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LA CIVILISATION SA NS PEUR

…A VENIR
Richard ANDRÉ

ESSAI

E
n ces temps de crises mondiales, de confusion,
de « perte de sens », il peut être utile de
prendre le temps de réfléchir à la Civilisation à
venir. En s'élevant ainsi au-dessus de notre
quotidien, une certaine sérénité nous permet de
comprendre ce que nous vivons. A l'attitude
d'apitoiement sur nous, se substitue une vision
scientifique et pragmatique de l'avenir. Notre
manière de vivre le présent — sans angoisse — et
de traiter les difficultés positivement en résulte.

Les SEPT PILIERS DE LA CIVILISATION forment


un fantastique édifice virtuel, à l’intérieur duquel
nous sommes conviés à voyager en pensée.
Une fois les miasmes de l’incompréhensible
TROISIÈME GUERRE MONDIALE …FINANCIÈRE
survolés, la Civilisation sans peur …à venir
s’esquisse sur le terreau des Cultures.
L’auteur propose une méthode scientifique pour
imaginer l’essence de ce futur, bâtit peu à peu par
le Génie de l’homme : une Civilisation libérée des
soucis matériels, sans peur, métaphysique.
Un bouleversement de toutes nos conceptions !…

Les Éditions électroniques Richard ANDRÉ


http://leera.toile-libre.org

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


2
Richard ANDRÉ

LA
CIVILISATION SANS PEUR
…À VENIR
ESSAI
320 pages1

Les Éditions Électroniques Richard André


http://leera.toile-libre.org et http://alivresraeditelect.site.voila.fr

andreleera@gmail.com
© copyright Richard ANDRE 2010
Libre pour toute reproduction non commerciale.
Indiquer simplement le titre, l’auteur et les adresses électroniques ci-dessus

1
320 pages environ d’un livre standard in-octavo, soit 130 pages 21x29.7 ou format A4. (vers. 10-07-08).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


3
PLAN

INTRODUCTION p.5

Chapitre I LES SEPT PILIERS DE LA CIVILISATION p.8


ESQUISSE DE L’ARCHITECTURE INTERIEURE

1 LE PILIER DE LA POLITIQUE
2 LE PILIER DE L’ÉTHIQUE
ET DE LA MÉTAPHYSIQUE
3 LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE
AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ
4 LE PILIER DE L’ART
5 LE PILIER DE LA SCIENCE
6 LE PILIER DE LA RELIGION
7 LE PILIER DE L’ORGANISATION
ET DE LA FORME

Chapitre II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD CONTEMPORAIN


LA TROISIÈ ME GUERRE M ON DIALE … FINA N CIÈRE

I LES FOSSOYEURS DE LA VIEILLE CIVILISATION p. 23

II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD CONTEMPORAIN p. 31


L’oasis méditerranéen

Chapitre III L’HUMUS DE LA CIVILISATION


ESQUISSE DE LA CIVILISATION A VENIR

I IMAGINONS L’INDISCIBLE FUTUR p.34


Réflexion sur la méthode

II L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES p.39


L’essence des sept piliers :

1. L’AUTORITÉ RETABLIE
2. UNE CIVILISATION METAPHYSIQUE
3. DE JUSTES RELATIONS HUMAINES
4. L’ART DES IDEES
5. UNE SCIENCE AUDACIEUSE
6. UNE RELIGION UNIVERSELLE
7. LE FUTUR ORDRE HUMAIN DU MONDE

CONCLUSION p.102

*
ANNEXES p.105
ORIENTATION BIBLIOGAPHIQUE p.126
TABLE DES MATERES p.128

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4
INTRODUCTION

E n ces temps de crises mondiales, de confusion, de « perte de sens », il peut être


utile de prendre le temps de réfléchir à la Civilisation à venir. Nous élevant
ainsi au-dessus de notre quotidien, une certaine sérénité nous permet de
comprendre ce que nous vivons, et le bien qui en résultera très certainement. A l'attitude
d'apitoiement sur nous, se substitue une vision scientifique et pragmatique de l'avenir. Notre
manière de vivre le présent — sans angoisse — et de traiter les difficultés positivement ne
peut qu'en résulter.
“Attendons-nous à l’imprévu”
Edgar Morin 2

Nous ne développerons pas ici ce que tout le monde connaît : la culture moderne,
c’est-à-dire l’immédiateté ; mais nous tenterons d’appréhender la Civilisation à venir, de
l’intérieur, c’est-à-dire en interrogeant le génie humain, encore dans l’ombre, qui préside au
futur : proche, à moyen terme, ou lointain. Pour savoir si des valeurs ont rang de valeur
civilisatrice et pas simplement culturelle plus ou moins éphémère : Valeurs chrétiennes …
Canons de l’art …Tentatives de démocratie …Valeurs humanistes …Pensée scientifique
…Liberté …Communication …Grandes découvertes de la science … etc.
Nous proposons au lecteur de réfléchir avec nous — au-delà de toutes les écoles de pensées :
politiques, économiques, philosophiques, religieuses, en en cherchant la synthèse —, sur les
fondements civilisateurs de notre culture, pour en extraire l’essence possible de l’Avenir…
Tous les grands penseurs sont d’accord avec ce propos d’Edgar Morin qu’il faut s’attendre à
l’imprévu, au bouleversement de toutes nos conceptions… Si tant est que cela est seulement
concevable !…

La culture et la civilisation.
Relevons que ces deux notions CULTURE et CIVILISATION ont souvent tendance à
être plus ou moins confondues.
Nous pouvons considérer d’abord que la civilisation s’étend en général sur une plus longue
période que la culture.
Pour prendre des images : la civilisation est à la culture ce que le champ défriché est aux
plantes cultivées ; ou ce que le corps est au vêtement.
Nous pouvons observer que ceux qui évoquent l’avenir sont le plus souvent en train de parler
de Culture et non de Civilisation. Il est en effet difficile de s’abstraire de la culture
contemporaine pour imaginer les forces de l’histoire à l’œuvre.
Et si des éléments culturels sont souvent cités à la place de fondements civilisateurs, n’est-ce
pas un signe de l’extinction de l’ancienne civilisation à l’époque actuelle ?…
La culture est digne d’intérêt au même titre que la civilisation. Mais elle nécessite
parfois un plus long discours, tant elle est profuse et multiforme.
Les aspects culturels ont été essentiellement utilisés dans cet essai lorsqu’ils contenaient en
essence le futur de la Civilisation ; soit comme prémices, soit comme germes de destruction
des vieilles habitudes conditionnantes.

2
Cf. Orientation bibliographique

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5
« Il faut pénétrer dans le futur par la porte d'une solide foi
en l'intégrité et la vitalité de l'humanité et la certitude que
l'homme avance vers la gloire et le service de la planète, vers
un destin et un avenir auxquels l'a préparé son passé plein de
difficultés et de souffrances. En vérité, ce passé ressemble
plus au stade prénatal qu'au processus normal de
l'existence. » 3

Cet essai à pour but d’aider à sortir rationnellement, scientifiquement, de cette


incertitude sur l’avenir qui angoisse tant nos contemporains, en présentant une hypothèse
raisonnable sur laquelle chacun peut travailler.
Il tente en particulier de montrer :
Pourquoi la Civilisation à venir sera METAPHYSIQUE ?
La Civilisation défunte est allé au bout de tous les aspects matériels de l’existence. Elle les a
exploités, usés, et se trouve devant une série d’impasses de la matière : scientifique,
économique, financière, énergétique, … et même l’évasion vers d’autres planètes du système
solaire semble bien improbable. Les humains doivent trouver une solution aux culs-de-sac
dans lesquelles ils se sont eux-mêmes engagés.
Pourquoi la Civilisation à venir devra être SANS PEUR ?
Une révolution de penser concernant la mort apportera une autre façon d’être, au quotidien.

Comment procède cet essai ?


« Nous devons croire un écrit, une doctrine ou une
affirmation lorsque notre raison et notre expérience intime
les confirment »
Bouddha

Nous tenterons de relier la pensée matérialiste, à la pensée spiritualiste, et à la


pensée ésotérique.
- En fournissant des faits objectifs à examiner et expérimenter à la pensée matérialiste afin
qu’elle ne tombe pas dans le pessimisme, le scepticisme, et les pensées négatives concernant
tout l’irrationnel…
- En exposant le pourquoi des choses cachées à la pensée spiritualiste afin qu’elle ne se noie
pas dans la superstition…
- En indiquant les connaissances expérimentales à la pensée ésotérique afin qu’elle ne
s’illusionne pas par de vagues idéologies…

…Cela devrait conduire à une approche scientifique expérimentale, rationnelle, de l’intérieur,


mettant en lumière les causes et les effets, et permettre d’utiliser la pensée créative pour
imaginer le futur.
Nous serons très attentifs au sens superficiel, émotionnel, et subtil des mots.
Nous esquisserons tout d’abord brièvement l’architecture de la Civilisation et de ses
7 piliers.
Sans cette conception d’ensemble précise, la Civilisation reste une notion floue, lointaine, très
conventionnelle qui ne permet pas de la relier à notre vécu.
Puis nous essayerons de prendre de la hauteur de vue pour tenter d’apercevoir ce qui
plonge actuellement une partie de l’Humanité dans des miasmes débilitants. Nous essayerons
de montrer que nous sommes plongés dans une véritable Troisième Guerre mondiale…

3
Alice A. Bailey, Les problemes de l'humanite. Cf. orientation bibliographique.

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6
financière, dont l’opinion N’A PAS conscience en terme de « guerre mondiale », et la confond
avec les « crises » financières. Ce sera le point le plus ardu à exposer et à comprendre !
En nous déconditionnant d’idées préconçues, nous pourrons plus facilement utiliser
l’imagination créatrice pour voyager en pensée dans le passé et le futur du Monde, en
particulier sur le bassin méditerranéen, et élargir ainsi nos idées « plombée » par les
évènements contemporains.
Enfin, pour donner du volume à l’architecture générale, nous passerons en revue des
aspects civilisationnels suivant les sept piliers de la Civilisation, qui concernent l’humanité
actuelle et son avenir. Par de nombreux exemples, nous essayerons méthodiquement de
discerner les prémices de la Civilisation sans peur …à venir qui germent sur le terreau des
Cultures.
Ce n’est pas une somme de savoirs académiques sur la civilisation qui est proposée dans cet
essai, mais une méthode pour appréhender l’avenir, à partir de nombreux éléments
prospectifs. Cette méthode est détaillée plus loin.

Voyons maintenant comment se bâtit la Civilisation dont nous sommes les artisans.

*
* *

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7
Chapitre I

LES SEPT PILIERS DE LA CIVILISATION

ESQUISSE DE L’ARCHITECTURE INTERIEURE

L a notion de civilisation est à la fois familière et floue. Familière, car chacun


existe dans ce qui est supposé être l’une ou l’autre civilisation. Flou, car le
contenu manque de précision ; parasité de plus, par des images de barbarie qui
ont tout particulièrement foisonné depuis un siècle, et sont incompatibles avec une
civilisation.
La définition de LA Civilisation peut-elle nous renseigner ?
Le Larousse nous indique que « pris dans son sens le plus large, le mot civilisation désigne un tout
complexe qui comprend les idées professées et les habitudes contractées par l'homme vivant en société. Il
y a une civilisation partout où il y a des individus en relations plus ou moins stables les uns avec les
autres. Il existe autant de civilisations qu'il existe de collectivités organisées, et l'origine de la civilisation
est celle de la société.
Il y a, dans les nations civilisées, des institutions politiques, administratives, une fortune publique, une
culture littéraire, artistique, scientifique, une indépendance relative de la société vis à vis de la nature,
des individus les uns vis à vis des autres, un développement continu, une marche en avant dans l'ordre
économique, intellectuel et moral. L'idée de progrès est inséparable de celle de civilisation. L'homme
civilisé regarde vers l'avenir, tandis que le barbare est tourné vers le passé et absorbé par le présent.…
Nous pouvons consulter d’autres sources4, mais aurons-nous une représentation plus précise
de LA Civilisation ?
Quant aux nombreuses et anciennes civilisations qui jalonnent l’histoire, le lecteur trouvera de
nombreux écrits à leur sujet5. Mais elles sont hors de notre réflexion.

Quelles sont les dimensions de LA Civilisation ?


Le concept relativement nouveau6 commença à être enseigné en classe terminale,
approximativement dans les années soixante7. Les auteurs définissaient les éléments
constitutifs d’une civilisation :
- Une organisation politique.
- Une forme de société.
- Un type d’économie.
- Un système de valeurs.
En y réfléchissant attentivement et de plus près, on peut élargir la notion de
Civilisation à sept éléments irréductibles.
Essayons d’abord de les visualiser pour faciliter la réflexion.

4
Par exemple : Larousse du XXe siècle en 6 volumes Paris 1929 ; Dictionnaire étymologique de la langue française O. Bloch
W Von Wartburg PUF 1968 ; Vocabulaire technique et critique de la philosophie, A Lalande, PUF Paris 1962 ; Littré ; Petit
Robert … et le très intéressant et fourni : Atlas des civilisation, Le Monde, Hors série, 2009-2010…
5
dont le numéro hors série du Monde, très fourni et illustré de nombreuses cartes : Atlas des civilisation, 2009-2010.
6
Il vient de civil, (1290) ; civilité, XIVe (Oresme). Empr. du lat. civilis et fut créé par Mirabeau dans L'Ami de l'homme en
1756.
7
Le monde contemporain, classe terminale, Hatier, Paris 1962.

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8
La Civilisation est comme une sorte d’édifice virtuel titanesque,
soutenu par sept piliers.
Elle est virtuelle, car à l’origine, c’est une IDÉE, un concept mental idéal qui préside.
Dans cet édifice virtuel titanesque, le GÉNIE de l’homme8 s’exerce, et les individus
s’activent, chacun à sa mesure, pour en faire une manifestation concrète.
Ce Génie emprunte sept voies essentielles qui sont ces SEPT PILIERS VIRTUELS.
En faisant travailler notre imagination créatrice, on pourra se faire une représentation visuelle
personnelle de ce qu’est La Civilisation…
Voyons ces sept piliers de La Civilisation plus en détail.

1 LE PILIER DE LA POLITIQUE

2 LE PILIER DE L’ÉTHIQUE
ET DE LA MÉTAPHYSIQUE

3 LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE


AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ

4 LE PILIER DE L’ART

5 LE PILIER DE LA SCIENCE

6 LE PILIER DE LA RELIGION

7 LE PILIER DE L’ORGANISATION
ET DE LA FORME

Chacun de ces piliers répond à : un besoin des individus et des peuples ; une utilité
pratique ; des qualités nécessaires pour sa stabilité ; un contenu ou des grandes activités
associées ; un sens transcendant 9 qui est un germe pour le futur .
Chacun de ces piliers s’appuie sur le socle d’un principe essentiel acquis dans la
Civilisation précédente.

« Les empires disparaissent les uns après les autres. Mais leur tâche est
remplie lorsqu'ils lèguent ce qui fait la seule richesse de l'humanité.
C'est là qu'il faut sans doute chercher le sens de l'Histoire. » 10

Il est évident que des ramifications existent entre des caractéristiques particulières de
chacun de ces piliers.

8
Au sens homme et femme, der Mensch en allemand qui englobe der Man ou die Fraue. La préoccupation culturelle
contemporaine met à juste titre l’accent sur une place de la femme à égalité avec l’homme, en réaction historique contre son
sort malmené, et pour faire évoluer sa condition.
Cet essai sur la Civilisation se doit de dépasser cet aspect majeur de la culture actuelle, prenant comme acquis cette égalité in
fine. Donc, lorsqu’il est question d’homme, il faut entendre humain, homme et femme, l’Homme complet, au sens
philosophique.
9
Notre société est particulièrement en quête de sens. Ce mot est mis à toutes les sauces, par tout le monde, à tout moment, en
cherchant à le matérialiser… peut-être justement parce que nous avons perdu le sens de la Vie transcendante, tout
simplement.
10
André Karquel Prémices d’une Civilisation nouvelle p.163

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9
Dans ce chapitre, contentons-nous de décrire l’essence de chaque pilier11 composant
La Civilisation. Cette esquisse est donc volontairement courte. Puis ils seront analysés plus
longuement au chapitre III, dans une suite d’exemples possibles pour l’avenir.
Une compréhension de l’intérieur.
Tous ces éléments sont plus ou moins bien connus, mais c’est peut-être une vision
claire de leur architecture générale, et le regard porté vers l’intérieur, vers les énergies
civilisatrices sous-jacentes aux cultures, qui est nécessaire pour comprendre ce qu’est La
Civilisation.

*
* *

11
Le pilier, formulé autrement, est le symbole à la fois d’une énergie (de volonté, de désir, intellectuelle, créatrice, etc.) ;
d’un travail civilisationnel (politique, religieux, économique, etc.) ; et des groupes humains qui se spécialisent dans un
domaine précis pour exercer leur génie ou simplement leur tâche, produisant à la longue des cultures.

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10
NOTA : Pour chaque pilier……
• Voir au début : [ les constituants-clés]
• Voir à la fin : …… * les besoins / le sens / les qualités / et l’effritement de ce pilier.

1 LE PILIER POLITIQUE
[ constituants-clés : VISION DE L’AVENIR — POUVOIR — GOUVERNEMENT — POLICE — JUSTICE —
DIPLOMATIE — ARMÉE — FISC — PARLEMENT — VOTE — OPINION PUBLIQUE — SOCLE DE LA LIBERTÉ]

« Là où il n'y a pas de vision, les peuples périssent.»


« Gouverner, c’est prévoir »
"C'est dans la Civilisation qu'un homme peut réaliser la Liberté"
Aphorismes

Par la vision politique, un groupe d’hommes oriente leurs efforts présents vers
l’avenir. C’est une application à moyen terme du « SENS » dont il sera question à propos du
deuxième pilier.
La politique12 dont l’étymologie provient à la fois d’un homme et d’une cité, implique qu’un
chef gouverne un peuple comme un navire est piloté vers un capitaine.
Ce pouvoir est exercé au travers de relais : la POLICE, la JUSTICE, la DIPLOMATIE,
l’ARMÉE, le FISC; et d’autres organisations techniques 13 .
Le Parlement, le bulletin de vote, sont d’autres aspects de la volonté politique.
Quant aux discours sur la politique, par les journaux, les partis, les individus, ils sont du
registre non de la volonté mais de l’intellect et font partie du pilier III.
Selon les périodes, ce pouvoir politique est absolu ou partagé, en bien ou en moins bien, de
droit divin ou humain, mais a toujours un représentant, solitaire, au sommet. C’est la pointe
de l’édifice. L’architecture harmonieuse est d’ailleurs sur ce modèle, si on y regarde de près.
Néanmoins, le poids de l’opinion publique, depuis la Révolution française, se fait de plus en
plus sentir et contrebalance les anciens pouvoirs totalitaires de toutes natures.
Si les membres d’une nation doivent faire preuve d’EFFORT, pour dompter les
éléments et leurs propres instincts, le dirigeant doit être doté d’une pensée libre, c’est-à-dire
non émotionnelle, dévouée au bien commun, seule à même de percevoir l’INSPIRATION
nécessaire à prévoir l’imprévisible.
L’ordre devant assurer, s’il est bien établi, la sécurité, qui s’oppose au chaos et à la
menace de mort, d’une personne comme d’un groupe.
L’histoire de la Grèce antique nous a donné un exemple réussi de Démocratie ; et des
grands rois de droit divin, ont jalonné les civilisations de leur Sagesse. Nous sommes à un
tournant de l’Histoire où ce pilier politique doit se rénover… Le bons sens dit qu’il n’y a pas
de démocratie sans citoyens vertueux, alors quel sera le visionnaire qui fera accoucher de
cette valeur ?…

Liberté, fraternité, égalité


Ces trois principes fondamentaux, énoncés lors de la Révolution française, ont mis
quelque temps pour être largement admis dans la conscience collective14. Chacun des trois
premiers piliers de la Civilisation a plus particulièrement un des principe pour socle, car ces
12
du latin politicus « relatif au gouvernement » et « d'un homme d'État », de la famille du grec polis « cité »
13
L’Administration en général est du ressort du pilier VII. Ces 2 piliers sont très complémentaires : ce qui est initié par la
politique est ensuite organisé et conservé par l’Administration.
14
Lire l’article sur France Diplomatie : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/institutions-vie-politique_19079/symboles-republique-14-
juillet_2615/liberte-egalite-fraternite_5155.html

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11
principes correspondent à une dimension spécifique du génie de l’homme : sa volonté, son
cœur, son bon sens. Mais les trois sont intimement liés et cette dichotomie ne vise qu’à
faciliter la compréhension de l’architecture de l’édifice, un peu comme toutes les pierres sont
nécessaires à une construction.
Le génie de l’homme pour la Civilisation sans peur …à venir, reposera sur ces socles de
valeurs acquises dans la Civilisation précédente.
Les socles des 4 piliers suivants sont : imagination créatrice, rigueur, foi, précision.
Ici, il s’agit du socle de la liberté. Nous reverrons cela en détail.

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples d’UNITÉ, de MORALE, de
LIBERTÉ.
Il voit particulièrement se développer le SENS DE L’AVENIR.
Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : des dirigeants
intègres, visionnaires.
Sans ce pilier, un groupe d’individus n’est qu’un troupeau errant, ou règne la loi du
plus fort.
*

2 LE PILIER DE L’ÉTHIQUE
ET DE LA MÉTAPHYSIQUE

[ constituants-clés : SAGESSE — ETHIQUE — IDEAL — METAPHYSIQUE — REINCARNATION — PEUR et DESIR


— ENSEIGNEMENT — GUERISON — SOCLE DE LA FRATERNITÉ]

« La civilisation du XXIe siècle sera métaphysique… Ou ne sera pas ! » 15


André Malraux

Ce pilier est sans doute le plus abstrait et le plus difficile à saisir pour beaucoup. Les
personnes encore sous la domination du matérialisme, de l’égoïsme, ne peuvent concevoir
l’éthique autrement, au maximum, que comme l’ensemble des règles morales auxquelles elles
se conforment, ou qu’elles transgressent. L’Éthique — essentiellement individuelle — ne peut
se concevoir que pour celui qui a déjà développé, tant soit peu, un SENS MÉTAPHYSIQUE.
Ce pilier de l’ÉTHIQUE comporte un sens vivant des Valeurs : celles de l’Homme. Il se
trouve dans la capacité de percevoir un IDEAL de civilisation et de s’y consacrer.
Tentons d’imaginer ce pilier.
L’Ethique, dans nos cultures, est le plus souvent amalgamée avec la morale. Mais si
cette dernière concerne les mœurs des sociétés, l’Éthique dans son sens le plus noble, ne
devrait s’appliquer uniquement qu’à l’homme faisant état des qualités de cœur et de raison les
plus hautes16. Cela lui donne une perception de l’autre comme un autre soi-même, et lui
permet d’être au service de la collectivité. Le vrai Chevalier en est un modèle, un peu

15
Phrase prononcée en particulier lors de l’interview de Malraux, dans son bureau de Ministre de la Culture, par un
journaliste allemand. Il fut retransmis à la télévision, et rediffusé dans le milieu des années 90 par la chaîne Arte.
Curieusement, les exégètes - même les plus proches amis - entretiennent la confusion sur le point de savoir s’il a bien
prononcé ces mots, et de plus confondent « religieux » et « métaphysique ». Cette citation a réellement été prononcée. Le mot
« métaphysique » dans la bouche d’un homme inspiré comme l’était Malraux, est significatif, car il dépasse le seul aspect
religieux, tout en l’englobant, et permettra sans doute aux esprits « laïcs » de pouvoir s’y retrouver, avant que le « laïcisme »
n’ait fait long feu…
16
Bien souvent le mot éthique concerne ce qui est plutôt un sens de l’honneur : une charte d’éthique, un code d’éthique, etc.

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12
empoussiéré par les siècles, il faut le reconnaître… mais tout de même vivace chez les esprits
sans malice. Ne parlait-on pas il y a, à peine un siècle, des « Chevalier d’entreprise »… dont
les comportements n’ont plus rien à voir avec ceux des manageurs modernes !
La morale est principalement tenue en laisse par les tables de la Loi religieuse, et les lois laïcs
qui en ont hérité. Car rien ne se perd et rien ne se crée et si les vêtements (ecclésiastiques !)
changent, le fond reste… ou du moins tente de rester17 !
L’Éthique en revanche est une autodiscipline rigoureuse et volontaire.

Le pilier de L’ÉTHIQUE est synonyme de pilier MÉTAPHYSIQUE.


« Connais-toi toi-même
et tu connaîtra l’Univers et les Dieux »
Socrate

La métaphysique est la connaissance qui transcende le monde physique. Elle n’est pas
à confondre avec la religion, qui relie l’homme à Dieu par la foi.
Il existe, notons-le pour ne pas nous tromper, une métaphysique spéculative, intellectuelle,
universitaire18, et une métaphysique expérimentale, scientifique. Les Veda ou textes sacrés
de l’Inde en particulier nous ont transmis ce savoir de la Sagesse immémoriale19. Des
traditions occidentales20, plus à notre porté — relativement — en ont apporté une traduction
qui nécessite néanmoins un vrai besoin de savoir, un engagement et une persévérance peu
habituelle pour y pénétrer. Mais une vulgarisation rend ces notions « occultes » du savoir peu
à peu familières. Le cinéma en est un vecteur important, même s’il véhicule bien des illusions
et des erreurs.

La révolution de l’existence, sans peur.


Parmi ces notions de l’avenir, en occident, l’une sera sans aucun doute celle de
KARMA et de RÉINCARNATION. Nous n’allons par nous lancer ici dans un
développement qui est largement commenté par de nombreux auteurs.
Relevons simplement ce qu’en dit en substance le dalaï-lama :
La croyance en la réincarnation change totalement le sens de notre existence et de
notre manière de vivre.
Nous verrons plus loin21 POURQUOI le sens de notre existence peut en être
modifié…
Si ce PILIER DE L’ÉTHIQUE est abstrait, il n’en est pas moins essentiel à la
Civilisation.
Pour reprendre le MODÈLE historique de la GRÈCE ANTIQUE, sa magnificence, sa sagesse
qui fait battre notre vie encore maintenant, qui inspire notre langage, notre réflexion
philosophique, scientifique, sociale, n’a pu se développer sans ces GRANDS PENSEURS que
toute l’humanité reconnaît22.

17
Par exemple, l’adultère, puni encore sévèrement dans certaines cultures, n’est plus reconnu comme une cause valable de
divorce. Il y a là abâtardissement de la loi, et donc de la morale, sous la pression des pensées démagogiques. Ceci n’est pas
un jugement de valeur, mais une simple constatation des faits. Pour les uns, c’est une victoire de ce qu’ils appellent la
« liberté »; pour les autres, une grave dérive des valeurs « morales ».
18
qui a surtout valeur d’exercice mental, sans que cela lui retirer son utilité.
19
Spécialement au travers du Raja yoga ou yoga royale, qui nous apprend à relier à ce qui est au-delà de la physique grâce à
la maîtrise parfaite du mental et à son dépassement.
20
Excluons tout ce qui se rattache aux dérives sectaires, qui mêlent insidieusement de vrais enseignements et de fausses
applications pour capter les esprits faibles par le biais de l’orgueil principalement. Le seul garde-fou dans cette démarche est
de développer un esprit libre et d’utiliser la méthode scientifique ; c’est un travail d’abord individuel et non de groupe !
21
Chapitre III, Pilier II
22
Parfois bien mal et insuffisamment il est vrai, depuis que le grec classique n’est plus enseigné dans les « humanités ». Mais
l’esprit subsiste !

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13
Voici quelques domaines où l’éthique peut déboucher :
L’ENSEIGNEMENT
L’Éthique a une application concrète dans l’enseignement. L’enseignement comporte
une partie formelle, d’éducation aux connaissances intellectuelles et pratiques ; et une partie
informelle, de sensibilisation aux Valeurs de Cœur et de Sagesse. Ces Valeurs peuvent être
enseignées et apprises n’importe où, n’importe quand, tout au long de l’existence.
LA GUERISON PSYCHOSOMATIQUE
Si l’on accepte l’adage que la maladie est le résultat du déséquilibre entre l’âme et le
corps, comme le faisait remarquer en particulier le Professeur Trémolières23, L’Éthique
conduit à cet équilibre et peut prévenir bien des maux.
LA PSYCHOLOGIE
La psychologie traditionnelle peut également profiter de la métaphysique en ajoutant
une dimension transcendante à ses données matérielles.
Nous reviendrons plus loin sur ces sujets.
*
Ce pilier inspire le génie responsable des six autres piliers, en ce sens que la
Sagesse et le Cœur ont toujours gouverné les grands Humanistes qui ont jalonné les
civilisations, quelque soit leurs domaines d’activité.

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples de SAGESSE, de PAIX,
d’HUMANITÉ FRATERNELLE.
Il voit particulièrement se développer le SENS METAPHYSIQUE par une
connaissance du Soi, de l’âme.
Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : la tolérance ; une
pensée libre.

Sans ce pilier une civilisation est sans âme et retourne à la barbarie.

3 LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE


AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ

[ constituants-clés : JUSTES RELATIONS —BONNE VOLONTE — COMMUNICATION — — COMMERCE —


INDUSTRIE — AGRICULTURE — ADMINISTRATION — SOCLE DE L’ÉGALITÉ ]

L’énergie suit la pensée.


Aphorisme de la Sagesse

Ce pilier est un des plus concret, contrairement au précédent. La Civilisation produit


un effort pour concrétiser des idéaux et des projets. A la base du travail une pensée concrète
s’exerce avec un savoir-faire de plus en plus fin au cours des siècles.
Elle concerne les activités bien connues : la finance, l’économie, les
COMMUNICATIONS, les loisirs, …
23
Professeur Jean TREMOLIERES , nutritionniste, hôpital Bichat dans les années 60.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


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dans les secteurs de l’entreprises, de l’artisanat, du commerce, des banques, de la
ruralité…
Notre siècle attire tout particulièrement l’attention sur la finance tout puissante, l’économie
déréglée, la révolution des communications matérielles et virtuelles qui ont pour conséquence
un regroupement des activité et une transformation du travail individuel en une « aliénation »
collective. Il n’est pas besoin d’épiloguer sur ce que nous vivons.
Dans un chapitre suivant nous essayerons de voir vers quoi la Civilisation peut se diriger dans
ce domaine.
L’aspect le plus nouveau, révolutionnaire, de cette pensée appliquée est certainement,
depuis un siècle, tous les moyens de communication. Et en particulier celle de l’informatique
qui est un support virtuel à la pensée.

La pensée se cultive.
Si nous observons bien cette pensée à l’origine des activités de la cité, nous pouvons
nous rendre compte qu’elle est le plus souvent amalgamée à tout un cortège d’émotions.
Contrairement à la pensée mathématique pure, par exemple. Ce mélange conduit à beaucoup
d’erreurs, d’excès et de violence dans tous les domaines.
L’intérêt pour l’avenir réside dans un développement et une maîtrise progressive de la pensée,
pour produire une civilisation plus harmonieuse et efficiente.
L’éducation, par une bonne connaissance des subtilités de la langue, permet le
développement et la maîtrise de la pensée concrète. Elle débouche sur des relations courtoises
lorsqu’elle s’allie à une maîtrise des émotions, de la peur, et une tolérance de l’autre. Elle
trouve un accomplissement dans la littérature.
L’art de vivre ensemble.
Paradoxalement, l’entreprise moderne, haut lieu du matérialisme, sera sans doute le
plus fort vecteur d’établissement de JUSTES RELATIONS.
L’entreprise est considéré par ceux pour qui la réincarnation est une réalité, comme un
immense creuset ou s’accélère le règlement d’innombrables karma individuels et collectifs.
Le coup qui commence à être porté au matérialisme, à l’égoïsme, à la cupidité dans tous ces
domaines économiques, financiers encourage à penser qu’un nouvel art de vivre ensemble
s’établira grâce à ce pilier civilisateur.

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples de CRÉER , dans l’absolu
mais aussi pour le CONFORT de l’existence.
Il voit particulièrement se développer le SENS DE L’ACTION « EQUITABLE»24
Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : des échanges de
bonne volonté ; des comportements non polémiques, non conflictuelles.
Sans ce pilier la Civilisation serait un champs désert ou une jungle inextricable.

24
Le terme « équitable » est très à la mode (« commerce équitable ») et se comprendra peut-être mieux que équilibré (au sens
de : Rapport convenable, proportion heureuse entre des éléments opposés ou juste répartition des parties d'un ensemble; état
de stabilité ou d'harmonie qui en résulte. Petit Robert).

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4 LE PILIER DE L’ART
[ constituants-clés : « REGLES D’OR » — ARCHITECTURE — DANSE — MUSIQUE — SCULPTURE — PEINTURE
— POESIE — THEATRE — LITTERATURE — CINEMA — ART DES IDEES — ART DE VIVRE — SOCLE DE
L’IMAGINATION CRÉATRICE ]

L’Harmonie du Beau, du Bien, du Vrai.


Traditionnellement l’Art est conçu comme l’expression du Beau, du Bien, du Vrai. Il
respecte des « règles d’or » pour la composition d’un tableau, l’harmonie d’une musique, etc.
Toutes les anciennes grandes Civilisations rayonnent encore jusqu’à nous par leurs œuvres
d’art en tout genre25.
Mais comme la lumière réfléchie appelle toujours l’ombre, il est des arts
dits « décadents ». Chacun ne portant pas le même jugement sur cette notion d’ailleurs ! Ces
arts « décadents » ne sont-ils pas en fait les faire-valoir de l’Art ?… Ils ont donc leur utilité !
Parmi les arts il en est un, le septième, qui est tout récent : le cinéma. Il permet aux
masses de s’éduquer, tout particulièrement à la psychologie humaine. Notons que les
différents pouvoirs : politique, sociaux, religieux tentent en vain de censurer les films qui
poursuivent leur œuvre de mutation des sociétés.
Tout au long des deux millénaires qui s’achèvent, la représentation et l’interprétation
de la Réalité inconnaissable, par les arts (sculpture, peinture, architecture…), ont été
caractérisées surtout par l’aspect visuel. Des penseurs émettent l’idée que la future
Civilisation sera marquée par l’Art des Idées. Et sur ce point nous rejoignons le
développement de l’ordinateur sous l’influence du pilier de la pensée appliqué, qui permet la
littérature électronique, et ouvre la porte au plus grand nombre : auteurs et lecteurs.

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples d’HARMONIE ; de
CONTACT DIRECT SENSIBLE AVEC LE CÔTÉ CACHÉ DES CHOSES, débouchant sur
un art de vivre.
Il voit particulièrement se développer le SENS DE LA TRANSCENDANCE ; DU
BEAU, DU BIEN, DU VRAI.
Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : une capacité
sensible, émotionnelle, à percevoir l’imperceptible.

Sans ce pilier la civilisation étouffe et se flétrit dans la morosité et la laideur.

25
Lire André Malraux, Psychologie de l’art, tome I la création artistique, tome II la monnaie de l’absolu, Ed. Skira, Genève,
1949, 1950.

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5 LE PILIER DE LA SCIENCE
[ constituants-clés : SENS DES CAUSES ET DES EFFETS — SCIENCES FONDAMENTALES, APPLIQUEES —
MEDECINE,… — SOCLE DE LA RIGUEUR ]

L'évolution de la science amène le savant à se livrer, malgré


sa réserve, à la spéculation métaphysique, parce qu'il est cet
esprit humain dont parlait Francis Bacon, qui va de
lui-même, ne s'arrête pas et cherche l'infini.
André KARQUEL26

A toute période de l’histoire des hommes ont cherché à comprendre le monde.


Pythagore, Aristote, Roger Bacon, Francis Bacon, jusqu’aux savants modernes. La
Civilisation ne peut se passer de science si elle veut évoluer.
De plus, la science permet peu à peu de sortir de l’irrationnel qui aveugle les peuples27.
Mais, revers de la médaille, la science en n’investiguant pas suffisamment au-delà de la
matière a créé une autre sorte d’illusion : le matérialisme.
La science développe un esprit de rigueur, logique, méthodique qui est excellent
apprentissage pour discipliner le processus émotionnel et mental.
Sans cette discipline, les individus ne peuvent accéder à l’Ethique dont il est question à
propos du deuxième pilier. L’esprit scientifique est donc un passage obligé pour conquérir sa
liberté, sans qu’il soit nécessaire d’être un grand savant.
Chaque pilier de la Civilisation apporte ainsi sa pierre à l’édifice individuel en plus de
l’édifice collectif.
L’esprit scientifique évite de partir dans des élucubrations stériles, ou des superstitions
aliénantes.
En étudiant les causes productrices d’effets, il n’est pas loin de la notion de karma dont il a
déjà été question précédemment.
Parmi les champs d’application de la science, il en est qui sont plus ou moins éloignés des
préoccupations immédiates des citoyens ; mais il en est un qui les interpelle : la médecine.
C’est en particulier tout le problème de la douleur et de la mort qui est en cause !…
La dimension matérialiste de la science.
Elle a fait sortir les peuples de la superstition. Elle interroge anxieusement l’Inconnu,
car comme le disait le biologiste Jean Rostand : Il n’y a pas une personne qui pense plus à
dieu que le matérialiste, car il ne cesse de se défendre d’y croire !

La dimension métaphysique de la science.


Lorsque la science se penchera plus attentivement sur l’étude des niveaux vibratoires
encore inconnus28, et reconnaîtra la réalité de l’âme, au-delà de celle de l’inconscient, elle
entrera dans une période florissante qui permettra au plus grand nombre de toucher du doigt
les vérités métaphysiques.
C’est ce qu’annoncent les Sages…

*
26
André KARQUEL, HOMME A LA MESURE DE NOTRE TEMPS, Les Éditions Électroniques Richard André, p.92
Adresse : http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).
27
Comme le fit par exemple, il n’y a pas si longtemps, le travail des Encyclopédiste pour sortir de l’emprise religieuse. Nous
en reparleront plus loin.
28
au-delà du rayonnement électromagnétique, comme ceux concernant la lévitation, la télépathie, la « vision astrale » (dont
pas mal de personnes ont des expériences plus ou moins maîtrisés), et bien plus, comme nous le font entrevoir les grands
yogis de l’Inde, sans qu’il nous soit toujours possible de le vérifier à notre époque de science balbutiante…

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Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples de COMPRENDRE LE
MONDE dans lequel nous vivons et de se sentir à l’égal de l’autre.
Il voit particulièrement se développer le SENS DES CAUSES ET DES EFFETS.
Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : méthode,
objectivité, vérité et rigueur

Sans lui, la civilisation stagne car elle ne peut maîtrise son environnement.

6 LE PILIER DE LA RELIGION
[ constituants-clés : MYSTICISME — LE « BIEN » / LE « MAL » — COMPASSION — PSYCHOLOGIE — SECTES —
IDEOLOGIES et INTÉGRISMES RELIGIEUSES OU LAÏQUES — IDOLES — SOCLE DE LA FOI ]

« Observons, en passant, qu'une civilisation qui décline est une


civilisation mise en échec par ceux qui la détournent de son courant
ascensionnel en développant les attraits qu'elle peut offrir à leur avidité,
à leur sensualité. Par cette mise en échec, la civilisation voit son moule se
disloquer. La dislocation du moule crée le désarroi dans les esprits, et ces
esprits cherchent un refuge dans la religion. Cette religion peut offrir un
nouveau moule à l'aspiration spirituelle civilisatrice qui est de valeur
mystique; et c'est ainsi qu'on peut constater ce retour constant aux
grandes traditions religieuses chaque fois que l'ordre politique et social
subit une crise de dégradation. Quand l'esprit dépasse le cadre
temporellement donné à la religion, le triomphe sur l'échec lui assure la
vue lucide de ce que la civilisation tente de représenter ici-bas. Ce
phénomène se manifeste régulièrement au cours de l'Histoire. »
André Karquel, Islam et chrétienté p.27

Selon les ages, la religion fut le premier ou le deuxième POUVOIR à exercer sa


domination sur les peuples ou a offrir un refuge à l’angoisse existentielle.
« Tout le monde éprouve un jour ou l’autre de la compassion. Mais elle
doit être cultivée »
Matthieu Ricard
La religion29 c’est ce qui relie l’homme à Dieu.
« En tournant le dos au cœur, en descendant à la croisée des transepts le catholicisme s’est
rapproché des hommes, mais à perdu du même coup son sens sacré ! » disent les occultistes.
C’est ce sens sacré que beaucoup recherchent aujourd’hui dans d’autres religions comme le
bouddhisme par exemple.
Dans ce pilier de la religion, on peut aussi trouver tous les aspects « dérivés »
caractérisés non par une foi, un mysticisme, mais par une superstition et un besoin d’idole.
Au sens très large ce pilier inclus les SECTES, les IDEOLOGIES et les INTÉGRISMES
RELIGIEUSES, et aussi LAÏQUES. Et même les « idoles des jeunes » que sont les stars du
sport, de la musique ou du cinéma !

29
De la famille étymologique : legere « ramasser, cueillir », « choisir » et « parcourir, suivre une piste »…

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Cet aspect de la Civilisation fait appel au cœur plus qu’à la raison, sans l’exclure. Le cœur
dans son expression dévotionnelle la plus extrême, comme celle d’un Saint François d’Assise,
à celle d’un sacrifice pour les indigents de Mère Térésa, et de bien d’autre.
La religion, c’est aussi son administration et son aspect matériel qui donne des églises.

Depuis 2000 ans, le Christianisme pour ne parler que de ce qui correspond à la culture
de l’Occident, prône l’amour du prochain comme de soi-même, sur un fond de progrès par la
DOULEUR.
Toutes nos sociétés ont été et sont encore conditionnées par cette notion de douleur
salvatrice30 !
Selon le principe de balancier de l’Histoire, il est raisonnable de penser que dans la
civilisation à venir, un fondement contraire s’imposera. L’évolution par la JOIE peut en être
un.
Notons qu’on ne peut parler du Christianisme sans penser à son pendant, étroitement
lié : l’Islam31.
Des autres religions ne peut-on retenir l’influence grandissante du connais-toi toi-même
socratique, dont l’origine plus lointaine vient du berceau de nos civilisations : l’Inde.
Le christianisme s’essaie à intégrer plus ou moins les notions de la psychanalyse moderne.
Aussi peut-on penser que la Religion du futur aura une caractéristique plus axée sur la
psychologie, tout en faisant de la place à l’Âme et à l’Esprit. Une pratique en plus petits
groupes sera sans doute plus adaptée à cette dimension, que des « grandes messes ».

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples d’ÉTERNITÉ.
Il voit particulièrement se développer le SENS DE LA COMPASSION ; le SENS
MYSTIQUE. C’est le premier pas vers la METAPHYSIQUE.

Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier est : Un Enseignement
« révélé » à l’origine. Un rituel pour le conserver.

Sans ce pilier, une civilisation tombe dans le matérialisme, la superstition et


s’autosuicide.
*

7 LE PILIER DE L’ORGANISATION
ET DE LA FORME
[ constituants-clés : ORGANISATION — UNIFICATION — COOPÉRATION — RELATIONS — ORDRE —
ORDONNANCEMENT — RÉGULATION — CONSERVATION — COHÉSION — SYNTHÈSE — APPARENCES —
HIERARCHIE DES VALEURS — SYMBOLES — DEMOCRATIES,… — SOCLE DE LA PRÉCISION ].

30
Pour ne prendre qu’un infime exemple, à l’époque de la « péridural », il y a encore bien des sages-femmes qui défendent
l’accouchement naturel, dans la douleur !… Churchill utilisait l’expression « du sang et des larmes » que bon nombre de
managers depuis ont asséné à leurs troupes !… Etc. … La douleur se niche dans le moindre de nos comportements
conditionnés.
31
Lire L’islam et la Chrétienté d’André Karquel. Adresse :
http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).

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Une Civilisation se définit non seulement par son architecture virtuelle, mais par
d’autres FORMES qui sont des APPARENCES, DES SYMBOLES. C’est un pilier en soit,
tant il est puissant, contrairement à une première analyse superficielle et une culture
contemporaine d’abandon du formalisme.
Si l’on y réfléchit bien, combien d’homme sont mort pour le DRAPEAU de leur
patrie ? Voici un exemple de l’importance des symboles.
Organisation vient de organe. Or un corps ne peut vivre sans ses organes.
De même la Civilisation a besoin de S’ORGANISER : en société civile, militaire, religieuse,
politique… En secteur rurale, industriel, tertiaire… En royautés — autrefois — et démocraties
aujourd’hui… comme il en a été question à propos d’autres piliers.
Parmi les organisations laïques aux rites symboliques il en est une qui a une place
toujours vivace : la Franc-maçonnerie.
Parmi les symboles, les médailles récompensant les êtres ayant un mérite particulier
sont de tout temps à l’honneur.
Les protocoles ; les sociétés philosophiques, philanthropiques, économiques, politiques… Les
organisations mondiales ( ONU, OMS, UNESCO,…), sont autant de ces formes d’expression
des peuples et des civilisations.
L’argent au cœur de notre malheur actuel est cependant un puissant symbole de l’énergie
bienfaisante qui irrigue les civilisations,… lorsqu’il est bien employé.

Si ce pilier est puissant c’est grâce à ce que sous-tend tout symbole.


Nous savons par la science que la matière n’est que de l’énergie, de l’électricité. Et si nous ne
pensons pas en termes symboliques lorsque nous regardons une personne, le symbole vient
nous le rappeler. Du moins pour ceux qui y sont sensibles. Mais qui ne l’est vraiment pas ?…
Le psychologue Carl Gustave JUNG, par exemple, en (re)mettant en lumière la notion
d’anima et d’animus32 a touché du doigt ce que l’apparence humaine peut avoir de
symbolique, derrière sa propre réalité. Le coup de foudre, comme son nom l’indique, n’est-il
pas la projection d’une énergie très puissante sur une figure symbolique !
Cela rejoint l’enseignement ésotérique pour qui le corps — l’apparence ou ombre — est le
champ de bataille de l’âme, elle-même champ de bataille de l’Esprit, de la Vie…
Rappelons nous simplement que dans la Grèce antique, les Dieux-symboles
dominaient la Civilisation.
*
Ce pilier permet la synthèse, la cohésion des six autres piliers, en ce sens que l’Esprit
et la Forme sont indissociables dans une Civilisation.

*
Ce pilier répond à un besoin des individus et des peuples d’ORGANISATION et
d’ORDONNANCEMENT ; de HIERARCHIE DES VALEURS.
Il voit particulièrement se développer le SENS SYMBOLIQUE.

Une des vertus primordiales nécessaires pour la stabilité de ce pilier : L’autodiscipline


et la précision.

Sans ce pilier la civilisation perd ses « dorures », est terne, sans panache. Mais bien
plus, elle se désagrège par manque de cohérence, de synthèse.

32
Lire à ce propos L’HOMME IDÉAL, LA FEMME IDEALE, Les Éditions Électroniques Richard André, http://leera.toile-
libre.org/

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20
*
* *

Voici terminée l’énumération concise des 7 PILIERS DE LA CIVILISATION et les


sens caché et profane qu’ils recèlent. Nous y reviendrons en détail pour certains aspects qui
nous interpellent en cette période-charnière.

LA FÉLURE ET L’EFFRITTEMENT DES PILIERS


Les civilisations naissent, se développent et meurent. Par exemple les civilisations
Maya et Inca ont complètement disparu33. Ce qui aurait pu être une civilisation : les Cathares,
est mort-né. Etc. …
On comprend bien que si un des piliers se lézarde, puis s’effrite, la civilisation est sur son
déclin ; à moins d’un sursaut. A fortiori si plusieurs sont en cours de dégradation.
Il est intéressant de noter un paradoxe à la sortie de la deuxième guerre mondiale : alors que
l’ancienne civilisation s’était effondrée dans un fracas de tonnerre des canons et des bombes,
l’école commençait à enseigner en classe d’histoire, aux jeunes générations d’après guerre, le
concept de civilisation. Un peu comme une promesse d’espoir !
Notons incidemment qu’une pensée matérialiste, athée nie tout simplement la civilisation en
ne reconnaissant pas la réalité de certains de ses piliers !…
En observant le monde occidental actuel, nous comprenons aisément qu’il est bien
difficile de lui donner le nom de « civilisation ». On parlera plutôt d’empire, de peuple,
de culture, de communauté…

LES PIONNIERS DE LA CIVILISATION


34
« Je m’intéresse aux grands hommes , ceux qui ont défendu les valeurs de
notre civilisation… C’est un travail que j’ai entrepris pour résister au
désespoir qui me submerge chaque fois que je regarde la lâcheté et la cupidité
qui, depuis quelques années, rongent le monde »
Ousmane SOW, sculpteur sénégalais
Ceux qui synthétisent en eux, par leur génie, les sept piliers, sont véritablement les
pionniers de la Civilisation. Le nom de tels grands personnages dans les civilisations passées
est à la mémoire de chacun sans qu’il soit nécessaire de les énumérer35.
Essayons maintenant de nous sortir la tête de la vision pénible bien souvent que nous
offre le monde contemporain , en nous déconditionnant de ce qui nous enchaîne.

