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GEJ8 C69

Marc pose une question sur l’histoire de la Terre

1. Comme nous étions ainsi assemblés en toute tranquillité, le Romain Marc, que nous
connaissons déjà pour un penseur d'une grande profondeur, Me dit : « Seigneur et Maître,
puisque nous en avons le loisir, me permets-Tu encore une question ? Quelque chose
m'oppresse encore sur quoi j'aimerais des explications plus précises que celles que Tu nous as
données au mont des Oliviers. »
2. Je lui dis : « Parle donc, car en toi demeure une âme éclairée ! Je sais certes ce que
tu veux, mais il Me plaît que tu formules ta question toi-même, afin que les autres aussi
sachent de quoi il s'agit ; car il y a ce grand défaut chez les hommes que bien peu
s'aperçoivent de ce qui leur manque. Car s'ils remarquaient et sentaient cela, ils se mettraient
en quête avec le plus grand zèle et découvriraient ainsi bien des choses. Mais, parce qu'ils sont
paresseux et qu'ils ne savent ni ne sentent ce qui leur fait défaut, ils ne le cherchent pas et ne
le trouvent donc pas. Mais cherchez, et vous trouverez ; demandez, et l'on vous donnera,
frappez, et l'on vous ouvrira ! A présent, dis-nous sur quoi tu voudrais être éclairé davantage
qu'au mont des Oliviers. »
3. Notre Marc dit alors : « Voici, Seigneur et Maître : Tu nous as dit Toi-même que
l'homme ne pouvait vraiment aimer Dieu par-dessus tout s'il ne s'efforçait pas autant que
possible de Le connaître ; j'ai beaucoup réfléchi à cela, et j'ai trouvé qu'il me manquait encore
beaucoup de choses à cet égard !
4. En Illyrie et dans les grands territoires qui dépendent de nous, je possède plusieurs
mines d'où l'on extrait toutes sortes de métaux qui nous sont fort utiles, comme l'or, l'argent, le
plomb, et une grande quantité de fer.
5. Mais, alors qu'on creusait ces mines, j'y ai trouvé des choses fort étranges et
mémorables, cela très profondément en dessous de la surface du sol ordinaire. Il s'agissait
d'ossements et de squelettes d'animaux gigantesques ayant vécu jadis sur la terre. Quand donc
peuplaient-ils la terre, et comment ont-ils pu s'enfoncer si profondément, même sous de
hautes montagnes ? En Égypte et en Hispanie, on a même trouvé des ossements et des
squelettes qui ressemblaient fort à ceux d'un être humain, mais ils étaient au moins quatre à
cinq fois plus grands et plus robustes que ceux des hommes actuels. Et j'ai trouvé de même
bien d'autres curiosités que je ne crois pas nécessaire de détailler davantage.
6. Sur la montagne, Tu as certes brièvement mentionné la présence sur terre, bien
avant Adam, d'une sorte d'êtres humains qui n'avaient cependant que peu de libre arbitre, mais
étaient plutôt mus par l'instinct, comme les bêtes, et agissaient également par instinct. Selon
l'Écriture des Juifs, ce n'est qu'il y a environ quatre mille ans qu'est apparu Adam, le premier
homme pourvu d'un libre arbitre total et d'une raison tout aussi libre, et qu'il a donné de lui-
même à sa postérité des lois et des règles sages.
7. Et j'ose ici poser une grande question : au temps d'Adam, cette terre n'était-elle pas
peuplée encore par endroits de ces êtres préhumains*, et cette race ne se serait-elle pas
maintenue jusqu'à nos jours en certains points de la terre, où elle subsistera peut-être encore
quelque temps ? Et puis, comment les ossements des animaux de ce monde antérieur, ainsi
que les restes gigantesques des préadamites, ont-ils pu arriver jusque sous la base des
montagnes ?
8. Dis-m'en davantage à ce sujet. ô Seigneur ; car ce que nous avons découvert
jusqu'ici, nous, Romains qui cherchons, nos descendants le trouveront aussi, et assurément
davantage.
9. Les livres connus de Moïse ne nous donnent aucune indication sur les conditions
d'existence de la Terre avant Adam. Moïse commence par une histoire hautement mystique de
la Création, mais celle-ci n'a aucun rapport avec ce que nous trouvons aujourd'hui sur la terre
- et elle le contredit même grandement.
