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Université de Cergy-Pontoise

Licence en droit – 2ème année

DROIT CIVIL DES OBLIGATIONS

DROIT DES CONTRATS

Fiche n° 1

2010-2011
Cours de Mme Caroline PELLETIER
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Fiche n° 1
A la découverte du droit des contrats

I – Bibliographie (non exhaustive)

BENABENT (A.), Les obligations, Montchrestien, 12ème éd., 2010.

FABRE-MAGNAN (M.), Droit des obligations – Contrat et engagement unilatéral (tome 1), PUF,
2ème éd., 2010.

FENOUILLET (D.) et MALINVAUD (Ph.), Droit des obligations, Litec, 11ème éd., 2010.

FLOUR (J. et Y.), AUBERT (J.-L.) et SAVAUX (E.), Droit civil – Les obligations, Tome 1 : L’acte
juridique, Sirey, 14ème éd., 2010.

MALAURIE (Ph.), AYNES (L.) et STOFFEL-MUNCK (Ph.), Droit civil – Les obligations,
Defrénois, 4ème éd., 2009.

TERRE (F.), LEQUETTE (Y.) et SIMLER (Ph.), Droit civil – Les obligations, Dalloz, 10ème éd.,
2009.

II – Déroulement du contrôle continu

 Objectifs de l’année

Les deux exercices qui seront privilégiés ce semestre sont le cas pratique d’une part, et le
commentaire d’arrêt d’autre part. Ce seront d’ailleurs les deux exercices qui seront proposés, au
choix, lors de l’examen terminal en janvier.

 Travail attendu de l’étudiant

Avant chaque TD, il est demandé à l’étudiant :

- de lire la partie du cours traitant du thème du TD, ainsi qu’un (ou plusieurs) manuel(s) sur le
même point.

- de lire tous les arrêts de la fiche de TD, d’établir systématiquement une fiche de
jurisprudence pour chacun d’entre eux, ce qui permettra de les relier aux passages du cours
auxquels ils correspondent. Il est très important de faire l’effort de mettre ainsi en
perspective le cours et les arrêts de la fiche de TD.

- de réaliser les exercices indiqués.


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 Modalités du contrôle continu

La note de contrôle continu sera composée :

- d’une note d’interrogation de cours de 20 minutes, que chaque chargé de TD organisera à


sa convenance ;

- d’une note d’interrogation de 1h30, réalisée au cours d’une séance de TD, et portant sur
la résolution d’un cas pratique.

- d’une note de « galop d’essai » de 3h, exercice qui sera commun à l’ensemble des
groupes de TD, portera sur un commentaire d’arrêt.

- d’une pondération de la moyenne de contrôle continu en fonction de la participation


orale de l’étudiant au cours des séances de TD.

III – Méthodes

Document 1 Méthodes (indicatives) du cas pratique et du commentaire d’arrêt.

IV – Exercice

1) Définir les termes suivants :

- Contrat / Convention / Acte unilatéral - Contrat commutatif / aléatoire


- Contrat consensuel / solennel / réel - Contrat à exécution instantanée / à
- Contrat synallagmatique / unilatéral exécution successive
- Contrat nommé / innommé - Contrat de gré à gré / Contrat d’adhésion
- Contrat interne / international - Contrat électronique
- Contrat à titre onéreux / à titre gratuit - Contrat cadre

2) Qualifier le plus précisément possible les actes suivants :

Exemple : l’achat d’une baguette de pain à la boulangerie


= Contrat consensuel, synallagmatique, nommé (vente), interne, à titre onéreux,
commutatif, à exécution instantanée, de gré à gré.

- La location d’un appartement


- La souscription d’une assurance
- Le testament
- La donation d’un tableau
- L’achat d’une bande dessinée sur un site d’enchères sur internet (ex : e-bay)
- L’abonnement à un magazine
- Le prêt d’un DVD entre amis
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Document 1 – Méthodes (indicatives) du cas pratique et du commentaire d’arrêt.

