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Poème de Çabi, en dialecte chelha. 1879.

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POEME DE'Ç.ABi;

E!\ DIALECTE GHELHA.

TEXTE,TKANSCMPTION
ET TRADUCTION
FRANÇAIS!'.

PAR

M.'RENE BASSET.

EXTRAITDU JOURNALASIATIQUE.

PARIS.

IMPRIMERIE NATIONALE.

- M DGCC LXXIX.
POÈME DE CABI,

EN DIALECTE CHELHA,

ETTRADUCTION
TEXTE,TRANSCRIPTION FRANÇAISE

lS^>3>

RENE BASSET.

EXTRAITDU JOURNALASIATIQUE.

PARIS.

IMPRIMERIE NATIONALE.

M UCCC LXX.IX.

1CL GO'
POEME DE ÇABI,

EN DIALECTE CHELHA,

, TRANSCRIPTION'
TEXTE KTTRADUCTION
FRANÇAISE.

].

De tous les dialectes berbères du nord de l'Afri-


que, le zouaoua en Algérie et le chelha au Maroc
sont à peu près les seuls qui aient une littérature
écrite. Les documents indigènes que l'on possède
dans les dialectes de Bougie, des Illouien, d'Ouargla,
du Rif, des Chaouïa et des Zenatia se réduisent à
quelques contes publiés à la suite-de la grammaire
du général Hanoteau. Les dialectes des Guanches,
d'Aoudjilah, de Ghdamès et de Siouah ne sont guère
plus connus, non plus que celui du Mzab, quoique
une récente exploration, celle de M. Masqueray, soit
loin d'avoir été infructueuse; mais il faut attendre
la publication des résultats. Le zouaoua, au con-
traire, nous offre les chansons populaires, les contes,
les k'anouns recueillis par le général Hanoteau, la tra-
duction du catéchisme, des évangiles et des épîtres
J. As. Extrait n° 5. (1879.) 2
P. le Themchaouth de '
parle Creuzat 1, (recueil contes)
et quelques lettres et poésies conservées dans un ma-
nuscrit de la Bibliothèque de Leyde 2.
Les textes chelhas, presque tous inédits, sont
écrits dans un style plus littéraire, et, malheureuse-
ment aussi, plus mélangé de mots arabes. Quoique
le berbère puisse former des noms abstraits, il a
emprunté presque tous ses termes de droit et de re-
ligion à l'arabe, à ce point que, dans certains traités
comme le Bah'r eddomouâ et le H'aoudh, à part
quelques verbes, les pronoms et un petit nombre de
substantifs, tous les mol sont arabes. La plus grande
partie des manuscrits berbères de la Bibliothèque
nationale appartiennent à ce dialecte :

I. Etudes berbères par J. D. Delaporte, renfer-


mant entre autres une grammaire chelha incomplète ;
trente-cinq dialogues avec une transcription et une
traduction interlinéaire-, un fragment de Kalilah et
Dimnah; quelques vers, le poème de Çabi, dont je
reparlerai plus loin, et seize lettres commerciales.
Tous ces morceaux, écrits en chelha , sont transcrits
et traduits. (Fonds berbère n° 1.)

II. Deux manuscrits, contenant les ouvrages sui-


1 Je ne mentionne pas la traduction des douze premiers chapitres
de l'Evangile selon saint. Luc, faite par Hodgson pour la société bi-
blique, de Londres. M. Newman a montré qu'elle était remplie de
fautes.
2 Cf. Ds Gceje, Cotai, cod. oriental,bibl. acad. Lwfd. Bat., in-8°.
Leyde, 1873, t. V, p, i28-i3o.
—W( 5 )•*+-—
vants : 1° le H'aoudh [,j^Â) « la piscine » , composé
par Moh'ammed, iils de Ali, fils d'Ibrahim de Sous,
et terminé en l'an 1121 de l'hégire. C'est un ré-
sumé de la doctrine malékite, d'après Sidi Khalil.
Cet ouvrage est écrit dans une sorte de prose rimée.
20 Bah'r eddomouâ (^j^xJS -s?) « la mer des pleurs »,
.du même auteur, également en prose rimée. M. de
Slane (Hist.des Berbers, trad. d'Ibn Khaldoun, t. IV,
p. 536 et suiv.) a donné un sommaire de ces deux
traités, la transcription et la traduction des deux pre-
miers chapitres du second. A l'un des manuscrits est
jointe une traduction interlinéaire en patois maro-
cain. (Fonds berbère, n" 8 3 et 9.)

III. Kitab ech-chelha, renfermant vingt-cinq contes :


texte berbère,, traduction arabe, transcription en ca-
ractères latins et traduction française par J. D. Dela-
porte. M. de Slane a également publié un de ces
contes dans son appendice à YHisloire des Berbers.
(Fonds berbère, n" A.) .

IV. Deux manuscrits d'un commentaire sur le


Bordah du cheikh El-Bouçiri. L'un d'eux contient,
outre le texte arabe et le commentaire berbère, la
traduction de celui-ci en patois marocain. (Fonds
berbère, n" 7 et 10.)

V. Quelques phrases grammaticales sans impor-


tance dans un petit manuscrit de cent pages intitulé
Etudes berbères. (Fonds berbère, n" 1 1.)
VI. Un traité sur les devoirs du Musulman, * rite
A
malékite, par Sidi Ibrahim fds de Abd Allai» le Sin-
hadji, d'après Sidi Ali, fils de Moh'ammed, fils de
Ouisîden. A la suite se trouve un troisième manus-
crit du H'aoudh et du Bali'r eddomouâ. (Fonds ber-
bère, n° 6.)

