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VENDREDI 10 septembre 2010 / Edition Bruxelles / Quotidien / N o 211 / EUR 1,10 / 02 225 55 55

Le diable, sous l’apparence du babouin, Les livres qui ont changé le monde. Ce vendredi
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Bruxelles veut mettre hors jeu 1 voiture sur 5

LA RÉGION BRUXELLOISE met la voiture au pas et jette à terre quelques tabous avec un plan de mobilité audacieux.

C e n’est un secret pour per-

sonne. Il est très pénible

de circuler à Bruxelles. Le

trafic automobile ne cesse d’aug- menter. Saturé, le métro parvient diffi- cilement à éponger le flux gran- dissant des passagers. Face à ces défis, la Région bruxelloise a pré- senté ce jeudi le plan Iris 2 repre-

nant les principales orientations de la mobilité en Région-capita- le. Sous réserve des modalités de financement de l’opération, le plan prévoit la construction d’une ligne de métro vers Schaer- beek, d’ici à 2018. L’objectif global du plan est de réduire le trafic automobile de 20 % pour 2018, en passant par

un objectif intermédiaire de 6 à 10 % d’ici à 2015. Le plan donne aussi le feu vert de la Région pour une réduction de 16 % des emplacements de sta- tionnement en voirie. A condi- tion qu’il y ait compensation en termes d’emplacements hors voi- rie. L’option du péage urbain sera

étudiée à la fin de la législature au plus tard. Dans leur texte fi- nal, les ministres bruxellois ont marqué leur accord de principe à la tarification intelligente au kilo- mètre, mais pas avant que le RER ne constitue une offre alter- native crédible.

P.2 & 3 NOTRE DOSSIER

Expulsion des Roms : l’Europe tance Paris

© JOHANNA LEGUERRE/AFP.
© JOHANNA LEGUERRE/AFP.

L e Parlement européen a

demandé ce jeudi à la

France de suspendre les ex-

pulsions de Roms, une critique rare vis-à-vis d’un Etat de l’UE. La résolution a été adoptée par 337 parlementaires réunis à Strasbourg, alors que 245 s’y sont opposés. En réponse, le ministre français de l’Immigration Eric Besson a dénoncé « la multipli- cation des mensonges et des cari- catures ayant abouti à l’adop- tion de cette résolution ». De nom- breux parlementaires accusent Paris d’ignorer certains principes européens essentiels en matière de droits de l’homme à l’égard des Roms. Dans la résolution, le Parlement se déclare « vivement préoccupé par les mesures prises par les autorités françaises et les autres Etats membres » et rappel- le que les expulsions collectives violent le droit européen car elles constituent une discrimination fondée sur la race.

P.10 NOTRE DOSSIER

LES ROUTES

18

PETITES ANNONCES

19–20

NÉCROLOGIE

21

CINÉMAS

22

MARCHÉS

29–30

LES LIVRES

41–44

TÉLÉVISION

46–47

PETITE GAZETTE & MÉTÉO

48

5

3 6 4 1 3 6 3 5 0 0 8 5 6 6
3 6
4 1 3 6 3 5
0 0 8 5 6 6

Clijsters à l’assaut de Venus ce soir

P.36 & 35 A l’US Open, pour une pla-

ce en finale.

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Mgr Harpigny :

« Vangheluwe doit être jugé »

G uy Harpigny, évêque de Tournai, est le prélat compétent,

en Belgique, pour les affaires d’abus sexuels impliquant

des prêtres. Il a confié son sentiment au Soir face au cli-

mat hostile entourant l’Eglise et particuliè- rement la personne de Roger Vanghe- luwe, ex-évêque de
mat hostile entourant l’Eglise et particuliè-
rement la personne de Roger Vanghe-
luwe, ex-évêque de Bruges. « Je com-
prends parfaitement ces réactions. De-
puis sa démission, le 23 avril, aucu-
ne sanction n’est tombée. L’opinion
publique et les catholiques en particu-
lier se demandent s’il va terminer ses
jours tranquillement dans une ab-
baye. » ■
P.2 L’ÉDITO
P.6 NOTRE DOSSIER
© THIERRY DU BOIS.
notre nouveau cahier   Les jeux vidéo violents cartonnent : danger ? Bah, plutôt non.
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notre nouveau cahier

 

Les jeux vidéo violents cartonnent :

danger ? Bah, plutôt non. P. 13 & 27

 
Jean-François Kahn : « Pourquoi

Jean-François Kahn : « Pourquoi

j’ai traité Sarkozy de “voyou”. » P. 14

« Flamande ! » « Francophone ! »

 

« Multiculturelle ! » Bruxelles, ce nœud.

P.15

 

Reportage : les « transitioners » préparent l’après-pétrole. P.16 & 17

16157990

» préparent l’après-pétrole. P.16 & 17 16157990 www.lesoir.be 4BX 09/09/10 23:38 - LE_SOIR du 10/09/10 -
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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

l’actu

l’actu

2

Mobilité

3

L’édito

◆

◆

Jurek Kuczkiewicz

actu 2 Mobilité 3 L’édito ◆ Jurek Kuczkiewicz TARD, MAIS ENFIN L’EGLISE CATHOLIQUE BOUGE E nfin

TARD, MAIS ENFIN L’EGLISE CATHOLIQUE BOUGE

E nfin ! Enfin, quelque cho- se semble avoir bougé

dans l’Eglise catholique. Et dans l’esprit de représentants éminents de cette institution, qui ont commencé à s’expri- mer pour dire autre chose que de vagues regrets et auto- justifications confuses. (Com- me celles du cardinal Dan- neels, qui, piégé il est vrai par un enregistrement caché, n’admet qu’une erreur de ju- gement dans sa réaction face à la victime de l’évêque Van- gheluwe, alors qu’il a commis une faute morale en n’infor-

mant pas instantanément les autorités compétentes de l’énormité des faits abjects dont il venait de prendre con- naissance). Il est vrai que les récentes réactions de l’Eglise, dont cel- les de l’évêque Harpigny en nos pages, ne sont pas ve- nues spontanément, mais sous la pression d’une vague médiatique irrépressible, ain- si que d’un grondement moins visible mais réel dans la communauté de fidèles. Mais soit. Ils ont attendu long- temps, trop longtemps : mais le fait que des personnalités, même un évêque, deman- dent aujourd’hui que l’évê- que pédophile Van Gheluwe soit jugé, plutôt que simple- ment défroqué ; le fait que l’archevêque Léonard, qui a pourtant attendu que la justi- ce décide de restituer à son institution ce qu’elle avait sai- si chez elle, atteste qu’il ne s’oppose pas à la poursuite de l’œuvre judiciaire : tout ce- la est bienvenu, et semble té-

moigner d’un début de recon- naissance que l’Eglise ne peut rester à l’abri du jugement des hommes. Les paroles ne sont toutefois pas assez. L’Eglise catholique doit maintenant y joindre les actes : il ne suffit pas d’indi- quer que l’Eglise ne s’oppose- ra pas à la poursuite du tra- vail de la justice – ce qu’elle a fait pourtant, même si l’on peut arguer que c’est pour dé- fendre ses droits. L’Eglise peut et doit maintenant con- tribuer activement à l’avène- ment de la vérité sur les actes criminels commis en son sein par des brebis galeuses qu’el- le n’a eu de cesse de proté- ger. Cela est possible par l’en- couragement de toutes ac- tions judiciaires de victimes, et par des actions judiciaires au nom de l’Eglise, qui contri- bueront à ce que la justice puisse faire son œuvre. Ces ac- tions constitueront seules la preuve que l’Eglise est sin- cèrement décidée à extirper de son sein l’innommable.

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3HT

Bruxelles veut mettre la voiture au pas

L’ESSENTIEL

Ceci n’est pas un

plan anti-voitures, di-

sent les Bruxellois.

Mais le plan de mobi-

lité Iris 2 jette à terre

quelques tabous.

Priorité aux trans-

ports en commun, aux piétons et aux cyclistes.

Pour une ville viable.

EN 2018, une voiture sur cinq en moins, promettent les Bruxellois. Chiche ?

© DOMINIQUE

DUCHESNES.

promettent les Bruxellois. Chiche ? © DOMINIQUE DUCHESNES. L e constat n’a rien d’origi- nal. Même

L e constat n’a rien d’origi- nal. Même un martien bi- gleux s’en rendrait compte

au premier coup d’œil : il est dra- matiquement pénible de circuler à Bruxelles. Le trafic automobile n’a cessé d’augmenter. Saturé, le métro ne parvient pas à éponger un flux croissant de passagers.

« Mais restons modestes. C’est un premier pas. Si on veut que cela réussisse, il faut que tout le monde joue son rôle » Bruno De Lille

Englués dans la circulation auto- mobile, victimes d’un sous-inves- tissement chronique et d’arbitra- ges politiques peu glorieux, les transports en commun de surfa- ce parviennent rarement à offrir une alternative efficace à la voitu- re. Certes de plus en plus nom- breux, les vélos sont encore un peu « exotiques »… 2018, la para- lysie totale ? C’est ce que le plan de mobilité Iris 2, que le gouver- nement bruxellois a adopté ce jeudi, veut éviter. La satisfaction du secrétaire d’Etat à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen) et de la ministre de l’Environnement Eve- lyne Huytebroeck (Ecolo) est à la mesure du long cheminement du plan. « L’avantage c’est que cha- que phrase a été approuvée par l’exécutif, dit De Lille. Mais res- tons modestes. C’est un premier pas. Si on veut que cela réussisse, il faut que tout le monde joue son rôle. » Visés : les communes ain- si que les autres ministres dont

les politiques peuvent aussi bien favoriser Iris 2 que le contrecar- rer. La précaution oratoire est uti- le : le précédent plan qui avait aussi claironné un objectif de ré- duction du trafic auto de 20 % a largement échoué. Iris 2 reprend la cible à son compte. Plus crédi- ble ? « Les temps ont changé », clament les deux ministres. La congestion a progressé. Navet- teurs et Bruxellois ne sont pas seuls à s’en plaindre. Les patrons font régulièrement entendre leur voix : une ville difficile d’accès est une ville où les entreprises per- dent de l’argent et songent à dé- ménager. En matière de mobilité, Bruxel- les se situe à des années-lumière des politiques volontaristes mi- ses en œuvre dans les autres vil- les européennes. Mais aujour- d’hui, la Commission menace de sanctionner la Région et la Belgi- que pour non-respect de la légis- lation européenne sur les particu- les fines, responsables de 1.100 décès prématurés. Or, les mo- teurs diesel sont à l’origine de trois quarts de ces émissions. Si Bruxelles pouvait encore faire la morte devant la montée de la con- gestion, l’Europe se charge donc de la ramener à ses devoirs. « Et, disent les experts du dossier, il y a, même au sein du gouverne- ment bruxellois – où les rapports de forces ont changé – une pro- gression des esprits ». Cela suffi- ra-t-il ? En déclarant la priorité du transport public et des modes

doux sur la voiture, Iris 2 contre- vient à des décennies de culture

locale. Taxer l’usage de la voiture, réduire le nombre de places de stationnement, réduire la vitesse autorisée, créer des zones « bas- ses émissions »… toutes les idées n’iront pas sans mal.

Si les ambitions d’Iris 2 sont no-

bles, son évaluation budgétaire doit encore faire l’objet d’un affi- nage et… d’arbitrages. Et ceux-ci déborderont le cadre bruxellois pour « contaminer » les discus- sions institutionnelles du mo- ment. « Ce n’est pas un plan pour les seuls Bruxellois, insiste Huytebroeck. Il rend la ville plus accessible à tout le monde ». Un quart des usagers de la Stib sont non-Bruxellois, rappelle De Lil- le. Or, tram, bus et métro sont fi- nancés uniquement par la Ré- gion capitale. « Le fédéral doit in-

Un quart des usagers de la Stib sont non-Bruxellois. Or, tram, bus et métro sont financés par la Région capitale

vestir massivement dans la mobi- lité à Bruxelles ». Un quart de l’actuel budget de la Stib – 578

millions d’euros – serait « équita- ble », soit 145 millions par an.

A la grosse louche, le budget

d’Iris 2 peut être évalué à trois milliards d’euros de nouveaux in- vestissements en infrastructures nouvelles de transport public et de voiries.

MICHEL DE MUELENAERE

Trop de voitures A l’échelle de la

Belgique, le trafic automobile a aug- menté de 20 %. A Bruxelles, c’est un peu moins, mais également en crois- sance. Pire, en 10 ans, le nombre de kilomètres parcourus sur les voiries secondaires a augmenté de près de

30 %. Cela dégrade la vie des quar- tiers et réduit la vitesse commerciale des transports de surface. En heure de pointe, la plus chargée, 60 % des trajets sont des déplacements entre le domicile et le lieu de travail.

Trop de trajets courts 62.5 %

des déplacements à Bruxelles se font sur une distance inférieure à 5 km, 25 % sur une distance inférieure à 1 km.

Trop de CO 2 Le transport contri- bue à 20 % des émissions de CO 2 de la Région.

Trop de bruit 30 % de la popula- tion bruxelloise sont exposés à un ni- veau de bruit considéré comme gê- nant émis par la circulation.

Trop de parkings La part d’auto-

mobilistes est plus élevée dans les en-

treprises qui offrent plus de parkings à leurs travailleurs. Cette relation en- tre parking et usage de la voiture est

plus forte en zone centrale : 73 % des automobilistes se rendent en voiture dans cette zone parce qu’ils y dispo- sent d’un emplacement de parking hors-voirie (53 % pour le reste de la

Région).

M.D.M.

Voiture

CHASSER UNE AUTO SUR CINQ

L’équation figurait déjà (mais en vain…) dans le plan Iris 1. Objectif des autorités de la Région : ré- duire le trafic automobile de 20 % en 2018 par rap- port à 2001. « Cela ne se fera pas du jour au lende- main, reconnaît Bruno De Lille. Nous nous sommes fixé un objectif intermédiaire de -6 à – 10 % en 2015 ». Comment y arriver ? Un brin de persuasion, un brin de contrainte. Fiscalité. La tarification de l’auto en fonction de son usage permettrait entre 10 et 15 % de transfert modal, note le document. En clair : avant la fin 2011, la région modifiera la taxe de mise en circulation et la taxe de circulation pour y intégrer des critères en- vironnementaux. Plus polluant, plus cher. Et inverse- ment. Voilà pour réduire la pollution. Le plus nota- ble sera l’introduction d’une « taxe intelligente » sur les véhicules. Les automobilistes paieront en fonction des kilomètres parcourus, de l’itinéraire emprunté, de la période d’usage et des performan- ces environnementales de leur véhicule. Objectif :

une taxe sur les camions d’ici la fin 2013 avec les autres régions du pays. Mais dès cette année, étu- dier un système qui s’appliquerait aussi aux voitu- res. Et au cas où cela ne marcherait pas avec la Wallonie et la Flandre, les Bruxellois étudieront dès à présent un système propre à leur région. Zones basses émissions . La Région délimitera, avec les communes, des zones dont l’accessibilité sera limitée aux véhicules les moins polluants. Parkings. Il en faut moins en surface. Et donner la priorité aux riverains sur les navetteurs (ces der- niers devront davantage utiliser des parkings de persuasion). Objectif : -16 % de places en voirie d’ici 2018. En contrepartie, les riverains, vélos, mo- tos et voitures partagées auront droit à des places dans des parkings hors voirie. Vitesse. Réduction à 30km/h sur l’ensemble des voiries locales.

© AYAD YOUNES (ST.)
©
AYAD YOUNES (ST.)

Transports publics

DES MÉTROS ET PRIORITÉ AU TRAM

Priorité nº1 d’Iris 2 : donner au transport public la place qui lui revient, la première. Il faudra cra- vacher. Entre 1999 et 2008, le nombre d’usa- gers de la Stib a augmenté de 80 %. Et l’on at- tend une croissance de 50 % d’ici 2018. Ce qu’il faut faire ? Améliorer le réseau actuel, et l’éten- dre tant sur la surface qu’en sous-sol. Métro. Les maîtres mots : automatisation et ex- tension. Saturées, les lignes 1 et 5 seront automa- tisées. Le gros en 2015, la totalité en 2018. Soit 30 à 35 passages par heure et par sens. Ailleurs, on prolonge. D’ici 2018, la ligne 4 (Midi-Nord) s’étirera vers Schaerbeek, avec un dépôt à Ha- ren. Vers Uccle ? L’hypothèse sera « évaluée », de même qu’un métro en moyenne ceinture. Ce- la ne se fera que si un tram s’avère insuffisant. Et ces extensions devront s’accompagner d’une « rationalisation de l’offre en surface ». Entendez, d’une limitation du trafic routier. En surface. Il faut protéger trams et bus. Deux solutions : sites propres et priorité aux carre- fours. 90 % des trams et 40 % des bus devront circuler sur sites protégés en 2011 (60 % des bus en 2020). La télécommande des feux est en retard. Il faudra accélérer. Les lignes vers Grand Bigard, Tervuren, Tour et Taxis, Forest, Schaer- beek et la gare de l’Ouest seront renforcées. Plu- sieurs lignes de trams seront étendues (vers le Heysel, la E40, Bordet…). Des bus pourraient être remplacés par des trams. L’offre. On songe à étendre l’heure de pointe jus- qu’à 19h30. La gratuité serait étendue, mais il faudra une prise en charge par le fédéral. Le train. La Région développera une vision ferro- viaire. Elle espère beaucoup du RER. Notamment pour des déplacements à l’intérieur de la Ré- gion. Mais il faudra faire pression sur la SNCB pour avoir plus de gares, de haltes et de trains.

© DOMINIQUE RODENBACH.
©
DOMINIQUE RODENBACH.

A vélo ou à pied

PIEDS ET PÉDALES À L’HONNEUR

Même philosophie que pour les transports en commun. Là où il y aura un risque de conflit avec la voiture, la priorité sera systématiquement donnée aux « modes actifs » (ex-modes doux) : le vélo et la marche à pied. Concrètement, cela veut dire que cyclistes et piétons devraient être au premier plan de tous les nouveaux aménagements de voiries et d’espaces publics. Vélos. Objectif : 20 % des déplacements mécanisés à vélo en 2018. Contre 4 à 5 % aujourd’hui. Toutes les voiries régio- nales devront être cyclables en 2018, c’est-à-dire dotées de pistes cyclables indépendantes ou parfaitement accessibles aux cyclistes. 70 km de « corridors verts » cyclables et accessi- bles aux piétons seront créés le long des voies ferrées, par exemple entre Uccle et la gare du Midi. Autant de voies sûres et sans dénivelé… Autres aménagements promis pour facili- ter la vie des deux-roues : des traversées de voies ferrées, des passerelles au-dessus du canal, une adaptation des feux de circulation pour que leur phasage favorise la fluidité du tra- fic vélo. Enfin, des stationnements pour les bicyclettes seront systématiquement prévus dans les endroits stratégiques que sont gares, stations de métro, bibliothèques, centres commer- ciaux, centres sportifs, etc. Et les règles d’urbanismes seront améliorées pour prendre en considération le stationnement vélo. Piétons. La marche c’est bon, mais il faut la sécuriser et l’en- courager. Il faut de meilleurs aménagements : des trottoirs sûrs (notamment dans leur revêtement) et continus. Plus lar- ges si possible. La largeur minimale recommandée devrait passer de 1,5 à deux mètres, voire 2.5 mètres. Les traversées doivent également être sécurisées. En rue, le cheminement est prioritairement réservé au piéton qui devra être mieux vi- sible (avancées de trottoir, îlots…). C’est la voiture qui devra s’y plier. Des piétonniers ? Bruxelles est particulièrement indi- gente : on en installera progressivement dans la « vieille ville historique », dit Iris 2. Et ce ne sera pas seulement pour des raisons commerciales ou touristiques, des écoles, des quar- tiers, des rues pourront également profiter de ces havres de paix. Objectif pour 2018 : 20 km des zones piétonnes ou assi- milées (semi-piétonnes, à horaire réduit…).

© PIERRE-YVES THIENPONT.
©
PIERRE-YVES THIENPONT.

