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Royaume d'Aksoum

Aksoum jouait un rôle important dans le commerce international dès le Ier siècle ap. J.-C) jusqu'à la fin de la Ier
millénaire.

Pièce de monnaie axoumite du Roi Endubis (British Museum). Sur celle de gauche est noté en grec "AΧWMITW
BACIΛEYC" ("Roi d'Aksoum") et sur celle de droite "ΕΝΔΥΒΙC ΒΑCΙΛΕΥC" ("Roi Endubis").

Le Royaume d'Aksoum ou Empire Aksoumite était un royaume commercial important dans le


nord-est de l'Afrique, qui s'est développé à partir du IVe siècle av. J.-C. pour atteindre son apogée
au Ier siècle. Son ancienne capitale,Aksoum, se situait au nord de l'actuelle Éthiopie. Le royaume
utilisa le nom "Ethiopie" dès le IVe siècle. Il est également le lieu présumé où repose l'Arche
d'alliance et la maison de la reine de Saba. Aksoum a été également le premier grand empire à se
convertir au christianisme.
Histoire
Origines

Aksoum fut longtemps considérée comme ayant été fondée par des sabéens de langue sémitique qui
auraient traversé la Mer Rouge en venant d'Arabie du Sud (l'actuel Yémen), mais la plupart des
chercheurs s'entendent maintenant pour dire que ce fut un développement autochtone. En effet, il
existait l'ancien royaume D'mt (ou Da'amot), avant toute migration sabéenne au IVe et Ve siècles av. J.-
C.. En outre, le Guèze, l'ancienne langue sémitique d'Érythrée et d'Éthiopie, est maintenant connue
pour ne pas avoir dérivé de la langue de Saba et il y a des signes de présence de langues sémitiques
en Éthiopie et en Érythrée au moins2000 av. J.-C.. L'influence du Royaume de Saba semble
aujourd'hui avoir été mineure, limitée à quelques localités, et disparaissant après quelques décennies
ou un siècle. Pour rajouter à la confusion, dans l'antiquité, il existait en Éthiopie une ville
dénommée Saba qui ne semble toutefois pas avoir été une possession du Royaume de Saba.

L'ascension du Royaume

Les routes maritimes, pour le commerce de la soie et des épices, autour de l'Arabie et du sous-continent indien furent la
spécialité d'Aksoum pendant près d'un millénaire.

Situé au nord de l'Éthiopie,Djibouti et de l'Érythrée, Aksoum était profondément impliqué dans le


commerce entre l'Inde et la Méditerranée.

Dans le Périple de la mer Érythrée, Aksoum est mentionné au Ier siècle ap. J.-C. comme un important
marché pour l'ivoire qui était exporté dans tous le monde antique. Il est précisé qu'à cette période le
roi d'Aksoum était Zoscales qui, en plus de régner sur le royaume d'Aksoum, contrôlait également
deux ports sur la Mer Rouge : Adulis (près de Massaoua) et Avalites (Obock).
Le royaume d'Aksoum a bénéficié d'une transformation majeure du système de commerce maritime
qui reliait l'Empire romain et l'Inde. Ce changement a eu lieu au début de l'Ère commune. L'ancien
système commercial reposait sur des voiliers naviguant le long des côtes entre de nombreux ports. La
mer Rouge n'était que d'une importance secondaire par rapport au Golfe Persique et aux routes
terrestres vers le Levant. A partir de 100 avant J.-C., une route entre l'Égypte et l'Inde a été établie, en
passant par la mer Rouge et en utilisant les vents de la mousson pour traverser la Mer d'Oman
directement vers le Sud de l'Inde. En l'an 100 après J.C., le volume du trafic commercial sur cette
nouvelle route avait éclipsé les anciennes routes. La demande des romains pour les marchandises
venant d'Inde a augmenté de façon spectaculaire, entraînant un accroissement du nombre de grands
navires traversant la mer Rouge de l'Égypte romaine vers la mer d'Oman et l'Inde.

Le royaume d'Aksoum était idéalement situé pour profiter de ce nouveau commerce. Adulis est
rapidement devenu le principal port pour l'exportation de marchandises venant d'Afrique, tels que
l'ivoire, l'encens, l'or et les animaux exotiques. Afin de fournir de telles marchandises, les rois
d'Aksoum ont œuvrer à développer et élargir un réseau commercial à l'intérieur du royaume. Ils durent
faire face à un rival qui exploitait le même réseau commercial depuis beaucoup plus longtemps,
le Royaume de Koush, qui fournissait l'Égypte en marchandises venant des pays d'Afrique par
l'intermédiaire du couloir du Nil. Toutefois, au Ier siècle ap. J.-C., Aksoum a pris le contrôle des
territoires Koushites. Le Périple de la mer Érythrée décrit explicitement comment l'ivoire recueilli sur le
territoire Koushite était exporté par le port d'Adulis au lieu de passer par Méroé, la capitale de Koush.
Au cours des IIe et IIIe siècles, le royaume d'Aksoum a continué d'étendre son contrôle sur le bassin sur
de la mer Rouge. Une caravane à destination de l'Égypte a été créé à l'écart du corridor du Nil. Le
Royaume d'Aksoum est ainsi parvenu à devenir le principal fournisseur de produits africains pour
l'Empire romain.

Aksoum et l'Arabie du Sud à la fin du règne de GDRT au IIIe siècle.

Au IIIe siècle, Aksoum a commencé à s'ingérer dans les affaires de l'Arabie du Sud, en prenant le
contrôle de la région occidentale de Tihama. À la fin du IIIe siècle, le royaume a commencé à frapper
sa propre monnaie et il fut nommé par le prophète Mani comme l'une des quatre grandes puissances
de son temps avec la Perse, Rome et la Chine. Aksoum se converti au christianisme en 325 ou 328
sous le règne du Roi Ezana et il était le premier État à utiliser l'image de la croix sur ses pièces
de monnaies. A son apogée, Aksoum contrôlait le nord de l'Éthiopie, l'Érythrée, le nord du Soudan, le
sud de l'Égypte, Djibouti, le Yémen ainsi que le sud de Arabie saoudite, soit un total de 1,25 millions
de km.

L'Empire

À son apogée, le royaume d'Axoum s'étendait sur les territoires de l'actuelle Érythrée, du nord
de Éthiopie, du Yémen, du sud de l'Arabie saoudite, du nord de Djibouti et du nord Soudan.

La capitale de l'empire était Aksoum, dans le nord de l'actuelle Éthiopie. Si la ville n'est plus
aujourd'hui qu'un village de campagne, elle était à l'époque une métropole animée, un centre culturel
et économique en plein essor. Deux collines et deux ruisseaux sont situés à l'est et à l'ouest de la
ville, ce qui explique peut-être le choix initial d'implantation de la cité antique. Sur les flancs des
collines et dans la plaine située à l'extérieur, les Aksumites avaient construits des cimetières avec des
pierres gravées appelé stèles, ou des obélisques.

Parmi les autres villes d'importances du Royaume d'Aksoum, il faut


citer Yeha, Hawulti, Matara, Adulis et Qohaito, les trois dernières faisant désormais partie de
l'Érythrée.

Déclin

Le Royaume d'Aksoum fut un quasi-allié de Byzance contre l'Empire perse et a décliné après
le VIIe siècle pour des raisons inconnues. Après un deuxième âge d'or au début du VIe siècle, l'empire a
commencé à décliner, cessant sa production de pièces de monnaie axoumite au début VIIe siècle et la
population a été forcée de se réfugier à l'intérieur des terres sur les hauts plateaux. Le royaume fut
finalement dissout avec l'invasion de la légendaire reine païenne ou juive, Yodit (ou Gudit),
au IXe ou Xe siècle. Elle aurait battu l'empire d'Aksoum et fait brûler les églises et la littérature.

L'existence de cette reine n'étant pas certaine, certain chercheurs ont avancé une autre théorie selon
laquelle le royaume aksoumite aurait pris fin avec l'arrivée d'une reine païenne appelée Bani al-
Hamwiyah, vraisemblablement de la tribu al-Damutah ou Damoti (Sidama)

D'autres raisons du déclin sont moins romantiques et plus scientifiques. Les changements climatiques
et l'isolement du commerce sont probablement les principales causes du déclin de la culture
aksoumite. La surexploitation des terres a conduit à une diminution du rendement des cultures et donc
de l'approvisionnement. A cela, il faut ajouter le changement de l'inondation du Nil et plusieurs saisons
de sècheresse.

La fin de l'empire d'Aksoum est une période sombre sur laquelle on sait peu de choses jusqu'à
l'ascension de la dynastie Zagoué au XIe ou XIIe siècle. Yekouno Amlak, qui tua le dernier roi Zagoué et
fonda la dynastie salomonide au XIIIe siècle, se disait descendant du dernier Empereur d'Aksoum, Dil
Na'od

Structure sociale
La population Aksoumite était composée de personnes parlant des langues sémitiques (appelés
les Habeshas), , des langues couchitiques et des langues nilo-sahariennes.

Les rois Aksoumites portait le titre officiel de (ngś ngśt - Roi des Rois) qui devint plus tard dans la
langue Guèze (negusä nägäst ou négus).

Les Aksoumites possédaient des esclaves et modifièrent le système féodal pour permettre la culture
des terres.

