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   ECOLE SUPERIEURE DES SCIENCES AGRONOMIQUES 

Promotion VONA 

ANNEE 2008‐2009 
 

 
TECHNIQUE D’AMELIORATION 
 

 
  DE LA CANNE A SUCRE 
 
  
 
    
 
 

   

 
 
Présentée par : 
LAINGO IRINTSOA RASOLOFO 
NJAKA Andrianarison 
RAKOTOARISOA Njato Michael 
Amélioration de la Canne à sucre  VONA  
 

Sommaire 
 

INTRODUCTION ............................................................................................................................ 1 

PARTIE I : CARACTERISTIQUES DE LA PLANTE ........................................................................... 2 

I.  ORIGINE GEOGRAPHIQUE ET PROPAGATION : ........................................................................... 2 

II.  LES ESPECES EXISTANTES ET LEURS CARACTERISTIQUES : .......................................................... 2 

2.1.  Les espèces sauvages : ........................................................................................................ 2 

2.2.  Les espèces cultivées : ......................................................................................................... 4 

2.3.  Espèces non exploitable à l’amélioration génétique ............................................................ 5 

III.  MECANISME DE REPRODUCTION ............................................................................................ 5 

3.1.  Multiplication végétative ..................................................................................................... 5 

3.2.  Multiplication sexuée : ........................................................................................................ 6 

PARTIE II : CREATION VARIETALE ET SELECTION DE LA CANNE A SUCRE ......................... 8 

I.  TECHNIQUES DE CREATION VARIETALE DE LA CANNE A SUCRE ............................................. 8 

1.1.  La fécondation intra spécifique ........................................................................................... 8 

1.2.  La fécondation interspécifique : .......................................................................................... 8 

1.3.  Les polycroisements : ........................................................................................................ 10 

1.4.  Les croisements inter génétiques : ..................................................................................... 11 

II.  TECHNIQUE DE SELECTION DE LA CANNE A SUCRE .............................................. 11 

2.1.  Méthodes de sélection ....................................................................................................... 11 

2.2.  Les critères de sélection..................................................................................................... 11 

2.3.  Les moyens ........................................................................................................................ 12 

2.4.  Les étapes de la sélection .................................................................................................. 12 

PARTIE III : VARIETES PARTICULIERE DE LA CANNE A SUCRE .............................................. 15 

I.  LA R583 ................................................................................................................................... 15 

CONCLUSION ................................................................................................................................ 17 

BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................ 18 
 

ANDRIANARISON N. & RASOLOFO L. & RAKOTOARISOA N. 
 
Amélioration de la Canne à sucre  VONA

INTRODUCTION
Depuis plusieurs années, la canne à sucre a bouleversée l’alimentation, l’économie et
même la culture de bien des peuples autour du globe. A partir du XIXème siècle, elle a
constituée la plus importante production agricole de la planète vue les ressources qu’elle
recèle. Et à travers son évolution naturelle et les manipulations de l’homme, on lui découvre
de nouveaux atouts et dérivés entrant dans la fabrication d’un nombre de jour croissant des
produits. Des recherches sont donc menées pour maximiser le rendement obtenu par cette
plante. Il s’agit de l’amélioration de la canne.

Vers les XVIIème siècles, de nombreux chercheurs parvinrent à un même résultat, à


savoir que la canne se reproduit normalement par semences. Cela leurs a conduit de penser à
la création de nouvelles variétés de cannes à la fois productive, rustique et résistantes pour
tirer le bénéfice le plus grand dans les ressources agricoles de la canne à sucre,

Ceci nous incite à étudier le sujet ici présent, intitulé de : « Techniques d’amélioration
des plantes pour le cas de la canne à sucre ». Cette dernière influe beaucoup sur le taux de
production de la canne et aussi sur la qualité des produits obtenus.

Pour en savoir plus, nous allons développer dans ce travail les trois grandes parties
suivantes. En premier lieu, les caractéristiques de la plante en entamant sur l’origine de la
plante avec ses propagations, puis les principales espèces existantes et leurs caractéristiques
pour mieux expliquer leur mécanisme de reproduction.
Ensuite, nous allons présenter les différentes méthodes de la création variétale de la canne
suivie de ses principales techniques de sélection.
Et enfin, nous allons citer quelques exemples de techniques particulières de création variétale
de cette plante.

