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« C'est maintenant, »disait Abs, « qu' il faut que t' apprenne à sauter.

Là?
Dans le vide.
Détache toi.
Regarde. Comme ça.
Abs chutait. Vite. Sans être vu. Elle n'était plus.
Amleth regardait l'abime. Faisait pareil.

La vallée s' éloigner de lui. Il montait sur un courant d'air chaud. Vers le ciel.
Un moment donné il arrêtait de monter. Il arrivait en face d'une grotte. Il agrippait à ses parois,
rentrait.
« Tu vois, facile, n'est ce pas? »,disait le voix d'Abs, même si lui,Amleth, ne la voyait pas.
« Ne crie pas. Écrit ton crie pour toi. Pour que d'autres te suit. »
« Je te suis. Je te suis, » disait Amleth, en lui.
Je vois.
Pourquoi j'écris? Pour rentré au moi profond en moi où la vérité règne, même si je n'arrive pas à
décrocher un mot de vrai, en tâtonnant j'explore, je me découvre, me vois, les mille et une facettes,
façades de moi, mes charades.
Tes visages?
En toi. Le reflet de l'autre, en moi.
Pour me comprendre. D'où je viens. Mon histoire, mes liens.
Dans le temps, l'espace s' en va. Même la terre ne restera pas.
Quoi?
Temporalité d' un jour éphémère. Transitoire, à passage dans l'air.
D'ère.
De notre aire.
Chantons, alors, pour qu'on comprenne mieux d'où on viens.
Où on va, on ne sait pas. Car le temps nous réserve d'autres chansons inconnu à nos jours, à nos
yeux, invisible dans ce lieu.
Transitoire.