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GEJ7 C55

La régénération spirituelle donne la vraie connaissance de Dieu

1. Au bout d'un moment de profonde réflexion. Nicodème dit : « Seigneur et Maître,


infiniment grand et profond est l'enseignement que Tu viens de nous donner avec tant de
clarté, et je ne pourrai jamais assez T'en remercier : mais ce que Tu nous as dit et montré est si
extraordinairement grand et profond que, comme d'autres peut-être, je n'ai pu le comprendre
tout à fait clairement et en totalité. Cependant, je vois bien qu'une plus ample explication ne
me ferait pas mieux comprendre, et c'est pourquoi je ne Te dis pas : Seigneur, explique-moi
cela d'une manière plus compréhensible. »
2. Je dis : « En quoi tu as parfaitement raison, car, pour toi comme pour bien d'autres,
il n'est pas possible de rendre cela plus clair : mais tu le comprendras tout à fait, et bien
d'autres choses encore, quand tu seras né à nouveau en esprit.
3. Ce que Je vous dis et vous prêche ne peut être exprimé par la parole rationnelle des
hommes et par leur sagesse mondaine, car Ma parole consiste à vous montrer la force de
l'esprit, que vous ignorez tout à fait, afin que votre foi et votre savoir ne se fondent plus, à
l'avenir, sur la sagesse d'hommes spirituellement aveugles, mais sur la force merveilleuse de
l'esprit de Dieu.
4. Cette façon d'enseigner et de parler est certes une folie aux yeux des sages de ce
monde, parce qu'ils ne savent rien de la force de l'esprit et que leurs sens grossiers n'en
perçoivent rien : Ma doctrine n'en est pas moins une sagesse d'une espèce supérieure et plus
profonde, mais seulement pour les yeux, les oreilles et le cœur des hommes parfaits et de
bonne volonté qui ont toujours observé les commandements de Dieu. Mais, bien sûr, elle ne
saurait être cela pour les sages et les Grands de ce monde, qui périront avec leur sagesse.
5. Je vous parle de la sagesse cachée de Dieu, ordonnée par Lui dès la création de ce
monde matériel pour votre gloire éternelle, sagesse cachée que les Pharisiens, anciens,
docteurs de la loi et chefs du Temple n'ont jamais pu reconnaître dans l'Écriture par leur
raison mondaine : car s'ils avaient jamais reconnu cette sagesse caché, ils ne délibéreraient pas
sans cesse sur la meilleure façon de causer Ma perte et de Me tuer, Moi, le Seigneur éternel.
Mais laissons-les délibérer et conspirer : car leur récompense sera à la mesure de leurs actes !
6. Mais Je vous le dis comme cela est écrit : "Aucun œil humain n'a jamais vu, aucune
oreille entendu et aucun cœur humain ne sait ce que Dieu réserve à ceux qui L'aiment et
observent Ses commandements ! "
7. Ce que Je vous révèle à présent, c'est l'esprit de Dieu qui le révèle à votre esprit, afin
que votre esprit aussi sonde et connaisse les profondeurs qui sont en Dieu. Car seul l'esprit
pénètre et scrute toute chose et, ainsi purifié, les profondeurs de Dieu. Ainsi, ce n'est pas
l'esprit du monde, dont vous n'avez plus besoin, que Je vous donne à présent, mais l'esprit de
Dieu, qui, seul, vous fera pleinement comprendre ce que Dieu vous donne à travers Moi.
8. C'est pourquoi Je ne puis vous parler à la manière des sages du monde, mais
seulement avec des mots enseignés par l'esprit de Dieu qui juge toute chose selon l'esprit, et
c'est pourquoi aussi vous ne pouvez Me comprendre tout à fait, parce que votre âme ne s'est
pas encore entièrement imprégnée de votre esprit. Mais quand votre âme, par amour et de sa
propre volonté, sera entrée tout entière dans l'esprit divin que vous recevez à présent, vous
pourrez vous aussi juger par vous-mêmes de toute chose selon l'esprit et connaître et
comprendre tout ce qui, aujourd'hui, vous semble encore obscur et incompréhensible.
9. Certes, vous percevez déjà quelque chose du véritable esprit éternel de Dieu et
pouvez donc déjà juger de bien des choses selon l'esprit. Mais l'homme tout de nature ne
perçoit pas l'esprit de Dieu en lui, et, si on lui en parle, il trouve que c'est folie, parce que ce
qui pourrait tourner son âme vers l'esprit n'est pas en lui. Car pour qu'un homme conçoive et
comprenne ce qui est de l'esprit, il faut d'abord que son âme et toute sa personne soit tournée
vers l'esprit : car toute vie, toute vraie lumière et toute force sont dans l'esprit, qui seul juge
tout et que personne ne saurait juger.
