou statue (posée sur un socle) ?

- A destination aristocratique

 Remarque :

- Autres peintres :

o Albrecht Altdorfer (1480-1558) : fidèle au genre national

o Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553) : passa sans transition du maniérisme


gothique au maniérisme renaissant.

L’Espagne

Architecture :

- Style plateresque : édifices ciselés comme des bijoux.

- Certains éléments empruntés à l’Italie.

- Juan de Herrera : un des plus grand architecte espagnol de l’époque.

Sculpture :

- Passe sans transition du réalisme visionnaire des derniers gothiques au baroque exacerbé
(polychromie).

Peinture :

43
47. ‘ Le Christ au jardin des Oliviers’ (1588), Domenico Theotokopulos, dit Le Greco
(1541-1614)

 L’artiste :

- Origine crétoise.

- A étudié les œuvres du Titien et du Tintoret → maniérisme : s’affilie à de grands peintres.

- Brillante carrière de portraitiste et d’iconographe en matière religieuse en Espagne →


mysticisme religieux : contact direct avec la divinité.

 Analyse :

- Représentation du Christ abandonné par ses apôtres qui se sont endormis. Phase finale de sa
vie, dernière veillée qui précède son arrestation :

1. Moment de doute : « seigneur éloigne de moi ce calice »

2. Acceptation : marquée par la présence de l’ange avec un calice.

- En bas à droite : groupe de soldats conduits par Judas.

- Pas de recherche d’élégance : Christ très allongé, étiré.

- Couleurs :

o Le blanc domine la composition : semble issu de la pleine lune → uniformisation de


la couleur (trait typiquement vénitien).

o Le christ a perdu ses couleurs : l’esprit survit alors que la mort arrive.

- Personnage maigre.

- Ambiance nocturne : lune, nuages, …

- Eloignement de la réalité :

o Transe mystique : le vêtement du Christ se déploie et projette des ombres sur le sol
→ comme s’il était en lévitation (il ne répond plus aux lois de la physique).

o Rêve : les nuages et les rochers ont la même texture → tout se mélange.

o Aspect aérien de la scène : renforcé par la présence de l’ange.

o Symbole d’une métamorphose : apôtres logés dans une sorte de grotte, de cocon

o Végétation désolée : renforce l’ambiance générale.

 Les tableaux de Le Greco sont souvent empreints de mysticisme : il force le trait dans
le sens d’une spiritualisation des motifs (typique du maniérisme).

44
17e Siècle

- Grand courant : Baroque (et le rococo) :

o Renouveau spirituel

o Nouvelles valeurs imaginatives : le sentiment domine la raison.

o S’épanouit d’abord en Italie puis en Espagne, aux Pays-Bas du Sud et en Europe


centrale

o En France, le Baroque se tempère de classicisme.

o Art populaire → vastes campagnes de construction d’églises

o Art de contre offensive → contre réforme

- Grandes différences séparent 16e et 17e siècle.

- L’homogénéité de la pratique artistique du baroque naît dans l’art religieux puis s’impose
dans toutes les formes artistiques.

- Age d’or de la peinture en Espagne, en Flandre et en Hollande.

- Renaissance :

o Pas anti-religion

o Tournée vers culture antique donc païenne.

- Période de la Contre-Réforme : réaction de l’Eglise catholique contre le protestantisme


→ période de propagande (puisqu’en conflit)

- Eglise catholique très autoritaire.

- Popularisation de l’art : désormais, il faut trouver une ressemblance, émouvoir, séduire


tous le monde.

 En résumé, les caractéristiques de l’art Baroque :

 Art populaire : destiné à toutes les classes sociales

 Art qui veut émouvoir, séduire : le sentiment domine (comme au théâtre)

 Art très créatif.

 1er aspect :

45
L’Italie

- Point de départ

- Art baroque s’inscrit dans contexte historique de la Contre-Réforme → art = instrument


de propagande influencé par les décisions religieuses qui résulteront du Concile de
Trente.

- La Contre-Réforme est caractérisée par deux aspects :

o Offensive contre les protestants


o Auto-critique contre l’Église.

Architecture :

- Se développe à Rome.
- Art collectif, populaire → création de lieux de rassemblement :

Ex : littérature du 17ème : théâtre, art dramatique → foule qui s’identifie aux acteurs ><
poésie (individuelle)

48. ‘La place Saint-Pierre à Rome’ (1656-1667), Le Bernin (1598-1680)

 L’artiste :

- Architecte de la papauté : de plusieurs papes (rare)

- Peintre

- Sculpteur

- Présent partout à Rome : basilique Saint- Pierre, places publiques, urbanisation, etc.

 Remarque :

- Il y a dans l’architecture baroque tout un aspect collectif, une idée de mobilisation générale
→ quand un régime fort s’installe, on assiste à de grandes cérémonies.

 Analyse :

- Attention : ici, Il faut faire abstraction de l’avenue (la partie arrière) qui date seulement de
l’époque de Mussolini. Avant, cette place était fermée.

- Le Bernin imagine des courbes qu’on compare à des mains ouvertes qui accueillent le public
→ permet de grands rassemblements.

- Présence de centaines de statues de saints tournées vers le public → rassemblement des


forces spirituelles.

46
- Symbolique de la lumière (solaire) :

o Centre : obélisque ramené d’Égypte → symbole fondamental de l’art baroque

o Sur le pavement : disque solaire et ses rayons.

o Dramatisation de l’espace : la place est conçue de telle manière que les gens après
avoir traversé des ruelles sombres arrivent sur une place immense et illuminée

 On va de surprise en surprise → tension renforcée (théâtre).


 On est aveuglé par la lumière → voyage initiatique.

- La place conduit à la basilique saint Pierre.

- Perspective linéaire : met en avant le centre de l’univers → décentrement de l’espace :


l’individu se retrouve réduit par rapport à l’espace, on fait primer le collectif sur l’individu.

 Remarques :

- Louis XIV a repris à son compte cette symbolique du soleil :

o Se fait surnommer le Roi Soleil

o Se fait représenter sous les traits d’Apollon

o Toutes les avenues de Versailles irradient vers le palais

- L’Église s’affirme comme détentrice de la vérité et comme seule capable de la transmettre à


travers le monde.

- Le baroque s’éloigne de l’unité vers la multiplicité : labyrinthe.

49. ‘Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines (+Sainte-Suzanne)’ (1638-1667), Francesco


Borromini (1599-1667)

 L’artiste :

- Edifices plus restreints.

- Architecte de l’ordre des Jésuites (→ mission d’évangélisation) :

o Il s’est parfois opposé à l’autorité de ceux-ci.

o Ils mènent une vie mouvementée, ont un grand esprit critique, une grande ouverture
d’esprit (cf. les Jésuites en Chine) mais seront évincés de la hiérarchie.

- Reprise en main de l’Église → critiques → arsenal artistique mis au service de l’église sera
récupéré par les ennemis.

- Eglise située dans une petite rue : si on est près, on ne la voit pas en entier → vue en biais
nécessaire → la façade excède l’individu

47
- Vue biaisée >< perspective partant d’un point central :

o On voit bien ce qui est proche de nous mais de plus en plus mal le reste.

o Manière de dire que le point de vue du spectateur est relatif.

o L’architecture doit excéder le regard.

o Face au point de vue unique de la Renaissance, les points de vue se multiplient à


l’époque baroque.

o On montre que tout n’est pas à la mesure de l’homme.

o Message caché : l’homme est minuscule face à la grandeur de l’Eglise, il faut donc
lui obéir.

- «Aux-Quatre-Fontaines» :

o 4 fontaines autour de l’église → 4 points de vues différents permettant de voir la


totalité de l’édifice

o Celles- ci sont prévues pour que les spectateurs découvrent les points de vues.

- Espace :

o Architecture de la renaissance : centrée


o Architecture Baroque : multiple.

 Façade organisée en hauteur : 2niveaux.

 Architecture de tension : 4colonnes de même taille à chaque étage :

• Les éléments qui supportent les autres ont l’air en conflit mais tout est
solide.

• Message de l’Eglise : l’homme dans sa petitesse ne doit pas chercher


à comprendre, il doit simplement écouter.

- Opposition ombre >< lumière

- Tout semble sur le point de s’écrouler mais une nouvelle foi, tout est solide.

o Peinture de la Vierge (tout en haut) inclinée vers le bas


o Anges arc-boutés.

50. ‘La coupole de Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines’ (1638-1667), Francesco


Borromini (1599-1667)

- Coupole ovale :

o Cette ellipse remporte un franc succès dans l’art baroque.

48
o Innovation de Borromini : jusqu’ici toutes les coupoles étaient de formes
circulaires.

- Idée de pression : comme si la coupole était à la base un cercle que l’on aurait poussé sur
les cotés → allongement.

- La forme ovale

o Exclu la centralité
o Oblige à se mouvoir et à adopter différents points de vues → Deux foyers dans
une ellipse.

- Formes géométriques à l’intérieur même de la coupole : semblent en mouvement →


impression d’écroulement.

- Lumière dans la coupole : vient d’en haut → lumière naturelle → du Saint Esprit

 Remarques :

- Autres architectes :

o Longhena : de Venise
o Guarini : San Lorenzo à Turin

- Architecture baroque en résumé :

o Art de dimension collective : lieux de rassemblement

o Dramatisation de l’espace : théâtre

o Tensions entre les éléments (ex : ombre et lumière)

o Nouvelle gestion de l’espace : l’homme n’est plus à la hauteur de l’œuvre

Peinture :

- La peinture baroque se subdivise en cinq catégories (de la plus noble à la plus basse) :

o Peinture d’histoire : thèmes religieux, mythologiques, historiques,…

o Portrait

o Paysage

o Nature morte

o Scène de genre : vie populaire,… → genre défendu par la bourgeoisie

- Andréa Pozzo :

o Jésuite

49
o Développe la peinture murale

o A réalisé la voûte de la nef de Saint-Ignace.

