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Exposé sur

Fait par : BAHRI Sihem et HAMDI Mohamed Salim

Professeur : Mme OULD AHMED

4ème aquaculture -
2009/2010 -
SOMMAIRE

INTRODUCTION 1

1. Historique 3
2. Origine et composition chimique et
3
carraghénanes
3. Les types de carraghénanes 4

4. Les carraghénophytes 5

 Les teneurs en carraghénanes 8

5. Propriétés des différents carraghénanes 8

 Effet des électrolytes 9

6. Les utilisations des carraghénanes 10

7. L'extraction des carraghénanes 11

 L'extraction fine 11

 Le cas des carraghénanes semi-raffinés 14

8. Données toxicologiques 14

CONCLUSION 16

ANNEXES 17

BIBLIOGRAPHIE 19
Liste des tableaux :

Tableau Pa
ge
Tab1 : Teneurs en carraghénanes des principaux 8
carraghénophytes traités par l'industrie
Tab2 : Utilisations actuelles des carraghénanes k, ι et λ 10
Tab3 : Composition des différents carraghénanes 17
Tab4 : Tableau des principales applications des 18
carraghénanes

Liste des figures :


Figure Pa
ge
Fig1 : Mise en évidence de la place des phycocolloïdes 2
parmi les colloïdes utilisés pour épaissir ou gélifier les
solutions aqueuses
Fig2 : Chondrus crispus 3
Fig3 : Constitution moléculaire des carraghénanes. Les 4
carraghénanes se présentent sous forme de sels de
calcium, de sodium ou de potassium
Fig4 : Les différents types de carraghénanes. L'industrie 5
extrait en fait trois types de carraghénanes : le lambda, le
kappa et le iota carraghénane
Fig5 : Origine des principaux carraghénophytes utilisés 6
pour l'extraction des carraghénanes
Fig6 : Champ de culture sur fil d'Eucheuma denticulatum . 7
La culture s'effectue par bouturage ; un fragment de 100 à
150 g devient en 6 semaines un plant de 1,2 à 2 kg
Fig7 : Autre culture d'Eucheuma, planté à même le sol 7
Fig8 : Cueillette de Chondrus crispus et de Mastocarpus 7
stellatus en France. Cette activité est en voie de disparition
Fig9 : Formation d'un gel réversible à partir du kappa 9
carraghénane
Fig10 : Répartition en pourcentage des principales 11
utilisations des carraghénanes
Fig11 : Méthode « fine » d'extraction des carraghénanes 13
utilisée dans l'industrie
Fig12 : Poudre de caraghénane 14

INTRODUCTION :
Les végétaux marins sont omniprésents dans notre quotidien. En effet les
utilisations des algues sont diverses et variées. Outre les usages
alimentaires, elles prennent une place croissante dans l’agriculture
(alimentation du bétail, engrais organique), dans l’industrie
pharmaceutique (enrobage des médicaments, propriétés amincissantes…)
ainsi que dans des domaines tels que la cosmétologie (savon, crème,
dentifrice), les produits de nettoyage, les industries textiles…
A l’époque actuelle, avec l’essor considérable de l’industrie
agroalimentaire, il est impossible de dissocier les termes algue et aliment.

Par exemple un européen consomme en moyenne sans le savoir au moins


cinq fois par jour des agents de texture provenant des algues.

Certains extraits d’algues possèdent des propriétés gélifiantes,


épaississantes ou texturantes que l’on retrouve chez des végétaux
terrestres (amidon, pectine) et dans la moelle des animaux (gélatine).

Suite à la crise de la vache folle en 1996 les industries agroalimentaires se


sont orientées davantage vers des alternatifs aux mêmes propriétés que
la gélatine tels que les phycocolloïdes.

*Qu’est-ce qu’un gélifiant ? Qu’est-ce qu’un épaississant ? [1]

La gélification est due à des liaisons inter-macromoléculaires plus ou


moins fortes. Plus les zones de jonctions et les forces inter-
macromoléculaires s’y exerçant seront importantes et plus on aura un gel
ferme et rigide. Gélifier revient donc à figer le milieu.

L’épaississement entraîne une modification de l’aspect du milieu telle la


viscosité. Ces modifications dépendent du poids moléculaire et de la forme
des macromolécules. Dans le cas d’un épaississant pur, aucune liaison
inter-macromoléculaire n’est possible.