M. de Slane mentionne deux autres exemplaires


de ces derniers ouvrages : l'un appartenant à M. de
Gayangos, l'autre à la bibliothèque d'Alger. Enfin
M. Rey, attaché à la légation du Portugal au Ma-
roc, possède un manuscrit du commentaire berbère
sur le Bordah.
Telle est la littérature manuscrite du chelha. Nous
savons néanmoins par tël-Bekri qu'en l'an 127 de
l'hégire, Galih'ben Tarif, se donnant pour prophète"
écrivit en berbère un K'oran dont quelques mois
nous ont été conservés. ,En 3 13 de l'hégire, un aulre
imposteur, Hâmin, composa également un K'oran
berbère dont un fragment, traduit en arabe, est cité
par El-Bekri. Le fondateur de la dynastie des Almo-
hades, Moh'ammed, fils de Àbd-Allah, écrivit, outré
trois traités dogmatiques en arabe, qui se trouvent
à la Bibliothèque nationale, une traduction berbère
du K'oran et de deux de ces traités : le Morchida et.
le Taouh'id. Hodgson et M. de Slane ne désespéraient
pas de voir retrouver un jour ces trois curieux ou-
vrages chez les Masmouda.de l'Atlas. Deux traduc-
tions contemporaines du K'oran en berbère, dans la
province de Sous, causèrent la mort de leurs auteurs.
--«<( 7 ).e+—
Les documents chelhas imprimés sont bien moins
importants que les manuscrits. En voici la liste,
d'après d'Avezac, Hodgson et M. de Slane :
Jones, Dissertatio de lingua shilhense, à la suite de
Chamberlayne; Oratio dominica in diversas Ungatis
versa; Amsterdam, 1716, in-/i 0.
Hoest, Vocabulaire recueilli aaMaroc, à la suite de
sa description du Maroc; Copenhague, 1779, in-A 0.
Chénier, Vocabulaire chelha (t. III des Recherches
sur les Maures ; Paris, 1787,^-8°).
Jackson, Vocabulaire berbère, à la suite de sa des-
cription du Maroc.
Badia y Lieblich (le faux Ali bey El-Âbbassi), Vo-
cabulaire de 130 mots chelhas.
Shaler, Esquisse de l'Etat d'Alger, trad; par Bianchi;
Paris, 183o, in-8°. Il a rassemblé les vocabulaires de
, Shaw, Chénier, Hornemann, Ali-Bey, et y a joint une
liste de mots chelhas etmzabis recueillis par Schultze
etBengammon.
Schultze, Observations sur le chelha [Nouvelles an-
nales des voyages, 18 3 o).
Grâberg de Hemsô, Remarques,sur la langue des
Amazirghs, avec les notes du Rév. Renouard [Jour-
nal of the Royal Asiatic Society, 1836).
Prichard, Vocabulaire chelha [Researches on the
physicalhistory ofmdnkind, t. II).
Venture de Paradis, Grammaire et dictionnaire de
la langue berbère, ouvrage publié par A. Jaubert; Pa-
ris, 18/1/î, in-/i°. Le dialecte de Bougie et le chelha
y sont confondus.
—H»( 8 )•«-!—
J, D. Delaporte, Spécimen de la langue berbère [dia-
lecte chelha), un cahier in-folio de 6k pages ..renfer-
mant deux dialogues et le poème de Çabi. Le texte est
extrait du manuscrit 1, fonds berbère de la Biblio-
thèque nationale, et accompagné d'une transcription
en caractères latins et dune double version française,
l'une interlinéaire, l'autre infiniment trop diffuse et
trop libre. Ce texte est assez différent de celui que
je publie. 11 contient en plus un assez grand nombre
de vers que j'ai cru devoir reproduire en note : dans
certains passages, en effet, ils servent à compléter le
manuscrit, mal écrit et incomplet vers la fin, que j'ai
eu à ma disposition. J'ai refait la traduction des pas-
sages cités, et vérifié le texte vers par vers sur la
copie faite par J. D. Delaporte lui-même, et qui se
trouve a la Bibliothèque nationale; car l'édition au-
tographiée renferme de nombreuses incorrections.
De Slane, Appendice, sur. les Berbères, à la suite
du TV" volume de sa traduction dTbn Khaldoun;
Alger, 1856, in-8°. Cet appendice contient: un aperçu
sur les origines des Berbères T, un abrégé de gram-
maire chelha extrait en partie du manuscrit ) de la
Bibliothèque nationale, une bibliographie complète
des ouvrages sur les divers dialectes berbères et.la liste
de sept manuscrits qui se trouvaient alors à la Biblio-
thèque nationale, un conte en chelha et en zouaoua,
1 Sur l'assertion de M. de Slane que le berbère différéessentiel-
lement du coptepar la conjugaison,la déclinaisonet le vocabulaire,
on peut consulter la travail M. de l'vochemonteixintitulé: Essai sur
les rapports grammaticauxaui existententre l'éqrptienet le berbère:
Paris, 1876!
les deux premiers chapitres du Bah'r eddomouà, une
lettre en chelha (ces divers ouvrages sont empruntés
à Delaporte), enfin quelques notes sur les Berbères
d'après les écrivains grecs et latins.
Hanoteau, Conte traduit en tamazir't de la province
de Sous (Chelha), à la suite de sa Grammaire kabyle;
Alger, )858,in-8°, 3o3 p.
Le dialecte chelha ou tamazir't se parle dans toute
la partie occidentale de l'empire du Maroc, depuis
Rabat' jusqu'à l'Oued-Noun : il est également la lan-
gue des tribus insoumises qui habitent l'Atlas occi;
dental et qui fondèrent au vi° siècle de l'hégire le
puissant empire des Almohades. Cependant, il est
douteux que, même à cette époque, les Berbères, en
écrivant leur langue, aient employé leur alphabet
national que nous retrouvons dans les inscriptions
lybiques et que les Touaregs ont conservé.
II.
Les lettres arabes ne rendant pas exactement tous
les' sons berbères, plusieurs signes ont été emprun-
tés à l'alphabet persan : êJ, j , g, et, d'après De-
laporte, il faut y joindre le caractère \JÈ> zh, que
j'ai rarement rencontré dans un texte écrit par un
indigène. Pour les voyelles qui s'écrivent ordinaire-
ment , iefatha, le kesra, le dhamma ont les- mêmes sons
qu'en arabe : le fatha représente aussi quelquefois IV
fermé, qu'on rend également par le sokoun 1. Les con-
1 Les différencesgrammaticalesdu chelha et du zouaouaétant peu
importantes, j'ai cru ne devoir donner ici qu'un court sommaire dès
—w<( 10 ).«—-
sonnes sont les mêmes qu'en arabe ; toutefois, le là
ne se trouve pas dans un mot d'origine berbère.
Un certain nombre de lettres du même ordre per-
mutent ensemble : à, à, Ja, ua, i±>; £, ~, J"; ^j», ^ ;
£, i, ^, etc; Le ci* et le à, si fréquents dans les dia-
lectes berbères d'Algérie, sont d'ordinaire remplacés,
en chelha, par ca et 3. Le ^ redoublé devient t_>.
Exemple : QOJÏ aoudh « arriver », aor. ,j£>L>ibbodh.
PRONOMS PERSONNELS.