- Académie de Bologne :

o S’oppose au maniérisme.

o Revient à la tradition classique sous l’impulsion des frères Carrache.

o Sa doctrine débouche à la fois sur le classicisme baroque et l’académisme.

51. ‘La corbeille de fruits de l’Ambrosienne’ (1596), Le Caravage (1573-1610)

 L’artiste :

- Un des premiers artistes ‘maudits’

- Influence considérable :

o S’oppose aux raffinements alambiqués du maniérisme


o Prône le réalisme.

- C’est à lui que l’on doit la première nature morte :

o Exprime un conflit de nature spirituelle par l’opposition violente de la lumière et


des ténèbres.

- Nature morte = représentation d’objets matériels sans présence humaine :


o Très prisée par les bourgeois car redouble leur production la plus élitiste.

o Corbeille de fruits = leitmotiv chez Le Caravage.

 Analyse :

- En vis-à-vis la nature morte de Bruegel (1618).

- Contre-pied des célèbres peintures mortes flamandes :

Le Caravage Bruegel

Panier en osier, des fruits pourris et des Objets de valeurs, très belle couronne de fleurs,
feuilles trouées coupe en orfèvrerie, bijoux

 Monde populaire, popularisation → forte assise populaire

- Christ représenté en clodo, vierge prostituée → démocratisation des mœurs

- L’artiste impose la corbeille :

o Sortie de son contexte, pas de décor

o Illuminée par une lumière dorée : icône religieuse → mise en scène (théâtre)
50
o On ne peut identifier que la corbeille et son contenu, pas le décor (derrière mur ?
dessous table ?)

o Tension : déséquilibre de la corbeille qui semble trop au bord de la table

- Jeu d’ombre et de lumière : contraste absolu → Clair-Obscur (// architecture)

- Réalisme crédible :

o Le Caravage montre les défauts : peintre transparent, qui ne ment pas, qui est
objectif → cette peinture parle à tout le monde

o Manipulations : 2 feuilles noires pas touchées par lumière → irrationnel

- Classement des genres : paysage, nature morte (en dessous de la hiérarchie) →


représentation populaire

52. ‘Jeune homme présentant une corbeille de fruits’ (1593), Le Caravage (1573-1610)

- Fruits abîmés

- Jeune homme du peuple :

o Yeux maladifs

o Placé hors contexte : dans son contexte, ce personnage aurait été insignifiant →
ici, imposé sur un fond presque noir.

o Lumière blanche autour de sa tête : comme une auréole → caractère sacralisant →


évoque la peinture religieuse.

o Pas un objet de moquerie → valorisé.

o Artifices pour nous imposer cette corbeille : avance la corbeille vers le


spectateur et ses lèvres entre ouvertes montrent qu’il parle.

- Technique : effet de Clair-Obscur.

- Caractéristiques baroques : Populisme, réalisme et théâtre.

53. ‘Bacchus adolescent’ (1596), Le Caravage (1573-1610)

- Peinture d’histoire → mythologique :

o Idéal humain : Bacchus est un Dieu antique du vin et de la fécondité.

- Vin, cruche et verre :

o Verre penché, stries visibles : le personnage tremble → déséquilibre

51
- Réalisme : jeune homme ‘gras’ et éméché → le Dieu n’est pas représenté sans défaut, pas
d’idéalisation → ironie

- Fruits pourris.

- Feuilles de sa couronne : feuilles d’automne >< dieu de la fécondité → popularisation.

- Clair-Obscur : fond foncé et personnage clair.

54. ‘Les pèlerins d’Emmaüs’ (1601-1602), Le Caravage (1573-1610)

 Contexte :

- Thème religieux fort utilisé à l’époque baroque

- Pèlerins : sympathisants du Christ qui, alors qu’ils voyageaient, apprennent les malheurs
de celui-ci et rebroussent chemin. Pendant qu’ils mangent, un autre convive se joint à
eux ; il s’agit du Christ. Il rejoue la scène du dernier repas et puis disparaît. Les pèlerins
voient alors là leur foi réconciliée.

 Message de l’Eglise : c’est le Christ lui-même qui rappelle à l’ordre → l’Eglise veut
rétablir sa position.

 Analyse :

- 4 personnages mais espace restreint

- Symboles :

o Un pèlerin porte une coquille saint jacques (de Compostelle) → symbole des
pèlerins.

o Théâtre : le christ ne porte pas d’auréole mais un des pèlerins à les bras en croix
→ il a compris que c’était le Christ.

o Geste de bénédiction de la part du Christ.

- Réalisme, popularisation :

o Christ banal, proche de tous.


o Pèlerins pauvres : vêtements troués

- Mise en scène :

o Moment crucial où le Christ s’identifie et disparaît.

o Posture des personnages et lumière (clair-obscur) est importante → dramatisation.

 Christ vient de se révéler → dans la lumière.

 Pèlerin qui a compris aussi dans la lumière >< pèlerin à l’avant du tableau
dans l’ombre → ignorance.

52
o Aubergiste :

 Debout
 Purement accessoire

- Au centre : corbeille de fruits et ombre à l’avant de celle-ci → déséquilibre : au bord de la


table.

 C’est la peinture Caravagiste à son apogée.

L’Espagne

 Contexte :

- Pays important et riche : bras financier de l’Eglise catholique (mais jésuites aussi
espagnols).

- Pays clé pour le développement de l’art baroque : mélange aristocratique et populaire.

- L’âge d’or de la peinture espagnole : 17e siècle.

Peinture :

55. ‘Les Ménines’ (1656-1657), Diego Velàzquez (1599-1660)

 L’artiste :

- Commence par Caravagisme.

- Remarquable coloriste.

- Peintre de la cour royale.

- Portraitiste mais a également produit :

o Peintures religieuses
o Mythologiques
o Scènes de genre

- Un des premiers à afficher la facture du tableau :

o Travail des couleurs, des coups de pinceau, des reliefs sont visibles → enlève sa
vraisemblance au tableau (le peintre est censé se faire oublier).

 Analyse :

- Portrait collectif

- Théâtre : spectateurs assistent à une scène.

53
- Scène réaliste : présence de nains (pour amuser la princesse).

- Ménines :

o 2 Jeunes aristocrates qui s’occupe d’une princesse.

o Le tableau se nomme ‘les Ménines’ mais l’objet central du tableau est la


princesse.

- Tableau dans le tableau :

o Le peintre du tableau ne peint pas la princesse : elle lui tourne le dos.

o Dans un miroir au fond, on aperçoit, le roi et la reine à la place du public → c’est


eux que le peintre représente.

o Personnage qui épie du fond de la pièce.

- Points de vue : tellement nombreux et différents qu’on ne sait plus ce qui est important.

- Interprétation :

o Système politique espagnol de l’époque :

 Sous l’autorité du couple royal.

 Princesses : instruments politiques pour faire des alliances entre les pays
par des mariages.

 Aristocratie : symbolisée par les Ménines.

 Bourgeois : Velázquez le peintre lui-même

 Église : religieuse.

 Hidalgo : précepteur de la princesse.

 Avant-plan : deux nains → personnages issus du peuple et amuseurs de la


princesse

 Arrière-plan : premier ministre.

 Allégorie de la société espagnole.

- Peinture réaliste

- Jeu d’ombre et de lumière.

56. ‘Le pied-bot’ (1652), José de Ribera (1591-1652)

 L’artiste :

- Le plus caravagesque des peintres espagnols.


54
- Sujets religieux

- Scènes de genre : anecdotique, avec des personnages populaires.

 Analyse :

- Scène de genre de très grand format.

- Personnage infirme :

o Boiteux, pauvre.
o Semble atteint mentalement mais n’est pas l’objet de moqueries → mise en avant :

 Commande d’un grand espagnol afin de l’installer dans son salon. Celui-ci
voulait faire état de ses actions charitables.

- Personnage populaire : vêtements.

- Personnage sombre >< visage illuminé → lumière dorée des nuages.

57. ‘L’immaculée Conception – Assomption de la Vierge’ (1678), E.B. Murillo (1618-


1682)

 L’artiste :

- Professionnel en matière de peintures religieuses :

o Principalement centré sur la Vierge dont il affirmait le triomphe à travers des


Assomptions et des Immaculées Conceptions.

o La Vierge Marie fait partie d’un culte oculaire → Lourdes, Banneaux →


idéalisation de la vierge.

- S’écarte du Caravagisme : idéalisation de la Vierge → pas popularisation.

- Virginité de la Vierge remise en cause par les Protestants : elle serait montée au ciel
physiquement.

 Analyse :

- Clair-obscur : zones d’ombre → obscurantisme protestant

- Symbole de la Virginité : croissant de lune

- Vierge entourée d’anges qui la protègent → elle fuit l’obscurité.

 Contexte :

- Ses images religieuses ont eu un succès populaire gigantesque → preuve que l’Église a
gagné un pari contre les Protestants.

55
- Le culte marial constituait le fond de commerce de l’Église : il faut taper sur le clou pour
reconquérir les faveurs du peuple.

 Remarque :

- Autres peintres :

o Zurbarán : art ténébreux proche de celui du Greco.

Sculpture est architecture :

- On a majoritairement sculpté sur des bois polychromes : des retables ou statues de


procession pathétique → pas du grand art.

- Même les plus grands artistes (Cano, Hernandez) n’était pas exceptionnel.

