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Les grandes fonctions économiques

Au XIXème siècle, David Ricardo propose 3 catégories de revenu:


! La rente (propriétaires fonciers)
! Le profit (capitalistes)
! Le salaire (salariés)

La comptabilité nationale permet de représenter le fonctionnement de l’économie. Le système français est sous la responsabilité de
l’INSEE. Il est harmonisé au niveau mondial par le système de comptabilité nationale (SCN 93) et depuis 1999, au niveau européen
par le système européen des comptes (SEC 95). Elle enregistre ou estime la valeur des opérations économiques effectuées par les
différents agents économiques.

Structure de la CN :
! Agents économiques regroupés dans les SI
! Comportement de ces acteurs représentés par des comptes
! Tableaux de synthèse présentant les principales infos macroéconomiques

I. Les Secteurs Institutionnels


5 Secteurs Institutionnels :

1/ Les ménages
Individu seul ou ensemble d'individu habitant un même domicile, qu'ils aient ou non des liens de parenté.
2 fonctions économiques :
• Offre: facteurs de production
• Demande: consommation de biens et services (consommation finale des entreprises)
Ressources des ménages : revenus primaires + revenus de transfert (prestations sociales)

2/ Les sociétés non financières


Ce sont les entreprises, elles rassemblent des facteurs de production et les utilisent pour créer et distribuer des biens et services.
Fonctions : Production et distribution de biens et services marchands
Ressources: profit de leur vente (+ de 50 %) :
- Sociétés privés ou publiques (Renault, SNCF…)
- Unités de production publique juridiquement rattachées aux APU (RATP)
- Certaines associations à but non lucratif (le Medef, CGPME)

3/ Les sociétés financières


Banques centrale et de second rang, auxiliaires financiers (OPCVM), intermédiaires financiers (COFIDIS), sociétés
d’Assurance (AXA) et Mutuelles (MAAF).
Fonctions : Financement de l'économie : les banques collectent des dépôts d'épargne et distribuent des crédits, les sociétés
d'assurance mutualisent les risques.
Ressources :
- Pour les banques: fonds collectés auprès des taux d'intérêt et des placements
- Pour les sociétés d'assurance: prime d'assurance payée par le client.

4/ Les APU
État, collectivités locales, administration de sécurité sociale, organismes dépendant de financement publique, organismes semi-
publics.
Fonctions : Production de services collectifs non marchands
Ressources : Prélèvements obligatoires (au moins 50%)

5/ Les ISBLSM
Instituts Sans But Lucratif au Service des Ménages : organismes privés qui produisent essentiellement des services destinés
aux ménages.
Fonctions : Production de services non marchands
Ressources :
- Contribution volontaire des ménages
- Revenus de la propriété
- Subventions publiques (- de 50 % de leur recette)
- Vente de services marchands (- de 50 % de leur recette)

6/ Le Reste Du Monde
Compte enregistrant toutes les relations économiques entre unités non résidentes et unités résidentes.
II. Le Circuit économique

1/ Les 3 types d’opérations : 1er circuit


• Opérations sur biens et services (la production, l’investissement et la consommation, le commerce extérieur)
• Opérations de répartition (formation des revenus)
• Opérations financières (relatives aux créances, aux dettes et patrimoines)
L’intérêt d’un circuit économique est de représenter schématiquement l’interdépendance entre les différents SI et montrer sa
reproduction perpétuelle au sein d’un circuit.

2/ Le circuit économique complet


Flux réels : circulation de biens et services
Flux monétaires : circulation de monnaie

3/ Trois façons de calculer le PIB

Par la production Par la demande Par les revenus


Valeur ajoutée1 Dépense de consommation3 finale Rémunération des salariés
+ + +
Impôts sur les produits FBCF4 EBE5 et revenu mixte brut
- + +
Subventions2 sur les X de biens et services Impôts sur la production et les
produits - I
I de biens et services -
Subventions

4/ Équilibre Emplois/Ressources

Ressources d'une économie : Sa production de richesse et celle du RDM


Emploi et utilisation de ces ressources : dépenses de consommations (DCF), d'investissement (FBCF), variation des stocks (VS),
X

PIB = (CF + FBCF + VS) + (X-M) soit (demande intérieure) + (solde extérieur)
5/ Logique de circuit, logique de marché