ANDRIANARISON N. & RASOLOFO L. & RAKOTOARISOA N. 
 
Amélioration de la Canne à sucre  VONA

PARTIE I : CARACTERISTIQUES DE LA PLANTE

I. ORIGINE GEOGRAPHIQUE ET PROPAGATION :

Pour le Saccharum, l’origine est variable selon l’espèce. La canne dite « noble »
(Saccharum Officinarum) est probablement originaire de ce qui est aujourd’hui la nouvelle
Guinée en Océanie. Elle serait la descendante de la canne sauvage (Saccharum Robustum)
venue d’Indonésie. D’autres variétés dont Saccharum Barberi et Saccharum Spontaneum
proviendraient d’Himalaya et de l’Inde. Pour sa part, Saccharum Sinense aurait vu le jour
dans les Sud de la Chine. Ensuite, La canne s’est propagée suivant les routes de la migration
humaine.

Entre les Xème et Vème siècles avant notre ère, elle serait répandue graduellement
en Océanie et en Asie du Sud-est avant d’atteindre l’Inde et la Polynésie. La canne serait
introduite sur les bords de la méditerranées par les Perses vers 510. Au cours du VIIème
siècle ; les Arabes le diffusent en Egypte, en Afrique du Nord et dans le Sud de l’Espagne.

Puis, lors du second voyage de Christophe Colomb, elle a franchie depuis les îles de
Canaries, l’île de ce qui est appelé maintenant République Dominicaine. Et depuis, elle a été
acclimaté pour la première fois en Amérique à Haite. Entre XVème et XVIème siècle, cette
culture se développa dans la plupart des pays tropicaux de l’Amérique (Antilles, Mexique,
Brésil, Pérou, etc.) et fut pendant longtemps leur principale richesse agricole.

Au cours du XVIème et XVIIème siècle, l’extension de la canne en Amérique


surtout en Brésil puis dans la Caraïbe, a été étroitement liée à la colonisation européenne et a
eu pour corollaire l’économie de plantation et la traite des esclaves. C’est en 1650 que cette
culture fut installée aux îles Maurice et à la Réunion avant d’arriver à Madagascar vers la
moitié du XVIIIème siècle.

Au XXème siècle, les portugais puis les espagnols l’ont introduite dans les îles de
l’Atlantique-Madère, Açores, Canarie, Sao-Tomé, Cap-Vert.

II. LES ESPECES EXISTANTES ET LEURS CARACTERISTIQUES :

2.1. Les espèces sauvages :

a. Saccharum robustum :

Le robustum se rencontre essentiellement en Papouasie-Nouvelle Guinée, où l’espèce


forme des peuplements denses le long des rivières. Elle est considérée comme ancêtre
sauvage de l’Officinarum.

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¾ Caractéristiques agro morphologiques :

Au point de vue caractéristiques agronomiques, les feuilles de Saccharum Robustum


sont larges et retombantes. Elles sont parfois pubescentes.
Les tiges sont minces de 20 à 30cm de diamètres. Elles sont totalement privées de
sucre, pauvre en eau et donc essentiellement ligneuses.
Croisant à proximité des plans d’eau, Le Saccharum Robustum manifeste un puisant
tallage, une grande rusticité et un cycle végétatif dépassant 24 mois.
La floraison est modérée, étalée dans le temps, souvent avortée en un chou
comestible. Ces épillets sont à trois glumes, plus rarement quatre.

¾ Caractéristiques génétiques :

Génétiquement, il existe deux cytotypes majoritaires chez cette espèce : 2n=60 et


2n=80. Son nombre de base de chromosome est égal à 10.

b. Saccharum Spontanéum :

 
Saccharum spontanéum a une distribution géographique très vaste qui englobe
presque toute l’Asie, de l’Afghanistan aux îles de Pacifiques. Cependant, ces cannes peuvent
être rencontrées autrement car elles supportent tous les extrêmes en ce qui concerne la
pluviométrie et le sol. Elles sont sensibles au charbon et à la maladie de Fidji et résistent
particulièrement bien au sereh et à la mosaique.
Les différents écotypes de Spontanéum sont pérennes.

