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Phénicie

Localisation des principaux sites du Levant de la première moitié duIer millénaire avant J.-C.

Le territoire de la Phénicie correspond au Liban actuel auquel il faudrait ajouter certaines portions de
la Syrie et d'Israël.

Les Phéniciens étaient un peuple antique d'habiles navigateurs et commerçants. Partis de leurs cités-
États en Phénicie, ils fondèrent dès - 3000 de nombreux comptoirs en bordure de
la Méditerranée orientale, notamment Carthage (en - 814). Rivaux des Mycéniens pour la navigation
en Méditerranée au IIe millénaire av. J.-C., ils furent d'après ce qu'on en sait les meilleurs navigateurs
de l'Antiquité.

L'invasion des Peuples de la Mer va ravager les cités phéniciennes, de même que Mycènes et les
autres territoires qu'ils traversent, mais c'est ce qui va permettre aux Phéniciens de trouver leur
indépendance vis-à-vis des puissances voisines qui les avaient assujettis puisque celles-ci seront
elles aussi détruites par ces invasions. La chute de Mycènes en particulier va leur permettre de
dominer les mers.

Après avoir supporté les assauts des Athéniens, des Assyriens, de Nabuchodonosor puis de Darius
III, la Phénicie disparut finalement avec la conquête par Alexandre le Grand en - 332.
Le nom Phénicien leur a été donné par les Grecs qui faisaient ainsi allusion à leur faculté à produire
de la pourpre, qui se dit phoinix en grec. Ce nom évolua en latin en Punicii d'où le nom des guerres
puniques.

Selon Pline, « le peuple phénicien a l'insigne honneur d'avoir inventé les lettres de l'alphabet ».

Étymologie
Le terme "phénicien" leur aurait été attribué par les Grecs. En effet, "phoinix" signifie en grec : "rouge",
les Phéniciens étant les découvreurs de la pourpre, teinture rouge probablement tirée du Murex,
un gastéropode dont ils firent une véritable industrie exportée dans tout le monde antique. Eux-mêmes
se nommaient Tyriens, Sidoniens etc. du nom de la cité dont ils étaient originaires. Comme
les Hébreux, ils sont sans doute issus du vieux fond ouest-sémitique ou cananéen du Levant.

Un empire maritime
Leur pays est prospère, très boisé, fertile, mais étroit entre la chaîne montagneuse du Liban et la mer.
Ils ne pouvaient donc espérer bâtir un empire dans l'hinterland, peuplé par leurs puissants voisins.
C'est donc vers la mer qu'ils vont se tourner. Bientôt Tyr va devenir la capitale de leur empire
maritime. Ainsi trouveront-ils ailleurs les ressources que ne leur offre pas l'exiguïté de leur territoire, et
la motivation première qui les poussera vers d'autres rivages sera essentiellement d'ordre mercantile.
Pour s'y implanter comme ils le firent, il leur faudra certes beaucoup d'astuces, mais aussi beaucoup
de courage pour affronter la mer et ses horizons inconnus. Ils sauront, durant des siècles, s'assurer le
quasi monopole du commerce en Méditerranée. Ils propagèrent l'alphabet dans tous les pays
riverains.

Navigation
"Des Phéniciens apportaient une foule de breloques dans leur vaisseau noir." — Odyssée, XV

"Les vaisseaux de Tarsis ramèneront du lointain tes fils, et avec eux leur argent et leur or." — Isaïe,
LX, 9

Telle est l'idée que les anciens avaient des navigateurs phéniciens.

Nous connaissons peu de chose sur la flotte phénicienne et les représentations de leurs navires sont
rares. L'une d'elles provient de la fresque d'un tombeau de Thèbes au IIe millénaire av. J.-C., coque
large et arrondie, avec un mât central et une voile carrée. Une autre provient d'un bas-
relief assyrien du palais de Sargon II près de Ninive, et représente des barques relevées aux
extrémités avec une tête de cheval comme figure de proue, mues par des rameurs. Une troisième
enfin sur un autre bas-relief de Ninive, provenant du palais de Sennacherib représentant deux types
de navires différents : navires de guerre à quille longue, l'étrave se terminant par un éperon effilé,
en poupe deux rames flanquées de chaque côté servant de gouvernail, un mât et deux rangées
superposées de rameurs ; des navires de commerce à coque renflée, les gauloi des Grecs qui les
imiteront et leur donneront leur nom phénicien transcrit en grec.
Des embarcations permettant de remonter le cours des fleuves donc, ainsi que le cabotage, auquel
les phéniciens ne se limitèrent pas. Ils n'hésitèrent pas à affronter la haute mer ; la boussole n'existant
pas alors, leurs pilotes se repéraient grâce à la Petite Ourse, que les Grecs appelaient précisément
« la Phénicienne », ce qui prouve qu'ils pratiquaient la navigation nocturne.

Les améliorations de leurs vaisseaux et des techniques de navigation leur permirent, entre
les XIIe et VIIIe siècle av. J.-C.s, de prendre une nette avance sur leurs rivaux. Ils assurèrent l'étanchéité
de leurs embarcations grâce au bitume pour le calfatage, ce qui permit sans doute aux anciens de
parler des « noirs vaisseaux » phéniciens. Renforçant la carène par une carlingue, ils obtinrent des
vaisseaux plus longs, plus rapides et de plus gros tonnage, mieux adaptés aux navigations lointaines,
et à la navigation hauturière, leur permettant d'utiliser les vents et les courants. C'est ce qui leur
assura la découverte des routes maritimes et la maîtrise de la mer, secrets que durant des siècles ils
gardèrent jalousement.

Outre la fondation de leurs célèbres comptoirs tel Carthage, on leur prête, non à tort, ainsi qu'à leurs
successeurs Carthaginois, de lointaines navigations, voyages de découverte et d'exploration au-delà
du monde connu dans l'Antiquité.

 Périple de Hannon : pour comprendre le processus de création des comptoirs et de leur


peuplement au temps de Carthage.
 Périple d'Himilcon : La « Route de l'étain ».
 Voyage au pays d'Ophir.
 Circumnavigation de l'Afrique en partant de la Mer Rouge, vers - 600 sous le règne du
pharaon Nécao et à sa demande.

Commerce
Les premiers et principaux mandataires des armateurs phéniciens furent les empires de l'Orient et de
l'Égypte, rois assyriens et pharaons, avant que les cités phéniciennes forment l'empire de la mer
qu'elles domineront. Leurs navires sillonnent la Méditerranée et transportent tout ce qui peut
s'échanger ou se vendre : denrées alimentaires telles que le vin, l'huile ou les grains (blé, orge) dans
leurs amphores de forme caractéristiques, rondes et ventrues, minerais de cuivre, d'argent et surtout
d'étain servant à la production du bronze. L'Andalousie est alors la plaque tournante du trafic de
minerais. La Bible, à cet égard, a rendu célèbre les « navires de Tarsis » (Tartessos).

Mais ils transportent aussi des produits de luxe : animaux exotiques pour les cours royales tels que les
singes ou les crocodiles. Pourpre, bois de cèdre, parfums et pierres précieuses du pays d'Ophir au
temps d'Hiram et la verroterie, qui leur sert de monnaie d'échange avec les populations locales.

On peut avoir des indices sur les rapports qu'ils entretenaient avec ces populations locales et le type
d'échanges, ainsi que leurs modalités, chez Hérodote qui décrit une scène d'échange à Argos, ou
chez le Pseudo-Scilace et Denys d'Halicarnasse : la piraterie aurait été monnaie courante dans le
trafic maritime de l'Antiquité, et les femmes et les enfants attardés à marchander risquaient d'être
embarqués. Car c'est sur les rivages qu'avait lieu le troc avec les indigènes tandis que les transactions
avec les marchands des différentes civilisations avec lesquelles ils commerçaient avaient lieu dans
les emporions qui représentaient autant d'étapes des routes des Phéniciens, généralement près des
temples prévus également à cet effet.