- Sur ces œuvres s’accumulaient des anges dorés et des enroulements végétaux
(Churriguera, famille d’architectes décorateurs) → style qui se développera dans les arts
mineurs de la seconde moitié du XVIIe et au XVIII siècles.

La Flandre

- Rôle capital dans l’expansion et le développement de l’art Baroque :

o Positions acquises précédemment (leadership de l’exportation).

o La mode change, les artistes se reconvertissent avec succès (vedettes comme


Rubens).

- Place particulière au niveau géographique :

o Région catholique au milieu de nations protestantes → stratégiquement, la Flandre


représente un pont catholique → forte propagande vers l’extérieur → art :
florissant, plein de séduction.

Peinture :

58. ‘La Vierge et l’Enfant avec saint Jérôme’ (1638-1639), Pieter Paul Rubens (1577-
1640)

 L’artiste :

- Dirigeant d’un « atelier-usine »

- Maître d’une impressionnante pléiade d’artistes (passés par son atelier).

- Fonctions politiques officielles : ambassadeur.

56
- Formé en Italie.

- Influence de Caravage : pousse la caravagisme à son paroxysme innovant.

- Succès dû à son génie : pousse le baroque jusque dans ses derniers retranchements →
influence l’évolution de l’art.

- Au service de la Contre-Réforme : peintures des épopées catholiques mais aussi


mythologiques

 Analyse :

- Sainte conversation : autour de la Vierge à l’Enfant se trouvent réunis d’autres saints


personnages.

- Vierge au centre + les saints représentés sont ceux contestés par le protestantisme → on
les revalorise dans l’iconographie religieuse.

- Pape représenté près de la Vierge (important de montrer la hiérarchie).

- A gauche :

o Saint Georges :

 Saint patron de l’Angleterre qui s’est égarée depuis l’anglicanisme de


Henri VIII. La famille Stuart va accéder au pouvoir et tenter de restaurer le
catholicisme.

 Présenté comme un soldat prêt à se battre :

• Tête de dragon (symbolisant le mal vaincu)


• Bout de lance (coin inférieur gauche)

 Même s’il s’est acquitté de sa mission, il est prêt à repartir à l’assaut →


image d’une Église reconquérante, prête à récupérer le terrain qu’elle
avait perdu avec la Réforme.

- A droite :

o Saint Jérôme :

 Un des pères de l’Eglise.


 Représenté très vieux (proche de l’époque du Christ)
 Air en colère → mise en valeur de sa force
 Bras en cercle : se resserrent vers la Vierge → protecteur.
 Ecrase un lion → symbole de sa puissance.

 Saint George est le combattant réel et saint Jérôme est le combattant spirituel,
ils combattent autour de la Vierge.

- Style de Rubens :

o Caravagisme : clair-obscur
57
o Plus de puissance et de vitalité
o Plus de dynamisme : lignes, couleur (rouge et jaune : feu → mouvement) ><
Caravage : couleurs plus froides → apporte un plus au style de Caravage.

 Participe à la force.

59. ‘Charles Ier à la chasse’ (1635), Antoine van Dyck (1599-1641)

 L’artiste :

- Le meilleur élève de Rubens.

- Portraitiste le plus important dans le monde catholique et à l’échelle internationale.

- Avant d’être attaché à la cour des Stuart en Angleterre, il a travaillé à Londres, où l’on faisait
appel aux peintres flamands et aux grands artistes catholiques.

 Analyse :

- Fait sensation : ne ressemble pas aux portraits royaux de l’époque :

o N’importe quel aristocrate pourrait être représenté.

o Popularisation : 2 serviteurs et un cheval

o Humanisation de la royauté : le monarque semble contemplatif, être un individu


simple → sympathie pour le personnage.

o Œuvre fort diffusée.

- Premier portrait d’un personnage important dans un paysage.

- Procédé du Caravage utilisé dans la politique :

o Clair-obscur : végétation par rapport au personnage et ombre du chapeau par


rapport au visage.

o Dialogue entre Personnage et Nature : roi orienté vers la mer, vers le ciel →
ancêtre de la peinture romantique, mélancolie

o Utilisation des couleurs : Ciel mitigé se retrouve dans la couleur de la robe du


cheval → Fusion entre le Cadre et le personnage.

 Remarques :

- Peintures majeures :

o Peinture historique : thèmes religieux, mythologiques, d’actualité.


o Les portraits

- Genres mineures :

58
o Paysages
o Natures mortes
o Les scènes de genres

 La peinture flamande s’est illustrée dans tous ces genres.

60. ‘Le fumeur’, David Teniers, le Jeune (1610-1690)

 L’artiste :

- Considéré comme un «petit maître» car professionnel des petits genres (héritage de Bruegel).

- Valorisation des scènes populaires >< Bruegel : paysans dépeints de manière plutôt négative.

- Peintre cependant important car peintre officiel des archiducs des Pays- Bas du Sud (très
productif et abordait beaucoup de thématiques).

- Cabaret, café, etc. : images négatives, de débauche → attaque les milieux populaires.

- Personnages secondaires :

o Jouent aux cartes


o Paraissent peu sympathiques
o Serveuse qui épie

 L’artiste ne flatte pas les gens du peuple et leurs loisirs.

- Personnage central : bourgeois qui fume → pas valorisé, gaspillage.

 On admet que la bourgeoisie à ses vices.

- Tradition (Bruegel) : pipe cassée au sol.

61. ‘La douleur’, Adriaen Brouwer (1605-1638)

 L’artiste :

- Peintre majeur dans son domaine et à son époque.

 Analyse :

- Représentation des charlatans (faux médecins) : dénonciation de la naïveté des gens.

- Charlatan (rebouteux) : n’a pas l’air d’avoir de mauvaises intentions, au contraire, il a l’air de
vouloir aider, soulager la douleur.

- Blessé : représente un instantané de la douleur (manière expressive) → vision objective des


choses, attire la compassion chez le spectateur.

- Affirmation des coups de pinceau, griffe du peintre est mise en avant → équilibre entre
objectivité et subjectivité :
59
o Peinture semble avoir été peinte en vitesse, dans l’urgence, comme un
instantané → il a fallu griffonner vite pour saisir sincèrement ce qu’il voyait.

o Cette impression n’est qu’une illusion : la mise en scène est faite pour manipuler
le public.

- Evocation de le Caravage : chiffon sur le rebord de la table → certaine filiation : populisme,


réalisme et jeux de lumière.

 Remarques :

- Autres peintres :

o Jacob Jordaens (1593-1678).


o Petits maîtres : Bruegel de Velours, Snyders.

Architecture et sculpture :

- Enorme activité en Flandre.

- L’action des jésuites est déterminante.

- Le style baroque n’est pas le monopole → style gothique aussi important.

- Architectes :

o Huyssens
o Van Hees dit Hesius, Franquart.

- Sculpteurs :

o Duquesnoy
o Faydherbe
o Quellinus
o Del Cour.

La Hollande

- Pays matériellement prospère, politiquement indépendant et protestant → art différent.

- La peinture l’emporte sur la sculpture et l’architecture.

- Champ d’action réduit pour les artistes : les protestants refusent l’image religieuse dans les
temples

- République dominée par la bourgeoisie → genres mineurs mis en avant → inversion des
genres (mineurs et majeurs)

60
- Fin du système de commande de tableau → l’offre précède la demande (peindre et ensuite
tenter de vendre les œuvres) → il faut donc plaire et avoir son propre style → évolution rapide
de l’art, concurrence → modernité.

- Chaque peintres se spécialise dans ce qu’il considère le plus sûr.

- Niveau stylistique : caravagisme au cœur des recherches de ces peintres hollandais


(Rembrandt lui-même est issu de l’école caravagesque).

Peintures :

62. ‘Autoportrait de l’artiste à son chevalet’ (1660), Rembrandt Harmenszoon van Rijn
(1606-1669)

 L’artiste :

- Œuvre abondante et variée.

- Influence caravagiste :

o Clair-obscur très présent dans son œuvre → ambiance mystérieuse et mystique.

- Polyvalent : peintre, graveur,…

- Personnel : une centaine d’autoportraits. Mais ne peignait pas pour se mettre en valeur (><
Dürer).

- Selon lui, un seul portrait ne permet pas de cerner la personnalité de quelqu’un, cela n’est
possible qu’avec une personne : soi-même.

- Orgueilleux : grand nombre d’autoportraits.

- Tente d’utiliser la peinture à des fins de connaissance et de psychologie mais en montre les
limites.

- Œuvres religieuses et mythologiques (malgré le fait que la demande soit inexistante).

 Analyse :

- Clair-obscur : visage éclairé, mais une partie reste sombre, lui échappe.

- Peinture pas lisse mais en croûte (épaisseur) → lutter contre la matière (coups de pinceau,
travail à la spatule).

- Invention de nouveaux types de peintures : il faut que la peinture se fasse oublier au


maximum pour le réalisme → partie d’artifice moins révélée

63. ‘Danaé’ (1636-1647), Rembrandt Harmenszoon van Rijn (1606-1669)

 Contexte :

- Mythologique : nymphe vénale séduite par Zeus (sous la forme de poussière d’or).
61
- Confidentiel :

o Peinture de petit format

o Dieu est présent mais derrière la tenture, on voit que Danaé regarde dans sa
direction.

 Analyse :

- La tenture est tenue par une vieille dame (entremetteuse).

- Danaé est intéressée vers l’ouverture (présence de Zeus sous forme de poussière d’or)

- Présence d’objets en or qui se réfèrent à Dieu.

- Lumière nuancée, pénombre dorée.

