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Collection Technique ..........................................................................

Cahier technique n° 213

Les calculs sur les réseaux


électriques BT et HT

B. de METZ-NOBLAT

Building a New Electric World *


Les Cahiers Techniques constituent une collection d’une centaine de titres
édités à l’intention des ingénieurs et techniciens qui recherchent une
information plus approfondie, complémentaire à celle des guides, catalogues
et notices techniques.
Les Cahiers Techniques apportent des connaissances sur les nouvelles
techniques et technologies électrotechniques et électroniques. Ils permet-
tent également de mieux comprendre les phénomènes rencontrés dans les
installations, les systèmes et les équipements.
Chaque Cahier Technique traite en profondeur un thème précis dans les
domaines des réseaux électriques, protections, contrôle-commande et des
automatismes industriels.
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Rubrique : Presse
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n° 213
Les calculs sur les réseaux
électriques BT et HT

Benoît de METZ-NOBLAT
Ingénieur ESE, il a travaillé dans le Groupe Saint-Gobain puis est
entré chez Merlin Gerin en 1986.
Il est maintenant dans le groupe de compétences ‘’Réseaux
Electriques’’ où sont réalisés des calculs et des études sur les
phénomènes électriques concernant le fonctionnement des réseaux
et leur interaction avec les matériels et équipements.

CT 213 édition décembre 2004


Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.2
Les calculs sur les réseaux électriques
BT et HT

Ce Cahier Technique a pour objectif de donner un aperçu général sur les


principaux calculs électrotechniques que requièrent les études d’ingénierie
d’un système électrique pour tous les niveaux de tension.
Il complète les autres Cahiers Techniques consacrés aux réseaux
électriques, et qui développent des sujets ciblés sur la connaissance, la
compréhension ou le fonctionnement des matériels et des installations.
Ainsi tout lecteur - investisseur, concepteur, exploitant - peut saisir
l’importance de ces calculs pour une bonne maîtrise de l’usage d’un
réseau électrique, et leur impact sur son coût final de possession.

Sommaire
1 Introduction p. 4
2 La vie d'un réseau électrique 2.1 Le cycle de vie d'un réseau électrique p. 5
2.2 Les phénomènes électriques dans les réseaux p. 6
2.3 La nature des réseaux et leur exploitation p. 6
2.4 Les calculs nécessaires p. 6
2.5 Tableau de synthèse p. 7
3 Moyens d'étude 3.1 Méthodologie p. 8
3.2 Rôle de l’expert p. 10
4 Les calculs de réseau 4.1 Sûreté de fonctionnement p. 11
4.2 Régime permanent p. 13
4.3 Court-circuit p. 15
4.4 Protection p. 17
4.5 Stabilité p. 18
4.6 Harmoniques p. 21
4.7 Surtensions p. 23
4.8 Compatibilité électromagnétique p. 26
4.9 Mesures pour expertise p. 28
5 Synthèse : Risques principaux pour l’utilisateur - Réponses apportées par les études p. 31
6 Conclusion p. 33
7 Annexe 1 : Historique p. 34
8 Annexe 2 : Les logiciels p. 35
9 Annexe 3 : Données nécessaires p. 36
10 Bibliographie p. 38

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.3


1 Introduction

Les réseaux électriques sont depuis longtemps c L’électricité est considérée maintenant comme
l’objet d'études dans le but de maîtriser leur bon un produit à part entière, ce qui implique des
usage pour les process qu’ils alimentent : les nécessités de qualité.
principaux aspects abordés sont la conception, Le consommateur veut disposer d’une énergie
l'exploitation et l’évolution. électrique ajustée à son besoin. Les process
A noter que, dans ce document, le vocable ayant des exigences extrêmement variables en
« process » est utilisé avec son sens général sécurité et en qualité, l’électricité fournie doit
« d’application » pour l’utilisateur d’électricité répondre correctement aux impératifs du cahier
(tertiaire, infrastructure, industrie, gestionnaire des charges.
de réseau). A tous les niveaux de la chaîne électrique
(production, transport, distribution) les
L’importance donnée à ces études est
fournisseurs d’énergie doivent satisfaire les
cependant croissante dans le contexte mondial
clients utilisateurs selon des engagements
récent.
contractuels personnalisés.
c Depuis quelques années, l’environnement du
c Les critères écologiques sont devenus
monde électrique et ses modes d’organisation
incontournables : choix et consommation de
changent rapidement.
matières (impact minimum sur l’environnement)
v Avec la libéralisation du marché de l’électricité, et d’énergie (recherche du meilleur rendement).
les règles économiques sont modifiées : les
consommateurs peuvent faire jouer la c Les aspects économiques sont plus que
concurrence et les sociétés de distribution jamais au centre des préoccupations.
peuvent élargir leurs marchés. L’utilisateur doit optimiser le coût global de
v Les utilisateurs se recentrent sur leur métier et possession de son réseau électrique. Ce coût
se séparent de leurs activités secondaires telles recouvre l’ensemble des dépenses nécessaires
celles nécessaires au fonctionnement d’un à l’usage de l’électricité : investissement,
réseau : par exemple sous-traitance de la exploitation, maintenance, achat d’énergie.
maintenance ou de l’exploitation des installations Afin de comprendre pourquoi les calculs sont
à des entreprises de service spécialisées. indispensables pour réussir les études
v L’évolution des technologies a plusieurs effets. d’ingénierie, ce CT aborde successivement :
D’une part l’électronique numérique et les v les aspects de la vie d'un réseau électrique,
réseaux informatiques ouvrent de nouvelles utiles à la compréhension du sujet traité,
perspectives et imposent de nouvelles v l’approche méthodologique des calculs en
contraintes : elles rendent les process plus ingénierie électrique,
sensibles à la qualité d’énergie, permettent de v les principaux calculs à envisager selon les
mieux instrumenter et contrôler les réseaux types de réseau et les applications qu’ils
électriques, et autorisent des actions à distance. recouvrent.
Par ailleurs la tendance à la multiplicité des
sources d’énergie (cogénération, énergies A noter que les calculs présentés ici ne
renouvelables) et des charges non linéaires peut constituent qu’un élément dans l’ensemble des
avoir à terme un impact important sur processus de l’ingénierie électrique.
l’architecture des réseaux et leur exploitation :
perturbations en tension, protection,
réglementation.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.4


2 La vie d'un réseau électrique

Plusieurs aspects de la vie d'un réseau


électrique seront développés dans ce chapitre,
afin que le lecteur se situe pour ses propres
installations et s’implique au bon niveau Nouvelle
relativement au sujet traité : conception
n
c le cycle de vie, c'est-à-dire la succession des tio

pa
phases de la vie d'un réseau électrique depuis

ci
nti
sa conception jusqu’à ses évolutions (cf. fig. 1 ) ;

-A
Conception Fin de vie
Réalisation

ns
c les types de phénomènes électriques qui

Prévisio
peuvent apparaître et qui caractérisent le
fonctionnement du système ;
Réseau
c la nature des réseaux et leur exploitation, qui
déterminent très directement les impacts des Fonctionnement
Evolution Process
évènements sur les constituants électriques ; Exploitation

c finalement les calculs nécessaires à


l'élaboration de solutions techniquement et
économiquement viables, et qui constituent un
des critères du choix final de l'utilisateur. Maintenance

Fig. 1 : schéma du cycle de vie d’un réseau électrique.

2.1 Le cycle de vie d'un réseau électrique


Le cycle de vie d’un réseau électrique (cf. fig. 1 ) elles ont été définies à partir des calculs
comporte quatre phases typiques principalement préalables en prévoyant tous les incidents
concernées par les calculs abordés dans ce graves possibles.
document.
c Maintenance
c Conception et réalisation Les performances du réseau sont maintenues
C’est l’ensemble des opérations qui aboutissent par les opérations de maintenance préventives
à la construction d’une installation prête à (en anticipation) ou curatives (sur incidents).
l’utilisation. Les études définissent les choix de Il arrive que des mesures et des calculs
base dont l’architecture du réseau, les complémentaires soient nécessaires pour
dimensionnements des équipements, les résoudre des difficultés nouvelles imprévisibles.
protections…
A ce stade il est important de faire les calculs qui c Evolution
aident aux choix et conditionnent les L’adaptation des installations électriques aux
performances attendues. besoins évolutifs du process se traduit par des
opérations généralement assez lourdes de
c Fonctionnement et exploitation
rénovation, modifications, et extensions.
C’est la phase opérationnelle d’utilisation des
installations pour l’alimentation du process, Cette étape nécessite aussi des calculs à la
pendant laquelle se produisent sur le réseau mesure des changements envisagés, et prenant
tous les évènements normaux et les incidents : en compte le retour d’expérience.
modes d’exploitation ordinaires, dégradés ou en La maîtrise des calculs à faire lors de ces étapes
sécurité. du cycle de vie d’un réseau implique une bonne
Les protections et les automatismes servent à compréhension des phénomènes électriques
pallier les perturbations et situations critiques ; susceptibles de s’y produire.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.5


2.2 Les phénomènes électriques dans les réseaux
Un réseau électrique est un système composé c électromagnétique rayonné : manifestation du
de différents objets (composants, matériels et rayonnement.
équipements électriques) qui s’influencent Les principaux évènements associés à ces
mutuellement. Le fonctionnement du système classes de phénomènes auront des effets in fine
dans le temps et dans l’espace est le résultat de très divers sur le réseau et le process :
toutes ces interactions, conformément aux lois
de l’électricité. Celles-ci sont décrites par un c interruption et coupure de la fourniture
ensemble d’équations qui relient entre elles les d’énergie électrique,
grandeurs de tensions, courants, impédances, c creux et variations de tension,
temps. c courants transitoires,
La classification des phénomènes électriques c harmoniques,
selon le critère des temps de réaction du c courts-circuits,
système (constantes de temps) définit des
comportements typiques qui sont à traiter c oscillations électromécaniques,
spécifiquement : c surtensions de manœuvre, de commutation,
c en discontinu : suspension momentanée d’arc et de transitoire de rétablissement,
d’alimentation, c surtension de foudre,
c à dynamique lente : évolution habituelle des c couplage entre courant fort et courant faible.
régimes de marche, Les effets listés se manifestent quantitativement
c stationnaire : régime stable permanent, en fonction de la nature des réseaux et des
c à dynamique rapide : influence du régime exigences d’exploitation.
variable des machines tournantes,
c électromagnétique conduit : influence de la
propagation filaire des ondes,

2.3 La nature des réseaux et leur exploitation


Certains paramètres propres à l’installation c Schéma du réseau :
électrique du système étudié vont orienter et v niveau(x) de tension,
déterminer les calculs nécessaires à effectuer. v structure (radiale, boucle, alimentations
c Type de source : double/simple, jeux de barres double/simple),
v puissance de court-circuit, v configurations (normale/secours, redondance),
v régulations de vitesse et de tension, v schémas des liaisons à la terre -SLT-,
v pollution harmonique, v longueurs des liaisons,
v normale/secours ; v compensation de réactif,
c Type de récepteur : v type des appareils de manœuvre,
v puissances (active/réactive, installée/ v contraintes de maintenance ;
absorbée), c Normes, réglementations et usages locaux.
v caractéristiques de fonctionnement (mise en C’est à partir de cette analyse que se dégagent
service, sensibilité aux perturbations), les types d’étude apportant une solution
v déséquilibre des phases, quantitative aux problèmes à résoudre.
v pollueurs harmoniques,
v impératifs de process suivant les charges
(normales / essentielles / vitales) ;

2.4 Les calculs nécessaires


L’objectif des calculs est d’analyser et prévoir les c régime permanent,
réactions du système aux diverses sollicitations ; c court-circuit,
leur portée touche l’élaboration de l’architecture, c protection,
les choix des caractéristiques des matériels et c stabilité,
les règles d’exploitation. c harmoniques,
Dans les chapitres suivants sont développés les c surtensions,
aspects de : c compatibilité électromagnétique -CEM-,
c sûreté de fonctionnement, c mesures pour expertise et audit.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.6


2.5 Tableau de synthèse
Le tableau de la figure 2 résume sur une double v évènements électriques,
échelle temps / fréquence, les informations v exploitation et nature des réseaux,
développées aux paragraphes précédents : v types de calcul.
v classes de phénomènes,

Temps 10 s 1s 0,1 s 10 ms 1 ms 0,1 ms 0,01 ms 1µs


Fréquence 0,1 Hz 1 Hz 10 Hz 100 Hz 1 kHz 10 kHz 100 kHz 1 MHz

Classe de phénomènes
Discontinu
Dynamique lent
Dynamique rapide
Stationnaire
Electromagnétique conduit
Electromagnétique rayonné

Evènements électriques
Interruptions de fourniture, coupures
Creux, variation tension
Courants transitoires
Oscillations électromécaniques
Harmoniques, flicker
Court-circuit
Surtensions de manoeuvre,
de commutation, d'arc TTR
Surtensions de foudre
Couplages courants forts/faibles

Nature et exploitation du réseau


Fiabilité du système et des composants
Régulation fréquence/tension système
Exploitation des charges
Protection de surcharge, délestage
Contrôle des machines tournantes
(vitesse et tension)
Protection au court-circuit
Ensembles d'électroniques de puissance
Fonctionnement des appareillages

Type de calcul
Sûreté de fonctionnement
Stabilité dynamique
Load-flow
Harmonique
Court-circuit, protection, SLT
Transitoire de manoeuvre
Transitoire atmosphérique
C.E.M.

