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[EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS (COUR EUROPEENNE DES DROITS DE UHOMME Maitre Edgard KIGANGA-SIROKO 63, boulevard Berthelot 63000 CLERMONT-FERRAND ‘CINQUIEME SECTION CEDH-LF4.1aR. PDIJ/PRU/tsc Requéte n° 37568/09 Rhazali et autres c. France 13 SEP. 2010 Maitre, Je vous informe qu’a la suite d’un examen préliminaire de la recevabilité de la requéte susmentionnée le 31 aodt 2010, la chambre laquelle l'affaire a été attribuée a décidé, en vertu de Particle 54 § 2 b) du réglement de la Cour, de donner connaissance de la requéte au gouvernement frangais et d’inviter celui-ci @ présenter par écrit ses observations sur la recevabilité et le bien-fondé des griefs des requérants tirés de la violation des articles 3 et 13 de la Convention. La chambre a déclaré irrecevables la requéte au regard du syndicat des avocats de France ainsi que les griefs tirés des articles 2 et 5 de la Convention a l’égard de tous les requérants. Un exemplaire de la décision partielle de la Cour se trouve ci-joint. Vous trouverez, ci-joint, une note d’information a T'intention de la partie requérante concemant la procédure aprés la communication d’une requete. La chambre a également décidé, en vertu de l'article 54A § 1 du réglement, d’examiner conjointement la recevabilité et le fond de cette requéte. Par conséquent, si la Cour estime que la requéte est recevable et on état d’étre jugée au fond, elle pourra immédiatement adopter un arrét en vertu de article 54A § 2 du réglement. Le Gouvemement a été invite & soumettre ses observations avant le 5 janvier 2011. Celles-ci vous seront communiquées aprés quoi vous pourrez y répondre par écrit au nom des requérants, en joignant le cas échéant votre demande de satisfaction équitable au titre de Particle 41 (article 60 du réglement). La chambre a indiqué au Gouvernement que ses observations devraient porter sur les points énumérés en annexe & la présente lettre. Teese cores ( Zz TH +33 013 6841 20 18 ‘COUNCIL OF EUROPE | CONSEIL DE EUROPE : (67075 STRASBOURG Cedex, Fronce a Lilbdad sober tiers Le Gouvernement a également été invité 4 indiquer, dans le méme délai, sa position quant & un réglement amiable de l’affaire et A soumettre le cas échéant ses propositions & cet égard (article 62 du réglement). Vous voudrez bien faire de méme quand vous recevrez ses observations. F'attire votre attention sur Particle 33 du réglement de la Cour, selon lequel les documents déposés au greffe par les parties ou par des tiers intervenants doivent étre accessibles au public, & moins que le président n’en décide autrement pour les raisons indiquées au paragraphe 2 de cette disposition. [I s'ensuit qu’en régle générale toutes les informations contenues dans les documents que vous soumettez au greffe, notamment les renseignements concemant des personnes désignées ou identifiables, pourront étre consultées par le public. De plus, ces informations pourront apparaitre dans HUDOC, base de données de la Cour accessible par internet, si la Cour les intégre dans un exposé des faits établi pour notification d’une affaire au gouvernement défendeur, dans une décision sur la recevabilité, une décision de rayer une requéte du réle ou un arrét. ‘Veuillez agréer, Maitre, ’assurance de ma considération distinguée. Deda C. Westerdiek Greffiére de section PJ. : Décision partielle et Questions Note d'information EUROPEAN COURT OF HUMAN RIGHTS COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME CINQUIEME SECTION DECISION PARTIELLE SUR LA RECEVABILITE de la requéte n° 37568/09 présentée par Karim RHAZALI et autres contre la France La Cour européenne des droits de I’homme (cinquiéme section), siégeant Je 31 aot 2010 en une chambre composée de : Peer Lorenzen, président, Renate Jaeger, Jean-Paul Costa, Karel Jungwiert, Rait Maruste, Isabelle Berro-Lefévre, Zdravka Kalaydjieva, juges. et