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GEJ6 C88

Les fondements de la réalisation spirituelle. De l'être de Dieu

1. (Le Seigneur :) «Tu vois par là qu'il est impossible à un homme de parvenir à la
maîtrise de la vie sans une vraie foi vivante en un Dieu unique et éternel. C'est pourquoi il
faut avant tout croire au vrai Dieu ; car tant que tu ne crois pas qu'il n'y a qu'un seul Dieu
véritable, aucun amour ne peut s'éveiller pour Lui dans ton cœur, et, sans cet amour, il est
impossible de se rapprocher de Dieu pour finir quasiment par ne faire plus qu'un avec Lui.
2. Or, sans cela, un homme ne saurait pas davantage être un vrai maître de la vie qu'il
ne saurait être un maître joueur de harpe s'il n'a jamais entendu parler de cet instrument, et à
plus forte raison s'il n'en a jamais vu.
3. Et si tu continues de te demander "Mais qui donc est Dieu, et à quoi ressemble-t-
Il ?", Je te répondrai que nul ne peut voir l'être véritable de Dieu et vivre - car Il est infini,
donc omniprésent, et c'est ainsi, en tant qu'être purement spirituel, qu'Il est au plus profond de
tout être et de toute chose, dans le rayonnement extérieur de Sa force de volonté : mais en Soi,
Dieu est homme comme Moi et comme toi, et Il demeure dans cette lumière inaccessible que
l'on nomme, dans le monde des esprits, le soleil de grâce. Et ce soleil de grâce n'est pas Dieu
Lui-même, mais seulement le rayonnement extérieur de Son amour et de Sa sagesse.
4. Et, de même que tu vois le soleil de ce monde à l’œuvre dans l'incessant
rayonnement de sa lumière omniprésente, de même, la force agissante du soleil de grâce est à
l’œuvre partout comme une lumière créatrice et vivifiante qui se déverse sur tous les êtres.
5. Ainsi, celui qui sait capter et recevoir au cœur de son âme assez de la lumière du
céleste soleil de grâce et la préserver par la force de son amour envers Dieu, celui-là édifie en
lui-même un soleil de grâce en tout point semblable à son modèle, et la pleine possession d'un
tel soleil de grâce revient exactement à posséder la seule vraie maîtrise de la vie.
6. Mais tu ne comprendras la clarté et la lumineuse perfection de cet enseignement très
vrai que lorsque tu auras toi même atteint de cette manière la maîtrise de la vie : car pour
l'heure, tu ne saurais la concevoir pleinement, même si tu as fort bien compris tout ce que J'ai
dit.»
7. Le publicain dit : « Oui, cher maître, tu as raison : j'ai tout compris sans doute, mais
ne sais encore qu'en faire. Cependant, une chose est certaine : atteindre la pleine maîtrise de la
vie n'est pas tâche facile ; car, pour cela, il faut beaucoup observer, beaucoup apprendre,
beaucoup penser, et vouloir et agir en conséquence. - Mais, cher maître, j'ai encore une
question.
8. Je dis : « Parle, bien que Je sache très exactement ce que tu veux Me demander. »
9. Le publicain dit : « En ce cas, cher maître, parle sans attendre, car je ne doute pas de
tes paroles ! »
10. Je lui répondis : « Tu n'en doutes pas, mais tu voudrais quand même bien un peu
pouvoir te convaincre que Je sais vraiment ce que tu veux Me demander ! Mais qu'importe, Je
vais te dire quelle est ta question. La voici : "Maître, est-ce ainsi que tu es parvenu toi aussi à
cette maîtrise de la vie, et qui t'a donné ce précieux enseignement, comme tu me le donnes à
présent ?"