Temps 10 s 1s 0,1 s 10 ms 1 ms 0,1 ms 0,01 ms 1µs


Fréquence 0,1 Hz 1 Hz 10 Hz 100 Hz 1 kHz 10 kHz 100 kHz 1 MHz

Fig. 2 : synthèse du fonctionnement d’un réseau électrique.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.7


3 Moyens d'étude

Outre l’aspect essentiel des compétences En annexe 1, un panorama historique montre


humaines, les moyens mis en œuvre pour l'évolution radicale des moyens utilisés qui ont
effectuer les calculs de réseau constituent un beaucoup changé, depuis l'origine jusqu'à nos
aspect essentiel des études, à plusieurs titres : jours, à cause des technologies disponibles et
c démarche méthodologique exhaustive, de leur coût décroissant.
assurant en final des résultats valides, Ce chapitre présente la démarche de mise en
c adaptation des outils aux besoins, variables œuvre des calculs et les outils de technique
selon les types de calculs et les applications, numérique actuellement employés, puis montre
l’importance du rôle de l’expert.
c investissement dans les outils et leur
maintenance à coût minimum.

3.1 Méthodologie
Le processus global de mise en œuvre des qualitative des phénomènes importants pour
calculs suit une démarche scientifique classique, l'application.
donc simple sur le principe mais précise et
rigoureuse dans son exécution. Dans ce c Phénomènes & évènements étudiés
paragraphe seront successivement abordés les Cette étape consiste à sélectionner, à partir de
étapes de la méthode, puis les outils actuels de l'analyse précédente, les phénomènes sur
simulation numérique. lesquels seront faits les calculs.
c Analyse quantitative
Les étapes La mise en œuvre de l'outil numérique de
La figure 3 décrit sous forme schématique les quantification comporte :
différentes étapes du calcul des systèmes v De la modélisation
électriques. Modéliser un réseau électrique, c'est représenter
c Besoin chaque élément et toutes les interconnections
La finalité du calcul est de prévoir le entre ces éléments, par les équations traduisant
comportement quantitatif d'un système réel afin les comportements électrique, magnétique et
de le dimensionner ou de connaître son mécanique ; cette formalisation doit être adaptée
fonctionnement ou de maîtriser son exploitation. aux phénomènes qui sont étudiés.
c Analyse qualitative v De la simulation
L'analyse a priori du système par l'expérience et Simuler un réseau électrique, c'est résoudre
le savoir-faire, permet d'établir une liste simultanément toutes les équations du modèle ;

Besoin
Système réel Prédiction quantitative

Analyse
qualitative

Phénomènes Analyse quantitative


Boucle de calcul
& évènements à = modélisation + simulation
étudier

Retour
d'expérience
Boucle de validation
(mesures) Comparaison

Fig. 3 : les différentes étapes du calcul des systèmes électriques.

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la variable principale peut être l'espace, le calcul et exploiter les résultats sous forme de
temps, la fréquence. La mise en œuvre de la valeurs, tableaux et courbes (cf. fig. 4 ).
simulation sur ordinateur se fait par l'exécution Le tableau de l’annexe 2 récapitule les logiciels
d'un programme de calcul. adaptés aux différents calculs.
c Prédiction quantitative c La banque de données
Les simulations balayent les cas de figure et les Chaque élément électrotechnique est décrit par
paramètres à explorer ; l'exploitation des ses modèles et par les valeurs physiques qui les
résultats et leur mise en forme aboutissent à la caractérisent : l'ensemble de ces données et leur
prédiction souhaitée. accessibilité constituent la base de données.
c Retour d’expérience, mesures et validation Le tableau de l’annexe 3 récapitule les
C’est la vérification que la quantification a été principales données nécessaires aux différents
bien faite : pertinence des modèles et de la calculs.
résolution numérique. En effet la comparaison L'investissement de l’outil porte essentiellement
de la prédiction à la mesure est une opération de sur le logiciel et sa maintenance, la partie
validation qui justifie le principe de la méthode. matérielle étant négligeable à cause de la
Elle peut être demandée comme une garantie généralisation des PC.
des résultats annoncés.
La plupart des logiciels sont disponibles sur le
L'outil numérique marché, fournis par des distributeurs d’énergie,
des fabricants de matériel électrique, des
Il est maintenant généralisé. Il se compose de
ingénieries électriques, des écoles ou des
plusieurs éléments.
universités.
c Le matériel
La machine qui exécute les calculs est un Evaluation
ordinateur, la plupart du temps de type micro- Cette méthode permet de confirmer les
ordinateur PC, dont les capacités de vitesse de phénomènes prévus a priori et de les quantifier.
calcul et de mémoire sont maintenant Elle met également en évidence, dans certaines
suffisantes. circonstances, des phénomènes mal identifiés.
c Le logiciel Un point particulièrement délicat est la validation
L'ensemble des équations du système est résolu expérimentale des résultats qui doit se faire à
par un programme développé spécifiquement. bon escient : mesure(s) à faire selon le type
L'IHM -Interface Homme Machine - permet de d’étude ou exploitation des oscilloperturbographes,
renseigner les modèles, lancer l'exécution du et leur interprétation.

Fig 4 : exemple d’écran IHM permettant la saisie et affichant le résultat (source Schneider Electric).

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.9


3.2 Rôle de l’expert
La méthode est éprouvée par l’expérience de c connaître les ordres de grandeur… pour
nombreuses années de pratique. détecter les incohérences des données,
Mais bien qu’elle soit considérée comme robuste c connaître les outils et les modèles… pour
au regard de l’usage qui en est prévu, sa choisir les mieux adaptés,
maîtrise nécessite des connaissances, le savoir- c faire les approximations nécessaires… pour
faire et de l’expérience qui restent l’affaire simplifier les calculs sans altérer les résultats,
d’ingénieurs spécialistes. c vérifier et interpréter les résultats… pour
Ainsi, ces experts sont à même de : proposer des solutions efficaces.
c trier toutes les données disponibles… pour
retenir celles qui sont pertinentes,

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4 Les calculs de réseau

Le contexte général de ce CT concerne c les apports de l'étude et les livrables fournis,


l’ensemble des réseaux électriques et recouvre c un exemple d’application extrait d’études
donc toutes les applications : réelles réalisées par les services de
c sur les réseaux publics, industriels, tertiaires, Schneider Electric.
et résidentiels, L'objectif étant de sensibiliser le lecteur, la place
c de la basse à la haute tension. consacrée à chaque exemple est limitée : pour
Ce chapitre décrit les études listées des explications techniques plus détaillées, on
précédemment, en abordant systématiquement se reportera à la bibliographie et particulièrement
les points suivants : aux Cahiers Techniques traitant de ces différents
c les objectifs poursuivis, sujets.
c les phénomènes électriques en cause et leurs Les risques pour l'utilisateur et les réponses
origines, apportées par les études sont ensuite réunis, en
c leurs manifestations, ainsi que les remèdes synthèse, dans le chapitre suivant.
proposés,

4.1 Sûreté de fonctionnement


La sûreté de fonctionnement est devenue au fil La fourniture de l’énergie électrique dépend
des années un besoin étendu à tous les process essentiellement de :
vulnérables aux coupures d’énergie. c la structure topologique du réseau électrique
La notion de sûreté de fonctionnement est pour tous les régimes de marche possibles et
définie par les grandeurs de : pendant leurs changements d’état : modes
c disponibilité d’énergie, normaux, dégradés, de secours ultime,
c fréquence annuelle des coupures, c l’exploitation normale du système lorsque les
c maintenabilité. différents scénarios de marche se déroulent
correctement,
Objectifs c l’organisation de la maintenance,
L’étude du comportement d’un réseau en sûreté c la prévision des perturbations accidentelles.
de fonctionnement a pour but de :
c concevoir l’architecture optimale du réseau Effets et remèdes
pour répondre aux besoins en fourniture Les défaillances de fonctionnement d’un réseau
d’énergie des récepteurs de l’installation selon se manifestent, d’un point de vue électrique,
les impératifs de continuité imposés par le sous les principales formes suivantes :
process grâce à :
c Les coupures d’énergie provenant des
v une meilleure maîtrise des risques induits par distributeurs d’énergie : les réseaux de
les coupures d’énergie électrique,
distribution sont eux-mêmes objets de
v un enrichissement des critères d’aide à la défaillances ou de perturbations (défaillance
décision afin de choisir entre plusieurs solutions ; matérielle, perturbation atmosphérique…). Elles
c prévoir les situations dégradées d’exploitation, se traduisent par des creux de tension, des
d’en quantifier la probabilité et de définir un coupures brèves ou longues au niveau des
niveau de confiance associé à la fourniture postes d’arrivée. Selon la topologie du réseau et
d’énergie électrique. les moyens mis en œuvre, ces perturbations
peuvent se propager jusqu’aux récepteurs.
Phénomènes et origines
c Les défauts d’isolement : les courts-circuits
La présence d’énergie électrique est provoquent, vis-à-vis des récepteurs, des creux
normalement caractérisée par : ou coupures de tension qui dépendent :
c La fiabilité pendant une durée DT, exprimée v des protections mises en place et de leur
par le temps moyen entre deux pannes -MTBF-, sélectivité,
ou le temps moyen jusqu’à la première panne v de l’éloignement « électrique » du récepteur
-MTTF-, par rapport au défaut,
c La disponibilité à l’instant T, v de la topologie du réseau offrant ou non des
c Le temps moyen d’une panne jusqu’à sa moyens de reconfiguration en redondance active
réparation -MTTR-. ou passive.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.11


c Les déclenchements intempestifs : ils c la multiplicité des arrivées du réseau de
provoquent une coupure d’alimentation des distribution aussi indépendantes que possible,
récepteurs placés en aval. c la mise en œuvre de systèmes de
c Les défauts de manœuvre lorsque désensibilisation (onduleur, no-break…),
l’appareillage ne réalise pas un changement c des systèmes permettant une ré-alimentation
d’état demandé (non-ouverture ou non-fermeture soit par reconfiguration du réseau (inverseur de
sur sollicitation). Ces défaillances n’engendrent source, réseau en boucle,…), soit par une source
généralement pas directement de perturbation secondaire d’énergie au plus près du récepteur,
au niveau des récepteurs. Par contre ce sont c la mise en place de moyens pour détecter la
souvent des défaillances non détectées qui panne au plus vite (périodicité de la maintenance
conduisent à un dysfonctionnement du réseau préventive courte, test automatique…).
lorsqu’un autre phénomène arrive tel que :
v perte de la protection et/ou de la sélectivité, Les apports d’une étude
v perte des moyens de reconfiguration, du Une étude de sûreté de fonctionnement permet
secours. de maîtriser le risque associé à des événements
redoutés lors de la conception d’une architecture
Les effets de creux de tension ou de coupure
de réseau électrique par :
d’énergie dépendent de la sensibilité du
récepteur. c la détermination de la criticité des récepteurs
Certains récepteurs, tels les équipements puis, en fonction de leur niveau de sensibilité,
informatiques, sont sensibles à des creux de des événements redoutés pour l’installation
électrique. Il s’agit d’identifier les points critiques
tension ou à des coupures très brèves (quelques
du réseau et d’y associer des critères de
dizaines de ms) alors que d’autres équipements
performances en terme de sûreté ;
peuvent accepter des coupures plus longues
sans perturber le process. c l’analyse quantitative d’une ou plusieurs
Il est donc impératif de caractériser les architectures de base selon les indices de
sûreté ;
équipements par leur niveau de sensibilité.
Par ailleurs, la durée réelle de perte du récepteur c la justification, en final, des choix de systèmes
ou du process n’est pas toujours proportionnelle de secours et/ou de désensibilisation, de
à la durée de la coupure électrique. Dans redondance, de maintenance préventive en
certains cas, la remise en service peut dépendre regard des besoins du client.
de bien plus de paramètres que le simple retour Exemple
de l’énergie électrique (remise en condition
d’une salle blanche, paramétrage de machine Ce cas est extrait d’une étude d’amélioration du
outils, process chimique…). réseau électrique d’un site de l’industrie
automobile (cf. fig. 5 ). Son but était de diminuer
Il est donc nécessaire de juger la criticité des l’importance (durée et nombre) des coupures
récepteurs, conséquence de leur arrêt. dues à des défaillances ou des actions de
L’ensemble des moyens classiques mis en maintenance.
œuvre pour se prémunir contre toutes ces c Objectif du calcul
perturbations sont : Faire une analyse de criticité et une
c les sources autonomes (groupes électrogènes, quantification de l’existant, puis proposer des
turbines à gaz,…), améliorations.