Relations étrangères et économie


Rideau en tissu de laine, copie d'une étoffe en soie sassanide elle même inspirée d'une fresque du roi Khosro IIqui
combattu les force éthiopiennes d'Aksoum au Yémen, Ve - VIe siècle.

Aksoum commerçait avec l'Inde et l'Empire romain, puis plus tard avec les Byzantins, exportant de
l'ivoire, des écaille de tortue, de l'or et des émeraudes, et important de la soie et des épices. Aksoum
avait à la fois un accès à la Mer Rouge et le Nil ce qui permettait à son imposante flotte maritime de
profiter du commerce entre de nombreux pays africains (Nubie), d'Arabie (Yémen) et d'Inde. Au
IIIe siècle ap. J.-C., le royaume d'Aksoum acquis une influence sur les États de la péninsule arabique à
travers la mer Rouge, et ver 350, il conquis le Royaume de Koush.

Les principaux produits d'exportation d'Aksoum provenaient de l'agriculture, comme la majeure partie
des états à l'époque. Les terres étaient plus fertiles au temps des aksoumites qu'aujourd'hui et leurs
principales productions étaient des céréales, telles que le blé et l'orge. Les aksoumites élevaient
également du bétail, des chèvres et des chameaux. Les animaux sauvages étaient chassés,
notamment pour l'ivoire et les Cornes de rhinocéros. Le royaume était également riche en or et en
gisements de fer. Ces métaux étaient précieux pour le commerce, mais un autre minéral était aussi
largement commercialisé, le sel.

Aksoum est resté un empire puissant et une puissance commerciale jusqu'à l'essor de l'islam au
VIIe siècle. Toutefois, dans la mesure où les aksoumites avaient abrités les premiers disciples de
Mahomet, les musulmans n'ont jamais essayé de renverser Aksoum comme ils le firent dans une
grande partie de l'Afrique. Néanmoins, en 640, Omar ibn al-Khattab envoya une expédition navale
contre Adulis, mais il fut battu11. La puissance navale d'Aksoum a pourtant commencé à décroître au
cours de cette période, même si, en 702, des pirates aksoumites ont réussi à envahir Hedjaz et
occuper Jeddah. En représailles, le calife Sulayman ben Abd al-Malik a pris l'archipel des Dahlak, qui
est devenu musulmane jusqu'au IXe siècle lorsqu'elle redevint un territoire sous contrôle
du négus d'Éthiopie.

Finalement, l'empire islamique a pris le contrôle de la mer Rouge et la majeure partie du Nil, amenant
Aksoum à l'isolement économique. Toutefois, le Royaume avait conservé d'assez bonnes relations
avec ses voisins musulmans. Deux états chrétiens au nord-ouest d'Aksoum (dans
l'actuel Soudan), Makurie et Alodie, ont survécu jusqu'au XIIIe siècle quand ils ont finalement été forcé
par les musulmans à de convertir à l'islam.

Religion

Ruines du palais de Dungur à Aksoum.

Avant sa conversion au christianisme, les Aksumites pratiquaient une religion polythéiste. Astar était le
principal dieu du royaume d'Aksoum préchrétien, et son fils, Mahrem (ou Maher), était celui dont les
rois d'Axoum revendiquèrent être les descendants. En 324, le roi Ezana est converti par son maître et
esclave Frumentius, le fondateur de l'église orthodoxe éthiopienne. Frumentius éduqua l'empereur
lorsqu'il était jeune et, dans une certaine mesure, il participa à la conversion de l'empire. Il était en
relation avec l'église d'Alexandrie et fut nommé évêque d'Éthiopie vers 330.

Aksoum est également le lieu présumé où serait conservée la sainte relique de l'Arche d'alliance.
L'Arche aurait été placée dans l'église Sainte-Marie-de-Sion par Ménélik Ier. D'après la légende, elle
aurait été amenée à Aksoum par le roi Salomon et le fils de la reine de Saba. Une controverse entoure
encore la présence de la relique car, à l'exception du prêtre la protégeant, personne n'est autorisé à la
voir et donc à vérifier l'existence de l'Arche.

Culture

Architecture aksoumite typique : le Monastère de Debré Damo.

L'obélisque d'Aksoum est le symbole de la civilisation aksoumite.

L'empire d'Aksoum était remarquable pour un certain nombre de réalisations, telles que son propre
alphabet, l'alphabet guèze qui a par la suite évolué pour inclure des voyelles, devenant ainsi
alphasyllabaire. En outre, dans les premiers années de l'Empire, il y a près de 1700 ans, des
obélisques géants en l'honneur des empereurs ainsi que des pierres tombales (dans des chambres
souterraines) furent construits, le plus célèbre d'entre eux étant l'obélisque d'Axoum.

Sous le règne de l'Empereur Ezana, Aksoum adopta le christianisme à la place des religions
polythéistes et juive, qui donnèrent naissance à l'église érythréenne orthodoxe et l'Église éthiopienne
orthodoxe. Après le schisme avec l'église orthodoxe à la suite du concile de Chalcédoine (451), le
Royaume d'Aksoum joua un rôle important pour l'église monophysiste et ses écritures et sa liturgie
sont encore en Guèze.

Aksoum était une nation cosmopolite et d'une grande richesse culturelle. C'était un lieu où se
croisaient de nombreuses cultures, éthiopienne, égyptienne, Soudannaise, arabe et indienne. Les
principales ville du royaume étaient sabéennes, juives, nubiennes, chrétiennes et même
minoritairement bouddhistes.

monnaie

Le Royaume d'Aksoum fut le premier état africain à avoir ses propres pièces de monnaie. Dès le
règne d'Endubis jusqu'à Armah (entre 270 et 610), des pièces de monnaie en or, argent et bronze,
furent frappées. Le fait de posséder sa monnaie était, dans l'antiquité, un acte de grande importance
car il faisait de l'Empire d'Aksoum l'égal de ses voisins. Beaucoup de pièces sont caractéristiques de
ce qui se passait au moment où elles étaient fabriqués. Un exemple est l'ajout d'une croix sur les
pièces après la conversion de l'Empire au christianisme. La présence de pièces de monnaie a
également simplifié le commerce et était tout à la fois un instrument utile de propagande et une source
de profit pour l'empire.

Stèles

Les stèles sont sans doutes les éléments les plus identifiable de l'héritage aksoumite. Ces tours de
pierre servaient à marquer les tombes ou à décorer de magnifiques bâtiments. La plus importante de
ces immenses obélisques mesurait 33 mètres de haut. Les stèles étaient généralement gravées avec
l'emblème du roi ou celui d'un personnage noble.

Le Périple de la mer Érythrée


Carte ancienne (XVIe siècle) reprenant les toponymes cités dans le Périple de la mer Érythrée. La carte est rédigée
en latin.

Le Périple de la mer Érythrée, ou Περίπλους τῆς Ἐρυθρᾶς Θαλάσσης (mais souvent cité
sous son titre latin Periplus Maris Erythraei par commodité), est un « périple » (récit) maritime rédigé
en grec décrivant la navigation et les opportunités commerciales depuis les ports romano-égyptiens
comme Bérénice le long de la côte de lamer Rouge, alors appelée mer Érythrée (Ἐρυθρος, « rouge »
en grec ancien), et d'autres le long de l'Afrique orientale et de l'Inde.

Le texte exploité actuellement dérive d'un manuscrit byzantin duXe siècle appartenant au fonds de la
bibliothèque universitaire d'Heidelberg et d'une copie de celui-ci datant du XIVe ou XVe siècleappartenant
au British Museum. Le Périple a connu sa première édition moderne par Sigismund Gelenius en 1553.

On le date aujourd'hui généralement de la première moitié duIer siècle. Bien que l'auteur en soit
inconnu, sa lecture indique qu'il s'agit d'une description de première main d'un familier de cette zone
géographique et une source quasiment unique de renseignements concernant le monde antique dans
les régions qui bordent l'océan Indien. En effet, bien que mer Érythrée soit la dénomination grecque
antique de la mer Rouge, le texte inclut la description de l'océan Indien et du golfe Persique, partant
de l'île de Dioscoride (aujourd'hui Socotra).
L'œuvre se compose de soixante-six chapitres, la plupart d'entre eux consistant en un long
paragraphe. La première partie, chapitres un à dix-huit, décrit les routes maritimes suivant l'axe Nord-
Sud depuis l'Égypte le long de la côte d'Afrique jusqu'à ce qui correspond probablement à
l'actuelle Tanzanie. Le reste du texte suit un axe Ouest-Est, depuis l'Égypte, en faisant le tour de
la péninsule Arabique et du golfe Persique jusqu'à la côte de Malabar. Le court chapitre cinquante-
quatre, par exemple, dit dans sa totalité :

« Tyndis appartient au royaume de Cerobothra ; c'est un village bien visible depuis la mer. Muziris, du
même royaume, abonde en navires envoyés ici avec des cargaisons depuis l'Arabie et par les Grecs ;
la ville est située sur un fleuve, éloigné de Tyndis de cinq cents stades par fleuve et mer, et en
remontant le fleuve de vingt stades depuis le rivage. Nelcynda est éloigné de Muziris par le fleuve et la
mer d'environ cinq cents stades, et appartient à un autre royaume, celui des Pandya. Cet endroit est
également situé sur un fleuve, à environ cent vingt stades de la mer. »

Reconstitution des routes maritimes d'après Le Périple de la mer Érythrée, début du Ier siècle

Dans un grand nombre de cas, la description est suffisamment précise pour pouvoir identifier les
emplacements actuels correspondants, tandis que pour d'autres, les hypothèses sont très
nombreuses. Par exemple, le lieu dénommé « Rhapta » est mentionné comme étant le marché le plus
lointain le long de la côte africaine « d'Azania » ; des chercheurs ont reconnu au moins cinq endroits
correspondant à la description, dans une zone s'étendant du sud de Tanga jusqu'au delta de
fleuve Rufiji.