* Qu’est-ce qu’un phycocolloïde ? [1]

Un phycocolloïde désigne « un colloïde issu des algues », un colloïde étant


« une substance composée de microparticules dispersées dans un liquide
».

Les phycocolloïdes les plus couramment utilisés sont les alginates, les
carraghénanes et les agars. Il s’agit de polysaccharides utilisés en tant
qu’agent de texture. Cependant ils ne possèdent pas les mêmes
propriétés.

Ainsi, les agars et les carraghénanes Lambda sont des


épaississants, et les carraghénanes Iota et Kappa sont gélifiants.

Les alginates sont quant à eux à la fois des épaississants et des gélifiants.
Ces propriétés sont exploitées en alimentation humaine ou animale, en
pharmacie, en agriculture ou encore en médecine.

Les phycocolloïdes représentent plus de 39 % des colloïdes produits dans


le monde (fig. 1).
La demande les concernant devrait progresser aux dépens de ceux rendus
suspects (gélatine) par l'encéphalopathie spongieuse bovine (plus connue
sous le nom de « maladie de la vache folle ») [5].

Figure 1: Mise en évidence de la place des phycocolloïdes parmi les


colloïdes utilisés pour épaissir ou gélifier les solutions aqueuses [5]
1. HISTORIQUE : [4]

Dans un comté du sud de l’Irlande, appelé Carragheen, les habitants


avaient pour habitude d’utiliser une mousse d’Irlande, algue qu’ils
trouvaient sur les rochers des côtes, pour faire des pommades et des
flancs. Vers 1700, au cours de la colonisation de l’Amérique du Nord, les
Irlandais constatèrent que leur mousse d’Irlande poussait également sur
les côtes du Massachusetts. Ils se sont par la suite rendu compte que cette
algue appartenait à la famille des Rhodophycées (ou algues rouges), et
était appelée Chondrus crispus.

On rencontre cette algue rouge sur toutes les côtes de l'Atlantique Nord
surtout dans les provinces maritimes du Canada, le Maine, la Bretagne et
la péninsule Ibérique. En Bretagne, le Chondrus crispus était appelé "
pioka ", sa cueillette se pratique encore les jours de grandes marées.

L'intérêt économique et l'abondance de l'algue a éveillé l'intérêt des


industriels. Ainsi
en 1871, le polysaccharide pur, à l'origine des vertus de la " mousse
d'Irlande ", est extrait aux Etats-Unis. Il est logiquement appelé
carraghénane en référence à son comté d'origine.

Après la Seconde Guerre Mondiale, l'expansion de l'industrie alimentaire a


engendré une utilisation accrue des carraghénanes en tant que
stabilisateurs, épaississants et gélifiants. L'importance de la demande a
amené la création de fermes aquacoles destinées à la culture du Chondrus
crispus (fig.2). Celles-ci apportent de nombreux avantages : absence de
fluctuations climatiques, facilité de récolte, matières premières plus pures,
et la possibilité de sélectionner les algues les plus productives en
carraghénanes.

Figure 2: Chondrus crispus

2. ORIGINE ET COMPOSITION CHIMIQUE ET CARRAGHENANES :


[5]

19
Ce sont des polymères extraits de la paroi des Rhodobiontes, qui se
différencient fondamentalement des alginates puisqu'ils ne possèdent pas
de radicaux COOH et qu'ils dérivent du galactose (fig.3), alors que les
alginates sont des chaînes où se mêlent acide mannuronique et acide
guluronique.

Figure 3: Constitution moléculaire des carraghénanes. Les


carraghénanes se présentent sous forme de sels de calcium, de sodium
ou de potassium.

3- LES TYPES DE CARRAGHENANES : [5]

En ajoutant à un extrait de Chondrus crispus du chlorure de potassium


(KCl), Smith et Cook ont démontré qu'il existe au moins deux types de
carraghénanes :

- une fraction soluble en présence de KCl, ne donnant jamais de gel,


qu'ils ont
nommé lambda carraghénane ;

- une fraction insoluble à froid en présence de KCl, soluble à chaud, et


donnant en
refroidissant un gel doux agréable au palais : le kappa
carraghénane.

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Les travaux dans ce domaine ont permis d'identifier un troisième type de
carraghénane, le iota carraghénane, agissant comme le kappa
carraghénane, mais donnant des gels plus élastiques. Tous les
carraghénanes ont pour monomère le galactose.

