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l'Arabie préislamique

Paysage de l'Hadramaout.

L'histoire de l'Arabie préislamique commence dès la préhistoire. L'Arabie était divisées sous
l'Antiquité et à l'époque de l'Empire romain en trois régions distinctes: l'« Arabie heureuse », au Sud,
qui correspond au Yémen actuel ; l'Arabie centrale, peuplée de nomades et de sédentaires et qui
vivait dans l'orbite de l'Arabie heureuse, et l'Arabie septentrionale, sous influence des Empires
byzantins et perse. Le Coran fait référence à cette période sous le nom de jahiliya (« ignorance » ou
« paganisme »), le polythéisme y étant alors la règle, bien que des groupes juifs (sédentaires, surtout
au Yémen et dans le nord, mais aussi dans les oasis, comme à Yathrib, aujourd'hui Médine)
et chrétiens (surtout nomades, à Najrân ou dans le Yémen) y vivaient. A la fin du VIe siècle et au début
du VIIe siècle, des guerres fréquentes ruinent l'Arabie du Sud et affaiblissent les Perses et Byzantins,
renforçant la situation des Arabes du Centre et du Nord, ainsi que de La Mecque.

Dans l'Antiquité
D'après Ctésias, au temps des Phéniciens, les Béroses étaient composés de Chaldéens et d'Arabes.
Le roi arabe à cette époque était Ariée, il faisait la guerre contre Ninus,chef de Babylone et de Ninive.
Selon Ferd Hoefer, une dynastie arabe avait occupé Babylone en 1400 avant J-C.Cusan - Risataim,
un madainite (tribu qui appartient aux ismaélites) était le roi de la Mésopotamie. Plusieurs peuples
( phéniciens, hébreux) étaient soumis à ce roi . Les ismaélites occupaient une partie de la
Mésopotamie et une grande partie de l'Arabie. La guerre éclate entre les Hébreux et Cusan - Risataim
à cause de Yahweh (dieu du Proche-Orient). Les Hébreux ont dénigré ce dieu et se sont mis à
adorer Baalim et Astratoh. À la fin, les Hébreux offrent leur soumission à Cusan- Risataim durant huit
ans.

L'Arabie heureuse

Royaumes yéménites, IIIe siècle. On voit le royaume d'Aksoum (enÉthiopie actuelle avec une extension sur la péninsule
arabique, au nord du royaume himyarite, où se situe Aden). Au nord-est du royaume himyariate, le royaume de Saba et
le royaume de Qataban. Enfin, le royaume d'Hadramaout (à la frontière actuelle d'Oman).

Le Sud était en déclin relatif , après la chute de l'antique royaume de Saba qui a duré des millénaires.
Au IIIe siècle, il se partageait entre le royaume himyarite, le royaume d'Aksoum (dont le centre était
enÉthiopie actuelle), le royaume de Saba, le royaume de Maïn et le royaume deQataban, qui finit par
l'emporter sur les autres vers le Ve siècle. De type hellénistique, la civilisation de l'Arabie du Sud
partageait des influences indiennes. On y parlait le « sud-arabe », une langue sémitique distincte de
l'arabe.

Dhu Nuwas fut le dernier roi de la dynastie himyarite. A la fin du Ve siècle, il se convertit au judaïsme et
punit les chrétiens à cause de la persécution des Byzantins. Les Éthiopiens, en majorité chrétiens,
prennent la région. Vers 575, les Perses font une incursion. La domination des Éthiopiens et des
Perses sassanides a été éphémère.

Bénéficiant des moussons, l'Arabie heureuse était très développée par rapport au centre. Les
habitants étaient sédentaires, habiles dans la construction de digue (digue de Marib) et l'agriculture .
Ils produisaient et exportaient les céréales, fruits, légumes, vigne, encens, épices, la myrrhe,
les aromates, etc., commerçant avec l'Inde (la Route de l'encens), le golfe Persique, l'Éthiopie,
l'Afrique et, de façon importante, avec l'Empire romain.

Les routes étaient prospères pendant le temps de la paix (accord signé entre les Arabes et les
Romains à l'époque de l'empereur romain et arabe Philippe l'Arabe (204-249 ap. J.-C.)).
Le Yémen était une société monarchique et la religion était polythéiste. Plusieurs inscriptions
découvertes dans la région laissent penser qu'une partie de la population savait écrire4.

Les Arabes du Centre et du Nord, appelés « Arabes de la tente » (sarakênos en grec, d'où vient le
mot sarrasin), travaillaient dans l'Arabie heureuse en tant que mercenaires.

Le centre et le Nord
Ces régions étaient influencées par la culture araméenne hellénisée. Les pistes commerciales étaient
établies. Le royaume de Hîra, au nord est, était chrétien nestorien et vassal de
l'empire perse sassanide, tandis que celui des Ghassanides, chrétiens monophysites, était sous
l'influence de l'Empire byzantin

Les Nabatéens fondent leur royaume et la ville de Pétra fut la capitale. Trajan concrétise une province
romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud
la Syrie était connue sous le nom de Palmyre, Odenathus ("Udhayna") était le premier souverain puis
sa femme Zénobie ("Zayneb") le remplaça. Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la
population était semi-nomade ou nomade. L'histoire demeure sombre au sujet des autres
dynasties Lihyan et Thamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. Le Coran mentionne
Thamud. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans la
région. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de la
région qui étaient sûres4.

Entre le IVe et le VIe siècle, la région se dégrade. Les Byzantins et les Sassanides s'en sont
désintéressés.

La société bédouine

La société bédouine demeure tribale. L'élevage de chameaux et de petit bétail était important pour la
survie. Les nomades vivaient en dominant les sédentaires1, les protégeant en échange d'un tribut. Si
celui-ci n'était pas versé, ils pratiquaient des razzias, peu meurtrières, qui visaient surtout à s'emparer
du butin1. Outre ces activités, les bédouins servaient d'escorte aux caravanes, prélevant droits de
passage et pillant les caravanes non défendues.

La religion des tribus était le polydémonisme: on adorait « dans le désert des pierres, des météorites,
des arbres, des sources ». Chaque objet sacré était entouré d'un haram, ou lieu de culte, objet
de tabous religieux.

Subdivisées en clans, les tribus arabes avaient un chef (sayyid ou chaykh), choisi ni par élection ni par
filiation, mais par consensus. Le fils aîné du chef défunt était en général choisi La filiation était
exclusivement patriarcale. Le père exerçait une autorité absolue sur ses femmes (si elle existait,
la polygamie aurait été rare), ses enfants, ses domestiques, ses clients (mawlâ), ses esclaves. La fille
était un bien de famille, cédé contre une compensation matrimoniale (le bien passait du patrimoine du
fiancé à celui du père de la fiancée: ce n'était ni une dotni un douaire. Les divorces étaient fréquents;
le concubinage avec les esclaves admis, de même que la prostitution. Enfin, l'endogamie était
préférée (mariage avec la cousine), afin de préserver les biens collectifs de la famille.

Les pouvoirs du chef augmentaient en temps de guerre, lorsqu'il devenait qâ'id, ou chef de guerre.
Un droit coutumier réglementait les rapports entre les tribus (razzia, trêve religieuse, droits de
passage, négociations, pactes de non-agression, etc.).

Les tribus avaient en outre un conseil formé de membre de la même famille (Ahl al Bayt) (les gens de
la maison), ou une assemblée tribale. Ses notables dirigeaient par l'intermédiaire d'un conseil
(madjles, al-nâdi, al-mala, etc..).

Les pouvoirs du chef étaient limitées; la tribu pouvait ne pas suivre ses avis (ra'y), et il était sous
surveillance des autres chefs de clan. Outre le chef, le porte-parole (khâtib), le devin (kâhin), le
desservant du haram (sâdin) et le poète (châ'ir) avaient un rôle influent. Il s'agissait là de fonctions, et
non de statut: le chef pouvait jouer le rôle de devin, etc. Les litiges étaient le plus souvent réglées par
le hakam, un arbitre qui tentait de concilier les parties (dans les affaires de vendetta, ou de joutes
oratoires, etc.). En définitive, la justice et le pouvoir reposaient en grande partie sur le prestige et
l'autorité morale.

L'assemblée tribale « s'occupait surtout de travaux agricoles, d'aide sociale, du respect des coutumes,
et elle arbitrait les joutes oratoires (al-mufâkhara). » Prenant ses décisions par consensus, obtenu à la
suite de longues palabres durant lesquels les rapports de force étaient rendus évidents, l'assemblée
devait persuader le chef et la tribu pour toute décision. Joseph Chelhod parle ainsi de « proto-
démocratie ». L'assemblée n'était pas un organe législatif: elle devait suivre la coutume et la tradition
(la sunna), et si des innovations étaient apportées, sous l'influence de personnalités charismatiques,
celles-ci prenaient souvent le masque de l'appel à la coutume.

La Mecque

Société urbaine et de l'écrit, La Mecque se rapprochait des sociétés du sud. « République de


marchands», comparable à Venise ou Palmyre, elle réunissait les grands marchands de la tribu
des Quraychites. Celle-ci se divisait en plusieurs clans : les Hachémites, auquel le prophète de
l'islam Mahomet appartenait, et les Omeyyades, auquel le troisième calife, Othman, appartenait. Ces
derniers concluaient des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanides, etc. Les
caravanes pouvaient attendre la taille de 2 500 chameaux, transportant or,ivoire, soie, etc. La place
importante de La Mecque en tant que centre de commerce a cependant été remise en cause
par Patricia Crone(1987).
On y pratiquait le polythéisme (Houbal, le créateur Allah, ses trois filles Al-Lât, Al-Uzzâ et Manât). Les
populations proches de La Mecque y effectuaient un pèlerinage, durant lequel on observait une trêve
de quatre mois.

Un droit préislamique y existait, incluant les procédures de vente, de prêt à intérêt (souvent usuraire,
des associations commerciales (la commandite, mudâraba), des contrats (en particulier agricoles ). Il
existait aussi des ventes aléatoires (au jeté de caillou, etc.); des flèches divinatoires pouvaient être
utilisés pour les partages.

Hedjaz

La région actuelle du Hedjaz (contour rouge) et le royaume du Hedjaz (1916-1925)

Le Hedjaz est une région du nord-ouest de l'actuelle Arabie saoudite ; sa principale ville est Djeddah,
mais la cité la plus connue est La Mecque, ainsi que Médine.

Cette région fut contrôlée tour à tour durant la majeure partie de son histoire par les puissances
régionales, l'Égypte ou l'Empire ottoman ; elle fut néanmoins brièvement indépendante au début
du XXe siècle, lorsqu'elle se souleva contre l'Empire ottoman lors d'une rébellion encouragée
par Lawrence d'Arabie durant la Première Guerre mondiale. Husseyn ibn Ali, chérif de la Mecque,
proclama son indépendance en 1916.

En 1924-1925, l'autorité du chérif fut renversée par les ibn Saoud, régnant sur la nation voisine
du Nejd. Cette annexion permit la création de l'Arabie saoudite moderne en 1932.
La Mecque

.
La Mecque
(ar) ‫َمّكة المكرمة‬

La mosquée Masjid al-Haram, au centre de la Mecque

Administration

Pays Arabie saoudite

Province La Mecque

Géographie

Latitude
21° 25′ 21″ Nord
Longitude 39° 49′ 34″ Est

Altitude environ 300 m

Démographie
Population 1 294 168 hab. (2004)

Localisation

La Mecque

La Mecque ou La Mekke (en arabe ‫[ َمّكة المكرمة‬makkaʰ al mukarramaʰ], plus couramment ‫[ مكة‬makka])
est une ville de l'ouest de l'Arabie saoudite non loin de la charnière séparant le Hedjaz de l'Asir, à 80
km de la mer Rouge et capitale de la province de Makkah. Elle abrite la Kaaba au cœur de la
mosquée Masjid Al-Haram, ce qui en fait la ville sainte la plus sacrée de l'islam. Ethniquement
diverse, la ville est aussi cosmopolite lors du hajj, bien qu'elle soit fermée aux non-musulmans

Géographie
La ville de La Mecque, se situe à l'ouest de l'Arabie saoudite, sur les pentes de la chaîned'Al-Sarawat,
entre les massifs du Hedjaz et de l'Asir, plus précisément dans la vallée de l'Oued Ibrahim au pied de
collines de 60 m à plus de 500 m de hauteur. Le port deDjeddah n'est distant que de 65 kilomètres. La
partie est de la ville se situe entre 194 et 310 m au-dessus du niveau de la mer. La partie ouest à 400
m, se caractérise par la présence de certains monts qui peuvent atteindre jusqu'à 900 m d'altitude
comme le montJabal Tarki (qui est la plus haute montagne de la Mecque) et le Jabal Khandama qui
culmine à 914 m. La partie centrale a une altitude moyenne de 294 m et la Kaaba est à 300 m. Cette
partie est caractérisée par le Mont Jabal Thor(759 m) qui a joué un rôle important dans la vie du
prophète de l'islam Mahomet (appelé aussi Muhammad ou Mohammed).

La température à La Mecque atteint un maximum de 48 degrés l'été et un minimum de 18 degrés


l'hiver, avec une moyenne comprise entre 29,9 et 31 degrés, ce qui en fait une des régions les plus
chaudes du monde.
Sa population est estimée à 1 453 533 habitants (estimation 2009). La ville de La Mecque prospère
surtout grâce aux millions de pèlerins qui s'y rendent chaque année. Le sanctuaire de La Mecque
atteint sa pleine capacité de deux millions et demi de personnes lors des nuits du mois de ramadan
(pour les prières nocturnes tarawih), ou lors du pèlerinage hajj.

L'antipode de La Mecque se situe dans l'océan Pacifique, en Polynésie française, à 55 kilomètres à


l'Est-Nord-Est de l'atoll de Tematangi(Archipel des Tuamotou, commune de Tureia).

Climat

Contrairement à la plupart des autres villes d'Arabie Saoudite, la Mecque conserve des températures
chaudes en hiver, qui vont en moyenne de 17°C la nuit à 25°C l'après-midi. Les températures
estivales sont très élevées et dépassent généralement la barre des 40°C dans la journée, pour
retomber à environ 30°C dans la soirée. Les précipitations concernent la Mecque dans des petites
quantités, principalement entre novembre et janvier.

La Mecque

mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année

Température minimale
18,6 18,9 21,0 24,3 27,5 28,3 29,0 29,3 28,8 25,8 22,9 20,2 18,6
moyenne (°C)

Température maximale
30,2 31,4 34,6 38,5 41,9 43,7 42,8 42,7 42,7 39,9 35,0 31,8 43,7
moyenne (°C)

Précipitations (mm) 20,6 1,4 6,2 11,6 0,6 0,0 1,5 5,6 5,3 14,2 21,7 21,4 9,9

L'accès à La Mecque est interdit aux non-musulmans (al-balad al-harām : c'est-à-dire : « territoire
sacré »). Enfreindre cette règle peut encourir, selon les lois saoudiennes, l'emprisonnement, voire la
peine de mort. Afin de garantir celle-ci, des postes de contrôle sur les routes surveillent l'accès à la
ville. De plus, les autorités saoudiennes exigent désormais la présentation d'un « certificat de
conversion à l'islam » pour toutes les personnes converties qui souhaitent pénétrer dans le
« périmètre sacré ». Ce document est normalement délivré dans n'importe quelle mosquée, après
entretien et contrôle des connaissances7, mais n'est pas nécessaire lorsqu'on possède un nom et un
prénom musulman.
La Mecque est desservie par l'aéroport international King Abdulaziz de Djeddah, qui se situe à 75 km
au Nord-Ouest de la ville. Une ligne à grande vitesse est actuellement en construction pour relier
l'aéroport à la ville sainte.

Histoire
Période préislamique

La ville de La Mecque est mentionnée pour la première fois par le géographe grec Ptolémée, qui
l'appelle « Makoraba » au IIe siècle. Selon Christoph Luxenberg le nom de la ville proviendrait de
racine araméenneMakk désignant une dépression topographique, notamment « vallée », en effet la
ville se situe dans la vallée de l'Oued Ibrahim.
Avant l'islam, La Mecque est déjà un haut lieu de vénération. Selon la tradition musulmane, le culte
autour de la Ka'ba remonterait à Adam qui l'aurait batie, avant qu'elle ne soit emportée par
le Déluge au temps deNoé. Dieu aurait alors ordonné à Abraham (Ibrahim) de la reconstruire avec
l'aide de son fils Ismaël (la fameuse pierre Noire enchassée dans l'un des angles de la Kaaba serait
d'ailleurs un don de l'ange Gabriel à Ibrahim).
Cependant, même si la Ka'ba mecquoise a été édifiée à une époque indéterminée, peut-être vers la
fin de la période romaine, il semblerait qu'elle apparaisse probablement au départ comme un simple
enclos de pierres sans toit, édifié à proximité immédiate d'un point d'eau salvateur au fond d'une
vallée sèche et non arborée. Sa construction dans ce lieu insolite signalait manifestement déjà une
intention cultuelle et confirmait son caractère d'espace sacré, dans lequel chaque tribus nomades
d'Arabie y déposaient les statues (asnam) de ses dieux. On raconte qu'à l'avènement de l'Islam, la
Kaaba contenait plus de 360 idoles ; Les principales de ces divinités pré-islamique restant Hubbal, al-
Lat, al-`Uzza ou Manat. Le sanctuaire, ainsi constitué accueillait également : juifs, chrétiens,
polythéistes, mazdéens et plusieurs autres croyances.
Vers l'an 200, le Hejaz devient une région qu'empruntent de nombreuses caravanes. Les
tribus bédouines profitent de la localisation de la région, au carrefour des routes vers l'Afrique, vers
l'Asie Mineure, vers le monde perse et vers les prospères côtes du golfe d'Aden (royaumes de Saba,
de l'Hadramaout, etc…) pour y contrôler le commerce des épices.
Aux VIe et VIIe siècles, La Mecque était un grand carrefour marchand, dominée par la tribu
des Quraychites, dont est issu Mahomet, et qui se disaient descendants d'Adnan et par lui d'Ismaël.
Celle-ci concluait des traités avec les Byzantins, les Éthiopiens, les Sassanides, etc. Les notables de
la ville dirigeaient tout par l'intermédiaire d'un conseil (madjles).

Place de La Mecque dans la religion musulmane


Les deux principales branches de l'islam, sunnite et chiite, considèrent cette ville comme sainte,
puisqu'elle est la ville natale du prophète de l'islam et se rapporte à la période d'avant le schisme.
La Mecque est un centre fondamental de la vie religieuse musulmane. L'un des cinq piliers de
l'islam stipule en effet que tout croyant doit faire un pèlerinage à La Mecque, s'il en a les moyens. Ce
pèlerinage porte le nom de hajj (ou hadj, selon les graphies). Chaque année, 2,5 millions de
musulmans se recueillent à La Mecque pour effectuer le hajj pendant le mois de dhou al-hijja. Un
nombre beaucoup plus grand effectue le pèlerinage mineur (la oumra), qui peut être exécuté à tout
moment de l'année, mais plus particulièrement pendant le ramadan.

La Mecque est aussi la direction, la qibla, vers laquelle les musulmans qui prient se tournent au cours
de leurs prières.

Les lieux
Al-Masjid Al-Haram

C'est la Mosquée Sacrée, le premier lieu saint de l'islam, qui comporte en son centre la Kaaba. dans
el Masjid el Haram. Une prière accomplie à l'intérieur vaut cent mille prières accomplies dans une
autre mosquée.

La Kaaba

En arabe, Kaaba signifie « cube ». Il s'agit toutefois d'un parallélépipède rectangle de 15 mètres de
haut et 12 mètres par 12 mètres au sol. Selon la tradition musulmane, la Kaaba est construite
par Adam, premier prophète, et fut reconstruite par Ibrahim (Abraham) et son fils Ismaïl.

Ce dirole est le plus grand au monde et aurait été construit ultérieurement autour de la Kaaba par le
prophète Ibrahim. Une pierre noire, creuse, est enclose dans l'un des angles de la Kaaba.

Étapes du pèlerinage à La Mecque.


Personnalités

 vers 573 : naissance d'Abu Bakr, ami intime et beau-père de Mahomet.


Kaaba
La Kaaba, Ka'ba ou Ka'aba est une grande construction cuboïde au sein de la masjid al-Haram (« La
Mosquée sacrée») à La Mecque. Ses noms sont des transcriptions approximatives de
l’arabe ‫( الكعبة‬entranscription scientifique : al ka'ba) qui signifie cube.
La symbolique de la Kaaba vide signifie qu'il ne peut y avoir d'objet d'adoration pour le croyant. Elle
symbolise l'unité des musulmans qui adorent un Dieu unique, et représente le lieu vers lequel se
dirige la prière. C'est autour de la Kaaba que les pèlerins effectuent les sept tours du tawaf, également
appelé la circumambulation.

Les origines
Les anciens chroniqueurs rapportent qu'avant l'avènement de l'islam (jahilya), il y avait 24 kaabas
dans la péninsule d'Arabie, mais celle de La Mecque était vénérée par toutes les tribus.