- Caractéristique du Caravage :

o Clair-obscur : mais à la sauce Rembrandt → Une poussière, un peu tamisée →


image un peu mystérieuse.

o Moment crucial : arrivée de Zeus

- Popularisme (// Velasquez et les « ménines »): le modèle qui a servi à la représentation d’une
divinité est la servante de Rembrandt (qu’il épousa à la fin de sa vie).

 Cette peinture a des limites (// architecture) au-delà desquels nous ne pouvons voir.

64. ‘Le joyeux buveur’ (1625-1630), Franz Hals (1581/5-1666)

 L’artiste :

- Il n’avait pas de rival dans le domaine du portrait individuel ou collectif.

- La famille est un thème important dans la peinture hollandaise du 17e s.

 Analyse :

- Personnage populaire, réaliste : nain, bourgeois, grand habitué des cabarets.

- Clair-obscur : Le visage est lumineux, mais le chapeau est d’un noir pur (une tâche, pas de
couture, …).

- Des stries autour du chapeau montrent que le personnage tremble.

- Son verre est penché (// Coupe de fruits du Caravage)→ ivresse.

- On voit les coups de pinceau, ce qui donne une impression de croquis, du dynamisme,
présence du peintre visible (c’est d’ailleurs ce qui le rend si célèbre).

62
- Mise en avant de la picturalité : le rond noir au dessus de la tête du personnage est selon
nous un chapeau mais si on découpe cette forme noire, on obtient rien qu’une tache noire,
rien de plus (contextualité de la tache) (// feuilles en silhouette dans la corbeille de fruit du
Caravage)

65. ‘La lettre d’amour’ (1667-1668), Jan Vermeer (1632-1675)

 L’artiste :

- Production réduite : une quarantaine de petits tableaux.

- Peint sa ville (Delft) et des scènes d’intérieur.

- Très grand coloriste, composition très nette, lumière cristalline. Il travaille par petits points.
Maître de la scène de genre.

 Analyse :

- Personnage central : une bourgeoise dans son intérieur discutant avec une servante.

o Attention mise sur la bourgeoisie


o Image narcissique de la Bourgeoisie

- Personnage populaire : la servante

- Sous-thématique :

o Certain travaux domestiques, éducation des enfants,...


o Chaque fois que Vermeer aborde une sous-thématique il le fait de manière
frappante.

- Action : la bourgeoise tient une lettre, regardant béatement la servante, celle-ci à la bouche
ouverte (en train de révéler l’auteur de la lettre). La Bourgeoise était en train de jouer de la
musique (instruments en main, arrêt sur image comme une photo) :

o Secret des femmes : nous restons dans l’ignorance, le spectateur est privé de la
révélation → « voir n’est pas forcément comprendre ».

o Thème récurant : contact entre une jeune femme et un amant :

 L’amant n’est pas présent physiquement dans le tableau : nous voyons que
nous ne voyons pas (ex : Les Dentellières où l’on voit qu’elle travaille mais on
ne voit pas ce qu’elle fait).

 D’habitude, dans d’autres tableaux, un visage masculin apparaît derrière une


tenture épiant la liseuse (lettre d’amour)

- Cadrage particulier :

o La pièce principale est séparée par un balai, une tenture, des chaussures.

o Le spectateur se trouve dans une pièce sombre (placard): place de l’entremetteuse.

63
o Nous sommes des voyeurs : il y a des obstacles, l’endroit où nous nous trouvons
n’est pas prévu pour nous laissez voir → cette position nous amène à réfléchir sur
notre statut de spectateur (a-t-on le droit d’entrer dans l’intimité de quelqu’un ?)

o Œuvre très réaliste, presque une photographie

- Moment crucial : c’est le moment où la jeune femme sort de l’ignorance (// les pèlerins
d’Emmaüs).

- Clair-obscur.

66. ‘Le cimetière juif’ ou ‘Les tombes profanées’ (1657) Salomon Van Ruysdael (1600-
1670)

 L’artiste :

- Paysagiste, il annonce le romantisme par le caractère tourmenté de ses tableaux.

 Contexte :

- En général : soumission du paysage à un autre thème que le paysage lui-même, la hollande y


met fin :

o Stade important pour la peinture : c’est dans le paysage que la peinture va


s’affirmer en tant que telle au détriment de la représentation → la peinture n’est
pas un but en soit, c’est un outil pour atteindre une réalité extérieure.

- Paysages locaux, la bourgeoisie règne sur son petit univers → restreint pour un public
spécifique.

 Analyse :

- Tableau de Composition :

o Paysage pur
o Pas de présence humaine
o Paysage d’invention.
o Nature sans association à une histoire.

- Atmosphère :

o Romantique (particulièrement friand de ruines) et fantastique.

o Renforcement de la rupture : torrent, arbres puissants foudroyés.

o Contraste: ciel noir - ciel bleu.

o Cette peinture annonce le 19e siècle et le Romantisme.

- Décor : moteur de la représentation théâtrale → le drame est produit par un conflit :

o La nature reprend ses droits : la nature humaine, le château, et le sauvage, la


nature.
64
o Idée de violence : tronc (pont) brisé, tombes profanées, ruine, arbres morts.

o Tension : ciel contient à la fois du bleu, une tempête et un arc-en-ciel (vient après
la pluie).

o Elément dramatique : torrent

o Un décor de théâtre potentiel  théâtralité est présente partout (travail de


metteur en scène de l’auteur)

o Création d’un Pathos (décor particulier)

 Théâtralité du paysage, et jeux de tensions  typique de l’esthétique baroque créent par LE


CARAVAGE

La France (et la Lorraine)

 Contexte :

- Règne de Louis XIV :

o Retour à l’ordre sur le plan politique, économique, moral, philosophique et


artistique.

o Période de prestige et d’impérialisme.

o La France détrône l’Italie au niveau artistique : Caravagisme. Elle s’impose au


XVIIe siècle comme le plus grand centre de production artistiques et est le point
de lancement de nouvelles modes. (Influence jusqu’en 1945).

- Période de création d’Académies de sculpture, de peinture et d’architecture :

o Organisations professionnelles qui gèrent tous les aspects de la profession des


artistes et leur donne des libertés (accès à la profession, enseignement).

o Remplacent les corporations → production des arts décoratifs par des


manufactures royales, Etat)

o Permettent aux artistes d’exposer leurs peintures → occasions de présenter leurs


collections au public.

o Auto-direction des artistes et émancipation des académies en échange service pour


l’état (sortes de corporations [système ancien]) :

 Subsides pour faire fonctionner l’académie.

 Dépendance à l’état : les artistes deviennent des fonctionnaires mais avec une
sorte d’autonomie.

65
- Force artistique liée à la mise en avant de l’Etat (état centralisé autour d’un roi) → toute la
production est au main de l’Etat :

o Des styles portent le nom d’un souverain : Style Louis XIV.

o Exportation de la production.

o Politique de commande publique.

o Nationalisation des manufactures → centralisation de la production, …

 Soierie à Lyon
 Des gobelins (mobilier)
 Céramique
 Baccara : verre
 Modèles décoratifs

o Les arts plastiques sont des instruments politiques, de propagande et de prestige (//
art gothique créé pour le prestige du roi)

o Le salon (pas du tout déterminé par l’organisation professionnelle) se retrouve


partout en Europe après la Révolution Française

o Les préférences du Roi-Soleil vont à l’architecture.

Architecture :

67. ‘Photographie des jardins de Versailles’ (1668-1710)

 Versailles :

- Le plus grand des palais : il doit frapper un grand coup pour éblouir l’Europe entière
(intérieur et extérieur somptueux)

- Construit pour Louis XIV :

o A la base, comme résidence secondaire, de chasse


o Il en fait par la suite sa résidence principale (beaucoup de princes se feront construire
de petits Versailles → Voltaire évoque tous ces princes).

- Lieu de pouvoir vis-à-vis de la France et de l’étranger :

o Lieu où se règlent les affaires de l’Etat.

o Instrument de contrôle par rapport à l’aristocratie qui devait y vivre 6 mois par an
(pour être proche de la cour, pour bénéficier d’avantages) → Louis 14 tient sous sa
coupe l’aristocratie française qui était difficile à tenir (// Japon : aristocratie obligée de
vivre 6 mois à la capitale).

- C’est un lieu publique mais avec des obligations vestimentaires :

66
o Commerce : location de l’épée et du chapeau réglementaires (un peu comme un parc
d’attraction).

- Entraîne le leadership de la France en matière d’art :

o Les français prônent le classicisme mais le style baroque demeure tout de même).

o Intervention de milliers de travailleurs (artistes + ouvriers) → développement des


professions artistiques en France.

- Caractéristiques :

o Symbole solaire : les avenues rayonnent à partir du palais dont le cœur est la
chambre royale → on assiste au lever et au coucher du roi (// place st Pierre mais
cette image de rayonnement est ici laïcisée).

o Symbole du baroque : palais labyrinthique et colossal qui écrase l’homme →


véritable déséquilibre entre l’homme et l’architecture.

- Classicisme :

o Ne s’impose que progressivement avec les transformations et agrandissement de


Versailles par Jules Hardouin-Mansart (galerie des Glaces, le grand Trianon, la
Chapelle).

o Louis XIV se fait représenter sous les traits d’Apollon (roi du soleil)

 Les commentateurs et les historiens de l’époque ont essayé de dire que l’art français était
spécifique et >< de l’art baroque italien.

- Hardouin-Mansart (// mansarde) a réalisé la Chapelle royale Sainte-Louis-des-Invalides.

- Les Jardins de Versailles furent réalisés par Le Nôtre.

Sculpture :

- Artistes de style baroque.

