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L'Empire anglo-américain

Par Nos Libertés le samedi 23 août 2008

En 2007, les Éditions Jean-Cyrille Godefroy ont publié "Pétrole Une guerre
d'un siècle" écrit par William Engdahl. Nous vous recommandons très
chaudement l'achat de cet ouvrage, si vous souhaitez ne pas mourir idiot, et
comprendre dans quel monde vous vivez.

Le projet de Charles de Gaulle d'une Europe unie de "l'Atlantique à l'Oural"


était une ambition légitime, pour vivre dans une Europe souveraine et en
paix. Mais, comme vous pourrez le constatez, à la lecture de l'ouvrage de
William Engdahl, le principal opposant à ce projet était l'Angleterre, épaulée
par les États-Unis.
L'empire britannique, qui régnait sur le Commonwealth et n'avait pas de lien
avec l'Europe continental, n'avait aucun intérêt à ce qu'une Europe
continentale, forte et unie, émerge et puisse lui faire concurrence dans la
domination du monde. Les aristocrates anglais associés aux milliardaires
américains se sont donc trouvés en accord complet, pour imposer au monde
entier la terreur militaire, la domination financière, le contrôle du pétrole et
la destruction des économies nationales.

Extraits du livre :

"En 1820, le Parlement britannique approuva une déclaration de principe qui,


à travers une série d'évolution sur une période d'un siècle ou presque, eut
pour conséquence majeure le déclenchement de la première guerre mondiale
et ses suites tragiques. Cette déclaration avait pour but la promotion du soi-
disant « libre-échange absolu », un concept élaboré quelques décennies
auparavant par l'économiste écossais Adam Smith. Dès 1846, cette
déclaration de principe se concrétisa, quand le Parlement abrogea les
fameuses lois sur le blé ("Corn Laws"), supprimant ainsi la protection de
l'agriculture nationale anglaise. L'abrogation des lois de protection des prix
du blé entraîna la ruine des fermiers et de l'agriculture nationale
britannique."

[...]

"L'abrogation des lois sur le blé étendit à tout l'empire britannique le principe
de la politique de main-d'œuvre à bon marché. Après une déferlante de
produits d'alimentation à bas prix, les seuls bénéficiaires de cette politique
furent les gigantesques établissements londoniens de commerce international
et les banques qui les finançaient. Le clivage social de la société britannique
s'aggrava, entre une mince frange de population très opulente et une masse
d'individus paupérisés, en nombre grandissant."

[...]

"Telle a été la politique qui continue de dominer la législation britannique. En


pratique, elle a considéré la nation dans son ensemble comme un opérateur
commercial géant face au reste du monde, gérant un formidable stock de
biens destiné non pas à l'usage mais à la vente, s'efforçant de produire au plus
bas prix afin de vendre en dessous du prix de la concurrence et considérant
les salaires comme un manque à gagner pour les nantis."

[...]
"Une campagne idéologique fut lancée en 1851, à destination des classes
dominantes qui, usant d'un argument malthusien, reportait les effets de cette
politique sur une «prétendue surpopulation»."

[...]

"Depuis 150 ans, ces manœuvres libre-échangistes ont constitué le fondement


de la stratégie économique britannique. Le génie britannique a résidé dans
cette aptitude camélonesque à adapter sa politique à une réalité économique
internationale fluctuante. Le cœur de la doctrine a subsisté : l'arme du libre-
échange absolu d'Adam Smith opposée aux politiques économiques de
souveraineté nationale des puissances rivales."

La Reine d’Angleterre

[...]

"La Grande-Bretagne a profité des circonstances particulières, qui font d'elle


une île séparée de l'Europe continentale, pour se libérer des coûts d'entretien
d'une armée de terre, afin de se concentrer sur la maîtrise des mers. Le pillage
des richesses des vastes confins du monde lui a permis de maintenir un
équilibre des forces sur le continent, créant ou finançant à volonté des
coalitions contre toute nation, qui à un moment donné a semblé sur le point
de dominer la masse continentale européenne."

[...]
"Au contraire de l'Empire français et des autres nations, l'Angleterre façonna
son empire d'après Waterloo, en mariant d'une façon extrêmement
sophistiquée les plus grands banquiers et financiers de la City, les ministres
du gouvernement, les chefs d'entreprises industrielles réputés stratégiques
pour l'intérêt national, avec les chefs des services d'espionnage."