Schéma d'une boucle de distribution HT/BT


Barres 5,5 kV - 2000 A Barres 5,5 kV - 2000 A

Postes 5,5 kV alimentés en boucle ouverte


Transformateurs Transformateurs
5,5 kV/380 V de secours

Disjoncteurs
BT 2500 A

Interupteurs Analyse par arbre de défaillance


assurant le secours
Indice Actuel Futur Gain
Départs ateliers usine Indisponibilité Heures/an 6,9 0,7 90 %

Fig. 5 : améliorations conseillées réalisées (en vert) du réseau électrique d’un site de l’industrie automobile, schéma et résultats
(source Schneider Electric).

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.12


c Résultats du calcul Une indisponibilité annuelle inférieure à une
Le calcul a permis de définir les modifications de heure a été obtenue, et la maintenance des
topologie apportant les gains souhaités en équipements électriques peut se faire sans
sûreté (cf. schéma de la figure 5 ). coupure du process.

4.2 Régime permanent


Tout fonctionnement correct d'un réseau c Alimentation des utilisateurs par des tensions
électrique en exploitation normale stable résulte hors tolérance
d’une bonne conception globale du système. La tension des réseaux d’alimentation est
La notion de régime permanent est précisée, normalisée ; par exemple la norme EN50160
relativement aux normes d’alimentation et autorise une fourchette ± 10 % de la tension
d’installation, par : nominale. L’ensemble du réseau subit alors la
conséquence de ces variations (i10 %)
c la fréquence nominale des signaux électriques,
dite fréquence industrielle, Le calcul des régimes permanents doit donc
étudier les combinaisons des valeurs extrêmes
c l’amplitude et la phase des ondes de tension et de tension et de consommation.
de courant, et leur évolution dans le temps,
c Chutes de tension dans les liaisons ou les
c les puissances transitées active et réactive transformateurs
(fournies, consommées, perdues) et les énergies Elles sont dues aux courants et dépendent des
correspondantes. puissances transitées, active (P) et réactive (Q),
ainsi que de l’impédance traversée, parties
Objectifs
résistive (R) et inductive (X), selon la loi de
L'étude du comportement en régime permanent variation relative ∆U/U = (R P + X Q)/U2.
a pour but de : La chute de tension se traduit par différentes
c concevoir les réseaux : dimensionnement de perturbations :
base des installations et des matériels, conduite v des variations de tension, dans des limites de
et gestion du système ; ± 10 % de la valeur nominale, au gré de
c prendre en compte les situations à risque, l’évolution des charges et des sources
ayant pour origine possible des connectées ;
dysfonctionnements de l’installation ou des v des fluctuations de tension, suite de variations
problèmes propres aux matériels électriques de tension à des fréquences provoquant le
(usure, vieillissement). papillotement de la lumière (flicker) : ces
fluctuations sont dues à certaines charges
Phénomènes et origines variables typiques de grande puissance, comme
les soudeuses ou les fours à arc ;
Les phénomènes à analyser sont l’ensemble des
échanges normaux d’énergies active et réactive v un déséquilibre de tension du système triphasé à
à fréquence industrielle entre sources et cause de charges mono ou biphasées importantes.
consommateurs au travers des liaisons Les chutes de tension provoquent :
électriques, dans les conditions prévisibles v des échauffements supplémentaires dans les
d’exploitation du process alimenté et du système circuits électriques donc des pertes,
électrique : v des déclenchements et ralentissements de
c circulation des courants, machines,
v des dysfonctionnements des charges
c répartition des tensions,
sensibles et des dispositifs de protection,
c puissances active et réactive associées. v la gêne physiologique de l’effet flicker.
Le bon fonctionnement des réseaux en régime La limitation des chutes de tension est rendue
permanent dépend de : possible de plusieurs façons :
c l’exploitation normale du système, v par diminution de R et de X, en jouant
conséquence de la marche et des impératifs du pratiquement sur la tension de court-circuit des
process et du réseau : sources et transformateurs, la section des liaisons voire leur
consommateurs en service, variations de tension longueur (implantation des charges) ;
des alimentations, modes dégradés et de v par augmentation du niveau de tension
secours ; nominale donc diminution des courants, ce qui
c la structure du réseau électrique pour les provoque une réduction très importante des
différents régimes de marche : topologie, pertes (loi quadratique).
dimensions des liaisons, niveaux de tension. c Propagation instantanée à tout le réseau, du
niveau de tension des sources et des chutes de
Effets et remèdes tension
Les dysfonctionnements éventuels se Cet effet a une incidence sur chaque élément,
manifestent d'un point de vue électrique sous les mais quantitativement de façon inégale selon la
trois principales formes suivantes. topologie du système.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.13


Le calcul des régimes permanents permet de c une optimisation économique (balance entre
prévoir la répartition des tensions et de proposer l’investissement et les pertes d’énergie).
des solutions de limitation de la propagation
par : Exemple
v une augmentation de puissance de court- Ce cas est extrait d’une étude relative à la
circuit des sources, conception d’un site tertiaire, à l’aide du logiciel
dédié « ECODIAL » développé par
v une utilisation de régleurs en charge ou à vide
Schneider Electric conformément au guide
des transformateurs,
UTE 15-500.
v un équipement de compensation réactive, ce
qui équivaut à une chute de tension négative c Objectif du calcul
(condensateurs, compensateur électromécanique Seule la première étape de cette étude est
-machine synchrone- ou statique -SVC-), présentée ici. Il s’agit du bilan de puissance de
l’installation nécessaire pour dimensionner les
v un rééquilibrage de charges monophasées sur
sources d’alimentation.
les trois phases.
Noter que dans le cas spécifique de la BT, les
Les apports d’une étude puissances apparentes -pondérées par des
Cette étude vise à assurer une bonne coefficients d’utilisation et de simultanéité- sont
conception de l’installation électrique prenant en sommées algébriquement, les pertes dans les
canalisations sont négligées, les nœuds sont à
compte des évolutions futures et recouvrant tous
tension nominale.
les cas de fonctionnement du process par :
c une critique pertinente des choix de base, c Résultats du calcul
La figure 6 montre le schéma unifilaire analysé,
c le calcul des bilans des régimes permanents, ainsi que la fenêtre des données et des résultats
c la prise en compte des différents schémas (caractéristiques des charges individuelles
d’exploitation du réseau électrique y compris les accessibles pour chaque tableau) d’où la
structures de secours, puissance totale calculée de source 275 kVA.

T1 G
RB G2
TRA GE
C1 C2

Q1 Q2

B1 RA TGBT

Q5 Q4 Q3

Bureaux Atelier CAP


C5 C4 C3

L5 R3

x2 T Atelier
B5

Q6 Q7 Q8 Q9

Machine Eclair Mot Var


C6 C7 C8.1 K9

Eclair Moteur
L6 D7 V8 C9

x4 Mot Var
E7 C8.2 M9 M
x4 x2
M8
M
x5
Fig. 6 : conception d’un site tertiaire, à l’aide du logiciel dédié « ECODIAL », schéma et vue de l’écran du bilan de puissance
(source Merlin Gerin - Schneider Electric).

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.14


Ce bilan de puissance permet de choisir les Les valeurs des courants dans les liaisons sont
bonnes puissances, du transformateur mémorisées pour être utilisées dans l’étape
d’alimentation et du groupe électrogène de ultérieure de dimensionnement des
secours. équipements.

4.3 Court-circuit
Tout fonctionnement d'un réseau électrique peut c aboutissant à un nouvel équilibre final rendant
être sujet à l’apparition de défauts se manifestant le système totalement ou partiellement
souvent par des courants élevés de « court- inexploitable, plus vulnérable ou perturbé.
circuit », avec de lourdes conséquences qu’il est
Les origines des courts-circuits dans les réseaux
nécessaire de savoir gérer au mieux.
sont des perturbations accidentelles : liaison
Un court-circuit est une liaison accidentelle entre indésirable entre conducteurs, claquage
conducteurs, précisée par : diélectrique d’isolant par surtensions, faits
c son type, qui définit les éléments incriminés : mécaniques (rupture de câble, chute de
monophasé (entre une phase et la terre ou le branche, animal), ou erreurs humaines. Leurs
neutre), triphasé (entre trois phases), biphasé effets varient selon la structure du réseau : SLT,
isolé (entre deux phases), biphasé terre (entre sources éloignées (réseau de distribution) ou
deux phases et la terre), rapprochées (proximité d’un générateur).
c son régime d’établissement : évolution de la
forme de son courant dans le temps, Effets et remèdes
c son intensité : valeurs maximales et minimales Les courts-circuits se manifestent d'un point de
c sa durée, variable, car le défaut peut être vue électrique directement en fonction de la
fugitif ou permanent, surintensité et indirectement par des variations
c son origine, interne au niveau d’un équipement de potentiel.
ou externe entre liaisons.
c Directement sur les éléments de l’installation
Objectifs selon les phases successives de l’établissement
L'étude du comportement d'un réseau en régime du courant :
de court-circuit a pour but : v valeur de crête de la première demi-
c d’identifier les situations à risque, origines alternance, qui est le pic maximal instantané,
possible de : v valeur efficace de la composante alternative,
v danger pour les personnes, v valeur de la composante apériodique, qui
v destructions de matériel par contraintes dépend de l’instant d’apparition du défaut et des
électrodynamiques, suréchauffements et caractéristiques du réseau ; selon qu’elle est
surtensions, nulle ou non, le régime est dit respectivement
v dysfonctionnements de l’exploitation pouvant symétrique ou dissymétrique.
aller jusqu’à la perte totale du réseau à cause La composante continue s’ajoute à la
des creux de tension et des coupures composante alternative.
d’alimentation ; Les effets portent sur les matériels, ce sont :
c aider à faire des choix de base de conception v les efforts électrodynamiques sur les jeux de
pour limiter les effets néfastes des défauts, en ce barres et le long des cheminements des câbles,
qui concerne : v l’échauffement résultant du passage de
v les systèmes de liaisons à la terre des courant dans les liaisons et l’appareillage,
installations, v la capacité de fonctionnement (F+O) d’un
v le dimensionnement approprié des matériels, appareil en cas de fermeture d’un circuit en
v le réglage des protections, déterminé à partir court-circuit.
du calcul des courants de défaut. Ces effets sont maîtrisés par un dimensionnement
adéquat des matériels :
Phénomènes et origines
v la tenue électrodynamique des liaisons, qui
Le phénomène à étudier est un déséquilibre caractérise leur résistance mécanique ;
brutal du régime permanent initial : v le couple courant / durée admissible, qui
c par l’établissement de forts courants et de caractérise la tenue thermique ;
chutes de tension aux points de localisation des v les pouvoirs de coupure et de fermeture sur
défauts, court-circuit qui définissent la capacité des
c et son extension à l’ensemble du réseau, disjoncteurs à tenir ces contraintes.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.15


c Indirectement par des creux ou des coupures Ces résultats permettent ensuite de définir les
de tension et par l’élévation du potentiel des liaisons électriques (ex. : les sections et les
masses métalliques dont les effets sont : fixations des jeux de barres).
v dysfonctionnements d’appareils sensibles :
ouverture de contacteurs, blocage de variateurs Exemple
de vitesse, Ce cas est extrait d’une étude de conception
v perturbation du comportement dynamique des d’une centrale électrique, dont on souhaitait
machines tournantes (cf. § 4.5), dimensionner les éléments du poste.
v destruction diélectrique de matériels (cf. § 4.7), c Objectif du calcul
v tensions de contact pour les personnes. Vérifier que le disjoncteur de protection aura la
Ces effets sont contrés par la maîtrise : capacité de couper le courant de court-circuit
produit par un défaut situé à proximité de
v des régimes dynamiques (cf. § 4.5)
l’alternateur, par exemple sur le jeu de barres
v des surtensions (cf. § 4.7) du poste. Le problème est dans la détermination
v de l’élimination des défauts grâce à la mise en du régime d’établissement du courant le plus
œuvre d’un système de protection adapté, objet défavorable (instant du premier passage à zéro).
du § 4.4 suivant.
c Résultats du calcul
Les apports d’une étude Le courant triphasé est asymétrique
Une telle étude vise à prévoir les contraintes (cf. fig. 7 ) : superposition d’un régime
inhérentes à l’apparition de défauts : sinusoïdal amorti et d’un régime apériodique,
d’où les courants caractéristiques (crête, coupé,
c calcul des courants et des tensions,
permanent).
c pour les différents types de défauts, Les contraintes maximales appliquées à
c pour les configurations d’exploitation donnant l’installation permettent de choisir le disjoncteur
les valeurs maximales et minimales. conformément à la norme CEI 62271-100.