Mythologie, culte et religion


La littérature phénicienne du 1er millénaire, rédigée sur papyrus, a complètement disparu dans le
climat humide du Levant et ne nous est connue que par des fragments de textes gravés et par les
témoignages laissés par les peuples voisins. Avec cette disparition, se perdit en grande partie la
mémoire des grands cultes de la fertilité et de leur riche patrimoine mythique qui a frappé l'imagination
des Hébreux de Palestine.

Comme tous les peuples et toutes les civilisations antiques dont les textes ne nous sont pas parvenus,
ou dont il reste peu de témoignages — ce qui est donc le cas pour les Phéniciens, mais aussi pour
les Étrusques ou les Ibères par exemple, c'est surtout l'archéologie qui nous renseigne, et les textes
laissés par les voisins, Égyptiens, Grecs et Latins. Parfois l'archéologie vient confirmer les textes
anciens, parfois les résultats sont discordants.

Les divinités phéniciennes appartenaient à un panthéon mystérieux et complexe. Un dieu protecteur


était souvent associé à une Cité. On peut citer parmi les divinités dont les noms sont encore connus:

 Baal ;
 El, assimilé à Chronos ;
 Astarté (Tanit) ;
 Melqart assimilé par les Grecs à Héraclès ;
 Eshmoun assimilé par les Romains à Esculape.

De nombreux mythes grecs font intervenir les Phéniciens, leur pays ou des dieux de leur
rivage. Cadmos; Europe; ou Adonis sont les exemples les plus célèbres. Ils furent habilement
revendiqués par les tyriens et sidoniens hellénisés à l'époque hellénistique.

Il faut être prudent dans le crédit à accorder aux auteurs anciens quand ceux-ci décrivent des
civilisations étrangères, voire concurrentes, à la leur. Ce fut le cas des Grecs vis-à-vis des Phéniciens,
puis des Romains vis-à-vis des Puniques. Les auteurs en donnent parfois une image faussée qui ne
correspond sans doute pas à la réalité, ou relatent des faits qui ne sont pas compris, ou manifestent
ouvertement une hostilité pour ceux qui représentent l'ennemi.

Les Grecs comme les Romains nous ont laissé des Phéniciens l'image d'un peuple cruel pratiquant
les sacrifices humains, c'était oublier un peu vite Iphigénie, souvenir d'un temps où ces mêmes
sacrifices furent pratiqués en Grèce ; quant à la crucifixion, nous savons qu'elle était chose courante
chez les Romains. Toutes les civilisations archaïques ont pratiqué ce type de rites d'une manière ou
d'une autre ; il convient donc de redimensionner cet aspect cultuel qui heurte les modernes, et heurtait
déjà à l'époque classique, pour comprendre ce qu'a été une civilisation qui fut grande, et ce qu'elle a
laissé en héritage à l'humanité. À cet égard, l'invention de l'alphabet lui a longtemps été attribuée par
les Grecs eux-mêmes.

Les cités phéniciennes


Les cités de Phénicie sont très anciennes, bien antérieures à l'âge du fer, et édifiées par
les Cananéens. Leur fondation est souvent légendaire, et ce qu'on sait des constructions (en dehors
de ce que nous livre l'archéologie) est surtout relatif au roi Hiram de Tyr. La plupart des cités sont
côtières, le plus souvent situées sur des promontoires, sur des îlots près des côtes, à l'embouchure de
fleuves, et le choix des sites sera le même pour les colonies.

 Arvad ( Tartus - Syrie)


 Berytos (Beyrouth - Liban)
 Byblos(Jbeil - Liban)
 Ougarit ( Lattaquié -Syrie)
 Tyr (ville) (Sour - Liban)
 Sidon (Saïda - Liban)

Les comptoirs phéniciens


On est mieux renseigné sur les fondations des cités d'Occident, plus récentes. Le choix des lieux suit
les mêmes critères qu'en Phénicie, quelques fois au fond de baies selon la géographie des côtes qui
se présentent. Contrairement aux Grecs, qui cherchent des terres à cultiver, les Phéniciens
s'intéressent surtout à la configuration des lieux facilitant les installations portuaires. Ils sont attentifs à
ce que les lieux qu'ils choisissent présentent un bon accès à la mer mais aussi à l'arrière-pays ; le
choix d'îlots reflète la préoccupation de la sécurité et de pouvoir éventuellement se protéger de la
population locale. Dans la cité phénicienne, toute l'activité est centrée sur le port et les entrepôts.
L'orientation et le plan ne sont donc pas homogènes. Les habitations sont en général beaucoup plus
grandes que les demeures des colonies grecques à la même époque, sans doute pour pouvoir
constituer des stocks. En évoluant, les nouvelles constructions suivront un plan régulier et les cités
comporteront également des espaces publics, mais beaucoup moins nombreux que dans les colonies
grecques. Sanctuaires et tophets (nécropoles) feront également leur apparition. À quelques
exceptions près, l'espace cultivable alentour est beaucoup moins étendu que dans les colonies
grecques. Les fortifications, excepté en Sardaigne, sont pratiquement inexistantes : la mer est le
meilleur rempart.

 à Chypre : Kition
 à Malte
 en Sicile : Mozia (Motyé)
 en Sardaigne : Tharros, Nora (cité punique), Sulcis
 en Péninsule Ibérique: Olisipo (Lisbonne), la mythique Tartessos, Gadès (Cadix), Nova
Cartago (Carthagène), Onoba (Huelva), Toscanos,Trayamar, Malaca (Malaga), Abdera (Adra),
Sexi (Almuñecar)...
 en Afrique du Nord: Tripoli, Hadrumetum (Sousse), Carthage, Hippone (Annaba), Icosium
(Alger), Utique, Rachgoun, Lixus, Mogador...

Trois cités dépendaient de Carthage, connues ultérieurement sous leur nom grec ou latin : Oea,
Sabrata, Leptis Magna

Liste des villes au Maroc fondées par les Phéniciens


 Agadir : Possible escale des Carthaginois sur leur route au Cap-Vert (hypothèse non attestée).

 Anfa (aujourd'hui Casablanca) : Anfa date du Néolithique. Ayant servi d'escale aux Phéniciens sur
leur route à Essaouira, elle fut ensuite occupée par les Carthaginois sans connaître d'invasions
romaines.

 Azamma (aujourd'hui Azemmour) : Fondée par les Phéniciens, Azama devint par la suite une
importante colonie carthaginoise et romaine.

 Cerné (aujourd'hui Essaouira) : Les Phéniciens la fondèrent en 900 avant Jésus-Christ et elle fut
ensuite sous les mains des Carthaginois. Mais, son véritable essor débuta au Ier siècle avant Jésus-
Christ sous le règne de Juba II qui lui changea son nom en "Mogador".

 Ich : Dans le désert, près de Figuig. Elle fut une colonie romaine.

 Lixus (aujourd'hui Larache) : Fondée par les Phéniciens en 1146 avant Jésus-Christ, Lixus fut
ensuite colonisé par les Carthaginois et les Romains.

 Rusbisis (aujourd'hui El Jadida) : Fondée par les Carthaginois en 650 avant Jésus-Christ, elle fut
ensuite une escale romaine sur leur route à Essaouira.

 Rusadir (aujourd'hui Melilla, une exclave espagnole) : Fondée par les Phéniciens, elle fut ensuite
occupée par les Carthaginois et les Romains.

 Sala Colonia et Chellah (aujourd'hui Rabat et Salé) : Fondées par les Phéniciens, ces cités
tombèrent sous domination carthaginoise; mais leur période la plus prospère fut sous les Romains.
Salé date du néolithique.
 Tamuda (aujourd'hui Tétouan) : Fondée par le Général carthaginois Hannon avant de tomber en
l'an 39 sous domination romaine.

 Thusmida : Fondée par les Phéniciens, l'actuelle Mehdya à l'embouchure du Sebou connut
ensuite les invasions carthaginoises, romaines avant de tomber aux mains des Vandales et des
Byzantins.

 Tingis (aujourd'hui Tanger) : Fondée par des Phéniciens sous le nom de Tingi, elle fut ensuite
occupée par les Grecs, Carthaginois et Romains.

 Tizas (aujourd'hui Taza) : Fondée par les Carthaginois, elle abrita sous les Romains une
importante garnison militaire.

