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bande dessinée

Affinités
graphiques
Les six Berbères sont douze sont des étudiants qui se
destinent à la bande dessinée. Ils préfigurent un atelier
commun et sèment nonchalamment leurs belles images

Par Astrid Deroost Photo Claude Pauquet

e premier a dessiné l’affiche de la saison nes appliquent le nomadisme aux affinités gra-

L théâtrale 2001 d’Angoulême, le même a


fabriqué de ses mains (et de nuit) dix-sept
exemplaires d’un ouvrage original, les troisième
phiques. C’est dire que depuis trois ans, date de
leur arrivée à Angoulême, leur cercle est tout à la
fois restreint et illimité : «A une exception près
et quatrième planchent sur un scénario en trois (aujourd’hui convertie favorablement), nous som-
tomes, le cinquième intéresse un éditeur, le mes tous venus pour la bande dessinée. Nous re-
sixième “internète” des images... Tommy mercions l’école de nous avoir rassemblés»,
Gosselin, Samuel Stento, Charles Razack, Guillaume Trouillard, désigné porte-parole, s’ar-
Guillaume Trouillard, Aymeric Hainaux, Sébas- rête sur le mot intransigeance. La force du groupe
tien d’Abrigeon ont exposé, ensemble, lors du est là. Dans cette volonté partagée de rester fidè-
Festival international de la bande dessinée. Les les aux autres, à soi-même et au 9e art.
six Berbères sont douze sont six. Etudiants (Ecole Les Berbères aux styles différents estiment
supérieure de l’image, Ecole des métiers du ci- Mattoti, Blutch, Breccia, De Crécy ou Trondheim,
néma d’animation), ces garçons forcément jeu- ne tiennent pas le figuratif pour obsolète, appré-

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cient la picturalité, l’expressionnisme et souhai-
tent raconter des histoires vraiment personnelles.
Manifeste implicite, leur rassemblement préfigure
– sans urgence – un atelier d’artistes. «Pour l’ins-
tant, à cause des cours, nous ne pouvons pas nous
engager dans de gros projets, reconnaît
Guillaume Trouillard. Mais nous avons vraiment
envie de travailler ensemble. Cette année, nous
souhaitons réunir toutes nos histoires dans un
recueil collectif et le présenter, peut-être, lors du Ci-dessus de haut au bas,
prochain festival.» En attendant, les étudiants dessins de Samuel Stento,
Guillaume Trouillard,
explorent le dessin animé, le multimédia ou dé-
Aymeric Hainaux,
crochent des sélections aux concours Jeunes Ta- Sébastien d’Abrigeon.
lents du Festival international de la bande dessi-
née. Lors de la dernière manifestation, l’exposi- Page de gauche
tion Berbères a séduit l’œil du public, attiré par de haut en bas, le web
logo des 6 Berbères,
le bouche à oreille. En mai, Villeurbanne attend
dessins de Tommy
les Douze d’Angoulême pour une nouvelle dé- Gosselin et de
monstration. Quant au site web, appelé à grandir Charles Razack.
à l’infini, il est une autre porte commune ouverte
sur le travail de chacun. ■ www.6berberes.com

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