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Introduction :

L¶importance du thème
Le contenu du travail

Les collectivités locales : outils et levier du développement local :

Les conseils communaux ruraux et urbains


Les conseils provinciaux et préfectoraux
La région

Bilan et états des lieux :

Statistiques
Rapport de l¶IGAT (Inspection Générale des Administration
Territoriales)
Etude des cas
Images et témoignages (pas eu le temps pour le réaliser)

Vers un nouveau modèle d¶administration territoriale au service de


développement durable :

Conclusion
 
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Ce travail est une contribution collégiale, présentée sous un format à


la fois simplifié et concis. Cette initiative, bien que modeste par son
volume, vient s¶ajouter aux différentes publications plus exhaustives,
débattant de la question du rôle des acteurs dans la politique du
développement local.

Toutes sous-tendent l¶idée que les nouvelles politiques publiques


doivent prendre en compte dans la planification nationale les
spécificités d¶un niveau plus infra « le territoire » où les dynamiques
sociales se complètent et interagissent, afin d¶asseoir le socle d¶un
projet local décentralisé.

L¶extrait tiré du livre de Pierre TEISSERENC (Professeur en


sociologie politique) intitulé « les politiques de développement local »
démontre l¶apport des acteurs dans le développement local. [...cette
dynamique locale marquée par une double capacité de mobilisation
d¶acteurs et d¶organisations de ces acteurs tire habituellement profit
des changements des pratiques de l¶Etat en matière de redistribution
des ressources et de certaines compétences ...].

L¶Etat, organe et instrument de gestion des affaires publiques, a


longtemps privilégié sa consolidation traduite par des pratiques
décisionnelles centralisées palliant au seul souci sécuritaire déniant le
bien-être et les conditions sociales des populations locales.

A l¶heure actuelle, les directives nationales ont pris un nouvel élan


sous le contrôle des hautes initiatives et activités royales, qui prennent
le dessus dans le développement local « ... Les collectivités locales
sont appelées plus que par le passé, à jouer le rôle qui leur incombe
dans le développement économique, social et culturel et à étendre
leurs activités, dans le cadre de ce que permet la loi, aux domaines où
leur efficacité et leur influence seraient marquantes... »

Les dernières initiatives en matière de développement humain, lancées


par les hautes sphères d¶autorité viennent promptement réajuster ces
politiques caduques pour enfin intégrer le concept clé qu¶est "la
gestion participative" permettant une meilleure gouvernance de la
chose locale. Ces nouvelles orientations sont-elles le début de la
construction d¶un Etat social décentralisé ? Quelles sont les
dynamiques en cours qui nous permettent de dire qu¶un processus
nouveau s¶est amorcé ? Dans quelle mesure les nouveaux
amendements des textes et lois relatives aux collectivités locales
répondent à cet appel ?

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Les collectivités locales au Maroc sont, selon la constitution du 7
octobre 1996 : « les régions, les préfectures et les provinces et les
communes. Toute autre collectivité locale est créée par loi. Elles
élisent des assemblés chargées de gérer démocratiquement leurs
affaires. »

Ces collectivités territoriales sont dotées de la personnalité morale et


de l¶autonomie financière.

Les collectivités territoriales au Maroc sont nombreuses. Elles ne


suivent pas toutes les mêmes règles de fonctionnement et n¶ont pas le
même statut.

Collectivité locale
Organe délibérant
Organe exécutif
La région
Le conseil régional élu au suffrage indirect à partir de plusieurs
collèges de base
Le Wali ou gouverneur de la préfecture ou de la province du chef-
lieu de la région, désigné par dahir
La province ou la préfecture
Le conseil préfectoral ou provincial élu au suffrage universel
indirect à partir du collège des conseillers communaux et des collèges
des chambres professionnelles
La commune (municipalités et communes rurales)
Le conseil communal élu au suffrage universel direct
Le président du conseil communal élu par ses membres parmi le
conseil communal
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Le conseil communal

C¶est l¶organe délibérant de la collectivité ; il élit un président qui est


l¶organe exécutif de la commune. Les membres du conseil communal
sont élus pour 6 ans au suffrage universel direct au scrutin uninominal
à la majorité relative à un tour. Le bureau du conseil est élu par le
conseil ; il se compose du président et de plusieurs adjoints.

Le conseil communal dispose d¶une compétence générale pour gérer


toutes les questions d¶intérêt communal.

Il exerce notamment les attributions suivantes :


Il vote le budget de la commune
Il définit le plan de développement économique et social de la
commune en accord avec les orientations prises au plan national
Il décide de la création et de l¶organisation des services publics
communaux et de leur gestion
Il décide de la participation à des sociétés d¶économie mixte
d¶intérêt communal ou intercommunal
Il gère la planification, la réalisation et la gestion des projets à
caractère local (notamment les projets relatifs à l¶assainissement
liquide et solide)

Le président du conseil communal

Le président du conseil communal est élu par les membres du conseil


pour une durée de 6 ans.

Il est l¶administrateur de la commune, l¶organe exécutif du conseil


communal et le principal animateur de la vie communale. Il est aussi
investi de certains pouvoirs qu¶il exerce pour le compte de l¶Etat.

En sa qualité d¶exécutif communal, le président est chargé de :


l¶exécution des décisions du conseil
l¶établissement des taxes, impôts et redevances conformément aux
délibérations du conseil
l¶administration des biens communaux
l¶exécution du budget et l¶établissement des comptes administratifs
la direction des services communaux
la représentation de la commune en justice

En tant que représentant de l¶Etat, il exerce les pouvoirs de police


administrative et est investi de la qualité d¶officier d¶Etat civil.