 Volubilis : Elle fut fondée par les Carthaginois et connut un essor incroyable sous le règne romain.

 Zilis (aujourd'hui Asilah) : Fondée par les Phéniciens, avant Jésus-Christ, elle fut ensuite occupée
par les Carthaginois de 700 à 146 avant d'être sous domination romaine.

Colonisation de Malte

Les Phéniciens, grands navigateurs, utilisent Malte à partir du Xe siècle av. J.-C., comme relais sur la
route du cuivre qu'ils vont chercher dans l'actuelle péninsule Ibérique. Ils créent Carthage en 814 av.
J.-C. et c'est certainement vers la même époque que datent les postes en Sicile ( Panormos/Palerme,
Soeis/Solonte) à Pantelleria et à Malte. Ils installent une colonie dans les îles de l'archipel vers 725 av.
J.-C..

Avec le déclin de la Phénicie sous les coups de boutoir des Assyriens et des Babyloniens, l’île passe
sous le contrôle de Carthage en 480 av. J.-C. C'est une colonie précieuse dans la lutte que les
Carthaginois mènent contre les Grecs et ensuite contre les Romains. Il est probable que l'archipel
maltais était un relais important dans le commerce avec les actuelles îles Britanniques et du Cap
vert avec des dépôts de marchandises et déjà des chantiers de réparation navale . C'est à Malte que
sont retrouvées au XVIIe siècle deux cippes, datées du IInd siècleav. J.-C., dédiées au dieu Melqart,
seigneur de Tyr, sur lesquelles une inscription bilingue phénicien/grec permit en 1758 à l'antiquaire
français, l'abbé Jean-Jacques Barthélemy, le déchiffrement de la langue phénicienne.
Cippe de Pérouse, étrusque (découvert en 1822)

Hiram Ier
D'après la Bible, Hiram Ier était un roi phénicien de Tyr du Xe siècle av. J.-C. La bible en fait un descendant
de Sidon, fils de Canaan.

Biographie biblique
D'après la Bible, Hiram hérita du trône de son père Abibaal. Il commença à travailler sur l'agrandissement
de sa cité, Tyr, en élargissant les deux ports et en les reliant par un canal traversant la ville. Il construit par
la suite des temples pour ses dieux Melqart et Astarté. Son travail pour sa cité attira l'attention des
rois hébreux David et Salomon avec qui il entretînt des liens amicaux et commerciaux. Par la suite, le roi
David contacta Hiram pour lui demander de l'aide dans la construction de son temple, mais il mourut et
c'est son fils Salomon qui finit l'accord. Hiram envoya du bois, des architectes et des maçons à Salomon
pour l'aider à la construction de ce temple en l'honneur de Yahvé. Hiram mena une campagne victorieuse
contre Akko. Il put aussi remettre sous sa dépendance la colonie nord-africaine d'Utique.

Hiram reçut du blé et de l'huile de Salomon en remerciement, mais il est possible qu'il ne fut pas satisfait et
qu'il demanda qu'une expédition soit menée dans le pays d'Ophir pour ramener de l'or et des pierres
précieuses.

Biographie historique
Hiram Ier roi de Tyr était le fils d'Abibaal. il vécut 53 ans régna pendant trente-trois ans. Il eut comme
successeur son fils Baal-Ezer Ier .

Arouad
Arouad
(ar) ‫ارواد‬

Cours de la forteresse ottomane d'Arouad. Cette forteresse a un moment servi de prison pendant le mandat français.

Administration

Pays Syrie

Muhafazah Tartous

Géographie

Latitude
34° 51′ Nord
Longitude 35° 51′ Est

Altitude 0m

Localisation
Arouad

Arouad (en arabe: ‫)ارواد‬, Arwad (en phénicien), Arados (en grec ancien: Άραδος),Arados (en grec ancien:
Άραδος), Arpad, Arphad, Antioche de Pieria (en grec ancien: Αντιόχεια της Πιερίας), ou Aradus est une
île de la mer Méditerranée, la seule île de la Syrie. La ville occupe toute la superficie de l'île. Elle se situe à
3km de Tartous, l'ancienne Antarados.

Histoire
L'île est habitée dès le IIe millénaire av. J.-C. par les Phéniciens. Sous contrôle phénicien, la ville est
indépendante et on l'appelle Arwad ou Jazirat (qui signifie "île"). L'île, fortifiée par d'épaisses murailles, est
un important centre commercial pour la vallée de l'Oronte et le grand commerce maritime.

Dès la campagne du roi assyrien Téglath-Phalasar Ier, les sources cunéiformes attestent l'existence d'un
territoire continental, qui devait sans doute assurer le ravitaillement de l'île et permettre l'enterrement des
morts. Arwad était une cité-état phénicienne, gouvernée par des rois et possédant aussi des organismes
représentatifs des citoyens. Elle paie tribut à Assurnazirpal II et, en 853, son roi Mattanbaal I envoie 200
soldats à la bataille de Qarqar (853 av. J.-C.) dans une coalition contre Salmanazar III. La réduction des
territoires vaincus en province assyrienne (de Sumur) sous Teglath-Phalasar III semble couper Arwad de
ses dépendances continentales. En 701, le roi d'Arwad Abdileti paie tribut à Sennacherib et son successeur
Mattanbaal II à Assarhaddon. Le roi Yakinlu se révolte contre Assurbanipal, mais il doit se soumettre au roi
assyrien qui le remplace par son fils Azibaal.

La domination babylonienne sur les cités phéniciennes a succédé à la domination assyrienne. Les
charpentiers d'Arwad étaient renommés dans le domaine de la menuiserie et des constructions navales et
étaient employés à la cour de Nabuchodonosor, roi de Babylone.

Cette cité passe ensuite sous la domination perse et met sa flotte de guerre à la disposition des rois des
Perses. Ainsi, lorsque Xerxès Ier affronte les Grecs à la bataille navale de Salamine en 480, la flotte d'Arwad
est commandée par son roi Maharbaal. La cité commence à frapper monnaie vers 440 av. J.-C. Les
artisans d'Arwad sont spécialisés en particulier dans les sarcophages en terre cuite magnifiquement
décorés, qui ne sont connus nulle part ailleurs. Son dernier roi de la période perse, Gerashtart (en grec
Gérostratos), monte sur le trône en 339. En 333, à l'arrivée d'Alexandre le Grand, il est en mer avec sa
flotte pour soutenir le roi des Perses Darius III, mais son fils Abdashtart (en grec Straton) offre l'île d'Arwad
et tout son territoire continental au conquérant grec.

La cité passe alors sous domination grecque. Sous les Séleucides, la cité est renommée Antioche de
Pieria par Antiochos Ier.

L'île est mentionnée deux fois dans la Bible.

Lors des Croisades, l'île est prise par les Templiers qui y construisent une forteresse. Ils y restent
jusqu'en 1302, faisant de l'île le dernier territoire croisé.

Byblos

Maison traditionnelle à Byblos


Jarre en terre cuite de Byblos (1600-1200 av. JC)

Château des croisés

Temple de l'Obelisque

Byblos ou Biblos (appelée aussi Goubla dans les textes cunéiformes, Βύϐλος en grec
ancien, Gebal dans l'Ancien Testament, Giblet pendant les croisades, Jbeil enarabe1). Les Grecs la
nommèrent Byblos, car c'est de Gebal que le papyrus (ou βύϐλος, déjà ainsi nommé par Hérodote) était
importé en Grèce.

Elle se situe aujourd'hui sur le site de la ville moderne de Jbeil (Gubayl ou Joubayl, un nom descendant
directement des Cananéens), dans le gouvernorat du Mont-Liban (actuel Liban), sur la côte
méditerranéenne, à environ 40 kilomètres au nord de Beyrouth. Elle aurait été fondée vers 5000 av. J.-C.
Dès le IVe millénaire av. J.-C.Byblos est un centre commercial actif, trafiquant surtout avec l’Égypte
antique avec laquelle elle exporte du bois du Liban. Ce rapprochement de l’Égypte a un effet durable sur
l’art et la culture de Byblos, elle devient un centre religieux important où l‘on pratique le culte d’Osiris.

