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Le Seuil de la Discipline

Khalifa Nargis

Table des matières

Le chercheur de Dieu

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La vérité gît dans le paradoxe

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6 -

La non importance de la connaissance terrestre- 8

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Le Maître

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Le but de la création

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Faire de Dieu une réalité vivante

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Le voyage mystique

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20 -

Attraction et répulsion

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Le sacrifice de la lumière

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34 -

L'annihilation

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38 -

Le péché et la vertu

- 41 -

Le mystère de la souffrance

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44 -

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"Les Paroles que je vous dis sont Esprit, et elles sont vie" Jean 6. 63.

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Le chercheur de Dieu

Il y a aujourd'hui de nombreuses discussions sur ce que c'est qu'être Disciple et sur le Sentier, mais il y en a peu qui connaissent la vérité concernant soit l'un, soit l'autre, et ceux qui savent vraiment gardent le silence.

Il est très difficile de reconnaître un vrai disciple, car il ne prétend rien, il ne cherche jamais à paraître comme différent des gens ordinaires aux yeux des autres. Si un pouvoir quelconque se développait en lui, il n'en parlerait pas aux autres, mais il le considérerait comme un dépôt sacré et secret. Dans sa vie extérieure, il est comme les autres hommes et peut être un fidèle d'une religion quelconque ou d'aucune. Mais dans la vie intérieure, il est connu comme un chercheur de Dieu, et la seule chose qui ait quelque valeur pour lui est la Recherche - qui pour un disciple sincère, est la réalité vitale - auprès de laquelle tout le reste est irréel. Cela ne veut pas dire que sa vie ordinaire, avec tous ses devoirs et ses responsabilités, soit négligée; aucune responsabilité ne peut être évitée, aucun devoir ne doit rester inaccompli, non

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seulement ce qui et difficile et déplaisant, mais aussi ce qui est facile et agréable.

Un chercheur de Dieu comprend que Dieu doit être recherché dans toutes les situations et dans chaque expérience de la vie, car c'est seulement par cette recherche constante, faite avec unité de cœur, qu'il comprendra qu'il n'y a aucun lieu au monde, qu'il soit grand ou petit, élevé ou bas, bon ou mauvais, dans la peine ou le chagrin, où Dieu ne soit pas. Il comprendra que chaque atome dans l'univers est pénétré de Sa vie et maintenu par Son amour. Mais une telle réalisation ne peut pas être transmise à un autre, car pour chacun il y a une expérience différente qui est pour lui seul.

La vision de Dieu est connue de ceux qui comprennent le sens véritable de l'unité du cœur, car le cœur est un et peut seulement recevoir une seule réflexion à la fois.

"La lumière du corps est l’œil, et si ton oeil est un, ton corps entier sera plein de lumière."

Mt. 6. 22.

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La vérité gît dans le paradoxe

Un Maître c'est à dire celui qui a atteint la maîtrise sur le chemin d'équilibre, s'est élevé au-dessus de la loi des paires d'opposés. L'homme ordinaire ne peut faire l'expérience de l'un sans l'autre, ne peut jamais connaître la lumière sans l'obscurité sur quelque plan que ce soit jusqu'à ce qu'il ait transcendé sa personnalité ou faux ego. Car aussi longtemps qu'il s'identifie avec lui, il se tient devant la lumière que cherche son véritable ego et crée ainsi l'obscurité de sa propre ombre. Si l'homme pouvait se rendre compte que toute obscurité est créée par ses propres pensées qui ont construit ce faux ego, il commencerait à les retirer des choses matérielles et temporelles et s'efforcerait de prendre conscience de la partie de lui-même qui est spirituelle et éternelle. Ainsi son ombre diminuerait de plus en plus jusqu'à ce qu'elle soit dispersée par la lumière de son moi réel. L'équilibre ne peut être atteint que par l'expérience des deux: le réel et l'irréel, la lumière et l'ombre.

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"Ces hommes aux actions pures dans lesquels le péché est éteint, Eux, libres des paires trompeuses des opposés, m'adorent, Fermes dans leurs vœux".

(Bhagavad Gîta)

Un Maître sur ce sentier comprend que la vérité gît dans le paradoxe, et par sa propre expérience sait que celui qui veut trouver la vérité doit passer par le portail de l'ombre des choses; que le mystère du son est révélé dans le silence; que l'on doit atteindre la bénédiction de la paix en entrant par la porte du sacrifice; que la joie peut habiter dans la maison de la douleur; que la connaissance marche sur le chemin de l'ignorance; et que c'est seulement en passant par le portail du temps que l'homme peut atteindre l'Éternel.

Quiconque a pu atteindre ces stades sur la route de la vie, est demeuré en chacun jusqu'à ce qu'il ait gagné l'expérience nécessaire, et puis est passé au-delà, a maîtrisé la vie et la mort.