A noter : Le caïd, agent d¶autorité locale désigné par l¶Etat, est chargé
du maintien de l¶ordre public et dispose de la qualité d¶officier de
police judicaire (il intervient aussi dans les domaines suivants : droit
d¶association, rassemblements publics et presse, syndicats
professionnels, élections...).

Les ressources

Les communes disposent d¶un budget propre dont le financement est


assuré par :

des ressources fiscales (taxes locales dont la taxe d¶édilité, la taxe


sur les opérations de construction, la taxe d¶abattage etc). Les
communes déterminent les modalités d¶assiette, le recouvrement et la
fixation des taux de certains impôts et taxes, dont certains sont
réservés aux communes urbaines. A noter la grande différence de
répartition de l¶apport de la fiscalité communale entre les communes
urbaines et rurales, 85% environ du produit de la fiscalité locale
bénéficiant aux communes urbaines.

des produits d¶impôts ou parts d¶impôts affectés par l¶Etat : depuis


1985 les subventions forfaitaires ont été remplacées par l¶attribution
d¶une part de 30% du produit total de la TVA. Cette nouvelle recette a
représenté en 1997 à peu près 5 milliards de dirhams, soit près de 34%
du budget total des collectivités locales. Depuis 1996, cette somme est
divisée en trois types de dotations : une dotation forfaitaire, une
dotation de péréquation et une dotation sanctionnant l¶effort fiscal.
Une deuxième masse de 30% est destinée aux charges transférées
(15%) -c¶est à dire les dépenses mises à la charge des collectivités
locales à partir de 1990 dans les domaines de l¶éducation, de la santé,
des équipements agricoles etc - aux dépenses à caractère
intercommunal (10%) notamment les schémas directeurs, l¶urbanisme,
l¶organisation de colloques et séminaires - et aux réalisations et
dépenses d¶urgence, conjoncturelles et à caractère exceptionnel (5%).

Cette deuxième masse devrait pouvoir diminuer progressivement,


l¶objectif à terme étant de réduire ces dotations à 15%.

des droits et redevances divers et le produit des emprunts


contractés, notamment auprès du Fonds d¶Equipement Communal
(FEC).

Attributions :

En matière de développement économique et social :


il définit le plan de développement économique et social de la
commune, conformément aux orientations et aux objectifs retenus par
le plan national et à cet effet.
Initie toute action propre à favoriser et promouvoir le
développement de l¶économie locale et de l¶emploi.
Arrête les conditions de conservation d¶exploitation et de mise en
valeur du domaine forestier dans la limite des attributions qui sont
dévolues par la loi en matière de finances, fiscalité et bien
communaux.
Vote le budget de la commune et examine et approuve les comptes
administratifs.
Fixe les taux des textes, les tarifs des relevances et des droits divers
perçus au profil de la commune.
Décide des empruntes à contracter et des garanties à consentir.

En matière d¶urbanisme et aménagement du territoire :


Le conseil veille au respect des options et des prescriptions des
schémas directeurs d¶aménagement urbain, des plans d¶aménagement
et de développement de tous documents d¶aménagement du territoire

Examine et adopte les règlements communaux de construction,


conformément à la législation et la réglementation en vigueur.

Le conseil communal joue un rôle très important en matière de


services publics locaux et équipements collectifs quand il décide de la
création et la gestion des services publics communaux, notamment
dans les secteurs :
D¶approvisionnement et de distribution d¶eau potable.
Distribution d¶énergie électrique.
Assainissement liquide.

Le conseil veille aussi à la préservation de l¶hygiène, de la salubrité et


de l¶environnement. Le conseil communal présente des propositions,
des suggestions et émet des avis comme par exemple proposer à l¶état
ou autre personnes morales les actions à entreprendre pour
promouvoir le développement économique social et culturel de la
commune.

Il peut, en outre, émettre des vœux sur toutes les questions d¶intérêt
communal, à l¶exception des vœux à caractère politique.

Les conseils provinciaux et préfectoraux

La préfecture ou la province constitue le deuxième niveau de


décentralisation territoriale.

La notion de préfecture est attribuée aux ensembles urbains et celle de


province aux circonscriptions plutôt rurales.

La division administrative du royaume en préfectures et provinces


s¶est substituée au lendemain de l¶indépendance aux régions du
protectorat. Dés 1956, les pouvoirs publics ont procédé en effet à un
nouveau découpage administratif qui a donné naissance à ce nouvel
échelon administratif intermédiaire entre le pouvoir central et les
communes à la base. Simple échelon déconcentré à l¶origine, la
préfecture et la province ont été érigées en collectivités locales dés
1962 par la première constitution.

Les modifications successives apportées au découpage préfectoral et


provincial ont visé la constitution d¶unités territoriales de plus en plus
réduites à même de rapprocher l¶Etat des citoyens, de favoriser
l¶équipement et de promouvoir la développement économique et
social du territoire.
Le statut de cette collectivité territoriale est fixé par le dahir N° 1-02-
269 du 25 rejeb 1423 (3 octobre 2002) portant promulgation de loi
N° 79-00 relative à l¶organisation des collectivités préfectorales et
provinciales, qui disposent, en son titre premier (Art.1) que : « les
préfectures et les provinces sont des collectivités locales dotées de la
personnalité morale et de l¶autonomie financières ». et selon, l¶Art.3
de la loi 79-00, les affaires de la collectivité préfectorale ou
provinciale sont gérées par un conseil élu, dont la durée du mandat et
les conditions d¶élection sont prévues par les dispositions de la loi
formant code électoral. (La durée du conseil)

Le Wali ou le Gouverneur de la préfecture ou de la province assure


l¶exécution des délibérations du conseil préfectoral, dans les
conditions fixées par la présente loi.