Courant crête Courant coupé Courant permanent

20

15

10

-5

-10
0 40 80 120 160 200 240 280 320 360 400 440 480
20 60 100 140 180 220 260 300 340 380 420 460 500

Courant total
Composante continue

Fig. 7 : étude pour le poste d’une centrale électrique, simulation du courant de court-circuit triphasé asymétrique
produit par un défaut situé à proximité de l’alternateur.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.16


4.4 Protection
Tout réseau électrique en mode de c destruction de matériel,
fonctionnement anormal ne doit pas porter c dysfonctionnement du réseau électrique donc
atteinte aux personnes et aux biens. du process.
La protection d’un réseau est l’ensemble des Ces effets sont maîtrisés :
dispositions permettant la détection des
c tout d’abord, par des choix fondamentaux
situations anormales et d’y pallier de façon
concernant :
fiable, sélective et rapide.
v les schémas des liaisons à la terre, dits
Les principaux fonctionnements anormaux sont régimes de neutre : isolé (IT), à la terre (TT ou
décrits dans les sous-chapitres précédents. TN), impédant, compensé,
v les dispositifs de coupure : disjoncteur, fusible,
Objectifs sectionneur-fusible, discontacteur,
Le calcul du système de protection a pour but : v les principes de sélectivité : ampèremétrique,
c d’identifier les situations anormales chronométrique, énergétique, logique,
d’exploitation pouvant conduire à des accidents directionnelle, différentielle,
humains, des destructions de matériels ou à la c puis, par la coordination des dispositifs de
perte d’alimentation de consommateurs, protection à partir des résultats de l’étude de
c de déterminer les mesures à prendre, assurant court-circuit (réglages des relais et
ainsi la protection des personnes, des matériels déclencheurs, filiation entre disjoncteurs BT).
et la disponibilité de l’énergie. Ces mesures Dans la pratique, cela se traduit par :
aboutissent aux opérations nécessaires v la mise hors tension de la partie en défaut le
suivantes : plus rapidement possible
v définition du système de protection, v le maintien sous tension de la partie saine,
v choix, emplacement et association des et si possible
dispositifs de coupure et de protection, v le secours par la protection amont
v détermination des réglages des unités de avec pour principe de réglage des protections le
protection. déclenchement pour le plus petit courant de
défaut et le non-déclenchement pour le plus
Phénomènes et origines grand courant normal.
Les phénomènes électriques à étudier sont ceux Les apports d’une étude
présents :
Une telle étude a pour finalité un bon
c pendant le fonctionnement à fréquence fonctionnement de l’installation électrique dont
industrielle, lors d’anomalies d’exploitation les paramètres influents sont :
relatives aux grandeurs nominales de
puissances (ex : surcharge), courant, tension, c les défauts du réseau de distribution (défauts
fréquence…, phases, les défauts et fuites à la terre, les
surcharges),
c lors de défauts, de court-circuit ou de
c les défauts propres aux machines en service
surtension.
sur le site (tournantes, informatiques,…),
Les protections doivent être adaptées selon : c les configurations d’exploitation : sources,
c l’exploitation ordinaire du système qui peut charges, modes de secours, extensions futures,
dériver vers des conditions anormales : c les dispositifs de la chaîne de protection :
surcharges, baisse de tension, … ; capteurs, relais/déclencheurs, appareillage de
c les perturbations accidentelles envisagées : coupure,
défauts de court-circuit, erreurs humaines ; c le plan de protection et les réglages des unités
c l’architecture du réseau (radiale, boucle de protection.
ouverte ou fermée).
Exemple
Effets et remèdes Ce cas est extrait d’une étude de conception de
Un système de protection défectueux se révèle réseau d’un site pétrochimique.
d’un point de vue électrique par des : chutes de c Objectif du calcul
tension dans tout le réseau, surtensions, Choisir les fonctions de protection de l’un des
surcharges, courants de court-circuit, avec transformateurs HT/BT de l’installation, et
comme effets principaux qui en découlent : déterminer leurs réglages dans le cas d’un court-
c accident sur les personnes, circuit triphasé maximal côté BT.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.17


c Résultats du calcul des fonctions de protection (cf. fig. 8 ).Les
La partie du schéma considérée est représentée courbes temps/courant BT de la figure 9
avec son système de protection et le tableau montrent que la sélectivité est assurée entre
récapitule les valeurs de réglage préconisées l’amont et l’aval du transformateur

6 kV Relais Code Type Seuil Tempo


A1 49 ANSI
A2 50/51 A1 49 Thermique 120% 105 min
A2 50/51 max de courant 1400A 0,5 s
Temps constant
B 50/51 A2 50/51 max de courant 3300A 0,1 s
400 V Temps constant
B 50/51 max de courant 12000A 0,25 s
B 50/51 Temps constant
C 50/51 max de courant 3200A 0,04 s
M Temps constant

Fig. 8 : étude de sélectivité pour un site pétrochimique, schéma et types de relais de protection choisis pour un
transformateur HT/BT.

t (s)
1000
0
1 1

100

10

2
0,1
4

0 I (A)
0,01
1000 10000 1e+005 1e+006

(O) : courant de défaut triphasé maxi du départ BT


A1 (1) : thermique, A2 (2) : max de courant, B (3) : max de courant, C (4) : max de courant départ BT.
Fig. 9 : diagramme de sélectivité des dispositifs de protection placés en amont et en aval du transformateur.

4.5 Stabilité
La stabilité concerne essentiellement les Tout fonctionnement correct d'un réseau
réseaux de forte puissance, en haute tension et électrique alternatif est le résultat d'un ajustement
de structure topologique généralement étendue permanent de l'équilibre entre production et
et complexe pouvant avoir un ou plusieurs sites consommation d'énergie dans le temps et dans
de production d'énergie. l'espace, manifestant ainsi sa stabilité.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.18


La notion de stabilité d'un réseau est précisée par : Effets et remèdes
c la stabilité statique, ou petits mouvements : le Ces instabilités se manifestent d'un point de vue
système reprend son état initial suite à une électrique sous les principales formes suivantes
perturbation normale de faible amplitude, de dysfonctionnement.
c la stabilité/instabilité transitoire : le système c Dérive en fréquence
passe d'un état stable à un autre / ou diverge, Un déséquilibre de puissance active entre la
suite à une perturbation brutale (perte de charge production et les consommations se traduit par
ou de source, démarrage de moteur de forte une variation de fréquence de l'ensemble du
puissance), système. Elle peut dépasser les limites admises
c la stabilité dynamique : le fonctionnement du (par exemple +/- 2 %) au-delà desquelles les
système est maîtrisé lorsque les conséquences groupes de production sont séparés du réseau.
nuisibles de toute perturbation sont limitées (par La situation peut alors dégénérer jusqu'à
exemple avec la sauvegarde des consommateurs l'écroulement du système.
vitaux) par la mise en œuvre de dispositions Cette évolution peut être évitée par du délestage
adaptées (par exemple par un plan de délestage automatique et progressif des charges, et la
des charges). sollicitation des réserves tournantes de
Objectifs puissance (démarrage de groupes, régulation
des groupes à puissance maximale).
L'étude du comportement dynamique d'un
réseau a pour but d'identifier les situations à c Dérive de tension
risque, origines possibles d'instabilité transitoire, Les chutes de tension sont dues aux transits de
et de déterminer les dispositions à prendre pour puissance - principalement réactive - dans les
les contrer au mieux, assurant ainsi sa stabilité liaisons et les transformateurs, ou aux courants
dynamique. Ces dispositions portent sur : très élevés.
c l'élimination dans un temps acceptable des Ce phénomène cumulatif (la baisse du plan de
incidents électriques par le système de tension conduit à l'augmentation du courant et
protection, réciproquement) peut aboutir à un écroulement
ou un dysfonctionnement du système.
c l'optimisation des modes d'exploitation,
Ce risque est limité par la mise à disposition de
c le dimensionnement approprié des installations. puissance réactive suffisante et bien répartie
(régulation du réactif des sources, condensateurs
Phénomènes et origines
de compensation, régleurs en charge des
Les phénomènes d’instabilité se manifestent transformateurs, emplacement des sources de
dans tout le réseau par : réactif), d’un délestage des charges, d’un
c les oscillations électromécaniques des changement du mode de démarrage des
machines autour de leur position d'équilibre moteurs.
synchrone, donnant lieu à des variations de leur
c Surcharge en cascade
vitesse et de la fréquence industrielle nominale
Les éliminations de liaisons suite à leurs
(50 ou 60 Hz),
échauffements ou détériorations provoquent des
c les oscillations de transits de courants dans les reports de charge sur d'autres ouvrages. Ici
liaisons entre sources et/ou charges, impliquant aussi il peut y avoir un phénomène cumulatif.
des échanges de puissances active et réactive, Il est donc normalement prévu que toute perte
et donnant lieu à des chutes de tension.
d'un ouvrage est tolérée par le système (règle
Les instabilités ont trois origines possibles. d'exploitation dite du N-1) en agissant sur la
c Les perturbations accidentelles topologie d'exploitation du réseau, la protection
Dans cette catégorie se trouvent les courts- des surcharges ou la mise en service de
circuits, les creux de tension, les coupures et les nouvelles sources.
pertes de source électrique, les déclenchements c Perte de synchronisme
intempestifs, les pannes de composants, les Les courts-circuits ont comme conséquence la
erreurs d'origine humaine…. désynchronisation entre alternateurs (c'est une
c L'exploitation normale du réseau désolidarisation électrique), qui peut aller jusqu'à
Ce sont des conséquences du fonctionnement et la nécessité de déconnexion de certaines
des impératifs du process telles que : les machines. L'apparition résultante d'oscillations
variations de charges, le démarrage de gros en courant et en tension dans le réseau, et
moteurs, les manœuvres de transfert et la l'élimination d'éléments (charges ou sources) par
gestion des jeux de barres… leurs protections, peut conduire à la perte du
réseau.
c La structure du réseau électrique
Elle comprend la topologie, les régulations des Cette situation est évitée par un bon contrôle des
sources (alternateurs et transformateurs), ainsi régulations des alternateurs, un plan de
que les protections et les automatismes du protection efficace et un plan de délestage
réseau électrique. judicieux des charges.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.19


Les apports d’une étude système (par exemple règle du N-1 en
Une étude aborde systématiquement les exploitation, courts-circuits à différents niveaux
principaux phénomènes à risque, en s'adaptant de tension, …), voire exceptionnels,
aux particularités de chaque scénario à c la simulation du fonctionnement des
envisager prenant en compte les réactions du protections et des automatismes (actions et
process : chronologie),
c court-circuit triphasé (éventuellement bi ou c l'analyse de sensibilité aux paramètres
monophasé), déterminants (par exemple temps d'élimination
de défaut, caractéristiques des moteurs,
c perte de liaison, de source ou de charge,
coefficients de réglage des régulateurs
c démarrage de moteurs, d'alternateurs…).
c partage, délestage et prise de charges,
Exemple
c couplage et modes de régulation électroméca-
Ce cas est extrait d'une étude de conception
nique des sources (réseaux publics, turbines et
d’un site d'industrie lourde.
alternateurs).
L'installation, comporte plusieurs sources
Pour être complète, l'étude doit inclure : alimentant les consommations -moteurs et
c l'analyse de contingence : prise en compte charges passives- par deux jeux de barres
des incidents d’exploitation normatifs du prioritaire/non prioritaire (cf. fig. 10 ).

EDF

F O G1 G2

C.C.
F O

B1

non prioritaire prioritaire

Déclenchement des protections 300 ms Déclenchement des protections 350 ms


V défaut V défaut
3000

2000 2000

1000 1000
sec sec
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
La tension se rétablit : process bien réalimenté La tension ne se rétablit pas : process mal réalimenté
Ω Ω
Ωο défaut Ωο défaut
1 1
0,95 0,95
0,90 0,90
0,85 0,85
sec sec
0,80 0,80
0 1 2 3 4 5 6 0 1 2 3 4 5 6
La pompe réaccélère : le process continue La pompe cale : le process est perdu

Fig. 10 : étude de stabilité pour un site d'industrie lourde, schéma et courbes significatives suite à un
déclenchement.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.20


Il a été constaté lors d’un court-circuit au c Objectif de l'étude
secondaire d'un transformateur connecté à Le court-circuit est normalement éliminé par les
l'alimentation de la distribution publique : protections du transformateur qui commandent
v une chute de tension résultante qui a l'ouverture de ses disjoncteurs amont et aval. La
provoqué, entre autres, le ralentissement des question est de déterminer le temps maximal
moteurs, d'élimination du défaut garantissant la stabilité
v à l'élimination du défaut, que les courants dynamique du réseau.
absorbés par les moteurs ont atteint des valeurs c Résultats de l'étude
de démarrage. Ils ont induit des chutes de L’examen des courbes de tension et de vitesse
tension très importantes et des couples de montre que la stabilité du réseau est assurée,
réaccélération insuffisants pour certains moteurs lors d’un court-circuit triphasé au secondaire du
qui ont calé ou rampé. transformateur, par le réglage du déclenchement
En fait ces moteurs ne peuvent réaccélérer que des protections inférieur à 300 ms.
si la durée de défaut est suffisamment brève.