16183340

à horaire réduit…). © PIERRE-YVES THIENPONT. 16183340 www.lesoir.be 09/09/10 23:22 - LE_SOIR du 10/09/10 - p.

www.lesoir.be

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

lapolitique

4

La crise

4 La crise

La pression est aussi sur le CD&V

A quoi servent André Flahaut et Danny Pieters ? Pour Mark Eyskens (CD&V à la
A quoi servent André Flahaut
et Danny Pieters ? Pour
Mark Eyskens (CD&V à la re-
[
« Une gymnastique
intellectuelle »
paravent sert aussi à isoler. Et c’est
précisément ce que
seoir à la table devant pareil interlo-
cuteur – « il joue au poker men-
teur », souligne, cette semaine, dans
Paris Match, Philippe Moureaux. La
confiance est-elle pour autant défini-
tivement rompue ? A dire vrai, seuls
Elio Di Rupo et Bart De Wever peu-
vent répondre à cette question. Les
médiateurs, eux, permettent de ga-
gner du temps. Celui dont les deux
vainqueurs des élections ont besoin.
3. Formuler des pro-
entre nous ]
traite), « à jouer les paravents chi-
nois ». Paravent chinois : meuble
d’appartement destiné à protéger
contre les courants d’air. Du vent,
alors, que cette mission ? « C’est ex-
cessif de dire cela », assure un pro-
che de la négociation. Après tout, un
Vu de France :
réussit parfaitement
pour l’heure l’impro-
bable tandem des
présidents d’assem-
blée. La plus grande
discrétion entoure
en effet leurs tra-
vaux. Une seule certi-
tude, jeudi, ils ont
rencontré, trois heu-
res durant, Elio Di
Rupo. Pour le reste,
mystère. Cela signi-
fie-t-il, comme l’affir-
me un parti, que
« pas grand-chose ne
se passe » ? Il faut,
pour en juger, se réfé-
rer à la feuille de rou-
L’ESSENTIEL
positions Ce n’était
André Flahaut et
Danny Pieters ont
fini leur premier
tour de table.
jusqu’ici pas très
clair : les duettistes
allaient-ils se mouil-
ler et proposer des
pistes sur la base des-
quelles relancer les
Ils vont poursui-
vre leur mission et
formuler des propo-
sitions.
négociations ? « Ils
sont plutôt dans
l’écoute », expliquait
l’un des invités. Cet
autre complétait :
En coulisses, cer-
tains tentent de ra-
mener le CD&V
dans le camp du
« Ils essaient de com-
prendre comment
chaque parti com-
prend les accords en-
grangés durant la
préformation. »
« oui ».
te des médiateurs.
1. Faire baisser la tension de plu-
sieurs crans C’est plutôt réussi. Tous
les présidents de parti se sont expri-
més devant les caméras, les phrases
choc ont été dites puis chacun s’en
est retourné sous sa tente. L’occa-
sion, pour tous les négociateurs, de
décompresser quelque peu, de se re-
poser. Le calme est revenu, rue de la
Loi, condition sine qua non pour la
reprise éventuelle des négociations.
Mission accomplie, sur ce point.
2. Restaurer la confiance Entre le
clan des sept. Mais surtout entre
Bart De Wever et Elio Di Rupo. Pas
sûr, là, qu’on ait beaucoup progres-
sé. « On ne sait rien », jurent, en
chœur, les autres partis à la table.
Les présidents du PS et de la N-VA
se taisent dans toutes les langues.
Mais c’est un secret de Polichinelle
qu’il ne sera pas simple de retisser
les liens entre les deux hommes. L’ex-
préformateur est un homme de paro-
le. Or, par deux fois dans la négocia-
tion, le chef de file nationaliste est re-
venu sur des engagements qu’il avait
pris : en mettant la révision de la loi
de financement sur la table puis en
refusant le refinancement de Bruxel-
les. Sans parler des rencontres « se-
crètes » avec le MR au beau milieu
des discussions de la dernière chan-
ce avec le PS. Pas si simple de se ras-
Mais, jeudi soir, en
clôturant leur pre-
mier tour de table, André Flahaut et
Danny Pieters ont précisé, par voie
de communiqué, qu’ils allaient dé-
sormais « examiner les positions ex-
primées par chacun, en s’attardant
sur les questions posant problème,
pour formuler une première synthè-
se et des propositions ». Voilà qui an-
nonce assurément un prolonge-
ment, pour quelques jours au moins,
de leur mission. Les négociateurs tra-
vailleraient notamment sur le
« phasage ». Concrètement, pour
donner des gages à la N-VA, on lie-
rait le vote de certaines mesures (ran-
gées dans la colonne des acquis fran-
cophones) à la révision effective de
la loi de financement.
4. User de toutes les influences
La France se prépare-t-elle
« discrètement », voire « se-
crètement » au rattache-
ment de la Belgique ? C’est
ce qu’affirme l’ancien cor-
respondant du Monde au
royaume. Sur le site
www.causeur.fr, Luc Rosen-
zweig explique qu’une réu-
nion s’est tenue début
juillet au cabinet du secré-
taire d’Etat français aux Af-
faires européennes, Pierre
Lellouche. L’entourage du
ministre ne semble pas par-
tager ce sentiment de gravi-
té. C’était une simple réu-
nion de travail, technique,
comme on en organise une
dizaine d’autres par an sur
les pays qui nous entou-
rent, dit-on. Et si le scénario
d’un rattachement a été
évoqué, ce n’est que dans
l’esprit de l’un ou l’autre
participant plus « créatif »
ou « inventif » qu’un autre,
dit-on. Pour l’heure, pas de
sentiment d’urgence, bana-
lise-t-on à Paris. « Le sujet
ne relève encore que de la
gymnastique intellectuelle
pour diplomates passion-
nés. » (Jo. M.)
Un francophone sur trois
veut un Etat indépendant
Pour rappel, cinq partis sur sept ont
accepté les propositions d’Elio Di
Rupo. « Cinq et demi », insiste-t-on
dans le camp du « oui ». Allusion au
fait que le CD&V serait déchiré sur
la question. Aussi cette période d’ex-
trême discrétion servirait-elle à ten-
ter de convaincre l’aile « raisonna-
ble » du parti (notamment l’ACW)
de revenir à de meilleurs sentiments
et de finalement dire « ja ». « Si la
N-VA est isolée, cela deviendra sans
doute plus facile », souligne un négo-
ciateur. ■
VÉRONIQUE LAMQUIN
ELIO DI RUPO, ex-préformateur, a été reçu pendant trois longues heures par les deux mé-
diateurs. C’était le dernier président de parti à être convié. © BELGA.
Plus d’un tiers des franco-
phones (36 %) estiment
qu’il est temps de préparer
un Etat francophone indé-
pendant, selon un sondage
RTL. 46 % y sont opposées
et 17,7 % ne se prononcent
pas. En cas de séparation, la
formule d’une fédération
Wallonie-Bruxelles a le plus
de succès (55,9 %), loin de-
vant une solution à trois
Etats (19 %) et le rattache-
ment de la Wallonie et de
Bruxelles à la France
(14,3 %). Côté flamand, la
séparation en trois Etats est
la formule préférée (36,1 %)
avec une fédération Flan-
dre-Bruxelles (33,9 %), loin
devant une fédération Wal-
lonie-Bruxelles (15,3 %). (b)
(avec Ma.D.)

Renforts belges en Afghanistan ?

U n porte-parole du ministre de la Défense Pieter De

Crem (CD&V) a confirmé que l’Otan a adressé à l’armée belge une nouvelle « demande officieu- se » de renforts en Afghanistan. Ce type de demande est courant, estime Kurt Verwilligen, et fait en ce moment l’objet, au sein de l’armée, d’une « étude de faisabi- lité ». Au service de presse de l’ar- mée, on confirme qu’une note confidentielle Otan est bien par- venue à la Défense, listant « une série de besoins », mais le conte- nu exact de la note – puisque clas- sifiée – n’a pas été communiqué au service. En tout état de cause, il n’est pas question de renfort immé- diat puisque le dernier accord gouvernemental fixe le plafond des effectifs belges en Afghani- stan à 626 hommes jusqu’à la fin 2011, et qu’« ils sont environ 620 à l’heure actuelle », évalue un au- tre porte-parole du ministre de la défense. En clair, pas question de dégager une cinquantaine d’hom- mes supplémentaires (comme de- mandé, semble-t-il) sans être cou- vert par l’éventuelle décision col-

sans être cou- vert par l’éventuelle décision col- LE MINISTRE De Crem a confirmé l’exis- tence

LE MINISTRE De Crem a confirmé l’exis- tence d’une demande officieuse. © B.

lective d’un gouvernement qui ne serait pas en affaires courantes.

Formateurs, démineurs C’est le quotidien De Stan- daard qui a, ce jeudi, révélé l’exis- tence d’une nouvelle demande Otan, pour laquelle, selon notre consœur Corry Hancké, l’Allian- ce « attend une réponse pour octo- bre ». Si le ministre De Crem, en déplacement à Zeebrugge, a lui- même confirmé l’existence d’une demande officieuse sur les ondes de la VRT et de la RTBF, aucune demande officielle de l’Otan n’est attendue avant le prochain som- met de l’Alliance, fin novembre à Lisbonne. Et encore : l’évalua-

tion américaine de la campagne d’Afghanistan n’est programmée que pour décembre 2010, ce qui suppose que les réorientations si- gnificatives ne soient formulées qu’en 2011. Pour autant qu’on le sache, de quel type de renfort parle-t-on ? De nouveaux formateurs (OMLT) pour l’armée afghane :

la Belgique en a déjà envoyé une centaine dans la région de Kun- duz (Nord). L’Otan a également besoin de démineurs, spécialité belge, mais ce type de personnel est déjà (sur)sollicité en Afghani- stan, au Liban, ainsi qu’en Belgi- que même. Dans le cadre des rotations pré- visibles des soldats belges en Af- ghanistan, on notera que vient de s’achever dimanche aux Etats- Unis un exercice auquel partici- paient, avant déploiement af- ghan, quatre « contrôleurs aé-

riens avancés » belges. Il s’agit de « pointeurs de cibles », autre grande spécialité des armées néerlandaise et belge dont l’Otan doit être en grand manque de- puis le départ des troupes bata-

ves.

ALAIN LALLEMAND

Les chercheurs en biodiversité, victimes de la crise politique

L es chercheurs belges en biodi- versité resteront-ils à nou-

veau sur la touche ? » Ils sont vingt-six, professeurs à l’UCL, l’ULB, la VUB, la KUL, aux uni- versités d’Anvers et de Gand, à s’inquiéter. Pourtant, 2010 s’an- nonçait bien. C’est l’année mon- diale de la biodiversité ; au début de l’année, l’Union européenne s’est engagée à amplifier ses ef- forts en la matière ; la Belgique préside l’Europe, et organisait, à ce titre, une grande conférence à Gand ces mercredi et jeudi. Las, les spécialistes du Royau- me sont dépités. Ils craignent d’être exclus des programmes eu- ropéens de recherche. « Ce serait la deuxième fois, se désole Thier- ry Hance, professeur à l’Unité d’écologie et de biogéographie de l’UCL. En 2007, déjà, les scientifi- ques belges n’avaient pas pu par- ticiper aux projets financés par l’Europe parce que la Belgique n’avait pas signé l’accord pro- gramme. » Concrètement, l’Union européenne a créé un fonds (BiodivERsA), alimenté

par les Etats adhérents. Ces der- niers viennent d’être sollicités :

combien souhaitent-ils verser dans le pot commun ? A ce jour, la plupart des pays ont répondu, sauf trois, la Belgique, la Hongrie et la Bulgarie. Or, si un pays ne contribue pas, ses chercheurs ne peuvent participer aux projets fi- nancés. « L’histoire se répète, se désolent les 26 professeurs. On se

« Cela va nous handicaper de ne pas participer aux projets européens »

Hans Van Dyck, UCL

trouve à nouveau sans gouverne- ment fédéral et les politiciens ne manquent pas d’autres priori- tés. » L’inquiétude est grande,

dans les universités. « Bien sûr, il

y a d’autres aides, concède Hans

Van Dyck, responsable de l’Unité d’écologie et de biogéographie à l’UCL. Mais ici, c’est du soutien à la recherche appliquée. Cela va nous handicaper de ne pas parti- ciper aux projets européens. »

« Il faut bien se rendre compte de

l’importance de ces recherches, renchérit Thierry Hance. Cela ne concerne pas que la disparition du panda ! C’est aussi la pollini- sation par les abeilles, la séques- tration du carbone dans nos fo- rêts… » Un enjeu majeur d’au- tant qu’à ce jour, les engage- ments pris par l’Europe en matiè- re de biodiversité (arrêter le dé- clin pour 2010) ne sont pas ren- contrés. Aussi l’Union s’est-elle engagée à… amplifier les efforts pour 2020. Sans la Belgique, dont le gou- vernement, en affaires couran- tes, ne peut engager le moindre nouvel euro ? « Une ligne budgé- taire est ouverte, au département de la politique scientifique, pour ce type de recherches, corrige-t- on au cabinet de Sabine Laruelle

(MR). Mais beaucoup de dossiers sont en discussion. » La ministre de la Politique scientifique at- tend une proposition de son ad- ministration… Elle viendrait d’être formulée. Positive ou néga- tive ? Les chercheurs belges se-

ront bientôt fixés. V. La.

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

6

lasociété

Abus sexuels / La pression s’accentue sur Roger Vangheluwe, sommé de réagir

L’Eglise lâche l’évêque pédophile

L’ESSENTIEL

L’évêque Guy Harpigny, référent pour les prê-

tres abuseurs, réclame un procès canonique.

Le canoniste Rik Torfs incite l’abuseur à deman-

der lui-même à être défroqué par le Pape.

L’évêque Roger Vangheluwe n’est plus le bien-

venu à l’abbaye de Westvleteren, où il séjourne librement depuis plus de quatre mois.

R oger Vangheluwe est un hom- me seul… Totalement isolé. L’évêque pédophile ne pour-

ra même bientôt plus compter sur la compagnie des trente moines de l’ab- baye Saint-Sixte, à Westvleteren, où il s’est réfugié, depuis sa démission. Les trappistes ont offert l’hospitalité à un homme en détresse. Ils se retrou- vent, quatre mois plus tard, avec un énorme poids… « Cela ne peut plus durer, tonne Toon Osaer, le porte-pa- role du cardinal Danneels… Il se ca- che dans un monastère et les gens sont persuadés que l’Eglise catholi- que de Belgique le protège ! ». Depuis que le pape Benoît XVI, le 23 avril, a accepté la renonciation de l’évêque de Bruges à sa charge, offi-

Rik Torfs. Plus grave que l’excommu- nication, qui se veut temporaire, alors que la perte de l’état clérical est définitive. Bien sûr, il n’est pas exclu que le pape intervienne et décide seul d’une sanction, vu la gravité des faits. Mais je pense que le mieux qu’il ait à faire est de demander lui-même à renoncer à la prêtrise… C’est dans son propre intérêt. Cela soulagerait aussi beaucoup de prêtres qui se sen- tent injustement salis dans leur di- gnité. Cela éviterait, en outre, que Ro- me se contente d’une sanction inter- médiaire, comme le maintenir en tant que prêtre, mais en lui interdi- sant de délivrer des sacrements ». « Le moment est sans doute venu pour l’évêque de trouver une solution

Qu’il ait au moins la dignité de s’imposer

une vie de pénitence en disparaissant du dio-

cèse où il a sévi. »

Jan De Volder, journaliste à « Tertio »

ciellement pour « raisons de santé ou d’empêchement grave », Roger Vangheluwe n’a plus fait le moindre commentaire. D’autres s’en chargent et la pression s’accroît, ces derniers jours, particulièrement en Flandre… Sénateur CD&V et professeur de droit canon à la KUL, Rik Torfs sug- gère que l’évêque démissionnaire de- mande lui-même sa réduction à l’état laïc, comme le permet le droit canon, notamment pour les prêtres qui ont une vie conjugale et décident un jour de se marier… Il a formulé la suggestion sur les écrans de la VRT, dans l’émission Ter Zake : « Je pense que le moment est venu pour Roger Vangheluwe. Je voudrais lui deman- der de faire un pas. Il peut deman- der, lui-même d’être “laïcisé” : ne plus être prêtre ». « C’est la sanction la plus lourde prévue par l’Eglise, nous rappelle

définitive, admet le porte-parole de l’évêché de Bruges, Peter Rossel, qui confirme que la présence de l’évêque pédophile à Saint-Sixte devient pro- blématique. Peut-être doit-il prendre en considération la suggestion du professeur Torfs ? ». Tous ne partagent pas ce point de vue. Laïc engagé dans l’Eglise, Toon Osaer n’apprécierait guère, lui, qu’on assimile la « réduction à l’état laïc » à une punition : « Que Roger Vanghe- luwe renonce simplement à ses fonc- tions et qu’il présente publiquement ses excuses, d’abord à la victime, mais aussi à la communauté des chré- tiens. Il semble qu’il soit très isolé, que très peu de personnes maintien- nent encore des contacts avec lui. Mais il écoute la radio, lit les jour- naux. J’espère qu’il comprendra le message ». « Qu’il disparaisse, qu’il s’impose

le message » . « Qu’il disparaisse, qu’il s’impose L’ÉVÊQUE pédophile est sous pression. Pas question

L’ÉVÊQUE pédophile est sous pression. Pas question de prolonger son séjour à l’abbaye

de Westvleteren. © KURT DESPLENTER/BELGA.

une vie de prière et de pénitence, mais loin d’ici, lance le journalis- te Jan De Volder, qui signait, mercredi, une lettre ouverte à Ro- ger Vangheluwe particulière- ment cinglante, dans l’hebdoma- daire catholique Tertio, invitant même le prélat à s’exiler en Ango- la ou en Nouvelle-Zélande. « Ce qui est intolérable, com- mente Jan De Volder, c’est qu’il reste dans son diocèse, dans cette abbaye où il aimait se rendre, où des fidèles le croisent à l’office ! Quel manque de sensibilité ! Comment voulez-vous que son successeur, l’évêque Jozef De Ke- sel, puisse travailler sereine- ment ? Dans l’attente d’une sanc- tion, qu’il ait au moins la digni- té, tant qu’il est prêtre, de s’impo- ser une vie de pénitence en dispa- raissant du diocèse où il a sévi. Si pas à Cavaco-Benguela, en An- gola, à tout le moins à l’abbaye du Mont des Cats, de l’autre côté de la frontière française ! Qu’il suive l’exemple de l’évêque démis- sionnaire de Rotterdam, qui fi- nit ses jours à l’abbaye de Cheve- togne ». Côté francophone, les réac- tions sont moins virulentes… Au Conseil interdiocésain des laïcs, Michel Kesteman constate que « le cardinal Danneels a eu le courage de faire son mea culpa, suite à l’échec de sa médiation en- tre l’évêque et sa victime… Cela devrait inciter Roger Vanghe- luwe à faire à son tour un pas. C’est de sa responsabilité. Je ne vois pas quelle pourrait être l’al- ternative ». L’évêque de Tournai, Guy Har- pigny, plaide en faveur de la te- nue d’un procès canonique (lire ci-dessous). Mais rien n’exclut encore que la justice pénale pren- ne le sort de l’évêque pédophile en mains. Une information judi- ciaire reste ouverte au parquet de Bruges. Roger Vangheluwe a déjà été entendu à deux reprises. Si les abus sexuels perpétrés sur son neveu, entre 1973 et 1986, sont prescrits, les enquêteurs cherchent à déterminer s’il n’a pas fait d’autres victimes.

RICARDO GUTIÉRREZ

P. 2 L’ÉDITO

L’Eglise récupère ses dossiers

C’était attendu : la chambre des mises en accusation de Bruxel- les a décidé, jeudi, de lever les saisies effectuées à Malines, le 24 juin, par le juge Wim De Troy, dans le cadre de son enquête sur les abus sexuels commis par des prêtres. Le matériel et les dossiers saisis au palais archiépiscopal et au domicile du cardi- nal Danneels (140 mètres courants de cartons) devront être re- mis au greffe du tribunal de première instance, où leurs proprié- taires pourront les récupérer. « L’arrêt reproche au juge De Troy d’avoir excédé sa saisine, d’avoir été à la pêche , commente l’avo- cat de l’archevêché et du cardinal, Fernand Keuleneer. Les sai- sies sont illégales : l’instruction suit son cours, mais tout doit se pas- ser comme si les perquisitions de Malines n’avaient pas eu lieu. »

L’archevêque ne s’oppose pas à l’enquête

André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, constate que « ces actions d’instruction sont nulles, tout comme les actes d’ins- truction qui reposent sur ces actions ». Le prélat précise toutefois qu’« il ne s’oppose nullement à une enquête judiciaire correcte- ment menée… Il est de l’intérêt de tous que les règles fondamenta- les du droit soient respectées ».

Des victimes en colère

L’avocat gantois Walter Van Steenbrugge, qui représente une trentaine de victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, estime que « l’Eglise se trompe » en tentant de faire obstruction à l’enquête du juge De Troy. L’avocat doit remettre au magis- trat « de nouveaux éléments », mercredi prochain. Par ailleurs, tant que la cour de cassation ne s’est pas prononcée sur les per- quisitions opérées à Louvain, le juge De Troy dispose toujours

des dossiers de plaintes saisis à la Commission Adriaenssens. Cette commission, instituée en 2000, par l’Eglise, rendra son rapport final, ce vendredi matin. Lundi, l’Eglise présentera la cel- lule d’aide aux victimes qui doit prendre le relais de la Commis- sion Adriaenssens. L’Open VLD demande, par ailleurs, au prési- dent de la Chambre, André Flahaut (PS), qu’il réunisse la com- mission de la Justice, afin de permettre l’interpellation du minis-

tre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V).

