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Reassurance

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Nous avons vu que l'équilibre financier d'un assureur peut être mis en danger par différentes sortes de
sinistres :
- Des sinistres de fréquence,
- Des sinistres de pointe,
- Des sinistres de conflagration,
- Des sinistres de cumul.

Pour un assureur, le choix de son plan de réassurance fait partie intégrante de sa stratégie : un plan
de réassurance qui serait mal adapté coûterait cher, serait peu efficace et nuirait à son
développement.

L'assureur cherchera d'abord à mettre en place un système de protection automatique des affaires
qu'il souscrit, ce qui lui permettra :
- De ne conserver que la part des affaires qu'il estime pouvoir souscrire sans mettre en danger son
équilibre financier,
- De souscrire néanmoins des polices qui dépassent son plein de conservation.

L'assureur va donc conclure avec un ou plusieurs réassureurs un ensemble de traités obligatoires
assortis d'un engagement maximum, fixé en fonction de la capacité maximale dont il estime avoir
besoin pour son développement commercial.

Au-delà, l'assureur devra faire appel à la réassurance facultative lorsqu'il voudra :
- Souscrire un risque dont la somme assurée dépasse son plein de souscription,
- Protéger les résultats des traités quand les risques sont très hasardeux,
- Souscrire un risque dans une branche pour laquelle il ne dispose pas d'un traité obligatoire, soit
parce qu'il souscrit trop peu de risques, soit parce qu'il s'agit de risques nouveaux dont la
sinistralité potentielle est encore mal connue.

Enfin, en dernier lieu, l'assureur cherchera à conclure des traités Facob lorsqu'il aura souscrit un
certain nombre d'affaires facultatives de même nature, susceptibles d'être regroupées dans un même
traité. Pour l'assureur, l'avantage sera double : il conservera sa liberté de souscrire, tout en simplifiant
la procédure de réassurance, et en étant sûr d'être protégé. Le réassureur, par contre, sera plus
réticent : il n'acceptera un Facob que si les résultats sont favorables, ou s'il veut faire un geste
commercial qui lui permettra de participer à un autre traité avec des conditions avantageuses.

Le plan de réassurance obéit à deux finalités : équilibrer les comptes techniques par branche et
contrôler l'exposition. Le choix de l'assureur sera donc guidé par le fait de :
- Pouvoir souscrire un grand nombre de risques ;
- Rendre plus homogène la taille des sinistres potentiels, en fonction de son profil de portefeuille ;
- Réduire la charge des indemnités qu'il aura à supporter ;
- Simplifier sa gestion ;
- Payer sa protection de réassurance à son juste prix.

L'assureur cherchera également à :
- Moduler son volume de primes conservées selon les contraintes de marge de solvabilité ;
- Financer les frais de lancement d'un nouveau produit ;
- Protéger son bilan en lissant les résultats techniques.

Remarque : d'un point de vue strictement fiscal, une compagnie a intérêt à se réassurer, car les
primes cédées constituent une charge déductible alors qu'une provision exceptionnelle devrait être
réintégrée dans les bénéfices et supporterait donc l'impôt sur les sociétés.

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Une fois que l'assureur aura défini, de façon théorique, la combinaison idéale de traités proportionnels
ou non-proportionnels qui répond à ses besoins propres, il sera confronté, de façon pratique :

- A la législation en vigueur, qui va lui imposer des contraintes directes (par exemple : cessions
légales obligatoires) ou indirectes (par exemple : contrôle des changes) ;
- A l'intervention des courtiers de réassurance (incontournables pour se réassurer aux Lloyd's), qui
vont orienter son choix ;
- Aux différents réassureurs qui négocieront pour faire valoir leurs propres exigences.

Par conséquent, nous pouvons dire qu'un plan de réassurance est un compromis entre les divers
objectifs - parfois contradictoires - de la cédante, de ses courtiers et de ses réassureurs.

Les plans de réassurance varient selon les compagnies et selon les marchés, et suivent les
fluctuations de l'offre et de la demande, mais nous pouvons noter quelques tendances générales, par
branche :

Incendie :

Quote-part + Excédent de plein (avec des pleins différents pour les risques simples et pour les risques
industriels) + un XL protégeant la rétention (en général, un XL par événement pour se protéger des
cumuls sur les RS, et un XL par risque pour se protéger d'un sinistre majeur sur les RI).

Vol :

Quote-part + Facultative.

Responsabilité Civile :

Quote-part + XL illimité.

Grêle :

Quote-part avec Stop Loss protégeant la rétention, ou Stop Loss seul.

Transport Maritime :

Excédent de plein + XL Catastrophe protégeant la rétention.

Certains plans de réassurance protègent plusieurs branches ensemble : un assureur peut décider de
regrouper tous ses traités (proportionnels ou non-proportionnels) dans un Bouquet, avec placement
unique, ce qui a comme avantage pour l'assureur ou le courtier de simplifier la gestion, tout en
mélangeant parmi les bons traités quelques traités très vulnérables qui ne trouveraient jamais preneur
s'ils devaient être réassurés seuls.

