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GEJ2 C14

De la différence entre la puissance de Dieu et la puissance de l'homme

1. Le grec Philopold, de Cana en Samarie, vient me dire : « Seigneur, je suis chez Toi
depuis trois jours et je n'ai pas eu un instant pour te dire que j'ai mis tout en ordre selon Ta
volonté et d'après Tes indications, et pour Te parler de tous ceux qui ont été amenés à la foi
par mes prédications après Ton départ de Cana ! Tu sembles avoir maintenant le loisir de
m'écouter un peu ! »
2. Je dis : « Mon très précieux ami Philopold, crois-tu vraiment que Je ne t'aurais pas
interrogé depuis longtemps à propos de tout ce qui a pu se passer à Cana si Je n'avais pas su
exactement où en sont les choses ? Regarde tous Mes frères, est-ce que Je leur parle
beaucoup? Souvent pas un mot des jours durant, mais Je leur parle d'autant plus en esprit dans
leur cœur et aucun d'eux ne Me demande : "Seigneur pourquoi ne me parles-Tu pas ?" Je te
dis ce que Je leur dis à tous depuis longtemps : Je ne choisis pas Mes disciples pour discuter
avec eux de tout et de rien, mais pour qu'ils entendent Mon enseignement et soient témoins de
Mes actes. Bien avant eux, Je sais déjà tout ce qu'ils savent et ce qu'ils veulent savoir, Je le
leur transmets dans leur cœur en temps utile. Je te le demande, pourquoi Mes disciples
auraient encore besoin d'un échange de paroles ?Tu es également Mon disciple et il faut que
tu te fasses à cette ordonnance de Mon école.
3. Avec les autres personnes qui ne sont pas Mes disciples, il faut bien que J'échange
des paroles extérieures, car, dans leur cœur mondain, ils ne pourraient ni Me percevoir ni Me
comprendre ! Je parle cependant aussi extérieurement à Mes disciples au moment voulu, et ce
n'est alors pas pour eux mais pour ceux qui ne sont pas Mes disciples. Dis-Moi si tu as
compris
4. Philopold dit : « Oui, Seigneur, Ta grâce m'est aussi claire que le soleil d'un jour
lumineux, et je Te remercie pour Ta si gentille explication. Mais Seigneur, quand je vois cette
Sarah si merveilleusement belle, je la trouve comparable en beauté aux anges du ciel, et il me
paraît presque impossible qu'elle ait pu gésir une seconde dans un tombeau. De ma vie je n'ai
jamais vu une pareille fraîcheur. Mais il est pourtant vrai que Tu l'as tirée deux fois du
sommeil de la mort et mon cœur est très curieux de savoir comment tu as pu faire cela ! »
5. Je lui dis à mi-voix : « Tu as pourtant suffisamment appris à Cana Qui Je suis et, si
tu le sais, on se demande comment tu peux poser pareille question ! Le soleil, la lune et les
étoiles ne sont-ils pas comme cette terre issus de Moi ? N'est-ce pas Moi qui ai peuplé cette
terre d'un nombre infini de créatures vivantes ? Et si J'ai pu au commencement leur donner
l'existence et une vie propre, pourquoi Me serait-il impossible de donner à une fillette ce que
Je donne à tous les êtres infinis d'éternité en éternité ? Puisque tu sais tout cela et qu'un ange
t'en a instruit, comment se fait-il que tu Me poses encore ces questions ?
6. Vois-tu, chaque pierre que ton pied heurte même violemment est maintenue par Ma
volonté qui crée et qui maintient tout, et si Ma volonté créatrice et sustentatrice l'oubliait un
instant, elle perdrait aussitôt son existence.
7. Tu as beau heurter une pierre ou vouloir la réduire entièrement par le feu à l'état
d'air, comme l'enseigne l'art secret des apothicaires, tout cela n'arrive, qu'il s'agisse de la
pierre ou de toute autre matière, que parce que Je le permets pour l'utilité et le profit de
l'homme. Si Je ne le permettais pas, la plus petite pierre serait aussi lourde à soulever qu'une
montagne. Tu peux lancer en l'air une pierre, et selon ta force et ton adresse, elle atteindra une
hauteur considérable. Mais lorsqu'elle aura atteint le point maximum correspondant à ta force
d'envoi, elle retombera aussitôt au sol. C'est Ma volonté, vois-tu, et Ma permission qui le
permettent jusqu'à un certain degré où il est dit jusqu'ici et pas plus loin !