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La non importance de la connaissance terrestre

ne peut devenir un disciple sur le chemin vers Dieu tant qu'il n'a pas compris la non- importance de la connaissance terrestre. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas l'acquérir; elle est essentielle tant qu'on vit la vie extérieure, mais on ne doit pas l'utiliser comme guide dans la vie intérieure. Fouler le chemin du retour implique un complet retournement ou détournement. Par conséquent, tout ce qui auparavant semblait si important est maintenant oublié ou laissé en arrière; mais cela doit d'abord être connu, autrement cela serait encore devant le disciple et non pas derrière:

"Le savoir de tous les sages finit par la réalisation qu'ils ne savent pas."

Sheikh-Sharf-ud-Din.

C'est l'aboutissement du savoir qui est important, non pas l'ignorance. Quand cette étape de la réalisation est atteinte, l'on comprend que la connaissance du Soi est la seule connaissance qui éclaire le chercheur de

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Dieu, et que si un tel être se retourne et fait face à son être intérieur, à son être réel, il recevra l'illumination, et selon les paroles d'un maître soufi, il saura ceci:

"C'est ta propre existence qui te voile à Toi- même. Si cela avait été le voile d'une seule activité, il pourrait être ôté par une activité opposée. Mais la totalité de toi-même étant un voile, tu ne peux être prêt à la vision divine à moins et tant que toi-même ne disparaisses complètement."

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Le Maître

Je vais essayer d'expliquer le sens profond de ce que veulent dire les termes "Le Maître" ou "Le Christ", bien qu'aucun mot ne puisse réellement contenir ici quelque sens, sinon pour ceux dont les yeux sont ouverts en quelque mesure aux mystères de la vie.

Le Corps du Maître (si l'on peut employer un tel mot - champ magnétique conviendrait peut-être mieux) est composé des âmes parfaites de ces êtres qui en chaque âge depuis le commencement de cette terre, ont atteint le stade d'évolution connu des mystiques sous le nom de perfection. L'Esprit qui guide ou qui informe est le même dans chaque nom et forme saints, et ils forment collectivement l'incorporation du Christ Unique.

En tant qu'individualités ils ont été, et sont encore séparés, distincts et vivants; mais leurs âmes forment Un Seul Esprit qui est connu comme l'Esprit-Guide.

Cela expliquera en quelque mesure à ceux qui sont doués de compréhension le mystère de nombreux maîtres et pourtant d'Un Seul

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Maître, de nombreuses religions et pourtant d'Une Seule Religion, de Nombreuses vérités et pourtant d'Une Seule Vérité; et il y a encore un mystère au-delà; chaque âme qui atteint la perfection est un enrichissement de ce Corps Mystique, qui par l'évolution d'âmes parfaites atteint son propre achèvement. Mais avec ces mots on ne peut en parler, ils ne peuvent être révélés qu'aux sens fermés.

Le secret de toutes choses est caché dans l'Homme lui-même; cherche-le là, ô Étudiant de la vie, si tu veux connaître les mystères, car dans ce livre de la nature sont écrites toutes choses nécessaires à ton salut.

Le Souffle de Son corps sont les enfants de la Terre.

"Homme, connais-toi toi-même." "La paix de l'Éternel se tient auprès de ceux qui se connaissent eux-mêmes"

Bhagavad Gîtâ.

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Le but de la création

En Dieu (en Dieu manifesté ou limité) est tout ce qui a jamais existé, ou qui pourrait être conçu, ou pensé, ou fabriqué, par quelqu'être que ce soit dans l'Univers; il n'y a rien de nouveau, tout a toujours existé; avant le commencement du temps cela était, et après que le temps aura été consommé cela sera; rien ne peut être ajouté, rien ne peut être enlevé.

"Alors quel est le but de la création?"

C'est de créer et de détruire des formes; de ré- arranger, transmuer et transformer sans cesse chaque atome et molécule appartenant au monde dans lequel nous vivons, jusqu'à ce que la Forme Parfaite soit façonnée; qui alors devient le Corps de Résurrection ou Corps de Rayonnement du Grand Esprit que les hommes appellent Christ ou Esprit-Guide.

Ce qu'englobe le Corps du Christ à venir est l'essence de l'évolution humaine. A mesure que chaque âme est devenue parfaite, elle transmet cette essence et d'autant en est enrichie la corporalité du Christ. Jusqu'à ce

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que ce Corps soit complet, c'est-à-dire que chaque atome qui le compose soit arrivé à perfection (ou élevé à sa condition de lumière originelle) et occupe sa propre place dans ce Corps, le Christ est enseveli dans l'humanité; Il ne peut se lever ou monter au "Père" jusqu'à ce que la "Pierre" n'ait été roulée de côté.