R. G.

Harpigny : « Vangheluwe doit être jugé »

ENTRETIEN

G uy Harpigny, évêque de Tournai, est le prélat compétent, en Belgique,

pour les affaires d’abus sexuels impliquant des prêtres. Il nous a confié son sentiment, à l’issue de la conférence épiscopale qui se tenait, jeudi, à Malines.

De plus en plus de voix s’élèvent, en Flan- dre, pour réclamer « un geste » de l’évê- que Roger Vangheluwe… Je comprends parfaitement ces réactions. Depuis sa démission, le 23 avril, aucune sanction n’est tombée. L’opinion publique et les catholiques en particulier se deman- dent s’il va terminer ses jours tranquille- ment dans une abbaye. Qui peut le sanctionner ? Seul le Saint-Siège est habilité à le faire. Les évêques ne se jugent pas entre eux. Je sais que des canonistes ont évoqué la possi- bilité qu’il n’y ait pas de procès canonique, les faits reprochés à Roger Vangheluwe étant prescrits, mais le pape peut lever ces limitations et faire en sorte qu’un procès se tienne tout de même. Rik Torfs incite l’évêque à demander lui- même sa réduction à l’état laïc… On voudrait donc qu’il décide lui-même de sa peine ? Rien ne lui interdit de le faire, certes. Mais pour ce qui me concerne, il me semble que l’on ne peut trancher sur de tels faits sans procès. Il faut une sanction.

Mais il faut aussi assurer les droits de la défense. Je préfère la voie d’une procédure plus respectueuse du droit, de la justice. Où en est l’affaire, au Vatican ? Je n’ai aucune indication. C’est la Congré- gation pour la doctrine de la foi qui ins- truit le dossier. Et elle ne s’est pas expri- mée. Je suis dans l’attente, au même titre que tous les catholiques. Il serait bon que l’on soit un minimum informés de l’avance- ment de la procédure, vu la gravité des faits que l’on reproche à Roger Vanghe- luwe. D’autant plus que cette attente commen- ce à poser des problèmes, notamment à l’abbaye de Saint-Sixte, où la présence de l’évêque « passe » de plus en plus mal… C’est lui qui a décidé de s’y rendre, dans la foulée de sa démission. Mais ce n’était qu’une solution d’hébergement temporaire. En aucun cas un privilège. Il doit partir. Il n’est pas sain qu’il soit hébergé dans le dio- cèse qu’il gérait, en tant qu’évêque. Où peut-il aller ? Je n’en sais rien. Mais il ne peut rester éter- nellement à Westvleteren. La qualité d’évêque de Roger Vanghe- luwe rend-t-elle l’affaire plus difficile à gérer, plus sensible ? Je ne le pense pas. Les faits repro- chés à l’évêque sont très graves. La procédure qui le concerne n’est pas exceptionnelle. Plusieurs évê-

ques, dans le monde, ont déjà été réduits à l’état laïc. J’ai moi-même connu des situa- tions de prêtres qui demandaient eux-mê- mes leur réduction à l’état laïc. Ce qui était loin d’être évident, surtout au début du pontificat de Jean-Paul II. Mais la procédure est connue. Il m’est mê- me arrivé, en tant qu’évêque, de signer une requête pour appuyer la demande d’un des prêtres de mon diocèse d’être réduit à l’état laïc. Ce n’est pas exceptionnel.

Propos recueillis par R. G.

© THIERRY DU BOIS.
© THIERRY DU BOIS.
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16336200

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010 lapolitique 7 Wallonie / 1.350 emplois seront créés Nouveauté
Le Soir Vendredi 10 septembre 2010
lapolitique
7
Wallonie / 1.350 emplois seront créés
Nouveauté et qualité
supérieure
Pluie de projets
pour Marshall
Boisson au soja, 1 l
100% végétal, 0% lactose,
à base de 6% fèves de soja,
enrichi en calcium, vitamine B2
et vitamine B12
Nouveau
0,89
L’ESSENTIEL
grâce au soutien de la Région.
● Le 6 e appel à projets
pour les pôles de com-
pétitivité a connu le suc-
cès : 57 dossiers dépo-
sés et 36 retenus.
Succès donc, puisque 36 pro-
jets (sur 57) ont été retenus.
« Quand un projet n’est pas rete-
nu, c’est soit qu’il n’est pas abou-
ti, soit qu’il ne représente pas une
véritable rupture technologique
et peut être réorienté vers les ai-
Boisson au soja, 3 x 25 cl
100% végétal, 0% lactose,
à base de 5,8% fèves de soja,
choix entre vanille ou chocolat,
avec pailles flexibles, enrichi en calcium,
● Soit quelque 2.500
des classiques », poursuit le mi-
nistre, soulignant la qualité crois-
sante des dossiers introduits.
Les 36 projets approuvés repré-
sentent une enveloppe publique
de 73 millions d’euros, auxquels
s’ajoutent 32 millions investis
par le privé. Avec pour consé-
quence escomptée la création de
1.350 emplois et le maintien de
1.150 autres.
tion (compatibles avec le stan-
dard ERTMS) afin de renforcer
la sécurité de réseau ferroviaire
local et régional européen.
Plus concret encore, cet autre
projet de recherche et développe-
ment « LaitHerbe ». Il va réunir
une grande entreprise, deux
PME, une unité universitaire et
un organisme public de recher-
che. Leur but commun : dévelop-
per une filière laitière complète
et durable. De cette collabora-
vitamine B2 et vitamine B12,
emplois qui seront
créés ou maintenus.
3 x 25 cl, 1,32 EUR/l
Nouveau
0,99
● De quoi encore amé-
liorer l’attractivité de la
Wallonie, qui se renfor-
ce selon l’étude de
Ernst & Young.
tion devrait naître le futur froma-
ge de Herve à l’appellation d’ori-
gine protégée (AOP).
Des projets audacieux. Mais
ne faut-il pas l’être pour rallier
Dessert au soja, 4 x 125 g
un des pôles ? ■
PASCAL LORENT
100% végétal, 0% lactose, à base de
5,6% fèves de soja, choix entre vanille
L e ministre wallon de l’Eco-
nomie peut donc se mon-
trer rassuré : le sixième ap-
L’air, le rail et le fromage
Voilà pour les chiffres. Mais
derrière ce 6 e appel à projets, on
trouve des idées à développer,
afin de maintenir la Wallonie et
ses entreprises dans le jeu de
l’économie mondiale. Ainsi,
dans le secteur aéronautique, le
projet Ecotac vise à améliorer les
composites de carbone, les maté-
riaux composites étant de plus
en plus utilisés dans la fabrica-
tion des avions. Onze partenai-
res portent ce projet, dont le siè-
ge bruxellois de la Sabca. En ef-
fet, un accord permet désormais
à la Wallonie, via ses pôles, de
soutenir des entreprises bruxel-
loises (ou luxembourgeoises) im-
pliquées dans des projets.
Autre exemple : le projet Loco-
trac. Douze associés vont plan-
cher ensemble afin de dévelop-
per de nouveaux systèmes et pro-
duits de contrôle et de signalisa-
LES CHIFFRES
ou chocolat, enrichi en calcium
4 x 125 g, 1,98 EUR/kg
308
pel à projets des pôles de compé-
titivité a remporté un succès.
« J’avais peur qu’en raison de la
crise économique, les entreprises
s’occupent du “day-to-day” et
boudent l’appel à projets, confie
Jean-Claude Marcourt (PS). Car
être repris au sein des pôles de
compétitivité est rentable mais
pas à court terme. »
Pour rappel, ces cinq pôles – le
6 e sera labellisé pour la fin de
l’année – rassemble acteurs pu-
blics et privés (entreprises, uni-
versités, centres de recherche,
etc.) afin de favoriser l’innova-
tion dans des secteurs de pointe.
Il s’agissait à nouveau de soumet-
tre à un jury indépendant des
projets susceptibles d’être déve-
loppés dans le cadre de ces pôles,
Nouveau
0,99
Les cinq premiers appels à
projets avaient mobilisé une
aide publique globale de
235.480.423 euros. Auxquels
s’ajoutent les 73 millions de
cette 6 e vague. Soit un total
de quelque 308 millions d’eu-
ros, pour 9.287 emplois créés
ou consolidés.
Beurredemi-écrémé
faible teneur en matière grasse (40%),
source d’oméga 3, pour tartiner,
dans un ravier refermable, 250 g, 3,96 EUR/kg
Nouveau
0,99
172
Cornichons tranchés
Les cinq premiers appels ont
permis de retenir 136 dos-
siers. Avec un succès décrois-
sant au fil des appels : 41 pro-
jets, puis 27, 24, 25 et 19. Cet-
te 6 e « édition » inverse la ten-
dance, malgré la crise, en sou-
tenant 36 projets : 27 en re-
cherche, 10 en formation et 1
en investissement.
aigre-doux, idéal pour hamburgers,
sandwiches, etc., 530 g,
poids égoutté 290 g, 3,07 EUR/kg
Nouveau
0,89
Mascarpone
21,5
fromage frais à l’italienne, idéal comme
ingrédient de tiramisu et autres desserts
ou comme garniture de pain, 250 g, 3,56 EUR/kg
k
Nouveau
0,89
s,
UN DES PROJETS RETENUS : créer une filière laitière complète
en Wallonie et produire un fromage de Herve AOP. © J.-C. DESSART.
La Région soutient aussi trois
dossiers du pôle Biowin : le
fonds spécialisé dans le capi-
tal à risque Vesalius (10 mil-
lions), l’incubateur Wallonia
Biotech Coaching (1,5 mil-
lion), l’Institut virtuel de re-
cherche d’excellence dans les
sciences de la vie (10 mil-
lions). Soit 21,5 millions.
Limonadeauxfruits,
6 x 50 cl
boissonrafraîchissante non-gazeuse
« Il ne faut pas que la crise dure »
à base de 12% jus, sans conservateurs,
choix entre fruits rouges ou tropical, avec bouchon
de sport pratique, 6 x 50 cl, 0,83 EUR/l
ENTRETIEN
E n juin dernier, le bureau
d’études Ernst & Young pu-
bliait son rapport annuel sur l’at-
tractivité de la Belgique auprès
des investisseurs étrangers. Avec
cette conclusion : la Belgique
améliorait son classement en pas-
sant de la 8 e à la 6 e position, en
grande partie grâce à la Wallo-
nie. Philippe Pire, responsable
pour la Wallonie de Ernst &
Young, présentait ce jeudi à l’Ely-
sette cette étude.
rapport était de 39 % à la Wallo-
nie pour 44 % à la Flandre.
À quoi attribuer cette embellie ?
Si on ne peut identifier des critè-
res très clairs, on peut toutefois
mettre en évidence plusieurs élé-
ments : la politique du gouverne-
ment wallon avec le Plan Mar-
shall notamment, la disponibili-
té des terrains, l’existence de deux
aéroports régionaux.
Comment maintenir le cap ?
Nous l’avons demandé à 200
chefs d’entreprises. Les réponses
sont la création d’avantages fis-
caux pour les entreprises inno-
vantes ; la promotion de l’innova-
tion, de la croissance et du déve-
loppement des PME, de la recher-
che et du développement ; l’amé-
lioration des formations en nou-
velles technologies. Et pour stimu-
ler la croissance, nos interlocu-
teurs citaient la baisse des char-
ges d’impôts et des charges socia-
les. Soit des mesures du ressort du
Fédéral. Mais les autres proposi-
tions dépendaient de la Région :
Nouveau
2,49
le soutien aux PME, aux entrepri-
ses axées sur l’innovation et les
nouvelles technologies, l’investis-
sement dans des projets d’infra-
structures et d’urbanisme, l’en-
couragement des politiques et ac-
tions environnementales, la faci-
litation de l’accès au crédit.
Peut-on être confiant, malgré
l’instabilité au niveau fédéral ?
Parmi les critères d’attractivité
de la Belgique en 2010, c’est-à-di-
re sur base de l’actualité de 2009
et du début de cette année, les pa-
Chips gourmet
chips de pommes de terre cuites avec
leur peau, cuisson à l’huile
de tournesol pure, choix entre
curry thaï, vinaigre balsamique ou
sel de mer/poivre,
125 g, 7,12 EUR/kg
Les résultats de votre étude sont
favorables à la Wallonie ?
Oui. Entre 2005 et 2009, on cons-
tate une progression au niveau
des investissements. Surtout la
dernière année, où la hausse est
importante. Ainsi en 2005, la
Wallonie accueillait 21 % des in-
vestissements étrangers, pour
61 % à la Flandre ; en 2009, le
Nouveau
0,89
trons citaient la stabilité du cli-
mat politique. Il ne faut pas que
la crise politique dure mais, si on
trouve un accord rapidement, ce-
la n’aura pas un impact trop né-
gatif sur l’attractivité de la Belgi-
Qualité supérieure - Prix bas
que. ■
Propos recueillis par
P.Lt
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Offre valable sous réserve d’erreurs d’impression. Prix TVA incluse.
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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

8

lasociété

8 la société Les gouvernements wallon et de la Communauté française ont adopté un accord de

Les gouvernements wallon et de la Communauté française ont adopté un accord de coopération permettant la fusion de leurs services de médiation respectifs. But :

simplifier les choses pour le public, indique le ministre-président Demotte. © R. B.

Namur

Sotegec :

le chef de la zone de police inculpé

L e chef de la zone de police de Namur, le commissai-

re divisionnaire Guy Jomaux, a été inculpé dans le cadre de l’affaire Sotegec, a annoncé jeudi le bourgmestre de Na- mur, Jacques Etienne (CDH). La Justice se penche depuis 2006 sur les conditions d’attri- bution du marché d’aménage- ment du commissariat de poli- ce dans les locaux de l’ancien athénée de Saint-Servais à Na- mur. Ce marché avait été attri- bué par une délibération de l’ancien collège communal, sous le mayorat de Bernard Anselme (PS), en mai 2002. Peu de mois après son en- trée en fonction comme chef de corps, Guy Jomaux avait été amené à siéger dans le jury chargé d’évaluer les projets en concurrence. Il se dit irrépro- chable et affirme n’avoir ja- mais eu la moindre intention de commettre un acte malhon- nête. La chambre du conseil doit décider de son renvoi éventuel en correctionnelle. Dans l’attente de cette com- parution, « le maintien en fonction du chef de zone ne pré- sente pas un inconvénient en regard des intérêts de la socié- té et de l’ordre public », selon Jacques Etienne, qui n’a « pas estimé nécessaire de deman- der au chef de zone de s’écarter momentanément de l’exercice de ses fonctions ». Informé début août, Jac- ques Etienne a attendu la séance de rentrée du conseil communal, ce jeudi, pour ren- dre publique l’inculpation, le juge d’instruction ayant re- quis la plus grande discrétion. Deux membres du person- nel communal namurois (un architecte et un chef de servi- ce technique) ont été inculpés en même temps que le com- missaire. (b)

GUY JOMAUX, commissaire divi- sionnaire de la zone de police de Namur. © ASAP.

divi- sionnaire de la zone de police de Namur. © ASAP. Police / La Belgique prise

Police / La Belgique prise en exemple pour un projet européen

L’arme fatale anti-fugitifs

L’ESSENTIEL

La cellule de recher-

che des fugitifs (Fast)

de la police fédérale

sert de base à un projet européen.

Un séminaire a lieu

actuellement à Diegem.

Cette année, le Fast a

déjà arrêté 174 fuyards.

Son chef regrette de

ne pas pouvoir utiliser les écoutes téléphoni- ques et les caméras.

D ix ans. Dix ans que le

Fast (Fugitive Active Re-

search Team) de la poli-

ce fédérale traque les criminels qui tentent de se soustraire à leur peine. Le service fonctionne.

« En 2009, 199 personnes ont été

arrêtées grâce au Fast, fait savoir

la police fédérale. Cette année, il

a déjà arrêté 174 fugitifs. » Des

chiffres qui n’ont pas laissé l’Eu- rope indifférente. En 2007, le conseil de l’Union européenne a souligné l’efficaci- té du Fast dans un rapport. Prési- dente en fonction de l’Union, la Belgique a donc saisi la balle au bond. Ces jeudi et vendredi, des dizaines de spécialistes en matiè- re de recherche de criminels en fuite se retrouvent à Diegem. Ob- jectif : créer un réseau européen

à Diegem. Ob- jectif : créer un réseau européen LES FUGITIFS BELGES pourront bientôt être arrêtés

LES FUGITIFS BELGES pourront bientôt être arrêtés partout en Europe plus rapide- ment. Idem pour les fuyards étrangers réfugiés chez nous. © PIERRE-YVES THIENPONT.

LES CHIFFRES

174

Depuis le début de l’année, le Fast a per- mis d’arrêter 174 personnes qui tentaient de ne pas purger leur peine. En 2009, le chiffre était de 199.

2.336

Depuis sa création en 1999, le Fast a ou- vert 2.336 dossiers. L’an passé, il a at- teint son record en en traitant 415. Au to- tal, il en a résolu 1.351.

49,91 %

Dans quasi la moitié des cas, le Fast in- tervient dans des dossiers de méfaits contre les personnes (meurtre, drogue). Suivent les cambriolages et les fraudes.

F. DE.

d’experts. Une toile d’araignées à l’intérieur de laquelle les infor- mations s’échangeraient pour dé- busquer les fuyards. « Dans une Europe sans fron- tière intérieure, il est clair que les

criminels peuvent se déplacer fa- cilement et sans être repérés, cons- tate Fernand Koekelberg, com-

missaire général de la police fédé- rale. Pour les arrêter, il est donc indispensable de pouvoir comp- ter sur une collaboration policiè- re internationale. » A l’heure actuelle, au niveau eu- ropéen, il existe des contacts bila- téraux entre les différentes équi- pes. Par contre, aucun réseau n’existe. D’où le projet d’une réso- lution européenne en vue d’en créer un. Il s’appellerait « Euro- pean network of the fugitive acti-

ve search teams » (Enfast). Ce projet encourage les Etats mem- bres européens qui ne disposent pas encore d’une équipe Fast à en créer une.

« Cherchez la femme » Cité en exemple, le modèle bel- ge n’en est pas moins perfectible. De l’aveu même de Martin Van Steenbrugge, son chef, une adap- tation de la loi est nécessaire. « Les gens que nous recherchons sont des condamnés. Ils ne font plus l’objet d’une enquête dirigée par un juge d’instruction. En au- cun cas, nous n’avons donc le droit de recourir à des techniques spéciales pour les débusquer. Pas d’écoutes téléphoniques, pas de caméras. Nous souhaiterions pouvoir faire évoluer la loi. »

Ces fugitifs qui sont-ils ? Dix années de traque ont-elles per- mis d’en établir un portrait-ro- bot ? « L’essentiel de nos clients ont été condamnés par des tribu- naux belges. Surtout Bruxelles et Anvers, commente Martin Van Steenbrugge. Le plus souvent, ils se cachent en France, aux Pays- Bas ou en Allemagne car ce sont des pays limitrophes. Mais le pays qu’ils préfèrent, c’est l’Espa- gne. Les frontières pour y arriver sont ouvertes. Il y fait beau et la vie n’y est pas chère. Or, la cava- le, ça coûte cher. » Autres contrées où trouvent souvent refuge les fuyards, la Roumanie et la Bulgarie. « Ces dossiers-là concernent des proxé- nètes, des trafiquants d’êtres hu- mains », précise le policier.

La collaboration européenne fonctionne déjà. L’objectif est de l’étendre à l’ensemble de l’Union. « Les policiers ont be- soin de se connaître pour travail- ler ensemble, pour se confier des infos, explique le chef du Fast. L’idéal est d’avoir des structures similaires dans chaque pays. De créer des possibilités de travail- ler ensemble. Pour réagir plus vi- te et savoir qui contacter. » Un tuyau pour les candidats à l’exil : le célibat. « Le fuyard a be- soin d’argent. Il cherche souvent une femme qui l’hébergera et sub- viendra à ses besoins. C’est sou- vent son point faible. Le fameux “cherchez la femme”. Si on la trou- ve, on trouve notre client », ironi- se Martin Van Steenbrugge.