¾ Caractéristiques agro morphologiques :

 
Les feuilles de cette espèce sont disposées en lanières, souvent réduites, à nervures
médianes rugueuses, de port érigé et branchantes. Elles se fixent par un pétiole en gaine
fortement adhérent à la tige.

Les tiges sont de couleurs variables mais ternes, donc blanches, grises verdâtres ou jaunâtres.
Elles sont courtes, fines, de 5 à 10mm de diamètre de diamètre, à moelles spongieuses percée
chacune d’une lumière, à écorces très durs. Les nœuds dessinent sur la tige (recouverte de
pruine) toute une série de renflements blancs ou verdâtre.

A l’exception de quelques unes, ces cannes fleurissent à 100% en quelques jours seulement,
dès le début de la saison hivernale dont ce sont les épillets pédicellés qui s’ouvrent les épillets
sessiles. En générale, cette inflorescence est petite ou moyenne.

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¾ Caractéristiques génétiques :
 
Pour spontanéum, le nombre chromosomique varie entre 40 et 128 suivant les
clones ; et le nombre de bases serait égal à 28.

2.2. Les espèces cultivées :

a. Saccharum Officinarum :

Il est probablement originaire de l’Océanie et d’Asie du Sud-est. Il ne résiste qu’au


charbon et à la mosaïque, cependant, il est très sensible à la généralité des autres maladies.

¾ Caractéristiques agro morphologiques :


 
Saccharum Officinarum est par excellence la canne. Elle est caractérisée par :
- Feuilles très larges, retombantes sous leur poids, et se détachant facilement.
- Tallage faible de huit à dix tiges très grosses de 6 à 8cm de diamètre et 4 à 5m de long.
Ces tiges sont vivement colorées, souvent à rayures longitudinales bicolores. Blanches,
jaunes, vertes ou pourpres, elles sont très riches en jus sucré. La partie fibreuse ne représente
que 10 à 13% du poids des cannes.

¾ Variabilités génétiques :

 
Saccharum officinarum est à 2n=80chromosomes. Le nombre de bases pour cette
espèce pourrait être de huit à dix. La plupart des cannes cultivées actuellement sont des
hybrides interspécifiques artificiels entre cette espèce et l’espèce sauvage Spontanéum.

b. Saccharum Barberi :

Saccharum Barberi est originaire d’Inde. Il est suffisamment tolérant vis-à-vis du


sereh et de la mosaïque, cependant, c’est la plus sensible de toutes au charbon.

¾ Caractéristiques agro morphologiques :

Leurs caractéristiques sont principalement :


- Feuilles étroites
- Tiges de 15 à 20cm de diamètre ; de couleur vertes, blanches ou ivoires ; faiblement
recouvertes de pruines ; fibreuses également mais plus sucrées que celles de Sinense.
- Entre-nœuds régulièrement cylindriques
- Tallage très développé et compacte.
D’après BARBER, cette espèce se compose de cinq types : Mungo,nargori, Saretha,
Sunnabile et Panshani.

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¾ Variabilité génétique :
 
Cette espèce est un hybride interspécifique naturel dont ses clones ont de nombre
chromosomiques variant de 82 à 124.

c. Saccharum Sinense :

Saccharum Sinense est originaire de la Chine. Elle résiste à la mosaïque mais pas à la
strie chlorotique qui est pour ainsi dire le mal spécifique.

¾ Caractéristiques agro morphologiques :

Cette espèce est caractérisée par ses feuilles relativement larges, énormes, souples et
retombantes, se fixant à la tige par une gaine très fortement adhérente.
Leur tige est de 15 à 20mm de diamètre ; de couleur gris blanchâtre, parfois teintée
de rose et est revêtue d’une épaisse pellicule de cire ; ligneuse et faiblement sucrée. Les
nœuds et entre-nœuds qui y sont présents donnent l’image d’une bobine.
Elle fleurit modérément.

¾ Caractéristiques génétiques :

 
C’est aussi un hybride interspécifique naturel possédant comme nimbre
chromosomique 2n=82 à 124.