L'interprétation mystique de la Pierre est qu'au long des âges l'accumulation des pensées des hommes s'est durcie, concrétisée et fixée jusqu'à devenir presque immuable, mais que jusqu'à ce qu'elle soit enlevée la Vérité qui est la Vie ne peut pas être vue. Elle doit être libérée, et alors seulement, quand elle s'élève l'homme peut voir avec la vision véritable que tout ce que l'on détient est perdu.

Quand Jésus était sur la terre, même Ses plus proches disciples ne pouvaient percevoir Sa grandeur et ils s'affligeaient de ce qu'il dût les quitter. Ce n'est pas avant qu'Il ne se soit élevé dans Son corps de Résurrection qu'ils purent comprendre. Aussi longtemps qu'Il fut près d'eux physiquement et qu'ils purent Le toucher et L'entendre parler ils ne purent Le connaître qu'en tant qu'homme. Mais quand le

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corps fait de terre ne Le fixa plus en bas, et qu'Il fut libéré de sa limitation, alors seulement, quand ils L'eurent apparemment perdu, il purent recevoir la Vérité. Quand Il fut ainsi élevé, ils purent aussi l'être avec Lui, dans la mesure où ils purent réaliser ce mystère en eux-mêmes.

Comme le Christ Cosmique s'élève dans ce Corps mystique rayonnant , cette portion d'humanité qui est devenue "parfaite" s'élève aussi avec Lui vers une évolution plus grande; mais ici la pensée ne peut pas suivre et tout essai d'explication ne ferait que provoquer de la confusion; tout ce qu'on perçoit ne peut pas être transmis en paroles.

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Faire de Dieu une réalité vivante

"Des

Cieux,

Dieu

s'est

penché

vers

les

hommes,

 

pour

voir

s'il

en

est

un

d'intelligent,

qui

cherche Dieu"

Psaume 53. 2.

Avant qu'un homme ne puisse aspirer à connaître Dieu, il doit d'abord connaître et comprendre le mystère de l'amour:

"Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour".

ais aimer ne signifie pas vivre sans cesse dans un état d'extase, et cela n'implique pas non plus que l'on soit aimé. Le vrai sens, le sens intérieur, est complète soumission du moi, sacrifice de tout ce qui se tient entre l'âme et l'objet de sa dévotion. Quand une telle soumission est parfaite, il n'y a plus de place pour le désir d'être aimé: il ne peut y avoir de récipient si l'immersion est complète. L'homme ne peut aimer Dieu avant de savoir comment aimer, telle est la première leçon

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que la vie, la grande Initiatrice essaye d'enseigner à chaque être humain, car

"L'amour a le pouvoir d'ouvrir la porte de la Vie Eternelle"

Inayat Khan.

Quand le disciple en a appris le mystère le plus profond de l'abnégation, il cherche une grandeur sans cesse croissante en laquelle il puisse se perdre, jusqu'à ce qu'enfin Dieu devienne pour lui une nécessité absolue. C'est à ce stade qu'il se rend compte de son aspiration, et pousse le cri de tous les chercheurs véritables "O si je pouvais Le trouver!". Et peut-être alors pour la première fois comprend-il le désir de l'âme de briser les liens de l'illusion et de s'échapper de tout ce qui la retient de s'unir à Dieu.

"Le moi se tient comme un mur entre l'homme et Dieu"

Inayat Khan.

De même qu'aucun homme ne peut aimer à moins qu'il n'ait trouvé l'objet de son désir, l'on doit d'abord chercher Dieu, puis le chercheur doit en faire une réalité vivante. La

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réalisation de chacun sera pour lui seul et ne pourra être communiquée à aucun autre :

"Et vous Me chercherez et Me trouverez quand vous m'aurez cherché de tout votre cœur"

Jérémie 29. 3.

On ne pourra jamais expliquer Dieu parce que chaque être en aura une vision ou une compréhension différente. Si l'un a eu le privilège de soulever ne serait-ce que le coin d'un seul des "soixante-dix mille voiles d'illusion" et tentait une explication, ses lèvres seraient scellées. Ce sont seulement les gens ignorants de la vraie nature de Dieu qui s'empressent de donner des explications aux autres.