FRÉDÉRIC DELEPIERRE

Braives / L’institutrice nie avoir commandité le meurtre de l’ancien bijoutier de Jemeppe

André serait mort sous les coups de batte

A ndré Cornet aurait été frappé à trois reprises sur la tête, puis sur le larynx avec un objet contondant,

sans doute une batte de base-ball. Il a aussi reçu une bal-

le en pleine tête, comme l’a révélé l’autopsie. Ce bijoutier de 58 ans, originaire de Jemeppe-sur-Meuse, avait em- ménagé à Braives avec sa compagne, Rita B., 45 ans, en décembre dernier. Six mois plus tard, cette institutrice d’une petite école de Grâce-Hollogne déclarait sa dispari- tion. « Les enquêteurs de la PJ de Huy ont été alertés par

le comportement de la dame. Puis les éléments de la per-

sonnalité de M. Cornet ne laissaient pas penser qu’il pou- vait s’agir d’un suicide », explique le procureur du Roi

de Huy, Pierre Romijn.

Le 26 juin, la voiture d’André Cornet est retrouvée à Blankenberge. La police scientifique décèle dans le cof- fre des traces de sang. « Celui d’André Cornet », indique

Pierre Romijn. Une visite domiciliaire à Braives, fin juillet, a permis d’établir que le crime avait été commis sur place, puis des témoignages ont mené la PJ ce mercre-

di à Seraing, derrière un fitness-club, où le corps de la

victime était enfoui sous des gravats (Le Soir de jeudi).

La compagne d’André Cornet, privée de liberté depuis le 2 août, nie les faits et déclare désormais avoir été pré- sente le soir du meurtre, « surprise par deux malfrats ca- goulés » dont elle n’avait jusqu’alors jamais parlé. Cinq autres personnes, toutes originaires de la Haute- Meuse liégeoise, sont placées sous les verrous : trois per- sonnes qui auraient participé à des degrés divers, et deux autres interceptées mardi matin, qui auraient commis le

crime à la demande de Rita B.

L. Ws

16388210

Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable? C’est de l’accoutumer à tout obtenir.

[ Jean-Jacques Rousseau ]

‘25 Livres qui ont changé le monde’ à collectionner chaque vendredi avec Le Soir.
‘25 Livres qui ont changé
le monde’ à collectionner chaque
vendredi avec Le Soir.
Le meurtre d’Albina résolu L ’obstination des enquêteurs bruxellois a fini par payer. Après deux
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Le meurtre d’Albina résolu

L ’obstination des enquêteurs bruxellois a fini par payer. Après

deux ans d’enquête, les hommes de la « crime » ont résolu le

meurtre crapuleux d’Albina Van Vijnckt-Lecocq. Agée de

78 ans, elle avait été retrouvée morte le 11 mars 2008, dans son ha-

bitation de l’avenue des Croix de Feu, à Laeken. Elle avait succom- bé à des coups de couteau. Ce jeudi, on apprenait qu’un Bruxellois de 28 ans a été arrêté le 10 août dernier. La chambre du conseil a prolongé jeudi son mandat d’arrêt pour la deuxième fois. (F. De.)

10 août dernier. La chambre du conseil a prolongé jeudi son mandat d’arrêt pour la deuxième

© D.R.

[ expresso ]

Les naissances hors maria-

ge ont quasi quadruplé en Belgique en 20 ans, leur pour- centage passant de 11,6 % en 1990 à 39 % en 2008, se- lon Eurostat. Ce chiffre a aug- menté presque dans tous les pays européens. C’est en Esto- nie (59 %), en Suède (54,7 %), en Slovénie (52,8 %) et en France (52,6 %) que les en- fants sont le plus souvent conçus hors mariage. Dans les pays où la religion est plus présente (Grèce, Chypre, Pologne…), ce pourcentage est plus faible. (b)

ÉGLISE La formation des prêtres francophones concentrée à Na- mur Le séminaire Notre-Dame de Namur va devenir le seul cen- tre de formation pour les sémina- ristes de Wallonie et de Bruxel- les. Les séminaristes des évêchés de Liège et de Tournai et les sé- minaristes francophones de l’ar-

chevêché Malines-Bruxelles poursuivront donc leur forma- tion avec ceux de Namur. La for- mation des prêtres des évêchés

flamands a déjà été recentrée plus tôt au séminaire Jean XXIII à Louvain. Seul l’évêché de Bruges a encore son propre séminaire.

(b)

DISPARITION Le corps de Fikri Dönnez retrouvé ? L’homme d’af- faires turc de 36 ans évoluant dans le secteur des jeux a disparu depuis le 30 août à Bruxelles. Un cadavre, qui est pourrait être le sien a été retrouvé, à Cologne, ce jeudi. Il va être autopsié, selon le

parquet de Bruxelles. (F. De.)

 
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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010 la société Un site internet (www.ingefaes.be) dont l’adresse correspond au

lasociété

Un site internet (www.ingefaes.be) dont l’adresse correspond au nom d’une sénatrice N-VA fait écho à des théories négationnistes. La parlementaire n’a aucun lien avec ce site et examine actuellement comment elle peut le faire fermer. © D.R.

9

Justice / Le meurtre du boulanger de Jamioulx devant les assises du Hainaut

« J’ai un peu frappé la dame »

L’ESSENTIEL

La bande avait déjà sé-

vi à Virelles et à Wayaux

où elle avait notamment volé le 357 Magnum qui tuera à Jamioulx.

L’enquête n’a pu prou-

ver que Cherpion était à Wayaux où la bande fit montre d’une grande vio- lence. Mais le doute sub- siste…

D ouze jours avant Jamioulx, il y avait eu Wayaux. C’était le 24 octo- bre 2007, vers 8 heures du matin.

Des inconnus masqués avaient fait irrup- tion dans l’habitation où vivaient Margue- rite Henricot et son petit-fils, Kenny Her- man. L’un des voyous avait abattu le rott- weiller de la maison dont les occupants avaient été roués de coups de crosse, de coups de poing, de coups de pied. Ils avaient tout fouillé en vociférant : ils cherchaient le coffre dont ils avaient dé- couvert la clé dans le sac à main de Mar- guerite Henricot. Tantôt, ils s’en pre- naient à l’aïeule – « Je sens encore leurs mains sur moi », raconte-t-elle – pour fai- re pression sur son petit-fils, tantôt ils me- naçaient « de tirer une balle dans le ge- nou » du jeune homme pour faire craquer sa grand-mère. Kenny Herman avait été

pour faire craquer sa grand-mère. Kenny Herman avait été M es DEBAILLE ET VERVAEREN défendent les

M es DEBAILLE ET VERVAEREN défendent les intérêts de M me Henricot qui a gardé de sérieuses séquelles psychologiques de la journée du 24 octobre 2007. © BELGA.

attaché à un radiateur avec des colsons. Marguerite Henricot était ligotée sur une chaise. Son petit-fils avait fini par céder :

le coffre était dissimulé derrière un ta- bleau du living.

Bijoux, lingot et revolver « Je leur ai dit que ce tableau était une œuvre à laquelle je tenais beaucoup, dit Marguerite Henricot. Ils l’ont jeté au sol puis ils ont sauté dessus à pieds joints. » La bande s’était éclipsée avec son butin :

des bijoux, une somme de 10.000 euros, un lingot d’or, un revolver 357 Magnum –

l’arme qui servira, quelques jours plus tard, à tuer le boulanger de Jamioulx – et l’Audi A3 de Kenny Herman. Les enquêteurs ne furent pas longs à im- puter ce vol avec violence à la bande après l’arrestation de ses membres, en novem- bre 2007. Aubin Bellens niera avoir fait partie de cette expédition. La téléphonie le confondra. C’est Bellens, qui négociera la vente du lingot (17.000 euros) auprès d’un receleur bien connu du milieu gitan : le jour de la transaction, son GSM avait acti- vé 43 fois la borne située à proximité de l’appartement où eut lieu le marchandage.

Il sera reconnu coupable de l’attaque de Wayaux par la juridiction d’appel du tribu- nal de la jeunesse. Il est acquis que Zouad, Echazar et Mostefa étaient à Wayaux. Cherpion ? Le doute subsiste à son pro- pos. Marguerite Henricot et Kenny Her- man ont toujours fait état de cinq auteurs.

« Pour éviter de s’interpeller par leurs pré- noms en notre présence, ils s’étaient d’ail- leurs attribué des numéros de un à cinq », se souvient Kenny Herman. Bellens a lui- même prétendu que Cherpion était de l’équipée. Et Marguerite Henricot croira bien reconnaître les yeux de Dorian Cher- pion quand sa photo sera diffusée dans la presse, après le drame de Jamioulx. Il ne répond toutefois pas de cette attaque de- vant les assises du Hainaut, l’enquête n’ayant pu trouver aucune preuve attes- tant sa présence à Wayaux, ce matin-là. Zouad continue de prétendre que c’est Bellens qui avait donné à la bande le coup de Wayaux. Bellens, lui, dit que c’est Zouad. Une chose est sûre : Mostefa et Zouad fréquentaient à Gosselies la même école que Kenny Herman – « un mec blin- dé de thunes ». Avant de prendre la fuite, le 24 octobre, deux des auteurs avaient lan- cé à leur victime : « Tu n’viendras plus fai- re le malin à Gosselies ! » Les coups ? Une œuvre collective, proba- blement – même si, ce jour-là, Mostefa campait manifestement « le gentil » (un rôle de composition). « On a été tabas- sés », raconte Marguerite Henricot. Le plus frêle, dit-elle, était particulièrement nerveux et violent. Mercredi, Bellens, le poids plume de la bande, avait admis du bout des lèvres avoir « un peu frappé la da-

me ».

STÉPHANE DETAILLE

EN BREF

Les faits Le 5 novembre 2007 vers 2 h 30 du ma- tin, Pascal Hennuy était mortellement atteint par un coup de feu tiré pen- dant le cambriolage de sa boulangerie à Jamioulx. L’homme a été abattu d’une balle en plein cœur.

Les accusés Dorian

Cherpion, né en 1984, Ab- delah Mostefa (1988), Fré- dérick Echazar (1991) et Tahar Zouad (1989). Cer- tains répondent aussi de vols avec violence commis à Wayaux, à Virelles et à Lodelinsart. Au contraire de Tahar Zouad, Aubin Bel- lens faisait également par- tie de l’expédition à Ja- mioulx. Mineur, il n’a pas été renvoyé devant les assi- ses. Il a été entendu com- me témoin.

Le procès Il a débuté lundi et devrait durer deux semaines. La cour est pré- sidée par Olivier Delmar- che.

Aujourd’hui La cour

examinera le vol avec vio- lence que la bande avait commis à Virelles.

16197220

vio- lence que la bande avait commis à Virelles. 16197220 www.lesoir.be 1NL 09/09/10 21:12 - LE_SOIR
www.lesoir.be 1NL
www.lesoir.be
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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

monde

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010 monde 10 Chen Guangcheng, juriste chinois autodidacte et militant des

10

Chen Guangcheng, juriste chinois autodidacte et militant des droits de l’homme, a été libéré, jeudi,
Chen Guangcheng, juriste chinois autodidacte et militant des droits de l’homme, a été libéré, jeudi,
Chen Guangcheng, juriste chinois autodidacte et militant des droits de l’homme, a été libéré, jeudi,

Chen Guangcheng, juriste chinois

autodidacte et militant des droits de l’homme, a été libéré, jeudi, après avoir purgé une peine de 4 ans de prison. Il figure sur la liste des candidats possibles au prix Nobel de la paix 2010. © AP.

une peine de 4 ans de prison. Il figure sur la liste des candidats possibles au

Union européenne / Les expulsions de Roms critiquées par la gauche et le centre

Les eurodéputés contre Sarkozy

L e Parlement européen a rappelé la France à l’or- dre, jeudi. Les eurodépu-

tés ont en effet demandé la sus- pension « immédiate » des expul- sions de Roms. La résolution a été adoptée par 337 voix pour et 245 contre. Il s’agit du texte qui avait été pré-

senté par les socialistes, les libé- raux, les Verts et les ex-commu- nistes. Un autre texte, soumis es- sentiellement par le PPE, la gran- de famille conservatrice (à laquel- le appartient l’UMP de Nicolas Sarkozy), a été rejeté par l’assem- blée. Durant de longues heures, depuis le début de la semaine, les uns et les autres avaient tenté de s’entendre sur un document de compromis, mais en vain. Dans sa résolution, le Parle- ment se déclare « vivement préoc- cupé par les mesures prises par les autorités françaises ainsi que par les autorités d’autres Etats membres à l’encontre des Roms et des gens du voyage prévoyant leur expulsion ».

« Cette attitude est allée de pair

avec une vague de stigmatisation des Roms et de dénigrement géné- ral des Tziganes dans le discours politique, poursuit le texte. (…) Le droit de tous les citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjour- ner librement dans toute l’Union constitue un pilier de la citoyen- neté de l’Union telle qu’elle est dé- finie par les traités ».

« Un diktat » Les autorités françaises n’ont guère apprécié le vote intervenu

au Parlement européen – qui n’a, du reste, aucune valeur contrai- gnante.

« Il n’est pas question que la

France suspende les reconduites, qu’il s’agisse d’ailleurs de Rou- mains, de Bulgares ou de tout au- tre ressortissant, a déclaré à plu- sieurs reprises le ministre fran- çais de l’Immigration, Eric Bes- son, lors de sa visite en Rouma- nie avec le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Pierre Lel- louche. (…) Le Parlement euro- péen est sorti de ses prérogatives et nous n’avons bien évidemment pas à nous soumettre à un diktat politique ». Les dirigeants français ont une nouvelle fois souligné hier que, selon eux, la France respectait « scrupuleusement » le droit eu- ropéen. Une autre autorité européen-

L’ESSENTIEL

Les élus

européens

veulent une

suspension

immédiate de

toutes les

expulsions.

La France a

déjà répondu

qu’il n’en

était pas

question.

« EGALITÉ DE DROITS POUR TOUS LES CITOYENS » : jeudi midi, à Stras- bourg, les eurodé- putés ne se sont pas exprimés uni- quement en vo-

tant… © JOHANNA LEGUERRE/AFP.

uni- quement en vo- tant… © JOHANNA LEGUERRE/AFP. ne, le commissaire aux droits de l’homme du

ne, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Thomas Hammarberg, a « main- tenu ses positions exprimées mer- credi », à savoir que la rhétorique politique actuelle contre les Roms rappelait des termes utili- sés par les nazis et les fascistes. Mais Paris a indiqué que Tho- mas Hammarberg « ne visait pas le gouvernement français ». Le commissaire aux droits de l’homme a précisé jeudi que « des représentants du gouverne- ment français ont échoué à éta- blir une distinction claire entre la communauté rom dans son en- semble et certains de ses membres auteurs de délit ». M. Li (avec afp)

LA FAUTE À L’AUTRE La France dicte ses choix à la Roumanie

« Tout ça, c’est la faute à la Roumanie, qui s’occupe mal de ses Roms ». Les autorités fran- çaises le répètent en substan- ce depuis le milieu de l’été. Jeudi, deux ministres français étaient à Bucarest pour de- mander « des engagements sur la coopération policière et judi- ciaire, la lutte contre le trafic d’êtres humains, et l’intégration des Roms en Roumanie avec la mise en place d’un plan natio- nal d’urgence 2010-2013. » Il suffit de le dire poliment ! M. LI

 

 
 

Commentaire

voient chez eux des Roms. C’est toutefois Nicolas Sarkozy qui en a fait un argument de politique poli- ticienne !

Il faut, au contraire, saluer le rôle des libéraux dans cette sorte de fronde permanente du Parlement européen. On est loin avec eux de

MAROUN LABAKI

MAROUN LABAKI

 

la

vieille droite poussiéreuse ! Sur

 

DES REBELLES QUI FONT HONNEUR À L’EUROPE

tout ce qui touche aux droits de l’homme, ou aux libertés au sens large, ils sont de tous les combats. C’est encore plus vrai depuis l’arri- vée de Guy Verhofstadt à la tête

Le

Parlement européen apprend

du groupe politique libéral. Mardi, il a électrisé l’hémicycle en dénon- çant la France et « plusieurs gouver- nements, qui instrumentalisent les

inquiétudes et la peur de l’autre, qui stigmatisent des minorités, qui font

son nouveau rôle. Le Traité de Lis- bonne a considérablement accru

 

ses pouvoirs. Il l’a responsabilisé. Les eurodéputés restent cepen- dant des rebelles. C’est heureux :

ils

continuent aujourd’hui, majori-

des amalgames douteux autour de la migration ».

tairement, à incarner la conscience

 

de l’Europe, face au « court-termis- me » politique ou aux égoïsmes économiques. Jeudi, à Strasbourg, la droite s’est démarquée. Depuis le début de la semaine, et le débat houleux de mardi après-midi, le PPE, la gran-

La

fermeté affichée hier par le Par-

lement européen tranche avec la mollesse de la Commission euro- péenne au sujet des expulsions françaises. On dirait que José Ma- nuel Barroso entend à tout prix ménager Nicolas Sarkozy. « Ne fai-

de

famille politique conservatrice,

tes pas de la politique politicienne

répétait qu’il ne pouvait être ques-

 

avec ces questions, déclarait-il mar-

tion de nommément mettre en cause la France. « Tout cela n’est qu’une offensive politique contre Ni- colas Sarkozy », nous disait mercre-

di

aux eurodéputés. C’est une affai-

re extrêmement sensible, extrême- ment sérieuse. (…) Toute discrimi- nation est inacceptable, mais tous

di

l’eurodéputée UMP (et donc

nos citoyens ont des droits et des obligations. Si nous ne maintenons pas l’équilibre entre liberté et sécuri- té, il y aura un danger très sérieux d’exploitation de cette question par des forces extrémistes et populis- tes ». Bien sûr, c’est compliqué. Mais la complexité des choses n’a jamais dispensé personne de courage – encore moins en politique.

PPE) Michèle Striffler. Exploitation politique ? Sans doute. C’est la rè- gle du jeu. Mais qui a commencé à instrumentaliser la question des Roms ? Qui a tiré prétexte de leur sort – dans toutes ses dimensions – pour bander les muscles et cour- tiser sur les plates-bandes de l’ex- trême droite ? Plusieurs pays de l’Union – dont la Belgique – ren-

 
 

 

Génocide rwandais / Procès civil à Bruxelles sur la mort de 2.000 réfugiés accueillis à l’école Don Bosco de Kigali en 1994

Pour les Belges, c’est l’ONU qui est responsable

D eux victimes de l’école technique Don Bosco (ETO), qui ont survécu

au massacre du 11 avril 1994 à Kigali, ainsi que trois officiers belges présents sur place ont témoigné à l’audience du tribunal civil de Bruxelles. Dans un si- lence de mort. Et au terme de longs dé- bats pour déterminer la responsabilité de l’Etat belge dans ces événements tra- giques liés au génocide. Pour les Rwandais persécutés par les génocidaires, l’ETO était un refuge qui semblait sûr, sous la protection des Cas- ques bleus belges. 2.000 réfugiés s’y

étaient entassés après le déclenche- ment des hostilités. Certains avaient ac- cès à l’enclos, d’autres étaient à l’exté- rieur, sous la menace directe des mili- ces. Dès le départ des Belges, le 11 sep- tembre, les tueries ont commencé. Ma- rie-Agnès Uwali a été laissée pour mor- te mais elle a miraculeusement survécu. Florida Ngulinzira a eu la vie sauve, par- ce que d’ethnie hutue. Deux mille per- sonnes ont connu un sort tragique. Le capitaine Lemaire, qui y comman- dait les soldats belges, avait une tout au- tre perception de la situation : « Nous

n’étions pas informés, pas formés, sous- équipés et liés par les règles d’engage- ments de l’ONU qui nous empêchaient d’agir, a-t-il déclaré en substance. Je pensais vraiment que les réfugiés al- laient s’en sortir après notre départ. »

« Nous n’avons rien décidé » Le colonel Marchal, commandant les troupes onusiennes, précise le contexte de ce retrait : « Le général Dallaire, au nom de l’ONU, avait décidé de regrou- per l’ensemble des bataillons dès le 9 avril. Ce n’est donc pas la Belgique qui

a décidé ce retrait. » Nous sommes là au cœur du procès : l’Etat belge a-t-il don- né ordre aux officiers Marchal, Dewez et Lemaire, présents sur place, de se reti- rer de l’ETO ? Ce qui constituerait une faute liée aux massacres. Pas du tout, ont plaidé M es Nicolas Angelet et Vanes- sa Matarazzi. D’abord, ces faits sont prescrits, estiment-ils. Ensuite, l’Etat belge n’a rien à voir avec cette décision ; c’est dans le cadre de la force de l’ONU d’assistance au Rwanda (Minuar) que les officiers sont intervenus. L’Etat bel- ge n’a donc rien à se reprocher.