2.3. Espèces non exploitable à l’amélioration génétique

Une autre espèce du genre saccharum, saccharum edule, est traditionnellement en


Papouasie, Nouvelle Guinée dans les îles proches. Son inflorescence compacte est
consommée comme légume et sa tige n’est pas sucrée. Des clones de cette espèce produisent
des inflorescences stériles et ne sont pas exploitable dans les programmes d’amélioration
génétique de la canne à sucre.

III. MECANISME DE REPRODUCTION

3.1. Multiplication végétative

La canne à sucre se reproduit normalement par bouture qui sont des parties plus ou
moins de la tige de canne et comprenne un nombre variable et en générale limité de bourgeon
latéraux.
Ces boutures peuvent être des boutures de tête ou de bouture de corps dont la
technique culturale est résumée dans le tableau suivant :

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Tableau 3 : Système cultural de la canne à sucre

Divers travaux Période


- Préparation du terrain - Novembre à décembre
- Plantation - Janvier à avril
- Fumure - En même temps que la plantation
- Apport d’insecticide - En même temps que la plantation et lors des fortes
attaques
- Remplacement de - Peu précise
manquant - Dès apparition des mauvaises herbes
- Désherbage - Un mois avant l’abattage des cannes
- Epaillage - Juillet à novembre
- Récolte
Source : RANDRIAMANANTSOA Jean, 1996. 

On remarque que cette multiplication végétative fut la seule technique pratiquée par
l’homme jusqu’au moment où l’on s’ »aperçut que les graines de cannes pouvaient être
fertiles.

3.2. Multiplication sexuée :

a. Fécondation croisée :

La multiplication sexuée chez la canne a été conçue par sa fleur hermaphrodite semblable
à la constitution de celle des monocotylédones. Ces fleurs contiennent à la fois les organes
mâles (les étamines, qui libèrent les grains de pollen) et les organes femelles (les stigmates
qui conduisent à l’ovaire). Le sexe est reconnaissable sur la base de la fonctionnalité des
organes : à l’inverse des cannes dites mâles, les cannes considérées comme femelles sont
celles dont les étamines sont atrophiées et stériles, soit naturellement, soit à la suite d’une
castration artificielle.

Dans ce type de fécondation, les stigmates favorisent la germinaison du pollen pendant un


laps de temps limité. Cette réceptivité est en générale plus prononcée vis-vis du pollen. La
fécondation croisée se réalise ainsi étranger plus couramment.

b. Autofécondation :
 
Toutefois, la canne est considérée comme autogame car conventionnellement, elle
est mâle si le pourcentage d’anthère ouverte est supérieur ou égale à 20%. Dans le cas
contraire, elle est considérée femelle.

La fécondation dans ce mode de reproduction s’effectue en début de matinée et dure de


quatre à six jours dont le mécanisme peut se dérouler principalement :

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─ Dans la nature
─ En plein champ
─ En serre

™ Dans la nature :

L’autogamie dans la nature est souvent contrariée car le sexe femelle définissant les
portes-graines est une notion statistique. En effet, faute des modifications de température et
d’humidité de l’air, l’ouverture des sacs polliniques est modifiée. Notamment, il y a
modification de la maturité sexuelle ce qui peut conférer le sexe mâle à un géniteur considéré
comme femelle fonctionnelle. De ce faite, on a intérêt à une autofécondation forcée

™ En plein champ :

En plein champ, on force la fécondation en encadrant les portes-graines d’un rideau


de géniteur mâle. Dans cette technique, il faut s’assurer que les plantations soient orientées
selon la direction des vents dominants.
Ce processus est le plus simple pour le contrôle de la fécondation. Néanmoins, il
n’est pas aussi précis que dans la fécondation artificielle guidée par l’hybrideur.

™ En serre :

Exécutée en serre, la fécondation artificielle exige l’emploi d’une cage de


fécondation étanche appelée « lanterne » à cause de sa forme.

Les panicules sont enfermées dans la lanterne. On détermine en observant par transparence le
moment de l’anthèse. Puis, on y insuffle du pollen fraîchement récoltée ou bien on y introduit
une fleur mâle.