10. Or, l'homme de nature, encore privé d'esprit, c'est la matière dans son jugement : la
vie physique ne lui a été donnée par l'esprit divin que comme moyen d'éveiller en lui-même,
s'il le veut, la vraie vie, qui est spirituelle. Ainsi, même par sa seule raison naturelle, il est déjà
capable de reconnaître pour ce qu'ils sont les commandements de Dieu et de concevoir la
volonté de les observer et de s'y conformer. Et, lorsqu'il fait cela, l'esprit de Dieu entre déjà
dans son âme dans la même mesure où celle-ci a progressé dans l'observation des
commandements de Dieu, dans la foi en Dieu et dans l'amour de Dieu et du prochain.
11. Et quand l'âme a ainsi acquis une force telle qu'aucune rechute n'est plus possible,
c'est déjà la preuve certaine que l'esprit divin l'imprègne tout entière et que toute sa
connaissance et son savoir sont tournés vers l'esprit : cette âme a donc triomphé de toute sa
matière morte pour ne plus faire avec l'esprit divin qui l'imprègne qu'un seul esprit, une force,
une lumière et une vraie vie indestructible que nul ne pourra plus juger.
12. Aussi, recherchez avant tout le vrai royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste
vous sera donné par surcroît : car alors, c'est l'esprit de Dieu qui fera tout cela en vous. Ne
vous souciez aucunement des choses terrestres, pas même de savoir ce que vous mangerez et
boirez demain, ni de quoi vous vous vêtirez : car c'est là le souci des païens et des autres
hommes du monde qui n'ont pas encore reconnu le vrai Dieu. Mais, quand vous aurez atteint
en vous-mêmes la complète régénération du véritable esprit, vous aurez vous aussi tout ce
qu'il vous faut.
13. Si vous suivez Mes voies et y demeurez comme Je vous l'ai enseigné, vous serez
en Moi vous aussi et mon esprit sera en vous, et avec lui, vous pourrez faire tout ce que sa
sagesse vous dictera et que sa volonté voudra en vous. Ainsi, tout ce qui vous sera nécessaire
en ce monde pour le temps de votre vie terrestre vous sera donné de même en très grande
abondance.
14. Je vous ai fait connaître tout ce qui est possible à l'esprit : et ce qui est possible à
Mon esprit le sera au vôtre lorsqu'il ne fera plus qu'un avec le Mien. Quant à savoir comment
ils peuvent ne faire plus qu'un, Je vous l'ai déjà expliqué bien des fois : agissez en
conséquence, et vous verrez cette promesse s'accomplir pleinement en vous !
15. Mais nous en avons beaucoup fait aujourd'hui, et, puisqu'il est déjà plus de deux
heures après minuit, nous allons prendre un peu de repos, car demain est un nouveau jour ! »
16. Lazare dit : « Seigneur, il me sera bien difficile de coucher ici tous ces gens ! »
17. Je dis : « Pourquoi donc ? Que chacun reste assis à sa place et se repose sur ses
bras, et vous vous en trouverez fort bien. »
18. Satisfait de cet avis, Lazare fit de même pour sa propre personne.
19. Cependant, Nicodème voulait rentrer chez lui, afin d'éviter d'être vu de jour sur la
montagne, car il redoutait les Pharisiens.
20. Mais Je lui dis : « Ne crains pas ceux qui ne peuvent rien contre toi. Si Je le veux
et si tu le crois, tu peux quitter cette montagne pour retourner à ton poste sans être vu, même
en plein jour. »
21. Nicodème dit : « Alors, Je reste, puisque aussi bien, ma famille me croit à mon
travail au Temple. »
22. Je dis : « Assurément, aussi, demeure ici et repose-toi un peu. »
23. Après ces paroles, le silence se fit dans la salle, et chacun s'abandonna à un
sommeil bref, mais fort réparateur.
24. Quant à notre Raphaël, sur Mon ordre intérieur, il alla trouver les jeunes esclaves,
qui ne dormaient pas encore, et les fit reposer de même, demeurant près d'eux jusqu'au lever
du soleil et leur procurant à tous des rêves d'une très rare beauté : car ces enfants du Nord
avaient la particularité de faire toutes sortes de rêves prophétiques. Et, avant vu en rêve toutes
ces belles choses merveilleuses, ils s'éveillèrent le lendemain fort édifiés et remplis de piété,
de patience et de bonne humeur.
25. C'est ainsi que chacun trouva son compte ce jour-là.

GEJ7 C56
De la nature des anges. Amour et sagesse, cœur et raison

1. Nous étions encore profondément endormis quand le soleil se leva sur l'horizon.
Lazare et l'aubergiste s'éveillèrent, et ce dernier, se levant aussitôt, sortit éveiller les serviteurs
afin qu'ils nous préparent un bon et copieux repas. Il y eut bientôt dans toute la maison une
animation qui nous éveilla à notre tour, et, quittant nos sièges, nous sortîmes en plein air.