*
* *

33
Lire à ce sujet : Le collapsus de l’humanité n’est pas inévitable, Jared Diamond, L’Atlas des civilisations, Le Monde, p.150.
34
L’article cite : Victor Hugo, Mandela, Mohamed Ali, De Gaulle… Martin Luther King, Rosa Parks, Saint Jean-Baptiste…
(L’atlas des civilisations, Le monde 2009-2010).
35
Prenons simplement l’exemple d’Albert EINSTEIN. Ce savant était aussi un mélomane, avait un sens politique, religieux,
métaphysique, avait exercé des métiers pratiques, et maniait les symboles mathématiques très abstraits.

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21
Chapitre II

VOIR AU-DESSUS
DU BROUILLARD CONTEMPORAIN
LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE …FINANCIÈRE

Plan du chapitre II

I LES FOSSOYEURS DE LA VIEILLE CIVILISATION


LES INSTRUMENTS DE DESTRUCTION MASSIVE DE LA VIEILLE CIVILISATION
se rencontrent partout.

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE…FINANCIÈRE


fait rage depuis des décennies.

II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD CONTEMPORAIN


Vision spatio-temporelle.
VOYAGE IMAGINAIRE CREATIF CHEZ NOS ANCETRES

L’OASIS MEDITERRANEEN

C omme nous nous en sommes rendu compte, l’époque actuelle ne peut porter le
nom de Civilisation ! Nulle part sur cette terre n’existe encore un groupe
d’hommes pouvant revendiquer ce titre.
Mais pouvons-nous imaginer la Civilisation à venir ?
Pour essayer de discerner l’avenir, il faut d’abord se détacher du présent qui ne peut nous
inspirer au premier abord que des idées fausses, tant l’incertitude, la violence règne dans les
esprits. Nous sommes plongés dans un épais « brouillard » de peurs et d’avidités qui nous
cache la vie toute simple et naturelle à laquelle nous aspirons.
Pour se détacher du présent, nous devons d’abord regarder en face ce qui obstrue la vision,
sans nous perdre dans les méandres infinis de la culture moderne — en décomposition très
souvent — et nous élever ainsi au-dessus de la peur.

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I LES FOSSOYEURS DE LA VIEILLE CIVILISATION

« Le déclin d’une civilisation vient de son matérialisme »


Aphorisme de la Sagesse

C hacun aura pu voir à la télévision ces grands ensembles de bâtiments que l’on fait
imploser lorsqu’ils sont trop vieux, avec de la dynamite placée dans des niches
prévues à cet effet lors de la construction. Un nuage de poussière envahit tous les
environs et masque le quartier à la vue.
Le fantastique édifice virtuel appelé La Civilisation, de même, termine sa vie dans un
brouillard si épais que bien des contemporains ne peuvent plus rien voir, ne peuvent plus rien
comprendre, n’espèrent plus rien !…
Toute civilisation naissant, se développant et devant mourir inéluctablement comme
c’est la loi de la nature, a BESOIN du travail de « fossoyeurs ».
C’est un travail ingrat, réalisé dans l’inconscience le plus souvent, par certains groupes.
Tout le monde pense aux nazis, par exemple. Mais n’importe quel groupe peut être concerné.
Dans tous les domaines : politique, architecture, religion, économie, etc. un travail de sape est
fait, pilier par pilier. Chacun peut s’en rendre compte au travers des drames que nous vivons.
Rien n’est plus comme avant…
Ce travail, il n’est pas besoin de le détailler : les journaux en sont pleins ! Il sera survolé au
chapitre suivant pour en dégager la synthèse.
Qu’est-ce qui, par nature, produit cela ?
Le travail de sape des citoyens et des groupes, par leur attitude profonde face à l’existence,
utilise des instruments mentaux de destruction massive dont ils ignorent la portée. D’autre
part, quelques individus ont déclenché volontairement une troisième guerre mondiale, d’un
autre type que les deux précédentes.
Essayons d’aborder brièvement ces mécanismes, pour ne plus en être les dupes ni les
complices.

LES INSTRUMENTS DE DESTRUCTION MASSIVE


DE LA VIEILLE CIVILISATION
… se rencontrent partout.

On peut mettre au premier rang de cette destruction de la civilisation, évidemment, les


guerres matérielles, résultant d’un désir paranoïaque de pouvoir malsain des uns ; et d’une

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23
démission des autres, qui n’ont pas anticipé les conséquences des situations de crise. Nous
verrons au paragraphe suivant qu’il existe d’autres formes de guerre…

« Si à un moment donné vous êtes votre


interlocuteur parce que vous conversez avec
quelqu'un et êtes en même temps cette relation
entre l'interlocuteur et vous, il ne peut y avoir peur
de l'autre puisque vous êtes l'autre. Si en même
temps vous effacez tout ce qu'il y a d'illusoire dans
ce rapport, seule demeure la connaissance du
fait. »
André Karquel - Le mental, dur obstacle à franchir

Actuellement, c’est certainement l’emploi de la PEUR, par pratiquement TOUS LES


ACTEURS PUBLICS DE CETTE PLANÈTE, qui est l’instrument de DESTRUCTION
MASSIVE par excellence ! Écoutons-les attentivement distiller leur venin…
Souvenons-nous simplement qu’à une menace, petite ou grande, l’individu soit est paralysé,
soit fuit, soit agresse. En aucun cas il ne peut établir de justes relations avec l’autre.
Si le principe est compréhensible, son impact destructif est hors de la compréhension de bien
des gens, et parmi les plus cultivés !…
Les rares acteurs qui le comprennent S’ABSTIENNENT d’attiser les peurs.
Nous en verrons quelques exemples dans le chapitre suivant.

Une autre tendance, assez récente, est l’emploi systématique de cette forme de pensée
et de parole dite « DISRUPTIVE36 », comme une mitraillette, qui anesthésie la réflexion de
l’autre. Nous reverrons cela en détail. Comment dans ce cas établir un dialogue, si l’on ne
cesse d’interrompre l’autre ?…
Là aussi, si le principe est compréhensible, son impact destructif est hors de la compréhension
de bien des gens, et parmi les plus cultivés !…
Ceux qui ont la capacité de dérouler un propos, un discours, sont rares. On les rencontre plus
souvent chez les scientifiques.
Nous en verrons quelques exemples dans le chapitre suivant.
Relevons au passage que l’un des intérêt du livre par rapport à l’écrit en vrac37 et à la
discussion polémique est justement qu’il laisse des pauses pour que la compréhension puisse
fleurir.

"La couleur naturelle de la résolution s'est affadie


au pâle reflet de la pensée"
Shakespeare, Hamlet

Une troisième tendance est l’emploi très fréquent de cette autre forme de pensée et de
parole moderne que l’on peut appeler « TUEUSE ».
C’est un curieux mélange de divers ingrédients, en proportions variables :
de scepticisme, de matérialisme, de séparativité, de critiques destructive, de négativité.
On la rencontre dans :

36
disruptif, ive : 1856 du latin disruptum, de rompre. En électricité se dit d’une décharge disruptive, produisant une étincelle
qui dissipe une grande partie de l'énergie accumulée.(Petit Robert). La pensée, qui n’est autre que de l’électricité, subit le
même sort ! Elle s’appauvrit…
37
Les « blogs », les billets divers….

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24
- la pensée « ping-pong » qui ne marque pas la pause nécessaire à l’inspiration, et répond
toujours du tac au tac, sans se soucier des dégâts affectif qu’elle peut causer ;
- la pensée polémique qui tire son énergie de complexes émotionnels inconscients, et émet de
la violence qui est emmagasinée par le vis-à-vis et ne s’évacue pas ! ;
- la pensée « intégriste » tout enfermée dans des certitudes orgueilleuses, cristallisées38 ;
- la pensée « laïciste » excluant rigoureusement toute dimension métaphysique, occulte, et
nourrissant plus ou moins volontairement le scepticisme et le matérialisme39 ;
- la pensée dominatrice ; résultant d’un complexe de supériorité, rejetant systématiquement
l’autre dans le mauvais rôle ;
- la pensée « toute faite », approximative, non réfléchie et non vérifiée, pratiquée par une
multitude ;
- la pensée opposée systématique, en « blanc-noir », cherchant toujours à relever le contraire
de ce qui est énoncé par l’interlocuteur ; etc.
- la pensée de compétition, laissant une trop large part à l’avidité ;
- la pensée « molle » dissimulant derrière une apparente tolérance, un venin destructeur ; …
- La pensée défaitiste, fataliste, qui baisse les bras avant d’avoir essayé ;…

Biens des individus, même charmants et polis en apparence, fonctionnent comme cela. La
pensée scientifique leur est étrangère. Et tout le monde peut déraper dans ce registre très
facilement s’il n’est pas extrêmement vigilant.
Ce mode de fonctionnement mental fait dire aux Philosophes que le mental tue de réel.

Elle s’oppose à une pensée de simple bon sens, tolérante, bienveillante, conciliante, douce,
faisant une place à celle d’autrui, à égalité. C’est une pensée inspirée par le cœur autant que
par la raison. C’est une pensée qui enrichit, car elle ajoute l’expérience de l’autre sans rien
retrancher à la nôtre.

Il y a des formes de pensées encore plus néfastes : les allégations spécieuses, les
mensonges, la propagande, la désinformation (jouant sur le doute ; juxtaposant tout et son
contraire avec une même valeur,…) qui étouffent notre culture. La pensée nazi en est une
« référence » ! Elle sera analysée un peu plus loin.

Quant aux illustrations et modalités de ces instruments de destruction massive, et de


bien d’autres, ce n’est pas le propos de cet essai d’y insister. Car à force de touiller dans la
vase, on s’y enfonce, dit le bon sens !
L’intérêt d’avoir conscience de ces instruments de destruction massive est, d’une part, de ne
pas se laisser contaminer par eux en les identifiant immédiatement ; et , d’autre part, de ne pas
en être les complices involontaires. Le silence40 et la meilleure protection !…

38
Les cinéphile se rappelleront de ce très intéressant film pédagogique sur l’intégrisme, passé à la télévision, de Youssef
Chahine : Le Destin (Al-Massir) 1997.
39
Et parfois l’anticléricalisme.
40
Comme pratiquait, par exemple, Nelson Mandela. Il écoutait longuement l’interlocuteur avec lequel il négociait, sans
l’interrompre. Puis il parlait longuement. Et c’était fini ! Chaque parti devait retourner de son coté pour réfléchir.

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25
LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE… FINANCIÈRE
FAIT RAGE DEPUIS DES DECENNIES

Une pensée financière de type totalitaire


"Il faut comprendre que les citoyens
ne comprennent pas ! "41

A la fin de la dernière guerre mondiale, dans les années cinquante, une pensée
dominait : s’il y a une troisième guerre mondiale, elle sera économique.

Ceux qui ont connu cette époque, même enfant, doivent s’en souvenir.

La troisième guerre mondial n’est pas de prime abord économique.


Depuis la dernière guerre mondiale il y eu des conflits économiques, ou des guerres pour
raison économique déguisée, comme les guerres d’Irak. Mais ils étaient localisés.
Dans un conflit économique, l’enjeu est principalement la possession de biens essentiels ou
d’énergie.
En face d’un acteur économique agressif, il existe un compétiteur qui rétablit un certain
équilibre. Et les consommateurs finissent par arbitrer.
De plus, le droit international sait faire rentrer dans le rang ceux qui abusent d’une position
dominante, ceux qui pratiquent le dumping42.
Nous pourrions discourir plus largement de ce qu’est une guerre économique mondiale,
mais ces quelques points devraient suffire pour mettre de coté ce concept, qui n’a fait l’objet
jusqu’à présent que de films de science fiction43.

La troisième guerre mondial n’est pas une simple crise financière.


Pour détacher notre pensée du présent angoissant que nous vivons, il faudrait que nous
soyons capable de reconnaître qu’une troisième guerre mondiale — financière — fait
rage depuis quelques décennies ; et qu’elle se déroule entre des acteurs différents de
ceux d’une « simple » crise financière .
Mais personne n’y croit… ou n’ose y croire.
Que les finances fassent des ravages sur le plan mondial entier, cela est admis par tous44.
Mais il ne s’agit pas de la « crise mondiale de la finance » qui a éclaté depuis 2007 à la suite
de la crise des « subprimes ». C’est tout au plus un « acte de sabotage »… qui a eu pour
vertu de produire un électrochoc dans la conscience mondiale45.
Les responsables sont bien identifiés : organismes de crédit et banques. Il s’agit d’individus
sans scrupule qui se sont comportés comme des bandits, mais dans le cadre de la loi.
Comme des maffieux !…
D’ailleurs, PERSONNE NE PARLE DE « GUERRE » ! Il est fait état d’une « crise ».
C’est l’arbre qui cache la forêt !…
41
France Culture 2/01/2010 8h20 … à propos des sommes colossales ( 1000 années de SMIC…) Olivier
Pastrey, Nicolas Madray,…
42
Pratique qui consiste à vendre sur les marchés extérieurs à des prix inférieurs à ceux qui sont pratiqués sur le marché
national ou même à des prix inférieurs aux prix de revient (Petit Robert)
43
Comme MAD MAX, ou la guerre généralisée pour la possession d’énergie à dévasté la planète.
44
contrairement au deux guerres mondiales précédentes où certains pays furent épargnés. On pourrait parler de « guerre
planétaire » mais ce terme à une connotation de science-fiction qui nuirait au propos.
45
Au moins égal à l’attentat du 11 septembre.

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26
La troisième guerre mondiale est bien autre chose46 !…
Une pensée financière de type totalitaire.

Comment pouvons-nous dire que c’est une guerre, qu’elle est financière et mondiale ?
Les caractères définissant une guerre sont essentiellement :
- L’envahissement d’un territoire. Nécessairement.
Un agresseur a le désir de posséder le territoire d’un agressé, pour imposer en particulier sa
volonté idéologique. C’est le point-clé permettant d’identifier cette troisième guerre. Nous
verrons plus loin qui sont-ils.
- Les armes utilisées permettent une démonstration de FORCE. Mais il y a aussi des armes
légales, des armes psychologiques…
- Il y a un théâtre des opérations, ou plusieurs.
- Il y a des ententes entre l’agresseur et ses complices.
- Une déclaration de guerre, des conflits sanglants ne sont pas toujours nécessaires.
- Mais il y a toujours des vainqueurs et des vaincus, même en cas de paix.

Or que s’est-il passé depuis plusieurs décennies ?


Une « nébuleuse » éparse de hauts dirigeants fortunés de grandes multinationales et
animés d’une volonté totalitaire farouche, a décidé d’envahir tout particulièrement l’Europe
pour « s’approprier par des moyens légaux » une part des entreprises nationales. Ils sont
littéralement « inspirés » par la pensée qu’ils leur faut posséder plus de 30% à 40% des
entreprises dans chaque secteur industriel, commercial et de service pour envahir
l’Europe et être les maîtres de l’avenir.
Ce programme de véritable invasion que certains ont pu entendre prôner au sein de
multinationales, notamment à partir des années 80, a des relents nauséeux tout droit venus
des dictatures, des régimes totalitaires ou du défunt 3e Reich !…
Ils n’ont pas l’impression de commettre un acte répréhensible. Mais il n’y a aucun
droit autorisant des individus à venir s’installer de force au sein d’autres peuples, à
éliminer brutalement les cultures locales pour imposer la leur — non pour faire du
prosélytisme religieux comme les missionnaires — et à dicter leur loi en éliminant ceux
qui s’y opposent.47
Remarquons au passage que cette comparaison avec les nazis ne doit pas nous faire
peur, si nous dissocions dans notre réflexion, le mode de pensée totalitaire 48, d’une part ;
des images qui nous ont été montrées de leurs crimes contre l’humanité, d’autre part. Mais
croire que ces hauts financiers sont gentils, est une illusion !
Peut-être d’ailleurs l’avenir verra-t-il naître la définition juridique d’un « crime économico-
financier contre l’humanité » !…

Mondialisation d’un mode de pensée pervers.


À propos de cette pensée obscure on ne doit pas parler de « complot » car cela se

46
A ne pas confondre avec les « pseudo-guerres » : « La Guerre froide » ; « Guerre mondiale des bourses » ; « Guerre
mondiale des monnaies » ; « La troisième ou la quatrième guerre mondiale anti-terroriste »… qui sont des conflits réels mais
aussi illusoires en tant que troisième guerre mondiale que l’est la guerres des mondes de Welles !
47
Cette élimination se fait par licenciement ou par des méthodes psychologiques bien connues des cabinets conseils les plus
nocifs : création d’un climat délétère en faisant s’opposer les salariés d’une entreprise, mise sur la touche pour pousser à
démissionner, etc.
48
Tel qu’on le voit assez bien dans les documentaires sur cette époque, et même dans certaines reconstitutions historiques,
comme par exemple le téléfilm Conspiration (dont le scénario est tiré de la transcription authentique de la conférence de
Wannsee), de Frank Pierson, 2001, diffusé sur Arte en février 2010… si l’on s’attache a analyser essentiellement la forme du
discours.

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27
rattacherait à un mythe destiné à amuser et tromper les peuples. De plus, le complot suppose
une concertation entre des individus d’une clique.
C’est bien plus pernicieux qu’une entente concertée. C’est véritablement un registre de
penser pervers identique à celui qui a inspiré les pires horreurs au milieu du XXe siècle en
particulier.
Ces individus n’ont pas besoin de se connaître pour entrer en résonance avec cette pensée
financière de type totalitaire.
Insistons sur le fait que ce n’est pas une quelconque des idéologies économiques dont on se
gargarise trop souvent sans que l’homme de la rue ne sache vraiment de quoi il retourne ; et
même si ces grands dirigeants peuvent y adhérer.
Comment la définir ?
C’est une volonté de pouvoir absolu, caractérisée par une pensée froide, dénuée de
chaleur humaine, cruelle, incisive, engluante, duplice, mensongère, spécieuse, fuyante,
masquée d'ombres, sans humour, jouant aussi de l’émotion pour séduire et mieux tromper.
Périodiquement, on la rencontre dans l’histoire, par exemple chez Richelieu, Hitler et sa
clique, etc. La référence à la pensée nazie s’impose dans la mesure où elle est
historiquement proche et qu’il reste de nombreux documents qui l’ont vulgarisée.
Ces dirigeants puissants de multinationales agissent à visage masqué, contrairement à
leurs ancêtres nazis par exemple. A croire qu’ils ont retenu la leçon de l’histoire !… mais il
peut arriver qu’on en côtoie par accident. L’expérience est très désagréable pour les âmes de
bonne volonté, et ceux qui l’ont faite s’en souviennent pour leur vie, confient-ils !
Ces dirigeants de l’ombre ont des hommes de paille qui leur font paravent. L’actualité en a
mis en lumières quelques-uns, qui ont été assez rapidement éliminés par le système et de
manière spectaculaire ! Ne les citons pas ; ils seraient capables d’intenter un procès en
diffamation, détournant pour cela la loi à leur profit !
Déjà les nazis avaient compris que la loi leur permettrait de tromper plus facilement les
autres nations ; et ils étaient experts en ce domaine. Tout comme ces bataillons de juristes
d’entreprise d’aujourd’hui.
La loi se retourne contre la civilisation !… car les hommes se sont attachés à la lettre et pas
à l’Esprit.
Cette volonté destructrice pour le pouvoir, de l’argent et par l’argent, et non pour
conquérir des marchés commerciaux — souvenons-nous en — rachète des entreprises, y fait
le ménage — cette expression est bien significative de la considération faite aux êtres
humains — et se moque éperdument de la qualité des produits. C’est ainsi, par exemple, que
des médicaments nocifs, à la limite de la légalité, des livres commerciaux sans contenu, des
aliments malsains pour la santé49, etc. envahissent les pays… à bas bruit !
Le théâtre des opérations s’étend.
Si le théâtre principal des opérations est l’Europe, le monde entier est concerné par
cette guerre démentielle du profit dont beaucoup s’alarment, et a diffusé un mode de penser
pervers dans toutes les activités.
Que cette guerre mondiale financière ai des répercussions économiques, cela est
évident. Le désordre causé par le rachat massif d’entreprises européennes a des
conséquences multiples et diverses sur toute la planète. Notre propos n’est pas de rentrer
dans ces aspects trop complexes et trop longs à décrire.
Mais le mal à la racine est d’ordre financier. C’est l’avidité démesurée, la rapacité, la
cupidité d’un petit nombre d’acteurs financiers, imités par des bataillons de « Napoléons
d’opérette »50, qui entraînent le désordre socio-économique.

49
Les OGM participent d’un autre mécanisme, plus visible, mais résultant d’une volonté d’imposer des monopoles.
50
Surnom donné à Mussolini, ainsi que césar de carnaval, par opposition à Hitler.

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28
Mais bien plus grave que la destruction du tissu économique, une incontestable
IDEOLOGIE MORBIDE s’infiltre dans les cerveaux de jeunes « collabo » — véritables
robots —, persuadés qu’ils ont raison de penser que la loi du marché est tout, que la pression
par la peur exercée sur les employés est la seule voie possible à la culture du profit, de la
rentabilité et du résultat. 51
Encore plus grave, les enseignants, les intellectuels et les peuples commencent à penser de
même, à force du matraquage médiatique.
Et l’opposition politique, par ses excès ou son manque de créativité, cautionne la pensée
« économiste ». La contestation contre l’argent, le capitalisme sauvage… mobilise peut-être
les masses incultes, mais n’est pas assez précise, « chirurgicale » , pour faire mouche !… Ce
sujet mériterait un long développement…
Lorsque les secteurs sont trop sensibles pour la sécurité ou la vie d’un pays (électricité,
nucléaire, « exception culturelle »,…) un veto peut être mis par les gouvernements ; mais la
plupart des entreprises ne sont pas à l’abri de ces dépeçages…

On commence à voir où cela mène : chômage de masse depuis les années 7552,
maladies liées au stress, suicides dans les entreprises,… dépression des populations…
révoltes… qui peuvent déboucher sur des révolutions…

Et en boomerang, le terrible attentat du 11 septembre contre les tours jumelles de


Manhattan, qui est une réaction désespérée d’intégristes délirants contre ce capitalisme qui
n’a pas su garder la mesure et a laissé se propager cette pensée financière de type totalitaire
51
Cela fait penser à un personnage d’une autre période de l’histoire : « Je n’avais jamais réfléchi au sens de ma propre
existence. Aujourd’hui, dans ce retour sur mon passé, j’ai parfois le sentiment qu’à cette époque-là quelque chose m’a
soulevé de terre, coupé de toutes racines et soumis à d’innombrables forces étrangères » ; (Albert Speer, Architecte d’Hitler.
Au cœur du troisième Reich, Fayard, Paris, 1971, p.48). Cet ouvrage est instructif sur la manière de penser des nazis. La
dissimulation de sa pensée est assez subtile à identifier. On découvre de surprenantes similitudes entre les barons du nazisme
et certains grands dirigeants d’entreprise, particulièrement totalitaires, duplices et « prédateurs », insensibles à tout sentiment
humain.
52
Lire CHOMEUR : POURQUOI ? Des Artisans de la Civilisation qui s’ignorent, par le même auteur. Librement
téléchargeable. Cf. orientation bibliographique. Le graphique ci-dessus des DEFERLANTES DU CHOMAGE en est extrait.

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29
d’une minorité 53.
On pourrait développer cette réflexion sur la 3e guerre mondiale dans des livres
entiers. Mais notre propos n’est pas touiller dans la vase, selon l’expression déjà citée.
Nous avons juste voulu mettre en lumière les grandes lignes d’une question encore peu ou
pas reconnue.
Le bon sens avec lequel ce thème de la pensée financière de type totalitaire d’un petit
nombre sera abordé par le lecteur en apportera l’évidence, même si les mots sont différents.

Faire capituler cette volonté financière guerrière.


Un NOUVEL ORDRE MONDIAL est réclamé ! Mais pour le moment les dirigeants
de la planète s’obnubilent sur la crise financière, les places financières et les banques, alors
que c’est la pensée financière de type totalitaire, d’un tout petit nombre, qui doit être
éradiqué !
Lors de cette réunion du G 20 de 2008, certains ont ressenti un « frémissement » de la
conscience collective. Un participant a noté combien était impressionnante la volonté
générale qui s’était exprimée. 54

Les peuples et leurs dirigeants arriveront-ils à prendre conscience du problème et


à opposer à cette volonté financière guerrière une CAPITULATION ?…

A n’en pas douter l’opinion viendra a bout d’eux. En attendant, ces prédateurs financiers
occultes accélèrent le travail de fossoyage de l’ancienne civilisation.
Ne pas le reconnaître, tant soit peu, ne nous permet pas de nous en desidentifier pour tenter
de voir plus loin.

*
e
En résumé, sur cette 3 guerre mondiale, on peut retenir simplement : le fait
qu’elle existe sans que les peuples le sachent formellement ; qu’elle est d’un autre type,
plus mental ; qu’elle s’ajoute aux autres instruments de destruction massive de la
civilisation ; et qu’elle aberre notre vision de l’avenir par les drames qu’elle crée.

Abordons maintenant une partie plus créative et agréable de ce chapitre.

53
Exactement comme les peuples dans les années 30 n’ont pas eu le courage de s’opposer au nazisme naissant et ont laissé
faire, jusqu’à la catastrophe finale.L’histoire se reproduit, sous une autre forme… !
54
Il s’agit du Ministre Bernard Kouchner, qu’on a pu voir interviewé juste à la sortie de la conférence. La « pensée tueuse »
des journalistes a aussitôt mis sont grain de sel critique, au lieux d’approfondir ce qui venait de se passer au plus profond des
consciences !… Tous les commentateurs se sont empressés lors de la dernière réunion du G20, de ne voir là que des
« paroles ». Ils oublient que la Société des Nations, l’Europe, etc. n’ont été au départ que des pensées… qui ont fait leur
chemin dans l’inconscient, puis la conscience des peuples !

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30
II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD CONTEMPORAIN
Vision spatio-temporelle

P our se détacher du présent, qui nous aveugle à propos de l’avenir, nous pouvons faire
un exercice mental en nous imaginant dans le passé, et prendre ainsi le recul
nécessaire à la relativisation de notre vécu. Même si ce n’est qu’une idée relative et
très partielle du passé.
Si le lecteur veut bien suivre cette excursion avec nous, il en mesurera lui-même les effets…

VOYAGE IMAGINAIRE CREATIF CHEZ NOS ANCETRES


Axe temporel

« Ce que nous vivons… est une mutation


prodigieuse comme il s’en produit une tous les
2000 ou 4000 ans »
JC Grillebaud 55
Moins 2000 ans…
Depuis ces premières années du XXIe siècle, sans perdre de vue ce point de départ,
RECULONS mentalement de deux millénaires, un peu avant l’aube de la Civilisation
chrétienne.
Voyons-nous spectateurs des guerres sanglantes de César,… dans les arènes romaines, où
les contemporains de Caligula se délectent d’horreurs,… lors de l’incendie de Rome par
Néron… des orgies sans nombres où s’avachit tout un peuple de conquérants et d’un art
achevé…
N’y a-t-il pas là un parallèle saisissant avec les guerres mondiales contemporaines… la
dépravation des mœurs de certains… la perte de valeurs… la peur omniprésente ?
De ce chaos antique, revenons lentement en avant, aux cours des ages, tantôt sombres,
tantôt flamboyant. Le christianisme petit à petit insuffla une nouvelle marque civilisatrice.
L’islam également, en s’imbriquant étroitement dans notre renaissance. Chacun à
suffisamment d’exemples du génie qui s’est exprimé pendant ces deux mille ans pour
conclure que le chaos apparent d’il y a 2000 ans n’a pas été une fin définitive56…

En traversant par la pensée les périodes qui ont illuminé ces deux millénaires, on ne peut en
citer ici que quelques-unes des plus populaires, pour illustration : la sagesse druidique et des
premiers rois… les enluminures des manuscrits… le défrichage des forêts par les moines…
les bases de la sciences par Roger Bacon… la justice de Saint Louis… la reconnaissance
d’une âme à la femme, par la religion… la liberté individuelle de croire en la réincarnation

55
L’Atlas des civilisation p. 178 (La citation exacte est depuis 20 ans, mais la référence étant 1980, il y a de fait 30 ans
jusqu’en 2010). De fait cette mutation n’a-t-elle pas commencé avec la Révolution française !…
56
Pour le lecteur qui voudrait se replonger plus en détail sur ces deux millénaires, le livre d’un philosophe humaniste lui
donnera a réfléchir : André Karquel, Europe, humaine aventure, 1954, librement téléchargeables sur Les Éditions
Électroniques Richard André : http://akarquel.toile-libre.org/ et http://leera.toile-libre.org/

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31
par le concile de Constantinople57… l’école de Charlemagne… l’Esprit de la vraie
Chevalerie, perpétuée par la légende arthurienne… répondant en écho aux cours d’Amour
du Moyen Age… la fraternisation des arabes et des chrétiens58, l’introduction des
mathématiques, de la chimie, de la médecine par les Arabes dans la Chrétienté… les
cathédrales romanes et gothiques, dirigeant le regard des fidèles vers le Ciel… l’imprimerie
de Gutenberg, jetant les bases d’une démocratisation du savoir… la découverte de
l’Amérique… les fastes artistiques de la Renaissance… Shakespeare montant aux
spectateurs les tréfonds de la psyché… les Encyclopédistes, libérant de la superstition par la
science… etc.
Le lecteur aura loisir de poursuivre un peu, par lui-même, ce kaléidoscope d’images
merveilleuses59 qui ont jalonné la civilisation chrétienne et musulmane.
Ce voyage par la pensée est étonnement court !
Dans le cadre de la Civilisation chrétienne, recouvrant l’expérience de toute la
chrétienté, sur 2000 ans, des Nations ont pu connaître plusieurs renaissances, de durée plus
courte. Par exemple le Haut et le Bas Moyen Âge60. La Renaissance. Le Siècle des
Lumières. La Révolution industrielle. Etc.

Plus 2000 ans…


Revenu à notre époque, et par un acte de volonté, essayons de visualiser l’essence de
ce que nous avons vu en pensée dans la civilisation chrétienne, en la projetant sur les 2000
ans à venir… jusqu’en 2500… 3000… 3500… 3800…
Nous nous rendons compte que la transition actuelle apparemment catastrophique —
qui ressemble étrangement à celle d’il y a 2000 ans — une fois franchie, de belles périodes
ont toutes les probabilités de survenir, grâce au génie humain.
Le futur ne sera pas la réplique du passé, on s’en doute, mais les germes les meilleurs
de la Civilisation défunte ne donneront-ils pas des « fleurs » encore plus belles ?…
Bien entendu, les détails sont impossibles à discerner autrement, éventuellement, qu’au
travers du prisme déformant de nos cultures, dans ce qu’elles ont de meilleur. De Vinci le fit
à sa manière… Jules Vernes également… Et si les images qu’ils avaient du futur n’étaient
pas tout à fait exactes dans la forme, dans le fond, elles l’étaient !…
Nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre suivant.

L’OASIS MÉDITERRANÉEN
axe spatial

"S'intéresser au Sud, et encore au Sud !… car les véritables problèmes


que vous allez avoir dans les prochaines décennies viendront de là".
Boutros Boutros-Ghali 61

57
Avis autorisé d’un théologien dominicain. Mais les opposants chrétiens ou non font encore une farouche croisade contre
cette conception. Un bel exemple de « désinformation » peut être étudié dans certains articles du Net apparemment
documentés, mais tendancieux.
(Sur les technique de désinformation par la pluralité des information, lire : Le Monde tel qu’il est, Michel Legris Plon, Paris,
1976).
Lire également l’article sur Scribe de Pierre le Mascher : Réincarnation et Résurrection, Définitions pour démêler les fils,
téléchargeable à l’adresse : http://www.scribd.com/doc/15587279/REINCARNATION-ET-RESURRECTION
58
Lire à ce sujet le passionnant ouvrage de Jacques Benoist-Méchin : Frédéric de Hohenstaufen ; etc. Cf. orientation biblio.
59
Pour ne pas laisser la pensée « tueuse » faire son œuvre, les aspects plus guerriers de ces deux millénaires peuvent être
laissés momentanément de coté, comme les copeaux résultant de la sculpture d’une statue ou de la fabrication d’un meuble
jonchent le sol !
60
Haut Moyen Âge 500 – 987 ; puis Bas Moyen Âge 987 – 1500
61
déclaration de l’ancien secrétaire général de l’ONU , AFP, 28/12/2007

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32
La Civilisation concerne toute la planète. Cependant, il peut être plus facile de
commencer par ce qui est proche de nous et des cultures qui nous sont relativement plus
familières pour tenter d’en cerner, ou imaginer, les contours.
Depuis cette sorte d’épicentre que fut Rome il y a 2000 ans, l’implosion de l’empire
romain se répercuta dans tous les pays européens et laissa la place à la civilisation
chrétienne.
Deux mille ans plus tard, il semble que cet épicentre s’est déplacé en Allemagne. Et
l’explosion du 3e Reich mit à jour l’Europe ! On ne peut pas penser qu’une nouvelle
Civilisation ne va pas en résulter !…
L’Europe devient une réalité pour les pays membres. C’est l’axe est-ouest.
Le regard commence à se porter sur l’autre rive du bassin méditerranéen. C’est l’axe
nord-sud.
Et les plus grands Penseurs ont imaginé ce que sera la Civilisation nouvelle : cette
Eurafrique, qui vient récemment de devenir un projet tangible: l’Union pour la
Méditerranée62.
Cet oasis du bassin méditerranéen porte bien son nom. Il est évocateur de douceur, de
fraîcheur, de bonheur de vivre… N’est-ce pas ce que les peuples attendent ardemment ?

Pour méditer sur cet avenir, on pourra lire avec intérêt les deux ouvrages — écrits il y
a plus de cinquante ans ! — d’André KARQUEL :
“Ce que je veux écrire, pour vous, est une histoire que je me suis souvent
racontée… là, méditant parmi mes amis les arbres, au bord du lac que
surplombent les montagnes. Je regarde le ciel que des nuages ensoleillés
occupent partiellement. Je me sers de leurs volumes pour modeler, de façon
imaginaire, la carte du monde tel que ce monde apparaît aujourd'hui…
[…] L'Europe et l'Afrique ne sont pas séparées par la Méditerranée comme
on le croit. La Méditerranée n'a pas de marée. C'est un lac, un grand lac
mis au service d'une grande famille humaine…
De mûres réflexions m'inclinent à penser qu'il est important de
percer le trouble et la confusion qui règnent, aujourd'hui, dans le mental
des peuples.”63

PREMICES D’UNE CIVILISATION NOUVELLE


Méditerranée et Eurafrique63

L’ISLAM ET LA CHRETIENTE64
*

Notre réflexion s’étant un peu immunisée contre les illusions du moment, en les
survolant pour en prendre conscience, ayant un cadre spatio-temporel familier, nous
pouvons essayer maintenant de revenir aux piliers de La Civilisation pour essayer
d’entr’apercevoir leur potentialité future.

*
* *

62
Sommet fondateur de l'UPM, le 13 juillet 2008 à Paris, à l' invitation de la France et de l'Égypte.
63
Librement téléchargeables en livre électronique à : http://akarquel.toile-libre.org/ — et — http://leera.toile-libre.org/
64
L'Islam et la Chrétienté, 1960, Manuscrit inédit. id., même adresse.

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33
Chapitre III

L’HUMUS DE LA CIVILISATION
ESQUISSE DE LA CIVILISATION A VENIR

Plan du chapitre III


I
IMAGINONS L’INDISCIBLE FUTUR
Réflexion sur la méthode
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES
L’essence des sept piliers

I
IMAGINONS L’INDISCIBLE FUTUR
Réflexion sur la méthode
« Le futur est le présent »
Krishnamurti

Imaginer l’avenir n’est pas si aisé qu’il parait à première vue. Une démarche
rigoureuse peut nous éviter de tomber dans les élucubrations poétiques. Cette démarche est
essentiellement une observation expérimentale, l’application de principes simples à l’analyse,
et l’énoncé d’un hypothèse probable. Cette hypothèse doit pouvoir être examinée par d’autres
chercheurs pour avoir une certaine qualité rationnelle et créative.
Il peut être utile de nous rappeler brièvement les principes essentiels sous-tendant cette
observation.

Une approche scientifique d’un futur possible


Concernant les mécanismes historiques positifs :
La loi de la cause à effet.
Tout scientifique partage la connaissance qu’il n’y a pas d’effet sans cause ; et que
rien ne se perd, rien ne se crée.
La difficulté d’interprétation vient parfois du fait de prendre les effets pour des causes !… et
de ne pas remonter assez loin dans le temps en se contentant des faits superficiels.
Cette loi peut concerner des causes à court terme ou à long et même très long terme. Les
causes de l’antagonisme entre Arabes et Israéliens, par exemple, se perd dans la nuit des

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


34
temps. Et même si on les fait remonter aux Croisades, on n’a certainement pas cerné le
sujet !… Mais ce domaine est hors de notre étude.
A trop se focaliser sur les effets, comme s’y attachent les média modernes, on reproduit le
passé dont on n’a pas assimilé l’enseignement.
Le principe du balancier de l’histoire.
Tout le monde a entendu parler du balancier de l’histoire. Par exemple, à la période de
rigueur victorienne a succédé un relâchement des mœurs, dont le paroxysme s’est illustré en
mai 1968. La durée du cycle dans ce cas est d’environ 150 ans. Mais elle peut varier.
Concernant les guerres, cela peut être plus difficile à cerner. Par exemple, les première et
deuxième guerres mondiales sont considérées par certains observateurs comme une seule
guerre. Comme celle dite de Cent Ans, au Moyen Age.
L’idée essentielle à retenir est que les CONTRAIRES se succèdent dans le cours de l’histoire,
enseignant ainsi une leçon aux hommes : de transcender les contraires qui sont des conflits
d’origine émotionnelle, par la voie du milieu.
Le mécanisme de « dormance».
Comme la nature, la civilisation suit des cycles identiques aux 4 saisons. Pour renaître,
comme les plantes dont les graines doivent subir le choc du froid, la civilisation passe par des
phases qui peuvent être considérées comme ces périodes de sommeil et de choc culturels :
c’est ce qui peut s’expliquer en particulier à notre époque par cette existence « vide de sens »,
en apparence. La « grande peur de l’an mille » a peut-être été une de ces phases de dormance,
ou l’humanité croyait en sa fin ?…
Cela doit nous conduire en pratique à relativiser toute pensée pessimiste.
Le principe du progrès historique en spirale.
L’histoire se reproduit toujours, disent les pessimistes. Cela est en partie vrai, mais si
l’on observe attentivement, les événements se reproduisent sur un tour supérieur d’une spirale
évolutive virtuelle. L’humanité ne pouvant se faire en un jour, de même qu’un musicien
virtuose qui doit travailler avec persévérance, les opportunités de progrès se représentent
périodiquement. Le bon sens devrait suffire pour le comprendre ; l’observation le confirmer.
Il n’y a donc pas réplication exacte des événements, mais ANALOGIES. Avec progrès, plus
ou moins visible.
Cela doit aussi relativiser toute idée pessimiste.
Les mutations historiques, ou les grandes ruptures et les découvertes majeures.
Les mouvements de balancier et de spirale sont parfois brusquement interrompus par
des grandes ruptures de la pensée et de la civilisation. Il peut y avoir disparition brutale d’une
civilisation (Maya,…) ; inventions révolutionnaires (maîtrise de l’atome,…) ; irruption d’un
Prophète qui va tout emporter sur son passage pour conduire les hommes, croyants ou non,
vers plus de spiritualité ; cataclysme modifiant l’écosystème (dinosaures, …), etc.
Ces mutations ne sont pas prévues par la science. Les visionnaires, les astrologues en parlent,
mais le rationalisme empêche que les nombreux charlatans et illuminés se glissent dans la
brèche pour hypnotiser les peuples. L’un pourtant a failli réussir, il n’y a pas si longtemps !…
Ces mutations permettent cependant de garder espoir en l’Avenir, si le génie des hommes les
applique pratiquement et sagement lorsqu’elles se présentent.
Chercher les motifs profonds de l’Histoire.
Si l’on se perd dans la culture événementielle, le sens de l’Histoire ne peut être
discerné. On risque ainsi de plaquer le passé sur l’avenir sans voir les progrès de la
conscience. Mais les motifs profonds de l’Histoire sont difficiles à déchiffrer pour celui qui
n’a pas un minimum de sens métaphysique. Aussi faut-il procéder pas à pas pour faire cet

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


35
exercice de créativité. La créativité nous rapproche de l’inspiration nécessaire, par son souffle
artistique. 65
Le DESSEIN civilisateur du Génie humain ne peut-il se définir comme
L’ELEVATION de la pensée sur la barbarie matérielle et sur l’illusion émotionnelle, et la
recherche de la Sagesse ?…
Reconnaître les prémices de l’avenir.
Si tout n’est pas rose, tout n’est pas noir non plus. Biens des éléments positifs de la
culture actuelle sont des prémices de la Civilisation à venir, si nous faisons l’effort
d’observation et nous retenons de tuer le poussin dans l’œuf avec une pensée critique !
La force irrésistible de la tache d’huile.
Lorsqu’une idée juste germe et se propage d’individu à individu, elle acquiert à la
longue une force irrésistible qui renverse tout sur son passage. L’histoire fourmille d’exemple
que chacun connaît. Si les pessimistes « relèvent leur nez de leur guidon », ils peuvent en
convenir. Il est donc essentiel de discerner ces idées justes par soi-même pour comprendre
l’avenir.
La force destructrice des veilles structures.
La destruction peut aussi être utile, avant de reconstruire ! C’est le rôle des « fossoyeurs » de
l’Histoire…

Concernant les interactions de l’observateur :


L’abstention de projections psychologiques.
Ces projections psychologiques (identificatives ou répulsives) sont aux sciences
humaines ce que les artéfacts sont aux sciences matérielles.
C’est sans doute l’attitude la plus difficile à maintenir, en particulier pour ceux qui ne
connaissent pas bien le mécanisme de la projection d’un affect et n’ont pas l’expérience de
leur maîtrise. Personne n’est à l’abri de ce phénomène. Les matérialistes, en particulier,
devront pour un temps mettre de côté leur attitude si chère, comme un acteur ôte l’habit
chatoyant de son rôle !… Les idéalistes, de même.
La desidentification des événements est une des clés essentielles de la compréhension.
Rappelons nous Socrate…
La pensée constructive.
Au sens commun du terme de pensée positive, précise, objective, enthousiaste, ouverte
à la nouveauté, sans peur, « flexible ». C’est le terme « positive » des Américains : « Let’s be
positive ! », soyons positifs !
Il se publie actuellement de très nombreux textes sur la Civilisation ou la Culture qui sont très
intéressants. Cependant la tendance est souvent plus ou moins alarmiste car elle se conforme
au mode de pensée contemporains.66 À cela, il y a un remède : en observant les évènements
dans leur succession de cause à effet et de progrès, le pessimisme disparaît. Du principe
d’incertitude nous passons au principe de certitude, pour aller vers la confirmation
expérimentale.
La démarche synthétique.
La critique scientifique constructive observe objectivement les deux pôles d’une
question pour en faire émerger une synthèse, en adéquation avec l’objectif poursuivi ; à la
place de la pensée critique destructive qui se contente (paresseusement) d’opposer les
contraires, générant ainsi le doute destructeur.

65
Comme illustration on lira avec intérêt les ouvrages de Benois-Meschin sur les grandes figures de l’histoire. Voir
l’orientation bibliographique.
66
Lire par exemple l’article très fourni : Futurs des civilisations et civilisation du futur ? par Michel Satoff, Téléchargeable
sur Scribd : http://www.scribd.com/doc/22335791/Futurs-des-civilisations-et-civilisation-du-futur

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36
L’intégration du temps.
« c’est la conscience qui est amenée à accepter
l’installation de la patience dans le processus
d’évolution. »
67
André KARQUEL

Les réformes majeures ne se font pas à court terme. Elles peuvent éclorent
brusquement, sans que personne ne l’ai prévu, mais elles résultent alors d’un long
mûrissement. Les découvertes sont d’une autre nature et peuvent émerger brutalement.
La réflexion doit donc intégrer le temps et se garder de conclure que rien ne changera puisque
rien n’a changé ! 68
Le doute scientifique raisonnable.
Ne rien prendre comme définitif, mais continuer à bâtir sur les premières bases
solides.
Voici un moyen de transcender la critique destructive.

Munie de ces quelques garde-fous, la créativité peut s’appliquer pour découvrir, non
pas les détails du futur — insistons sur ce point — mais l’essence du futur, les idées que le
génie de l’homme pourra concrétiser dans la Civilisation à venir. Les exemples retenus ci-
après se diviseront, pour chacun, en :

CE QUE L’ON PEUT OBSERVER SUCCINCTEMENT (en caractère Arial)


Le pire et le meilleur de la culture moderne.
La culture des « mauvaises herbes »:
Ce qui irrite tant nos concitoyens, les fait polémiquer à
outrance, les pousse à recourir aux juges pour un oui pour un non,
se réfugier dans la violence, tout critiquer, s’isoler, s’opposer,…
qui est le chemin semé de clous à 4 pointes du monde moderne !
La culture des fleurs :
Mais aussi les élans de générosité de beaucoup, la
réconciliation de frères ennemis, la pacification des consciences…
qui permet d’augurer un avenir plus harmonieux.
Cette observation rapide ne nous laissera pas entrer dans les
infinis débats contradictoires !

CE QUE L’ON PEUT EN PENSER POUR L’AVENIR (en caractère Time New roman)
Nous essayerons de distinguer les grandes lignes pour l’avenir selon lesquelles
peuvent se matérialiser les 7 piliers virtuels.
Nous envisagerons cela dans une perspective métaphysique, de progrès de l’éthique sur
l’avidité et la peur, de la compréhension tolérante de l’utilité respective des acteurs
constructifs, mais aussi « destructifs », ces malheureux « fossoyeurs » de l’histoire…

67
Lire la citation complète sur la PATIENCE en Annexe
68
Par exemple, les observateurs, les écrivains, suite à la réunion des 20 pays les plus riches il y a deux ans, décidant un
nouvel ordre mondial, s’empressent actuellement de conclure que rien ne se fera puisque rien a été fait pendant ces deux ans
et que les bourses recommencent leur jeu pervers de plus belles. Mais le changement de pensée des dirigeants, et de
l’opinion, n’est-il pas plus important que les modifications à court terme qui se heurtent à l’opposition, à la cupidité d’acteurs
qui n’ont pas encore été sanctionnés ? La « sanction » se mettra en place par les lois, les organismes internationaux qui, à bas
bruit, changeront la face du monde dans les ages futurs. Nous ne parlons pas, répétons-le de culture à moyen court ou terme
mais de Civilisation à venir !

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


37
L’appréhension des exemples qui suivent nécessite de ne pas rejeter ni accepter les
hypothèses trop rapidement, et éventuellement d’étudier d’autres prolongements, d’autres
sujets préoccupants notre monde actuel.
L’humour nous gardera tout au long de cette lecture. Cet humour dont Henri Salvador disait
lors d’une interview, avec son rire inimitable, que « le monde actuel en manque un peu
trop ! »…

*
* *

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38
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION

II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

L’essence des sept piliers

A partir des éléments culturels significatifs, en négatif ou comme prémices positives,


et sans rentrer dans les grandes idéologies, essayons pour chacun des sept piliers d’imaginer
des hypothèses pour l’avenir, d’assembler quelques pièces du puzzle de la Civilisation sans
peur… à venir.
Chacun des sept chapitres privilégie un aspect particulier, qui peut être considéré comme son
essence, mais d’autres constituants de chaque pilier sont évoqués.