10. Si Tu ne nous éclaires pas davantage là-dessus, cela suscitera une grande
confusion, surtout chez nos lointains descendants, et Ta doctrine connaîtra de terribles
divisions. Car elle repose sur la loi mosaïque, et si celle-ci demeure obscure en quoi que ce
soit, Ta lumière ne se répandra pas sur la terre dans toute sa clarté. Aussi, éclaire-nous un peu
là-dessus, nous T'en supplions ! »

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Du contenu scientifique des sixième et septième livres de Moïse. De l'âge de la Terre

1. Je dis : « Écoute-Moi, Mon très cher Marc, Je vous ai déjà dit et montré bien des
choses, et vous en montrerai encore ; mais tout cela sera sans grand effet sur vos proches
descendants, parce que les hommes de ce monde ne conçoivent ni ne comprennent cela, et ils
ne le croiront donc pas. Tu as certes fourni un fort bon motif pour que l'explication que tu
demandes sur les conditions d'existence de cette terre semble tout à fait nécessaire à la
consolidation de la foi des hommes en Ma doctrine. Cependant, ne vous ai-Je pas dit aussi que
l'Esprit révélerait toutes ces choses qui arrivent dans Ma Création à tout homme qui renaîtrait
en esprit ? Et ces hommes comprendront alors de la manière la plus claire ce qu'il en est de
toutes ces choses qui te paraissent encore si inconcevables.
2. Cependant, vous croirez ce que Je vais vous dire là-dessus parce que vous l'aurez
entendu de Ma bouche : mais quant à le concevoir en profondeur, vous ne le pourrez pas, et
encore moins en donner une juste idée aux autres hommes dont l'esprit est encore tout à fait
aveugle. Les hommes devront donc attendre encore longtemps pour recevoir à toutes ces
grandes questions des réponses qu'ils soient capables de comprendre.
3. Les Juifs eux-mêmes, qui, outre que Moïse en personne leur a expliqué tout cela par
la bouche de son frère Aaron dans les deux livres additionnels, étaient jadis le peuple le plus
éclairé de la terre, en sont venus à ne plus rien savoir ni rien comprendre à toutes ces choses
concernant le monde primitif. Tout ce qu'ils trouvent de ces vestiges primitifs, ils le prennent
pour un effet du Déluge de Noé, qu'ils ne comprennent plus, et, si tu veux les détromper, ils te
condamneront comme hérétique !
4. Quant à vous, païens, vous avez dans votre mythologie divine le récit de deux
grandes submersions de la Terre dont vous faites la cause première de tous ces phénomènes,
et le peuple y croit dur comme fer. Dites-leur la vérité, et ils vous riront au nez, ou, au mieux,
vous diront : "Hé, qui petit savoir cela ? Les dieux seuls !" Que leur répondrez-vous alors ?
C'est pourquoi les hommes ne seront capables de comprendre les vérités de cette sorte que
lorsque, tout d'abord, ils seront versés dans toutes sortes de sciences, et ensuite, quand leur
esprit les leur aura révélées !
5. Cependant, Je veux bien vous donner quelques indications sur ce qu'il en est de ces
choses, bien que Je ne sache que trop clairement que votre entendement actuel ne vous permet
pas de toutes les comprendre, d'abord parce qu'il vous manque la notion des très grands
nombres, ensuite parce que vous ne savez des astres, de leur éloignement et de leur
mouvement que ce que Je vous en ai dit Moi-même : tout cela ne sera pour vous aussi qu'une
connaissance extérieure tant qu'elle ne sera pas transformée dans votre esprit en une vérité
lumineuse, née par elle-même.