PRONOMS
ISOLES.
Singulier. Pluriel.
1™pers. liL; nek « moi »
CS>X3nokni «nous »•
2° pers. masc. "g kit « toi »
^^5 konoui « vous ».
2* pers. fém. «5' /rem «toi »
LgjSkonumti «vous ».
3° pers. masc. UL>nëtta «lui »
^Ui 7tetniou ^UL;nethni « eux ».
^jUii noihenti «elles »;
3e pers. fém. oJb nettar«eïïe»
A ces pronoms s ajoutent souvent les particules i
et n. Exemple : nekkini, kin, etc.

PRONOMS
AFFIXES.
Singulier, Pluriel.
i" pers. & i « moi». il («•', iU nar',
2e pers. masc. J le. yjj oae/j, ^ kon.
2e pers. fem. - cm, *£kem. • v>jSkent.
3° pers. masc. j» i, ol. (j*. «en, (j3 teft.
3e pers. fém. ^ s.

formes, et renvoyerpour les développementsà la grammaire kabyle


du général Hanoteau, le meilleur ouvrage sur le berbère d'Algérie,
avec le Dictionnairefrançais-berbère(dialecte de Bougie), publié par
M. Brosselard. Paris, Imp. royale, 18/1/1,gr. in-8".
—w(. 11 )-C-*—
Ces formes varient, suivant qu'elles servent de ré-
gime direct ou indirect d'un verbe ou qu'elles sont
le complément d'un nom. Dans le premier cas, on
emploie la première colonne, dans le second, l'autre
colonne.
Le verbe chelha ne se distingue du verbe zouaoua
que par la substitution du ca au ci> et au ,jb :

Singulier. Pluriel.
1'* pers. ij, zer-ir' « j'ai vu ». ,jj nezer.
2e pers. y~i tezra. ~yjs tezrem.
3" pers. masc. y-s izra. uy zeren.
3° pers. fém. y^s tezra. oo,; zerent.

Ce temps n'a pas de sens proprement déterminé ;


il s'emploie d'ordinaire pour le parfait, mais.il peut
désigner le futur, surtout avec la particule \j ra ou le
et it, et le présent avec la particule àJ. Le participe
se forme en ajoutant la particule y à la troisième per-
sonne du singulier masculin de l'aoriste. Exemple :

yjjj izeran «voyant».


De même que le zouaoua, le chelha admet des
modifications verbales, à l'aide de préfixes : 5 (facti-
tif), m (réciprocité), t pour the, tse (passif, récipro-
cité). Il en est de même pour la formation des noms
verbaux par les particules a, t, ou, etc. (Voir Hano-
teau, Grammaire kabyle, liv. II, ch. n.)
Les substantifs masculins commencent ordinaire-
ment j>ar I ,s, ^ ; les féminins par o>, excepté Ce imma
« mère ». Aux cas obliques, ou lorsque le suj et n'est pas
'
J. As. Extrait n° 5. (1879.) 3
le premier mot de la phrase ou déterminé parla par-
ticule 2>, l'i initial se change ordinairement en ou.
Exemple : ^L** ,<) ameh'dha'r «jeune homme», cas
oblique, oumeh'dhar; <x*oi agellicl « roi », cas oblique,
ougellid.
Le chelha a deux formes de pluriel : l'une externe,
que l'on obtient en ajoutant en où an à la fin du sub-
stantif, et lorsqu'il commence par un o, en changeant
cet a en i. Exemple : «X_AJJ>( agéllid « roi », pluriel,
y<x4^î igelliden; 2°un pluriel interne, combiné d'or-
dinaire avec le pluriel externe. Exemple : aLo! adhad
«doigt», pluriel, ylàj_»S idhoudan; ^gJ^JCj iigimmi
« maison », pluriel, 1!I£Jtogamma; U^M>\asifu rivière »,
pluriel, (jjiUul isafen; <^>y>jëtamzirt «pays», pluriel,
tjijjuc iimizera; £JJ>1 afrou'kh'u garçon », pluriel, yU^y»!
iferkhan. Le pluriel de l—£î egma «frère», est U\_>
iiema; celui de cayàf tamettout «femme», est ^^y
toulaouin « petits coeurs », de Jj oui « coeur ». Au plu-
riel féminin, le t de la désinence tombe et est rem-
placé par en ou in. Le ca sert aussi à former les di-
minutifs.
Les pronoms démonstratifs et indéfinis sont les
mêmes qu'en zouaoua. Comme le mzabi et le tama-
chek', le chelha a gardé les anciens noms de nombre :

yL> ian « un », fém. (jbL> iadh ou caU iat.


