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Voici un article sur les 10 manières de tuer un homme

paru dans le magazine Standard ( spécial violence)


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Pratique et débordant de techniques historiques, notre manuel en dix leçons du parfait petit Jason Bourne, à
consommer avec modération.

1 – Le poison. En 2004 le futur président ukrainien, Viktor Ioutchchenko, est empoisonné avec de la dioxine, l’un
des douze polluants organiques persistants se dissolvant avec facilité dans la nourriture ; en quelques jours,
Ioutchchenko se transforme en vieillard couvert de cloques. Effets : rhume persistant, douleurs abdominales et
prurit cutané, les «comédons du Chlore», recouvrant le torse et le visage, ulcères foudroyants et atteinte du foie et
du pancréas. Ce poison dissuasif provoquant rarement la mort physique. Plus rapide, l'arsenic blanc des agents
nord-coréens, pour éviter de se faire attraper vivants, ou celui des Tigres Tamouls de Libération, fanfaronnant fiole
autour du cou. Pensez aux anniversaires : au Moyen-âge, les comédiens mourraient à cause de costumes (verts)
teints à l'arsenic.

2 – Le gaz. Le mélange ammoniaque/eau de javel constitue le gaz « chlore », utilisé par les Allemands à Ypres
pendant la Première guerre mondiale et plus tard par les Français (sous le nom de « Bertolite »). Le 22 avril 1915,
le « Gasregiment Peterson » allemand en achemine des bouteilles entre Bixschoote et Langemarck. Bilan : quinze
mille gazés, cinq mille décès. Par ailleurs, un nombre considérable de femmes de ménages adeptes de ce mélange
décapant sur sols carrelés sont retrouvées mortes dans les villas de la Côte d'Azur.

3 – Le nucléaire ou «micro bombe atomique», dispo dans les centrales russes (avec autorisation préalable du
Kremlin). Le Polonium 210 est une substance extrêmement rare et radioactive. Sa durée de vie est de 138 jours ; il
suffit d'une tête d’épingle pour tuer par ingestion ou inhalation, libérant quantité de particules Alpha à travers la
peau. Prix exorbitant pour un seul gramme.

4 – Armes blanches. Il existe une grammaire du couteau, étudiée par les commandos philippins, de Séville à la
Sicile ou chez certains groupes islamistes armés. Le 16 mai 1937, en moins d'une minute au milieu d’un train,
Laeticia meurt d’une lame dans la carotide droite coupant toutes ses cordes vocales. Laissée à l’intérieur, la lame
bloqua la circulation et provoqua une anémie cérébrale, empêchant la blessure de saigner à l'extérieur. L'assassinat
passa inaperçu. Une blessure brachiale provoque la mort en 1m14s, radiale, 2 min, carotide, 12s, sous-clavaire,
3mn30s ; si vous visez le cœur, la victime peut courir trois minutes. Nul.

5 – Armes contondantes. Décembre 1912 : le Sergent-Clairon Courbet accuse Charles Maurras de L'Action
Française de l'avoir roué de coups de cannes, cassant un « dentier en or d'une valeur de deux cent francs » jeté à
terre et piétiné. Vexé, Maurras arbora son révolver à crosse de nacre : « Je te brûle ! ». Affirmons haut les qualités
de la masse d'arme. Courbet n'y perdit que ses dents, mais certaines cannes explosent une boîte crânienne comme
une noix de coco. Commencez par la canne française ou le redoutable eskrima philippin. A Cebu d’ailleurs, on
apprend à tuer avec un bâton. Si vous revenez vivant.

6 – Armes à feu. Obsolètes. Les pistolets appartiennent à ceux qui veulent se faire attraper : c'est la manière la
plus vulgaire, bruyante et sale d’occire. Les armes de poing à poudre n'ont qu'une utilité : assurer la supériorité du
feu sur une autre arme. Conseil : prenez l’initiative avec feu permanent en avançant ou en reculant, avec grenades
en appui.

7 – A mains nues. Le manuel (Fechtbuch) du Maître souabe Hans Talhoffer, fin XIVème, indique deux-trois types
de backbreaker (casse colonne-vertébrale), avec coup de pied à l'intérieur de la cuisse, au-dessus du genou,
manchette dans la gorge suivie d'un coude sur le nerf radial du bras. Saisissez ensuite les cheveux pour un Double
Nelson et cassez les deux bras et la nuque. Affreux – surtout quand les bras pètent en premier.

8 – Explosifs. Rappelons l'idée géniale de laconspiration des poudres du catholique Guy Fawkes en 1605,
consistant à tuer la famille royale et l’essentiel de l'aristocratie anglaise d'un « seul coup » en explosant la Chambre
des Lords pendant la session d'ouverture du Parlement. La BD V pour Vendetta d'Alan Moore et David Lloyd lui rend
hommage. Depuis, les petits Anglais chantent à la Guy Fawkes Night : « Guy Fawkes avait l’intention/de faire
sauter le Roi et le Parlement/Soixante barils de poudre dessous/Pour renverser la vieille Angleterre/La Providence
divine a voulu qu’il ait été attrapé/Avec une lanterne sourde et une allumette enflammée. »
9 – Bactériologie. La variole fut utilisée par les Anglais en 1756 contre les Indiens fidèles aux Français et par les
Français à Fort Pontiac en 1763 contre les Indiens fidèles aux Anglais. La contamination se faisait par distribution
de couvertures contaminées. Le 4 octobre 1940, l'unité 731 de l'armée japonaise dissémine par avion blé et riz
mélangés à des puces porteuses de peste au-dessus de Chu Hsien (Chine) : des centaines de milliers de morts.
L’élevage de puces se relève néanmoins complexe.

10 – Armes improvisées et exotiques. Cet exemplaire de Standard, roulé à la manière d'un bâton, frapper la
main armée de votre adversaire de toutes vos forces de haut en bas (certaines pages coupent la pupille). Le gigot
congelé est un excellent casse-tête (et vous pouvez manger votre arme). Le mouchoir rempli de pièces ou de
graviers procure le même plaisir (ne le mangez pas). La bouteille de Coca-Cola ou de Perrier en verre se
transforme, selon Moishe Feldenkrais, en grenade à main une fois secouée et jetée en l'air. La dernière victime
européenne militaire de l'arc est un soldat allemand au siège de Dunkerque (1940) abattu du Long Bow d’un
officier anglais. Tuer grâce à des cornes de cerfs ou une pelle s'apprend aussi en Russie. Ne voyagez jamais sans le
guide The World Most Dangerous Places de Robert Young Pelton. Vous êtes prévenus !

Texte Tristan Ranx