6. Que cette terre ait un âge si élevé que, quand bien même Je vous le dirais, vous ne
pourriez concevoir le nombre de ses années d'existence, Je vous l'ai déjà montré au mont des
Oliviers. Mais enfin, en bref, cette terre existe en tant que corps céleste depuis un temps quasi
incommensurable selon vos concepts, et sa surface a connu bien des changements pour en
venir à son aspect présent. Le feu, l'eau, les tremblements de terre et autres grandes tempêtes
ont été, surtout dans les premiers temps, les moyens qui ont fait d'elle, selon Ma volonté, ce
qu'elle est aujourd'hui. Et, pour qu'elle se perpétue et devienne encore plus apte à nourrir
temporairement bien d'autres hommes et d'autres créatures, il faudra que le feu, les flots, les
tremblements de terre et les tempêtes petites et grandes œuvrent encore, selon les besoins, en
elle, sur elle et au-dessus d'elle. »

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Les deux premières périodes de formation de la Terre

1. (Le Seigneur :) « Quand la Terre, dans les temps primitifs, se fut développée
jusqu'au point où seules quelques îles, petites ou grandes, s'élevaient au-dessus des eaux, Ma
sagesse et Ma volonté disposèrent, dans le limon fertile de la mer dont elles étaient
recouvertes, toutes sortes de graines de plantes. Et c'est ainsi que sur ces îles poussèrent
bientôt toutes sortes de plantes curieuses et d'arbustes, et même, par la suite, des arbres
immenses.
2. Quand ces îles furent ainsi couvertes de végétation, J'y disposai des œufs ou des
semences pour former un monde animal adapté à cet état de la Terre, et qui ne fut donc
d'abord constitué que de vermisseaux de toute sorte, et, par la suite, de vers plus grands, puis
d'insectes, et enfin, quand une nourriture abondante poussa sur le sol devenu plus sec,
d'animaux géants dont la tâche était de se nourrir des plantes encore grossières et des branches
des arbres, et ainsi d'engraisser le sol par leurs déjections, puis, après leur mort, par leurs
corps gigantesques, dont vous pouvez encore trouver les os dans les plus profondes des
cavités de la terre.
3. Sur la pourriture de ces animaux se développèrent encore, selon Ma volonté, une
foule de nouvelles bêtes sous la forme de vers petits ou grands qui donnèrent naissance à
toutes sortes d'insectes.
4. Appelons cela une période de la formation de la Terre. Bien sûr, il va de soi que
cette planète a dû subir au préalable un nombre quasi infini de transformations de toute sorte,
sans lesquelles cet état n'aurait jamais pu survenir. Mais tous ces événements ne vous
concernent pas plus que, par exemple, l'évolution, à partir du germe, du grain de blé mis en
terre, tant qu'il n'a pas fructifié à coup sûr pour votre plus grand bien. Bref, Je ne vous décris
ici la Terre qu'au début de sa fécondité, quand furent déposés dans son sol toutes sortes de
graines de plantes et d'arbres et les neufs de toutes sortes de bêtes, toutes choses dont l'origine
avait été disposée depuis bien longtemps dans les eaux : car certaines plantes et bêtes
aquatiques d'une grande variété sont à l'évidence bien plus anciennes que les animaux de la
terre ferme et de l'air.
5. Je viens ainsi de vous dépeindre une première période de formation sur la Terre d'un
sol fertile, et vous pensez bien que, sur ce sol fertile primitif, l'existence d'animaux
meilleurs[C'est-à-dire plus évolués. (N.d.T.)] était impossible, encore moins celle de l'homme.
Mais cet état de rudesse était nécessaire, car, sans lui, un second état plus parfait n'aurait pu
s'ensuivre, de même qu'un arbre ne portera jamais de fruits mûrs sans avoir d'abord porté des
bourgeons amers.
6. Mais bien sûr, pour que les fruits d'un arbre atteignent la maturité parfaite, il faut
encore, après l'étape des bourgeons, une quantité d'événements dont Mon œil seul peut
observer tous les détails : et c'est assurément une condition d'autant plus nécessaire encore
pour la maturation de toute une planète.
7. Nous avons donc décrit cette terre à l'étape des premiers bourgeons. Mais que se
passe-t-il lorsque, au début du printemps, les petits bourgeons commencent à se gonfler et à
s'emplir de sève ? Eh bien, poussés de l'intérieur, ils éclatent, jetant en quelque sorte pardessus
bord leur première enveloppe dans la mer du passé et de la dissolution, et, tout en grossissant,
ils vont vers une perfection plus grande, afin que les feuilles puissent apparaître en leur sein et
accompagner la floraison nécessaire à la formation des fruits. Et, quoique cette image de
l'arbre soit bien pauvre pour figurer le développement d'un monde, elle peut cependant vous
aider à concevoir, en très petit, toutes les choses par quoi un monde doit passer avant de
devenir apte à porter et à nourrir des hommes de votre espèce.