Pour assurer le développement économique, social et culturel, le


conseil préfectoral ou provincial et selon l¶Art.35, règle par ses
délibérations les affaires de la province ou de la préfecture, dans le
respect des attributions dévolues aux autres collectivités locales.

Et dans les limites du ressort territorial de la préfecture ou de la


province, et pour assurer le plein développement économique, social,
et culturel de la préfecture ou de la province, le conseil préfectoral ou
provincial selon l¶Art.36 :
Examine et vote le plan de développement économique et social de
la préfecture ou la province, conformément aux orientations et
objectifs du plan national.
Arrête et vote les programmes d¶équipement, et de développement
et de mise en valeur.
Engage les actions nécessaires à la promotion des investissements
notamment la réalisation ou la participation à l¶aménagement,
l¶équipement ou la promotion de zones d¶activités économiques.
Engage à titre propre, ou en partenariat avec l¶Etat, avec la région
ou avec une ou plusieurs communes rurales, toutes actions de nature à
promouvoir le développement rural et à soutenir les programmes
d¶équipement du monde rural.
Participe à la réalisation et à l¶entretien des routes préfectorales ou
provinciales.
Contribue à la réalisation des programmes d¶habitat ou de
restructuration de l¶urbanisme et de l¶habitat précaire dans les milieux
urbain et rural.
Veille à la protection de l¶environnement.
Prend toutes les actions nécessaires à la promotion du sport, de la
culture et de l¶action sociale ou y participe.
Engage toutes les actions de solidarités sociales et participe à toute
oeuvre à caractère humanitaire.
Décide de la conclusion de tout accord ou convention de
coopération ou de partenariat, propre à promouvoir le développement
économique et social, et arrête les conditions de réalisation des actions
que la préfecture ou la province exécutera en collaboration ou en
partenariat avec les administrations publiques, les collectivités locales,
les organismes publics ou privés et les acteurs sociaux.
Examine et approuve les conventions de jumelage et de coopération
décentralisée, décide de l¶adhésion et de la participation aux activités
des associations des pouvoirs locaux, et de toute forme d¶échange
avec les collectivités territoriales étrangères.

Le conseil préfectoral ou provincial propose notamment à l¶Etat et aux


autres personnes morales de droit public, les actions à entreprendre
pour promouvoir le développement économique, social et culturel de
la préfecture ou la province, lorsque les dites actions dépassent les
limites de ses compétences ou excèdent ses moyens et ceux mis à sa
disposition.

D¶après toutes ces compétences attribuées au conseil de la préfecture


ou de la province, il nous apparaît le rôle primordial que joue ou que
devra jouer la préfecture ou la province pour assurer le développement
économique, social et culturel de cette collectivité territoriale.

Or, le fonctionnement du conseil préfectoral ou provincial, et


l¶exécution de toutes ces compétences et attributions, dépend des
compétences du Wali ou du gouverneur, qui tient une place
particulière dans le fonctionnement de cette collectivité, d¶une part
l¶organe exécutif et l¶organe moteur du conseil préfectoral ou
provincial, et d¶autre part le représentant de l¶autorité locale dans la
préfecture ou la province, ce qui met en doute l¶importance de cette
collectivité territoriale dans le processus de décentralisation et dans la
mise en oeuvre des différents programmes de développement
économique, social et culturel de la préfecture ou la province.

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On sait que le Maroc précolonial a connu une circonscription


régionale, mais celle-ci non stabilisée d¶ailleurs existait dans les
limites géographiques fluctuantes, le makhzen privilégiant le
commandement des hommes sur celui des territoires.

Cependant, au cours du protectorat, la création de sept régions


induisant une certaine déconcentration de l¶administration centrale
avait pour but de doter les chefs de régions d¶un certain nombre
d¶attributions.

C¶est seulement en 1971 que la région réapparaît comme cadre


géographique permettant l¶élaboration et la mise en œuvre d¶une
politique d¶aménagement du territoire, également comme une
institution permettant une représentation des populations concernées
par le développement régional.

Enfin, en 1992 en collectivité territoriale lors de la révision de la


constitution, un nouveau statut est décidé par la loi du 2 avril 1997 qui
fixe le nombre des régions issues d¶un nouveau découpage
géographique les relevant à 16, leur nom, leur chef-lieu dans leur
nouveau ressort territorial, le nombre de conseillers à élire dans
chaque région.

La région est dotée d¶une autonomie (financière et administrative) au


même titre que les autres collectivités locales. Elle élabore le schéma
d¶aménagement du territoire et participe au plan national de
développement économique, social et culturel.

Concrètement les affaires de la région recouvrent un domaine très


vaste puisqu¶elles s¶étendent à tout ce qui peut contribuer au
développement économique, social et culturel.

  
Si l¶exercice des compétences est sous la dépendance de la ressource
financière, il dépend également des moyens humains constituant un
vrai capital d¶expertise à la hauteur des responsabilités qui lui sont
reconnues. Par ailleurs il faut souligner que l¶autonomie de la région
se trouve limitée bien que le rôle du conseil ait été renforcé comme
celui de son président face au wali ou au gouverneur qui conserve un
rôle prépondérant en tant qu¶organe exécutif de la collectivité.