Intervenant par la suite pour les trois officiers, M e Emmanuel Degrez a ajou- té qu’aucune faute n’avait été commise. Chacun a fait son travail, dans les condi- tions pénibles, et en pensant bien faire. Ensuite, qui peut affirmer que s’ils avaient pris une autre décision, le mas- sacre ne se serait pas aussi déroulé ? La tâche du juge, particulièrement at- tentif aux divers arguments, est rude. Il devra se placer dans la situation de l’épo- que et l’évaluer au regard du droit. Sa dé- cision sera rendue dans les deux mois.

JEAN-PIERRE BORLOO

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

Mahmoud Ahmadinejad, président iranien, se rendra le 13 octobre prochain à Beyrouth, pour sa toute

Mahmoud Ahmadinejad, président iranien, se rendra le 13 octobre prochain à Beyrouth, pour sa toute première visite au Liban, où il rencontrera notamment des responsables du Hezbollah, le mouvement chiite soutenu par Téhéran. © EPA.

lemonde

11

Etats-Unis / Les cruciales élections de mi-mandat approchent

Barack Obama sort les griffes

L’ESSENTIEL

Le président renoue

avec les exhortations

de génie qui ont fait son succès.

Un thème domine : la

relance - et l’emploi.

NEW YORK DE NOTRE CORRESPONDANT

L e choix reste le même : la peur con-

tre l’espoir, le passé contre l’avenir.

C’est le choix entre un retour en ar-

rière ou un mouvement vers l’avant. » Ba- rack Obama a mis entre parenthèses ses presque deux ans passés à la Maison-Blan- che pour renouer avec le type d’exhorta- tions qui avait assuré son triomphe. Que les républicains se le tiennent pour dit : ils n’ont plus face à eux un président un peu effacé, administrant le quotidien, mais un chef du parti démocrate qui ne se laissera pas abattre sans lutter. Les élections de mi-mandat, aux Etats- Unis, constituent une sorte de référen- dum sur le parti au pouvoir, au cours du- quel ce dernier subit d’ordinaire la lourde sanction de la désillusion. Or, les augures sont mauvais pour les démocrates : début novembre, ils risquent de perdre leur ma- jorité dans les deux chambres du Congrès, transformant en calvaire politique les deux années à venir.

Un ton passionné longtemps oublié Pour les stratèges de la Maison-Blan- che, il s’agit aujourd’hui de modifier la fo- cale : insister sur les blocages provoqués par le « parti du non » plutôt que sur leurs réalisations propres ; revenir, s’il le faut, au bilan de l’administration Bush. Dans l’Ohio – un de ces Etats qui, après avoir ouvert les bras aux démocrates, ris- quent de retomber bientôt en mains répu- blicaines –, Barack Obama a défendu ses nouvelles mesures économiques en faveur des petites entreprises. Mais il a surtout re- noué avec un ton passionné longtemps ou- blié. Les républicains ? Le parti qui veut « couper les impôts pour les millionnaires et abandonner les règles pour les grandes entreprises », s’emportait le président de- vant une foule acquise à sa cause. Un parti guidé par un seul calcul : « Lorsque j’échoue, ils gagnent. » Pour un président qui a passé les der- niers mois à défendre les bienfaits d’une politique « bipartisane », le revirement est flagrant. Alors que les démocrates sont

divisés sur les moyens de lutter contre le chômage et la récession – le seul thème qui comptera lors des élections –, Obama s’offre en leader à suivre, marquant les dif- férences qui l’opposent à ses rivaux. Sur le terrain des mesures concrètes, pourtant, la marge est étroite pour le prési- dent. Non seulement parce que, face à la situation économique, il n’existe pas de re- cette miracle, mais aussi du fait que les me- sures de relance annoncées cette semaine (dont 50 milliards de dollars pour les infra- structures) ont mauvaise presse dans le pays, après que les 800 milliards du recove- ry plan débloqués il y a presque deux ans n’ont apporté que de maigres résultats. Davantage que sur ces nouvelles mesu-

res économiques, c’est donc sur un autre aspect qu’a insisté le président à l’ardeur retrouvée : à la fin de l’année doivent en effet prendre fin des allégements fiscaux en faveur des Américains aisés, décidés par l’administration Bush. Barack Obama était resté en retrait sur une éventuelle pro- longation de ces bénéfices, qui concernent les revenus annuels supérieurs à 250.000 dollars (200.000 euros). Et pour cause :

une partie de l’Amérique, enflammée par les républicains, estime que la fin de cette exception fiscale mettra aussi en danger les petites entreprises. En se proclamant à nouveau le défenseur de « la classe moyen- ne », Obama fait plus que rouvrir cette guerre : il la place au centre de la campa-

gne. Or, les choses ne sont pas simples pour lui. Son propre chef du budget sor- tant, Peter Orszag, vient de se déclarer fa- vorable, pour l’apaisement, à la poursuite de cette exception fiscale pendant deux ans. Et bon nombre de démocrates conser- vateurs devront répondre devant les élec- teurs de cette augmentation d’impôts. D’ores et déjà, certains élus démocrates ont manifesté leur opposition. Et les répu- blicains, soudainement soucieux de prô- ner le compromis face à un président qui vient de sortir les griffes, ont tôt fait de se rallier à la proposition de Peter Orszag. Un frémissement d’entente « bipartisa- ne », en somme, au moment où on l’atten- dait le moins… LUIS LEMA

BARACK OBA- MA à la tribu- ne : bien déter- miné à rega- gner le
BARACK OBA-
MA à la tribu-
ne : bien déter-
miné à rega-
gner le terrain
perdu.
© MAXWELL/ EPA.

CONTEXTE

Le problème Sous l’effet d’une reprise économique qui tarde à se manifester, l’opinion américaine se dé- tourne des démocrates et tous les sondages donnent une confortable avance aux républicains.

L’enjeu Pour contrer la chute inquiétante de son camp, le président Barack Obama s’est lancé à fond dans la campagne électorale, multipliant l’annonce, cette semaine, de plans de relance ambitieux.

A suivre Le verdict des élections de mi-mandat, début novembre, conditionnera la seconde partie de la présidence Obama. Mais les plans de relance auront-ils produit leurs premiers effets d’ici là ?

LES VOLS SECRETS DE LA CIA Affaire classée au nom du « secret

d’Etat » Une Cour d’appel américaine a don- né raison mercredi à l’administration Obama en classant, au nom du « secret d’Etat », le dossier des vols secrets de la CIA mis en place après le 11-Septembre pour transporter des suspects de terrorisme et les interroger à l’étranger. L’affai- re a démarré en mai 2007 par une plainte de cinq anciens détenus contre Jeppesen Data- plan, une filiale de Boeing, accusée d’avoir ap- puyé la logistique des transfèrements de sus- pects de terrorisme vers des prisons hors des Etats-Unis. L’Association américaine de défen- se des libertés civiles va saisir la Cour suprême.

[ l’histoire ]

Un haut diplomate chinois qui a l’alcool virulent Le

plus haut responsable chinois

à l’ONU s’est laissé aller la se- maine dernière à un langage fort peu diplomatique lors d’une soirée arrosée en Autri- che au cours de laquelle il a critiqué son patron Ban Ki- moon et les Américains en gé- néral. Sha Zukang, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et socia-

les, a d’abord bu plusieurs ver- res d’alcool lors de ce dîner dans la station alpine d’Alp- bach, a relaté la très sérieuse revue Foreign Policy, sur son site internet. Puis le diploma- te de carrière s’est lancé dans une « diatribe alcoolisée » en présence du secrétaire géné- ral de l’ONU Ban Ki-moon, a assuré le magazine en citant un responsable des Nations unies témoin de la scène.

« Je sais que vous ne m’avez ja- mais apprécié, Monsieur le se-

crétaire général, et bien je ne vous ai jamais aimé non plus »,

a lancé M. Sha. « Je ne souhai-

tais pas venir à New York. C’était vraiment le dernier de mes désirs », a-t-il poursuivi avant de tempérer son dis- cours par quelques mots posi- tifs sur M. Ban. Sha Zukang a par ailleurs ci- blé dans ses critiques un de ses collègues américains, en déclarant: « Je n’aime vrai- ment pas les Américains ». Au lendemain de cette envo- lée embarrassante pour Pékin qui avait beaucoup appuyé la candidature de Sha Zukang à son poste, l’intéressé a présen- té des excuses. Le diplomate chinois est connu pour son style direct, qui contraste avec les précautions de langa- ge en vigueur à l’ONU. (afp)

SHA ZUKANG, secrétaire géné- ral adjoint de l’ONU aux Affai- res économi- ques et socia-
SHA ZUKANG,
secrétaire géné-
ral adjoint de
l’ONU aux Affai-
res économi-
ques et socia-
les. © AFP.
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP
Le Coran ne sera pas brûlé FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP

Le Coran ne sera pas brûlé

FRANCE Visite des policiers au siè- ge de l’UMP Ce n’était pas une « perquisition » proprement di- te. Un tel acte de procédure est impossible dans le cadre d’une simple « enquête préliminaire », sans juge d’instruction. La visite des policiers, mercredi au siège de l’UMP, à Paris, n’était pas pour autant de simple courtoi- sie. Ils enquêtaient à propos d’une lettre d’Eric Woerth à Nico- las Sarkozy, écrite en 2007, dans laquelle le premier demandait au second la légion d’honneur pour Patrice de Maistre, le ges- tionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt. Les policiers ne sont restés qu’une heure et n’ont rien emporté, a-t-on préci-

[ expresso ]

8,6 %

La police sud-africaine a annoncé jeudi que le nombre de meurtres, qui est l’un des plus élevés au monde, a chuté de 8,6% en un an – une grande première depuis que les auto- rités ont commencé à établir des statistiques en 1994.

L e chef du groupuscule chrétien qui voulait brûler le Coran en Floride a annoncé jeudi avoir renoncé à ce projet, assurant avoir obtenu la promesse que le projet de construction d’une

mosquée près de Ground Zero à New York serait déplacé, ce que les promoteurs de la mosquée ont démenti. « Nous avons accepté de renoncer à l’événement que nous avions prévu d’organiser same- di », a déclaré le pasteur Terry Jones, qui comptait brûler 200 exem- plaires du Coran samedi, jour anniversaire des attentats du 11 sep- tembre 2001, à Gainesville (sud-est des Etats-Unis). Ce projet avait provoqué une avalanche de mises en garde de par le monde. (afp)

PAKISTAN Journaliste britannique libéré Un journaliste britannique enlevé dans le nord-ouest du Paki- stan en mars dernier, dans une ré- gion tribale proche de l’Afghani- stan, a été libéré, a annoncé jeudi la Haute Commission britannique

VIETNAM Arrestations Deux défen- seurs des droits des paysans et un pasteur, membres d’une organisa- tion politique d’opposition au ré- gime communiste, ont été arrêtés ces dernières semaines, a indiqué-

L’Inde va recenser ses

castes Le gouvernement in- dien a approuvé jeudi l’orga- nisation, entre juin et septem- bre 2011, du premier recense- ment complet des castes de- puis la fin de la colonisation britannique, afin de mieux adapter les politiques de dé- veloppement en faveur des groupes les plus démunis. L’idée de récupérer des statis- tiques sur les castes a suscité un débat houleux au Parle- ment, les critiques craignant que cette mesure ne renforce les inégalités. A l’inverse, les partis de caste régionaux ont encouragé le gouvernement à accepter ce principe, ar- guant du fait que les informa- tions récoltées permettraient d’aider les castes les plus bas- ses. Le dernier véritable re- censement par caste a été or- ganisé en 1931, à l’époque de l’Empire britannique. (afp)

Le sang du Caucase. Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 70

Le sang du Caucase. Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 70 blessées, jeudi, dans un attentat suicide à la voitu- re piégée sur un marché fréquenté de Vladikavkaz, capitale de l’Ossétie du Nord, dans le très instable Caucase russe. © AP.

au Pakistan. L’enlèvement d’Asad Qureshi, qui réalisait un documen- taire sur les militants islamistes pour la chaîne de télévision britan- nique Channel 4, n’avait pas été di- vulgué à la demande même de son employeur. Channel 4 crai- gnait qu’une large couverture mé- diatique complique les efforts dé- ployés pour sa libération. (afp)

cette organisation, jeudi depuis son siège aux Etats-Unis. (ap)

sé au siège du parti présidentiel. (Jo. M.)

IRAK Quatre hauts dirigeants d’Al-Qaïda se sont évadés d’un secteur ultra-sécurisé surveillé par les forces américai- nes à l’intérieur d’une prison irakienne près de Bagdad. GAZA Une roquette, la quatrième cette semaine, tirée par des activistes palestiniens depuis la bande de Gaza s’est abattue jeudi dans le sud d’Israël sans faire de victime. SOMALIE Un kamikaze a fait 14 tués dans l’explosion d’une voiture piégée à l’entrée de l’aéroport de Mogadiscio jeudi.

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

12

lemonde

12 le monde Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison-Blanche, a le soutien du président Barack

Rahm Emanuel, secrétaire général de la Maison-Blanche, a le soutien du président Barack Obama pour briguer la ville de Chicago en février 2011 : « C’est un excellent secrétaire général. Je suis sûr qu’il ferait un excellent maire. » © AP.

Iran / Le Prix Nobel de la Paix 2003 a rencontré la haute représentante de l’UE

Droits de l’homme : Ebadi n’est pas certaine qu’Ashton agisse

S i la juriste Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003, a répété ce jeudi à Bruxelles

qu’elle était « convaincue que la restauration de la démocratie en Iran passerait par les fem- mes », elle n’est pas certaine d’avoir fait gran- de impression sur la Haute représentante de l’UE, lady Ashton : « Je l’ai vue et ai évoqué les problèmes des Droits de l’homme en Iran. Je l’ai pressée d’ajouter ces droits aux négocia- tions sur le nucléaire… Mais il est trop tôt pour préjuger de ce que M me Ashton va en fai- re… » Ce qui visiblement perturbe la juriste dans son combat contre les excès du régime ira- nien, c’est cette facilité de l’Occident à se re- trancher derrière l’excuse d’intérêts privés, que les gouvernements ne contrôleraient pas : « Prenez l’accord (NDLR : de télépho- nie mobile) avec Nokia : quand c’est pour ven- dre du fromage, vous avez en Europe des di- zaines de règlements. Mais quand il s’agit de

« Restaurer la démocratie en Iran, c’est le travail des Iraniens, nous ne l’espérons de personne d’autre. Mais »

Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003

vendre du matériel qui permet d’atteindre aux libertés des gens, il s’agirait de contrats de “sociétés privées” dont le contrôle échappe aux gouvernements ? » M me Ebadi dévelop- pe sa pensée : « Restaurer la démocratie en Iran, c’est le travail des Iraniens, nous ne l’es- pérons de personne d’autre », M me Ebadi n’at- tend que peu de chose de la communauté in- ternationale. « Mais on demande à tout le moins aux gouvernements de ne pas aider Té- héran en prenant des accords qui les aident. Certaines relations (en bilatéral) se sont déve-

loppées ces dernières années. » Sur le sort de plusieurs femmes vouées à la lapidation et qui soulèvent la solidarité inter- nationale, dont Shiva Nazar-Ahari (voir http://bit.ly/a2Dioh) et Sakineh Mohamma- di Ashtiani, M me Ebadi a été inondée de ques- tions : que veut dire la suspension de la pei- ne ? Faut-il se mobiliser ou pas ? Et est-ce la seule lapidation ou l’ensemble des lois déri- vées de la chariah qu’il faut combattre ? « En ce qui concerne Sakineh, tout peut arriver à

? « En ce qui concerne Sakineh, tout peut arriver à « TOUTE PROTESTATION NOUS EST

« TOUTE PROTESTATION NOUS EST UTILE », confir- me Shirin Ebadi dont la seule priorité est de sauver des vies. Shiva, Sakineh sont des cas parmi beau-

coup d’autres. © FABRICE COFFRINI/AFP.

tout moment, la suspension ne veut rien di- re : je n’ai pas confiance dans ce que dit le gou- vernement. Donc il faut se mobiliser : quelle que soit la protestation, elle est importante pour nous. Mais par-delà Sakineh, il y a beaucoup d’autres personnes concernées : es- sayons de les sauver toutes. Nous ne savons pas combien il y a d’exécutions par mois :

nous n’avons d’informations que par les fa- milles, par les journalistes. Et il n’y a pas que les lapidations, les amputations, ou la peine de mort pour les adultes : il y a aussi ces exé- cutions de mineurs pour des faits commis après l’âge de neuf ans chez les filles, quinze ans chez les garçons. C’est pour cela que l’Iran a le plus haut taux au monde d’exécution de mineurs. »

Sakineh n’est pas tirée d’affaire Aux côtés du Prix Nobel de la Paix, le vice- président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, l’Iranien Karim Lahi- dji (par ailleurs président de la Ligue iranien- ne des Droits de l’homme, LDDHI) a essayé d’expliquer juridiquement l’enjeu de cette la- pidation « suspendue ». « A la demande de son avocat, le dossier est en cassation. Soit le Guide suprême Khamenei gracie Mme Saki- neh. Soit la Cassation accepte le principe d’un nouveau procès public. Ce sont les deux seuls scénarios où la lapidation sera réellement écartée. Dans les autres cas, elle n’est que sus- pendue, et notez que la suspension a été an- noncée par le ministère des Affaires étrangè- res, pas par l’administration de la Justice. » Bref, le sort de Mme Sakineh est toujours aléatoire. Et, après elle, martèle M me Ebadi, des centaines d’autres Iraniens craignent

pour leur vie.

ALAIN LALLEMAND

[ les gens ]

Les bonnes affaires de Bernard Tapie

« Je n’ai pas à m’excuser de l’argent qui m’est rendu. Il ne man- querait plus que ça ! La polémique, je m’en br… ! » Bernard Tapie a balayé avec sa gouaille légendaire les critiques à propos du gros chèque qu’il va percevoir de l’Etat français pour solde de tout compte dans l’affaire de la revente d’Adidas par le Crédit Lyonnais. En 1993, la banque, alors publique, avait réalisé une copieuse plus-value sur la cession de l’équipementier sportif, au détriment de l’homme d’affaires. Le Canard enchaîné a révé- lé cette semaine que 210 millions d’euros lui seraient versés au titre de l’arbitrage rendu il y a deux ans. Un chiffre confirmé ce jeudi par la ministre de l’Economie Christine Lagarde. Le mon-

tant fait scandale dans la classe politique. « C’est à pleurer ! », s’insurge le président du MoDem François Bayrou. La députée socialiste Aurélie Filipetti lui demande même de renoncer à son chèque, par décence envers les Français frappés par la cri- se. Le soupçon d’un accord conclu à l’Elysée refait surface, le litige ayant été réglé hors du circuit des tribunaux. Bernard Tapie a toujours démenti un quelconque « deal » avec Nicolas Sarkozy, qu’il avait soutenu lors de la campagne présidentielle de 2007. Après un détour par le foot et le théâtre, il ne cache pas son en- vie de revenir en politique et a d’ailleurs déjà rejoint sa « fa- mille » des radicaux de gauche. En attendant d’envisager une éventuelle course élyséenne en 2012, l’ex-ministre de François Mitterrand a lancé avec son fils un site internet de commerce en ligne qui renseigne les consommateurs sur les meilleures af- faires du marché. « Estimez le ni- veau d‘économie que ber- nardtapie.com peut vous faire faire », vante la page

BERNARD TAPIE : une « enveloppe » dont le montant déchaîne la polé- mique dans
BERNARD TAPIE :
une « enveloppe »
dont le montant
déchaîne la polé-
mique dans la
classe politique.
© AFP.

d’accueil. Ça

ne s’invente

pas…

(Jo. M.)

16242010

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010 polémiques + RÉGIONS 13 BRUXELLES, LE NŒUD BELGE Trois visions

polémiques

+ RÉGIONS

13

BRUXELLES, LE NŒUD BELGE

Trois visions s’opposent : francophone,

flamande, multiculturelle.

P.15

OFFENSIVE DES « TRANSITIONERS »

Partout dans le monde, ils préparent

l’après-pétrole.