8. Cette première période où la Terre est devenue féconde d'une manière encore très
brute et inculte a duré bien des milliers de milliers d'années telles qu'on les compte
actuellement - car il n'y avait pas encore sur cette terre de saisons fixes, et celles qui existaient
duraient un peu plus longtemps qu'aujourd'hui.
9. Ce que nous avons vu dans cette première période a été détruit par des tempêtes de
feu sorties des entrailles de la terre, qui ont été permises ou, mieux encore, ordonnées, et, au
bout d'un grand nombre de nos années actuelles, de plus grandes étendues de terre se sont
élevées depuis les grandes profondeurs des mers, déjà ornées de montagnes et couvertes d'un
limon déjà bien plus fertile.
10. En temps utile, Ma sagesse et Ma volonté ont déposé dans ce limon des semences
plus parfaites, et les grandes étendues de cette terre encore jeune ont bientôt pris une
apparence déjà fort belle.
11. Comme la nourriture était de nouveau en abondance sur ces immenses contrées, Je
les ai pourvues, toujours selon la plus sage ordonnance, d'un plus grand nombre de
consommateurs grands et petits, eux aussi plus parfaits. Et les eaux entre ces étendues de
terres furent peuplées d'animaux plus grands, et les grandes contrées eurent des animaux pour
manger les nouvelles plantes et les arbres qu'elles portaient désormais.
12. Une partie de ces herbes, plantes, arbustes et arbres tout à fait gigantesques
produisaient déjà des graines et se reproduisaient ainsi : mais la plupart continuaient de
pousser à la manière des champignons à partir du sol fertile*, et les animaux naissaient à peu
près comme les dragons du Nil que vous connaissez en Égypte, c'est-à-dire à partir des œufs,
et pouvaient vivre aussi bien dans l'eau que dans l'air, et de même se nourrir des plantes
aquatiques ou de celles de la terre ferme, qui était loin d'être aussi sèche qu'elle l'est à présent.
13. Car, dans cette période de formation qui était en quelque sorte une période de
progression de la vie végétale et animale, la Terre ne pouvait pas être plus sèche que ne le
sont les bourgeons en pleine croissance des arbres ; car si l'on voit à ces derniers un aspect
desséché, cela augure mal des fleurs et des fruits qui doivent les suivre. »

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L'évolution de la Terre jusqu'aux préadamites

1. (Le Seigneur :) « La deuxième période de formation a duré elle aussi un temps que
vous ne sauriez exprimer en années actuelles. Mais la Terre était encore loin de pouvoir porter
des animaux à sang chaud, encore bien moins des hommes, si inférieurs soient-ils ; c'est
pourquoi cette période a pris fin comme la première, et beaucoup de temps se passa encore
avant la venue d'une troisième période préparatoire.
2. Bien sûr, entre ces différentes grandes périodes préparatoires, il y eut une quantité
de périodes intermédiaires très tourmentées dont Je suis seul à connaître le sens, Moi le
Créateur, et ensuite l'esprit à qui Je veux le révéler.
3. De tous ces événements nécessaires naquit donc la troisième période. Cette fois, ce
sont vraiment d'immenses terres qui surgissent des eaux, poussées, selon Ma volonté, bien
sûr, par le feu intérieur de la Terre. La végétation devient plus abondante encore et toujours
plus gigantesque, et les animaux de même. Mais, comme les deux précédentes, cette période
que l'on peut comparer à la floraison de l'arbre était cependant bien loin de pouvoir offrir un
gîte à l'être humain ; c'est pourquoi elle a pris fin elle aussi et ses productions tant animales
que végétales se sont enfouies dans le sol, tout comme les précédentes, mais moins
profondément.
4. Il y eut alors à nouveau un grand nombre de périodes intermédiaires avant
l'apparition, au bout d'un temps très long, d'une quatrième période préparatoire. Les terres
émergées devinrent encore plus étendues, la végétation plus luxuriante, et l'eau, la terre déjà
plus sèche qu'auparavant et l'air commencèrent à s'animer de toutes sortes d'animaux petits et
grands, parmi lesquels il y avait même déjà des mammifères à sang chaud, qui venaient au
monde par les voies de la conception naturelle et non plus par des œufs, et qui mettaient donc
au monde des petits vivants, ce que ne faisaient pas les animaux marins, certains grands
amphibiens et les oiseaux, les vers et les insectes.