Bien qu'en L'aimant au point de s'oublier soi- même, Dieu puisse devenir une réalité vivante dans le cœur qui cherche avec unité d'intention à L'aimer et à Le servir: "Car l'amour vient de Dieu et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu", néanmoins la connaissance ultime ne peut être atteinte avant que le Nom Sacré ne soit prononcé. Les lettres et les syllabes qui composent ce très

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Saint Nom, ont été éparpillées dans tout l'univers; on doit d'abord les chercher et les trouver, puis les arranger dans le bon ordre avant de pouvoir prononcer le Nom Qui Fut Perdu. Mystère des mystères, comment pourrait-on même le suggérer sans en altérer complètement le sens? Mais chaque syllabe trouvée par celui qui cherche vraiment épelle Dieu pour lui et il a alors en lui l'absolue conviction à jamais inébranlable de l'existence de Dieu comme réalité vivante. Un sage Soufi a dit:

"Persiste dans ta recherche jusqu'à ce que le Cherché se dévoile et te détruise toi-même en "Toi".

Le tout-embrassement de Dieu est si vaste, comprenant à l'évidence l'ultime satisfaction et complétude du plus haut idéal de perfection de tout être humain, dont chacun est différent, qu'il est impossible pour quiconque d'imaginer avec sa vision limitée toute autre interprétation de Perfection que celle qu'il peut lui-même concevoir. L'infini ne peut être saisi par un mental limité avant que le Plusieurs ne devienne Un.

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"Le secret de Dieu est caché dans la réalisation de l'unité"

Inayat Khan.

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Le voyage mystique

" Le commencement et la fin de tous les êtres est le même, La différence existant seulement pendant le "voyage"

Inayat Khan.

" Tout être vient d'Allah et à Lui tout être s'en retourne "(Coran.)

"

Comme

cela

était

au

commencement,

maintenant est, et toujours sera"

Livre Anglais de prière.

" Comme cela fut Cela est Cela sera Pour toujours Avec le flux Avec le reflux - Amen - "

du Gaélique.

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Si l'on pouvait pleinement réaliser que la somme totale de l'humanité est Dieu, l'on comprendrait que chaque âme, faisant partie de Dieu, doit nécessairement être résorbée en Dieu à la fin de la manifestation, comme les rayons sont résorbés dans le soleil après avoir été reçus par la terre. L'homme est rendu perplexe parce qu'il confond le Temps avec l'Éternité, et ce qui est limité avec l'illimité. Au commencement il y a seulement Dieu; et à la fin il y a seulement Dieu. C'est l'étape intermédiaire, que les sages appellent le voyage, que l'âme, en tant qu'être humain, doit accomplir. En réalité il n'y a ni commencement ni fin, l'Éternité est un cercle et la fin et le commencement sont un; mais le voyage, qui prend place dans le temps, a un commencement et une fin; et l'âme, tandis qu'elle en fait l'expérience, ne peut comprendre aucune condition qui n'ait fin ou commencement. C'est naturel, car le voyage existe pour cet état de l'être qu'on appelle l'Homme, moyen terme entre le plus haut et le plus bas, un état où il connaît le bien et le mal, le ciel et l'enfer, comme séparés et distincts. Il vit, à proprement parler, dans la condition de séparativité. Aussi longtemps que l'âme vit dans cet état, elle ne peut comprendre le

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secret de l'Unité. Pour ce faire elle doit s'élever au-dessus de l'esclavage des "paires d'opposés" et atteindre l'Union avec l'Esprit Divin qui est le vrai centre de l'être en toute créature humaine. Au sens mystique il y a seulement l'Unique qui voyage, bien que, réfléchie dans des formes nombreuses dans un monde d'ombres, la Vie Unique apparaisse comme multiple et séparant chaque être de chaque autre.

Les personnalités dont l'âme se revêt pendant le voyage ne sont importantes que pendant que dure le Temps. L'objectif réel de l'esprit le plus intime de l'homme est de terminer le voyage et de rentrer chez lui. Il est intéressant de partir en voyage, et si quelqu'un ne quittait jamais son chez-soi et rencontrait diverses personnes et circonstances, il connaîtrait bien peu de choses. Mais à quelqu'endroit, beau ou terrible que le voyage mène une âme, et aussi loin qu'elle puisse voyager, il vient un moment où elle languit après la maison paternelle. Quelles qu'aient été ses expériences pendant le long voyage, quelles qu'aient été ses fautes, elle reste l'enfant de son père, et sa place dans la maison paternelle lui appartiendra toujours; rien ne peut enlever le droit d'aînesse de

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l'âme, mais quand elle atteint cette maison, les habits qu'elle portait pendant le voyage n'étant plus nécessaires seront abandonnés. S'ils ont été superbes et bien faits, ils pourront être utilisés par quelqu'autre âme en voyage, peut- être changés ou améliorés; et s'il arrive qu'ils aient été laids, ils pourront être désintégrés en leurs parties constitutives, afin d'être reformés en d'autres articles, mais de toutes façons, en tant que tout, ou que personnalité - ils seront perdus.