Quant à son apparence primitive, la Ka‘ba apparaissait probablement au départ comme un simple
enclos de pierres sans toit, édifié à proximité immédiate d'un point d'eau salvateur au fond d'une
vallée sèche et non arborée. Sa construction dans ce lieu insolite signalait manifestement déjà une
intention cultuelle et confirmait son caractère d'espace sacré.

Bientôt, les populations bédouines vinrent de toute l'Arabie y déposer les statues (asnam) de leurs
idoles, auxquelles ils rendaient visite une fois par an lors d'un pèlerinage. On dit qu'à l'avènement de
l'islam, la Kaaba contenait plus de 360 statues de divinités, les plus vénérées et les plus plébiscitées
étant : Hubbal,al-Lat, al-`Uzza ou Manat.

La Ka'ba mecquoise fut édifiée à une époque indéterminée. Le Coran dit que c'est le
prophète Ibrahim(Abraham) qui l'a construite avec l'aide de son fils Ismaël.

Période islamique

Prière face à la Kaaba à la Grande Mosquée.

Vers 590, les fondations de la Kaaba furent gravement endommagées par des pluies torrentielles.
Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire dut être démoli et reconstruit par les Quraychites, la tribu dont
est issu Mahomet (qui était alors âgé de 20 ans).
Chassé de La Mecque en 622, Mahomet part en exil à Yathrib (futureMédine), c'est hégire. Ne
revenant dans sa ville natale que dix ans plus tard, il chassera les idoles païennes de la Ka'ba, à
l'exception de lapierre noire que Mahomet considérait comme un don de Dieu.

Aux premiers temps de l'islam, la prière était dirigée vers Jérusalem. Il est dit que les chrétiens et les
juifs se moquèrent alors des musulmans affirmant que s'ils se dirigeaient vers Jérusalem comme eux
pour faire la prière, il ne tarderaient pas à suivre les préceptes de la Bible.
C'est pourquoi, Allah ordonna alors à Mahomet d'orienter la prière vers la Ka'aba, pendant son exil à
Médine.

Le calcul de la qibla, le mur qui, dans la salle de prière d'une mosquée, est placé en perpendiculaire
de la direction de La Mecque, stimula les géographes musulmans.

Description
La Ka'aba est un bâtiment de forme approximativement cubique avec ses 15 m de haut et ses côtés
de 10 et 12 m. Il ne possède qu'une seule ouverture, une porte, qui est ouverte trois fois par an pour
permettre de laver le plancher avec de l’eau puisée à la source de Zamzam (celle qui est supposée
avoir été découverte par Agar lorsqu'elle cherchait désespérément de l'eau pour le bébé Ismael
pendant leur exil dans le désert).

À l’intérieur, la pièce est vide. Le plafond est supporté par trois piliers de bois et les murs sont
recouverts de marbre. Dans un angle, un escalier étroit permet d’accéder à la terrasse. On l’emprunte
une fois par an pour changer la kiswa, le brocart noir, brodé de versets coraniques qui recouvre la
construction.

Au XIXe siècle, la Kaaba était curieusement entourée de petits bâtiments et de palissades de facture
extrême orientale (genre pagode).
1 - La Pierre noire (angle Sud-est) (arabe : ‫سَود‬
ْ‫ل‬َ ‫جر ا‬
َ‫ح‬َ ‫[ ال‬al-hajar al-aswad]). En684, la Kaaba est
endommagée par un incendie, la pierre noire éclate à cause de la chaleur. En 930, celle-ci est prise
par les Qarmates, et restituée en 950.

2 - La porte de la Kaaba (mur Est), qui est située à 2,13 mètres au-dessus du sol.

3 - Gouttière (en or) pour évacuer les éventuelles eaux de pluie (mur Nord)
(arabe : ‫[ ميزاب‬mīzab], gouttière). En 1626 une inondation fait s'écrouler trois des quatre murs de la
Kaaba. Elle a été reconstruite en 1627. C'est alors qu'on installe cette gouttière et le châdharwân qui
protège le soubassement des eaux de ruissellement.

4 - Le châdharwân est une partie du soubassement de la Kaaba (arabe :‫[ الشاَذروان‬al-šāδarwān])

5 - La zone appelée hatîm (‫حطيم‬


َ ‫ال‬, [al-haṭīm], partie effondrée ?) est délimitée par le muret appelé
pierre d'Ismaël, selon d'autres sources le mot hatîm désigne aussi le muret. Cela correspond à une
partie de la Kaaba originelle sous laquelle serait enterrée Agar, la mère d'Ismaël (arabe : (arabe : ‫جر‬
َ‫ح‬َ ‫ال‬
‫[ إسماعيل‬al-hajar ismā`īl]).

6 - Al-Multazam (‫[ ُمْلَتَزم‬multazam], lié par un engagement) désigne le pan de mur entre la porte de la
Kaaba et la pierre noire.

7 - La station d'Ibrahim (arabe : ‫[ مقام إبراهيم‬maqām ibrāhīm], station d'Ibrahim) : lors de la construction
de la Ka'ba par Abraham et son fils Ismaël, celle-ci prenant de la hauteur, le prophète aurait été
contraint de monter sur cette pierre, tout en y laissant l'empreinte de ses pieds.

8 - Angle de la Pierre noire (Sud-est).


9 - Angle du Yémen (Sud-ouest). Une grande pierre placée verticalement forme cet angle du bâtiment.
La coutume est de caresser ou saluer cette pierre.

10 - Angle de la Syrie (Cham) (Nord-ouest).

11 - Angle de l'Irak (Nord-est).

12 - Kiswa (arabe : ‫سوة‬


ْ ‫[ ِك‬kiswa], vêtement; habit; draperie) Voile brodé d'or, recouvrant la Kaaba (autre
nom en arabe : ‫ستار الكعبة‬
ِ [sitār al-ka`aba],voile / tenture de la Kaaba).

13 - Bande de marbre marquant le début et la fin des tours.

14 - Cet emplacement est parfois appelé la station de Gabriel (arabe : ‫[ مقام جبريل‬maqām jibrīl], station
de Gabriel).

Quraych
Les Quraychites, Qorayshites ou Koraïchites sont les descendants de Quraych (qurayš ‫)قريش‬, le
terme signfie littéralement en arabe « petit requin », un assez lointain ancêtre appelé aussi Fihr. Ils
appartiennent au groupe des Arabes du Nord (ou Arabes arabisés) qui se disaient descendants
d'Adnan et par lui d'Ismaël. Six générations après Quraysh, Qusay (quṣay ben kilāb ‫)قصي بن كلب‬
parvient à les fédérer et à prendre à la tribu qahtani des Khuza'a - selon la tradition grâce à une
alliance matrimoniale - le contrôle de La Mecque, de ses puits et du pèlerinage autour de la Kaaba.

Qusay est le père de ‘Abd Manaf, grand père de Hâchim, bisaïeul de `Abd al-Muttalib, trisaïeul de
`‘Abdullah, ce dernier étant le père de Mahomet.

Un hadith dit que tous les califes doivent descendre des Quraychites:

« Abd Allah ben `Umar, rapporte: Le Messager de Dieu disait: Le califat restera parmi les
Quraych même s'il ne reste que deux personnes sur terre ».

Les deux premiers califes : Abû Bakr et `Omar n'ont pas été choisis dans la descendance de
Qusay, mais sont néanmoins du clan quraychite. Le troisième `Uthman et tous les suivants sont
tous descendants de Qusay. On peut se poser la question pour les califes turcs Ottomans.

Les plus farouches adversaires de Mahomet se sont recrutés parmi les Quraychites. Un de ses
oncles Abû Lahab qui fait l'objet de la condamnation divine dans la sourate CXI La corde. Un
autre adversaire déclaré est Abû Sufyân qui se convertit à l'islam au moment de la prise de la
Mecque par les troupes musulmanes. Son fils Mu`âwîya sera le premier calife héréditaire,
fondateur de la dynastie Omeyyade.

Le 15 mars 624, le clan mecquois des Quraychites, qui avait contraint Mahomet à
l'exil vers Médine deux ans auparavant, est défait par la petite troupe de Mahomet à la bataille
de Badr, première bataille victorieuse de l'islam, devenue mythique.
Le clan de Mahomet porte le nom de Hâchim (Hachémites), les
souverains jordaniens revendiquent cette ascendance.

Sourate
La sourate CVI du Coran porte le titre Les Quraych. C'est une des sourates les plus courtes, elle
invite les Quraychites à honorer Dieu dans la Kaaba.

Branches des Quraysh


Les grandes subdivisions des Quraysh, appelées du nom de leur ancêtre :

 Banu Abd-al-dar
 Banu Abd al-Manaf et ses subdivisions :

 Banu Nawfal, clan de Mut`im ibn ‘Adi4, opposant de Mahomet.


 Banu Muttalib
 Banu Hashim, clan de Mahomet et d’Ali. Les Hachémites,Alaouides et Idrissides s’y
rattachent.
 Banu Abd Shams et leur subdivision :

 Banu Umayyah, clan d’Abu Sufyan ibn Harb, père de Muawiya, premier
calife omeyyade ;Uthman ben Affan, troisième calife, en est aussi issu.

 Banu Makhzum, clan de Khalid ibn al-Walid


 Banu Zuhrah, clan d’Amina bint Wahb, mère de Mahomet 5 et de Sa'ad ibn Abi
Waqqas, compagnon de Mahomet.
 Banu Taym (arabe : ‫)بنو تيم بن مرة‬, clan d’Abou Bakr
 Banu Adi, clan d’Omar ibn al-Khattab, deuxième calife.
 Banu Asad, clan d’Abd Allah ben az-Zubayr et de Khadija, première épouse
de Mahomet

Branches Quraysh au rattachement indéterminé :

 Banu Jumah
 Banu Sahm, clan d’Amru ben al-As
 Banu Zahra

 Banu Mustaliq, branche alliée aux Quraysh de la tribu Khuza'a, anciens


gardiens de la Mecque.
Médine

.
Médine
(ar) ‫ المدينة‬Yathrib

Masjid al-Nabawi, la « mosquée du Prophète »

Administration

Pays Arabie saoudite

Province Médine

Géographie

Latitude
24° 28′ 07″ Nord
Longitude 39° 36′ 39″ Est

Démographie

Population 1 102 728 hab. (2010)

Localisation
Médine

Médine est une ville d'Arabie saoudite, capitale de la province d'Al Madinah, située dans le Hedjaz.
Elle a plusieurs noms en arabe : Al-Madīna (‫ « )المدينة‬la ville » ; Al-Madīna al-Munawwara (‫)المدينة المنورة‬
« la ville illuminée », Madīnatu an-Nabî (‫ « )مدينة النبي‬la ville du prophète », ou Madīnatu Rasûl Allah (
‫ « )مدينة رسول ال‬la ville du messager de Dieu »). À l'époque préislamique, elle s'appelait Yathrib (‫)يثرب‬.

C'est là que vint s'installer en 622 le prophète de l'islam, Mahomet, après qu'il eut, selon le Coran,
reçu l'ordre de Dieu de quitter La Mecque. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville
abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les
premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l'islam restant au
cimetière Al-Baqi.

Médine est la deuxième ville sainte de l'islam, après La Mecque. Bien qu'il ne soit pas un passage
obligatoire du hajj, de nombreux pélerins venant de La Mecque viennent y visiter, comme beaucoup
de fidèles durant toute l’année, le tombeau de Mahomet et les mosquées.

Présentation
Médine se situe à 594 mètres d'altitude dans une région collineuse distante de près de 200 km des
côtes de la mer Rouge. Elle s’est développée à partir de hameaux implantés dans un réseau d’oasis
dans la partie la plus fertile du Hejaz. Au sud s’étend une immense plaine. La population était estimée
en 2009 à 1 071 218 habitants. La citadelle, de forme ovale, est entourée d’un mur de 9 à 12 mètres
de hauteur datant du XIIe siècle flanqué de tours et percé de quatre portes, dont la « porte égyptienne »
(bab-al-salam), la plus remarquable. Au sud et à l’ouest s’étendent des quartiers de maisons basses,
jardins et plantations. .

Le tombeau de Mahomet, enterré sur le terrain de sa demeure, se situe à l’est de la ville dans
la Masjid al-Nabawi (« mosquée du Prophète »). Construite à l’origine à côté de la maison, elle fut
agrandie sur ordre du calife omeyyade Al-Walid Ier pour intégrer la tombe. Une autre mosquée
remarquable est celle de Quba, qui perpétue la première mosquée de l'islam, construite par Mahomet
et ses compagnons. Endommagée par la foudre en 850, elle fut remise en état en 892. Détruite par un
incendie en 1257, elle fut reconstruite immédiatement. Elle fut restaurée en 1487 sur ordre du
sultan égyptien Qaitbay, et finalement reconstruite au XXe siècle sous la direction de l'architecte
égyptien Abdel-Wahed el-Wakil.

Accès
L'accès à Médine est interdit aux non-musulmans (al-balad al-ḥarām : c'est-à-dire : « Territoire
sacré »), enfreindre cette règle fait encourir l'emprisonnement, voire la peine de mort. Afin, de garantir
celle-ci, des postes de contrôle sur les routes surveillent l'accès à la ville. La présentation d'un
« certificat de conversion à l'islam » pour toutes personnes converties qui souhaitent pénétrer dans le
« périmètre sacré » est nécessaire, et se fait lors de la demande de visa « hajj » ou « omra » à
l'ambassade d'Arabie saoudite. Ce document est normalement délivré dans n'importe
quelle mosquée, après entretien et contrôle des connaissances. Ce document n'est pas nécessaire
lorsqu'on possède un nom et un prénom musulman. Il est préférable de faire cette attestation auprès
des grandes mosquées, ou à défaut, auprès des associations. .

Climat
Médine possède un climat désertique, caractérisé par une aridité constante, des températures
souvent très chaudes en journée. Les matinées d'hiver peuvent toutefois être assez fraiches.

Relevé météorologique de Médine

mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année

Température minimale
8 10 12 15 20 25 25 26 24 19 13 9 19
moyenne (°C)

Température maximale
28 30 35 38 42 44 44 44 43 39 33 29 37,5
moyenne (°C)

Précipitations (mm) 8 1 4 5 4 0 0 0 0 1 10 4 37

Histoire
Période préislamique

Avant l’arrivée des premiers musulmans, la ville était connue sous le nom de Yathrib, Lathrippa dans
les textes du géographe grec Ptolémée (IIe siècle). C'était une importante agglomération marchande
dont les habitants faisaient des pèlerinages annuels à la Mecque.
Yathrib abritait des tribus juives (Banu Qainuka’a, Banu Qurayza, Banu Nadhir) et deux
tribus arabesd’origine yéménite (Banu Aus et Banu Khazraj) devenues dominantes vers le début
du Ve siècle. Les Qurayza avaient, selon Ibn Khordadbeh, été collecteurs d’impôts pour le shah durant
la domination perse duHejaz . Selon Ibn Ishaq, deux de leurs rabbins auraient persuadé un
roi Himyarite dont le fils avait été tué par des habitants de Yathrib de ne pas exercer sa vengeance, en
lui révélant la venue future dans l’agglomération d’un prophète issu des Quraych.

Vers la fin du Ve siècle, une rivalité s’éleva entre les Aus et les Khazraj. Les Nadhir et les Qurayza se
rangèrent aux côtés des premiers, les Qainuka’a appuyèrent les seconds. Le point culminant du conflit
fut la bataille de Bu'ath (610). Abd-Allah ibn Ubayy, chef khazraj qui avait refusé de prendre part aux
luttes par souci d’impartialité, s’était attiré une réputation de sage ; il semble avoir été l’un des
personnages les plus en vue avant l’arrivée de Mahomet.

L'Hégire

En 622, Mahomet, apparenté aux Khazraj par une arrière-grand-mère, est invité à venir vivre à
Yathrib. Il y émigre alors avec les premiers musulmans. Cette migration est la Hijra, point de départ
du calendrier islamique. Il devient le chef de Yathrib, qui prend semble-t-il vers cette période le nom
de Médine, « la ville ». Des habitants soutiennent les muhadjirs et deviennent les ansars, premiers
musulmans médinois. Selon Ibn Ishaq, les communautés s’entendent sur une charte, la Constitution
de Médine, qui établit une alliance au sein d'une oumma entre les musulmans, les juifs et les autres,
et interdit, en particulier, l’alliance avec les Quarych. Néanmoins, les historiens modernes doutent que
tous les points de cette constitution datent de l’époque de Mahomet.

Conflit avec La Mecque, disparition des juifs

Le conflit débute en 623 avec une première tentative d’attaque d’une caravane mecquoise menée
par Abu Sufyan ibn Harb En 624 les Médinois capturent une cargaison et des prisonniers après
la bataille de Badr ; les Mecquois prennent leur revanche l’année suivante lors de labataille de Uhud.
En 627 a lieu la bataille du Fossé. En 630 la Mecque se rend. En 632, Médine devient la première
capitale du califat.

Peu après la bataille de Badr, les Qainuka’a sont expulsés, pour manque de respect envers une
femme du parti musulman, selon la tradition islamique. Après la bataille de Uhud, les Nadhir sont
expulsés à leur tour car Mahomet les soupçonne de vouloir l’éliminer, peut-être en représailles contre
l’assassinat du poète Ka'b ibn al-Ashraf, un de leurs chefs. Réfugiés à Khaybar, ils seront attaqués et
vaincus par les musulmans en 629 lors de la bataille de Khaybar. Après la bataille du Fossé durant
laquelle ils auraient soutenu Abu Sufyan, les hommes Qurayza sont tués et les membres de leur
famille réduits en esclavage ou bannis.

Les noms de Médine


Son nom avant l'islam était Yathrib mais il fut changé en Al Madina al Mounawara par le prophète de
l'islam Mahomet. Des historiens disent qu'il existe 100 noms pour la désigner :
 Tayyiba et Tiba: ce nom a été prononcé par Mahomet.
 Dar el-Imane :
 Dar al-Fath :
 Dar al-Moustafa :
 Al-Moubaraka
 Dar As-salam

Banu Nadir
Les Banu Nadir (arabe : ‫ )بنو النظير‬étaient l'une des trois principales tribus juives
auxquelles Mahomet eut affaire (voir Tribus musulmanes et juives de Yathrib). Comme les tribus
juives des Banu Qaynuqa et des Banu Qurayza, les Banu Nadir vivaient à Médine,
anciennement Yathrib.

Selon le Kitab al-aghani, dont les chants et les poèmes sont accompagnés d'informations qui
constituent une source importante pour les historiens, il semble que les Banou Qaynuqa aient été la
première tribu juive à s'installer à Yathrib (future Médine). Il semble, d'après cet ouvrage monumental,
mais sans qu'on en soit sûr, que cette installation remonterait à l'époque de la destruction de
Jérusalem par les Romains (an 70), l'émigration continuant dans les siècles ultérieurs, avec les
persécutions des romains puis des chrétiens byzantins. À propos de l'Arabie préislamique, Maxime
Rodinson écrit : « Dans tout le Wâdi l-Qorâ (« le wâdi des villes », on nommait ainsi une ligne presque
continue d'oasis au Hedjâz septentrional) et descendant au sud jusqu'à Médine, des colonies juives
faisaient une agriculture florissante. » Riches agriculteurs et commerçants (au moins pour une part
d'entre eux), ils exercent à Yathrib une position dominante et ils possèdent un marché, très fréquenté,
qui porte d'ailleurs leur nom. Les poètes juifs font mention, dès avant l'an 300, des Banu Qaynuqa,
des Banu Nadir et des Banu Qurayza, ainsi que des Banou Hadal, qui demeuraient avec les Banu
Qurayza. Dans une large mesure, ces Juifs ont adopté les coutumes arabes, ils parlent un dialecte
arabe et, à ces colons d'origine véritablement israélite venus du Nord, viennent de joindre des
prosélytes arabes. Leur domination dure jusqu'à l'arrivée des Banu Khazraj et des Banu Aws, qu'on dit
d'origine yéménite vers l'an 300. Elle est alors, d'après les textes poétiques, contestée par ces
derniers, qui s'imposent progressivement après l'an 4004. Alors que les tribus arabes étaient sous la
protection des tribus juives dominantes, la situation est inversée à la fin de la période préislamique et
— le Kitab al-aghani ne laisse aucun doute sur ce point — ce sont les tribus juives qui sont sous la
protection des tribus arabes.