Ce semestre de droit des contrats sera entièrement consacré à deux types d'exercices juridiques : le cas
pratique et le commentaire d’arrêt. Pour chacun d’entre eux, des conseils méthodologiques peuvent
être donnés, sans qu'il s'agisse de "recettes-miracles" : ce ne sont que des orientations qu'il appartient
à chacun de mettre en œuvre et surtout d'adapter en fonction des particularités du sujet.

A – Le cas pratique

Le cas pratique n'est pas un exercice difficile. Il demande simplement beaucoup de rigueur. Mais la
méthode en elle-même, avec un peu d'entraînement, ne doit pas poser de problème, puisqu'il faut
toujours, quel que soit le cas, suivre les mêmes étapes de raisonnement.
Cet exercice se résout en trois étapes qu'il est impératif de suivre.

1ère étape : les qualifications juridiques

Il faut tout d'abord qualifier juridiquement les faits et la question qui est posée.
Qualifier juridiquement, cela veut dire retranscrire, traduire des termes de la vie courante en termes
juridiques. Par ces différentes qualifications, on passe du cas concret à la situation proprement
juridique et aux problèmes de droit.

* Qualifier les faits.

Pour débuter un cas pratique, il ne faut jamais reprendre les faits textuellement. Il faut au contraire
les exposer en juriste. Ces faits doivent donc être retracés dans un ordre chronologique, en nommant
les personnes, les actes, les événements par les termes juridiques appropriés.

Les cas pratiques sont souvent rédigés de façon ambiguë, parfois incomplète. Il arrivera donc qu'il
manque dans les faits un élément important, cet élément, selon sa nature, pouvant entraîner
l'application de règles différentes.
Dans ce cas, il ne faut pas trancher le dilemme, mais impérativement envisager les deux situations
et construire son raisonnement autour des deux hypothèses suggérées par l'énoncé du cas pratique.

* Qualifier la question posée.

Deux situations peuvent se présenter :

- soit la ou les questions sont déjà formulées en termes techniques et précis. Dans ce cas, le
problème de droit posé par la situation concrète est donné. La qualification est déjà faite.

- soit la question est formulée en termes vagues et imprécis (par exemple : appréciez la
situation juridique ; conseillez telle personne ; que pensez-vous de...etc.). Dans ce cas, il faut
dégager le ou les problèmes de droit soulevés par la situation de fait, poser les questions
adéquates, en termes juridiques.

2ème étape : les règles de droit applicables (la solution en droit)

C'est une étape importante du raisonnement. Vous vous êtes posé les questions auxquelles vous
allez devoir répondre. Il faut maintenant décrire et expliquer les règles de droit applicables à la
situation juridique. Ce sont ces règles qui apporteront les principes de solution et qui justifieront les
réponses finales.
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Pour définir les règles de droit applicables, il faut passer en revue :

- les textes internationaux et internes, légaux et réglementaires ;


- la jurisprudence sur la question ;
- éventuellement la doctrine, s'il n'existe qu'une solution doctrinale au problème, ou si la
doctrine préconise une solution différente de celle des textes ou de la jurisprudence ; en bref,
si la doctrine a adopté une position particulièrement marquante par rapport à la question.

Il ne faut jamais affirmer une règle de droit sans en citer la source : tel article du Code civil, tel arrêt
de la Cour de cassation, éventuellement telle position de la doctrine. L'affirmation d'un principe
juridique sans justification n'a aucune valeur.

Cette étape du raisonnement est délicate : il faut expliciter toutes les règles de droit justifiant la
solution à laquelle vous allez aboutir, mais seulement ces règles. Attention au hors sujet. Il ne faut
pas exposer en détail une règle qui ne concerne pas directement la situation.

3ème étape : la solution au cas d'espèce (la solution en fait)

Cette dernière étape consiste à tirer les conclusions du raisonnement en appliquant la solution en
droit au cas d'espèce.

