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Loi n° 81-13 du 4 mars 1981


portant Code de l’Eau
EXPOSE DES MOTIFS
A l ‘évidence, le problème de l’eau constitue l’une des préoccupations premières du
Gouvernement, qui lui a donné, au cours une ses plans successifs de développement
économique et
social, une place prioritaire.
Au cours du Ve Plan, ce sont, environ 60.000.000.000 de Francs qui seront investis
dans le
secteur hydraulique pour lever les incertitudes dues à la sécheresse tant sur le plan de
la satisfaction
des besoins en eau des populations que sur celui de la bonne maîtrise de nos projets
de développement
rural notamment pour l’Agriculture et l’Elevage.
D’ici à 1990, 157.000.000.000 de francs seront affectés aux projets de même nature
aussi bien
pour la réalisation de puits et forages équipés, que pour les aménagements
hydroagricoles qui seront
rendus possibles par les grands barrages de l'O.M.V.S. et de l’O.M.V.G., ainsi que par
ceux de la
Casamance.
Il est également manifeste que tout effort de cette ampleur, au risque d’être irrationnel et
improductif, doit s’appuyer sur un arsenal législatif et réglementaire efficace, et adapté
aux spécificités
propres laquelle à notre pays.
Cette nécessité à laquelle répond le présent Code a déjà été affirmée par les conseils
interministériels des 19 février 1973 et 14 mars 1975.
Pour tenir compte des différents aspects socio-économiques sanitaires, le Code a été
élaboré
avec la collaboration de l’ensemble des départements ministériels qui ont siégé au
groupe de travail
convoqué à cet effet.
Les textes législatifs et réglementaires en vigueur, et concernant le domaine traité, ont
été
largement pris en compte. Il s’agit notamment de la loi n°65-59 du 19 juillet 1965 relative
à la
production, au captage, au transport et à la distribution de l’eau et de l’énergie
électrique.
Le Code du Domaine de l’Etat et le Code de l’Urbanisme ont été pris en compte
également.
Le président projet de loi s’inspire très largement de l’avant-projet de code de l’Eau
établi par
le comité Inter-Etats d’Etudes hydrauliques qui regroupe la presque totalité des pays de
la sous région,
qui comme nous, sont confrontés à la rareté structurelle d’un bien aussi vital que l’eau,
et surtout à la
dure réalité de la sécheresse.
En raison de la complexité du problème, et des recommandations de la Communauté
internationale pour la protection et la sauvegarde des ressources en eau, il a été fait
appel à l’assistance
d’un expert des Nations-Unies, spécialiste du droit des eaux.
Grâce au concours de cet expert, notre Code comprend un ensemble de dispositions
que les
Nations-Unies ont érigé en principes fondamentaux pour une bonne gestion des eaux,
notamment dans
le domaine sanitaire et la lutte contre la pollution.
Le principe essentiel entre tous est celui de la domanialité publique des eaux, qui fait de
cette
ressource un bien commun à tous.
C’est sur cette base que repose une bonne planification des ressources, leur bonne
gestion et
leur répartition équitable entre les différents usages et chacun selon ses besoins dans le
cadre du strict
respect de l’intérêt général.
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C’est sur ce principe que se fonde également l’obligation posée par le Code de
soumettre à
autorisation préalable toute exploitation de nos ressource en eau quels que soient le but
visé, la forme
et les moyens utilisés.
Le Code insiste également sur l’aspect sanitaire, car il intègre les normes définies par
l’Organisation mondiale de la Santé, tout en les adaptant à notre niveau de
développement et à la
nature de nos ouvrages hydrauliques.
La domanialité publique des eaux explique le pouvoir conféré par le Code aux agents
chargés
de la police des eaux, qui sont compétents pour réprimer toute utilisation anarchique,
tout gaspillage,
tout acte entraînant volontairement ou la pollution des ressources hydrauliques, tous
faits qui vont à
contre courant de l’intérêt général.
Telle est l’économie du présent projet de loi que je soumets à votre approbation.
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L’Assemblée nationale a délibéré et adapté en sa séance du 16 février 1981 ;
Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit ;
Dispositions générales
Article premier. – Le régime des eaux non maritimes y compris les deltas estuaires et
des mangroves,
et le régime des ouvrages hydrauliques sont déterminés par les dispositions du présent
Code.
Art. 2. –Les ressources hydrauliques font partie intégrante du domaine public. Ces
ressources sont un
bien collectif et leur mise en exploitation sur le territoire nationale est soumise à
autorisation préalable
et à contrôle.
TITRE PREMIER
REGIME D’UTILISATION DES EAUX
Art. 3. – L’utilisation ou l’accumulation artificielle des eaux pluviales tombant sur fonds
privé, à
condition que ces eaux demeurent sur ce fond, est autorisée.
Art. 4. – En cas d’accumulation artificielle sur fonds privé, l’exploitant du fonds peut être
tenu de
déclarer la capacité et la nature des installations.