11. Telle est mot pour mot ta question ! Mais Ma réponse te satisfera aussi peu que
celle que J'ai faite à tes précédentes questions, qui lui ressemblaient fort. Vois-tu, en tant
qu'homme ordinaire, J'ai vraiment dû faire la même chose (que toi) ; mais comme, selon Mon
être spirituel intérieur, Je suis à proprement parler un peu plus qu'un homme ordinaire, comme
tu l'apprendras bien assez tôt demain, cela M'a été à vrai dire plus difficile, parce que, bien
qu'homme de cette terre, Je ne devais jamais laisser paraître en Moi une volonté propre, mais
toujours suivre très strictement la volonté de Celui qui est venu en ce monde à travers Moi
pour apporter et donner aux hommes la vie éternelle. Mais Mes disciples t'en diront un peu
plus là-dessus demain. Pour l'heure, levons la séance et allons nous coucher. »
12. Le publicain dit : « Maître, si cela te convenait, vous pourriez dormir tous dans
cette salle même ; car il y a là tout autour, disposées le long des murs, des chaises de repos
des plus confortables. »
13. Je dis : « Fort bien, nous resterons donc ici, car Je préfère ces chaises longues aux
lits où l'on s'allonge, qui sont tout juste bons pour les malades. Ainsi donc, levons-nous, et
allons nous reposer.

GEJ6 C89
Dialogue du médecin et de l'aubergiste à propos du Seigneur

1. Quand nous fûmes installés pour la nuit, le publicain, son fils, ses autres enfants et
ses épouses - car, selon la coutume orientale, il en avait sept – nous laissèrent aussitôt, de
même que ses nombreux fonctionnaires et autres serviteurs, et nous dormîmes bientôt tout à
notre aise, car nous étions bien las de notre long voyage. Mais les gens de la maison veillèrent
longtemps encore dans d'autres pièces, parlant beaucoup de notre venue dans leur petite ville.
2. Finalement, le jeune médecin qui était resté dit au publicain : « Ami, celui qui
pourrait acquérir cette maîtrise de la vie aurait bientôt tout l'argent de la terre ! Bien des rois
offriraient la moitié de leur royaume en échange d'une vie ainsi garantie ! Ah, les choses qui
peuvent survenir sur cette bonne terre !
3. Il n'y a pas si longtemps, quelques mages venus d'Égypte ont eu l'occasion, en
passant par notre ville sur le chemin de Melitê, de nous surprendre par leur magie singulière.
Mais tous leurs tours n'étaient à l'évidence que de faux miracles, et ne profitaient à personne
qu'à eux-mêmes. Il est vrai que le divertissement n'était pas mauvais ; mais on n'y apprenait
rien d'utile. Et puis, ils avaient avec eux tout un appareil, des serpents, des singes et des
chiens, des chameaux et des mules, des vases remplis d'huiles et d'onguents. Mais ceux-ci
sont venus à pied, sans rien apporter, et pourtant, ce qu'ils ont fait pourrait véritablement les
faire prendre pour des dieux ! Après cela, il ne peut rien arriver de plus grand !
4. Or, ce qu'ils nous ont enseigné était fort bon aussi, et à la mesure de la cause qu'ils
défendent ; mais le vieux judaïsme y transparaissait assez fort, de même que les principes et
préceptes, que je n'ignore pas, des anciennes écoles prophétiques juives, d'où seraient
cependant sortis des hommes d'une sagesse tout à fait extraordinaire, appelés prophètes.
Quant à savoir si l'on peut vraiment, même en observant aussi strictement que possible les
règles qui nous ont été brièvement exposées, atteindre à cette merveilleuse maîtrise de la vie,
ce sera sans doute bien autre chose !
5. Aimer en quelque sorte par-dessus tout et de toutes ses forces un Dieu unique doit
être bien difficile, parce qu'un homme à l'esprit posé a déjà peine à croire qu'un tel Dieu existe
vraiment de façon certaine. La démonstration qu'il nous propose de l'existence d'un vrai Dieu
unique est fort bonne et agréable à entendre ; mais l'apprenti, lui, devrait s'être exercé avec
zèle depuis le berceau, et sous la conduite constante d'un théosophe expérimenté, sans quoi je
ne vois guère comment il est possible, par ce moyen, de jamais parvenir à connaître vraiment
qu'il existe un unique vrai Dieu.