5. Cette quatrième période de formation préalable dura un temps considérable. Le
soleil éclairait déjà par moments le sol terrestre, et certains arbres commençaient à porter des
fruits, qui n'eussent certes guère flatté vos palais, mais qui procuraient une bonne nourriture
aux animaux de ce temps-là.
6. Dans cette quatrième période encore, il n'y avait rien qui ressemblât à l'homme.
7. De grands bouleversements survinrent à nouveau, qui enfouirent la plus grande
partie de ce qu'on pouvait désigner sous le nom de créature, et c'est pourquoi l'on trouve aussi
dans le sol beaucoup de restes de cette période, cependant bien différents de ceux des trois
premières.
8. Après une longue période où la Terre s'apaisa et s'ordonna davantage, et après de
nouveaux bouleversements également considérables, nous voyons apparaître une cinquième
période de formation de la Terre. Du fond des mers s'élèvent de nouveaux territoires qui se
joignent à ceux qui subsistaient des périodes précédentes pour former de vrais continents.
9. C'est au cours de cette cinquième période que se forment la plupart des montagnes
de la Terre, et les plus hautes. Leurs pics immenses sont détruits par les éclairs, et emportés
dans les profondes vallées et les fosses terrestres par de violents tremblements de terre et par
des cours d’eau nés de pluies torrentielles. Ainsi se formèrent les immenses plaines, les
vallées plus étroites et les prairies sur quoi toute chose prospéra par la suite.
10. C'est aussi au commencement de cette période que la Terre se met à suivre autour
du Soleil un cours bien ordonné. Jours et nuits se succèdent régulièrement, et de même les
saisons, bien que celles-ci changent encore beaucoup, parce que les pôles terrestres varient
encore significativement, ce qui reste nécessaire dans cette période.
11. Dans cette période de formation d'une terre ferme permanente commencent aussi
les reflux réguliers des mers, de quatorze mille en quatorze mille ans. Les mers submergent
peu à peu tantôt la moitié sud de la Terre, tantôt la moitié nord, rendant leur fertilité aux
déserts pierreux, souvent fort étendus. Car, au bout de quatorze mille ans environ, la mer a
déposé tant de limon fertile sur les plaines et les vallées désertiques et pierreuses que,
lorsqu'elle se retire à nouveau et que le sol s'assèche, celui-ci est alors extraordinairement
fécond.
12. Pendant cette cinquième période, il a certes fallu plus de mille fois mille ans
jusqu'à ce que le sol déposé convînt tout à fait à la création nouvelle d'un grand nombre de
plantes, herbes, arbustes et arbres des plus divers, puis de toutes sortes d'animaux, et enfin des
hommes d'avant Adam.
13. Il existe déjà dans cette période une quantité d'arbres fruitiers et autres végétaux à
fruits de toute espèce destinés aux animaux et aux préhumains d'alors. Il n'est pas encore
question d'agriculture, mais les préhumains utilisent déjà certains animaux qui vivent en
troupeaux. Ils mènent une vie nomade fruste, n'ont pas de vêtements et ne bâtissent ni
maisons, ni huttes, mais, comme les oiseaux, construisent sur les branches maîtresses des
arbres des sortes de nids où ils habitent et se reposent, et font des réserves de nourriture qu'ils
mangent peu à peu. Lorsque la réserve est épuisée, ils s'en vont de nouveau par groupes en
quête de nourriture. Quand le gel survient, car c'est dans cette période que la neige est apparue
durablement, ces hommes s'en allaient vers des régions plus chaudes avec leurs animaux
domestiques, qui consistaient en mammouths, grands cerfs, vaches, chèvres et moutons - et
aussi l'éléphant, le rhinocéros et l'unicorne*, et toutes sortes de singes et d'oiseaux.
14. Plus tard dans cette période apparurent également l'âne, le chameau, le cheval et le
cochon, animaux que ces préhumains maîtrisèrent aussi. Car ils avaient une raison instinctive
supérieure qui leur permettait de dominer ces animaux et de les utiliser, les uns pour porter,
d'autres comme gibier, d'autres pour prendre leur lait ou leur laine, dont ils se servaient pour
se faire une couche moelleuse.