Elle fait aussi commerce de textile et de vêtement avec la Mésopotamie, notamment avec la ville de Mari et
également avec les Minoens de Crête. Les souverains Amorrites de Byblos se font enterrer dans des
tombeaux avec des objets égyptiens (Tombeau d’Ahiram, roi au XIe siècle av. J.-C.). Elle est mentionnée
dans la Bible, se référant à la nationalité des bâtisseurs du Temple de Salomon (-970/-931). Elle se
caractérise aujourd'hui par son antique port de pêche, son site romain et son château croisé, Byblos est
une des plus vieilles villes du monde continuellement habitée. Ce fut également un lieu de rencontre
éminemment à la mode pour la jet set du monde entier avant la guerre civile.

Histoire

L’Église de Saint-Jean-Marc qui date de l’époque des croisades. (‫)ﻤﺎر ﻴوﺤﻨﺎ ﻤرﻗﺱ‬.

Byblos est habitée de manière continue depuis plus de 7000 ans. Les traces les plus anciennes d'une
occupation humaine sur le site sont celles d'un village de pêcheurs du néolithique, établi probablement
vers 5000 av. J.-C..

Dès le milieu du IIIe millénaire av. J.-C., la cité-État de Byblos est colonisée par les Phéniciens et devient un
centre religieux important. Le temple de Baalat Gebal était ainsi célèbre dans le monde antique. Les liens
entretenus par la ville avec l'Égypte antique sont très étroits et sont à l'origine du rapide développement
culturel et religieux de la cité. Byblos est aussi un port actif qui exporte les bois du Liban vers l'Égypte et
importe du papyrus égyptien pour le revendre à travers toute la Méditerranée.

En 2150 av. J.-C., les Amorrites envahissent la ville et mettent un terme provisoire à la prospérité de celle-
ci. L'occupation des Amorrites s'achève avec l'invasion d'un autre peuple, les Hyksos, vers 1725 av. J.-C.

Byblos aujourd’hui
L'ancienne cité est entourée de murailles d'époque médiévale comportant des fûts de colonnes antiques
inclus dans les murs. Cette méthode de construction est également visible au « château de la mer »
de saint Louis à Sidon (Saïda).

L'intérieur de la cité abrite une église construite par les Génois, une petite mosquée, un souk d'artisanat
local, le château croisé, le site antique et le port.

Le port

Le site antique
Le château des croisés

Le site antique se trouve sur une pointe de terre qui contrôle deux baies, une au nord qui abrite l'actuel port,
l'autre au sud. Depuis ce port furent probablement exportés du vin, et une grande quantité de bois de cèdre
du Liban vers l'Égypte et la Grèce.

Le site antique comprend les fortifications antiques, des tombes de rois de Byblos dont celle d'Ahiram, dans
laquelle a été découverte le sarcophage sur lequel est inscrite la plus vieille transcription phénicienne et
enfin le fameux puits naturel, lieu originel de l'une des plus vieilles villes du monde. Le sarcophage
d'Ahiram est aujourd'hui exposé au Musée national de Beyrouth.

«Sarcophage qu’a fait Itoba’al fils d’Ahiram, roi de Gobel, pour Ahiram, son père,
comme demeure dans l’éternité.»

Cette première inscription est composée de dix mots. Force est de constater qu’à
une seule exception, le mot , les neuf autres sont pratiquement des mots du
parlé libanais

Sur le site antique de Byblos se trouvent des ruines de toutes les populations qui ont habité la région
depuis sa fondation. On y trouve en particulier une colonnade romaine ainsi qu'un nymphée au nord-est du
site, les murailles de la ville phénicienne, les fortifications perses, un point d'eau utilisé par de multiples
civilisations, la citadelle croisée, et même une maison du début du XXe siècle.

Tyr
Les ruines de Tyr

Tyr (‫صور‬, Sour) est une grande ville du Liban. C'est le chef lieu du Caza de Tyr dans la
Mouhafazah du Sud-Liban. La ville de Tyr est située à 70 kilomètres au Sud de Beyrouth et à environ 35
Kilomètres au Sud de Sidon.

Géographie
Carte du Liban de CIA Factbook. Tyr est situé au Sud-Ouest.

Port de Tyr

Vestiges des anciennes colomnes romaines au site d'excavation Al Mina - supposé palaestra
Théatre rectangulaire au theatre au site d'excavation Al Mina

Tyr - la ville moderne (Partie sud)

L’ancienne Tyr (aussi appelée Sour en arabe) se situe dans la Phénicie méridionale à un peu plus de 70
km au sud de Beyrouth (aussi appelée Beryte pour compléter les correspondances entre noms arabes et
antiques) et à 35 km au sud de Sidon (aussi appelée Saida en arabe), presque à mi-chemin entre Sidon au
Nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani (le leontes des sources classiques).

Comme il est bien connu, il y avait deux Tyr, une insulaire et l’autre continentale. La ville insulaire était
située sur un rocher entouré par la mer de tous les côtés, d’où son nom « SR » qui signifie en phénicien "le
rocher". La ville était séparée du continent par un détroit de 500 à 700 mètres de large qui liait la ville
insulaire à la ville continentale, et ceci avec Alexandre le Grand lors du siège de la ville en 332 av. J.-C. La
ville insulaire était dotée de deux ports, un au nord « le port Sidonien » et un au sud « le port égyptien ».
En partant de Tyr vers le nord en direction de Sidon, on passe près de la source ‘Ain Babouq, puis près de
la source thermale ‘Ain Habrian, et enfin on arrive à Nahr (fleuve, rivière) el Qasmiyé qui est la partie
inférieure du Nahr el Litani. Ce fleuve constituait la frontière Nord entre le royaume de Tyr et celui de Sidon
quand ils se sont séparés, mais la frontière nord a dépassé ce fleuve plusieurs fois et elle s’est élargie
jusqu’à Sarepta et même un peu plus parfois.

En dehors de la route menant à Sidon, une route côtière très importante partait de Tyr vers le sud, l’échelle
de Tyr, d’où l’on atteint tout de suite Tell el Rachidieh et juste après Ras el ‘Ain.
Certains historiens spécialistes, ont identifié cette dernière à Palaetyrus ou Ushu mais cette identification
n’a pas exclu les autres possibilités. La route franchit Ras el Abyad qui, à gauche mène à Oum El Amed
située sur une colline à une dizaine de mètres au-dessus de la route côtière, qui, vers le sud, nous fait
aboutir à Akzib et puis à Acre et sa plaine pour arriver finalement à Haïfa et le mont Carmel, qui constituent
la frontière sud du royaume de Tyr avec les voisins.

Histoire

Arc de triomphe.

L’histoire de Tyr se confond avec l’histoire de Sidon principalement en raison du fait que, sur plusieurs
périodes, les deux villes étaient unifiées. L’histoire de Tyr est très longue et remonte loin dans
l’histoire. Hérodote qui visita la ville en 450 av. J.-C. fut informé par les prêtres du temple de Melkart que la
ville avait été fondée en même temps que le temple et que Tyr était habitée depuis 2300 ans, ce qui nous
donne la date de 2700 av. J.-C. Cette date fut attestée par l’archéologie, et surtout par le sondage effectué
par Patricia Bikai dans le centre de Tyr l’insulaire, ce sondage ayant livré 27 niveaux dont le premier niveau
remonte au premier quart du troisième millénaire.

Entre le troisième et la fin du deuxième millénaire, Tyr n’a joué qu’un rôle secondaire dans l’histoire
du Levant, ce qui explique son omission dans les sources mariotes et eblaites. Elle figure dans les textes
égyptiens du IIe millénaire pour sa situation stratégique méridionale ; mais elle n’était qu’un petit port
d’escale entre l’Égypte et Byblos (Jbeil en arabe, le nom antique faisant référence au papier utilisé pour la
Bible) en premier lieu et un port de transit entre les ports levantins et l’intérieur. Le statut de Tyr entre le
règne de Thoutmôsis II et Ramsès III lui a permis de profiter de sa position pour développer son rôle
comme port stratégique, son commerce et son industrie, surtout par ses relations avec les autres villes
levantines.

