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De sa grande amie - Clément Marot

Forme : Rondeau qui évoque lʼadolescence de Marot qui est un poète mondain, écrivant des
poésies sur lʼamour qui ont enrichit la poésie française de forme nouvelle. Il fut inspiré par
Patraque et a conservé des styles moyenâgeux. Innove avec un ton personnelle est très
vivant. Touché par le courant néo-platonisme : notion dʼun monde supérieur dont la terre ne
serait que le reflet imparfait, culte de lʼâme épurée > beauté céleste.
Poème sur un amour épuré sans relation charnelle avec Anne dʼAlencon. Publié en 1532
dans le recueil de Lʼadolescence clémentine.
Octosyllabe, 13 vers sur 2 rimes, toutes féminines.
Chaque strophe forme une unité. Le premier mot doit revenir dans le refrain. Beaucoup de
musicalité. La fin rappelle le début > ronde, légèreté.

Première strophe = 1 unité

• Références temporelles et spatiales vagues (liberté donnée au lecteur) “Paris”(1), “Italie”(5),


“un jour”(2). cadre mi-réel, mi-féerique : “ville jolie”(1).
• Un poète dʼabord mélancolique : “mélancolie”(2) mise en valeur par la longueur du mot et
par la rime. Cette état dʼesprit va laisser sa place (“passant”(2)) à lʼ“alliance”(3). Deux mots
longs qui sʼopposent. Une rencontre liée au hasard “un jour”(2) et qui sʼenchaîne comme si
cʼétait inévitable : “je pris alliance”(3), “lʼalliance se fit”(12), aussi fluidité des vers (absence
de ponctuation aux coupes) > souligne aussi lʼoriginalité du sentiment : alliance du coeur et
de lʼâme.
• Importance du coup de foudre (3-12-13), les deux coeurs sʼaccordent : conte : tout est
parfait.
• Le vers 4 évoque enfin la demoiselle. Impression de gaieté (“gaie”(4)), superlatif absolu “la
plus”, allongement du -e de gaie. Assonance en -i (1 > 5), allitération en -l > musicalité, joie.

Tercet
• Poursuite du portrait au niveau des qualités morales mises en valeur par la versification.
Place stratégique : “Honnêteté”(6) = premier mot, “belle”(8) = dernier mot. “Lʼhonnêteté” fait
allusion à la vertu, éducation parfaite.
• Idéalisation de la femme emprunté à la tradition courtoise : objet de toute les actions, au
centre. Admiration mise en valeur par le retour du refrain. La femme aimée communique
son amour aux objets qui lʼentourent.

Quintil
• Portrait féminin pleins de charme, de perfection qui sʼentoure de mystère volontaire :
lʼalliance inclut des conventions; amour secret : “je ne vous la nommerai mie”(10). Respect
de la femme, maîtrise de soit, garder son nom secret évoquant lʼidéal courtois. Celui-ci est
également retrouvé dans le “doux baiser”(13) qui scelle un pacte amour courtois + femme
idéale.
• Amour pur (“aucune infamie” 14). Respect mutuel. Dominance des noms féminins qui ne
laisse que deux noms masculins : “je”(3) et “baiser”(13) > hymne à la femme (rimes +
vocabulaire). Le refrain instaure un climat de grâce de lʼensemble du poème.

Conclusion
Un poème qui fait preuve dʼun art consommé (chaque mot et rime a son importance). Le
courant neo-platonique est mis en relief ici. Charme du poème qui vient de la musicalité, une
correspondance entre harmonie du poème et la perfection physique et morale de la femme.
Univers qui vient de la tradition courtoise, dans un espace réel Paris. Gaieté : amour + forme
du rondeau (danse). Ton : gaieté + gravité (alliance). Allie légèreté et profondeur.

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