P.16 & 17

l’humeur

OLIVIER MOUTON

NOUS SOMMES TOUS DES MALADES MENTAUX

« En réalité, dans ce pays, nous som- mes tous des malades mentaux. » La phrase émane d’un observa- teur de la politique, qui avoue ne plus savoir à quel saint se vouer pour expliquer les maux qui nous assaillent lorsqu’il est interrogé par des télévisions étrangères. Des malades mentaux… Il y a de cela, dans ce mélange de schizo- phrénie, paranoïa, mythomanie qui s’exprime quotidiennement… Du vote des électeurs que nous sommes jusqu’aux jeux de rôle et de masque de nos politiques. Jugez plutôt. Une proportion im- portante de l’électorat flamand a voté pour des partis séparatistes, portant la N-VA à la première pla- ce au Nord. Ces mêmes électeurs se disent pourtant… en faveur d’une Belgique, certes réformée. Les négociations bloquent et le ré- sultat est : les socialistes franco- phones, qui plaidaient en campa- gne pour « une pays stable » ou- vrent la voie du séparatisme. Com- me si c’était ce qu’ils désiraient se- crètement depuis longtemps, las de tant d’arrogance flamande. Et voici les nationalistes nordistes de- venus sauveurs de la patrie, leur « idéologue » de la KUL affirmant que l’objectif final du séparatisme n’est qu’un horizon lointain… comme le socialisme quasi com- muniste du PS à ses débuts. Tous fous ? « En tant que franco- phone, je suis exaspéré par la com- munication paradoxale des Fla- mands », soupire un collègue. C’est ce principe de la « double contrainte », qui consiste à dire deux choses contradictoires dans la même phrase : être pour et con- tre l’indépendance… Les psycholo- gues ont étudié ce mécanisme. Et, oui, ils en ont déduit qu’il était sus- ceptible de rendre quelqu’un fou !

leur Une

était sus- ceptible de rendre quelqu’un fou ! leur Une Après le « voyou » de

Après le « voyou » de Marian- ne, (août), le « rétrécissable » de l’Economist (today) et le « dangereux ? » de L’Obs (hier). Nicolas Sarkozy s’en prend tout le temps. Et les coups viennent de partout. Ça nous rappelle l’édito de Joëlle Meskens, notre en- voyée spéciale permanente à Paris, intitulé : « Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux ». C’était le 14 avril 2007

Le jeu vidéo violent cartonne : danger ?

L’ESSENTIEL

Les dix jeux vidéo

sur PC les plus ven- dus en 2010 sont dix

jeux violents. Parfois même très violents.

Problème ou non ?

L’avis de deux thé-

rapeutes, spécialis- tes du jeu vidéo et en contact fréquent avec les jeunes.

Des jeunes qui

ne sont pas les plus joueurs

© D.R.
© D.R.

Leçons de l’enquête du Centre national du ciné- ma et de l’image animée sur la consommation des jeux vidéo en France (au- près de 2.500 pers.) :

52 % des joueurs

sont… des joueuses.

36 ans L’âgemoyen des

joueurs. Plus de la moi- tié ont plus de 35 ans.

15 % des joueurs jouent à des jeux de combat.

http://www.cnc.fr/CNC_GALLE-

RY_CONTENT/DOCUMENTS/pu-

blications/etudes/jeu_video/Pr

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atiques_conso_jeux_video_ 220610.pdf Serge Minet Thérapeute à la clinique du jeu Oui « Pour

Serge Minet Thérapeute à la clinique du jeu

Oui « Pour les jeunes fragilisés »

à la clinique du jeu Oui « Pour les jeunes fragilisés » Michael Stora Psychanalis- te,

Michael Stora

Psychanalis-

te, spécialis- te des mon- des virtuels

Non « C’est même très sain »

L e succès des jeux violents vous in-

quiète-t-il ?

Les jeux violents ne m’inquiètent

pas. Par contre, leur utilisation peut être très inquiétante. Il y a deux écoles à ce sujet. Pour certains spécialistes, les jeux violents sont des outils cathartiques : ils permettent de libérer une énergie. Ils servent d’exutoire et ont donc un côté bénéfique. Selon d’au- tres, ces jeux déclenchent la violence, ils la suscitent. Ils peuvent donc être à l’origine d’un acte criminel, par exemple.

A quelle théorie adhérez-vous ? Aux deux ! En fait, tout dépend de la per- sonne qui joue. C’est surtout chez les jeunes fragilisés que l’utilisation de jeux violents peut s’avérer dangereuse. Ceux qui vivent dans un climat de violence, ceux qui ont du mal à résister aux frustrations, ceux qui pei- nent à exprimer leur violence… Chez ces jeunes, le jeu peut déclencher une violence latente. Le jeu virtuel donne une impression de toute puissance. Virtuel vient d’ailleurs du latin virtualis, qui signifie « en puissance de devenir ». Devant un écran, le joueur ne tue pas pour du vrai mais il tue quand mê- me. Et, dans certains cas, il croit qu’il peut continuer son jeu à l’extérieur. Le jeu lui don- ne l’autorisation d’aller au-delà…

Ne faudrait-il pas fixer des limites à cet- te violence virtuelle ? C’est trop tard et c’est impossible. Par défi- nition, la violence est le dépassement du ca- dre. Et puis, la violence des jeux fait écho à celle de la société. Nous sommes tous les jours confrontés à des rapports de force, à la violence du système capitaliste, à la vio- lence des informations

Que conseiller aux parents dont les en- fants sont accrocs aux jeux violents ? L’écran est le premier objet qui donne tout le pouvoir au jeune. Souvent, les en- fants sont plus habitués au web et aux tech- nologies que leurs parents. Pourtant, les pa- rents doivent encadrer leurs enfants, éta- blir, avec eux, une sorte de pacte familial qui détermine l’utilisation de l’écran. C’est important que les adultes s’intéressent aus- si au jeu, aux personnages dans la peau des- quels se mettent leurs enfants. C’est une fa- çon d’être attentif à leurs besoin. Mais ce n’est pas simple ; bien souvent, l’écran fait écran dans la famille. Il isole.

Propos recueillis par VINCENT DELCORPS (st.)

http://www.cliniquedujeu.be/

P ensez-vous que la violence des jeux vidéo est dangereuse ? Non ! Au contraire, je trouve que le

succès des jeux vidéo violents est particuliè-

rement sain. C’est la preuve que les gens sont capables de jouer avec leur propre vio- lence.

Pas de lien entre jeux vidéo violents et actes violents donc ? Donnez une arme à un accro de jeux vi- déo, vous verrez qu’il ne l’utilisera pas. Aucu- ne étude sérieuse n’a prouvé de lien entre la violence des jeux vidéo et la violence de cer- taines pratiques. Je me souviens d’une fem- me qui avait voulu montrer l’impact des jeux vidéo sur la délinquance dans les lycées américains. Elle a observé, chiffres à l’appui, que la violence avait diminué depuis l’appa- rition des jeux…

On a observé l’impact des jeux vidéo sur de jeunes meurtriers… Les grands meurtriers sont généralement de grands malades. Peut-être qu’un jeu vi- déo a pu servir de déclencheur. Mais ça au- rait pu être une œuvre artistique… On fait un mauvais procès aux jeux. Quand la socié- té va mal, elle cherche des coupables. Au- jourd’hui, les responsables, ce sont surtout

les éducateurs…

Il y a tout de même des jeux qui vont un trop peu loin Personnellement, je distingue toujours la violence et l’agressivité. La première est gé- néralement gratuite. On tue, on massacre, on détruit par pur plaisir. C’est un simple dé- fouloir. Quelques rares jeux s’inscrivent dans

cette logique. Je préfère l’agressivité : c’est la violence contextualisée, justifiée, cadrée. Pourquoi faut-il massacrer des extra-terres- tres ? Parce qu’il faut défendre la planète ! Cette agressivité s’accompagne d’une violen-

ce

graphique parfois importante. Mais celle-

ci

est nécessaire. Quand on s’est acharné sur

un monstre pendant un quart d’heure, c’est jubilatoire de le voir exploser…

Il faut donc arrêter de diaboliser les jeux vidéo ?

Plus on les diabolisera, plus les ados les adoreront. Moi, j’utilise les jeux vidéo « agres- sifs » dans mes thérapies. Grâce à ces jeux, des enfants souffrant de troubles violents ont pu affronter et vaincre leurs monstres in-

térieurs…

Propos recueillis par V. D. (st.)

P.27 LE CLASSEMENT DES VENTES DES JEUX VIDÉO

V. D. (st.) P.27 LE CLASSEMENT DES VENTES DES JEUX VIDÉO le buzz du monde TONY

le buzz du monde

TONY BLAIR, OSCAR DU PLAGIAT EN POMPANT LE SCÉNARIO DE « THE QUEEN »

La Grande-Bretagne connaissait Tony Blair, le caniche de George W. Bush, elle vient de le découvrir en roquet reco- pieur de la « Reine ». De fait, le scénariste vedette Peter Mor- gan (Frost/Nixon) affirme que les mé- moires de l’ancien Premier ministre inti- tulée A Journey et précisément les rela- tions qu’il a entretenues avec la reine Eli- zabeth II ainsi que la retranscription sa-

crilège de ses « colloques singuliers » avec la souveraine– ne sont qu’un cou- per-coller de son film oscarisé The Queen. Vous avez bien lu : l’ancien pensionnaire du 10 Downing Street se serait inspiré d’un film qui s’est inspiré d’une partie de sa vie. Une preuve ? Une phrase de A Journey , et quelle phrase ! « Vous êtes mon dixième Premier ministre. Winston

fut le premier. Bien avant que vous ne nais- siez ». Selon Morgan, ce dialogue Eliza- beth II– Blair tout droit sorti de son ima- gination est intégralement pompé d’une des séquences très marquantes de The Queen. En somme, l’original a copié la fic- tion qui s’est inspirée de l’original. La boucle est bouclée, le caniche s’est mor- du la queue.

PIERRE-YVES WARNOTTE

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

14 forum “ Le modèle cubain ne marche même plus pour nous » FIDEL CASTRO,CHEF
14 forum
“ Le modèle cubain ne marche même plus pour nous »
FIDEL CASTRO,CHEF HISTORIQUE DE LA RÉVOLUTION CUBAINE, AU MENSUEL AMÉRICAIN « THE ATLANTIC ». © AP.
CUBAINE, AU MENSUEL AMÉRICAIN « THE ATLANTIC ». © AP. Alternatives Jean-François Kahn Il a dit

Alternatives

Jean-François Kahn

Il a dit « voyou

Journaliste et essayiste

»

C ’est une histoire finalement assez

excentrique et, comme j’en ai été

l’acteur principal involontaire, il

faut que je vous la raconte. Nous étions au début du mois d’août. Période ultra estivale. Nicolas Sarkozy – qui, pour ceux qui l’ignoreraient, est le président de la République française – venait de prononcer son désormais fa- meux « discours de Grenoble » consacré à la sécurité : déchéances de nationalités, expulsions de Roms, sanctions contre les parents d’enfants délinquants. Flambée de réactions indignées, en particulier évi- demment à gauche, mais pas seule- ment : « honte », « tache sur le drapeau », « retour du pétainisme », « racisme d’Etat », « rafles », « le nazisme cela a com- mencé comme ça », s’aventura même le très modéré Michel Rocard… J’appelle alors le patron de l’hebdoma- daire Marianne, avec qui j’ai gardé quel- ques liens, et dont je savais qu’il prépa- rait un numéro classique d’été consacré, non pas au « sexe sur les plages » ou aux « meilleures techniques de bronzage », mais aux grands scandales d’Etat qui, dans l’Histoire, du « Collier de la Reine » à « l’affaire Woerth », ont ébranlé les régi- mes. « Je sais, lui dis-je, qu’une Une politi- que entre le 15 juillet et le 15 août, c’est quasiment suicidaire, mais, enfin, il y a des moments où il faut accepter de moins ven- dre au nom de certaines convictions : il y a le commerce, mais il y a aussi les princi- pes ». Donc, je lui conseillais de consa- crer l’essentiel du numéro, et en consé-

quence la couverture, au débat provo- qué par cette surenchère sécuritaire. Pour dire quoi ? Pour réagir d’abord à certaines réactions qui nous paraissaient tout à fait excessives : le chef de l’Etat n’est évidemment pas un facho-pétainis- te, on ne peut pas qualifier sa politique de « racisme d’Etat », et on ne saurait, comme l’a osé la presse britannique, évo- quer – à propos des démantèlements de camps des gens du voyage – les « dépor- tations » ou la « gestapo ». En revanche, Sarkozy, c’est vrai, c’est sa faiblesse mais c’est aussi sa force, en particulier en période électorale, ne se contraint pas. Jamais. Il ose tout. Aucun interdit d’ordre idéologique ou éthique

me on le murmure parfois à droite, ni « xénophobe » ni même « anti-émigré », mais pragmatique sans rivages, à ses yeux la finalité justifiant les moyens, pres- que tous les moyens, un « voyou » politi- que en quelque sorte. Avec, précisais-je, le talent, le sens de l’acte, parfois le char- me, et le culot ou le courage que cela exi- ge. Comme on était en août, que les rédac- tions sont peu fournies à cette époque, j’acceptai de rédiger l’article et on en re- prit le titre en Une. Alors ce fut la conflagration. Mon désir de relativiser des indignations dont l’ex- pression me paraissait outrancière (« pé- tainiste », « fasciste », « raciste », ce n’est

je ne compte pas les personnalités de droite, élus ou ministres UMP compris, qui me glissèrent à l’oreille que le mot était tout à fait adéquat. De toute façon, il avait fait mouche. Peut-être, juste- ment, parce qu’il touchait juste. Mais l’aventure ne s’arrête pas là. Après cet exploit, encore une fois totale- ment involontaire, je me retirai à la cam- pagne pour terminer un travail person- nel. Or, lorsque je regagnai Paris, à ma grande stupéfaction, que ce soit dans le train, dans le métro ou dans la rue, je ne cessai d’être harcelé par des grappes de quidams qui me criaient « bravo, merci, tenez bon, continuez, vous avez rai- son… »

J’ai eu l’occasion de ressentir l’ampleur du rejet qui affecte le pouvoir élyséen. Mais aucun pays ne peut construire son devenir sur un simple rejet. »

ne le bride. Cynique politique total, il peut, s’il estime que la conquête et la pré- servation du pouvoir sont à ce prix, aussi bien déborder Marine Le Pen sur sa droi- te que Besancenot sur sa gauche, tour à tour stigmatiser ou idéaliser le « modèle social français », se positionner en chan- tre du tout privé ou du tout Etat, abolir la double peine ou instaurer une triple pei- ne, s’aligner sur Israël ou devenir le meil- leur allié du Syrien Bachar el-Assad. Pas plus « pétainiste » que « bushiste » que « néolibéral dogmatique », comme l’en ac- cuse la gauche, ou que « chaviste » com-

tout de même par rien), fut perçu com- me un effroyable affront à la dignité pré- sidentielle et le numéro qui ne devait pas se vendre s’arracha et battit des re- cords de diffusion. Il faut dire qu’en se relayant sur les ra- dios et télévisions pour crier au crime de lèse-majesté, ministres et secrétaires d’Etat se conduisirent en véritables agents publicitaires du journal auteur du délit. Paradoxalement, le mot « voyou » dé- plut à la gauche bien-pensante, parce qu’il n’était pas assez idéologique, mais

Je n’avais jamais vécu cela et je n’en demandais pas tant. C’était avant les grandes manifesta- tions syndicales dirigées contre le projet de réforme des retraites (je ne suis d’ail- leurs pas hostile, pour ma part, à un relè- vement de l’âge légal à 62 ou même 63 ans) et j’eus ainsi l’occasion de constater, de ressentir même, presque physique- ment, l’ampleur du rejet qui affecte, au- jourd’hui, le pouvoir élyséen. Rejet puis- sant, féroce, viscéral. Mais aucun pays ne peut construire son devenir sur un simple rejet.

ne peut construire son devenir sur un simple rejet. ■ NICOLAS SARKOZY, à Grenoble, le 30

NICOLAS SARKOZY, à Grenoble, le 30 juillet dernier, à l’occasion de l’installation du nouveau préfet. Un déplacement qui a fait du bruit © AP.

 

Mise au point

De Gucht, les juifs et moi

L e journaliste doit être modes- te. Il n’est pas acteur de l’actua- lité. Il doit honnêtement et se-

reinement rapporter les faits et don- ner des éléments de compréhen- sion à ceux qu’il informe, dans le but ultime que la démocratie fonc- tionne bien. Mais la controverse pro- voquée par mon article de samedi dernier (4 septembre) sur Karel De Gucht me force à sortir de cette sai- ne discrétion. J’ai porté à la connaissance des lecteurs du Soir les propos du com- missaire européen et ex-ministre belge des Affaires étrangères. Karel De Gucht aurait-il dû plutôt parler des Israéliens que des juifs ? Peut- être. Cela étant, c’est vrai que « la plupart des juifs » non israéliens sont très solidaires d’Israël. Il a parlé de

leur « foi d’avoir raison » et de « ques- tion très émotionnelle ». Tout cela peut être débattu. Qu’il s’en expli- que ! Je suis moi-même davantage intéressé par la « méthode De Gucht », si inhabituelle sur la scène diplomatique. La controverse née ce week-end rend le sujet encore plus intéressant à mes yeux. Alors, est-ce que Karel De Gucht a dit tout haut ce que « tout le mon- de » pense tout bas, comme je l’ai écrit ? Je l’avoue : je ne suis pas sta- tisticien et je n’ai pas eu recours à un institut de sondage avant de ré- diger ces quelques mots. Fort heu- reusement, il y a de nombreux pré- cédents, qui attestent que cette ex- pression, au demeurant courante, fait simplement référence à une grande majorité de l’opinion, sans autre prétention. Sur le fond, je constate avec d’autres que l’intransi- geance d’Israël et sa propension à recourir à la manière forte lui ont fait perdre une grande partie de son capital de sympathie. Certains ont même été jusqu’à dé- noncer « la contribution d’un “quoti- dien de référence” à la propagation de ce mythe du complot juif… » C’est absurde ! Soyons clairs :

1.

Je suis très sceptique face à

toutes les théories du complot ;

2.

Je suis allergique à l’antisémi-

tisme et à toutes les formes de rejet du même genre – voir aujourd’hui la stigmatisation des Roms –, qui sont bêtes et méchantes. Je crois

que tout ce que j’ai écrit le démon- tre, depuis le jour où j’ai pris la plu- me pour la première fois, dans l’idée de contribuer à changer le monde ;

3.

Je suis un bâtard culturel et j’ai-

me ça. Je suis résolument pour l’im- pureté raciale, pour les mélanges joyeux, pour les mariages mixtes, au- tour de nos belles valeurs universel- les. J’ai d’ailleurs à cet égard un pro- blème avec le concept d’Etat juif. Mais ça, c’est une autre histoire.

 

MAROUN LABAKI

le mot

Thé ou cochon

T ea party : eh non, contrairement à

ce que nous avons écrit dans l’édito-

rial de ce jeudi sur le « retour de l’in-

quiétude » aux Etats-Unis, le nom de ce mouvement populaire conservateur ne provient pas de « parties de thé ». Mais bien du « Boston Tea Party », le « Parti du thé bostonien» . Celui-ci vit le jour en 1773, en réaction à l’imposition par la mé-

tropole britannique d’une taxe sur le thé importé dans sa colonie. L’argument des colons : seul un corps élu sur le territoire de la colonie, était légitime pour y lever des impôts. Cette révolte des Bostoniens, constitués en parti, fut l’un des déclen- cheurs de la révolution qui mena à l’indé- pendance. C’est donc en référence à ce mouvement « anti-taxe » bordé de gloire

dans la mythologie américaine, qu’a été baptisé le mouvement populaire actuel, dressé depuis 2009 contre l’intervention- nisme d’Etat et la propension taxatoire at- tribués au président Barack Obama. Mais il s’en est fallu de peu pour que, plutôt qu’au thé, son appellation n’en réfè- re au cochon ! L’animateur de radio ultra- conservateur Rush Limbaugh avait tenté

de populariser le terme de « porkulus », contraction de «pork » et de « stimulus », en référence au plan de relance de 700 milliards de dollars que fit voter le prési- dent Obama en 2009, et qui déclencha les premières manifestations anti-obamien- nes. La « barrique de porc » (« pork bar- rel ») désigne traditionnellement les lois ou amendements arrangés par des élus

pour favoriser leurs électeurs, aux frais de l’ensemble des contribuables. (Obama étant accusé de vouloir faire payer les con- tribuables américains pour leurs conci- toyens moins nantis.) On conviendra qu’entre « Tea Party » et « Parti (du) co- chon », le peuple ultra-conservateur a judi- cieusement choisi son nom

JUREK KUCZKIEWICZ

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“ La répression contre le terrorisme ne peut être la seule solution. Elle doit s’accompagner

La répression contre le terrorisme ne peut être la seule solution. Elle doit s’accompagner d’un développement économique dont les effets seront lents à se faire sentir. »

ANTOINE BASBOUS, DE L’OBSERVATOIRE DES PAYS ARABES, AU « FIGARO ».

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

forum

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Bruxelles, le nœud belge

MAIS QUELLE EST DONC cette capitale qui reste le principal point d’achoppement des négociations communautaires ? Trois regards pour illustrer trois visions d’une même ville.

regards pour illustrer trois visions d’une même ville. Flamande BART MADDENS Politologue à la KUL, trés

Flamande

BART MADDENS Politologue à la KUL, trés écou- té par la N-VA. « En cogérant

BART MADDENS Politologue à la KUL, trés écou- té par la N-VA.