Art. 5 . – Les formes et conditions de la déclaration sont fixées par décret pris sur
rapport des
Ministres chargés de hydraulique et de l’assainissement.
Art. 6. – Toute utilisation de l’eau et des ouvrages hydrauliques s’intègre dans le cycle
hydrologique
et peut être déclarée d’utilité publique tant en ce qui concerne la préservation de la
qualité des eaux
que leur qualité.
Section I
Autorisations
Art. 7. – Les Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement assurent la
conservation et la
gestion des eaux et des ouvrages hydrauliques.
Ils reçoivent les demandes, les déclarations et délivrent les autorisations d’user des
ressources
en eau.
Le régime des autorisations est fixé par décret pris sur rapport des Ministres chargés de
l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Art. 8. – Le décret fixant le régime des autorisations doit, outre les dispositions prévues
par les articles
ci-après, concilier les intérêts des diverses catégories d’utilisateurs, avec le respect dû
aux droits et
usages antérieurement établis et la préservation du patrimoine hydraulique national.
Art. 9. – A la date d’entrée en vigueur du présent Code, toute personne désirant :
- exécuter un ouvrage de captage des eaux souterraines par puits, forages, galeries
drainantes devant
débiter plus de 5 mètres cubes par heure ou équiper un ouvrage de captage existant ou
puiser dans
une nappe classées en Zone I ;
- réaliser dans le lit ou au-dessus d’un cours d’eau un ouvrages de captage fixé ou
mobile, doit
adresser une demande d’autorisation aux Ministres chargés de l’Hydraulique et de
l’Assainissement.
Art. 10. – La population de la circonscription d’implantation des ouvrages est informée
par voie
d’affiche ou tout autre moyen de publicité, de l’ouverture d’une enquête, au moins 5
jours à l’avance.
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Art. 11. – L’agent chargé de l’instruction du dossier vérifie l’exactitude des pièces
produites, recueille
tous renseignements techniques ou administratifs qu’il estime nécessaires, entend et
consigne les
réclamations des intéressés ainsi que les réponses qui peuvent être faites à ces
réclamations et propose
les solutions assurant la sauvegarde de l’intérêt public tout en tenant compte des
intérêts particuliers.
Art. 12. – L’autorisation précise :
- l’état civil des bénéficiaires ;
- la nature, la situation des ouvrages ;
- la durée de l’autorisation ;
- les réserves des droits des tiers ;
- les conditions auxquelles est subordonnées l’autorisation ;
- les volumes d’eau journaliers et annuels qui peuvent être prélevés de la nappe ;
- le débit journalier maximum à délivrer en période d’étiage ;
- toutes mesures de sécurités et d’hygiène destinées à assurer la conservation et la
salubrité
des eaux.
Art. 13. – Dans le cas où l’autorisation est accordée, le bénéficiaire doit s’engager à
indiquer le
rythme d’exploitation de la nappe.
L’autorisation fixe la périodicité de fourniture des renseignements visées à l’article 12.
Art. 14. – L’autorisation est personnelle sauf en ce qui concerne les personnes morales
de droit public
pouvant en bénéficier.
L’autorisation personnelle ne peut être transmise ou cédée à des tiers autres que les
héritiers
du bénéficiaire, sauf en vertu d’une autorisation donnée en la même forme que
l’autorisation primitive.
Art. 15. – Toutefois. L’autorisation de faire usage des eaux accordée spécialement et
explicitement en
vue d’une exploitation agricole ou d’élevage, d’une exploitation industrielle ou touristique
est un droit
réel qui reste attaché à cette exploitation en quelques mains qu’elle passe.
Art. 16. – Le prélèvement de l’eau est soumis à la perception d’une redevance.
Art. 17. – L’autorisation peut être suspendue ou la quantité d’eau réduite conformément
aux
dispositions du titre IV, section I.
Cette réduction ou suspension n’ouvre droit à aucune indemnité.
Art. 18. – Lorsque plusieurs demandes d’autorisation de captage d’eau souterraine ou
superficielle
sont en concurrence, les Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement
statuent en
fonction des priorités définies au titre III, section 5.
Art. 19. – Lorsqu’ aucune demande ne revêt un caractère de priorité par rapport aux
autres
demandes, les Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement décident, s’il y
a lieu ou non,
d’accorder la préférence à la première en date.
Art. 20. – L’autorisation est toujours accordée sous réserve des droits des tiers.
Art. 21. – L’autorisation est précaire ; elle est révocable par les Ministres chargés de
l’Hydraulique et
de l’Assainissement dans les cas suivants :
1° Si un motif d’intérêt public en a nécessité le r etrait sauf en cas de travaux publics
ayant pour objet
l’utilisation des eaux superficielles, ou de concession pour l’utilisation des eaux, définie à
l’article
28 ;
2° Pour inexécution, après mise en demeure, sauf en cas de force majeure, de l’une des
conditions
prévues par l’autorisation.