L’histoire de Tyr vers le Xe siècle reste conjecturale, mais on pense que l'union de Tyr et de Sidon parait
favorable entre le (Xe siècle av. J.-C.) et le (IXe siècle av. J.-C.). Après la défaite de Louli (finVIIIe siècle av. J.-
C.), lors de l’invasion assyrienne, Baalu régna sur Tyr (début du VIIe siècle) et Sidon s’en sépare après le
refus de coopération avec les assyriens. Ainsi, l’arrière-pays de Tyr devint une province assyrienne. Ceci a
marqué un affaiblissement politique dans les deux villes, mais l’activité commerciale et maritime a continué
à évoluer jusqu’à l’arrivée d’Alexandre le Grand. Avant le VIIe siècle, le Litani était la frontière Nord du
royaume de Tyr, tandis qu'Acre en était la frontière Sud. Cependant, la superficie du royaume diminua avec
l’invasion et les assyriens offrirent à Baalu Ma‘rub et Zarephath (Sarepta) au nord du Litani, qui restèrent
sous la domination tyrienne jusqu’au IVe siècle av. J.-C.

Ainsi l'hégémonie phénicienne sur la côte au sud de la Phénicie s’est étalée jusqu’à Ascalon qui est
devenue une « cité des Tyriens » à l’époque perse. Cette présence des phéniciens est affirmée par
l’archéologie (les fouilles d’Akzib, Tell el fukhar, Tell Keisan, Kabri, Mont carmel, ‘Atlit, Shiqmona, Tell Dor,
Ascalon, Tell el kheleifeh, Arad, Ashdod, Azor).

Quand Nabuchodonosor II accèda au trône babylonien, après la chute de Ninive en 612, il assiégea Tyr
pendant 13 ans (635-610), mais quelques hypothèses présument qu'une sorte de compromis s'était établi
entre les Tyriens et les Babyloniens au terme duquel Tyr conserverait une certaine autonomie.

En 539, Cyrus rentre à Babylone comme vainqueur sur les Babyloniens et une nouvelle période
commence. Intégrés dans l'empire perse, les Phéniciens commencèrent à battre monnaie (Tyr était la
seconde cité après Byblos vers le milieu duVe siècle av. J.-C., suivie peu après par les cités de Sidon et
d'Arwad) et Tyr fournissait des flottes aux souverains achéménides (surtout pour leurs guerres contre les
Grecs).

Après la victoire d'Alexandre sur les Perses, à Issos vers 333 av. J.-C., il se dirigea vers la côte
phénicienne. Ainsi, les cités phéniciennes commencèrent à se rallier volontairement et pacifiquement au
nouveau conquérant. Seule Tyr résista en 332 à Alexandre, qui l’assiégea pendant 7 mois, se heurtant à
ses solides murailles et à sa position insulaire. A cette époque, Tyr était essentiellement située sur une île
que l'on appelait parfois Ancharadus. Alexandre parvint cependant à construire une digue jusqu'à l'île, avec
les pierres de l'agglomération qui lui faisait face. La conquête de la ville la fit passer de la domination perse
à la domination grecque.

Après la mort d’Alexandre le Grand (juin 323), l’Orient a commencé à subir les conséquences des conflits
entre ses successeurs (les Diadoques) qui se faisaient la guerre afin de partager l’empire crée par leur
maître. Ptolémée Ier fonda la dynastie lagide en Égypte vers 305-304. Ayant adopté la politique égyptienne
ancienne, il se tourna vers la Phénicie. Il occupa Tyr et les autres cités phéniciennes.

Séleucos Ier ayant participé aux guerres des Diadoques conquit Babylone, fonda l’état séleucide et se
nomma roi de Syrie en 305 avant de la délocaliser à Antioche. Alors une guerre éclata entre les Lagides et
les Séleucides, qui ne se termina qu'avec la bataille d'Ipsos en 301. La Phénicie, devenue séleucide sous
Démétrios Poliorcète, devint lagide avec Ptolémée Ier en 290 av. J.-C. C'est sous le règne des Lagides que
débuta la première ère tyrienne (275/4 av. J.-C.).

L’affaiblissement de l’état lagide après la mort de Ptolémée IV (203/2 av. J.-C.) marqua la fin de la
domination lagide sur la Phénicie sud equi passa sous la tutelle des Séleucides vers l’an 200 av. J.-C. La
deuxième ère tyrienne débuta avec les Lagides vers l'an 126 av. J.-C. et se termina vers l'an 69-70 apr. J.-
C.

Vers le milieu du premier siècle av. J.-C. les guerres civiles à répétition dans l'Empire Séleucide détachent
Tyr de son influence. En 64 av. J.-C., les Romains réorganisent la région en créant la province de Syrie sur
les ruines de l'ancienne Syrie séleucide et Tyr connaît la Pax Romana.

La cité phénicienne devient une ville de province paisible. Elle commence à regagner un peu de son passé
sous les Romains (l'hippodromede Tyr est l'un des plus grands hippodromes romains déjà construits, mais
inachevé !!). La situation générale de l'empire et surtout les problèmes des généraux en Orient ne lui
laissent aucune chance de retrouver sa gloire. Le Nouveau Testament y place un voyage de Jésus (Mc
7:24). Une église chrétienne y est ensuite fondée, et les Actes des Apôtres déclarent que saint Paul y
passe sept jours en revenant de Chypre (Ac 21:3). Un évêché est attesté dès la fin du IIe siècle.
Un concile s'y tient en 355. Selon saint Jérôme, le père de l'Église Origène y meurt, et est enterré dans
la basilique.

En 636, Tyr tombe aux mains des Arabes. Elle passe ensuite aux Seldjoukides (1089), puis est prise par
les croisés (1124). En 1291, elle est prise par les Mamelouks.

En 1946, après la domination ottomane, Tyr est restituée à la république Libanaise.

Depuis lors, Tyr a connu une croissance urbaine de 1%, mais une économie évoluant selon les crises
politiques du Liban.

Tyr : Patrimoine mondial de l'UNESCO


Tyr a fait l’objet d’une demande officielle du Gouvernement libanais auprès de l’Unesco pour être inscrite
sur la liste du Patrimoine mondial, en décembre 1983. Le Comité de la Convention du Patrimoine
Mondial Culturel et Naturel à sa 8ème session en 1984, et suite à la recommandation de l’Icomos, a inscrit
Tyr sur la Liste du Patrimoine Mondial essentiellement au titre des critères (iii)1 et (vi)2.

Le patrimoine culturel de Tyr est constitué de3 :

1) La ville antique :

 murailles phéniciennes,

 allée principale bordée d’une colonnade et de trottoirs,

 arène,

 quartier résidentiel,

 château Croisé,

 palestre,

 thermes,

 rues quadrillées,

 cathédrale Croisée4.

2) La nécropole (El-Bass) :

 nécropole,

 arc monumental,

 route romaine et chaussée byzantine,

 aqueduc,

 hippodrome.

Liste des rois de Tyr]

 vers 1000-969 av J.C : Abibaal

 969-936 av J.C : Hiram Ier le grand

 935-919 av J.C : Baal-Ezer Ier

 918-910 av J.C : Abdastratos Ier

 909-898 av J.C : Methusastartos

 897-889 av J.C : Astharymos

 889-888 av J.C : Phelles

 887-856 av J.C : Ithobaal Ier

 855-849 av J.C : Baal-Ezer II

 849-821 av J.C : Mattan Ier

 820-774 av J.C : Pumiatom

 -774/-745 : Hiram II
 -745/-729 : Mattan II

 -729/-694 : Louli

 -694/-682 : Ithobaal II

 -682/-668 : Baal Ier

 -668/640 : Yahimilki

 -640/-597 : Abdastratos II

 -586/-574 : Ithobaal III

 -574/-564 : Baal II

Shoftim (Suffètes)

 -564/-564 : Yakinbaal

 -564/-563 : Chelbes

 -563/-562 : Abbar

 -562/-556 : Mattan III & Ger-Asthari

Rois rétablis

 -556/-555 : Baal-Ezer III

 -555/-551 : Makarbaal

 -551/-533 : Hiram III

 -vers 532 : Ittobaal IV?

