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Le compte rendu par.......

J’ai été chargé de réaliser le compte-rendu vu de la « lucarne ». Je pensais à une tâche où d’être
extérieur à l’événement, où le fait de le voir à travers un média me donnerait un recul et une
lucidité bienvenus.

Or j’ai terminé debout à dix mètres du téléviseur, en réfrénant une tendance quasi-irrépressible à
s’échapper pour évacuer cette terrible tension des dix dernières minutes et surtout de ces
irrespirables dernières secondes où le match fut près de basculer, où les montois allèrent au-delà
de l’épuisement pour ne pas céder dans leur dix, dans leurs cinq mètres avec un courage une
abnégation qu’on leur connaissait déjà, mais qu’ils poussèrent encore bien au-delà de l’imaginable.

Que le rugby est beau quand il permet de vivre de tels instants ! Que cette équipe est admirable de
cœur et de solidarité ! Quelle publicité elle a faite au Stade Montois ! Quelle leçon donnée à des
adversaires décontenancés par une envie qu’ils ne possédaient pas !

Après cela, peut-on, doit-on détailler un match qui ne valut pas que par son indécision mais aussi
et surtout par la volonté montoise de jouer encore et toujours même après être mené 0-12 après
dix minutes de jeu dans une finale. De réaliser une mi-temps où ils auraient pu mener de 20
points, si des rebonds capricieux et une réussite moindre de Beñat n’étaient venus perturber une
domination très nette. Les parisiens n’en menaient pas large et ne misaient que sur un
effondrement physique des montois. Et cet espoir s’écroula en début de deuxième mi-temps où les
jaunes et noirs furent toujours plus entreprenants malgré la sortie de leur buteur qui n’atteint pas
leur moral.

Hormis deux ou trois balayages et charges de leurs monstres les racingmen n’eurent qu’une
véritable occasion mais perdirent la balle au moment d’aplatir. Jusqu’à cette relance où les trois-
quarts furent clavés dans l’en-but. Sur la mêlée à cinq mètres la défense montoise céda sous le
poids de la troisième ligne. Tout le monde s’apprêtait à célébrer la glorieuse prestation des montois
durant soixante-dix minutes mais ces derniers sont des morts qu’il faut tuer. L’ouvreur parisien doit
regretter cette transformation facile qui laissa le score à 20-20 et les montois dans l’espoir et
l’initiative jusqu’au coup de sifflet final.

Qui craquerait dans ces prolongations physiquement inhumaines ? Généralement, celui qui marque
le premier l’emporte. Pas contre les montois qui se remirent d’une pénalité qui parut sévère pour
repartir de plus belle et marquer par le duo Suta-Cazeaux qui donnera longtemps des cauchemars
à Berbizier.

Le score pris, il n’y avait plus que tous les spectateurs et téléspectateurs pour penser que le Métro
pourrait leur marquer un essai. Les joueurs montois eux, savaient qu’on ne leur arracherait plus le
fruit de leur talent, de leur courage, d’une envie à renverser tous les puissants du rugby.

L’ordre bleu et les joyeux foutraques

Le spectacle des supporters des deux équipes à Limoges était éloquent et la comparaison frisait la
caricature. A ma gauche, des rangées ordonnées de parisiens en uniforme bleu identique dont on
peut penser que ces tenues, ainsi que les drapeaux, avaient été fournis par le club.

A ma droite, ainsi que dans le virage, des hordes d’agités aux habits jaunes et noirs dépareillés,
certains peinturlurés, certains déguisés, le tout s’agitant dans une joyeuse cacophonie aussi
enthousiaste que fantaisiste.

Sur la touche, même contraste : d’un coté Benetton, allure de sphinx revu par Mr Propre et
Mannix, surexcité technologique, micro et oreillette branchée sur l’oreille. De l’autre deux rigolards
: Dal Maso en adjudant parachutiste bonhomme et Prosper habillé et décontracté comme un
chasseur de bécasse.

Et sur le terrain ? Une multinationale (Ah ! l’arbitre s’adressant à la première ligne parisienne : «
Qui c’est qui ne parle pas français ? »). Un groupe suffisant, persuadé de célébrer son arrivée dans
l’élite après cette formalité (on apprend qu’ils avaient jugé superflu de faire une séance vidéo sur le
jeu montois…) des joueurs dépassés par la vitesse et le culot de leurs adversaires, bienheureux de
pouvoir au bout de cent minutes, entrevoir, par un baroud désespéré, un succès qui aurait
constitué le plus grand hold-up depuis l’attaque du train postal.

En face, une merveille d’intelligence tactique, tant en défense qu’en attaque, que la composition de
l’équipe annonçait avec Beñat à la mêlée et cet accélérateur d’attaque de Yannick Lafforgue. Et
derrière, cet admirable Florent Cazeaux, qui enrhuma et fit enrager la défense parisienne toute
l’après-midi. On pourrait parler de tous les autres qui furent admirables car si l’un des maillons
avait lâché, la chaîne de défense eut été emportée. Ne disons rien sur Suta, nous traitons ici des
hommes, pas des extra-terrestres…

P.S : Quelques chiffres que je n’ai pu comptabiliser qu’au deuxième visionnage :

Touches : 22 pour le Stade Montois (une perdue, une gagnée et un lancer pas droit.)
15 pour le Métro-Racing (une perdue, une gagnée)
La différence illustre la différence de tactique : les montois relançant presque tous les ballons, alors
que les parisiens renvoyaient au pied.

Mêlées spontanées : pas de prise de ballon sur initiative adverse, sauf erreur de ma part. Peu de
mauls, bien contrés par la technique des landais, par la puissance coté parisien.

Jeu au pied : plus long et précis coté jaune et noir alors que de manière étonnante, des vieux
briscards comme Pichot ou Dubois « dévissèrent »…

Mêlées : 9 pour le Stade Montois (une gagnée et une perdue )


13 pour le Métro-Racing (une gagnée et une perdue )
A noter que la mêlée montoise, bousculée en début de match, se reprit progressivement et finit
bien plus fort que le pack parisien à partir du milieu de la deuxième mi-temps. Mêlées simulées, du
fait du Métro, à partir de la deuxième prolongation, une introduction ainsi pour chaque équipe.

Pénalités : 7 pour les montois 8 pour les parisiens, ces derniers étant sanctionnés essentiellement
en première mi-temps, situation inverse pour les montois.
Profitons de ce chapitre pour rendre un hommage appuyé à Monsieur MENE qui favorisa le jeu et se
montra d’une parfaite équité.

Buteurs : Deux échecs sur pénalité coté montois (Arrayet et Lafforgue) et une transformation ratée
(Tastet pour le fun…). Une pénalité manquée et deux transformations ratées pour Winiewski. Il
suffisait de voir la grimace de dépit de Berbizier en voyant le ballon sur le poteau pour comprendre
l’importance du dernier échec.

Occasions d’essais : 6 occasions nettes, voire très nettes qui sont étalées de la première minute
jusqu’à la fin de la première prolongation pour les montois, cinq pour les parisiens, se situant à
partir de la cinquantième à la soixante-dixième et de la quatre-vingt-dix neuvième jusqu’à la cent-
unième…On connaît la fin.

signé Bourdon

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