1 L’AUTORITÉ RETABLIE — LE PILIER DE LA POLITIQUE


2 UNE CIVILISATION METAPHYSIQUE — LE PILIER DE L’ETHIQUE ET DE LA METAPHYSIQUE
3 DE JUSTES RELATIONS HUMAINES — LE PILIER DE LA PENSEE APPLIQUEE AUX ACTIVITES DE LA CITE
4 L’ART DES IDEES — LE PILIER DE L’ART
5 UNE SCIENCE AUDACIEUSE — LE PILIER DE LA SCIENCE
6 UNE RELIGION UNIVERSELLE — LE PILIER DE LA RELIGION
7 LE FUTUR ORDRE HUMAIN DU MONDE — LE PILIER DE L’ORGANISATION ET DE LA FORME

***

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39
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

1 L’AUTORITÉ RÉTABLIE
— LE PILIER DE LA POLITIQUE —

Les réflexions sur les théories politiques, les partis, les programmes gouvernementaux,
l’histoire du pouvoir,… sont de l’ordre de la CULTURE, plus ou moins immédiate. Si nous
voulons comprendre le contenu de ce pilier politique de la Civilisation, l’attention doit se
concentrer sur les causes et aspirations profondes des peuples et de leurs dirigeants
concernant l’attitude vis-à-vis de l’autorité.

Le socle de la LIBERTÉ
1 L’antagonisme irréductible, , « fossoyeur » de la vieille politique.
2 L’autorité mise à mal
- Les dérives totalitariste des « états dans l’état ».
- Les injustes « états de droit »
- Les mœurs « bizarres » des politiques
- La non-violence pour une Civilisation de Paix.

Le socle de la LIBERTÉ
- Garantirez-vous les libertés fondamentales ?
- Les libertés fondamentales, je les ai
rétablies. Pensez-vous qu'à 67 ans, je vais
commencer une carrière de dictateur !
De Gaulle - Conférence de presse 1958

Ce principe de LIBERTÉ est un socle du pilier de la politique. Il permet une attitude


volontaire dans les choix de la vie sociale.
Nos sociétés se battent pour la liberté sur toute la planète. Liberté : de circulation, de
la presse ( jusqu’à l’innommable parfois !), d’expression, politique (particulièrement dans les
pays totalitaires), de culte, de création (jusqu’à la pornographie et l’horreur !), etc. … Mais la
liberté trouve toujours une limite dans une société composée d’individus la revendiquant chacun
pour lui-même.
Le génie de l’homme pour la Civilisation sans peur …à venir, reposera sur ce socle de
valeurs acquises dans la Civilisation précédente.
Vers quoi s’oriente ce principe de liberté dans la Civilisation à venir ?
Seule la liberté de penser n’a pas de limite, sinon celles de nos propres capacités à l’exercer.
L’avenir se dessine déjà à partir du développement des moyens d’échange mental dont
Internet est sans conteste une révolution majeure. Cette liberté devra se faire très logiquement,
dans une perspective métaphysique, vers le haut, et non vers une satisfaction accrue des
besoins matériel bien évidemment.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


40
Les libertés fondamentales sont relativement garanties dans les pays dits
démocratiques, bien qu’on épingle régulièrement des déviations. Mais cela ne rend pas les
peuples plus heureux, car le pourrissement de l’intérieur dans bien des domaines produit des
petites zones de non-droit ou d’injustice. Parallèlement, les administrations nationales et
communautaires augmentent leur pression pour endiguer les comportements des individus,
créant parfois d’autres injustices, et diminuant l’impression de liberté. Ceci est en partie
subjectif pour celui qui relativise et le rapporte à l’histoire.
Parmi les courants intéressants du XXe siècle, bien des observateurs ont noté la mise en cause
systématique de toutes les formes d’autorité.
C’est un peu comme si les peuple passaient leur crise d’adolescence, de révolte contre l’image
du père. C’est un peu comme si l’humanité sortait d’un stade infantile et cherchait à se libérer
du monde de l’émotion par ses réflexions intellectuelles encore immatures. Mais si cela ne se
passe pas si vite lors de la croissance d’un jeune, pourquoi en serait-il autrement d’un
peuple ?…
Plus récemment, un autre courant que les dirigeants ont souligné : le clivage social, alors
qu’on pensait être libéré de la lutte des classes par la chute du communisme, pour parler très
schématiquement.
Les inégalités sont partout dénoncées. Le racisme surajoute au sentiment de violence qui
s’installe dans des pays pourtant démocratiques. La « démocratie » s’interroge sur sa liberté.
Les citoyens ne savent plus que penser ; quand ils pensent trop, trop mal et dans tous les
sens : la boussole s’affole !…
Doit-on voir dans ces dérives inégalitaires une conséquence de cette liberté donnée aux
peuples ?…

Voyons un peu plus en détail ces exemples. Les notions de liberté, d’égalité et de fraternité y
sont étroitement imbriquées.

1 L’antagonisme irréductible, « fossoyeur » de la vieille politique.


« Ô maître de la terre conduit mon chariot entre les deux armées » 69
Bhagavad-Gîtâ

Le clivage généralisé règle la vie collective comme chacun le constate. Partout, les
factions sont opposées presque en 2 moitiés égales. Il est même devenu un thème de
campagne électorale : la fracture sociale … sans pour cela déboucher sur une amorce de
solution !…
Il serait trop long d’analyser les multiples causes historiques (royalistes—révolutionnaires ;
capitale—travail ; dreyfusards—antidreyfusards ; droite—gauche ; sentiment—raison ; etc. …)
qui ont aboutit à ces sociétés contemporaines divisées. Mais il est certain que ce clivage se
retrouve dans le psychisme des individus. Chacun est plus ou moins en son for intérieur dans
cet état de clivage qui se reflète dans les sociétés. L’individu n’est pas libre.
Lorsque le miroir aveuglant des souffrances créées par ces inimitiés aura fait son œuvre, les
peuples seront prêts à se réconcilier avec eux-mêmes et avec l’autre.

Ce clivage généralisé a pour effet de désagréger le tissu social. Il empêche les points
de vue de s’échanger avec calme pour trouver des terrains d’entente. Dans les mots, les gens
disent le souhaiter ; dans les faits, il en est autrement ! Ces clivages produisent à la longue une
sorte de « dédoublement de personnalité d’un pays », qui est douloureux pour tous les citoyens
coupés en partie de leurs frères.

69
La Bhagavad-Gîtâ, S.Radhakrishnan, Adyar 1954, Paris p. 98. Commentaires : « Dans un moment d’analyse intérieur,
Arjuna comprend que cette lutte signifie que l’ordre tout entier de la vie, les grands idéaux de la race et de la famille, de la
loi et de l’ordre, du patriotisme et du respect pour l’Instructeur, qu’il a loyalement servi jusqu’alors, doivent maintenant être
abandonnés ». … « Ceux qui désirent la victoire ne conquièrent pas tant par la force et la prouesse que par la vérité, la
compassion, la piété et la vertu.… ».

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


41
Comment construire une vie libre en commun dans laquelle la moitié de la population se sent
perdante, doit refouler ses rancœurs et ses frustrations, cogiter ses rancunes jusqu’à la
prochaine alternance ? Où est la Fraternité ?
Ce clivage généralisé a pour effet également de freiner l’action de l’Etat. Les deux
blocs d’individus se contrarient en permanence et l’un détruit ce que l’autre cherche à
e
construire. Le plus « bel » exemple, en France, fut la IV République, symbole de l’immobilisme.
L’opposition lorsqu’elle s’arqueboute dans une posture guerrière, improductive, critique, finira le
travail de « fossoyeur » de la politique des partis !…

Peut-on raisonnablement penser qu’avec le temps, l’éducation, les masses se


désidentifieront de ceux de leurs meneurs qui attisent le feu de la division, des passions,
prêchent la violence ; et les sanctionneront radicalement et définitivement jusqu’à ce qu’ils
aient appris la leçon de droiture ?…
Peut-on raisonnablement penser que l’esprit de libre collaboration remplacera la culture
des divergences ?
En ajustant le sens des valeurs, les peuples pourront réduire ainsi, eux-mêmes, sans
l’aide des politiques70, les clivages sociaux. Un sens grandissant des relations équilibrées ne
peuvent que résulter de l’apprentissage de la bonne volonté mise à travailler en cellules,
partis, associations… depuis plus d’un siècle, souvent avec les excès de la passion ; et du
gommage de l’égoïsme, à mesure que les individus se connaîtront mieux eux-mêmes… dans
un sens métaphysique.

2 L’autorité mise à mal


« Je suis votre chef. C’est-à-dire que j’aurai
plaisir à vous commander, et vous à m’obéir »
Fanfan la Tulipe, de Christian Jacques
Nous sommes bien loin de ce plaisant propos humoristique dont bien des spectateurs
se régalent depuis 50 ans !…
L’autorité royale, de droit divin, fut « blackboulée » par la Révolution de 1789, qui a essaimée
dans le monde entier.
Il semble que la révolte de mai 1968 ait achevé le travail. La contestation fut généralisée à
toutes les formes d’autorité, celle du chef de l’État y compris.
Les dirigeants ne parviennent plus à fédérer une large majorité, leur autorité est sans cesse
contestée, critiquée, vilipendée.
Cette destruction d’un des premiers symboles de la Nation crée, par choc en retour, une perte
de sens pour l’individu qui perd ses repères ; et inconsciemment un mépris de lui-même.
Ce point peut être subtil à reconnaître et à comprendre. En se rappelant que sur le plan
psychologique inconscient l’autre est un miroir de nous-même, toute atteinte à son image
affecte la nôtre.
Cela a pour effet une certaine incapacité à offrir aux peuples une vision vers l’Avenir, du fait
même des citoyens en quête d’identité.

Néanmoins, l’Histoire produit périodiquement des grands hommes qui réorientent le


cours des évènements en réduisant, du moins partiellement, les plus forts antagonismes.
On pense à De Gaulle qui réduisit l’antagonisme entre Algériens et Français. À Anouar el-
Sadate qui brisa un tabou pour tendre la main à Israël. À Nelson Mandela qui brisa par la
patience l’antagonisme entre autochtone de couleur et colons blancs. À Barack Obama qui
incarne la réduction de l’antagonisme raciste de l’Amérique, et vient parler à l’Islam sur son
sol… Réalisant le rêve de Martin Luther King !
Une autre prémisse de la réduction des clivages politiques est ce « petit évènement »
survenu dans deux pays en même temps, les Etats-unis et la France : sans qu’aucune
obligation de réaliser une « coalition » pour gouverner ne l’impose, deux Présidents
décidèrent de faire confiance à la compétence d’opposants politiques et les firent entrer dans
70
Ou plus exactement grâce à ce que les politiques auront montré qu’il ne faut pas faire.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


42
leur gouvernement ou leur confièrent des missions. Sans nous appesantir sur les critiques
stériles qui fusèrent71, on peut observer qu’un symbole modeste mais fort a été projeté, pour la
première fois à ce niveau, vers les peuples. Ce geste de liberté vis-à-vis d’une culture
politique obsolète, ne correspond-il pas au besoin des peuples de fraternité, de tolérance de la
différence ? Il ne faut pas oublier le pouvoir modélisant dans l’inconscient collectif, même si
les répercussions ne sont pas immédiatement visibles. Rappelons-nous l’état des Etats-unis au
temps de Martin Luther King et mesurons le travail souterrain qui s’est effectué en quatre
décennies !… Voici un bel exemple où l’énergie a suivi la pensée.
Tous ces grands moments de l’Histoire ont été réalisés par la non-violence.
Il est logique de penser que le balancier de l’Histoire produira des dirigeants au
POUVOIR FORT, dont la Civilisation à venir aura besoin pour être mise sur des rails
nouveaux.
Ce pouvoir ne sera pas celui des rois, ni des dirigeants totalitaires du passé. On peut penser
que l’histoire aura appris que les résultats les meilleurs s’obtiennent avec la NON-
VIOLENCE, la ferme persévérance, l’inspiration des moments-clés, la vision de l’avenir,
l’attention portée autant aux questions intérieures qu’internationales…
Peut-on douter que des dirigeants de forte stature, reconnus, charismatiques, sages,
viendront pour continuer à réduire les fractures… mais aussi pour mettre en place des
pratiques nouvelles d’un gouvernement mondial ?
Et qu’une autorité naturelle sera rétablie ? Que le rôle modélisant d’une rectitude de parole et
d’attitude, inspirera la société à venir ?
Est-il déraisonnable de penser que les présidents des états européens et maghrébins
s’effaceront dans un avenir indéfini devant une Président de L’Eurafrique… ? Des vastes pays
comme les Etats-unis, la Russie, l’Inde, la Chine… ont déjà des dirigeants de cette taille.
Revenons un instant sur la vision de cette Eurafrique qu’avait un Philosophe … il y a
60 ans !
Une civilisation méditerranéenne.
« Un appel à la fraternité doit s'accompagner d'un appel à l'intelligence ; car pour être
fraternel, il faut disposer de la faculté de comprendre toutes choses ; il faut disposer
d'un esprit libre. Nous ne pouvons pas considérer la mise en œuvre en commun de tous
nos moyens pour donner naissance à une civilisation nouvelle, une civilisation
méditerranéenne, sans prendre conscience qu'une civilisation ne représente pas
exclusivement l'application d'un système économique, d'une organisation technique et
scientifique et d'une doctrine sociale et politique ; même si cette doctrine, chaudement
couvée, promet de rendre les hommes heureux selon les principes conçus par des
doctrinaires passionnés et généreux, mais prisonniers d'un intellect conditionné. »

Cet auteur soulignait également ce que l’Occident doit à l'Islam.


« Une autre de ces conséquences fut cette extraordinaire Renaissance qui fit éclore
l'esprit français promis à une floraison exubérante et qui amena la grossièreté barbare
à se transformer en subtilité. Et cela, il faut s'en souvenir, parce que l'Arabe nomade
avait véhiculé dans son esprit les divines résonances de la culture orientale et grecque ;
parce que l'Islam dans son exaltation, avait réveillé l'âme endormie des Européens. »
André Karquel, Islam et Chrétienté, p.104 ; p.57

- Les dérives totalitariste des « états dans l’état ».


Existe-t-il des gens qui ne se plaignent pas de la toute puissance fiscale ? Ce très vaste sujet
reste dans le fond très énigmatique, une fois les évidences énoncées sur la nécessité de l’impôt

71
Un exemple de la « pensée tueuse » !

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


43
pour qu’une société puisse fonctionner, et du trop d’impôt tue l’impôt. Dans un précédent
72
ouvrage nous avons essayé de montrer le rôle pervers du fisc sur le maintien du chômage,
même s’il n’est pas le seul responsable.
73
Cet état dans l’état, bien des Ministres, des Parlementaires , ont essayé en vain de le
juguler !…
On peut considérer que le domaine fiscal ne sera véritablement réformé qu’au moment
où la réforme nécessaire de la Finance mondiale (voir le pilier III suivant) — dont il n’est
qu’un aspect — deviendra une REALITE. Il faudra des hommes de très grande stature,
d’infinie sagesse, pour mener ces réformes, tant le pouvoir occulte de l’argent est
incommensurable sur cette planète !

- Les injustes « états de droit »


Aux lettres de cachet a succédé la loi républicaine. Mais à force d’accumuler les lois, de
vouloir des états de droit, on n’a en pratique que multiplié les injustices… Chacun en est
témoin, et parfois la victime, ne serait-ce qu’à propos de petits conflits avec son voisin, son
propriétaire ou son locataire, un commerçant ou une agence de service, lors d’un divorce, etc.
La loi est souvent détournée au profit des plus retors, des plus forts, des criminels en col blanc,
des multinationales qui plongent les nations dans des procès interminables, font crouler
l’institution par manque de moyens, des procéduriers qui profitent du système dans le seul but
d’en faire un « commerce comme un autre » ! La Justice ne devrait-elle pas être juste et non
aveugle ?…
On peut penser que les peuples, à mesure qu’ils deviendront moins avides, plus
responsables, n’accepteront plus qu’un pouvoir politique laisse l’état de droit dériver ainsi.
La JUSTICE remplacera certainement le droit dans une civilisation qui aura retrouvé le
sens de l’Ethique…
Des prémices comme les médiateurs qui commencent timidement à voir le jour, ne seront-il
pas une forme de Justice de la Civilisation à venir : plus proche des citoyens, plus simple, plus
quotidienne et rapide, ne s’embarrassant pas des « lois » lorsque les deux partis trouvent un
terrain d’entente, et ne se voyant pas opposer continuellement la « loi » ou la
« jurisprudence »74. Autrement dit une divergence devrait pouvoir se régler ici et maintenant,
en présence d’un témoin impartial mais humain, dans la plupart des cas, en réservant la Loi
« époussetée » pour des cas exceptionnels et pour les instances internationales.
Ce domaine, aussi vieux que celui de la fiscalité et tenu par des pouvoirs très forts et ramifiés
— jusque dans l’inconscient collectif — demandera également des hommes à la mesure de la
tâche.

- Les mœurs « bizarres » des politiques


Il y a aussi de bonnes choses dans le
Communisme »
Le Dalaï Lama 75
Le clivage social, tout le monde peut s’en rendre compte, est « savamment » entretenu par
les partis politiques, qui comme les banquiers, les églises… font leur marketing ! Quel paradoxe
quand il s’agit d’être au service des autres ! Sans parler des pratiques immorales de certains,
76
trop nombreux. Le mensonge , en particulier. Point n’est besoin d’en dire plus.

72
CHOMEURS : POURQUOI ? Des artisans de la Civilisation qui s’ignorent. Cf. orientation bibliographique.
73
On se rappelle, par exemple, Philippe Seguin annonçant dans les années 90, que le quai de Bercy devrait rendre des
comptes à l’Assemblée !… Mais le problème est mondial.
74
Cet héritage désuet du principe du droit coutumier du Moyen Age, qui complique intellectuellement à l’extrême le bon
sens.
75
Remarque souriante du Dalaï Lama interrogé par un journaliste qui le faisait parler de son exil en Indes, et voulait à tout
prix lui faire critiquer le Communisme ! Ce journaliste n’a même pas écouté cette remarque, tant il était conditionné par ses
pensées toutes faites !
76
Ce sujet du mensonge en politique préoccupe nos contemporains si l’on en juge par le nombre d’articles sur Internet.
L’information de plus en plus large, démocratique, les progrès de la psychologie, mais également un sens des valeurs
retrouvés par l’opinion publique, aidera de mieux en mieux à démasquer tous ces menteurs professionnels.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


44
Le balancier de l’Histoire jouera là aussi son rôle. Les PARTIS seront sans doute considérés
dans un monde réconcilié, coopérant au bien commun, comme un anachronisme de l’Ancien
Monde77. Des prémices le montre comme nous l’avons vu ci-dessus. Lorsqu’un pouvoir fort
tend la main à d’anciens adversaires, les partis dont ils sont issus semblent comme
désamorcés. La balle passe alors dans la main des électeurs. Même s’ils la laissent échapper,
un jour viendra où ils l’auront compris…
Suite à la chute constatée des idéologies, les unes après les autres, est-il impensable
d’imaginer une tendance mondiale, progressive dans le temps, vers une synthèse des diverses
idéologies : théocratie, monarchie, démocratie, socialisme, communismes, totalitarismes,
maoïsme,… ? Cette nouvelle forme politique n’a pas encore de nom, ni de contenu précis,
mais elle sera incontestablement plus éthique, plus éclairée.
- LE COUT DE L’ENERGIE
C’est un point crucial de la Civilisation à venir.
On sait que l’avenir des ressources, jointe aux diverses questions de pollution, va
obliger le Vieux Monde à se réformer.
La maîtrise de l’énergie nucléaire a fait brusquement irruption dans le monde du XXe
siècle.
Il n’est pas impossible que l’avenir nous réserve bien d’autres surprises. Dont celle d’une
ÉNERGIE GRATUITE, DISPONIBLE AU NIVEAU INDIVIDUEL. C’est alors toute
l’existence qui s’en trouvera transformée.
Les compagnies pétrolières et les pays producteurs de pétrole devront se reconvertir et limiter
leur cupidité. Les centrales électriques, et les organismes de contrôle de cette forme d’énergie
— ces autres états dans l’état — auront-elle encore une utilité ? Les puissances fiscales
devront se réformer suite à la perte de cette manne énorme…
Le pronostic temporel est impossible à faire, car nous sommes là confrontés à une de ces
GRANDES RUPTURES ÉNIGMATIQUES DE L’HISTOIRE… possible. Elle sera sans
aucun doute encore plus décisive que la maîtrise de l’énergie nucléaire.
Cette question concerne autant la politique que la science ; nous y reviendrons à propos de cet
autre pilier.

- La non-violence pour instaurer une Civilisation de Paix.


Les hommes auront peut-être compris la leçon de l’histoire : chaque fois qu’un rêve
civilisateur s’appui sur la violence, il échoue. D’Alexandre le Grand, à Hitler, en passant par
Napoléon et bien d’autres, des empires éphémères sont nés sans devenir des civilisations.
Juste un mot sur la non-violence. Au plan individuel, cette qualité caractérise celui qui
a développé un sens de l’éthique.
Au plan politique, le siècle passé nous a montré son utilisation extraordinaire, plus puissante
que les guerres et les comportements totalitaires. De grandes figures historiques déjà citées
sont à la mémoire de chacun : Gandhi a réussi à émanciper l’Inde, tandis que la violence
religieuse a fini par une séparation entre hindouistes et musulmans. Martin Luther King a
réussi là où la guerre de sécession n’avait pas terminé son œuvre ; et est achevée avec Barack
Obama, tous deux apôtres de la non-violence. Et aussi Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi,…
s’opposèrent aux dictatures par cette force réparatrice.
La Civilisation à venir dans sa quête métaphysique, devra s’appuyer de plus en plus sur cette
force pour instaurer une Civilisation de Paix.
L’économie étant à l’origine de bien des guerres, bien des conflits dans le monde, on
comprend la focalisation de la conscience collective sur ce sujet, jusqu’à ses excès, jusqu’à

77
Ce qui n’exclue pas des regroupements par affinités, mais libres des enjeux mercantiles et égoïstes. Le monde associatif
n’en est il pas un modèle à parfaire ?

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


45
l’obsession !… Une économie pacifiée, parce que les comportements de ses acteurs auront
appris à l’être, participera à une Civilisation de paix

Avec ce qui précède, n’y a-t-il pas déjà fort à faire et à penser pour concrétiser le pilier
de la politique de la Civilisation à venir ?
En suspendant assez haut la pensée — un instant —, pouvons-nous mieux voir, grâce
à ces premiers exemples, par-dessus l’épais brouillard de notre monde moderne, vers le
l’Avenir ?…

*
* *

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


46
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

2 UNE CIVILISATION METAPHYSIQUE


— LE PILIER DE L’ETHIQUE ET DE LA METAPHYSIQUE —

Les réflexions académiques sur les systèmes philosophiques et métaphysiques, les


théories sur le matérialisme et le spiritualisme, les écoles de psychologie, les méthodes
d’éducation, sont de l’ordre de la CULTURE. Si nous voulons comprendre le contenu de ce
pilier de L’ÉTHIQUE ET DE LA MÉTAPHYSIQUE, l’attention doit se concentrer sur les
valeurs profondes concernant l’idéal de la Civilisation.
On a déjà noté que la métaphysique n’est pas confondue avec la religion, la
spiritualité, pour des raison de niveaux de conscience différents78, bien que ces deux piliers
puissent avoir des liens.
Le socle de la FRATERNITE
I UN IDEAL DE CIVILISATION
• La mutation du matérialisme.
• La métaphysique conduit immanquablement à une compréhension
rationnelle de la réincarnation et du karma.
• Une Civilisation à venir retrouvant son Sens.
• Une Civilisation à venir sans peur et sans douleur.
II TRANSMISSION DE L’IDEAL AUX PLUS RECEPTIFS

Le socle de la FRATERNITÉ
C’est moi, Jean, votre frère !
Le bon pape Jean XXIII79

Ce principe de FRATERNITÉ est un socle du pilier de l’Éthique et de la


métaphysique. C’est le sens de l’injonction chrétienne : aimez votre prochain comme vous-
même. Il permet de considérer l’unité de tous les hommes. JEAN XXIII vivait au plus haut
point cette Vérité transcendante lorsqu’il disait : C’est moi, Jean, votre frère !

78
« La religion s’appuie plus sur la Foi et l’adhésion inconditionnelle aux dogmes ; la métaphysique, à la connaissance par
l’expérimentation personnelle des choses cachées ».
79
Certains téléspectateurs, ou fidèles présents à Rome, se souviennent de cet instant extraordinaire, lors de son premier défilé
place Saint Pierre, où il s’écria en latin, à la foule ébahie : C’est moi, Jean, votre frère ! ».
Le « bon pape Jean, ne passe pas son temps à pleurer sur le malheur des temps, mais s’adresse au cœur des hommes
pour les appeler à travailler et à le changer »…
Homme d’unité, il le sera en ouvrant le concile œcuménique et en y invitant nos frères séparés : les chrétiens anglicans,
protestants et orthodoxes. Homme d’unité, il le fut en recevant des hommes de toute obédience. L’une de ses rencontres
parmi les plus émouvantes fut sans conteste celle où il accueillit un groupe d’israélites en leur disant, bras grands ouverts :
"Je suis Joseph, votre frère" (de son nom : Joseph Giuseppe Roncalli). »
( http://www.cardinalrating.com/cardinal_80__article_325.htm ).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


47
Les hommes ne cessent de s’entretuer, de se jalouser, de se mentir, d’imposer leur
volonté, parce que la discorde règne. La fraternité ne s’entend généralement qu’en « frères
d’arme », contre d’autres groupes. Elle se focalise dans divers point du globe en des conflits
inextricables, comme entre Israéliens et Palestiniens, pour ceux qui nous sont les plus proches.
Pourtant, les hommes haïssent la guerre ! Quel paradoxe !…
Le génie de l’homme dans la Civilisation sans peur …à venir, reposera sur ce socle de
valeurs acquises dans la Civilisation précédente.
Vers quoi s’oriente ce principe de fraternité dans le futur ?
On a pu voir la manière dont des lignées d’ennemis de longue date — remontant au partage
de l’Empire de Charlemagne, selon de bons analystes — ont réussi, à travers un projet
commun : l’Europe, à établir une fraternité durable. Il en sera inévitablement de même, peut-
on raisonnablement penser, à moyen ou long terme, ou très long terme, dans les autres
conflits. La Mondialisation, essentiellement économique de nos jours, deviendra alors un
monde uni et fraternel. Le cours de l’Histoire, malgré les à-coups guerriers, semble bien
conduire dans cette direction. Une double guerre mondiale et deux bombes atomiques ont fait
prendre conscience aux peuples de la planète de cette nécessité de fraternité.

I UN IDEAL DE CIVILISATION
« L'effort pour s'éveiller à sa nature divine est le devoir de
l'homme. Seules les actions qui attisent la nature divine de
l'homme sont dignes du nom d'action ; tout le reste ne sont
que non actions, un gaspillage d'énergie »
Ma Ananda Moyi 80
Ce pilier présente un idéal pour le futur.
Comme pour toute transformation des efforts considérables et des dépouillements sont
nécessaires ; et les forces matérialistes sont à l’œuvre pour s’opposer au progrès. L’idéal ne
peut entraîner l’adhésion que pour celui qui est un véritable chercheur, non pas un
consommateur de savoirs. Ce pilier doit cependant offrir des solutions aux grandes questions
que l’individu se pose : la naissance et la mort, la vie après la mort, l’utilité de l’existence
terrestre, l’immortalité de l’esprit, une méthode d’accès scientifique à la Connaissance et à la
Vérité, à la maîtrise des douleurs morales et physiques, …
Les réponses aux traditionnelles questions existentielles ne peuvent être données par des
réponses intellectuelles, mais par un effort personnel pour une connaissance de soi. La culture
philosophique ne peut qu’orienter la démarche81.
Il y a deux mille ans, les Apôtres et les premiers Chrétiens furent sans aucun doute les
pionniers d’une Civilisation. Il semèrent l’Amour du prochain dans les cœurs des peuples.
Les pionniers de la Civilisation à venir sont certainement des individus portant l’Ethique à un
tour supérieur de la spirale de l’évolution, vers plus de Sagesse. Cette Sagesse ne se traduira-
t-elle pas par l’instauration de justes relations entre les hommes, comme tout tend à le faire
penser lorsqu’on observe le meilleur des actes contemporains ? Notre planète s’étant
mondialisée, cette question de psychologie relationnelle est devenue essentielle. La foi n’y
suffit plus à elle seule.
La civilisation n’apprendra-t-elle pas à rétablir la SIMPLICITÉ des relations dans un monde
de technologie avancée, comme tant d’humains commencent à le souhaiter ?

80
propos rapportés par Arnaud Desjardin dans Ashram,
http://www.youtube.com/watch?v=qhjDGqtLN3s&feature=related
81
En lui évitant en particulier de tomber dans le piège des sectes, mais aussi d’être détourné de la notion d’âme par un
discours trop matérialiste.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


48
L’énergie de ce pilier devrait inspirer progressivement autant les chefs d’Etat que les
religieux ; tous les citoyens, autant croyants que non-croyants. Et peut-être en dernier, tous
ceux qui manient l’argent et usent du pouvoir matériel économique. Car l’énergie centripète
de ces forces enchaîne ceux qui les utilisent à de fausses notions illusoires, même pour le bien
de leurs concitoyens ; et avant qu’elles ne soient utilisées de manière véritablement éthique, il
faudra sans doute bien du temps.

La mutation du matérialisme.
Notre culture depuis longtemps maintenant est essentiellement matérialiste. La
recherche avide de biens de consommation, de confort à outrance, de possessions de toutes
sortes, a conduit les individus dans un cul-de-sac existentiel dont certains cherchent à sortir
sans bien savoir comment. Ne parlons pas des Sages qui ont la clé depuis toujours, mais des
hommes ordinaires que nous sommes.
Un matérialisme autrefois utile.
Au cours des nombreux siècles passés, la superstition, la sorcellerie ont accompagné
en parallèle l’esprit religieux. Pour s’y opposer, l’Eglise, autrefois, à utilisé de méthodes
radicales (Inquisition, bûcher, menaces de l’Enfer,…). Mais le matérialisme fut aussi un moyen
efficace de nier tout ce qui n’était pas tangible et pouvait conduire à la superstition. Avec les
e
Encyclopédistes du XVIII siècle, l’emprise conditionnante des ecclésiastiques à été à son tour
82
mise à mal. On pourrait en retracer le parcours sinueux, mais il suffit au bon sens d’en
reconnaître l’évidence historique. Comme pour toute nouvelle solution qui éclot dans la pensée
de l’homme, le revers de la médaille est apparu et le matérialisme est devenu de plus en plus
dur, jusqu’à la sclérose.
Une nécessaire réconciliation.
En sondant la pensée de contemporains se réclamant du matérialisme, ne voulant
croire à rien après la mort, niant toute puissance divine, on peut s’apercevoir qu’un parcours
personnel les a parfois mené à côtoyer l’irrationnel dans leur famille ou l’environnement proche
(médiumnité, divination, bigoterie, etc. …). Ils semblent se défendre par ce matérialisme, de
tous ce domaine de superstitions qui les a conditionnés et les mets mal à l’aise, reproduisant le
mécanisme historique dont il était question plus haut.
Il y a bien des formes de matérialisme, d’athéisme, d’agnosticisme, de scepticisme. Laissons
momentanément de côté ceux qui ne recherchent que la jouissance insatiable égocentrique des
biens matériels et intéressons-nous aux individus qui se disent matérialistes, sans nous perdre
dans les méandres des multiples écoles83. L’attitude des individus se résume toujours par le fait
qu’ils se sentent « en dehors », étrangers, séparés des croyances ou de la foi des autres ; et ils
ne peuvent pas, un instant, se mettre à la place de l’autre pour observer scientifiquement une
pensée qui leur est étrangère. C’est un peu comme une personne assise sur le bord du chemin
qui voit passer un groupe d’individus en fête, et qui ne parvient pas à se joindre à eux.
On trouve dans ces cas un antagonisme intérieure qui produit une autre fracture relationnelle,
sociale : le laïcisme. Comment les matérialistes pourront-ils en sortir dans la civilisation à
venir ?…

Développer l’esprit d’investigation.


Le prosélytisme religieux ne peut atteindre ces matérialistes. Mais la part grandissante
des populations s’ouvrant aux courants spirituels peut les amener à avoir le désir d’investiguer
scientifiquement la métaphysique et l’irrationnel. Au début, cela ne peut leur donner les
« preuves » souhaitées, mais le matérialisme n’en sera-t-il pas effrité, comme tout ce qui
appartient à l’ancien monde ?…

82
Lire à ce propos Le bon sens du Curé Meslier, 1972, attribué au baron d’Holbach.
83
Écoles Matérialiste : éthique, scientifique, historique…, Scientiste, Rationaliste, Athéiste, Agnostique, Cartésianiste,
Sceptiques ; et leurs CONTRAIRES : Idéaliste, Irrationaliste, Déiste etc. qui entretiennent la dualité de la pensée en
perpétuant la séparativité (c’est-à-dire l’état de celui qui ne parvient pas à se relier à sa part transcendante et agit en
conséquence ; c’est un être « fracturé », disharmonieux qui ne peut par définition aider son prochain à se réconcilier avec lui-
même. Les « fossoyeurs » de la civilisation sont dans ce cas).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


49
L’approche scientifique du divin par le célèbre yogi Paramhansa Yogananda, dont le succès
est encore mondial, bien après avoir quitté son corps, est une prémisse de ce que peut tenter
expérimentalement chacun sur lui-même. Mais il y a aussi d’autres approches84.

Le balancier de l’Histoire peut faire penser raisonnablement qu’à une longue période
de matérialisme, puis de désaffection de la religion traditionnelle, succédera un retour au divin
en l’homme…

La métaphysique conduit immanquablement à une compréhension rationnelle de la


réincarnation et du karma.
Nous avions noté précédemment les propos du Dalaï-Lama ; POURQUOI le sens de
notre existence est-il modifié par l’adoption de la notion de réincarnation ?
Le karma ou loi de cause à effet — indissociable de la notion de réincarnation dans la
pensée traditionnelle — développe en nous la notion de RESPONSABILITÉ. Or nos sociétés
nous éduquent de plus en plus à cela, contrairement à l’antique conception du bouc émissaire.
La science, la cybernétique, la loi, et même le (bon) management appliquent ce principe.
Il ne reste qu’à sauter le pas et considérer que ce que nous ne pouvons pas récolter — en bien
comme en « mal » — dans une seule existence, nous le retrouvons au cours d’un parcours qui
défie le temps. Notre Âme en conservant la « trace comptable ». C’est la notion de
RÉINCARNATION.
La croyance raisonnée, non superstitieuse, en la réincarnation libèrera la civilisation à
venir de la PEUR DE LA MORT, de la RÉVOLTE AUTODESTRUCTRICE CONTRE
L’INJUSTICE, du DÉSIR FRÉNÉTIQUE qui ne peut jamais être comblé et qui est source
de malheur, et progressivement de TOUTES LES PEURS. Jointe aux sens des réalités
concrètes, cette notion portera l’Occident en avant85.
La peur de la mort s’efface chez celui qui sait qu’il change seulement de niveau de
conscience, et revient s’incarner pour terminer ce qui lui tient à cœur.
Il n’y à plus de notion « d’injustice » chez celui qui comprend que tous nos actes
doivent recevoir leur juste rétribution. Les sentiments de patience, de compassion s’y
substituent.
Le désir frénétique apparaît nettement comme la cause de ce qui nous enchaîne à la
douleur et au malheur. Tandis qu’une juste mesure de satisfaction du corps et des désirs
apaise l’individu et lui fait découvrir le bonheur de l’harmonie. De plus, la peur et le désir
étant les deux faces d’un même état, la peur (de manquer) s’atténue également.
Il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour reconnaître ces évidences. Mais il faut
beaucoup de temps pour les intégrer dans notre personnalité et notre vie quotidienne.
Les individus qui n’en peuvent plus de ce « VIDE EXISTENTIEL » dans lequel ils
vivent sont condamnés à chercher une explication plus rationnelle que la simple croyance
d’autrefois en un Paradis (et un Enfer).
Pour le moment, cette notion de réincarnation se heurte encore en occident à de nombreux
obstacles qui peuvent être récapitulés ici :
« Le poids négatif de l’inconscient collectif.
Certains aspects de l’inconscient collectif s’opposent à cette notion de réincarnation :
- La pensée matérialiste
- La peur de l’inconnu.
- Le scepticisme.

84
Nous reparleront du problème que peuvent présenter la pullulation de sectes depuis une soixantaine d’années, à propos du
pilier VI sur la religion.
85
L’Orient aura parallèlement a développer le sens pratique de l’action jointe à la méditation, disent les philosophes.
On peut observer par exemple des pionniers de ces deux courants : la sagesse introspective de la connaissance de Soi
apportée par l’enseignement de swamis de l’Inde à l’Amérique ; tandis que la notion d’amour en action était démontré par
Mère Thérésa, à l’Inde, par exemple.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


50
- Le « laïcisme ».
- L’inculture prononcée de certains peuples comme les Français, concernant la philosophie
védantique et ses prolongements occidentaux 86, et l’ésotérisme en général.
- L’inculture concernant la trinité : CORPS, ÂME ET ESPRIT, bien que cette notion appartienne
à toutes les traditions religieuses.
- La tendance actuelle, à cultiver le jeu destructif d’une pensée duelle (« polémique »), qui
entretient le doute et la confusion émotionnelle.
- La position paradoxale de l’Eglise sur la réincarnation.
« L’église ne s’est jamais prononcée pour ou contre le concept défini par le mot moderne de
réincarnation. Elle laisse à chacun la possibilité d’y croire ou non. » (Un père dominicain,
Docteur en théologie). Pourquoi nombre d’ecclésiastiques font-ils « croisade » contre la
réincarnation au profit « sectaire » de la résurrection ?
Des explications peuvent, peut-être, être données par l’Histoire :
- La croyance en la réincarnation dissuaderait les fidèles de faire des efforts pour leur salut —
maintenant —, les reportant à une autre existence ! …
e
- La condamnation, au XIX siècle, de l’Église catholique par la Théosophie, d’avoir commis le
plus grand péché contre l’humanité : empêcher les croyants de penser librement, en utilisant la
peur (infaillibilité du Pape, culpabilité, péché, enfer, excommunication… et un temps, le
bûcher !). Ce fait historique semble avoir été soigneusement occulté !…
Selon la loi de l’action-réaction, l’église s’est défendue par une « mise à l’index » morale de
tous les ouvrages théosophiques et apparentés, et des idées professées par ces groupes.
Et cet antagonisme, comme l’a démontré C.G. Jung sur un plan global, s’est inscrit dans
l’inconscient collectif du groupe des ecclésiastiques, auquel certains membres contemporains
restent prisonniers. Cet ostracisme envers l’occultisme en général, déborde d’ailleurs de la
seule sphère catholique.
- Un contresens de l’évolution : la métempsycose. Associée communément celle de
réincarnation. »87

Mais la transmission d’un des flambeaux de la Civilisation Orientale vers la


Civilisation Occidentale est notée par biens des penseurs, et peut être observé par le chercheur
objectif qui s’est libéré d’un certain nombre de conditionnements de la société moderne. Et
comme il était noté plus haut, les peuples, instinctivement, se familiarisent avec ces notions88.
Il arrivera immanquablement un jour où elles seront EVIDENTES au plus grand nombre.
Il ne sera sans aucun doute pas besoin de prosélytisme en cette matière. Comme c’est
le cas en matière religieuse. Il suffira que ces conceptions soient le plus largement exposées et
rationnellement expliquées pour que l’adhésion se fasse librement. Et fassent tache d’huile
dans la conscience collective. L’évidence se substituera à la croyance.

Un certain nombre de progrès seront la conséquence naturelle de ces valeurs


éthiques amenées par les pionniers de la Civilisation, parmi lesquels :
La grande École du Monde
La compréhension profonde de la réincarnation mène à la tolérance en comprenant
notre identité relative. Tous les êtres vivants ne se sont pas incarné en même temps (si l’on
observe la démographie historique) et ne se réincarnent pas en même temps ; de ce fait leurs
expériences, leurs niveaux de conscience sont à des étapes différentes, en apparence…
Comme si le Monde était une immense École, où les individus se répartissaient sur un
éventail allant de la maternelle à la Faculté et à l’agrégation !…

86
Que l’on retrouve dans l’enseignement des indous qui sont venus en Occidents, mais aussi dans la Théosophie au XIXe
siècle et son prolongement plus moderne au XXe siècle avec l’œuvre d’Alice Bailey, etc.
87
extrait de : REINCARNATION ET RESURRECTION Définitions pour démêler les fils. Pierre Le Maschere, Scribd ;
Article complet à l’adresse : http://www.scribd.com/doc/15587279/REINCARNATION-ET-RESURRECTION
88
Par exemple, il y aurait plus d’un million de sympathisants bouddhistes en France, qui tous reconnaissent cet
enseignement. Et cela est assez récent !…

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


51
Tous les êtres sont égaux, mais pas dans la même classe à un instant donné. Avec le temps, ils
atteindront tous les plus hauts degrés et seront tous pairs. Voilà de quoi être tolérant envers
notre prochain, qu’il soit vieux, jeune, « intelligent » ou « sot»89 , blanc, jaune, noir, rouge,
homme ou femme, etc. …L’age physique n’a bien sûr rien à voir avec l’age psychologique ; il
est de vieilles âmes dans des corps juvéniles, dit-on.

Une Civilisation à venir retrouvant son Sens.


Ce sens résulte d’une pensée libre.
Les solutions aux grandes questions que l’individu se pose ne peuvent provenir d’une
philosophie scolastique, marquée par un intellectualisme matériel, qui a son utilité par
ailleurs90, mais d’une Civilisation à venir se connaissant elle-même.
Cette connaissance a explosé au siècle dernier par celle d’un soi matérialiste, avec
les écoles psychologiques et ses trois principaux courants : freudien, adlérien, jungien. Elles ont
participé à la vulgarisation de bien des notions utiles, et ont permis de commencer à dégager
les peuples d’un sens conditionnant de culpabilité, de dévalorisation et de sexisme. Mais ces
écoles ne parviennent pas encore à intégrer une dimension métaphysique. Elles restent d’autre
part très étrangères, sinon rivales, entre-elles, ce qui est un comble pour des mouvements
prônant les déconditionnements de toutes natures !…
D’autres courants de penser, moins matérialistes, depuis plus d’un siècle, viennent
cependant s’amalgamer en quelque sorte avec les conceptions philosophiques de la
conscience collective. C’est tout ce que recouvre le terme d’ésotérisme. Et à la psychologie
traditionnelle s’ajoute une autre branche qui inclue la notion d’Âme et d’Esprit : c’est la
psychologie ésotérique, encore peu connue, bien que d’accès facile à toute personne qui le
cherche. Elle renoue le fil avec la psychologie sacrée des écoles antiques dont un des fleurons,
la mythologie, est parvenue jusqu’à nous.

Une Civilisation à venir sans peur et sans douleur.


À mesure que les peuples se dégageront de l’avidité des sociétés de consommation,
par dégoût, par prise de conscience de ce qui nous rend réellement heureux, ou par nécessité,
le couple pervers avidité-peur perdra de sa puissance conditionnante. Ce n’est sans doute pas
encore pour demain, mais bien des mouvements précurseurs que nous avons tous à l’esprit ont
émaillé le XXe siècle, avec leurs excès91.
Nous avons vu plus haut l’impact sur la disparition de la peur d’une reconnaissance de
la notion de réincarnation. Une meilleure compréhension du mécanisme de séparation de
l’âme et du corps physique, avant qu’une mort contrôlée92 ne devienne possible dans un
avenir très lointain, permettra d’appréhender sereinement cet événement que nous traversons
régulièrement d’age en age, mais dont nous n’avons qu’une mémoire inconsciente !…
Nous verrons à propos du pilier III suivant, ce que les activités des hommes pourront
purger de leurs comportements pour y faire disparaître l’anxiété déversée en continu dans les
sociétés.
La culture de la douleur mise au rancart.
La culture de la douleur physique « rédemptrice » est l’héritage de vingt siècle de
culture judéo-chrétienne. Qu’elle ait eu son utilité pour « assouplir le cuir » des égoïstes
forcenés peut se comprendre, mais le balancier de l’Histoire devrait mettre au rancart cette
notion.
Cela a d’ailleurs commencé. La première douleur qui est visée est la douleur physique. La
science de l’anesthésie a fait de très grands progrès depuis une cinquantaine d’années. Depuis

89
Il est de notoriété publique de Einstein n’étais pas un bon élève.
90
En particulier de préparer les citoyens à la pensée abstraite. Et d’être la mémoire culturelle des grands courants de pensée.
91
Mouvement hippie, révolution de mai 68, new age, etc. …
92
Apanage des plus grands Sages et des plus grands yogis.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


52
encore moins de temps, à peine deux décennies, la médecine se préoccupe de développer des
centres anti-douleur !… Mais il y a encore bien à faire.
La disparition de la douleur morale suivra chez tous les individus réconciliés avec eux-mêmes
et avec les autres…

II TRANSMISSION DE L’IDÉAL AUX PLUS RÉCEPTIFS


L’éducation de la Civilisation à venir.

Former les jeunes citoyens du monde


L’enseignement des jeunes, plus réceptifs, ne se doit-elle pas de développer un
esprit libres, un sens de la fraternité, et d’égalité quelque soit la classe sociale, l’origine.
Évitant à l’avenir l’intolérance, le racisme, la violence. Si l’on observe les faits, du bon travail
a été accompli depuis la dernière guerre, mais aussi beaucoup de vieilles habitudes restent à
dépasser.
Il paraît évident que l’objectif de l’enseignement à cette période d’entrée dans la
mondialisation, est de former les jeunes citoyens du Monde. Pour cela, il est essentiel de leur
donner des bases de réflexion libre, d’autonomie, afin qu’ils établissent eux-mêmes de justes
relations humaines, seules capables d’éviter les guerres. Un bon sens critique devient de plus
en plus possible grâce à l’accès à toute l’information que procure la révolution Internet ; et
évite aux enseignants de répandre des idéologies de toutes natures93.

Quelques préceptes et sujets éducatifs.


Chaque pays à ses propres programmes éducatifs qui lui conviennent.
Cependant, quelques principes ne seront-ils pas utiles pour tous dans la Civilisation sans
peur … à venir ? :
- Remplacer la compétition (perdant/gagnant) par l’émulation (ludique) et la coopération
(partage). Le développement de l’orgueil égoïste chez les enfants « gagnants » et le
manque de confiance en soi chez les « perdant » serait ainsi évité. La confiance en soi
éliminera les attitudes de défi, de révolte, dont la source est un complexe d'infériorité.
- La « sanction » d’un baccalauréat pourrait être avantageusement remplacée par la
réalisation d’un « chef d’œuvre », un peu comme dans la tradition des compagnons.
- Réduire l’enseignement de l’économie aux seules bases de l’économie humaniste (voir au
chapitre suivant). Comme on le reconnaît pour le Droit, l’enseignement de l’économie
nécessite également une maturité et une expérience professionnelle préalable pour être
correctement assimilé et appliqué.
- Donner les bases de la psychologie des motivations, en l’appliquant en particulier à la
publicité afin de désamorcer son impact obsessionnel, et la ramener à une information plus
utile94.
- Donner les bases de la psychologie des projections ( du masculin et du féminin en
particulier) au travers de l’analyse du cinéma afin de dégager les principes d’une meilleure
communication interpersonnelle.
- Enseigner l’histoire en mettant en lumière les causes et les effets. Dégageant ainsi les
enseignements porteurs et les causes des catastrophes. Mais sans une connaissance de soi,
de nos propres pulsions et conditionnements, les leçons de l’histoire sont de peu d’effet !