Dans le premier cas, la révocation donne droit au bénéficiaire, à titre de
dédommagement du
préjudice causé, à une indemnité fixée soit à l’amiable, soit par les tribunaux
compétents.
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Art. 22. – Les frais d’instructions sur place des demandes d’autorisation, que celle-ci
soient
accordées ou refusées, sont à la charge du demandeur.
Il en est de même pour les frais de recolement des travaux.
Les modalités d’assiette et de recouvrement sont prévues au titre V, section I.
Art. 23. – La privation des droits d’usage exercés sur les eaux du domaine public par
tout cultivateur,
éleveur, pisciculteur, sylviculteur, industriel ou autres usagers donne lieu à une
indemnité fixée à
l’amiable ou par les tribunaux.
Lorsque le préjudice causé consiste dans la privation de force motrice résultant de la
création
d’usine, l’indemnité peut être allouée au bénéficiaire lésé sous forme de fourniture
d’énergie.
Section 2
Concessions d’utilisation
Art. 24. – Des concessions de service public pour l’exploitation des eaux pour besoins
propres
peuvent être accordées aux établissements publics, sociétés nationales, sociétés
d’économie mixte ou
aux personnes morales de droit privé bénéficiant du concours financier de la puissance
publique ou à
des tiers lorsque leur installation présente un caractère d’intérêt général.
Art. 25. – Les concessions sont accordées par décret pris sur rapport conjoint des
Ministres chargés
de l’Hydraulique et de l’Assainissement et Ministre de tutelle de l’organisme
concessionnaire.
Les cahiers de charges des concessions d’utilisation sont fixés par décret.
Art. 26. – Les agréments délivrés dans le cadre du Code des Investissements doivent
mentionner
obligatoirement la nécessité d'obtention d’un décret de concession. Ces agréments sont
suspendus en
matière d’hydraulique, jusqu’à l’entrée en vigueur du décret de concession.
Section 3
Concession de service public
Art. 27. – Des concessions de service public fondées sur l’utilisation des eaux sont
accordées, pour
une durée déterminée, aux personnes morales publiques ou privées ou aux personnes
physiques
exerçant une activité présentant un caractère d’intérêt général.
Art. 28. – Les concessions de service publique sont approuvés par décret pris sur
rapport des
Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement et du Ministre de tutelle de
l’organisme
concessionnaire, après avis du Ministre chargé des Domaines.
Ce décret fixe dans chaque cas les clauses et conditions de la concession.
Art. 29. – Les concessions sont accordées à titre onéreux. Cependant compte tenu du
degré d’intérêt
général de l’activité du concessionnaire, la redevance peut être symbolique.
Section 4
Prélèvement des eaux souterraines
Art. 30. – Les eaux souterraines sont classées en zone I et en zone II.
Sont classés en zone I
1. les bassins où l’utilisation des nappes souterraines approchent des limites de leurs
ressources ;
2. les bassins qui alimentent les localités desservies par un service public de distribution
d’eau ;
3. les bassins où existe un danger potentiel d’intrusion d’eau saline.
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Sont classés en zone II, tous les autres bassins du territoire national.
Art. 31. – Le classement ou le déclassement des bassins en zone I se fait par décret
pris sur rapport
des Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Art. 32. – Nonobstant les dispositions de l’article 13, l’autorisation de caractéristiques
techniques des
ouvrages et précise le rythme d’exploitation notamment en ce qui concerne :
1. la puissance maximale de moteurs ou compresseurs ;
2. le type des filtres à utiliser ;
3. la limitation des extractions pendant certaines heures ;
4. l’interdiction des extractions au-delà d’un certain seuil piézomètrique ;
5. le retour à la nappe des eaux non utilisées ;
6. le contrôle des ouvrages par un agent ou fonctionnaire du Ministère chargé de
l’Hydraulique.
Art. 33. – En zone I, aucun captage d’eaux souterraines en peut être fait sans
autorisation des
Ministre chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Cette autorisation est accordée après enquête et en cas de nécessité absolue
notamment
lorsqu’il s’agit de captage desservant des localités non alimentées par un service public
de distribution
d’eau, l’abreuvage des animaux et l’irrigation de culture.
Art. 34. –L’autorisation de captage en zone I doit fixer les limites des volumes
d’extraction annuels,
journaliers et horaires.
Ces limites peuvent faire l’objet de réduction conformément aux dispositions de l’article
73.
Toutes extensions ou modifications d’installation sont soumises à une nouvelle
autorisation
Art. 35. – La limite d’exploitation d’une nappe si tuée e zone I est déclarée par décret
pris sur rapport
des Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Le décret fixe les limites géographiques et la profondeur de la nappe considérée.
Aucune nouvelle demande d’autorisation de captage des eaux d’une nappe déclarée en
limite
d’exploitation n’est admise.