1) La logique du marché
En microéco : la perspective est celle du marché et sur ce marché on étudie les décisions individuelles de chaque acteur. Chaque
acteur est, selon John Stuart Mill, un Homo oeconomicus maximisateur.
C’est sur un marché que vont se rencontrer la plupart des acteurs éco. Sur ce marché un équilibre s’établit entre l’offre et la
demande. De plus, le marché est autorégulateur (sur un marché ont retourne naturellement à l’équilibre grâce aux négociations entre
les ! acteurs éco : main invisible d’Adam Smith)

2) La logique de circuit
En macroéco : la perspective est davantage holiste. Pour comprendre le fonctionnement de l’économie, on s’intéresse aux agrégats
économiques (investissements, épargne, PIB, etc.) dégagés par les interactions entre acteurs collectifs qui sont par exemple les
ménages, les entreprises ou les APU.
Ici, il n’est pas question d’équilibre et d’autorégulation mais plutôt de système et de sa reproduction. On passe d’un point de vue
statique à un point de vue dynamique.
C’est la création monétaire qui est le point de départ du circuit, création qui impulse la production de biens et services et, au final,
distribue les revenus.

III. La production

1/ Comment mesurer la production

1) Définition large de la production


Activité qui consiste à créer des biens et services qui contribuent à satisfaire les besoins.
Vision subjective de la valeur : la valeur est liée à l'utilité qu'un individu attache à une unité d’un bien ou d’un service (utilité
marginale).

2) Définition + restrictive dans le cadre de la CN


Dans le cadre du SEC (utilisé par l’ensemble des pays de l’UE depuis 1999), la CN définit la production comme l’activité exercée
sous le control et la responsabilité d’une unité instituionnelle6 combinant des ressources en main-d’œuvre, capital, biens et services
pour fabriquer des biens ou fournir des services.

Production marchande : mesurée par la valeur des biens et services vendus sur le marché. Elle est celle qui s’échange sur un marché
à un prix " au coût de production.
Production non - marchande : elle est celle qui est fourni gratuitement ou à un prix non significatif, c.-à-d. à un prix < à la moitié du
cout de production. 2 composantes sont distinguées : la production pour usage final propre (emploi de domestiques salariés) et
d’autre production non-marchande (école défense nationale, etc.)

3) Les principaux agrégats sont le PIB et le PNB


PIB = !VAB + TVA – droits de douane + impôts sur les produits – subventions sur les produits
PNB = PIB + revenus du L et de la propriété reçus du RDM – revenus de même nature versés au RDM

2/ Comment produire ?

1) Les facteurs de production


• Le travail: nombre de salariés ou d'heures travaillées
• Le capital: capital technique (ou physique) soit l’ensemble des moyens matériels utilisés pour produire. On distingue le
capital fixe (ensemble des biens d’équipements durable) du capital circulant (détruit au cours du processus productif).
• Progrès technique

2) L'efficacité de la combinaison productive


Productivité = production / Quantité de travail
Les GP8 mènent à la croissance économique par les 4 canaux de la demande :

S1

! DCF des ménages : les GP peuvent être utilisés pour faire baisser les prix de vente et/ou pour augmenter les salaires.
! L’investissement : les GP permettent d’augmenter les profits de l’entreprise
! La demande extérieure : les GP permettent de faire baisser les prix de vente
! Les dépenses publiques : les GP permettent aux APU de prélever + de richesse (" des prélèvements obligatoires)
IV. La Répartition
Répartition primaire: partage de la VA
Répartition secondaire: redistribution

1/ La formation des revenus primaires


Le partage de la VA permet de rémunérer les 3 groupes d'acteurs :
• Salaires
• EBE
• Impôts
Revenus de la propriété (ou du patrimoine ou du K): Revenus corporels, incorporels et financiers
- Revenus corporels : terrain, immeuble
- Revenus incorporels : brevet, droit d’auteur
- Revenus financiers : actions9, obligations10

2/ Les revenus de transfert et la redistribution

1) Le RDB
Part du revenu qui reste à la disposition des ménages pour la conso et l’épargne.

RDB = Revenus primaires – prélèvements obligatoires (impôts directs et cotisations sociales et salariales) + prestations sociales (ou
revenus de transfert)
Les 4 impôts directs pris en compte dans le calcul sont: impôt sur le revenu, taxe d'habitation, CSG, CRDS

2) La redistribution

VERTICALE (impôts) HORIZONTALE (cotisations sociales)


Les impôts sont collectés par l’Etat central et les Les cotisations sociales sont versées aux organismes
collectivités locales pour être redistribués sous forme de sociaux pour être redistribuées sous forme de prestations
prestations sociales d’assistance. sociales d’assurance.
Le RMI (Michel Rocard) créée en 1988, désormais le RSA.