8. Ce jet de pierre t'indique d'une manière palpable jusqu'où portent la force et la
volonté de l'homme. Mais en quelques instants la faible volonté de l'homme rencontre la
Mienne, et est soumise à l'ordre décidé par Moi de toute éternité, comme est réglé le poids de
la moindre particule solaire à travers l'éternel infini. Et puisque tout cela ne dépend que de Ma
volonté et de Ma permission, pourquoi Me serait-il impossible de tirer une fillette du sommeil
de la mort ?
9. Sors, et rapporte-Moi une pierre et un bout de bois, et Je te montrerai comment
toute chose M'est possible par la force du Père en Moi. »
10. Philopold apporte aussitôt une pierre et un bout de bois, et Je lui dis alors à mi-
voix : « Regarde, Je soulève la pierre et la jette en l'air, et, tu vois, elle ne retombe pas ! Essaie
de la déplacer. » Philopold essaie et n'y parvient pas ! La pierre ne bouge pas d'un cheveu !
11. Mais je lui dis : « Je vais permettre que tu puisses déplacer la pierre à ton gré. Mais
dès que tu la lâcheras elle reprendra sa place et subitement elle ne bougera plus !
12. Philopold dit : « Seigneur ! Laissons cette expérience, Ta sainte parole me suffit. »
13. Je dis : « C'est bien, mais Je veux maintenant que cette pierre soit réduite à néant,
et que ce morceau de bois verdisse et porte des feuilles, des fleurs et des fruits selon son
essence. » La pierre devient invisible et le vieux bout de bois sec retrouve sa fraîcheur, sa
verdeur, portant des feuilles, des fleurs et même des fruits, c'est-à-dire des figues, car ce bois
provenait d'un figuier.
14. Tout cela n'est vu que de Philopold et de Moi, car la plupart des disciples
sommeillent déjà. Jaïrus et sa femme ne finissent pas de cajoler leur fille. Mais Philopold et
moi avons fait notre expérience à une petite table, à l'écart, sous un faible éclairage, passant
ainsi inaperçus aux yeux de tous. Mais Philopold s'émerveille par trop et attire l'attention
d'une foule de gens. Je leur recommande alors le silence, et tout redevient calme.
15. J'ordonnai à la pierre d'exister, et elle fut à nouveau sur la table. Mais Je laissai le
rameau de figuier avec les fruits que Sarah mangea le lendemain matin avec grand appétit.
16. Je demandai alors à Philopold s'il avait compris. Il acquiesça et dit : « Seigneur, Je
suis au fait. »
17. Je dis : « Allons-nous reposer ! »

GEJ2 C15
Philopold témoin de la divinité de Jésus

1. Philopold se plia à mon ordre d'aller se reposer, mais il n'eut évidemment pas un
bon sommeil, tant son âme avait vécu de choses ce jour-là ; de plus il n'avait pas un des
meilleurs gîtes, les huissiers ayant tout emporté sauf un peu de paille, il ne nous restait qu'une
maison littéralement vide. Pendant la résurrection de Sarah, Borus, Mes frères et d'autres
disciples avaient été très occupés à aménager un campement et à fournir tables, bancs,
ustensiles de cuisine et vaisselle en suffisance. Mais il y avait là près de cent personnes dont
beaucoup dormaient en plein air ou dans des auberges et des maisons du voisinage, et il n'était
pas possible de procurer à tant de monde le plus strict nécessaire.
2. Moi-même, Je passai cette nuit-là sur un banc avec un peu de paille sous la tête et
Philopold dormit par terre, sans paille. Le matin venu, il fut aussi l'un des premiers sur pied et
Jaïrus qui avait eu une assez bonne couche de paille, ainsi que sa femme et sa fille, demanda à
Philopold comment il avait dormi sur le sol dur.