Elles ne pourront atteindre leur but que si elles parviennent à réaliser


une meilleure intégration politique de la population qui aura le
sentiment, qu¶à travers elles, elle peut mieux exprimer ses besoins,
qu¶elle peut mieux les faire prendre en compte et qu¶elle peut ainsi
obtenir que les efforts d¶équipement et de développement soient
mieux répartis sur l¶ensemble du territoire et mieux adaptés à sa
diversité.

    

(La vie éco. Publié le : 25/11/2005.

Elles ont dépensé 15 milliards de DH en 2004 et 16 milliards en 2005.

7% d¶entre elles accaparent 75% des dépenses globales.

70% des dépenses vont au fonctionnement.

La région de Casa est la mieux lotie avec 2,6 milliards DH. (150 000
fonctionnaires dont 71% d¶agents d¶exécution.)

Au moment où les collectivités locales sont en première ligne sur le


front du développement humain avec l¶INDH, d¶aucuns s¶interrogent
sur leur capacité à être un véritable acteur du développement. En effet,
l¶initiative lancée en mai dernier est venue mettre à nu l¶état des
déficits sociaux dont souffrent les communes, surtout rurales, en
matière de services de base, d¶infrastructures... Elle a aussi servi de
catalyseur à un diagnostic qui a mis en évidence l¶inertie des
collectivités quand il s¶agit de faire du développement économique.

Pourtant, les moyens ne font pas défaut. Les collectivités locales


devraient encaisser près de 17 milliards de DH en 2006 contre 16 en
2005 et 15 milliards en 2004. Dans le projet de Loi de finances 2006,
leur part dans le produit de la TVA est de 10,66 milliards de DH
contre 9,2 milliards en 2005. S¶y ajoutent quelque 5,5 milliards de DH
au titre des autres ressources comme la taxe d¶édilité, la taxe urbaine,
la patente ainsi que les autres taxes et impôts locaux.

L¶on peut alors raisonnablement chercher à savoir où va tout cet


argent d¶autant plus que les budgets des collectivités locales pèsent
tout de même très lourd dans celui de l¶Etat. La preuve, selon des
estimations du ministère des Finances, ils représentent près de 4 % du
PIB et 14 % du budget de l¶Etat. Mieux (ou pire !), entre 1976 et
2003, les budgets des collectivités ont été multipliés par 15 au moment
où celui de l¶Etat n¶a été multiplié que par 6 sur la même période.
Comment, malgré l¶ampleur des moyens financiers mis à la
disposition des collectivités, on en est arrivé à enregistrer des déficits
patents ? Où va l¶argent des communes, comment est-il dépensé ?

10,6 milliards de DH pour 300 collectivités et 3 milliards pour les 1


300 autres.

Les finances des collectivités locales obéissent en fait à un système


des plus complexes. En effet, s¶ils relèvent depuis toujours du
ministère de l¶Intérieur, leurs moyens financiers restent également
sous la tutelle de la direction du budget (ministère des finances) pour
certaines d¶entre elles, et celle de la Trésorerie générale du Royaume
pour d¶autres.

En fonction des étapes (préparation, approbation, exécution ou


contrôle) et en fonction de la catégorie de la collectivité (urbaine ou
rurale) les procédures changent et les intervenants aussi. A tout ce
monde, il faut ajouter l¶action au niveau local du gouverneur ou du
wali, du receveur ou du trésorier régional. Les chiffres globaux
consolidés au niveau central, heureusement, par le ministère des
Finances et celui de l¶Intérieur permettent de comprendre.

Premier constat : le chiffre global des dépenses des collectivités


locales, malgré son importance, cache en fait une disparité flagrante.
En 2004, les 1 574 collectivités locales existant au Maroc (voir tableau
en page 11) ont dépensé pour l¶équivalent de 14,2 milliards de DH au
titre des budgets principaux auxquels se rajoutent 800 MDH au titre
des comptes spéciaux. Cependant, 75 % de cette enveloppe, soit
environ 10,6 milliards, n¶a profité qu¶à 276 collectivités, soit 17,5 %
du nombre total. Ces 276 collectivités comprennent les 16 régions, les
61 préfectures et provinces et les 199 communes urbaines.

En un mot, ce sont les villes qui accaparent les ¾ des ressources. Le


reste, à savoir 3 milliards de DH représentant 25% de l¶enveloppe
globale, est réparti entre les 1 298 communes rurales. Autre disparité,
celle du budget affecté par région (voir encadré en page 10). Un
exemple, les ressources affectées au Grand Casablanca (2,6 milliards
de DH) sont 8 fois supérieures à celles dont bénéficient Laâyoune-
Boujdour (315 MDH). Mais le gap est illusoire dans ce cas car, en fait,
la dépense par habitant, dans le sud, est de loin supérieure à celle
enregistrée pour les autres régions (voir tableau en page 11).