Art. 36. –En zone II, aucun captage de nappe artésienne, ni aucun captage débitant
plus de cinq mètres
cubes par heure ne peut être fait sans autorisation accordée, après enquête par les
Ministres de
l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Est également soumise à autorisation, l’exploitation, en un même lieu, de plusieurs
captages
débitant chacun moins de 5 mètres cubes par heure, mais dont le débit global est
supérieur à 5 mètres
cubes par heure.
Art. 37. –Le long de tout fleuve ou en bordure de tout lac, le captage des eaux peut être
soumis au
régime des eaux superficielles.
Un décret pris sur rapport des Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement
fixe
les règles générales soumettant ces eaux au régime des eaux superficielles.
Section 5
Eaux minérales
Art. 38. –Outre les normes de potabilité visées au titre Il, section 2, les eaux minérales
doivent
répondre à des critères définis par décret pris sur rapport conjoint du Ministre chargé de
la Santé
publique et des Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Art. 39. –L’exploitation des eaux minérales constitue un service public. Outre
l’exploitation en régie
directe par Etat, il pourra être attribué des concessions de service public conformément
aux
dispositions de la section 3 du titre II.
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Section 6
Prélèvement des eaux superficielles
Art. 40. –Aucun captage d’eau superficielles au moyen d’installations fixes ou mobiles
ou au moyen
d’ouvrages de dérivation ne peut être fait sans autorisation sauf dans les cas prévus à
l’article 3.
Cette autorisation est accordée, après enquête, par les Ministres chargés de
l’Hydraulique et de
l’Assainissement.
Toute extension ou modification d’installations est soumise à une nouvelle autorisation.
Art. 41. –L’autorisation de captage destiné à l’irrigation fixe la superficie maximum à
irriguer, le
volume annuel et le volume d’eau journalier maximum.
Art. 42. –L’utilisation par des tiers des eaux de drainage, de lessivage, de colature ainsi
que toutes les
eaux provenant des excédents d’autre utilisateurs est soumis à autorisation.
Toutefois, ne sont pas soumis à autorisation préalable les captages de moins de 5
mètres cubes
par heure ; il sont seulement soumis à déclaration dans les formes et conditions fixées
au décret prévu
à l’article 7.
Article 43. –Le captage d’eaux superficielles sans installation fixe ou mobile est libre,
sous réserve de
la réglementation applicable à la nappe concernée.
Sous la même réserve que ci-dessus, le captage d’eaux superficielles par une
installation
mobile pour des besoins temporaires est libre jusqu’à concurrence du débit prévu à
l’article 42.
Section 7
Utilisations non consommatrices d’eau
Art. 44. –Sont considérées comme utilisation non consommatrices d’eau :
- la génération d’énergie hydro-électrique
- la réfrigération ;
- la navigation à fort tirant d’eau ;
- la pisciculture ;
- les activités récréatives.
Art. 45. –Toute utilisation non consommatrice d’eau est soumise à autorisation
préalable des
Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
L’autorisation précise le volume d’eau pouvant être stocké et la durée su stockage.
Art. 46. – Les utilisations non consommatrices d’eau peuvent être soumises au
paiement d’une
redevance.
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TITRE II
PROTECTION QUALITATIVE DES EAUX
Section 1
Généralités
Art. 47. –Les dispositions du présent titre ont pour objet la lutte contre la pollution des
eaux et leur
régénération dans le but de satisfaire ou de concilier les exigences :
- de l’alimentation en eau potable des populations et de la santé publique ;
- de l’agriculture, de l’industrie, des transports et de toutes autres activités humaines
d’intérêt
général ;
- de la vie biologique du milieu récepteur et spécialement de la faune piscicole ;
- des loisirs des sports nautiques ;
- de la protection des sites ;
- de la conservation des eaux.
Art. 48. –Ces dispositions s’appliquent aux déversements, écoulements, rejets, dépôts
directs de
matières de toutes nature et plus généralement à tout fait susceptible de provoquer ou
d’accroître la
d dégradation des eaux en modifiant leurs caractéristiques, qu’il s’agisse d’eaux
superficielles ou
souterraines.
Art. 49. Aucun déversement, écoulement, rejet, dépôt direct au indirect dans une nappe
souterraine ou
un cours d’eau susceptible d’en modifier les caractéristiques physiques, y compris
thermiques et radioatomiques,
chimiques, biologiques ou bactériologiques, ne peut être fait sans autorisation accordée,
après enquête, par les Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement.
Art. 50. Les mesures destinées à prévenir la pollution des eaux sont déterminées par
décret pris sur le
rapport conjoint des Ministres chargées de l’Hydraulique et de l’Assainissement, de la
Santé publique
et de l’Environnement.
Section 2
Normes à respecter suivant les usages
Art. 51. Les eaux d’alimentation doivent satisfaire les normes de potabilité en vigueur,
notamment en
ce qui concerne leurs caractéristiques physiques, chimiques, biologique et
bactériologiques.