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PARTIE II : CREATION VARIETALE ET


SELECTION DE LA CANNE A SUCRE

I. TECHNIQUES DE CREATION VARIETALE DE LA CANNE A SUCRE

La création variétale est une voie privilégiée pour accroître la durabilité et la viabilité
des productions agricoles dans un contexte de contraintes biotiques, abiotiques et socio-
économiques. Elle contribue à l’intensification écologique des productions et aide à faire face
à une compétitivité croissante sur les marchés.

La présence de graines fertiles chez la canne permettant l’autofécondation ou


l’autofécondation croisée a permis aux chercheurs d’envisager :
─ La fécondation intra spécifique : autogamie et allogamie.
─ La fécondation interspécifique.
─ Les polycroisements
─ Le Croisement intergénétique

1.1. La fécondation intra spécifique

Ce monde de fécondation n’intéresse que le laboratoire de recherche à court de géniteur de


type noble dont c’est un moyen d’agrandir l’éventail en sélectionnant les formes à haute teneur en
sucre . De plus, leur descendance recouvre la faculté de fleurir.
A part cet intérêt non négligeable, l’autofécondation ne fait guère évoluer les populations
dans un sens véritablement profitable à l’amélioration.

1.2. La fécondation interspécifique :

En provoquant au contraire la fusion de gamètes ayant des groupes d’allélomorphes


différemment constitués, il apparut au sein de la descendance une grande diversité des formes.
Ainsi, suivant la destination du croisent, un certain nombre de modèle a été défini :

a. Croisement interspécifique simple ou bilatéral

Il s’agit de croisement entre deux espèces.

b. Croisement interspécifique complexe ou multilatérale

Les parents sont eux-mêmes des hybrides obtenus par le croisement précédent.
L’hétérogénéité des parents amène souvent une rupture de liaisons entre caractères. L’intervention de
plusieurs espèces peut être efficace. En première génération il y a par exemple apport de quatre sangs
dont on peut encore compléter la combinaison. Cela peut être résumé dans le tableau suivant :

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Source : René COSTE, 1997

c. Croisements interspécifiques consanguins :

Les hybrides sont issus du croisement d’un hybride avec un de ses parents initiaux ou un
parent collatéral.

Source : René COSTE, 1997

d. Anoblissement :

C’est aussi un croisement du type consanguin avec moins d’accentuation, car on change la
lignée noble à chaque croisement de retour.

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Il s’agit d’un croisement d’une canne sauvage ou demi-sauvage avec une canne noble, de
lignées différentes. Cette méthode a pour but de ne conserver au terme de croisement qu’une partie du
patrimoine de la canne sauvage afin d’obtenir des sujets très intéressants.

Les espèces Saccharum les plus utilisés sont :


™ S. officinarum : la canne noble
¾ source de sucre
¾ très sensible aux maladies

™ S. spontaneum : canne sauvage


¾ source de résistance
¾ source de vigueur

Schéma d’hybridation interspécifique «Nobilisation»

Source : Robert Domingue, Cirad

1.3. Les polycroisements :

Nous avons vu que la réceptivité des stigmates peuvent être favorables au pollen de la plante
ou à un pollen étranger. Pour obvier à un échec dû à l’éventualité d’un effet inhibitrice, les

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phytobiologistes ont imaginés de recourir à des polycroisements dont deux types sont aujourd’hui
communément employés :

─ Polycroisement simple ou bilatéral : dans ce premier type, un seul mâle sert à


féconder à la fois toute une série de femelles différentes. Seules les inflorescences femelles sont
semées.

─ Polycroisement multilatéral : c’est une méthode d’inspiration Hawaiienne appelée


« Melting-pot », il s’agit d’une polyandrie végétale. Plusieurs variétés mâles fécondent à la fois toute
une collection de variétés femelle. Celui qui sera le plus apte à se développer assure la fécondation.
Toute est semée, aussi bien les hampes femelles que les mâles.