de Claudia Westerdiek, greffiére de section, ‘Vu la requéte susmentionnée introduite le 3 juillet 2009, Aprés en avoir délibéré, rend la décision suivante : EN FAIT Les requérants, MM, Karim Rhazali, né en 1982 («le premier requérant »), Mohamed Bakhma (le «deuxiéme requérant »), Manuel Chemir, né en 1989 (« le troisiéme requérant »), Stéphane Jacquet, né en 1978 («le quatriéme requérant »), Johan Lefevre, né en 1975 (wlecinguitme requérant »), et Loic Packa, né en 1985 («le sixiéme requérant »), sont des ressortissants frangais, actuellement détenus & la maison d’arrét de Clermont-Ferrand, & I’exception du DECISION RHAZALI ET AUTRES . FRANCE 3 et d’une cour de promenade cimentée & ciel ouvert. II dénonga en revanche le défaut de ventilation des douches oi |’atmosphére est confinée et dans lesquelles des carreaux cassés peuvent étre coupants. Des courtiers furent adressés au ministre de la Justice par les avocats de trois des requérants ainsi que par le SAF le 10 septembre 2008 pour demande lindemnisation des requérants du fait de leurs conditions de détention. D’autres courriers furent adressés, le 22 septembre 2008 au contrdleur général des lieux de privation de liberté, le 18 novembre 2008 au préfet du Puy-de-Dome et le 2 décembre 2008 au maire de Clermont- Ferrand. Le préfet répondit qu’il ordonnerait une visite de la commission de surveillance du site et saisirait 'administration pénitentiaire pour engager des travaux de mise en conformité, tandis que le maire fit état des interventions successives de la municipalité, disant espérer la construction dun nouvel établissement pour 2014. Une plainte, qui resta sans réponse, fut déposée au nom des trois détenus par le SAF le 1 décembre 2008, Les requérants précisent par ailleurs que, le 20 janvier 2009, Ia Cour de cassation a, dans le cadre dun autre litige, validé le refus des juridictions instruction ’instruire une plainte pour conditions d’hébergement contraires a la dignité dans le contexte d’une détention, {Is mentionnent une décision rendue en mars 2008, par laquelle une juridiction administrative de premiére instance, le tribunal administratif de Rouen, condamna I’Etat frangais & indemniser des détenus & raison de leurs conditions de détention. Depuis lors, un autre tribunal administratif, celui de Nantes, ainsi que la cour administrative de Douai rendirent des décisions comparables, respectivement en juillet et novembre 2009. GRIEFS, 1, Invoquant les articles 2, 3 et 5 de la Convention, les requérants exposent étre ou avoir été soumis a des conditions de détention les soumettant & des souffrances dépassant le niveau inévitable inhérent & Vincarcération, en particulier du fait du manque d’ espace. 2. Les requérants affirment en outre n’avoir disposé, pour dénoncer la violation alléguée de l'article 3 de 1a Convention, d’aucun recours satisfaisant aux exigences de l'article 13 de la Convention. 3. Tls invoquent également article 6 de la Convention, alléguant que la jurisprudence de la Cour de cassation, qui a confirmé le refus d’informer sur ‘une plainte pénale visant les conditions de détention, revenait & les priver dun aceés au juge. DECISION RHAZALI ET AUTRES ¢. FRANCE 5 Or en lespéce, le SAF ne saurait se prétendre lui-méme victime d'une situation qui aurait porté atteinte 4 des tiers, sans établir en quoi cette situation affecte directement ses droits ou, le cas échéant, la défense des intéréts de ses membres devant les juridictions internes. I s'ensuit que la requéte, en tant qu’elle a été introduite par le SAF, est incompatible ratione personae avec les dispositions de la Convention et doit tre rejetée conformément a ’article 35 § 3 de la Convention. S'agissant des autres requérants, en I’état actuel du dossier, la Cour ne s'estime pas en mesure de se prononcer sur la recevabilité de ces grief et juge nécessaire de communiquer cette partie de la requéte au gouvernement