6. Quoi qu'il en soit, et abstraction faite de l'explication qu'il nous a donnée, ce grand
thaumaturge est véritablement un phénomène extraordinaire ! D'abord rappeler un mort à la
vie d'une simple parole, et tout à fait guéri par-dessus le marché, c'est là une chose jamais vue
à ce degré de perfection - ensuite, savoir dans les moindres détails ce qu'un homme pense au
plus profond de lui-même, et appeler d'emblée par son nom quelqu'un qu'on n'avait jamais vu,
ah, ami, aucune raison humaine ne peut le concevoir ! En vérité, j'ai beau ne pas faire grand
cas des dieux et divinités, je serais fort tenté de prendre cet homme pour un dieu, bien plus
que pour un homme ordinaire ! »
7. Le publicain dit : « Je suis bien de ton avis, et, en admettant cela, on doit approcher
du but bien plus vite qu'en observant, si strictement que ce soit, les règles qu'il nous a
données. Du reste, il nous a fait entrevoir assez clairement, à deux ou trois reprises, qu'il y
avait derrière lui un peu plus qu'un homme ordinaire de cette terre. Ah, nous y verrons peut-
être plus clair demain ! Cet homme semble fort honnête, et l'on a plaisir à parler avec lui.
Nous apprendrons sans doute encore bien des choses avec lui. Mais pour l'heure, allons nous
coucher nous aussi, car nous aurons beaucoup à faire demain.
8. Peu à peu, tous allèrent se coucher, et ils dormirent profondément jusqu'au lever du
soleil.

GEJ6 C90
De l'humain et du divin dans le Seigneur

1. Cependant, dès avant l'aube, J'étais debout avec quelques-uns de Mes disciples, et,
selon Mon habitude, Je sortis en plein air et allai au bord de l'Euphrate, qui, en ce lieu, était
déjà d'une largeur considérable. Nous étions là depuis peu quand un grand radeau de bois
flotté passa devant nous au milieu du fleuve. Au même moment, le publicain, accompagné de
son fils Jorab et du médecin, arrivait pour nous convier au repas du matin.
2. Il n'y avait personne sur ce radeau pour le guider, car, mal arrimé à la berge, il s'était
détaché et était parti de lui-même : le publicain dit : « C'est fort dommage pour ce beau bois
que la négligence de ses propriétaires a laissé sans maître ! S'il voulait seulement s'approcher
assez de la rive pour que l'on puisse s'en saisir, peut-être même le propriétaire légitime
viendrait-il le rechercher au bout de quelques jours, et l'on pourrait alors le lui restituer contre
un petit dédommagement. Mais à présent, tout ce bois qui part à la dérive est bien sûr perdu !
Enfin, peut-être les gens de Samosa l'attraperont-ils ! »
3. Comme le radeau flottant sur le fleuve était en face de nous, Je dis au publicain : «
Veux-tu ce bois ? »
4. Le publicain répondit : « Assurément, je le voudrais, mais comment faire?»
5. Je dis : « C'est très facile ! Quand on est maître de la vie, les éléments aussi sont
bien obligés de vous obéir, et J'ordonne donc à l'eau d'amener le bois jusqu'à cette rive. Je le
veux ; ainsi soit-il ! »
6. Dès que J'eus prononcé ces paroles, l'eau afflua rapidement vers nous et, s'élevant à
sept empans[Environ 1,60 m.] au-dessus de la berge, déposa le radeau avec tout son bois sur
la terre ferme, puis reprit aussitôt son cours ordinaire.
7. Les trois en furent véritablement épouvantés, et le médecin Me dit : « Ami, Tu n'es
pas un homme de notre espèce et de notre nature, mais un dieu ! Nul homme ne T'a conçu sur
terre dans le sein d'une mère ! Oui, je dirais même que Tu n'es pas né sur cette terre, et que Tu
dois donc à l'évidence être un dieu !»