(JJUMsin « deux », fém. oU*w sénat.
(jbL^ kradh « trois »,. fém. cwli kradhet. *
. -A koz « quatre », fém. ^-A kozet.
Mw( 13 )•**——
i\yyr*i sommous « cinq», fém. t^wj-ir* sommoust.
(J(*J<XW sedzs « six », CV«J<XWsediàt.
Uwsa «sept», fém. >otw .«ti.
j.ls t/ta/n «huit», fém. o^ts thamet..
YyJtza «neuf», fém. eak-> foaï.
^L* meraoui «dix», fém. oojt-« meràouit.
L» mia « cent », emprunté à l'arabe.
(jâàj ifidh « mille ».
Pour « vingt », on dit deux dizaines, « trente », trois
dizaines, .etc.
Pour l'emploi des particules £!, ij, à, et les pré-
positions, voir Hanoteau, Grammaire kabyle, liv. I,
ch. m, et liv. III; de même pour les adjectifs.

III.

Il ne me reste plus qu'à dire quelques mots sur


le texte qui suit. Ce poème, très populaire aux envi-
rons de Mogador et de Sous, est écrit dans une langue
assez pure, en vers syllabiques, que je n'essaierai
pas de scander, mais qui semblent imiter la mesure du
basit' arabe. En effet, en supprimant, comme le font
les Berbères, les désinences de la phrase arabe qui
marque les divisions du poème, on obtient la nota-
tion suivante :
Thomma ççalat | ou esselam | àla Nabi | Moh'amtned

Mais la métrique berbère n'ayant jamais été étu-


diée, ce n'est'qu'avec la plus grande réserve que je
formule cette opinion.
—«•( 14 ).«—
La bénédiction invoquée pour le prophète sert à
marquer une division en six strophes de ..longueur
irrégulière. Elle ne se retrouve pas dans la copie de
la Bibliothèque nationale, beaucoup plus complète
que le manuscrit, assez mal écrit sur un feuillet de
papier'européen, dont je dois la communication à
M.. Rey, par l'obligeante intervention de M. Barbier
de Meynard.
Quelques vers étaient illisibles sur le manuscrit, je
les ai remplacés par une ligne de points. Il en est
d'autres que je n'ai pu traduire; je me suis contenté
d'en donner le texte et la transcription, sans chercher
à inventer un sens plus ou moins probable. Du reste,
les suppléments de Delaporte, que j'ai placés en note,
servent à combler toute lacune. Je* n'ai pas cru de-
voir indiquer les nombreuses différences qui existent
entre les deux textes; qu'il me suffise de.dire que,
sur cent vingt-sept vers dont se compose ce poème,
quarante à peine sont identiques dans l'une et l'autre
copie. Le texte en lettres arabes est la reproduction
exacte du manuscrit; la transcription eh caractères
français, pour laquelle j'ai adopté le système du gé-
néral Hanoteau, présente les mots berbères séparés,
ainsi qu'ils doivent l'être; enfin, pour la traduction,
j'ai suivi pas à pas chaque Arers, sacrifiant au besoin
l'élégance à la fidélité!
——**•(15 )•**—

IV.

rf\ S». Il y 3-y SI4M! j«W. J


1
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—-«.( 23 )•«—

V.
TRANSCRIPTION.
Bism illahi rrah'mani rrah'imi
Thomma ççalat ou esselam âla nebi Moh'ammed
Bism illah ou billali Ibab irouan a inna
A t ennan asaddoun et't'alba r'el K'oran alâdhim
A bism ou billahi anebdou kelam.leh'asan
Asmd kelam allias an a ouadjh lekhiar leh'asan
Rir' anfaçal iat elqasid en ian oumeh'dhar
S elmazer' ia rabbi kernel gis koullo alâmal
Aseftid naoui tella r'elhadet aoual içh'àn
10 Ad isenit ittilouir'. Ik'alb enk aouiççeman \
lmmout babas d emmas n çabi sol imezzi
Aloualidaïn medhan ir'amma d meskin oumeh'dhar
Jshida maoulana essâid imlas or'aras
Irai behera rebbi ser rebeh' ifkas Ik'oran 2
15 . . Alemma alelah!h'elemed Ir'oloum ardllun
lnna as a baba d imma madi immalen ar'aras
Netmez gidrir'a gis ad rer' aoual içh'an
Rebbi d erresoul Allah ar'erdjer' lâfou afellas
Immil iamer rebbi s elmedjal laouit lâti
-20 Thomma ççalat ouesselam âla nebi Moh'ammed

Iggiz d elmizan ar itozzan kollo 'lâmal


Jggaouer aillir' Ma Ih'esab enk a maoulana
Iaoumo Ik'iam iaoumo nnadam iaoumo Imih'char
la mâcharîbad allah anekrat aloumam
25 . . .n kollo meden r'el h'esab ouarra illan-3

1 Thommaççalatâleika quaiad irsal maoulana


llah'ouama nabi Moh'ammed resoal.el-moliliiar
Biiner'gis nouaiaseltiderhoualittiran
a Der'qadhaf oumeh'dharillir' sar Imemat
3 Monadkoulloddar el-h'isab
aifaçelkouian
Ma ti/lhfarenr'edr'idillir our ioufinekran
—-«>.{ 24 )•«-!
llla kra ar iserkes lâib a ten our izer ian
Ik'and ad iffer' iga azal a ten izer kouian 1
Akkafer' a maoulana r'ellir' our noufi nokran*
Thomma ççalat ou esselam âla nebi Moh'ammed