- Artistes de style classique.

- François Girardon (‘Apollon servi par les nymphes) et Pierre Puget (‘Milon de Crotone’).

- Les portrait en buste sont fort à la mode : Antoine Coysevox.

Peinture :

68. ‘Louis XIV visitant la manufacture des gobelins’ (1673-1679), Charles Le Brun
(1619-1690)

 L’artiste :

- Premier peintre de la cour.


67
- Principal fournisseur de cette manufacture.

- A réalisé beaucoup de scènes militaires.

 Analyse :

- Tapisserie

- Œuvre pacifique : tapisserie représentant le roi Louis XIV à la manufacture des gobelins.

o Les gens ne sont pas à l’ouvrage mais en train d’amasser des objets aux pieds du
souverain :

 Référence à une scène de guerre (partage du butin).

 Il veut qu’on le compare à César ou Alexandre le Grand.

 Cette scène est tellement forte qu’un des personnages tente d’arracher des
statues.

- Arrière-plan : représentation d’une scène de bataille → le Brun ne sort pas de son obsession
des victoires militaires.

 Art rationnel (désordre pensé) plus classique que l’art baroque (exaltation du baroque)

69. ‘Marie-Madeleine repentante’ (1630-1635), Georges de la Tour (1593-1652)

 L’artiste :

- Exerçait son art sous Louis 13 mais n’était pas très connu à son époque car il n’est pas
français :

o Artiste Lorrain : région qui n’appartenait pas à la France à l’époque → pas


vraiment français (de plus il a vécu en Italie).

o Aujourd’hui très connu après une disparition de plus de 350 ans (→ 1950)

o Œuvres non signées et attribuées à d’autres artistes → collection durement


reconstituée.

- Interprète le caravagisme de façon rationnelle : clair-obscur, décors très simples, projecteurs


sur les personnages, objets représentés avec minutie, …

- Représentations de scènes sacrées : traitées comme des scènes de genre

- Palette : sombre et éclairage contrasté mais les volumes s’aplanissent.

 Analyse :

- Thème : repentance (thème de la contre-réforme).

- Le personnage médite sur la vie :


68
o Crâne symbole de la vanité

o Corde serrant sa taille pour représenter la souffrance

o Livres pour apprendre

- Caractéristiques caravagesques :

o Présence de clair-obscur

o Précision du détail (comme la lampe à huile)

- Différences par rapport au caravagisme :

o La silhouette du personnage est fort dépouillée : silhouette, pas de plis dans les
vêtements, de mouvements dans les cheveux (>< aspérités du corps humain chez
le Caravage)

o De la tour indique la source de lumière (qui ne pourrait pas éclairer autant le


visage de la vierge → élément logique, cartésien).

o Idéalisation de la figure, intellectualisation de la figure → pas de remise en


question du modèle originel.

70. ‘L’inspiration du poète’ (1630), Nicolas Poussin (1594-1665)

 L’artiste :

- Considéré comme le créateur d’un art typiquement français → polémique en France :


querelles des Poussinistes (nationalistes français) >< Rubbisnistes français (plus ouvert).

- Figure peu centrale de l’art classique.

- A vécu à Rome mais fut peu marqué par l’art baroque.

- Il existe deux Poussin :

o L’un est un habile metteur en scène d’un théâtre figé, soucieux de la correction du
dessin.

o L’autre est un Poussin plus voluptueux et préromantique à qui le langage de la


couleur n’était pas inconnu.

 Analyse :

- Met en œuvre :

o Apollon au centre : avec laurier et lyre.

o Entouré d’un poète à sa droite : avec messager des Dieux qui lui pose une
couronne sur la tête (Cupidon et Venus).

69
o Muse

- Apollon :

o Il est en train de dicter un texte au poète.


o Il pointe quelque chose du doigt.
o Est couronné de laurier.
 Il faut s’inspirer de l’antiquité

- Pas de clair-obscur

- Peinture figée.

- Composition des personnages en triangle avec un élément central (stabilise la position).

- Les personnages sont idéalisés et antiquisants : ils se penchent (// Grèce).

 Œuvre à contre courant. Classicisme : contenu et message classique.

 Contexte :

- Au 17ème siècle, en Italie, les peintres restent fidèles au Maniérisme car ils ont beaucoup
d’élèves (Bologne : reçoivent artistes, étudiants étrangers) ces artiste freinent l’innovation
baroque et restent au classicisme de la renaissance. Poussin fait partie de cette académie.

71. ‘L’hiver ou le Déluge’ (1660-1664), Nicolas Poussin (1594-1665)

 Analyse :

- Scène de la bible pour représenter une saison, l’hiver.

o A L’arrière : grand bateau en bois (// arche de Noé).

- Mort évoquée à travers l’hiver.

- Violence et tension (pathétique):

o Rochers déchiquetés, arbres morts, chute d’eau (// le cimetière juif : choix d’éléments
paysagers qui accentuent la représentation de la crise).
o Un éclair déchire le ciel → Colère de Dieu (// Giorgione)

- Elément dramatique : présence humaine en mauvaise posture (caractéristiques baroques)

- Clair-obscur

 Poussin n’échappe pas au style baroque.

72. ‘Paysage avec saint Georges’ (1643), Claude Lorrain (1600-1682)

 L’artiste :

- Trois appellations différentes :

70
o Italie : Claude Gellée (son nom de famille)

o Angleterre : Claude

o France : Claude Lorrain → ceci vise à le ramener dans le patrimoine français MAIS à
l’époque, les Lorrains n’étaient pas français.

 Différences d’interprétation (on ne s’accorde déjà pas sur le nom + si il vient d’un tel
pays alors telles influences mais si il vient d’un autre pays, d’autres influences)

- Artiste qui marque le paysage d’un point de vue international (références) :

o Succès en France au départ

o L’ensemble de sa clientèle est Italienne.

o Il avait son livre de vérité pour authentifier les bons tableaux (car beaucoup de
reproduction, de copies)

- Spécialiste des paysages :

o Lumière calme et claire où les personnages sont réduits à de petites silhouettes.

o Composés en atelier.

o Sujets bibliques ou mythologiques.

o Il n’était pas un paysagiste pur et n’est pas non plus innovateur.

- La plupart de ses tableaux étaient conçus et vendus par deux → commandes :

o Ces Paires ne racontaient pas la même histoire mais se basent sur la même idée, se
complètent (histoire de la bible + de la mythologie).

o L’histoire fait partie du projet avant que la peinture ne soit réalisée.

 Analyse :

- Pas un paysage pur → présence d’humains (il ne pouvait pas être un paysagiste pur car il est en
Italie qui est conservatrice).

- Monotonie de construction :

o Rideau végétal en bas

o Eléments verticaux : végétaux ou architecture sur les côtés.

o Présence de l’eau à l’arrière de la scène.

o Arrière plan : horizontal, apaisé.

o L’ensemble du paysage gravite autour de la scène principale → mise en scène.

71
- Les éléments varient tout de même selon les scènes :

o Scène calme :

 Architecture humaine présente.


 L’eau est une étendue calme.
 Les fleurs sont des roses
 Les éléments végétaux pins parasols, …

Ici :

- Saint Georges est en train de combattre un dragon.

- Présence de ronces à l’avant plan

- Pas d’architecture, la civilisation humaine est loin (à l’abri de la violence).

- Les arbres sont des chênes (puissance) dont un est mort (violence)

- Le cours d’eau est torrentueux

- La ligne d’horizon est cassée → combat


 Ce sont des choix pour faire ressortir une idée de combat.

- Présence de personnages secondaires.

- Une jeune femme s’enfuit

- Les personnages mis à l’abri regardent la scène, protégé par un rideau végétal → Théâtre.

73. ‘Ex-voto’ (1662), Philippe de Champaigne (1602-1674)

 L’artiste :

- Belge, né à Bruxelles (les chauvinistes français ont bien entendu essayé de se l’attribuer)

- Peintre officiel de la cour Française (portraitiste de Louis XIII), plusieurs tableau de Richelieu.

- Va volontairement quitter ses fonctions officielles (favorisantes) pour prendre son


indépendance. Il se mettra au service du Jansénisme (évêque jésuite Janssens) :

o Courant de l’Eglise catholique française.

o Le noyau du Jansénisme se trouvait au Couvent de Port Royal – Paris, et attirait


du monde – Racine, Pascal.

o La doctrine Janséniste prônait la croyance de la prédestination :

 L’homme naît damné ou sauvé.


 Le salut se manifeste par la réussie sociale, la vertu morale, la réussite
économique → calvinisme.

72
o Cette doctrine sera réprimée par l’Eglise et le pouvoir politique mais sera aussi
défendue par l’Eglise Protestante.

o Le Jansénisme est un instrument de critique contre la cour française (monde de


débauche).

o Marque qui accompagne les évêques (purement éthique : quelqu’un qui parvient à
mener sa vie avec droiture appartient au camp des élus de Dieu).

 Analyse :

- 2 religieuses (de Port-Royal) dépouillées de bien matériels :

o Une est vieille et l’autre est malade.

o Pourtant la joie et la confiance se lisent sur son visage (choix de vie dans la foi et la
vertu → grâce).

- Mise en scène :

o Clair-obscur.

o La lumière semble émaner des religieuses (lumière arbitraire).

o Force du Sujet (arme formée par le Caravage à des fins de propagande) : évoque la
maladie et l’âge → réalisme.

- Il y a une contradiction : les vêtements sont représentés avec beaucoup de soin, ce qui n’est pas
une caractéristique Janséniste → Champaigne n’oublie pas totalement son passé de peintre à la cour.