[...]

"Après 1873, le décalage grandissant entre l'économie déprimée de l'Empire


britannique et les économies industrielles émergentes de l'Europe
continentale, dont le Reich allemand était la plus avancée, créa les conditions
qui permirent l'explosion de 1914."

[...]

"Depuis 1890, l'Allemagne avait décidé de bâtir une solide alliance


économique avec la Turquie, afin d'étendre vers l'est l'exportation de ses
produits industriels. Le projet de chemin de fer Berlin-Badgad était la pièce
maîtresse d'une stratégie économique brillante et réaliste. La Grande
Bretagne s'opposa au projet. L'origine des tragiques violences moyenne
orientales perpétrées depuis les années 1890 remonte directement à cette
période."

[...]

"À cette époque, l'Allemagne était prise dans l'étau de la grande compagnie
américaine Rockefeller Standard Oil. Sa branche allemande contrôlait 91 % de
toutes les ventes du marché allemand."

[...]

"Nombreux sont ceux qui dans l'establishment britannique avaient compris,


bien avant 1914, que la guerre était la seule solution permettant de ramener la
situation européenne sous contrôle britannique. »

[...]

"Des guerres régionales continuelles furent déclenchées dans les Balkans, le


bas-ventre mou de l'Europe centrale. Pendant la première guerre des Balkans
de 1912, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce secrètement soutenues par
l'Angleterre, déclarèrent la guerre à la Turquie. [...] Une deuxième guerre fut
déclenchée en 1913, consolidant les acquis politiques de la première, dans
laquelle la Roumanie participa à l'écrasement de la Bulgarie. Le décor de la
grande guerre européenne britannique était prêt."
[...]

"Tandis que la France et l'Allemagne étaient occupées à s'entre-tuer dans une


boucherie sanglante et inutile, la Grande Bretagne déplaçait vers le théâtre
oriental la masse énorme de 1 400 000 de ses soldats."

[...]

"Après 1918, la Grande Bretagne continua de maintenir près d'un million de


soldats au Moyen-Orient, alors que le golfe Persique était devenu un « lac
britannique » dès 1919. Les Français en colère ne protestèrent que faiblement
quand, alors que des millions des leurs étaient blessés sur le front occidental,
la Grande-Bretagne, profitant de la situation, remportait des victoires contre
l'Empire turc affaibli."

[...]

"Balfour et Rotschild étaient tous deux membres d'une faction impérialiste


montante en Grande-Bretagne, qui travaillait à établir un empire mondial
durable, fondé sur des méthodes sophistiquées de contrôle social. La
Fédération sioniste britannique, financée par lord Rothschild, avait
subventionné l'émigration de centaines de Juifs en Palestine qui, depuis 1900,
fuyaient la Pologne et la Russie grâce à l'association juive de colonisation."

[...]

"Les milliards de dollars d'épargne américaine mobilisés par la banque new-


yorkaise JP Morgan & Co avaient contribué d'une façon décisive à la victoire
britannique. En 1919, au moment de la conférence de paix de Versailles, la
Grande-Bretagne devait aux États-Unis l'incroyable somme de 4,7 milliards
de dollars."
JP Morgan

[...]

"Les prêts de Morgan, levés pour la plupart à titre privé à l'intention des
Français et des Britanniques, l'étaient sur les ressources de la compagnie
DuPont et de ses amis."

[...]

"Quand il devint clair que seule l'entrée en guerre de l'Amérique pouvait


éviter le désastre qui se profilait en Europe pour les intérêts de JP Morgan et
de ses clients européens, des articles favorables dans la presse américaine,
relayés par l'assistance attentive des services secrets britanniques aux plus
hauts niveaux, organisèrent l'entrée en guerre de l'Amérique du « bon » côté,
c'est-à-dire du côté des intérêts britanniques."

[...]
"Dès l'entrée en guerre officielle des États-Unis, JP Morgan avaient
tranquillement reporté leurs prêts privés au gouvernement britannique, sur la
dette générale du Trésor américain."

[...]