« En cogérant Bruxelles, on éviterait le séparatisme »

Bruxelles est le nœud de la ré- forme de l’Etat. Vous avez des mots durs à l’égard de la der- nière proposition du préforma- teur Elio Di Rupo, « contraire aux intérêts flamands »… Bruxelles est l’alpha et l’oméga, c’est clair. J’ai été choqué de voir que dans la dernière note de Di Ru- po, il était question de bien plus que d’un refinancement de Bruxel- les lié à une réforme de la loi de fi- nancement. Elle contenait aussi une réforme des institutions bruxel- loises avec un renforcement de la Région au détriment des Commu- nautés… C’est précisément ce que les Flamands ne veulent pas.

Certains Flamands de Bruxel- les souscrivent à cette idée… Je parle surtout des Flamands

hors de Bruxelles. La position offi- cielle du gouvernement flamand, c’est qu’il doit y avoir une réforme de l’Etat sur base des deux Commu- nautés. Cela signifie bien que la Ré- gion bruxelloise doit être plus fai- ble qu’aujourd’hui. Je sais, de plus en plus de Flamands bruxellois ne partagent plus cette idée…

Il y a une identité bruxelloise qui se développe. Vraiment… Oui. Et précisément : nous allons de plus en plus vers un éloigne- ment entre la Flandre et les Bruxel- lois néerlandophones qui s’identi- fient avec cette ville multiculturel- le. La conséquence à long terme, c’est que la Flandre n’aurait plus guère d’influence sur ce qui se pas- se à Bruxelles. Traditionnellement, les membres du groupe néerlando- phone du parlement bruxellois ap- partiennent aux partis flamands. Ce sont les bras de ces partis à Bru- xelles, ils suivent leurs instructions. On évoque le fait qu’ils pourraient être élus sur des listes bilingues do- minées par les francophones…

Bart De Wever, président de la N-VA, dit que le fait de couper le pays en trois serait « le che- min le plus court vers le sépa- ratisme ». Au plus cet éloignement a lieu, au plus un scénario de séparatis- me serait simple, oui. C’est la doc- trine Crols, du nom de l’ancien ré- dacteur en chef de Trends, selon la- quelle la Flandre pourrait devenir

indépendante sans Bruxelles. L’au- tre théorie consiste à dire que la Flandre ne doit pas laisser tomber Bruxelles, qu’elle doit garder un lien via la Communauté. Alors, le séparatisme est plus compliqué.

La N-VA veut la cogestion de Bruxelles… Mais au mieux on institutionnali- se la coopération entre tous les Fla- mands et tous les francophones à Bruxelles, au plus on crée une per- spective d’avenir pour la Belgique ! C’est pourquoi je n’ai jamais com- pris pourquoi ceux qui sont atta- chés à la Belgique sont contre cet- te cogestion de Bruxelles.

C’est une formule inefficace pour gérer la ville ! Ça, c’était la période de 1971 à 1989, quand il n’y avait pas encore d’institutions à Bruxelles. Cela a changé. Je ne sais pas ce que la N-VA en pense, je parle en mon nom, mais l’idée à mes yeux serait d’avoir un système dans lequel la législation de base resterait fédéra- le, mais son application se ferait par la Région bruxelloise. Elle gar- derait une autonomie assez large, mais sous tutelle du fédéral pour la mobilité, l’environnement, l’em- ploi, l’aménagement du territoi- re… Bruxelles est une île en Flan- dre et la façon dont elle est gérée est vitale pour toute la Flandre.

Propos recueillis par OLIVIER MOUTON

Multiculturelle

Francophone

NICOLAS LAGASSE Assistant aux Facultés uni- versitaires Saint-Louis ; col- laborateur scientifique au Centre de

NICOLAS LAGASSE Assistant aux Facultés uni- versitaires Saint-Louis ; col- laborateur scientifique au Centre de droit public de l’ULB ; collaborateur parle- mentaire (MR).

« Repenser l’espace commun aux francophones »

Augmentation du poids des Régions ou des Communautés ? Vieux débat institu- tionnel, dont l’issue concerne directe- ment Bruxelles… Il n’y a pas d’incohérence à, d’une part, donner beaucoup d’autonomie à la Wallo- nie et à Bruxelles dans les matières qui relè- vent aujourd’hui de compétences régionales et, d’autre part, à faire fonctionner les franco- phones sur un mode commun dans d’autres matières, qui ne présentent aucun lien avec le territoire, comme tout ce qui relève de la culture au sens très large, à l’enseignement, à la formation professionnelle, etc. C’est pourquoi je suis assez favorable à la notion de « Fédération Wallonie-Bruxelles ».

Vous raisonnez dans le cadre d’une Bel- gique réformée ou dans le cadre d’une Belgique scindée ? Les deux. On a fragmenté juridiquement un espace de vie commun aux francopho- nes. On a une administration à la Commu- nauté française, une administration à la Ré- gion wallonne, une administration à la Com- mission communautaire française. C’est de l’argent qui disparaît, si je puis dire, dans le fonctionnement administratif plutôt que d’être consacré à du social ou à du redéploie- ment économique. Même si on reste en l’état, il faut mener cette réflexion. Et a fortio- ri si on évolue vers le rattachement à la Fran- ce, vers une fédération avec le Luxembourg, vers une Belgique résiduelle francophone, qu’importe.

Mais pourquoi Bruxelles et la Wallonie devraient-elles fonctionner ensemble ? Je crois qu’il y a une entité francophone qui a du sens autour d’une culture, d’une lan- gue et d’un projet de vie. Et puis Bruxelles est la vitrine de la Wallonie et la Wallonie est un tremplin pour Bruxelles. Car les Bruxellois ont parfois trop tendance à oublier qu’ils ont besoin des Wallons pour leur développe- ment. Bruxelles seule, je n’y crois pas.

Et les Flamands de Bruxelles ?… J’ai toujours été contre la fin du système des Communautés. Il a mis en place la no- tion de fédéralisme personnel. Cela implique que la Flandre intervient à Bruxelles comme en Flandre et que la minorité flamande a les mêmes droits que les Flamands sans jamais devoir justifier (auprès des francophones) qu’elle est suffisamment représentative. Par ailleurs, ceci permet une offre culturelle, de services de santé ou d’enseignement qu’il existe dans peu d’endroits au monde. Vous pouvez mettre un de vos enfants dans une école flamande et l’autre dans une école fran- cophone ; le premier peut aller à l’académie de musique en français et le second chez les scouts en néerlandais. Tout cela dans le ca- dre d’une protection effective de la minorité flamande. Ce système-là, ce fédéralisme per-

sonnel, il doit persister.

Propos recueillis par WILLIAM BOURTON

ERIC CORIJN Philosophe de la cul- ture et sociologue ur- bain, professeur à la VUB,

ERIC CORIJN Philosophe de la cul- ture et sociologue ur- bain, professeur à la VUB, directeur de Cos- mopolis, City, Culture & Society

« La culture et le social bruxellois sont mixtes »

Bruxelles est au cœur de la réforme de l’Etat. Comment voyez-vous ses contours ? Débattre de la réforme de l’Etat et du transfert de compétences implique naturellement que le statut de Bruxelles sera discuté. Le si nécessaire transfert de compétences communales, ou mieux encore, en ce qui me concerne, la création d’une « commune régionale », avec des districts, implique la mise en question de la parité et la mise sur pied d’autres ga- ranties pour la minorité flamande. Le transfert de communes à région donnerait aussi le droit de vote local aux citoyens de l’Union européenne, qui pour- raient ainsi devenir citoyens bruxellois à part entiè- re. Tout cela amènerait une nécessaire restructura- tion des partis et l’ouverture de la possibilité de lis- tes bilingues – multilingues en fait. Donc, en ce qui me concerne, le refinancement de Bruxelles peut et doit être couplé avec une refonte de la gouvernance urbaine, en incluant le rapport aux communautés. On s’est longtemps demandé si les Bruxellois néerlandophones se sentent d’abord Bruxel- lois ou d’abord Flamands… Pour vous, cette question a-t-elle encore un sens en 2010 ? Pour moi, posée comme telle, cette question n’a pas de sens. Parce que ce qu’on voit en réalité, c’est

que la communauté flamande comme la commu- nauté francophone de Bruxelles sont très composi- tes. Et qu’il est donc très difficile d’en déduire des caractéristiques communes. Qu’ils soient franco- phones ou néerlandophones, la plupart des ména- ges combinent leur langue propre avec une autre langue – à tel point que l’on peut se poser la ques- tion de savoir si un concept comme celui de « Com- munauté française », avec tout ce que cela implique de références culturelles communes, est encore opé- rationnel. Bruxelles est caractérisée par la mixité, l’hybridité, le mélange et par un multilinguisme croissant. Au point de vue culturel, les références pre- mières ne vont donc plus vers une communauté na- tionale – c’est vrai pour les néerlandophones mais également pour la plus grosse partie des francopho- nes. Représenter la ville, l’urbanité, est d’un autre re- gistre, où la langue est un instrument de communi- cation mais où la culture et le social sont beaucoup plus mixtes. On a tendance, en Belgique, à poser cela comme un problème, mais je pense que c’est un grand atout ! La purification culturelle, pour ne pas dire la purification ethnique serait l’idéal pour gérer une vil- le… Mais moi je prétends le contraire. Les impure- tés bruxelloises, son aspect « zinneke » font de cette ville la plus apte à devenir la capitale de l’Europe.

Cet « unilinguisme » est régulièrement cultivé en Flandre… La Flandre doit se rendre compte que son cahier de revendications nationales pour une région unilin- gue est néfaste pour une ville comme Bruxelles – comme il est néfaste pour des villes comme Anvers ou Gand d’ailleurs. Les dirigeants flamands doivent se responsabiliser et ne peuvent continuer à cultiver chez eux les sentiments anti-bruxellois et en même temps vouloir les bénéfices d’une ville internationa- le.

Propos recueillis par WILLIAM BOURTON

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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

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zoom

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

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Ils préparent déjà l’après-pétrole

DES HOMMES ET DES FEMMES ont décidé de prendre leur avenir en main et de préparer la société de l’après-pétrole. Leur mouvement porte un nom : la Transition.

ENQUÊTE

I ls sont encore une minorité, disséminés aux

quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis. Ils

sont apolitiques, mais conscientisés à la cause

écologiste et forment de petites communau-

tés. Tous ont compris une chose : il faut – vi-

te – changer le mode de vie de l’Occident pour con- trer le pic des énergies fossiles. Les « transitioners » tracent leur route hors de la consommation de mas- se, la trinité « discount-malbouffe-gadgets tech- nos » et les injonctions au « toujours plus ». Ils pré- parent les villes, quartier par quartier, à la flambée des prix du pétrole. Car le « Pic de Hubbert » est inéluctable. Or, selon cette célèbre courbe en clo- che, la production d’or noir devrait décliner après avoir atteint son sommet, du fait de l’épuisement des réserves de pétrole exploitables. Le réseau des Transition Towns est né en 2006 en Angleterre en réaction au phénomène du pic pé- trolier mondial (Peak Oil) et des changements cli- matiques. « L’approche Transition veut amener les citoyens et différents acteurs d’une communauté à prendre conscience du pic pétrolier et des change-

des systèmes de production, de consommation et de vie en commun conciliables avec les contraintes éco- logiques, économiques et sociales qui s’annoncent. Et les initiatives éclosent. Une monnaie, la Totnes pound, a été créée afin d’encourager l’économie et le commerce locaux. L’utilisation de cette devise s’accompagne d’une incitation à réfléchir aux dépen- ses et à en parler, élément important dans une dé- marche de sevrage des habitudes de (sur)consom- mation. Un « garden share scheme », programme de partage des jardins privés, a été mis sur pied. Tou- te personne possédant un terrain inutilisé est invi- tée à conclure un contrat avec des planteurs-jardi- niers pour qu’ils cultivent cet espace. Objectif : déve- lopper la production de fruits et légumes sur le terri- toire. Côté mobilité, des pousse-pousse indiens ont été adaptés et équipés de moteurs utilisant un car- burant produit à partir d’huile de cuisine recyclée localement.

Après avoir essaimé en Grande-Bretagne et en Ir- lande, le concept a fait des émules aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, au Japon et au Chili. Des pro- jets sont en gestation en France et en Italie. Il y a aujourd’hui plus de 359 initiatives de Transition, parmi lesquelles 169 se trouvent au Royaume-Uni. Et 208 initiatives sont en phase d’affinage. En Belgique aussi, les choses commencent à bou- ger. Une dizaine de groupes sont déjà actifs, au Nord comme au Sud, et l’on compte une centaine de militants dans les cellules les plus actives. Du cô- té néerlandophone, l’association Aardewerk a lan- cé, à l’automne 2008, les premières séances d’infor- mation sur la démarche. En Wallonie, ce sont Les Amis de la Terre qui ont pris la main pour impulser

ments climatiques pour ensuite passer à l’action d’une manière créative, explique Rob Hopkins, ini- tiateur du mouvement. En misant, entre autres, sur la production alimentaire et énergétique à l’échelle locale, le transport durable et l’efficacité énergéti- que, une communauté augmente son autosuffisance et réduit sa vulnérabilité aux contrecoups imprévi-

sibles reliés à ces phénomènes ainsi que l’instabilité A Bruxelles aussi

économique ». La notion de transition traduit ce tra- vail sur la durée : on est en marche vers un autre modèle, le changement est en cours. Pionnière de la démarche, Totnes, ville de 8.000 âmes située dans le Devon, à l’extrême sud-ouest de l’Angleterre, est la plus avancée dans le processus. Tout a commencé en 2006, quand quelques habi- tants se sont regroupés autour du professeur Hop- kins pour passer du concept théorique à l’action. Pour Hopkins, il appartient à chaque communau- té, à chaque entité locale, de construire la « résilien- ce » qui lui permettra d’encaisser les bouleverse- ments sociétaux générés par le pic pétrolier et la cri- se climatique. Il s’agit de préparer dès aujourd’hui un futur moins gourmand en énergie en élaborant

un futur moins gourmand en énergie en élaborant DRIES MAES ET FABIAN FÉRAUX, deux têtes de

DRIES MAES ET FABIAN FÉRAUX, deux têtes de pont du mouvement « Villes en transition » en Belgique. © ALAIN DEWEZ.

des « Comités de transition » avec une première concré- tisation à Ottignies-Louvain-la-Neuve, Grez-Doiceau, Amay, Floreffe, Nivelles et Bruxelles. « Pour nous, nul besoin d’attendre les autorités, le pas- sage à l’acte se fait ici et maintenant, localement et en- semble », sourit Dries Maes, Flamand de Schaerbeek, pe- tite trentaine et look premier de classe. Ingénieur en construction, passionné par le biomimétisme, Dries tra- vaille dans la consultance en durabilité pour les entrepri- ses – il a créé sa boîte avec quelques associés en 2007. Il est parmi les principaux instigateurs du mouvement Vil- les en transition à Bruxelles. « La démarche transition- nelle n’est pas subventionnée et n’est supportée par aucu- ne structure ni organisme politique. C’est une volonté : il s’agit de montrer qu’on n’a besoin de rien, qu’on a les res- sources pour réaliser les choses nous-mêmes. Le but ulti- me du mouvement est de diminuer notre dépendance au

L’après-pétrole n’est pas la fin d’un monde, mais un com- mencement. »

Fabian, transitioner belge

pétrole, d’augmenter la résilience de la communauté lo- cale et de créer du lien social. » Dans la capitale, un groupe de pilotage a été créé fin 2009. Il se structure autour de groupes de travail axés sur la mobilité, l’énergie, l’enseignement, l’alimentation, le logement… Leurs armes ? Apprendre aux citadins à moins puiser au robinet des énergies fossiles, à troquer l’importation de la nourriture pour les ressources loca- les. Avec l’appui de quelques enthousiastes, Dries organi- se la conversion de Schaerbeek. « Nous avançons lente- ment, car à Bruxelles, c’est difficile de rassembler les gens par quartier. C’est une ville avec des communautés parti- culièrement éclatées ». Certains groupes se sont attaqués au panier nourriture de leurs concitoyens, d’autres à leurs poubelles, d’autres encore ciblent leur voiture ou leur compteur électrique. « Il s’agit aussi de faire réali- ser aux gens que la spéculation économique est à la sour- ce du problème. Que consommer à outrance alimente la croissance et le changement climatique. » Fabian Féraux, jeune trentenaire au visage rieur, a pris la tête du groupe de pilotage de Schaerbeek, pour les prochains mois. Entre ateliers de recyclage, gestion du compost et guerilla gardening, les transitioners schaerbeekois ne carburent, selon lui, qu’à une seule phi- losophie : la convivialité. « Les environnementalistes manquent de perspectives dans leurs prévisions. Ils pa- ralysent les gens plus qu’ils ne les encouragent. Notre mouvement invite chacun à agir avec ce qui existe, com- me les associations locales. On parle ici de transition, pas de révolution : les actions touchent aux énergies re- nouvelables, au recyclage, au respect de la terre nourri- cière… La révolution est dans les mentalités, car il s’agit de se prendre en main pour préparer l’après-pétrole non comme la fin d’un monde, mais tel un commencement. » A Schaerbeek, le troc ressurgit sous forme de monnaie locale dans le SEL (Système d’échanges locaux) de la pla- ce Dailly. « Ça nous permet d’échanger des savoir-faire, parfois oubliés, à travers un système de troc sophistiqué. Vous obtenez des services en rendant les vôtres à d’autres personnes. Avec pour principe qu’aucun service n’est meilleur qu’un autre. Vous apprenez à quelqu’un l’espa- gnol, et quelqu’un d’autre fera du baby-sitting pour vous. L’unité de l’échange est le Grain de SEL, qui a une valeur horaire ». Une heure de travail équivaut à 60 grains de SEL. Une monnaie à forte valeur sociale : elle retisse le tissu villageois, ressoude les liens intergénéra-

tionnels et revalorise les compétences ou- bliées. A Neufchâteau ou à Grez-Doiceau, des éo- liennes citoyennes, des potagers collectifs, des ateliers de cueillette sauvage ou des bibliothè- ques spontanées essaiment sur quelques terri- toires que se partagent badauds, designers de permaculture et militants de l’après-effondre- ment. « Nous veillons à faire des activités peu consommatrices en énergie », confie Eric Luyc- kx, 47 ans, en charge du groupe de Nethen. Groupes d’achats Côté nourriture, les transitioners font leurs courses localement, se fournissent en fruits et légumes bio à travers les réseaux de Gasap (Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne) ou cultivent dans des jardins collec- tifs. Pour l’énergie, ils s’approvisionnent au- près d’opérateurs verts de la région, cherchent l’autonomie énergétique via les biomasses ou autres sources d’énergie renouvelable et vont améliorer l’isolation de leurs habitats. « On ne demande pas à tout le monde de faire partie du projet, dit Dries Maes. Il suffit d’une poignée

de gens pour construire un pont que des centai- nes de personnes peuvent emprunter. » Une dynamique solidaire « L’humanité ne fonctionne pas sans lien so- cial, embraye Ivan Markoff, quinqua, le che- veu hirsute, la barbe drue, vivant entre Saint- Josse et Namur. Le néolibéralisme a nié cet as- pect des choses. Or même l’économie est essen- tiellement faite de lien et d’échange ». « Et un idéal de monde économique durable fonction- ne comme un écosystème pérenne, postule Fa- bian Féraux. Chaque espèce naturelle ou cha- que unité économique travaille en balance avec les autres, aucune ne peut vivre en indé- pendance ». Une réflexion que les compères souhaitent transposer à l’échelle du quartier. « Plutôt que d’élaborer des structures vertica- les, hiérarchiques, nos groupes de travail s’or- ganisent sous forme de grappes éphémères. Au terme d’un projet, le groupe se dissout pour en former un autre, avec de nouveaux membres. Ça permet aux idées de circuler de manière très organique. Et aux membres de se mélanger, comme des molécules », explique Fabian.

Le mouvement peut-il aller plus loin, con- vaincre des bourgmestres, des ministres ? Ivan Markoff n’y croit pas. « Il ne faut pas attendre le gouvernement pour faire avancer les choses. Les gouvernements font face à des situations qui les dépassent. Il faut agir dès maintenant, communauté par communauté ». Mais en mars dernier, la commune de Forest est deve- nue la première à se doter d’un échevin de la Transition économique. « Cette requalifica- tion de mes compétences illustre la volonté de la commune d’engager une relocalisation de l’économie afin de préparer la nécessaire “dé- pendance zéro” à l’énergie fossile. Car la fin des ”poches de soleil gratuites” va nous forcer à to- talement modifier notre système économique. La bonne nouvelle, c’est que cette transition nous apportera des nouveaux emplois non délocalisables », dit l’échevin socialiste Grégor Chapelle. A Totnes, les cousins britanniques ne disent pas autre chose. RAFAL NACZYK

www.amisdelaterre.be/

www.villesentransition.net/

« Nous avons l’opportunité deconstruire unmonde meilleur »

M ené par Rob Hopkins, professeur de permacul- ture, le mouvement de la Transition a pris corps en 2006 à Totnes, ville anglaise de 8.000

habitants, avant d’essaimer dans le monde. Hopkins est convaincu que « sans pétrole, nos sociétés s’effon- drent ». En décortiquant notre mode de vie, nos dépla- cements et nos assiettes, il est arrivé à cette conclu- sion : on peut se désintoxiquer, mais il faut du temps.