3/ Les Inégalités11 économiques en France

1) Méthodes pour mesurer les inégalités de revenu :


! Indicateurs de disparité (comparent des groupes !, comme les hommes et les femmes)
- la moyenne
- la médiane
- le mode (valeur la + fréquente)
! Indicateurs de dispersion (mesurent la diversité des situations au sein d’un groupe)
- la variance (moyenne du carré des écarts à la moyenne)
Les quantiles mesurent à la fois la dispersion et la disparité.

2) L’évolution historique des inégalités


(cf courbe des inégalités de KUZNETS) S2

La courbe de Kuznets représente la croissance économique d'un pays en fonction de son niveau de développement, supposé
croissant dans le temps :
La courbe de Kuznets montre un graphique en U inversé : l'axe des ordonnées représente les inégalités ou le coefficient de Gini
généralement confondus ; l'axe des abscisses représente le temps ou le revenu par tête.
Le ratio de Kuznets mesure la proportion du revenu perçu par les 20% gagnant le plus, divisé par la proportion du revenu perçu par
les 20% les plus pauvres d'une société. Une valeur de 1 signifierait une parfaite égalité.
Kuznets proposait deux raisons pour expliquer ce phénomène historique :
• les travailleurs se sont déplacés de l'agriculture vers l'industrie
• les travailleurs ruraux sont devenus urbains
Dans ces deux explications, les inégalités décroissent après que 50% de la main d'œuvre est employé dans un secteur à plus hauts
revenus.
Année 1980 : mort de la courbe de Kuznets puisqu’on assiste à une hausse des inégalités.
! des inégalités salariales entraine une ! des inégalités de patrimoine.

V. Les ménages: consommation et épargne


A) La consommation:
C’est une consommation finale effective qui inclut :
! La conso marchande
! La conso non-marchande
! L’autoconsommation
Conso effective des ménages = DCF individuelle + conso collective individualisable (services collectifs).

B) L'épargne (partie non consommée du RDB)


Taux d'épargne = épargne brute / RDB
L'épargne brute des ménages comprend: L'investissement logement et l'épargne financière (livrets, titres: actions, obligations)
Corrélation avec le taux d'intérêt:
• Effet de substitution : un fort taux d’intérêt réel (forte rémunération de l’S) incite à diminuer sa conso présente pour
accroitre son S. On substitue de l'S à la consommation présente
• Effet revenu : Réduction de l'S pour constituer un patrimoine
• Effet d'en caisses réelles : En cas d'inflation, pour conserver la valeur réelle de leur patrimoine financier, les ménages sont
contraints d'épargner plus.
• Fuite devant la monnaie : À court terme, l’anticipation d’une accélération de l’inflation peut conduire les ménages à
précipiter leurs achats surtout de biens durables.

1/ Le revenu courant : Théorie keynésienne

Pour Keynes, le niveau de la conso et de l’S est déterminé par le revenu courant.
La consommation est directement reliée au revenu des ménages dont elle suit les fluctuations à court terme.
Loi psychologique fondamentale de Keynes : la consommation s'accroit lorsque le revenu augmente mais dans une moindre
mesure car l’individu consacre une partie de sa richesse a l’épargne.

Effet de cliquet : les ménages réduisent leur S en cas de crise pour stabiliser leur niveau de consommation.
Toutefois, en cas d'incertitude les ménages peuvent décider d'accroitre leur S afin de maintenir un niveau de consommation constant
sur le long terme (épargne de précaution).

Neutralité ricardienne : les ménages épargnent davantage car le niveau élevé du déficit public leur fait anticiper une augmentation
future des impôts.

Effet Veblen : effet de snobisme. Les consommateurs cherchent à se démarquer des autres. Ainsi lorsque le prix de biens de luxe
augmente, paradoxalement la demande augmente aussi (lorsque le prix de biens de luxe diminue, la demande diminue).

Effet Giffen : l'augmentation du prix du pain pouvait s'accompagner d'une augmentation de sa consommation. Ca s'explique par le
fait que la capacité d'acheter d'autres produits diminue (produits alimentaires dits “noble”. Toutefois, le paradoxe de Giffen se
vérifie que pour les groupes sociaux à revenu faible.

1) Le revenu relatif (Duesenberry, 1949)


La propension moyenne à consommer des individus est autant influencée par le niveau de leur revenu courant que par la place
qu’occupe ce revenu, au sein de la hiérarchie d’abord, par rapport aux revenus passés de l’individu ensuite.