Figure 4: Les différents types de carraghénanes. L'industrie extrait en


fait trois types de carraghénanes : le lambda, le kappa et le iota
carraghénane [5].

En revanche, au premier abord, ils ressemblent aux agars puisqu’ils sont


des polymères du galactose, mais ils possèdent une teneur très élevée en
radicaux « » (20 à 25%), contrairement aux agars qui n’en
contiennent que 5%. C’est de cette différence de pourcentage que
découlent les différences de comportement et d’utilisation. La
terminaison « ane » qui leur est attribuée signifie que ce ne sont pas des
sels cristallisables (la terminaison « ate » étant réservée aux sels
cristallisables).

19
4- LES CARRAGHENOPHYTES : [5]

Les premiers travaux sérieux faits sur ces polymères datent de 1928
puisqu'un brevet datant de cette période expose le mode d'extraction.
Mais, en fait, la véritable industrie des carraghénanes prend son essor vers
1960, lors du recul du Japon sur le marché des agars.

Les deux premières espèces utilisées furent le rhodobionte Chondrus


crispus (fig.5), aux teintes virant du rouge clair au rouge flamboyant, avec
parfois des reflets irisés, et un autre rhodobionte plus sombre
Mastocarpus stellatus à la forme d'ailleurs proche de Chondrus crispus et
vivant dans le même écosystème ; les récoltants cueillent indistinctement
les deux espèces sous le nom de liquen carragheen.

Figure 5:Origine des principaux carraghénophytes utilisés pour


l'extraction des carraghénanes. [5]

La culture d’Eucheuma et de Kappaphycus dans le Sud-est asiatique a


totalement bousculé un marché qui était principalement fondé jusqu'en
1972 sur Chondrus crispus, Mastocarpus stellatus et Furcellaria fastigiata.

-La majeure partie de la production mondiale en carraghénophytes


provient de cultures (fig.6 et 7). Pour le reste de la production, la récolte
se fait par ramassage des algues dans des sites naturels (fig.8) :

19
Figure 6: Champ de culture sur fil d'Eucheuma denticulatum . La culture
s'effectue par bouturage ; un fragment de 100 à 150 g devient en 6
semaines un plant de 1,2 à 2 kg. [5]

Figure 7: Autre culture d'Eucheuma, Figure 8: Cueillette de Chondrus


planté à même le sol. [7] crispus et de Mastocarpus
stellatus en France. Cette activité
est en voie de disparition. [5]

19
 Les teneurs en carraghénanes : [5]

Chaque carraghénophyte se caractérise par sa teneur en carraghénanes


qui varie au cours de l'année entre 15 et 40 % et par la qualité de son
extrait ; ainsi par exemple:

- Kappaphycus alvarezii (le « cottonii » du commerce) libère un extrait


de type
kappa ;

- Eucheuma denticulatum (« spinosum » dans le commerce) un extrait


de type iota ;

- Gigartina ascicularis, un extrait de type lambda.

Tableau 1: Teneurs en carraghénanes des principaux carraghénophytes


traités par l'industrie. Les hautes valeurs concernant Kappaphycus
alvarezii sont le fruit d'une longue sélection. [5]

Espèce Teneur en % de matière sèche


Eucheuma cottonii 32 à 37
Eucheuma gelatinae 14 à 27
Kappaphycus alvarezii 48 à 65
Chondrus crispus 15 à 40
Mastocarpus stellatus 15 à 36
Furcellaria fastigiata 22 à 38

Certains peuvent contenir plusieurs types à la fois. Chondrus crispus libère


en même temps du lambda, du kappa et du iota ; le type lambda domine
chez le sporophyte, le type kappa chez le gamétophyte.

5- PROPRIETES DES DIFFERENTS CARRAGHENANES :

Les carraghénanes possèdent une réactivité liée à l'abondance des


groupements hydrophiles « » et des ponts hydrophobes CH2-O de
l'anhydrogalactose.