Attention, le cas concret ne correspond parfois pas complètement au droit positif qui a été exposé.
Dans ce cas, il faut le souligner et faire valoir qu'au vu des règles applicables, le juge, confronté au
cas concret, apportera certainement telle ou telle solution. Il faut discuter de la solution au cas
d'espèce.

Il ne faut pas oublier que les réponses apportées doivent être motivées, justifiées. C'est l'exactitude
et la rigueur du raisonnement juridique qui seront jugées dans cet exercice, davantage que la
solution en elle-même.

Un dernier mot en ce qui concerne le plan : si les questions sont clairement formulées, en termes
juridiques, il n'y a pas de plan à faire. Il faut répondre dans l'ordre des questions posées, en suivant
le raisonnement décrit.

Si aucune question n'est posée, ou si la question posée est très vague, il faut dégager les différents
problèmes de droit et y répondre les uns après les autres. S'ils sont trop nombreux, vous devez alors
les regrouper en deux ou trois parties, ceci afin d'ordonner votre devoir.

B - Le commentaire d'arrêt

Le commentaire d'une décision de justice est souvent considéré comme un exercice difficile. Il faut
en effet éviter un double écueil : le commentaire d'une décision ne doit pas être un prétexte pour
réciter le cours ; le commentaire ne doit pas être non plus une paraphrase de la décision.

Le commentaire d'arrêt se résume finalement en deux choses :


- une analyse précise et efficace de l'arrêt ;
- un plan cohérent permettant d'ordonner les différents points de cette analyse dans une
rédaction rigoureuse et soignée.
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1ère étape : l'analyse de l'arrêt

Préalablement à tout commentaire, il faut faire une analyse d'arrêt, c'est-à-dire une fiche de
jurisprudence très approfondie.
Pour tout commentaire, la réflexion doit s'orienter dans trois directions :
- La confrontation de la décision avec le droit positif antérieur (sens).
- La discussion critique (valeur).
- La recherche des incidences ultérieures de la décision (portée).

1ère question : la décision est-elle conforme au droit positif ? (SENS)

Il faut examiner la conformité de la décision au droit positif existant. Cette confrontation de la


décision au droit positif doit être particulièrement minutieuse.
Le sens, schématiquement, c'est tout ce qu'il y a avant l'arrêt, tout le droit qui lui est antérieur, et la
comparaison de la solution de l'arrêt avec ce droit positif antérieur.
Vous devez replacer la décision dans son contexte, en expliquant celui-ci.

Deux hypothèses :
- Si la décision apparaît conforme au droit positif, il faut étudier et discuter ce droit positif.
- Si la décision n'apparaît pas conforme au droit positif, il faut expliquer l'apport, la différence
d'interprétation pour plus tard en faire la critique et évaluer les conséquences de la décision.

Différentes questions peuvent vous y aider :


- La décision tranche-t-elle un point sur lequel il n'y avait pas encore de jurisprudence ?
- La décision prend-elle parti sur un point controversé en jurisprudence, discuté en doctrine ?
- La décision constitue-t-elle un véritable revirement de jurisprudence ?

2ème question : la décision mérite-t-elle d'être approuvée ou critiquée et pour quelles raisons ?
(VALEUR)

Il faut ici examiner les impératifs au regard desquels l'arrêt doit être étudié :

- Impératif de logique : le raisonnement des juges est-il parfaitement logique ? Hasardeux ?


Faux ? Contradictoire ?
- Impératifs juridiques : la solution est-elle cohérente avec les grands principes juridiques, les
autres règles d'origine légale ou jurisprudentielle en la matière ? Sur quel principe ou quel
impératif juridique est-elle fondée ?
- La solution est-elle juste (appréciation en équité) ?
- La solution est-elle utile, pratique, opportune ?
- Quels intérêts fait-elle prévaloir ou protège-t-elle ?