1.4. Les croisements inter génétiques :

BARBER a été le premier à signaler l’intérêt. Il réussit la fécondation entre Vellai (Bourbon)
et un hybride de saccharum. Celui-ci est un genre très voisin de saccharum, à tel point qu’il y avait été
rangé.
On a parlé tout récemment des hybrides de saccharum avec le genre Zea, Eucleama,
Bambusa et sorghum, réussite qu’on ne saurait admettre sans réserve.

II. TECHNIQUE DE SELECTION DE LA CANNE A SUCRE

2.1. Méthodes de sélection

Le but des expérimentations est de répondre objectivement à une question : parmi toutes les
variétés créées par l’hybridation, y en a-t-il une qui soit plus rentable que la variété
habituellement cultivée par les planteurs ?

L’objectivité du raisonnement expérimental est fondée sur des méthodes statistiques. Il faut
donc trier et comparer des centaines de milliers de nouvelles variétés.

Les variétés en compétition sont placées dans des chances égales de croissance : semées à la
même densité, à la même date, fertilisée avec les mêmes doses d’engrais, désherbées le même
jour, avec le même produit, dans les conditions habituelles des agriculteurs.

2.2. Les critères de sélection

• Augmentation de la productivité
• Améliorer le rendement en canne et en sucre
• Teneur élevée en sucre
• Résistance aux maladies (4 -5 maladies selon pays)
• Adaptation aux conditions de culture
• Dates de récolte (début, milieu et fin)
• Qualités technologiques (fibre)

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Amélioratio
on de la Canne à sucre  VONA
V  
 
• Récolte mécanisée (poort droit, uniiformité de taille)
R t
• C
Capacité geerminative et
e couvert végétal
v (enheerbement)
• P
Peuplement t (relation nombre
n -diam mètre)

Après laa fécondatioon, la phasee de maturattion des graaines. L’objectif final eest de recherrcher les
variétéss qui produisent le revvenu à l’hectare le plu us élevé poossible. Le ttonnage de sucre à
l’hectarre (tonnage de cannes x richesse en e sucre) est le critèree le plus immportant, carr le plus
corrélé au revenu de
d l’agricultteur.

Autre vertu très reccherchée : l’’aptitude à la


l repousse après les cooupes succeessives. Les variétés
les pluss appréciéess des planteeurs sont celles
c qui enndurent le plus grand nombre dee coupes
successiives avant que
q la chutee des rendem ments ne ren nde indispeensable une nouvelle pllantation
(la cannne repoussee un peu mooins après chaque
c couupe). L’idéaal est que cette replanttation ne
soit pass trop souveent nécessaiire, car c’esst l’opératio
on agricole la plus chèère pour le planteur.
p
La résisstance aux maladies
m estt un autre crritère primoordial.

La malaadie est ressponsable ded la chute ded productiion. On ne connaît pass d’autre moyen
m de
lutte que la culture de variétés résistantes.

2.3. Les moyen


ns

Le succcès de la fabrication de variétéés modernees toujours plus produuctives sup ppose la


mobilisaation d’un personnel
p h
hautement f
formé, des surfaces
s d’eexpérimentaation imporrtantes et
des mooyens matériels (serrees, équipem ment agrico ole, laboratooires d’anaalyses sucriières…),
indispennsables pouur tout centree de rechercche qui esco
ompte des résultats
r crédibles.

2.4. Les étapess de la sélecction

a. la sélectionn visuelle

La “phaase visuellee” est la preemière sériee d’épreuvees de la


sélection.
Deux plantules
p suur mille, à peine,
p arrivveront à la fin du
parcourrs… Chaquee année, onn sème danss des caisseettes de
jardinagge un à deuxx millions de
d graines quiq provienn nent de
la féconndation de plusieurs
p cenntaines de géniteurs.
g
Chaque graine renfferme une combinaison
c n de chromoosomes
unique, qui donnne une plantule p diifférente de
d ses
semblabbles. Ce soont les noouvelles vaariétés. La nature
élimine les graines les moins aptes
a à germmer.
De mêm me, les planntules les plus
p faibless dans la “lutte pour la
l vie” dispparaissent. C’est la
sélection naturelle.