4.6 Harmoniques
La question des harmoniques concerne c le dimensionnement approprié des
essentiellement les réseaux électriques installations,
alimentant des équipements polluants dont la c l'optimisation des architectures d'exploitation.
puissance relative à la source est suffisamment
importante, ainsi que des condensateurs Phénomènes et origines
Tout fonctionnement de réseau électrique Les différents phénomènes électriques liés à la
alternatif s'accompagne de fait d'une présence d’harmoniques se manifestent à tout le
déformation des ondes sinusoïdales de tension réseau selon des mécanismes interdépendants :
et de courant, dues à la nature des équipements
c génération des sources harmoniques de
ou des sources.
courant et/ou de tension par les pollueurs,
La notion de pollution harmonique d'un réseau c effets de la pollution dans l'environnement
est quantifiée par la déformation du signal immédiat des sources polluantes,
traduite en une décomposition spectrale en
amplitude et en phase : onde fondamentale (50 c propagation des harmoniques à l'ensemble du
ou 60 Hz) et rangs d'harmoniques (entiers et réseau et effets étendus à tous les récepteurs,
continus). En sont déduits : c composition des différentes pollutions en tout
c le taux global de distorsion harmonique (THD) point du réseau et à chaque instant,
des grandeurs de tension et de courant, qui est c amplification possible de la pollution par effet
une mesure de la valeur efficace de la pollution de résonance (circuit bouchon) en présence de
relativement au fondamental ; capacités (ligne longue, condensateurs de
c les lois de composition de grandeurs compensation de l'énergie réactive).
harmoniques relativement aux amplitudes et aux La présence d’harmoniques a plusieurs causes :
phases.
c l'exploitation normale du réseau, conséquence
Objectifs du fonctionnement et des impératifs du process :
marche des charges polluantes à différents
L'étude du comportement harmonique d'un
régimes, mise en service ou arrêt des autres
réseau a pour but :
consommateurs,
c d'identifier les situations à risque, origines
c la structure du réseau électrique : niveaux de
possibles de dysfonctionnements ou
tension, séparation des pollueurs et des charges
d'échauffements de certains équipements, de
vulnérables, puissance relative des sources, des
vieillissement prématuré de matériel, de
pollueurs et des condensateurs.
perturbations électromagnétiques ou
mécaniques ;
Effets et remèdes
c puis de déterminer les précautions à prendre
Cette pollution se manifeste, d'un point de vue
pour contenir au mieux ces situations, assurant
électrique, sous les principales formes suivantes
ainsi une pollution acceptable au regard de la
de dysfonctionnement.
normalisation (équipement, installation,
alimentation). c Les sources directes de pollution
Les pollueurs en courant représentent la grande
Ces précautions portent sur :
majorité des générateurs d'harmoniques. Ce
c l'identification des pollueurs, sont des charges dites non linéaires : le courant
c l'estimation de solutions de filtrage, qu’elles absorbent n'a pas la même forme que la

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.21


tension d'alimentation et son spectre Enfin en tout point du réseau, la composition
harmonique est propre à chaque charge. vectorielle des différents harmoniques intervient
On distingue les charges passives (soudeuses, à chaque instant : en pratique la sommation se
fours à arc, lampes) et les charges d'électroniques calcule selon une méthode normalisée qui tient
de puissance dont l'emploi est croissant compte d'un effet de foisonnement (CEI 60871).
(variateurs de vitesse, redresseurs et c Les critères de risque sont quantifiés par des
gradateurs, alimentation sans interruption -ASI-, normes et des réglementations basées sur la
appareils avec alimentation à découpage). valeur des distorsions. Globalement il est admis
que la situation devient préoccupante à partir d'un
Les gammes concernées, de tension et de
THD en tension de 5% et toujours source de
puissance, de ces charges sont très larges :
difficultés au-delà de 10%. Ainsi, les distributeurs
elles vont des petits appareils domestiques (BT,
s'engagent à fournir une tension limitée en THD,
quelques dizaines de W) jusqu'aux gros
et les utilisateurs doivent restreindre leur réjection
consommateurs industriels (THT, de plusieurs
en courants harmoniques.
dizaines de MW).
En pratique, les situations à risques sont
Les pollueurs en tension ont pour cause la évaluées selon des critères de puissance
conception des bobinages et des circuits appliqués aux pollueurs et aux condensateurs.
magnétiques des matériels (machines
c Plusieurs méthodes existent pour limiter les
tournantes, transformateurs).
risques :
La limitation de la génération harmonique au v augmenter la puissance de court-circuit des
niveau des sources de pollution est possible sources,
dans une certaine mesure : montages
dodécaphasés, convertisseurs à prélèvement v séparer les charges sensibles des réseaux
pollueurs,
sinusoïdal, inductances de lissage, filtrage
intégré. v installer des inductances antiharmoniques (les
condensateurs sont protégés des surcharges
c Les effets directs de la pollution sur les harmoniques),
charges électriques
v installer des filtres passifs (les harmoniques
v Les courants harmoniques génèrent une indésirables sont piégés dans des circuits à
puissance parasite qui se traduit en faible impédance),
échauffements supplémentaires et en énergie
perdue. v installer des filtres actifs (les harmoniques
indésirables sont neutralisés par injection
Cet inconvénient peut être évité en surdimen- d'harmoniques en opposition de phase).
sionnant les équipements selon des facteurs de
déclassement définis par les normes relatives Les apports d’une étude
aux matériels. Il s’agit de garantir un bon fonctionnement de
v La déformation des tensions par les l'installation pendant l'activité des pollueurs
harmoniques perturbe le fonctionnement des d'harmoniques par :
appareils électroniques (par ex. décalage du c le calcul des distorsions tenant compte des
passage à zéro de l'onde de référence). spectres pollueurs (amplitudes et phases, lois de
v Les harmoniques ont également des impacts composition et de propagation),
mécaniques (bruits, vibrations) et c le calcul optimal du filtrage,
électromagnétiques (action des courants forts
sur les courants faibles) domaine de la c le calcul du surdimensionnement des matériels
compatibilité électromagnétique -CEM-. (contraintes harmoniques stationnaires et
transitoires),
c Les effets de transmission se traduisent par la
c l'analyse des schémas d'exploitation du réseau
propagation des harmoniques, leur amplification
dans ses différents modes d’exploitation
et leur sommation. (normaux et dégradés de connexion des
v Les pollueurs de courant injectent leurs sources, des pollueurs, des charges),
harmoniques dans tout le réseau en fonction des c l'analyse de sensibilité aux paramètres
impédances traversées. Il en résulte une influents (par exemple fourchette de variation
déformation harmonique des tensions en tout point des valeurs des éléments électriques du réseau
du réseau. En conséquence tous les récepteurs fonction de la précision, de la température…).
sont alimentés par des tensions déformées.
v De plus la présence de condensateurs peut Exemple
donner lieu à une amplification de la pollution par Le cas est extrait d'une étude de conception d’un
l’effet de résonance (circuit bouchon constitué site sidérurgique qui comporte un four à arc à
par la capacité en parallèle avec les inductances courant continu ainsi qu'un condensateur de
du réseau). compensation de réactif (cf. fig. 11 ). Ce four
v Dans son environnement immédiat, chaque génère des harmoniques de rang entier
pollueur subit les effets néfastes de ses propres (redresseur) superposés à un spectre continu
harmoniques. (arc instable).

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.22


Réseau 225 kV 225 kV/63 kV
Pccn = 6000 MVA s = 170 MVA
Pcc Min = 4800 MVA Ucc = 12.5 %
JdB 63 kV

Câble 63 kV
L = 1000 m
S = 1000 mm2

Filtres harmoniques

Four à arc
140 MVA

Impédance vue de la charge


Ohm
Amp 150 Sans filtre
Filtre amorti
30

100
20

50
10

rang rang
5 10 harmonique 2 4 6 8 harmonique

spectre en courant généré par le four spectre d'impédance vue du jeu de barres 63 kV
Fig. 11 : étude de présence d’harmoniques pour un site sidérurgique, schéma et spectres.

c Objectif de l'étude : c Résultats de l'étude


Le condensateur forme un circuit bouchon avec Le montage du condensateur en trois filtres
l'inductance du système (antirésonance de résonants amortis (accordés sur les rangs 3, 5, 7)
rang 3), d'où un THD en tension prohibé modifie l’allure du spectre d’impédance du
de18.5%, il faut donc déterminer le filtrage réseau et permet alors de ramener le THD en
ramenant le THD à une valeur acceptable. tension à la valeur acceptable de 3%.

4.7 Surtensions
La question des surtensions concerne La notion de surtension dans un réseau est
l’ensemble des réseaux électriques dont la quantifiée par l’amplitude et la forme de l’onde
vulnérabilité est différente selon leur topologie, le ainsi que par la durée de la perturbation :
niveau de tension, les types de matériels c coefficient de surtension, rapport de
employés, et les modes d’exploitation. l’amplitude crête de la tension atteinte à la valeur
Tout fonctionnement d’un réseau électrique efficace de la tension de service,
alternatif est sujet à l’apparition de perturbations c surtension permanente de forme sinusoïdale
en tension se traduisant par des valeurs de (à fréquence industrielle), de longue durée
crête, ou maximales, hors des limites d’un (supérieure à 1 heure),
gabarit relatif à une norme ou à une c surtension temporaire de forme sinusoïdale
spécification. (autour de la fréquence industrielle), de durée

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.23


relativement longue (comprise entre 1,5 fois la type de surtension ils se manifestent sur le
période industrielle et 1 heure), réseau par :
c surtension transitoire de forme oscillatoire ou c leur formation au point de discontinuité,
non et généralement vite amortie, de courte
c leur propagation vers le reste du réseau, en
durée (inférieure à la période industrielle) ; cette
suivant les lois de réflexion, réfraction et
catégorie regroupe les surtensions à front lent
superposition des ondes transmises, et avec une
(type choc de manœuvre), à front rapide (type
atténuation fonction des fréquences en jeu
choc de foudre), à front très rapide.
(amortissement d’autant plus fort que la
Objectifs fréquence est élevée).
L'étude du comportement d'un réseau eu égard c la combinaison éventuelle de différents types
aux surtensions a pour buts : de surtensions, susceptible d’accroître les
contraintes.
c d'identifier les situations à risque, pouvant
avoir pour conséquences : Les surtensions affectant les réseaux ont
v des destructions de matériel par claquage plusieurs origines :
diélectrique, contraintes électrodynamiques et c l’exploitation normale du réseau : manœuvres
vieillissement, de charges, mises en/hors service de circuits
v des dysfonctionnements de dispositifs inductifs ou capacitifs (câbles, lignes,
d’électroniques. condensateurs, transformateurs, moteurs),
c de déterminer les dispositions à prendre pour fonctionnement propre des appareils de
limiter leurs effets au minimum, assurant ainsi coupure ;
une tenue efficace des matériels du réseau. c la structure du réseau électrique : schémas
des liaisons à la terre, niveaux de tension,
Ces dispositions portent sur :
longueurs des liaisons ;
c la conception des installations (SLT),
c les perturbations accidentelles : défauts et leur
c l’estimation de dispositifs de protection (type, élimination, déclenchements intempestifs, coups
emplacement et dimensionnement), de foudre.
c le dimensionnement approprié des matériels, Ces surtensions se classifient, d'un point de vue
c des conseils sur l’exploitation. électrique, selon leurs principales formes
(cf. fig. 12 ) :
Phénomènes et origines v à fréquence industrielle, qui peuvent avoir
Les phénomènes observés sont des échanges différentes causes telles que : défaut
oscillatoires amortis d’énergie entre circuits d’isolement, dissymétrie de charges,
électriques (selfs, capacités, résistances) mis en surcompensation d’énergie réactive,… ;
présence instantanément lors d’une discontinuité v de choc de manœuvres, consécutifs à un
locale (ex. : manœuvre d’un appareil). Selon le enclenchement ou un déclenchement

classe de basse fréquence transitoire


surtension permanente temporaire à front lent à front rapide à front très rapide
forme

Tt Tt Tp T1 Tf
T2 T2 Tt

gamme des formes f = 50 ou 60 Hz 10 < f < 500 Hz 5000 > Tp > 20 µs 20 > T1 > 0,1 µs 100 > Tf > 3 ns
(fréquence, front de Tt u 3 600 s 3 600 u Tt u 0,03 s 20 ms u T2 300 µs u T2 0,3 > f1 > 100 MHz
montée, durée) 30 > f2 > 300 kHz
3 ms u Tt
forme normalisée f = 50 ou 60 Hz 48 i f i 62 Hz Tp = 250 µs T1 = 1,2 µs (*)
Tt (*) Tt = 60 s T2 = 2 500 µs T2 = 50 µs
essai de tenue (*) Essai à fréquence Essai de choc Essai de choc (*)
normalisé industrielle de de manœuvre de foudre
courte durée
(*) à spécifier par le Comité de produit concerné

Fig. 12 : les différentes formes de surtensions.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.24