La raison pour laquelle l'homme trouve si difficile de comprendre la vérité de la vie est qu'il s'identifie avec les vêtements qu'il porte au lieu de le faire avec son moi le plus profond. Il doit prendre conscience de lui- même comme séparé de tous les vêtements qu'il porte, qu'ils soient tissés d'un matériau physique, mental ou même soi-disant spirituel; nu il est arrivé dans le monde des apparences, nu il doit s'en retourner. Toutes les âmes sont venues pures, n'ayant ni distinctions ni différences (la contrepartie physique de cette vérité est reflétée dans le noyau de la vie embryonnaire dans la matrice), elles reviennent pures, ayant abandonné tous les vêtements qui, bien

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qu'absolument nécessaires pendant le voyage dans le Temps, ne sont plus d'aucun usage dans l'Éternité.

La raison pour laquelle les mystiques de toutes les religions cherchent à fouler le chemin de la sagesse plutôt que celui de l'ignorance, est qu'ils veulent obtenir la connaissance de Dieu et de l'homme, et par chance aider aussi d'autres voyageurs à comprendre; car lorsque quelqu'un, en voyageant par le chemin de la sagesse, est devenu maître de la vie et de la mort, et de toutes les autres paires trompeuses d'opposés, il peut transcender l'étape évolutive appelé Homme et atteindre à l'unité dans laquelle réside la liberté parfaite. Il devient alors hu- main, et peut à volonté entrer dans la maison de son père, aussi bien que vivre dans le monde des hommes. Et pour chacun de ceux qui atteignent cet état de perfection, des milliers sont aidés; car grâce à cette élévation ceux-là peuvent abandonner le chemin de l'ignorance pour le chemin de la dévotion, ce qui rend tout le processus évolutif plus court en termes de temps, et fait la route plus facile pour ceux qui foulent encore le chemin de l'ignorance.

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Si tous doivent atteindre à la fin le même but, dans quelle mesure tout cela a-t-il de l'importance?

Si beaucoup de gens partaient pour un voyage, sachant que celui-ci leur prendrait toute une vie, il serait évidemment très important pour eux comme aussi pour leurs compagnons de voyage, de savoir sous quelles conditions ce voyage se déroulerait, et de posséder une bonne carte des divers chemins par lesquels atteindre leur destination; de savoir aussi où mènent les divers chemins de traverse, le genre de vêtements avec lesquels s'habiller, et quel genre de compagnons de route ils auront; et par-dessus tout importerait le genre de chemin qu'ils choisiraient pour voyager, et le fait qu'ils aient sur eux une lumière pour montrer la voie quand la nuit tombe.

Si l'on comprend que le voyage mystique prend la totalité de la vie de l'homme en tant qu'homme, et qu'il peut être suivi par trois chemins: l'ignorance, la dévotion ou la sagesse, la réponse à la question n'est pas très difficile.

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En essayant d'exprimer les Vérités Éternelles dans le langage qui appartient au temps, l'on doit se rappeler que seule une fraction de la réalité peut être transmise. Les mots, au mieux, ne sont qu'un écran pour les pensées, et transmettent parfois un sens tout à fait contraire quand on les emploie pour exprimer la pensée intuitive. Il n'y a pas de mots, écrits ou prononcés, qui puissent être pris uniquement dans leur sens littéral; on doit chercher leur sens intérieur à la lumière de l'intuition.

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Attraction et répulsion

Le pouvoir du sexe est la Vie de Dieu se manifestant sous son aspect duel comme positif et négatif, ou Jelal et Jemal. Quand ces deux aspects se rencontrent dans l'acte de la création, alors Kemal, ou la perfection se manifeste. Ayant abandonné le monde de la dualité, où il était séparé et incomplet, ce pouvoir réalise l'Unité, la vie complète et entière; le résultat et l'objet de cette union est une nouvelle naissance sur quelque plan que ce soit.

Quand, dans l'homme et la femme, le positif et le négatif se cherchent mutuellement pour faire l'expérience de cette perfection, en vue de la seule gratification et de la seule satisfaction du corps physique, au lieu que ce soit pour transmettre la vie, alors Kemal se manifeste comme destruction au lieu de le faire pour la perfection; car l'acte de création, qui est le véritable objet de l'union du positif et du négatif, est frustré de ce but, et à la fin résulte en souffrance, au lieu de plaisir.

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Toute la confusion et toutes les difficultés provenant du mauvais usage de cette force vivante, par l'homme comme par la femme, sont le résultat de leur incapacité à comprendre la loi qui la gouverne.

"Par l'illusion due aux paires d'opposés provenant de l'attraction et de la répulsion, O Bhârata, tous les êtres avancent dans cet univers dans un complet égarement".

Bhagavad Gîtâ.