Plus il y a de groupements sulfate et plus la molécule est soluble. Par


contre la présence des ponts hydrophobes, diminue la solubilité. [4]

Si les carraghénanes sont solubles dans l’eau, ils ne le sont pas dans les
solvants organiques apolaires et dans la plupart des solvants organiques
polaires. [4]

Le lambda carraghénane dilué dans une solution aqueuse, même à froid,


élève la viscosité de celle-ci (épaississant), mais ne provoque jamais de
gel. L’Iota et le Kappa sont, quant à eux, des gélifiants (voir fig. 9), l’Iota
conduit a des gels doux et élastiques, tandis que le Kappa donne des gels

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durs. Cependant, ces derniers ont des propriétés épaississantes s’ils sont
dissous dans l’eau chaude.

Les Iota et Lambda carraghénanes ont une bonne stabilité lors de la


congélation / décongélation et ont une bonne tolérance au sel,
contrairement au Kappa. [1]

Le kappa et le iota carraghénanes sont insolubles dans l'eau froide ; mais,


après avoir été dissous dans de l'eau chaude, ils se comportent comme
des épaississants tant que la température reste élevée. [5]

Figure 9: Formation d'un gel réversible à partir du kappa carraghénane.


[5]

Les carraghénanes peuvent aussi réagir avec les protéines, le lait, les acides et les lipides.
[1,5]

19
Effet des électrolytes :

Le pouvoir gélifiant des carraghénanes est grandement influencé par la


présence d’électrolytes, qui sont nécessaire pour permettre cette
gélification. Les sels de potassium (K+) sont les plus réactifs et de ce fait
les plus utilisés. La densité du gel de Kappa carraghénanes augmente en
fonction des concentrations de K+. Ainsi, plus la concentration en K+ est
élevée, plus le gel est dense.

Les ions K+ augmentent également les températures de fusion et de


formation du gel. Les ions calcium (Ca++) ont également une influence
sur le pouvoir gélifiant des carraghénanes, mais leur effet est plus marqué
pour la fraction Iota avec laquelle ils forment un gel très élastique et
cohérent. [4]

6- LES UTILISATIONS DES CARRAGHENANES

Grâce à leurs propriétés, les carraghénanes (appellation industrielle E407)


sont beaucoup utilisés dans l’alimentation humaine : dans le lait et ses
dérivés, les crèmes, les glaces, les gâteaux, les flans, des mousses, des
yaourts gélifiés et les sauces.

Ces phycocolloïdes confèrent à ces aliments une certaine tenue, une


cohésion et une consistance qui les empêchent de couler.

Ils sont aussi valorisés dans l’alimentation animale sous forme de


croquettes en mélange avec d’autres aliments. [1]

Tableau 2: Utilisations actuelles des carraghénanes k, ι et λ. [6]

Composé Effet Application


Lait chocolaté
Glaces et crèmes dessert
Conserve de viande
Nourriture pour animaux
κ -carraghénane gélifiant Gels désodorisants
d’atmosphère
Immobilisation
d’enzymes
Cultures in vitro
Desserts
Sauces
ι -carraghénane gélifiant Glaces et crèmes glacées
cosmétiques
Desserts
Sauces
λ -carraghénane épaississant Dentifrice
cosmétiques

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Figure 10: Répartition en pourcentage des principales utilisations des
carraghénanes. [5]

7- L'EXTRACTION DES CARRAGHENANES

On opère différemment selon la pureté du carraghénane que l'on souhaite


obtenir. Pour parvenir à du carraghénane pur, il faut passer par
l'extraction dite fine. Mais, il est possible d'effectuer un traitement à la
potasse pour aboutir à un carraghénane semi-raffiné.

L'extraction fine [5]

Le schéma de la figure 11 explique la méthode fine utilisée dans l'industrie


pour extraire les carraghénanes. Le carraghénophyte, surtout s'il est sec
depuis longtemps, est mis à tremper (stade 1) dans une solution de
chlorure de calcium et agité vigoureusement pour le débarrasser du sable,
des coquillages, des larves, des épiphytes et autres impuretés. Le calcium
pénètre dans les tissus et fixe le carraghénane dans les parois cellulaires
de manière à ce qu'il n'y ait pas de perte lors des divers rinçages (stade
2).

Pendant cette réhydratation, il est souhaitable de pratiquer, sur un


échantillon représentatif de la biomasse à traiter, une extraction
préliminaire de manière à définir les valeurs des paramètres à faire jouer
pour aboutir au meilleur rendement.