Ibn Ishaq dans « La déportation de Banû al-Nadîr en l'an IV », rappelle l'existence d'un pacte et
d'une alliance (pas d'une disposition générale comparable à ce que serait une "Constitution") :

« Ibn Ishaq dit : L'Envoyé d'Allah alla au Banû al-Nadîr pour les aider à payer le prix du sang [...] Il y
avait entre Banû al-Nadîr et Banû 'Âmîr un pacte et une alliance. »
Ibn Ishaq raconte la traîtrise des Banu Nadir qui tentent, selon le récit, de tuer Mahomet en lui lançant
un rocher. Selon le récit, « Les juifs se retranchaient dans leurs fortins ; Alors l'Envoyé d'Allâh ordonna
de couper leurs palmiers et de les mettre en feu. » Finalement, les Banu Nadir demandent à Mahomet
qu'ils puissent se rendre et partir groupés pour Khaybar :

« L'Envoyé d'Allâh accéda à leur demande. Alors ils emportèrent de leurs biens ce que les chameaux
pouvaient porter. On voyait alors quelques-uns parmi eux démolir les lintaux des portes et les mettre
sur le dos de leurs chameaux et partir. Ils allèrent à Khaybar. »
« Des Banû al-Nadîr deux seulement ont embrassé l'Islam [...] Ils ont embrassé l'Islam afin de
conserver leurs propriétés. »

Dans « Expédition contre les Banu Nadir », Tabarî écrit : « Les Benî-Nadhîr étaient des juifs qui
avaient une grande forteresse aux portes de Médine, à un parasange de la ville, et séparée de celle-ci
par des plantations de dattiers; Ils avaient conclu un traité avec le Prophète, de même que les juifs de
la tribu de Qoraïza et de Fadak, et tous les autres juifs qui demeuraient aux environs de Médine. » Les
juifs de Médine ont tous, selon ce texte, conclu un traité avec Mahomet, il ne s'agit aucunement de
"Constitution " ni de quoi que ce soit d'approchant. Suite au meurtre de deux Arabes, il est demandé le
prix du sang prévu dans le traité : « Le Prophète répondit : C'est bien, vous avez raison ; vous êtes en
droit de réclamer pour eux le prix du sang, vu l'engagement que j'avais pris envers eux et le sauf-
conduit que je leur avais accordé. [...] Je payerai le prix du sang pour les deux Arabes [...] Ensuite il
ordonna de réunir cette somme, en la répartissant sur la ville de Médine, et d'y faire contribuer
également les juifs, tels que les Banî-Nadhir, les Qoraïzha et ceux de Fadak, qui y étaient obligés par
le traité. » Au lieu de payer, d'après le récit, les Banu Nadir complotent contre la vie de Mahomet en
tentant de jeter sur lui une énorme pierre. Mahomet, les accusant d'avoir rompu le traité, leur
demande de partir. 'Abdallah fils d'Obayy leur fait dire : « Je suis prêt à vous soutenir avec deux mille
hommes ». Selon le récit, les Banu Nadir se rendent après onze jours de siège, sans combat.
« Quelques-uns de leurs chefs » se rendent à Khaybar, les autres vont en Syrie.
Banu Quraydha

Détail d'une miniature du XIXe siècle représentantMahomet et `Ali pendant l'exécution des Banu Qurayza.
Les Banu Qurayza (arabe : ‫بنو قريظة‬, banū Qurayẓa ; quelquefois transcrit : "Banu Quraydhah") étaient
une tribu juive de Médine dont les membres masculins (entre 600 et 900) furent condamnés à mort
pour traîtrise, par l'un de leurs alliés awsite, Sa`d ibn Mu`âdh, en 627, après la bataille du fossé .

Selon Ibn Ishaq, les Banu Qurayza envisagent de combattre du côté des Quraych et des Ghatafân,
agresseurs de leur ville, mais renoncent finalement. Selon le récit, l'ange Gabriel, l'assurant de son
appui actif dans la bataille, donne l'ordre à Mahomet de marcher contre les Banu Qurayza :

« Il dit à l'Envoyé d'Allâh : « As-tu déposé les armes? » L'Envoyé d'Allâh lui répondit « Oui » Gabriel
dit : « Mais les anges n'ont pas encore déposé les armes. Je reviens maintenant après avoir poursuivi
ces gens (Quraysh et Ghatafân). Dieu — Très haut —, t'ordonne, Ô Muhammad de marcher contre
Banû Qurayzah, moi je me dirige vers eux et je secouerai leurs fortins. »»

Après le retrait des Ghatafân, les Banu Qurayza se rendent et acceptent de se soumettre au jugement
de l'Envoyé d'Allah. Celui-ci charge un de ses fidèles combattants depuis Badr,Sa'd b. Mu'âd, le
principal chef des Banu Aws (avec qui les Banu Qurayza ont un pacte) de prononcer le verdict. Dans
la liste des trois cent quatorze musulmans qui ont participé à labataille de Badr, liste qui distingue les
Émigrés, les Ansars et les Khazraj, Sa'd est le premier nommé des Ansars. Sa'd, qui a été gravement
blessé durant la bataille du fossé (il mourra peu après), après réflexion, vient rendre le verdict
solennellement : « Lorsque Sa'd arriva chez l'Envoyé d'Allâh et les musulmans, l'Envoyé d'Allâh dit :
« Levez-vous pour accueillir votre chef. » À la demande de Sa'd, tous les présents (Mahomet, les
Émigrés qurayshites et les Ansars) s'engagent à accepter le verdict.

Sa'd dit alors : « Mon jugement est qu'on tue les hommes mâles, qu'on partage les biens, et qu'on
mène en captivité les femmes et les enfants. »
« Ibn Ishaq dit : Puis on les fit descendre. [...] Puis l'Envoyé d'Allâh alla au marché d'al-Madînah qui
est encore aujourd'hui son marché, et a fait creuser des fossés. Il les fit venir, et les fit décapiter dans
ces fossés, on les fit venir à lui par groupes. Parmi eux se trouvèrent l'ennemi de Dieu Huyayy Ibn
'Akhtab, et Ka'b b. 'Asad leur chef. Ils étaient au nombre de six cents, ou de sept cents ; celui qui
multiplie leur nombre dit qu'ils étaient entre huit cents et neuf cents. Pendant qu'on les amenait à
l'Envoyé d'Allâh par groupes, ils dirent à Ka'b b. Asad : « Ô Ka'b! Qu'est-ce qu'on fera de nous? » Il
répondit : « Est-ce que vous êtes incapables de réfléchir?! Ne voyez-vous pas que le crieur ne cesse
pas de crier, et que celui d'entre nous qu'on envoie ne retourne pas?! C'est bien sûr le massacre. »
Cela continua jusqu'à ce que l'Envoyé d'Allâh en finît avec eux. »

Le sort des femmes et des enfants est ainsi précisé:

« Ibn Ishaq dit : Puis l'Envoyé d'Allâh fit le partage des biens des Banû Qurayzah, de leurs femmes et
de leurs enfants entre les musulmans. [...] Puis, l'Envoyé d'Allâh envoya Sa'd b. Zayd al-'Ansârî, frère
des Banû 'Abd al-'Ashhal, à Najd avec des femmes captives, de Banû Qurayzah, pour les vendre et
acheter en échange des chevaux et des armes. »

Tabarî donne le récit suivant :

« Sa'd avait été blessé à la main par une flèche, et son sang ne cessait de couler. Les juifs allèrent le
chercher, le firent monter sur un cheval et l'amenèrent. Étant en présence du Prophète, Sa'd dit : Il
faut les égorger tous, partager leurs biens et réduire en esclavage leurs femmes et leurs enfants. Le
Prophète, satisfait de cette sentence, dit à Sa'd : Tu as prononcé selon la volonté de Dieu. En
entendant ces paroles, ceux d'entre les juifs qui pouvaient s'enfuir gagnèrent le désert ; les autres
restèrent ; ils étaient huit cents hommes. Le Prophète leur fit lier les mains et fit saisir leurs biens. On
rentra à Médine à la fin du mois de dsou'l-qa'da. Les juifs restèrent dans les liens pendant trois jours,
jusqu'à ce que tous leurs biens fussent transportés à Médine. Ensuite, le Prophète fit creuser une
fosse sur la place du marché, s'assit au bord, fit appeler 'Ali fils d'Abou-Tâlib, et Zobaïr fils
d'Al-'Awwâm, et leur ordonna de prendre leurs sabres et d'égorger successivement tous les juifs, et de
les jeter dans la fosse. Il fit grâce aux femmes et aux enfants ; mais il fit tuer également les jeunes
garçons qui portaient les signes de la puberté. »

Le Coran fait allusion à la mort de certains des Banu Qurayza et à la captivité des autres dans
la sourate XXXIII (Les Coalisés/Les Factions/Les Confédérés11.)

Banu Qaynuqa
Les Banu Qaynuqa (également Banu Kainuka, Banu Kaynuka, Banu Qainuqa, arabe : ‫)بنو قينقاع‬
étaient l'une des trois principales tribus juives auxquelles Mahomet eut affaire). Comme les tribus
juives des Banu Nadir et des Banu Qurayza, les Banu Qaynuqa vivaient à Médine,
anciennement Yathrib.

Selon le Kitab al-aghani, dont les chants et les poèmes sont accompagnés d'informations qui
constituent une source importante pour les historiens, il semble que les Banou Qaynuqa aient été la
première tribu juive à s'installer à Yathrib (future Médine). Il semble, d'après cet ouvrage monumental,
mais sans qu'on en soit sûr, que cette installation remonterait à l'époque de la destruction de
Jérusalem par les Romains (an 70), l'émigration continuant dans les siècles ultérieurs, avec les
persécutions des romains puis des chrétiens byzantins1. À propos de l'Arabie préislamique, Maxime
Rodinson écrit : « Dans tout le Wâdi l-Qorâ (« le wâdi des villes », on nommait ainsi une ligne presque
continue d'oasis au Hedjâz septentrional) et descendant au sud jusqu'à Médine, des colonies juives
faisaient une agriculture florissante. » Riches agriculteurs et commerçants (au moins pour une part
d'entre eux), ils exercent à Yathrib une position dominante et ils possèdent un marché, très fréquenté,
qui porte d'ailleurs leur nom. Les poètes juifs font mention, dès avant l'an 300, des Banu Qaynuqa,
des Banu Nadir et des Banu Qurayza, ainsi que des Banou Hadal, qui demeuraient avec les Banu
Qurayza. Dans une large mesure, ces Juifs ont adopté les coutumes arabes, ils parlent un dialecte
arabe et, à ces colons d'origine véritablement israélite venus du Nord, viennent de joindre des
prosélytes arabes3. Leur domination dure jusqu'à l'arrivée des Banu Khazraj et des Banu Aws, qu'on
dit d'origine yéménite, vers l'an 300. Elle est alors, d'après les textes poétiques, contestée par ces
derniers, qui s'imposent progressivement après l'an 4004. Alors que les tribus arabes étaient sous la
protection des tribus juives dominantes, la situation est inversée à la fin de la période préislamique et
— le Kitab al-aghani ne laisse aucun doute sur ce point— ce sont les tribus juives qui sont sous la
protection des tribus arabes.

Trois ans après son arrivée à Medine, Mahomet décide de se débarasser des Banu Qaynuqa. Ibn
Ishaq est assez bref sur ce qu'il appelle « L'affaire de Banû Qaynuqâ», en fait l'expulsion de la
première des trois tribus juives : « Ibn Ishaq dit : 'Âsîm b. 'Umar b. Qatâdah m'a rapporté que Banû
Qaynuqâ furent les premiers parmi les juifs à rompre (le pacte) entre eux et l'Envoyé d'Allah, et ils lui
ont fait la guerre entre la Bataille de Badr et la Bataille de Uhud. »

« Ibn Ishaq dit : 'Âsîm b. 'Umar b. Qatâdah m'a dit : l'Envoyé d'Allah mit le siège aux Banû Qaynuqâ
jusqu'à ce qu'ils se soumissent inconditionnellement à lui. »

Dans « Expédition contre les Banu Qaynuqa », Tabarî écrit : « Ces juifs étaient autour de sept cent
hommes, en dehors des infirmes, des vieillards et des enfants. Ils n'avaient pas de champs ni de
vergers de dattiers, mais ils avaient un assez nombreux bétail et des armes. Ils étaient artisans ; tous
les ouvrages de forgerie, toute l'industrie de Médine, de cordonnerie et de joaillerie, étaient entre leurs
mains. » Il dit aussi que leurs fortins se trouvent autour de Médine, et qu'ils se rendent après quinze
jours de siège. La raison de l'attaque, selon Tabarî, était que les Banu Qaynuqa raillaient la défaite
des Quraychites à Badr, prétendant que, si les Quraychites avaient demandé leur aide, ils auraient,
quant à eux, vaincu Mahomet.

Selon l'anecdote d'Ibn Hicham (elle n'est pas d'Ibn Ishaq), l'affaire démarre quand un orfèvre juif
soulève les jupes d'une femme arabe. Après la soumission des Banu Qaynuqa, il semble que
l'intention première de Mahomet ait été d'exécuter les hommes. Mais 'Abd Allâh b. 'Ubayy b. Salûl,
chef des Banu Khazraj, dont les Banu Qaynuqa sont les clients ( les alliés), intervient vigoureusement
auprès de Muhammad, faisant valoir qu'il ne veut pas que soient anéantis « en une seule matinée
quatre cents hommes sans cuirasses, et trois cents hommes cuirassés ». Allant jusqu'à
menacer Mahomet, il obtient finalement satisfaction : « Alors, l'Envoyé d'Allâh lui répondit : « Ils sont à
toi ! » ». Ibn Ishaq ne précise pas ce que deviennent ces vaincus, mais il est en général admis qu'ils
vont à Khaybar (150km au nord de Médine), où existe déjà une importante colonie juive.

Selon Tabarî, « Le Prophète ordonna de tuer tous les hommes, de réduire en esclavage les femmes,
et de piller leurs biens », mais Abdallah fils d'Obayy fils de Seloul, chef des Banu Khazraj avec
lesquels les Banu Qaynuqa « avaient conclu un traité d'alliance », obtiennent deMahomet leur grâce.
Selon Tabarî, les Banu Qaynuqa partent alors en Syrie.

Banu Khazraj
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Les Banû al-Khazraj ou Banû Khazraj étaient une tribu arabe de l'ère médinoise.

Comme les Banû Aws, les Banû Khazraj appartenaient aux arabes du sud ou yéménites, issus de la
descendance de Qahtan dont la célébrité tient surtout au rôle que ses membres ont joué auprès
de Mahomet pendant la période médinoise.

Histoire
Au début du IIe siècle, le barrage de Ma'rib s'effondre une première fois. Cette catastrophe, conjuguée
avec le changement des routes de commerces dû à la présence des romains qui préfèrent les routes
maritimes aux routes terrestres, va provoquer une première vague d'émigration des tribus arabes
du Yémen vers le nord.

Dès la fin du IIe siècle, des tribus arabes originaires du Yémen fondent la ville d'Al-Hira auprès de la
moderne Koufa créant l'empire lakhmide vassal des Sassanides. Cet empire tombe aux mains des
Sassanides en 605.

Ces tribus arabes installées aux frontières des deux empires romain et sassanide se mettent au
service de l'un ou l'autre de ces empires et créent des états tampons. Les Ghassanides convertis
au christianisme monophysite ont fondé un royaume arabe dans la Jordanie actuelle. Ils furent
longtemps des vassaux de l'empire byzantin et contribuèrent à contenir les Perses sassanides hors
des frontières de l'empire byzantin. A son apogée le royaume ghassanide s'étendait du sud de
la Syrie jusqu'à la ville de Yathrib (actuellement Médine).

Arrivées des tribus arabes à Yathrib

Vers 300, les tribus errantes des Banû Aws et des Banû Khazraj arrivent à Yathrib. Elles concluent
une alliance avec les tribus juives qui y sont installées depuis sans doute le Ier siècle : Banû Qaynuqâ',
Banû Nadîr et les Banû Qurayza. Progressivement leur importance relative dans l'oasis augmente. Ils
envient la prospérité des juifs. Ces nouveaux venus obtiennent le soutien du roi chrétien ghassanide
Al-Harith Ier ibn Th`alabah (287-307). Ils supplantent les tribus juives qui deviennent vassales vers
le Ve siècle.
Les Aws, les Khazraj avaient coutume de se rendre en pèlerinage dans divers lieux dont La Mecque.
À leur retour, ils visitaient le lieu de culte de Manat où ils se rasaient la tête avant de rentrer chez eux.
Sans ce rite le pèlerinage n'était pas complet. Certains Arabes prenaient « Manat du lieu sacré de
Khazraj » comme témoin de leurs serments.

Rivalité entre les Khazraj et les Aws

Au IVe siècle les deux tribus arabes, Banû Aws et Banû, Khazraj deviennent rivales. Une querelle sur le
marché de Yathrib aboutit au meurtre d'un allié des Khazraj par un membre des Aws. Cette première
querelle se termine par un mauvais arrangement. A la fin des combats, ce sont les Khazraj qui
prennent l'avantage. Les Aws se rendent alors à La Mecque pour solliciter le soutien des Quraych.
Les délégués des Aws sont reçu par Mahomet qui leur offre son soutien. Les Aws refusent et s'en
retournent à Yathib continuer leurs combats contre les Khazraj. Ces derniers parviennent à convaincre
les Banû Qaynuqâ' et les Banû Nadîr à ne plus soutenir les Aws. En gage de bonne foi les juifs
remettent quarante de leurs enfants comme otages aux mains de Khazraj. Peu après un des Khazraj
menace les juifs : « soit vous nous cédez vos demeures, soit nous tuons les otages ». Les juifs
refusent de céder leurs maisons. Certains otages sont tués, d'autres restent en vie.

Vers 620, les Banû Qurayza et les Banû Nadîr se tournent vers les Aws pour combattre les Khazars.
Les Aws se croient suffisamment forts pour affronter les Khazraj. Au moment du combat ils ont la
mauvaise surprise de découvrir que les Khazraj ont réuni une armée plus nombreuse que prévu. La
bataille est une victoire des Khazraj. Pendant la poursuite des vaincus leur chef est tué d'une flèche
en pleine tête. La victoire change de camp et les Aws sont en position de massacrer les Khazraj. Ils
s'en abstiennent finalement.

L'Hégire (622)

Au cours du pèlerinage à La Mecque de l'année suivante, six membres de la tribu des Khazraj
rencontrent Mahomet. Ils croient reconnaître en lui le prophète annoncé par les juifs. A leur retour à
Yathrib, ils font quelques conversions qui constitueront le noyau des ansars (partisans, auxiliaires). Un
peu après, une délégation de soixante dix nouveaux convertis rencontre Mahomet et lui font serment
d'allégeance (Pactes d'`Aqaba). Mahomet désigne neuf Khazraj et trois Aws pour être les chefs de la
communauté

En 622, Mahomet avec Abû Bakr fuit La Mecque pour rejoindre ses partisans à Yathrib (Médine).
Mahomet promulgue la constitution de Médine qui régule les relations entre les musulmans et les
tribus juives. Les deux tribus arabes nouvellement converties à l'islam forment le groupe des ansars,
et les Mecquois venus avec Mahomet forment le groupe des muhâjirûn (réfugiés).

Éviction des juifs

Au printemps 624, la tribu juive des Banû Qaynuqâ' vit près de Médine. Après la bataille de Badr entre
les Quraych de la Mecque et les musulmans de Médine, le bruit court que les Banû Qaynuqâ'
regrettent de ne pas avoir participé aux combats à côté des Mecquois ce qui leurs aurait permis de
remporter la victoire et de se débarrasser de Mahomet. Le prophète est lié aux Banû Qaynuqâ' par la
constitution de Médine, mais vient l'opportune révélation du verset suivant : « Si tu crains quelque
trahison de certaines gens, renvoie-leur leur traité, pour rétablir l'égalité ». Mahomet mets les Banû
Qaynuqâ' au pied du mur : ils se convertissent ou c'est la guerre. Les Banû Qaynuqâ' prennent le parti
de faire la guerre. Ils se retranchent dans leurs murs et subissent un siège de deux semaines. Ils
capitulent sans condition. Mahomet ordonne de tuer tous les hommes. Ceux-ci ne sont sauvés que
par l'intervention des Banû Khazraj dont ils sont les alliés. La tribu juive des Banû Qaynuqâ' est
chassée par les musulmans, leurs biens sont pris comme butin de guerre.

En juillet 625, après une série de représailles, Mahomet vient avec Abû Bakr et `Ali demander aux
Banû Nadîr de participer au paiement du prix du sang pour deux Quraych tuées par erreur alors qu'ils
avaient un sauf-conduit signé du prophète. Les Banû Nadîr disent accepter de payer et invitent
Mahomet à renter dans leurs murs. Mahomet a alors la révélation que certains d'entre eux préparent
un attentat contre sa personne. Il proclame que le traité est rompu. Et fait le siège de la forteresse des
Banû Nadîr. Après onze jours, ils se rendent sans condition. Mahomet leur permet de fuir avec
quelques biens. Contrairement à l'usage Mahomet garde pour lui tout le butin restant car il n'y a pas
eu de combat.

En 627, les Quraych de La Mecque viennent assiéger les musulmans à Yathib. C'et la bataille du
fossé. Après la victoire des musulmans sur les coalisés. Mahomet engage le siège des Banû
Qurayza accusés d'avoir soutenu l'attaque des Quraych. Après un siège de plus de trois semaines, la
tribu juive se rend aux musulmans. Le chef des Banû Aws, Sa`d ibn Mu`adh prononce la
condamnation à mort des hommes des Banû Qurayzar. Il meurt quelques temps après des suites
d'une blessure à la main subie pendant les combats de la bataille du fossé.

Après avoir joint les armées du prophète, ils ont participé avec les autres tribus arabes aux conquêtes
musulmanes.

Après la mort de Mahomet

Les Khazraj et les Aws s'affrontent de nouveau sur le choix du premier calife. Sa`d ibn `Ubâda chef
des Khazraj est candidat. Pour s'opposer à Abû Bakr, les ansar proposent la candidature d'`Ali. Abû
Bakr est finalement choisi. Les muhâjirûn prêtent serment, puis les Aws et enfin les Khazraj prêtent
serment, seul Sa`d ibn `Ubâda ne prête pas serment. Il meurt peu après sans avoir prêté serment8.