 -vers 486 : Hiram IV?

 -vers 480 : Mattan III

 -vers 359 : Abdashtart

...

 -349/-332 : Ozmilk ou Azemilcos, contemporain d'Alexandre le Grand

Gallerie

Rue des Collones au site Tyr, port de pêche.


d'excavation Al Mina. Vestiges romaines au site Une rue étroite typique du Quartier

d'excavation Al Mina Chrétien de Tyr.

Sidon
.

Sidon ou Saïda en arabe (en phénicien Sydwn ou Saidoon, en grec : Σιδώνα, enhébreu : ‫צידון‬, en arabe :
‫ صﻴدا‬Saydā) est une ville de Phénicie sur la Méditerranée qui fut bâtie en partie sur une île. Elle est aussi
appelée Sagette ou Sayette durant les Croisades (nom donné par les Francs) et Sidon dans la Bible. C'est
la troisième plus grande ville du Liban. Elle est située dans le gouvernorat du Sud du Liban, à environ
40 km au nord de Tyr et à 40 km au sud de la capitale, Beyrouth. Son nom signifie « pêcherie ». La ville
était construite sur un promontoire s'avançant dans la mer. Ce fut le plus grand port de la Phénicie sous
son roi Zimrida, au XVIIIe siècle.

Vers 1200 avant J.-C., elle fut prise par les Philistins et ce fut Tyr qui passa au premier plan. Elle possède
une longue et riche histoire et traversa les siècles avec des destinées diverses au contact des différents
peuples qui la contrôlèrent comme : Les Phéniciens, les Assyriens qui la ruinèrent en -677, les perses
Achéménides, les Macédoniens, les Séleucides, les Romains et plus tard les Croisés, les Arabes, les
Ottomans, les Français, etc. Les rois Eshmounazar II (ou Eshmun'azar ou Eshmunazar ‫)אשמנעזר‬, dont le
tombeau a été découvert en 1855, et Tabnit, qui ont régné vers 550-530 av. J.-C., y furent enterrés. La
chronologie des rois de Sidon est bien connue entre 372 et 333 av. J.-C. par leurs monnaies qui étaient
datées annuellement par l'année de règne.

La cité offre aujourd'hui une multitude de vestiges à visiter comme : le Château de la mer, le château de la
terre (Château de Saint-Louis, 1228-1270), le temple d'Eshmoun dont l'édification remonte au VIIe siècle
av. J.-C., la médina (la ville médiévale), la colline de Murex, le musée du savon, le Khân el-Franj « la
maison des Français » (Ancien consulat de France), etc. Homère (poète grec de la fin du VIIIe siècle av. J.-
C) a salué l'habileté des artisans de la ville dans la production de verre et la fabrication de teinture pourpre
dont Sidon était réputée. La pourpre, une teinture obtenue à partir des pigments de la coquille
d'un murex (Murex trunculus).

Histoire [modifier]
Femme musulmanes de Sidon vers 1875

L'antique Sidon serait l'une des plus vieilles villes de la côte phénicienne, fondée par le fils de Canaan,
petit-fils de Noé.

Elle fut la capitale du royaume cananéen aux environs du XVe siècle av. J.-C. Avec Tyret Byblos, ses rivales,
elle développa le commerce maritime et fut l'un des plus importants ports de la Méditerranée orientale aux
environs du XIIIe siècle av. J.-C., avant sa dévastation probable par les Peuples de la Mer et l'hégémonie de
Tyr aux environs du IXe siècleav. J.-C. Elle fut ensuite soumise aux puissances du Proche-Orient. Tributaire
de l'Assyrie, s'étant révoltée, Assarhaddon la détruisit en 677 av. J.-C.. La ville fut reconstruite par les
Babyloniens, et reprise par les Perses vers 540 av. J.-C.. Lors des guerres médiques, elle fournit des
contingents navals à la bataille de Salamine, et en 351 av. J.-C., elle fut brûlée après un soulèvement
contre la Perse. Affaiblie, elle se rendit sans lutte à Alexandre le Grand, en 333 av. J.-C.. Sidon connut une
nouvelle prospérité aux XVIe siècle et XVIIe siècle, jusqu'à ce que Beyrouth la détrône.

En 551, Sidon vivra un violent séisme. Ancien évêché, la ville est assez modeste et sans grande
importance lorsqu'elle est prise par les Arabes en 637. Elle sera finalement prise en 1110 par
lesCroisés de Baudouin, roi de Jérusalem, avec l'aide de la flotte norvégienne de Sigurd Ier. Son blocus
durera 47 jours. Baudouin la donne alors à l'un de ses fidèles barons, Eustache de Grenier, le titrant comte
de Sidon et de Césarée. Lui-même et ses descendants règneront jusqu'en 1260 sur la ville et ses environs.

Sidon deviendra chef-lieu de la seigneurie de Sagette, englobant le château de Beaufort au sud-ouest,


seconde des quatre baronnies du royaume de Jérusalem. Reprise au comte Renaud de
Grenier par Saladin en 1187, ses remparts seront rasés. Envahie par les Arabes, rendue aux de Grenier
par Saladin avant sa mort, attaquée par les Mongols, Sagette sera vendue par le comte Julien de
Grenier auxTempliers. La ville sera le refuge des survivants du siège de Saint-Jean-d'Acre.
Après le départ des Croisés, Sidon deviendra le port de Damas et connaîtra une relative prospérité.
La France y installera même un consulat. Cependant, l'expulsion des Français en 1791 portera un coup
fatal à son commerce, ce dont Beyrouth saura profiter. Saïda deviendra un modeste port de pêche, et le
restera jusqu'à nos jours.

Panorama de Sidon vue du haut du château.


Sidon Aujourd'hui

Château de Sidon construit par les croisés vers l'an 1228


*
Sidon avec vue sur la Méditerranée
Lieux célèbres [modifier]

 Château de Sidon, ou de la Mer

 Château de la terre (Château de Saint-Louis)

 La médina (la ville médiévale)

 La colline de Murex

 Le souk

 Mosquées de l'époque médiévale (Grande Mosquée, Mosquée Kikhia,...)

 Le Musée du savon

 Le Khân el-Franj "la maison des Français" (ancien consulat de France)

 Le temple d'Eshmoun... site phénicien, unique au Liban

 Le Musée du Palais Debbané

Chronologie des rois phéniciens de Sidon

 - vers 560 : Eshmunazor I

 - vers 550 : Tabnit

 - vers 540 : Amoashtart (interrègne de la reine-mère)

 - vers 530 : Eshmunazor II

 - vers 520 : Bodashtart

 - vers 510 : Yatonmilk?

 ...

 - vers 490 : Anysos?

 - vers 480 : Tetramnestos

 ...

 - vers 425 : Baalshillem I

 - vers 415 : Abdamon

 - 409/406-402 : Baana

 - 401-366 : Baalshillem II

 - 365-352 : Abdashtart I

 - 351-347 : Tennès

 - 346-343 : Evagoras II

 - 342-333 : Abdashtart II

 - après 333 : Abdalonym ou Abdalonymos


Aujourd'hui [modifier]
Plusieurs confessions se côtoient à Saïda : musulmans sunnites, chiites, chrétiens maronites et jusqu'aux
années 1980, on y trouvait des juifs libanais... La ville compte quelques 200 000 habitants (2000). Elle est
devenue le centre commercial et financier du Liban Sud. Saïda est la cité natale de l'ancien Premier
ministre Rafic Hariri, assassiné à Beyrouth le 14 février 2005 dans un attentat à la voiture piégée.

Baal

Stèle de Baal au foudre, XVe-XIIIe siècle, trouvée à Ras Shamra (Ougarit), musée du Louvre
Baal ou Ba'al (hébreu : ‫על‬
ַ‫ב‬ָּ ,‫על‬ַּ , Báʿal, Báʿal, Báʿal, qui signifie seigneur) — Bēl en Akkadien
ַ‫ב‬
et ‫ בעלת‬Baʿalat (phénicien) ou ‫עָלה‬ַּ (Baʿalāh, en hébreu) au féminin — est un dieu phénicien qui, sous les
ֲ‫ב‬
dynasties des Ramsès, est assimilé dans la mythologie égyptienne à Seth et à Montou.