8. Je dis : « Oublie cela ; quiconque est dans la chair doit l'avoir reçue dans le sein
d'une mère ! Seul le premier couple humain a reçu son corps de la main et par la volonté de
Dieu, mais tous les autres hommes dans le sein d'une mère. Ce corps qui est le Mien vient
donc aussi d'une mère terrestre, bien qu'il n'ait pas été conçu comme d'ordinaire par un père
terrestre, mais bien par la seule volonté toute-puissante de l'esprit de Dieu, ce qui est très
possible chez les êtres humains parfaitement purs et dévoués à Dieu. Cela n'était pas rare dans
les temps anciens, quand les hommes n'étaient pas encore corrompus, mais simples et soumis
à la volonté divine, et, aujourd'hui encore, cela arrive parfois.
9. Il est évident que les hommes conçus de cette manière purement spirituelle sont
eux-mêmes plus spirituels que ceux conçus de la manière ordinaire - de même que les enfants
de parents forts et en bonne santé deviennent ordinairement plus forts et plus sains que ceux
de parents faibles et maladifs. En tant qu'homme et tel que Je suis devant vous, Je ne suis pas
Dieu, mais bien un fils de Dieu, ce que tout homme devrait être en vérité : car les hommes de
cette terre ont vocation à devenir et à être les enfants de Dieu, pour peu qu'ils reconnaissent la
volonté divine et y conforment leur vie.
10. Mais l'Un d'entre eux était destiné par Dieu de toute éternité à être le premier à
avoir en lui la Vie et à la donner à tous ceux qui croiraient en Lui et vivraient selon Sa
doctrine. Et Je suis Celui-là !
11. Mais si J'ai en Moi cette vie divine, ce n'est pas pour l'avoir apportée avec Moi en
venant au monde du sein de Ma mère ! Le germe était certes en Moi, mais il lui a fallu
grandir, ce qui M'a coûté trente années d'efforts. Me voici désormais accompli devant vous, et
c'est pourquoi Je puis vous dire qu'il M'a été donné tout pouvoir au ciel et sur la terre, et que
l'esprit qui est en Moi ne fait qu'un avec l'esprit de Dieu, raison pour laquelle Je suis en
mesure d'accomplir des signes qu'aucun homme n'avait jamais accomplis avant Moi. Mais,
par la suite, cela ne sera plus Mon privilège exclusif, mais également celui de tout homme qui
croira que J'ai été envoyé par Dieu en ce monde pour donner la lumière de vie aux hommes
qui marchent à présent dans les ténèbres, si cet homme œuvre alors selon Ma doctrine qui
enseigne très clairement aux hommes la volonté de l'esprit de Dieu, qui, bien sûr, demeure en
Moi dans toute sa plénitude.
12. Et, bien que cet esprit soit Dieu même, Moi, le Fils de l'homme, Je ne Le suis pas ;
car, en tant que tel, J'ai dû d'abord, comme Je l'ai dit, Me rendre digne de ce Dieu par la
pratique et par de longs efforts, et ce n'est qu'ensuite que J'ai pu M'unir à cet esprit de Dieu. A
présent, Je ne fais certes plus qu'un avec Lui en esprit, mais non par le corps ; pourtant, même
en cela, Je serai un jour pleinement uni à Lui, mais seulement après une grande souffrance,
dans le renoncement total et l'humiliation suprême de Mon âme.
13. Ainsi. Mon ami médecin, toi qui es de meilleure volonté que ne l'étaient tes
compagnons, tu sais désormais qui Je suis et ce que tu dois penser de Moi ! Crois-le et vis
selon la doctrine que t'enseigneront bientôt Mes disciples, et tu vivras et seras éclairé dans
tous tes faits et gestes, au lieu de marcher dans la nuit des péchés de ta chair et de ton sang ! -
Comprends-tu cela ? »
14. Le médecin dit : « Oui, grand Maître, je le comprends, même si Tes paroles sont
bien différentes de celles des prêtres du Temple de Jérusalem, d'où je viens moi-même et où
j'ai appris le peu que je connais de mon art ! Il y a à l'évidence du divin en Toi, et pourtant. Tu
ne veux pas être pour nous davantage qu'un fils d'homme, tandis que les Pharisiens du Temple
se comportent exactement comme s'ils avaient aidé Dieu à créer le monde et les êtres, et
comme si le bonheur ou le malheur des hommes de cette terre ne dépendait que d'eux seuls.