Toutes les réflexions ci-dessus nous amènent à nous poser la question suivante :

- Le plan de réassurance doit-il être conçu en fonction de la politique commerciale de l'assureur ?
- Ou, au contraire, la politique commerciale d'un assureur n'est elle pas déterminée par les
capacités et les protections qu'elle est capable d'obtenir de ses réassureurs ?

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LE DOCUMENT CONTRACTUEL DE REASSURANCE

La relation entre l'assureur et le réassureur est sous-tendue, comme celle qui existe entre l'assuré et
l'assureur, par l'existence :
․ D'un risque,
․ D'une prime,
․ Et d'une prestation pécuniaire qui est fonction d'un aléa.

Mais la réassurance se détache des assurances directes souscrites par l'assureur car l'objectif du
contrat de réassurance n'est pas de garantir à l'identique ce que l'assureur a accepté, mais plutôt de
couvrir le patrimoine de l'assureur.

Durant de très nombreuses années, le contrat de réassurance a revêtu une forme aussi simple que
standardisée, pour la raison qu'on y avait peu recours, en l'absence de contentieux. Les affaires se
traitaient de façon informelle, et se fondaient sur des relations de confiance personnelle et sur la
parole donnée.
Si l'intérêt porté au contrat de réassurance s'est accru ces dernières années, cela tient au fait que des
acteurs extérieurs au monde de la réassurance ont eu à s'y intéresser, notamment les liquidateurs et
autres praticiens spécialisés dans le domaine de la faillite.
Du même coup, les juges (essentiellement londoniens) ont eu l'occasion de se livrer à une analyse
plus systématique des clauses, mettant ainsi à jour certaines insuffisances.

Le document contractuel (en anglais, wording) est la forme aboutie de l'accord entre l'assureur et le
réassureur. Mais un délai relativement long peut s'écouler entre la conclusion d'une affaire et la
signature du traité. C'est pourquoi la négociation préalable donne lieu à l'émission d'un slip de
réassurance.

En règle générale, le traité est rédigé par la cédante ou son courtier. Rares sont les définitions des
termes essentiels utilisés. La langue est le plus souvent celle de la cédante, mais l'anglais reste
l'idiome de référence.

Comme tout contrat, celui de réassurance pose des obligations aux deux parties, mais précise
rarement quelles sont les sanctions en cas de non-respect.

Une des difficultés du contrat de réassurance est son caractère international car, malheureusement, il
n'existe pas de droit universel de la réassurance. Le contrat de réassurance s'intègre dans les droits
nationaux : droit de la faillite, fiscalité, etc....

Une des caractéristiques spécifiques de la réassurance est la place importante accordée à la
coutume, surtout en cas de différend.

Le réassureur n'a pas d'obligation contractuelle à l'égard de l'assuré : le contrat de réassurance ne
produit d'effets qu'entre l'assureur et son réassureur (sauf en cas de « Cut Through Clause »).

Le courtier agit en vertu d'un contrat de mandat qu'il tient implicitement de la cédante, mais parfois
aussi du réassureur. C'est lui qui reçoit les primes de l'assureur vers le réassureur et c'est par lui que
transitent les paiements de sinistres du réassureur vers l'assureur.

Clause « Follow thé Settlements » : le réassureur s'en remet à la compétence et à la bonne foi de la
cédante dans sa politique de règlements. S'il entend contester un règlement fait par la cédante, le
réassureur doit prouver, soit que celle-ci a agit de mauvaise foi, soit que le sinistre n'est pas
recouvrable, soit qu'il n'entre pas dans le champ de la police originale.

« Ultimate Net Loss Clause » : le sinistre s'entend comme la somme effectivement payée par le
réassuré en règlement des sinistres. Mais la responsabilité du réassureur est indépendante du fait de
savoir si la cédante a ou non satisfait à ses propres engagements (cas d'insolvabilité ou liquidation de
l'assureur).

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Exemple d'un Texte de Traité en Excédent de Plein

Article I : Objet

La branche et l'étendue territoriale

Article II : Conditions d'assurance

Réassurance aux conditions originales

Article III : Garantie et engagement

Exprimés en capitaux ou en SMP

Article IV : Bonne foi

Le principe de bonne foi est général (en anglais : utmost good faith ; en latin : uberhmae fidei). Le
réassureur fait entière confiance à la cédante et reste étranger à la relation qui existe entre cette
cédante et ses assurés. Cette bonne foi est corrélée avec une obligation d'information, plus ou moins
rigoureuse, à la charge de la cédante. En facultatives, les informations attendues par le réassureur
sont en fait du même ordre que celles qu'un assureur demande à son assuré. En traités, le réassureur
fonde sa décision sur des renseignements de masse dont la qualité et l'exactitude dépendront de la
bonne foi et du professionnalisme de la cédante. L'assureur doit à son réassureur une information
juste et précise.