15. Ils n'ont pas de langue au sens de celles qui existent aujourd'hui entre les hommes ;
mais, étant eux-mêmes les plus parfaits des animaux, ils se servent entre eux de certains sons
articulés, de signes et de gestes pour se communiquer leurs besoins et s'entraider. Lorsque
quelqu'un est malade, souvent à cause du grand âge, il connaît déjà l'herbe qui peut le
secourir, et, s'il ne peut marcher, les autres vont la chercher pour lui.
16. Cependant, ils ne savent pas faire de feu ni s'en servir : mais s'ils avaient pu voir
comment faisaient les adamites, ils les auraient imités, car l'esprit d'imitation était très
développé chez eux, et leur intelligence, possédant déjà un certain degré de libre arbitre,
dépassait déjà de beaucoup celle du singe le plus parfait. Ainsi, ils auraient pu apprendre à
parler à notre manière, mais jamais créer par eux-mêmes un langage savant.
17. Ces hommes étaient des géants d'une force extraordinaire, et leurs mâchoires
étaient si fortes qu'ils pouvaient s'en servir comme d'outils coupants. De même, leur odorat et
leurs sens étaient très développés, et ils percevaient de loin l'approche d'un ennemi : ils
domptaient les animaux, et parfois aussi les esprits de la nature, par le regard et par la volonté.
18. Cependant, si cette cinquième période préparatoire dura un grand nombre de
milliers de milliers d'années, il n'y avait chez les hommes de cette période aucune trace d'une
culture du progrès ; leur vie nomade se poursuivait uniformément, et ils ne furent donc pour la
Terre qu'un amendement préalable à la venue de l'espèce humaine actuelle, en tout semblable
à Moi.
19. Leur peau, encore assez velue, allait du gris foncé au gris pâle, et il y avait aussi
des races sans poils, au sud seulement. Par la forme, ils ressemblaient assez aux Noirs actuels,
Jusqu'à Adam, ils se perpétuèrent dans les basses plaines et dans les forêts touffues, mais
n'allèrent jamais vivre sur les montagnes. »

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Les deux dernières périodes d'évolution de la Terre

1. (Le Seigneur :) « Au temps d'Adam, avec qui commence la sixième période, la Terre
subit de nouveau pour une part de grands bouleversements par le feu et l'eau, au cours
desquels l'espèce préadamite déjà décrite disparut presque entièrement avec ses animaux
domestiques, ainsi que les vastes forêts et les autres animaux qui n'étaient pas domestiques :
seules subsistèrent quelque, espèces d'oiseaux, et les animaux de, montagnes et des eaux.
2. Au temps d'Adam, il existait certe, encore ici et là, en Asie, quelques-un, de ces pré-
humains, mais fort clairsemés, et ils dépérirent peu à peu, parce qu'ils ne trouvaient pas en
suffisance la nourriture qui leur convenait. On rencontre cependant encore, dans quelques
régions lointaines du sud de l'Afrique et sur certaines grandes îles du vaste monde, quelques
survivants affaiblis de la cinquième période, mais ils sont tout à fait sauvages, n'ayant acquis
que par endroits, grâce aux descendants de Caïn, une culture un peu supérieure. On peut les
dresser à divers travaux, mais ils n'inventent rien par eux-mêmes. L'état d'une partie d'entre
eux, issus du mélange avec les descendants de Caïn et plus tard aussi de Lamech, s'est un peu
amélioré, mais même ceux-là sont inaptes à une éducation supérieure et plus profonde de
l'esprit.
3. Ces hommes vont se maintenir et se perpétuer encore longtemps là où ils existent, et
recevoir peu à peu des adamites un peu plus de culture, mais ils ne deviendront jamais un
grand peuple. - Voici donc pour les préadamites de la cinquième période de formation de la
Terre.
4. Au commencement de la Terre, la Lune lui a été donnée pour l'accompagner et la
réguler dans son mouvement autour du Soleil et autour de son propre axe ; bien sûr, la Lune
non plus n'eut pas tout de suite son aspect actuel. Avant cela, elle aussi dut traverser de
longues périodes tourmentées, mais qui ne durèrent pas aussi longtemps que celles de la
Terre.