Art. 52. Des décrets pris sur rapport des Ministres chargées de l’Hydraulique et de
l’Assainissement,
classent les cours d’eau, canaux, lacs, étangs ou eaux souterraines en fonction des
usages auxquels
leurs eaux sont destinées :
- Consommation humaine ;
- Production d’aliments pour l’alimentation humaine ;
- Elevage, agriculture, pisciculture, sylviculture ;
- Utilisation minière hydroélectrique ;
- Navigation ;
- Activités récréatives.
Art. 53. Ces décrets fixent, en tant que de besoin, pour chacun des cours d’eau,
sections de cours
d’eau, canaux, lacs et étangs, eaux souterraines, les conditions particulières dans
lesquelles il doit être
satisfait aux dispositions prévues à l’article 47 en ce qui concerne les installations
existantes.
Art. 54. La protection entre la pollution par les hydrocarbures des deltas, estuaires et
mangroves
entrant dans le champs d’application du présent code est réalisée conformément aux
stipulations de la
convention internationale pour la prévention de la pollution des mers, signée à Londres
les 12 mai
1954 et de ses amendements.
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Art. 55. L’usage des puits individuels pour l’alimentation humaine n’est autorisée que si
toutes les
précautions sont prises pour mettre ces puits à l’abri des contaminations dues à la
proximité des
latrines, fosses septiques, dépôts de fumier, ordures, immondices et cimetières. L’eau
de ces puits doit
présenter constamment les qualités requises par la réglementation et les normes fixées
par le Ministre
chargé de la Santé.
Art. 56. En cas de distribution publique d’eau potable, le service distributeur ou le
concessionnaire
doit vérifier, en tout temps, que les dispositions ci-dessus sont respectées.
Pour le contrôle de la qualité de l’eau, il est nécessairement fait appel au service de
santé ou à
un laboratoire agréé par l’administration.
Les agents et fonctionnaires chargés du contrôle fixent la périodicité des prélèvements.
Ils sont
tenus de veiller à ce que le contrôle ci-dessus soient bien effectués et que les normes
soient bien
respectées.
Art. 57. Les agents et fonctionnaires chargés du contrôle doivent assurer le contrôle de
la qualité des
d’eau, l’examen périodique du degré de pollution des cours d’eau, nappes souterraines
et proposer
l’élaboration de nouvelles normes.
Ils ont libre accès à toute installation.
Art. 58. Les frais de contrôle sont à la charge du service-distributeur ou du
concessionnaire.
Section 3
Frais susceptibles de polluer l’eau
Art. 59. Les déversements, écoulements, rejets, dépôts directs direct ou indirects d’eau
ou de matières,
et plus généralement tout fait susceptible d’altérer la qualité de l’eau superficielle ou
souterraine sont
soumis à réglementation et à autorisation préalable conformément aux dispositions des
articles 49 et
50.
Art. 60. Le décret prévu à l’article 50 détermine :
1. les conditions dans l’espace et dans le temps, dans lesquelles peuvent être
réglementés ou interdits
les déversements, écoulement, rejets, dépôts directs d'eau ou de matières et plus
généralement tout
fait susceptible d’altérer la qualité de l’eau superficielle ou souterraine ;
2. les conditions dans lesquelles peuvent être réglementées la mise en vente et la
diffusion de certains
produits susceptibles de donner naissance à des déversements et qui ont fait l’objet
d’une
interdiction ou d’une réglementation en vertu de l’alinéa 1er du présent article ou
d’accroître leur
nocivité ou d’aggraver leur nuisance ;
3. les conditions dans lesquelles sont effectués les contrôles des caractéristiques
physiques,
chimiques, biologiques ou bactériologiques, des eaux réceptrices et des déversements
et
notamment les conditions dans lesquelles, il est procédé aux prélèvements et analyses
d’échantillons ;
4. les cas et les conditions dans lesquels l’administration peut prendre, en raison du péril
qui pourrait
en résulter pour la sécurité ou la salubrité publiques, toutes mesures de lutte
immédiatement
exécutoires.
Dans tous les cas les droits des tiers à égard des auteurs de pollution sont et demeurent
réservés.
Section 4
Moyens administratifs de lutte contre la pollution
Art. 61. L’autorisation visée à l’article 49 donne lieu à perception de frais de dossiers et
de
redevances.
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Art. 62. Le régime financier définit l’emploi des ressources ci-dessus dégagées. Elles
servent
notamment à financer la construction, l’entretien et l’exploitation des ouvrages ou
installations
d’épuration des eaux et les frais récurrents.
Art. 63. L’exploitation des ouvrages d’épuration ou de régénération des eaux peut être
réalisée en
régie directe ou faire l’objet de concession conformément aux article 24, 25 et 26.
TITRE III
DIVERSES UTILISATION DES EAUX ET ORDRE DE PRIORITE D’UTILISATION
Section 1
Eaux de consommation humaine
Art. 64. Quiconque offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine, à titre
onéreux ou à titre
gratuit et sous quelque forme que ce soit, y compris la glace alimentaire, est tenu de
s’assurer que cette
eau est conforme aux normes définies au présent titre.