30 Iggiz d el mizan ar itozzdn kollo lâmal 3


llla kra ioui lodjour iggoutënin ikàfân
Ger tachrafën ar'i telli disoùal rah'an
llla kra ioui ddonoiibi iggoutënin arallan
maoulana d elâd'ab ih'man dladhi 4
Igit
35 Ouala iouru la kàiinin a t'àlbdr'eddounia ar itâçoum
llla kra ar ittaron Iked'oub ir'oùi ten chit'an
llla kra ar ittarou Ih'ervùz ir'ouî tëh chit'an 5
Isaouen our ibëllër' ènnàbi resoul alkelam
An ir'edai Ikhàbar r'elk'oran alâdhim
40 Immil ko'unina t'albà r'eddouniu ar itâçoun
'
Oualain. . . . . . . . iilàh
Siret kollo s eldjennët àt'alba dar alkeram ;
°
Ichafâ goun maoulana d èl k'oran alâdhim
Thomma ççalat ou esselam âla nebi Moh'ammed

45 Arrir' d ilemma s oualideinek ai oumehdhar

1 llla kraar nit


ittenkerjeddouhià ar isental
Ibinak ourilliiskargesoualiçhan
2 R'illir tellaiemara
iggoutena oualachiouach
Iaouid sidirasoulAllahreh'ameti lomam
Iga Ikhiariâzzatilahiifka as Ikeram
Ichafâ d nabiMoh'ammed resoulilomam
3 Illi zeh'am
iggoutenr'akoudanna hakara illan
Ik'andainaichchenhra r'asrana tefkin
* Ian idhâni nebiMoh'ammed s elkeram,
iftou
Ian îçani nebiMoh'ammed iftous enniran
Izlidkoullorebbit'alba r'ouseraninnaiasen
s hiin asenechchahaouaten douniad elh'aram
Teskcrem nita t'albad'onoubour âla khaççaR
Machkeraar izerir'eldjahen kra içh'an
_° Douhkoullos eldjennel Ifàzaiçh'anar'ellan
Alânaitd elfaouakih iâfa maoulana
—M.( 25 ).e-t—-
zer' làlam ïlla aâlanin '
Iga r'elk'oçour
Tedda ser es akhouti iat aldjariah tenna ias
Kii tenna as a ioudem elârab arkag issih'il
Babak d emmak ellan r'ogens n ênnar
50 Tirit sal IJrah' dlâb i tenna as a meskin
Idda chebab igellin Ih'ezen içh'an ar'ellan
Idda chebab igellin isdjed ir'ri maoulana
D tefçih' lisan ahada khejîf alkalam
"
A maoulana ellan loualidain inon f'ennar
55 Alh'ormetik a sidi ad itefokkom innar
Nekkî d baba d immi d alh'abïb inou ala itma
Sir inna as allah a çabi ian âfir'as
Ian an ili r'ennar Idjaza n ian itâçoun
Thomma ççalat ou esselamâla nebi Moh'ammed

00 Marra zeg is ar oukan itlazal h'ina idhehak'


Marra zeg is ir'illa r'elh'ezen içh'an arallan
Iddoun ar r'illi r'in illa khazin ouin n niran
lof en khazin nit iggi n ian lekersi
Jgan ouin nour igi nit nniran
05 It't'af igan iâmdun ouin n niran 3 •
louadjeb as d ameh'dhar inna ias
Essalamo âleika khazin n inniran
louadjeb as d ikkan malek r'ouseran inna ias
Âlaikoumo ssalam a ouadjho ïkhiar leh'asan
70 Makki d iaouin a çabi our tegit ouin Imertan
Makki d iaouin a çabi ta d ir'emn Ik'oran
S ouzizen our igi r'id eldjaza nek oumeh'dhar
louadjeb as d ameh'dhar r'ouseran inna ias
Baba d imma kaid nemed ifkun ichk'a
75 Menidfi h'ak'k' illah a malik ma nir'ellan
1 Ar iteçabIdjennetalah'babinnaasensellar'
Isaouatn babad immir'o kouskoallonnar
2 Kii ar'ejfara babainoaa maoulana
igan
3 la lai'if, ia âziz, ia djebbard nit ikkat
En nar s ennarilsinlibasouinn niran
—>>*( 26 ).e-î—
louadjeb as d illan malek r'ouseran inna ias
Fkat koullo noûat a çabi ma n çijfat
R'illa babak d emmak nsigelt ai nir'ellan
louadjeb as d ameh'dhar r'ouseran inna ias
80 Baba t'ouil aousâ louadjeb inna as a malik
Imma tega Iged almerbâ inna as oumeh'dhar
Kah'lat âino igan rak'ik'ah 1
Imoun d khazin fkin albeji'our ouin ousafou
Louad s elouad illir' alkemen iaouanou
85 Bir alfalak' illar'o gens koll ninnar^
louadjeb as dilemma malek r'ouseran inna ias
Babak d emmak a çabi nitenin ainna
Iroual chebab igellin akan ittar'acha iourri
louadjeb as d ilemma babas r'ouseran inna ias
90 Terouell zeggig enner' a ioui mak iserouelen 3
Nousis eddinnotfellaouen ir'arasenr'elhemm la açemmid 1'
Imil kii terouelt zeggig enner' ma k iserouelen
Our keni ad noukiz a baba inna as oumeh'dhar
Tedhlam kollo tekchenemibadelken ag ousafou 6
95 A mendhra ma leskërem a baba r'dar ler'orour"
Nekki sekrer' a ioui d'ehoub goutenin r'aççan '

1 h'osn.loudjouhimlasnouât -
HchchafalaXn
'J Fi ouadsak'ai-à
lat'if adjirnaminannar
Ioufanbabasd emmasr'akodanr'ian Imerlan
Dhlankollor'ennaraâmdanekouichk'an
R'elh'ait Hier'illanibadelten ak ounniran
liait innaas a malekour id tenninainna
3 Nourouksoûlneselsaksoûlntâmek.
4 Kenniinnaasençabikaiid
ifkanitalas
Nouzizen a babad immiidjderhonak enniran
* Mamenki ad dakornessouidinnaas a ioui
Nellabadaar'ad r'ar ad izdhenner'Ih'aman niran
Manintelkemd ouzizenl'âd'abih'ammanichk'an
Ah'h'inoua babad immiizdhakenak ouniran
* Oulakemm a immimakend ifkanichk'a
Kouiand'iskerraas s elâibenneselliiskar
1 Our neçkliaçça
lafsada oneldiaoualatoukerdha
—•«.( 27 )«M—
Nterk tazallit our neddi Ifardh n rebbi '
Nek'tal rououh' âmdan soûl nemzi
A mendhra ma teskerem a immi r'dar alr'orour
100 Nekki tenna ias a ioui niira goutenin ad eskrer 2
louadjeb as oumeh'dhar r'ouseran inna ias
Dhlam kollo tekhchenem ibadelken ag ousafou
Thomma ççalat ou esselam âla nebi Moh'ammed