Origines
Le terme Baal n'est pas à l'origine religieux : il dénote un être respectable, le seigneur ou le maître, parfois
l'époux. De nombreux noms de rois sont donc précédés de cette particule. Le mot n'était d'ailleurs pas
utilisé qu'à des fins honorifiques ; l'exemple ba‘lāh hāri’šôn (l'ex-mari, le veuf) démontre la portée très large
de ce mot. Un rabbin particulièrement reconnu était appelé Ba‘al Shem.

Baal est une appellation générique d'un dieu, accompagnée d'un qualificatif qui révèle quel aspect est
adoré : Baal Marcodés, dieu des danses sacrées ; Baal Shamen, dieu du ciel ; Baal Bek, le Baal solaire ; et
surtout, Baal Hammon, le terrible dieu des Carthaginois. On peut aussi citer Baal-Zebub, qui a
donné Belzébuth. Ainsi, chaque région avait son dieu, son Baal local.

Baal est devenu l'appellation punique de nombreux dieux d'origine sémite dont le culte a été célébré depuis
le IIIe millénaire av. J.-C. jusqu'à l'époque romaine. C'est notamment le titre donné àYahvé : Bealiah (plus
justement bə‘’alyâ), qui signifie Yahvé est Baal. Il s'agit du point de vue de la religion hébraïque d'un
blasphème, car remettant en cause l'unicité de Dieu, puisque la Bible considère les Baal étrangers comme
de faux dieux.

Son nom — le maître ou l'époux — se retrouve partout dans le Moyen-Orient, depuis les zones peuplées
par les sémites jusqu'aux colonies phéniciennes, dont Carthage. Il est invariablement accompagné d'une
divinité féminine (Astarté, Ishtar, Tanit), même s'il est lui même hermaphrodite, tout comme Ishtar.

Culte
Le culte de Baal est condamné dans la Bible. On le décrit comme le culte du veau d'or dans le livre d'Osée.
Certains ont fait un rapprochement entre Baal et le Diable, diable étant à l'origine un simple mot avant la
mythologie chrétienne. Dans la bible il n'a aucune identité précise, mais rassemble toutes les divinités qui
pourraient détourner le peuple de Yahvé du droit chemin. C'est pourquoi dans le livre des juges chaque
histoire commence par : « Le peuple de Yahvé se détourna du Seigneur et adora les Baals et les
Astartés. » De la même façon Astartés rassemble les divinités se référant à Ishtar, la déesse de Babylone.

Parmi les rituels chaldéens, il arrivait de sacrifier des enfants pour obtenir les faveurs de la divinité. Ce dont
témoigne la Bible, notamment dans le livre de Jérémie :

 Jérémie 19:5 Ils ont bâti des hauts lieux à Baal, Pour brûler leurs enfants au feu en holocaustes à
Baal : Ce que je n'avais ni ordonné ni prescrit, Ce qui ne m'était point venu à la pensée.

À ce culte est associé la prêtrise, et des sanctuaires sur chaque colline, appelés hauts lieux. À l'intérieur se
trouvait des icônes et statues de Baal, et à l'extérieur des colonnes de pierre (probablement les
symboles phalliques de Baal), des poteaux sacrés qui représentaient Ishtar, et des autels à encens. Des
prostitués, mâles et femelles, servaient sexuellement sur les hauts lieux, et pratiquaient aussi le sacrifice
d'enfants.

Ce culte était associé aussi dans l'esprit à certains corps célestes (soleil, étoiles

Baal comptait un temple important à Émèse (actuelle Homs) en Syrie, dont la grand-prêtrise appartenait à
la famille des Bassianides. En 218, son grand-prêtre devint empereur de Rome sous le nom d'Héliogabale,
grâce à une parenté avec les Sévères par les femmes. Héliogabale imposa son culte aux Romains.

El (dieu)
El est un mot des langues sémitiques du groupe nord-ouest, signifiant "dieu". Il peut avoir pris différentes
significations selon l'endroit et le lieu où il est attesté, et il a notamment servi à désigner un dieu précis, qui
a occupé une place importante dans différents panthéons.

Premières attestations
Dans les régions écrivant l'akkadien cunéiforme au cours du IIè millénaire, on trouve des noms de
personnes et des mentions de 'El, Ilu(m)en akkadien. Le terme est en fait écrit par l'idéogramme DINGIR,
servant de déterminatif pour la divinité. Quand on a un nom amorrite, on lit 'El, comme dans toutes les
langues sémitiques occidentales. Avant ces attestations, qui datent du début du IIè millénaire av. J.-C., on
est peut-être déjà en présence d'une forme ancienne du terme El dans les textes de la bibliothèque Royale
d'Ebla (site archéologique de Tell Mardikh, en Syrie) du XXIVè siècle av. J.-C., où on trouve un
dieu Ilu (lecture incertaine), assimilé au dieu sumérien Enlil. Ce nom se trouve à la tête d'une liste de dieux,
comme ancêtre des dieux ou père de tous les dieux .

On ne sait pas vraiment ce qui se trouve derrière ces mentions d'un "dieu". Peut-être s'agit-il d'une
référence au concept de divinité en général, à une divinité personnelle ou familiale (ilu(m) désignant aussi
en akkadien une divinité protectrice) , ou bien à une divinité particulière,Addu ou Dagon.

Ougarit
Vers le début du deuxième millénaire av. J.C, El est présenté par les textes de la mythologie ougaritique
comme le père du panthéon local . Il se fait cependant supplanter par Baal (Hadad) (son fils?), le dieu de
l'Orage. A Ougarit, El aurait donc été alors une divinité en perte d'influence, qui se serait fait dominer par
les dieux de la jeune génération.

Sa parèdre (déesse consort) etait Asherat. D'après certains textes El est le père des dieux Hadat/Baal,
Yamm (la mer) et Mot (la mort).

El est appelé dans les tablettes ougariennes soit "Toru El" (le dieu taureau), soit "Batbyu binwati", le
créateur de toute créature, soit "Abu bani ili", le père des dieux, soit "Abu adami", le père des hommes. Il
est "qaniyunu ôlam", le créateur éternel, ce mot "ôlam" réapparaissant dans la Bible, dans sa forme
hébraïque El Ôlam, pour désigner le Dieu Eternel (Génèse 21.23)
Il est possible qu'il faille voir dans le dieu El d'Ougarit une épithète désignant le dieu Dagon, dieu de la
fertilité des panthéons sémitiques occidentaux, car Baal est tantôt présenté comme fils de Dagan (le plus
souvent), et comme fils d'El. De plus, cela expliquerait pourquoi Dagan disposait d'un temple important à
Ougarit tout en étant absent des textes mythologiques, alors qu'on n' a pas découvert de temple dédié à El
à Ougarit.

Empire hittite [modifier]


El est également connu par un mythe hittite d'origine cananéenne, Elkunirshag et Ashirat. El y porte le nom
d'Elkunirshag, et là aussi sa parèdre est la déesse Asherat. Ce texte rapporte lui aussi la rivalité entre El et
Baal. Son état fragmentaire ne nous permet pas de bien voir le déroulement du récit. Au début, Asherat
tente de séduire Baal, qui repousse ses avances. Devant cet échec, elle le calomnie auprès de El, et tous
les deux s'unissent pour le châtier. Anat vient ensuite au secours de Baal, et la suite du récit est
inintelligible. Il a en tout cas le mérite de nous montrer l'existence d'autres mythes relatifs aux divinités
cananéenns en dehors d'Ougarit.

Notes [modifier]

1. ↑ Judges and Ruth, Victor Harold Matthews (2004) Cambridge University Press

2. ↑ How to read the Bible / A guide to scripture, then and now, James L Kugel (2007) Simon &

Schuster.

Astarté
Astarté

Astarté est une déesse d'origine phénicienne présentant un caractère belliqueux, implantée dans
lamythologie égyptienne sous les Ramessides. À califourchon sur son cheval, elle accompagne et protège
le souverain. Elle devient la fille de Rê ou de Ptah, et est une des compagnes de Seth.