Banu Aws
Les Banu Aws ou Banu Aus ("fils de Aws", ‫ )بنو اوس‬étaient une tribu arabe de l'ère médinoise.

Histoire
Cette tribu appartenait aux arabes du sud ou yéménites issus de la descendance de Qahtan dont la
célébrité tient surtout au rôle que ses membres ont joué auprès du prophète pendant la période
médinoise.

Les Aws se sont séparés des Ghassanides à l'époque préislamique, lors de leur grande émigration
vers le nord de la péninsule arabique, pour s'établir finalement à Yathrib (Médine).

Avec les Banu Khazraj, ils ont exercé leur prépondérance sur trois tribus juives établies dans l'oasis.

En 627, après la bataille du fossé et après un siège de plus de trois semaines, la tribu juive des Banu
Qurayza se rend aux musulmans. Le chef des Banu Aws, Sa'd ibn Mu'adh prononce la condamnation
à mort des hommes des Banu Qurayzar. Il meurt quelques temps après des suites d'une blessure à la
main subie pendant les combats de la bataille du fossé.

Après avoir joint les armées du prophète, ils ont participé avec les autres tribus arabes aux conquêtes
musulmanes.

Jahiliya
La jâhilîya (arabe : ‫[ جاِهلّية‬jāhilīya], ignorance; paganisme) désigne dans le Coran la période
préislamique caractérisée par la présence à La Mecque d'un panthéon d'idoles.
Le prophète de l'islam Mahomet avait surnommé un de ses opposants quraychites du surnom
infamant de Abû Jahl (arabe : ‫جْهل بن ِهشام‬ َ ‫[ أبو‬abū al-jahl ben hišām], père de l'ignorance).
Abû Jahl de son vrai nom Abû al-Hikâm ben Hichâm (‫حكام‬ ْ ‫[ إ‬iḥkām], exactitude; précision)
avait blessé Mahomet en lui jetant des pierres. Il fut l'un des morts de la bataille de Badr.

Les divinités préislamiques citées dans le Coran


Certaines idoles citées dans le Coran sont d'importation yéménite, leur évocation est assez
floue car le Yémen, à l'époque de Mahomet, était depuis plusieurs siècles judaïsé puis
christianisé.
D'après Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses préislamiques
mecquoises appelées les « filles d'Allah ». Lors de la révélation de la sourate LIII Mahomet
aurait, dans une première version, recommandé qu'on leur rende un culte. Ces versets
prononcés puis abrogés sont appelés les versets sataniques expression qui a servi de titre d'un
roman de Salman Rushdie.
 al-Lât (‫لت‬ ّ ‫[ ال‬al-llāt], al-lât; la déesse)
Déesse du soleil représentée par une immense image de granit gris. Hérodote (484-420 avant
J.-C.) signale la présence d'une divinité arabe nommée Alilat (‫ إَلهة ← الَلهة‬+ ‫[ ال‬al+ilaha → al-
ilaha], la déesse ; alilat).
 al-`Uzzâ (‫زى‬ ّ ‫[ الُع‬al-`uzzā], l'être tout puissant)
Idole préislamique apparentée à Vénus/Aphrodite et personnalisée par un bloc de granit long
d'environ six mètres.
 Manât (‫[ َمَناة‬manā])
Symbole du destin et de la mort (‫[ َمنّية‬manīya], destin; sort; mort). Déesse préislamique du
sort, qui coupait le fil du destin à l'image de Morta la troisième Parque.
 Nasr (‫سر‬ ْ ‫[ ن‬nasr], vautour)
Divinité préislamique d'une tribu du Yémen.
 Sûwa` (‫واع‬ َ‫س‬ُ [sūwa`])
Divinité préislamique qui avait son sanctuaire près de Yanbu sur la Mer Rouge.
 Tâghût (‫[ طاغوت‬tāġūt], idole; faux dieu; démon)
Être rebelle, divinité ou simple démon de la rébellion à mettre au nombre des djinns ?
 Wadd (‫[ وّد‬wadd], amour)
Wadd est une divinité de l'amour et de l'amitié.
 Yaghûth (‫[ يغوث‬yaġūθ], Yaghûth)
Divinité du secours vénérée au Yémen.
 Ya`ûq (‫[ يعوق‬ya`uq], il défend; Ya`ûq)
Divinité protectrice, vénérée au Yémen.
 Jibt (‫جْبت‬ ِ [al-jibt], Jibt)
Idole citée une seule fois en compagnie des tâghûts.

Divinité préislamique non citée par le Coran


 Hubal (‫هَبل‬ ُ [hubal])
Idole de forme humaine, importée de Syrie qui serait le patron des caravaniers et père de
plusieurs autres idoles de l'ancien temple mecquois. Hubal est une divinité lunaire, dont le
nom est peut-être à relier avec Baal. C'est cette idole que Abû Sufyân salua après sa victoire
à Uhud

Animaux sacrés cités dans le Coran

« Dieu n'a institué ni Bahîra, ni Sâ'yba, ni Wasîla, ni Hâm. Les incrédules ont forgé des
mensonges contre Dieu. Beaucoup d'entre eux ne comprennent rien. »
— Le Coran, « La Table, V, 103 » ((ar)‫)المائدة‬.
 Bahîra (‫حيرة‬ ِ ‫[ َب‬baḥīra])
 Sâ'yba (‫سآِئبة‬َ [sā'iba], négligé; libre; intouchable)
 Wasîla (‫صيلة‬ ِ ‫[ َو‬waṣīla])
 Hâm (‫[ حام‬ḥām])
Ces quatre noms s'appliquent à différentes catégories de chamelles que les Arabes
s'abstenaient de tuer pour les réserver à leurs divinités et qu'ils laissaient paître librement dans
l'enceinte des sanctuaires.
D'après Tabari le roi perse Jemchîd serait l'inventeur du culte des idoles
.

Mariage arabe préislamique


Les Arabes pratiquaient lapolygynie et certaines formes proche de la polyandrie avantMahomet. Ces dernières furent
prohibées pour le fait de la difficulté à déterminer le vrai père pour les règles d'héritage.

Selon les chroniciens musulmans, il existait sept types de mariage arabe avant Mahomet. Cet article
traite de ces types de mariage dont Mahomet ne garda que la première en y ajoutant quelques règles.

Nikah tahlil
Cela consistait à demander la fille chez ses parents, le mari donnait une dot en échange du mariage à
sa future femme. Cela autorisait les rapports sexuels avec celle-ci appelé tahlil. Ce type de mariage
avec des témoins et un contrat écrit a été conservé par Mahomet.

Nikah istibza
Le terme arabe istibda’ signifie la recherche d’une progéniture et se faisait comme suit : dans le but
d'avoir une progéniture noble, le mari envoyait sa femme chez une personne considérée comme
noble et évitait toute relation sexuelle avec elle jusqu'à ce qu'elle tombait enceinte de l'autre.

L’enfant né de ses relations était rattaché à son mari. L’initiative venait parfois de la femme. On peut
comparer ce mariage à l’insémination artificielle où la femme recourt au sperme d’un autre homme
que le sien pour des raisons de stérilité. Ce type de mariage a été interdit par Mahomet.

Nikah badal
Le terme arabe Nikah al-badal signifie mariage par échange d’épouse : Deux hommes échangent les
femmes en les divorçant préalablement. Ceci fut interdit aussi.

Nikah hidn
Le nikah hidn, consistait à ce qu'une femme disposait un drapeau devant sa porte et accueillait des
hommes (sexuellement) lorsqu'elle tombait enceinte et accouchait, tous les hommes qui ont eu un
rapport avec elle se rassemblaient, et un kaif (à partir des formes des pieds des mâles et ceux du
nourrisson) déterminait qui était le père. Ce mariage a également été prohibé par Mahomet.
Nikah tarjih
Le nikah tarjih se faisait ainsi, jusqu'à dix mâles avaient des rapports avec une même femme, lorsque
celle-ci tombait enceinte, elle choisissait comme père celui qu'elle désirait; l'homme ne devait pas
refuser. Cela fut également prohibé en islam.

Nikah shighar
Le nikah shigar se faisait de cette façon : Un homme donne en mariage sa fille ou sa sœur, contre la
fille ou la sœur d'un autre, sans payer de dot. Cette pratique a encore cours dans les pays arabes
même si un récit de Mahomet l’interdit . Les juristes musulmans sont partagés concernant la validité
de ce mariage. Certains estiment qu’il est valide, mais chacune des femmes a droit à la dot
d’équivalence. D’autres estiment qu’il s’agit d’un mariage nul. D’autres encore le considèrent comme
nul ou valide selon l’expression utilisée.

Nikah mut'a
Pour un nikah mut'a l'homme convenait avec une femme d'une durée pour un mariage, toujours une
esclave, jamais une femme libre. Ce type de mariage a été également prohibé selon les quatre
écoles sunnites et les chiites ismaéliens. Selon les chiites imamites et certains savants sunnites, ce
mariage est toujours autorisé.

Nikah mudamadah
Le terme mudamadah signifie avoir des rapports avec un autre homme que le mari. En période de
famine, des tribus pauvres poussaient leurs femmes à se rattacher à des hommes riches lors des
marchés publics. Par la suite, elles revenaient vers leurs maris avec ce qu’elles avaient acquis comme
nourriture et biens .

Nikah mukhadanah
Le terme mukhadanah signifie l’amitié. Ce genre de rapports se passe entre une femme et plusieurs
hommes, au maximum dix. Lorsqu’elle tombe enceinte et enfante d’un fils, elle les convoque et
désigne celui qu’elle considère comme étant le père sans que ce dernier ne puisse s’y opposer. Si elle
met au monde une fille, elle la garde pour elle de peur de la voir enterré vivant. On trouve un écho de
ce mariage dans le Coran(4:25).

Nikah dhawaq
Le terme dhawaq signifie dégustation. Cette coutume aurait été largement répandue parmi les arabes
préislamiques. Ils n’aimaient pas être liés par des mariages permanents et préféraient le mariage
dhawaq, ce terme provenant du nom d’une femme appelée Dhawaqah. Cette dernière se mariait avec
les hommes les uns après les autres pour les déguster. La littérature rapporte de nombreux cas de
femmes agissant de la sorte. L’une d’elle, appelée Um Kharijah, avait épousé une quarantaine
d’hommes provenant de vingt tribus. Une locution arabe disait à cet égard: "Plus rapide que le
mariage d’Um Kharijah" .

Nikah al-maqt Mariage par héritage


En Arabie préislamique, lorsqu’un homme mourait et laissait une femme et des enfants d’une autre
femme, le plus âgé de ces enfants héritait la veuve en mariage. S’il la refusait ou y renonçait
ultérieurement, elle "passait" à un autre enfant. Ce mariage se faisait sans contrat et sans dot. En
l’absence d’enfants, elle passait aux plus proches. La femme ne pouvait s’en libérer que si elle
parvenait à payer son acquéreur. On connaît ce système dans l'Ancien Testament sous le nom
du lévirat, lequel est toujours pratiqué parmi les juifs d'aujourd'hui (Dt 25:5-10) . LeCoran a condamné
ce genre de mariage (4:19 et 22).

Mariage par échange d’épouse (zawaj al-badal)


Deux hommes échangent les femmes en les divorçant préalablement.

L’Arabie déserte
C'est la partie la plus pauvre et la moins connue, correspondant au Hedjaz1 et au Najd
actuels2 . Une route commerciale traverse cette zone et atteint les localités de Yathrib
et de la Mecque ; le reste de la population est nomade et vit sous la tente: ce sont les
Bédouins3, pour eux-mêmes, et des Saracènes4, pour les Grecs. Les voyageurs n'y
font que passer, rapidement et n'y trouvent rien de notable à observer, à l'exception
de quelques oasis.
C'est une chance pour Muhammad d'avoir initié puis développé son mouvement dans
la partie la moins riche, la moins évoluée et la moins peuplée de la péninsule. Il y a
donc peu à dire sur cette région, en comparaison avec les terres développées de Syrie
et du Yémen. Ce déséquilibre notable a persisté à travers l'Histoire jusqu'à nos jours.
C'est à travers l'islam que la région centrale a pu prendre sa revanche.
Description géographique.
W.-G. Palgrave, Une année dans l’Arabie centrale 1862-1863 chap. II).5
Le principal est au milieu et s’appelle naturellement les Hautes-Terres ou le Nedjed. Ainsi, au
point de vue de la géographie physique, cette désignation comprend non seulement l’État des
vouahabites qu’on nomme le Nedjed, mais encore le Cacim et le Chomeur ; peut-être y pourrait-
on rattacher le Djôf.
Quoi qu’il en soit, le plateau central tient de son altitude un climat fortifiant et relativement
tempéré, même sous le tropique du Cancer ; ses ouadis ou ses vallées, arrosées par des eaux plus
ou moins courantes et plus ou moins longues suivant les saisons, sont pleines de fraîcheur et de
vie. Beaucoup de villes et d’innombrables villages y sont entourés de champs en culture et de
jardins, ou presque ensevelis au milieu des forêts de dattiers. Or, ces hautes terres forment un
peu moins de la moitié de la presqu’île ; en y joignant toutes les régions fertiles du littoral, on
démontre qu’environ les deux tiers de l’Arabie sont propres à la culture, et qu’ainsi le vrai
désert, le pays sablonneux ou pierreux, absolument stérile et inhabitable, est réduit à un tiers de
la péninsule.
Néanmoins le désert est incontestablement et malheureusement un des traits les plus importants
de l’Arabie et, à ce titre, il réclame quelque description plus étendue ; voici donc les principaux
caractères des parties que nous en avons traversées.
Le désert pierreux de la Syrie, qui s’étend de la Mer Morte au Djôf et à la vallée de l’Euphrate,
ne laisse guère, même en hiver, arriver de sources à la surface ; au printemps, quelque rare
végétation y pousse malgré lui ; en été, ses solitudes ont l’aspect le plus sec et le plus désolé.
Quelques chaînes de collines et de monticules varient à peine sa vaste et plate uniformité.
Entre le Djôf et les premiers gradins du Chomeur s’étale le premier néfoud, ou le premier bras
de cet océan de sable qu’on appelle le Dâna et qui fait, au milieu de la fertilité du plateau central,
de fréquentes irruptions, dont plusieurs le coupent presque entièrement. Les Arabes comptent
des vingtaines de néfouds ; mais le nombre peut en être réduit à quatre, dont le voyageur, parti
de l’ouest pour se rendre à l’est, doit traverser deux au moins et souvent trois. Ainsi, outre celui
qui sépare le Djôf du Chomeur, nous en avons passé un entre le Cacim et le Nedjed, et un autre
du Nedjed au Haça. Chacun des trois nous a semblé plus difficile que l’autre. Le sable nous y
paraissait de plus en plus léger et mobile. Nos montures, pour avancer, en labouraient la molle
surface de plus en plus péniblement. La chaleur y est torride ; la lumière, éblouissante. On y erre
avec une résignation désespérée. Le sable y est si léger, et les coups de vent si capricieux,
aujourd’hui amoncelant de vastes collines, à la place desquelles seront creusées demain de
profondes vallées, que les caravanes les plus nombreuses peuvent y être englouties sans laisser
aucun vestige de leur passage.
Ces gigantesques ondulations de sable peuvent-elles être attribuées en partie au mouvement de
rotation du globe qui se communiquerait imparfaitement à la substance poudreuse et désagrégée
répandue à sa surface ? Mais comment encore expliquer ces entonnoirs, ces excava-tions en
forme de cratère, creusés dans le vaste désert ? J’en ai vu dans les néfouds et dans le Dana, au
nord et au sud de l’Arabie, toutes affectant la même forme exactement circulaire et n’ayant l’air
de pouvoir être attribuées ni à la nature particulière du sable ni à aucun phénomène
météorologique local. Réparties d’une façon fort irrégulière, elles sont si étendues que le sable
soulevé par les tempêtes ne peut pas les combler.
§ 34. — La société des Bédouins
Les informations sont trop rares et partiels pour arriver à un tableau cohérent
de la société des nomades. C'est de plus un regard occidental -ou biblique- qui
se porte sur eux6.
1. — Témoignages anciens.
(Pline Histoire Naturelle VI 32).7
Concernant l'étendue de son territoire, l'Arabie n'est inférieure à aucun autre…
Voisinant les nomades et tribus qui harcèlent le territoire des Chaldéens, il y a les
Arabes Scénites, eux aussi un peuple nomade, mais qui prennent leur nom de leurs
tentes faites de peaux de chèvres, qu'ils plantent partout où ils veulent…
Les Arabes sont coiffés de mitres ou d'autres choses, sur des cheveux longs ; ils se
rasent la barbe et portent la moustache ; même si d'autres laissent leurs barbes non
8

rasées. C'est assez étrange à dire, mais de ses innombrables tribus, une moitié vit du
commerce et l'autre vit du brigandage . Pris dans leur ensemble, ils sont les plus
9

riches peuples du monde, parce que les grandes richesses de Rome et des Parthes
sont amassées entre leurs mains, et puisqu'ils vendent le produit qu'ils obtiennent de
la mer ou de leurs forêt, et n'achètent rien en retour.
(Isaïe 31,13).
Oracle dans la steppe.
Dans les taillis, dans la steppe, vous passez la nuit, caravanes de Dédanites.
(Ezéchiel 27, 20).
Dédan faisait commerce avec toi de couvertures de cheval.
La généalogie des Arabes du centre de la péninsule.
(ibn Kathir, Sira 62-3).10
Adnan avait deux fils : Muadd et Akk.
Adnân avait aussi un fils du nom d'El Hârith et un autre appelé El Mudhhab. On rapporte aussi
qu'il avait un autre fils du nom d'Ed Dehâk, mais certains rapportent que ce Ed Dehâk était le
fils de Muadd et non de Adnân.
… On rapporte également que Aden - nom qui fut donné à la ville de Aden - ainsi que Abian
étaient des fils de Adnân. C'est aussi l'avis de Tabâri.
Akk épousa une femme des Ashar et habita leur pays, dans la région du Yémen. Leur langue
s'unifia alors, au point que certains habitants du Yémen prétendaient faire partie d'eux, en
disant: Akk ibn Adnân ibn Abdullah ibn El Azd ibn Yaghût.
Muâdd, lui, avait quatre fils : Nizâr, Qadhâa, Qans et Iyyâd. Dadhâa était son aîné, et c'est par
son prénom qu'il était surnommé. Nous avons déjà montré les divergences concernant Qadhâa,
mais c'est cela qui est juste aux yeux d'ibn Ishâq et autres, et Allah est plus savant.
On rapporte que les descendants de Qans disparurent tous, et il ne resta personne parmi eux,
sauf que Numân ibn Mundhir qui était le gouverneur de Hira, sous le règne de Khosroês, faisait
partie de sa lignée, selon un groupe d'historiens. On a dit par contre qu'il appartenait à Himyar,
comme nous l'avons vu plus haut, et Allah est plus savant.
Quant à Nizâr, il eut pour fils Rabia, Mudharr et Anmâr. ibn Hisham rapporte que Iyyâd était
le fils de Nizâr.
Iyyâd et Mudhar étaient des frères qui avaient la même mère, Sawda bint Akk ibn Adnân.
Quant à la mère de Rabia et d'Anmâr, elle s'appelait Shuqayqa bint Akk ibn Adnân. D'autres
sources rapportent qu'elle s'appelait Juma bint Akk ibn Adnân.
ibn Ishâq rapporte que Mudharr ibn Nizâr eut deux fils : Ilyâs et Aylân.
Ilyâs eut pour enfants : Mudriqa, Tâbikha et Qama. Quant à leur mère, elle s'appelait Khindaf
bint Imrân ibn al Hâf ibn Khuzhâa.
ibn Ishâq ajoute que Mudriqa eut pour fils Khuzayma et Hudhayl. Quant à leur mère, elle était
originaire de Khuzhâa.
Khuzayma, lui, eut pour enfants : Qinâna, Asad, Asadati et al Hawn.
Quant à Qinâna, il eut pour enfants : Enandhr, Mâlik, Abd Manât et Milkân.
Tabari y a ajouté Amer, al Hârith, an Nadhîr, Ghanem, Sad, Awf, Djarûla, al Jarâl et
Ghazwân.
2. — Les oasis.
De façon quasi accidentelle, la littérature antique cite quelques points de
repères dans le désert, dont la localisation reste problématique.
Courte description d'une région minière.
(Agatharkhidès de Cnide, 200-130). 11

A travers le centre de leur territoire, il y a une rivière qui a trois lits. Elle dépose de
la poussière d'or en si grande quantité que la boue accumulée à l'embouchure brille
à grande distance. Les habitants de cet endroit ne savent pas comment travailler le
métal. Ils sont très hospitaliers, pas pour tout le monde, mais pour tous ceux qui
viennent du Péloponnèse et de Béotie. C'est dû à une histoire mythique liée à
Héraklès.