La description de la côte indienne mentionne le Gange tout à fait clairement, puis le périple perd
beaucoup en précision lorsqu'en décrivant la Chine il cite comme une « grande ville intérieure »,
« Thina qui est une source de soie brute ».
Une autre caractéristique du Périple est que certains des mots décrivant les marchandises
n'apparaissent dans aucun autre texte de la littérature antique, obligeant à faire des conjectures sur
leur signification.

Ge'ez (langue)

Eliza Codex

Genèse 29:11-16 en guèze, XVe siècle


Le guèze ou ge'ez est une langue sud-sémitique, parlée en Éthiopie jusqu'au XIVe siècle. Il est à
plusieurs langues d'Éthiopie(dont l'amharique et le tigrinya), ce que le latin est au français.

Attesté dès le IIIe siècle ou IVe siècle après Jésus-Christ, le guèze disparaît en tant que langue parlée
vers le XIVe siècle. Il a toutefois subsisté comme langue littéraire et la littérature guèze classique s'est
épanouie du XIIIe siècle au XVIIe siècle.

Resté la langue savante de l'Éthiopie jusqu'au XIXe siècle, il n'est actuellement plus employé que
comme langue liturgique de l'Église éthiopienne orthodoxe (et catholique), de l'Église érythréenne
orthodoxe (et catholique) et de la communauté Beta Israël.

La langue moderne appelée tigrigna, utilisée au nord de l'Éthiopie par les Tigréens, descend du guèze
parlé.

Les premiers écrits en guèze, utilisent un alphabet d'origine sud-sémitique composé uniquement
de consonnes. Il en subsiste quelques exemples datant du IIIe ou IVe siècle. Parmi ces écrits, il y a
le Conflit d'Adam et Ève avec Satan, un apocryphe vétérotestamentaire paléo-chrétien.

Le guèze peut s'écrire en boustrophédon, à la façon des inscriptions grecques archaïques.

Aksoum
Aksoum
አአአአ

Obélisques d'Aksoum

Administration

Pays Éthiopie
Région Tigré

Zone Mehakelegnaw

Géographie

Latitude
14° 08′ Nord
Longitude 38° 43′ Est

Altitude 2 130 m

Démographie

Population 49 523 hab. (est. 2007)

Localisation

Aksoum ou Axoum est une ville d'Éthiopie, dans la province septentrionale du Tigré. Elle compte
environ 50 000 habitants. C'est la capitale religieuse de l'Église éthiopienne orthodoxe. Le
site archéologique d'Axoum a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1980.

Aksoum possède un aéroport (code AITA : AXU).

Un royaume antique
Un des obélisques d'Aksoum.

Aksoum fut la capitale du royaume du même nom. Fondé au Ier siècle comme simple principauté, celui-
ci connaît une croissance rapide et s'étend jusqu'au plateau du Tigré et la vallée du Nil, annexant les
petits royaumes voisins. Il atteint son apogée au Ve siècle, il est alors une grande
puissance commerciale, et le premier État africain à battre monnaie. Il lance même des expéditions de
l'autre côté de la mer Rouge, comme en 571 contre La Mecque .

Depuis le IVe siècle et le roi Ezana, le royaume est chrétien, et le premier évêché éthiopien est fondé
en 340 par saint Frumence.

Le royaume finit par disparaître au XIIe siècle, miné par l'émergence du royaume éthiopien méridional
et l'influence des nomades musulmans au nord.

Les origines

La Chapelle de la Tablette

Les Sabéens, Minéens et Homérites arrivent des royaumes de l’« Arabie Heureuse » (Yémen)
en Éthiopie entre 1 000 et 400 avant J.-C.
Les institutions d’Arabie méridionale pénètrent avec les immigrants : aux époques anciennes, le
pouvoir reste religieux, exercé par le moukarrib, grand-prêtre et gouverneur à la fois,
comme Melchisédech, roi et prêtre de Salem dans l’Ancien Testament. Les nagashi, collecteurs du
tribut, jouent le rôle de prince pour le gouvernement de certaines régions. Le titre de roi apparaît peu à
peu (malkán) et remplace (à Saba) celui de moukarrib. Le patriarcat des colons s’implante dans les
familles éthiopiennes, où auparavant l’autorité appartenait aux femmes.

Les inscriptions révèlent que les colons, initialement, ont constitué des provinces rivales gouvernées
par des chefs assez indépendants. Ils interviennent parfois lors de conflits au Yémen.

La toponymie de l’Éthiopie, inspirée des bourgades sabéennes, attestent la colonisation (Saba :


Assab, Sahart, Haouzién, Aoua, Madara, Dahané ont leur modèle au Yémen). Des ruines des villes
subsistent sur les grandes voies de communication (entre le port d’Adoulis, vers Coloë, Matara, Yéha,
Aksoum, etc.).

Les colons, excellents agriculteurs, apportent l’art de l’irrigation, l’usage du métal, le cheval et
le chameau. Ils s’enrichissent en jouant les intermédiaires entre les populations de l’intérieur et les
négociants égyptiens,grecs et syriens qui fréquentent les ports. Guerriers, ils protégent les voies de
communication.

Les Sabéens introduisent leur religion, d’origine sémitique (ils vénèrent essentiellement le Soleil,
la Lune et Vénus), leur architecture (temples) et leur art, une langue écrite.

Ces éléments sont assimilés progressivement par les peuples du Tigré, puis ceux de l’Amhara, qui
abandonnent leurs cultes (culte des arbres et des eaux, du serpent, divers totémiques) pour adorer (à
Yéha, par exemple) Sîn, dieu lunaire, Ashtar (Vénus), et Nourou (la « resplendissante »).

À Yéha encore mais également près d’Azbi, le dieu lunaire est adoré sous le nom d’Almouqah, et ses
deux sanctuaires portent le nom d’Aoua, comme le temple sabéen du dieu. Sur le plateau du Tigré,
les divinités se différencient par leur rôle ou leur nom de celle de la patrie d’origine. À Aksoum où l’on
vénérait le soleil sous le nom sabéen de Dzât-Badân, divinité féminine à laquelle semble consacré le
cheval, on se met à vénérer une triade Ashtar, Behér (la Mer), Médèr (la Terre).

Puis les rois adoptent pour divinité tutélaire Mahrem (guerre) et finissent par faire de Behér le dieu de
la terre et de la mer à la fois. Des temples et des autels sont dédiés à ces dieux, avec leurs enceintes
sacrées. On leur brûle de l’encens, leur offre des statues d’or, d’argent ou de bronze et de
gigantesques trônes en de pierre taillée. Les victoires sont l’occasion de sacrifices sanglants de
bestiaux et de captifs.

Un culte funéraire est attesté par des temples établis sur les tombeaux dits « de Ménélik » et
« de Caleb et Gabra-Masqal » et par des tables d’offrandes disposées au pied de stèles. Les tombes
retrouvées sont vides d’objets et n’abritent que des squelettes pour lesquels un dernier sacrifice a été
offert avant de fermer la sépulture.
Une place privilégiée dans le christianisme täwahedo
D'après la tradition éthiopienne relatée dans le Kebra Nagast (Käbrä Nägäst, livre de la Gloire des
Rois) - propre à la tradition canonique de l'Église orthodoxe autocéphale, l'Arche d'alliance aurait été
volée par un roi d'Aksoum, Ménélik Ier, fils du roi Salomon et de la légendaire reine de Saba, puis
cachée dans la chapelle de l'Église Sainte-Marie-de-Sion (Maryam Tsion), où elle se trouverait
toujours.

Les rois éthiopiens ont tous, jusqu'à Ménélik II, fait célébrer leurs cérémonies de couronnement dans
cette cathédrale.

A proximité, de l'église on trouve également des vestiges de trônes, ainsi qu'un monastère.

Aksoum demeure aujourd'hui le cœur identitaire de l'Éthiopie moderne, particulièrement pour les
Tigréens.

Un site archéologique exceptionnel


Les grandes stèles - obélisques - aksoumites, marquent selon les archéologues l'emplacement des
tombeaux des souverains de ce royaume antique. Ils figurent parmi les plus grands monolithes jamais
façonnés par l'homme. Le plus grand d'entre eux mesurait 35 mètres de haut.

De nombreux tombeaux ont été fouillés, certains ont été pillés, d’autres épargnés. Les richesses de
ces derniers se trouvent aux musées archéologiques d’Aksoum et d’Addis-Abeba.

L'un des obélisques d'Aksoum avait été ramené en 1937 en Italie lors de l'invasion de l'Éthiopie par
les armées de Mussolini et érigé non loin du Cirque Maxime à Rome, devant le bâtiment qui abritait le
ministère de l'Afrique italienne jusqu'en 1945 et qui fut muté en 1951 en siège de la FAO.

En 1947, l'Italie s'est engagée à le restituer. Cette restitution n'eut finalement lieu qu'en 2005.
Transporté en trois morceaux, le monolithe démembré a retrouvé l'emplacement qu'il occupait à
Aksoum depuis le IVe siècle en août 2008.