-manœuvres courantes lors de l’exploitation de surtension atteint 2 ; au déclenchement, ce
normale du réseau électrique- d’un équipement, coefficient peut atteindre 3.
tel que transformateur, moteur, réactance, v Lors de la manœuvre de transformateur ou de
condensateur ou liaison câble/ligne ; moteur, le coefficient de surtension peut
v de choc sur défauts et lors de leur élimination : atteindre 2, de plus le front raide des transitoires
le défaut est considéré comme une manœuvre provoque des contraintes particulièrement fortes
involontaire ou inévitable, suivie d’une deuxième sur les premières spires des bobinages de ces
manœuvre lors de son élimination ; machines.
v de choc de foudre, consécutif à des décharges v Lors de la manœuvre de ligne, le coefficient de
atmosphériques : un coup de foudre est une surtension peut dépasser 3, c’est le cas d’un
décharge brutale de courant pouvant atteindre réenclenchement d’une ligne longue avec
plusieurs milliers d’ampères. charge résiduelle piégée (charge capacitive).
Effets et remèdes Les surtensions de manœuvres ont des effets de
destruction diélectrique des matériels et de
Les surtensions ont, selon leurs formes, des dysfonctionnement des systèmes.
effets différents et les remèdes pour les éviter
Les dispositifs de protection préconisés agissent
doivent donc leur être adaptés.
en limitant et amortissant les oscillations
c A fréquence industrielle d’énergie entre les circuits : résistance
v Un défaut d’isolement dans un réseau génère d’insertion dans les disjoncteurs ou contacteurs,
une surtension dont le coefficient peut contrôle des instants de manœuvre par
théoriquement atteindre 1,7 (défaut monophasé synchroniseur, parasurtenseurs RC, voire même
en cas de neutre isolé). parafoudres.
De même, la coupure du fil de neutre génère des c Le choc sur défauts (lors de leur apparition ou
surtensions par déplacement du point neutre. élimination)
v La dissymétrie des charges d’un réseau L’apparition d’un défaut conduit généralement à
triphasé peut déséquilibrer le système jusqu’à un coefficient de surtension inférieur à 2, et ce
saturer les transformateurs et gêner le sont plutôt les surintensités qui sont à craindre
fonctionnement des moteurs. (voir le sous-chapitre 4.3 ).
v La surcompensation d’énergie réactive due L’élimination d’un défaut provoque une
aux condensateurs shunt en cas de faible surtension inférieure à 2.5 (cas le plus sévère du
charge élève la tension. défaut monophasé en cas de neutre isolé), il y a
v Une ligne à vide se comporte comme une série superposition du transitoire et du régime
de cellules LC de gain supérieur à 1 (effet temporaire lié au défaut.
Ferranti), d’où en son extrémité une surtension
c Le choc de foudre
permanente dont l’amplitude devient sensible
La décharge brutale de courant peut atteindre
au-delà de 300 km (1,05 p.u.) ; cet effet est
des centaines de kiloampères, à laquelle est
amplifié sur déconnexion de la charge en
extrémité d’une ligne longue. associée une tension fonction des impédances
traversées. Ce courant peut se décharger :
v La ferrorésonance, oscillation non linéaire
entre un condensateur et une inductance v sur une ligne ou une structure métallique, en
saturable, peut donner lieu à des surtensions sur se propageant les ondes de tension résultantes
des montages particuliers : transformateur de créent l’amorçage d’isolateurs et des
tension en série avec un disjoncteur ouvert ou surtensions ;
entre phase et neutre dans un réseau IT, … v au sol avec une élévation de potentiel, en se
propageant celle-ci induit des montées en
Tous ces risques sont limités par des
tension des prises de terre des installations.
précautions de conception et d’exploitation : par
exemple répartition symétrique des charges, Les courants de foudre ont des effets thermiques
contrôle de la mise en service des et mécaniques (efforts électrodynamiques), alors
condensateurs, relais de tension sur les arrivées. que les surtensions de foudre ont des effets de
destruction diélectrique des matériels et de
c Le choc de manœuvres
dysfonctionnement des systèmes.
Les surtensions produites dépendent des
conditions de charge ou à vide, avec ou sans Les dispositifs de protection agissent de deux
charge résiduelle, selon une certaine périodicité manières :
et tenant compte du comportement physique réel v tout d’abord ils évitent l’impact direct de la
de l’appareil de manœuvre : préamorçage, tenue foudre sur les ouvrages électriques et le dérivent
à la tension transitoire de rétablissement vers le sol (paratonnerres, câbles de garde et
(réamorçage, réallumage), arrachement de puits de terre) ;
courant. v ensuite ils écoulent vers la terre les courants
v Sur enclenchement d’un condensateur au de foudre conduits dans le réseau pour limiter
maximum de la tension du réseau, le coefficient les surtensions et éviter les destructions

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.25


diélectriques (éclateurs, parafoudres, normalisation en coordination d’isolement, a pu
varistances, qualité des terres…en HT/MT/BT). ainsi être définie par le choix simultané des
parafoudres dans le poste et du niveau de
Les apports d’une étude protection des équipements, selon le schéma de
Une étude destinée à prévenir une installation la figure 13.
des effets néfastes des surtensions, comporte
les étapes suivantes :
c appréciation qualitative des phénomènes à
Ligne foudroyée
risque dépendant du réseau considéré,
c calcul des niveaux de surtensions générées et
Parafoudre P1
connaissance de leur transmission au système,
c analyse de sensibilité aux paramètres
influents, Câble
c définition des dispositifs de protections,
c détermination de l’isolement des matériels
selon les normes en vigueur. Parafoudre P2

Exemple
Blindé
Le cas choisi est extrait d’une étude relative à la
conception d’un poste de distribution HT qui doit
être protégé efficacement contre les surtensions Parafoudre P3
dues à la foudre se déchargeant sur sa ligne
d’arrivée.
Transformateur
c Objectif du calcul
Le dimensionnement des équipements face à
une surtension de foudre. Il doit répondre aux
Risque sur :
recommandations de la norme de coordination
de l'isolement CEI 60071-1 et 2, qui quantifie la Parafoudres Câble Poste Blindé Transformateur
valeur de risque : le temps moyen entre deux installés (LIWL* 650 kV) (LIWL 650 kV) (LIWL 650 kV)
défauts destructifs est dans une fourchette de P1 1454 ans 425 ans 299 ans
250 à 1000 ans. P1+ P3 2053 ans 812 ans 592 ans
c Résultats du calcul P1+ P2 + P3 10E 9 ans 10E 9 ans 2,7 10E 6 ans
La simulation statistique des impacts de foudre (*) LIWL : abréviation anglaise « lighting impulse withstand
sur la ligne selon le modèle électro-géométrique level », en français « niveau de tenue au choc de foudre ».
donne la distribution des surtensions se Fig. 13 : étude des surtensions de foudre pour la
propageant dans le poste, et a permis d’en conception d’un poste de distribution HT, schéma et
déduire une estimation probabiliste du risque estimations du risque.
résultant (cf. tableau de la figure 13 ).
La protection optimale du poste vis-à-vis des
chocs de foudre, quantifiée selon la

4.8 Compatibilité électromagnétique


La Compatibilité ElectroMagnétique - CEM - au système en exploitation afin d’en évaluer, les
concerne l’ensemble des équipements, conséquences,
systèmes et installations électriques et c d’apporter les remèdes appropriés en s’appuyant
électroniques. sur les textes normatifs et les règles de l’art
La notion de CEM est précisée dans les normes propres à limiter les effets dans les installations.
internationales comme la capacité d’un dispositif,
appareil, système ou installation à fonctionner Phénomènes et origines
normalement dans son environnement Les phénomènes étudiés sont l’ensemble des
électromagnétique sans être lui-même perturbations électromagnétiques :
perturbateur. c résultant de l’interaction entre divers éléments
d’un réseau : la source émettrice origine, le
Objectifs couplage par le transmetteur, la victime
L'étude du comportement CEM d'un réseau a perturbée dans son bon fonctionnement normal,
pour buts : c sur un spectre dont l’enveloppe spectrale,
c d’identifier les situations susceptibles de dépendant de la forme d’onde, s’étend du continu
provoquer et de subir des dysfonctionnements au GHz voire au-delà,

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.26


c caractérisées en amplitude et énergie, c minimiser les modes de couplage,
c selon les modes de conduction et/ou de c et diminuer la vulnérabilité des victimes
rayonnement. (durcissement), en jouant, dans les bandes de
Les émissions électromagnétiques ont plusieurs fréquence concernées, sur :
origines : v la prise en compte du régime de neutre,
c l’exploitation normale du réseau, puisque les v le câblage : choix des câbles, séparation du
tensions et les courants peuvent être des cheminement entre câbles de puissance et
sources naturelles de perturbations, câbles de signaux (courants faibles),
c la structure du réseau et la mise en œuvre des v les blindages : types d’écran (conducteur ou
installations, qui peuvent favoriser la ferromagnétique), modes de raccordement des
transmission des perturbations. terminaisons, traitement des boucles de masses,
v la mise en œuvre de filtres électriques adaptés
Effets et remèdes
aux signaux à atténuer.
La transmission de ces perturbations
électromagnétiques se fait par différents types Les apports d’une étude
de couplage : La bonne conception d’une l’installation
c capacitif (de tension) entre conducteurs électrique impose une étude pour :
proches : proximité de câbles, …
c identifier les sources de perturbations, les
c inductif (de courant) entre conducteurs :
couplages et les victimes,
coexistence de courants forts et faibles, …
c effet d’antenne (rayonnement c définir les moyens à mettre en œuvre pour
électromagnétique) : câble de sortie d’une obtenir un système répondant aux normes.
électronique à découpage HF,…
Exemple
c galvanique par impédance commune de
circuits, par exemple un fil conducteur unique Ce cas est extrait de l’étude relative à un site
pour l’alimentation d’un appareil de mesure et industriel dont les ensembles d’acquisition de
l’acquisition des données. mesures / vidéo étaient perturbés lors de
Les effets pratiques constatés portent l’utilisation des bancs d’essais du process.
essentiellement sur : c Objectif
c le dysfonctionnement des éléments du Définir l’action à entreprendre pour retrouver une
système électrique et du process commandés utilisation normale de la chaîne de métrologie.
par des dispositifs sensibles ;
c Résultats
c l’échauffement et/ou la destruction de Les schémas des liaisons à la terre du banc
composants électroniques, analogiques et d’essais (TN-C) et du système d’acquisition
numériques. (TN-C-S) sont différents (cf. fig. 14 ). Ainsi, les
Tous ces effets sont maîtrisés par l’ensemble courants de fuite 50 Hz et harmoniques générés
des règles de l’art du domaine qui consistent à : par le variateur de vitesse du banc se rebouclent
c réduire le niveau des perturbations émises par vers l’alimentation par deux chemins possibles :
les sources, par le banc d’essais et par le système

Variateur Banc
Distribution (TN-C) process
a.c.

Moteur
d.c.

i 50 Hz + harmoniques i 50 Hz + harmoniques
PEN PEN

TGBT Onduleur
TN-C TN-S
a.c.
d.c. Ph Système
N d'acquisition
N
PEN
PE i 50 Hz + harmoniques

Fig. 14 : étude CEM pour des ensembles d’acquisition de mesures / vidéo placés à proximité de bancs d’essais,
schéma montrant le cheminement des courants de fuite et harmoniques.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.27


d’acquisition, avec des intensités au prorata des en créant un isolement galvanique dans ses
admittances. propres liaisons. Cette solution s’est avérée
La recommandation de protéger le système pratique, efficace et peu onéreuse.
d’acquisition de son environnement a été suivie