3ème question : les incidences juridiques et extra-juridiques de l'arrêt. Quel est son rôle dans
l'évolution ultérieure de la jurisprudence ? (PORTEE)

La portée, c'est tout ce qu'il y a après l'arrêt, c'est l'évolution postérieure du droit positif, et la façon
dont l'arrêt a agi ou agira sur cette évolution.

Deux hypothèses :

- Si l'arrêt est ancien, classique ou se rattache à une jurisprudence connue, il faut préciser les
conséquences et le rôle qu'a eu sa solution ou son interprétation depuis qu'il est intervenu.
C'est l'hypothèse la plus simple, puisqu'elle se rattache directement à vos connaissances.
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- Si l'arrêt est récent, il faut essayer de prévoir s'il peut avoir des conséquences sur le droit positif
dans son domaine ou dans des domaines voisins, s'il jouera un rôle important (arrêt de principe)
ou faible (arrêt d'espèce, arrêt isolé) dans l'évolution de la jurisprudence sur la question.

N'oubliez pas que les conséquences et le rôle d'une décision dépendent :

- de son genre : une décision novatrice aura plus d'incidences qu'une décision-application.
- de son autorité : un arrêt de la Cour de cassation ou du Conseil d'Etat aura plus d'incidences
qu'une décision des juges du fond.
- de sa nature : un arrêt de cassation a, en principe, une portée plus grande qu'un arrêt de rejet.
- de sa valeur : une décision cohérente avec les principes et les règles qui gouvernent la
matière aura plus d'incidences qu'une décision encourant la critique quant à son fondement.

2ème étape : l'élaboration d'un plan

Beaucoup de plans sont possibles car il existe une grande variété de décisions.
Il est souvent envisageable d'adopter un plan "sens-valeur-portée", ces trois points étant alors
regroupés en deux parties : une première partie où l'arrêt est analysé, une seconde où il est apprécié.
Mais selon les décisions, on peut aussi regrouper signification et valeur de la décision en première
partie, et consacrer à l'étude de la portée de la décision une seconde partie ; ou à l'inverse, consacrer
toute la première partie à la signification et examiner valeur et portée en seconde partie.

Quand vous le pouvez, si vous le souhaitez, vous pouvez aussi adopter un plan dit matériel, plus
simple à manier et à trouver (principe / exceptions ; principe / mise en œuvre ; domaine ou nature /
régime ; causes / effets etc.).
Ce type de plan n'est pas à négliger même s'il peut sembler banal : s'il correspond bien au contenu
de l'arrêt, il ne faut pas le rejeter car il assure un commentaire très convenable.

Reste un troisième type de plan : le plan d'idées. Il présente certes un caractère original mais est
beaucoup plus risqué, car il est à la fois plus difficile à trouver et plus difficile à manier. Sa cohérence
est en outre loin d'être assurée. Ce type de plan demande donc une certaine pratique de l'exercice.

Dernière précision : si la décision à commenter contient deux problèmes de droit bien distincts, il
faut consacrer une partie à chaque problème de droit.

3ème étape : la rédaction

Les mêmes conseils généraux que ceux donnés pour la dissertation prévalent.
Il faut en revanche souligner l'importance dans cet exercice de l'introduction, et la structure
particulière qu'elle doit avoir.

Toute introduction doit être construite ainsi :


- Phrase introductive générale, introduisant donc le domaine général dans lequel se situe la
décision. Il est absolument indispensable de commencer son devoir par une ou deux idées
d'ordre général. Il ne faut jamais commencer par le rappel des faits.
- Le sujet précis de la décision.
- La nature et la date de la décision commentée.
- Les intérêts et l'actualité de la question.
- Les faits, la procédure et les prétentions des parties, ceci dans un ordre chronologique.
- Le problème de droit, énoncé de façon claire et précise : phase indispensable de l'introduction.
- La solution de la décision, ainsi qu’un exposé synthétique de la motivation en droit de l’arrêt.
- L'annonce de plan.