93
Notons au passage que certaines contre-idéologies professées ne sont pas d’une autre nature (culture de la repentance et du
faux pardon, imposé sans contrepartie équitable des préjudices ; relecture de l’histoire au travers de la sensiblerie
contemporaine, et insistance exagérées sado-masochistes sur les périodes sombres, etc. ).
94
Une émission télévisée, Arrêt sur image, a tenté cela avec des élèves de collèges. Mais elle a été évincée, sans doute
victime des lobbys de publicitaires et d’annonceurs, et se cantonne à Internet. Une autre émission télévisée Culture Pub en
revanche est à la gloire de cette technique, et non à son éclairage sous l’angle de la manipulation.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


53
(On pense par exemple à la persistance des groupes néonazis ). La connaissance de
l’histoire n’est qu’une pierre, certes importante, de l’édifice d’une personnalité.
Une étude des manipulations de l’histoire devrait développer le sens critique95.
- Donner une étude comparative des similitudes de toutes les religions, des grandes figures
spirituelles, des Mythes grecs, afin de dépasser le laïcisme sec et sans âme et autres
sectarismes.
- Enseigner la démarche de la pensée scientifique, permettant d’élever l’esprit au-dessus de
l’émotionnel96.
- Enseigner l’art de la parole (Grecs antiques), et l’art de l’écriture.
Tout cela en plus des autres matières traditionnelles : calcul, orthographe, mathématique, art
(développant l’émotion artistique), principes de santé, géographie, informatique, etc.
Des enseignants libres.
Pour former des élèves libres, les enseignants doivent l’être tout d’abord. Libres des
idéologies, libres des partis, libres des églises… C’est-à-dire capables d’en parler de manière
scientifique et d’en discerner les aspects positifs comme négatifs.
De nombreux penseurs envisagent déjà depuis longtemps de tels principes
pédagogiques et l’instauration d’une Civilisation métaphysique entraînera obligatoirement des
changements dans les objectifs et les méthodes éducatifs.

L’école mondiale des adultes.


La réduction des grands clivages de tous ordres97, dans la civilisation qui s’éteint, met
les adultes à bonne école.
Ce pilier de l’éthique et de la métaphysique, en réconciliant les hommes, laisse à chacun une
juste place pour participer à l’édification d’une CIVILISATION FRATERNELLE, où la
liberté et l’égalité auront un sens vivant.
Le lecteur est, plus que par tous les autres piliers, concerné par celui de l’éthique et de
la métaphysique. S’il veut imaginer ce que peut être la Civilisation sans peur à venir, il doit
se demander en son for intérieur ce que les idées exposées ici ont comme résonnance
profondes pour lui et quelle signification il leur donne…
Il doit dépasser le sentiment d’impuissance que chacun peut éprouver lorsqu’il est confronté à
un idéal qui lui semble impossible à atteindre, en RELATIVISANT LE TEMPS : une
Civilisation se bâtit pierre à pierre. Il lui faut maintenir fermement sa propre vision au-dessus
du tumulte des pensées contemporaines destructrices.

*
* *

95
Comme Marc Ferro le fait dans son livre COMMENT ON APPREND L'HISTOIRE AUX ENFANTS.
96
L’émotionnel n’est pas en soi une « tare ». C’est son emploi systématique qui en devient une !
97
idéalistes / réalistes — internationalismes / sympathies sélectives entre nations — capitalistes / ouvriers — politiques
partisanes — fanatismes religieux —isolationnistes, etc.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


54
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

3 DE JUSTES RELATIONS HUMAINES


— LE PILIER DE LA PENSEE APPLIQUEE AUX ACTIVITES DE LA CITE —

Les réflexions sur les théories économiques, financières, sur les différents secteurs de
l’économie : agriculture, industrie, commerce, secteur tertiaire ; les méthodes publicitaires, de
communication, les méthodes de (des)information ; l’histoire des techniques ; l’alimentation,
etc. sont de l’ordre de la CULTURE. Si nous voulons comprendre le contenu de ce pilier de la
pensée appliquée aux activités de la cite, l’attention doit se concentrer sur les causes
profondes concernant la construction de justes relations humaines pour libérer l’économie ; et
la maîtrise de la communication par la pensée libératrice.

Le socle de l’ÉGALITÉ.
L’ ÉC O N OM I E LI B ÉR É E D U M A R K E TIN G D E L A P EU R
Le marketing à toutes les sauces
Le marketing de la peur
1.DE L’ÉCONOMIE A LIBÉRER, A L’ÉCONOMIE JUSTE… CE QU’IL FAUT !
Pourquoi cette obsession économiste universelle ?
L’argent au cœur du matérialisme !
Émergence d’une troisième conscience économique.
Une économie humaniste.
2.LES ANTIDOTES A L’ÉCONOMIE DÉRÉGLÉE.
L’opinion publique s’émancipe rapidement en contre-pouvoir.
Contrepoisons.
LA COMMUNICATION MAITRISÉE PAR LA PENSÉE LIBÉRATRICE
Libérer la culture de la chimère émotionnelle.
De la désinformation permanente, à l’échange informatif vrai.
De la chienlit des mots indisciplinés, à la discipline de l’écoute.
Les joutes verbales.
Rien ne peut se faire sans la bonne volonté.
L’humanité UNE, dans sa riche diversité.

Autant la pensée abstraite est la caractéristique du pilier II précédent, autant la pensée


concrète est ici à l’œuvre.

Le socle de L’ÉGALITÉ
"J'ai dit l'égalité. Je n'ai pas dit l'identité."
Victor Hugo
"L'égalité n'existera que lorsque chacun produira
selon ses forces et consommera selon ses besoins."
Louis Blanc

Ce principe d’ÉGALITÉ est un socle du pilier de la pensée appliquée aux activités de


la cité. Il permet d’établir comme nous l’avons vu de justes relations humaines.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


55
Le génie de l’homme pour la Civilisation sans peur… à venir, reposera sur ce socle de
valeurs acquises dans la Civilisation précédente.
Nos sociétés s’enorgueillissent de « combats pour l’égalité » : devant la justice,
devant l’impôt, de l’homme et de la femme, raciale, des chances, d’accès aux grandes écoles.
Des ligues des droits civiques ont germé partout ; une Déclaration universelle des droits de
l'homme a vu le jour en 1948, etc. … Et ce n’est pas fini.
Mais parfois en oubliant qu’égalité de vaut pas dire identité. A vouloir niveler toutes les
inégalités, les groupes et les institutions deviennent parfois inégalitaires par leur exaltation
intolérante ! Les hommes sont égaux en essence, mais manifestent des différences de bien des
façons. Leurs besoins, leurs désirs, leurs aspirations ne sont pas identiques. Le monde
commence à l’admettre !…
Vers quoi s’oriente ce principe d’égalité dans la Civilisation à venir ?
Une grande réalisation fut menée à bien au milieu du siècle dernier pour l’égalité de la
santé pour tous : la Sécurité sociale. Il est évident que d’autres suivront.
Depuis peu on commence à parler d’une « modernité métisse »98 pour signifier cette
reconnaissance d’une diversité multiculturelle, à égalité.
Mais l’égalité ne pourra véritablement s’établir que lorsque le principe de dualité se
transformera en mode ternaire, c’est-à-dire plus concrètement lorsque les conflits
émotionnels seront dépassés et maîtrisés par la pensée ; sinon on confond égalité et identité
dans un amalgame émotionnel.

Sous l’angle de ce pilier, si le lecteur regarde — symboliquement — du haut du mont


Olympe, les nations actuelles apparaissent comme une myriade de ruches dans une
effervescence insensée.
Le nombre d’activités est tel qu’il est impossible de toutes les aborder.
Pour la Civilisation à venir, certaines apparaissent comme le chant du cygne de la civilisation
défunte, tandis que quelques autres sont les prémices d’un monde apaisé.
Les individus, autour de ce pilier, résolvent une multitude de problèmes techniques résultant
de l’activité des groupes. Ils développent un savoir-faire99 par l’application d’une pensée
concrète, ingénieuse, habile. Ce savoir-faire constitue la richesse des cultures en permettant
une adaptation utile aux besoins pratiques de l’humanité.
Il faut particulièrement se souvenir ici de ce qui a été dit à propos de la 3e guerre mondiale
financière pour élever la réflexion.
Pour comprendre comment ces activités humaines pourront muter, prenons simplement deux
sujets du terreau de la culture contemporaine en crise, en les examinant de l’intérieur.
Nous aborderons ici le mécanisme de balancier essentiellement à propos de :
l’ÉCONOMIE, et la COMMUNICATION. La première concerne la matière ; la seconde, la
pensée. Les deux étant étroitement liées.
Parmi les différentes branches de l’économie, il faut en citer une : le marketing.Voyons ce
marketing mis à toutes les sauces répandre ses peurs. Essayons de comprendre comment
l’économie peut devenir plus humaine en réajustant le pouvoir de l’argent dont il a été
question à propos de la troisième guerre mondiale financière. Observons les mécanismes
autorégulateurs de la civilisation qui produisent les antidotes nécessaires à un rééquilibrage de

98
J. C. Guillebaud, atlas des civilisations, opus cité.
99
À propos du savoir-faire il est à noter une intéressante dégradation à la fois du vocabulaire et de la compétence des
personnes. On parle depuis peu, au lieu de savoir-faire : « d’expertise ». Ce terme provient de la prolifération de « cabinet
conseil » qui utilisent un mot de jargon pour dorer leur blason, comme s’ils ne se sentaient pas assez sûr d’eux-mêmes. Le
savoir-faire, mot juridiquement exact pour désigner une compétence spécifique justiciable d’une contrepartie financière dans
des contrats de licence, par exemple, est sans doute jugé trop archaïque par les dirigeants des cabinets conseils. Mais en
utilisant le terme « expertise » il détourne le sens premier de rapport d’expertise, donc d’un acte ponctuel, vers une capacité
générale d’un expert ! Le pourrissement de la culture économique actuelle est subtilement illustré par ce terme.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


56
l’économie. Nous survolerons juste ces sujets immenses pour essayer de percevoir comment
ces pierres d’achoppement deviendront les pierres de construction.

L’ÉCONOMIE LIBÉRÉE
DU MARKETING DE LA PEUR.

Le marketing à toutes les sauces.

L e marketing100 ne concerne pas seulement l’économie traditionnelle. Il est mis à


toutes les sauces. C’est une forme de « guerre » des nerfs.
Le marketing, ou l’ensemble des techniques de conception et de mise sur le marché
des biens et services, est une sophistication intellectuelle de rapports humains à
l’origine simples. Comme il est inspiré par l’avidité, la cupidité, l’égoïsme, l’amoralité, et
101
même parfois la malhonnêteté et l’illégalité , cette pratique ne peut que déboucher sur
des échecs à moyen ou long terme, même si à très court terme elle donne l’illusion d’un
succès.
Très rare sont les praticiens qui ont une éthique en la matière ! C’est-à-dire qui
respectent l’intégrité humaine du consommateur d’une part, et qui d’autre part savent
102
laisser à la concurrence une juste place au soleil, au lieu de vouloir tout .
Ce marketing mis à toutes les sauces accélère la décomposition de tous les piliers de la
société :
- Le marketing politique conduit à la langue de bois et éloigne les citoyens des
103
politiciens .
- Le marketing de la charité détourne des sommes d’argent considérables de leur but
104
humanitaire et raréfie les dons spontanés.
- Le marketing religieux, en cherchant à recruter une clientèle, fait du social et oublie sa
vocation religieuse d’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il accélère la désertion des
églises.
- Le marketing de l’art en faisant fi de l’exception culturelle, débouche sur des sous-
105
produits insipides .
- Le marketing téléphonique, comme exemple caricatural de ce troisième pilier concerné
par l’économie, crée des nouveaux esclaves des standards téléphoniques, comme le font
remarquer récemment des observateurs, pour un résultat insignifiant et une irritation
croissante de la population, lorsqu’il croit aller à la pèche miraculeuse aux nouveaux
clients.
- Le marketing « sportif » mafieux.

100
A propos de ce terme marketing, les dictionnaires français proposent souvent de remplacer cet anglicisme par
« commercialisation ». Mais les pratiques ne sont pas les mêmes. Le marketing inclus une notion de manipulation de
l’opinion que ne contient pas le second terme !… Dans les entreprises bien structurées, le département commercial est
d’ailleurs distinct du département marketing.
101
Comme ces yaourts de lait de brebis, dans les années 80, annonçant subrepticement au revers de l’emballage, leur action
contre le cancer, selon les travaux d’un chercheur japonais. Cette annonce fut rapidement interdite tout aussi silencieusement
par le Ministère de la Santé. Mais il semble que cette pratique d’introduire la confusion entre aliment et médicament, repointe
le nez, en toute impunité !…
102
Expression dans une publicité des années 80.
103
On lira dans CHOMEUR : POURQUOI ? une analyse détaillée du co-marketing politique lors d’une élection
présidentielle. Opus cité dans l’orientation bibliographique.
104
Mère Térésa, à un américain lui proposant ses services pour collecter de l’argent, lui répondit en substance : si vous voulez
nous aider, posez votre veste et aidez-nous ici, avec vos deux bras.
105
Dans le domaine du cinéma, Hollywood force la porte des autres nations avec son idéologie de type sinon « totalitaire »
du moins très directive, qui veut imposer ses « standards de pensée » au monde.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


57
L’opinion confond le sport et les jeux du cirque, comme au temps de la décadence
romaine. Les « sports » de la classe des jeux antagonistes opposent violemment des
individus ou des groupes entre eux. A une époque où les peuples développés sont
parvenus à la paix, après deux guerres mondiales, le marketing « sportif » du football en
particulier, a réussi cet extraordinaire inconséquence de dresser à nouveau les
peuples les uns contre les autres, par symbole interposé ! Ce ne sont pas des équipes
qui passent un moment agréable, mais de véritables pugilats mondiaux inter-états qui se
déroulent sous nos yeux depuis l’avènement de la télévision. Ils profitent à des
organisations mafieuses le plus souvent, de l’avis des spécialistes, avec la complicité
d’une partie des peuples de la terre… et des chefs d’état !… Il y a là un paradoxe
effarant ! Le sport, destiné à se détendre, à offrir à la jeunesse un exemple d’éthique
comme à l’époque hellénistique est devenu, par la faute du marketing, un contre-exemple
éducatif et un symbole d’affrontement des nations qui s’inscrit dans l’inconscient collectif.
Il ne faut pas s’étonner des dérives qui ensanglantent périodiquement les stades ni le
rejet des symboles nationaux comme les drapeaux ou les hymnes !…
Comme les jeux sanglants du cirque n’ont pas survécu à la décadence romaine, on peut
penser qu’il en sera de même dans la Civilisation à venir. Il semble dernièrement que les
scandales de l’argent indécent lié au sport réveillent les peuples anesthésiés !… Ceci ne
concerna pas le vrai sport, de détente ou de spectacle, non mercantile, évidemment.
Et les exemples pourraient se multiplier à l’infini.
La conséquence de ces comportements aberrants finit par séparer le bon grain de
l’ivraie. Les consommateurs se détournent progressivement des produits et services proposés
de cette manière artificielle. Bien entendu, des gogos106 seront encore longtemps sensibles au
chant des sirènes !…
Dans une Civilisation éthique, ce marketing ne pourra que devenir lui aussi éthique. Non pas
à coup de charte d’éthique, mais parce que les hommes auront compris que leur intérêt à long
terme rejoint celui des différents acteurs économiques.
À ce jour, malgré les très timides tentatives diverses sous l’influence régulatrice des
consommateurs (commerce équitable, entreprises éthiques, boycott des produits fabriqués par
des enfants,… ), on pourrait douter de cette évolution. Mais le basculement vers d’autres
pratiques peut aller vite, car il ne coûte rien,… qu’une prise de conscience générale.
Dans une Civilisation sans peur à venir fondée sur des rapports humains plus simples, moins
avide de consommer, le marketing n’aura certainement plus de raison d’être dans sa forme
actuelle de pression psychologique sur le consommateur et le salarié107. La restauration de la
qualité des produits, de leur utilité essentielle sera plus en adéquation avec une Civilisation
éthique.

106
Allusion au livre culte de la science-fiction PLANÊTE À GOGO, de Frederik Pohl et C-M Kornbluth, Gallimard, Paris,
1958,qui offre une vision très caustique des pratiques promotionnelles.
Voici un court extrait pour donner le ton ( p. 11) :
“Je n'ai pas besoin de vous dire, messieurs, commença Harvey, que le service de vente a ses
problèmes, lui aussi. C'est à croire que ce gouvernement de malheur est entièrement noyauté par les
« consers »! Vous savez ce qu'ils ont fait ? Ils ont interdit l'emploi des infrasons psychomoteurs dans
la publicité par télépathie, mais nous avons riposté en établissant une liste de mots clefs qui
correspondent à toutes les principales névroses et aux traumas fontamentaux de la vie américaine
moderne. Ils nous ont empêchés de projeter nos annonces sur les vitres des aérocars, mais là encore
nous avons trouvé une riposte. Le laboratoire me dit (…) que nous pourrons bientôt expérimenter un
procédé permettant de projeter directement sur la rétine.”…
107
Une autre façon de dédramatiser est d’introduire une notion de « jeu ». Remarquons au passage que le jeu de l’enfant n’est
pas éloigné du travail. Comme le disait François Dolto, la célèbre psychanalyste de l’enfance : « certains enfants ne disent
pas je m’amuse, mais je travaille ».
Si les adultes savent retrouver le sens du jeu ils acquérront une liberté que le monde économique leur a ravi. On peut
parfaitement travailler en s’amusant… à condition d’ôter la peur. Pour le moment, les conditionnements nombreux
s’opposent à « jouer » dans les entreprises !…

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


58
Le marketing de la peur.
Un problème civilisationnel plus important encore que ce marketing en général,
omniprésent dans nos sociétés, qui cherche — en théorie — à réaliser la juste adéquation
entre la demande et l’offre, est le marketing de la peur.
Observons attentivement la manière de parler en public de tous les acteurs
professionnels, à propos de tous les sujets : dans la plupart des cas, ils dramatisent à outrance
les sujets sans nécessité objective. Cette mauvaise habitude a produit des déviations comme :
la culture économiste, la culture du résultat, la culture du profit, jusqu’à la « culture pub »
sexualiste, la culture des loisirs ( à la fois fuite psychologique de la société et objet de
consommation), etc. …
La culture économiste a pollué et fait dévier également la loi, en produisant la culture
judiciarisée, la culture procédurière…
Or la base de toutes ces cultures imprégnant le monde contemporain est la peur. Elle est,
rappelons-le, l’envers de l’avidité ; cette avidité qui nous fait consommer plus que de raison. Le
marketing mésuse trop souvent de ce qu’il croit en être un « excellent ressort » à la
consommation.
En effet, l’individu plongé dans l’hyperactivité intellectuelle et matérielle de nos contemporains,
que ce soit le monde matériel ou le monde médiatique virtuel, est sans cesse soumis à des
impulsions émotionnelles renforçant ses clivages individuels, donc générateurs d’anxiété et
d’angoisse.
Le « marketing de la peur » est une perversion du mécanisme promotionnel de base désir—
achat, en peur—achat supposé. Des publicitaires incompétents perpétuent inconsidérément,
sans les remettrent en cause, depuis des décennies, ces mécanismes vicieux consistant en
une pratique sadique qui instille la peur chez le consommateur dans l’espoir fallacieux qu’il
achètera le produit par une sorte de « compensation » psychologique. Depuis longtemps des
108
publicitaires intelligents et fins psychologues ont dénoncé cette méthode. Cependant la plus
lourde responsabilité repose sur des annonceurs sans discernement qui se soumettent pieds et
poings liés aux agences qui leur font gober n’importe quoi, sous un verni sophistiqué.

Ce « marketing de la peur » est non seulement à la base du commerce, mais est récupéré par
tous les autres marchands de peur professionnels : santé (peur du tabac), média (téléfilms et
documentaires prétendant dénoncer l’utilisation de la peur, alors qu’ils la renforcent en ne
donnant pas les solutions), politique (les spectres de la droite, la gauche, des extrémismes, du
communisme, du capitalisme…) etc.
Les échanges socioprofessionnels n’échappent pas à cette jérémiade du monde
109
moderne : la culture polémique . D’abord considérée comme un jeu de l’esprit, elle finit par
exaspérer tous nos contemporains qui sont conditionnés à leur tour par ce mode de penser.
La polémique n’est-elle pas l’expression d’une forme de peur ? De se sentir impuissant, d’être
dévalorisé … ?
Aussi, lorsque des émissions font de la polémique leur fonds de commerce, en croyant être sur
un bon « créneau marketing », on se retrouve dans l’arène des temps antiques, en mode
110
virtuel .
Les journalistes ont le pompon ! Les écoles de journalisme enseignent, ou plutôt
conditionnent, les apprentis journalistes à mettre une pincée de peur, de sadisme, d’horreur
vécue, dans toute information ! L’information est devenue le spectacle mercantile de la
111
souffrance humaine. Mais comme l’on sait depuis les Romains de la décadence , les sens
s’émoussent et il faut que le spectacle du cirque soit de plus en plus sanglant… Notons au
108
Une anecdote citée par Vance PAKARD, au sujet du fabricant de bagages Fiberglas est claire sur cette mesutilisation de la
peur par le marketing :" Son agence de publicité le persuada de déclarer (que ses bagages) étaient solides au point de
survivre même s'ils tombaient d'un avion. Quand les affiches montrèrent des gens faisant tomber leurs bagages, les ventes
tombèrent aussi. Les analystes appelés au secours découvrirent que les gens, à la vue de cette réclame, pensaient à des
accidents aériens et que la perspective de la survie de leurs bagages ne les consolaient pas de celle de périr eux-mêmes".
PACKARD V., La persuasion clandestine, Calmann-Levy, Paris, 1958.
109
De polemikos « relatif à la guerre ».
110
Comme cela est vrai également de la « télé-réalité », des « matchs » de toutes natures, et dont la seule survivance
sanglante est la corrida.
111
Titre d’un célèbre tableau de Thomas Couture 1847, symbolisant l’épuisement d’un peuple par l’avilissement des mœurs.
Il fut utilisé à son époque pour signifier la décadence française.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


59
passage que cette tendance à mettre au pilori les pratiques journalistiques revient
régulièrement de génération en génération. Pour introduire une touche d’humour, lisons en note
112
deux descriptions savoureuses de l’art populaire datant des années 30 et 70 .
Il n’y a pas de fin à ce spectacle, sinon par l’anéantissement d’une nation. Les journalistes ne
flirtent-ils pas dangereusement avec la mort en jouant aux apprentis sorciers !
… Mais peut-être y a-t-il une raison ? Nous la verrons plus loin.

Par effet de boomerang d’un marketing mal compris, la peur s’est installée dans l’économie
mondiale.
Par effet de balancier, on peut raisonnablement estimer que la pensée libérera les nations de
ce couple infernal !… Nous verrons comment.

1. DE L’ECONOMIE A LIBERER, A L’ECONOMIE JUSTE… CE QU’IL


FAUT !

Du temps pour autre chose ?…


L’économie : vaste sujet ! De tout temps les hommes échangèrent des biens. Avec
l’ère industrielle, les innovations n’avaient-elle pas pour but initial de libérer les individus des
taches pénibles et de leur donner du temps pour autre chose ?…

112
Ce type de critique de l’information n’est pas nouveau : on se souvient de la tirade — en 1937— de
Fernandel, devenu patron d’un journal, dans le film HERCULE d’Alexandre ESWAY :
"Assez de naufrage, de déraillement et d'assassinat. Moi chaque fois que j'ouvre le journal j'ai le
cœur qui se serre comme un pois chiche" et sur des non-événements qu’il mettrait à la une : « Le
train de Paris-Vintimille n'a pas déraillé » ; « le paquebot Picardie n'a pas coulé hier » …!
Les amateurs de polars ont peut-être relevé ce passage ironique d’un roman des années 70 :
“Moi, l'information, je suis pour. Il faut savoir ce qui se passe, être au courant des affaires du
monde. C'est seulement ainsi que pourra naître un véritable courant de solidarité et de fraternité
entre les hommes. Et il est évident que nous nous comprendrons et nous nous aimerons beaucoup
plus quand nous saurons, par notre quotidien habituel, qu'il y a eu une catastrophe aérienne en
Éthiopie, un incendie à Djakarta, un naufrage en mer du Nord, un coup de grisou en Silésie, une
épidémie de choléra au Honduras, un tremblement de terre au Japon, un ouragan sur les
Caraïbes, une inondation en Hollande, plusieurs avalanches en Suisse, un déraillement de
chemin de fer en GrandeBretagne, un détournement d'avion en Suède, une vague de chaleur en
Inde et une de froid aux U.S.A., sans parler du contingent régulier d'accidents de voiture, de
hold-up, de viols, d'assassinats, d'attentats, de tortures, d'exécutions capitales, d'émeutes, de
révolutions, de coups d'État et de guerres. Là au moins on se sent vivre, on se sent vibrer à
l'unisson avec la planète.
Si, en plus, il y a des photos, c'est le pied. Ah! ces cadavres affalés dans leur sang, ces têtes en
bouillie, ces visages de mères pleurant sur leur enfant mort, ces pendus qui tirent la langue, ces
héros qui posent en tenant à la main le foie d'homme qu'ils s'apprêtent à manger, ces bonzes qui
brûlent, ces pirates en cagoule qui braquent courageusement leurs armes sur leurs otages
désarmés ; ah oui! en voyant tout cela et le reste, comme on y croit, à l'ingéniosité infinie de
l'homme et à la grandeur de son destin! Vive la Terre, messieurs! On n'y trouvera bientôt plus un
mètre carré qui ne pèse son poids de sang ou de désastre. Et c'est quand même vrai, comme dit
l'autre, que jamais une bête n'aurait pu faire ça!
C'est pourquoi l'information qui se trouve à la une des journaux dont l'hôtesse du vol
Washington-Rome m'a donné une brassée me semble si saugrenue, insolite, innocente,
inoffensive, et, pour tout dire, incroyable.” … (Marc AVRIL, Requiem d’avril, Fleuve noir, Paris, 1978, pp. 71-72).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


60
Mais l’avidité des capitalistes (et des consommateurs) dévièrent le cours de l’histoire qui
aurait du aller normalement vers un progrès d’une existence plus harmonieuse.
En pratique, l’opinion est trompée sur le sens de l’économie par un amalgame fait entre les
différentes professions : banquiers, financiers, traders, patrons de multinationales, juristes
d’entreprises… et se demandent de qui vient le mal.
Mais ils ne se demandent pas quels concepts erronés sont à la base de la crise actuelle,
hormis leur propre avidité, à eux, consommateurs ; et la cupidité de tous les acteurs qui
touchent à l’argent, maintes fois dénoncée tout au long de l’histoire.
Quels concepts erronés leur fait prendre des vessies pour des lanternes ? Nous en verrons ci-
dessous.

Pourquoi cette obsession économiste universelle ?


L’économisme, c’est-à-dire cette façon de tout interpréter et expliquer par des
théories économiques est très récente. Les plus jeunes ne s’en rendent peut-être pas compte,
mais jusqu’aux années 80, les peuples ne pensaient pas au travers de cet unique prisme
déformant.
On peut le constater, s’en irriter, le critiquer, le monde entier vit avec cette obnubilation de tout
ce qui touche à l’économie. Comme à d’autres époques de l’histoire des peuples furent
obsédés par : les guerres de conquête, les croisades, la guerre de cent ans, la double guerre
mondiale de 1914-1945, la grippe asiatique ou la peste, la fin des temps… L’économisme du
e
XX siècle n’est en fait qu’une ETAPE de l’Histoire. Étape importante dans laquelle nous
sommes tous plongés jusqu’au cou !
La question la plus intéressante n’est-elle pas de se demander POURQUOI ? À quoi sert-il de
faire tout tourner autour de ces problèmes économiques qui rendent l’humanité si
malheureuse ? Car l’économie est devenue un « problème » et non un simple savoir de
spécialistes qui leur soit réservé.
Derrière ce mur de fumée et de lamentations individuelles et collectives, politiques, syndicales
et religieuses, toutes les idées du pourquoi sont déjà évoquées. Il suffit de les voir.
Comme chacun peut le constater, les richesses mondiales essentielles sont accaparées par
une oligarchie de puissants, qui en mésusent. Or les biens de notre Mère Terre leur sont, dans
une compréhension métaphysique, uniquement prêtés ; elles ne leur appartiennent pas. Les
peuples soumis et spoliés par cette oligarchie de puissants revendiquent leur jouissance, de
plus en plus selon cette idée de bon sens.
L’économisme n’est-il pas le ferment conduisant à la libre jouissance à venir, des biens de ce
monde !
L’économisme est là, comme un « mantra », un leitmotiv113, pour rappeler aux humains leurs
inconséquences. L’opinion publique y est plus que largement sensible. Seuls les sots peuvent
penser que cette opinion n’aura pas raison des puissances capitalistes abusives. Il y a
certainement un juste capitalisme, mais où peut-on l’observer actuellement ?
Lorsque cette juste répartition des richesses sera un fait et non une aspiration,
péniblement mise en œuvre par bien des individus de bonne volonté, l’économisme cessera ;
et d’autres sujets, sans doute plus positifs et motivants, occuperont les citoyens du Monde à
venir.

L’argent au cœur du matérialisme !


Nous ne pouvons pas parler d’économie sans au moins citer encore une fois son vice
primordial.
L’ARGENT, supposé « fluide lubrificateur de l’économie », comme le nomme les universitaires,
est devenu incontrôlable avec les progrès de la science. Ce symbole de l’avidité, du
matérialisme, du pouvoir, de la réussite de l’ego, a été accaparé depuis bien longtemps par des
individus puissants et égoïstes, cherchant à en posséder toujours plus. Il a rongé l’économie
comme un cancer.
Parmi ces CONCEPTS ERRONÉS responsables de tous les dérapages, il y a en
particulier celui qui consiste à considérer L’ARGENT COMME UN « PRODUIT ». C’est un peu

113
Il est amusant, en anecdote, de constater que le dictionnaire Robert donne comme illustration de ce mot : Le leitmotiv de
la « Chevauchée des Walkyries », cette musique guerrière préférée d’Hitler, le grand destructeur de l’ancienne civilisation !

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


61
comme faire du sang un produit commercial ! L’argent est, dit-on, le sang de l’économie. En
créant des « produits financiers », des « produits bancaires » les hommes aux motivations
perverses ont perverti l’économie ! Au point de créer des catastrophes mondiales, dont la toute
dernière crise des subprimes qui a réveillé l’opinion assoupie. Personne ne s’étonne de ces
modernes « produits du mal » ! Les intellectuels prétendent qu’on ne peut pas revenir en
arrière, à la vocation initiale des banques. Mais qu’en savent-ils ?…
De même, en considérant le PROFIT COMME UN BUT en soi, et non comme une
récompense d’une entreprise sainement gérée, les financiers ont pris le pouvoir « occulte » des
entreprises, comme la grenouille qui voulut se faire aussi grosse que le bœuf ! Nous parlons
des financiers en titre ou des autres acteurs qui ont adopté cette casquette.
Il semble bien que l’opinion et les dirigeants du monde commencent à s’attaquer à
cette question financière. Le problème essentiel cependant n’est pas tellement l’ingéniosité
des mécanismes de régulation, que la volonté de sanctionner les abus en agissant sur les
criminels en col blanc par là où ils ont « péché », c’est-à-dire en instituant des sanctions
financières leur reprenant la totalité de ce qu’ils ont essayé de gagner sur le dos des victimes
crédules ; plus une condamnation pécuniaire et pénale réellement dissuasive. Et en n’excluant
pas les complices bardés d’arguties juridiques. Toute la chaîne décisionnelle est
responsable dans une Civilisation éthique !
La culture « libérale » et l’égoïsme pèsent encore lourd dans les comportements des nations
contre de telles pratiques de justice. D’autre part un juste milieu devra être trouvé entre un
comportement totalitaire fort et un comportement libéral laxiste. Là n’est pas chose facile !…
A mesure que la Civilisation deviendra plus éthique, cela sera sans aucun doute possible, avec
le temps. A moins que les catastrophes financières mondiales à répétition ne précipitent ces
mesures…
Ce mouvement de balancier historique vers plus de sévérité est inévitable, seul le temps est
imprécis. Notons que la sévérité n’est pas antinomique avec la vraie Démocratie ; elle en est
le garde-fou.
Pour les ésotéristes, de plus, la justice karmique est inéluctable et s’applique au bon
moment…

Émergence d’une troisième conscience économique.


Si l’on se souvient, par expérience ou par lecture pour les plus jeunes, du niveau
d’existence au sortir de la deuxième guerre mondiale, le progrès technique a
incontestablement apporté de meilleures conditions à tout le monde.
D’autre part, le sens d’une plus juste répartition de la richesse progresse dans les consciences.
Mais alors pourquoi les peuples sont-ils de plus en plus insatisfaits ?…
L’oligarchie capitaliste moderne est l’héritière d’un groupe de pensée qui a persisté au
travers des ages : des barons féodaux du Moyen age, aux groupes d’affaires de l’époque
victorienne instaurant le système des classes. Ils ont ruiné le monde !
Le capitalisme est incontestablement en question sur toute la planète. Mais personne ne sait ce
qui pourrait le remplacer, entend-on souvent. En fait, ne faudrait-il pas poser le problème
autrement ? N’est-ce pas les mobiles des acteurs de l’économie qui sont en train de se
modifier ?
Un PDG qui cherche à satisfaire les besoins justes des consommateurs, à créer un climat
d’harmonie au sein de ses collaborateurs… et ne donne que la juste rétribution à ses
actionnaires, n’est-il pas sur la voie du bon sens, qui conduit à la sagesse ?… Le
consommateur qui se satisfait de l’essentiel pour vivre n’est-il pas plus heureux s’il peut
profiter de la culture qui l’entoure ?…
Mais combien peu ont aujourd’hui cette sagesse !
Pour qu’une Civilisation métaphysique naisse, il est nécessaire que les individus soient
libérés de l’obligation de consacrer tout leur temps, toutes leurs forces à l’obtention du
nécessaire vital. Ce qui est loin d’être le cas ; la famine fait encore bien des ravages, l’eau

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


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manque dans de nombreuses régions, des hommes sont encore obligés de vivre dans les rues,
le chauffage, l’éclairage ne sont pas disponibles pour tous, pays pauvres comme pays riches.
Etc.
L’objectif historique, qui dépasse la petite volonté humaine, n’est-il pas cette RÉPARTITION
ÉQUITABLE DES BIENS DE LA PLANÊTE… à laquelle tant d’intérêts égoïstes et cupides
s’opposent ? N’est-il pas possible de se sentir propriétaire de RIEN ?…
Alors la loi d’action et de réaction est à l’œuvre à tous les niveaux économiques pour que
cesse cette inégalité vitale entre des Frères humains.
Les causes économiques (diminution de la qualité pour une augmentation des profits,
crises bloquant le pouvoir d’achat, etc. ) sont-elles les seules responsables de cette
insatisfaction ?
A la lutte entre capitalisme et travail, une troisième voie est en train d’émerger, qui
réduira le clivage menant irrémédiablement aux guerre. À l’égoïste capitalisme générant par
la loi d’action-réaction la révolte des travailleurs, un courrant de pensée idéaliste et
humanitaire est en train de voir le jour depuis peu. Ce sont les consommateurs qui entrent
timidement dans le jeu. Cette troisième force ou troisième conscience est encore considérée
par les détenteurs de pouvoir comme insignifiante, mais elle progresse à cause des
catastrophes économiques et écologiques qui se succèdent. Tout observateur objectif — et
non pessimiste — peut le reconnaître. Il ne faut pas s’arrêter à l’aspect politique actuel, qui est
un aspect de la culture contemporaine ; ce n’est qu’une prémisse de mutation, porteuse
d’espoir.
Une économie humaniste.
Bien sur !… elle est possible. A titre individuel chacun peut la réaliser en adaptant son
mode de vie à ses vrais besoins… par une meilleure connaissance de soi. À la longue, la
Civilisation pourra la réaliser à travers les changements d’attitude de tous ses citoyens.
Dans la Civilisation à venir, où l’Ethique est un pilier incontournable, ce pouvoir malsain de
certains capitalistes — pas tous — sera sans aucun doute l’objet d’un grand combat qui
dépasse la dimension humaine. L’opinion éclairée, inspirée par des êtres providentiels,
comme l’Histoire en produit régulièrement, sera le seul contre-pouvoir possible. Que le
nouvel ordre mondial soit rapide ou ne vienne qu’après une longue guerre, il est impossible de
le prévoir. Mais l’argent devra revenir à sa juste place de simple facilitateur de l’économie. Le
pessimiste matérialiste n’y croira sans doute pas, mais l’optimiste réaliste peut entrevoir la
possibilité rationnelle…

2. LES ANTIDOTES A L’ÉCONOMIE DÉRÉGLÉE.

Pour cette œuvre de mutation, bien des forces sont engagées dans la bataille : l’opinion
éclairée de consommateurs comme nous l’avons vu, et des contrepoisons économiques.

L’opinion publique s’émancipe rapidement en contre-pouvoir.


Revenons un instant à cette opinion publique. Pouvoir et contre-pouvoir sous-
entendent un rapport de force qui par essence est un couple duel faisant résonnance au
couple avidité-peur.
La conscience du pouvoir de l’opinion publique est relativement récente en tant que
concept, bien que très ancienne dans son utilisation. Elle date du XVIIIe siècle où elle fut
utilisée pour la Révolution française114. Si certains cherchent toujours à manipuler l’opinion,
le développement considérable de l’information et de la communication permettent de moins

114
Lire par exemple : Comment on fabrique l’opinion, Maurice Talmeyer, Lib. académique Perrin, Paris 1905.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


63
en moins de le faire. C’est par l’expérience des mensonges, des tromperies, des « prêchi-
prêcha » en contradiction avec les actes, qu’elle s’émancipe de l’obscurantisme.
Elle devient un véritable contre-pouvoir spontané aux comportements répréhensibles c’est-à-
dire ceux qui contraignent l’humanité ou l’abaisse.
Le lecteur pourra trouver dans un autre ouvrage l’analyse du rôle de l’opinion à propos du
chômeur et de la société (ce texte est disponible librement). 115
Dans la Civilisation à venir il est évident, à la lumière de l’évolution rapide de cette
Force de l’opinion, que la volonté de pouvoir, d’asservissement d’une minorité sur une
majorité, trouvera de plus en plus son Maître qui lui liera les mains ! Cette opinion sera de
moins en moins manipulable à mesure que la pensée s’éduque et de la naissance du sens
éthique chez les individus qui reconnaîtront leur dimension métaphysique. L’opinion
instinctive évolue vers une opinion éclairée. Cette évolution naturelle est observable
actuellement.

Contrepoisons.
Chacun sait par expérience, de cause à effet, que tous ces mauvais comportements
économiques des professionnels causent de grandes souffrances.
La nature psychologique humaine n’échappe pas, comme le règne végétal et le règne
animal à la loi d’adaptation et de production d’anticorps. Lorsqu’il apparaît un phénomène qui
va à l’encontre du Bien, du Beau du Vrai, ou de toute autre formulation que le lecteur voudra
ajouter, et crée un DÉSÉQUILIBRE, un mécanisme automatique naturel entre en jeu pour le
réguler. La pensée humaine n’y a qu’une part limitée !…
Parmi ces antidotes, qui sont autant de prémices positives pour l’avenir, chacun peut observer
les suivants :
Crises économico-financières cycliques.
Inutile d’y insister, c’est le vécu quotidien des habitants de cette planète,
particulièrement depuis 1929.
Chômage.
Par son mécanisme d’anticorps, le chômage ralentit l’économie, crée un « complexe
inconscient de culpabilité » chez les non-chômeurs et un complexe de dévalorisation chez
les chômeurs, tous deux créant des clivages psychologiques destructeurs des valeurs. Dans
un autre ouvrage116, ce mécanisme est étudié en détails, aussi nous ne le développeront pas
ici.
Suicides professionnels.
De tous temps il y eut des suicides au travail. Mais la presse amplifiant le phénomène
dernièrement, l’opinion tout entière s’émeut des pratiques scélérates de ces « manager sans
âme » !…

115
Lire une analyse de l’opinion à propos du chômage dans CHOMEUR : POURQUOI ? opus libre, cité dans biblio.
Voici le contenu du chapitre : http://chomeurpourquoi.toile-libre.org/P3_CH2_EDUQUER_OPINION.htm
Partie III - CHAPITRE II. — ÉDUQUER L'OPINION PUBLIQUE.
Malheur au vaincu.
LE CHÔMAGE EST AU CONFLUENT DE DEUX OPINIONS PUBLIQUES.
L'ÉMANCIPATION DE L'OPINION À PROPOS DU CHÔMAGE : Le regard orienté des Français sur le chômage. —
L'inquiétude face au chômage. — Les causes du chômage. — Les solutions au chômage. — L'indemnisation du chômage
& la solidarité. — Les risques du chômage. — La confrontation personnelle avec le chômage. — Esquisses de
transformations, dans l'ombre de l'opinion. — Vision économique et vision humaniste. — Formation ou besoin plus
secret ? — L'opinion apprend aussi. — Le manège des influences réciproques. — Se dépêtrer des sondages. — L'antidote
de la pensée.
ET SI L'OPINION FAISAIT AUSSI LA GRÈVE ? : Inverser les priorités sur les causes, non sur les effets. — Aurions-
nous perdu notre âme d'enfant ?
116
CHOMEUR : POURQUOI ? Idem ci-dessus.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


64
On peut s’attendre, sans doute assez rapidement si la loi s’y applique avec fermeté et
persévérance, à passer du management anxiogène destructif au management réducteur
d’incertitude, base fondamentale d’un bon management interindividuel.
Actes terroristes sanglants.
De tous temps il y eut des attentats terroristes. Par exemple, au moyen age on
connaissait la secte des assassins.
Mais maintenant les actes terroristes sont tournés plus particulièrement vers le capitalisme.
L’attentat du 11 septembre à New York a marqué tout un peuple de stupeur, au-delà de
l’exprimable. L’Amérique s’interrogea — une fraction de seconde — sur sa propre
responsabilité117. Et aussitôt une chape de plomb tomba sur les consciences. La chasse au
bouc émissaire commença… est n’est pas terminée. Elle n’y a pas fait grand chose. Mais
il est inutile de s’étendre sur cette actualité encore trop chaude.
L’économisme, le financiarisme.
Nous ne cessons d’en parler. Les citoyens ne peuvent ouvrir un journal, le poste, sans
qu’il ne soit question de problèmes économiques, sur un mode dramatisé à l’extrême.
Encore une fois, il n’en était pas ainsi il y a quelques décennies… Comme si la cocotte-
minute allait exploser ! L’opinion publique arrive à un niveau de sursaturation émotionnel
et devra, tôt ou tard, évacuer cette tension intolérable orchestrée par un journalisme-
spectacle. Cette prémisse est peut-être la plus significative d’une amorce de mutation du
monde.
Une « télévision poubelle »
Le nombre d’émissions de télé-réalité, de « télévision-poubelle » (Trash Tv) ou de
« cage à rats » comme elles sont appelées, ne fait que croître depuis peu118. Elles renvoient
les spectateurs à ses instincts les plus destructeurs et offre à l’opinion une image de soi qui
sera insoutenable à la longue, à mesure que les sociétés prendront conscience que ce
spectacle est une image de leurs comportements socio-économiques. En attendant, les
« porcs se repaissent dans leur fange sur l’île de Circé » comme l’enseigne la mythologie
grecque d’Ulysse !…
Le lecteur trouvera lui-même d’autres antidotes à cette économie déréglée. S’il ne se
révolte pas, en comprenant qu’ils sont le simple terreau culturel et les prémices d’un
RENOUVEAU, il conservera alors l’attitude saine du spectateur impassible et engagé119,
du spectacle.

117
Le lendemain du 11 septembre à New York, quelques radio et télévision ont fait part de l’opinion de certains américains
en quête de compréhension de l’incompréhensible sur la co-responsabilité de l’Amérique dans ces attentats. Mais deux jours
après, plus rien ! Seul les publics attentifs s’en souviennent peut-être. Pourquoi les journalistes n’ont-ils pas relayé plus
longtemps et plus en profondeur cette interrogation ?…
118
Elles ont eu UN seul ancêtre en France, dans le début des années 60, à la radio. Mais l’esprit moral prévalait encore un
peu en ce temps là, et tous les participants démissionnèrent au bout de quelque semaines pour qu’un seul gagnant ne le soit
pas au détriment des autres perdants ! Les personnes d’au moins soixante ans s’en souviennent sans doute.
119
Référence au titre du livre de Raymond Aron, Le spectateur engagé, Paris, Julliard, 1981.

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65
LA COMMUNICATION MAITRISÉE
PAR LA PENSÉE LIBÉRATRICE

L e deuxième exemple de ce pilier III de la pensée appliquée aux activités de la


cite concerne une Civilisation de communication.
Depuis les lointains signaux de fumée et de feux, puis le télégraphe
manuel, le téléphone, la radio, la télévision, le télétype, le bélinographe, le fax, le portable, le
courriel … Quelle d’évolution ! Sans oublier les moyens de transport qui rapprochent les
hommes.
Le XXe siècle a été une grande rupture civilisationnelle en terme d’accélération des
communications multiformes.
Dans cette Civilisation de communication les individus échangent en particulier des pensées.
C’est ainsi que les cultures s’enrichissent. Il est certain que la Civilisation à venir ne peut que
suivre cette tendance à communiquer, non pas nécessairement plus, mais MIEUX ; car plus
consciente d’elle-même et de ses valeurs ; plus maître de sa pensée.
Comment ce mieux penser peut-il s’instaurer dans la Civilisation à venir ?
Non pas avec des « petits trucs », mais en se libérant du mirage émotionnel, en se libérant
d’un complexe d’infériorité, en apprenant à écouter. C’est alors que de justes relations
humaines peuvent s’établir et se répercuter sur toute la culture d’une époque.
C’est grâce à une pensée analytique, scientifique, éclairée que la Civilisation sans peur à venir
se libérera de son plus mortel ennemi : l’avidité. C’est en fait son seul vrai problème, à
l’origine des guerres et des déséquilibres économiques catastrophiques.
Observons en peu plus en détail ces aspects mentaux en mutation : de la chimère
émotionnelle, de la désinformation, de la chienlit des mots…

Libérer la culture de la chimère émotionnelle.


La psychologie nous apprend que le mirage émotionnel créé par cette avidité
économique sans borne peut être maîtrisé par une pensée bien orientée. Cette évidence n’est
cependant pas si évidente que cela ! Les nations sont loin d’avoir maîtrisé la pensée ; elles
en sont encore au stade émotionnel. Prononcer des paroles « brillantes », être cultivé, ne
signifie pas que l’on pense juste !… L’occident s’illusionne encore à ce sujet… D’autre part,
se libérer d’une émotion venant des tripes — qui ne produit rien de bon — n’exclut pas une
sensibilité de cœur et de raison.
Quelques mots sur la pensée pour commencer.
Notre pensée n’est pas une vibration pure mais composite. Elle est un peu comme un
atome dont le noyau serait la pensée et les électrons une foultitude d’émotions et d’autres
pensées associées. Il suffit de faire quelques essai en s’observant soi-même lorsqu’on pense à
des mots simples : bleu, bleu turquoise, turquoise, rose… Couleur ou fleur ? etc. et de
constater qu’une image mentale s’y associe instantanément, image elle-même génératrice
d’émotions. On imagine alors le fouillis mental-émotionnel auquel correspond un assemblage
rapide de très nombreux mots !…
Mais cette pensée s’éduque, très lentement. L’école est là pour cela en particulier. L’existence
également. La science est une voie d’excellence. Et pour les métaphysiciens, la méditation est
la voie royale pour entendre la voix du Silence.
La pensée, comme les éléments atomiques, peut se classer par strates successives (voir en
annexe, un essai sur la TYPOLOGIE DE LA PENSEE). Elle s’étage de la pensée criminelle à
la pensée libre. On se souviendra également de tout ce qui a été dit au chapitre II sur la pensée

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


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disruptive et la pensée « tueuse ». Nous laissons le lecteur s’amuser à analyser à quel stade se
situent les divers constituants sociaux de la nation… Et la sienne propre.
À mesure que cette pensée se discipline, s’épure, la parole devient plus mesurée, moins
nocive, jusqu’à la non-violence parfaite.