Lors de la préparation de l'aire qui l'accueille désormais, d'importantes découvertes archéologiques


ont été faites. Selon les experts, il s’agit d’une nécropole royale de différentes dynasties pré-
chrétiennes, qui se prolonge bien au-delà des limites actuelles de la zone archéologique. Des fouilles
archéologiques pourraient aboutir à la mise à jour de richesses d’un intérêt historique majeur.

Au Sud-Ouest de la ville (ruines de Dungur) se trouvent les vestiges du palais du roi Caleb (VIe siècle).
En 2008, des archéologues Allemands ont découverts sous ce palais, les vestiges d'un autre palais
qu'ils ont présentés comme étant celui de la Reine de Saba. De l'autre côté de la route se trouve le
champ de stèles de Gudit.

Au Nord-Est d'Axoum se trouve un grand réservoir - la citerne de May Shum - et le site des tombes
des rois Caleb et Gabra Masqal son fils.
L'une des stèles du site de May Hedja

Arche d'alliance
Les murs de Jéricho s'écroulent au septième passage de l'Arche d'Alliance précédée par les
sept trompettes.

L'Arche d'alliance, en hébreu ‫ֲארֹון ָהֵעדּות‬, Aron ha'Edout, « Arche du témoignage », est le
coffre qui, dans la Bible, contient les tables de la Loi (Dix Commandements) données
à Moïse sur le mont Sinaï. C'est un coffre oblong de bois recouvert d'or.
Le propitiatoire surmonté de deux chérubins, qui en forme le couvercle, est considéré comme
le trône, la résidence terrestre de YHWH (Exode 25:22). Lorsque le tabernacle fut terminé,
l'arche fut mise dans le saint des saints (1 Rois 8:1–8).

Récit biblique
Description
La description de l'arche se trouve dans la Bible : le récit de l'Exode, au chapitre 25
(parasha Terouma), versets 10 à 21 :
Ils feront donc une arche en bois d'acacia, longue de deux coudées et demie, large d'une
coudée et demie, haute d'une coudée et demie.
Tu la plaqueras d'or pur; tu la plaqueras au-dedans et au-dehors et tu l'entoureras d'une
moulure en or.
Tu couleras pour elle quatre anneaux d'or et tu les placeras à ses quatre pieds : deux
anneaux d'un côté et deux anneaux de l'autre.
Tu feras des barres en bois d'acacia, tu les plaqueras d'or
et tu introduiras dans les anneaux des côtés de l'arche les barres qui serviront à la porter.
Les barres resteront dans les anneaux de l'arche, elles n'en seront pas retirées.
Tu placeras dans l'arche la charte que je te donnerai.
Puis tu feras un propitiatoire en or pur, long de deux coudées et demie, large d'une coudée et
demie.
Et tu feras deux chérubins en or ; tu les forgeras aux deux extrémités du propitiatoire.
Fais un chérubin à une extrémité, et l'autre chérubin à l'autre extrémité ; vous ferez les
chérubins en saillie sur le propitiatoire, à ses deux extrémités.
Les chérubins déploieront leurs ailes vers le haut pour protéger le propitiatoire de leurs
ailes ; ils seront face à face et ils regarderont vers le propitiatoire.
Tu placeras le propitiatoire au-dessus de l'arche et, dans l'arche, tu placeras la charte que je
te donnerai. »
Parcours
L'arche d'alliance amenée au Temple
De la sortie d'Égypte jusqu'à l'entrée des Israélites dans le pays de Canaan, l'arche est portée
par les Lévites, qui marchent à trois journées devant les autres tribus. Elle fait partie du
cortège qui permet la traversée du Jourdain sous la direction de Josué puis de celui qui permet
de faire tomber les murailles de Jéricho, lors de sa conquête racontée dans le livre de Josué.
Après l'installation des Israélites, l'arche demeure à Guilgal, puis Silo et Kiryat-
Yéarim (Premier livre de Samuel 7:1), et enfin conduite à Jérusalem par le Roi David (I
Chron 13, 5-8), dans un tabernacle, en attendant la construction du premier temple et d'être
placée dans le saint des saints par le roi Salomon.

Livres des Macchabées


Si l'on se limite aux textes bibliques, d'après le canon des écritures juives, il semblerait que
l'arche, après avoir résidé de nombreuses années dans le temple de Salomon, ait purement et
simplement disparu.
On sait, par le témoignage du général romain Pompée, qu'il n'y avait plus d'arche dans le
second temple. Il trouva le saint des saints totalement vide. Toutes sortes d'hypothèses ont été
émises à ce sujet : certains pensent qu'elle aurait été dissimulée par les prêtres quelque part,
dans un des tunnels souterrains du Mont du Temple, ou dans un autre endroit tenu secret
jusqu'au moment propice de sa réapparition, lors de la construction du Troisième Temple.
Dans le second livre des Maccabées, on trouve rapportée comme une légende
que Jérémie aurait assisté ou participé au camouflage de l'arche lors de la destruction de
Jérusalem au vie siècle. C'est la source la plus ancienne et la plus autorisée, bien que très
méconnue par les historiens.
« Il y avait dans cet écrit qu'averti par un oracle, le prophète se fit accompagner par la tente et
l'arche, lorsqu'il se rendit à la montagne où Moïse, étant monté, contempla l'héritage de Dieu.
Arrivé là, Jérémie trouva une habitation en forme de grotte et il y introduisit la tente, l'arche,
l'autel des parfums, puis il en obstrua l'entrée.
Quelques-uns de ses compagnons, étant venus ensuite pour marquer le chemin par des signes,
ne purent le retrouver.
Ce qu'apprenant, Jérémie leur fit des reproches : Ce lieu sera inconnu, dit-il, jusqu'à ce que
Dieu ait opéré le rassemblement de son peuple et lui ait fait miséricorde.
Alors le Seigneur manifestera de nouveau ces objets, la gloire du Seigneur apparaîtra ainsi
que la Nuée, comme elle se montra au temps de Moïse et quand Salomon pria pour que le
saint lieu fût glorieusement consacré. »
— 2 Maccabées 2:4 - 2:8
On remarque que ce rôle attribué au prophète Jérémie dans le sauvetage de l'arche est en
contradiction avec le désintérêt que le prophète marque pour l'arche puisqu'elle ne sera plus
nécessaire lors des temps messianiques, la présence de Dieu remplaçant les symboles
visibles :
« Alors, quand vous serez devenus, à cette époque, nombreux et prospères dans le pays,
déclare l'Eternel, on ne dira plus : Arche de l'Alliance du Seigneur ! La pensée n'en reviendra
plus à l'esprit, on n'en rappellera plus le souvenir ni on n'en remarquera l'absence : on
n'en fera plus d'autre »
— Jérémie 3:16
Selon l'Eglise Orthodoxe éthiopienne

La chapelle de l'Église Notre-Dame de Sion en Éthiopie où l'Arche aurait séjourné d'après


certaines traditions
D'autres écrits, tels que ceux du Kebra Nagast, nous proposent un autre éclairage : l'Arche
aurait été dérobée par Ménélik Ier (fils légitime de Salomon et de la reine Makeda de Saba),
suite à une visite à Jérusalem. La tradition du Kebra Nagast affirme par ailleurs que l'Arche se
trouverait toujours dans le saint des saints d'une église chrétienne située à Aksoum : l'Église
Sainte-Marie-de-Sion. En fait après avoir été apportée en Éthiopie, dans une île du lac Tana,
elle aurait été apportée à Aksoum au ive siècle, par un roi, lors de la christianisation du pays.
Actuellement, elle serait alors dans la cathédrale sous la protection d'un gardien qui est le seul
autorisé à la voir et qui sort rarement de l'enceinte.
L'Arche d'alliance et l'islam
Selon certaines interprétations, le Mahdi sera celui qui retrouvera l'Arche d'alliance, laquelle
contient les lois originelles (non falsifiées), qu'il présentera comme argument aux sceptiques.

D'après le Coran:
Et leur prophète leur dit : "Le signe de son investiture sera que le coffre (l'Arche d'alliance) va
vous revenir ; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, et contenant les reliques de ce que
laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron. Les Anges le porteront. Voilà bien là un
signe pour vous, si vous êtes croyants !"'
Représentations artistiques
Défilé autour des murailles de Jéricho
 Mosaïques de l'oratoire de Germigny-des-Prés d'époque carolingienne

Spéculations
Selon les textes :
 l'arche était accompagnée d'une nuée ;
 son pouvoir était immense ;
 sa taille était réduite (elle tenait dans un coffre) ;
 son poids était proche de 160 à 200 livres puisqu'il fallait quatre hommes pour la
porter ;
 sa nature physique interne est inconnue mais on trouve un texte décrivant un risque
mortel à son contact.
Selon le Livre des Chroniques, chapitre 13 :
« Et ils arrivèrent à l’aire de Kidon, et Uzza étendit sa main pour saisir l’arche, parce que les
bœufs avaient bronché.
Et la colère de l’Éternel s’embrasa contre Uzza, et il le frappa, parce qu’il avait étendu sa
main sur l’arche ; et il mourut là, devant Dieu. »
Selon l'Épître aux Hébreux (9, 4)
 « Il y avait dans l’arche un vase d’or contenant la manne, le bâton d’Aaron qui avait
fleuri, et les tables de l’alliance »
L'absence de restes matériels a permis de donner libre cours à l'imagination.