4.9 Mesures pour expertise


Ce sous-chapitre complète les précédents en Les apports d’une expertise
soulignant l’importance des mesures pour suivre Une expertise vise à assurer le maintien ou
l’évolution d’un réseau électrique et améliorer l’amélioration des conditions d’exploitation d’un
son efficacité. réseau électrique, à différents niveaux de
Ces mesures sont souvent indispensables complexité et d’exigences par :
lorsqu’une expertise s’avère nécessaire : c la maîtrise générale du système à partir de
c soit pendant l’exploitation normale du système, vérifications de base essentiellement
à la mise en service d’une installation ou lors qualitatives : sécurité des personnes et des
d’une évolution importante, pour vérifier que le biens, pérennité des équipements, bilans de
réseau électrique fonctionne conformément aux puissance, plan de protection, instrumentation
prévisions faites lors de sa conception ; minimale,
c soit à la suite d’incidents électriques c l’atteinte de performances satisfaisantes du
inexpliqués tels que destruction de matériels, système en référence à des critères quantitatifs
perte partielle ou totale d’énergie. définis : analyse de sûreté, analyse des risques
Même le fonctionnement d’un réseau bien conçu électrotechniques, dimensionnement des
peut être l’objet d’incidents ou de dysfonctionne- réseaux et des équipements,
ments incompréhensibles, les mesures c l’optimisation globale du système : qualité de
électriques sont alors un outil de base pour l’énergie, contrat et consommation, maintenance
établir un diagnostic. et pièces de rechange, hiérarchisation de
l’urgence des actions proposées,
Des mesures pour expertiser un réseau
c la prise en compte de l’existant et des
électrique
évolutions futures prévues.
Elles ont pour finalité : Nota : les développements des moyens
c de contrôler les grandeurs électrotechniques d’échanges des informations avec les NTIC
après mise en service des installations, (Nouvelles Technologies de l’Information et de la
c de suivre l’évolution des consommations et de Communication) ouvrent de nouvelles
la qualité de l’énergie, perspectives telles que l’oscilloperturbographie
(cf. Fig. 15 et 16 ), le télédiagnostic et la
c d’identifier et expliquer les incidents
télésurveillance des réseaux électriques dans
électriques importants ou répétitifs du système,
différents domaines (tertiaire et industrie)
c de préconiser les dispositions à prendre pour y (cf. Fig. 17 ).
remédier,
c de valider les modèles utilisés dans les Un exemple d’expertise
simulations de réseaux. Cet exemple est extrait de l’expertise du réseau
électrique d’une industrie micro-électronique
Phénomènes étudiés réalisée pour établir un bilan après plusieurs
Les phénomènes, dont l’étude nécessite des années de fonctionnement.
mesures, recouvrent l’ensemble des sujets
abordés dans les sous-chapitres précédents. c Objectif de l’audit
Rechercher les points faibles éventuels de
Les dispositions envisagées pour remédier à l’installation électrique du site pouvant dégrader
leurs effets résultent : la qualité de fourniture d’énergie.
c des observations faites par la visite in situ des c Résultats de l’audit
installations,
Les aspects propres au réseau électrique et à
c de l’exploitation de mesures électriques avec ses composants ont fait apparaître la nécessité
l’instrumentation à demeure ou par campagne d’améliorations relatives à l’architecture du
ponctuelle, réseau, au plan de protection et à la fatigue des
c de la mise en œuvre de calculs électrotechniques, transformateurs HT/BT.
c de la vérification du respect des normes et des Le tableau de la figure 18 (en page 30) résume
règles de l’art. cette expertise.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.28


Fig. 15 : relais de protection numérique SEPAM - Fig. 17 : appareil de télémesure PM70 (marque
série 40 (marque Merlin Gerin - Schneider Electric). Merlin Gerin - Schneider Electric).

Fig. 16 : exemple d’oscillogramme d’un défaut enregistré par un relais SEPAM.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.29


Objet Item Mesures Diagnostic Action requise Priorité
Schéma du réseau Architecture du réseau Non Dans plusieurs postes, sur défaut Faire une étude de disponibilité Non urgent
jeu de barres BT, pas de pour améliorer l’architecture.
redondance prévue pendant
la réparation.
Défaut majeur Non Après défaut sur une boucle HT, la Vérifier le mode de fonctionnement Non urgent
réalimentation des sous-stations des ASI.
implique des opérations manuelles. Etudier le besoin de générateurs BT.
Pas de générateur BT pour
alimenter les tableaux critiques.
Mise à la terre Non Le SLT en HT est isolé pour assurer Envisager la possibilité d’un SLT A étudier
une bonne continuité de service, impédant
mais avec le vieillissement du
réseau le nombre de défauts terre
augmente.
Plan de protection Protection 130 kV Non Dans certaines configurations, les Réviser le plan de protection en Urgent
protections en courant peuvent utilisant des fonctions différentielles
donner lieu à la perte totale du ou directionnelles.
réseau HT. Vérifier la sélectivité des protections
entre l’usine et le distributeur.
Protection 15 kV Non La sélectivité est partielle dans les Reprendre l’étude de détermination Urgent
cas suivants : des réglages des protections du
c temporisation insuffisante entre réseau HT à partir du calcul des
départ et arrivée des liaisons, courants de court-circuit ; envisager
c pour une partie du réseau, le l’utilisation de la sélectivité logique.
temps d’élimination sur défaut BT
peut atteindre plusieurs secondes.
Comportement Choc de foudre côté HT Non Transformateurs équipés de Aucune action requise
diélectrique des parafoudres.
transformateurs HT/BT
Choc de foudre côté BT Non Pas de parafoudre sur les Etudier la protection foudre du Non urgent
charges BT. réseau BT.
Choc de manœuvre Non Le réglage de la protection maximum Aucune action requise
sur ouverture de de courant accepte les courants
disjoncteur HT d’appel à l’enclenchement : pas de
risque d’ouverture intempestive.
Contraintes de Oui Pas de surtension HF mesurée. Aucune action requise
résonance interne en
haute fréquence
Contraintes Oui THD négligeable. Aucune action requise
harmoniques en HT
Contraintes Oui THD négligeable. Aucune action requise
harmoniques en BT
Choc de manœuvre sur Oui Les contacteurs des condensateurs Envisager la mise en place de Non urgent
ouverture de batterie ne sont pas équipés de résistance résistances d’insertion pour
de condensateurs d’insertion diminuer les courants d’appel.
Comportement Surcharge et courants Oui Pas de surcharges. Aucune action requise
thermique des harmoniques Valeurs harmoniques négligeables.
transformateurs HT/BT
Surtension permanente Oui Valeurs négligeables. Aucune action requise
en HT
Contraintes Oui Valeurs négligeables. Aucune action requise
harmoniques en HT
Courant continu en BT Non Phénomène non pris en compte. A vérifier
SLT : Système des liaisons à la terre.
Fig. 18 : bilan établi après expertise pour un réseau électrique d’industrie micro-électronique.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.30


5 Synthèse : Risques principaux pour l’utilisateur -
Réponses apportées par les études

Risques principaux pour l’utilisateur Réponses apportées par les études


Sûreté de fonctionnement Accident pour les personnes. Quantifier la fréquence d’occurrence de l’événement
Cf. s/chap 4.1 Destruction de biens. redouté.
Arrêt de production. Quantifier la disponibilité de l’énergie électrique.
Perte d’informations (système informatique…). Déterminer les points faibles de la solution qui devront
Coûts supplémentaires : de changement éventuel de être améliorés si nécessaire.
matériels, de réparation et d’arrêt de production Déterminer d’éventuelles redondances superflues.
(pertes de production et remise en marche du Comparer diverses architectures.
process). Préconiser des maintenances préventives.
Préconiser des stocks de pièces de rechange.
Régime permanent Perturbations de fonctionnement (endommagement Une vérification du dimensionnement du système en
Cf. s/chap 4.2 des charges sensibles, variation des couples moteurs, accord avec les normes électriques :
vibrations mécaniques, voire arrêt de production). c le choix des niveaux de tension dans l’arborescence
Gêne visuelle (flicker). du réseau,
Echauffements anormaux des liaisons, des circuits c les tolérances des sources en tension et puissance
magnétiques d’où pertes d’énergie et causes possibles de court-circuit,
d’incendie et de vieillissement accéléré. c la localisation et la répartition de la compensation
Coûts supplémentaires : de changement éventuel de réactive,
matériels (besoin de surdimensionnement), de c les matériels : appareillages de coupure, section des
réparation et d’arrêt de production (pertes de câbles, caractéristiques des transformateurs et des
production et remise en marche du process). moteurs…
Le calcul des régimes permanents du système (‘’load-
flows’’) dans les différents cas d’exploitation :
c de la répartition des tensions aux nœuds et des
courants dans les liaisons, en amplitude et en phase,
c des chutes de tension,
c des puissances transitées et des pertes associées.
Une optimisation des contrats de fourniture d’énergie.
Des conseils d’exploitation (choix des prises de
transformateurs, plan de délestage et de reprise, mise
en service des condensateurs…).
La mise à jour des données du réseau.
Court-circuit Tensions de contact dangereuses pour les personnes. Les valeurs des courants de court-circuit calculées
Cf. s/chap 4.3 Détériorations de matériels électriques dues à la conformément aux normes d’installation (CEI60909 et
surintensité (échauffements et incendie). guide UTE C15105), nécessaire au calcul des
Arrêt de production. protections du système.
Perturbations de service dues aux creux de tension Le dimensionnement de l’appareillage et du matériel
(dysfonctionnement d’appareils sensibles). (disjoncteurs, fusibles, transformateurs, tableaux,
capteurs, câbles, canalisations, circuits de terre) sur
Coûts supplémentaires (réparations, arrêt de
les critères de pouvoirs de coupure et de fermeture et
production…).
de tenues thermique et électrodynamique au court-
circuit.
Protection Accident pour les personnes. Une définition générale du système de protection et
Cf. s/chap 4.4 Destructions de matériels électriques et de machines. des principes mis en œuvre : schéma de liaison à la
Mise hors service de parties saines du réseau. terre, fonctions de protection et secours, sélectivités
adoptées, coordination entre les différents niveaux de
Arrêt de production.
tension.
Maintien en service de parties en défaut du réseau d’où
l’instabilité du système électrique. La caractérisation des capteurs : emplacement,
rapport, classe de précision.
Dysfonctionnements du process avec pertes d’exploitation La caractérisation des dispositifs de coupure : type,
et coûts de réparation. emplacement.
La caractérisation des unités de protection : réglages
des déclencheurs et des relais
Les courbes ou tableaux montrant la cohérence des
sélectivités entre elles.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.31


Risques principaux pour l’utilisateur Réponses apportées par les études
Stabilité Défaillances mécaniques (rupture d'arbre de machines Validation de la puissance de court-circuit des sources.
Cf. s/chap 4.5 tournantes et de réducteurs, déformation de La répartition optimale des charges (schémas
bobinages) suite à des à-coups de couple brutaux. d'exploitation),
Destructions ou usures prématurées de matériels Amélioration du système de protection (principe,
électriques suite à des échauffements anormaux par réglages selon les temps critiques d'élimination des
surintensité (transformateurs et liaisons, moteurs lors défauts).
de déséquilibre d'alimentation ou qui rampent en Choix de méthode de démarrage des moteurs.
réaccélération).
Plan de délestage des charges et de découplage des
Dysfonctionnements, suite à des variations de tension, sources,
de charges telles que équipements sensibles
Détermination des séquences de reprise et/ou de
(variateurs de vitesse, informatique, systèmes de
transferts de charges.
sécurité, mesure), organes de commande
Automatisation des transfert des sources.
(contacteurs, disjoncteurs) et éclairage.
Optimisation du fonctionnement des dispositifs de
Arrêt de production.
régulation et de leurs réglages.
Coûts supplémentaires (réparations, arrêt de
production…).
Harmoniques Destructions ou vieillissements accélérés de matériels Identification des pollueurs.
Cf. s/chap 4.6 par surcharge thermique (échauffements dûs aux Evaluations des niveaux de distorsion harmonique
courants harmoniques, harmonique 3 dans les (THD de tension et de courant) ainsi que les
conducteurs de neutre) ou claquage diélectrique répartitions spectrales.
(surtensions dues aux tensions harmoniques).
Validation de la structure du réseau électrique :
Perturbations mécaniques harmoniques : vibrations et puissance de court-circuit des sources, confinement
fatigue de moteurs, bruits acoustiques anormaux de des équipements perturbateurs, séparation des
transformateurs et tableaux. réseaux sensibles, compensation de l'énergie réactive.
Dysfonctionnements de dispositifs provoqués par les Préconisation d’action directe sur les pollueurs : par
harmoniques de tension/courant (équipements exemple transformation d’un pont hexaphasé en pont
électroniques de puissance), déclenchements dodécaphasé.
intempestifs de protections, perturbations des
systèmes à courant faible (télécommunications, Préconisation d’action sur la pollution :
mesure et comptage). dimensionnement des solutions de filtrage (type de
filtre, spécification des éléments).
Surcoûts :
Préconisation de déclassement des matériels.
c la dégradation du rendement énergétique de
l'installation à cause des pertes d'énergie
supplémentaires (joule, fer, effet de peau et de
proximité),
c l’investissement supplémentaire dû à la nécessité de
surdimensionner les équipements (déclassement) ou
d'installer des filtres.
Surtensions Perturbations de service ( creux de tension et Définition des solutions optimales d’atténuation basées
Cf. s/chap 4.7 coupures brèves). sur la mise en œuvre simultanée, cohérente et
Destructions de matériels électriques par claquage sélective, de plusieurs protections : paratonnerres,
diélectrique. câbles de garde, parafoudres, parasurtenseurs,
Arrêt de production. éclateurs, varistances, diodes, selfs de choc,
résistances d’insertion, synchroniseurs.
Vieillissements accélérés et échauffements de
matériels dus aux contraintes non destructives mais Dimensionnement et localisation des dispositifs
répétées. préconisés.
Dysfonctionnements d’équipements sensibles Détermination de l’isolement des matériels en accord
(électronique de puissance, systèmes à courant avec les dispositifs de protection : sélection du niveau
faible). de tenue diélectrique basée sur les normes de
Coûts supplémentaires (réparations, arrêt de coordination de l’isolement (CEI 60664 en BT et CEI
production…). 60071 en HT).
Conception du système des liaisons à la terre.
Conseils d’exploitation.
CEM Détériorations de matériels électriques et électroniques Un état des lieux CEM ( compréhension sur les modes
Cf. s/chap 4.8 par échauffement ou claquage. de perturbation).
Dysfonctionnements d’éléments électriques, pouvant Aide à la spécification des cahiers des charges des
avoir une incidence sur tout le réseau. systèmes électriques.
Dysfonctionnements des machines du process. Conseils sur le montage des installations : coexistence
Coûts supplémentaires (réparations, arrêt de des câbles, SLT, masses, …
production…). Application des normes CEM.
Mesures pour expertise De nombreuses réponses apportées par les études nécessitent des mesures qui peuvent être effectuées sur site,
Cf. s/chap 4.9 soit en permanence (cas de la télésurveillance par exemple), soit lors de campagnes particulières.