"Lionel Curtis, qui avec Blafour, Milner et d'autres était depuis longtemps
membre du cercle occulte de la Table ronde, appelé aussi « nouvel empire »
proposa d'organiser un Institut Royal des Affaires Internationales. La
première mission dévolue à ce nouvel institut fut d'écrire l'histoire « officielle
» de la conférence de paix de Versailles." [...] Le même cercle décida de doter
l'institut londonien d'une branche américaine sous le nom de Comité new-
yorkais pour les Relations Extérieures (New York Council for Foreign
Relations), afin de voiler les liens étroits qui les reliaient aux Britanniques. Ce
comité était initialement composé presque entièrement d'hommes de Morgan
et financé par son argent."

[...]

"En 1912, à l'aube de la Grande Guerre, la Grande Bretagne ne contrôlait pas


plus de 12 % de la production pétrolière mondiale. En 1925, elle contrôlait la
majorité des approvisionnements mondiaux."

[...]

"Le 22 juin 1922, un peu plus de deux mois après que le traité de Rapallo
(ndlr : traité commercial entre l'Allemagne et la Russie mis en place par
Rathenau) eut été rendu public, Walter Rathenau était assassiné en sortant de
sa résidence de Berlin."

[...]

"En juillet 1922, à la suite du meurtre de Rathenau, la mark-or plongea sur


toutes les places à 493 marks pour un dollar."

[...]

"Sous l'égide du plan Dawes, l'Allemagne paya des réparations pendant cinq
ans, jusqu'en 1929. À la fin de 1929, elle devait plus qu'au début. Il s'agissait
en fait d'un pillage organisé par la communauté bancaire internationale
dominée par Londres et New York."
David Rockefeller

[...]

"En 1927, un traité de paix fut signé à Achnacarry, dans le château écossais de
sir Henry Deterding, de la Shell. John Cadman, représentant de l'Anglo-
Persian Oil & Co dépendante du gouvernement britannique (British
Petroleum) et Walter Teagle, président de la Standard Oil de Rockefeller du
New Jersey (Exxon), se réunirent sous le prétexte d'une partie de chasse pour
établir le cartel économique le plus puissant de l'histoire moderne. [...] Ils
s'accordèrent pour entériner la répartition des parts de marché existantes,
fixer un prix mondial et mettre fin à la compétition destructrice et à la guerre
des prix de la décennie précédente. [...] Depuis cette époque, à l'exception de
quelques interruptions mineures, l'hégémonie anglo-américaine sur les
réserves de pétrole mondiale a été totale."
[...]

"Morgan avait décidé de stabiliser le régime fasciste de Mussolini. À la


demande pressante de Montagu Norman, gouverneur de la Banque
d'Angleterre et de JP Morgan, Volpi di Misurata constitua en 1926 une
banque centrale italienne unifiée, la Banque d'Italie, pour contrôler la
politique monétaire nationale et assurer le remboursement de la dette
extérieure. Mussolini avait montré qu'il était l'homme fort idéal pour
discipliner les syndicats de travailleurs italiens, réduire les salaires et imposer
une austérité suffisante pour garantir les prêts étrangers. En tout cas, c'est ce
que pensaient les gens de Morgan à New York."

[...]

"La secousse vint de la Réserve fédérale de New York et de la Banque


d'Angleterre qui, en 1929, après avoir maintenu leur taux au plus bas pendant
deux ans de spéculation boursière sans précédent, les augmentèrent par une
série de manœuvres. Le krach prévisible des marchés de New York et de
Londres entraîna une fuite massive des fonds bancaires américains et
britanniques hors d'Allemagne et d'Autriche. [...] La crise bancaire qui
s'ensuivit, la dépression économique et les développements tragiques en
Allemagne et en Autriche furent pratiquement dictés à la lettre par Montagu
Norman, de la Banque d'Angleterre, George Harrison, le gouverneur de la
Réserve fédérale de New York, la maison Morgan."

[...]

"L'option Hitler bénéficiait du soutien britannique au plus haut niveau : y


contribuaient le premier ministre britannique Neville Chamberlain, Philippe
Kerr (plus tard lord Lothian) du groupe de la Table ronde."

[...]

"En 1931, Norman et la Banque d'Angleterre avaient catégoriquement refusé


d'avancer le moindre pfenning à l'Allemagne, précipitant la crise bancaire et
le chômage. Dans cette situation désespérée, la prise de pouvoir d'Hitler
devint une option envisageable pour les milieux dirigeants de l'Allemagne.
Dès le début de 1933, quand Hitler eut consolidé son pouvoir le même
Montagnu Norman manœuvra avec une hâte indécente pour récompenser le
gouvernement hitlérien en lui accordant le crédit de la Banque d'Angleterre
dont il avait besoin."

