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ront problème.

Or, leur production relève d’une


approche plus industrielle qu’artisanale. Elle exige

Pédagogie
des ingénieurs, qui dirigent de tels projets, de maî-
triser aussi les aspects créatifs. Par ailleurs, comme
ces techniques ont un impact sur les notions d’es-
pace de travail et d’espace privatif, nous avons créé
le département Génie des systèmes urbains afin de

créative repenser l’organisation et l’architecture de ces lieux.


Deuxième constat : les technologies vont modifier
les métiers de l’enseignement. Avec un catalogue de
1 500 heures de formation professionnelle à dis-
tance et quatre ans d’expérience, nous en avons
conclu que la clé de la réussite d’un tel enseigne-
ment était l’explication des processus pédagogi-
Nouvelles méthodes rançois Peccoud, président de l’Université de ques. En effet, pour travailler en collaboration et en

et nouveaux produits
F technologie de Compiègne, a mis les nouvelles équipe, le professeur doit être capable d’exprimer
ses méthodes et de faciliter ainsi leur transfert aux
technologies au cœur de la stratégie de ce petit campus
expérimentés dans de 3 000 personnes. autres. Cela implique d’expliciter clairement les
interactions entre l’apprenant et le tuteur, les appre-
l’enseignement nants entre eux et entre les apprenants et le contenu.
L’Actualité. – Comment intégrez-vous les
grâce aux nouvelles nouvelles technologies ?
François Peccoud. – En prenant la direction de Face aux acteurs privés de la formation,
technologies
cette université, en 1995, j’ai fait deux constats. que peut apporter l’université ?
Tout d’abord, ces technologies allaient créer de Les acteurs privés se sont rués sur les secteurs les plus
Par Anh-Gaëlle Truong nouveaux métiers, ce qui impliquait de créer de rentables tels que la formation continue dans les
nouvelles formations. La filière Ingénierie des in- entreprises. L’université doit explorer des champs de
dustries culturelles et le département Génie des formation moins visibles mais dont les besoins sont
systèmes urbains procèdent de ce premier constat. aussi essentiels. Je pense par exemple à la formation
En effet, une fois les débits et les capacités de des responsables d’association mais aussi à celle des
mémoire optimisés, ce sont les contenus qui pose- doctorants que nous devons accompagner dans leur
insertion. C’est aussi à l’université de mener des
recherches sur la réduction des coûts d’écriture des
contenus, encore trop élevés.
L’avance
Et du côté des élèves, que leur apportent
de l’académie de Poitiers les nouvelles technologies ?
L’usage des technologies nouvelles se positionne favorablement sur ce secteur L’université d’Iowa et nous-mêmes avons mis en
banalise dans les écoles, les collèges et car, en tant qu’établissement public, il commun un module d’initiation à la conception assis-
les lycées. Aussi, Jean-Louis Durpaire, peut assumer une part de risque que ne tée par ordinateur (CAO) en mécanique dans lequel
directeur du CRDP et directeur adjoint pourraient se permettre des éditeurs nous avons conduit une expérience de coopération à
du CNDP, préfère parler de Tice privés». En Poitou-Charentes, le CRDP a distance entre les étudiants. Organisés en dix équipes
(technologies de l’information et de la défini une «niche» d’activité autour de mixtes, deux Américains et deux Français, ils devai-
communication pour l’éducation) que de l’informatique documentaire. BCDI, un ent imaginer un aspirateur télécommandable à deux
NTIC, leur caractère novateur s’érodant logiciel de gestion et de recherche touches. Ils disposaient pour cela des outils informa-
au profit d’une meilleure intégration. Un documentaire, est installé dans près de
tiques, de la télévidéo, du web et des outils de CAO.
mouvement qui se vérifie en Poitou- 15 000 centres de documentation et
L’usage de la télévidéo n’a duré que le temps de voir
Charentes : «Grâce aux efforts conjoints d’information sur l’ensemble des
la tête des autres membres de l’équipe. Après, avec
de l’Etat et des collectivités locales, académies de France. En outre,
l’académie de Poitiers est reconnue pour consciente très tôt des vertus de la 6 heures de décalage horaire, ils n’arrivaient pas à se
être en avance et se distingue des autres mutualisation, l’équipe de fixer des rendez-vous. Quant à la conception de l’as-
régions par la qualité et l’ampleur de documentalistes du centre régional pirateur, les Américains se sont dit qu’un bon aspira-
l’appropriation des Tice autant par les indexe, chaque semaine depuis teur télécommandé était un aspirateur d’aujourd’hui
élèves que par les professeurs.» plusieurs années, les 120 revues les plus avec une carte à l’intérieur. Les Français, eux, se sont
Le CNDP a décliné les technologies de lues dans les collèges et les lycées. mis à repenser le concept de l’aspirateur. Quand sont
l’information autour de son activité Grâce à Internet, les informations sont arrivés les problèmes de marketing, ils ont été amenés
principale d’édition. «Que ce soit pour immédiatement redistribuées au niveau à échanger sur leurs environnements culturels.
un livre ou un CD-Rom, le métier national. Le CRDP produit également
Le miracle éducatif est qu’ils ont tous sorti un projet.
d’éditeur reste le même : il consiste à des CD-Rom dont les prochaines
Et cela pour un coût modeste : le suivi et la récom-
rechercher des talents, les aider à créations concernent l’église au Moyen
pense à la meilleure équipe, à savoir quinze jours
s’exprimer et diffuser les œuvres Age et les villes américaines. En 2002,
produites. Seule la question de la c’est le DVD-vidéo – une vingtaine de à Compiègne et quinze jours dans l’Iowa.
rentabilité fait la différence.» En effet, créations au niveau national sont Depuis, nous avons généralisé le concept et l’avons
dans le multimédia, les investissements prévues – qui viendra compléter l’offre et étendu sur des projets de six mois. A mon sens, c’est
sont lourds et le marché encore appuyer l’enseignement du cinéma dans une forme pédagogique riche en résultats qui com-
embryonnaire, «mais le réseau se les classes. A.-G. T. plète l’envoi des étudiants à l’étranger. ■