Anecdote
L'Arche d'alliance est l'objet de la quête d'Indiana Jones dans le film Les aventuriers de
l'arche perdue (1981) de Steven Spielberg avec Harrison Ford. Représentée sur une paroi
dans Indiana Jones et la dernière croisade, elle réapparait lors d'un court plan dans le 4e opus
des aventures de l'archéologue Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal lorsque la
caisse qui l'abrite est endommagée à la suite d'une course-poursuite.

Zoskales
Zoskales (vers 100) était un roi, vraisemblablement le premier roi du Royaume d'Aksoum dans
la Corne de l'Afrique.

Dans le Périple de la mer Érythrée, Zoskales est mentionné comme régnant sur le port d'Adulis, dont
le territoire s'étendait « du Moschophagoi [les mangeurs de veau] jusqu'au reste du monde barbare ».1

GDRT
GDRT (également écrit GDR prononcé Gadarat par les historiens) (vers 200) est un Roi Aksoum.
'DBH
'DBH (prononcé "`Azaba" ou "`Adhebah" par les historiens) (vers 230 - 240) est un Roi d'Aksoum.

Sembrouthes
Sembrouthes (vers 250) est un Roi Aksoum.

DTWNS
DTWNS (prononcé Datawnas par les historiens) (vers 260) est un Roi Aksoum.

Endubis
Endubis (vers 270/300) est un Roi Aksoum.

Aphilas
Aphilas (début IVème siècle) est un roi d'Aksoum.

Wazeba d'Axoum
Wazeba d'Axoum (début IVème siècle) est un Roi Aksoum.

Ella-Amida
Ella-Amida fut roi d’Aksoum, père d’Ezana. Son règne s’achève vers 320-325. Le nom
d'Ousanas apparaît sur ses monnaies.

Il abat définitivement ce qui reste du royaume de Méroé et érige une stèle commémorant sa victoire
dans les ruines de la capitale. Il est assez puissant pour se permettre, en représailles d’opérations
ordonnées par Constantin contre les Blemmyes, ses alliés du Nord, de capturer près d’Adoulis des
navires romains

Le voyageur byzantin Cosmas Indicopleustès, en visite à Aksoum vers 525, a recopié une
inscription du roi Ella-Amida commémorant ses victoires, notamment sur Méroé. Il a fait
tracer une route qui va de ses États à l’Égypte, s’est emparé de la région du lac Tana et du
pays de Sassou, au sud du Nil Bleu, riche en or. À l’est, il a soumis le cap des Aromates (cap
Gardafui), les pays de l’encens et de la myrrhe, et ordonné aux Sobates de surveiller le détroit
de Bab-el-Mandeb. Il a envoyé une flotte et une armée au Yémen et soumis les Arabes au tribut.

Ezana
Inscription d'Ezana rédigée en grec, guèze et sabéenrapportant ses victoires

Ezana (fl. 300s) devient roi d’Aksoum pendant les années 320. C'est le fils d'Ella-Amida.

Mineur à son avènement, Ezana règne d'abord sous la régence de sa mère. Son père lui laisse
comme conseillers les deux jeunes chrétiens d’originesyrienne, Frumentius et Aedesius, amenés
naguère dans le pays par un naufrage. Ceux-ci fondent à Aksoum une communauté chrétienne gréco-
syrienne.

Les campagnes militaires d’Ezana sont connues par les stèles qu’il a érigées à Aksoum. Elles ont
pour but la défense du territoire, l’unification de l’Éthiopie et la protection des voies de communication.
Bien que sa titulature mentionne sa suzeraineté sur Himyar, Saba et Raïdân, il n’intervient pas
au Yémen. Il rétablit l’ordre dans le Tigré en punissant les Aguézat, les Agao et des peuples moins
importants dont il assure sans doute l’assimilation. Il intervient aussi contre les Bédja, et marche
en Nubie jusqu’au confluent du Nil et de l’Atbara où il érige une stèle de victoire.

Entre 341 et 346, Frumentius convertit au christianisme le roi Ezana qui est baptisé sous le nom
d’Abraha, son frère Saizanas prend celui d’Atsabaha.

La plus tardive des inscriptions qui rapportent les succès du roi Ezana n’est plus dédiée à Mahrem,
dieu de la guerre, mais au Seigneur du Ciel et de la Terre, ce qui annonce le christianisme. Les
dernières stèles ne sont plus rédigées en grec ou ensabéen, mais en guèze archaïque, qui pour la
première fois depuis les monnaies du roi Ouazeb Ier, est attesté dans l’usage officiel.
À la mort de Ezana en 390, Aksoum est à l’apogée de sa puissance : selon les auteurs byzantins, elle
est en rapport avec Constantinople, la Perse, l’Inde et Ceylan. Ses ambassades lui permettent de faire
libérer en Perse un évêque emprisonné. Elle commerce par la mer Rouge, par les routes de
caravanes remontant d’Égypte ou partant du Yémen vers la Mésopotamie. Elle exporte
desémeraudes venues des cataractes du Nil (pays des Blemmyes), des épices, de l’encens et la
casse à cinquante journées d’Adoulis, des bœufs, du fer et du sel de chez les Agao du pays de
Sasou, au-delà du lac Tana.

Les successeurs d’Ezana sont connus par leurs monnaies : Ouazeb II, Eôn, Alalmisyisis,
Ousas, Caleb, conquérant légendaire, son fils Israël, Mahwys, Yoël, Armah (dont les portraits
montrent une décadence rapide), Ghersem et Hataz (qui imitent sommairement les monnaies
byzantines du VIIe siècle).

MHDYS
MHDYS (prononcé Mehadeyis par les historiens) (vers 350) est un Roi Aksoum.

Ouazebas
Ouazebas (fin IVème siècle) est un Roi Aksoum.

Eon d'Aksoum
Eon d'Aksoum (probablement Huina d'après Le livre des Himyarites) (vers 400) est un Roi Aksoum.

Ebana
Ebana (Vème siècle) est un Roi Aksoum.

Nezool
Nezool (également appelé Nezana) (Vème siècle) est un Roi Aksoum.

Ousas
Ousas (aussi prononcé Ousana(s))(vers 500) est un Roi Aksoum.

Ella Asbeha
Monnaie de Kaleb

Kaleb (c.520) est le roi d'Aksoum dont l'histoire est probablement la mieux documentée.Procope de
Césarée l'appelle Hellestheaios, une variante de son nom de règne Ella Atsbeha ou Ella Asbeha.

Sur les monnaies frappées à son effigie retrouvées à Aksoum ainsi que sur les sources
hagiographiques éthiopiennes, il détient le titre de fils de Tazena. Pour certains historiens, il
serait Saizana, frère d'Ezana. Il pourrait aussi correspondre à l'"Atsbeha" ou "Asbeha" des légendes
éthiopiennes d'Abreha et Asbeha,

Procope, Jean d'Éphèse, et d'autres historiens de l'époque relatent son invasion du Yémen, autour de
l'année 520, contre le roi Himyarite Yusuf Asar Yathar (aussi connu sous le nom deDhu Nuwas) de
confession juive et qui persécutait les chrétiens dans son royaume. Après d'âpres combats, les
soldats de Kaleb mirent en déroute l'armée de Yusuf et tuèrent le roi. Kaleb nomma Sumuafa'
Ashawa', un autochtone chrétien, vice-roi d'Himyar.

Son intervention pour protéger les chrétiens, fut la raison de sa canonisation au XVIe siècle par le
cardinal Caesar Baronius qui l'ajouta dans son édition du Martyrologe sous le nom St. Elesbaan, bien
qu'il était monophysite et donc potentiellement hérétique.

La mainmise d'Aksoum sur le Sud de la péninsule arabique dura jusqu'en 525, quand Sumuafa'
Ashawa' fut déposé par Abraha, qui s'autoproclama roi. Procope mentionne un certain nombre de
tentatives infructueuses de Kaleb afin de rétablir son autorité sur ces territoires d'outremer. Seul le
successeur de Kaleb fut à même de concrétiser la paix avec Abraha qui reconnut l'autorité d'Aksoum
et versa un tribut.

Les vestiges du palais du roi Caleb se trouvent à proximité d'Axoum.

Alla Amidas
Aller à :Navigation, Alla Amidas (vers 540) est un Roi Aksoum.

Wazena
Wazena (mi VIème siècle) est un Roi Aksoum.
W'ZB
W'ZB (prononcé par les historiens Wa'zeb), également appelé Ella Gabaz, (mi VIème siècle) est un
Roi Aksoum.

Ioel
Ioel (mi VIème siècle) est un Roi Aksoum.

Hataz
Hataz (vers 575) est un Roi Aksoum.

Saifu
Saifu (vers 577) est un Roi Aksoum.

Israel d'Axoum
Israel d'Axoum (vers 590) est un Roi Aksoum.

Gersem
Gersem (vers 600) est un Roi Aksoum.

Armah
Armah (vers 614) est un Roi Aksoum.

Ashama ibn Abjar


Ashama ibn Abjar (meurt vers 630) est un Roi Aksoum.

Royaume de Koush
Pyramides de Méroé au Soudan - Patrimoine mondial de l'UNESCO1.

Le royaume de Koush est l'appellation que les égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s'établit
au sud de leur pays dès l'Ancien Empire égyptien. Ce royaume eut une longévité peu commune et
trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique
du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne.