74. ‘La charrette’ ou ‘Le retour de fenaison’ (1641) Louis Le Nain (1593-1648)

 L’artiste :

- Les frères Le Nain pratiquaient la scène de genre (scènes anecdotiques,…) qui occupait le bas de
l’échelle dans la hiérarchie picturale.

- Les peintres travaillaient généralement pour la bourgeoisie.

- De nombreux tableaux furent consacrés au monde rural.

 Analyse :

- Représentation de jeunes personnages (adolescents) et d’une mère portant un bébé.

- Le tableau semble avoir été vite fait : impression d’instantané, d’objectivité (comme si pas de
volonté de délivrer un message mais il y a bien un message sous-jacent) → artifice de mise en scène.

- Impression de problème au niveau du cadrage : personnages excentrés, centre de la composition


vide.

- Représentation ‘Des Ages de la Vie’ (cycle) :


73
o En bas à droite, il y a un bébé.

o Un peu plus haut, une groupe d’enfants et puis des adolescents (dont un qui garde la
basse-cour, une autre s’occupe de sa petite sœur).

 L’adolescent regarde vers la mère → passage à l’âge adulte.

o La jeune femme recommence le cycle.

o La mère avec son bébé expose un large sourire → signe de force intérieure (// sourire
de la religieuse dans le tableau précédant).

o Cette idée de cycle est soulignée par la présence de roues de charrettes.

o Le cercle est vide car les éléments importants se trouvent à la périphérie (on est
amené à devoir tourner).

- Contrairement à Bruegel, Le Nain ne se moque pas des paysans : les enfants sont sages, la mère
est sereine → valorisation du populaire (// le Caravage).

- Réhabilitation de l’enfance, qui était une période sans importance.

- Valorisation de la femme : elle n’est pas représentée comme inférieure à l’homme.

- Au niveau politique : alliance objective entre la bourgeoisie et la masse populaire >< 16 e


siècle : on se différenciait du monde populaire.

Le 18e siècle : Rococo et Néoclassicisme

- Grande période du ROCOCO → l’objet de nombreuses critiques à cause de sa douceur de


vivre (art frivole, superficiel, futile). Siècle d’amoralité, d’athéisme (rejet de religion mais les
plus beaux fleurons de l’architecture rococo sont des églises allemandes).

- La France est le pays qui fait «l’effet» des différents courants artistiques, elle représente une
sorte d’autorité culturelle ; c’est elle qui oriente les goûts esthétiques.

- En France, on reproche à cet art du 18e :

o D’être un art sans engagement, sans morale, sans valeur.

o D’être mièvre et «féminin».

o Le style rococo sera d’ailleurs surnommé le style «Pompadour» (Pompadour


dominé par sa maîtresse → siècle sans virilité).

- Mais la Révolution française (1789 Fin de l’Ancien Régime) sera un engagement, un


combat :

o Les artistes servent une cause politique.

74
o La critique a caricaturé la production artistique du 18e alors qu’il y a eu une très
grande variété du point de vue stylistique, alors que le 17e était fort homogène.

o Le 18ème siècle est un mauvais siècle car il est la fin de l’AR par contre, il
concernera tout le monde occidental.

o Création artistique pure → indépendant d’une cause, d’un contexte religieux →


sorte de désengagement de la création artistique (cela n’a rien de négatif)

- Le style rococo correspond au règne de Louis XV.

- Dernier tiers du 18e, nous avons deux nouveaux courants concurrents et antagonistes qui
émergent : le NÉO- CLASSICISME (style Louis XVI 1760-1815) et le ROMANTISME (en
Allemagne et en Angleterre).

- Le rococo est typique du 18e (dure +/-25ans), il appartient à la France mais touche aussi
l’Allemagne (beaucoup d’églises). Par contre touche très peu dans nos régions.

- Quatre styles qui vont se développer (3 nés en Italie)

o Le baroque perdure (pas seulement en Italie)


o Le rococo se développe sur une trentaine d’années
o Avant la révolution française :

 Le néoclassicisme
 Le romantisme
 Extrêmement engagés sur le plan politique

- Dans le style rococo, clivage très marqué entre deux tendances :


o Aristocratique (érotique)
o Bourgeois (éthique)
 Politique interne s’installe entre ces deux styles.

- Pour la 1e fois on a affaire à des artistes qui connaissent des périodes ≠ dans leurs
productions.

 Siècle passionnant car on ne peut plus le comprendre en clichant une photo.

- Il n’y a pas de rupture mais une grande filiation.

Italie

- L’Italie reste un pays de références, Venise en particulier :

o Premier foyer de l’activité touristique en Europe : la clientèle fortunée (touristes ;


surtout les étrangers anglais qui lancent cette mode du voyage → pour parfaire
leur éducation) ramène des souvenirs de luxe (œuvres d’art) dans leur pays →
certain regain de l’art.

75
o Le paysage et la scène de genre sont les genres importants vu que cette peinture de
Venise est essentiellement orientée vers le souvenir (càd. une Venise pittoresque
appréciée des touristes).

o La production vénitienne est aussi très diverse.

o Le romantisme accentue la nostalgie → souvenir → dope la production locale (//


Spa : thermes, production artisanale, …)

75. ‘Le Grand Canal vu de la ca’Foscari’ (1730), Canaletto (1697-1768)

 L’artiste :

- Exactitude du rendu de cette artère principale de Venise : pour mesurer la montée des
hauts à Venise depuis le 18ème siècle, on utilise les tableaux de Canaletto.

- Le paysage tient du genre commercial ; c’est ce qui a fait le succès de Canaletto.

 Analyse :

- Paysage pur : architecture, gondoles.

- Il y a tout un aspect pittoresque.

- C’est une peinture qui ne fait que reproduire des éléments de la réalité (exactitude
extraordinaire) ; on veut ramener un souvenir de quelque chose qu’on a pu voir. Il n’y a
pas de message politique à faire passer.

- La lumière est l’un des sujets principal : homogénéisation du ciel et de l’eau →


impression de brumes.

- Il y a homogénéité de la couleur : nostalgie des vacances. Cette peinture est proche de


l’impressionnisme.

76. ‘Gondole sur la lagune’ (1784-1789), Francesco Guardi (1712-1793)

 L’artiste :

- Considéré aujourd’hui comme supérieur à Canaletto sur le plan plastique.

- C’est un petit maître qui a été réhabilité au titre de grand peintre vénitien.

 Analyse :

- Abstraction de tous les détails pittoresques : la ville est reléguée à l’arrière-plan.

- Plus de perspective mais la peinture est traitée en surface par la couleur → solidarité entre
la mer et le ciel (se confondent).

- Cette peinture s’émancipe de la représentation pour jouer sur les valeurs de la peinture (la
couleur, la facture) → avant-gardisme.

76
- La seule « couleur locale » est la gondole

- Si on fait abstraction de la gondole et de la ville, on a plus que l’effet pictural qui compte.

- Art très innovant → tristesse dans le tableau (>< superficiel)

77. ‘Les prisons’ (1761), G B Piranesi dit Piranèse (1720-1778)

 L’artiste :

- Graveur vénitien :

o La gravure était un art de diffusion mais un art mineur → graveur au service du


peintre, ils reproduisent des peintures faites par d’autres (gravures de reproduction
de peintures, de paysages, de scènes, de motifs de décoration, des vues de Rome,
…)
o Exceptions : Rembrandt et Bruegel (peintres et graveurs d’invention)

- S’installe a Rome, métier : propose reproduction de bâtiments romains ou bâtiments


religieux sans jamais respecter les proportions.

 Analyse :

- Au niveau de l’échelle : ses personnages sont minuscules par rapport à l’architecture →


pas objectif.

- Série de gravures des Prisons (totalement imaginaire). Ces prisons évoquent des
labyrinthes (passerelles, escaliers, couloirs,…). Il y a une allégorie désenchantée de la
position humaine dans le monde. Désorganisation de ces intérieurs, chemins qui ne
mènent nulle part.

- Pré- romantisme, de pré- surréalisme (cf. Yourcenar, Le nom de la rose). Ces prisons sont
loin de la frivolité du rococo.

- A Venise, des personnalités se développent dans des domaines divers.

78. ‘L’investiture d’Herold Résidence de Würzbourg’, Tiepolo Giambattista

 L’artiste :

- Spécialiste de la peinture de fresques, murale.

- Intervient en Espagne, en Allemagne et à Venise, sur des chantiers architecturaux de style


Rococos → affinités entre les architectes qui font appel à lui et sa peinture.

 Analyse :

- Fresque : technique picturale très particulière car le peintre doit travailler très rapidement
sur fond humide → réaction chimique → pellicule de protection (avantage pour les lieux
où la conservation n’est pas favorable) :

o Nombre de pigment très réduit (exclus les pigments d’origine métallique)

77
o Mais ici le peintre a réussi à étendre la palette de la fresque → supériorité
technique qui a fait son succès.

- Cette peinture mélange les genres, transgresse les limites de la sculpture, de


l’architecture :

o La sculpture : angelots, tentures en relief

o Architecture réelle : corniche composée de nombreuses moulures → elle semble se


prolonger dans le peinture c’est voulu :

 Chien qui repose sur la corniche.


 Lance qui barre la signature du peinture.

 Réconcilie des choses que l’on sépare généralement (architecture, sculpture).

- Réconciliation des couleurs : unification par le blanc (// Bellini, Carpaccio [peinture
vénitienne]) :

o La lumière blanche se décompose dans différentes couleurs → blanc = fusion des


couleurs (apporte une certaine forme de confusion).

France

- L’école Française est la plus influente au 18e siècle.