Un sanctuaire.
(Diodore, Bibliothèque Historique III 43, 1-2). 12

On voit aussi un autel de pierre dure (dans la Palmeraie) ; d'époque ancienne, il


porte une inscription en caractère antiques et inconnus. Pour prendre soin du
sanctuaire, il y a un homme et une femme, qui exercent le sacerdoce à vie….
Dans la palmeraie mentionnée plus haut, on célébrait tous les quatre ans un
panégyrie et les peuples voisins avaient l'habitude d'y venir de tous côtés, pour
13

sacrifier aux dieux du sanctuaire des hécatombes de chameaux bien engraissés,


ainsi que pour remporter dans leurs patries de l'eau de cet endroit, parce que, selon
la tradition, cette boisson procurait la santé à ceux qui l'absorbaient. Alors que les
Maranites s'étaient rendus pour ces raisons à la panégyrie, les Garindanes
égorgèrent ceux qui avaient été laissés au pays, firent périr dans une embuscade les
pèlerins revenant de la panégyrie, puis, ayant vidé le pays de ses habitants, ils se
partagèrent au sort ces plaines, qui étaient fertiles et qui produisaient en abondance
des pâturages pour le bétail.

3. — Le royaume de Kinda.

De 450 à 600 environ, une puissante confédération tribale s'est mise en place
au centre de l'Arabie, autour du groupe des Kinda, sous le nom de Kinda
Royaux . Au-delà de leur influence politique, qui resta très fluctuante, cette
14

tentative d'unification arabe par les Kinda est un peu la préfiguration


politique de ce que va réussir Muhammad sur le plan religieux. Mais les Kinda
ne consolident pas leur puissance d'une croyance particulière, vigoureuse et
rigoureuse, en transformant un sanctuaire local: leur domination sera donc
éphémère.
Ils sont vaguement chrétiens, au contact d'Hira, poussent les populations vers
la sédentarité, et se révèlent aussi sur le plan culturel: le plus célèbre des
poètes arabes, Imr ul Qays, est issu de leurs rangs.
Ils seront islamisés de force et tenteront furieusement de retrouver leur
indépendance, notamment sous Othman . Le célèbre philosophe al Kindi est
15

issu de ce groupe tribal.

(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 101-2).


Chaque année, à l'époque du pèlerinage, le prophète abordait les Arabes venus de
tous côtés, et leur proposait sa religion. Il espérait que quelqu'un d'entre eux croirait
en lui et l'emmènerait dans sa tribu, pour qu'il y pût adorer Allah et qu'il fût délivré
des gens de la Mecque et des Quraysh. Mais aucun de ceux à qui il s'adressait ne
répondait à son appel ; ou si quelqu'un croyait, il n'osait pas le recevoir, par crainte
des habitants de la Mecque. Il se présenta aux Banu Kinda, qui formaient une tribu
fort considérable et étaient d'une grande autorité parmi les Arabes ; mais ils le
refusèrent…

La délégation des chrétiens de Kinda.


(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 953).
Al Ashath ibn Qays vint voir l'apôtre d'Allah avec une délégation de Kinda. Ils
étaient 80 cavaliers de Kinda, et sont arrivés jusqu'à la mosquée . Ils avaient
16
peigné leurs mèches et noirci leurs yeux avec du kohl , et ils portaient des robes
17

rayées avec de la soie . L'apôtre d'Allah leur demanda s'ils avaient accepté l'islam.
18

Ils lui dirent qu'ils s'étaient soumis. Il leur demanda alors pourquoi ils avaient de la
soie autour de leurs cous. Alors ils la déchirèrent et la jetèrent.

Inscription de Qaryat al-Faw, capitale of Kinda (-Ier siècle).19


Igl fils de Haf’am a construit pour son frère Rabibil fils de Haf’am la tombe: pour
lui et pour son enfant et sa femme, et ses enfants et les enfants de ses enfants et
leurs épouses, les membres du peuple de Ghalwan. Et il l’a placé sous la protection
(des dieux) Kahl et Lah et Athar al Shariq contre quiconque de fort ou faible, et
quiconque qui voudrait la vendre ou la gager, pour l’éternité et sans dérogation,
aussi longtemps que le ciel donne la pluie et la terre donne de l’herbe.
1
G. Rentz, Encyclopédie de l'Islam2 III p. 373-375.

2
A. Musil, The northern Hegaz, New York 1926; id. , The Northern Nejd, New York, 1928.

3
Nomades, d'un mot signifiant " steppe " ; W.M. Watt, Encyclopédie de l'Islam 2 I p. 916-9; D. Nir, The Semi-
Arid World, Londres, 1974. .

4
Du mot grec " skènè ", la tente ; C.E. Bosworth, Encyclopédie de l'Islam2 IX p. 68; M. McDonald, “Quelques
réflexions sur les Saracènes, l'inscription de Rawwafa et l'armée romaine”, in H. Lozachmeur (ed.) Présence
arabe dans le Croissant fertile avant l'Hégire. Paris, 1995; P. Mayerson, "The word saracen (sarakenos) in the
papyri", Zeitschrift fur Papyrologie und Epigraphik 79,1989; J o h n V . T o l a n , S a r a c e n s : I s l a m i n t h
e M e d i e v a l E u r o Paris e a n I m a g i n a t i o n , N e w Y o r k 2 0 0 2 ..

5
Traduction d’Émile Jonveau, Paris 1869

6
Sur le sujet, cf. surtout la partie II.

7
Ed. Loeb.

8
Muhammad donnera l'ordre d'inverser la mode: pour marquer une rupture, et se distinguer des Perses, il exige
que l'homme se rase la moustache et laisse sa barbe. Le succès de certains systèmes religieux dépend aussi des
détails pileux.

9
La vision est celle d'un observateur extérieur: les deux activités se confondent souvent.

10
ibn Kathir, Sira (Conduite de l'envoyé d'Allah), ed. M. Boudjenoun, Paris 2007.

11
Cité par Photius 250 (ed. CUF).

12
Le site est intégré à une description de l'Arabie centrale occidentale ; mais les indices manquent pour une
attribution certaine: la Mecque.

13
Une réunion générale, ou un pèlerinage.

KINDAT AL MULUK ; cf. G. Olinder, The Kings of Kinda of the Family of Akil al Murar, Lund, 1927 ; I.
14

Shahid, Encyclopédie de l'Islam2 V, p. 121; M. AL Zahrani, L'Histoire des tribus Kinda et Mdhhij, en Arabie
préislamique. des origines jusqu'au VI siecle de l'ère chretienne, Paris 2000 (thèse); M. Lecker, “Judaism among
Kinda and the ridda of Kinda” Journal of the American Oriental Society 115,1995; M. Lecker, “Kinda on the
eve of Islam and during the ridda”, Journal of the Royal Asiatic Society 1994.
15
M. Lecker, " Kinda on the eve of islam and during the ridda ", Journal of the royal asiatic society 1994. ; id.
" Judaism among Kinda and the ridda of Kinda ", Journal of the American Oriental Society 115, 1995.

16
La mosquée de Médine, devenu le centre administratif de l'Etat musulman.

Fard de couleur sombre qui s'applique autour des yeux pour renforcer le regard et susciter l'effroi: c'est un
17

maquillage de guerriers, et non de femmes.

Muhammad interdit la soie pour les vêtements masculins, puisque les Perses et les chrétiens en font grand
18

usage. Plus tard, on estimera que le produit est en fait une déjection de l'insecte, donc une impureté.

A. R. Al-Ansary, Qaryat Al-Fau: A Portrait Of Pre-Islamic Civilisation In Saudi Arabia, 1982, University of
Riyadh (Saudi Arabia), p. 146; A. F. L. Beeston, "Nemara And Faw", Bulletin Of The School Of Oriental And
African Studies, 1979, Volume 42, pp. 1-6

Arabie (province romaine)

La province romaine d'Arabie Pétrée

La province romaine d'Arabie ou Arabie pétrée est créée en 106 par la conquête du
royaume Nabatéen(dont la capitale est Pétra) qui fut un des derniers royaumes du Moyen-Orient
sous protectorat romain. Débouché des caravanes venues du Sud arabique ou du golfe Persique, il
occupait une région importante pour les liaisons stratégiques des Romains entre l’Égypte d’une part,
la Judée et la Syrie d’autre part. La province d'Arabie malgré sa création tardive fut bien intégrée à
l'empire et sa région a gardé des traces archéologiques importantes de la présence romaine.

Conquête
En 106, A. Cornelius Palma, légat de Syrie, occupe ce royaume sans difficulté, et en fait une province
impériale nommée Arabia, gouvernée par un légat propréteur, installé au nord de la nouvelle province
à Bostra (Bosra). La IIIe légion Cyrénaïque venue d’Égypte y est transférée. De là, elle couvre
l’Égypte et la Judée des éventuelles attaques venues de l’Est, et prépare le projet de Trajan de guerre
contre les Parthes. En temps de paix, elle contrôle la grande route commerciale de Damas à Pétra,
qui se dirige ensuite vers Aela (Aqaba) et la mer Rouge, l’Égypte et Alexandrie ou le golfe Persique
par le désert.

Toutefois la prospérité de Pétra diminue après son annexion et l’ouverture de nouvelles routes
commerciales partant de Palmyre ou d’Alexandrie.

Histoire de la province
Sous les derniers Antonins, Marc Aurèle et Commode, la garnison militaire de la province est présente
jusqu'aux limites de l'Arabie déserte, au plus près des routes menant vers l'Arabie heureuse,
notamment à Dumatha.

Au début du règne de Septime Sévère, l'Arabie est étendue vers le nord, aux dépens de la province
de Syrie. Le christianisme s'implante à Bostra, la capitale, et vers 213-214 le gouverneur Furnius
Julianus doit faire appel à l'évêque d'Alexandrie (qui lui envoie le jeune Origène) pour apaiser un
conflit qui divisait les chrétiens de la province.

Un notable de l’ordre équestre originaire de la région de Bosra réussit une ascension exceptionnelle :
M. Julius Philippus, ou Philippe l'Arabe participe en 241 à la campagne contre les Perses, et il
remplace en 243 le défunt Timésithée comme préfet du prétoire et tuteur du jeune empereur Gordien
III. En 244, les soldats éliminent Gordien III et proclament empereur Philippe. Il règne de 244 à 249
(c'est lui notamment qui célèbre le millième anniversaire de Rome, en 248).

Au court du IVe siècle, les réformes de la tétrarchie séparent les pouvoirs militaires et civils dans les
provinces, à l’exception de l’Arabie Pétrée, gouvernée par un dux et praeses, ce qui témoigne des
risques d’insécurité et de menaces extérieures contre cette province.

Lorsque le christianisme s’impose dans l’Empire romain, les lieux bibliques mythiques de la province
d’Arabie voient l’édification de lieux de culte, tels que le monastère de Siyagah au mont Nébo, et de
nombreuses églises. Les remarquables décorations de mosaïques trouvées par
les archéologues dans ces églises permettent de caractériser une école de mosaïstes dite
de Madaba.

Au VIe siècle, Justinien Ier dégarnit la province de ses troupes permanentes, et confie sa défense
aux Ghassanides, Arabes chrétiens.

Le grand conflit entre les Byzantins et les Perses touche la province d’Arabie, passage pour la
conquête perse de l’Égypte en 619. Après la victoire définitive des Byzantins sur les Perses en 628, la
province est réintégrée dans l’Empire, pour peu de temps : les musulmans mettent fin à la domination
romaine, en s’emparant de Jérusalem en 638 puis d’Alexandrie en 642.

Au VIIIe siècle, de très violents tremblements de terre et des épidémies achèvent la ruine de la
civilisation urbaine gréco-romaine de l'Arabie Pétrée.

Sites archéologiques
Petra

Deux villes constituent des sites majeurs de Jordanie :

 Jerash (ancienne Gerasa)


 Pétra

D'impressionnants vestiges antiques peuvent être visités tant en Syrie du sud qu'en Jordanie :

 Bostra (capitale de la province, aujourd'hui Bosra en Syrie)


 Philippopolis d'Arabie (Shahba, en Syrie du sud)
 Rabbathmoba (Rabba en Jordanie)
 Khirbet Dharih (temple récemment fouillé et restauré en Jordanie)

Les cinq siècles de présence impériale ont laissé d’autres vestiges remarquables :

 Le limes Arabicus est bien représenté par les ruines des forteresses de Qasr Azraq, Qasr
Bshir, ou le camp légionnaire de Lejjun.
 l’église de Madaba et sa mosaïque représentant une carte de la Palestine gréco-romaine.
Nabatéens
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Pétra, la capitale nabatéenne

Les Nabatéens (en arabe : ‫ النباط‬al-Anbɑːṭ) étaient un peuple commerçant du sud de la Jordanie et de
Canaan, et du nord de l'Arabie, dont les peuplements dans les oasis au temps de Flavius Josèphe ont
donné le nom de Nabatène à la région frontalière entre la Syrie et l'Arabie, entre l'Euphrate et la mer
Rouge.

Leur capitale était la cité troglodytique de Pétra, située aujourd'hui en territoire jordanien.

Leur commerce se déroulait principalement entre les oasis, où ils pratiquaient l'agriculture de manière
intensive. Ces oasis étaient reliées par des routes commerçantes. Les frontières de cet ensemble
n'étaient pas précisément définies.

L'empereur romain Trajan soumet les Nabatéens définitivement et les incorpore à l'Empire, où leur
culture se dissipe et disparaît.

Culture
La culture nabatéenne est connue grâce aux milliers d'inscriptions retrouvées qui témoignent d'un bon
degré d'alphabétisation, bien que l'on n'ait pas de traces d'une littérature. Des
analyses onomastiques indiquent que la culture nabatéenne pourrait avoir inclus de
nombreuses ethnies.

Des textes antiques sur les Nabatéens suggèrent que leurs routes commerciales et la provenance de
leurs produits étaient considérées comme des secrets commerciaux. Diodore de Sicile les décrivit
comme une tribu puissante d'environ 10 000 guerriers, prééminente parmi les tribus nomades
d'Arabie, évitant l'agriculture, les habitations fixes et l'usage du vin. En plus de leur activité pastorale,
ils commerçaient avec les ports. Les marchandises transportées étaient principalement de l'encens,
de la myrrhe et des épices d'Arabie heureuse (c'est-à-dire de l'actuelYémen), ainsi qu'avec
l'Égypte (bitume provenant de la mer Rouge).

Leur pays aride était leur meilleure protection contre les envahisseurs. En effet, ils réussirent à leur
cacher les citernes collectrices d'eau de pluie, en forme de bouteilles, qu'ils avaient creusées dans la
pierre ou dans l'argile.

Les dieux principaux vénérés à Pétra étaient Dusares et Uzza.

Langue
La langue des inscriptions nabatéennes, qui fleurissent durant le IIe siècle av. J.-C., montre qu'il s'agit
d'une modification locale de la langue araméenne, lingua franca qui cesse d'avoir une importance
suprarégionale après la fin de l'empire achéménide en -330. L'alphabet nabatéen dérive de l'alphabet
araméen. Le nabatéen est fortement influencé par les dialectes arabes, des peuples des environs.
Finalement, à partir du IVe siècle l'influence arabe devient prépondérante, le nabatéen glissant de
l'araméen à l'arabe. L'alphabet arabe lui-même puise ses origines dans les variantes cursives du
nabatéen du Ve siècle. À partir du IIIe siècle, les Nabatéens arrêtent d'écrire en araméen et utilisent
le grec à la place.

Histoire
Origines

Les routes commerciales terrestres des Nabatéens.


Les origines des Nabatéens restent obscures. En se basant sur la similarité de leur nom, Saint
Jérôme a proposé un lien avec la tribu Nebaioth (de Nebayot, l'aîné des douze fils d'Ismaël)
mentionnée dans la Genèse, mais les historiens modernes sont prudents quant à cette interprétation
et l'origine des premiers Nabatéens reste mal connue. Une autre hypothèse rapproche leur nom du
mot hébreu nabata. À l'époque de Teglath-Phalasar III, les Hébreux appelaient ainsi les Araméens,
puis plus tard, il fut employé pour les tribus arabes nomades qui payaient tribut à Assurbanipal.

Avec la captivité à Babylone (à partir de 586 av. J.-C.), débuta en Judée une époque sans pouvoir
franchement établi. Les Édomites s'emparèrent du sud de la Judée et les Nabatéens occupèrent
vraisemblablement sans heurts le territoire délaissé par ces derniers et poursuivirent leur commerce.
C'est en effet à cette époque que des inscriptions nabatéennes sont retrouvées sur le territoire
édomite. Cette migration, dont la date reste inconnue, les rendit maîtres des côtes du golfe d'Aqaba et
de l'important port d'Elath.

Herodote mentionne un roi des Arabes, allié des Perses, qui aurait aidé Cambyse dans la conquête
de l'Égypte. Il pourrait s'agir déjà des Nabatéens. Selon Agatharchide, au IIIe siècle av. J.-C., les
Nabatéens se comportaient en tant que pirates et brigands sur les routes commerciales reliant
l'Égypte à l'Orient, jusqu’à ce que les Ptolémées mettent fin à leurs attaques.

Les Nabatéens ont subi très tôt des influences culturelles étrangères, notamment araméennes. Les
Nabatéens écrivirent une lettre à Antigoneen caractères syriaques. L'araméen continua à être la
langue utilisée pour leurs pièces et inscriptions quand la tribu devient un royaume, et profita de
l'affaiblissement des Séleucides pour étendre leur territoire vers le nord sur les terres fertiles à l'est de
la Jordanie.

Le roi Arétas II aurait battu les troupes du grand-prêtre et roi de Jérusalem, Alexandre Jannée en 93
av. J.-C.. Ils occupèrent la région de l'Hauran, et autour de 85 av. J.-C., leur roi Arétas III devint
seigneur de Damas et Cœlé-Syrie. « Nabatéens » devint le nom arabe pour Araméens, à la fois
en Syrie et en Irak, un fait qui a été à tort utilisé pour prouver que les Nabatéens étaient des
immigrants araméens venant de Babylone. Des noms appropriés sur leurs inscriptions suggèrent
qu'ils étaient des Arabes passés sous influence araméenne. Starcky pense que les Nabatu du sud de
l'Arabie étaient leurs ancêtres. Cependant, différents groupes parmi les Nabatéens écrivent leurs
noms de manière significativement différentes. C'est la raison pour laquelle les archéologues
répugnent à dire qu'ils étaient tous de la même tribu, ou qu'un des groupes était les Nabatéens
originels.

La période gréco-romaine
La province romaine d'Arabie pétrée, créée à la place du royaume nabatéen.

Pétra est construite rapidement au Ier siècle av. J.-C. au temps de la splendeur hellénique, atteignant
son apogée avec environ 20 000 habitants. À cette époque, les Nabatéens sont alliés aux premiers
Hasmonéens dans leur lutte contre les monarques Séleucides. Ils deviennent ensuite les rivaux des
dynasties judéennes. Ces frictions sont une des causes principales des désordres qui conduisent à
l'intervention de Pompée en Judée. Beaucoup de nabatéens sont convertis de force au judaisme par
le roi hasmonéen Alexandre Jannée, qui envahit Moab et Gilead. Le roi Obodas savait qu'Alexandre
Jannée allait l'attaquer, et il put donc piéger ses forces près de Gaualne, détruisant ainsi l'armée
israélite.

L'intervention romaine obtient des résultats mitigés et le roi Arétas III peut garder, en tant que vassal
des romains, la plus grande partie de son territoire, y compris Damas. En -62 Marcus Aemilius
Scaurus accepte un pot-de-vin de 300 talents pour lever le siège de Pétra, en partie à cause du terrain
difficile et en partie parce que ses vivres avaient beaucoup diminué. Hycanus, ami du roi Arétas, est
envoyé par Scaurus pour obtenir la paix. Arétas accepte et garde son territoire, y ajoutant Damas, et il
devient vassal de Rome.

Sous Malichos II, en -32, Hérode Ier le Grand déclare la guerre aux Nabatéens avec l'appui
de Cléopâtre. Il saccage et pille la Nabatène avec sacavalerie et occupe Tell al-Ashari. Les Nabatéens
battent en retraite jusqu’à Qanawat (aujourd'hui en Syrie). Athenio, le général de Cléopâtre, envoie les
habitants de cette ville attaquer les forces d'Hérode, qui fuient vers Ormiza. Un an plus tard, ces
forces battent les Nabatéens.

Après un tremblement de terre en Judée, les Nabatéens se soulèvent et envahissent Israël, mais
Hérode traverse le Jourdain à Philadelphie. Les deux camps se retranchent. Les Nabatéens, sous
Elthemus, refusent de commencer la bataille, Hérode décide alors d'attaquer leur camp. Les
Nabatéens, désorientés, luttent et sont battus. Les survivants battent en retraite, Hérode les poursuit,
les assiège et certains se rendent. Les survivants offrent aux forces d'Hérode 500 talents, mais il
refuse. Plus tard, les Nabatéens sont forcés de sortir de leur position retranchée, afin de chercher de
l'eau, ils sont battus lors de cette dernière bataille.

Sous l'Empire romain, les Nabatéens continuent de prospérer au cours du Ier siècle. Leur pouvoir
s'étend sur une grande partie de l'Arabie, de la Mer Rouge au Yémen. Malgré un déclin dû à
l'émergence de la route commerciale entre Myos Hormos (Myoshormus) et Coptos sur le Nil, Pétra
reste un centre commercial cosmopolite. Soumis à la Pax romana, les Nabatéens perdent leurs
habitudes guerrières et pastorales et deviennent un peuple pacifique voué au commerce et à
l'agriculture.