On a longtemps considéré cette culture à l'aune de la civilisation égyptienne et de ce fait peu d'études
eurent lieu à son sujet, la reléguant alors soit au stade d'une principauté dépendante du royaume
des Pharaons ou encore à celui d'un avatar de cette civilisation, ne lui reconnaissant donc aucune
spécificité voire une valeur relative.

Depuis les années 1950, et notamment la campagne de sauvetage des monuments nubiens menacés
par la mise en eau de la région comprise entre la première et la seconde cataracte suite à l'édification
du Haut barrage d'Assouan, un regain d'intérêt des égyptologues pour cette région nous permet
aujourd'hui d'affirmer que ce royaume tant à ses débuts au troisième millénaire avant notre ère que
jusqu'aux conquêtes chrétiennes du IVe siècle était une culture et une civilisation indépendante et qui
réussit la synthèse des différents apports culturels de ses voisins, y compris ceux de l'Égypte, dont il
représentera l'ultime évolution aux alentours de l'ère chrétienne alors que Rome dominait l'ensemble
des cultures de l'antiquité.

Royaume de Kerma
Le royaume de Kerma formé à partir du site éponyme qui en deviendra la capitale est un royaume
assez puissant pour inquiéter son voisin du nord, l'Égypte de l'Ancien Empire qui organisait déjà des
expéditions vers le cœur de l'Afrique et de ce fait devait nécessairement passer par les terres
contrôlées par les nubiens. C'est principalement de ces sources égyptiennes que nous tenons les
informations sur ce peuple présenté alors de manière quelque peu belliqueuse ou qui en tout cas
n'entendait pas céder la place dans le contrôle des routes commerciales qui sillonnaient la région et
reliaient les grandes régions de l'Afrique Centrale et Australe au reste du continent en évitant — et
c'est un point non négligeable — les routes harassantes du Sahara qui déjà à cette haute époque était
atteint par une désertification intense et qui ne cessera plus depuis.

On distingue trois périodes pour ce royaume qui couvre 1000 ans ou plus de développement et de
civilisation. N'étant pas une civilisation de l'écrit il est donc assez ardu de restituer son histoire et les
grands personnages qui la firent. De ce fait et à l'inverse des autres civilisations antiques c'est
essentiellement l'archéologie de cette civilisation qui permet de la restituer dans son ensemble, et
comme nous ne possédons pas d'écrits propres à ce peuple nous en sommes réduit à faire des
hypothèses sur son évolution culturelle à partir des vestiges qu'il nous a transmis notamment au
travers des innombrables sépultures qui attestent que cette civilisation était une civilisation urbaine,
son peuple s'étant regroupé autour de grands centres cultuels et commerciaux.

Premier royaume de Kerma

(XXVe au XXIe siècles av. J.-C.)

Sous la dénomination Kerma ancien on entend regrouper l'ensemble des cultures nilotiques
du Soudan moyen qui se regroupèrent par chefferies autour d'un puissant monarque qui avait donc sa
capitale à Kerma, site du cours moyen du Nil soudanais. La population de cette époque est en effet
constituée d'un ensemble de peuplades différentes davantage marqué par les influences du sud
du Soudan. On assiste déjà à un développement de la métallurgie (cuivre mais aussi bronze) et des
arts : ébénisterie, ivoire, céramique, dont on a retrouvé beaucoup de témoignages dans les sépultures
de l'époque. Les rites d'inhumation sont apparentés à ceux de la culture du Groupe C.

Les tombes acquièrent alors leur forme définitive : une fosse circulaire contenant le défunt inhumé en
position contractée et la tête à l'orient, avec un matériel funéraire constitué essentiellement de
céramique pour les plus humbles, l'ensemble étant recouvert d'un tumulus autour duquel les offrandes
alimentaires sont déposées et les sacrifices funéraires opérés.

Les sépultures royales sont beaucoup plus imposantes (les tumuli royaux à cette époque dépassent
alors un diamètre honorable de 40 à 60 mètres) et comportent outre un riche mobilier funéraire, des
tombes subsidiaires destinées à l'aristocratie d'alors, tandis que l'entourage immédiat du roi est
« sacrifié » le jour de ses funérailles et reçoit donc le « privilège » d'accompagner son souverain dans
l'au-delà. Le site de Kerma est en plein essor et de nombreuses constructions attestent l'existence
d'une monarchie organisée et à laquelle l'ensemble de la région vouait une certaine déférence.

Au nord de cette région, la Nubie était dominée par des peuplades que l'on regroupe sous le terme de
Groupe C et qui interdisaient l'accès au sud en contrôlant drastiquement le commerce, voire en pillant
les convois qui revenaient en Égypte ou en partaient. À l'Ancien Empire cette situation devenait
critique pour les égyptiens qui avaient besoin de cet accès pour obtenir des biens précieux et rares en
provenance de l'Afrique centrale.
Avec le temps le Groupe C semble avoir peu à peu pacifié ses relations avec son voisin égyptien
allant jusqu'à fournir des mercenaires aux troupes des Pharaons de la VIe dynastie. En retour
l'Égypte lui garantissait une relative sécurité aussi bien au niveau militaire qu'économique, notamment
en palliant les périodes de famines par l'envoi de grain aux peuples de la région. Les débouchés sur
les mines d'or du désert oriental y étaient certainement déjà pour quelque chose.

Soldats nubiens enrôlés dans l'infanterie égyptienne - XIedynastie - Musée du Caire

En revanche le lointain royaume de Kerma représentait toujours un danger pour les expéditions
commerciales qui entraient alors sans doute en concurrence avec le jeune royaume dont l'influence
grandissait. Deux groupes de population et de culture distinctes occupaient donc toute la vallée
du Nil soudanais jusqu'aux environs de la cinquième cataracte et formaient alors deux puissantes
civilisations proto-urbaines avec lesquelles il fallait compter. On assiste en effet sur tout le long de la
vallée à la sédentarisation progressive des peuples et à l'établissement de villages qui peu à peu
deviennent de grosses bourgades. Kerma était alors déjà une cité étendue.

Deuxième royaume de Kerma

(XXIe au XVIIIe siècles av. J.-C.)

À dater de l'époque du Kerma moyen, on assiste au développement du royaume et de sa culture


notamment des pratiques funéraires ; les défunts sont toujours inhumés en position fœtale la tête à
l'est avec un riche mobilier funéraire et on peut suivre à travers l'évolution de ces pratiques et le
développement des tumuli une hiérarchisation de plus en plus marquée de la société. Une véritable
classe aristocratique voit donc le jour et préfigure la puissance du royaume à la période suivante. De
rares contacts directs ont lieu avec les voisins du nord mais le commerce est florissant et atteste de la
stabilité de la région. On retrouve des traces de son réseau commercial sur les terres de Chillouk au
sud de la vallée du Nil et jusque dans les montagnes du Tibesti.

Au nord du pays, le Groupe C domine toujours la vallée jusqu'à ce que les pharaons du Moyen
Empire égyptien annexent littéralement la région jusqu'au Batn el-Haggar. On assiste alors à une
réaction du royaume de Kerma qui protégera ses cités derrières des remparts et, signe des temps, les
défunts masculins seront alors inhumés avec leurs armes de manière systématique.
Troisième royaume de Kerma

(XVIIIe au XVIe siècles av. J.-C.)

Le royaume de Koush durant le Kerma classique étend son territoire de la première cataracte, aux
environs d'Assouan, jusqu'à la quatrième cataracte suite à l'alliance des peuples nubiens (Groupe C)
et du royaume de Kerma qui en devient alors la capitale. Les relations avec le voisin du nord sont au
début pacifiques et le commerce est florissant avec toute la vallée du Nil et l'Afrique centrale.

On assiste à un bond de l'agriculture et de l'urbanisation de la région. Grandes constructions dans la


capitale et nécropoles royales avec tumuli colossaux (certains dépassent les 100 mètres de diamètre).
Au niveau culturel on assiste à un maintien des coutumes et traditions locales bien que certains
éléments architecturaux ou décoratifs soient empruntés à la culture égyptienne qui reste assez
présente sur le nord du royaume. Des relations diplomatiques entre Kerma et les
dynastes Hyksôs du Delta du Nil sont prouvées et attestent que les deux puissances cherchèrent à
passer alliance afin de contrer la montée en puissance d'une dynastie rivale située à Thèbes. L'un de
ces souverains, Kamosé reprendra alors l'avantage sur le royaume de Kerma repoussant sa frontière
au sud d'Éléphantine. Son successeur Ahmosis poursuivra cette conquête des territoires du Soudan.

Domination égyptienne
(XVIe au XIIe siècles av. J.-C.)

Les pharaons du Nouvel Empire égyptien étendent leur domination jusqu'à la IVe cataracte (Nubie
égyptienne). Destruction du royaume de Kerma par Ahmosis puis Aménophis Ier (XVIIe dynastie) et
contrôle des routes commerciales ainsi que des mines d'or du désert oriental.

Construction des sites et monuments en Nubie égyptienne :

 Beit el-Ouali,
 Gerf Hussein,
 Kouban,
 Ouadi es-Séboua,
 Amada,
 Aniba,
 Derr,
 El-Lessiya,
 Qasr Ibrim,
 Abou Simbel.