3. Philopold répondit : « Comme le sol le permet ! Mais tout est affaire d'habitude. En
un an le corps s'y ferait mieux qu'en une nuit ! »
4. Jaïrus dit : « Si seulement tu me l'avais dit, nous avions de la paille en masse.
5. Philopold dit : « Regarde le Seigneur à qui tous les cieux et tous les mondes
obéissent, les anges observent Sa volonté, et Sa couche n'était pas meilleure que la mienne ! »
6. Jaïrus, qui avait encore une bonne part de pharisianisme cachée en lui, dit: « Est-ce
que tu n'exagères pas un peu ! Il n'y a pas à nier que ce Jésus est plein de l'esprit de Dieu, plus
qu'aucun prophète ne l'a jamais été, car Ses actes dépassent infiniment ceux de Moïse, d'Élie
et des autres grands prophètes, mais qu'il y ait en Lui toute la plénitude de l'esprit de Dieu me
paraît une supposition un peu osée ! Les prophètes ont également ressuscité des morts par
l'esprit saint dont ils étaient pleins ! Mais ils n'ont jamais osé s'attribuer un tel pouvoir. Et s'ils
avaient osé se l'attribuer, ils seraient devenus de grossiers pécheurs et Dieu leur aurait repris
Son esprit. Cependant Jésus agit par Lui-même comme un Seigneur, et c'est ce qui te semble
parler en faveur de ta supposition très osée. A certains égards je suis parfaitement de ton avis,
mais, comme je l'ai dit, avec une grande prudence, ceci pourrait bien être une épreuve voulue
d'en haut pour vérifier que nous croyons bien en un seul Dieu ! Mais si toute la plénitude de la
divinité demeurait réellement en Jésus, il nous faudrait évidemment accepter son témoignage
sans aucune restriction. Qu'en penses-tu ?
7. Philopold dit : « Je partage entièrement ce dernier avis et je crois que Son
témoignage sur la plénitude de la divinité en Lui est parfaitement vrai. C'est Lui et personne
d'autre que Lui.
8. La chose est difficilement explicable à notre époque pleine de miracles où l'on dit
toujours : "J'ai vu tel ou tel mage faire des choses extraordinaires, et les prophètes ressusciter
aussi les morts. L'un d'eux a même pris un tas d'ossements desséchés, les a couverts de viande
et les a ranimés. Mais ces miracles-là ne sont pas encore la preuve qu'il faille prendre une
faiseur de miracles pour un dieu !"
9. Mais dans le cas de Jésus, c'est autre chose ! Avec tous les autres prophètes, il faut
continuellement prier et Jeûner si on veut un miracle, jusqu'à ce que Dieu juge bon d'en faire
un ! Les mages ont besoin de leur baguette et d’une foule de signes et de formules, ils utilisent
toutes sortes d'onguents, d'huiles, d'eaux, de métaux, de pierres, d'herbes et de racines dont ils
connaissent les vertus cachées qu'ils savent appliquer. Qui a jamais vu cela avec le Seigneur
Jésus ! Pas trace de prière ou de jeûne, du moins depuis le peu de temps que j'ai la grâce de Le
connaître, et encore moins de baguette magique ou de tout autre artifice.
10. Les prophètes ont tous plus ou moins le même langage hermétique et il faut être de
leur école pour le comprendre ! Quoique je sois grec, je n'ignore pas votre Écriture Sainte, je
connais Moïse et tous vos prophètes. Celui qui les comprend parfaitement doit vraiment être
né de parents très spéciaux.
11. Mais Jésus parle des choses les plus cachées avec une telle clarté que même un
enfant peut les comprendre. Quand Il m'explique la Création je me crois presque capable de
créer un monde moi-même ! Quel prophète, quel magicien pourrait tenir le langage de Jésus ?
12. A-t-on jamais compris une seule syllabe à ce que disent les mages quand ils se
produisent. La nuit la plus épaisse règne dans leurs discours comme parfois dans ceux des
prophètes, et dans leur pénombre, personne ne se reconnaît ! Tandis qu'ici tout est clair
comme en plein jour. Tout ce qu'Il dit est d'une sagesse proprement divine, d'une lumineuse
clarté compréhensible à chacun. Et ce qu'Il veut arrive instantanément !
13. Puisque c'est vrai avec Jésus, je ne sais vraiment pas pour quelle raison je devrais
encore hésiter à le reconnaître comme le Seigneur incontestable du ciel et de la terre, à
L'aimer et à L'honorer par dessus tout.
14. Regarde sur cette table, cette branche toute fraîche de figuier portant tous ces fruits
mûrs. C'est une explication vivante qu'Il m'a donnée hier tandis que vous dormiez et que je
Lui demandais comment il Lui était possible de réveiller les morts ! Il m'a demandé un bout
de bois mort. Je lui ai apporté ce qui m'est tombé sous la main. Il n'a même pas touché ce bout
de bois, mais Il lui a donné des ordres et ce bout de bois s'est mis à verdir et à fleurir, et tu en
as ici les fruits. Prends-en et donnes-en à cette très chère Sarah qui s'en délectera ! »