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Comment se débarrasser de soi-même

L’être humain est fragile. Même lorsqu’il prétend le contraire et qu’il affiche une
force résolue et inébranlable, il sait dans son for intérieur que ses châteaux de
cartes peuvent s’écrouler à tout moment. Ses résistances, ses complexes, ses
insuffisances, ses inhibitions, ses pesanteurs en sont les témoins les plus
flagrants et les violences réactionnelles qui s’y expriment, la conséquence la plus
déplorable même si la plus courante.

Que ces violences soient exercées envers les autres (envers les enfants, le
conjoint, la famille, les collègues…) ou qu’elles le soient envers soi-même (attitudes
auto sacrificielles et masochistes, déni de soi, échecs à répétition, ruptures en tous
genres, manifestations psychosomatiques épuisantes ou douloureuses…), elles
sont l’expression d’un mal à vivre, d’un mal à se trouver, dont on ne dira jamais
assez le tourment qu’ils véhiculent et les frustrations terribles qui l’accompagnent.

La vie et la fréquentation d’autrui nous conduisent à subir des traumatismes


patents. Personne n’en est exempt. Pour nous protéger, nous réagissons en
mettant en place des résistances.

Ces résistances, à la longue se cristallisent en systèmes de comportements et de


rôles et nous conduisent à les confondre avec notre personnalité. Pourtant nous ne
sommes pas comme ça, mais nous sommes devenus comme ça. Et, partant de
celà comment se débarrasser de ce mauvais alter ego, de cette pseudo-
perrsonnalité pour vivre davantage qui on est vraiment.
Peut-on vraiment changer ?

1. Peut-on vraiment changer ? La réponse est oui. Le changement est une porte qui
s’ouvre vers l’intérieur.

2. Beaucoup de nos résistances sont des réponses aux projections que nous avons
vécues dans le passé et que nous avons réinterprétées comme des traits de
personnalité propres. A tel point qu’elles finissent par se superposer,à notre
personnalité jusqu’à nous faire croire qu’il s’agirait de notre personnalité. Nos
résistances sont une partie « flottante » de notre personnalité, mais elles ne sont
pas notre personnalité. En travaillant sur les principaux obstacles qui, hier ont fait
naître et alimenté nos résistances, et qui, aujourd’hui encore, continuent de les
alimenter, nous pouvons parvenir, sinon à les vaincre, du moins à les adoucir, à les
rendre plus flexibles, travail qui nous permet de mieux découvrir qui nous sommes
vraiment et comment nous voulons concevoir notre vie.

Du franchissement naît l’affranchissement. Se débarrasser de soi-même, c’est


précisément s’affranchir de tout ce que nous ne sommes pas, de tout ce que la
société, l’éducation, la religion, la morale ont fait de nous, mais qui n’est pas nous.
Nous avons tous une relecture à faire de notre vie.

Changer signifie pour moi : naître à soi-même. Pour naître à soi-même, il faut
franchir, franchir les obstacles au perfectionnement, à la réalisation de soi. Le
franchissement, c’est ce qui rend franc, c’est-à-dire ce qui rend libre. Or, malgré
toutes les libertés dont nous jouissons, nous ne sommes toujours pas libres,
quelque chose nous retient.

Parce que pour pouvoir naître à soi-même, il faut d’abord commencer par se
débarrasser de cet autre soi qui nous encombre. Cet autre soi fait de toutes les
scories, de toutes les influences néfastes, de toutes les projections plus ou moins
fantasmées, plus ou moins violentes, plus ou moins destructrice du Moi que la
société, nos systèmes d’éducation et nos parents ont véhiculé sur nous.

Le bonheur est à ce prix ?

Accéder à ce qui nous correspond vraiment, renouer avec l’intime de soi, ce rivage
inconnu à partir duquel nous pourrons mieux accueillir l’autre, y contribue
certainement.

Dominique RAOUL Psycho-Graphologue

Larmor-Plage le 22 Mai 2008