Construction des sites et monuments en Nubie soudanaise et au Soudan :

 Faras,
 Aksha,
 Bouhen,
 Semna,
 Ouronarti,
 Koumma,
 Amara,
 Saï,
 Sédeinga,
 Djebel Dosha,
 Soleb,
 Sésébi,
 Pnoubs,
 Argo,
 Kaoua,
 Napata (Djebel Barkal),
 Kourgous.

Installation d'un vice roi pour cette région qui subit une égyptianisation affichée. Capitale à Aniba.

Au XIe siècle av. J.-C. avec la fin de la domination égyptienne sur le Soudan suite à l'éclatement de
l'Égypte en plusieurs royaumes rivaux, la Nubie devient indépendante autour du vice roi de
Koush dont le dernier représentant attesté est Panéhésy (règne de Ramsès XI) et permet ainsi le
développement à nouveau des chefferies et des principautés au Soudan qui semblent coexister
pacifiquement notamment au sud du pays.

Au Xe siècle av. J.-C. on assiste alors à la constitution d'une principauté autour d'une dynastie locale
à Napata (Djebel Barkal). Cette dynastie trouverait ses origines dans la lointaine Méroé alors encore
simple place commerciale. Peu à peu l'influence de la principauté s'étend sur l'ensemble des
royaumes du Soudan et constitue un puissant royaume au cœur de l'Afrique occidentale et centrale.
Règne de six souverains inconnus. Au IXe siècle av. J.-C. suite à une guerre civile qui plonge la
thébaïde dans le chaos, une partie du clergé de Karnak se réfugie àNapata sous la protection des
princes de Koush.

Royaume de Napata
(VIIIe au IVe siècles av. J.-C.)

Article détaillé : Royaume de Napata.

Avec le règne du prince Alara puis celui du roi Kashta le Koushite, on assiste à la conquête de la
Basse Nubie puis de la Haute-Égypte. On peut alors considérer cette période comme l'apogée
du royaume de Napata dont la dynastie réclame l'héritage de l'Égypte. En effet, devant l'anarchie qui y
règne, Piyé (Piânkhy), puis après lui ses successeurs, interviennent et montent sur le trône
d'Égypte fondant la XXVe dynastie. Leur royaume s'étend alors de la VIe cataracte aux environs
de Khartoum jusqu'à la Méditerranée.

Pharaons de la XXVe dynastie issus de Napata

 Piyé,
 Chabaqa,
 Chabataqa,
 Taharqa,
 Tanouetamani.

Tous règneront sur le royaume de Koush et d'Égypte.

De cette époque date la construction des temples napatéens de la Nubie actuelle et du Soudan. Cet
empire prendra fin à la seconde moitié duVIIe siècle av. J.-C. avec la conquête de l'Égypte par
les Assyriens. Le royaume qui conserve Napata comme capitale retrouve alors ses frontières
originelles.

Royaume de Méroé
(IVe siècle av. J.-C. au IVe siècle)

À la fin du IVe siècle av. J.-C., les rois de Nubie font face à une invasion venue du Nord, quittent
Napata et se réfugient plus au Sud à Méroé. Développement de la culture méroïtique dans toute la
vallée du Nil et relations commerciales étroites avec le royaume lagide d'Égypte. Des conflits éclatent
entre les deux puissances et trouveront leur paroxysme lors de la conquête romaine au Ier siècle av. J.-
C..
Candace nubienne

Règne des rois de Méroé :

 Arkamani Ier (-275 à –250) il construit de grandes pyramides à Méroé,


 Arnékhamani (-235 à –218),
 Adikhalamani,
 Arkamani II,
 Candace (reine) Chanakdakhéto (-170 à –150),
 Tanéyidamani (-110 à -90),
 Téritéqas,
 Candace Amanitoré Ire,
 Candace Amanishakhéto (-35 à -20),
 Natakamani,
 Candace Amanitoré II (-12 à +12),
 Chorkarer.

Construction des sites et monuments :

 Philaé,
 Kalabsha,
 Dakka,
 Qasr Ibrim,
 Tabo,
 Napata,
 Méroé,
 Musawarat es-Sofra,
 Naga,
 Wad-Ben-Naga,
 Basa,
 El-Hassa,
 Hosh-Ben-Naga,
 Djebel Qeili,
 Soba,
 Khartoum.

Développement des cultes des dieux soudanais : Dédoun le premier de Nubie, Apédémak le grand
dieu du Sud, Arsénouphis et Mandoulis.

Nécropole de pyramides royales à Méroé : bien qu'on assiste au IIIe siècle av. J.-C. à un bref retour de
la nécropole royale à Napata, qui doit correspondre à une reprise d'influence de la région du nord du
Soudan par le royaume de Koush (probablement au moment ou les lagides perdront leur suzeraineté
sur la Haute-Égypte) celle-ci est en fait officiellement à Méroé.

La pyramide N19 du site de Méroé, au centre

Lors de la découverte des nécropoles royales de Méroé au XIXe siècle, une véritable chasse au trésor
eut pour effet la destruction systématique des pyramides dans l'espoir de découvrir dans leur
maçonnerie des caches et chambres secrètes abritant les trésors des rois soudanais.
Excepté le trésor de la candace Amanishakhéto découvert enveloppé dans des linges dans un
chaudron en bronze (oublié par les pillards ?) cette campagne de destruction systématique n'eut que
peu de résultat, la plupart des tombes royales ayant été pillées à la fin de l'antiquité et laissa les
nécropoles royales en ruine.

En fait les pyramides de Méroé sont conçues de la même manière que celles de Napata, à savoir une
sépulture aménagée dans le sous-sol du monument, le plus souvent formé d'une seule pièce, dans
laquelle était inhumé le royal défunt avec son mobilier funéraire le jour de ses funérailles. C'est alors
que la pyramide était édifiée par les héritiers du défunt. Ces monuments n'avaient donc pas d'autre
but que de signaler la sépulture royale et ainsi précédées d'une chapelle funéraire avec un petit
pylône, hérité de l'architecture religieuse égyptienne, qui le plus souvent portait une représentation du
roi ou de la reine massacrant rituellement les ennemis du royaume. Cette chapelle de culte adossée
au monument funéraire pyramidal comportait une représentation d'Osiris en ronde bosse qui finit par
disparaître à la fin de la période méroïtique.

Cette époque est troublée par de nombreux conflits avec les tribus et peuplades nomades du désert
occidental et oriental qui poussé par la désertification inexorable de la région cherchaient de nouvelles
terres pour s'installer. Les rois et reines de Méroé durent ainsi sans cesse repousser ces incursions
abandonnant parfois le contrôle de la Nubie puis le reprenant assimilant à nouveau ces cultures dans
son orbite d'influence.

Les relations avec l'Égypte lagide sont inégales en fonction de la puissance de cette dernière. Ainsi au
début de la prise de pouvoir des premiers Ptolémées les deux royaumes entretiennent des échanges
commerciaux et culturels qui favorisent le développement économique de la Nubie. Des temples et
des chapelles sont construites conjointement notamment à Kalabsha en l'honneur du
dieu Mandoulis et à Philaé en l'honneur d'Arsénouphis.

En revanche au IIe siècle av. J.-C., avec l'affaiblissement de la monarchie d'Alexandrie, la zone
frontière semble annexée par les souverains koushites qui poussèrent peut être leur avantage en aval
de la première cataracte. On sait qu'en tous les cas la thébaïde échappa au contrôle
des Ptolémées pendant près d'un siècle et qu'un petit royaume s'y forma, sans doute soutenu par son
puissant voisin du sud.

Ptolémée V finit par réduire cette sédition de la Haute-Égypte et poussa son expédition
jusqu'à Napata, il dut cependant rebrousser chemin, sans doute devant l'hostilité permanente des
populations locales comme autrefois le Grand roi des Perses Cambyse II échoua dans cette voie. Le
royaume de Méroé restait invaincu et à nouveau la frontière est fixée à Assouan. Les relations
commerciales reprirent jusqu'à la fin de l'époque lagide en Égypte lors de l'invasion romaine et le
suicide de Cléopâtre VII en -30.

En -24, conquête de Philaé et d'Assouan par la candace Amanishakhéto. Conquête de la Nubie par
les romains qui seront stoppés par la reine. Traité de paix entre Rome et Méroé en -21, dit traité
de Samos. La frontière est fixée à Maharraqa et à dater de cette époque les deux empires
entretiendront des relations commerciales florissantes. De nouveaux programmes architecturaux ont
lieu en Nubie conjointement contrôlée pendant les premiers siècles de notre ère. Cependant les
relations seront parfois tendues pour des raisons essentiellement économiques (mines d'or
notamment).

Néron par exemple organisera une expédition sans lendemain vers Méroé (échec de l'expédition ?).
De son côté le royaume de Méroéorganisera des expéditions vers le nord dans le but de garantir
l'accès à ses lieux de cultes.

À la seconde moitié du IVe siècle, des incursions répétées du royaume d'Axoum entament le royaume
de Méroé. C'est à cette époque que l'on situe traditionnellement sa chute sous les coups des rois Ella-
Amida et Ezana d'Éthiopie. La dernière sépulture royale méroïtique que l'on ait découverte est datée
des environs de 350, ce qui démontre que malgré ces assauts de l'histoire la civilisation de Méroé
n'avait pas été totalement anéantie par le royaume chrétien d'Éthiopie.

Royaumes post-méroïtiques
(IVe au VIe siècles)

Éclatement du royaume de Méroé en trois royaumes :

 En Basse-Nubie, royaume de Nobatie,


 En Haute-Nubie, royaume de Makurie,
 La région de Méroé devient le royaume d'Aloua ou Alodie.