Oui, grand Maître, Tes paroles sonnent bien comme la parole de Dieu ; car il y a en elles une
force toute spéciale qui fait du bien à l'âme, l'élève, la vivifie et l'éclaire, tandis que la
prétendue parole divine des Pharisiens la blesse au plus haut point, la trouble, l'obscurcit, et
même la tue ! Car celui qui suit leur enseignement devient à la longue si stupide, sensuel,
orgueilleux, égoïste et dominateur qu'il finit par oublier purement et simplement qu'il n'est lui
aussi qu'un homme. Il se considère lui-même, et lui seul, comme la suprême puissance
humaine, tout le reste étant loin au-dessous de lui. Mais Tes paroles, grand Maître, semblent
nous montrer exactement le contraire de ce qu'enseignent les Pharisiens et de ce qu'ils veulent
faire des hommes ! - N'ai-je pas raison ? »
15. Je dis : « Si, si, cela se peut bien mais n'en parlons plus à présent. Le radeau de
bois flotté est sauvé et au sec, et toi, ami Jored, tu peux en faire ce que tu voudras ; le
propriétaire ne viendra jamais le chercher, car il demeure trop loin d'ici, et de plus, la perte de
ce bois ne l'appauvrira pas, car il est fort riche. Aussi, fais une offrande aux pauvres, et utilise
le bois comme bon te semblera. »
16. Le publicain Jored dit : « Maître, je Te suis fort reconnaissant, et les pauvres ne
seront pas en reste ! Mais à présent, allons nous mettre à table, car le déjeuner doit être tout à
fait prêt. »

GEJ6 C91
Le médecin reçoit du Seigneur la force de guérir les malades par l'imposition des
mains

1. Là-dessus, nous regagnâmes la maison de Jored, où un très bon repas nous attendait
dans la pièce que l'on sait, ainsi que les disciples, qui n'étaient pas sortis ce matin-là. Prenant
place à la table, nous mangeâmes et bûmes. Le repas consistait en poissons, pain d'épices et
viande d'agneau, et le vin, qui était excellent, venait de Rome. On nous servit aussi du vin de
Grèce, et spécialement de Chypre, ainsi que du pain blanc de froment et du beurre, ce que les
Juifs grecs apprécièrent particulièrement. Nous demeurâmes à table près de deux heures, au
cours desquelles on parla beaucoup, mais surtout de diverses questions d'agriculture.
2. Ce n'est qu'après le repas que Mon disciple Jean exposa à toutes les personnes des
deux sexes qui demeuraient dans cette maison Ma doctrine de l'amour de Dieu et du prochain.
3. Après cet exposé, tous Me promirent d'observer strictement cette doctrine et de s'y
conformer dans leurs actes, et Je leur dis : « Croyez-le et faites-le, et bientôt, vous parviendrez
vous aussi sans peine à la maîtrise de la vie ! »
