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L'IMAM ACH-CHAFI`I sur l'importance de la science  

Mes frères de foi.


La louange est à Allah et que l'honneur et l'élévation en degré soient accordés au Prophète de
Allah.

Louanges à Allah l'Unique, Celui Qui n'a besoin de rien, Celui Qui n'est pas engendré, Qui
n'engendre pas et Qui n'a nul équivalent. Je loue Allah, ta^ala, et je L'implore de me guider
sur le chemin de droiture, je recherche Son pardon et je me repens à Lui. Je recherche la
préservation contre le mal de nos âmes et de nos mauvais actes. Celui que Allah guide, c'est
lui le bien guidé et celui qu'Il égare, nul ne peut le guider.

Que l'honneur et l'élévation en degré les plus complets et les plus parfaits soient accordés à
notre maître Mouhammad le maître des fils de ^Adnan, celui que Allah a envoyé en tant que
miséricorde pour les mondes, en tant que guide et annonciateur de bonnes nouvelles et
avertisseur d'un châtiment, appelant à la religion agréée par Allah par Sa volonté, le Prophète
qui est tel une lumière éclatante et une lune éclairante. Allah a guidé par lui la communauté. Il
a dévoilé par lui les obscurités. Il a transmis le message. Il s'est acquitté de ce qui lui a été
confié. Il a conseillé la communauté. Que Allah le rétribue pour nous du meilleur de ce dont Il
a rétribué un de Ses prophètes. Je témoigne qu'il n'est de dieu que Allah, Lui seul n'a pas
d'associé. Il a envoyé Son messager avec l'enseignement de droiture et la religion de la vérité.
Je témoigne que notre maître Mouhammad est Son esclave et Son messager, que Allah
l'honore ainsi que tous les messagers qu'Il a envoyés.

Mes frères de foi.

Bonheur à celui qui s'est attaché à la piété car c'est la piété qui fait parvenir au paradis sans
châtiment. Or ce qui fait parvenir à la piété, c'est la science et la connaissance et le fait d'agir
avec ce que Allah a prescrit. Ainsi celui qui a appris la science pour l'appliquer, sa science
l'élève en degré. Et celui qui a appris la science pour faire preuve d'orgueil, sa science lui
ajoutera en orgueil. Connaître Allah et Son messager et le fait de suivre sa religion, c'est le
premier devoir pour l'esclave.

A partir de là, nous voyons que la conduite des savants vertueux, c'est une conduite de
science, de pratique, de sincérité et de modestie par recherche de l'agrément de Allah ta^ala.
En effet, la science a eu des hommes qui s'en sont occupés, qui l'ont propagée en ayant pour
ambition en cela l'agrément de Allah et pour être sur la voie de notre Prophète notre maître
Mouhammad l'Honnête . Ainsi la terre ne sera pas dépourvue de qui défende la religion
agréée par Allah avec les preuves. A travers les siècles écoulés, nous avons vu que cette
parole s'est réalisée. Parmi ces gens-là, parmi ces chevaliers et ces héros, ces hommes illustres
dont les âmes sont pures, il y a eu le savant glorieux, l'Imam honorable et courageux, Ach-
Chafi^iyy Abou ^Abdi l-Lah Mouhammad Ibnou 'Idris, que Allah ta^ala lui fasse
miséricorde, qui est né en l'an 150 de l'Hégire. Il fait partie de la famille de Al-Mouttalib, le
fils de l'oncle paternel du Messager ^alayhi s-salatou wa s-salam.