En 450, alliance des Nobades et des Blemmyes contre Rome pour la défense de leurs lieux de cultes
dont l'île de Philaé était le principal sanctuaire. En 453 signature d'un traité de paix entre les
belligérants autorisant les soudanais à pratiquer leur culte d'Isis librement. Sépultures royales d'El-
Hobagi et nécropoles de Qoustoul et Ballana.

Vers 540 christianisation des royaumes nubiens.

Nubie
Article de la série Lieux égyptiens

Lieux

Nomes / Villes
Monuments / Temples

Région

Basse-Égypte / Moyenne-Égypte
Haute-Égypte / Nubie

Localisation

La Nubie est aujourd'hui une région du nord du Soudan et de l'extrémité sud de l'Égypte, longeant le
Nil.

Dans l'antiquité, la Nubie était un royaume indépendant.

Les habitants de la Nubie parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques.

Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu'au début des années 1970 au nord du Nyala au
Soudan, dans le Darfour. L'ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre
les VIIIe et IXe siècles.

Histoire
L'histoire récente des Nubiens est marquée par une ultime catastrophe écologique et sociologique de
grande envergure. En 1963, les quelque 100 000 habitants de Basse Nubie, entre la cataracte de Dal
au Soudan etAssouan en Égypte, sont chassés de leurs maisons et de leurs terres par la construction
du haut barrage d'Assouan. Depuis, le lac Nasser a englouti deux cataractes majeures dans l'histoire
de l'Égypte antique.
Préhistoire

Ruines de la cité de Kerma

Les plus anciens habitants connus de la Nubie sont les Badariens, suivis des Amratiens puis
des Gerzéens, appelés civilisations du « groupe A ». Depuis l'installation des Gerzéens, la Nubie a
réellement commencé à se former - période qui correspond à l'avènement en Égypte de la Ire dynastie,
vers l'an -3100. Les Gerzéens étaient à l'origine un peuple nomade, qui s'installa en Nubie pour
devenir éleveurs, s'occupant de moutons, de chèvres et de quelques vaches. Ils se distinguent par
leurs poteries et leurs rites funéraires, très différents de ceux des Égyptiens.

La culture gerzéenne déclina aux alentours du XXVIIIe siècle avant notre ère, suivie par les civilisations
dites du « groupe B ». On a parfois considéré que les peuples du groupe B avaient envahi la Nubie -
on pense aujourd'hui que le groupe B est issu du groupe A. Ces peuples étaient bien plus pauvres
que les précédents, et bien moins nombreux. On suppose donc une attaque ou des pillages,
probablement égyptiens, qui auraient provoqué une crise en Nubie.

Avec le commerce en Égypte, la Nubie réussit à acquérir un certain niveau de vie et de stabilité.
Autour de la VIe dynastie égyptienne, la Nubie fut divisée en petits royaumes - il y a débat concernant
l'appartenance ou non des royaumes à un hypothétique « groupe C ». On remarque l'étonnante
similitude entre les poteries des anciens du groupe A et celles du groupe C, semblant dénoter soit une
nostalgie de ces derniers, soit un retour des premiers. Le désert du Sahara était à cette époque
suffisamment invivable pour provoquer l'exode soudain des peuples nomades qui y résidaient
normalement, se réfugiant alors en partie en Nubie.

Des civilisations du groupe C, la première à unifier les régions autour d'elle fut celle du royaume de
Kerma - royaume qui tient son nom de la cité de Kerma, que l'on suppose avoir été sa capitale. Par-
delà la première cataracte, la Nubie, pays de l'or, a tôt attisé les convoitises des pharaons, qui y
multiplièrent les expéditions militaires et commerciales. Après le réveil de l'Égypte sous le Nouvel
Empire, les troupes égyptiennes se sont étendues au sud. Sous le règne de Thoutmôsis Ier, vers
-1520, toute la Nubie du nord était annexée. Elle prendra une revanche avec l'épisode des pharaons
noirs.

Le Royaume de Koush
Au cours de la Troisième période intermédiaire (-1085 / -750), la Nubie recouvrait son indépendance.
Se constitua alors dans le bassin du Nil moyen un « empire koushite » qui allait perdurer durant
quelque mille ans. Cette période est traditionnellement divisée en deux époques : celle de Napata, qui
a duré de -750 à -300, et celle de Méroé, qui a duré de -300 à 340.
Époque napatéenne

Le royaume de Koush reprit beaucoup de pratiques traditionnelles égyptiennes, notamment leur


religion, et les pyramides. Le royaume survit plus longtemps que celui d'Égypte, envahissant même ce
dernier durant la XXVe dynastie au VIIIe siècle avant notre ère. Vers -660, les pharaons koushites sont
repoussés vers leur région d'origine, la Nubie, et forment à Napata un royaume original, synthèse des
influences nubiennes et égyptiennes.

Vers -591, suite à l'expédition de Psammétique II contre Koush, la capitale quitte Napata pour Méroé.
À ce fait s'était ajouté le durcissement des conditions climatiques ; ce qui reléguait le Nord à des
fonctions secondaires.
Époque méroïtique [

Cimetière sud de Méroé

À partir des années -315 / -295, s'accentue la rupture (jamais achevée) d'avec le modèle égyptien.

En effet, sous Nastasen (-335 à -315), Méroé ravissait à Napata les dernières grandes fonctions qui
lui restaient. C'était celles de lieu de couronnement et d'inhumation des souverains.

C'est dans ce contexte qu'a eu lieu l'avènement des Candaces, des reines exerçant effectivement le
pouvoir politique suprême. L'effectivité de leurs statut et fonctions impériaux est traduite par les titres
royaux qu'elles portent et qui sont empruntés au protocole pharaonique. Ce sont Sa-Rê, Neb-
tawy et n-swt-bity. Elle est traduite par le geste auguste de massacrer les ennemis qui,
depuis Narmer, exprime le triomphe du souverain régnant. Elle trouve aussi un écho dans la Bible.

Durant l'époque romaine, les koushites commerçaient avec les Romains, et étaient également des
mercenaires redoutés.
Durant ce temps, les différentes régions se divisèrent en plus petits groupes armés, dirigés par un
général. Ils combattirent pour le contrôle de la Nubie, laissant la région faible et vulnérable à toute
attaque. Les Noba en profitèrent pour conquérir la Nubie - il est même possible que le nom de la
région leur soit dû, à moins que « Nubie » vienne du mot égyptien nub, l'or. Depuis ce temps, les
Romains les ont appelés Nobatae.

La Nubie chrétienne

Vers l'an 350, la Nubie fut envahie par le royaume éthiopien d'Axoum. L'ancien gouvernement nubien
fut écrasé. Trois nouveaux royaumes se formèrent alors :

 La Nobatia, au nord, entre la première et la seconde cataracte du Nil, dont la capitale était
Pachoras (aujourd'hui Faras) ;
 La Makuria, au milieu, ayant pour capitale Dongola ;
 L'Alodia, plus au sud, ayant sa capitale à Soba, près de Khartoum ;

Le roi Silko de Nobatia écrivait en grec et grava ses victoires sur le temple de Talmis
(aujourd'hui Kalabsha) vers l'an 500.

Quand Athanase d'Alexandrie consacra Marcus évêque de Philae avant sa mort en 373, montrant par
la même occasion la domination chrétienne sur la région au IVe siècle, Jean d'Éphèse nota qu'un
prêtre monophysite nommé Julian convertit le roi et ses nobles vers 545. Il note également que le
royaume d'Alodia fut converti vers 569. Ses écrits sont parfois contradictoires, cependant, avec ceux
de ses contemporains. L'Église de Nubie prêta allégeance à l'Église orthodoxe orientale (Melkite) puis,
en 719, à l'Église copte1

Au VIIe siècle, Makuria s'étendit, devenant la principale puissance de la région - assez puissante pour
empêcher l'invasion des peuples arabes. Après plusieurs échecs, ces derniers tentèrent un accord de
paix avec Dogomba, permettant notamment le commerce entre les deux puissances. Ce traité dura
600 ans. Avec le commerce, la pensée arabe se propagea en Nubie, supplantant rapidement la
chrétienté. L'église « royale » de Dongola fut remplacée par une mosquée vers 1350.

Nubie moderne

Au cours du XIVe siècle, le gouvernement Dongolan s'est effondré, divisant la région qui revint alors
sous l'influence de l'Égypte. La Nubie vit défiler les envahisseurs, et l'installation de nombreux
royaumes. L'Égypte s'appropria le nord du pays, laissant le Sud au royaume de Sennar vers
le XVIe siècle.

L'Égypte obtint plus tard le contrôle total de la région, sous le règne de Méhémet Ali au XIXe siècle, puis
devint un condominium anglo-égyptien.

Avec la fin de la colonisation anglaise, la Nubie fut séparée en deux parties, l'une appartenant à
l'Égypte, l'autre au Soudan.
Beaucoup de Nubiens d'Égypte durent quitter leurs villages envahis par les eaux du lac Nasser après
la construction du barrage d'Assouan. En aval du barrage, les derniers pêcheurs nubiens tapent
encore sur l'eau avec de longs bâtons pour attirer silures et perches du Nil vers leurs nasses. Leurs
héritiers préfèrent louer leur service aux touristes du lac Nasser.