- Depuis Louis 14 les yeux sont tournés vers les Français.
- Intellectuels : Voltaire, Diderot, etc. :

o Se chargent de la propagande de l’art français (privilèges à certains artistes).

o Activité de critique d’art :

 Diderot : 1er critique d’art moderne (compte rendu détaillé des salons).

o Conseillers pour la réalisation de collections (Catherine de Médicis, Philippe II).

- Deux catégories (différentiation sociale) → pour une fois les choses sont explicites):

o Pole aristocratique
 3 peintres qui ont d’innombrables imitateurs → très grand succès :
• Antoine Watteau

o Pole bourgeois
o Diderot défenseur des bourgeois dans tous les domaines artistiques
o Drame sérieux ou bourgeois
o Paradoxe : peinture appartenant a une catégorie sociale moindre que l’aristocratie
va avoir le vent en poupe (l’aristocratie elle-même va se mettre à acheter ces
tableaux)

78
79. ‘L’embarquement pour Cythère’, Watteau Jean-Antoine

 L’artiste :

- N’est pas le plus célèbre à son époque mais aujourd’hui bien.

- Inventeur d’un sous-genre de tableau qui va devenir l’art dominant de l’aristocratie :

o La scène galante : peinture érotique (de bon goût) qui réunit des couples de jeunes
gens dans un cadre naturel et le plus souvent en présence de musiciens, d’acteurs.

o Ce nouveau genre se rattache à la « scène de genre » (populaire) : pas de


personnage historique mais bien habillés, peinture anecdotique.

 Au 17ème siècle : ce type de peinture était sans morale mais c’est une
peinture qui a une profondeur.

 Analyse :

- Référence à l’antiquité mais personnages habillés de façon contemporaine.

o Procession vers un embarcadère, vers l’île d’amour à l’arrière-plan.

- Thème de l’amour :

o 3 couples différents semblent avoir des mouvements successifs

 L’homme veut la persuader de venir avec lui


 L’aide à se lever
 Ils partent ensemble mais elle semble toujours réticente (mouvement vers
l’arrière)

o Sorte d’hymne à l’amour mais :

 C’est triste, terne : couleur de l’automne, du passé, fané.

- Séparation :

o Buisson à l’avant-plan entre le spectateur et la scène (on est pas invité)


o Les personnages s’éloignent, nous tournent le dos

 Mélancolie de quelque chose qui est passé

- Ile : végétation dense pas particulièrement accueillante → pas le paradis

 Méditation sur ce qu’est le plaisir fugace de la vie.


80. ‘Les hasards heureux de l’escarpolette’, Fragonard Jean-Honoré

 L’artiste :

- Peintre illustrateur
79
- Tableaux liés au badinage, au marivaudage → théâtre et peinture font bon ménage.

- Artiste qui a connu des phases très différenciées dans sa production parfois même
contradictoires :

o Peinture aristocratique, érotique.

o Phases intermédiaires :

 Femme frivole.

 Femme utile, qui accomplit son devoir (éducation des enfants → mère de
famille)

o Sorte d’osmose : il sent le vent tourner et parvient à adapter le thème qui lui est
cher (la femme) pour qu’il devienne un thème éthique (bourgeois : sérieux de
sujets, tableaux inspirés)

- Peintre, dessinateur, auteur de nouvelles érotiques

 Analyse :

- Jeune femme de bonne famille, à l’air insouciant en compagnie d’un personnage âgé
(prêtre ou escarpolette) qui s’occupe de la vertu, de l’éducation de la jeune femme. Il y a
également un homme qui a une position avantageuse sur les dessous féminins mais le
prêtre l’ignore.

- Cette peinture est plus franche dans l’allusion érotique.

- La végétation est envahissante → introduit du trouble, une sorte de résistance dans cette
relation amoureuse.

81. ‘Portrait d’un jeune artiste’, Fragonard Jean-Honoré

- Représente l’inspiration par un auto-portrait de Fragonard

- Parallèle avec ‘l’inspiration du poète’ de Poussin : image d’apollon très autoritaire vis-à-
vis de ce que le poète doit écrire, évangéliste inspiré par Dieu.

- État mystique de l’inspiration : la source d’inspiration n’est pas visible pour nous.

- Coup de projecteur sur le haut du corps du personnage : la lumière vient de l’extérieur ou


émane du personnage.

- Le personnage semble rongé de l’intérieur (thème romantique) → l’inspiration est une


douleur, une désincarnation.

 Complexité du 18ème siècle

82. ‘La toilette de Vénus’, Boucher François

 L’artiste :

80
- Peintre officiel de Louis XV.

- Il est l’équivalent de Lebrun sous Louis XIV (sauf pour la thématique belliqueuse)

- Très proche de la marquise de Pompadour.

 Analyse :

- Alibi mythologique (thème plus historique qu’une scène de genre).

- Séries d’œuvres qui évoquent les amours de jeunes paysans (bergers) → arrivée des
paysans dans les œuvres aristocratiques. Le comportement des aristocrates change aussi :

o Marie Antoinette se fait construire une ferme dans l’enceinte de Versailles


o Louis XVI aimait bricoler

 On s’adonne a des activités qui ne sont pas de sa classe → il faut se ressourcer dans
quelque chose qui a vraiment de la valeur (sorte de vertu dans ces activités).

82. ‘La cruche cassée’, Greuze Jean-Baptiste

 Contexte :

- Un des 2 artistes favoris de Diderot (pôle bourgeois) :

o Jean-Baptiste Greuze (son préféré, aujourd’hui considéré comme un tout grand


peintre du 18ème siècle)
o Jean batiste Chardin

- Programme des artistes :

o Lié aux valeurs bourgeoises (familiales, économiques) → contre-pied de la vie à la


cour.
o Les mœurs de la cour sont très corrompues → peinture moralisante (exemple
auquel tout le monde pourra s’identifier avec de bon juges, de bon soldats,…)

o Selon Diderot, il faut montrer des gens comme tout le monde et des fonctions
utiles (prof, soldat, etc.)

o Vertus populaires : montre des paysans dotés de toutes les vertus mais aussi
parfois des contre-exemples.
 Analyse :

- Jeune fille devait accomplir son devoir modeste (aller chercher de l’eau) mais elle a été
distraite par des fleurs et a laissé tomber sa cruche → 1e degré à l’état pur → condamne
l’insouciance (reprochée chez les aristocrates).

- Vêtements : pas très paysans, fantasmés par les villes, désordonnés, elle est un peu
déshabillée (les critiques disent qu’elle a peut-être été distraite par un viol mais ce n’est
qu’une hypothèse)

81
- Thème récurant chez Greuze : très jeunes filles, toujours déshabillées → c’est un peintre
sensuel qui s’auto-censure.

- Peinture qui se présente comme moralisatrice mais qui lorgne sur la peinture
aristocratique, qui l’envie, la convoite.

83. ‘Le bénédicité ou madame Chardin et ses enfants’, Chardin Jean-Baptiste

 L’artiste :

- Il n’a pratiquement jamais représenté autre chose que son intérieur, sa femme, ses enfants
→ il se concentre sur des choses tellement proches qu’elles sont assimilées (discours
intérieur).

- Multiplie les tableaux de bons comportement familiaux, de vie de pères,…

 Analyse :

- Bénédicité = prière avant les repas.

- Mme Chardin dresse la table et fait dire la prière à ses filles → sorte d’allégories (elle
s’occupe en même temps des besoins matériels de sa famille mais aussi l’éducation des
enfants)

- Elle est très séduisante voire élégante mais ça n’a rien avoir avec des atouts somptueux
comme une coiffure, une robe ou des bijoux → cette grâce émane d’elle, ce n’est pas une
façade.

- Intérieur modeste, confortable (ni pauvre, ni riche)

- Avant le repas, la plus jeune des petites filles tapait sur un tambour : c’est un enfant
authentique (l’atelier de Chardin est comme le laboratoire d’un certain mode de vie) →
réalisme

- Tension : couvert qui déborde de la table (// le Caravage)

- Clair-obscur

 Paradoxe : peinture appartient à la bourgeoise → succès → aristocratie achète → renversement


de la hiérarchie (>< 17e siècle).

L’Angleterre

Peinture :

- C’est à cause d’un puritanisme longtemps iconoclaste qu’il y eut peu de peintre et de sculpteurs
importants en Angleterre, jusque 1700 environ.

82
- Une école autochtone se développe en Angleterre et la peinture anglaise occupera une place
majeure. La peinture anglaise est divisée en deux catégories : aristocratique et bourgeoise. La
démarcation entre les deux genres est plus forte (la peinture bourgeoise combat l’aristocratique).

- En Angleterre, la bourgeoisie (Chambre des Communes) a pris un pouvoir égal à celui de


l’aristocratie (Chambre des Lords) et ce, sans révolution.

o La Chambre des Communes a donc de plus en plus d’importance : elle vote les
impôts et les budgets et décide tout ce qui ressort du militaire.

o Ceux-ci veulent obtenir, grâce à leur ascension, un pouvoir majoritaire.

o La peinture va servir à l’affirmation de la bourgeoisie → peinture sociale → plus


morales, rigides (>< France)

o Peinture d’attaque frontale (politique et de mœurs) contre les aristocrates → l’art est
au service d’un combat politico-social (ancêtre de la presse satirique en Angleterre)

o Conflit réelle, en faveur du quelle font se développer de nombreux artistes.

o Liberté de la presse depuis le début du 18e s. À cette époque apparaissent les


journaux satiriques qui sont lus par les bourgeois

o Production locale qui tourne autour du portrait.