[...]
"En 1946, peu après la visite de Churchill, l'ex-premier ministre avait réussi à
créer une situation avantageuse pour la grande Bretagne. La CIA serait
calquée sur le réseau de l'OSS londonien. La politique de défense américaine
serait fondée sur une mise en commun américo-britannique des secrets de la
défense militaire et du renseignement."

[...]

"L'hégémonie anglo-américaine sur le pétrole mondial joua un rôle central


dans l'accord élaboré par le Britannique lord Keynes et son homologue
américain, Harry Dexter White. Élaboré à Bretton Woods, dans le New
Hampshire, l'accord final de 1944 est à l'origine du « nouvel ordre mondial »
des affaires économiques et financières d'après guerre. Le système de Bretton
Woods fut établi sur trois piliers : Le FMI, la Banque Mondiale et le Gatt (ndlr
: qui devint l'OMC, mais l'auteur oublie le quatrième pilier qui est l'OMS)."

[...]

"En 1947, la moitié de tout le pétrole européen était fournie par les cinq
grandes compagnies américaines. Les majors américaines du pétrole
n'hésitèrent pas à tirer avantage de cette situation. Malgré quelques enquêtes
du Congrès et des protestations bureaucratiques des niveaux intermédiaires
face à la mauvaise utilisation des fonds du plan Marshall, Big Oil força
l'Europe à payer un prix élevé, très élevé."

[...]

"C'est là que l'hypocrisie britannique apparut en pleine lumière. Auparavant,


le ministère des Affaires étrangères britannique avait refusé d'intervenir dans
les négociations entre l'Anglo-Iranian Oil et l'Iran au prétexte qu'il ne voulait
pas interférer dans les affaires d'une compagnie privée, malgré le fait que 53
% de l'Anglo-Iranian Oil fussent détenues par le gouvernement de Sa Majesté.
Désormais, l'Anglo-Iranian Oil étant nationalisé par l'Iran, le gouvernement
britannique, non seulement intervint dans les négociations mais soutint
également ses exigences en envoyant des unités de la marine royale
britannique dans les eaux iraniennes."
[...]

"En août 1953, la CIA, avec l'opération Ajax coopéra pleinement avec les
Britanniques du SIS au renversement de Mohamed Mossadegh (ndlr : chef du
gouvernement iranien). "

[...]

"Le 11 octobre 1958, Mattei signa un accord selon lequel, en échange de d'une
livraison annuelle garantie de 2,4 millions de tonnes pendant cinq ans, l'Eni
assurait une exportation pétrolière soviétique nettement améliorée vers
l'Occident. Le pétrole ne serait pas payé en liquide mais en nature, par la
livraison de tronçons de pipeline de grand diamètre. Cela devait permettre le
développement d'un immense réseau de pipelines pour transporter le pétrole
brut soviétique depuis la Volga et l'Oural jusqu'en Tchécoslovaquie, en
Pologne et en Hongrie."

[...]

"Le 27 octobre 1962, un mois après que l'usine de pipeline de la Finsider eut
commencé de rouler l'acier pour les pipelines soviétiques, l'avion privé de
Mattei, après avoir décollé de Sicile pour Milan, s'écrasa, tuant les trois
passagers à bord."

[...]
"Avec une rhétorique chaleureuse favorable à l'Europe de Monnet, l'essence
de la politique de Washington consistait à ouvrir le nouveau marché commun
aux importations américaines et à l'arrimer fermement à l'alliance militaire
de l'Otan, dans laquelle les voix américaines et britanniques prédominaient.
Le plan de Washington impliquait aussi un soutien à la candidature
britannique au marché commun des six nations, une manœuvre à laquelle de
Gaulle avait de très bonnes raisons de s'opposer avec intransigeance."

[...]

"Une Europe continentale politiquement et économiquement indépendante


était la dernière chose à laquelle certains milieux de l'establishment anglo-
américain aspiraient."

[...]

"Pendant les années soixante le cœur de l'économie américaine fut


progressivement transformé en une sorte d'économie militaire, au service de
laquelle la guerre froide contre le danger communiste fut utilisée pour
justifier les dizaines de milliards de dollars dépensés"

[...]