5. Ne Me demandez pas pourquoi il faut un temps si inconcevable pour parachever
une planète : la cause réside dans Ma sagesse et dans Mon ordonnance. Cependant, si le
maître d’une vigne pouvait accomplir tout son travail en un instant, que ferait-il le reste de
l'année ? Le sage possesseur d'une vigne répartit son travail en sorte d'avoir à faire toute
l'année, et cette activité quotidienne lui procure sans cesse de nouvelles joies. Voyez-vous, il
en va de même pour Moi ; car Je suis dans tout l'infini l'être le plus actif, mais aussi le plus
parfaitement heureux.
6. Lorsque les enfants d'un père de famille voient au printemps les cerisiers, les
pruniers, les poiriers et les pommiers en fleurs, ils s'en réjouissent certes, mais ils aimeraient
mieux voir et goûter les fruits mûrs qu'admirer la seule beauté des fleurs. Mais le sage père dit
aux enfants impatients : "Prenez patience, mes chers petits. Chaque chose vient en son temps
dans ce monde ordonné par Dieu, et tout finit par mûrir ! Attendez seulement, et, dans peu de
mois, ces arbres aujourd'hui en fleurs seront couverts de fruits mûrs et sucrés, et nous les
goûterons avec le Père céleste." Et les enfants sont apaisés.
7. Vous aussi, soyez tranquilles, même si vous ne voyez pas encore partout sur cette
terre les fruits bien mûrs de Ma doctrine ; ils viendront en leur temps. Car vous pensez bien
que Je n'ai pas semé en vain parmi vous la semence vivante de Ma parole. Mais elle ne peut
venir pleinement à maturité du jour au lendemain.
8. Et si, selon Mon ordonnance, cela prend déjà un certain temps pour un arbre, il en
faudra à coup sûr d'autant plus pour un monde ! Car il ne suffit pas pour un monde d'exister
dans le grand espace de l'éther comme Lui énorme amas de pierre, de terre et d'eau une telle
masse serait absolument morte, et rien ne pourrait y pousser ni y vivre. Pour porter et nourrir
la vie, un monde doit d'abord être vivant lui-même, et pour cela, il doit, tel un grand animal,
avoir achevé sa formation organique à travers toutes sortes d'influences et de processus.
9. Il est vrai qu'un corps céleste en devenir renferme déjà, tel l'embryon dans le sein
maternel, toutes les conditions d'une forme de vie animale et organique parfaite, mais, au
commencement, ces conditions sont en quelque sorte réunies pêle-mêle, et ne s'ordonnent que
peu à peu pour former un tout organique vivant. Quant à la manière dont procède cette
organisation. Moi seul la connais, qui suis le grand ordonnateur de toute chose. Mais vous
comprendrez cela vous aussi, quand vous serez vous-mêmes parfaits en esprit.
10. Cet exposé aussi clair et simple que possible des différentes périodes de formation
vous permet de conclure encore autre chose, qui est la vraie raison pour laquelle Moïse a
divisé la Création en six jours.
11. Ces six jours sont les six périodes décrites, que tout être créé doit traverser une
fois, d'abord selon la nature, ensuite, comme c'est le cas chez les hommes que vous êtes,
moralement et spirituellement, pour atteindre la maturité et la perfection.
12. Ce n'est qu'après cela que vient la septième période du repos, qui est la vie
éternelle bienheureuse. Et si cette septième période s'appelle le repos, c'est parce qu'aucune
contrainte, aucun jugement ni aucune angoisse ne pèse plus sur l'esprit parfait, et que son être
est entré pour toujours dans la connaissance parfaite et la puissance du libre arbitre absolu.
13. Dis-Moi à présent, Mon cher Marc, ce que tu as compris de Mon explication. »
GEJ8 C74
De l'évolution morale des préadamites

1. Plein d'étonnement, Marc répondit : « Seigneur et Maître éternel, J'ai certes bien
compris, et tous les autres aussi, je l'espère, l'explication dont Tu nous as fait la grâce, mais,
bien sûr, on ne peut parler d'une vraie compréhension profonde, précisément parce qu'il nous
manque ce que Tu as dit. Cependant, nous avons maintenant de ces choses une vue assez
claire, dans la mesure où, tout d'abord, nous savons désormais que penser des reliques
découvertes dans les profondeurs de la terre et comment elles sont arrivées là au travers de ses
multiples bouleversements périodiques et des migrations ultérieures des mers, et ensuite, pour
moi du moins, j'ai compris ce que le grand prophète Moïse sous-entendait par les six jours de
la Création. Cela nous suffit pour le moment, et nous pouvons attendre paisiblement d'en
savoir davantage lorsque nous serons plus parfaits en esprit. Cependant, je comprends aussi
que c'est là un enseignement destiné à un petit nombre, et qu'il en sera toujours ainsi.