Vous développez l’idée de la résilience par opposi- tion à la rupture prônée par les objecteurs de crois- sance. Pourquoi ? Nous laissons derrière nous un temps où notre succès économique, notre sentiment de réussite et de bien-être individuel est directement lié à notre consommation de pétrole pour entrer dans une période où notre degré de dépendance au pétrole devient notre degré de vulnérabili- té. Pour quatre barils de pétrole que nous consommons nous en découvrons un. Et cet écart continue à grandir. Actuellement, il y a 98 pays producteurs de pétrole dans le monde. Dont 65 ont déjà dépassé leur pic. Il est donc grand temps de penser à l’adaptation ou la « transition » de nos communautés vers des solutions durables. D’où le concept de résilience, qui désigne la capacité à résister aux chocs, non par une solidité à toute épreuve, mais par la faculté à reprendre forme aisément après une perturba- tion importante. C’est l’opportunité pour l’humanité de construire un monde meilleur.

Comment se structure le mouvement ? Une ville entame sa transition lorsqu’un groupe d’indivi- dus se rassemble autour d’une question : comment leur communauté peut-elle atténuer les effets d’une potentiel- le pénurie de pétrole et réduire drastiquement ses émis- sions de carbone pour contrer le changement climati- que ? Ou comment rendre leurs villes résilientes par la quête de l’autarcie énergétique et alimentaire ? Le projet remporte un tel succès que nous avons à ce jour 359 Villes

et cités en transition .

C’est un nouveau type de gouvernance ? Nous n’en avons pas la prétention. Le mouvement veut redonner la possibilité aux citoyens de concevoir et d’im- pulser leurs initiatives. C’est une dynamique « bottom- up » qui redonne une liberté créative aux citoyens. Le but est de créer un maximum de connexions avec les autori- tés politiques, notamment par la création de groupes de liaison avec les gouvernements locaux. Idéalement, il fau- drait que les autorités nationales s’inscrivent dans une dé- marche transitionnelle plus globale.

Les Villes en transition ont initié des systèmes de troc comme les monnaies complémentaires ou l’échange de semences. Quelles autres initiatives ? Les villes de Totnes et Lewes créent les premières socié- tés énergétiques détenues et gérées par la communauté. L’antenne de Stroud a elle-même rédigé la stratégie ali- mentaire du conseil. En Ecosse, un groupe a mis au point l’accès à la propriété pour les nouveaux lotissements dans leur région. Propos recueillis par R.N.

dans leur région. ■ Propos recueillis par R.N. ROB HOPKINS, l’initiateur du mouvement. © ROSALIE

ROB HOPKINS, l’initiateur du mouvement.

© ROSALIE PORTMAN / STEPHEN PRIOR.

LEXIQUE Pic pétrolier C’est l’ins-

tant à partir duquel la pro- duction de pétrole décline- ra, faute de réserves nou- velles suffisantes. L’Agen- ce internationale de l’éner- gie (AIE), qui a longtemps nié le sujet, a déclaré en 2009 que le pic viendra peut-être vers 2020, mais qu’il pourrait déjà interve- nir en 2010 si la demande mondiale dépasse l’offre. En clair, il s’agit d’un chan- gement d’ère, ni plus ni moins. Car le pétrole est le liquide matriciel de la croissance depuis plus de cinquante ans. En dehors des crises politiques de 1973 et 1979, le monde ne s’est jamais trouvé à court.

Résilience C’est le de-

gré de capacité d’une loca- lité à absorber un choc (ici, la fin du pétrole abon- dant et bon marché) sans s’effondrer.

Permaculture C’est

une agriculture qui s’af- franchit du pétrole. C’est la culture de la permanen- ce. Elle regroupe des prin- cipes et des pratiques vi- sant à créer une produc- tion agricole soutenable, économe en énergie, socia- lement équitable et res- pectueuse des êtres vi- vants.

L’acteur

L’Anglais qui va remplacer Larry King

L arry King, la star de CNN, a enfin un remplaçant !

Et, stupeur dans le monde américain de la télévi-

sion, le Prime Time de la chaîne du groupe Time

Warner sera occupé par un Anglais ! Piers Morgan aura la lourde tâche de succéder début janvier à vingt-cinq années d’interviews quotidiennes menées par celui qui reste considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du domaine. Piers Morgan ne part pourtant pas sans atout. En 1994, après cinq ans au Sun, il est nommé à 28 ans à la tête de News of The World par Rupert Murdoch et de- vient le plus jeune responsable d’un quotidien national britannique. Il se fait rapidement connaître pour sa cou- verture journalistique des célébrités : leur utilisation des médias à leur propre intérêt doit selon lui avoir com- me corollaire la perte de leur droit à l’intimité. Il quitte son poste deux ans plus tard pour diriger un autre tabloïd, le Daily Mirror. Il y poursuit son style trash et populiste : il publie en mai 2004 des photos de sol-

dats britanniques torturant des Iraqiens sans s’être assu- ré que les clichés n’étaient pas des faux… ce qu’ils se révélèrent être. Refusant de s’excuser publiquement, il est licencié sur le champ. Qu’à cela ne tienne, Piers Morgan a depuis quelques années déjà effectué ses premiers pas à la télévision et va dès lors se concentrer entièrement à ce nouveau mé- dia. Après avoir présenté sur BBC une série d’émissions intitulée « l’importance d’être célèbre », il dirige sa pre- mière émission d’actualité sur la chaîne britannique Channel 4. Son échec ne l’empêche pas d’effectuer le grand saut vers les Etats-Unis : il devient en 2006 l’un des juges de l’émission de divertissement America’s Got Talent, avant de prendre l’année suivante le même rôle dans son équivalent britannique. Sa renommée est née pourtant de sa participation et de sa victoire en 2008 dans l’émission menée par le milliardaire Donal trump « The Celebrity Apprentice ». Méchant, cruel et hu- miliant, il devient rapidement la terreur des écrans amé-

ricains. La chaîne britannique ITV lui propose dès lors un con- trat annuel de 2 millions de livres sterling pour poursui- vre pendant deux ans son rôle de juge dans Britain’s Got Talent, créer une émission à son nom, réaliser plu- sieurs interviews et des documentaires dans différents pays. Ce contrat a pourtant été rompu à l’amiable suite à l’accord donné à CNN. Pour ajouter un peu de piment à cette existence déjà bien mouvementée, après quinze ans de mariage, Piers Morgan se sépare en 2006 de la mère de ses trois en- fants, dont il divorce en 2008. Il rend public au même moment sa relation avec Celia Walden, romancière et journaliste spécialisée dans les ragots. Leurs dix-neuf années de différence et la beauté de sa jeune épouse deviennent autant d’ingrédients pour satisfaire l’appé- tit des médias people où Piers Morgan avait œuvré. Un vrai retour à l’envoyeur… TRISTAN DE BOURBON,

à Londres

© DANIEL DEME/EPA.
© DANIEL DEME/EPA.

Piers Morgan

1965 : naissance à Guildford, sud

est de l’Angleterre

1989

: entre au Sun

1994

: nommé directeur de la ré-

daction de News of The World

1996 : nommé directeur de la ré-

daction du Daily Mirror

2004

: licencié du Daily Mirror

2006

: nommé juge de America’s

Got Talent

2008 : remporte the Celebrity Ap-

prentice

2010 : nommé à la succession de

Larry King.

prentice 2010 : nommé à la succession de Larry King. Un journaliste du Soir vous répond,
prentice 2010 : nommé à la succession de Larry King. Un journaliste du Soir vous répond,

Un journaliste du Soir vous répond, tous les

jours de la semaine, à 11h02 précises, face camé- ra. Aujourd’hui, Alain Lalle- mand, sur la commémora- tion du 11 septembre, la menace de brûler le Coran

sur les lieux de la tragédie, le projet de mosquée sur le site Posez vos questions dès 10 heures, sur

www/lesoir.be/polemi-

ques/

Un livre peut-il changer le monde ?

Participez à notre sondage et faites connaître le livre qui a changé votre vie :

www. lesoir.be/culture/li- vres/

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

18

lesroutes

Le Soir Vendredi 10 septembre 2010 18 les routes
Contact / Après quinze ans, Volkswagen remplace son grand monospace Le Sharan, enfin renouvelé L’ESSENTIEL
Contact / Après quinze ans, Volkswagen remplace son grand monospace
Le Sharan, enfin renouvelé
L’ESSENTIEL
version 5, 6 ou 7 places. Les siè-
● Habitacle spacieux
ges arrière individuels, inclina-
bles et coulissants, ne peuvent
plus être déposés, mais s’escamo-
tent désormais dans le plancher.
assises des sièges de la 2 e rangée
se basculent en un seul geste.
À l’avant, on apprécie la quali-
té de la finition, l’habitabilité gé-
néreuse et la garde au toit déme-
surée, mais on déplore une am-
biance intérieure fort terne ne re-
flétant pas l’ambiance conviviale
qui distingue habituellement le
monospace d’un break classique.
La planche de bord est identique
à celle d’une berline et n’offre
donc pas les rangements ni l’ori-
ginalité de celle des monospaces
traditionnels.
En option, le toit ouvrant pano-
ramique est donc recommandé
et apporte une touche de lumière
bienvenue. Le Sharan peut enco-
re s’offrir des portes arrière et un
hayon motorisés, un système
très efficace effectuant les ma-
nœuvres de parking parallèle-
ment, mais aussi perpendiculai-
rement à la chaussée, ou encore
un amortissement piloté. Mais la
suspension d’origine effectue dé-
jà du très bon travail et main-
tient bien les mouvements de
caisse, tout en ménageant un
bon confort. Reprenant les élé-
ments de châssis des Passat et Ti-
guan, le Sharan est très efficace
sur route, bien qu’un Ford Ga-
laxy soit encore plus dynamique.
Tous les moteurs disposent
d’un Stop & Start. Le 2.0 TDI à
injection par rampe commune
est relativement silencieux et pro-
posé en version 136 ou 163 ch. Le
premier est déjà convaincant
mais le second nous semble
plus approprié pour un véhi-
cule susceptible d’être forte-
ment chargé. Les moteurs
diesel peuvent s’accoupler à
l’excellente boîte robotisée
DSG à double embrayage et
ils sont sobres (environ
7 l/100 km durant l’essai) et
propres : ils disposent de sé-
rie d’un catalyseur addition-
nel (SCR) éliminant les oxy-
des d’azote. Mais ce système
réduit l’intervalle d’entretien
de 30.000 à 15.000 km.
Volkswagen Sharan
et portes coulissantes
très pratiques.
● Finition rigoureuse
Monospace, 5 portes/5,6,7
places.
Long. : 4,85 m ; larg. 1,90 m ;
haut. 1,72 m ; coffre :
mais ambiance peu jo-
viale.
Cette solution pratique rehausse
toutefois le niveau du plancher
et ampute donc le volume de la
soute. Mais pas de souci dans le
885/2.430 l ; poids : n.c.
Moteurs et consommations : es-
● Des moteurs diesel
efficaces et « pro-
pres ».
cas du Sharan : il dispose tou-
jours d’un très grand coffre, mê-
me en configuration 7 places. On
ajoutera que l’accès au dernier
rang est aisé, car les dossiers et
sence : 1.4 TSI (1.390 cc injec-
tion directe et turbo, 150 ch,
7,2 l/100 km, 167 g/km de
CO2) ; diesel : 2.0 TDI (1.968
L e Sharan actuel date de…
1995 ! Le nouveau venu,
longtemps attendu donc,
LE SHARAN s’allon-
ge de 22 cm, mais
perd 30 kg.
cc injection directe et turbo,
136/163 ch, 5,5/5,7 l,
143/149 g).
Boîte : manuelle à 6 rapports
ou robotisée 6 rapports.
se pose en concurrent des Chrys-
ler Grand Voyager, Citroën
C8/Lancia Phedra/Peugeot
807, Ford Galaxy, Mitsubishi
Grandis et Renault Espace.
Le modèle s’allonge de 22
cm, mais maigrit de 30 kg.
Il se distingue aussi par ses
portes arrière coulissantes,
un système bien plus prati-
que pour les familles que
les portes battantes.
Fort encombrant, le Sharan
est logiquement spacieux à l’inté-
rieur, et toujours disponible en
© D.R.
Prix : de 31.750 à 37.750 eu-
ros.
Bien vu
– Portes coulissantes
– Qualité de fabrication géné-
rale
– Habitabilité/coffre
À revoir
– Ambiance intérieure assez
terne
– Encombrement
– Intervalle d’entretien (2.0
TDI)
OLIVIER MALOTEAUX

Seat Alhambra, un jumeau très envahissant…

P our cette deuxième génération, la Seat Alhambra est toujours produi-

te en commun avec le VW Sharan. Ou- tre de très légères différences esthéti- ques (calandre, dessin des feux anti- brouillard, etc.), les deux modèles parta- gent en effet la même base technique. Les moteurs et boîtes de vitesses sont donc identiques. Une gamme moderne et respectueuse de l’environnement, puisque le Start-Stop est de série et que les moteurs diesel sont ici aussi équipés d’un catalyseur piégeant les oxydes d’azo- te. Ces moteurs 2.0 TDI sont par ailleurs extrêmement sobres (consommations identiques à celles du Sharan) et disponi-

bles avec la boîte robotisée DSG. L’habitacle est également repris du Sharan et la fonctionnalité y est tout aussi soignée. Tout comme le monospa- ce Volkswagen, l’Alhambra peut s’offrir des équipements technologiques tels que les optiques bi-xénon avec comman- de adaptative et régulation automatique des feux de route, ou encore l’amortisse- ment piloté. Par contre, le système Park Assist du Sharan (effectuant les manœu- vres de parking automatiquement) est ici indisponible. Bref, mis à part de légères différences de style et d’équipements, ces deux grands monospaces affichent des presta-

Nouveauté / Kia Sportage

raux avant, rideaux et airbag de genoux pour le conducteur). Des équipements que l’on retrouve
raux avant, rideaux et airbag de genoux
pour le conducteur). Des équipements
que l’on retrouve également de série sur
l’Alhambra 2.0 TDI Référence, affiché
à… 30.790 euros seulement. Bref, le Sha-
ran est 2.000 euros plus cher pour un
équipement similaire. Pour
nous, le choix est clair ! Le
monospace Seat est
donc un concur-
rent très enva-
hissant pour
son frère de
sang, le Sha-
ran… ■
LA SEAT ALHAMBRA est 2.000
euros moins chère que la VW
Sharan pour un équipement
similaire. © D.R.
O.M.
site. Des prix : 55 euros/jour pour
une 207, 30 euros pour un scoo-
ter 125 avec casque et cadenas,
9 euros pour un vélo électrique.
Après un test en été, lancement
lors de la semaine de la mobilité.
TECHNIQUE
Le concept GTC attendu au Salon de Paris, c’est la nouvelle si-
gnature stylistique d’Opel. Malgré ses allures de coupé 3 por-
tes (4,46 m), il peut accueillir 5 personnes et repose sur un
châssis sport et un moteur 2 l turbo avec stop & start. © D.R.
MOBILITÉ
Mu by Peugeot
Au départ, l’initiative s’apparen-
te à de la location (voitures, scoo-
ters, vélos électriques ou non),
mais Peugeot dit s’inscrire dans
l’évolution de la mobilité en vou-
lant séduire des non-automobi-
listes, y compris les utilisateurs
de transports en commun, à re-
courir occasionnellement à ses
services. Sans oublier certains de
ses clients habituels qui, renon-
çant à l’achat d’une voiture, pour-
raient devenir des locataires de
différents véhicules selon les be-
soins du moment. Déjà testé
dans différents pays, « Mu by
Peugeot » arrive à Bruxelles (Uc-
cle et Meiser) et à Anvers avant
de s’étendre à d’autres conces-
sions dans le pays. En pratique,
le client crée un compte sur le si-
te et achète des points de mobili-
té avant de réserver un véhicule
par téléphone et sous peu via le
Fiat 500 Twin Air
Surfant sur la vague des véhicu-
les « propres », un secteur qu’il
domine (127,8 g de CO 2 /km en
moyenne) devant Toyota et Peu-
geot, Fiat lance la Fiat 500 Twin
Air dont le moteur 2 cylindres re-
pose sur le « downsizing », un tur-
bo et la technologie multisoupa-
pes. Avant d’autres moteurs (65
et 105 ch), la « Twin Air » est dis-
ponible aujourd’hui en version
85 ch (4,1 l/100 km, 92 g de
CO 2 /km) et au prix de 13.160 eu-
ros, moins les primes fédérales et
wallonnes. On retrouvera le mê-
me moteur sur de futures Fiat hy-
brides. Brièvement testée, la 500
Twin Air ne manque pas de dyna-
misme, mais il faudra choisir en-
tre sobriété et conduite sportive
(0 à 100 km/h en 11 s). Fiat comp-
te assembler 450.000 moteurs
de ce type par an. (Y. de P.)

tions et des performances énergétiques semblables. Alors, lequel choisir ? Tout dépendra bien sûr du rapport prix/équi- pements. Comparons donc les deux mo- dèles dans la version qui sera sans doute la plus vendue : la 2.0 TDI 136 ch de ba- se. Dans sa variante Trendline, le Sha- ran 2.0 TDI coûte 32.930 euros et dispo- se déjà d’un équipement très correct, puisque l’on trouve de série les vitres et rétroviseurs à commande électrique, l’airco automatique, la radio-CD/MP3, l’ordinateur de bord, le contrôle de pres- sion des pneus, le frein de parking élec- trique, le contrôle de stabilité ESP et une panoplie de 7 airbags (frontaux, laté-

Le SUV coréen sort du bois

C ’est une des bonnes surpri- ses de ces dernières semai-

nes : au moment d’aborder une troisième vie, le Sportage sort de sa réserve. Loin du plagiat, le SUV compact de Kia – cousin de la Hyundai IX35 – se dote enfin d’une vraie personnalité esthéti- que, quitte à perdre un peu de pla- ce dans le coffre afin de se don- ner des allures de break avec une hauteur réduite de 6 cm. Le cons- tructeur sud-coréen en pleine croissance – numéro 4 mondial, 1,6 million de véhicules vendus – joue une carte importante avec

ce véhicule répondant à un mar- ché en croissance, à l’inverse des gros SUV, et offrant comme d’au- tres une alternative aux berlines et breaks à travers un look origi- nal, des aspects pratiques et la po- sition surélevée. Y compris dans une version à deux roues motri- ces sans aptitude au tout-terrain. Sur base de la plateforme et des motorisations de la Hyundai, la Kia a donc trouvé sa propre image via un design et des aména- gements techniques pensés en Al- lemagne pour le marché euro- péen. En plus de dimensions un

LE SPORTAGE, à 2 ou 4 roues mo- trices, privilégie le confort. © D. R.

mo- trices, privilégie le confort. © D . R . peu élargies (4,44 m de long,

peu élargies (4,44 m de long, 1,86 m de large) qui se traduisent par une habitabilité généreuse (564

à 1.353 l quand même pour le cof- fre). L’aménagement intérieur

est lui aussi plaisant, mais on lui reprochera le choix de quelques plastiques très basiques. Brièvement découvert au vo- lant de la version 2.0 CRDI, le Sportage doté d’un nouvel essieu arrière multibras privilégie le confort, quitte à se contenter d’une direction pas très précise et de quelques mouvements de cais- se. Pas de quoi perturber une con- duite conventionnelle en profi- tant d’un moteur diesel dynami- que (136 ch, 304 Nm) et souple (7,5 l aux 100 km dans nos mains). Les autres versions dispo- nibles sont le 1.600 GDI essence

à injection directe (140 ch) et un

diesel 1.7 CRDI (84 ch). La boîte de vitesse manuelle offre 6 rap- ports et une boîte auto est dispo- nible en option sur la 2.0 CRDI qui sera lancée sous peu, y com- pris en version 4X4 à embrayage multidisque Haldex. Le prix du

Sportage 2.0 CRDI 2WD Easy :

22.490 euros. YVES de PARTZ

1NL www.lesoir.be
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Le Soir Vendredi 10 septembre 2010

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