Article V : Partage du sort

La notion de « suite du sort » (en anglais : follow thé fortune) ou d' « identité » de fortune constitue
une règle coutumière originale mais source de litiges. On considère que l'assureur ne doit en rien être
gêné par son réassureur dans ses décisions et doit pouvoir agir comme s'il n'était pas réassuré. Le
partage du sort trouve bien à s'appliquer dans ce qui concerne la gestion pure, c'est à dire les choix
des risques à assurer, la tarification, la politique de rétention et de règlement des sinistres. Mais le
réassureur pourra se dégager en cas de négligence grave : souscription de risques inassurables,
fautes graves dans le calcul des provisions techniques, règlement de sinistres non dus.

Article VI : Commissions et taxes

Si la commission est à échelle, le détail du calcul doit être précisé. Par exemple : commission de 20%
à 30% suivant un rapport sinistres de compétence / primes acquises de 75% à 55%.
Le réassureur veillera à ce que la commission ne diffère pas trop des frais de gestion réels de la
cédante. Les traités en quote-part ont une commission plus élevée que les traités en excédent de
plein.
En principe, les primes cédées au réassureur sont nettes de taxes. Il existe des taxes récupérables
sur les assurés et des taxes non récupérables (cas des taxes pompiers).

Article VII : Entrée et sortie de portefeuille

Concerne les traités gérés par exercice comptable. Il existe plusieurs méthodes de calcul pour les
réserves de primes : police par police ou forfaitaire :
50% des primes nettes de commission,
Méthode des 1 / 24ème

(mois par mois),

Méthode des 1 / 8ème

trimestre par trimestre) .
Pour les réserves de sinistres, il s'agit des sinistres à payer (SAP) figurant dans les comptes.

Article VIII : Comptes

Pour un traité par exercice comptable :

Au crédit :

Les primes correspondant aux risques cédés,
Entrée de portefeuille prime au 1/1/n (=rec au 31/12/n-1),
Entrée de portefeuille sinistre au 1/1/n (=sap au 31/12/n-1),
Récupérations sur sinistres.

Au débit :

Commissions,
Sinistres payés sur les risques cédés,

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Taxes,
Sortie de portefeuille primes (=REC au 31/12/N),
Sortie de portefeuille sinistres (=SAP au 31/12/N).

On définit aussi la périodicité, la monnaie des comptes, le cours de change qui sera retenu. Les
comptes peuvent être ventilés par exercice de souscription (utilisé dans les branches à déroulement
long ; ni entrée, ni sortie de portefeuille) ou par exercice de survenance (utilisé surtout en RC et en
Auto ; entrée de portefeuille primes uniquement).

Article IX : Participation aux bénéfices

Le taux, généralement fixe, s'applique au bénéfice ressortant du compte de profits et pertes, mais net
de frais généraux (entre 3% et 10%). Dans les branches de type catastrophe (tremblement de terre,
tempêtes....), il est d'usage de ne pas mettre de PB, étant entendu que le réassureur doit provisionner
pour des catastrophes qui ne manqueront pas de survenir.

Article X : Dépôts

L'assureur demande au réassureur un dépôt qui correspond aux provisions techniques qui sont à sa
charge (REC et SAP).

Article XI : Sinistre

On définit ce qu'est un sinistre.

Article XII : Bordereaux

On définit la périodicité et le contenu des bordereaux de primes et de sinistres.

Article XIII : Sinistre au comptant

Le seuil de réclamation ne doit pas être trop bas pour éviter un financement abusif par le réassureur.

Article XIV : Erreurs ou omissions

Les erreurs ou omissions par la cédante sont considérées comme n'ayant aucune influence sur la
validité du contrat de réassurance, dans la mesure où elles ont été commises de bonne foi.

Article XV : Droit de regard

Le droit de regard et de contrôle du réassureur a perdu son caractère extrême, à tel point que la
demande vient souvent des cédantes elles-mêmes qui espèrent ainsi renforcer leur crédit et obtenir
de meilleures conditions, ou encore un avis sur leur mode d'organisation ou un conseil sur leur
politique de souscription. Assureur et réassureur peuvent également convenir d'une coopération dans
l'évaluation des sinistres et leur négociation.

.

Article XVI : Durée, effet, résiliation

Durée indéterminée, mais résiliation provisoire possible moyennant un délai de 3 mois, lorsque l'une
des deux parties a l'intention d'introduire des modifications. Le délai permet à la cédante d'avoir du
temps pour replacer la part dont un réassureur ne voudrait plus. Les négociations de renouvellement
se déroulent dans le courant du dernier trimestre.

Article XVII : Résiliation spéciale

Dans les cas où l'une des deux parties ne respecte pas le principe de bonne foi ou bien n'a plus
confiance en l'autre.

Article XVIII : Arbitrage

En cas de litige, il est prévu la mise en place d'un tribunal arbitral composé d'un arbitre choisi par
chacune des parties, auquel est adjoint un tiers arbitre désigné par les deux autres. Ces arbitres
statuent en référence aux usages et pratiques plutôt qu'au droit strict.

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