Né à Ghazzah, il a grandi à ^Asqalan, puis il est parti à La Mecque pour apprendre de la


science. Bien qu'il ait vécu dans une famille pauvre, son père étant mort alors qu'il était encore
jeune, il a donc vécu dans une difficulté matérielle, cela ne l'a pas privé d'être en relation avec
les gens de la connaissance, au point qu'il a été amené à écrire la science qu'il apprenait sur
des morceaux de peaux, des palmes de palmiers et des os d'animaux en raison de sa pauvreté
et de son incapacité à acheter des feuilles de papier. Il a appris le Qour'an honoré alors qu'il
avait sept ans et il s'est mis à apprendre les hadith du Prophète et à les écrire. Il a voyagé dans
le désert pour apprendre la langue arabe et la poésie, il y est resté dix ans. Il a appris le tir à
l'arc, réussissant à atteindre dix fois la cible sur dix flèches. Or il était encore plus fort dans la
science de la Loi que dans la maîtrise du tir à l'arc. De sorte que lorsqu'il fut à
La Mecque, il a été autorisé à donner des avis de jurisprudence malgré son jeune âge.

Pourtant il ne s'est pas contenté de cela. Il a voyagé à Médine pour apprendre la science
auprès de son Imam Malik Ibnou 'Anas. Après avoir emprunté le livre Al-Mouwatta' de
l'Imam Malik, il l'a appris. On remarque ici qu'il n'avait pas pu acheter le livre tant il était
pauvre mais cela ne l'avait pas détourné de son objectif et de ce qu'il recherchait. Il savait que
si Allah aime un esclave, Il lui facilite quelqu'un qui lui enseignera la science de la religion de
la manière correcte. Lorsqu'il était arrivé dans l'assemblée de l'Imam Malik, celui-ci lui avait
demandé son nom, il lui a répondu : Mouhammad et l'Imam Malik lui avait dit : "Crains Allah
Mouhammad, et évite les péchés car tu auras un grand avenir, Allah a fait que dans ton coeur
il y ait une lumière, ne l'éteins pas avec des péchés".

Ach-Chafi^iyy se mit à apprendre auprès de Malik, à recevoir de lui la science. Il était resté
avec lui en rapportant de lui jusqu'à ce que l'Imam Malik décède, que Allah ta^ala lui fasse
miséricorde. Ach-Chafi^iyy a excellé et il a eu une grande notoriété. C'est en lui que s'est
réalisée la parole du Messager ^alayhi s-salatou wa s-salam dans le hadith qui signifie qu'il y
aura un savant de Qouraych qui remplira les différentes régions de la terre de science.
Ayant réfléchi à qui s'appliquait ce hadith, les savants ont trouvé qu'il s'appliquait à l'Imam
Ach-Chafi^iyy car il faisait partie de Qouraych. Par contre, les trois autres Abou Hanifah,
Malik et Ahmad ne font pas partie de Qouraych.

Allah ta^ala a honoré Ach-Chafi^iyy par différents dons parmi lesquels en plus de la grande
science il avait la modestie. Il possédait également une voix exceptionnelle au point que
lorsqu'il récitait le Qour'an alors qu'il était tout jeune, les gens allaient vers lui pour écouter sa
belle voix et certains de ceux qui étaient assis à écouter sa récitation tombaient par terre, tant
ils craignaient Allah, et cela n'était du qu'au secret de sa récitation.
Parmi ses mérites, que Allah lui fasse miséricorde, c'est qu'un jour où il se trouvait dans
l'assemblée de l'Imam Malik, on avait demandé l'avis de Malik sur un homme qui avait dit à
sa femme : Tu es divorcée si ce n'est pas vrai que cet oiseau n'arrête pas de crier. Al-
Qoumriyy est une sorte de pigeon. Malik lui a dit : Ta femme est divorcée et ce parce que Al-
Qoumriyy va certainement s'arrêter de crier pour s'endormir ou pour manger par exemple.
Ach-Chafi^iyy qui était présent a rattrapé cet homme et lui a dit : Non ta femme n'est pas
divorcée. Il avait dit cela par rapport à ce qu'avait visé l'homme qui avait parlé. C'est-à-dire
que la plupart du temps, cet oiseau crie et ne se tait pas. Cela ne voulait pas dire qu'il crie tout
le temps dans l'absolu.