Est interdite pour la préparation et la consommation de toutes denrées et marchandises
destinées à l’alimentation, l’utilisation d’eau non potable.
Art. 65. Dans les centre pourvus d’une distribution publique d’eau, il est interdit aux
personnes
physiques ou morales, et notamment aux hôteliers, tenanciers d’immeubles, de livrer
pour
l’alimentation et pour tous les usages ayant un rapport même indirect avec l'alimentation
en eau
potable autre que celle de distribution publique, exceptées les eaux minérales,
naturelles et de table
autorisées.
Art. 66. Les mêmes interdictions s’appliquent aux fabricants de glace, aux brasseurs
fabricants d’eau
gazeuse, de sodas, de jus de fruits et en général aux fabricants de boissons
hygiéniques.
Art. 67. Nonobstant les vérifications qui peuvent être faites par les services de contrôle
ou organismes
qualifiés, le service de distribution ou le concessionnaires est toujours tenu pour
responsable des
dommages causés par la mauvaise qualité des eaux, en en raison d’un défaut
d’entretien ou de
gardiennage des ouvrages en exploitation, à charge pour le service ou le
concessionnaire de se
retourner, s’il y a lieu, contre l’auteur ou les auteurs de la pollution.
Art. 68. En cas de concession accordée dans les conditions prévues aux sections 2 et 3
du titre I, le
décret de concession fixe les obligations des parties afin d’assurer la conformité de l’eau
distribuée
avec les normes visées à l’article 51.
Cependant, en cas de modifications chimiques, physiques, biologiques ou
bactériologiques de
l’eau, les installations complémentaires doivent être réalisées par les concessionnaires
dans les plus
brefs délais.
Section 2
Utilisations de l’eau autres que l’alimentation humaine
Art. 69. Des décrets pris sur rapport conjoint des Ministres chargés de l’Hydraulique et
l’Assainissement et du Ministre chargé du secteur d’activité considéré fixent les régimes
et les
conditions d’utilisation des eaux affectées aux usages suivants :
- Elevage ;
- Agriculture ;
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- Sylviculture ;
- Pisciculture ;
- Usages industriels des consommateurs et des non consommateurs ;
- Production d’énergie hydroélectrique ;
- Industries minières ;
- Industries touristiques.
Art. 70. Des décrets de concession peuvent être pris en faveur des établissements
publics ou sociétés
régionales de développement pour tout ou partie des régimes ci-dessus.
Il peut en être de même pour les exploitations présentant un intérêt socio-économique
particulier ou bénéficiant des dispositions du Code des Investissements, réalisées par
les personnes
privées.
Section 3
Situations nuisibles liées au problème de l’eau
Art. 71. Les situations nuisibles liées au problème de l’eau sont :
- Les inondations et certaines crues ;
- Les sécheresses ;
- L'érosion hydraulique et la sédimentation dans les canaux de navigation et d’irrigation ;
- L'eutrophisation des lacs ;
- La salination des eaux et des sols ;
- L’épuisement des sources et des points d’eau.
Art. 72. Un décret pris sur rapport des Ministres chargés de l’Hydraulique et de
l’Assainissement fixe
les mesures à prendre concernant les situations nuisibles liées au problème de l’eau, les
droits et les
devoirs conséquents des individus et des personnes morales.
Art. 73. Les restrictions aux droits d’utilisation ou de captage prévues aux articles 6, 17
et 34 sont
définies par le décret prévu à l’article 72.
Section 4
Effet sur l’eau de l’utilisation des autres ressources
Art. 74. En ce qui concerne l’exploitation des ressources naturelles autres que l’eau,
telles que :
- L'exploitation des forêts situées à la source ou sur les berges des fleuves ;
- Le sillonnage des terres à pentes fortes ;
- L'élevage d’animaux prédateurs des pâturages dans les zones de captage ;
- L'habitat sur pente forte ;
Des décrets pris sur rapport conjoint des Ministres chargés de l’Hydraulique et
l’Assainissement et des ministres compétents en ces matières fixent les réglementation
particulières.
Section 5
Ordres de priorités dans l’utilisation des eaux
Art. 75. L’allocation des ressources en eau doit à tout moment tenir compte des besoins
sociaux et
économiques des populations
L’alimentation en eau des populations demeure dans tout les cas l’élément prioritaire
dans
l’allocation des ressources en eau.
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Art. 76. Lorsqu’il a pu être satisfait aux besoins humains en eau, la priorité revient aux
besoins de
l’élevage, de l’agriculture, de la sylviculture, de la pisciculture et des projets de
reboisement, puis aux
besoins des complexes industriels et agro-industriels.
Les besoins de la navigation fluviale, de la production d’énergie hydroélectrique, des
entreprises minières, de l’industrie touristique sont satisfaits en fonction de leur priorité
économique.
En cas de confit, pour satisfaire l’un ou l’autre de ces besoins, la priorité est déterminée
en
fonction de la priorité économique de la zone concernée.