Sous Trajan, l'influence de Pétra se réduit et les Nabatéens perdent leur indépendance lors de la
réduction de leur royaume en province romaine d'Arabie Pétrée.

Au IVe siècle, ils se convertirent au Christianisme. Les nouveaux envahisseurs arabes, qui se faisaient
pressants dans la péninsule, trouvent les derniers Nabatéens transformés en fellahun, ou paysans.

Rois nabatéens
Début de règne Fin de règne Nom du souverain
Inconnu
-170 -168 Arétas Ier
Inconnu, Rabbel Ier ?
Vers -120 -96 Arétas II
-96 Vers -85 Obodas Ier, fils d'Arétas II
-84 Vers -62 Arétas III « Philhellène »
-62 -60 Obodas II
-60 -30 Malichos Ier
-30 -9 Obodas III
-9 40 Arétas IV
40 70 Malichos II, fils d'Arétas IV et époux de la reine Shaqilat
70 106 Rabbel II, fils de Malichos II et époux de la reine Gamilat puis d'Hagru

Madâin Sâlih

Site archéologique de Al-Hijr (Madain Salih)*


Patrimoine mondial de l'UNESCO

Madâin Sâlih

Coordonnées 26° 47′ 1″ Nord


37° 57′ 18″ Est

Pays Arabie saoudite


Région** États arabes

Type Culturel

Critères (ii)(iii)

Superficie Zone centrale : 1 621,2 ha


Zone tampon : 1 659,34 ha

Numéro d'identification 1293

Année d’inscription 2008 (32e session)

* Descriptif officiel UNESCO


** Classification géographique UNESCO

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Madâin Sâlih ou Madain Saleh (en arabe : ‫ ) مدائن صالح‬est un lieu situé au nord-ouest de l'Arabie
saoudite, à 400 km de Médine et au carrefour entre la péninsule Arabique, la Syrie, la Jordanie et
la Mésopotamie. On y trouve les vestiges de la cité nabatéenne d'Hégra (ou al-Hijr) sur environ
500 hectares (13 km2) de désert. Appelé site archéologique de Al-Hijr par l'Unesco, il est le premier
site du pays à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial.

L'oasis était située sur la piste caravanière qui reliait Pétra au Hedjaz. Comme à Pétra,
les Nabatéens y ont construit, il y a deux mille ans, 138 tombeaux rupestres monumentaux ; les
méthodes de construction y étaient les mêmes, les bâtisseurs commençant par le haut des façades,
détruisant après chaque étape de la construction la plateforme taillée à même le grès qu'ils utilisaient
pour atteindre ces hauteurs.

Les premiers européens à avoir vu Hégra sont Antonin Jaussen et Raphaël Savignac,frères
dominicains et archéologues basés à Jérusalem, qui défrichent et explorent la ville de 1907 à 1910. Ils
écrivent un livre sur leurs découvertes, appelé Mission archéologique en Arabie. Ils y racontent dater
les inscriptions sur les tombes du Ier siècle, les plus raffinées étant celles du règne du roi
nabatéen Arétas IV (de l'an -9 à l'an 40).

Comme Pétra, il s'agissait d'une grande ville pour l'époque, possédant des places, des rues et un
important réseau d'irrigation pour les terres agricoles des alentours, ainsi que des aqueducs et
des puits amenant de l'eau en ville. Elle servait peut-être aussi de poste militaire, étant à 20 km au
nord du royaume de Dédân.

La région connut une certaine renaissance au début du XXe siècle avec la construction du chemin de
fer du Hedjaz par les ottomans et les allemands. Elle était alors une escale obligée pour
les pèlerins musulmans faisant le hajj, qui partaient depuis Damas ou d'autres lieux au nord.
Cette ville est mentionnée dans plusieurs endroits du Coran, treize siècles avant la redécouverte de
ses vestiges. Notamment, la sourate 15 porte son nom : Al-Hijr. Sont mentionnés aussi le peuple qui
l'habitait (Thamoud), Sâlih le messager que Dieu leur a envoyé et qui a donné son nom à la ville, ainsi
que l'histoire centrale de la chamelle.

Ghassanides

Les Ghassanides (‫ )الغساسنة‬sont une tribu arabe chrétienne monophysite qui a fondé un royaume
arabe pré-islamique dans la Jordanie actuelle. Ils adoptèrent le christianisme
monophysite probablement sous l'influence de leur environnement araméen (Ils faisaient partie de
l'Église syriaque orthodoxe). Ils furent longtemps des vassaux de l'empire byzantin et contribuèrent à
contenir les Perses sassanides hors des frontières de l'empire. Un autre royaume arabe rival, vassal
de la Perse, s'était établi dans le sud de l'Irak (le royaume des Lakhmides).

Les Ghassanides seraient venus du sud de l'Arabie vers la fin du IIIe siècle. Comme les Lakhmides, ils
seraient une branche de la tribu Azd qui fait elle-même partie des tribus Qahtanites (les Arabes
« aborigènes » du Sud) qui habitaient le Yémen et seraient à l'origine du royaume de Saba. Ils
habitaient la ville de Ma'rib qui était irrigué par un grand barrage. Lorsque le barrage de Ma'rib s'est
écroulé, les Azd auraient immigré un peu partout dans la péninsule arabique.

Les Ghassanides sont plus une confédération de tribus qu'une tribu proprement dite. Ils commencent
à jouer un rôle central dans la région à partir du VIe siècle.

À son apogée, le royaume ghassanide s'étendait du sud de la Syrie jusqu'à la ville


de Yathrib (aujourd'hui Médine en Arabie saoudite). Sa capitale était Jabaliya dans le Golan actuel.
Vassaux de l'empire byzantin, dont ils forment un phylarcat, les Ghassanides vont protéger la frontière
sud-ouest de l'empire des incursions bédouines et perses. Ils vont connaître une prospérité
économique importante et se lanceront dans la construction d'édifices publics et religieux. Ils
patronnent aussi certains arts, notamment la poésie et installent des poètes comme Nabighah adh-
Dhubyani et Hassan ibn Thabit à leur cour.

Toutefois, la persécution de la foi monophysite jugée hérétique par Byzance va mettre à mal les
relations avec les Byzantins. Ces tensions vont avoir des conséquences importantes lors de la
conquête de la région par l'empire musulman naissant. En 636, en pleine bataille de Yarmouk
opposant les Byzantins aux musulmans, 12 000 guerriers ghassanides qui n'avaient pas été payés
depuis plusieurs mois font défection après que les musulmans leur ont offert de payer leurs arriérés.
Ils contribuent largement à la défaite byzantine en faisant passer le nombre de Byzantins de 40 000 à
28 000 hommes et les armées arabes de 20 000 à 32 000 hommes. Cette bataille conduira au
démantèlement du royaume de Ghassan, le pouvoir réel leur échappait depuis l'invasion perse de
614. Même si certains se convertirent à l'islam, la plus grande partie des Ghassanides conservèrent la
foi chrétienne.

Le prénom de Ghassan est toujours en usage parmi les arabes (chrétiens et musulmans) jusqu'à
aujourd'hui. Il signifie « force » en arabe et ensyriaque. Des familles
comme Chemor, Gharios, Maalouf, Khazen et Jabara (ou Gebara) descendent aussi des
Ghassanides.

Rois ghassanides

1. Jafnah I ibn `Amr (220-265)


2. `Amr I ibn Jafnah (265-270)
3. Tha'labah ibn Amr (270-287)
4. al-Harith I ibn Th`alabah (287-307)
5. Jabalah I ibn al-Harith I (307-317)
6. al-Harith II ibn Jabalah "ibn Maria" (317-327)
7. al-Mundhir I Senior ibn al-Harith II (327-330) et...
8. al-Aiham ibn al-Harith II (327-330) et...
9. al-Mundhir II Junior ibn al-Harith II (327-340) et...
10. al-Nu`man I ibn al-Harith II (327-342) et...
11. `Amr II ibn al-Harith II (330-356) et...
12. Jabalah II ibn al-Harith II (327-361)
13. Jafnah II ibn al-Mundhir I (361-391) et...
14. al-Nu`man II ibn al-Mundhir I (361-362)
15. al-Nu`man III ibn 'Amr ibn al-Mundhir I (391-418)
16. Jabalah III ibn al-Nu`man (418-434)
17. al-Nu`man IV ibn al-Aiham (434-455) et...
18. al-Harith III ibn al-Aiham (434-456) et...
19. al-Nu`man V ibn al-Harith (434-453)
20. al-Mundhir II ibn al-Nu`man (453-472) et...
21. `Amr III ibn al-Nu`man (453-486) et...
22. Hijr ibn al-Nu`man (453-465)
23. al-Harith IV ibn Hijr (486-512)
24. Jabalah IV ibn al-Harith (512-529)
25. al-Harith V ibn Jabalah (529-569)
26. al-Mundhir III ibn al-Harith (569-581) et...
27. Abu Kirab al-Nu`man ibn al-Harith (570-582)
28. al-Nu`man VI ibn al-Mundhir (582-583)
29. al-Harith VI ibn al-Harith (583)
30. al-Nu'man VII ibn al-Harith Abu Kirab (583- ?)
31. al-Aiham ibn Jabalah (? -614)
32. al-Mundhir IV ibn Jabalah (614- ?)
33. Sharahil ibn Jabalah (? -618)
34. Amr IV ibn Jabalah (618-628)
35. Jabalah V ibn al-Harith (628-632)
36. Jabalah VI ibn al-Ayham (632-638).

Bosra

Ancienne ville de Bosra*


Patrimoine mondial de l'UNESCO

Voie romaine à Bosra

Coordonnées 32° 31′ 05″ Nord


36° 28′ 54″ Est

Pays Syrie

Région** Asie/Océanie

Type Culturel

Critères (i)(iii)(vi)

Numéro d'identification 22

Année d’inscription 1980 (4e session)

* Descriptif officiel UNESCO


** Classification géographique UNESCO
Bosra (quelquefois Bostra, en arabe ‫ )بصرى‬est une ville du sud de la Syrie, capitale de la région
du Hauran. Située dans une région très fertile, au débouché des caravanes venant d’Arabie, Bosra
connut la prospérité et joua un important rôle commercial, comptant jusqu’à 50 000 habitants.

Jadis capitale de la province romaine d'Arabie et importante étape sur l'ancienne route caravanière
de La Mecque, Bosra conserve, enserrées dans ses épaisses murailles, un théâtre romain
du IIe siècle, des ruines paléochrétiennes et plusieurs mosquées.

La ville actuelle s'est développée sur les vestiges de la cité ancienne qui était à peu près dépeuplée il
y a un siècle. Bosra est inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Histoire

Habitations modernes et niveaux antiques le long de l'axe principal


Théâtre de Bosra : vue générale

Située à 141 km de Damas, au cœur de la région fertile du Hauran, sur un plateau basaltique, Bosra
entre dans l’histoire à l’époque hellénistique. Ses roches noires, employées dans la construction
depuis des siècles, confèrent à la région entière beaucoup d'originalité. De plus, la dureté du basalte a
permis aux monuments de résister à l'usure.

La ville est mentionnée pour la première fois dans des archives égyptiennes en 1350 av. J.-C. sous le
nom de Busrana, mais ne se développe réellement qu'à partir du IIe siècle av. J.-C. lorsqu'elle devient
la capitale régionale de la Nabatène, titre qui lui sera accordé officiellement au Ier siècle ap. J.-C.
sous Rabbel II. Sous les rois Arétas III et Arétas IV, elle tombe sous la coupe des Nabatéens.

En 106, elle devient la capitale de la province romaine d’Arabie créée par Trajan après l’annexion de
la Nabatène. Étant sur le principal axe de communication, la Via Nova Trajana, elle bénéficie de cette
position et de l’installation de 5000 légionnaires : Bosra devint assez rapidement la garnison définitive
de la legio III Cyrenaica. Agrandie et embellie d'édifices publics organisés autour d'un cardo et
d'un decumanus, elle est rebaptisée Nova Trajana Bostra par Trajan, entre 98 et 117. Au cours du
même siècle, on y construit le grand théâtre de 17 000 places, un des plus vastes de l’Orient romain,
demeuré presque intact jusqu'à nos jours.

Dès le début du IIIe siècle, le christianisme, en pleine expansion, va changer le paysage urbain : de
nombreuses églises sont bâties, ainsi qu'une cathédrale dédiée aux saints Serge, Bacchus et Léonce.

Pour la tradition musulmane, c’est à Bosra que le moine


chrétien nestorien Bahira reconnut Mohammed, alors âgé de dix ans, qui accompagnait son oncle
"Abou Talib", comme étant le prophète attendu et annoncé par Jésus lui-même. Après la conquête
musulmane de Bosra en 632, la région devient le champ de batailles des Musulmans et des Byzantins
qui se disputent le contrôle de la Syrie. Trente-six mosquées, dont la mosquée El Omari, sont
construites et de nombreux Chrétiens se convertissent. LesSeldjoukides, gouvernant la ville à partir de
la fin du XIe siècle apr. J.-C., y rétablirent la prospérité et la protégèrent des Croisés.
Les Ayyoubides font du théâtre romain fortifié par Nour Ed Din une véritable citadelle qui est ensuite
conquise par les Mongols. Baybars la restaure en 1261. La ville demeure pour une longue période un
passage obligatoire des pèlerins. Puis Bosra décline au point de n'être plus qu'un simple village
jusqu'à nos jours. Des fouilles ont été menées, principalement au théâtre, apportant le développement
du tourisme. Les habitants de la vieille ville sont peu à peu relogés dans de nouveaux quartiers.

Madaba
Madaba
‫مادبا‬

Carte de Madaba, mosaïque du VIe siècle avec Jérusalem(où ne figure pas le Mont du Temple).

Administration

Pays Jordanie

Province (Muḥāfaẓa) Madaba

Géographie

Latitude
31° 43′ 00″ Nord
Longitude 35° 47′ 41″ Est

Altitude 763 m

Démographie

Population 86 372 hab. (2009)

Localisation
Madaba
Sources

Jordan Department of Statistics

Index Mundi

World Gazetteer

Madaba, chef-lieu de la subdivision de Madaba, est une petite ville de 60 000 habitants en Jordanie à
30 km au sud d’Amman au bord de la route des Rois qui mène à Kerak et à Pétra.

Histoire de Madaba]
Sol mosaïqué présentant un lion attaquant un bovidé

Ce site est cité dans la Bible. La route romaine et les vestiges de l’architecture urbaine sont toujours
présents dans le centre ville moderne mais Madaba est réputée pour ses
mosaïques Byzantines et Umayyades. C’est au nord de la ville où se trouvent la plupart des
monuments en mosaïques. Pendant l’époque Byzantine – Umayyade, dans la partie du nord –
traversée par une route romaine bordée de colonnes – furent construits l’église Map, la salle
Hippolyte, l’église de la Vierge, l’église du prophète Elias avec une crypte, l’église des Saints-Martyrs (
Al – Khadir) le Palais Brûlé et l’église de la famille Szunna.

L’Eglise de l’Apôtre fut construite pendant l’époque de l’archevêque Sergius, en 578. Une médaille
centrale représente la mer (« thalassa » ) en la forme d’une femme qui porte dans sa main gauche un
drapeau ressemblant à du caoutchouc et son bras droit est orné de bracelets.

L’Eglise de la Vierge fut construite à la fin du VIe siècle, sur une route romaine en utilisant des vestiges
d’un monument romain. Les mosaïques de l’église furent restaurées pendant l’époque umayyade.

Musée
Le Musée Archéologique ouvrit ses portes en 1962. Entre autres, nous pouvons y voir la mosaïque
Satyros et celle d’une danseuse, la mosaïque du Paradis et l’église de Suwaytha.

Al-Hira

Al-Hira
(ar) ‫الحيرة‬
Miniature du XVe siècle décrivant la construction de la forteresse d'Al-Hîra capitale des Lakhmides

Administration

Pays Irak

Province An-Najaf

Géographie

Latitude
31° 53′ 00″ Nord
Longitude 44° 27′ 00″ Est

Altitude 23 m

Localisation
Al-Hira

Sources

Index Mundi

World Gazetteer

Al-Hîra est une ville d'Irak située sur la rive droite de l'Euphrate à 18 km au sud-est deNadjaf.

Histoire
Al-Hîra était déjà une ville assez importante avant l'ère islamique. C’était à l’origine un campement
militaire. Elle est devenue la capitales des Lakhmides au Ve et VIe siècles.

Des populations arabes poursuivaient une migration vers le Proche-Orient depuis des siècles. La
population locale comportait bien avant l’islam de bonnes proportions d'arabes.
Les Sassanides appelaient Arabistan le sud de l’Irak. L'un des premiers royaumes arabes en dehors
de l'Arabie s'est établi à Al-Hîra. La dynastie locale des Lakhmides était vassale des Sassanides
depuis Shapur II (337-358). Les Lakhmides avaient pour mission de protéger l’empire Sassanide des
incursions des autres tribus arabes.

Al-Hîra a été chrétienne, au moins fortement christianisée. Elle a été le siège d’un évêché Nestorien.
La tradition raconte que l’écriture arabe s’y est développée.

L’empereur Sassanide Vahram V prend le pouvoir avec le soutien du prince Lakhmide Al-
Mondir en 420.
En 542, Khosro Ier de Perse arrête le général byzantin Bélisaire à Callinicum au sud d’Emèse mais
avec l’aide d’Al-Hîra.

L’empire byzantin a créé sur le territoire de la Syrie actuelle un autre royaume arabe concurrent d’Al-
Hîra, c’est le royaume des Ghassanides. Les deux royaumes se firent la guerre pour le compte de leur
suzerain respectif.

En 602, Khosro II renverse Numan III prince d’Al-Hîra et annexe ses territoire à l’empire.

En 633, La ville se rend facilement aux troupes musulmanes commandées par Khâlid Ibn al-Walîd qui
épargne la ville contre le paiement d'un tribut.

Plus tard la ville a perdu de son importance, concurrencée par Koufa.

Arabie heureuse
L'Arabie heureuse désignait pour les Grecs et Romains l'Arabie du Sud (actuel Yémen), relativement
humide grâce à ses montagnes et à un important système d'irrigation, centre de la riche civilisation
des Sabéens.

L'Arabie heureuse représentait, pour les Romains, le plus souvent une terre semi-fabuleuse, où
habitait le phénix et d'où provenait l'encens nécessaire aux actes religieux, ainsi que d'autres épices.
Elle pouvait aussi constituer une étape sur les routes maritimes vers l'Inde et l'Extrême-Orient. Au
milieu du IIe siècle une présence militaire romaine est attestée sur les îles Farasan, non loin des côtes
de l'Arabie romaine.

L'Arabie heureuse (Arabia felix) s'opposait par son nom aux autres "Arabies" connues par les
Romains :

 l'Arabie pétrée, ancien royaume des Nabatéens devenu province romaine en 106,
 l'Arabie déserte, décrite par Ptolémée, constituée de déserts parcourus par les Arabes,
immenses territoires arides qui s'étendaient jusqu'en Mésopotamie et étaient voués au
nomadisme.

Histoire du Yémen
L'histoire du Yémen est mal connue car les sources sont relativement rares et parcellaires.

Préhistoire
Les premières traces archéologiques de présence humaine semblent remonter à 700 000 ans av. J.-
C. comme l'atteste le site de Hadramaout dans le Wadi Dowan (est du pays). On a également
découvert plusieurs sites rupestres à Saada datant de près de 7 000 ans av. J.-C., comportant
également de nombreux outillages de pierres néolithiques dans le désert du Khub Al-Khali (nord-est
du Yémen). Enfin, les préhistoriens pensent que la domestication du bétail a dû se faire à la même
époque comme l'atteste les traces découvertes dans le Khawlan (nord-ouest du Yémen).

L'Âge de bronze semble commencer entre 3 000 et 1 200 ans av. J.-C. car les archéologues ont
retrouvé des idoles en bronze sur des sites de petits villages qui pratiquaient déjà l'agriculture irriguée.
On sait également que c'est durant cette époque que des populations sémitiques (Sémites)
achevèrent leur longue immigration. Ainsi, le Yémen vit le développement de ce qu'on appelle la
culture de Sabr le long du littoral.

Antiquité

Royaumes yéménites III°s ap. J.-C. CE.


Premier royaume sabéen (existence contestée)

Le premier véritable royaume du Yémen est le premier royaume sabéen de Mareb vers -1500 av. J.-
C. Selon les spécialistes, l'épisode biblique de la visite de la reine de Sabaà Jérusalem pour voir le
roi Salomon (fin Xe siècle av. J.-C.) tendrait à montrer sa puissance. L'identification du royaume de
Sabé à celui de Saba n'est pas certaine puisque la première réelle mention du celui-ci provient des
inscriptions assyriennes de -750 av. J.-C.. Du XIIe siècle av. J.-C. au Xe siècle av. J.-C. a lieu l'apparition
des premières inscriptions monumentales dans les cités littorales qui connaissent vers -750 av. J.-C.
un essor architectural remarquable basé sur la pierre. On remarquera la corrélation entre cette
évolution, qui pourrait avoir nécessité un pouvoir central organisé, et l'apparition concomitante dans
les inscriptions du titre de "Mukkarib" (unificateur).