4. Alors, Je leur imposai les mains à tous et les fortifiai dans leur bonne résolution.
5. Cependant, le médecin ajoutait « O Maître, je suis désormais le seul médecin de cet
endroit où il y a toujours quantité de malades, de même que dans ses vastes alentours :
Puisque rien ne T'est impossible, ne pourrais-Tu me conférer un peu de Ta force de guérison
miraculeuse, afin que je m'en serve auprès de mes malades, particulièrement les pauvres, qui
n'ont pas de quoi payer des remèdes coûteux ? »
6. Je dis : « Mon nom est Jésus ; impose les mains aux malades en ce Nom, et ils iront
mieux, si cela est utile au salut de leur âme ! Quant aux riches, donne-leur tes remèdes comme
avant ; car Je ne te confère cette force que pour les pauvres. »
7. Quand J'eus dit cela au médecin, il Me remercia et partit aussitôt voir quelques
malades pauvres qu'il avait, et qu'il voulait soulager tout de suite. Et il les soulagea, puisqu'à
l'instant même où il leur imposa les mains en Mon nom, chacun d'eux alla mieux. Au bout
d'une heure, il vint Me remercier encore une fois de la force que Je lui avais accordée, et nous
conta l'émerveillement de ceux qui avaient été guéris, alors qu'ils étaient en proie à toutes
sortes de maux.
8. (Le médecin :) « Ils ne pouvaient comprendre comment, par une simple imposition
des mains, ils se trouvaient soudain en meilleure santé qu'ils ne l'avaient jamais été, alors
qu'aucune médecine n'avait pu les guérir jusqu'ici. Ils m'ont demandé comment j'avais
découvert tout à coup cette méthode de guérison parfaitement inouïe, et pourquoi je ne l'avais
pas employée plus tôt. Je leur ai répondu : "Cette méthode de guérison vient tout juste de
m'être révélée par un grand guérisseur étranger, et si je guéris ainsi les malades, c'est
uniquement parce que j'invoque Son nom, et qu'il veut alors avec moi que le malade soit
guéri." Alors, tous m'ont demandé qui Tu étais, et ils caressent fort l'espoir de Te rencontrer
personnellement ; car ils ont dit que Tu devais à l'évidence être doué de pouvoirs divins, sans
quoi pareille chose serait tout à fait impossible. Je n'ai rien répondu à cela et les ai laissés à
leur opinion.
9. Mais je vais avoir fort à faire à présent avec mes riches malades, car cette nouvelle
manière de guérir sera très vite connue dans toute la ville, et les riches voudront aussi que je
les guérisse de cette manière. Que leur répondrai-je, Maître, quand ils me demanderont de
faire ce que Tu m'as pour ainsi dire défendu ? »
10. Je dis : « En ce cas, pose-leur des conditions qu'ils devront remplir envers toi et les
pauvres lorsqu'ils seront guéris. S'ils acceptent avec joie et de bonne grâce les conditions que
tu leur fais, impose-leur les mains à eux aussi : mais s'ils refusent, laisse-les à leur maladie et
donne-leur des remèdes, s'ils veulent bien les prendre. - Es-tu satisfait ? »
11. Le médecin dit : « Parfaitement, cher Maître ! Mais une autre question se pose à
moi : comment, par quoi Te témoigner ma reconnaissance ? Je ne suis certes pas riche, encore
moins depuis que mes deux collègues sont partis hier, à coup sûr sans rien me laisser ;
pourtant, je voudrais faire tout ce qui est en mon pouvoir ! Seigneur et Maître, je T'en prie,
demande-moi quelque dédommagement ou quelque offrande ! »
12. Je dis : «Laisse cela, car nul au monde ne peut rien Me donner qu'il n'ait d'abord
reçu de Dieu, et il en est de même pour toi ! Mais observe la doctrine qui vient de vous être
donnée à tous, aime Dieu par-dessus tout et ton prochain comme toi-même, observe les
commandements de Moïse, que tu connais et que tu pourras enseigner aux Grecs, et c'est ainsi
que tu Me feras l'offrande la plus belle et la plus précieuse ! C'est aussi ce que doivent faire
tous les autres hommes pour vivre dans la vérité et dans la grâce de Dieu, le Créateur et le
Père de tous les hommes !