Pour les spécialistes des finances locales, contactés par La Vie éco,
notamment au sein de la direction du budget et de la TGR, il ne faut
pas s¶étonner outre mesure de telles différences car, à l¶origine, les
budgets des collectivités locales sont établis de telle sorte que
l¶équilibre est toujours, ou presque, préservé entre les dépenses et les
recettes d¶une collectivité. Car il faut savoir, rappellent-ils, que
l¶argent des collectivités locales provient en grande majorité de taxes
et impôts nationaux dont une partie est affectée chaque année aux
dépenses des collectivités. Le plus gros de la cagnotte est prélevé sur
les recettes de la TVA. Le principe budgétaire est simple : chaque
année l¶Etat prélève 30 % des recettes de la TVA et les destine aux
budgets des collectivités. L¶enveloppe globale est répartie par la suite
de manière, dit-on, la plus équitable possible en fonction de critères
objectifs comme l¶étendue du territoire, le nombre d¶habitants et le
potentiel fiscal. Si les deux premiers critères tendent, en effet, à
assurer une répartition plus égale, le troisième, en revanche, reflète un
souci d¶équité dans la mesure où la quote-part de chaque commune
dépend aussi de sa contribution économique. 10,5 milliards pour le
fonctionnement et seulement 4,5 pour l¶investissement.
Ainsi, le potentiel fiscal est mesuré tout simplement par le volume
d¶impôts et taxes que procurent les agents économiques opérant au
sein de la commune.

A l¶instar de la TVA, le même principe est valable pour la taxe


urbaine, la taxe d¶édilité et la patente. En 2004, pour les quatre impôts,
appelés « ressources affectées », 10 milliards de DH sur des recettes
totales de 16,4 milliards de DH sont allés aux collectivités locales.
Mais à côté de ces ressources, affectées par l¶Etat, les collectivités
locales disposent d¶une autre manne que sont les 42 impôts et taxes
locaux qui ont rapporté 4,7 milliards de DH. Avec cette manne, il
n¶est pas étonnant d¶apprendre que de plus en plus de communes
présentent, aujourd¶hui, un budget excédentaire.

Mais, pour autant, cela ne fait qu¶accentuer le mystère. Car si les


ressources mises à la disposition des collectivités locales arrivent à
dépasser leurs dépenses, par quoi peut-on expliquer l¶état de
délabrement et les déficits dont elles souffrent ? Il faut chercher la
réponse dans la structure des dépenses. En effet, il faut savoir que sur
les 15 milliards dépensés en 2004, par exemple, environ 10,5
milliards, soit 70%, vont dans les dépenses de fonctionnement. Pire.
Selon les chiffres de la Direction du budget (ministère des Finances),
pour 276 communes urbaines, préfectures, provinces et régions (les
plus riches), 80 % des dépenses globales sont des dépenses de
fonctionnement. Enfin, sur les dépenses de fonctionnement, on
apprend que la part du lion revient aux dépenses du personnel qui ont
pompé 5,1 milliards de DH en 2004, soit près de 42% des dépenses de
fonctionnement. A côté des salaires, d¶autres grosses rubriques
viennent s¶ajouter notamment les frais divers de gestion (eau,
électricité, téléphone, entretien du parc auto, éclairage public) qui
représentent 1,6 milliard de DH, les emprunts qu¶il faut rembourser au
Fonds d¶équipement communal (FEC) pour un milliard de DH et,
enfin, un montant de 3,2 milliards de DH que doivent verser les
communes de plus en plus nombreuses à faire appel à des entreprises
privées pour la gestion des déchets solides. Résultat : sur des dépenses
totales de 15 milliards de DH pour les 1 574 collectivités locales, seuls
4,5 milliards peuvent être consacrés à l¶investissement. Autant dire
rien eu égard aux besoins. Pourtant, comme on l¶assure du côté du
ministère des Finances, ce sont là des dépenses obligatoires car il est
impossible de ne pas payer les salaires des agents, les factures d¶eau et
d¶électricité ou encore les annuités du FEC. Solution : rationaliser. Or,
si les présidents de communes et présidents de conseils de villes
peuvent, effectivement, faire des économies sur les factures et les
consommations, ils sont en revanche impuissants face au problème
des salaires. Et ce n¶est pas un hasard si aujourd¶hui les pouvoirs
publics envisagent sérieusement une opération de départ volontaire
dans les collectivités locales. 148 300 fonctionnaires !

Une opération qui entre, en fait, dans le cadre d¶un chantier plus large,
celui de la réforme de la Fonction publique locale. A ce titre, quelques
chiffres s¶imposent.

Aujourd¶hui, les fonctionnaires des collectivités locales sont au


nombre de 148 300 environ dont 14 000 cadres seulement, ce qui
donne un taux d¶encadrement très faible de 9,4 % alors que 71% des
effectifs sont constitués d¶agents d¶exécution et d¶ouvriers. Autant
dire qu¶avec de tels effectifs présentant un double problème de
nombre et de profils, toute réforme de la gestion locale serait vaine.
Cela dit, il ne s¶agit pas là du seul obstacle. Deux autres chantiers sont
ouverts depuis des années et semblent plus avancés.