En l'homme la force sexuelle est positive, ce qui le pousse à chercher la force opposée ou négative afin de donner; et à moins qu'il ne comprenne comment la contrôler et l'utiliser pour le but de la création ou du renouvellement sur quelque plan de son être, elle sera revendiquée par son faux ego pour sa propre gratification. Elle ne peut rester inutilisée, car elle est la vie même, et la nature de la vie est mouvement.

Dans la femme la force est négative, ce qui la porte à demander; et à moins que cette demande ne soit satisfaite elle se sent incomplète, puisque la véritable tâche de la femme est de façonner, de nourrir et de

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donner la subsistance à de nouvelles formes dans lesquelles la vie pourra devenir objective. L'homme et la femme se cherchent donc afin de faire l'expérience de la complétude.

Il y a bien des manières selon lesquelles les deux aspects du sexe peuvent se rencontrer dans une union créatrice sur d'autres plans que sur le plan physique. Tout travail de création mentale est le résultat d'une telle union sur son propre plan. Cette union résulte donc en une création physique sur le plan physique, en une création mentale sur le plan du mental, mais l'union réelle ne peut se produire que sur le plan spirituel, et quand cela a été réussi, l'homme comme la femme ont un complet contrôle de cette force sur tous les plans de leur être.

Restreindre le pouvoir du sexe à la satisfaction des appétits physiques est dégrader Dieu, et tant que l'humanité fera ainsi elle ne pourra jamais en connaître les lois. Ce pouvoir doit d'abord être élevé jusqu'au monde spirituel et doit être compris comme une force spirituelle, le pouvoir donneur de vie de Dieu; et lorsque dans son propre corps les aspects positif et négatifs sont

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équilibrés, l'homme ou la femme peuvent contrôler la force créatrice, la force sexuelle, sur tous les plans.

L'humanité travaille par son mental qui doit être négatif vis-à-vis de Dieu, en d'autres termes elle doit permettre au mental d'être contrôlé par l'âme; mais elle doit en même temps être positive envers le corps qui doit être sous le contrôle du mental.

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La Lumière et l'Ombre

Je forme la lumière et crée l'obscurité, Je fais la paix et crée le mal; Moi, le Seigneur, je fais ces choses"

Esaïe

"Je suis la fraude du fraudeur, et la splendeur des choses splendides"

Bhagavad Gîtâ

Quelle est donc la force que nous appelons Satan? Satan est l'ombre du Christ (cela qui L'obscurcit), comme l'obscurité est l'ombre de la lumière; où il y a la lumière il doit aussi y avoir l'obscurité. Où que brille la Lumière du Monde, là aussi est le Seigneur de l'Ombre. Un sacrifice inconcevable pour l'intelligence a été offert à l'homme par le Seigneur de l'Ombre, car il doit rester un hors-la-loi rejeté par la Lumière tout au long de la manifestation du monde; telle est l'interprétation mystique de la crucifixion du Christ, car mystère des mystères, le deux n'existe pas, mais l'un. L'évolution à ce stade de l'Être qu'on appelle l'humanité n'est possible que dans un monde de dualité dans le règne humain; l'homme évolue jusqu'à l'Humanité par la maîtrise, le

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contrôle et l'équilibre; les deux forces, positive et négative sont combinées en lui, par conséquent vivant dans un monde de dualité, il ne peut rien connaître sans connaître aussi son opposé; sans une force qui s'oppose à sa force et qui l'éprouve à chaque pas il ne pourra jamais devenir maître de la vie ou homme divin, il ne pourra jamais apprendre le contrôle s'il n'y a rien à contrôler, ni acquérir l'équilibre s'il n'y a pas d'opposition.

La force opposante n'est pas l'ennemie de l'humanité comme on le suppose généralement; c'est l'illusion causée par (et faisant donc partie de) la Lumière. Mais l'homme en tant qu'homme, ne peut atteindre ou réaliser la Lumière tant qu'il n'est pas passé au-delà de cette illusion. L'objet entier de l'évolution de l'homme, fait à l'image de Dieu, est qu'ayant par droit de naissance le libre- arbitre, il développe en lui-même le pouvoir de choisir la réalité et de rejeter l'illusion, et par la vertu de son héritage de royauté et de liberté de choix, qu'il conquière et possède son propre royaume.

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L'homme commet un péché lorsque, ayant connaissance de la Lumière, il reste volontairement dans l'obscurité, refusant de "surmonter l'illusion".

"Cette divine Illusion à Mon sujet, causée par les qualités, est difficile à dissiper; ceux qui surmontent cette illusion viendront à Moi."

"Celui qui Me voit partout, et voit toutes choses en Moi, de lui Je ne l'abandonne jamais et il ne M'abandonne jamais."

Bhagavad Gîtâ.