2. Or, il y avait devant la maison une fontaine qui donnait une bonne eau pure, et Je
dis à Lazare : « Frère, afin que Nicodème ne se scandalise pas, fais remplir des cruches d'eau,
afin que nous puissions nous laver les mains et qu'il ne soit pas dit que nous avons mangé
notre pain sans nous laver. »
3. Ce qui fut fait, et tous se lavèrent les mains, le visage et les pieds, puis on nous
présenta des linges propres pour nous sécher.
4. Quand nous eûmes terminé, notre Raphaël vint nous rejoindre et dit à Lazare que les
jeunes gens dormaient encore, faisant de beaux rêves, et qu'il ne fallait donc pas les éveiller
avant deux bonnes heures. Ainsi fut fait, car ces jeunes gens fatigués par un long et pénible
voyage en avaient grand besoin.
5. Cependant, Nicodème venait seulement de remarquer, à la lumière du jour,
l'éblouissante beauté de Raphaël, qu'il ne pouvait se lasser de contempler. Après s'être
émerveillé un moment en silence, il Me dit enfin : « Mais, Seigneur et Maître, qui est donc ce
jeune homme d'une beauté surnaturelle Quel est son nom ? Ah, je n'avais encore jamais vu
pareille beauté chez un homme ! A bien regarder, il y a certes, non loin de lui, une fort
aimable fillette : mais elle paraît bien trop de ce monde comparée à ce jeune homme d'une
beauté si céleste ! Ah, comme ses boucles d'or descendent joliment en vagues sur son cou
d'une délicatesse si éthérée, presque aussi blanc que neige ! Quelle grâce indescriptible dans
son visage ! Comme ses bras et ses pieds sont tendres et potelés, délicats et légers ! Tout en
lui est si bien fait et si recherché dans sa simplicité ! Moi qui suis l'un des plus anciens au
Temple et dans toute la ville, je n'avais jamais rien vu de tel, même en songe. En vérité, ce
jeune homme ne peut être de cette terre ! S'il avait des ailes, à l'instar des chérubins qui
veillent sur l'Arche dans le Saint des Saints, ce serait un parfait ange de Dieu ! »
6. Je lui dis : « Crois-tu donc que, pour être anges, les anges de Dieu doivent avoir des
ailes ? C'est là encore de ta part une grossière erreur ! Les trois hommes qui vinrent trouver
Abraham avaient-ils des ailes ? Les jeunes gens qui sauvèrent Lot en avaient-ils, ou l'ange qui
guida le jeune Tobie ? Nulle part dans l'Écriture il n'est fait mention de leurs ailes, que Je
sache. Et l'ange qui apparut à Abraham pour retenir son bras quand celui-ci devait sacrifier
son fils unique Isaac, l'Écriture ne lui donne pas d'ailes non plus.
7. Seuls les deux chérubins d'airain de Moïse ont dû être représentés symboliquement
pourvus d'ailes, afin de signifier aux Juifs, alors très sensuels encore, l'extrême célérité en
toute chose - pensée, décision, action et réalisation - des purs esprits venus du ciel de Dieu.
Or, l'homme de nature ne connaît pas sur terre de mouvement plus rapide que le vol des
oiseaux dans l'air, et c'est ainsi qu'afin de rendre plus sensible aux hommes la rapidité de
l'esprit, Moïse a dû, sur l'ordre de Dieu, munir d'ailes ses chérubins. Mais, dans la réalité,
aucun ange de Dieu n'a jamais eu d'ailes.
8. L'aile signifie donc seulement le haut degré de sagesse et de force de tout ce qui est
pur esprit, et certainement pas que, lorsque Dieu leur en donne l'ordre, les purs esprits doivent
descendre du ciel sur la terre et y remonter comme des oiseaux. De plus, dans le vrai ciel, il
n'y a ,jamais eu d'ange qui n'ait d'abord été un être humain sur cette terre ou une autre. Et les
purs esprits créés que vous imaginez tout à fait à tort comme étant les anges ne sont pas autre
chose que les puissances et les forces émanant de Dieu dans lesquelles se manifeste
l'omniprésence divine à l’œuvre dans l'infini tout entier, mais dont nul homme ne doit se faire
une représentation imagée, parce que vous comprenez sans peine. Je l'espère, qu'il est
impossible à un être limité d'avoir une représentation authentique de l'infini de Dieu.