Le premier concerne la fiscalité locale. Aujourd¶hui, en plus d¶être


trop nombreux, une quarantaine en tout, les taxes et impôts locaux
contribuent faiblement aux ressources des collectivités locales qui
restent largement dominées par les concours de l¶Etat (TVA, taxe
urbaine, taxe d¶édilité et patente). A cela il faut ajouter la faible
capacité des collectivités à recouvrir leur dû auprès des contribuables.
Le second et non des moindres concerne l¶allègement et la
simplification de l¶organisation financière et comptable des
collectivités locales. Pour ce volet, si des avancées ont été, certes,
réalisées en termes d¶allègement des procédures d¶approbation des
budgets, il n¶en reste pas moins que le problème de la triple tutelle
reste posé. L¶approbation des budgets des collectivités relève du
ministère de l¶Intérieur, mais avec un droit de regard de la Direction
du budget pour les communes urbaines et celui de la TGR pour les
rurales.
L¶exécution et le suivi relèvent de ces deux mêmes directions. Au
niveau local, c¶est le receveur (TGR) qui joue le rôle du comptable et
de contrôleur. A cela s¶ajoute, bien entendu, un droit de regard du
gouverneur dont relève territorialement la collectivité locale. Sans
oublier le cas de certaines dépenses exceptionnelles et non prévues au
budget pour lesquelles les communes ont besoin d¶avoir l¶aval du
ministère de l¶Intérieur avant d¶obtenir un visa du ministère des
Finances. Si toutes les administrations concernées sont d¶accord quant
à la nécessité d¶alléger cet arsenal, elles le sont moins sur la tutelle
financière traditionnellement exercée par le ministère des Finances,
toujours peu appréciée par les responsables du ministère de l¶Intérieur.

Espérons seulement que cette vieille et éternelle querelle entre les


deux administrations n¶entravera pas une réforme aujourd¶hui vitale
pour le pays.

Avec un budget de 2 milliards de DH, la Ville de Casablanca absorbe


13% des ressources allouées aux collectivités locales.

      


Toujours dans le registre des disparités mais cette fois-ci spatiales. Sur
les 16 régions du pays, 5 d¶entre elles accaparent à elles seules près de
7,6 milliards de DH de dépenses, soit plus de la moitié de l¶enveloppe
globale. La palme d¶or revient, comme on le sait déjà, au Grand
Casablanca, avec des dépenses qui ont atteint, en 2004, près de 2,6
milliards de DH. Viennent ensuite les régions de Rabat-Salé
Zemmour-Zaër avec 1,6 milliard, Souss Massa-Draa avec 1,2 milliard,
Marrakech-Tensift avec 1,1 milliard et Tanger-Tétouan avec 1
milliard de DH. En fin de liste, on trouve les régions les moins dotées
comme Oued Eddahab-Lagouira (120 MDH seulement), Laâyoune-
Boujdour (315 MDH) et Guelmim-Esmara (345 MDH)

 
   
La préparation du budget des collectivités locales commence au mois
de septembre avec la diffusion par le ministère de l¶Intérieur auprès
des walis et gouverneurs des préfectures et provinces et des présidents
des conseils communaux de la circulaire fixant les orientations
afférentes à la préparation des budgets, explicitée par une note de
service de la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

Le projet de budget est préparé par le wali ou le gouverneur pour les


régions, les préfectures et provinces et par le conseil communal pour
les communes en collaboration avec le receveur communal.

Le projet de budget est présenté ensuite au vote du conseil au début de


la session ordinaire du mois d¶octobre.

Après le vote, le budget est présenté pour approbation au ministre de


l¶Intérieur après visa du ministre des Finances et de la Privatisation au
plus tard le 15 novembre pour les régions, préfectures et provinces et
les communes urbaines et le 30 novembre pour les communes rurales.

Pour les régions, préfectures et provinces et les communes urbaines, le


budget est approuvé par le ministère de l¶intérieur après visa du
ministère des finances.

Pour les communes rurales l¶approbation et le visa du budget sont


assurés respectivement par le gouverneur et le trésorier régional,
préfectoral ou provincial (TR/TPP) agissant sur délégation du ministre
de l¶Intérieur et du ministre des Finances et de la Privatisation.

Une fois voté et approuvé, le budget constitue un document financier


obligatoire qui doit être strictement appliqué. Son exécution relève de
l¶ordonnateur (président de commune, wali ou gouverneur) ou un
mandataire et du comptable public en la personne du receveur
communal en sa qualité de contrôleur des engagements de la dépense.
Ce dernier, dans le cas des dépenses par exemple, contrôle la
régularité des opérations administratives devant précéder l¶émission
d¶un mandat de paiement pour le compte de la commune au profit
d¶un tiers.

Le contrôle à priori de l¶exécution du budget est exercé par la tutelle


lors de l¶approbation du budget et le receveur lors du paiement. Le
contrôle à posteriori des ordonnateurs ou/et des comptables des
collectivités locales (receveurs) est assuré par plusieurs organes : le
ministère de l¶Intérieur, l¶IGF, la Cour des comptes et la TGR (Saâd
Benmansour)

Gestion locale : Gros nettoyage -26 novembre 2005. - par Flo


Bidegaray le 27/11/2005

Sur 106 jugements, 97 annulent l¶élection de présidents de commune.


Ces présidents ont produit de faux certificats de scolarité
6 présidents et 4 vice-présidents ayant purgé une peine, limogés.

La réhabilitation de la classe politique à partir du sommet se heurte


aux dures réalités du terrain. C¶est du moins le sentiment qui se
dégage à la lecture du rapport du ministère de l¶Intérieur sur ses
réalisations en 2005, que Mustapha Sahel a remis aux parlementaires
lors de la discussion des budgets sectoriels. Le document est une
véritable mine d¶informations sur les domaines de compétence de ce
département. En fait, dans une partie consacrée à la direction des
Affaires juridiques et des études, le rapport révèle certaines pratiques
frauduleuses d¶élus locaux. C¶est ainsi que l¶Inspection générale de
l¶administration territoriale (IGTA) a fourni certaines statistiques qui
révèlent l¶ampleur du gâchis et la réelle perception de la politique de
nos élus locaux. Il renseigne sur l¶assainissement en douceur lancé.
C¶est un véritable coup de balai.