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Le sacrifice de la lumière

La lumière du Soleil, emprisonnée et enterrée dans la terre en tant que charbon, est une et la même substance, qu'elle se manifeste comme lumière ou comme charbon, l'une illimitée et l'autre limitée. C'est seulement par les flammes de purification que la lumière emprisonnée peut à nouveau atteindre la source de son être, et se trouver absorbée dans la Lumière Unique, dont elle a été séparée pendant sa vie de limitation. En tant que charbon elle constitue une individualité séparée; mais après avoir été libérée par le feu libérateur, le symbole de la pureté (la pureté voulant dire être libre de tout ce qui divise ou sépare) elle perd pour toujours le fardeau de la séparativité et devient une, ou identifiée, avec la Lumière qui est son être même.

Si l'on pouvait penser au charbon comme à une entité vivante, capable de sentir et de souffrir, quelle agonie devrait-il endurer, prisonnier des ténèbres extérieures, sans pouvoir bouger, muet, aveugle et empêché de toutes parts, à la merci de forces échappant à son contrôle, enseveli dans la densité de la

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terre! S'il avait conservé quelque souvenir de son être réel, quelque conscience de son héritage de Lumière, ne soupirerait-il pas avec une indicible nostalgie après ce qui le libérerait de ce moi, à n'importe quel prix, fut- ce au prix de voir réduire en cendres par le feu son individualité de charbon - quelque souvenir de cet être réel qui au long des âges avait supplié d'une voix muette la grâce de revenir à Cette forme dont il était sorti?

C'est seulement lorsque la lumière emprisonnée a été libérée de sa servitude qu'elle peut saisir la raison de son si long pèlerinage. Revenue à sa condition originelle et se connaissant elle-même comme lumière et non pas comme charbon, elle peut regarder en arrière et voir la nécessité du sacrifice de sa liberté, de l'abandon d'elle-même à la noirceur du charbon. Le Soleil, en tant que lumière, ne pouvait pas aider les habitants de la terre à évoluer vers les races civilisées qui l'habitent aujourd'hui; de sorte qu'il fit le suprême sacrifice d'être enseveli et captif pendant des années sans nombre dans la noirceur à son extrême limite; et ce qui est pire encore pour les vibrations rapides, d'être contraint à l'inertie.

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La lumière peut maintenant comprendre que lorsqu'étant charbon elle était purifiée de sa noirceur par le feu et redevenait blanche ce n'était pas pour on propre salut (bien que par ce moyen elle eut gagné sa liberté) mais pour aider l'humanité dans ses efforts pour atteindre à la maîtrise des éléments. Par ce sacrifice de son individualité de charbon, l'homme a pu obtenir tout ce qui était nécessaire pour l'évolution d'une grande civilisation: la chaleur, la lumière, la nourriture et le vêtement, l'habitat et les moyens de transport, tout ce qui était nécessaire pour entretenir la vie, pour relier nation à nation et race avec race. Le sacrifice silencieux de sa vie en tant que charbon dans les flammes purificatrices (fait si ordinaire que personne n'y prête attention) aide l'humanité à conquérir la terre, la mer et l'air, et même à maîtriser le feu lui-même. Elle se rend compte à présent que son sacrifice en tant que charbon n'était pas sacrifice mais liberté, le passage des ténèbres à la lumière; et que pendant tout ce temps son être réel n'était pas charbon mais lumière; que le charbon était son faux moi, la forme qui l'enchaînait à la densité de la terre. Elle se rend compte que c'était seulement par le pouvoir de la lumière

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ainsi captive dans son sacrifice que l'humanité pouvait être aidée; que c'était seulement en perdant sa vie de limitation que la vie illimitée pouvait être connue. Elle sait maintenant que pendant tout ce temps ce n'était pas le charbon qui aidait l'humanité mais la lumière, car le sacrifice véritable était celui que faisait la lumière se limitant volontairement elle- même pour le bien des êtres humains.

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L'annihilation

L'annihilation a pour le mystique un sens différent de celui qu'il a pour l'homme ordinaire, à l'esprit duquel elle présente une image de la destruction et de la mort de toutes choses; même le nirvana des Bouddhistes a été ainsi dépeint. Un voyageur sur le chemin de la sagesse comprend l'annihilation dans le sens mystique: pour lui cela signifie l'atteinte de cette béatitude que le monde ne peut jamais connaître, car dans la lumière de cette vision toute chose s'évanouit, même son moi personnel est complètement oublié.

En réalité cela signifie l'annihilation des barrières qui entourent l'âme de toutes parts, qui sont la cause du sentiment de séparation, d'exil et d'agitation. L'enlèvement de celles-ci lui permet de trouver sa vraie demeure, de devenir une avec la Totalité à laquelle elle appartient, de s'immerger en elle, et de devenir une partie de cette vie plus pleine, plus vaste et plus profonde en laquelle réside la liberté parfaite; en d'autre termes cela signifie complétude absolue.