"Lyndon B Johnson devait passer d'un « conseil technique » de la CIA au


Vietnam à un conflit militaire d'une vaste ampleur, déversant des dizaines de
milliards de dollars et 500 000 hommes en uniforme dans une guerre
programmée pour échouer en Asie du sud-est. L'objectif de cette guerre visait
à faire travailler le marché des obligations de Wall Street au financement du
niveau record de la dette du Trésor américain, tandis que quelques
compagnies choisies, liées à l'industrie de la défense, maintenaient leurs
juteux profits par le biais de la compagne asiatique."

[...]

"En juin 1967, le gouvernement du général de Gaulle annonça que la France


se retirait du « pool de l'or » institué par l'Amérique. [...] Quelques jours
après le refus français de soutenir le plan américain de renflouement par les
Droits de Tirages Spéciaux (ndlr : créés par le FMI en avril 1968), la France
elle-même était devenue la cible de la plus sérieuse déstabilisation depuis la
guerre : mai 68."

[...]

"Quand Nixon décida de cesser d'honorer la convertibilité de la devise


américaine en or, il ouvrit les vannes du grand casino de la spéculation avec
une ampleur jamais vue dans l'histoire. Au lieu d'évaluer les affaires
économiques sur le long terme selon des standards d'échange stables, après
août 1971 le commerce mondial ne fit plus que jouer sur la fluctuation du
niveau des devises. Les véritables architectes de la stratégie de Nixon venaient
des banques commerciales influentes de la City."

[...]

"Après août 1971, la politique promue par Henry Kissinger, conseiller à la


sécurité nationale de la Maison Blanche, consista non plus à développer, mais
à contrôler les économies nationales du monde entier. Les politiques
américains commencèrent à se présenter fièrement comme des néo-
malthusiens. La réduction de la population du Tiers-monde devint la priorité
des années soixante-dix."

[...]

"En mai 1973, alors que la dramatique chute du dollar restait encore vivace
dans les esprits, un groupe de quatre-vingt-quatre des plus influentes
personnalités de la finance et de la politique se réunit en Suède, à Saltsjöben,
station retirée sur une île appartenant à la famille du banquier suédois
Wallenberg. Cette réunion du groupe de Bilderberg fondé par le prince
Bernhard, écouta Walter Lévy, un participant américain, exposer le scénario
d'une hausse imminente de 400 % des revenus pétroliers de l'Opep."

[...]

"Le 6 octobre 1973, l'Égypte et la Syrie envahirent Israël. Ce fut le début de la


guerre de Kippour. Contrairement à l'impression répandue, la guerre de
Kippour n'était pas simplement le résultat d'un défaut d'évaluation, d'une
bourde ou de la simple décision arabe de lancer une attaque militaire contre
l'État d'Israël. Toute la constellation des événements qui présidèrent au
déclenchement de la guerre d'Octobre fut secrètement orchestrée par
Washington et Londres en utilisant le puissant réseau diplomatique secret
mis en place par Henry Kissinger."

[...]

"Les pays pétroliers arabes devaient être les boucs émissaires de la colère
mondiale à venir, tandis que les intérêts anglo-américains responsables
resteraient tranquillement à l'arrière-plan."

[...]
"Anderson et sa compagnie Atlantic Oil financèrent à hauteur de plusieurs
millions de dollars des organisations pour contester l'énergie nucléaire. L'un
des premiers bénéficiaires des largesses d'Anderson fut Les Amis de la Terre,
un groupe qui fut doté à l'époque de 200 000 dollars. L'une de ses premières
actions fut d'attaquer l'industrie nucléaire allemande. [...] Brice Lalonde,
directeur des Amis de la Terre en France et futur ministre de l'Environnement
de Mitterand en 1989, était à l'époque le partenaire parisien de Coudert
Frères, cabinet juridique allié à la famille Rockefeller."

[...]

"Selon le Mémoire d'Étude pour la Sécurité Nationale de Kissinger


(NSSM200) l'expansion démographique de certains pays en voie de
développement dotés de ressources naturelles stratégiques nécessaires à
l'économie américaine constituait une menace pour la sécurité nationale. [...]
Les treize pays ciblés par le rapport de 1974 étaient : le Brésil, le Pakisan,
l'Inde, le Bangladesh, l'Égypte, le Nigeria, le Mexique, l'Indonésie, les
Philippines, la Thaïlande, la Turquie, l'Éthiopie et la Colombie."