9. Mais puisque l'âme de tout homme est en vérité appelée à devenir un ange du ciel de
Dieu, ce beau et très chaste jeune homme peut fort bien être sur cette terre, même sans ailes,
de la même façon que Je suis à présent incarné au milieu de vous, Moi, l'unique Seigneur du
ciel et de la terre, et vous enseigne en personne sans cesser de maintenir l'infini tout entier. Au
reste, n'est-il pas écrit : "En ce temps-là, vous verrez les anges de Dieu monter et descendre
pour servir le Seigneur" ? Ce jeune homme peut donc fort bien être un ange lui aussi. - Qu'en
penses-tu ? »
10. Nicodème dit : « Oui, oui, il est à l'évidence plus qu'assez beau pour cela ;
pourtant, Je ne le vois pas monter et descendre entre le ciel et la terre !
11. Je dis : « O aveuglement des hommes ! Toi, un homme d'une si grande expérience,
comment peux-tu supposer que les anges vont monter et descendre du ciel matériel à cette
terre tout aussi matérielle, et que les hommes les verront faire cela, et aussi Me servir ?! Ces
allées et venues des anges signifient seulement l'ascension de l'amour vers la vraie sagesse,
puis, avec la sagesse, le retour vers l'amour, qui est en vous le véritable esprit vivant de Dieu.
12. Lorsqu'un homme éveille dans son cœur le véritable amour de Dieu et du prochain,
il s'élève par là vers la sagesse, c'est-à-dire la vraie connaissance profonde de toute chose. Et
lorsqu'un homme a atteint une telle connaissance et qu'il reconnaît et comprend toujours
mieux l'amour, la sagesse et la puissance sans limites de Dieu, il est plein d'humilité et d'un
très grand amour de Dieu. Et c'est ainsi qu'il redescend vers son cœur, qui est donc toujours
plus éclairé et plus brûlant d'amour pour Dieu.
13. "Mais, te dis-tu en toi-même, cette terre représente-t-elle donc l'amour et le ciel la
sagesse, alors qu'il y a si peu d'amour sur terre et que du ciel nous viennent tant de bontés - et
si rarement des choses un peu moins bonnes ?"
14. Oui, il est vrai que dans le cœur humain, siège de l'amour, il n'y a bien souvent que
fort peu d'amour, et pourtant, le cœur est bien le siège de l'amour. Mais, à lui seul, l'amour du
cœur ne porterait pas plus de fruits que la terre n'en porterait sans la lumière du soleil. Et le
soleil, pour le cœur de l'homme, c'est sa raison naturelle. Celle-ci descend sur terre, c'est-à-
dire dans le cœur de l'homme, dans les pensées et les idées bonnes et ordonnées qu'elle
éclaire, et éveille le germe des bonnes actions. Si, telle la lumière du soleil en hiver, la lumière
de la raison est encore faible, le cœur devient certes plus intelligent : mais, comme il demeure
encore en lui beaucoup d'amour de soi, les bons germes n'y lèveront pas, ne grandiront pas et
ne porteront pas de vrais fruits dans l'action. Mais quand, par son zèle et par le bon usage qu'il
fait de ses talents et de ses facultés, un homme fait grandir en lui la lumière de la raison, cette
lumière réchauffe toujours plus puissamment son cœur, et les graines des bonnes actions qui
sommeillent en lui vont se mettre à germer, à grandir et à fructifier, pour porter bientôt dans
l'action de bons fruits bien mûrs qui lui vaudront une riche moisson de vie.
15. Dans ce cas, il faut donc entendre par "anges" les pensées et les idées de la raison
éclairée, qui est pour l'homme - bien sûr à une échelle très réduite son ciel de sagesse. Ces
pensées montent et descendent, servant l'esprit divin encore caché dans le cœur de l'homme, et
cet esprit a nom amour de Dieu et amour du prochain. Mais, de même que bien des hommes
n'ont pas reconnu et ne respectent pas cet esprit vivant de Dieu au cœur de l'homme - alors
que le salut temporel et éternel de l'homme en dépend tout entier -, Je n'ai pas été reconnu,
Moi, le Seigneur et l'origine de tout être et de toute existence, par le monde des hommes, bien
qu'ils voient les grandes pensées et idées qui, à travers Moi, montent et descendent du ciel de
Dieu à cette terre, illuminant le cœur, le réchauffant et le vivifiant pour qu'il porte des fruits
vivants dans l'action. Et c'est pourquoi il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus qui
comprennent Mes paroles, les prennent à cœur et, par leurs actes, en font une riche moisson
de vie.
16. Vois-tu un peu plus clairement à présent qui sont exactement, dans ce premier cas,
les anges qui montent et descendent entre le ciel et la terre pour Me servir. Moi, le Dieu
éternel, venu temporairement sur cette terre pour vous, hommes appelés à devenir les enfants
de Dieu et qui êtes ainsi précisément Son cœur et Sa terre ? »