Elh'amd lillahi ichfd d elkerim r'ian iftou 3


105 Ian an ili r'ennar aldjaza n ian it'âçoun
Iddou s babes inna as a baba arouah' ateddout
... : a ioui malek irouaren (?) "
Iddou s emmas inna as a imma rouah' a teddout
Ohoui a tenna as a ioui babak aizouaren a tentaouit 5
no Iouh'el chebab igellin idda r'ouseran arallan
Izend maoulana ian almalek r'ouseran inna ias
Ana akrim alkarim a çabi mak isallan

1 Nelhad gar ar'aras illir' neftas elmertan


2 Our neçkhaçça
Ifesada oueldioulannemima
Khaianer'babaka iouif eddounîaar nettâçou
. Nekkid ou iadhsekrer'eddounoub our oualakhaççan
Nelhad gar ar'aras 1111/ neftas elmertan
3 Khtirata babakii d'immir'ian en nouen
S eldjennetian a iggaouerr'id innaas oumeh'dhar
* Inna as babasa iouimound immak a teftou
iouf
Nettata kt'ousina iouir'oudistemeh'enfellak
Tcnarrfellaka ioniigarzenoulachak'k'a
Nekkia imelena eggaourer'r'idinnasa ioui
Nemiariad tidillaf oddouniad elmertan
Oulaenenner'Ih'edidinnaias arr sekren
Mak'arfellar' ennarneçbrasnit neknâ
5 Iggoutfellar' djemiln babaksir a ioui
. Innarfellar' ir'arasenr'el hemaoulaasemmidh
Nekkia imelena iggaourer'r'idi lennasa ioui
Nemiariad tidillaf oddouniad elmertan
Oulaenenner'Ih'edidi tennaas ar'sekren
Mak'arfellar' ennarneçbrasnit neknâ
Sir innaas a babakii d immia teftoum
S eldjennetneka imleniggaouercr'idinnaas oumeh'dhar
r—*-»•(28 )*4
Nechafd kollo Iqualideini ala itemak
Ala djiranek a çabi mak inoualan -
115 Nchaj'â kollo r'ammas Idjedoud ar sattou soutin.
Sel berekët mennouen a rebbi d elk'oran- alâdhim
Alh'amdo lillah al ouardjeg nek a bah ioùroun
T'aleb Ma r'eldjennet Iferdaoùs ala itemas
Alh'amdo lillah al ouardjeg nek a bab djottiiah
120 Achafâ nabi Moh'ammed rasoul Allah
..... n djemalat alârcli albari iàâla
D imeh'dhareh en sidna Omar ben el Khat't'ab
Ad ar'our ioui chit'an ad ar' argiti lîbi
Thomma ççalat ouesselam âla nebi Moh'ammed.

. VI.
TRADUCTION.
Au nom de Dieu clément et miséricordieux,
Puis bénédiction et salut sur le prophète Moh'ammed '.
Au nom de Dieu, voici ce qu'a dit l'auteur;
Voilà ce qu'ont dit les t'alebs, d'après le "K'oran auguste.
5 Commençons ce beau récit par invoquer le beau nom
de Dieu.
Ecoute ce beau récit, ô homme de bien;
Nous allons raconter l'histoire d'un jeune homme,
En amazir' : ô Dieu, donne à mes actes la perfection.
Ce que nous rapporterons se trouve dans les traditions
véridiques.
10 Ton coeur, dur comme le rocher, en sera attendri 2.

1 Histoirede Çabi, de son


père et de sa mère; commentils étaienten
enferet commentil les en tira par la grâcede Dieuet la lecturedu Koran
auguste.Son père, cependant,avaitvolésur les grandscheminset assas-
siné; il ne priaitpas; sa mèreétait rebelleenversDieu, ne priaitpas et
n'obéissaitpas à sonmari.
2 Ensuite,salut et bénédictionsurtoi
qui as envoyénôtre Seigneur
Auxnations,le prophèteMoh'ammed,l'apôtreélu;
Puissece queje vaisdire satisfairetout ie inonde!
—H9-( 29 ).e-t—
Le père et la mère de Çabi moururent pendant son en-
fance;
Ses parents partirent, laissant le jeune homme dans.la
pauvreté.
Notre Seigneur le fortuné le guida, il lui montra la
voie;
Dieu le conduisit vers le profit et lui donna le K'oran '.
15 Ensuite en pleurant,
Il lui dit : Pourquoi mon père et ma mère ont-ils aban-
donné (?) la voie (droite) ?
je demande une parole sincère,
0 Seigneur, ô envoyé de Dieu, j'espère mon pardon.
Ensuite le Seigneur ordonnera d'amener les méchants
en cercle.
20 Puis salut et bénédiction sur le prophète Moh'ammed.

Il établira une balance pour toutes les actions ;


Il s'asseoira jusqu'à ce que ton compte soit terminé, ô
Seigneur !
O jour de la résurrection ! jour dp repentir! jour de la
réunion générale !
O assemblée des serviteurs de Dieu ! ô peuples, levez-
vous!
25 On examinera le compte de chaque individu a.
Il y en a- qui cachent leurs défauts, de sorte que per-
sonne ne les voit;
Mais il viendra, ce jour, où ils apparaîtront aux yeux de
tous.
Assiste-nous, ô Seigneur, pour qu'il ne nous arrive rien
de fâcheux.
Puis salut et bénédiction sur le prophète Moh'ammed.