[...]

"Ces mêmes intérêts anglo-américains, après avoir manipulé les événements


politiques pour susciter une augmentation de 400 % du prix du pétrole, se
tournèrent ensuite vers les pays victimes de cette offensive et offrirent de leur
prêter, à un taux d'intérêt naturellement surévalué, des pétrodollars, afin de
financer leurs achats de ce pétrole si onéreux."

[...]

"Le schéma de Lewis, qui fut révélé en mai en Autriche, à l'occasion de la


rencontre du groupe de Bilderberg, cautionnait le mouvement radical des
Frères musulmans qui inspirait Khomeini, afin de favoriser la balkanisation
de tout le Moyen-Orient musulman selon des lignes de fractures tribales et
religieuses. [...] Le coup d'État contre le shah, à l'instar de celui qui avait été
dirigé contre Mossadegh en 1953, fut mené par les services secrets
britanniques et américains, avec Brzezinski dans le rôle de l'Américain
grandiloquent, que les médias présentent comme celui qui délivre l'Iran du
Shah."

[...]

"L'aristocratique Kippman affirmait que la société devait être partagée entre


une élite, ou classe spéciale, chargée de conduire la masse vulgaire et un
public en grande partie ignorant."
[...]

"Le véritable enjeu de la confrontation militaire de Thatcher avec l'Argentine


dans les Falklands visait à renforcer le principe de la collecte de la dette du
Tiers-monde par une nouvelle forme de diplomatie de la canonnière inspirée
du XIXe siècle. En avril 1982, les deux tiers de la flotte navale britannique
furent envoyés dans l'Atlantique sud pour une guerre que la Grande-Bretagne
faillit perdre quand l'Argentine déploya ses missiles exocet français."

[...]

"À l'instar de l'Iran, un Mexique moderne et indépendant était considéré par


certains puissants intérêts anglo-américains comme intolérable; La décision
fut prise d'intervenir pour saboter les ambitions industrielles du Mexique en
lui imposant des taux exorbitants sur le remboursement de sa dette
extérieure. Une attaque en règle sur le peso mexicain, préparée avec soin fut
orchestrée au début de l'automne 1981."

[...]

"Les prescriptions du FMI étaient invariablement les mêmes. Le pays


débiteur qui en était la victime était averti que s'il voulait à nouveau pouvoir
disposer du premier centime de prêt de la part d'une banque étrangère, il
devrait gratter les importations jusqu'à l'os, sabrer sauvagement le budget
national, d'où une réduction des subventions à l'alimentation et aux autres
besoins de base."
[...]

"Le 29 novembre 1989, quelques jours après la chute du mur de Berlin, des
tueurs professionnels firent exploser la voiture blindée d'Alfred Herrhausen
qui, quelques jours auparavant, avait formulé dans le "Wall Street Journal"
ses plans pour faire dans les dix ans à venir, de l'Allemagne de l'Est, la région
économique la plus moderne d'Europe."

[...]

"Selon les transcriptions de l'échange effectuées par les officiels irakiens,


publiées plus tard par le gouvernement de Bagdad et confirmées par le
Congrès américain un an plus tard, Glaspie (ndlr : ambassadeur des États-
Unis) déclara à Saddam que Washington ne prendrait pas parti dans la
dispute entre l'Irak et le Koweit. Moins d'une semaine plus tard, les forces
irakiennes occupaient Koweit City. [...] Quelques mois plus tard, la plus
grande concentration militaire américaine depuis la guerre du Vietnam se
mettait en place en Arabie Saoudite pour préparer une offensive de
bombardement à saturation de l'Irak."

[...]

"Armés de la promesse du marché libre comme voie royale vers la richesse et


la prospérité, l'administration Clinton et ses alliés de Wall Street avaient
attiré une région après l'autre dans leur zone d'influence directe. La «
mondialisation » était le mot fourre-tout qui consistait en fait à mondialiser la
puissance américaine, consolidée par la puissance des banques, de la finance
et des compagnies américaines."

[...]

"Zbigniew Brzezinski : « les trois impératifs de la géostratégie impériale


consistent à empêcher la collusion, à maintenir la dépendance sécuritaire
parmi les vassaux, afin de les garder tributaires, conciliants et protégés, et à
empêcher les barbares de s'unir."

[...]