Pour le ministère, la direction des Affaires juridiques a reçu 43


rapports d¶inspection concernant la mauvaise gestion des présidents de
certaines communes. Sur le chapitre du suivi des contentieux, les
tribunaux administratifs ont enregistré 283 recours relatifs à l¶élection
des bureaux des communes. 34 concernent les communes urbaines,
240 le monde rural et 9 les bureaux d¶arrondissement pour les conseils
de la ville. Sur ce total, 133 jugements définitifs ont été prononcés
dont 116 exigent l¶annulation de l¶élection des bureaux et des
présidents. Et 17 demandes de recours ont été déboutées. Dans l¶esprit
d¶exécution des jugements, le ministère de l¶Intérieur a organisé de
nouvelles élections dans 101 collectivités locales.

Or, selon le rapport, 191 recours concernent l¶absence de niveau


scolaire du président du conseil. Sur les 106 jugements définitifs
prononcés, 97 demandent l¶annulation de l¶élection du président et 9
déboutés. C¶est grave ! Ces présidents ont produit de faux certificats
de scolarité lors des élections de septembre 2003. La loi exige du
président un niveau d¶instruction équivalent au moins au certificat
d¶études primaires. Ils doivent normalement tomber sous le coup du
faux et usage de faux, devant le tribunal de première instance.

Autre élément révélateur, le nombre de poursuites judiciaires contre


les élus locaux auprès de différents tribunaux. Ce ne sont pas moins de
309 affaires. La moitié de ces élus poursuivis sont membres de
bureaux des conseils et 33% sont des présidents. Les affaires relatives
à la falsification des documents représentent 26% des poursuites. Le
document souligne que les gouverneurs ont démis de leur mandat 20
élus locaux et ce, conformément au code électoral. Dans le même élan
d¶assainissement, 6 présidents et 4 vice-présidents ont été limogés
après avoir purgé des peines de prison dépassant 2 mois.

Sur le volet financier et comptable, les inspections centrales opérées


ces deux dernières années ont permis d¶élaborer 54 rapports contenant
diverses infractions. Cela s¶étend également aux marchés publics et à
l¶urbanisme. Le document ne fournit ni les montants en jeu ni les
noms ou le nombre de communes concernées par ces dérapages
budgétaires.

Une chose est sûre, l¶IGAT a enregistré les mêmes infractions que les
années précédentes, souvent relatives à la discipline budgétaire : non
application de la réglementation en vigueur sur la gestion des affaires
locales. Le rapport précise que les dysfonctionnements en question
impactent négativement les finances des collectivités locales.

La plupart des infractions ont trait notamment à des dépenses non


justifiées, des marchés publics ou bons de commande pour la
couverture d¶arriérés et le non-respect du cahier des charges. Plusieurs
ne respectent pas les règles techniques de construction et la qualité des
chantiers. Des communes réalisent des projets sans études de
faisabilité et d¶impact sur la population. D¶autres manquent de cadres
locaux pour suivre les projets lancés par la commune. Sur le plan des
ressources, le rapport a constaté du laisser-aller. Certaines communes
particulièrement rurales, misent sur les aides de l¶Etat pour la
préparation des budgets. Les principaux dysfonctionnements relevés
concernent le non-recouvrement de certaines taxes, la non-
actualisation des listes des contribuables et l¶abandon de certains
ressources.

Avec toutes ces défaillances, comment ces collectivités locales


peuvent-elles porter l¶INDH ? (Mohamed CHAOUI)

Vers un nouveau modèle d¶administration territoriale au service de


développement durable :

@   


Toutes les formes de partenariats sont sous-entendues la coordination
des ressources et des actions entreprises. Son intérêt réside dans :
Le fait de renforcer la capacité d¶intervention
Garantir une meilleure articulation entre les différentes actions et
méthodes d¶intervention
La diminution des risques de conflit et de blocage dans la mise en
œuvre des projets
Le fait de développer la participation du citoyen à la gestion des
affaires collectives
L¶évolution de la coopération décentralisée

L¶article 30 de la charte communale de 1976 dispose : « Décide des


mesures à prendre pour assurer à la collectivité locale son plein
développement économique, social et culturel » et pour la réalisation
des attributions qui lui ont été conférées par le texte, la commune
prend en charge ses programmes directement ou l¶associe aux actions
de l¶Etat dans un cadre de partenariat notamment pour la réalisation
des grands projets nécessitant des moyens dépassant ceux de la
collectivité locale.

En effet, pour la réalisation de ces derniers et vue la croissance des


besoins, le législateur leur a prévu un cadre juridique de coopération
communale qui est « les syndicats de communes ».

Ces syndicats sont une forme de coopération intercommunale introduit


par le Dahir du 2 Juin 1960 et reprise par le Dahir du 30 Septembre
1976 qui en organisant les collectivités locales, prévoit et organise la
coopération entre communes, en se constituant en syndicat comme
possibilité d¶étendre leur champ d¶actions, et à travers cette
constitution, les collectivités locales réunies, disposent d¶une part des
moyens pour coordonner leur efforts et mobiliser leurs ressources
matérielles et humaines, nécessaires à la réalisation des objectifs
communs .

Le législateur a aussi prévu d¶autres instruments juridiques, par


lesquels les communes pourraient engager des actions économiques
telles les communautés urbaines comme forme juridique de
coopération entre communes urbaines.