De la désinformation permanente, à l’échange informatif vrai.


« Il y a aussi des bonnes nouvelles ! »
Dalaï-lama

Commençons par reconnaître l’apport incomparable du passé dans le grand essor


démocratique : la liberté d’opinion que nous connaissons. Sans la liberté d’opinion, de la
presse, nous serions encore sous le joug des pouvoirs totalitaires. Encore faut-il que les
artisans de cette liberté de part et d’autre, informateurs et informés, en usent à bon escient et
pensent correctement.
Le deuxième moyen pour que ce mieux penser s’instaurer dans la Civilisation à venir
est de se libérer d’un complexe d’infériorité que nous allons voir plus loin.
Au cours de l’histoire y a eu les moyens subversifs de désinformation, de rumeurs,
employés par les esprits totalitaires, criminels.
Mais il y a aussi un état permanent de désinformation des peuples qui est inconscient et
seulement dicté par les « pensées dominantes » d’une époque ; sans qu’il ne soit question
d’aucun « complot » comme se complaisent à le penser des amateurs de science-fiction. C’est
la conséquence d’un état émotionnel permanent120.
En particulier, chacun peut constater que nous baignons dans un flux ininterrompu de
mauvaises nouvelles, de lamentations, d’apitoiement sur soi, sans qu’aucune parole d’espoir ne
parvienne à dominer de manière permanente ce brouhaha. Ces paroles irritantes s’accumulent
dans l’opinion et y produisent comme une inflammation, une intoxication. Elles s’oppose au
libre arbitre et au besoin de liberté du Pilier I. Elles participent à la désinformation.
La désinformation en temps de guerre, dans les états totalitaires, est en quelque sorte moins
nocive car les individus sont sur leur garde. Mais cette forme de désinformation qui est le
résultat de la PROLIFÉRATION INFINIE DES INFORMATIONS nous suffoque. Le citoyen
contemporain a du mal à trouver la vérité dans cette foule de faits contradictoires qu’il subit, tant
à la radio, à la télévision que dans la presse, et maintenant sur Internet où des esprits
121
malicieux , pervers ou parfois malades et criminels déversent une désinformation
« poisseuse ».
Ce type de désinformation multiforme d’un journal bien connu fut même analysé
minutieusement il y a une trentaine d’années par Michel Gris, dans son livre Le Monde, tel qu’il
122
est .
De plus, la manière insidieuse, presque imperceptible, de souffler le chaud puis le froid, même
sur les informations positives, laisse l’auditeur (plus que le lecteur), dans l’incertitude et
l’incompréhension par faute de synthèse.
Cyniquement, ces informateurs ajoutent souvent : « ainsi, l’auditeur, le téléspectateur, pourra se
faire son opinion. », sans même être conscient que ces continuelles disruptures de la pensée
provoquées par des informations en miettes, trop rapides, d’un discours saccadé, mal construit,
123
bloquent toute réflexion . La culture actuelle surf sur tous les sujets en permanence.
L’ordinateur qui a introduit cette habitude de surfer est à l’image de la pensée contemporaine.
Qu’est-ce qui poussent un individu à désinformer son frère ?… Le désir de puissance,
lui-même résultat d’un complexe d’infériorité où rôde la peur de la dévalorisation.

120
Par exemple : la culture de la repentance ; la vision de « l’amour » au travers du cinéma occidental, bien différent du
cinéma oriental par exemple; les projections psychologiques de nos modes de penser modernes sur des périodes de l’histoire
dramatique : croisades, Hiroshima… etc.
Cf. également un grand classique : Serge Moscovici, L’Age des foules: un traité historique de psychologie des masses,
Fayard, 1981.
121
Au sens étymologique de mal, de méchant.
122
Michel Gris, Le Monde, tel qu’il est , Plon, 1976.
123
Sans parler des professionnels de l’intox qui abusent de ce moyen en toute conscience. On en rencontre beaucoup en
politique.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


67
Quel sera l’évolution possible de cette saturation d’informations négatives dans la
Civilisation à venir ? C’est un vrai défi pour le futur !…
Ne passera-t-elle pas par l’éducation plus poussée des masses ? Le flux d’information,
avec l’amélioration des moyens de communication, ne va pas diminuer. Aussi, le public aura
à être plus vigilent pour devenir plus sélectif. En positivant l’information, en expliquant le
POURQUOI, en montrant le bénéfice de tout événement, on désamorce l’émotionnel, on
permet à l’individu de penser véritablement en devenant le spectateur intelligent du spectacle.
Mais les vieilles habitudes du jeu stérile des mots auront encore un temps la peau dure !…
L’éthique des émetteurs d’information aidera beaucoup à éradiquer ou du moins à cantonner
cette désinformation. Pour cela, la culture du marketing de la peur devra avoir cessé au
préalable, et l’esprit scientifique avoir fait des progrès même parmi les non scientifique.
Pour cela, les émetteurs devront être plus disciplinés et exigeants avec eux-mêmes. Par
exemple, la BBC britannique était réputée pour être la gardienne d’une langue
exceptionnellement pure ; tandis que les speakers d’autres nations ne se donnent souvent plus
le mal de parler correctement. Ceci ne concerne que la forme en apparence, mais le fond en
dépend.
On revient donc à une question d’Éducation des jeunes.

De la chienlit des mots rebelles, à la discipline de l’écoute.


La parole est d’argent,
et le silence est d’or »
Proverbe
Le troisième moyen pour que ce mieux penser s’instaurer dans la Civilisation à venir
est d’apprendre à écouter.
« c pansé st su ls bnc d’lékol dlavi»
124
Langage sms
L’éducation du langage.
En observant nos contemporains, on a l’impression que l’humanité actuelle, après s’être tue
pendant très longtemps, faute de conditions suffisantes, se met à piailler comme si elle sortait
dans la cour d’école !…
Pour le moment la pensée, la parole, l’écrit ne suivent pas le rythme paisible du mieux penser.
La pensée est parfois confuse, réactionnelle, le plus souvent irrationnelle et émotionnelle ; la
parole manque de nuance trop souvent ; l’écrit se désagrège dans les « sms »…
Tout au long de l’histoire la pensée, la parole, l’écrit se sont modifiés selon les loi du
125
langage . Le langage à oscillé entre simplification et complexification, dans une visée sociale.
Face à la multitude des langues, les humains ont inventé des sabirs (espéranto,…). Pour
marquer leur indentification à un groupe : l’argot, le verlan, le langage des incôyables, etc. ont
fleuri dans les arrières cours. L’opposition entre la rationalisation des intellectualistes et la
dramatisation des accros de la polémique et de la controverse126 ont émaillé les places
publiques.
Une complexification se rencontre dans le « jargonnage », ces gazouillis (étymologiquement
parlant) que nos sociétés ne cessent de produire. Il isole et regroupe des communautés. Le
jargonnage, spécifique des langages spécialisés, comme la médecine, s’est étalé dans tous les
domaines après 1968 où de nombreux noms ont été changés (sans que le fond ne change,
comme lors de la Révolution française où l’on fixa de nouveaux noms du calendrier, etc.).
Ces éléments culturels que certains critiquent vertement, ne sont guère plus que des exercices
d’apprentissage.
Cependant, combien d’acteurs publics, connus ou anonymes, pensent-ils à l’impact
dévastateur de leurs paroles sur autrui ? Égocentré sur eux-mêmes, ils ne se préoccupent le
plus souvent que de déverser leurs ambitions, leur vindicte, leur haine, leur critiques… sans
aucun sens de responsabilité.

124
Approximation de langage SMS. Traduction : Ces pensées sont sur les bancs de l’école de la vie…
125
Cf. Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale, Lausanne-paris, 1916.
Cf. Encyclopédie de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1968.
126
Une belle démonstration de la pensée intellectuelle du XVIIIe siècle — très actuelle —, est donnée par le film : La
controverse de Valladolid, avec J.P. Marielle, J.L. Trintigant et J. Carmet.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


68
La seule limite leur est donnée par la loi qui punit la diffamation, les propos injurieux ou racistes.
Il n’y a pas de jugement moral à porter sur cet état de fait, mais la simple constatation de la
DOULEUR inutile que les hommes s’infligent à eux-mêmes. Cette douleur ne devraient-elle pas
les rendre plus vigilants ?
Sans faire ici de politique, ni porter un jugement de valeur, chacun peut observer,
quelles que soient ses opinions, que la pensée de droite est moins affective, que celle de
gauche. Avec, bien entendu, des exceptions dans les deux camps. Cette fracture politique, qui
tend à se résoudre, reflète les divers états de conscience des peuples.
Les scientifiques donnent, la plupart du temps, un exemple de rigueur et de précision
dans leurs paroles.
A propos de la parole critique, si pénible pour tout le monde — si nous pouvons porter
une critique de la critique ! — , notons qu’elle est une spécificité poussée au paroxysme par
l’esprit français, comme le remarquent souvent les observateurs étrangers !
Dans la Civilisation à venir, lorsque les peuples seront repus d’expression verbale, il
est logique de s’attendre à ce qu’ils marquent une pause… et commencent à écouter un peu
plus. Comme cela se passe dans une discussion très animée entre individus. Et le proverbe
disant : je ne comprends ce que j’ai dit que lorsque j’entends l’autre me répondre, sera
appliqué avec profit dans les relations humaines.

Les joutes127 verbales.


Cet état très agité du mental contemporain n’est cependant pas inutile. Il représente
une forme d’entraînement de la pensée. Un peu comme ces moines bouddhistes vus dans un
reportage télévisé dans les années 2000 qui jouaient à se répondre du tac au tac sur toutes
sortes de sujets.
Dans la Civilisation à venir, il est évident que les gens, fatigués de dire n’importe quoi,
n’importe comment, trouveront un « deuxième souffle » pour reprendre une expression très à
la mode, et cultiveront une belle parole, fleurie, courtoise, précise… comme l’ancienne
civilisation en a connu à certaines périodes.
Une Civilisation humaniste est indissociable d’une parole raffinée.
La Civilisation à venir sera plus mentale que l’ancienne.
Le formidable accroissement démocratique de l’utilisation de la pensée en montre l’évidence :
développement de l’éducation, de la science, des émissions culturelles faisant appel à la
réflexion, de la pléthore de débats, et même des jeux intellectuels128. Les moyens techniques
rendent l’accès à la pensée plus facile pour le plus grand nombre : radio, télévision, Internet.
Que nous sommes loin des rares incunables de Gutenberg ! La technologie ménagère a
également libéré du temps pour les femmes depuis le milieu du XXe siècle, ce qui leur offre
le loisir de mieux se cultiver.
La pensée psychanalytique — grande victoire du XXe siècle — à permis de libérer en partie
les sociétés d’un fardeau inutile : le complexe de culpabilité, si cher aux Églises.
Mais il reste encore beaucoup de ceux qui tirent la civilisation en arrière, en s’acharnant à
utiliser les émotions dans un but pervers !…

Rien ne peut se faire sans la bonne volonté.


Le mental seul n’est pas suffisant pour faire muter les activités de la cité. Mais l’appel
au cœur, à la compassion, à la générosité, ne fait pas bouger tout le monde ! En revanche, la
bonne volonté, de l’avis des sages, est un des premiers facteurs d’amélioration des relations
humaines ; même si tout le monde n’en est pas doué ! Elle est le premier pas pour considérer
l’autre sur un pied d’égalité. Elle se traduit non seulement par une confrontation courtoise de
127
emprunté au vocabulaire de la compétition sportive
128
Le XXe siècle est particulièrement friand de ces jeux de mots : Anacroisés , Anagramme (jeu), Bigramme, Boggle, Carré
Sator, Carré magique (lettres), Chronogramme, Des chiffres et des lettres, Diamino, Dingbats, In extremis (jeu), Jarnac
(jeu), Jumbulaya, Mot mystère ou mot caché, Mots croisés, Motus (jeu télévisé), Scrabble,Télé-grilles, Wordox, Zakhia …
(source wikipedia).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


69
propos, mais est une attitude psychologique de tentative d’écoute vraie de son interlocuteur.
Les organisations internationales résolvent beaucoup de conflits de cette manière.
Depuis la dernière guerre mondiale de 1939-1945 cette bonne volonté a fait d’énormes
progrès. L’Europe est née. L’ONU a même constitué des « ambassadeurs de la bonne
volonté » pour porter un message de Paix sur tous les continents. Les multiples
collaborations : interraciales, intercommunautaires, interreligieuses, interpolitiques, etc. … en
sont autant de prémices positives. Les cinéphiles attentifs ont remarqué l’emploi fréquent de
cette expression de bonne volonté dans les films des années 30 et 40.
En plus, cette qualité humaine de bonne volonté convient aussi bien à un matérialiste, un
spiritualiste qu’à un métaphysicien.
Pour sortir d’une civilisation émotionnelle, pour sortir d’un marketing de la peur,
d’une économie dévoyée par le mauvais usage de l’argent, pour entrer dans la Civilisation à
venir de justes relations humaines, la bonne volonté est le premier pas… qui ne COUTE
rien !

L’humanité UNE dans sa riche diversité.


De toutes ces activités bouillonnantes de la cité, une évidence frappante s’impose :
un ensemble de mouvements tends actuellement à réaliser l’UNITÉ de l’humanité, dans sa
riche diversité, en établissant de justes relations humaines.
- La création de grandes organisations, nées d’un même drame universel.
- La mondialisation des échanges, avec une volonté de régulation.
- Des moyens de communication de plus en plus rapides.
- La révolution Internet qui a juste quelques décennies.
- La science qui de toujours n’a pas eu de frontière.
- Une langue internationale qui s’impose : celle de Shakespeare.
- Une arme absolue de dissuasion de la guerre : l’atome.
- Une conscience écologique planétaire, du respect de notre Terre Mère.

Les pessimistes auront tendance à dire que « rien ne changera jamais… qu’il est
impossible de trouver un autre système que le capitalisme… que l’argent mènera toujours le
monde car cela a toujours été », etc. Mais les conflits qui subsistent encore ne sont-ils pas le
signe que l’humanité résiste aux volontés dominatrices totalitaires : politiques, économiques,
religieuses, administratives (les plus pernicieuses !) ?
Ces évidences ne devraient-elles pas nous permettre de regarder plus loin ces activités de la
Cité future, avec confiance dans le Génie humain ?…

* *

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


70
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

4 L’ART DES IDEES


— LE PILIER DE L’ART —

Le socle de l’IMAGINATION CRÉATRICE.


L’art est la mémoire des civilisations.
« L’exception culturelle »
Une Civilisation du travail dans le loisir.
L’art des idées.

Les réflexions sur les techniques des différentes formes d’art, l’histoire de l’art, les
loisirs artistiques… sont de l’ordre de la CULTURE. Si nous voulons comprendre le contenu
de ce pilier de l’Art de la Civilisation, l’attention doit se concentrer sur les causes profondes
concernant la source qui permet de traduire la beauté, le bien, la vérité du monde créé.

Le socle de l’IMAGINATION CRÉATRICE


Le principe d’IMAGINATION CRÉATRICE est un socle du pilier de l’art. Elle
permet de rapprocher l’homme de son Intuition.
Le génie de l’homme pour la Civilisation sans peur …à venir, reposera sur ce socle de valeurs
acquises dans la Civilisation précédente et bâtira dessus encore une autre dimension.
Voyons d’abord une définition de l’imagination créatrice :
« L'imagination créatrice "imagine une forme" au moyen de sa capacité à visualiser, et
l'énergie de la pensée du mental donne vie et direction à cette forme ».129
Comment ce principe d’imagination créatrice va-t-il progresser dans la Civilisation à
venir ?
Si nous prenons l’exemple d’une grande invention du XXe siècle, le cinéma qui a ajouté le
mouvement et le son à la représentation de la réalité subjective, la véritable troisième
dimension de l’image cinématographique, l’holographie130, sera peut-être le prochain pas ?
Mais ce n’est pas seulement à de tels progrès techniques auquel il faut s’attendre, mais plutôt
à une dimension métaphysique pour être dans la ligne d’une Civilisation nouvelle.

129
Alice A Bailey.
130
L'holographie du visible est un procédé de photographie en trois dimensions utilisant les propriétés de la lumière
cohérente issue des lasers. Le mot holographie vient du grec holos « en entier » et graphein « écrire ». Holographie signifie
donc « tout représenter ». (wikipedia).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


71
L’art est la mémoire des civilisations.
« L’histoire de l’art tout entière, quand elle est celle du génie,
devrait être une histoire de la délivrance. Car l’histoire tente de
transformer le destin en conscience, et l’art de le transformer en
liberté »
André MALRAUX 131

De quelle liberté, dans cette parole d’André Malraux, s’agit-il ? L’artiste cherche à
montrer la Beauté de la Création. Se défiant de la pensée, il veut être libre d’une
communication sensible directe avec cette valeur éternelle.
Ainsi, au travers des ages, il a laissé des traces du meilleur des Civilisations.
Il faut noter que ces témoignages ont une durée de vie assez extraordinaire parfois au regard
de la fragilité des matériaux.
Certaines grandes créations artistiques défient la compréhension ; elle sont comme une
éruption brutale, révélant la perfection d’emblé. L’art sacré, de même que l’art profane
d’ailleurs, a toujours une dimension métaphysique ou philosophique.
On pense par exemple :
- A la statuaire gréco-latine magnifiant le corps humain dans sa perfection.
- Aux enluminures des manuscrits du Moyen age, glorifiant les textes sacrés et profanes.
- Aux cathédrales gothiques, dont les principales, dédiés à la Vierge, sont toutes érigées sur
une période de temps très court, et sur un modèle parfait. On ignore presque tout sur ceux qui
les ont créées. Elles correspondent à un état de la conscience religieuse des peuples de
l’époque. La flèche et les clochers forcent les croyants à tourner leurs regards vers le ciel.
- La découverte de la perspective — autre état de conscience apportant la troisième dimension
sur un plan en deux dimensions.
- A la peinture de la Renaissance qui relie souvent la mythologie à la culture de cette époque.

Mais aussi à tous les arts des civilisations d’autres continents.


Que cet art s’adresse au toucher, à l’ouie, à la vue, au goût ou à l’odorat.

La dimension psychologique.
Parmi les arts il en est un, le septième, qui est tout récent : le cinéma.
Pendant un peu plus d’un siècle, il a surtout décrit notre monde, ses crises et ses soubresauts.
Souvent la beauté plastique des images à cependant transcendé les situations de chaos,
apportant une thérapie de l’art.
C’est sa dimension psychologique pratique qui est la plus intéressante. On peut lui reconnaître
le mérite d’avoir aidé cette civilisation défunte à se sortir des conditionnements de toutes
natures et d’avoir éduqué les masses. Par exemple, en étudiant particulièrement de 1946 à
1968 la censure officielle et religieuse, on voit les coups de boutoir que les cinéastes ont
donnés aux vieilles habitudes de penser ; et les pouvoirs tenter — en vain — de ralentir la
marche inéluctable vers cette révolution des mœurs dont le point d‘orgue fut mai 68.

Par sa résistance au temps, l’art est une mémoire des Civilisations passées. Il nous
transmet de manière sensible le meilleur du génie humain des différentes périodes historiques.

131
André MALRAUX, Psychologie de l’art, tome II LA MONAIE DE L’ABSOLU, p. 151, Ed. Skira, PGenève, 1950.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


72
Il véhicule également des pensées, non seulement par l’écrit, mais par la sagesse intrinsèque
contenue dans toutes les œuvres d’art.
Cette bipolarité sensibilité-mental trouve par l’art une synthèse harmonieuse que l’on ne
rencontre pas dans les conflits modernes. Il est une sorte de thérapie à nos angoisses132.
L’art a donc une grande Valeur pour la Civilisation à venir.

« L’exception culturelle »
Mais pas de cette « valeur marchande » à laquelle les spéculateurs pensent.
Heureusement, les musées mettent l’art à l’abri de ce détournement et permettent à tous les
citoyens d’admirer ces Valeurs intemporelles.
Il est intéressant de noter que ce pilier de la civilisation à été également en partie mis à l’abri
de l’économie dévoyée, lorsque la France à instauré récemment « l’exception culturelle ». Ce
bouclier bien imparfait n’en est-il pas cependant une prémisse d’une autre mentalité pour
l’avenir ?…

Une Civilisation du travail dans le loisir


Il n’est pas question de remettre en cause la nécessité d’une économie de biens et de
services traditionnelle. Pas même cette consommation de loisir.
Cependant, avec la libération du temps, l’augmentation de la longévité, les humains se
cultivent inéluctablement de plus en plus. Et à coté d’une éventuelle consommation de loisir,
n’auront-il pas le désir de se réaliser en produisant gratuitement toutes formes d’art ?… Cela
est déjà le cas d’ailleurs.
Les motivations actuelles ne sont pas toujours une communion avec le Beau, le Bien, le Vrai
comme chez les vrais artistes, mais un besoin d’affirmation de soi plus ou moins teinté
d’appât du gain. Néanmoins il y a un mouvement vers l’expression artistique où le temps n’a
plus le même sens ; l’artiste est tout à son œuvre, y travaille momentanément hors de la
culture de la productivité et du profit. N’est-ce pas un pas en avant ?

L’art des idées


« L’art naît précisément de la fascination de
l’insaisissable, du refus de copier le spectacle ».
André MALRAUX 133

Des penseurs émettent l’idée que la future Civilisation sera caractérisée par l’Art des
Idées, avons-nous remarqué plus haut.
Il n’est pas évident d’imaginer cette évolution de l’Art.
La philosophie védantique peut être utile pour comprendre les subtiles nuances
concernant l’art des idées.
Si l’on comprend l’idée du point de vue métaphysique, c’est un état vibratoire qui est au-delà
de la simple pensée. Elle n’est pas associée à une image-pensée, comme c’est le cas de la
pensée ordinaire ; et qui peut de plus produire des idé-ologies. On peut comprendre alors que
l’artiste qui a essayé pendant des millénaires de saisir la Beauté de la forme humaine ou de la
nature de manière « intuitive » trouve une autre voie d’approche, dans le futur, pour se relier à
son âme et à la « beauté des sphères », comme on parle de la « musique des sphères » pour
désigner un état qui transcende notre monde physique visible.
Du sentiment créateur il passera à la pensée créatrice.

132
Il existe même des tentatives modernes « d’art-thérapie » sur un mode psychanalytique le plus souvent.
133
ANDRE MALRAUX, Psychologie de l’art, tome I LA CREATION ARTISTIQUE, Ed. Skira, Genève, 1949.

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73
Ce serait alors l’expression, moins d’une Émotion artistique que d’une Vérité transcendante.
L’une et l’autre s’intégrant dans ce nouvel Art. Les exemples ci-dessous permettront peut-être
de mieux approcher ces notions très abstraites.
Toutes les formes d’art en bénéficieront certainement : la littérature, la musique, la peinture et
la sculpture, le théâtre et le cinéma. L’avenir de la Civilisation nous les fera découvrir… dans
d’autres existences !
Peut-être pouvons-nous émettre l’hypothèse qu’il existe des prototypes de cet Art des
idées. Le lecteur se fera son jugement personnel sur ces exemples suivants, à propos d’un
futur qui ne s’est pas encore véritablement dévoilé…
L’art de traduire la richesse de l’âme humaine que les amateurs éclairés et les
spécialistes reconnaissent à un auteur hors du commun comme Shakespeare en ferait-il un
prototype ? Hors du commun, car de l’avis des érudits, cet auteur possède un vocabulaire si
riche que les autres auteurs du monde entier ne lui arrivent pas à la cheville. Sans parler du
sens métaphysique de ses écrits, qu’il crypta pour celui qui fait l’effort de le découvrir !…
Par exemple, dans Beaucoup de bruit pour rien, on peut comprendre cet entrechoquement des
personnages dont les actions entraînent réaction sur réaction, comme dans un jeu de billard,
jusqu’à ce que la situation s’apaise progressivement pour revenir au point de départ !…
comme une magnifique illustration de la loi de cause à effet sur l’affect des individus, c’est-à-
dire de la loi orientale de karma. Dans Roméo et Juliette on découvre, entre autres, cette
notion remise en lumière par Carl Gustave Jung, d’anima et d’animus. Dans Songe d’une nuit
d’été, il illustre la complexité de la constitution métaphysique de l’être humain, etc.
Notons que l’adaptation cinématographique de telles œuvres apporte une dimension plus
dynamique que l’écrit ou le théâtre, qui facilite l’accès à cet auteur et à d’autres, au monde
entier. Et d’autres adaptations anglaises modernes de Shakespeare (après les années 80), sont
particulièrement somptueuses.
Des pièces et films comme : L’homme de la mancha, d’après Cervantès, mettant en lumière la
triple constitution de l’être humain, entre autres enseignements ésotérique. Electre, d’après
Sophocle, est une autre illustration de l’anima et de l’animus.
Toutes ces œuvres exceptionnelles ne sont-elles pas aussi des prototypes de cet art des
idées ?
Comme le spectateur s’en aperçoit, l’introduction de la métaphysique dans un film est loin
d’être rébarbative !
Dans un autre domaine de l’art, la peinture de Véronèse est exceptionnellement en avance sur
son temps et le nôtre.
Voici ce qu’en dit Théophile Gautier : « Les gens qui ne voient que l’écorce des choses, et qui
pleurent d’attendrissement aux sentimentalités bêtes et romanesques, ont parfois accusé et
accusent Paul Véronèse d’être froid et de manquer de cœur, de n’avoir point de passion, d’être
sans idée et sans but et de se complaire uniquement aux merveilles d’une exécution prodigieuse.
Jamais peintre n’en eut un plus grand et un plus haut idéal. Cette fête éternelle de ses tableaux
a un sens profond : elle place sans cesse sous les yeux de l’humanité le vrai but, l’idéal qui ne
trompe pas, le bonheur, que des moralistes inintelligents veulent reléguer dans l’autre monde.
Paul Véronèse rappelle aux peuples souffrants que le Paradis peut exister sur cette terre; il
plaide la cause de la beauté, de la jeunesse, du luxe, de l’élégance, de l’harmonie, contre les
maigres déclamateurs au visage chafouin et au teint rance ; il montre que Dieu, qui est bon,
puisqu’il est puissant, après nous avoir chassés du jardin de délices, n’en a pas si bien fermé la
134
porte qu’on ne puisse la rouvrir. »
En musique, le requiem de Maurice Duruflé, inspiré par la pureté, non-émotionnelle, du chant
grégorien, n’a pas le caractère dramatique, épouvantable, d’autres musiques des morts, mais
au contraire apporte une grande paix aux esprits tristes et anxieux.
134
Tableaux à la plume, Paris, G. Charpentier, 1880, p. 14-17), cité par l’encyclopédie de l’Agora,
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Veronese .

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74
En voyant foisonner les écrits, grâce en particulier à Internet, qui libère les auteurs du
joug stérilisant de l’économie, il apparaît probable que ce domaine pourrait être pionnier en la
matière. Le livre électronique135 a fait une très timide percée depuis peu de temps. La
génération actuelle n’est pas désaccoutumée du livre papier. Mais cela ne veut rien dire pour
un avenir plus lointain…
Il est certain en tous cas que le besoin de s’exprimer par l’écrit démange notre culture
contemporaine ; n’est-ce pas une prémisse positive ?

Il est difficile de trouver véritablement des aspects de putréfaction à l’art actuel.


Tout au plus peut-on considérer les arts jugés décadents136 par certaines cultures comme des
esquisses, des fausses notes ou des copeaux d’un projets inachevés. En fait l’art qui reflète la
désintégration de la société n’est-il pas également une forme d’art, en négatif ?…
Ce pilier de l’Art est un domaine de tolérance et d’harmonie par excellence.
Il invite à un véritable ART DE VIVRE, sorte de synthèse des philosophies épicuriennes et
stoïciennes dans leur sens originel.137

*
* *

135
Lire Le livre électronique au service de l’Art des Idées, disponible gratuitement aux Éditions Électroniques Richard
André. http://leera.toile-libre.org/
136
Par exemple la représentation de la mort, de la laideur, de la schizophrénie, etc.
137
Le langage moderne n’a retenu que des sens dégradés, sans intérêt. Il faut remonter à l’inspiration philosophique initiale
pour se faire une idée juste du futur Art de vivre, à l’image de l’antique.

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75
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

5 UNE SCIENCE AUDACIEUSE


— LE PILIER DE LA SCIENCE —

Les réflexions sur la théorie de chaque science, fondamentale et appliquée, les


programmes de recherche nationaux et internationaux, l’histoire des sciences, les nombreux
livres de scientifiques… sont de l’ordre de la CULTURE. Si nous voulons comprendre le
contenu de ce pilier de la science de la Civilisation à venir, et ne pas nous perdre dans la
profusion des pensées passionnantes sur ces sujets, l’attention doit d’abord se concentrer sur
les causes profondes permettant le dépassement de la matière visible.
En repensant à l’évolution de la science pendant ces deux derniers millénaires, même
schématiquement, on gardera le sens de la relativité à propos du temps nécessaire pour que
l’humanité puisse se mettre au diapason des découvertes.
Notons que l’esprit scientifique n’est pas réservé aux diplômés. Chacun peut l’exercer à son
profit et à celui de la collectivité.

Le socle de la RIGUEUR
L’IMPASSE DE LA MATIÈRE
L’EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA MÉTA-PHYSIQUE
L’abord d’une « 4e dimension »
DES PROGRÈS QUI CHANGERONT LA FACE DU MONDE
Une recherche concourrant à la gratuité de l’énergie.
Une santé florissante. Etc. …

Le socle de la RIGUEUR
"La perte de rigueur des enseignements scientifiques, signalée par nos
plus grands mathématiciens, a rendu poreuse la frontière du savoir et
du croire. Cette rupture peut faire craindre la naissance de
générations en qui l'esprit critique aura été remplacé par une
adhésion vague à la "tolérance"."
Danièle Sallenave
Le principe de RIGUEUR est un socle du pilier de la science. Il permet d’établir une
compréhension de la loi de cause à effet par l’expérimentation.
Vers quoi s’oriente ce principe de rigueur dans la Civilisation à venir ? Le génie des
scientifiques prendra-t-il le dessus sur cette « adhésion vague à la tolérance » ? Cet état
d’esprit les rendra-t-ils plus audacieux encore ?
D’une part la science va toujours plus loin dans la connaissance de la matière, et
nécessite pour son investigation non seulement plus de sophistication, mais plus de rigueur
pour l’étude de ces confins de la matière. Le saut qu’elle pourra faire, sous l’influence d’une
généralisation d’une pensée métaphysique, sera justement d’aborder ces domaines inconnus
de l’Occident, mais déjà investigués depuis longtemps par l’Orient.

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76
L’IMPASSE DE LA MATIÈRE
Les extraordinaires conquêtes de la science.
Incontestablement la science a fait de prodigieuses découvertes qui se sont accentuées
vers la fin du second millénaire, avec la maîtrise de l’ÉLECTRICITÉ, des AIRS, des ONDES
en particulier et ce point d’orgue que furent les découvertes d’Einstein sur L’ÉNERGIE
NUCLÉAIRE et sur la THÉORIE DE LA RELATIVITÉ, sur l'espace, le temps et la vitesse.
Il est inutile de détailler en quelques pages toutes ces inventions bien connues. Parfois de très
simples découvertes ont eu un impact considérable sur les sociétés, comme le prosaïque
traitement des eaux usées, au début du XXe siècle qui fit plus pour éradiquer les épidémies
que tous les médicaments ! L’opinion n’en a pas conscience car trop aveuglée encore par les
progrès médico-pharmaceutiques, par ailleurs incontestables.
Les pères de la Science étaient plus universels.
Les pères de la Science avant l’ère chrétienne comme Pythagore, Aristote, ou à l’ère
chrétienne comme Roger Bacon au XIIIe siècle, Francis Bacon au XVI-XVIIe siècles, étaient
plus universels que les scientifiques modernes, aux vues très matérialistes. Encore une fois, le
matérialisme a eu du bien, pour sortir de l’obscurantisme. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le
tableau de répartition des sciences humaines par Francis BACON pour s’apercevoir de la
synthèse entre la pensée scientifique et la pensée philosophique, religieuse, artistique,
politique (voir en annexe).
Les impasses angoissantes.
Malgré tous ces extraordinaires progrès, la science moderne s’interroge. Elle est un
peu déboussolée car elle n’a pas permis aux hommes de trouver le bonheur matériel.
Elle est dans une impasse concernant entre autres :
- les maladies qui font échec à la médecine.
- Les épidémies incontrôlables.
- La vie après la mort.
- Les applications de l’énergie de la fusion nucléaire pour éradiquer la pauvreté mondiale.
- Les catastrophes naturelles (comme cette tempête de 1999 qui a ravagé la France en deux
vague successive à un jour d’intervalle, les tsunami et autres raz-de-marée….).
- L’incapacité à prévoir des catastrophes humaines (choc pétrolier, centrales nucléaires,
centrales hydroélectriques,…).
- Le fait de savoir si les terriens sont les seuls êtres doués de conscience, dans la Galaxie.
Et bien d’autres sujets…
Comme tout système intellectuel, la science a dérivé vers le scientisme en croyant tout
expliquer, comme actuellement l’économiste et le financiarisme croient illusoirement
résoudre les drames de la planète. Mais elle doit déchanter car elle pressent que la cause
matérielle n’est pas tout ! Elle doute.
Autrement dit, le doute scientifique reste encore un doute existentiel.
Il ne parvient pas à franchir l’obstacle de la matière que son mental a forgé. Cette pensée
métaphysique est subtile à saisir138.
Comment l’analyse scientifique des causes et des effet peut-elle investiguer au-delà de
la matière connue ? Elle a déjà entamé cette démarche depuis un temps, en découvrant des
domaines vibratoires au-delà du visible comme les ondes radio, les rayons X, l’atome, les
neutrinos, etc. Mais ne devra-t-elle pas aller bien plus loin, dans une Civilisation
métaphysique à venir ?

138
Lire en annexe : LE MENTAL, DUR OBSTACLE A FRANCHIR.

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77
L’EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA MÉTA-PHYSIQUE
« Le monde créé, tel qu'il est conçu dans les Upanishads, n'est
pas seulement le monde que notre science moderne soumet à
l'investigation des savants et des chercheurs. Il y a, dans cette
création, un monde émotionnel et aussi un monde intellectuel,
car les choses ont été définies avant d'être créées, nommées
subjectivement avant d'être objectivées. »
André Karquel 139
L’abord d’une « 4e dimension »
Une antique tradition.
La science, depuis des millénaires à découvert des secrets de la Nature, puis les a
oublié, ou les a laissé dans les mains de rares personnes.
Depuis bien longtemps les Sages de l’Inde ont le secret de la lévitation, de la télépathie, de la
guérison et même de la résurrection des corps. Des Voyants ont décrit avec précision
l’intérieur de la matière. La capacité d’être invisible, de se trouver à deux endroits de l’espace
en même temps est attesté à propos de Saints. Aux Indes il existait un Saint au parfum,
capable de produire dans ses paumes n’importe quelle senteur140. Des lamas tibétains sont
capable de sécher leur vêtement mouillés par très grands froids, avec la seule puissance de
leur volonté. Ces faits largement vulgarisés sont bien connus, y compris des savants. Mais, ne
possédant pas encore les outils d’investigation nécessaires, ils n’osent s’aventurer sur ces
sentiers… de peur de passer pour des charlatans ?… parce que leur formation universitaire
matérialiste y répugne ?…
De plus, l’exploitation de ces phénomènes par des escrocs avides de renommée et d’argent
n’a rien fait pour faciliter les choses.
L’abord d’une « 4e dimension », quelle qu’en soit le niveau, supraphysique et métaphysique,
devrait cependant s’amorcer par simple effet de balancier de l’Histoire sur un tour supérieur
de la spirale de la Connaissance.
Les chercheurs seront poussés par l’impasse actuelle qui ne peut satisfaire le désir naturel de
connaître, sans frontière, de l’esprit scientifique. Ils devront maîtriser la peur de l’irrationnel
pour l’aborder avec audace. Nul doute qu’ils n’y parviennent comme le montre de temps en
temps tel ou tel savant qui s’y aventure sur la pointe des pieds, comme le firent par exemple
Teilhard de Chardin ou C.G. Jung, et d’autres.
L’exploration scientifique de la méta-physique sera possible lorsque les attitudes
matérialistes évolueront.
- Par une ouverture d’esprit et la volonté d’investiguer ce qui se passe après la mort du corps
matériel.
Une prémisse a marqué le XIXe lorsque le mouvement Spirite141 a tâtonné expérimentalement
pour apporter la preuve de la survie142 de la conscience. Les Expériences de Mort Imminente
(E.M.I.) plus récentes en sont la continuation. Il faut reconnaître qu’un brouillard
d’exploitation charlatanesque autour de faits sans doute incontestables rend le sujet encore
très nébuleuse ! Mais l’exploitation, même mercantile, même spectaculaire de ce thème crée
un intérêt et une demande de l’opinion qui tôt ou tard devrait pousser les scientifiques à
l’aborder.

139
André KARQUEL, islam et chrétienté p.70, librement téléchargeable chez Les Éditions Électroniques Richard André.
Adresse : http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).
140
Cité dans l’autobiographie d’un Yogi, de Paramhansa Yogananda.
141
Le mouvement Spirite date, dans sa forme actuelle, de 1845. Il vise a établir la preuve de la continuité de la vie en
communiquant avec les personnes décédées, par l’intermédiaire d’un médium. Un célèbre représentant fut Alan Kardec (Le
livre des esprits, 1853). Il s’apparente à l’antique nécromancie, et à la plus récente métapsychie ( à partir de 1912). (Source :
Dictionnaire Larousse). L’erreur des spirites est de tenter de faire descendre les âmes désincarnées sur terre au lieu d’élever
leur propre conscience vers les plans supérieurs comme le fait le Raja Yoga en particulier. Ils inversent le cours normal de
l’évolution.
142
pas de l’immortalité qui est encore d’un domaine supérieur et correspondant symboliquement à la Résurrection des
Chrétiens, mais qu’il n’y a pas lieu de traiter ici.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


78
- En acceptant le dialogue avec la Science ésotérique, actuellement encore marginale, bien
que de nombreuses personnes l’étudient très sérieusement143.
- En développant les « outils » adaptés à ces niveaux d’énergies subtiles. Comme il en fut
avec la radio, les appareils à rayons infrarouges, à rayons X, la télévision, les cyclotrons, etc.
Ces outils encore inconnus seront le résultat du génie des savants.

Repensons aux prémices déjà évoqués. Des laboratoires, principalement américains et


russes, depuis le milieu du XXe siècle ont étudié la télépathie, la lévitation par exemple.
Cela confirme que la science s’est déjà aventuré dans des domaines limites qui augurent
positivement de ce qui pourra se faire dans la Civilisation à venir. On pourrait énumérer une
foultitude d’autres sujets, mais ce n’est pas ici la place.
Lorsque le nombre de ces savants aventureux, reconnus pour leur rigueur et leur
sérieux, sera suffisant, l’humanité tout entière pourra penser autrement, et rejeter le
matérialisme qui les a protégés un temps de la superstition.
L’homme global au centre de la science.
L’homme, atomisé au sens physique et mental du terme par la science moderne ne
pourra que retrouver son intégrité globale dans l’avenir. Tout y concourra : la religion, la
philosophie, la science, l’art qui seront en quête synthétique de la CONNAISSANCE DE SOI,
D’AUTOREALISATION DE SOI. Le soi étant compris, selon la Védanta, comme l’Âme. La
Science pourra alors se glorifier d’être universelle.
Cela prendra du temps sans doute, mais le mouvement est déjà amorcé pour l’observateur
impartial. Le concept de matérialisme deviendra désuet, puis disparaîtra peu à peu dans la
Civilisation métaphysique à venir.

DES PROGRÈS QUI CHANGERONT LA FACE DU MONDE


Nous abordons un aspect temporel plus conjecturel, bien que certain, en détaillant ces
quelques aspects précis de l’avenir, comme exemple. Ils concernent l’économie et la santé en
particulier.

Une recherche concourrant à la gratuité de l’énergie.


Cette question a été évoquée à propos du pilier politique. Il est vital !
e
Au XX siècle les découvertes innombrables ont presque toujours débouché sur des
applications onéreuses. Les piles atomiques, par exemple, si elles produisent une énergie
nouvelle, ne peuvent se passer d’une infrastructure et de combustible coûteux, sans parler des
déchets.
Dans le futur, les découvertes ne devront-elles pas porter sur des applications plus
économiques, sinon gratuites ?
Les catastrophes économiques qui se profilent, l’aspiration des peuples à une autre forme
d’existence, à une organisation différente de la société peuvent faire balancer l’histoire vers
une diminution des coûts, en parallèle à une consommation mieux maîtrisée.
Parmi les grands secteurs concernés, il y a : l’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE disponible
directement au niveau individuel, sans intermédiaire, à partir de matière sans coût, en
remplacement du pétrole, du gaz et de l’électricité par câble, accaparés actuellement par des
groupes monopolistiques144 motivés par le profit et l’énorme masse d’un impôt déguisé. Les
guerres entretenues par les gigantesques intérêts pétroliers seront alors sans objets et la Paix
pourra revenir plus facilement. L’énorme masse d’impôts indirectes — déguisés —
ponctionnés par l’énergie posera un problème qui nécessitera le génie de grands esprits pour
concevoir la question des prélèvements sociaux. Actuellement la lumière ne semble pas briller
143
Nous ne parlons pas des discours des sectes, qui seront analysés à propos du pilier VI suivant.
144
La libération de la concurrence par l’Europe n’est qu’un leurre ! Mais il correspond sans doute à une tendance dans
l’esprit de l’opinion… ?

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


79
en ce domaine !… Mais il est des mutations politiques comme des découvertes scientifiques
qui procèdent d’age en age, par rupture totale vers le progrès. On ne peut douter de cela.
C’est tout le chauffage, l’éclairage, l’utilisation des ustensiles ménagers qui changeront la
vie des familles. CE SERA D’ÉVIDENCE LE PLUS FANTASTIQUE
BOULEVERSEMENT DE LA CIVILISATION !
D’où viendra cette découverte ? D’une utilisation pratique de l’énergie de la fusion de la
matière, aujourd’hui réservée à la seule application militaire de la bombe à hydrogène ? D’un
domaine inconnu ? Nul ne peut le prédire. Mais le génie des chercheurs ne saurait manquer de
venir à bout de ce défi.
La force de lévitation145 — libérée et maîtrisée — rendant les transports silencieux,
non polluants, et sans consommation d’énergies traditionnelles onéreuses, mettra ces
automobiles électriques qui pointent timidement le nez au rang de curiosité historique.
La télépathie révolutionnera dans un avenir sans doute lointain, la communication,…
Après que l’ordinateur soit devenu d’ici peu un appareil réellement fiable, réellement
instantané, réellement d’une puissance sans commune mesure avec les « trottinettes »
actuelles, répondant réellement à la voix de son maître146, aux systèmes réellement
interconnectables147,… et bon marché !
Ces découvertes, et bien d’autres, ne se feront certainement pas en une fois. C’est sans
doute en termes de siècles, ou d’un millénaire qu’il faut y penser pour que les équilibres
humains ne soient pas détruits. De nombreux réajustements parmi les détenteurs des richesses
économiques seront inévitables… et ILS FREINERONT LE PROGRES ! Comme ils le font
aujourd’hui. Mais l’OPINION sera certainement plus forte que ces conservatisme, car plus
connaissante ; et le gouvernement148 mondiale mieux armée comme nous en observons de
très, très timides prémices depuis la dernière guerre et la mise sur pied d’organismes
mondiaux.

Une santé florissante.


Bien que la plupart des maladies existent de tous temps, chaque époque de l’histoire a
eu ses maladies « spécifiques » qui ont tourmenté la conscience des peuples. La lèpre, dans
l’Antiquité. La peste, au Moyen age. La tuberculose à l’époque Romantique. Le cancer
actuellement… Un peu comme si le psychisme des peuples nourrissait, d’age en age, un mal
« expiateur » qui le pousse en avant jusqu’au moment où il l’éradique. Ainsi procède la loi de
cause à effet historique concernant la santé. Rappelons-nous, par exemple, que la tuberculose
a quasi disparu des pays développés dans les années 50, avec la découverte de l’isoniazide
(qui a obligé les Laboratoires pharmaceutiques la commercialisant à se reconvertir !).
Des progrès considérables ont été faits : dans le domaine de l’anesthésie par exemple. Dans
celui de la microchirurgie. Dans l’hormonothérapie, l’antibiothérapie…
Mais contrairement à ce que pense l’opinion, les découvertes majeures n’apparaissent que tous
les 30 à 40 ans. Le reste ne sont que petits sauts de puces plus ou moins innovants, motivé par
149
le marketing pharmaceutique et les profits .
La Santé est une préoccupation de toujours, mais elle est exacerbée dans notre culture
moderne de « prévention » systématique, et dépasse parfois les limites du bon sens, sous la
pression des juristes en particulier… et la peur de mourir !
Quels peuvent être les premiers pas de la science médicale dans l’avenir ?
145
Ne parlons pas des essais à base d’une grande consommation d’électricité, mais de cette force inconnue utilisée
mystérieusement par les rares saints et yogi qui ont parsemé les ages passés.
146
Les essais de dictée par ordinateurs sont d’une complexité et d’une non-fiabilité qui les rendent inutilisables pour le grand
public. Seul le monde médical, est un peu privilégié. Toujours pour un problème de rentabilité et non de technologie !
147
Les trois « plateforme » grand public actuelle ne communiquent pas vraiment de manière satisfaisantes, alors que la
technologie est pratiquement au point. Mais les monopoles ont la vie dure !
148
A ne pas confondre avec la gouvernance mondiale, qui est un aspect très intéressant par ses potentialités, de la culture
contemporaine.
149
Sinon, les « maladies orphelines » n’existeraient pas !…

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


80
Le cancer et les maladies cardiovasculaires sont avant tout des maladies de société.
Lorsque la société changera son mode d’existence, ces maladies se feront plus rares comme
l’histoire le prouva à propos d’autres maladies.
Lorsque l’attitude des masses et du corps médical changera et ne sera plus influencé
par la culture de la douleur judéo-chrétienne, la pharmacopée devrait assez rapidement
progresser dans le domaine du traitement de la DOULEUR en trouvant des médicaments plus
puissants, de durée plus longue, sans dépendance ni autres effets secondaires. L’actuel arsenal
anti-douleur est très insuffisant150. La recherche s’y intéresse très peu car ce « créneau
marketing » n’est pas jugé assez rentable.
La douleur étant un des facteurs de la peur, la Civilisation sans peur à venir devra s’attacher
également à supprimer cette cause physiologique.
Dans le domaine du sang (autre symbole de vie, comme l’argent !), les substituts
existant actuellement devraient êtres perfectionnés afin de rendre inutiles le très
problématique « don du sang ». Actuellement ce domaine reste très obscur et dominé par des
tabous inconscients !…
C’est peut-être des médecines orientales que viendra le plus grand changement. La
science des énergies des traditions chinoise, tibétaine, indoue ; la pharmacopée à base de
plantes inutilisées ou sous-utilisées en Occident151, pourrait aider à soigner bien des maux qui
ne requièrent pas « l’artillerie lourde », mais qui finissent par détruire le corps. Un exercice
tout simple de yoga152 peut faire plus pour des douleurs lombaires que tous les anti-
inflammatoires si toxiques ; comme chacun peut l’expérimenter s’il s’en donne la peine153.
Des prémisses — mêmes s’ils ne sont pas toujours convaincants — comme diverses
thérapies marginales montrent que l’opinion est plus ouverte que les « grands patrons » qui
imposent leurs vues matérialistes d’une médecine « atomisée », « éclatée » où l’homme n’est
plus qu’un ensembles de fragments que l’on doit traiter séparément, pour caricaturer. Ces
médecines, inspirées de l’Orient, prennent en compte la santé morale, psychologique autant
que physique et recherchent l’Harmonie entre l’Ame et le corps. Combien de thérapeutes
occidentaux ont cette démarche aujourd’hui ?…
L’utilisation en médecine de l’électricité, de la lumière, du son, est plus que balbutiante. Mais
n’y a-t-il pas là aussi un avenir prometteur ?…
L’effet des glandes sur la vitalité est encore à un stade plus que ténébreux et ne pourra que
progresser. Voici un autre facteur de bonne santé et de longévité qui aura un impact sur la
disparition de la peur.
Cette pression de la demande finira, dans la Civilisation à venir, par obliger la science
médicale occidentale à évoluer et à sortir de sa posture arrogante de supériorité. Sans pour
cela renoncer aux acquis modernes évidemment.