"Au mois de mars 1990, quand le premier ministre japonais rencontra le


président américain à Palm Spings, il avait bien saisi le point de vue
américain : le Japon ne devait pas entrer en rivalité avec le dollar américain
en Europe de l'Est. En quelques mois la bourse japonaise avait perdu presque
cinq trillions de dollars. Il ne fut désormais plus question de défi japonais face
aux plans financiers des Américains."
[...]

"La Corée du Sud et les autres tigres asiatiques furent envahis par un déluge
de dollars étrangers. Entre 1994 et le début de l'attaque sur le bath thaïlandais
en mai 1997, des bulles spéculatives se développèrent dans l'immobilier de
luxe, les valeurs boursières locales et autres actifs financiers. Bien avant que
les tigres asiatiques aient pu mettre en place les contrôles adéquats contre les
abus possibles, les fonds spéculatifs (hedge funds) passèrent à l'attaque. Ces
fonds discrets s'attaquèrent d'abord à la Thaïlande, dont l'économie était la
plus faible."

[...]

"L'Asie devait devenir une autre province du royaume du dollar grâce au FMI.
Le secrétaire au Trésor, Rubin l'appelait par euphémisme : « la politique
américaine du dollar fort »."

[...]

"Si les nations européennes regroupées autour de l'Allemagne et de la France


devaient dominer le cœur-de-pays eurasiatique centré sur la Russie, comme
Mackinder le nommait, cette combinaison détiendrait le potentiel, les
ressources et l'avantage géographique capable de dominer le monde entier."

[...]

"Le but des réformes de marché du FMI de Washington était simple et radical
: détruire les liens économiques qui liaient Moscou à chacune des parties de
l'Union soviétique : Ouzbékistan, Kazakhstan, Géorgie, Azerbaïdjan, Estonie,
Pologne, Bulgarie, Hongrie, etc."

[...]

"En 1992, le FMI exigea, comme passage obligé vers l'économie de marché, le
libre flottement du rouble, ce qui entraîna dans l'année une augmentation des
prix de 9 900 % et une chute corrélative du niveau de vie de 84 %. Pour la
première fois depuis 1917, du moins en temps de paix, la majorité des Russes
connut la misère."

[...]

"Nombreux sont ceux qui espéraient un démantèlement de l'Otan, une fois la


« menace » soviétique disparue, mais les stratèges de Washington n'avaient
pas attendu la chute du régime soviétique pour commencer à élaborer sa
nouvelle mission."

[...]

"Utilisant la NED, la Fondation pour une société ouverte de Georges Soros et


le FMI, Washington plongea la Yougoslavie dans le chaos économique pour
s'en servir comme d'un instrument de géopolitique. En 1989, le FMI exigea
que le Premier ministre Ante Markovic imposât une réforme structurelle de
l'économie."

[...]

"En novembre 1990, sous la pression de l'administration Bush, le Congrès


approuva le Foreign Operation Appropriation Act. Cette nouvelle loi
américaine prévoyait que n'importe quelle partie de la Yougoslavie qui ne
déclarait pas son indépendance dans les six mois de la promulgation de l'acte
perdrait tous les soutiens américains. La loi exigeait que des élections
séparées supervisées par le département d'État américain fussent organisées
dans chacune des six républiques yougoslaves. Elle stipulait aussi que l'aide
devrait être adressée directement à chaque république et non pas au
gouvernement central de Belgrade. En bref, l'administration Bush exigeait
l'auto-dissolution de la Fédération Yougoslave. Elle mettait délibérément le
feu pour déclencher une nouvelle série de guerres balkaniques."

[...]

"Au début de 1999, l'administration Clinton décida que le moment était venu
de changer la donne. À Rambouillet, un Milosevic indigné rejeta l'exigence
américaine, l'infâme appendice B, qui mandatait les troupes de l'Otan pour
occuper le Kosovo et potentiellement la Serbie « pour des raisons
humanitaires et afin de prévenir un génocide » Le rejet prévisible de
Milosevic fut utilisé pour justifier la guerre. Washington commença une
campagne de bombardements massifs, ignorant les prérogatives de la loi
internationale, la Chartre de l'Onu, la Charte de l'Otan, les accords d'Helsinki
de 1975 et même la constitution américaine, selon laquelle seul le Congrès a le
pouvoir de déclarer la guerre."

[...]