Les thalles sont alors immergés (stade 3) pendant 2 h dans une solution
alcaline (NaOH,1 N) à 65 °C, à raison de 100 l/kg de tissu sec. Les
végétaux se désagrègent progressivement en un magma verdâtre sous
l'impulsion d'un marteau-pilon (stade 4). Les carraghénanes se dissolvent
sous la forme de sels de sodium.

19
Il faut veiller à ce que le milieu reste toujours basique, ces colloïdes ayant
une forte tendance à se dépolymériser en milieu acide lorsque la
température est élevée. Il est très difficile de séparer la phase liquide
contenant les carraghénanes du reste.

La filtration s'effectue (stade 5) dans un cylindre maintenu sous pression


et à chaud. En principe, le liquide jaunâtre obtenu contient 2 g de carra-
ghénanes pour 98 g d'eau. Le problème consiste à récupérer ces 2 g.

Le liquide est versé, par jets, dans une cuve contenant de l'alcool
isopropylique (stade 6). Les carraghénanes floculent en amas spongieux
blanchâtres tandis que les pales d'une grande hélice brassent le tout.

L'opération terminée, une puissante pompe aspire la suspension «


précipité de carraghénanes-alcool » pour la déposer sur un crible
métallique vibrant horizontalement (stade 7) ; ce dernier retient les amas
spongieux et laisse passer l'alcool. Enfin pour un dernier rinçage, les
carraghénanes sont aspergés avec de l'alcool isopropylique pur.

A ce stade l'extrait est extrêmement fragile et a tendance à se


dépolymériser. Il faut alors le sécher à basse température (5 °C), sous
vide, dans une « cloche » renversée. Ce procédé demande du temps mais
permet d'obtenir des carraghénanes hautement polymérisés. Certains
industriels préfèrent confier une partie de la déshydratation à une
centrifugeuse, mais le gain de temps nuit à la qualité. L'alcool
isopropylique utilisé à chacune des opérations est collecté et dirigé vers
une colonne à distillation qui permet d'en récupérer 85 %.

19
19
Figure 11: Méthode « fine » d'extraction des carraghénanes utilisée
dans l'industrie. [5]

19
L'amas fibreux et sec est moulu en particules dont la taille peut varier,
selon la demande, de 80 µm à 270 µm (fig. 13). Il est soumis ensuite à un
contrôle qui définira sa composition chimique exacte et ses propriétés
fonctionnelles : humidité rémanente, pureté, valeur de la viscosité à chaud
et à froid, forces de gel dans le lait et dans l'eau. Si le type de
carraghénane est destiné à entrer dans la composition de produits
agroalimentaires, il doit répondre à un cahier des charges très strict.

Figure 13: Poudre de caraghénane. [8]

Le cas des carraghénanes semi-raffinés [5]

Dans le cas où le carraghénane n'est pas destiné à des applications


alimentaires, on se contente souvent de carraghénanes semi-raffinés. Ils
sont désignés sous les noms de « Alcaline Carragheen Floor » (ACF) ou de
« Philippines National Gums » (OU PNG27).

Le but n'est plus d'obtenir des carraghénanes purs, mais de les fixer
définitivement dans les parois cellulaires. Le principe est basé sur le fait
qu'en traitant la biomasse avec une forte concentration de potasse à 8,5
% à 60 °C, le potassium bloque le polymère à l'intérieur des tissus du
végétal.

Le tout est séché et broyé en une poudre. Les PNG ont approximativement
les qualités des carraghénanes purs en ce qui concerne la viscosité et la
force de gel.

La procédure d'obtention des PNG est, bien entendu, plus rapide et moins
coûteuse que l'extraction fine. En outre, elle peut être exécutée sur les
lieux mêmes où sont récoltés les carraghénophytes.

* Données : on a actuellement une production de 30 000 t de


carraghénanes raffinés (additif E 407) et de 18 000 t de semi-raffinés
(farine d’algue). [9]

8- DONNEES TOXICOLOGIQUES :

19
La dose journalière admissible est de 75 mg/kg. [8]

– Aux doses courantes, il n’y a aucun effet constaté, mais il semblerait


que ces composés soient des immunosuppresseurs, capables d’induire
des atteintes de la production d’anticorps et de l’immunité anti-
tumorale. [3]

– De plus, les carraghénanes dégradés sont des substances à effet


ulcérogène au niveau du côlon, même à doses modérées. [3]

– Interdiction d’usage de carraghénanes ayant subi des modifications


chimiques conduisant à des dégradations partielles. [3]

19
CONCLUSION

Avec l’augmentation croissante de la consommation d’aliments préparés,


l’intérêt des propriétés des algues s’est accru, notamment pour créer un
large éventail de texture à l’aliment et attirer encore et toujours le
consommateur. En effet, aujourd’hui plaire et séduire le consommateur
par des produits toujours plus innovant est devenu l’objectif principal des
industriels.