1
12

ANDRIAN
NARISON N. &
& RASOLOFO L
L. & RAKOTOA
ARISOA N. 
Amélioratio
on de la Canne à sucre  VONA
V  
 
1ère annnée Pépinièères de planntules
Dans lees caissettess, seules surrvivent enviiron 200 0000 plantuless, qui sont rrepiquées dans trois
pépinièrres différenntes. Le cheercheur réppartit le maatériel végéétal entre cees trois staations en
fonctionn de l’adapptation de ses
s géniteurrs au micro oclimat conncerné : tellles plantulees seront
repiquéees dans tel région
r car provenant
p dee géniteurs tolérant frooid et sécherresse…

2e et 3ee années Staade “une touuffe”


Dans les pépinièress précédenttes, seuls 800 000 candiddats sont reetenus et plaantés à raiso
on d’une
touffe par
p nouvellee variété. Le L sélectionnneur examiine attentivvement chaccune de cess touffes
deux annnées durantt et n’en rettient que 3 000
0 : les pluus robustes,, qui ne présentent aucun signe
extérieuur de maladdie. On leurr attribue unn code d’id
dentificationn, qui sera uutilisé au cours des
stades ultérieurs
u dee la sélectionn.

4e et 5ee années Staade “une liggne”


Les 3 000
0 variétés précédemm ment choisiees sont mulltipliées parr bouturage et plantéess sur des
petites parcelles
p dee 5 mètres de
d long (15 boutures
b paar ligne). Laa sélection ss’apparente toujours
à un conncours de beauté
b : au bout
b de deuux années d’’observationn, le sélectionneur ne retiendra
r
que les 350 variétéés les plus hautes,
h les plus
p droites (faciles à réécolter), less plus densees, celles
qui sontt indemnes de maladiess et les plus riches en sucre.

b. La sélectioon expérimeentale

Les épreeuves impittoyables de la qualificaation finale


Sur les centaines ded milliers de plantulees qui ont pris
p
le déparrt, il ne resste que 3500 cannes auu stade “deeux
lignes”. Une seulee, peut-être,, sera jugéee digne d’être
cultivéee…

6e et 7ee années Staade “deux liignes”


À la finn du stade “uune ligne”, il ne reste plus
p que 350 0 variétés enn course. Lees expérimeentations
qui les attendent
a soont de plus en
e plus élabborées. Duraant le stade “deux lignees” et le stade “trois
lignes”, les perform mances des variétés soont mesuréees à trois réppétitions. L Les critères mesurés
sont le tonnage
t de canne, la teneur en suucre. On y ajoutea la réssistance auxx maladies, évaluée
par des tests d’inocculation artiificielle réallisés avec lee service patthologie duu CIRAD.

8e, 9e et
e 10e annéees Stade “trrois lignes”
À la finn du stade “deux
“ ligness”, seules 1000 variétés de canne soont retenuess. Elles ne sont
s plus
que 10 à 30 aprèss le stade “3 lignes”, à la fin de d la 10e année.
a La ssélection réésulte du
classem
ment par orddinateur dess données économique
é es (revenu/hha) enregisttrées à la réécolte en
“vierge”” et en “repousses”.

1
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ANDRIAN
NARISON N. &
& RASOLOFO L
L. & RAKOTOA
ARISOA N. 
 
Amélioration de la Canne à sucre  VONA

 
11e, 12e, 13e, 14e années Stade “essais régionaux”
Les 10 à 30 variétés les plus prometteuses sont testées dans un réseau “d’essais régionaux”
répartis dans tous les microclimats: zones humides ou sèches, sur le littoral ou en altitude,
irriguées ou non.
Il s’agit de reconnaître, dans chaque zone, les cannes susceptibles d’égaler ou de dépasser les
meilleurs standards localement utilisés par les agriculteurs. La recherche s’appuie sur des
stations d’expérimentations et sur quelques planteurs, volontaires pour héberger une
expérimentation pendant 4 années. Cette durée est nécessaire pour apprécier la tenue à la
repousse des cannes après les coupes successives. Seules les cannes les plus pérennes, et qui
résistent le mieux au piétinement des engins agricoles de chargement, seront retenues.