"Alors que Belgrade se relevait des ruines de la guerre du Kosovo, les États-
Unis se trouvaient désormais en position de contrôler entièrement toutes les
voies d'approvisionnement possibles de la CEE."

[...]
"L'intérêt de l'entourage de George W Bush pour le pétrole était indéniable.
Cheney avait été un directeur d'Halliburton Inc, la première compagnie
mondiale de prestations géophysiques pétrolières. Rice avait siégé au conseil
d'administration de Chevron oil. Bush lui-même avait une grande expérience
du pétrole et Don Evans, le secrétaire au Commerce était aussi un pétrolier."

[...]

"La fille du cheikh al-Sabah fut plus tard identifiée comme celle qui, en
octobre 1990, avait affirmé au Congrès américain avoir été témoin de
l'enlèvement de bébés koweïtiens de leurs incubateurs par des soldats
irakiens. Ce témoignage choquant avait été l'un des principaux facteurs du
soutien des Américains à l'opération Tempête du Désert. Plus tard, il s'avéra
que cet incident avait été une opération de relations publiques conçue à
Washington par le bureau de la société Hill & Knowlton."

[...]

"En juillet 2001, les Talibans tombèrent en disgrâce à Washington, quand les
négociateurs américains posèrent leurs conditions pour le pipeline. Selon des
sources sûres, ils auraient dit aux chefs des Talibans : «ou bien vous acceptez
notre offre sur un tapis d'or, ou bien nous vous enverrons sous un tapis de
bombes ». Les Talibans voulaient que les États-unis reconstruisent les
infrastructures afghanes. Ils voulaient que le pipeline fût non seulement une
ligne de transit vers l'Inde et au-delà, mais qu'il servit également aux besoins
énergétiques afghans. Washington refusa ces exigences. Le 11 septembre 2001
donna à Washington l'excuse, dont il avait besoin, pour déverser son tapis de
bombes sur Kaboul."

[...]

"Dès que Washington eut installé Karzaï à Kaboul, Bush et Cheney


commencèrent à battre le tambour de guerre contre Saddam Hussein, le
nouvel Adolphe Hitler de Washington, qui remplaçait Slobodan Milosevic."

[...]

"Le Pentagone pilotait la reconstruction de l'Iraq d'après guerre en lieu et


place du département d'État comme il eut été normal. Le Pentagone de
Wolfowitz avait clairement fait savoir que seuls les bons amis de
l'administration se verraient attribuer les contrats lucratifs de l'industrie
pétrolière irakienne. La société Halliburton de Cheney était en tête de liste,
ainsi que Bechtel et certaines compagnies pétrolières américaines et
britanniques."
Georges W Bush et ses amis
[...]

"Le slogan de Kissinger des années 1970 : « qui contrôle le pétrole contrôle les
nations » permettait mieux que jamais de comprendre la politique étrangère
américaine de la première décennie du XXIe siècle."

[...]

"Washington s'attaqua aux autres dominos énergétiques du monde qui,


fermement poussés par ses soins, tombèrent l'un après l'autre. La Géorgie,
située sur le trajet d'un pipeline stratégique courant de la Caspienne à Ceyhan
en Turquie, devint un protectorat de fait en 2004, quand Mikhaïl
Saakachivili, un avocat de 36 ans, qui avait fait ses études aux États-Unis, fut
élu président à la suite de la « Révolution rose »."

[...]

"Au début de 2003, alors que tous les yeux se tournaient vers l'Irak, le
Pentagone préparait un accord pour l'implantation à long terme de bases
militaires à Sao Tomé et Principe, deux petites îles du pacifique
commodément situées à portée de frappe des champs pétroliers d'Afrique de
l'Ouest."

[...]

"Le pétrole, la denrée la plus essentielle pour la croissance économique


mondiale était désormais sous contrôle, non pas indirectement, par le biais
des différents régimes de la région, mais directement par la force militaire.
Avec la ferme mainmise sur les flux pétroliers mondiaux, l'Amérique disposait
à présent d'une véritable arme de destruction massive, de chantage potentiel
sur le reste du monde. Qui oserait défier le dollar ? [...] Le Pentagone
disposait d'un terme pour cela : "full spectrum dominance", domination totale
sur tous les fronts. Cela signifiait que les États-Unis étaient en voie de
contrôler partout, les situations militaires, économiques et politiques."

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Agir ?

Subir la propagande de la télévision et de la radio ?


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