Les phycocolloïdes (alginates, carraghénanes, agars) ont contribué à


l’évolution et la modification des habitudes alimentaires. Il reste encore de
nombreuses voies à explorer en ce qui concerne l’alimentation mais pas
seulement.

En effet, Leurs applications se sont étendues depuis quelques années aux


domaines de la cosmétologie, de la pharmacologie et plus généralement,
des biotechnologies.

Parmi les algues utilisées dans le monde pour l’extraction des


carraghénanes, il y a Gigartina ascicularis qui est présente en Algérie,
ainsi qu’au Maroc. Ce dernier exporte depuis plusieurs années les algues
rouges sous forme de produit brut ou transformé.

Nous pouvons donc espérer que l’Algérie puisse faire de même, à


condition de ne pas refaire les mêmes erreurs que le Maroc, qui, à cause
d’une exploitation irrationnelle, a vu son littoral perdre 40% de ses algues
rouges entre 1999 et 2004. [10]

19
ANNEXES

Annexe 1:
*Composition des différents carraghénanes : [2]

*Critères de pureté des carraghénanes (E 407) [4]

Description chimique : Le carraghénane est obtenu à partir d’algues


marines des familles des Gigantacées, des Solériacées, des Hypnéacéees
et des Furcellariacées, familles de la classe des Rhodophycées (algues
rouges), par extraction aqueuse éventuellement suivie d’une précipitation
effectuée uniquement au moyen de méthanol, éthanol, isopropanol. Il se
compose essentiellement des sels de potassium, de sodium, de calcium et
de magnésium des esters sulfatés de polysaccharides qui, à l’hydrolyse,
donnent du galactose et du 3,6 anhydrogalactose. Le carraghénane ne
doit pas être hydrolysé ni avoir subi aucune autre dégradation chimique.

Description physique : Poudre grossière à fine, dont la couleur varie du


jaunâtre à l’incolore, pratiquement inodore, avec un goût de mucilage.

Matières volatiles : Pas plus de 12%, après dessiccation à 105°C, pendant


4 heures.

Sulfates : Pas moins de 15% et pas plus de 40% de la matière sèche,


exprimés en SO4.

Cendres insolubles dans l’acide sulfurique à 1 % : Pas plus de 2% de la


matière sèche.

Cendres : Pas moins de 15% et pas plus de 40% de la matière sèche,


déterminées à

550°C.

19
Teneur en méthanol, éthanol, isopropanol : Pas plus de 1%, séparément
ou ensemble.

19
Annexe 2 :
*Tableau des principales applications des carraghénanes : [4]

19
BIBLIOGRAPHIE
[1] : http://apprendsmoiamanger.wifeo.com/documents/Lalgue-
imentation2.pdf

[2] : http://biochim-agro.univ-lille1.fr/polysaccharides/res/tableau16.pdf

[3] : http://www.scribd.com/ANTINUTRAS4/d/12342407#about

[4] : http://oatao.univ-toulouse.fr/979/1/debouch_978.pdf

[5] : R. Perez, 1997. Ces algues qui nous entourent : conception actuelle,
rôle dans la biosphère, utilisations, culture. IFREMER (Plouzané, France),
272p.

[6] : http://lpva.snv.jussieu.fr/Pages%20modules%20Master/doc
%20LV213/digest%20LV213%20TONON%201-1.ppt

[7] : http://algaebase.org/search/species/detail/?species_id=2798

[8] : http://www.cuisine-innovation.com/php_creations/cuisine-
innovation/shop/includes/modules/pages/pdf/carraghenane.pdf

[9] :
http://www.bretagne.synagri.com/ca1/PJ.nsf/TECHPJPARCLEF/07514/$File/C
ouv%208796.pdf?OpenElement

[10] : http://www.lycee-regnault.ma/svt/APM/Algues/algues_maroc.htm

19