13e, 14e et 15e années Stade pré-commercial


Avant son inscription définitive au catalogue du CERF (Centre d’Essai, de Recherche et de
Formation), la nouvelle variété est multipliée à un stade semi-industriel (parcelles de 1 à 2 ha)
où ses performances sont éprouvées une dernière fois. Si elle s’avère définitivement
satisfaisante, elle est alors propagée dans des pépinières commerciales garanties saines, par la
plantation de boutures préalablement traitées.
Le CTICS est ensuite chargé de diffuser la variété chez les planteurs, dans les zones de culture
recommandées par le CERF.

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PARTIE III : VARIETES PARTICULIERE DE LA


CANNE A SUCRE

I. LA R583

R 90/2992 : Libérée en 2008


Parenté : R 575 x R 570

La variété actuelle conseillée aux agriculteurs pour la zone des hauts sous le vent est la R577,
et c’est cette variété qui est utilisée comme témoin dans nos essais.

Dans les essais du CERF, la nouvelle R583 donne, par rapport à la R577 :
9 + 27 % de tonnage,
9 + 5% de richesse en sucre

Afin d’évaluer, la variation de marge brute par hectare que peuvent attendre les agriculteurs,
nous avons retenu une production moyenne avec la R577 de 65 T/ha, avec une richesse de 13.
En appliquant les évolutions observées dans nos essais, la R583 permettra d’atteindre un
rendement de 82.5 T/ha avec une richesse de 13.65.

La variété R583 présente des avantages et des inconvénients, par rapport à d’autres variétés :

• Points forts :

R583 est une variété ayant une très bonne vigueur végétative, notamment :

→ Elle continue sa croissance à des températures où R577 arrête de pousser, ce qui lui
confère une bonne adaptation aux conditions fraîches d’altitude
→ Elle couvre plus vite le sol, ce qui facilite la maîtrise des mauvaises herbes.

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→ Très fort rendement en cannes par rapport aux variétés cultivées actuellement

R583 a une bonne levée. C’est la variété qui supporte le mieux les faibles températures
à la plantation (confirmé pas des essais du CIRAD).
→ Ceci est un facteur supplémentaire de réussite des plantations.

C’est une variété qui ne fleurit pas (ou très peu), et qui peut donc être récoltée à tout moment
de la campagne. Elle présente une bonne richesse par rapport aux témoins.

• Points faibles :

R583 a un diamètre moyen, en général moins gros que celui de R577 ou R570.

Sa forte vigueur végétative et la grande longueur de ses tiges entraînent une tendance à
verser, particulièrement lorsqu’elle présente un fort tonnage.

Ses caractéristiques d’adaptation aux zones d’altitude sèches rendent la R583 inadaptée aux
autres zones de production. Le CERF a mis en place des essais dans les différentes zones de
culture de l’île qui confirment :
→ Sa très faible richesse en dehors des zones d’altitude sèches
→ Un diamètre plus fin et une tendance à une forte verse en basse altitude

N.B : Malgré ses points faibles, en particulier son aspect végétatif, R583 est une variété qui,
grâce à sa productivité, va sensiblement améliorer le revenu des planteurs.
R583 a de mauvais résultats en basse altitude, il faut donc la cultiver strictement dans sa zone
d’adaptation.

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CONCLUSION

En somme, la canne à sucre est, certes, une plante bien connue et elle est cultivée
depuis les temps les plus reculés. Son exploitation est apparue presque partout compte-ténu de
la diversité des espèces de cette plante que ce soient pour les cannes sauvage que pour les
cannes cultivées. Sans parler des cannes non exploitable en amélioration génétique.

A part le bouturage, qui est la technique la plus utilisée pour la multiplication de la


canne, on a pu noter aussi qu’elle peut être multipliée par voie sexuée notamment par la

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BIBLIOGRAPHIE

RANDRIAMANANTSOA Jean. Perspective de la production de la canne à sucre en vue


d’une implantation d’une sucrerie à Mananjary. Edition : 1996.
René COSTE. La Canne à sucre ; 1997
RANAIVOSOAFARA Marie Georgette, La canne à sucre sur les hauts plateaux, 1981
Institut de recherche agronomique à Madagascar ; Canne à sucre, résultat d’activités n°376,
edition Janvier 1973
www.cerf.re
www.cirad.fr

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