Passons rapidement sur d’autres progrès nécessaires et possibles de la science.

Une alimentation « démarketée »


Une alimentation saine est un corollaire d’une bonne santé. Une meilleure
connaissance des réels besoins alimentaires, des comportements psychologiques, et la
disparition d’aliments nocifs seront une évolution très certaine.

150
Que l’on soit obligés de créer des centres anti-douleur dans de rares hôpitaux est bien symptomatique de cette pensée
médicale qui relègue la douleur dans ces endroits excentrés pour les traiter (un peu comme autrefois il y avait les léproseries),
ne la considère pas comme digne de leur intérêt, alors que sa disparition devrait être le premier devoir de tout médecin.
151
Il y a quelques décennies, 40% des médicaments étaient d’origine végétale, non synthétisée ; sans parler de l’herboristerie.
152
Rapporté en particulier par Paramhansa Yogananda dans ses Praecepta.
153
Selon les témoignages, il apparaît que le scepticisme, la paresse et le manque de persévérance sont les seuls obstacles à la
guérison radicale.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


81
Les prémices actuelles comme l’alimentation « bio »154, qui est surtout un gadget commercial,
la lutte contre les OGM, qui a des motivations politiques, n’en est pas moins un symptôme de
l’évolution de la conscience publique.
La suppression de la nuisance sonore.
Autre corollaire d’une bonne santé. Les autos silencieuses en particulier, réduiront
considérablement cette nuisance.
Nous pourrions aussi citer : la suppression de la nuisance atmosphérique. Etc.
Une science « démercantilisée ».
Cela n’est un secret pour personne que l’économie a AUSSI touché la Science de sa
« griffe venimeuse » ! Les préoccupations économiques, naturelles et saines, sont souvent
dévoyées par un petit esprit mercantile. Les besoins des peuples, le respect des cycles,
l’exploitation de la nature sont en train d’être de plus en plus pris en compte et changeront
inéluctablement les motivations des chercheurs de la Civilisation à venir. Ce mouvement sera
sans doute naturel et découlant d’une économie pacifiée…

154
Parfois des entreprises sans scrupule, avec le concours passif de l’administration de la Santé, font du marketing en
proclamant leurs yaourts ou autres produits actif sur la santé : contre le cholestérol, contre le cancer (lire la note 3 du pilier
III, le marketing de la peur). Etc.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


82
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

6 UNE RELIGION UNIVERSELLE


— LE PILIER DE LA RELIGION —

L’histoire des religions et des schismes, les dogmes religieux, les catéchismes, les
écoles ésotériques et occultes, l’exégèse des textes sacrés, les guerres de religion,
l’inquisition, l’histoire des églises, les intégrismes, s’étendant au domaine profane, l’histoire
des sectes,… sont de l’ordre de la CULTURE.
Si nous voulons comprendre le contenu de ce pilier de la religion, l’attention doit se
concentrer sur les causes profondes concernant la Foi, le sens individuel du sacré et
l’Universalité de la Religion.

« Le problème mondial est essentiellement religieux »


Précepte de la Sagesse

Le socle de la FOI.
LE SACRÉ INDISSOLUBLE DU PROFANE
Une évidence civilisationnelle.
Religion et église ; métaphysique et spirituel.
Le mysticisme est un mystère qui interpelle toutes les consciences.
Un paradoxe effarant !
LA GUERRE DES ÉGLISES.
Séparativité, haine et violence religieuses.
Crime capital contre la liberté de conscience.
La « tactique de l’épouvante ».
Implosion de l’Église chrétienne
UNE ASPIRATION INDIVIDUELLE UNIVERSELLE
Besoin indissoluble de l’homme de prier Dieu dans sa pensée
individuelle.
L’attente…
UNE RELIGION UNIFIANTE
Mouvement vers l’universalité des églises.
Un discours religieux vrai. Une forme simplifiée.
Un contenu religieux inconnu.
Une religion réhabilitée.
LES SCORIES SECTAIRES « KARMIQUES »
L’esprit sectaire laïciste.
Comment la Civilisation à venir se gardera des dérives sectaires ?

Le socle de la FOI
Crois et tu comprendras;
la foi précède, l'intelligence suit.
Saint Augustin
Le principe de FOI est un socle du pilier de la religion. Il permet d’établir la confiance
en une Valeur transcendant la seule condition humaine.
La Civilisation chrétienne à fait connaître le Dieu Transcendant aux humains. Il reste l’aspect
du Dieu Immanent dans le cœur de chaque homme et Omniprésent dans toute la création, à
démontrer dans la Civilisation à venir. Ces notions sont en apparence subtiles à comprendre

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


83
pour les non-croyants, hormis d’un point de vue conceptuel, mais chacun peut les approcher
simplement en pensant à l’histoire de ces deux millénaires passés où Dieu était perçu
intellectuellement comme extérieur et lointain. D’autre part, chacun a eu plus ou moins une
expérience de moments exceptionnels où il a ressenti une inspiration dépassant le simple
monde matériel. Tous ne peuvent dire comme Anouar el-Sadate: « Dieu m’a dit que je le
verrais bientôt »155, mais cette expérience métaphysique ne va-t-elle pas dans ce sens de
l’immanence ?
Le génie de l’homme pour la Civilisation sans peur …à venir, reposera sur ce socle de valeurs
acquises dans la Civilisation précédente. Nous nous demanderons dans ce chapitre vers quoi
s’oriente ce principe de Foi dans le futur ?

LE SACRÉ INDISSOLUBLE DU PROFANE


Une évidence civilisationnelle.
Aucune civilisation ne peut être sans religion, qu’elle se traduise par un sentiment
religieux ou élevé au plus profond de chacun, priant Dieu ou quelque soit son nom, dans sa
pensée intime ; ou dans une collectivité religieuse.
Les gens simples, pleins de bonne volonté, ont besoin d’espoir. La religion le leur fourni.
Si la religion ou l’église vient à faillir, une autre prend la place tout naturellement comme
l’histoire nous l’enseigne.
Ce pilier de la Religion est donc aussi essentiel à la cohésion de l’architecture générale de la
Civilisation.
Religion et église ; métaphysique et spirituel.
Pour commencer, faisons bien une distinction entre Religion et Église au sens général
et commun. Au-delà de leurs nombreuses définitions et déviations selon les penchants de
leurs auteurs156, nous pouvons comprendre d’une part la Religion, comme l’enseignement
spirituel révélé initialement qui RELIE l’homme à Dieu, par sentiment de respect, de
vénération. Et d’autre part l’Eglise qui propage, maintient l’enseignement primordial, le
commente, le déforme en le dogmatisant ; et qui par l’intermédiaire d’un Clergé anime une
assemblée de croyants. Ainsi l’Eglise chrétienne s’est transformée en une hiérarchie
pyramidale.
Nous abordons avec ce pilier le domaine du surnaturel. Il n’est aisé à comprendre pour
personne, athée ou croyant. La révélation initiale d’une Religion par un Prophète157 ou un
Messie158, à des époques où seul le témoignage oral existait nécessite une foi inébranlable.
Dans l’avenir, l’existence de moyens audiovisuels pourra changer cela !…

Rappelons une autre distinction déjà notée, entre spirituel et métaphysique159.


« la religion est la « servante » de la métaphysique, et non l’inverse »
René Allar160

155
Parole prononcée peut de temps avant son assassinat, rapportée par son épouse lors d’une interview télévisée. Elle
répondit alors : Mais Anouar, Dieu ne parle pas aux hommes !, dépassée sans doute par la grandeur de la manifestation
divine ?…
156
Le lecteur curieux pourra lire les innombrables commentaires sur Internet en repérant le point de vue matérialiste, athée,
critique, spiritualiste, superstitieux, métaphysique, etc. qui ne font que compliquer une conception simple d’une personne de
bon sens. L’irrationnel a toujours fait peur, ne l’oublions pas !
157
De Abraham, Moïse, Samuel ; Ézéchiel, Isaïe, Jérémie ; Mahomet … aux prophétesses de Delphes, etc.
158
De l’hébreu mashia'h, de l'araméen meschikhâ « oint (du Seigneur) », traduit en grec par khristos, ou christ. Jésus-Christ,
selon la tradition ésotérique est la personne sainte de Jésus, adombrée par un le Christ, le Maître des Maîtres.
159
Pilier II : « la métaphysique n’est pas confondue avec la religion, la spiritualité pour des raisons de niveaux de conscience
différents, bien que ces deux piliers puissent avoir des liens. La religion s’appuie plus sur la Foi et l’adhésion
inconditionnelle aux dogmes ; la métaphysique, à la connaissance par l’expérimentation personnelle des choses cachées. »
160
Hymnes et chants védantiques, Ed Orientales, Paris, p. 8

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


84
Le mysticisme est un mystère qui interpelle toutes les consciences.
« Peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant,
car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne.
… Je veux simplement que la volonté de Dieu soit
faite.
Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la
montagne. J'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la
Terre promise. Il se peut que je n'y pénètre pas
avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir,
que notre peuple atteindra la Terre promise.
161
Martin Luther King

De tous temps, dans toutes les nations, toutes les religions il y a eu, et il y aura des
Saints, des personnes inspirées par le sacré. Le mysticisme est incompréhensible par le seul
intellect. La réalisation dont parle Ma Ananda Moyi, l’un des Êtres les plus révéré aux Indes
au siècle dernier, dans une citation précédente162 est bien étrangère à la culture occidentale
matérialiste. Mais néanmoins tous peuvent se sentir concernés par sa présence ineffable
lorsqu’il voit en particulier un reportage sur cette Sainte.
Le sommet de la montagne, dont parla Martin Luther King avant son assassinat, est
conceptualisable, mais l’expérience à laquelle il se réfère n’est pas le lot commun !
Des saints comme les stigmatisés chrétiens : Thérèse NAUMANN, Padre PIO se sont
incarnés pour raviver la Foi des chrétiens par leur témoignages.
Ces mystères dont la cause nous est inconnue le plus souvent, ont pour effet néanmoins de
nous interpeller, que nous soyons croyants ou non car ils témoignent de « quelque chose » de
sacré, au-dessus de notre conscience.
Et même les athés ne peuvent que s’interroger, car ils ne peuvent vivre isolés de la culture
ambiante.

Un paradoxe effarant !
« Chaque membre de l’Humanité est également divin, et l’élu de Dieu »
Principe de la Sagesse
« Le soleil se reflète tout entier dans chaque goutte de rosée 163. »
Swami Vivekananda
« Pour moi, Dieu c’est les hommes !… Quand il sauront !… »
Jacques Brel
Toutes les religions monothéiste164 prêchent que Dieu est UN. Or comment peuvent-
elles considérer Dieu ET la Création… comme une DUALITE ? On ne cesse d’entendre
proclamer cette unité et en même temps un discours de séparativité est continuellement
161
Texte entier du dernier discours de Martin Luther King la veille de son assassinat le 4 avril 1968 :
“Eh bien, je ne sais pas ce qui va arriver maintenant. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu
m'importe ce qui va m'arriver maintenant, car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne.
Je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je voudrais vivre longtemps. La longévité a son prix. Mais je ne m'en soucie
guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite.
Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. J'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre promise. Il se peut que
je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise.
Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du
Seigneur.” Source video, parmi d’autres :
http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:Az_dKZw5raMJ:dipitadidia.unblog.fr/2007/02/10/le-dernier-discours-de-martin-luther-king-jai-ete-sur-
la-montagne-et-jai-vu-la-terre-promise/+dernier+discours+de+Martin+Luther+King&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&lr=lang_fr
162
« L'effort pour s'éveiller à sa nature divine est le devoir de l'homme. Seules les actions qui attisent la nature
divine de l'homme sont dignes du nom d'action ; tout le reste ne sont que non action, un gaspillage d'énergie »
(chapitre III, pilier II)
163
« L’essence de l’enseignement du Védanta est qu’il n’existe qu’un seul Être et que chaque âme en particulier est cet Être
tout entier et non pas une partie de cet Être. Le soleil se reflète tout entier dans chaque goutte de rosée. Lorsqu’il paraît dans
le temps, l’espace et la causalité, cet Être est l’homme tel que nous le connaissons, mais derrière toutes les apparences est
l’unique Réalité » Swami Vivekananda, Jnâna-Yoga, Albin Michel, Paris, (1936) 1972, p. 405
164
On doit aussi inclure les religions polythéistes qui reconnaissent toujours un Dieu des Dieux, mais le débat dépasse le
cadre de cet essai. Notons que ce sujet est désinformé par les média qui répètent un savoir mal assimilé !

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


85
asséné : notre religion et les autres,… les croyants et les non-croyants,… guerre aux
impies !… Dieu bon ou vengeur, selon les cultures, et les hommes pécheurs,… le peuple de
dieu et les religions non chrétiennes,… le peuple juif élu,… et même dans le domaine
profane : le « peuple d’en bas et le peuple d’en haut »… le « peuple de gauche »… tout cela
procède du même esprit de séparativité !
Mais pourquoi les églises ne disent pas tout simplement : Dieu EST la Création dans une unité
indissociable, et surtout ne mettent pas leurs actes au diapason de cette Vérité ? Dans son
extrême sagesse, l’Inde a produit l’Enseignement de l’Advaïta ou de la NON DUALITÉ165.
Mais les peuples doivent assimiler de telles conceptions, petit à petit, aux cours des ages
innombrables.
On peut penser qu’à l’avenir, les individus auront la désir de mieux connaître les
différentes religions.
Celui qui a le temps et la volonté d’étudier les textes originaux se rend compte par lui-même
qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre, par exemple : la Bhagavad Gîta, la Bible, le
Coran, les enseignements de la philosophie védantique, ceux de Patanjali, de Vivekananda, de
Yogananda et autres Sages, la Théosophie et sa continuation : l’œuvre d’Alice A. Bailey, et
bien d’autres enseignement plus occultes : Gnose, Soufisme, etc.
Rapidement, le sens de l’UNITÉ de la Religion se dégage de ces lectures.
Le Christ n’est pas la « propriété » des Chrétiens, pas plus que Krishna n’est celle des
Hindouistes ; ou de tout autres Messie ou Prophète. Ils sont universels.

LA GUERRE DES ÉGLISES.


Chacun, qu’il soit athée, agnostique, anticlérical, spiritualiste, libre-penseur comprend
facilement qu’une masse énorme d’individus, de simples citoyens particulièrement, a besoin
de la religion et des églises actuelles, quelque critique qu’on puisse porter sur elles. Il faut
donc envisager les faits suivants, non comme un réquisitoire, mais comme les causes du grand
balancier de l’Histoire qui concerne tout particulièrement l’effondrement des Églises et du
pilier de la Religion.
Séparativité, haine et violence religieuses.
Deux mille ans de christianisme : que d’événements ! Tantôt heureux, tantôt
dramatiques. Deux mille ans de prêche d’amour du prochain ; et deux mille ans de haines, de
violences et de guerres. Et plus ou moins de même dans les autres religions. Les Églises
initiales ont toutes débouché sur des schismes, entretenant par là l’esprit de séparativité. Mais il
est bien difficile de juger tous ces faits avec nos mentalités contemporaines, selon
l’idiosyncrasie propre à une époque antérieure. Comment juger les Croisades aujourd’hui ? Ou
l’Inquisition ?… Pendant ces 2000 ans, les Eglises ont eu fort à faire avec l’hérésie, le
matérialisme inné des individus, et les moyens de ces époques reculées étaient peut-être jugés
nécessaires pour faire tourner le regard des peuples vers le ciel ?… On ne refait pas l’Histoire,
elle se poursuit simplement pour apporter les ajustements nécessaires, comme dans un grand
livre comptable.
Notons au passage l’antagonisme religieux apparent entre la Chrétienté et l’Islam, alors que le
Coran est la stricte réplique de la Bible, selon l’avis des érudits. Les actes ne suivent pas
toujours l’esprit, au niveau des peuples. Mais de tout temps il y eu des êtres sages et éclairés
de part et d’autre, attendant patiemment que les peuples s’entendent. Nous sommes,
concernant ces deux religions en particulier, au tournant de la nouvelle Civilisation, et les ponts
sont jetés de plus en plus entre ces deux cultures. Ainsi qu’avec le Judaïsme.
L’exemple par la douleur expiatoire, propre à cette vieille civilisation, est difficile à comprendre
aujourd’hui au niveau des causes non seulement historiques mais immémoriales. Ce concept a
par ailleurs développé un sado-masochisme latent dans la conscience collective, qui fait corps
avec le désir de puissance de nombreux ecclésiastiques. Il suffit d’observer…

165
Alexandra David-Neel, L’AVADHÛTA GÎTÂ, Adyar, Paris, 1958 — Alexandra David-Neel, ASTAVAKRA GÎTÂ,
Adyar, Paris, 1951. Etc.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


86
Il y eut bien sûr des crimes impardonnables, comme ce sacrifice de jeunes enfants par la curie
romaine, pour donneur leur sang à un pape mourrant, dont il vaut mieux oublier le nom.
On peut constater que la Religion et les Églises ont, envers et contre tout, perduré jusqu’à nos
jours. Leur apport a été de maintenir une idée du divin dans les consciences.
Mais quel sera leur mutation dans la Civilisation à venir ?…

Crime capital contre la liberté de conscience


Le crime principal de l’Église — non de la Religion — comme chacun peut s’en rendre
compte objectivement par lui-même n’est-il pas, bien plus que les crimes de sang, d’avoir
e
maintenu dans l’obscurité les masses ? Comme le fit récemment au XX siècle une autre
idéologie religieuso-laïque : le communisme.
e
Les Encyclopédistes au XVIII siècle, en rédigeant un grand dictionnaire raisonné des sciences,
des arts et des métiers, ont permis la vulgarisation de la science et la pensée laïque, avec
l’esprit des Lumières de tolérance, la rationalité et de largeur d’esprit. L’Eglise s’acharna contre
ceux qui entamaient leur monopole d’explication de la Création, explication qui ne savait que
procéder par dogme et mystère !
e
Puis ce fut le tour de la Théosophie du XIX siècle, qui mit en lumière bien des symboles
inexpliqués, et montra l’universalité de tous les enseignements. Dans un esprit également de
tolérance envers toutes les religions, toutes les personnes. Là encore, l’Eglise s’acharna à la
détruire. Jusqu’à nos jours, où des prêtres l’accusent encore d’avoir introduit la notion de
réincarnation, qu’ils considèrent — à tort — comme bousculant leur monopole de la
166
résurrection !
e
La loi trancha au début du XX siècle le cordon ombilical en déclarant la séparation de l’Eglise
et de l’État. Mais l’Église continua a être très prégnante sur les consciences, par le biais de
l’enseignement, des ligues morales, jusqu’aux « cotes morales » des films, par exemple.
e
Au XX siècle, la Psychanalyse chercha à déculpabiliser les individus de la sexualité considérée
comme un « péché ». Curieusement, une partie de l’église fut relativement plus tolérante vis-à-
vis de leur action de déculpabilisation.
Notons que ces mouvements ne touchent que lentement les différentes strates de la société, et
qu’un siècle est peu de chose au regard de l’évolution de l’inconscient collectif.
La « tactique de l’épouvante ».
La méthode de conditionnement des églises fut simple : elles utilisèrent la « tactique
167
de l’épouvante ». Peur du péché ; peur de l’Enfer , culpabilisation, peur de la damnation
éternelle, peur de l’Inquisition ( identique en tout point à la Gestapo des nazis),…. Toutes ces
pressions psychologiques sur le libre-arbitre pour intervenir dans l’existence des gens, le
déroulement de la vie sociale et politique, sont devenues intolérables aux masses qui
commencent à juger par elles-mêmes, sans s’en remettre à une autorité humaine dont la
faillibilité devient de plus en plus apparente.
Elles ont ainsi divisé pour régner, selon le vieux principe « démoniaque » : Hors de l’Église,
point de salut !…

Implosion de l’Église chrétienne


Dans les années 50, avec le Concile Vatican II, l’Église catholique implosa par une
168
transformation radicale des structures de penser internes . Avec des répercussions sur les
autres églises du Monde. Elle s’est « dépyramidalisée ».
« Il n'aura fallu que quatre ans au bon pape Jean XXIII pour mettre fin à un
affrontement universel plurimillénaire et ouvrir une porte de l'Histoire sur le sens
d'UNITÉ de tous les Chrétiens !
Il portait en même temps, sans violence, un coup irréversible à la toute puissance du
Saint-office, considéré par certains comme l'héritier de la redoutable Inquisition.
Pour cela, lors du concile Vatican II, il favorisa, par son extrême simplicité, un dialogue
169
qui n'avait pas eu lieu depuis cent ans ».
Notons pour mémoire le silence du Vatican sur les crimes nazis qui est remis sur la table au
e
XXI siècle…
Plus récemment les scandales qui éclaboussent les prêtres et le Vatican ont réveillé
les consciences de manière spectaculaire. Plus encore que les crimes contre l’enfance eux-

166
Cf art. Réincarnation et Résurrection, cité en biblio.
167
Notion hérité de la lointaine Babylone et de son culte à Moloch, en particulier.
168
Une lecture des textes de Vatican II est disponibles facilement sur Internet, pour le lecteur qui souhaite plus de détails.
169
Extrait de CHOMEUR : POURQUOI ? cf biblio.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


87
170
mêmes, c’est le fait d’avoir prêché une « morale » sexuelle qu’ils ne sont pas capables de
respecter dans leur totalité, qui choque le plus l’opinion, comme en témoignent les média qui
relaient cette opinion sans restriction. La volonté de cacher pendant des décennies — mais on
pourrait penser des siècles, des millénaires — les déviations pathologiques de certains de leurs
membres rend la totalité de l’Église complice de crimes ! L’argutie consistant à comparer les
taux équivalents de brebis galeuses dans les différents groupes sociaux ne peut que laisser les
observateurs pantois et attristés par cette défense pathétique. Les tentatives de réparation, de
demande de pardon, suffisent-elles à l’opinion ? Ne sont-elles pas trop tardive, trop timides
pour des responsables qui s’arrogent le droit de dicter la morale ?… Mais surtout, ce mea culpa
est contraire au courrant de progrès de l’Histoire … Les « vieilles outres doivent disparaître » !
Les citoyens de cœur ne peuvent avoir que compassion pour ces frères humains que le Destin
— le Karma —, a assigné à cette lourde et vaine tâche de sauvetage d’une église morte,
comme de ces marins sur un navire qui sombre.
e
Depuis le milieu du XX siècle, on observe une crise des vocations des prêtres
chrétiens. Si elle continue pendant quelques siècles, les cathédrales seront vides ; comme c’est
déjà le cas de petites paroisses en milieu rural. Il en fut de même des temples grecs, puis des
temples romains, par exemple, à l’aube de la Civilisation chrétienne.
A quoi seront destinées ces églises dans l’avenir ? Un lieu de réunion sans officiant, comme les
mosquées ? Une reconversion culturelle, comme un lieu pour la musique, compte tenu de
l’acoustique de ces lieux ? …
Enfin, la culture globale rejaillit sur la culture religieuse. On note en particulier une
lassitude des croyants face aux querelles entre églises ; une demande d’accès des femmes à la
prêtrise ; une demande de la fin du célibat des prêtres catholiques, comme cela est le cas dans
d’autres confessions ; etc. Mais ce qui peut être perçu comme une évolution, n’est peut-être
qu’une dissolution de valeurs religieuses occultes, selon chaque cas spécifique à étudier plus
profondément.

Celui qui a fait périr par l’épée, périra par l’épée. Si le pilier de la religion s’écroule
dans sa FORME, son ESPRIT subsiste dans les cœurs des hommes, comme en témoignent la
bonne volonté et la fraternité qui se développe partout dans la Société, civile et croyante.

UNE ASPIRATION INDIVIDUELLE UNIVERSELLE


« Soyez vous-même votre propre
flambeau et votre propre recours »
Bouddha171
Besoin indissoluble de l’homme de prier Dieu dans sa pensée individuelle.
Si les Églises se défont, si les croyances devenues superstitions s’effritent, il reste de
toute éternité un sentiment religieux au fond du cœur de l’homme. Même le matérialiste à
besoin d’un dieu : ne le nomme-t-il pas « Big Bang » !…
Et on peut penser qu’à l’avenir, chacun voudra de plus en plus adorer dieu à sa manière,
librement, à la lumière de sa propre pensée éclairée par son âme. Cela ne va-t-il pas dans le
sens du besoin de liberté si cher aux humains ? La libération de la peur instillée par les Églises
mettra une fin à cet obstacle psychologique fondamental.
Le besoin profond de l’homme de prier Dieu dépasse la seule limite spatio-temporelle
de la traditionnelle messe du dimanche. Mais l’existence moderne actuelle ne laisse que peu
de temps pour le recueillement au cours de la journée. Depuis belle lurette l’Angélus, ne
subsiste même plus au coucher du soleil. Cela crée aussi un manque subtil dans l’inconscient.

170
L’histoire du conditionnement des peuples chrétiens au sujet de la morale sexuelle, dont les racines remontent à Saint
Paul, semble-t-il, mais sans doute bien avant, est très obscure. Les autres religions ont également ce genre de
conditionnement. La psychanalyse, la suppression du célibat des prêtres catholiques, la libération des mœurs résoudra-t-il
cette question ? L’avenir le dira…
171
cité par Alexandra David-Neel dans Le BOUDDHISME, Plon, Paris, 1936, p.6

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


88
Dans la Civilisation métaphysique à venir, chaque action quotidienne, tout au long de la
journée, devrait retrouver peu à peu son sens spirituel. Tout est divin.

D’un autre côté chaque individu, de toutes les religions, se pose un jour ou l’autre trois
questions, en termes similaires :
- Dieu existe-t-il ?
- Le Christ reviendra-t-il pour établir une nouvelle religion universelle ?
- Comment pouvons-nous être des dieux ?
La réponse, lorsqu’elle n’est plus donnée de manière satisfaisante, vivante,
expérimentable par les Églises, fait que les hommes se tournent vers d’autres Religions,
d’autres enseignements ésotériques. Ils sont en attente.
L’attente…
Or, nous pouvons constater que les croyants de toutes les Religions sont dans l’attente
du RETOUR D’UN MESSAGER DE DIEU. Cette attente se fonde sans doute en partie sur la
venue au cours de l’Histoire de grands êtres qui ont marqué l’inconscient et le conscient des
Civilisations passées : Manou, Hercule, Zoroastre, Krishna, Bouddha, Jésus-Christ,
Mahomet… pour n’en citer que quelques-uns.
L’attente du retour du Christ chez les chrétiens à son équivalent dans les autres religions172.
Cette idée à comme source l’antique philosophie védantique de l’Inde. Sa vulgarisation
actuelle touche la sensibilité des croyants et non-croyants ; même si les motifs de ces
vulgarisateurs ne sont pas toujours bien « clairs » et si leur discours est du registre du
superstitieux. Cette attente est un fait scientifique de l’inconscient collectif. Mais il peut s’y
mêler bien des illusions !…
L’aspiration à une religion une et fraternelle, simple, dégagé de ses dogmes, de son
matérialisme, peut en toute vraisemblance initier son éclosion dans la Civilisation à venir,
selon un mécanisme incompréhensible pour les peuples qui y verront un miracle, comme celui
de Bethléem.

UNE RELIGION UNIFIANTE


"Le christianisme a été prêché par des ignorants et cru par
des savants, et c'est en quoi il ne ressemble à rien de
connu."
Joseph de Maistre173

Mouvement vers l’universalité des églises.


Nous assistons à la fin des religions guerrières, dominatrices, matérielles. Le
mouvement œcuméniste fleurit. À l’instar de la mondialisation économique, des prémices
vers l’universalité des églises — très négociées ! — se font jour. La plus « visible » de ces
transformations, pour l’opinion, a peut-être été cette réunion d’Assise en 1986 de toutes les
religions du monde, pour une prière en commun. 174
Dans la Civilisation métaphysique à venir, la future religion se devra d’être universelle
pour être en harmonie avec le principe d’Unité qui se dessine au fil des ans, dans tous les
domaines.
Lorsque l’universalité sera reconnue entre les religions et les philosophies, comme par
exemples :
Catholique, orthodoxe, protestante et autres schismes ; musulmane.
172
Maitreya chez les hindouistes, l’Imam Mahdi chez les musulmans, etc.
173
Joseph de Maistre, politique, philosophe, magistrat, historien et écrivain savoisien (1753 - 1821).
174
27 octobre 1986 : rencontre à Assise, à l'initiative de Jean-Paul II, pour une journée de prière en faveur de la paix de 130
représentants des 12 principales religions du monde.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


89
Indouiste, Bouddhiste ; soufisme.
Théosophie ; franc-maçonnerie ; psychologie.
Anciens enseignements : stoïcisme, épicurisme, mythologie gréco-latine (encore très
présente dans l’inconscient collectif occidental).
Mysticisme et ésotérisme, foi et sagesse (en conséquence d’un développent mental des
masses populaires mieux formées et informées).
Et parmi les enseignements particuliers, celui qui concerne la Civilisation à venir :
réincarnation et résurrection, comme deux expériences complémentaires essentielles.
Etc.
… alors les temps seront venus.

Un discours religieux vrai. Une forme simplifiée.


La forme du discours religieux devra évoluer pour au moins deux évidences : la forme
du prêche ou du sermon est psychologiquement de plus en plus mal reçue par les nouvelles
générations car elle renvoie à un rapport de domination du prêcheur sur l’auditoire, et a une
connotation moralisatrice et culpabilisante rejetée par l’esprit moderne, libéré de plus en plus
des anciens conditionnements religieux. Seules les personnes émotionnelles resteront encore
attachées à des prêches les centrant sur leur affectivité égoïste175.
La forme qui la remplacera sera certainement plus un discours religieux scientifique et
ésotérique. On trouve dans le bouddhisme, par exemple, cette approche métaphysique de la
religion.
Cette forme débarrassée de ses « dorures » ostentatoires rendra le discours plus humain, plus
intériorisé. Le cadre familial, comme aux premiers temps du christianisme, pourrait retrouver
sa pleine dimension ? Ce qui n’exclut pas les rassemblements fraternels. Mais nous sommes
là dans des aspects culturels.

Un contenu religieux inconnu.


Le contenu de la future religion universelle n’est pas révélé. Seul un Messie peut lui
insuffler l’énergie suffisante pour durer deux nouveaux millénaires. Cette idée d’une telle
Révélation, il faut bien le reconnaître, a quelque chose de stupéfiant, d’incroyable, pour
quelqu’un vivant les drames contemporains !…
Cependant, cette religion n’est-elle pas annoncée par des signes : le rapprochement, depuis le
siècle dernier tout particulièrement, de la tradition ésotérique orientale vers l’occident ; la
prodigieuse victoire de la psychanalyse176 ; la persistance de la philosophie grecque,… ?
Cette religion pourrait très vraisemblablement être centrée sur la connaissance de Soi. Le Soi
étant l’Âme, et non l’inconscient matérialiste.
Pour le lecteur qui souhaiterait prolonger sa réflexion de manière créative sur
ce contenu, il est à noter un petit livre de Krishnamurti : Aux Pieds Du Maître177, qui est
devenu un succès mondial. Ce contenu englobera vraisemblablement toutes les religions.
Mais il est évident qu’une nouvelle Religion n’est pas encore révélée. Ces quelques lignes ont
pour simple but de montrer que la spirale de l’Histoire des religions se poursuit, même si nous
ne connaissons pas encore le tour de spirale à venir.
Peut-on penser d’autre part qu’il y aura le rétablissement d’un rituel religieux ? 178
175
On en voit des exemples stupéfiants dans les différentes « églises » américaines parallèles au christianisme et à la limite
des sectes.
176
Titre d’un ouvrage de vulgarisation bien connu sur ce sujet, par le psychologue Pierre Daco.
177
Il existe également un plus gros ouvrage de commentaires d’A. Besant et de C.W. Leadbeater sur ce document, aux éditions
Adyar. Il est suggéré que les grandes lignes de l’enseignement de la future Religion peuvent être déduites de ce texte.
178
Le rituel catholique, en particulier, a perdu son sens le jour où le prêtre, tourné vers Dieu, dans le cœur de l’église, pour
intercéder auprès de lui en faveur des fidèles, s’est retourné vers les fidèles, est descendu à la croisée des transepts et à tourné
le dos à l’influence divine, croyant bien faire. Sur ce sujet très complexe et ésotérique, on peut lire : La science des sacrement
de C.W Leadbeater, Editions Saint-Alban, Paris 1926.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


90
Car les fidèles ont besoin de symboles179 avant de pouvoir pénétrer dans une quête plus
intérieure.

Une religion réhabilitée.


L’histoire nous a montré le mouvement de balancier : domination - batailles de
libération - harmonisation. Nous sommes à une étape où la séparation plus ou moins
prononcée des Églises et des États est une tendance naturelle en occident.
La Religion universelle une fois instaurée, sa participation à tous les actes de l’existence est
logique, hors de toute mainmise des prélats sur les États.
Une Religion universelle influencera logiquement le principe d’unité dans tous les autres
domaines : un gouvernement mondial, une fraternité universelle180, une économie mondiale
pacifiée. Il existe déjà bien des prémices, même imparfaits, allant dans ce sens qui ont déjà été
cités : œcuménisme religieux, mondialisation, organismes mondiaux. La science a été le
premier et grand « ciment » de l’Humanité par son esprit d’internationale scientifique, qui ne
connaît ni les barrières des pays et des régimes politiques, ni celle des langues. L’art de tout
temps a également parlé aux peuples de toute la terre, par-dessus les langues et les frontières.
La religion cimentera l’Art et la Science, la Politique et l’Ethique, et donnera ce fameux
SENS, tant quêté, à l’Existence : la synthèse entre l’Esprit et la Matière.

LES SCORIES SECTAIRES KARMIQUES


Voyons rapidement un mouvement culturel qui accompagne ce pilier de la Religion,
en bien, ou en moins bien.
L’esprit sectaire, religieux ou laïque est avant tout un manque de développement de la
conscience qui est à la fois trop ancrée dans l’émotionnel, et dans une pensée dogmatique,
orgueilleuse, « cristallisée » dans de fausses certitudes indestructibles.
Cet esprit se rencontre dans les sectes : dangereuses (« dérives sectaires »), ou
bénignes (sectes) ; chez les intégristes de toutes confessions — encore une fois religieuses ou
laïques — ; chez les terroristes. Qu’il débouche sur des groupes ou soit le fait d’individus isolés,
il va à l’encontre de l’unité, de la synthèse entre le matériel et le spirituel, et entre tous les
hommes. Ce conditionnement peut avoir bien des causes historiques et personnelles. Mais le
dénominateur commun est l’ORGUEIL, apparent ou caché. Il débouche donc toujours sur des
conceptions MATERIALISTES et SUPERSTITIEUSES de la vie. Son effet sur autrui ne peut
être que destructif, selon des modalités infinies. Il enferment leurs proies par des mécanismes
psychologiques biens mis en lumière depuis les années 1950 en particulier181.
Cet esprit sectaire apparaît cycliquement au cours de l’histoire. On pense à la célèbre secte
déjà citée des Assassins au XI siècle (dangereuse) ou des cathares (non dangereux et
persécutés par l’Eglise) par exemple. Il semble que les sectes ont reproliféré dans la seconde
e
moitié du XX siècle. Sans doute est-ce l’effet du vide laissé par les religions désertées, comme
le relèvent de nombreux auteurs. Mais aussi, elles participent au pourrissement nécessaire des
aspects racornis des religions, qui doivent disparaître.
D’un autre côté, il existe des groupements d’humanistes, de chercheurs de la Vérité, dont la
caractéristique est l’ouverture fraternelle à tous les autres. Parfois, l’opinion non éclairée et qui
ne se donne pas la peine de réfléchir, peut les confondre avec des sectes. Ce sont des ordre,
des fraternités, des congrégation, des foyers d’étude … religieux ou philosophiques, qui se
réunissent pour des conférences, des échanges sur un pied d’égalité, sans pseudo guru !
Notons au passage que le système des gurus et un peu le pendant des directeurs de
conscience d’un ordre religieux catholique par exemple. Il est dépassé pour la mentalité d’un
occidental qui a une capacité scientifique de mener à bien sa quête de Soi. Par exemple, dans
un mouvement comme la Self Realisation Fellowship de Paramahansa Yogananda, il n’y a

179
Voir le pilier VII.
180
Terme sans aucune référence à des sectes particulières.
181
Lire par exemple l’article sur les sectes à l’adresse : http://www.prevensectes.com/sectes4.htm

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


91
pas à proprement parler de guru. L’enseignement védantique de Yogananda est librement
suivi par des millions de personnes dans le monde182.
De toutes manière, le bon sens populaire fait souvent que dans le doute les gens
s’abstiennent d’adhérer à tel ou tel groupe. Avant de mieux connaître leurs propres
motivations, leurs propres fractures par lesquelles un enseignement occulte peut les
conditionner à leur insu, cette prudence est une sauvegarde.
Mais il y a aussi ces nombreux imprudents qui se croient plus fort que tous (toujours
l’orgueil !) et tombent dans les rets des sectes, avec les drames que l’actualité ne cesse de
nous relater.
Nous pouvons observer que la télévision et le cinéma183 ont fait un gros effort depuis
plusieurs décennies pour éduquer le public. La justice, quant à elle semble s’emberlificoter
dans des arguties, des procédures, une mollesse coupable, pour régler ce problème de société.
La rapprochement de gouvernants mondiaux avec des sectes ou leurs représentants est par
ailleurs incompréhensible… !
On peut penser en observant les enseignements de l’histoire que ces mouvements
disparaîtront avec la mort des adeptes, que cette mort soit naturelle ou la conséquence d’un
massacre collectif comme il y en a eu de spectaculaires à la fin du XXe siècle. Les
mouvements sectaires à caractères économiques, comme toute économie pervertie, devraient
subir le même sort lorsque la troisième guerre mondiale financièro-économique sera
terminée…
Il y aurait beaucoup à dire sur les sectes, mais cela relève plutôt des cultures.
La compréhension, par l’opinion, de la nécessité karmique collective de tels drames
découlera, dans la Civilisation à venir, de la transformation d’une réaction émotionnelle
d’apitoiement égoïste, en une compréhension ésotérique du rôle de tous les acteurs du drame,
bourreaux et victimes, et une compassion véritable.

L’esprit sectaire laïciste.


Relevons un cas particulier français de l’esprit sectaire laïciste. Avec la séparation de
l’Eglise et de l’État, la démocratie a certainement gagné en liberté, car l’intervention des
ecclésiastiques à l’esprit étroit dans la marche des gouvernements n’étaient pas une chose
saine. Mais il n’était question que de séparer l’Eglise et non la Religion ou du moins l’esprit
religieux. Or la pensée sectaire des anti-cléricalistes — en réaction à l’esprit sectaire de
certains religieux — s’est poursuivie, comme des mauvaises herbes dans un jardin, et a
provoqué une déviation de la pensée contemporaine, au point d’éradiquer toute pensée
religieuse des discours publics et médiatiques. Comme s’il était honteux d’avoir un sentiment
religieux à notre époque ! D’autres culture n’ont pas ce problème, et en premier lieu un pays
moderne comme les États-Unis. Cet état d’esprit est sans doute aussi influencé par le
matérialisme scientifique et par le matérialisme politique de certains groupes.
Dans la Civilisation à venir, cet effet culturel sera gommé, sans aucun doute, par une pensée
métaphysique qui réconciliera le pilier de la politique et celui de la religion. Nous verrons
peut-être apparaître un jour prochain des prémices dans les média qui oseront parler de façon
plus décomplexée et motivée de la spiritualité.

Comment la Civilisation à venir se gardera des dérives sectaires ?


« Les mauvaises herbes disparaissent dans
un jardin bien entretenu »
Sagesse du jardinier

182
Si Yogannada, selon la tradition indoue (et non occidentale) a eu un guru : Sri Yukteswar, dûment ordonné (et non pas
auto-ordonné, comme tous ces pseudo guru qui pullulent dans notre monde moderne), et issu lui-même d’une lignée de vrais
gurus, c’est uniquement la pensée philosophique et l’enseignement d’une technique spécifique de Kriya Yoga qui sert de
guide. (Paramahansa Yogananda décrit le Kriya Yoga dans son Autobiographie d'un yogi. La technique est donnée aux étudiants des leçons de la Realization
Fellowship, après une période préliminaire d'étude et de pratique. Voir en anglais : http://www.yogananda-srf.org/tmp/meditation.aspx?id=116 ).
183
Citons, entre autres, le film très intéressant du réalisateur égyptien de renommé mondiale, Youssef Chahine : Le Destin,
1997, qui décortique le mécanisme intégriste dans l'Andalousie du XIIe siècle, et qui est toujours d’actualité.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


92
L’esprit sectaire sera sans doute encore très puissant avant que ne s’instaure une
Religion universelle. Cet esprit de séparativité sera à l’œuvre pour contrecarrer l’esprit
d’unité. Ne pas le minimiser est certainement la meilleure protection. Ne pas céder à la
curiosité évite de se mettre sous la dépendance d’autrui. Comme dit le proverbe : « ne pas
dîner avec le diable, même avec une fourche à la place d’une fourchette ». Un texte d’André
KARQUEL apporte beaucoup de lumière à ce propos : sur la manière de se réunir et par une
mise en garde ou des conditions préalables à l’étude de l’occultisme, dont voici quelques
extraits :
« Un certain nombre d'êtres demeurent insatisfaits, en quête de quelque chose
d'indéfinissable, en proie à une inquiétude, à un désir de recherche. Certains comblent
cette inquiétude en trouvant refuge dans la religion. D'autres se distraient de cette
inquiétude, essaient de l'oublier. D'autres encore sont attirés par l'occultisme.
Occultisme signifie "ce qui est caché". Un attrait vers l'occultisme devrait normalement
conduire vers la découverte de ce qui est inconscient, de ce qui est encore masqué par
un voile en raison d'une ignorance de l'être. Généralement cet attrait vers l'occultisme
ne représente pas toujours un pur désir de connaître. Il s'y mêle de la curiosité et même
une curiosité assez trouble. Il y entre une bonne part d'imagination, de rêverie vague,
de goût d'acquérir certains pouvoirs sans se soucier de l'éthique nécessaire à
l'acquisition de tels pouvoirs, ni de la pureté de coeur sans laquelle toute tentative de ce
genre est vouée, dans le meilleur des cas, à un échec, et dans tous les autres cas à une
catastrophe. » …
… Nous allons examiner les dangers que représentent ces faux instructeurs. Ces
dangers sont d'ailleurs souvent inconnus de ceux qui sont consciemment ou non, de faux
instructeurs.
Le danger est de deux ordres. Il est d'ordre moral, il est d'ordre occulte.
Le danger d'ordre occulte n'est pas sans lien avec le danger d'ordre moral. Les forces
occultes existent ; c'est-à-dire qu'il y a, dans le monde, des formes d'énergie qui, pour
ne pas être captées et décelées comme l'électricité ou certaines ondes, n'en existent pas
moins. Ces forces sont maniées par des intelligences qui appartiennent soit à des êtres
humains, soit à des entités non incarnées, mais puissantes. …
… Les intelligences qui savent manier ces forces ont tenté de choisir tantôt le sentier de
droite, tantôt le sentier de gauche, c'est-à-dire que lorsqu'elles ont choisi le sentier de
droite, elles agissent avec désintéressement et amour, ne visant que la connaissance et
la diffusion de cette connaissance ; alors que lorsqu'elles ont choisi le sentier de
gauche, elles utilisent ces forces dans un but égoïste, pour des fins personnelles, avec
une volonté de s'accroître et de s'enrichir sur tous les plans, en vampirisant tout ce qui
peut tomber sous leur influence et se prêter à leur domination.
Les intelligences qui suivent le sentier de droite ne posent pas de problèmes. Elles
constituent des forces protectrices étant donné leur qualité d'amour ; et s'identifier à
elles signifie que l'on a répondu à la condition préalable en faisant preuve de
discernement.
Si on n'a pas de discernement, et si on n'a pas des intentions pures, il est impossible de
rejoindre ces forces. Quand on est animé par un sentiment de curiosité, par un désir de
pouvoir, on peut rencontrer un instructeur qui est, soit le représentant direct d'une de
ces intelligences ayant opté pour le sentier de gauche, soit un serviteur inconscient de
cette intelligence, devenu le médium de cette intelligence. La simple relation avec cet
instructeur crée le lien avec cette intelligence du sentier de gauche, et c'est là qu'on voit
le rapprochement entre le danger éthique et le danger occulte. Car si celui qui
cherchait un instructeur n'avait pas manifesté ce désir de pouvoir, ce goût de

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


93
dépendance, cette capacité de transférer les responsabilités sur un autre ; s'il avait, par
conséquent, montré une suffisante moralité, il aurait échappé au danger occulte. …
… L'être risque l'assujettissement à des forces qu'il ignore, le dérèglement de ses
émotions, le déséquilibre nerveux et la maladie qui est l'effet physique de ce
dérèglement et de ce déséquilibre. …

Une définition des foyers d’étude dans le nouvel Age permet de diagnostiquer par
contraste ce que sont les sectes.
…« Que doivent être ces foyers ?
Une réunion d'hommes doit, avant tout, représenter un acte de fraternité. - On ne
domine pas son frère - on est à égalité avec son frère. - La réunion implique le partage.
- Le partage n'est pas la dispense d'un enseignement qui se proposerait d'inculquer une
opinion.
Nulle découverte ne naît de la confrontation des opinions - la découverte dépend du
processus de recherche intérieure. - Chacun découvre pour lui-même, et ce qu'il a
découvert ne vaut, en réalité, que pour lui-même et que dans les conditions qui ont
entraîné la découverte. Chaque homme, cependant, peut exprimer le fruit de sa
recherche, l'expression de sa découverte, parce que toute découverte, toute recherche
impliquent une conscience de soi, une part de dépouillement, une démarche de
purification aussi imperceptible soit-elle ; et de cela découle un rayonnement
susceptible de provoquer chez d'autres êtres sensibles, une intention de recherche, de
découverte, une volonté de prise de conscience de soi.
L'expérience d'un homme n'est pas communicable dans son ensemble, ni transmissible ;
et le résultat de cette expérience sur un homme peut amener d'autres hommes à se poser
une question, à manifester cette sorte d'insatisfaction qui entraîne le refus de
l'ignorance au profit de la connaissance.
Il ne faut jamais supposer qu'une formule puisse constituer une recette à appliquer dans
le but d'atteindre à la connaissance. »184 …
*

Il n’y a pas de Civilisation sans Religion !… c’est là une pierre de touche de la fin de
l’ancienne civilisation, qui fait repousser les actuelles églises dans une sorte de « ghetto ».
A un besoin d’immortalité, consécutif à la peur de la mort, le pilier de la Religion qui
permet de Relier l’homme avec l’homme, et de relier l’homme à Dieu doit apporter une
réponse apaisante dans la Civilisation à venir.
Il n’est pas douteux qu’elle puisse faire progresser le Sens de l’existence méta-
physique,… que la Science prouvera.

*
* *

184
La croix blanche universelle, téléchargeable gratuitement sur Scribd à l’adresse suivante :
http://www.scribd.com/doc/8753493/Andre-KARQUEL-Croix-Blanche-Universelle

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94
Chapitre III — L’HUMUS DE LA CIVILISATION
II
L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES

7 LE FUTUR ORDRE HUMAIN DU MONDE


— LE PILIER DE L’ORGANISATION ET DE LA FORME —

L’histoire de l’organisation sociale des nations, l’anthropologie sociale, la


géopolitique, les théories sur les systèmes sociaux, etc. sont de l’ordre de la CULTURE185. Si
nous voulons comprendre le contenu de ce pilier VII de l’organisation et de la forme de la
Civilisation, l’attention doit se concentrer sur les causes profondes concernant la cohésion de
tous les piliers de la Civilisation, c’est-à-dire la pensée scientifique et concrète qui permet
l’organisation et la conservation sociale, politique, économique, religieuse,…de l’activité des
Nations.