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e-learning
gnants.» L’enseignement est scénarisé et
construit en séquences, avec des bilans
auto-correctifs, des devoirs corrigés en
ligne et la possibilité de communiquer
dans de brefs délais avec le tuteur, princi-
palement au moyen de la messagerie, des
Campus numériques du Cned forums ou des chats en petits groupes.
Ainsi, chaque tuteur peut suivre un petit
L’un des premiers campus numériques centaine d’inscrits en DESS (dont la moi- nombre d’étudiants et non pas des centai-
du Centre national d’enseignement à dis- tié de Russes, via Nancy II), une quaran- nes – sinon le système serait passif. Un
tance est opérationnel depuis septembre taine en MSG et un trentaine en Deug. module de formation représente un inves-
2001 grâce à son Institut de Poitiers- «Les campus numériques, souligne Jean- tissement d’environ 450 000 F, ce qui
Futuroscope, placé sous la direction de Luc Faure, visent plusieurs objectifs : explique le coût élevé de l’inscrip-
Jean-Luc Faure. Les compétences de cet faire travailler ensembles des universités, tion (15 000 F par an en DESS et MSG,
établissement couvrent deux domaines : permettre à l’enseignement supérieur fran- jusqu’à 13 000 F en Deug) et, de fait, le
les langues vivantes et le français langue çais de proposer une offre numérisée, nombre encore limité d’inscrits en pre-
étrangère, et la gestion. Après les appels diffuser cette offre et notre savoir-faire mier cycle.
d’offres lancés en 2000 et 2001 par les bien au-delà des frontières.» «L’apprentissage en ligne n’est pas la
ministères de l’Education nationale et de L’ingénierie de la formation est la spécia- solution universelle, précise le directeur,
la Recherche, deux projets de l’institut lité du Cned, néanmoins l’apprentissage car cela exige une faculté d’autonomie.
ont été retenus. Le projet e-miage (mé- en ligne implique de nouveaux problè- Mais l’accompagnement des étudiants et
thodes informatiques appliquées à la ges- mes, en particulier comment instaurer les conditions de réponse à leur question
tion) entrera prochainement en phase de une interactivité efficace entre les appre- que nous offrons constituent une pré-
réalisation tandis que le campus numéri- nants et les tuteurs. «Ce système est coû- cieuse valeur ajoutée.» J.-L. T.
que en économie et gestion fonctionne teux en moyens et en personnels, note
déjà sur canege.org. Six universités (les Jean-Luc Faure. Par exemple, on ne s’im-
plus réputées en gestion) sont associées. provise pas tuteur ou concepteur en ligne,
Pour l’instant Canege compte plus d’une d’où la nécessité de former les ensei-