2. Mais il reste une dernière question, du moins selon moi. Me permettras-Tu,
Seigneur et Maître, de T'importuner encore une fois ? »
3. Je dis : « Tu sais déjà que Je t'écouterai volontiers ! Parle donc. »
4. Le Romain Marc : « Seigneur et Maître, les préadamites dont Tu nous as parlé, bien
que pourvus seulement d'une intelligence instinctive et d'un libre arbitre réduit, devaient bien
avoir une âme, qui, en tant que telle, devait être immortelle, sinon immuable. Qu'en est-il
exactement de ces âmes ? Où sont-elles, que sont-elles devenues dans la sixième période où
nous sommes, et que peut-il encore advenir d'elles ? Cette question peut certes sembler
présomptueuse et sacrilège ; mais je suis encore un Romain assoiffé de savoir et non un Juif
assoupi, et j'espère donc que Tu voudras bien porter cette question à mon crédit et y répondre
brièvement. »
5. Je dis : « Mais oui, pourquoi pas ? Nous avons encore tout notre temps. Écoute-Moi
bien : de même que les âmes des pierres, des plantes et des bêtes peuvent survivre et, libérées
de la matière, s'unir jusqu'à devenir, Je le dis, des âmes humaines, et par la suite, une fois
incarnées dans un corps humain, des hommes véritables, ainsi les âmes des préadamites
survivent-elles, tout comme les âmes des hommes des autres planètes vivent éternellement
dans l'espace infini de la Création.
6. Cependant, dans le royaume des esprits, ces âmes sont amenées à une connaissance
plus profonde de Dieu, de Sa puissance et de Sa sagesse sur quelque grande planète, c'est-à-
dire sur le sol spirituel qui lui correspond, où elles sont fort heureuses et peuvent le devenir
plus encore. Mais il serait bien inutile que Je t'explique où se trouve cette grande planète dans
notre gousse globale, parce que tu ne pourrais la percevoir par tes sens, et il ne saurait de toute
façon être question, dans cette vie, de te convaincre par toi-même qu'il en est bien comme Je
le dis, à moins que tu n'atteignes la complète régénération de ton esprit. Jusque-là, tu dois te
contenter de ce que Je te dis : il y a bien des demeures dans la maison de Mon Père ! Un jour,
dans Mon royaume, vous verrez clairement tout cela. - M'as-Tu compris ? »
7. Marc : « Oui, ô Seigneur et Maître. Mais encore une question, puisque chaque
chose en entraîne une autre.
8. Cette terre était-elle déjà, au temps des préadamites, le petit centre vital dont Tu
nous as parlé au cœur du Grand Homme de la Création ? »
9. Je dis : « Oui, elle était déjà destinée à le devenir, si elle ne l'était pas encore
pleinement dans la réalité. Car c'est un autre corps céleste qui occupait cette place en ces
temps primitifs mais, par orgueil, les hommes de cette autre planète en sont venus à oublier
tout à fait Dieu, et ceux qui y croyaient encore ne Le respectaient pas, Le défiaient et, dans
leur aveuglement, cherchaient en quelque sorte à détrôner Sa puissance éternelle. Ils Le
cherchèrent, et de méchants philosophes prétendirent qu'Il demeurait au centre de leur planète,
et qu'il fallait creuser des mines pour l’emprisonner. Ils creusèrent donc dans cette terre des
trous si profonds que beaucoup y périrent.
10. Quand Je leur envoyais des messagers pour les avertir, ils les étranglaient et ne
s'amendaient pas. Voilà pourquoi J'ai permis que cette planète soit brisée de l'intérieur en
mille morceaux ! Cela arriva au début de la sixième période de notre Terre, qui devint le
centre vital. Quant à savoir où se situait cette autre planète autour du Soleil, nous en dirons
bientôt quelque chose. Mais fais-nous d'abord apporter du vin frais, Lazare, après quoi nous
parlerons encore. »