Royaume sabéen historique

Les premiers jalons historiques avérés datent de -716 av. J.-C. lorsque le Mukkarib Yâthiamar, roi de
Saba, paie tribut à l'Assyrien Sargon II. Est-ce lui qui finança le creusement à la même époque d'une
prise dans le rocher de la rive sud du wadi Dahana ? Actuellement, celle-ci est intégrée dans l'écluse
méridionale de la digue de Mareb. De fait, de nombreux historiens pensent que cette prise d'eau
constituait peut-être un des premiers éléments d'un barrage, ce qui ferait de ce dernier le premier
barrage connu construit au monde.

Déjà, des forces centrifuges semblent menacer l'unité du royaume puisque vers -700 av. J.-C., Karibîl
Watar, fils Dhamar'alî, lance deux campagnes contre la ville de Nashan pour réduire les vélléités
d'indépendance de celle-ci. Il fit appel à l'aide de la cité d'Haram et de Dekaminahû. Puis, de -689 à -
681 av. J.-C., il fonda l'empire Sabéen avec pour capitale Maryab (ou Mareb), après avoir détruit le
royaume d'Awsân. Il s'agit du premier État yéménite unifié réellement attesté.

Cet empire subit une attaque d'Hadramaout qui établit une brève domination au milieu du VIe siècle av.
J.-C. avec deux rois étrangers qui siègent sur le trône de Maryab. Ils durent faire aussi face à la
pénétration d'une nouvelle tribu étrangère (d'origine arabe ?), celle de Ma'în qui s'installa à Qarnaw et
fonda un nouveau royaume concurrent. Elle dominait les villes de Yathill (Barâqish) et Nashan (As-
Sawdâ). Toutefois, ce royaume très commerçant reconnut la suzeraineté du Royaume de Saba et en
devint semble-t-il son vassal.

L'Ère de Qataban

Lion de bronze chevauché par un enfant. Sculpture de l'èreQataban vers 75-50 avant JC.

Cet âge de prospérité semble se terminer au Ve siècle av. J.-C. avec une violente période de guerre et
d'instabilité. Les royaumes sudarabiques de Saba, Qataban, Maïn et Hadramaout luttent les uns
contre les autres pour asseoir leurs dominations sur la région et provoquent un abandon massif des
sites de Kuhâl, Arârat, Kutal, Inabba, ce qui prouve l'importance de cette lutte violente. Finalement,
c'est le royaume Qataban qui l'emporta et fonda une hégémonie qui dura de -500 à -110 av. J.-C.

Durant l'ère Qataban, période d'apogée artistique pour le Yémen, une nouvelle monnaie est fabriquée
au milieu du IVe siècle av. J.-C. Cela tend à montrer la vitalité des échanges commerciaux caravaniers
entre leYémen et l'ensemble de la péninsule arabique. Mais la puissance de Qataban doit composer
avec les autres royaumes certes assujettis mais relativement autonomes et qui entretiennent des
relations complexes entre eux. Cela les empêche de faire face efficacement à des périls extérieurs.
Ainsi, vers -200av. J.-C., le royaume de Haram est détruit par l'invasion de plusieurs tribus arabes,
notamment celle d'Amîr. Ces tribus, qui seront rapidement soumises sous la tutelle sabéenne,
imposent de nouveaux cultes comme le montre le temple principal de Haram dans lequel le culte de
Matabnatiyân est remplacé par celui de Halfân, divinité des nouveaux venus.

Finalement, c'est au IIe siècle av. J.-C. que s'unifient réellement les royaumes yéméniques sous la
domination de Saba. Même si ce dernier ne peut empêcher l'intrusion de nouvelles tribus arabes dans
le Jawf, Saba impose peu à peu son pouvoir. Avec la disparition en -120 av. J.-C. du royaume de
Ma'in, c'est l'ensemble du Jawf qui est sous le contrôle de Saba. L'aristocratie sabéenne s'approprie
les régions de Nashan, Nashq et Manhiyat ; le reste est abandonné aux tribus nomades. Quant
à Qataban, il sombre et éclate avec la sécession de Himyar en -110 av. J.-C. qui le supplante et met
fin à son hégémonie.

L'hégémonie d'Hadramaout

La période suivante semble être marquée au début par de nombreux bouleversements importants car
avec la chute de Qataban s'ensuit la destruction de nombreux sites majeurs comme celle de Raybun
au Hadramaout. La nouvelle donne permet également l'éclosion du petit royaume d'Awsan. Mais
finalement, c'est une nouvelle ère de prospérité commerciale et caravanière qui s'ouvre grâce à deux
facteurs majeurs : d'une part l'expansion croissante de l'Empire romain qui, avec la prise de
l'Égypte et de l'Asie Mineure, offre un débouché commercial gigantesque et, d'autre part, le
développement de la Chine et de l'Inde. De fait, le Yémen se découvre une place de carrefour central
majeure qui dynamise ses villes. Cela explique la tentative avortée de Rome de mettre sous tutelle
cette région en lançant en -26 av. J.-C. une expédition dirigée par Aelius Gallus qui occupa un
temps Nashan et Yathill.

Dès lors, le royaume d'Hadramaout se lança dans une politique hégémonique au début du Ier siècle
ap. J.-C. sous le règne de Yashurîl Yuharish qui étendit son pouvoir désormais jusqu'au Zafâr
omanais. Devant sa puissance, les petits royaumes encore indépendants s'unirent à l'instar
de Himyar et de Zafâr. Cette hégémonie ne se fit pas dans le consensus, bien au contraire comme en
témoigne la violence des destructions dans le Jawf (seuls Nashan, Nashq et Manhiyat sont encore
habités de manière permanente). De plus, Himyar se lança dans une politique de colonisation en
fondant en Érythrée des colonies sur la côte vers 45 ap. J.-C. qui ne subsisteront guère.

Le premier signe d'affaiblissement d'Hadramaout semble apparaître en 74 avec la fondation de la


principauté de Radmân suivit vers 100 ap. J.-C. de la restauration du Royaume de Saba. Là encore,
les conflits durent être violents car d'autres sites furent abandonnés comme Haram et Kaminahû.

Mais Hadramaout reprit son contrôle en détruisant définitivement en 175 le Qataban.


Seul Himyar semble avoir été suffisamment puissant pour contrer son hégémonie. C'est sous le règne
d'Ilî'azz Yalut qu'Hadramaout connut son apogée politique et culturelle.

Ensuite, c'est un long déclin : en 230, le roi de Saba Sha'r Awtar rompit son alliance avec le
Hadramaout et s'empara de Shabwa et de Qânipuis lança les premières expéditions contre les Arabes
du désert. Mais le retour en force de Saba ne fut qu'un instant éphémère brisé définitivement par les
rois himyarites Yâsir Yuhan'm et son fils Shammir Yuharish qui annexèrent Saba. Ensuite,
l'Hadramaout ne put empêcher l'Abyssinie d'occuper de 200 à 275 les côtes du Yémen occidental.
Enfin, le conflit inévitable d'Hadramaout contre la puissance montante Himyar vit l'anéantissement du
premier. Le souverain himyarite, Shammir Yuharish, conquérant l'Hadramaout, unifie pour la première
fois la totalité de l'Arabie méridionale, formant ainsi l'Empire himyarite au début du IVe siècle.

Le Yémen préislamique
L'Empire himyarite inaugure la grande période faste du Yémen préislamique tant du point de vue de
l'étendue du territoire, recouvrant une grande partie du sud de la péninsule d'Arabie, que culturel ou
commercial.

Économiquement, il est certain que les échanges se poursuivent même s'il y a de sévères revers. En
effet, au IVe siècle, le monnayage sud-arabique cesse. Pire, le système d'agriculture irriguée
pluriséculaire qui permettait de stopper la désertification croissante de la région tend à être moins bien
entretenu : la première rupture de la digue de Mareb eut lieu sous le règne de Tharan Yuhanim en
360 ; la seconde en janvier 456 sous le règne de Sharahbi'îl Ya'far, fils d'Abîkarib As'ad. Mais les
contacts diplomatiques et commerciaux avec Rome se multiplient comme l'ambassade de 339-344 de
Théophile envoyé par l'empereur romain.

Politiquement, l'Empire s'étend de 440 à 450 avec les expéditions d'Abîkarib As'ad, fils de Malkîkarib
Yuhanim, et son fils Hassân Yuhanim qui étendent le pouvoir de Himyar sur l'Arabie centrale. Pour
mieux assurer leur contrôle, ils y fondent une principauté confiée à Hujr, prince kindite.

C'est la question religieuse qui montre combien le Yémen fut le théâtre de multiples influences.
D'abord, en 380, Abîkarib As'ad et ses corégents se convertissent au judaïsme. Cette première
révolution met un terme définitif au polythéisme ancestral ; les grands temples sont non seulement
abandonnés mais détruits. Puis, peu à peu se diffuse le christianisme qui est vu comme une secte et
combattu comme tel. Ainsi, vers 470 a lieu le martyr d'Azqir sous le règne de Sharahbi'îl Ya'far. Une
lutte religieuse éclate entre chrétiens et juifs sur fond de guerre civile. Dès 519, le roi d'Éthiopie Kaled
Ella Asbeha soutient activement le coup d'État du chrétien Madîkarib Yafur sur le trône. En juin 522, il
sera exécuté par le monarque juif Yusuf As'ar Yath'ar qui s'empresse d'asseoir son pouvoir en lançant
une grande persécution des chrétiens dont l'apogée se situe en novembre 523 avec le martyr de Saint
Aréthas à Najrân.

Le VIe siècle voit donc se développer des troubles religieux d'importance mais aussi un déclin politique
de l'Empire. Déjà, dès 500, les sites de Nashan, Nashq et Manhiyat sont peu à peu abandonnés,
signes d'un déclin manifeste. Puis, le chrétien Madîkarib Yafur doit lancer une expédition punitive
en Arabie centrale pour châtier la révolte en juin 521 du kindite juif Al-Hârith qui refusait de reconnaître
son usurpation. Avec le roi juif Yusuf As'ar Yath'ar, c'est Najrân qui refuse de se soumettre en
juillet 523. Enfin, l'Empire demeure impuissant à contrer la grande invasion par les Abyssins mandatés
par le Basileus en 525. Le roi Yusuf se suicide.

Le christianisme s'implante ainsi grâce aux forces étrangères, balayant les derniers foyers judaïques
forcés à se convertir ou à partir. Le roi Sumûyafa Ashwa est intronisé. Les troubles poussent ce
dernier à fortifier dès 531 Qâni (Bir-Ali) mais il sera renversé en 535 par le chef du corps
expéditionnaire Abyssin toujours présent, Abraha. C'est lui qui transfère la capitale de Zafâr à Sanaa.

Le règne d'Abraha semble marquer une pause dans le long déclin de l'Empire, très éprouvé par la
guerre civile et religieuse. De nouveaux travaux d'ampleur sont mis en œuvre qui attestent du
renouveau de l'Empire Himyarite : on répare en mars 549 le barrage de Marib avant d'effectuer un
curage complet de la vieille digue en 558.

L'occupation abyssine n'est cependant pas bien acceptée. Ainsi, en 570, un prince juif yéménite, Sayf
Ibn Dhi-Yaz'an, fait appel aux Perses pour chasser les Abyssins, ce qui se traduit par l'invasion
perse sassanide du pays qui renverse le roi abyssin Masrûq.

De 571 à 632, c'est la grande période de la domination perse sassanide. Celle-ci semble contrôler
même nominalement le pays qui ne connaît plus de révolte mais son déclin perdure jusqu'à la
catastrophe de 620. Cette date marque la rupture définitive du barrage de Mareb qui met fin à
l'agriculture irriguée à grande échelle. Le pays subira de plein fouet en quelques années la
désertification longtemps interrompue par l'astucieux réseau de canaux qui le rendait verdoyant.

Himyar
Himyar est un royaume antique du Yémen qui connut son apogée au début du Ier siècle en constituant
un Empire qui contrôlait une grande partie de l'Arabie méridionale. Ses habitants sont
appelés Himyarites ou parfois Homérites.

Le Royaume himyarite
Rival du royaume de Saba, de Qataban et d'Hadramaout, ce royaume est pour la première fois attesté
au cours du IIe siècle av. J.-C.. A l'époque, le petit royaume était sous la domination du puissant
royaume de Qataban qui dominait le Yémen entre -500 et -110. Or, le déclin progressif
du Qataban poussa Himyar à faire sécession en -110, ce qui acheva de décomposer l'empire
de Qataban. Mieux, Himyar se place rapidement comme son successeur.

Pourtant, des troubles issus de la chute de Qataban ne permirent pas à Himyar de s'imposer.
C'est Hadramaout qui en retire le bénéfice et fonde sa puissance sur le Yémen en imposant son
hégémonie.

Face à sa volonté expansionniste rapide et puissante, Himyar prit la tête d'une union de petits
royaumes afin de mieux résister à son emprise. Il s'allia ainsi avec le royaume de Zafâr. De plus, pour
s'assurer de nouveaux débouchés commerciaux et contrôler les routes d'approvisionnement, Himyar
se lança dans une politique de fondations de petites colonies en Erythrée vers 45, qui ne subsisteront
guère. Mais la puissance de son rival atteint son apogée en 175 lorsqu'il
détruisit Qataban définitivement.

Progressivement, Himyar se renforça : d'abord en écrasant le royaume de Saba et ses rêves


expansionnistes en 230 sous le roi himyarite Yâsir Yuhan'm et son fils Shammir Yuharish qui
annexèrent Saba. Ensuite, Hadramaout ne put contrer l'offensive himyarite et s'effondra en 275. Le
souverain himyarite, Shammir Yuharish, unifie pour la première fois la totalité de l'Arabie méridionale,
formant ainsi l'Empire himyarite au début du IVe siècle.

Royaumes yéménites IIIe siècle.


L'Empire himyarite
L'Empire himyarite inaugure la grande période faste du Yémen préislamique notamment en raison de
son étendue. Il dominera le Yémen de 275 à 571, période entrecoupée d'invasion de l'Éthiopie et de
guerres religieuses entre juifs et chrétiens.

Économiquement, il est certain que les échanges se poursuivent même s'il y a de sévères revers. En
effet, au IVe siècle, le monnayage sudarabique cesse. Pire, le système d'agriculture irriguée
pluriséculaire qui permettait d'arrêter la désertification croissante de la région tend à être moins bien
entretenu : la première rupture de ladigue de Marib eut lieu sous le règne de Tharan Yuhanim en 360 ;
la seconde, en janvier 456 sous le règne de Sharahbi'îl Ya'far, fils d'Abîkarib As'ad. Mais les contacts
diplomatiques et commerciaux avec Rome se multiplient comme l'ambassade de 339-344 de
Théophile envoyé par l'Empereur romain.
Politiquement, l'Empire s'étend de 440 à 450 avec les expéditions d'Abîkarib As'ad, fils de Malkîkarib
Yuhanim, et son fils Hassân Yuhanim qui étendent le pouvoir de Himyar sur l'Arabie centrale. Pour
mieux assurer leur contrôle, ils y fondent une principauté confiée à Hujr, prince Kindite.

C'est la question religieuse qui montre combien le Yémen fut le théâtre de multiples influences.
D'abord, en 380, Abîkarib As'ad et ses corégents se convertissent au judaïsme.

Cette première révolution met un terme définitif au polythéisme ancestral, les grands temples sont non
seulement abandonnés mais détruits. Puis, peu à peu, se diffuse le christianisme qui est vu comme
une secte et combattue comme telle. Ainsi, vers 470 eut lieu le martyr d'Azqir sous le règne de
Sharahbi'îl Ya'far. Une lutte religieuse se développe entre chrétiens et juifs sous couvert d'une guerre
civile. Dès 519, le roi d'Éthiopie Kaleb Ella Asbeha soutient activement le coup d'Etat du chrétien
Madîkarib Yafur sur le trône. En juin 522, il sera exécuté par le monarque juif Yusuf As'ar Yath'ar qui
s'empresse d'asseoir son pouvoir en lançant une grande persécution des chrétiens dont l'apogée se
situera en novembre 523 avec le martyr de Saint Aréthas à Najrân.

Le VIe siècle voit donc se développer des troubles religieux d'importances mais aussi un déclin
politique de l'Empire. Déjà, dès 500, les sites de Nashan, Nashq et Manhiyat sont peu à peu
abandonnés, signes d'un déclin manifeste. Puis, le chrétien Madîkarib Yafur dût lancer une expédition
punitive en Arabie centrale pour châtier la révolte en juin 521 du kindite juif Al-Hârith qui refusait de
reconnaître son usurpation. Avec le roi juif Yusuf As'ar Yath'ar, c'est Najrân qui refuse de se
soumettre en juillet 523. Enfin, l'Empire demeura impuissant à contrer la grande invasion
en 525 du Yémen par les Abyssins mandatés par le Basileus. Le roi Yusuf se suicide.

Le christianisme s'implante ainsi par la force étrangère, balayant les derniers foyers judaïques forcés
à se convertir ou partir. On intronise le roi Sumûyafa Ashwa. Les troubles poussent ce dernier à
fortifier dès 531 Qâni (Bir-Ali) mais il sera renversé en 535 par le chef du corps expéditionnaire
abyssin toujours présent, Abraha. C'est lui qui transfère la capitale de Zafâr à Sanaa.

Le règne d'Abraha semble marquer une pause dans le long déclin de l'Empire très éprouvée par la
guerre civile et religieuse. De nouveaux travaux d'ampleur sont mis en œuvre qui attestent du
renouveau de l'Empire himyarite : le barrage de Marib est réparé en mars 549 avant qu'un curage
complet de la vieille digue ne soit réalisé en 558.

L'occupation abyssine n'est cependant pas très acceptée. Ainsi, en 570, un prince juif yéménite, Sayf
Ibn Dhi-Yaz'an, fait appel aux Perses pour chasser les Abyssins, ce qui se traduit par l'invasion perse
sassanide du Yémen qui renverse le roi abyssin Masrûq. L'Empire himyarite aura vécu.
Royaume de Saba

Royaumes yéménites III°s ap. J.-C. CE.

Le Royaume de Saba (version latine) ou de Shéba (version chamio-sémitique) est un royaume


habituellement situé en Arabie du sud. Ce royaume, évoqué par la Bible1 et le Coran2, semble avoir
réellement existé, mais il est difficile de séparer le mythe de l'histoire.

Ses habitants s'appellent les sabéens.

La tradition éthiopienne aime à croire que ce royaume correspondait à l'Éthiopie antique;


les Yéménites se réclament également de ce mythe car un royaume de Sabé ou de Saba a existé au
centre du Yémen. Mais les sources suggèrent une existence bien postérieure à la période biblique du
règne de Salomon.

Royaume yéménite de Saba


Le premier véritable royaume du Yémen est le Premier Royaume sabéen de Marib vers -1500. Selon
les spécialistes , l'épisode biblique de la visite de la Reine de Saba à Jérusalem pour voir le
Roi Salomon (fin du Xe siècle av. J.-C.) tendrait à montrer la puissance de ce royaume de Saba.
Encore faut-il être prudent car l'identification du Royaume de Sabé à celui du royaume de Saba n'est
pas certaine puisque la première réelle mention du Royaume de Saba provient des inscriptions
assyriennes de -750 av. J.-C. Le véritable royaume « historique » de Saba date de -716 av. J.-C. soit
plus de trois siècles après le règne de Salomon lorsque le Mukkarib Yâthiamar, Roi de Saba, paie
tribut à l'Assyrien Sargon II. Déjà, des forces centrifuges semblent menacer l'unité du royaume
puisque vers -700 av. J.-C., Karibîl Watar, fils Dhamar'alî, lance deux campagnes contre la ville de
Nashan pour réduire les velléités d'indépendance de celle-ci. Il fit appel à l'aide de la cité d'Haram et
de Dekaminahû. Puis, de -689 à -681 av. J.-C., il fonda l'Empire Sabéen avec pour capitale Maryab
(ou Mareb), après avoir détruit le royaume d'Awsân. Il s'agit du premier État yéménite unifié
réellement attesté.

Cet empire subit une attaque d'Hadramaout qui établit une brève domination au milieu du VI°s avec
deux rois étrangers qui siègent sur le trône de Maryab. Ils durent faire aussi face à la pénétration
d'une nouvelle tribu étrangère (d'origine arabe ?), celle de Ma'în, royaume très commerçant, qui
reconnut la suzeraineté du Royaume de Saba et en devint son vassal.

Mais Saba entra dans une violente guerre au V°s qui vit le triomphe de son rival Qataban. Ce dernier
établit son empire et eclipsa durablement Saba de -500 à -110 av. J.-C. Au cours de cette domination,
Saba pût vassaliser une nouvelle tribu arabe émigrante, celle d'Amîr vers -200. Avec le déclin
progressif de Qataban, Saba reprend son influence et au IIè siècle av. J.-C. impose peu à peu son
pouvoir. Avec la disparition en-120 du royaume de Ma'in, c'est l'ensemble du Jawf qui est sous le
contrôle de Saba. L'aristocratie sabéenne s'approprie les régions de Nashan, Nashq et Manhiyat; le
reste est abandonné aux tribus nomades.