Lorsqu'on apprit à Malik l'avis de Ach-Chafi^iyy, il lui posa la question sur la raison pour
laquelle il avait donné un avis différent de ce que Malik avait dit. Il lui répondit : « N'est-ce
pas que tu nous a rapporté le hadith que deux hommes avaient demandé en mariage une
femme qui s'appelait Fatimah Bintou Qays. L'un des deux s'appelait Mou^awiyah et l'autre
Abou Jahl. Le Messager avait dit du premier ce qui signifie :

« Mou^awiyah c'est un sans le sou, il n'a pas d'argent et le deuxième Abou Jahl ne
baisse  pas le bâton de son épaule ».

Est-ce que le Messager avait voulu dire qu'il ne déposait pas du tout le bâton de son épaule ou
que même en dormant, en mangeant ou en se lavant, son bâton restait sur son épaule ou
voulait-il dire qu'il portait souvent son bâton, c'est-à-dire qu'il frappait beaucoup? C'est à
partir de cela que j'en ai déduit le jugement. Malik s'est tu et n'a pas émis d'opposition.

L'âge de Ach-Chafi^iyy à ce moment-là était de quatorze ans et Malik lui avait donné
l'autorisation de donner des avis de jurisprudence.

Parmi les particularités que Allah lui a accordées, c'est qu'il faisait partie des grands saints,
des grands waliyy, vertueux de Allah, des connaisseurs par la grâce de leur Seigneur, des gens
qui avaient le kachf, le dévoilement.

Il s'était adressé une fois à trois de ses plus grands élèves. Il a dit au premier : Toi tu es dans le
hadith. L'élève s'appelait Ar-Rabi^ Ibnou Soulayman et il fut tel qu'il lui avait dit, parmi les
gens du hadith.
Au deuxième il a dit : Toi tu es dans le débat. Cet élève s'appelait An-Maziyy et il fut
également très fort dans le débat, il avait le dessus sur les mauvais innovateurs et leur
donnaient des arguments qui les faisaient taire.
Au troisième il a dit : Toi tu es dans le fer. Il s'appelait Al-Bouwaytiyy. Il devint en Egypte un
savant. Il avait vécu lors de la discorde des Mou^tazilah, c'est alors qu'il avait été enchaîné
avec des fers, d'Egypte jusqu'à Baghdad à cause de cette épreuve.

Regardez que Allah vous fasse miséricorde ô mes frères, ce qu'a obtenu Ach-Chafi^iyy, que
Allah lui fasse miséricorde. Il a obtenu ce qu'il a obtenu comme grande science et comme
arguments éclatants, comme mérite superbe et comme grand degré. N'est-ce pas que tout cela,
il ne l'a eu que grâce à la science et à la connaissance, aux actes et à la sincérité qu'il avait.
N'est-ce pas qu'il était pauvre mais que la recherche des biens de ce bas-monde ne l'a pas
détourné de la science?

Son père était mort alors qu'il était encore jeune enfant mais cela ne l'avait pas amené vers les
groupes du mal et de la perversité car sa mère l'avait dirigé vers la science. Nous
reconnaissons-là le rôle des membres de la famille pour enseigner à leurs enfants. N'est-ce pas
qu'il était tout enfant et qu'il a excellé au point qu'il avait donné des avis de jurisprudence
alors qu'il était encore jeune homme et c'est sa mère qui l'a aidé à cela. Ceci s'était manifesté
par l'influence que sa récitation avait sur les gens, par son bon comportement et sa grande
science.

Mes frères : la science, la science, voilà ma recommandation ! Attachez-vous à la science et


amenez vos enfants à s'y attacher car c'est dans la science qu'il y a l'élévation. C'est grâce aux
actes effectués conformément à la science et avec la sincérité que l'homme s'élève en degré et
que les drapeaux de la vérité sont élevés hauts.

Que Allah rétribue en bien les savants de la communauté de Mouhammad car ce sont eux ses
héritiers. Nous sommes dans une époque où la corruption et l'égarement se sont propagés.

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