Art. 77. Lorsque certains événements exceptionnels tels que, force majeure,
sécheresse, inondations,
calamités naturelles surviennent, l’ordre des priorités peut être temporairement modifié.
Un décret pris sur proposition des Ministres chargés de l’Hydraulique et de
l’Assainissement
fixe les règles de modification des propriétés, les interdictions, les droits et devoirs des
individus et
personnes morales
TITRE IV
RESTRICTIONS DU DOMAINE PRIVE
Section 1
Périmètre de protection
Art. 78. Les périmètres de protection sont des zones créés pour préserver les points de
prélèvement
des eaux des risques de pollution pouvant provenir d’installations diverses établies à
proximité.
Ils ont pour objet d’assurer une protection qualitative des eaux prélevées, et des nappes
souterraines, superficielles et des fleuves .
Art. 79. Un décret pris sur la proposition des Ministres chargés de l’Hydraulique et de
l’Assainissement définit les modalités de la détermination des périmètres de protection,
de l’enquête
hydrogéologique et des servitudes à mettre en oeuvre.
Art. 80.Un arrêté conjoint des Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement
et du
Ministre chargé de l’Environnement fixe, pour chaque cas particulier, les limites des
périmètres de
protection et leurs caractéristiques.
L’autorisation d’utilisation prévue à l’article 2 n’est définitivement acquise au bénéficiaire
qu’à la condition expresse que les travaux de protection soient réalisés.
Art. 81. La non réalisation des travaux de protection entraîne le retrait de l’autorisation
d’utilisation
des eaux sans ouvrir droit à une indemnité d’aucune sorte.
Les frais de dossier et d’études engagés par l’administration restent à la charge du
demandeur
de l’autorisation.
Section 2
Servitudes
Art. 82. Sous réserve des dispositions des articles 637 et suivants du Code civil, les
servitudes prévues
au présent Code sont les suivantes :
- Les servitudes d’exploitation ;
- Les servitudes de passage des eaux utiles ;
- Les servitudes de passage des eaux d’écoulement ;
- Les servitudes de passage des eaux usées ;
- Les servitudes d’appui.
- 13 -
Art. 83. Toute personne physique ou morale qui veut user pour l’alimentation en eau
potable, pour les
besoins de son exploitation, des eaux dont elle a le droit de disposer, peut obtenir les
passages des
lignes électriques des chemins de servitude ou tout autre accès routier sur les fonds
intermédiaires, à
charge d’une juste et préalable indemnité.
Les habitations, leurs cours, et dépendances attenantes sont, en tout cas, exclus de
cette
servitude.
Art. 84. Dans les mêmes conditions et obligations de l’article 86, toute personne morale
ou physique
peut obtenir le passage par conduite souterraine des eaux utiles à son exploitation, sur
les fonds
intermédiaires.
Article 85. Les fonds inférieurs doivent recevoir les eaux qui s’écoulent naturellement
sans influence
de la main de l’homme des fonds supérieurs.
Le passage des drains, des conduites d’écoulement, des colatures peut donner lieu à
une juste
et préalable indemnité.
Les habitations, leurs cours, jardins et dépendances attenantes ne peuvent être grevés
de cette
servitude.
Art. 86. Les eaux usées provenant des habitations et des exploitations desservies
peuvent être
acheminées par canalisations souterraines vers les ouvrages de collecte ou d’épuration
sous les mêmes
conditions et réserves fixées aux articles 83,84 et 85.
Art. 87. Tout bénéficiaire d’une autorisation pour l’irrigation de ses terres par des eaux
naturelles ou
artificielles peut appuyer sur les terres du riverain opposé, les ouvrages d’art
nécessaires à sa prise
d’eau, à charge d’une juste et préalable indemnité.
Les habitations, leurs cours, jardins et dépendances attenantes, ne peuvent être grevés
de cette
servitude.
Art. 88. Les modalités de fixation du tracé des servitudes vicinales sont fixées par
décret.
TITRE V
INFRACTIONS ET SANCTIONS
Section 1
Constatation des infractions et poursuites
Art. 89. Les infractions prévues au présent code sont constatées par les officiers et
agents de police
judiciaire, les agents et fonctionnaires commis à cet effet. Ces agents et fonctionnaires
commissionnés
doivent relever des services de l’Hydraulique, de l’Equipement rural, de
l’Assainissement, de la Santé,
de l’Environnement ou des Eaux et Forêt.
Art. 90. Les agents et fonctionnaires visés à l’article 89 sont commissionnés. Ils prêtent
serment
devant le Tribunal de première instance de la circonscription administrative où ils sont
appelés à
servir.
Art. 91. Les infractions constatées font l’objet d’un procès-verbal dûment notifié au
contrevenant.
Art. 92. Les agents et fonctionnaires visées à l’article 89 peuvent avoir accès aux
domiciles privés et
dépendances :
- Soit en présence ou sur réquisition du procureur de la République, du juge d’instruction
ou du juge
de paix ;
- Soit sur mandat délivré expressément par les autorités judiciaires compétentes.