Mais la chute de Qataban déclenche une lutte acharnée entre Saba et Hadramaout qui se lança dans
une politique hégémonique au début du Ier siècle ap. J.-C. et écrase finalement Saba. Celui-ci se doit
de reconnaître sa domination. Ce n'est que vers 100 que date la restauration du Royaume de Saba.
Mais ce redressement ne résistera pas à ne nouvelle puissance montante, celle d'Himyar qui établit à
son tour son Empire de 230 à 532 au cours de laquelle Saba sombrera peu à peu.

Qataban
Le Qataban est un royaume yéménique antique centré autour de Tymna.
Royaumes yéménites IIIe s. ap. J.-C.
Description
Il établit sa domination au Ve siècle av. J.-C. après une violente période de guerre et d'instabilité.
Les royaume de Saba, de Qataban, Maïn et Hadramaout luttent les uns contre les autres pour asseoir
leur domination sur la région. Finalement, c'est le Royaume Qataban qui l'emporta et fonda une
hégémonie qui dura de 500 à 110 av. J.-C.

Durant l'ère Qataban, période d'apogée artistique pour le Yémen, une nouvelle monnaie est fabriquée
au milieu du IVe siècle av. J.-C. Cela tend à montrer la vitalité des échanges commerciaux caravaniers
entre le Yémen et l'ensemble de la péninsule arabique. Mais la puissance de Qataban doit composer
avec les autres royaumes certes assujettis mais relativement autonomes et qui entretiennent des
relations complexes entre eux. Cela les empêche de faire face efficacement à des périls extérieurs.
Ainsi, vers 200 av. J.-C., le royaume de Haram est détruit par l'invasion de plusieurs tribus arabes,
notamment celle d'Amîr. Ces tribus, qui seront rapidement soumises sous la tutelle sabéenne,
imposent de nouveaux cultes comme le montre le temple principal de Haram dans lequel le culte de
Matabnatiyân est remplacé par celui de Halfân, divinité des nouveaux venus. Qataban semble n'avoir
guère eu de pouvoir pour empêcher cette invasion.

Son empire s'étiole peu à peu et au début du Ier siècle av. J.-C., il est vaincu par le royaume de Saba.
Quant à Qataban, il sombre et éclate avec la sécession de Himyar en -110 qui le supplante et met fin
à son hégémonie. Ce sera Hadramaout qui établira sa domination sur la région. Par la suite,
Hadramaout détruira définitivement en 175 le Qataban.

Hadramaout

Paysage de l'Hadramaout
Le Hadramaout est la région orientale désertique du Yémen.

Située au sud de la péninsule Arabique, elle s'ouvre sur le golfe d'Aden. Elle est frontalière de la
région deDhofar (Oman).

Les sultanats du Hadramaout faisaient partie du protectorat d'Aden, puis du protectorat d'Arabie du
Sudjusqu'à leur dissolution dans la nouvelle République populaire du Yémen du Sud en 1967. Cette
dernière est intégrée dans la République unitaire du Yémen en 1990.

Véritable plaque tournante du commerce (nous sommes sur la « route de l'encens ») entre l'Arabie,
l'Afrique et l'Inde, on retrouve le témoignage de ces influences en architecture dans les oasis de la
région. Ces oasis, Shibam (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO), Tarim, Seyoun, sont
encaissées dans le lit de l'oued éponyme (le wadî hadramawt, le plus long de la péninsule, avec de
nombreux affluents) et héberge une agriculture oasienne originale qui s'abreuve de l'infiltration des
eaux des inondations rares mais régulières de l'oued.

La capitale de la région et sa plus grande ville est aussi son port : Al Mukalla.

Dhu Nuwas
Yūsuf Dhū Nuwas (aussi appelé Yūsuf Asar Dhū Nuwas, Dhu Nowas ou Dhu Nu'as est le dernier
souverain juif du royaume yéménite d'Himyar.

Certaines sources le présentent comme le successeur de Rabia ibn Mudhar. Son accession sur le
trône semble avoir été usurpée pour l’archéologue Alessandro de Maigret Pour bon nombre de
médiévistes, qui se basent sur Jean d'Éphèse, Dhu Nuwas, qui s’était converti au judaïsme, annonça
son intention de persécuter les Chrétiens vivant dans son royaume en représailles pour ses
coreligionnaires persécutés dans les territoires chrétiens ; une lettre de Simon, évêque de Beth
Arsham en 524, raconte les persécutions perpétrées par Dhu Nuwas' (appelé Dimnon)
à Najran (actuellement en Arabie saoudite) proche de la frontière avec le Yémen. Cette persécution
est décrite et condamnée dans le Coran.

Selon les sources de l’époque, Dhu Nuwas, après son arrivée sur le trône himyarite, entre 518 et 523,
attaqua la garnison aksoumite basée à Zafar, capturant et brûlant leur églises. Il se dirigea alors
vers Najran, place forte chrétienne et aksoumite. Après avoir accepté la capitulation cette cité, il
ordonna le massacre des habitants qui n’auraient pas abjuré la Chrétienté. L’estimation du nombre de
victimes, appelées dès lors,Martyrs de Najran, s’élève jusqu’à 20 000 victimes dans certaines
sources. La nouvelle du massacre se propagea rapidement dans les royaumes byzantins et arabes, et
des rescapés de Najran parvinrent à rejoindre la cour de l’empereur byzantin Justinien, lui suppliant
de venger les Chrétiens martyrisés.
Le massacre de la garnison de Zafar provoqua aussi une réponse de Kaleb, roi d’Aksoum, racontée
par Procope de Césarée. Kaleb constitua une flotte avec l'aide des Byzantins et traversa la Mer
Rouge jusqu'au Yémen, où il vainquit Dhu Nuwas entre 520 et 525.

La tradition rapporte que Dhu Nuwas se suicida en montant son cheval dans la mer. De Maigret
mentionne qu’une inscription provenant d’Husn al-Ghurab semble indiquer que sa mort survint lors
d’une bataille contre les armées de Kaleb.

Digue de Marib
La digue de Marib est considérée comme le plus ancien barrage hydraulique du monde : elle a été
construite entre le VIIIe siècle et leIer siècle av. J.-C.

Large de 600 m et haute de 15, elle était dotée de deux vannes. La retenue créée servait à irriguer les
terres avoisinantes en eau.

Le roi Abraha de l' empire Himyarite répare en mars 549 la digue de Marib avant d'effectuer un curage
complet de la vieille digue en 558. L'effondrement définitif de la digue est traditionnellement daté
en 570 « année de l'éléphant » dans la tradition musulmane. Cette année aurait connu les
évènements suivants:

 Naissance de Mahomet
 Attaque avortée de La Mecque par Abraha avec ses éléphants
 Effondrement de la digue de Marib, châtiment divin de l'attaque de la Mecque
 Mort d'Abraha
 Exil des tribus arabes vers le nord de la péninsule

La rupture de la digue de Marib appelée la « grande inondation » a provoqué la fin du royaume de


Marib et des déplacement de populations.

Araméens
.

Araméens

Populations

Autre

Région d'origine
Moyen-Orient
Les Araméens sont un peuple antique du Moyen-Orient dont l'héritage – en tout premier lieu la
langue – se transmet à l'époque moderne au sein de communautés ethnico-religieuses du même
nom. Les Araméens modernes s'identifient ou sont identifiés également comme Syriaques, Assyriens,
Assyro-Chaldéens, ChaldoAssyriens ou Araméo-Assyro-Chaldéo-Syriaques. Depuis le début
du XXe siècle, des communautés araméennes se sont installées en Amérique, en Europe ou
en Australie. Ils n'ont jamais eu un empire unifié, ils ont été divisés en petits royaumes indépendants
dans tout le Proche-Orient. Pourtant, ils vont avoir le privilège d'imposer leur langue et leur culture à
l'ensemble de ce Proche-Orient. Les Araméens ignorent l’écriture et nous ne les connaissons que par
l’intermédiaire des peuples auxquels ils se sont heurtés, comme les Assyriens, qui les soumirent au
VIIIe siècle av. J.-C.

Drapeau syriaque moderne


Histoire antique
Les Araméens, sont un peuple sémitique dont les premières traces sont signalées par une inscription
du Roi Naram-Sin d'Akkad (-2255/-2218). Elle fournit la plus ancienne référence à "l'Aram"
(Définissant le lieu), mais les chercheurs sont en désaccord quant à l'emplacement réel et à la
signification de ce mot "Aram". On a trouvé d'autres très anciennes références à un endroit où les
gens de "Aram" ont fait leur apparition dans les archives de Mari (vers -1900), celles d'Amarna (Tell
el-Amarna, vers -1350), puis celles d’Ougarit (vers -1300). Dans la Bible Hébraïque est mentionné
cinq fois, "Aram-Naharaim" (ou "Aram des deux rivières"). Cette région est généralement identifiée
avec Nahrima, mentionnée dans trois tablettes d'Amarna. C'était la terre ou la ville de Haran. Selon
une tradition rabbinique Juive, ce serait le berceau d'Abraham. D'autres entités avec le nom "Aram"
sont mentionnées dans la Bible Hébraïque : Aram Damascus, qui était un État Araméen centrée
autour de Damasen Syrie, de la fin du XIIe siècle jusqu'à 734, Aram Rehob qui fut l'un des premiers
royaume Araméen, dont le chef-lieu était Rehob (ou Beth-Rehob) et Aram Zobah qui était la capitale
d'un état Araméen dans le Sud de la Syrie située probablement entre Hamath et Damas, près de la
ville de Berothah (Berothai).

Les Araméens s’installent après la ruine de l'empire Hittite, vers -1200, en Mésopotamie du Nord,
en Palestine, en Syrie (Aram) et au Liban. Ils apparaissent comme des tribus semi-
nomades et pastorales, déambulant sur les marges du monde cultivé et des steppes, où ils peuvent
trouver des pâturages pour leurs troupeaux de moutons. Ils ne peuvent s’enfoncer loin dans le désert
car ils n’ont que l’âne comme animal de bât. Leur origine géographique, comme celle de leurs
ancêtres Amorrites, ne peut être bien définie en raison de la quantité limitée inscriptions concernant
leur mention en Mésopotamie. Les hypothèses anciennes, qui supposaient pour l’ensemble
des Sémites, un réservoir en Arménieou dans le Pamir, ont été abandonnées. Celle qui fait de
l’Arabie leur foyer originel ne peut être retenue à une époque où les tribus ne possédaient ni le cheval,
ni le chameau. Il faut moins rechercher une origine géographique qu’un mode de vie commun, fondé
sur le nomadisme(pastoralisme et commerce). Les tribus se seraient formées assez spontanément à
l’intérieur du système économique propre au bassin syro-mésopotamien.

Identité

La question de l'identification ethnique est débattue au sein de la / des communauté(s) araméenne(s).


Une partie des Araméens préfèrent s'affirmer Syriaques, une autre Assyriens. D'autres, comme les
Chaldéens, privilégient plutôt l'affiliation religieuse.

Affiliations religieuses actuelles

Les Araméens sont en majorité affiliés à une des Églises suivantes :

 Église syriaque orthodoxe


 Église catholique syriaque

Une définition large mais minoritaire de l'identité araméenne moderne permet parfois d'y ajouter ces
autres Églises de tradition araméenne :

 Église maronite
 Église orthodoxe d'Antioche
 Église grecque-catholique melkite

Houbal
Houbal (arabe : ‫ )هبل‬est l'une des principales divinités pré-islamiques de la Ka'ba à la Mecque.

En dehors de l'Arabie du sud, son nom apparaît seulement dans une inscription nabatéenne où il est
associé à deux autres divinités,Doushawa et Manatawu. Il est d'origine assez obscure, mais on a pu
rapprocher son nom de l'araméen esprit. Certains auteurs arabes modernes estiment que son nom
vient de baal, appellation des dieux cananéens et phéniciens, précédé de hou, article défini dans un
dialecte cananéen. Selon Muhammad ibn Ishaq (VIIIe siècle), sa statue aurait été rapportée de voyage
par Amr ibn Luhayy, descendant de Qahtan et roi de Hijaz, à l'époque ou les Khuza'a était en charge
de la Ka'aba, et placée sur le toit de l'édifice. Il l'aurait obtenue à Moab (ibn Ishaq) ; les
anciens ikhbaris (chroniqueurs oraux) citent Cham, qui englobait Moab, comme son lieu d'origine.

D'après Ibn Ishaq, la statue de la Ka'aba était une effigie anthropomorphe en cornaline ; la main
droite, jadis brisée, aurait été remplacée par une main d'or par les Quraysh. Les voyageurs de retour
de leur périple venaient le voir, en faisaient le tour et se rasaient la tête devant lui avant de rentrer
chez eux. On pratiquait aussi devant lui une divination à l'aide de sept flèches pour les événements
importants, ou quand un doute planait sur la paternité d'un enfant, qui était déterminée selon que la
flèche portait la mention sarih (pur) ou mulsag (pièce rapportée).

Une tradition islamique rapporte qu'Abd al-Muttalib ayant promis un fils en sacrifice à Houbal qui l'avait
aidé à retrouver la source Zamzam, le sort aurait tout d'abord désigné Abdallah, père de Mahomet.
Sur les conseils d'une devineresse, on aurait proposé au dieu cent chameaux en échange. Après dix
divinations, chacune suivie d'une augmentation du nombre des chameaux, Abdallah eut la vie sauve
contre mille chameaux.

Après avoir conquis la Mecque, Mahomet aurait brisé l'idole de Houbal en même temps que les 360
autres que la Ka'aba était censée contenir.

Les polémistes protestants américains comme Robert Morey et Pat Robertson ont affirmé que rend un
culte à Hubal à la place de Allah/Jehovah. Toutefois, cette opinion est plutôt minoritaire chez les
chercheurs.

Uzza
Mentionnée dans le Coran1, ʿUzzā ou Uzza (arabe : ‫ )عزى‬était une déesse arabe préislamique de
la fertilité, l'une des trois divinités les plus vénérées de la Mecque avec Allat et Manat. Son nom
semble dériver de la racine arabe ʿZY et signifier la puissante. Les Nabatéens lui rendaient également
un culte. Liée à la planète Vénus, elle était chez eux identifiée à plusieurs divinités grecques,
romaines ou égyptiennes :Aphrodite, Uranie, Vénus, Cælestis (Junon Cælestis) et Isis. En 1974, un
temple dédié à Isis/Uzza a été découvert à Pétra (Temple des lions ailés).

La plupart des informations que l'on a sur elle proviennent du Livre des idoles (Kitab al-Asnam)
de Hicham ibn al-Kalbi :

On lui avait bâti un édifice nommé buss dans lequel les fidèles venaient solliciter des oracles. Le plus
important temple de ʿUzza était àNakhlah près de Qudayd, à l'est de la Mecque dans la direction
de Taif. Trois arbres sacrés lui étaient consacrés. Elle était très populaire : des enfants étaient
prénommés ʿAbd al-ʿUzzā (ʿAbd-al-ʿUzzā semble avoir été un prénom très porté au moment de la
naissance de l'Islam) et souvent invoquée dans les serments.

Le nom ʿUzzā était symbole de beauté dans la poésie arabe préislamique. Un extrait d'un de ces
poèmes, œuvre de Zayd ibn 'Amr Ibn Nufayl, lui prête par ailleurs deux filles : « Je n'adore pas Al-
ʿUzzá et ses deux filles » (en arabe : (‫)فل العزى أدين ول ابنتـيهـا‬.

On connaît d'autre part un ex-voto en or offert à la déesse “ʿUzzayan” par un Arabe du Sud pour la
guérison de sa fille, Amat-ʿUzzayan (servante de-ʿUzzā).

Les trois déesses

Selon Ibn al-Kalbi, les Quraysh avaient coutume de faire le tour de la Ka'aba en disant :
Au nom d'Allat , d'ʿUzza
Et de Manat la troisième idole.
Elles sont réellement les [al-gharānīq]
Dont il faut demander l'intercession.

Le sens du terme arabe [al-gharānīq] est débattu. Nabih Amin Faris, traducteur du Kitab al-
Asnam, y voit le sens métaphorique femmes de condition supérieure à partir d'un sens littéral qui
serait grues de Numidie.

Le Livre des idoles mentionne également ce rôle d'intercession auprès d'Allah dont il les dit filles.
On peut penser qu'il s'agissait en fait du dieu Houbal qui est donné dans l'ouvrage comme
divinité principale de la Ka'aba. Néanmoins, Ibn al-Kalbi mentionne ailleurs que leur culte aurait
été introduit à des époques différentes, leur qualité de sœurs pourrait donc être le résultat d'une
association tardive. Allat est décrite comme plus jeune que Manat, et Uzza comme la plus jeune
des trois, mais néanmoins peut-être la plus importante pour les Quraysh qui en avaient la charge
avec la tribu des Kinānah.

Selon des recherches saoudiennes, il existait dans la région de nombreuses Ka'bas (tawaghit)
subsidiaires consacrées chacune à une divinité, auxquelles les fidèles se rendaient certains
jours déterminés pour procéder à des rites comprenant entre autres une déambulation circulaire
et des sacrifices. Les plus importants semblent avoir été les ka'abas de Allat à Taif, d'Uzza à
Nakhlah et de Manat près de Qudayd.

Allat
Allat (en arabe : ‫ )اللت‬était une déesse de la fécondité et de la féminité vénérée en Arabie à l'époque
préislamique. Son nom serait une contraction de al ilahat, déesse. Elle avait sa statue dans
la Kaaba où elle était censée résider. Hérodote cite Allat comme étant l'équivalent
d'Ourania (L'Aphrodite céleste).

Allat, Manat et Uzza semblent avoir été les trois divinités objets du culte le plus intense à La Mecque.
Ces trois déesses sont citées dans le Coran dans la sourate L'étoile, cette citation est à l'origine de
l'épisode des versets sataniques, les mecquois ayant cru que Mahomet leur recommandait d'adorer
ces trois divinités. Il est dit dans le Livre des idoles que les Arabes les considéraient comme les "filles
du dieu" (Allahdans le texte). On peut supposer que ce dieu était Houbal, divinité principale de la
Kaaba

Elle est mentionnée sous le nom de han-'Ilat dans les inscriptions safaïtiques. Les Nabatéens lui
rendaient également un culte et l'identifiaient à Athéna ou Minerve, mais en faisaient, selon Julius
Wellhausen, la mère d'Houbal.

À l'ère islamique, Allat est mentionnée dans le Coran (sourate 53:20), et le Livre des Idoles (Kitab al-
Asnām) de Hicham ibn al-Kalbi selon qui Banū ʿAttāb ibn Mālik du clan des Thaqīf en avait la charge
et lui avait fait construire un édifice. Elle était vénérée par tous les Arabes, y compris la tribu
des Quraysh. Des enfants étaient prénommés Zayd-Allāt ou Taym-Allāt. Son temple fut détruit et brûlé
par al-Mughīrah ibn Shuʿbah sur l'ordre de Mahomet.

Manat
Manat ou Manāh était une déesse du destin vénérée en Arabie à l'époque pré-islamique. Manat est
mentionnée dans le Coran avec les deux autres grandes déesses Allat et Uzza :

« Que pensez-vous d'al-Lat et al-'Uzzâ

et de l'autre, Manât, la troisième


Aurez-vous le garçon et Dieu la fille

Quel inique partage !2 »

Ces versets sont à l'origine de l'histoire dite des versets sataniques.

Ce que l'on sait de Manat provient essentiellement du Livre des idoles de Hicham ibn al-Kalbi. Elle
aurait été l'aînée des trois "filles du dieu" (probablement Houbal) qui semblent avoir été objets d'un
culte fervent à la Mecque : Allat, Manat et Uzza. Les Nabataéens lui rendaient également un culte
sous le nom de Manawat ou Manawatu et l'identifiaient à Némésis, mais en faisaient, selon Julius
Wellhausen, la mère d'Houbal.

Sa statue était érigée au bord de la mer aux environs de al-Mushallal à Qudayd, entre Médine et la
Mecque. Les habitants de ces deux villes ainsi que les Aws et les Khazraj lui présentaient des
offrandes et lui faisaient des sacrifices. Des enfants étaient prénommés Abd-Manāh and Zayd-Manāh.

Les Aws et les Khazraj, tribus arabes de Yathrib (actuelle Médine) avaient coutume de se rendre
en pèlerinage dans des lieux déterminés où ils veillaient. À leur retour, ils visitaient le lieu de culte de
Manat où ils se rasaient la tête avant de rentrer chez eux. Sans ce rite le pèlerinage n'était pas
complet. Certains Arabes prenaient « Manat du lieu sacré de Khazraj » comme témoin de leurs
serments.

La huitième année de l'Hégire, où il remporta la victoire définitive sur le reste des Quraysh, Mahomet,
ayant quitté Médine depuis quatre ou cinq nuits, aurait envoyé Ali détruire l'idole et s'emparer de ses
trésors, au nombre desquels se trouvaient deux épées (Mikhdham et Rasūb), offrandes de al-Harith
ibn-Abi-Shamir al-Ghassāni, roi de Ghassān. Le Prophète les offrit à Ali. L'une d'elles serait donc peut-
être sa célèbre épée Dhu'l Faqār.