30 II établira une balance pour toutes les actions ;


1 Ensuite, par la volontédivine,le jeune hommemourut.
3 Rassemblez-vous tous pourque votrecompteà chacunsoit réglé.;
Ici, vousne trouverezrien pour excuservotreconduite.
—w( 30 )<*-—
Il en est qui recevront des récompenses nombreuses et
suffisantes.
Entre les piliers de la balance, il y aura des paroles con-
solantes ;
Il y aura des pécheurs qui produiront leurs péchés en
pleurant beaucoup.
Le Seigneur établira des. peines et allumera les feux de
l'enfer ' ;
35 II vous inscrira aussi, vous, t'alebs, qui avez été déso-
béissants dans le monde *.
Il en est qui ont écrit des mensonges : Satan les a trom-
• •
pés;
11en est qui ont écrit des sortilèges : Satan les a trompés 3.
Est-ce que le prophète, mon envoyé, ne vous a pas ap-
porté sa parole ?
Est-ce qu'il ne vous a pas appris (?) la vérité dans le
K'oran auguste?
40 Ensuite, ô t'alebs, vous avez été désobéissants dans le
monde.
Aussi
T'alebs, allez tous dans le paradis, séjour de la vertu.
Le Seigneur et le K'oran auguste vous pardonnent 4.
Ensuite, salut etbénédiction sur le prophète Moh'ammed.

45 Je retourne à ce qui concerne tes parents, jeune Çabi.


H était d'entre les savants; il alla dans les demeures
élevées .'.-
1 Celuiqui auraobéiau prophèteMoh'ammed serahonoré;
Maisceluiqui seserarévoltécontrelui iradanslesflammes.
2 Cejour-là,le Seigneurmettraà part touslest'alebset leurdira:
3 II a embellipour euxlespassionsdu mondeetlé
péché.
Vousavezcommis,ô t'alebs,touteespècede fautes.
Maisil peuty avoirquelqueintercession en votrefaveur.
* Alleztousdansle paradis,séjourdesjouissances et du vraibonheur.
Dela grâceet desfruits(?); le Seigneurvousa pardonné.
3 11trouvaau
paradissesamisetleur dit : J'ai entendu
La voixde monpèreet de mamèreau fonddel'enfer.
—M»( 31 ).«—
Alors vint à lui une servante, qui lui dit :
Toi, tu parles l'arabe, lui dit-elle
Ton père et ta mère sont au fond de l'enfer,
50 Et tu recherches encore la joie et les divertissements,
lui dit-elle, ô malheureux!
L'infortuné jeune homme s'en alla, plein d'un, chagrin
réel ;
L'infortuné jeune homme alla se prosterner et implorer
le Seigneur.
D'une voix éloquente, il prononça ces paroles rapides :
-: O Seigneur, mes parents sont en enfer ' ;
55 Que ta grâce, ô mon Maître, nous préserve du feu,
Moi, mon père, ma mère, mes amis et mes frères !
Va, Çabi, dit Dieu, je pardonne à l'un d'eux;
Que l'un d'eux reste en enfer, punition du rebelle.
Ensuite, salut etbénédiction sur le prophète Moh'ammed.

00 Tantôt, joyeux de cette réponse, il court en riant;


Tantôt, un chagrin réel l'afflige et il pleure.-
11marcha jusqu'à ce qu'il rencontra le gardien de l'enfer.
Il le trouva assis sur un trône.
Le gardien était assis sur les flammes,
65 Et portait une colonne de feu 2.
Le jeune homme s'adressa àiui et lui dit :
Salut sur toi; gardien de l'enfer.
L'ange lui répondit en ces termes :
Salut, homme honnête, homme de bien.
70 Qui t'amène, ô Çabi, tu n'es pas d'entre les damnés ?
Qui t'amène, ô Çabi, lecteur du K'oran?
Ta récompense n'est pas dans les flammes, jeune homme.
Çabi lui répondit alors en ces termes :
Mon père et ma mère ont pris beaucoup de peine pour
moi ;
1 O Seigneur,toi existes,pardonneà mon père!
qui
2 Ô Dieubienfaisant,ô Dieugénéreux,ô Dieupuissant! Il entassait
Feuxsur feux, vêtementsde flammespour les damnés.
—**.( 32 )*-!—
75 Par la vérité de Dieu, ô ange, regarde où ils sont.
L'ange lui répondit alors en ces termes :
Fais-moi leur description, Çabi; quels sont leurs
traits ?
Nous chercherons alors où sont ton père et ta mère.
Alors le jeune homme lui répondit en ces termes :
80 Mon père est grand, large de figure, dit-il, ô ange.
Ma mère a la taille carrée, dit le jeune homme,
Les yeux noirs et petits l.
Le gardien l'accompagna ; ils allèrent dans les mers de
flammes,
De fleuve en fleuve, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à un
puits,
85 Au puits d'El-Falak', qui est au fond de tous les en-
fers 2.
Alors l'ange s'adressa à lui en ces termes :
Voilà ton père et ta mère, Çabi.