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.32


6 Conclusion

Le coût optimal de possession d’un système est tous les domaines (industriel, tertiaire,
le résultat du meilleur compromis entre le service résidentiel, fourniture d’énergie). Ils permettent
rendu à l’exploitant pour le besoin de son process tout à la fois la prévision des phénomènes
et la dépense totale consentie. électriques se produisant lors du fonctionnement
Pour un réseau électrique, le coût de possession des systèmes, et l’analyse de l’impact sur le
prend en compte les différentes phases de la vie dimensionnement des installations et
du système : conception, réalisation, exploitation, l’exploitation du réseau ; ceci avec la prise en
maintenance et évolution. compte des évènements et paramètres influents,
dans les modes normaux et dégradés.
De ce fait, dans la chaîne de réalisation d’un
projet, tous les acteurs sont concernés Les différents tableaux de synthèse ont
(investisseurs, concepteurs et utilisateurs) et les démontré l’importance des moyens et des
études d’ingénierie électrique constituent une compétences nécessaires (voir aussi les
étape indispensable dans l’ensemble des annexes suivantes). Enfin, les exemples donnés
processus visant à une bonne utilisation finale de montrent que la pertinence des solutions
l’énergie électrique. Elles peuvent être aussi trouvées est aussi le résultat de l’expérience
considérées comme un investissement rentable cumulée par de nombreuses expertises.
puisque à même d’améliorer l’efficacité de Expérience que seules de grandes sociétés de
l’installation. l’électricité (distribution d’énergie ou fabrication
de matériels) peuvent réunir.
Ce Cahier Technique met en évidence l’étendue
N.B. Une information plus détaillée est aussi
des calculs requis pour l’exécution de ces
disponible dans la collection des Cahiers
études. Techniques dont les ouvrages traitent
Ceux-ci concernent tous les types de réseaux en spécifiquement différents sujets abordés dans ce
basse et haute tension, pour les applications de document (cf. Bibliographie).

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.33


7 Annexe 1 : Historique

L'ensemble des lois de l'électricité qui régissent d'onde), un réseau artificiel (ex. essai de
le fonctionnement des réseaux électriques a été protections), un micro-réseau (ex. stabilité
établi précédemment à la généralisation des dynamique)
réseaux et donc au besoin de faire des calculs. Pour accroître leurs capacités et performances,
Le développement au cours du temps des outils ces simulateurs ont été complétés par des
propres au calcul prédictif du comportement des simulateurs analogiques à dispositifs
réseaux électriques peut se résumer électroniques propres à modéliser certains
sommairement en quatre étapes, dont les éléments (par ex. régulateurs), donnant ainsi
périodes se recouvrent. naissance aux simulateurs hybrides.
c Le calcul "à la main", de 1925 à 1960 c Les simulateurs numériques, depuis 1970
C'est l’époque de la découverte du A l’époque où les réseaux commençaient à être
fonctionnement des réseaux électriques d’après optimisés et où sont apparues des pannes
les phénomènes constatés et mesurés sur les majeures sur les grands réseaux de l’industrie et
installations. La méthode analytique est utilisée de la distribution publique, les exigences de
en fonction de la compréhension physique a calcul se sont accrues. Les simulateurs
priori : le problème est mis en équation à partir numériques ont alors été une réponse avec
des lois de l'électricité, la résolution numérique l'avènement de l'informatique.
est faite manuellement (règle à calcul, tables
v Dans un premier temps des codes de calcul
numériques), et les hypothèses sont confirmées
sont exploités sur de gros ordinateurs centraux ;
par la bonne correspondance entre mesure et
les programmes sont en général écrits par les
calcul. L'extrapolation prédictive se pratique
entreprises pour leur propre besoin.
beaucoup par l'utilisation d'abaques faisant
varier les paramètres déterminants. v Puis vers 1990, simulation numérique et
Parallèlement se développent des règles de l'art décentralisation se généralisent avec les micro-
basées sur l'expérience. ordinateurs PC. La commercialisation des
programmes se développe, et l'utilisateur
c Les simulateurs à modèle réduit, de 1950 à 1990 dispose aujourd'hui d'un grand choix pour de
Par suite de leur extension et complexification multiples applications.
croissantes, les réseaux deviennent de
Nota : Le principe du simulateur numérique est
véritables systèmes électriques aux interactions
de constituer un modèle numérique par la
multiples. De plus la notion de qualité de
description des lois du réseau, puis de simuler le
l'électricité apparaît progressivement. Le besoin
fonctionnement en résolvant les équations avec
de prédiction devient plus important et plus
un programme informatique adapté. Il a
global car il s'agit de prévoir de nombreuses
l'avantage d’une grande souplesse à traiter tous
situations d'exploitation, normales ou perturbées,
types de réseaux et de nombreux phénomènes,
avec certitude et précision.
mais il n'est pas temps réel.
Le simulateur répond assez bien à ces
exigences. C'est un outil de laboratoire coûteux c Les ateliers numériques, depuis 1990.
en investissement et en utilisation, apanage des C'est la généralisation de la simulation
grands distributeurs électriques. Le principe du informatique comme outil universel de calcul
simulateur est de constituer un modèle à échelle (réseau virtuel) avec des possibilités de bases
réduite du réseau, reproduisant le comportement de données globales et de traitement en temps
du système en temps réel. réel pour le développement de produits,
l'apprentissage des opérateurs, l'optimisation de
Selon l'application envisagée, le simulateur peut la conduite…
être un analyseur de transitoire (ex. propagation

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.34


8 Annexe 2 : Les logiciels

Ce tableau indique les principaux logiciels


disponibles dans le commerce, et l’utilisation qui
en est faite pour les calculs.

Type de calcul
Sûreté de Régime Court- Protection Stabilité Harmonique Surtensions CEM
Type de logiciel fonctionnement permanent circuit dynamique
Analyse fonctionnelle c c
AMDEC c c
Arbre de défaillance c
Graphe de Markoff c
Réseau de Pétri c
Load-flow c c c
Optimisation de flux c
de charge
Dimensionnement de c c
câbles
Dimensionnement et c c c
protection de câbles BT
Calcul du réseau de c c c c
terre
Court-circuit c c c
Sélectivité c c c
Stabilité statique c c
Stabilité transitoire c
Démarrage moteur c c c
Harmonique c c c
Transitoires de c c c c c
tension/courant
Protection foudre c c
Interférence CEM c c
Logiciel généraliste c c c c c
EMTP
Acquisition de données c c c c c c c
(mesures)

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.35


9 Annexe 3 : Données nécessaires

Court-circuit
Ce tableau présente un aperçu général des données

Harmonique

Surtensions
permanent

Protection
fonctionnt
nécessaires à l’exécution des différents calculs.

Sûreté de

Mesures
Stabilité
Type de

Régime
calcul

CEM
Informations requises
Données générales c c
v schéma unifilaire du réseau c c c c c c c
v configurations d’exploitation c c c c c c c
v schémas de liaison à la terre c c c c c c
Pour tout constituant c c
v tension & puissance assignées c c c c c c
v impédances (directe, inverse, homopolaire) c c c c
v tenue au court-circuit c c
v tenue tension transitoire manœuvre & foudre c
v types de protection c c
Sources d’alimentation c c
v tension & fréquence (nominales/mini/maxi) c c c c c c c
v puissance de court-circuit (nominale/mini/maxi) c c c c c
v tensions harmoniques préexistantes c
v réglage des protections c c
Générateurs c c
v tension, puissance, facteur de puissance c c c c c c
v impédances & constantes de temps c c c c
v caractéristiques mécaniques (inertie, nombre de pôles) c
v fonctions de transfert régulation turbine et excitation c
Lignes, câbles, jeux de barres, blindés c c
v résistance, inductance, capacitance linéiques c c c c c
v longueur, éléments en parallèle, modes de pose c c c c c c
v données géométriques des pylônes et structures c
v caractéristiques des isolateurs, éclateurs,… c
Transformateurs c c
v tensions (primaire, secondaire, tertiaire) c c c c c c
v puissance, couplage & prises de réglage c c c c c c
v tensions de court-circuit & pertes c c c c c
Charges passives, condensateurs, inductances c c
v tension et puissance assignées c c c c
v facteur de puissance c c c c
v type de charge (impédance cste, courant cst, puissance cste) c c c c
v facteurs de foisonnement, utilisation, charge c c c c
Charges actives c c
v tension et puissance assignées c c c c c
v facteur de puissance c c c c c
v caractéristiques des moteurs (vitesse, inertie, glissement, Cd/Cn, c c c c c
Cmax/Cn, Id/In,…)
v caractéristiques des équipements électroniques de puissance c c c c
(type de montage,..)
v facteurs de foisonnement, utilisation, charge c c c c c
Charges non linéaires c c
v caractéristiques U, I (parafoudre, c
v spectre harmonique généré tension / courant c
Appareillage de coupure c c
v type et calibre des fusibles c c
v caractéristiques des disjoncteurs (pouvoir de coupure et de c c c c
fermeture, TTR,…)
Protections c c
v caractéristiques des capteurs tension/courant c
v fonctions de protection et plages de réglage c

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.36


10 Bibliographie

Cahiers techniques Schneider Electric c Stabilité dynamique des réseaux électriques


industriels
c Analyse des réseaux triphasés en régime Cahier Technique n° 185 -
perturbé à l'aide des composantes symétriques BENOÎT DE METZ-NOBLAT, GÉRARD JEANJEAN
Cahier technique n° 18 -
BENOIT DE METZ-NOBLAT c La ferrorésonance
Cahier Technique n° 190 -
c Les perturbations électriques en BT PHILIPPE FERRACCI,
Cahier Technique n° 141 -
ROLAND CALVAS c La qualité de l'énergie électrique
Cahier Technique n° 199 -
c Introduction à la conception de la sûreté PHILIPPE FERRACCI
Cahier Technique n° 144 -
EMMANUEL CABAU Ouvrages divers
c La CEM : la compatibilité électromagnétique
c Les Techniques de l’Ingénieur
Cahier Technique n° 149 -
JACQUES DELABALLE c Les cahiers de l’ingénierie édités par Electricité
de France
c Surtensions et coordination de l'isolement
Cahier Technique n° 151 - Normes
DANIEL FULCHIRON
c CEI 60071-1 : Coordination de l'isolement -
c Perturbations harmoniques dans les réseaux
Partie 1 : définitions, principes et règles.
pollués, et leur traitement
Cahier Technique n° 152 - c CEI 60071-2 : Coordination de l'isolement -
CHRISTIAN COLLOMBET, JACQUES SCHONEK, Partie 2 : Guide d'application.
JEAN-MARC LUPIN
c CEI 60364, NF C 15-100 : installations
c Coupure en BT par limitation du courant électriques à basse tension.
Cahier Technique n° 163 -
c CEI 60871-1 : Condensateurs shunt pour
PIERRE SCHUELLER
réseaux à courant alternatif de tension assignée
c La sélectivité énergétique en BT supérieure a 1000 V -
Cahier Technique n° 167 - Partie 1 : Généralités - Caractéristiques
MARC SERPINET, ROBERT MOREL fonctionnelles, essais et valeurs assignées -
Règles de sécurité - Guide d'installation et
c La foudre et les installations électriques HT
d'exploitation.
Cahier technique n° 168 -
BENOIT DE METZ-NOBLAT c CEI 62271-100 : Appareillage à haute tension -
Partie 100 : Disjoncteurs à courant alternatif à
c La conception des réseaux industriels en haute
haute tension.
tension
Cahier Technique n° 169 - c NF C02-160 / NF EN 50160 : Caractéristiques
GEORGES THOMASSET de la tension fournie par les réseaux publics de
distribution.
c Flicker ou scintillement des sources lumineuses
Cahier Technique n° 176 - c UTE C15-500 : Guide pratique - Détermination
RENE WIERDA des sections des conducteurs et choix des
dispositifs de protection à l'aide de logiciels de
c Etudes de sûreté des installations électriques
calcul.
Cahier Technique n° 184 -
SYLVIE LOGIACO

Cahier Technique Schneider Electric n° 213 / p.37


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* Construire le nouveau monde de l’électricité 12-04