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S’équiper

Voilà, je suis prête.

Je suis devant la mercerie de ma ville, et je vérifie dans mon sac que j’ai bien la liste des
fournitures en ma possession. Elle est ridicule, elle ne comporte que deux mots : aiguilles et
pelote. Je n’ai pas su comprendre la différence entre les aiguilles en métal, ou encore en
bambou ou en bois, qu’importe, je verrai bien ! Après tout, je ne fais qu’une expérience !
Allez, j’ouvre la porte.

« Tu tricotes quoi ? »

Une voix venant de nulle part, je regarde autour de moi. La boutique est plutôt petite, une
décoration simple mais très soignée. Un groupe de trois femmes assises autour d’une table
entourée d’étagères remplies de pelotes de laine, au fond du magasin : une Africaine, une
Asiatique et une Européenne, un véritable brassage des cultures !

« Que puis-je faire pour vous ? » la vendeuse me regarde, elle est derrière son comptoir, et
elle attend ma réponse.

Je déglutis, je prends mon courage à deux mains, et lui explique ma situation : je débute dans
le tricot et je cherche à acheter le matériel adéquat pour ma nouvelle activité.

Elle me sourit avec bienveillance, elle ne se moque pas de moi. Est-ce que je me suis un peu
renseignée ? Est-ce que j’ai déjà tricoté plus jeune ? Est-ce que j’ai déjà une idée de tricot ?
Un accessoire pour l’hiver ? De la layette alors ?

Je dois avoir l’air ridicule, avec mes yeux ronds comme ceux d’un poisson. Elle lève alors les
yeux au plafond, et m’invite à aller voir le rayon des pelotes. Je ne suis pas bien loin de ces
trois femmes qui tricotent en discutant vivement. Sur les étagères, je lis différentes marques
(je ne savais pas qu’il y en avait tant que cela !), et que de choix dans la matière ! La vendeuse
me suggère alors de commencer par de l’acrylique, plus de choix et moins onéreux, l’idéal
pour une débutante ! J’opte pour une laine qui est très douce au toucher, et une couleur
classique, le blanc. Pour les aiguilles, c’est autre chose. Je ne sais pas quoi prendre. Devant
mon hésitation, mon guide me partage sa préférence : les aiguilles en bambou. Elles sont
légères, font glisser la laine sur les aiguilles. Sur ces conseils, j’opte donc pour une paire
d’aiguille en bambou, mais il y en a de différentes tailles ! Mon accompagnatrice rit, et
m’explique qu’il faut que je me réfère aux instructions écrites sur l’étiquette de ma pelote
pour choisir les aiguilles adaptées. Je jette un coup d’œil : 5. Mais 5 quoi ? Décibels ?
J’apprends alors que la taille est en millimètre et que donc les chiffres qui sont au bout des
aiguilles représentent leur diamètre.

Je ressors donc avec mon trésor de guerre dans un sac, et me précipite chez moi, prête à me
lancer dans mon premier « chef d’œuvre » tricotesque !