- 14 -
Art. 93. Avec l’assentiment expresse de la personne dont le domicile est visité, les
visites
domiciliaires peuvent se faire à toute heure du jour et de la nuit, par les agents et
fonctionnaires
commissionnés désignés ci-dessus.
Art. 94. Les actions et poursuites sont exercées directement par les Ministres chargés
de l’Hydraulique
et de l’Assainissement ou leurs représentants dûment mandatés, devant les juridictions
compétentes,
sans préjudice du droit du ministère public près lesdites juridictions.
Art. 95. Les agents et fonctionnaires visés à l’article 89 peuvent, en cas de flagrant délit
et dans les
conditions prévues par les lois en vigueur, procéder à l’arrestation des délinquants et les
conduire
devant le procureur de la République ou le juge de paix compétent.
Art. 96. Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents et fonctionnaires ci-dessus
peuvent requérir la
force publique.
Section 2
Dispositions pénales
Art. 97. Toute personne qui aura capté des eaux souterraines ou superficielles en
violation des articles
40 à 43, 45, 65, et 66 sera punie d’un emprisonnement de deux à six mois et d’une
amende de 20.000
francs à 2.000.000 de francs ou de l’une des ces deux peines seulement.
Art. 98. Quiconque aura contrevenu aux dispositions du présent Code non assorties de
peines
correctionnelles, ou à des décrets et arrêtés d’application sera puni des peines prévues
aux article 2 et 3
du Code des Contraventions.
Art. 99. Les dispositions de l’article 20 du Code du Domaine de l’Etat sont applicables
aux eaux
réglementées par le présent Code.
Art. 100. Toute personne qui aura volontairement ou indûment utilisé des eaux
destinées à l’irrigation
par nature ou par des dispositions réglementaires sera punie d’un emprisonnement de
deux mois et
d’une amende de 20.000 francs à 2.000.000 de francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Art. 101. Toute personne qui aura introduit des matières susceptibles de nuire à la
salubrité de toute
eau, ou abandonné des objets, des corps putréfiables dans les infractuosités naturelles
ou artificielles
sera punie d’un emprisonnement de deux mois à deux ans et d’une amende de 20.000
francs à
2.000.000 de francs ou de l’une de ces peines seulement.
Art. 102. Quiconque aura mis volontairement obstacle à l’accomplissement des devoirs
des agents et
fonctionnaires désignés à l’article 89, sera puni d’un emprisonnement de deux mois à
deux ans et
d'une amende de 20.000 francs à 260.000 francs ou de l’une de ces deux peines
seulement.
Art. 103. Le juge saisi des poursuites en vertu des dispositions du présent Code, peut
faire application,
sur réquisition du ministère public, agissant à la requête des Ministres chargés de
l’Hydraulique et de
l’Assainissement, ou d’office, des dispositions des articles 196 et suivants du Code des
Obligations
civiles et commerciales relatives à l’astreinte.
Art. 104. Quiconque, après avoir fait l’objet des mesures d’astreintes prévues à l’article
103 commet,
dans les trois années après que le jugement soit devenu définitif, une nouvelle infraction
relevant des
dispositions de l’article 98, sera puni d’un emprisonnement de onze jours à un mois et
d’une amende
de 10.000 francs à 20.000 francs.
- 15 -
TITRE VI
DISPOSITIONS TRANSITOIRES
Art. 105. Tout utilisateur d’eaux souterraines ou superficielles doit en faire la déclaration
aux
Ministres chargés de l’Hydraulique et de l’Assainissement dans les formes précisées par
décret pris sur
rapport des dits ministres.
Le délai de déclaration est fixé à six mois.
Art. 106. L’autorisation est considérée comme acquise pour tous les captages d’eaux
superficielles ou
souterraines existant à la date d’entrée en vigueur du présent Code.
Toutefois, toute extension ou modification des installations existantes est soumise au
régime
général des autorisations nouvelles.
Art. 107. En cas de manquement à l’obligation de déclaration dans les six mois,
l’autorisation de
captage sera frappée de nullité.
Art. 108. En cas de refus par l’administration de l’autorisation, les propriétaires qui se
trouve dans
l’obligation de détruire totalement ou partiellement les ouvrages ou établissement
existants, perçoivent
une juste et préalable indemnité.
En cas de contestation et, à défaut d’entente à l’amiable, le litige est porté devant les
tribunaux
compétents.
Art. 109. Dés l’entrée en vigueur des décrets de classement des eaux en zone I ou II,
tout exploitant
d’installation de captage d’eaux souterraines est tenu, dans le délai de six mois prévu à
l’article 105, de
faire déclaration de ses installations dans les formes requises pour les demandes
d’autorisation
relatives à ces zones.
Art. 110. Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi.
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.
Fait à Dakar, le 4 mars 1981.
Par le Président de la République : Abdou DIOUF.
Le Premier Ministre,
Habib THIAM.