 Remarque:

Grands portraitistes: Reynolds (1723-1792), Gainsborough (1727-1788)


Autres peintres: Hoppner, Ramsay et Raeburn

84. ‘Le Mariage à la mode, après mariage’ (1743), William Hogarth (1697-1764)

 Contexte:

- Pour la 1e fois, copyright des droits d’auteur.


- Cette peinture est un épisode d’une série de peintures: « Le mariage à la mode »

- Thème érotique (dessous féminin) >< bannis dans la peinture sociale française.

 L’artiste:

- Premier grand peintre du pays

- Moraliste pesant ou ironique.

83
- Il s’attache à faire la satire peinte et gravée du vice et du ridicule dans la société anglaise
(message unilatéral).

- Œuvres didactiques
- Diffusion sur une échelle énorme en Gde Bretagne de ces tableau de gravure → tableau
reproduit en gravure avec des textes explicatifs (ancêtre de la BD).
- Ses toiles n’ont pas de valeur en soi mais elles sont destinées à être reproduites en
gravures.

 Analyse:

- Thème: Une mis-alliance → un jeune aristocrate originaire d’une famille ruinée (cause: plaisir,
luxe) essaie de se refaire en se mariant à une jeune bourgeoise fort bien nantie.

- Il y a là une dénonciation des bourgeois qui veulent entrer dans la noblesse, ce qui les fait courir
à leur perte et les aristocrates qui ont un grand intérêt pour l’argent → mariage d’argent

- Cette mascarade conduit l’époux a tué l’amant de sa femme (faux mariage donc ils avaient
amant et maîtresse), la jeune fille se suicidera.

- Cet épisode-ci se déroule après le mariage.

- Les membres du couple sont loin l’un de l’autre.

- Ils n’ont pas eu de nuit de noce: dessous féminins dans la poche du jeune homme reniflé par un
chien (symbole de fidélité). Le jeune garçon est avachi.

- La salle où se trouve le couple est en désordre (chaise renversée,…) ; cela représente bien le
désaccord d’Hogarth.

- Le serviteur qui quitte la salle (tend la main vers le ciel), porte une pile de factures et semble
désespéré.

- Jeune femme s’étire.

- Mari: décrépitude, ne représente pas le jeune âge, très grand.

85. ‘La Comtesse d’Oxford’, Hoppner

 Analyse:

- Frappant: rien n’indique le rang de la comtesse, en revanche, il y a une ambiance, une


atmosphère liée au paysage, au ciel, au climat créé par l’environnement naturel

- Visage sombre → Tristesse, mélancolie du personnage → portrait très psychologique,


individualisé (>< portrait de statut aristocratique en France)

- Individualisme = valeur défendue par les bourgeois

84
- Rapprochement → le système de valeurs de la bourgeoisie s’étend un peu partout dans la
société en Angleterre.

Architecture :

L’architecture néoclassique poursuit sur sa lancée du palladianisme d’Inigo Jones.


L’architecture néogothique apparaît très tôt : Vanbrugh réalise sa maison dans ce style et ouvre ainsi la
voie à Walpole et à Wyatt.

Le jardin anglais va à l’encontre de la conception ordonnée du jardin à la française dans un premier


temps, apparaissent les jardins rococos, compositions artificielles et asymétriques, traversées par des
allées parsemées de fabriques fantaisistes. Le jardin anglais proprement dit s’impose plus tard, il est
constitué dans le respect de la nature, avec de larges pelouses vallonnées et plantées de boqueteaux. Il
est également garni de fabriques (plus discrètes). Il abrite souvent des lacs réguliers. Il se répandra en
Europe.

Europe Centrale

L’art d’Europe centrale est fort méconnu. Il existe cependant deux grands ensembles : l’Autriche
impériale (séduite par le baroque romain) et la Bavière (influencée par le rococo français).

Autriche : Vienne et Prague

Le baroque impérial est orchestré par l’architecte Fischer Von Erlach. On lui doit Saint-Charles-
Borromée et la bibliothèque impériale à Vienne. En Bohème, les Dientzenhoffer, famille d’architectes
et de peintres, pratiquent un baroque plus contourné et pittoresque. Les grands palais et grandes
abbayes (ex : Melk) sont due à Prandtauer.

Architecture :

85. Bibliothèque du palais impérial de Vienne (1723-1735), J B Fischer Von Erlach (1656-
1723)

Von Erlach // Bernin.

- Illustration la gestion de l’espace et de l’apparence du baroque.

- Ici une vue surélevée du photographe afin de donner une idée de l’ensemble de l’espace.

- Au niveau du sol, tout fait obstacle: certains espaces s’élargissent, d’autres se rétrécissent 
multiplication des espaces (aspect labyrinthique).

- Trois statues = écran visuel

- Tas d’issue à ce bâtiment

85
-
- L’espace est subdivisé et découvert par étapes.

- Colonnes majestueuses de grand format qui soutiennent un tympan en dessous d’une courbe,
d’un arc.

- Tympan ne sert à rien, juste un rôle de remplissage (tension entre éléments porteurs et portés) →
représentation de la tension constructive.

- Déploiement de forces: les éléments porteurs sont privilégiés sur les éléments portés (la voute
supporte la toiture, il n’y a pas besoin qu’elle soit remplie). Nous avons tout un optimisme et toute
une emphase dans ce déploiement de formes → Mise en avant de la tension

Bavière

En ce qui concerne l’art profane, on retient surtout un chef d’œuvre de décoration rocaille : le pavillon
d’Amalienburg au palais de Nymphenburg (Munich), orné par Cuvilliès (originaire du Hainaut). Sur le
plan religieux, il y a deux confréries familiales de constructeurs et de décorateurs : les frères Asam, les
frères Zimmermann et deux constructeurs : Fischer et Neumann (1687-1753) qui réalisa la chapelle et la
résidence des évêques de Wurzbourg (goût baroque borroméen).

87. Eglise de Steinhausen, vue extérieure’ (1728-1735), Frères Zimmermann


+ Plan de l’église de Steinhausen, Frères Zimmermann

- Les églises de Bavière illustrent très bien le rococo.

 Analyse:

- L’église de Steinhausen est située en milieu rural mais destinée à un public urbain. L’extérieur
de l’église est neutre, sobre et ne laisse rien transparaître de ce qu’il se passe à l’intérieur.

- Le plan intérieur montre un grand ovale (œuf, sorte de cocon) tout à fait invisible de l’extérieur.

88. ‘Plan de l’église de 14-Saints-Intercesseurs (1743-1772), Balthazar Neumann (1687-


1753)

- Eglise de pèlerinages en l’honneur de quatorze saints.

- A l’extérieur de l’église, les lignes droites qui dominent, à l’intérieur les courbes prévalent.
 Il n’y a donc pas de correspondance entre l’intérieur et l’extérieur.

- Les courbes intérieures sont fragmentaires. Quand elles sont développées, elles ne sont pas
fondées sur des cercles mais dessinent plutôt des formes elliptiques. Il y a une fusion
progressive d’espaces elliptiques. Unité plus rationnelle (on passe de formes elliptiques à une
autre).

- Le plan général représente une croix (ce qui correspond au Moyen Age).

89. ‘Eglise de Steinhausen, vue de la nef centrale’ (1728-1735), Frères Zimmermann


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- A l’intérieur de l’église et pas de perception du plan elliptique.

- Le blanc domine, ce qui efface la notion de distance. On ne distingue plus les éléments
porteurs, des éléments portés (masque le conflit).

- Pas de séparation géométrique entre le plafond et le mur (le mur se courbe vers le plafond),
on ne voit pas ce qui porte et ce qui est porté.

- Le plan: les colonnes sont placée bizarrement (pas dans l’alignement)

- A l’entrée du bâtiment, on entre dans une sorte d’ellipse (3 ellipses qui fusionnent chaque
fois les unes avec les autres) >< l’extérieur: mur droit

- Grande unité mais pas rationnelle, ni mesurable.

- La construction du rococo pas d’accord avec le classicisme et le Baroque → décoration très


concentrée, au niveau supérieure pour brouiller les pistes (→ elle défie la rationalité)

- La voute de l’église: reprend la forme du plan mais tout est fait pour nous détourner de la
forme géométrique. Peinture = un parc, avec des balustrades (peinture s’entremêle avec
l’architecture)

- Des personnages sur les chapiteaux des colonnes → pas de distinction → mélange

- Le lustre est la représentation de la fontaine

90. ‘Plafond de la salle impériale de la Résidence de Würzbourg’ (1751), Giambattista


Tiepolo (1696-1770)

 L’artiste:

- Tiepolo est un peintre décorateur italien mais qui a travaillé partout en Europe (dont ici en
Bavière).

 L’analyse:

- Peinture murale de forme vaguement ovale avec des formes ondulantes pour faire oublier le
caractère rationnel d’une forme géométrique.

- Il y a rencontre entre les murs et le plafond (courbures).

- Le blanc est également présent chez Tiepolo car il privilégie les couleurs pâles (cf. nuages,
chevaux,...).

- Les femmes sur un tissu bleu qui se déploie forment un relief qui va au- delà de la peinture.
Pas de frontière entre la fiction et le réel.

- Sujet : représentation de la gloire de Frédéric Barberousse. Les personnages sortent de la


peinture et prennent du relief.

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91. ‘The Investiture of Herold as Duke of Franconia’ (autre peinture de la salle impériale,
Tiepolo

- La couleur blanche domine également.

- La peinture est associée à la sculpture (des éléments dépassent du mur, la corniche en marbre
est fondue dans la peinture, une lance est posée sur la corniche).
Trompe l’œil.

- Négation des tensions = rococo (le rococo est le dernier style avant la révolution française,
les gens avaient donc besoin d’être rassuré, ce que fait le style rococo).

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