Le socle de la PRÉCISION
LE SYSTEME ADMINISTRATIF
DE LA DÉPYRAMIDALISATION À LA REUNION
VERS UNE NOUVELLE ORGANISATION DU MONDE
UN MONDE DE SYMBOLES ET DE FORMES

Le socle de la PRÉCISION
Le principe de PRÉCISION186 est un socle du pilier de l’organisation et de la forme
car il permet d’établir la justesse et l’efficience187. Une organisation qui ne serait pas précise
serait instable et vouée à l’échec. Bien des exemples existent dans l’Histoire où le flou d’une
organisation, particulièrement en temps de crise ou de guerre, à conduit à des désastres
rapides et où la précision au contraire a amené la réussite 188.

185
Cette énumération de thèmes spécialisés, culturels concernant ce pilier de l’ORGANISATION ET DE LA FORME est
très réduite. Comme il existe une interrelation avec les autres piliers, on pourrait y ajouter les suivants, en vrac, qui donnent
une idée de la complexité de ce sujet:
[… le constructivisme social, l’approche écosystémique, l’histoire de l’internationalisme et de l’internationalisme institutionnel, du Communisme,
du Socialisme, du Libéralisle, du Marxisme, du Capitalisme ; de l’Étatisme ; Les nouvelles relations internationales ; Organisation sociale ; Ordre ; Ordres
religieux ; Ordres civils ; Ordres professionnels ; Le nouvel ordre mondial ; la « Nouvelle donne » (1932) ; Sociologie des organisations ; La théorie de
l'acteur-réseau ; État unitaire ; État fédéral ; Commonwealth des Nations ; Système démocratique ; Système totalitaire ; Système autocratique ; Système
théocratique ; Système féodal ; Système monarchique ; L'organisation du pouvoir ; La géographie politique ; Urbanisme ; La sociologie politique ;
Comportement organisationnel ; Consensus ; Démocratie participative ; Démocratie représentative ; Philosophie politique ; Science politique ; Politique
sociale ; Politique économique ; Politique industrielle ; Organisations internationales ; Organisations non gouvernementales ; Organisations syndicales ;
Formes de gouvernements… ] Etc.
186
La précision ne laisse place à aucune indécision, aucun flou émotionnel ou mental, dans la pensée. Elle permet d’exprimer
l’intention exacte. La précision s’applique avant tout au sens des mots.
187
L'efficience est la qualité d'un rendement permettant de réaliser un objectif avec le minimum de moyens engagés.
C’est un anglicisme issu de efficiency. Il ne doit pas se confondre avec l'efficacité, qui ne mesure que l'atteinte d’un objectif
sans précision des moyens utilisés, ni avec la rentabilité, terme financier qui n’évalue un résultat qu’au moyen des résultats
rapportés aux capitaux investis. (source wikipedia)
188
Par exemple, dans le domaine militaire, le débarquement des Alliés lors de la IIe guerre mondiale avait été préparé
mathématiquement selon une méthode enseignée dans les écoles de management (Cf. les méthodes de gestion logistique,
PERT,…). Tandis que l’ennemi s’embourbait dans une imprécision élevée au rang de méthode politique (lire les mémoires
de Speer, par exemple).

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


95
Ce pilier est à la fois simple et extraordinairement compliqué.
Simple, car la nouvelle Civilisation est en marche sous nos yeux. Il n’est pas difficile
de constater les orientations actuelles vers une « mondialisation » et une « harmonisation »
dans tous les domaines. Même si de nombreuses critiques existent…
Compliqué, car il existe une très grande variété de conceptions concernant la manière
dont les Nations peuvent coexister sur la planète. Auxquelles s’ajoute la diversité concernant
les différents activités : sociales, politique, économique, religieuses,… A quoi servirait-il de se
noyer dans tous ces concepts. Aucune forme universelle ne s’est véritablement détachée.
Néanmoins certaines prémices sont intéressants à relever.
De plus les expressions utilisables pour parler de ce pilier peuvent prêter à confusion,
comme par exemple : « le nouvel ordre mondial », le « fédéralisme », « La cohésion régénéré
du véritable Internationalisme », « la géopolitique », les « normes internationales », sont
ambigus, mêlant des notions d’économie, de finance, d’hégémonie de certaines nations, de
rapport de forces, et même de « complot », …
Aussi faut-il prendre ici les mots dans leur sens le plus général, le moins technocratique
possible.

L’organisation doit trouver un subtil équilibre entre autorité et liberté, pour éviter de
tomber dans les extrêmes : autoritarisme et laxisme.
Voyons quelques aspects intéressants de l’organisation :
Le système administratif, qui stabilise et pérennise.
La « dépyramidalisation » de l’ancienne civilisation, qui donne une place équitable à
chacun.
Les modèles organisationnels que sont les Etats-Unis, le Commonwealth, L’Union
européenne, qui fédèrent les groupes humains.
L’administration du Monde, qui anticipe sur un Gouvernement mondial.
L’importance psychologique des symboles et des formes, qui structurent l’architecture de
la Civilisation.

« In varietate concordia »189

LE SYSTEME ADMINISTRATIF.
Aucune société dotée d’un chef, de quelques sages, d’une activité agraire et
commerciale, d’artistes, de chercheurs, de prêtres ne peut fonctionner si elle n’est pas
organisée selon des structures définies. Ce pilier qui concerne précisément ces structures est
donc le lien unificateur des autres piliers de la Civilisation. Il donne forme aux autres
inspirations géniales des hommes.
L’ORGANISATION, l’UNIFICATION, la COOPÉRATION des diversités sont les thèmes
essentiels de ce pilier.
Il est en étroite relation plus particulièrement avec le pilier I de la politique à cause du rôle
stabilisateur et conservateur des SYSTEMES ADMINISTRATIFS. l’Administration est une
sorte de « gyroscope » des régimes.
Les gardiens — les fonctionnaires — de ce pilier font en sorte que les activités humaines de la
cité suivent les règles édictées. Une tendance récente concernant les entreprise sont ces codes
de « bonnes pratiques »190 qui sont une mise en forme des savoir-faire. Elles doivent protéger
le consommateur et le citoyen.
Il y aurait beaucoup à dire sur les dérives de l’administration. Plus les pays sont pauvres, ou
totalitaires, plus la corruption semble importante. Dans les pays plus développés, la tentation
totalitaire de l’administration se développe. Il y a des états dans l’état, comme dans le domaine
fiscal, de l’aménagement du territoire, comme exemples. L’administration de l’Europe

189
« Unie dans la diversité ». Devise de l’Union européenne.
190
Les codes de « bonnes pratiques » (de fabrication, de recherche, de conduite, etc. ) sont développés et imposés légalement
depuis quelques décennies, à l’inspiration des Etats-unis en particulier.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


96
n’échappe pas à ces deux sortes de dérives. Un revers de la médaille peut être aussi
d’immobiliser l’activité par une attitude tatillonne, passive.
Des « coups de balais » sont régulièrement donnés par les politiques, la justice. Mais dans
l’avenir, l’opinion publique sera certainement une gardienne de plus en plus attentive de ces
dérives.
Une des évolution sera sans doute une plus grande proximité humaine des
fonctionnaires avec le peuple, en conséquence d’une Civilisation apaisée et respectueuses des
justes relations.
L’autre évolution qui se dessine déjà est la réduction des administrations pléthoriques grâce à
l’informatique et un changement d’esprit concernant l’accessibilité instantanée aux solutions
à tous problèmes, sans être renvoyé de bureau en bureau.

L’organisation au service de l’homme.


Une des prémices de l’avenir de ce pilier de l’organisation au service de l’homme a
bien été, au milieu du XXe siècle, l’institution de la SECURITÉ SOCIALE déjà citée, pour
répondre à la misère de nombreuses couches de la population. Malgré toutes les difficultés
qu’elle génère, les peuples y sont profondément attachés car elle symbolise par excellence la
solidarité.
Ce modèle de protection sociale est encore loin d’être répandu dans toutes les Nations, mais
on peut raisonnablement penser que le mouvement s’étendra au Monde dans la Civilisation à
venir.

Quelle est la tendance d’organisation des Nations qui se dessine nettement depuis à
peine un siècle ? Voyons en quelques mots la structure des groupes et la structure mondiale.

DE LA DÉPYRAMIDALISATION À LA REUNION
Le système politique pyramidal est tombé avec la tête du dernier roi absolu.
La décentralisation voulue en France par De Gaulle est une autre prémisse de ce mouvement.
Pour l’Église catholique l’administration pyramidale a du attendre le milieu du XXe siècle,
avec Vatican II, pour être remise en question.
Dans les entreprises, le mouvement n’est pas toujours aussi net car la puissance de l’argent
assoit des potentats en haut de la pyramide. Néanmoins le principe napoléonien de la
divisionalisation191 est mis en place par les théoriciens de l’organisaion des entreprises.
Partout, ce mouvement tend à placer — plus ou moins — les êtres sur un pied de relative
égalité.
Ce mouvement évolutif peut être symbolisé par la
pyramide qui se transforme en une couronne. Cette
couronne reflète curieusement la vielle légende des
Chevaliers de la Table ronde. Cette légende aurait-
elle influencé jusqu’à nos jours les peuples, en
incrivant inconsciemment ce symbole dans leurs
mode de pensée ? L’égalité entre pairs devient l’égalité entre citoyens.
On pourrait longuement épiloguer sur ce mouvement, mais il suffit de retenir cette mutation
symbolique des consciences pour comprendre comment se dessine l’avenir.

191
Voir par exemple : Thèse d’Ibrahima Fall, Ecole des Mines de Paris, 8 Décembre 2008 , Approche « gestionnaire » de la
capacité organisationnelle et pilotage du progrès : Apports d’un dispositif pionnier de gestion des capacités organisationnelles
dans une entreprise mondialisée.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


97
VERS UNE NOUVELLE ORGANISATION DU MONDE
De l’antique démocratie grecque aux démocraties modernes bien des
expériences ont été faites pour organiser l’existence des peuples.
Des rêves guerriers d’Alexandre, de Napoléon, d’Hitler, et d’autres, les hommes ont compris
que les Empires ne se battissent pas durablement par la guerre.
Du démantèlement de l’Empire de Charlemagne par l’avidité des héritiers, à la reconstruction
de l’Europe sur les cendres des deux guerres mondiales, les hommes ont compris que les
Communautés humaines pluralistes se construisent patiemment par l’établissement de justes
relations et d’une modération des appétits.
Cependant, les formes de totalitarisme, si on les observe sans porter de jugement de valeur,
ont des vertus de discipline.
Deux régimes, par exemple, on révélé — en échouant — qu’une partie des peuples n’étaient
pas encore assez disciplinés pour une vie démocratique :
Lorsque l’ancien régime Iraquien est tombé, on a vu le pays sombrer dans un chaos de clans
confessionnels qui doivent encore beaucoup apprendre les uns des autres par le conflit.
Le régime de l’ex-URSS, disloqué par le Président Gorbatchev, a vu fleurir une mafia
économique qui nécessitera encore beaucoup de peine pour la résorber.
Le Nazisme, autre exemple, fit tomber le séparatisme des Lander, hérités du Moyen Age, et
disciplina le peuple Allemand. Les Allemands, contrairement aux deux exemples précédents, se
sont relevés très rapidement, grâce à la volonté des alliés qui leur ont tendu la main et grâce à
la réalisation d’un projet commun : l’Europe.
Le monde est en train de s’organiser comme chacun le voit. Il n’est pas utile d’insister sur les
imperfections, les carences, les doutes des pessimistes. Que des tentations de totalitariste se
rencontrent encore dans cette période intermédiaire, qu’y a-t-il d’extraordinaire à cela ?… Que
la corruption pourrisse les administrations des pays en voie de développement, n’est-ce pas
compréhensible ?…

Quelle sera l’organisation de la Civilisation à venir ?


La direction est donnée vers un futur ordre éthique du monde, non seulement grâce
aux expériences positives, mais aussi à cause du pourrissement accéléré des vieilles pratiques,
des vieux égoïsmes, des comportements criminels qui sont de plus en plus sous le regard du
Monde entier… qui pèse sur eux pour une transformation.
Et cela seul n’est-il pas un facteur suffisant d’espoir et de confiance dans le génie humain
pour établir de justes relations au niveau mondial.
Des valeurs humaines de l’organisation.
Si les formes exactes futures du monde sont encore impalpables, des valeurs humaines
de l’organisation sont néanmoins bien ancrées dans l’opinion. Chacun le constate. Pour
mémoire citons :
- Le sens du bien collectif. L’égoïsme, le nationalisme qui ont prévalu dans les Nations avant
les deux guerres mondiales, a été sérieusement ébranlé par la souffrance que les peuples ont
connu. Même si les jeunes n’on pas subi cela, la mémoire collective l’a enregistré et
retransmis aux générations futures. C’est un fait de la psychologie.
- Le rééquilibrage entre l’économie, l’humain tout simplement, et la sauvegarde des
ressources de la Planète est en train de se faire, même si des prédateurs n’ont pas encore tous
été neutralisés par la pression de l’opinion.
- Un mouvement généralisé vers l’idéal démocratique est en cours.
- un idéal universel est également accéléré par les moyens de communication en particulier.
La mondialisation192 dans son sens économique, comme le commerce aux temps reculés des
phéniciens, a ouvert une porte sur les échanges mondiaux, dont découleront biens d’autres
échanges, comme celui de la tolérance interraciale.

192
Et son contre-pouvoir l’altermondialisation.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


98
Des prémices de regroupements des hommes à la taille des intérêts mais
surtout des idéaux communs.
Les Etats-Unis ont montré que des peuples d’origines diverses pouvaient vivre
ensemble, avec une seule langue, tout en gardant une bonne autonomie. Que des
antagonismes majeurs comme le racisme pouvait trouver une solution progressive allant de la
guerre civile, au martyre puis aux élections démocratiques.
Le Commonwealth ( « bien-être en commun ») a offert un autre modèle d’organisation
mondiale. Son originalité provient de son organisation : les pays membres sont unis par leurs
intérêts communs, mais sont autonomes. Ils ne sont liés par aucun traité et peuvent rester
neutres lorsqu'un conflit engage un ou plusieurs d'entre eux193.
L’Union européenne dont la construction a des racines lointaines, montre d’autres
possibilités, dont une plus large autonomie des Nations, que les Etats américains, et qui
peuvent garder leurs langues nationales.
Une analyse précise de toutes les dimensions de ces trois exemples cités ne rentre pas dans le
cadre limité de cet essai. Mais ne peut-on y voir un progrès vers l’abolition de la
Souveraineté et du Nationalisme ? … Prémisse d’un gouvernement mondial ?

D’une administration interétatique à une administration internationale.


Sans renter dans la variété des organisations et de leurs compétences politiques,
juridiques, économiques, financières… dont chacun a entendu parler, même s’il ne connaît
pas bien les détails, notons qu’un élargissement de l’esprit administratif se développe à deux
niveaux :
- Interétatique, pour un ensembles de pays ; par exemple : la Fonction publique de l'Union
européenne.
- Depuis la dernière guerre il y a de grandes avancées vers l’établissement de bonnes relations
entre tous les peuples : des organismes internationaux se constituent. Des instances
s’occupant des problèmes du Monde entier : ONU, UNESCO, OMS, Cour pénale
internationale, et autres Organisations Coordonnées, etc. Les progrès de communication ne
sont pas étrangers aux rapides développements que l’on constate.

Mais n’est-ce un peu comme si l’on mettait la charrue avant les bœufs ?
L’administration mondiale semble précéder un gouvernement mondial !…

Un gouvernement mondial, respectueux des diversités.

« Ce que je crois, c’est qu’il faut incontestablement espérer que se


mette en place une confédération mondiale, qui serait elle-même une
confédération de confédérations à l’échelle des continents, dont
l’Europe pourrait être un modèle et un exemple. Il faudrait créer des
instances mondiales pour réguler des problèmes vitaux comme
l’écologie, le nucléaire, et le développement économique, qui, en
raison de ses conséquences socioculturelles, ne devrait pas échapper
au contrôle politique. » Edgar Morin
194

193
Citation wikipedia.
194
Cf. Orientation bibliographique

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


99
Comme une Religion Universelle est un espoir des peuples éclairés, un Gouvernement
Mondial, respectueux des diversités, sera certainement, dans un avenir incernable aujourd’hui,
une réalité.
Une modeste mais symbolique réalisation pratique dans une humanité UNE, où la
communication encore plus fluide sera un moyen de faciliter de justes relations humaines, est
tout à fait concevable : la suppression des visas et des passeports ; car ils sont les symboles de
l’esprit de séparativité des hommes. Peut-on imaginer cela aujourd’hui ?…

« Les raisons de l’espoir viennent aussi du fait que nous sommes dans
la préhistoire de l’esprit humain, ce qui signifie que les capacités
mentales humaines sont encore sous-exploitées,notamment sur le plan
des relations avec autrui. Nous sommes des barbares dans nos
relations avec autrui, pas seulement dans les rapports entre religions
et peuples différents mais au sein même d’une famille, entre parents,
où la compréhension fait défaut ». Edgar Morin

Rappelons pour mémoire que l’OPINION PUBLIQUE EST LA FORCE impénétrable


qui transforme les STRUCTURES de la société195. Composée d’émotions et de pensées,
l’opinion frustre, égoïste se laisse manipuler par les dictateurs ; l’opinion intelligente,
structurée, universelle est sensible à la condition humaine et au génie des hommes qui
éclairent l’avenir. Cette dernière se développera de plus en plus et personne ne pourra lui
résister.
*

UN MONDE DE SYMBOLES ET DE FORMES


« Toute création est, à l'origine, la lutte d'une forme
en puissance contre une forme imitée. »
André Malraux

Si l’on ne met pas les formes, dit l’adage populaire, on n’arrive à rien. Car l’individu
réagit négativement aux formes qui le menacent. Une des formes qui résume l’ordre,
l’organisation est par excellence le symbole. Les comportements régis par des protocoles sont
un autre aspect de la forme. Ils ne peuvent plus guère être imposés aveuglément. Ils sont
plutôt la conséquence d’une autodiscipline.
Si les protocoles scientifiques, juridiques sont largement utilisés, ceux des
comportements en société se sont beaucoup relâchés !
Ils reviendront certainement en force par effet de balancier suite à l’abandon des vieilles
conventions désuètes. Mais cela relève plutôt de la culture.
L’autodiscipline.
On n’imposera plus une organisation, un protocole sans la libre adhésion des individus.
Elle reviendra également par effet de balancier suite à un certain laisser aller de la vieille
civilisation.
Force psychologique des symboles.
Le symbole, loin d’être une simple décoration, a un effet puissant sur l’homme car il
agit sur sa psychologie, et le met en contact avec un effet intuitif, incompréhensible à
première analyse. La Civilisation en est truffée ! Il suffit de jeter un coup d’œil au
Dictionnaire des Symboles196 pour entr’apercevoir ce monde. Le lecteur trouvera en annexe
195
Cf. pilier III : 4.L’opinion publique s’émancipe rapidement en contre-pouvoir.
196
Dictionnaire des Symboles : Cf ref . dans Orientation bibliographique.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


100
deux courts paragraphes sur le symbole, extraits de deux autres ouvrages du même auteur.
L’un sur le symbolisme des notions psychologique jungienne d’anima et d’animus ; l’autre
sur une expérience concrète d’un labyrinthe.
Citons quelques exemples, selon les domaines de la Civilisation :
Politique : drapeau, décorations, hymne,…
Educatif : « bon points », médailles, modèles comportementaux…
Economiques : logo, image de marques, image d’entreprises,…
Artistique : les muses, les allégories,…
Scientifique : figures géométriques, modèle atomique,…
Religieux : la croix,… symboles maçonniques,…

A propos de la croix, nous avons noté dans le chapitre II, au sujet du paragraphe sur
l’oasis méditerranéen : que l’organisation géographique de l’Europe se fait selon un axe Est-
ouest, tandis que l’union pour la méditerranée se fera selon un axe Nord-Sud. Nous voyons
symboliquement là les deux bras d’une croix ! Après les Croisades, sous le signe guerrier de
la croix et du croissant, la réunion fraternelle de ces deux immenses groupes ethniques se
fera selon une autre croix, de Paix cette fois !…
Ces quelques exemples sont cités de manière brève, mais leur impact sur les peuples
est incontestable. L’étude approfondie des symboles prend du temps et relève surtout de
l’ésotérisme. Elle nécessite d’abord une très bonne compréhension des motifs, des mobiles ou
motivations psychologique, et ensuite d’une capacité à utiliser la pensée abstraite.

Suggestion d’un symbole pour l’établissement de justes relations.


Le lecteur pourra réfléchir, s’il le souhaite, à le signification de chacun des éléments
de ce symbole que nous avons réalisé. Il verra ensuite en quoi ils peuvent trouver une
application concrète dans les nombreux domaines de l’existence…

Ainsi s’achève avec ce pilier de l’organisation et de la forme, le survol de


l’architecture de la Civilisation sans peur… à venir

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


101
AUX IMPATIENTS QUI DÉSESPÈRENT !…
"Rome ne s'est pas fait en un jour »
Proverbe

Nos contemporains qui contemplent le chaos relatif dans lequel ils vivent sont
impatient que tout bouge, que tout change. Mais, si l’on prend du recul, par exemple en
voyageant, en se reposant au bord d’un lac, en séjournant dans une campagne très éloignée
des villes, on doit reconnaître que les choses bougent à une vitesse observable à l’œil nu !…
Bien sûr, le lecteur voudrait sans doute voir l’avènement de cette Civilisation sans peur.
Une pensé sur la patience lui fera peut-être relativiser ses doutes.

« Rien ne peut être réalisé dans le monde le mieux choisi de nous-mêmes et dans
le moment le plus opportun, sans qu’une longue suite de mutations antérieures ne
nous ait préparé déjà au niveau où la conscience participe à une transformation
de façon éveillée. Et c’est la conscience qui est amenée à accepter l’installation
de la patience dans le processus d’évolution.
… La patience …est la vertu latente auréolée de foi ; c’est la promesse
constamment et éternellement donatrice de la Vie dans la forme et hors la forme.
C’est une porte ouverte sur l’espérance éternellement renouvelée.”
… Une autre exigence se présente, c'est la pureté, la pureté de la pensée
silencieuse et active, ce miroir qui reflète la réalité et dont toute poussière qui
pourrait le ternir doit être écartée. Pour que la pensée soit pure, elle doit éliminer
tout vagabondage de quelque nature qu’il soit dans les sentiers de la distraction
sensorielle. » André Karquel 197

*
* *

197
Cf. en annexe le passage entier sur la PATIENCE.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


102
CONCLUSION

N ous sommes tous les intérimaires de la Civilisation sans peur …à venir.


Que nous soyons des « fossoyeurs » de la civilisation, en nous agrippant aux vielles
structures matérielles ; ou que nous soyons des constructeurs de l’avenir, sensibles
à la civilisation métaphysique du futur, nous œuvrons chacun à notre mesure pour ce qui n’est
pas encore.
Bon nombre de Philosophes et de Sages s’accordent sur la fantastique révolution que nous
connaîtrons lors de la Civilisation à venir. Pas un petit chamboulement, mais une mutation
totale. Cela semble extraordinaire ! …impossible aujourd’hui ! Pourtant des prémices le
laissent deviner.
Par un survol de plus de 50 domaines de la Culture contemporaine, nous avons essayé
en particulier de mettre en lumière :
- La mort de l’ancienne civilisation.
- Pourquoi une nouvelle civilisation doit lui succéder.
- Quelle est l’Architecture générale d’une Civilisation,
avec ses 7 piliers qui en assurent la cohésion.
- Pourquoi les Nations contemporaines sont si anxieuses.
- Le déroulement actuel d’une TROISIÈME GUERRE MONDIALE FINANCIERE, qui n’est
pas perçu comme telle par l’opinion.
- Les crises financières et économiques consécutives, qui sont autant de masques de fumée de
la troisième guerre mondiale financière .
- Pourquoi la Civilisation à venir sera sans peur.
- Pourquoi la Civil à venir sera métaphysique.
- Pourquoi nous pouvons être libérés des besoins en énergie. Etc.

Si nous parvenons à nous abstraire des drames et des tragédies contemporains, si nous
admettons qu’une période de transition chaotique, d’ajustements est nécessaire, ne pouvons-
nous imaginer alors une Civilisation où les dictateurs et les conflits ethnique auront disparu,
une fois les karma collectifs réglés ? Ne pouvons-nous penser que la menace atomique et
terroriste sera épuisée, dès leur raison d’être disparue : la peur ?
Ne pouvons-nous considérer qu’un terme sera mis à l'influence subtile exercée par les intérêts
financiers et que l’équilibre sera enfin réalisé entre le problème : du travail, du chômage et du
loisir ? Où la faim, la soif ne seront plus un spectre. Parce que les individus auront des
rapports humains, selon des principes de justes relations. Un monde où les extrêmes —
multimillionnaires et pauvres — auront disparu ; où la réussite sociale sera moins la fortune —
toujours méritée — que le service rendu à la collectivité. Un monde où l'unité des hommes sera
une réalité. Où la libération de l'énergie atomique n’aura été que la première de plusieurs
libérations importantes, faisant disparaître la misère matérielle. Une planète où les hommes
réinventeront un Art de vivre et profiteront des richesses dont la terre regorge
Où l'homme dirigera son énergie créatrice dans des voies encore insoupçonnées. Où l’homme
se comprendra comme l’outil des Seigneurs et non comme un orgueilleux petit potentat.
Où la divinité et l'immortalité de l'homme seront scientifiquement démontrées.
Cette Civilisation n’est pas utopique ; elle est réalisable.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


103
Les Sages, les Saints en sont les témoins vivants.
Les paradoxes actuels ne sont là que pour interpeller les êtres et les mettre face à leurs actes et
à leurs aspirations, afin qu’ils réalisent eux-mêmes la quadrature du cercle en se réformant…
ou en disparaissant.
Chronos use les passions. Une Civilisation ne se bâtit pas en un instant. Elle est comme ces
constructions pharaoniques où l’on voit des dizaines de milliers d’individus tirant lentement
des blocs gigantesques sur une pente lubrifié de glaise. Bloc après bloc. Une Civilisation n’est
pas l’apanage d’une élite ; la masse des citoyens doit avancer ensemble. Alors, on peut
comprendre qu’il faille du temps.
Vers quoi va la Civilisation ?
Les deux millénaires qui se sont achevés dans une dislocation complète de la vieille
civilisation par la double guerre mondiale du XXe siècle, et par l’actuelle troisième guerre
mondiale financière, vont permettre à une Civilisation sans peur, d’éclore — peu à peu —, à
mesure que les poisons de l’ancien monde s’élimineront.
Assis paisiblement dans notre jardin, réel ou imaginé, à l’abri des rumeurs du monde, nous
pouvons déjà voir les mutations dans cette aube de la Civilisation nouvelle.
Nous pouvons raisonnablement penser que…
À une Civilisation égoïste succédera une Civilisation de bonne volonté.
À une Civilisation plus émotionnelle succédera une Civilisation plus mentale.
À une Civilisation de clivages succédera une Civilisation de synthèses.
À une Civilisation avide d’or succédera une Civilisation aspirant à des valeurs éthiques.
À une Civilisation spirituelle succédera une Civilisation métaphysique.
À une Civilisation de la douleur succédera une Civilisation de la Joie.
À une Civilisation matérielle succédera une Civilisation idéale.
À une Civilisation sceptique succédera une Civilisation confiante.
À une Civilisation guerrière succédera une Civilisation de bonnes relations humaines.
… Prenons le temps d’y penser…
*

Si le lecteur est parvenu à élever sa pensée au-dessus de la culture moderne de manière


à demeurer indemne des inquiétudes déversées en permanence, à envisager l’avenir avec
sérénité, l’objectif de cet essai aura été atteint.
Si le goût d’aller voir plus loin, avec méthode, de découvrir les promesses que le génie
de l’homme construira, l’objectif sera alors dépassé …

*
* *

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


104
ANNEXES

TABLEAU RECAPITULATIF, pour chaque pilier


LE MENTAL, DUR OBSTACLE A FRANCHIR, André KARQUEL (1969)
TYPOLOGIE DE LA PENSEE, Richard ANDRE
LA REPARTITION UNIVERSELLE DES SCIENCES HUMAINES, F. BACON
LA SPIRITUALITE, André KARQUEL
PREMICES D'UNE CIVILISATION NOUVELLE, André KARQUEL
LA PATIENCE, André KARQUEL
LES SYMBOLES, Richard ANDRE

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


105
ANNEXE :
TABLEAU récapitulatif, pour chaque pilier :
[ les constituants-clés ; le socle] [Et les besoins / le sens / les qualités / et l’effritement de ce pilier].
Et les sujets développés au chapitre III
Cf. Chapitre I ; Chapitre III
constituants-clés SOCLE les besoins le sens les qualités l’effritement
Pilier I POLITIQUE
vision de l’avenir - pouvoir - LA LIBERTÉ d’unité, de morale, de l’avenir des dirigeants troupeau errant, ou
gouvernement -police - justice de liberté intègres, règne la loi du plus
-diplomatie - armée - fisc - visionnaires fort.
parlement -vote - opinion
publique
Sujets développés : 1 L’AUTORITÉ RETABLIE - La non-violence

Pilier II L’ÉTHIQUE et métaphysique


inspire le génie responsable des six autres piliers
sagesse - éthique - idéal - LA sagesse, de paix, métaphysique la tolérance ; une civilisation est sans
métaphysique - réincarnation - FRATERNITE d’humanité pensée libre. âme et retourne à la
peur et désir - enseignement - fraternelle barbarie.
guérison - socle de la
fraternité
Sujets développés : 2 UNE CIVILISATION METAPHYSIQUE - La mutation du matérialisme - la réincarnation et du karma - Une Civilisation à venir sans peur
et sans douleur - Ii transmission de l’ideal aux plus receptifs

Pilier III PENSÉE APPLIQUÉE aux activités de la cité


justes relations -bonne volonté L’ÉGALITÉ de créer , dans de l’action des échanges de champs désert ou une
- communication - - l’absolu mais aussi « équitable» bonne volonté ; jungle inextricable
commerce - industrie - pour le confort de des
agriculture - administration l’existence. comportements
non polémiques,
non conflictuelles
Sujets développés : 3 DE JUSTES RELATIONS HUMAINES - Le marketing de la peur - La pensee liberatrice - De la désinformation permanente, à l’échange
informatif vrai - De la chienlit des mots indisciplinés, à la discipline de l’écoute. - L’humanité UNE, dans sa riche diversité

Pilier IV L’ART
« règles d’or » - architecture - IMAGINATION d’harmonie ; de la une capacité la civilisation étouffe
danse - musique - sculpture - CRÉATRICE contact direct transcendance sensible, et se flétrit dans la
peinture - poésie - théâtre - sensible avec cote ; du beau, du émotionnelle, à morosité et la laideur
littérature - cinéma - art des caché des choses, bien, du vrai. percevoir
idées - art de vivre débouchant sur un l’imperceptible
art de vivre
Sujets développés : 4 L’ART DES IDEES - la mémoire des civilisations. - « L’exception culturelle » - Une Civilisation du travail dans le loisir.- L’art des idées.

Pilier V SCIENCE
sens des causes et des effets - LA RIGUEUR comprendre le des causes et méthode, la civilisation stagne ;
sciences fondamentales, monde des effets objectivité, vérité ne peut maîtrise
appliquées - médecine et rigueur l’environnement
Sujets développés : 5 UNE SCIENCE AUDACIEUSE - L’impasse de la matière- L’exploration scientifique de la méta-physique. - la gratuité de l’énergie. - Une
santé florissante.

Pilier VI RELIGION
mysticisme - le « bien » / le LA FOI d’éternité compassion ; Un Enseignement civilisation tombe
« mal » - compassion - sens mystique. « révélé » à dans le matérialisme,
psychologie - sectes - 1r pas vers l’origine. Un la superstition et
idéologies et intégrismes métaphysique. rituel pour le s’auto suicide.
religieuses ou laïques - idoles conserver
Sujets développés : 6 UNE RELIGION UNIVERSELLE- Le sacré indissoluble du profane- La guerre des églises.- Une aspiration individuelle universelle- Une
religion unifiante- les scories sectaires « karmiques » - l’esprit sectaire laïciste.

Pilier VII L’ORGANISATION et la forme


Ce pilier permet la synthèse, la cohésion des six autres piliers, en ce sens que l’Esprit et la Forme sont indissociables dans une Civilisation.
organisation - unification - LA d’organisation et le sens L’autodiscipline la civilisation perd ses
coopération - relations - ordre PRÉCISION d’ordonnancement symbolique « dorures », est terne,
- ordonnancement - régulation ; de hiérarchie des sans panache. Elle se
- conservation - cohésion - valeurs désagrège par manque
synthèse - apparences - de cohérence, de
hiérarchie des valeurs - synthèse
symboles - démocraties
Sujets développés : 7 LE FUTUR ORDRE HUMAIN DU MONDE- Le systeme administratif.- De la dépyramidalisation à la reunion- Un monde de symboles et
de formes

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


106
ANNEXE :
LE MENTAL, DUR OBSTACLE À FRANCHIR
André KARQUEL
(1969)
[Voir III LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE
AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ ]

Q
uand le grand appel d'en haut retentit dans le secret de l'être, le Son vibrant qui émeut l'âme
vivante, l'âme encore enrobée par les couches denses de la terre, cette âme, teintée d'épaisseurs
affectives et mentales, subit l'influence des créations troublantes de la chair.
Le contact et la coopération avec l'esprit vivifiant n'est pas réalisé. Mais dans sa quête, l'homme
de la Terre évolué rencontre les limites de sa claustration, les couches difficiles à percer de son mental
réactif, attractif, dominateur, chargé de créations artificielles. Dans le cercle de la Terre, le mouvement
évolutif développe l'emprise du mental, et augmente ses moyens effectifs de perversion sur la pensée
et l'imagination.
L'homme chérit l'illusion qui voile la réalité, car l'illusion pare son moi. Cependant, son ascension ne
peut se poursuivre que s'il parvient à briser la coque mentale qui l'enferme et à favoriser à la
conscience son passage au-delà de ces limites terrestres et des nuages trompeurs.
Mais que constatons-nous aujourd'hui ?
Le climat dans lequel l'homme existe actuellement est un climat d'inquiétude et de désarroi.
Que peut être son attitude dans ce climat ?
S'il a approché quelque vérité, a-t-il le droit d'être inquiet et désemparé, de quêter à droite et à gauche
un semblant de solution, d'attendre de livres ou de personnes l'indication d'une opinion, d'une voie à
adopter ?
Dans la confusion, que peut-être l'attitude de l'homme qui se veut libre ?
S'il est lui-même confus, il ne fait qu'ajouter à cette confusion. Et s'il accepte sa propre confusion, il
renonce à cette vocation qui l'a conduit là où il cherche, qui l'a amené à se poser certaines questions.
L'inquiétude, ne nous méprenons pas, est une forme de peur.
Le désarroi, ne nous y méprenons pas non plus, est l'expression de l'ignorance. L'homme, en quête de
vérité et de liberté peut-il être peureux et ignorant ? Non ! Naturellement. Mais il ne peut pas non plus
refuser ou renier cette peur et cette ignorance si elles le possèdent.
Qu'importe-t-il de faire ?
D'abord savoir que l'on est la proie de la peur et de I'ignorance lorsqu'on est en proie à l'inquiétude et
au désarroi. Sachant cela, il importe de comprendre le moteur de cette peur et de cette ignorance, et
aucun livre ne nous amènera à comprendre cela. Aucun homme ne vous fournira une solution
définitive. On pourra vous donner une explication qui sera satisfaisante parce qu'elle répondra à votre
système logique, mais cela ne résoudra rien.
Pour comprendre cette inquiétude et ce désarroi, il faut que vous soyez dépourvu de préjugés, que
vous chassiez toutes les explications sans pour cela guetter la peur et le désarroi. Mais en vous
écoutant, en chassant les mots et les phrases qui viennent définir vos manières d'être et vos sentiments
; il faut que vous sachiez que ce que vous êtes à un certain moment vous représente complètement à ce
moment là. Or ce que vous êtes à ce moment là est illusoire, et si vous n'êtes que cette illusion, et que
cette illusion n'est rien, vous en venez à tout effacer et à découvrir ce qui seul importe.
Vous direz qu'avec quelques difficultés et beaucoup d'attention, vous pouvez peut-être réaliser cela,
mais que vous ne voyez pas le rapport entre cette découverte et la résolution de la peur et de
l'ignorance. Or cette découverte que vous faites à chaque instant en vous identifiant à l'illusion
exprime justement cette connaissance qui efface l'ignorance. Et cette reconnaissance de l'illusion à un
degré tel qu'on en vient à l'effacer, élimine la peur parce qu'elle élimine la dualité ou plus exactement
la division.
Si à un moment donné vous êtes votre interlocuteur parce que vous conversez avec quelqu'un et êtes
en même temps cette relation entre l'interlocuteur et vous, il ne peut y avoir peur de l'autre puisque
vous êtes l'autre. Si en même temps vous effacez tout ce qu'il y a d'illusoire dans ce rapport, seule
demeure la connaissance du fait.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


107
La même chose joue dans la relation avec la chose lue. Dans l'appréhension d'un fait, d'une action,
etc...
Ne dites pas que la peur et l'ignorance ne constituent pas un élément de notre nature. Vous
reconnaissez que vous ne comprenez pas un certain nombre de choses, qu'un mur s'élève à l'intérieur
de vous-même. Vous vous sentez séparé des êtres, par conséquent, il y a ignorance ; et cette ignorance
détermine la peur. La peur naît de la division, de la dualité. Quand elle s'accentue, c'est que le
sentiment de la dualité s'accentue. Et quand ce sentiment s'accentue, que ce soit en mode interne ou en
mode externe, dans l'homme ou dans le milieu social qui n'est que sa projection, il n'y a que possibilité
et naissance de conflit ; et cela peut conduire aux pires oppositions, aux drames, aux guerres.
Pour ce qui touche à la situation quotidienne, naturellement, vous avez besoin de vous documenter. Or
cette documentation ne vaut que dans la mesure où elle n'alimente ni votre peur, ni votre ignorance.
Vous pouvez la juger en dehors de tout préjugé, de toute illusion morale, affective, nationale, que dans
la mesure où vous pouvez vous identifier à elle et l'effacer comme illusoire pour en trouver la racine et
en découvrir le sens.
Sans doute, vous rendez-vous compte que vous êtes distrait, pris, captivé par les évènements qui se
déroulent dans les limites des effets des activités systématiques humaines lesquelles vous invitent à
vous engager dans un des aspects (toujours illusoires) ou dans un des camps de la dualité dont "vous
ne vous affranchissez pas". Vous démontrez ainsi que vous n'êtes pas encore sensible à la vie, donc à
la liberté. La liberté que vous voulez conquérir est illusoire et vous vous complaisez à être toujours le
prisonnier de l'illusion. Que vous vous déclariez matérialiste ou spiritualiste, puisque vous vous
limitez à une opinion, la Réalité vous échappe.
Vous vous faites des démonstrations qui vous prouvent que vous avez raison, car chacun de vous part
d'un postulat différent, mais que chacun de vous développe au même niveau mental à l'aide d'un même
système logique existentiel.
Le spiritualiste et le matérialiste sont des hommes de la Terre possédant une âme vivante susceptible
de s'enfermer en elle-même sans parvenir à s'élever au niveau médian qui permet l'union avec l'esprit
vivifiant.
Beaucoup d'hommes ont la prétention d'avoir compris ce que la tendance vers la spiritualité leur
apprend parce qu'ils ont lu beaucoup de livres et, parfois, connu, sans bien le reconnaître dans sa
simplicité existentielle, un homme animé par un esprit vivifiant.
Ils sont victimes de l'illusion qu'ils pratiquent sans être parvenus à briser leur mental. Ils auront grande
difficulté à le briser parce qu'il est pour eux un utile et merveilleux instrument qui se prête à leur
donner grande satisfaction dans l'existence, mais qui les empêche de voir que la porte est étroite et
qu'il leur faut beaucoup d'humilité pour l'approcher.
Il leur faut - même quand ils pensent avoir raison - poser des "pourquoi" plutôt que des "parce que".
Un pourquoi, qui marque une perplexité prudente, efface toute réponse hâtive à ce qui se présente et
favorise la découverte de la racine et du sens vrai qui était caché et se révèle étranger à ce qu'on
estimait logique de penser.
Le premier homme a une âme vivante, le second homme aura un esprit vivifiant. »

LA TRAGÉDIE COSMIQUE DE LA CONSCIENCE, disponible gratuitement sur :


http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).
1
d’après Saint-Paul les œuvres de la chair et de l’âme sont liées.

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108
ANNEXE :
TYPOLOGIE DE LA PENSÉE
[Voir III LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE
AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ ]

ESSAI

L
a pensé qui s’exprime par des images198, des mots, des phrases, et s’extériorise par la
paroles ou l’écrit est une énergie vibratoire. Comme la lumière qui se difracte en
traversant un prisme, la pensée présente des plans vibratoires différents, du plus
« subtile » au plus « grossier ». Il est possible d’identifier ces niveaux de pensée par
une observation expérimentale attentive, en se guidant sur les connaissances de la Sagesse
antique199. On peut trouver neuf principaux types de pensée 200 :
GROUPE DES PENSÉES ÉPURÉES
1 PENSÉE LIBRE & UNIVERSELLE
2 PENSÉE ALTRUISTE
3 PENSÉE DE DÉVOTION
4 PENSÉE D’AFFECTION
GROUPE DES PENSÉES ÉMOTIONNELLES
1 PENSÉE DʼIDÉALISME ÉMOTIONNEL
2 PENSÉE IMAGINATIVE
3 PENSÉE IMAGINAIRE
GROUPE DES PENSÉES ÉGOCENTRIQUES
4 MENTALISATION MATÉRIALISTE
5 COGITATION MATÉRIALISTE AFFAIRÉE
GROUPE DES PENSEES EN DESSOUS DU SEUIL DE LʼEFFORT HUMAIN
6 COGITATION DE DÉBAUCHE
7 COGITATION CRIMINELLE ET PERVERSE

Avant de nous demander à quoi peut servir cette typologie, et comment l’utiliser,
voyons la plus en détail, en partant de la pensée la plus élevée (en haut), à la cogitation la plus
basse (en bas) et en l’illustrant d’exemples :

198
On parle de « forme-pensée »
199
Voici quelques ouvrages, parmi bien d’autres, pour le lecteur qui voudrait approfondir ce sujet :
LE CORPS MENTAL, A.E. PowelL, Ed. Adyar, 1929.
PATANJALI, les sutra du RAJA YOGA, dans les éditions commentées :
LA LUMIERE DE L’AME, A.A.Bailey Ed Lucis, Geneve ;
LES YOGA PRATIQUES, Swami Vivekananda, Ed Albin Michel, Paris 1953
PSYCHOLOGIE ESOTÉRIQUE, A.A.Bailey, Ed Lucis, Geneve 1963.
L’ANATOMIE PSYCHOLOGIQUE DE L’HOMME selon Shri Aurobindo, Jean HERBERT, Ed Paul DERAIN, Lyon, 1950
200
Les termes utilisés dans les ouvrages pour caractériser ces états vibratoires de la pensée sont variés. Nous avons essayé d’utiliser des termes assez simples et
parlant, même s’ils ne recouvrent pas toutes les subtilités de ce sujet très complexe. La terminologie peut également être un écran à la compréhension, aussi
convient-il de la prendre avec circonspection. Les types 6 et 7 n’ont pas d’intérêt pour notre Civilisation qui s’est émancipée, dans sa majorité, de ces états de
conscience.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


109
Penseur divin ( Soi , âme)
201
VOLONTÉ SPIRITUELLE
202
INTUITION

idée abstraite causale (télépathie spirituelle)


idée archétypale causale
203
idée synthétique causale

204
Niveau de la pensée Exemples de pensées commentaire

homme pensant (personnalité)

SILENCE DE LA PENSEE

GROUPE DES PENSÉES ÉPURÉES


Pensée « lumineuse » Recherche désintéressée humanitaire
Les idées (sans formes) du mental supérieur
ou causal, inaccessibles à l’homme moyen,
PENSÉE METAPHYSIQUE peuvent parfois jaillir dans le mental pour
1 PENSÉE LIBRE & PENSÉE ESOTERIQUE illuminer la pensée formelle.
UNIVERSELLE 205 PENSÉE SYMBOLIQUE La pensée libre est l’apanage du Sage.
PENSÉE MATHÉMATIQUE La pensée matérialiste émotionnelle, à
PENSÉE PHILOSOPHIQUE propos de ces mêmes exemples, n’a rien à voir
PENSÉE ARCHITECTURALE avec ces 4 premier niveaux.
PENSÉE ABSTRAITE, …
2 PENSÉE ALTRUISTE Recherche dévouée mais pas encore pour
l’Humanité en général A ces 4 niveaux des pensées épurées207 ,
l’intérêt de l’homme s’élève très lentement de
son entourage (niveau 4) à une vision de plus
PENSÉE DÉVOUÉE AU en plus large, jusqu’à devenir universelle
TRAVAIL (niveau 1).

PENSÉE DÉVOUÉE AUX Cette pensée permet une démarche


scientifique rationnelle, posée.
CAUSES
206
PENSÉE SPIRITUELLE Les pensées d’un niveau supérieur
PENSÉE POLITIQUE incluent celles des niveaux inférieurs. D’ou
une certaine instabilité tant qu’un niveau n’est
PENSÉE SCIENTIFIQUE
pas stabilisé par l’expérience et
PENSÉE ARTISTIQUE l’entraînement.
PENSÉE HISTORIQUE Il est rare de rencontrer un penseur
PENSÉE DICHOTOMIQUE entièrement centré dans la pensée libre ou la
pensée altruiste, par exemple.
PENSÉE RITUALISTE
3 PENSÉE DE PENSÉE RELIGIEUSE Anthropo-
208
DÉVOTION morphe

PENSÉE SACRAMENTALE

PENSÉE DE RESPECT DE LA
209
NATURE
4 PENSÉE Pensées étroites mais non égoïstes
PENSÉE FAMILIALE
D’AFFECTION PENSEE DE BON SENS
PENSÉE HONÈTE, JUSTE

201
Le plan de l’atma, des Indous.
202
Le plan de la buddhi, des indous, ou de l’amour-sagesse, ou de la raison pure.
203
Les vibrations au-dessus de la pensée libre ne sont accessibles qu’au vrai yogi ; elles ne sont mentionnées que pour mémoire. Ce niveau des causes - de toutes
les actions - est décrit comme un monde sans forme, ce qui ne correspond pas à grand chose pour celui qui n’a pas atteint ce niveau de sagesse !
204
Les exemples peuvent également se retrouver à d’autres niveaux, selon à la nuance apportée au sens du mot.
205
Le mouvement de la « libre pensée » ne se situe pas à ce niveau.
206
Ces exemples peuvent aussi concerner le niveau de pensée libre, selon le développement du penseur.
207
dits du mental « inférieur », par opposition au mental « supérieur » ou causal, selon la terminologie ésotérique.
208
Considérant la déité concernée plus que l’enseignement universel prodigué.
209
Sous toutes ses formes, en dehors de tout engagement politique ou idéologique.

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110
GROUPE DES PENSÉES ÉMOTIONNELLES
PENSÉE DʼUTOPIE A partir de ce groupe, les pensées sont
Pensée « inspirée” étroitement enchevêtrées avec les
PENSÉE MYTHOLOGIQUE
1 PENSÉE PENSÉE DE GRANDEUR
sentiments 211 .