DYNAMIQUE DE LA RECHERCHE
Fin 1999, le ministre de la Recherche a lancé un appel
Le Cnam sur le web dès 1997
à propositions pour la création de Centres nationaux Depuis sa création sous la Révolution, le une unité de valeur spécifique, un par-
de recherche technologique (CNRT), structures Conservatoire des arts et métiers (Cnam) cours accompagné de trois mois pour
partenariales réunissant des laboratoires de recherche
occupe une place originale dans le sys- l’aider à déterminer son projet personnel
publique et des centres de recherche privée. Du fait de
tème éducatif français. Sa vocation es- et professionnel. Aujourd’hui 170 unités
la présence du Cned et du Cnam en région, l’ingénierie
éducative a été choisie comme thématique du projet de
sentielle est la formation des adultes, via de valeur sont disponibles sur le web, ce
CNRT pour le Poitou-Charentes. «Le Cned et le Cnam des cours du soir, des actions de forma- qui ne veut pas dire que l’enseignement
ne sont pas des organismes de recherche, indique tion continue en entreprise ou des forma- classique soit en voie de disparition. «Il
Dominique Blay, délégué régional à la recherche et à la tions à distance. «Les auditeurs du Cnam n’y a pas de modèle unique, précise
technologie, mais en tant que centres de formation, ils recherchent la promotion sociale, l’ac- Françoise Cochard, le e-learning doit être
peuvent proposer des orientations de recherche, quisition de nouvelles compétences ou la développé en fonction des publics et de la
sachant que la région dispose de laboratoires valorisation de leurs acquis profession- pédagogie. On ne peut pas tout faire à
reconnus en ce domaine.» nels, affirme Françoise Cochard, direc- distance. Et même sur Internet, un ensei-
Pour contribuer à la mise en place d’un pôle trice du Cnam Poitou-Charentes. Pour gnant ne peut pas former un nombre d’étu-
économique autour des industries de la connaissance,
entamer une formation de niveau Bac + 2, diants indéfini.»
Dominique Blay préconise une démarche qui a déjà fait
nous n’exigeons pas de diplôme, mais Si le diplôme supérieur de gestion infor-
ses preuves pour les sciences de l’ingénieur. «La
recherche occupe une place importante dans
nous avons recours à des entretiens matique est entièrement sur Internet, ce
l’économie régionale, dit-il, soit parce que de bonnes d’orientation et d’évaluation.» n’est pas possible pour les formations
idées peuvent émerger des laboratoires et permettre la Tout naturellement, le Cnam s’est inté- qui comportent des travaux pratiques
création d’entreprises innovantes, soit parce que le ressé au e-learning. Dès 1997, le Cnam scientifiques et techniques. Tous les cas
savoir-faire des laboratoires présente un intérêt direct Poitou-Charentes, le premier en France, de figures se présentent, comme une
pour les industriels. Qu’il s’agisse du développement a proposé une formation en informatique formation de management de 180 heures
de contenus éducatifs et de leur qualité pédagogique via internet avec le concours de la Ré- dont 60 via Internet, et le reste en cours
ou bien des outils technologiques permettant leur gion. classique avec des enseignants. Pour les
diffusion (multimédia, Internet), les laboratoires de Depuis, le Cnam national a développé des formateurs du Cnam, l’arrivée du e-
notre région peuvent participer au développement des
outils spécifiques, comme la plate-forme learning a nécessité un travail considé-
entreprises régionales et nationales. Le rôle du CNRT
technique et pédagogique Pléiade, et a rable de formation et d’adaptation des
sera de favoriser la synergie entre les différents
acteurs impliqués dans les industries de la
mis en place une mutualisation interré- cours. «Le public du web est plus exi-
connaissance, de doter les laboratoires de moyens gionale des formations sur Internet. Le geant, note Françoise Cochard. Tout doit
pour mieux répondre aux sollicitations des entreprises centre de Poitiers a aussi recours au e- fonctionner, et les formateurs doivent se
et aussi de donner aux industriels des atouts learning lorsqu’un étudiant hésite sur le connecter tous les jours pour répondre
supplémentaires pour leur développement.» J-L T type de formation qu’il souhaite, avec aux demandes des auditeurs.» J. R.

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