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Cette union mystique de l'âme avec Dieu fut l'expérience des Saints de toutes les religions. A toutes les époques, l'expérience intérieure est la même bien que l'expression extérieure puisse en être différente pour chaque âme.

Pour les amants de Dieu l'extase de joie réside dans l'abandon du moi; même un amour humain est incomplet si une seule préoccupation du moi demeure comme un barrière entre amant et bien-aimée.

On ne peut atteindre la perfection tant que les barrières entre l'âme et Dieu n'ont pas été réduites à rien.

La prière de Jésus pour ses disciples était:

"Qu'ils puissent être faits Un, comme Toi, mon Père es en moi et moi en Toi".

"Si tu pouvais vider tout ton moi du moi, Comme d'une coquille déshabitée; Alors Il pourrait te trouver dans l'océan du Soi Et dire: 'ceci n'est pas mort' et te remplir de Lui. Mais tu es si plein de :'tu es un autre'

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Et possèdes une activité si perverse Que quand Il vient, Il Se dit en Lui-même:

'Passons. Mieux vaut l'abandonner, C'est trop étroit et trop plein, Il n'y aurait pas de place pour Moi".

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Le péché et la vertu

Dieu n'est pas soucieux du péché ni satisfait de la vertu. Le péché a en lui sa propre punition, la vertu sa propre récompense. Quiconque commet un péché doit tôt ou tard en souffrir les conséquences, et ceux qui sont vertueux ont toujours la satisfaction qu'apporte la vertu. C'est une loi imprescriptible; mais ce n'est ni pour obtenir cette satisfaction ni pour échapper à la souffrance que l'âme vient sur terre, c'est pour devenir Hu-Main ou homme- divin. Pour y parvenir il doit obtenir l'absolue maîtrise sur tous les royaumes dans lesquels il se trouve.

Il doit rencontrer et conquérir à la fois le péché et la vertu afin que ces "trompeuses paires d'opposés" n'aient plus aucun pouvoir sur lui; tant qu'ils ont quelque pouvoir sur lui, l'homme est esclave.

"Quiconque commet le péché est le serviteur du péché"

(Évangile de Jean - 8. 34)

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De même celui que la vertu possède est l'esclave de la vertu. Tous deux sont des leçons données à l'homme pour qu'il se connaisse lui- même et acquière la force de s'élever au- dessus. Parfois une personne doit avoir plus de force pour dépasser ses vertus que pour abandonner ses péchés. On doit les regarder comme des leçons utiles à apprendre correctement, car l'être humain ne peut dépasser l'école élémentaire de la vie sans les avoir apprises. Mais une fois qu'il les a dépassées, il n'a plus besoin d'étudier ces leçons, il détient en lui l'essence et le résultat de l'enseignement, qui le qualifie pour recevoir la connaissance de la vérité en laquelle il y a liberté parfaite:

"Et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres"

(Évangile de Jean 8 - 32).

"La Religion est pour la nature de désir, le Chemin pour le cœur, la Vérité pour l'âme"

Sharf-ud-Din de Maner.

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"Ainsi la Loi nous servit-elle de pédagogue jusqu'au Christ, pour que nous obtenions de la foi notre justification. Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue"

(épître aux Galates 3. 24-25).

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Le mystère de la souffrance

Pour comprendre le mystère de la souffrance il vous faut comprendre le mystère des paires d'opposés.

Tant que l'homme vit dans ce monde d'illusion ou Mâya, il est sujet à ses lois et ne peut faire l'expérience du Ciel sans connaître aussi l'enfer; il ne peut avoir la vie sans avoir la mort, ni la joie sans la souffrance; il vit une vie séparée dans un monde illusoire. S'il pouvait se tourner de cette irréalité vers le réel, pour lui la souffrance disparaîtrait, il aurait traversé l'illusion et découvert le secret des paires d'opposés. Tant qu'elles sont divisées, elles trompent l'homme, mais quand elles peuvent être unies ou équilibrées, elles révèlent le mystère les plus profond de l'être.

"L'Éternel est incorruptible et équilibré et le connaisseur de l'Éternel ne se réjouit pas lorsqu'il obtient ce qui est agréable et ne s'afflige pas lorsqu'il passe par ce qui est désagréable"

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Mais l'homme possède le libre-arbitre et les expériences de chacun correspondent à ses croyances.

"La foi de chaque homme est à l'image de sa propre nature, un homme consiste en sa foi. Ce qu'est sa foi il est cela même"

Bhagavad Gîtâ.

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