Athtart à Ougarit, Shaushka ou Shaushga chez les Hourrites, Ashtart en langue punico-phénicienne, elle
est l'équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (pour les babyloniens) ou Inanna (pour
les sumériens).
Elle semble avoir comme descendance Aphrodite en Grèce, Turan en Étrurie et Vénus à Rome sous le
nom officiel de Venere Ericina

Elle est Tanit, chez les Carthaginois.

Tanit est une déesse d'origine phénicienne de la fertilité, présidant aux naissances et à la croissance. Elle
était la déesse tutélaire de la ville de Sarepta et son culte prit de l'ampleur à Carthage où elle était nommée
Oum.

Élément féminin du couple suprême qu'elle forme avec Baal, celle-ci assume des fonctions variées :
protectrice du souverain et de sa dynastie, elle protège également les marins, mais son culte est, comme
pour la plupart des divinités féminines primordiales de l'antiquité (et de la proto-histoire), lié à la fertilité et à
la fécondité.

Le papyrus d'Astarté (papyrus fragmentaire) semble laisser entendre qu'Astarté est celle qui contrecarre les
demandes exorbitantes de tribut que Yam (roi des dieux) demande aux autres dieux.

Essaouira

Vue panoramique des remparts portugais d'Essaouira

Essaouira (‫( )الصويرة‬la bien dessinée) est une ville portuaire du Maroc de la côte atlantique comptant
environ 70 000 habitants et le chef-lieu de la province du même nom qui compte environ 500 000 habitants.
Elle a aussi été appelée Amogdul (la bien gardée) en Berbère, Mogador en portugais, Mogadur en
espagnol et Mogador en français.

Sa médina est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Géographie
Port situé sur la côte Atlantique, à 173 km au nord d'Agadir, à 176 km à l'ouest de Marrakech et 360 km au
sud de Casablanca.

Histoire
D'après la tradition, après la fondation de Carthage en 814 av. J.-C. des marchands puniques se dirigèrent
vers l'extrême Occident, jusqu'à Essaouira, pour y installer des échelles, des comptoirs. Les premiers
hommes sur lesquels il existe des renseignements y parlaient une langue berbère. Dès lors Essaouira, ce
mouillage utilisé par le navigateur carthaginois Hannon dès le VIe siècle av. J.-C., protégé des alizés et
riche en eau potable, servit pendant plusieurs siècles de poste avancé sur la route du Cap-Vert et de
l'Équateur. Vers le IIIe siècle av. J.-C., les Berbères s'organisèrent en monarchie.

La région passa sous influence romaine à la suite de la Troisième guerre punique en146 av. J.-C.. Rome fit
un État client de ce royaume dont le souverain le plus illustre fut Juba II. Le souverain favorisa l'installation
de son équipage et le développement de l'industrie des salaisons et de la pourpre. C'est cette seconde
activité (production de teinture à partir d'un coquillage : le murex) qui explique la renommée des îles
Purpuraires (au large d'Essaouira) jusqu'à la fin de l'Empire romain. Cette couleur, chez les Anciens, était
synonyme d'un rang social élevé. En 42 ap. J.-C., Rome finit par annexer le royaume berbère pour le
transformer en province romaine de Maurétanie tingitane.

Au XIVe siècle, les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et baptisent la ville Mogador,
déformation probable du nom de Sidi Mogdoul, un marabout local. Les portugais firent de la cité un
important comptoir commercial. En 1506, ils y construisent un petit port et plusieurs remparts. Ce qui allait
conférer à la ville sa configuration spécifique. Une forteresse tellement utile qui atténuait son caractère
vulnérable en raison de sa trop grande exposition. Les Portugais encouragèrent à l’époque l’exploitation
intensive de la canne à sucre.

Les Juifs ont un statut spécial d'intermédiaires entre le sultan et les puissances étrangères, obligées
d'installer à Essaouira une Maison consulaire (il y en eut jusque dix dans la Kasbah). On les appelle les
« négociants du roi » ou les « représentants consulaires ». Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du
blé aux chrétiens, celle-ci étant interdite aux musulmans.

Mogador fut bombardée et prise (le 15 août 1844) par les Français.

La ville nouvelle

En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale, d'où les
corsaires iront punir les habitants d'Agadir en révolte contre son autorité. Il fait appel à Théodore Cornut, un
architecte français à la solde des Britanniques de Gibraltar. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à
un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu du sable et du vent, là où il n'y
avait rien ». Cornut l'Avignonnais, disciple de Vauban, et qui avait été employé par Louis XV à la
construction des fortifications du Roussillon, travailla trois ans à édifier le port et la kasbah, dont le plan
original est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Il semblerait que la seconde ceinture de
remparts et la médina aient été dessinées bien après le départ de Cornut. Le sultan n'avait souhaité
prolonger leur collaboration, reprochant au Français d'être trop cher et d'avoir travaillé pour l'ennemi
britannique. Avec son plan très régulier, la ville mérite bien son nom actuel d'Es Saouira, qui signifie « la
Bien-Dessinée ».

L'importance d'Essaouira n'a cessé de croître jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, et la ville connut une
formidable prospérité grâce à l'importante communauté juive. On y compta jusqu'à 17 000 Juifs pour à
peine 10 000 musulmans. La bourgeoisie marocaine accourait y acheter des bijoux. On l'a longtemps
surnommé le port de Tombouctou, car les caravanes chargées d'or, d'épices et d'esclaves venues d'Afrique
subsaharienne y étaient négociées. Le commerce y était florissant. Mais la plupart des Juifs partirent après
la guerre des Six Jours. Aujourd'hui, il ne subsiste que quelques familles juives dans la ville.

Pendant des années, ce fut le seul port marocain ouvert au commerce extérieur. Le déclin commença avec
le protectorat français et le développement d'autres ports (Casablanca, Tanger, Agadir). Handicapée par
ses eaux peu profondes et ne pouvant pas recevoir les gros bateaux modernes, la ville connaît cependant
une renaissance spectaculaire depuis une quinzaine d'années, renaissance due essentiellement au
tourisme mais aussi à sa vocation culturelle.

Essaouira est aujourd'hui le chef-lieu d'une province de 500 000 habitants, pour la plupart agriculteurs. La
ville est liée par une opération de coopération avec Saint-Malo, sous l'égide de l'Unesco. Elle est aussi
jumelée avec La Rochelle.

Kasbah d’Essaouira
Face à l'océan Atlantique parfois coléreux, la Sqala de la Kasbah est une ancienne batterie longue
de 200 mètres où sont alignés des canons portugais. C'est sur ces remparts qui abritèrent les corsaires du
sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah qu'Orson Welles tourna son film Othello.

Pêche de sardines
Vieux site portuaire, Essaouira, l'ancienne Mogador des Portugais puis des Français, de proportions
modestes, se voit de plus en plus concurrencée par des ports plus grands pour la pêche de la sardine sur
la côte atlantique.

Tourisme [modifier]
Le tourisme est de plus en plus important à Essaouira, avec des jolis hôtels installés dans des riads
marocains traditionnels dans la vieille ville. Il y a aussi des hôtels modernes le long de la plage. Essaouira
est également renommée pour la pratique du windsurf et du kitesurf, grâce aux vents puissants qui
soufflent presque constamment dans la baie ainsi que l'organisation annuelle d'une étape de la Coupe du
Monde de Kitesurf.

Quelques photographies

Les remparts portugais. Port d'Essaouira Port d'Essaouira

Fortifications d'Essaouira. Canons portugais.


La rue Mohammed ben Abdallah L'une des entrées de lamédina Dans les rues d'Essaouira Dans les rues d'Essaouira

Culture [modifier]

 Essaouira est aussi connue pour son Festival des Gnaouas

 Orson Welles y tourna son Othello (The Tragedy of Othello) : The Moor of Venice, 1952

 En 2004, Ridley Scott y reconstitue la Jérusalem médiévale pour le film Kingdom of Heaven.

 Ville natale de Léon Vuillemain, as de la Seconde Guerre mondiale, qui y est né le 22 mars 1915.

 Musée Sidi Mohamed Ben Abdallah autrefois une maison seigneuriale.