DʼIDÉALISME PENSÉE INTROSPECTIVE


210
Au niveau de l’idéalisme émotionnel,
l’homme peut parfois se mettre en relation
ÉMOTIONNEL PENSÉE PATRICIENNE avec une inspiration212 d’ordre transcendante.
PENSÉE PATRIARCALE

2 PENSÉE IMAGINATION ESTHÈTISANTE


Dans ces niveaux « inférieurs » la pensée est
PROJECTION Psychoanalytique
IMAGINATIVE PENSÉE PLANIFICATRICE
trompeuse.

PENSÉE FAUSSE
PENSÉE SPECULATIVE
Les exemples ci-dessus et ci-dessous, ne sont pas à
PENSÉE POLITICIENNE proprement parler une classification de sous-
PENSÉE Universitaire prosaïque niveaux, mais en y réfléchissant on pourra trouver
une progression des exemples inscrits de bas vers le
PENSÉE « Écologique » haut, vers un peu plus de liberté de penser…
PENSEE ORGUEILLEUSE
PENSEE SEPARATIVE
3 PENSÉE ÉLUCUBRATION
FANTASIA, RÊVE ÉVEILLÉ
IMAGINAIRE PENSÉE NAIVE,
PENSÉE NARCISSIQUE
PENSÉE ÉROTIQUE
«Voyances astrale »

GROUPE DES PENSÉES ÉGOCENTRIQUES


4 MENTALISATION PENSÉE DOGMATIQUE, de
Ce groupe correspond à une conception
systèmes intellectuels
MATÉRIALISTE PENSEE “MÉCANIQUE”,
illusoire du monde qui nous entoure. Les
pensées sont « cristallisées » et immobilise
matérielle l’individu dans des certitudes fausses.
Ou bien, elles sont duelles jusqu’au conflit,
PENSÉE “ANGÉLIQUE” permettant petit à petit d’évoluer vers une
PENSÉE SECTAIRE conception discriminante, qui conduira un jour
lointain à la reconnaissance de l’âme.
5 COGITATION • P.DISCRIMINATIVE intellectuelle
PENSÉE CRITIQUE
MATÉRIALISTE PENSEE POLÉMIQUE
AFFAIRÉE
• COGITATION VIOLENTE
PENSEE “RÉACTIONNELLE”
PENSEE CONFLICTUELLE (1)Le couple avidité-peur et la violence
(1) associée ne sont certainement pas l’exclusive
• PENSÉE ANXIOGÈNE de ce niveau de la pensée égocentrique. La
(2)
PENSÉE ALARMISTE peur, sous toutes ses formes grossières ou
subtiles, est partout associée au processus de
• CROYANCE SUPERSTITIEUSE , réflexion.
(2) Notre monde contemporain
Athée, Dévote, Hypocrite particulièrement « affairé » est sans doute à
PENSÉE JALOUSE, Accaparatrice l’origine de la propagation volontaire de bien
PENSÉE TRIBALE des miasmes qui obscurcissent la pensée. Le
recours à ce type de pensée peut également
PENSÉE PORNOGRAPHIQUE
comporter une dose de sadisme.
PENSÉE IRRÉSOLUE,
PENSÉE MÉLANCOLIQUE

210
La connaissance de soi peut se pratiquer à bien des niveaux de pensée, jusqu’à la connaissance finale du Soi.
211
Le kama-manas des Indous. (D’où la seconde numérotation de 1 à 7).
212
Elle n’a rien à voir avec les pseudo-intuitions des personnes se proclamant « voyantes ».

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111
GROUPE DES PENSÉES EN DESSOUS DU SEUIL DE LʼEFFORT HUMAIN
6 COGITATION DE DÉBAUCHE COGITATION COMPULSIVE Ce groupe ne présente pas d’intérêt sinon pour
COGITATION OBSESSIONNELLE mémoire.
COGITATION DESTRUCTRICE
COGITATION DʼIVROGNERIE
7 COGITATION CRIMINELLE ET COGITATION TOTALITAIRE
PERVERSE DISCOURS INTEGRISTE
COGITATION MENSONGÈRE
ARGUTIES TROMPEUSES
COGITATION SADIQUE
COGITATION « VENIMEUSE »
COGITATION « FROIDE », INHUMAINE

Le tableau n’explicite pas toutes les pensées possibles. Mais en y réfléchissant, le lecteur pourra classer
lui-même telle pensée à tel niveau213.
Ce texte est juste un simple repère pour une étude plus poussée de cet immense domaine du plan mental
et de la pensée.

***

Chacun intéressé par la connaissance de soi et qui veut se libérer de ce qui le fait
souffrir trouvera un intérêt à essayer de mieux comprendre la pensée et ses effets.
Quand au chercheur, il devrait approfondir cette ébauche typologique.

AUTODIAGNOSTIC
Ce classement permet de se rendre compte à quel niveau se situent les pensées
habituelles que nous entretenons ou hébergeons chaque jour. Et aussi les pensées
« supérieures » qu’il nous arrive d’atteindre parfois.
Certaines pensées ne nous appartiennent pas, et nous y sommes sensibles en les faisant notres,
sans toujours savoir pourquoi ; d’autres nous sont indifférentes. Nous sommes une sorte de
« radio » qui passe d’une longueur d’onde à l’autre !…
Plus les pensées que nous entretenons sont basses, plus nous nous y enfermons et
« étouffons » littéralement ! Nous sommes responsables de notre prison. Bien des personnes
cultivant la pensée « disruptive », la vindicte, la polémique, la critique pour détruire… non
seulement font du mal à autrui, mais avant tout à eux-mêmes. Mais elles ne s’en rendent pas
compte le plus souvent !…
Cet état désagrégeant entretenu dans notre monde contemporain par des groupes de tous
ordres, amplifié par la médiatisation, est sans aucun doute à la base de bien de nos difficultés
mondiales !…
Il est certain qu’un « penseur » au niveau de la MENTALISATION MATÉRIALISTE
ou de la COGITATION MATÉRIALISTE AFFAIRÉE, par exemple, ne parviendra que
difficilement à comprendre ce que signifie une PENSÉE ALTRUISTE, et pas du tout une
PENSÉE LIBRE. Bien plus, il s’illusionnera, enfermé dans son orgueil, qu’il est à ce niveau.
L’enseignement ésotérique nous explique que chaque forme-pensée, qui a une vie propre, doit
aller jusqu’au bout de son expérience. Il n’est donc pas possible d’empêcher quelqu’un de
penser « mal ». Mais on peut ne pas tomber dans son travers, car alors on aurait la

213
Par exemple : la PENSEE RACISTE pourra être classée dans la COGITATION VIOLENTE, ou la PENSÉE SÉPARATIVE, selon l’affect mis en jeu. La
PENSEE REVISIONISTE sera plutôt de l’ordre de l’ARGUTIES TROMPEUSES. La PENSEE PARADOXALE, selon qu’elle est maîtrisée ou non, sera de
l’ordre de la PENSÉE LIBRE… ou de la PENSÉE IMAGINAIRE.

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112
responsabilité de l’encourager. D’autre part, cela ne veut pas dire qu’il faille cultiver
« amoureusement » ces pensées émotionnelles, pas plus qu’on n’entretient les mauvaises
herbes dans son jardin214. Le grossissement plaisant du moi qu’elles peuvent procurer dans un
premier temps conduiront fatalement à un rejet, une destruction, qui peut aller jusqu’à une
autodestruction de la personnalité.
CULTIVER DES PENSEES ELEVEES.
Selon l’adage : l’énergie suis la pensée, tout l’intérêt de commencer par un bon
diagnostic nous permet ensuite de cultiver des pensées aussi élevées que possible pour
acquérir plus de liberté, une meilleure santé, une plus grande capacité à aider les autres.
Comme le disait récemment Matthieu Ricard : « tout le monde a des pensées de compassion,
mais ce qu’il faut c’est cultiver cette compassion…C’est possible ».

IDENTIFICATION DU MODE DE PENSÉE D’AUTUI


Ce classement permet également de diagnostiquer le mode de fonctionnement des
orateurs ou de nos interlocuteurs.
Chacun peut s’apercevoir que certaines personnes publiques ont une capacité hors de la
norme de ne pas réagir aux provocations de bas niveau, d’élever le niveau mental de
l’auditoire par une grande maîtrise de leur propre mental et de leur ouverture aux questions
concernant l’Humanité tout entière, sans exclusive. Ces personnes sont encore relativement
rares au regard de toutes celles qui sont agitées par le doute, la peur, la critique, l’égoïsme, la
cupidité, la méchanceté. Dans le monde scientifique, le monde politique par exemple, le
spectateur attentif - ne projetant pas sa propre idiosyncrasie - peut noter des progrès.
En identifiant le niveau de l’orateur ou de l’interlocuteur, nous pouvons éviter de nous
laisser « happer » par ses pensées obscurcissantes et destructrices. Nous pouvons chercher à
élever le niveau en pratiquant un relatif silence mental215 et en portant la question sur un plan
vibratoire plus élevé.
Par exemple, combien de fois réagissons-nous aux propos radiophoniques ou télévisés dans
une journée ? … Si nous parvenons à rester un spectateur, non pas indifférent mais intéressé
par la connaissance des causes qui poussent l’autre à cogiter dans un brouillard d’illusions…
nous parvenons à élever notre propre pensée et à nous approcher d’une pensée un peu plus
libre. Donc moins conflictuelle, plus sereine, plus harmonieuse… L’exercice n’est pas si
facile !…
Le lecteur pourra essayer d’identifier l’état moyen actuel du niveau de pensée de
l’humanité, et de tels groupes…

L’extraordinaire mouvement perpétuel et anarchique des pensées tel un mouvement


brownien n’est pas chose facile à maîtriser. La manière de faire ne relève pas de cet article ;
les lecteurs trouveront des réponses en étudiant le Raja yoga, le yoga ou union royale, dans
les nombreux ouvrages qui en traitent.

214
Un exemple intéressant fut cette pensée de la « civilisation du loisir » … qui fit long feu, car elle était fondée sur une consommation matérialiste qui recentrait
l’individu sur lui-même, et ne pouvait conduire qu’à la destruction. Au lieu de concevoir le « loisir » comme un temps pour élever sa pensée vers des
considérations plus « métaphysique », que ce soit par le biais de l’art, du service à son prochain, une réflexion humaniste ou spirituelle…
215
Le silence mental absolu du yogi est extrêmement difficile à atteindre et nécessite une très longue ascèse. Il n’a rien à voir avec une sidération mentale nocive.

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113
Acquérir plus de liberté de la pensée pour donner le seul sens216 possible à
l’existence : servir l’Humanité et participer à l’évolution de la Civilisation, aussi
modeste que soit notre rôle, telle est sans aucun doute l’avenir qui nous est réservé.

*
* *

Copyright : Ce texte peut être librement cité et reproduit, sans autorisation préalable.
Prière simplement de citer la source :
Les Éditions Électroniques Richard ANDRÉ - http://alivresraeditelect.site.voila.fr/
*
Richard ANDRÉ
rich-andre@orange.fr
*

216
Voici un bel exemple d’une pensée rabachée ces dernières décennies et détournée de son sens ! Des groupes se sont
emparés de ce thème, sans en connaître la clé, pour une utilisation partisane et « égocentrante ». Beau paradoxe à méditer !…

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114
ANNEXE :
LA RÉPARTITION UNIVERSELLE DES SCIENCES
HUMAINES
[Voir V LE PILIER DE LA SCIENCE ]

Par François BACON


Œuvres de François BACON (1561-1626), Ed. A.Desrez, Paris, 1836
Ce tableau du XVIe siècle est reproduit à titre d’illustration du pilier V sur la diversité des sciences.

Image de haute qualité (jpg 3297x1682, 1.2Mo), agrandissable soit directement dans
l’application avec laquelle ce fichier est ouvert : Word (zoom 500%) ou Acrobat
reader ; soit par glisser/déposer de l’image ci-dessus sur le bureau et
agrandissement de l’image selon le logiciel d’image.

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115
ANNEXE : LA SPIRITUALITÉ
André KARQUEL
La Vie en soi est spirituelle en son essence et matérielle dans ses manifestations.
[Voir VI LE PILIER de la religion ]

I l n'y a pas de moyen pour atteindre la spiritualité. Il n'y a pas de méthode, de


systèmes, qui peuvent prévaloir dans ce domaine. Des qualités telles que la
volonté, l'unité de direction vers le but, le pouvoir de concentration peuvent
permettre de développer des pouvoirs.
Ces pouvoirs peuvent être plus subtils que les possibilités physiques grossières, mais ne
représentent jamais que des valeurs supra-sensorielles, c'est à dire d'autres sens plus
complexes, plus fins, capables d'investiguer un domaine qui, pour n'être pas sensible avec les
sens habituels, n'en est pas moins un domaine purement matériel.
Ce développement de pouvoirs s'adresse à une qualité de matière plus élaborée, mais qui
demeure matière. Le problème du pouvoir touche à un art, mais cet art est, non seulement à la
portée de l'homme doué, mais à la portée de l'homme obstiné. Cela n'a rien à voir avec quoi
que ce soit de spirituel, cela appartient au monde des phénomènes.
Et que signifie, pour vous, aspirer à une vie spirituelle ? La Vie en soi est spirituelle en son
essence et matérielle dans ses manifestations. Aspirer à un monde spirituel peut quelquefois
signifier et traduire un mécontentement, et non la vraie compréhension de ce qui est spirituel.
Ce mécontentement peut être intéressant. Il peut amener l'être à chercher les raisons de ce
mécontentement, à comprendre ces raisons, à s'identifier avec ce mécontentement au point
d'atteindre une connaissance intime de cet état de fait.
Il y a là une possibilité d'expérience et d'expérience valable parce que connaissance. Quand ce
mécontentement intervient et qu'on en rejette les termes sans essayer de comprendre ces
termes et qu'on décide à priori de s'adonner à une recherche spirituelle, il y a là culture
d'illusion, refus d'examiner les réalités, refus de comprendre et culture de valeurs vaniteuses et
compensatrices. On se dit alors que l'on a soit du mérite, soit de la valeur parce qu'on se livre
à une vie spirituelle, cela permet de masquer le mécontentement et d'entretenir une illusion.
Il faut bien se dire que celui qui mène une véritable existence spirituelle, que celui qui a de
vraies aspirations spirituelles ne parle pas de spiritualité, ne cherche pas à savoir s'il mène une
vie spirituelle ou non, mais cherche spontanément et constamment à se débarrasser de tous les
préjugés et à comprendre toute chose sans avoir décidé à priori de ce qui était mal.
Il n'y a pas d'installation dans un domaine spirituel sans connaissance préalable.
Et il n'y a pas de connaissance sans identité avec les êtres et avec les choses.
Pour s'identifier avec les êtres et avec les choses, il faut savoir être rien pour pouvoir devenir
l'autre, que ce soit un être ou une chose.
Pour être rien, il faut, bien sûr, chasser tout facteur de mémoire, toute opinion, tout préjugé et
toute personnalité ; et cela il faut être capable de le faire constamment et appréhender ainsi
toute chose dans l'Univers.
Il n'y a qu'une seule clé au monde spirituel, c'est la connaissance et pour connaître, il faut
s'identifier. Ce n'est pas un moyen, c'est une manière de vivre. André KARQUEL Etre libre

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116
ANNEXE :
PRÉMICES D'UNE CIVILISATION NOUVELLE
[Voir le Chap. II]

Extrait :

L
à, en ce haut lieu, un art humain, un art de vie résiste encore un peu au chant des
sirènes, des sirènes d'usines qui offrent des succédanés, des ersatz, offenses faites à la
nature. Une technicité exagérément poussée favorise une production de plus en plus
massive de choses utiles et superflues indifféremment, et qu'il faut à tout prix écouler à peine
de catastrophe. Il est question ici de catastrophe économique, financière et sociale.
Catastrophe qui peut avoir d'ailleurs de graves répercussions politiques. Par conséquent,
catastrophe qui éprouverait l'humain, puisque la civilisation actuelle, en cours de
décomposition, a lié le sort de l'homme à la comptabilité qui règle les échanges économiques
et financiers et méconnaît la loi de la Vie qui inspire générosité, dons gracieux et
manifestation de l'intelligence extra-terrestre. La règle comptable, ne l'oubliez pas, est
observée à l'Est comme à l'Ouest. L'Est et l'Ouest, concurremment, peut-on dire, revendiquent
hautement le privilège d'améliorer cet état de choses existant. Selon leurs prévisions, la
machine sera de plus en plus puissante ; son mouvement, s'accélérant sans cesse, accélérera sa
marche aveugle, somnambulique, entraînant la société humaine dans des excès d'avidité
incontrôlée. La crainte qu'une catastrophe survienne plane sur le monde, comme si l'homme
était étranger à toute participation de sa part à l'œuvre qui détermine son destin.
Certes, il est raisonnable de dire que l'homme améliore son sort. Il se soustrait aux
impératifs de la loi primitive qui voulait qu'il gagnât son pain à la sueur de son front.
L'ingéniosité qu'il déploya satisfaisait son désir de mieux exister. Soit. Ce désir se justifie, et
d'autant mieux que cela lui offre les moyens de se rendre disponible pour « mieux être ». Mais
chaque chemin, pris dans l'existence, à son danger. Si la soif de mieux exister devient
inextinguible, alors le « mieux », dans ce cas, devient l'ennemi du bien. Et mieux exister pour-
rait, au bout du compte, empêcher les créatures humaines « d'Etre ». Oui, être dans la pureté
de leur essence originelle. Elles seraient alors des « sépulcres blanchis » selon l'expression
choisie par Jésus pour désigner les hommes figés dans leur attitude glacée, les hommes dont
l'esprit et le cœur se désséchaient, les hommes qui faisaient passer le Sabbat au-dessus de
l'amour sauveur ; enfin des hommes qui existent encore, des hommes qui préfèrent la règle
qui détériore ou tue, à l'amour, la fraternité qui sauve.
La machine domine l'homme, et l'homme n'est plus qu'un pion qu'un robot, que son maître,
déplace sur l'échiquier mondial. L'homme est un pion. Il a troqué son âme contre la promesse
de mieux exister. Marché de dupe dont il ne mesure pas les conséquences.

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117
C'est parce que j'ai entrevu cela que j'ai découpé cette tranche eurafricaine, parce qu'elle
représente la tranche de l'espoir ; là, dans ce jardin où sont les fleuves cités dans la Genèse, où
sont de grandes étendues offertes à de fraîches floraisons, là où l'on attend l'esprit de prodige
et la grâce de voir l'homme se hisser jusqu'à sa mesure totale. Là où tout est possible, parce
que la machine n'a pas encore tout envahi ; là où la terre conserve de mystérieures virginités ;
là où errent encore des ombres attachées au rêve qui les anima. Le passé ne met pas un verrou
à ses lèvres comme on le croit ; il parle. Je le sais bien, mais sa parole est indéchiffrable à
celui qui est si peu présent qu'il ignore que le passé parle au présent ; qu'il est là dans le
pavillon de notre oreille, dans l'image que recueillent nos yeux, dans le bruit sourd que fait
notre cœur sous le matelas de nos côtes, et qu'il nous propose de réaliser ce qu'il n'a pas fait,
ce qu'il n'a pas mené à bonne fin.
Le passé avait détérioré le milieu qui avait détérioré l'homme ; ou, faut-il mieux dire, qui
avait détourné l'homme de son chemin intérieur si riant, si plein de beauté, si plein de
richesses.
Tout postule donc en faveur d'une civilisation qui ferait son lit où une vieille expérience
appelle l'expression de sa maturité ; là où un peuple noir a une faculté d'émerveillement qui le
dispose à l'éveil de toutes les possibilités. Là où sur la poussière qu'est notre terre, des
micromégas pensent, souffrent, espèrent, projettent des abstractions pour qu'elles se
concrètent, où sur un appui substantiel imperceptible, une conscience est susceptible de
s'égaler à l'Univers qui perd son volume, sa masse, son espace pour ne plus être qu'une Pensée
dont la splendeur nous confond ; là, oui, là une civilisation peut illuminer notre monde parce
que des esprits aspirent à la voir naître.
Si la raison triomphante nous amène, musulmans et chrétiens, à donner naissance à une
civilisation méditerranéenne, cette civilisation devra représenter le milieu idéal où l'homme
parvenu à un niveau d'évolution spirituelle d'où il dominera un accomplissement de son
intelligence, envisagera un nouveau mode de vie, un nouveau mode de pensée, un nouveau
mode d'action, de nouvelles structures politiques et sociales qui lui permettront de réaliser une
plus parfaite harmonie entre le dieu et la bête qui sont attelés au char de son existence. Il
pourra alors préparer sa délivrance par la connaissance de l'universel qui est le climat réel de
la vie et la demeure de Cela qu'il cherche et qui est sans doute sa demeure.
Mais, hélas ! et c'est pourquoi l'œuvre proposée nous invite à l'entreprendre, l'humanité peine
à payer un lourd tribut à l'avidité, à l'orgueil, à la volonté de puissance (tout cela entretient la
peur) alors que la connaisance serait appelée à remplir de lumière son cœur et son esprit.
Chaque âme humaine ne devrait-elle pas être une densité rayonnante du Verbe pour une
éternelle création ?... Je dis chaque âme humaine et non point quelques privilégiées. Il serait
bon de répéter avec le Coran : « Aucune âme ne sait quelles délices lui sont réservées »
(XXXII - 17).
(PRÉMICES D'UNE CIVILISATION NOUVELLE, disponible gratuitement sur :
http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).

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118
ANNEXE : LA PATIENCE
André KARQUEL

[Voir VII LE PILIER DE L’ORGANISATION


ET DE La FORME ]
Extrait :
« c’est la conscience qui est amenée à accepter l’installation de la patience
dans le processus d’évolution. »

D ans les “Aventures de Télémaque" , Fénelon écrivait: “C”est pour vous apprendre à
être patient, mon cher Télémaque, que les dieux exercent tant votre patience, et
semblent se jouer de vous dans la vie errante où ils vous tiennent toujours incertain.”
Il est vrai que rien ne peut être réalisé dans le monde le mieux choisi de nous-mêmes et dans
le moment le plus opportun, sans qu’une longue suite de mutations antérieures ne nous ait
préparé déjà au niveau où la conscience participe à une transformation de façon éveillée. Et
c’est la conscience qui est amenée à accepter l’installation de la patience dans le processus
d’évolution.
La patience pourrait être un mot qui se réfère à deux sortes d’étymologie: au latin patientia et
au grec pathos, ce dernier ayant trait à la maladie que l’âme doit supporter patiemment.
L’homme doit prêter une oreille vigilante aux harmoniques que le mot patience dégage.
Soulignons qu’il est bon de savourer l’émanation qu’un mot, qu’une expression spontanée,
qu’un symbole de qualité propage dans les espaces infinis de la conscience. Ainsi la patience
est le crédit accordé à tout ce qui est, mais non compris par l’enveloppe psychique de
l’homme (affective et mentale). Elle est la vertu latente auréolée de foi ; c’est la promesse
constamment et éternellement donatrice de la Vie dans la forme et hors la forme. C’est une
porte ouverte sur l’espérance éternellement renouvelée.”
Dès que la foi se manifeste dans la conscience éveillée, bien que prisonnière du milieu où elle
s'éveille, la foi est alors un commencement et aussi une fin reliée par un fil de relation où elle
se situe là où la conscience dans l'homme se trouve sur la trajectoire de l'évolution. Là, la foi
est un foyer où la conscience se considère - quel que soit le point de la trajectoire ou du fil de
relation où elle est - le commencement et la fin, le Tout qu'elle peut embrasser. La foi est une
certitude que la conscience porte et qui est une connaissance du Tout dans son partage, clans
sa multiplicité et dans son unité.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


119
La foi ne peut pas être et vivre dans son immutabilité sans être accompagnée de la patience
cette attente de ce qui est, sera et a toujours été dans le choeur du temple sacré de tous les
temps où la rosace de la Vie répand sa lumière aux multiples couleurs.
La foi, dans le ciment de la patience s'est fortifiée dès que la vigilance et l'attention ont été
mises en fonction par l'homme conscient dans l'exercice quotidien de son existence.
Cependant, une autre exigence se présente, c'est la pureté, la pureté de la pensée silencieuse et
active, ce miroir qui reflète la réalité et dont toute poussière qui pourrait le ternir doit être
écartée. Pour que la pensée soit pure, elle doit éliminer tout vagabondage du quelque nature il
soit dans les sentiers de la distraction sensorielle. La folle du logis trouble et détourne la
vigilance et l'attention de leurs fonctions, car auprès de ces dernières, il n'y a pas de place
pour elle. Ces dernières sont les étraves du navire de l'existence qui vogue vers la Vie.
(LA TRAGÉDIE COSMIQUE DE LA CONSCIENCE , disponible gratuitement sur :
http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).

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ANNEXE : LES SYMBOLES
[Voir VII LE PILIER DE L’ORGANISATION
ET DE La FORME ]

Deux paragraphes sur les SYMBOLES dans deux autres ouvrages du même auteur.
NOTA : Ces § ne prennent tout leur sens que recadré dans l’ensemble des deux textes sur
l’anima -animus et sur le chômage.

ANIMA ET ANIMUS

Extrait :
CHAPITRE I L'ARCHITECTURE FONDAMENTALE

1 – LA VOIE ROYALE DES SYMBOLES

L e Symbole, langage magique et mystique, est un messager de l'invisible. En méditant


sur ses significations, nous ouvrons les portes qui nous mèneront à l'intuition, patrie
des dieux, dit-on.
Le symbole n'est donc pas un vulgaire signe. Etudié, il met en mouvement des énergies à
l'intérieur de nous-même qui, à la longue, nous font découvrir le monde de manière plus vaste
et inclusive.
Les symboles utilisés dans les Projectif Philogyne® et Philandros® sont de diverses natures : il
y en a de métaphysiques, d'autres de psychologiques. Tous tournent autour de la notion de
féminité et de masculinité.
L'étude des symboles nécessite méthode et persévérance. Les phases par lesquelles il faut
passer sont au nombre de cinq. On peut les résumer comme suit :
a) Observer ce qui est physiquement visible : formes, couleurs…
b) Réagir consciemment avec sa sensibilité puis comprendre : les sentiments évoqués en soi,
les aspirations éveillées, les rêves et les illusions générées.
c) Considérer 1'idée abstraite sous jacente au symbole, ainsi que le sens que l'on peut
exprimer concrètement et la signification du genre de désir évoqué en nous.
d) Parvenir ensuite à la compréhension synthétique du dessein c'est-à-dire à la place du
symbole dans un TOUT plus vaste et ordonné.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


121
e) S'identifier enfin à la qualité de la vibration qui a été évoquée en nous, soit en un point
précis, soit au niveau global des sentiments, soit dans notre mental seulement.

Cette description est apparemment un peu complexe, mais avec la pratique on se rend compte
par soi-même que l'on passe peu à peu par toutes ces phases. A mesure de l'expérience, on
devient de plus en plus conscient du phénomène et de l'impact que le symbole peut avoir sur
nous.
L'auteur fait remarquer cependant que "beaucoup de personnes ne saisissent pas facilement
comment, en pénétrant dans la signification d'un symbole, on s'arme d'un moyen permettant
de faire fonctionner la faculté (…) qui est en sommeil".
L'étude des symboles "exige un effort et suffisamment de détermination pour résister aux
réactions de la personnalité". L'habileté à les lire "dépend aussi de la richesse du sens que l'on
donne aux évènements de la vie journalière".
En fin de compte, "il n'y a pas une façon déterminée d'interpréter un symbole". Pour chacun,
"un symbole, quel qu'il soit, lui transmettra une signification particulière".
Ainsi, au delà des significations premières explicitées pour les 36 image-symboles[2] de
chacun des deux PROJECTIFS, chacun pourra trouver une dimension qui lui est propre, sans
pour cela remettre en cause les définitions initiales.

Les image-symboles, en effet, canalisent suffisamment les sens qui leur sont attribués pour ne
pas laisser l'utilisateur débutant errer dans un dédale dont il ne pourrait sortir. Au départ, il y
verra certainement, et avant tout, le sens psychologique exprimé soit en type de femme, soit
en trait de caractère, soit forme de communication. Ensuite, il parviendra à d'autres
dimensions.

2 – LES NIVEAUX DE LA CONSCIENCE

L'Occident oppose souvent sentiment et raison, irrationnel et rationnel, matière et


esprit, sans s'en préoccuper outre mesure. L'Orient est peut-être plus analytique et
méthodique, mais il ne nous est pas facilement accessible. Seuls les spécialistes vont puiser
aux sources de la philosophie védantique, elle-même à l'origine de la philosophie hellénique.
Des auteurs occidentaux modernes nous donnent une version plus modernisée et adaptée à
nos modes de pensée, de la constitution ésotérique de l'être humain.
Si l'on considère l'homme comme une sorte de poupée gigogne, composé de différents
"enveloppes" dont chacune se meut dans son PLAN de CONSCIENCE propre, énergétique,
sentimentale et mentale, on peut se faire une représentation symbolique de ce qu'est notre
PERSONNAGE. C'est avec lui que nous nous "coltinons" chaque jour !… pour le meilleur et
pour le pire, jusqu'à ce que nous trouvions la porte qui nous permettra de sortir de notre
prison, comme dit le philosophe.
Ces différents plans, niveaux, étages – autant de synonymes – de conscience sont A LA
BASE de la décomposition des aspects de l a féminité dans les Projectifs Philogyne®
et Philandros®, un peu comme le ferait un prisme avec un rayon de soleil. Cette
décomposition est nécessaire au début si l'on veut se comprendre soi-même ; sinon, l'être
humain n'est qu'un insondable capharnaüm !
La démarche dichotomique (de dikha, en deux parties. Tri des éléments éléments abstraits
complémentaires, par couple) apparaîtra aux yeux de certains comme fastidieuse, voire vaine,
et surtout comme destructrice du rêve qui est, pour eux, une dimension importante de
l'existence. Il n'en est rien. Ou plutôt, le rêve est remplacé par une aventure autrement plus
passionnante : la découverte de soi… et de sa partie féminine.

ANDRÉ, Richard, LA FEMME IDEALE, L'HOMME IDEAL


comment ils communiquent.

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


122
Librement téléchargeable à : http://projectif.toile-libre.org/
ou à : http://projectif.site.voila.fr/

LE TRAVAIL DU LABYRINTHE

Extrait :
( TROISIÈME PARTIE L'ÉNERGIE SUIT LA PENSÉE PLUS SÛREMENT QUE L'ARGENT
CHAPITRE V DITES-MOI SI JE VAIS VIVRE ? )

L e lecteur qui cherche à expérimenter par lui-même et ne se contente pas de lire


des livres, peut consacrer une demi-heure à parcourir un labyrinthe [2]. Il
comprendra que ces créations ne sont pas là pour le seul plaisir des intellectuels,
ou l'esthétisme des artistes. En marchant pieds nus, pour être en contact plus étroit avec la
dimension horizontale de la matière minérale, il sentira s'agiter en lui la ronde de ses sentiments
et les éclairs de ses pensées. Il les verra fluctuer dans leur dualité existentielle et horizontale, à
mesure que ses pas progressent le long des circonvolutions figurant celle de sa conscience. À
condition qu'il fasse l'exercice avec sincérité. Et s'il est très attentif, il percevra peut-être même le
mouvement vertical que son cerveau, allégé des préoccupations de ce monde horizontal, tente
d'emprunter !… Alors il comprendra que le labyrinthe est un véritable outil scientifique et
pédagogique, inventé par de sages esprits tout au long de l'Histoire. Il fera peut-être un parallèle
vivant avec cet autre labyrinthe du chômage. Cette expérience peut le familiariser avec la
connaissance de lui-même, d'une manière différente de celle des livres. Il peut être certain dans
tous les cas de passer intelligemment un bon moment de loisir !
Au début de notre recherche, nous sommes partis de l'individu fracturé. Nous l'avons
accompagné dans sa course labyrinthique aussi loin qu'il nous était possible de l'imaginer ou de
revivre notre propre expérience à travers lui. Puis nous avons gravi les cimes en quête d'une
explication. Hors de portée des miasmes produits par la peur et l'avidité, nous avons aperçu,
semble-t-il assez nettement, le POURQUOI du chômage.
Dépassant la simple expérience du chômeur, nous avons essayé de décortiquer plus à fond, de
manière rationnelle, tous les mécanismes irrationnels fautifs. Nous avons épousseté les illusions
recouvrant les idées. Nous avons tenté en particulier de comprendre la différence entre les
bonnes intentions et la bonne volonté, l'intellect irrationnel et l'expérience rationnelle éclairante,
l'intelligence orgueilleuse et le sage et modeste bon sens, etc. Nous avons considéré les attitudes
des groupes : politiques, économiques, financiers, administratifs, médiatiques…, pour nous
rendre compte que l'opinion tout entière était concernée et responsable de son avenir. Tous ces

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


123
méandres de l'âme humaine nous ont peut-être laissé encore un peu perplexes. Nous avons sans
doute aspiré à plus de simplicité. Nous avons aussi désiré la paix, dans ce monde qui s'épuise
dans les compétitions…
Et notre quête d'activité a sans doute pris un nouvel essor.
Et puis, nous voilà revenus à l'individu. Sommes-nous revenus au point de départ ?
Sans avoir progressé dans le labyrinthe, vers la lumière. Cela est très peu probable ! Chacun doit
faire pour lui-même le bilan des accomplissements, en toute lucidité. Car il n'y a pas de réelle
explication, sans la conviction qui naît de cet intime contact intérieur, avec ce que certains
appellent l'intuition, d'autres le génie humain, ou quel que soit son nom. Mais nous pouvons être
certains que tout travail de compréhension effectué sincèrement produit une réunification.
La responsabilité de notre Destinée n'est pas entre les mains de tel ou tel leader, d'un groupe ou
d'un autre, mais bien entre nos propres mains. N'est-ce pas ainsi que la Solidarité, la Démocratie,
le Liberté peuvent s'épanouir, hors des dogmes de l'intellect ?
Ce retour individuel vers nous-mêmes ne nous apparaît-il pas, au vu de l'expérience
de ce parcours que nous venons d'entreprendre, comme le seul moyen d'obtenir la réponse
valable à toutes ces angoissantes questions du chômage ? La seule réponse préalable
incontournable, pour que les autres réponses techniques prennent ensuite une signification.
ANDRÉ, Richard, CHOMEUR : POURQUOI ? Des Artisans de la Civilisation qui s’ignorent.
Librement téléchargeable à : http://chomeurpourquoi.toile-libre.org/entree_chomeur.htm
ou : http://pagesperso-orange.fr/chomeur-pourquoi/

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124
Les Éditions Électroniques Richard André

http://leera.toile-libre.org/

rich-andre@orange.fr

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Orientation bibliographique
Cette courte liste n’a aucune visée de bibliographie. Ces choix personnels peuvent répondre
éventuellement à l’intérêt du lecteur qui voudrait poursuivre sa propre recherche sur La Civilisation
par quelques ouvrages. Les livres ayant déjà une certaine ancienneté sont préférés car ils ne sont pas
influencés par la culture contemporaine immédiate et il est plus facile de reconnaître les éléments
pouvant dater et ceux ayant progressé. Ils permettent également de saisir les causes des effets actuels.
(Voir également les références en notes de bas de page).
Panorama imagé, journalistique, académique
L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ, nombreux schéma et cartes, Paris, Hachette, 1987
L’ATLAS DES CIVILISATION, Paris, Le Monde, 2009-2010
Panorama philosophique et humaniste
WELLES, H.G., ESQUISSE DE L’HISTOIRE UNIVERSELLE, Paris, Payot, 1929
KARQUEL, André, EUROPE, HUMAINE AVENTURE, 1954,
Pour le lecteur qui voudrait se replonger plus en détail sur ces deux millénaires, ce livre d’un philosophe
humaniste lui donnera a réfléchir…
Librement téléchargeables chez Les Éditions Électroniques Richard André :
http://akarquel.toile-libre.org/ et http://leera.toile-libre.org/
Analyse de la psychologie des peuples, de l’intérieur
KEYSERLING, Hermann von , ANALYSE SPECTRALE DE L'EUROPE, STOCK, PARIS, 1928
KEYSERLING, Hermann von, PSYCHANALYSE DE L'AMERIQUE, STOCK, PARIS, 1930
Ces ouvrages encensés en leur temps, datant de plus d’une cinquantaine d’année, sont intéressants car
ils analysent très finement une série de pays et permettent de réfléchir au chemin parcouru par les
nations.
Vision humaniste de la future Civilisation
KARQUEL, André, PRÉMICES D’UNE CIVILISATION NOUVELLE, Méditerranée et Eurafrique
KARQUEL, André, L’ISLAM ET LA CHRETIENTE
Les 2 livres sont librement téléchargeable chez Les Éditions Électroniques Richard André à l’adresse :
http://akarquel.toile-libre.org/ak_livres_electroniques.htm (ou : http://alivresraeditelect.site.voila.fr/ ).
L’époque charnière de la Révolution française, racontée par un contemporain.
SEGUR, Louis Philippe de, MÉMOIRES du comte… ; de l’académie française, Paris, 1826, 3 tomes.
D’une surprenante modernité, cet auteur très agréable à lire grâce à de multiples anecdotes, permet de
mieux comprendre notre façon de penser contemporaine.
Le rêve civilisateur de grands personnages historiques.
BENOIST-MECHIN, Jacques, FREDERIC DE HOHENSTAUFEN, ou le rêve excommunié (1980, 2006) ;
ALEXANDRE LE GRAND,ou le rêve dépassé (1976, 2006),
et autres personnage historique dans cette collection « du Rêve le plus long de l'Histoire » (Editions Perrin) : LAWRENCE
D'ARABIE, ou le rêve fracassé (1961, 2006), CLEOPATRE, ou le rêve évanoui (1964, 2006) , BONAPARTE en Égypte, ou le
rêve inassouvi (1966, 2006), LYAUTEY l'Africain, ou Le rêve immolé (1966, 2006), L'empereur JULIEN, le rêve calciné (1969,
2006),
Point de vue de l’ésotérisme.
YOGANANDA, Paramhansa, AUTOBIOGRAPHIE D’UN YOGI, ADYAR, Paris, 1961.
Une découverte très accessible à tous lecteurs du védanta, du karma, de la réincarnation, de la vie sur
les plans subtils, et bien d’autres sujets, dans ce livre considéré comme « l’un des 10 meilleurs ouvrage
spirituel de tous les temps ».
Les ouvrages ci-dessous d’ A. A. Bailey sont très intéressants sur le plan prospectif, mais nécessitant
une familiarisation avec une terminologie théosophique et une absence de prévention concernant ce
domaine. Certains sujets peuvent paraître datés, mais ils permettent de voir le chemin parcouru depuis le
milieu du XXe siècle.
A. A. Bailey ne prétend pas détenir la vérité et demande au lecteur d’expérimenter par lui-même les
thèses exposées pour les confirmer ou les infirmer. Ces trois ouvrages, assez courts, sont un excellent
support à la créativité à propos du futur de la civilisation, en commençant par comparer les faits exposés
avec ce qui peut être observé dans notre monde contemporain pour en déduire les potentialité pour le
futur.
BAILEY, A.A., LES PROBLEMES DE L'HUMANITE, (Genève,1956 Ed Lucis Trust),
Analyse profonde, prospective. Cet ouvrage, un peu daté, écrit dans les années 50, offre une réflexion
ésotérique sur les 300 prochaines années, et de plus permet de voir comment les idées ont pu évoluer en
60 ans, jusqu’à nos jours.

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126
Ouvrage intégral disponible en téléchargement libre sur le site : http://miroir.urobore.net/index.php/Bibliotheque#b
à l’adresse :
http://miroir.urobore.net/share/aab/Les%20Probl%E8mes%20de%20l%27Humanit%E9%20-%20Alice%20Ann%20Bailey.pdf
ou dans les œuvres complètes :
http://www.the-savoisien.com/livres/Bailey%20Ann%20Alice%20-%2025%20livres%20-%20Integrales.pdf
BAILEY, A.A., LA DESTINÉE DES NATIONS (id.)
BAILEY, A.A., EDUCATION DANS LE NOUVEL AGE (id.)

Divers aspects contemporains et culturels


ANDRÉ, Richard, CHOMEUR : POURQUOI ? Des Artisans de la Civilisation qui s’ignorent.
Librement téléchargeable à : http://chomeurpourquoi.toile-libre.org/entree_chomeur.htm
ou à : http://pagesperso-orange.fr/chomeur-pourquoi/
MALRAUX, André, PSYCHOLOGIE DE L’ART, tome I la création artistique,
tome II la monnaie de l’absolu, Ed. Skira, PGenève, 1949, 1950.
Symbolisme
CHEVALIER, Jean ; GHEERBRANT, Alain, DICTIONNAIRE DES SYMBOLES, Robert Laffont, Paris, 1969, 1982
JUNG, Carl Gustave, et collaborateurs, L’HOMME ET SES SYMBOLES, Pont Royale, Paris, 1964
ouvrage de « vulgarisation ».
JUNG, Carl Gustave, PSYCHOLOGIE ET ALCHIMIE, Buchet/Chastel, Paris, 1970

Article
Le MASCHERE, P., REINCARNATION ET RESURRECTION, Définitions pour démêler les fils,
téléchargeable à l’adresse : http://www.scribd.com/doc/15587279/REINCARNATION-ET-RESURRECTION

MORIN, Edgar, Conférence : les 7 réformes pour le XXI° siècle, d’une voie nouvelle de la Civilisation) lors d'un colloque
organisé par le Conseil Culturel de l'Union Pour la Méditerranée, a écouter sur :
http://www.dailymotion.com/video/xb82j5_news
& « Pour une politique de civilisation », entretien avec Edgar Morin par Anne Rapin (1997), Source Scribd
Edgar Morin est l’auteur, entre autres, de : Pour sortir du XXe siècle, Nathan, 1981 - Penser l’Europe, Gallimard, 1987,
Terre-Patrie, Seuil, 1993 - Une politique de civilisation, avec Sami Naïr, Arléa, 1997.

*
*
* *

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127
TABLE DES MATIÈRES
les mots soulignés ont des liens qui renvoient aux pages.

INTRODUCTION
p. 5

Chapitre I LES SEPT PILIERS DE LA CIVILISATION


ESQUISSE DE L’ARCHITECTURE INTERIEURE
p. 8
1 LE PILIER DE LA POLITIQUE

2 LE PILIER DE L’ÉTHIQUE
ET DE LA MÉTAPHYSIQUE

3 LE PILIER DE LA PENSÉE APPLIQUÉE


AUX ACTIVITÉS DE LA CITÉ

4 LE PILIER DE L’ART

5 LE PILIER DE LA SCIENCE

6 LE PILIER DE LA RELIGION

7 LE PILIER DE L’ORGANISATION
ET DE LA FORME

Chapitre II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD


CONTEMPORAIN
la troisième guerre mondiale …financière

I LES FOSSOYEURS DE LA VIEILLE CIVILISATION


p. 23
LES INSTRUMENTS DE DESTRUCTION MASSIVE DE LA VIEILLE CIVILISATION se rencontrent partout

LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE…FINANCIÈRE fait rage depuis des décennies

II VOIR AU-DESSUS DU BROUILLARD CONTEMPORAIN


Vision spatio-temporelle
p. 31
VOYAGE IMAGINAIRE CREATIF CHEZ NOS ANCETRES

L’OASIS MEDITERRANEEN

Chapitre III L’HUMUS DE LA CIVILISATION


ESQUISSE DE LA CIVILISATION A VENIR

I IMAGINONS L’INDISCIBLE FUTUR


Réflexion sur la méthode
p. 34
II L’AVENIR FLEURIT SUR LES CULTURES
L’essence des sept piliers :
p. 39

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


128
1 L’AUTORITÉ RETABLIE
— LE PILIER DE LA POLITIQUE —
p. 40
Le socle de la LIBERTÉ
1 L’antagonisme irréductible, , « fossoyeur » de la vieille politique.
2 L’autorité mise à mal
- Les dérives totalitariste des « états dans l’état ».
- Les injustes « états de droit »
- Les mœurs « bizarres » des politiques
- La non-violence pour une Civilisation de Paix.

2 UNE CIVILISATION METAPHYSIQUE


— LE PILIER DE L’ETHIQUE ET DE LA METAPHYSIQUE —
p. 47
Le socle de la FRATERNITE
I UN IDEAL DE CIVILISATION
• La mutation du matérialisme
• La métaphysique conduit immanquablement à une
compréhension rationnelle de la réincarnation et du karma.
• Une Civilisation à venir retrouvant son Sens
• Une Civilisation à venir sans peur et sans douleur.
II TRANSMISSION DE L’IDEAL AUX PLUS RECEPTIFS

3 DE JUSTES RELATIONS HUMAINES


— LE PILIER DE LA PENSEE APPLIQUEE AUX ACTIVITES DE LA CITE —
p. 55
Le socle de l’ÉGALITÉ
LE MARKETING DE LA PEUR
1. De l’économie en question, à l’économie juste… ce qu’il faut !
2. L’argent au cœur du matérialisme
3. Les antidotes à l’économie déréglée
4. L’opinion publique s’émancipe rapidement en contre-pouvoir
LA PENSEE LIBERATRICE
1.Libérer la culture du mirage émotionnel
2.De la désinformation permanente, à l’échange informatif vrai.
3.De la chienlit des mots indisciplinés, à la discipline de l’écoute.
L’humanité UNE, dans sa riche diversité

4 L’ART DES IDEES


— LE PILIER DE L’ART —
p. 71
Le socle de l’IMAGINATION CRÉATRICE.
L’art est la mémoire des civilisations.
« L’exception culturelle »
Une Civilisation du travail dans le loisir.
L’art des idées.

5 UNE SCIENCE AUDACIEUSE


— LE PILIER DE LA SCIENCE —
p. 76

Le socle de la RIGUEUR
L’IMPASSE DE LA MATIÈRE
L’EXPLORATION SCIENTIFIQUE DE LA MÉTA-PHYSIQUE. L’abord d’une « 4e dimension »
DES PROGRÈS QUI CHANGERONT LA FACE DU MONDE
Une recherche concourrant à la gratuité de l’énergie.
Une santé florissante. Etc. …

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


129
6 UNE RELIGION UNIVERSELLE
— LE PILIER DE LA RELIGION —
p. 83
Le socle de la FOI.
LE SACRÉ INDISSOLUBLE DU PROFANE
Une évidence civilisationnelle.
Religion et église ; métaphysique et spirituel.
Le mysticisme est un mystère qui interpelle toutes les consciences.
Un paradoxe effarant.
LA GUERRE DES ÉGLISES.
Séparativité, haine, violence religieuses.
Crime principal contre la liberté de conscience.
La « tactique de l’épouvante ».
Implosion de l’Église chrétienne
UNE ASPIRATION INDIVIDUELLE UNIVERSELLE
Besoin indissoluble de l’homme de prier Dieu dans sa pensée individuelle.
L’attente…
UNE RELIGION UNIFIANTE
Mouvement vers l’universalité des églises.
Un discours religieux vrai. Une forme simplifiée.
Un contenu religieux inconnu.
Une religion réhabilitée.
LES SCORIES SECTAIRES « KARMIQUES »
L’esprit sectaire laïciste.
Comment la Civilisation à venir se gardera des dérives sectaires ?

7 LE FUTUR ORDRE HUMAIN DU MONDE


— LE PILIER DE L’ORGANISATION ET DE LA FORME —
p. 94
Le socle de la PRÉCISION
LE SYSTEME ADMINISTRATIF.
DE LA DÉPYRAMIDALISATION À LA REUNION
VERS UNE NOUVELLE ORGANISATION DU MONDE
UN MONDE DE SYMBOLES ET DE FORMES

CONCLUSION
p. 102

*
ANNEXES
p. 105
LE MENTAL, DUR OBSTACLE A FRANCHIR, André KARQUEL (1969)
TYPOLOGIE DE LA PENSEE, Richard ANDRE
LA REPARTITION UNIVERSELLE DES SCIENCES HUMAINES, Francis BACON
LA SPIRITUALITE, André KARQUEL
PREMICES D'UNE CIVILISATION NOUVELLE, André KARQUEL
LA PATIENCE, André KARQUEL
LES SYMBOLES, Richard ANDRE

*
ORIENTATION BIBLIOGAPHIQUE
p. 126

*
TABLE DES MATERES
p. 128

*
* *

Richard ANDRÉ LA CIVILISATION SANS PEUR …A VENIR


130