13. Si Je demandais de l'argent à ceux à qui Je fais du bien, Je témoignerais
directement contre Moi-même, et ne serais pas Celui que Je suis ; car si Je vous apporte les
trésors du ciel, parce que J'en ai le pouvoir, ce n'est pas pour Me faire payer cela d'une matière
morte. Mais vous, les hommes, vous pouvez le faire avec mesure ; car Moïse lui-même a
ordonné que le peuple nourrisse et entretienne les prêtres et les juges et leur remette le
dixième de tout ce qu'il récolte dans ses champs et ses vignes, ainsi que du bétail. Mais Moi-
même et Mes disciples n'avons pas besoin de cela ; car ceux qui, à Mon exemple, deviendront
des maîtres de la vie, n'auront plus besoin qu'on les entretienne ainsi. Car tout ce que vous
demanderez de bien en Mon nom au Père céleste, Il vous le donnera sans réserve. »

GEJ6 C92
Le Christ homme d'affaires. Du droit protecteur et de la traite des esclaves. Comment
il faut traiter les prêtres idolâtres

1. (Le Seigneur :) « Mais quand, dans les temps à venir, Mes successeurs se feront
payer leur enseignement et leurs prières par de l'argent et mille autres choses, le Père céleste
n'écoutera plus leurs suppliques et les laissera s'enfoncer dans toutes sortes de péchés et de
fléaux. Je vous donne toutes ces choses pour rien, aussi est-ce pour rien que vous devez les
donner vous aussi aux autres hommes. Cependant, en tant que médecin, tu peux certes te faire
payer par les riches - mais jamais par les pauvres.
2. Et si, à l'occasion, tu transmets Ma doctrine à un homme, que ta récompense soit
qu'il reçoive la doctrine d'un cœur joyeux et s'y conforme. Car si un homme embrasse la
doctrine, il sera alors pour toi un si grand ami qu'il te dira : "Tout ce qui est à moi est
désormais à toi, et je ne te laisserai pas souffrir de misère !"
3. Je vous le dis, ce que les hommes feront pour vous et vous donneront d'un cœur
joyeux à cause de Ma doctrine, prenez-le et usez-en pour votre bien et celui de votre prochain,
et la grâce de Dieu, de quelque manière qu'elle se manifeste, ne vous sera pas retirée. Mais si
vous demandiez à être payés pour enseigner Ma doctrine, alors, la grâce de Dieu vous serait
aussitôt reprise, de même qu'elle a été reprise aux Pharisiens et aux Juifs intransigeants pour
être donnée aux païens. N'oubliez donc pas cela et œuvrez en conséquence, et cela vous
vaudra les immenses trésors de toutes les grâces célestes, qui vous seront bien plus utiles que
tous les trésors de ce monde. - Comprenez-vous cela ? »
4. Jored dit : « Maître, nous le comprenons fort bien à présent ; mais qu'en est-il de ma
charge de publicain et des droits que je perçois sur la terre et les eaux ? Il n'y paraît certes
guère d'amour du prochain ! Et pourtant, je ne peux l'abandonner purement et simplement,
parce que c'est une charge publique ; si je la quitte, un autre la reprendra qui accablera les
négociants de passage, et surtout les étrangers, encore bien plus que moi, qui ai certes laissé
maintes fois passer gratuitement ceux qui n'avaient rien. Quelle est Ta volonté en cela ? »
5. Je dis : « Demeure ce que tu es. Mais demande peu aux pauvres, et, en
compensation, les riches pourront te donner beaucoup plus !
6. Les péages sont bons pour le pays, sans quoi de grandes caravanes chargées de
toutes sortes de marchandises ne tarderaient pas à parcourir votre pays, et il serait bientôt
dépouillé de tous ses moyens de subsistance. Aussi est-ce justement les nombreux marchands
étrangers qu'il faut taxer le plus, afin de leur faire passer l'envie d'apporter trop souvent leurs
marchandises dans ce pays. Mais sois d'autant plus indulgent avec ceux du pays. Tu sais
maintenant ce que tu dois faire à cet égard.
7. Tu as aussi une bonne auberge observe avec elle les mêmes principes. Sois
généreux envers tes voisins, et juste envers les étrangers. Demande aux gens du pays ce qu'ils
t'auront coûté, et aux étrangers un juste bénéfice.