Le malheureux jeune homme se détourna, s'évanouit et


revint à lui.
Son père lui adressa alors ces paroles :
90 Tu nous fuis, ô mon fils ! Qui te fait fuir ?
Pour toi, nous avons fait des dettes, nous avons couru
les chemins par la chaleur et le froid.
Cependant tu nous fuis. Qui te fait fuir?
O mon père, dit le jeune homme, nous ne vous recon-
naissions pas;
Vous êtes entièrement noirs et enlaidis ; ces feux vous
ont changés 3.
1 Leslèvresbelleset la figurelisse.
2 Dansle fleuvedu Sak'ar,ô Dieupuissant,préserve-nous du feu!
H trouvasonpèreet samèrelivrésalorsau supplice;
Ilsétaiententièrement celuiqui souffre
noircisparle feu.Malheureux
Lesflammeslesavaiententièrementchangés.
Cene sontpas eux, dit-il, o ange.
3 Eh effet,répondit-il,noussommesnoircis,ô monfds.
Lachaleurdesfeuxnousaccabletoujoursici.
—M«( 33 )•€-»—•
95 Puis-je savoir, ô mon père, ce que vous avez fait dans la
maison de l'erreur (le monde) ' ?
O mon fils, j'ai commis des fautes nombreuses et en-
2
tières ;
Nous avons négligé la prière; nous n'avons pas observé
le jeûne du Seigneur ; '
-^
Nous avons commis volontairement des meurtres, en
outre, nous avons volé 3.
Puis-je savoir, ô ma mère, ce que vous avez fait dans la
maison de l'erreur?
100 Moi, lui dit-elle, ô mon fils, j'ai commis bien des fautes 4.
Alors le jeune homme leur parla en ces termes :
Vous êtes entièrement noirs et enlaidis; ces flammes
vous ont changés 5.
Ensuite, salut et bénédiction sur le prophète Moh'ammed.

Louange à Dieu! le Seigneur généreux a pardonné à


l'un de vous 6.
105 Que l'un reste en enfer, rétribution du rebelle.
41 alla vers son père, et lui dit : Pars, mon père, retire-
toi. '

Commentes-tuparvenuà ce brasier, à ce lieu de tourments,de toi1-


tures?
Hélas!mon père et ma mère, lesfeuxvousont entièrementaccablés.
1 Et vous aussi, ô ma mère, pourquoisouffrez-vous ces tourments?
Chacunlui avoualesfautesqu'il avaitcommises.
2 II ne me manqueaucunpéché, ô monfils, pas mêmele vol.
3 Nousavonssuivila route du maljusqu'à notre arrivéedans les sup-
' plices.
Il ne me manqueaucunpéché, ô monfils, pas mêmela calomnie.
O mon fils,j'ai trompéton père dansle monde,j'ai été désobéissante,
J'ai commisdesfautesavecun autre; il ne memanqueaucunpéché,
Nousavonssuivila route du maljusqu'à notre arrivéedans les sup-
6 plices.
Motà mot : cestisons.
a Choisissez,ô monpère et ma mère, que l'un de vous
Ailleen paradis, et que l'autre reste ici, dit-il, ô mon père et ma
mère.
—*+>{ 34 )•«—
ô "mon fils '
Il alla vers sa mère, et lui dit : Pars, ô ma mère!
Non, mon fils, lui dit-elle, emmène plutôt ton père 2.
110 Le jeune homme fut étourdi et se mit alors à pleurer.
Alors notre Seigneur envoya un ange pour lui dire :
Je suis généreux parmi les généreux, ô Çabi, pourquoi
pleures-tu?
Nous pardonnons à tes parents, ainsi qu'à tes frères,
A tes voisins, Ô Çabi ; à tes proches ;
115 Nous pardonnons à tous tes ancêtres, jusqu'à la septième
génération.
Entends leurs bénédictions, ô Seigneur, ô K'oran au-
guste ! «
Louange à Dieu ô porte. ; . . .
Le t'aleb demeura dans le jardin du paradis, ainsi que
ses frères.
Louange à Dieu. ô porte

1 La lecturede ce versest rendue


impossiblepar une déchirurede la.
page; maisles versque donneci-dessous le textede Delaportesuppléentau
sens :
Son père lui dit : 'Monfils, emmèneta mère; il vaut mieuxqu'elle
s'enaille:
Ellet'a portédans"sonsein; elles'estfatiguéepour toi, ô monfils.
ellea surmontéla1douleuret la peine.
Pourtoi, ô mon~.'fils,
Quoiqu'ilarrive; ô mon'fils,je resterai'ici.
Dansle monde,nousnoussommeshabituésà cette abjectionet à ce
supplice. ' ^ '.
Noscoeurssontfaits'de'"fer^lui'dit-il;
Quelqueviolentque soitle feu\ nousle supporteronsavecrésigna-
tion.
2 Ton père nousa rendude
grandsservices,va, ô monfils;
Pour nous,il a courules cheminspar le chaudet le froid.
Quoiqu'ilarrive, ô monfils,je resteraiici, lui dit-elle.
Dansle monde,nous avonsété habituésa cetabaissement et à ces
souffrances.
Noscoeurssontde fer, lui dit-elle;
Quelqueviolentque soitle feu, nousle supporteronsavecpatience.
Partez,dit-il, o monpère et mamère; vousirez
En paradis,et moije demeureraiici, dit le jeunehomme.
—!-»•( 35 )•«——
120 Intercède pour nous, prophète Moh'ammed, envoyé de
' ' .
Dieu,
(Pour que nous voyions?) les splendeurs du trône du
Créateur, qu'il soit exalté.
Nous, serviteurs de notre seigneur Omar, fils d'El-
Khat't'ab.
Je demande que Satan ne m'emporte pas; je demande le
pardon de mes fautes '.
Ensuite, salut etbénédiclion surleprophcle Moh'ammed.
1 J'ai finil'histoirede Çabi, de son père et de sa mère. Elle est ter-
minée,
Grâceà Dieuet.à son aidebienveillante.

Pendant l'impression de cet article, j'ai retrouvé dans mes iiott's


l'indication d'un ouvrage qui a échappé à M. de Slane, et que mal-
heureusement je n'ai pu parvenir à me procurer. Il est intitulé.:
Narrative of Sidi Braliim ben Moh'ammedEl MessiEl Susi in tbe
berber language wilh iiitei'linear^-rCTswtLaïulnotes, by Nrwmann,
111-8",52 pages. (Calcutta, J^«$fjU'''A' 7\.

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