2) La remise en cause de la fonction de conso keynésienne : le revenu permanent


Milton Friedman dans A theory of consumption fonction (1957) distingue au sein du revenu et de la conso une composante
permanente et une composante transitoire :
! Revenu permanent est un revenu tendanciel anticipé, que l’individu infère des évolutions économiques de long terme et de
ses propres capacités.
! Revenu transitoire ou revenu courant dépend au contraire d’événements imprévus ou de fluctuations à court terme.

3) La théorie du cycle de vie (Modigliani – Brumberg (1954) et Ando – Modigliani (1963)


Cette théorie montre les ! de comportements de conso et d’S à chaque stade du cycle de vie. Les individus :
- consomment + qu’ils ne gagnent quand ils sont jeunes
- épargnent de + en + au cours de leur vie active
- consomment des fonds accumulés peu à peu au cours de leur retraite.

2/ Évolution de la consommation:
1. Le niveau de consommation
2. La structure de la consommation dépend :

- Du revenu dont dispose les ménages


- Du prix des différents biens
1)
Valeur ajoutée :
Richesse créée par une entreprise, un SI ou une branche au cours d’une période donnée. Cette richesse nouvellement créée est
redistribuée sous forme de revenus (répartitions primaire) ; salaires, EBE, impôts.
! VAB = production – consommations intermédiaires (la VAB est le solde du compte de production)
! VA = VAB – amortissement
! ΣVAB = PIB (environ)
2)
Subvention :
Transfert réalisé par l’Etat au profit d’une entreprise ou d’une association. 3 types :
• Sub. d’équilibre : compensent un déficit de l’entreprise
• Sub. d’équipement : constituent une participation à des frais d’établissement ou d’immobilisations
• Sub. d’exploitation : ont pour but de compenser une insuffisance de recettes, d’alléger certaines charges ou d’encourager
certaines activités.
3)
Consommation :
Destruction par l’usage. La consommation entraine la disparition ± rapide des biens et services utilisés
• CI (conso intermédiaire) : valeur des biens et services totalement transformés (planche pour une table) ou détruits
(électricité) au cours du processus de production.
• DCF (dépense de conso finale) : valeur des biens et services acquis pour la satisfaction directe des besoins individuels ou
collectifs. Il s’agit de la dépense effectivement supportée par le ménage. Par contre les achats de logement sont considérés
comme un investissement

4) FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) :


Valeur des acquisitions, nettes de cessions, par les producteurs résidents, d’actifs fixes utilisés de façon répétée ou continue dans le
processus de production pendant au moins 1 an. La FBCF comprend :
! Les investissements matériels : bâtiments, machines, matériel de transport, logements, ponts…
! Les investissements immatériels : logiciels (depuis 2000) ; œuvres récréatives, littéraires ou artistiques et dépenses de
prospection pétrolière et minière.
Elle n’inclut pas tous les investissements immatériels (dépenses de R&D ou de formation)
FBCF = Acquisitions – Cessions d’actifs fixes7 réalisés par les producteurs résidents
5)
EBE (Excédent Brut d’Exploitation) :
Mesure du profit qui correspond au solde du compte d’exploitation. Ce solde est indépendant de la nature des capitaux utilisés
(capitaux propres ou empruntés).
6)
Unité institutionnelle :
Centre élémentaire de décision économique caractérisé par une unicité de comportement et une autonomie de décision dans
l’exercice de sa fonction principale.
7)
Actif fixe :
Actif corporel (outils, biens d’équipement) et incorporel (programme informatique, logiciel, œuvre artistique) issus du processus de
production et utilisés de façon répétée ou continu dans d’autre processus de production pendant au moins d’un an.
8)
Gains de productivité :
L’économie nationale, ou une entreprise réalise des GP lorsque le rapport entre le volume de la production et le volume des moyens
mis en œuvre pour obtenir cette production augmente. Elle est le résultat de multiples facteurs en interaction les uns avec les autres :
• Facteurs liés au L
• Facteurs liés au K
• Facteurs indirects
Les richesses réellement produites sont mesurées au niv. Micro par la VA, au niv. Micro par le PIB.
9)
Actions :
Titre de propriété sur une entreprise. L’actionnaire perçoit un revenu variable en fonction du profit (le dividende)
10)
Obligations :
L’obligation est un titre de créance. L’obligataire reçoit un revenu fixe (intérêts + remboursement du prêt principal)

Taux de marge :
Taux de marge = EBE / VA
11)
Inégalités :
Au sein d’une population, c’est la répartition non-uniforme, sur un territoire donné, des ressources socialement valorisées :
• Inégalités économiques : revenu
• Inégalités sociales : prestige, diplômes, face à la mort

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