8. Mais s'il vient un étranger qui n'a pas de quoi te payer, ne lui demande rien, et s'il
venait à embrasser Ma doctrine, donne-lui encore de l'argent pour son voyage, et le Père
céleste te le rendra abondamment ! Suis le même principe avec les marchands, et observe la
juste mesure ; car il vous sera rendu mesure pour mesure ! »
9. Le publicain dit : « Encore une question, Seigneur et Maître. Tu sais qu'il y a ici
surtout des Grecs qui font toutes sortes de négoces, parfois même, hélas, celui des hommes,
comme cela fut de tout temps l'usage chez les païens. Oui, même mes épouses, je les ai
achetées ! Elles ne furent d'abord que mes esclaves ; mais, comme elles étaient travailleuses et
veillaient à mon avantage, je leur ai d'abord donné la liberté, puis les ai prises pour femmes.
La moitié de mes serviteurs et de mes employés sont encore des esclaves. Cela doit-il
demeurer ainsi, ou faut-il là aussi quelque changement ? »
10. Je dis : « Ce qui existe selon la loi publique, tu ne peux le changer, aussi peux-tu
en rester là tant que l'État lui-même n'y changera rien. Mais sois bon, généreux et juste envers
tes esclaves ; car ils sont eux aussi des hommes, et les enfants du même Père céleste. Si tu
retournes au marché aux esclaves, tu peux certes en acheter autant que tu voudras et les
garder, mais si tu en fais des hommes libres soumis à Dieu, cela te vaudra au ciel un immense
trésor ! Mais n'en revends jamais un seul, car vendre un homme est une abomination devant
Dieu. Partout où Ma doctrine prendra racine, ce honteux commerce des esclaves cessera
d'ailleurs de lui-même. - Ce sont là encore des principes que tu observeras sans doute.
11. Mais il y a encore une question dans ton âme : tu te demandes ce qu'il faut faire
avec les prêtres païens idolâtres, qui sont souvent tes hôtes et aiment à venir chez toi. Je te le
dis, pour le moment, laisse-les à ce qu'ils sont. Eux-mêmes croient encore moins à leurs idoles
que tu n'y croyais jusqu'ici ; mais la fonction qu'ils représentent est leur gagne-pain, aussi n'y
renonceront-ils pas facilement. A la longue, tu pourras prendre le temps d'exposer à l'un ou à
l'autre quelques rudiments de Ma doctrine, et ils ne vous causeront guère de difficultés. Quant
aux temples des idoles, ils s'écrouleront peu à peu. Mais Je ne vous commande pas pour
autant de les détruire, car il Me suffit tout à fait qu'ils soient détruits dans vos cœurs.
12. Mais si l'un de ces prêtres voulait forcer quelqu'un à croire à ses idoles et exigeait
de lui une offrande, dites-lui toute la vérité ! S'il demeure intraitable, invoquez-Moi en esprit,
et faites devant lui un signe en Mon nom. Quand il le verra, il croira, pour peu qu'il y ait en lui
un peu de sens de la vérité ; et s'il ne croit pas. laissez-le aller, mais vous, demeurez dans la
vérité de Ma doctrine. Car dans l'esprit des gouverneurs de Rome, qui agissent en
conséquence, chacun est aujourd'hui parfaitement libre de penser et de croire en conscience.
13. Mais si l'un de ces prêtres païens embrasse votre foi éclairée, soutenez-le, s'il en a
besoin, en tant que membre de la nouvelle communauté de Dieu sur terre, et prenez soin de
son existence temporelle ; et s'il n'a pas besoin de soutien, alors, qu'il soit votre ami !
14. A présent que nous avons également traité ce cas, vous saurez facilement quelle
décision prendre à coup sûr chaque fois que Ma doctrine rencontrera quelque obstacle. Et
puisqu'il ne nous reste plus rien à débattre, sortons de nouveau. Peut-être se rencontrera-t-il
quelque chose qui nous donnera l'occasion de nous livrer à d'autres réflexions plus profondes !
»
15. Comme cette proposition convenait à tous, nous sortîmes nous promener.