Toutes ces dispositions d¶ordre législatif, tels les syndicats des


communes et les communautés urbaines, viennent pallier donc une
carence à laquelle peuvent se confronter les communes qui
conduisaient isolément leurs actions. Donc, ce cadre leur a permis de
rationaliser les actions communes, de mieux gérer leurs moyens et
d¶optimiser leurs facteurs de production.

       
Les relations entre association et collectivité locale ont connu une
évolution. Pendant la dernière décennie, il y a eu d¶une part une
conviction de l¶intérêt de reconnaître le travail des associations et
même dans certains cas avoir l¶initiative de créer des associations
conformément à la loi.

D¶autre part, il s¶est crée chez certaines associations l¶intérêt de


s¶ouvrir aux collectivités locales, d¶établir des relations de
collaboration et de développer un partenariat pour gérer positivement
toutes les contradictions et les différents.

L¶autre facette de la relation « association-collectivité locale » est de


nature conflictuelle qui n¶est autre qu¶un conflit d¶intérêt. Cependant,
les associations sont considérées d¶une part comme un simple
instrument d¶exécution et non un partenaire à pied d¶égalité, d¶autre
part les associations considèrent les collectivités uniquement un
bailleur de fonds et non un partenaire à informer et concerter le long
de la réalisation des actions communes.
  
Article de la nouvelle charte 2002 à propos des partenariats avec les
associations et un discours royal incitant sur le partenariat avec les
associations en 2000

c      
Refus de coopération de manière systématique, institutionnelle et
rationnelle.
collectivités locales : relations unilatérales réponses froides ou
absence de réponses aux appels de partenariat lancés par les
associations
politique de discrimination envers les associations qui dépendent
d¶un parti politique ou du gestionnaire (président) de la collectivité
locale.
l¶exclusion des associations qui ne sont à leur avis que des outils de
parade dans les festivités et les occasions officielles et des invités aux
campagnes publicitaires (propreté, collecte des dons........) mais au
contraire il y a un refus de soutien matériel réel, d¶appui moral et
d¶appui logistique dans une activité dont l¶initiative est prise par
l¶association (locomotive)
Refus de toute participation réelle des associations dans
l¶encadrement et la sensibilisation des citoyens à l¶importance de leur
participation dans le contrôle de l¶action communale et le suivi de la
gestion des collectivités locales
Les responsables dans les collectivités locales sont des mentalités
stériles n¶assimilant pas et incapables de s¶adapter à l¶orientation
déclarée par la plus haute autorité du pays, lançant une nouvelle
conception de l¶autorité mais sans indice de changement en matière de
relation de coopération entre les collectivités locales et les
associations.

@ 
Vu le déficit matériel et humain dont souffrent les collectivités
locales, l¶Etat est dans l¶obligation d¶instaurer de nouveaux systèmes
de fonctionnement pour faire tourner la roue du développement social,
économique et culturel. En effet, le gouverneur actuel est le pivot
principal de la dynamique de tous les acteurs opérant sur le périmètre
relevant de son pouvoir. A son initiative, plusieurs projets de
développements peuvent voir le jour (qu¶ils aboutissent ou non : c¶est
un autre débat).

Exemple du Fond de Développement Local (FDL) : partenariat


entre l¶Agence de Développement Social (ADS) et les Collectivités
Locales (CL) (surtout la commune et la province)

Ce type de partenariat est inscrit dans une logique de renforcement de


la coopération entre un établissement public (ADS) et une collectivité
locale pour réaliser des projets de développement local, nonobstant
que la gestion de ce Fond relève des capacités de l¶ADS.

Ce Fond intervient pour financer les infrastructures de bases, les


activités génératrices de revenus et créatrices d¶emploi et le
renforcement de capacité institutionnelle.

Le FDL est programmé pour les objectifs suivants :


Créer une dynamique sociale pour le développement durable d¶une
localité basée sur un partenariat solide
Monter des projets de développement en se basant sur un diagnostic
et une analyse des problèmes sociaux locaux
Instaurer de nouveaux mécanismes institutionnels et fonctionnels
pour assurer une coordination locale des projets de développement en
impliquant tout les intervenants dans le processus qu¶il soit une
association, le secteur privé ou autres...
Interagir le développement économique et le développement social
au niveau d¶un territoire.

Exemple du Fond Régional pour la Promotion de l¶Emploi FREPE :


partenariat entre l¶ADS et la région.

Ce Fond est d¶une grande envergure qui réunit la région, l¶ADS, les
acteurs locaux et d¶autres bailleurs de fonds internationaux à placer un
Fond pour le développement d¶un territoire concernant des volets
précis. En outre, ce Fond a les mêmes objectifs que le FDL.

      

L¶indépendance et la parité : demande de la parité vis à vis de l¶état


et des collectivités locales puisque chaque partie a des compétences et
des capacités en fonction de son statut juridique avec le respect des
droits des association en tant qu¶organisations légales indépendantes à
la participation à la résolution des problèmes des citoyens même avec
exigence de leur faciliter la tâche par les collectivités
Demande de révision des lois relatives à la gestion des collectivités
locales tout en permettant aux associations de participer au contrôle de
l¶exécution des budgets particulièrement pour les dons prévus aux
associations.
Instaurer une dynamique pérenne en faveur du développement
humain, de l¶épanouissement et du bien-être de l¶ensemble de la
population.
Processus politique de consolidation de l¶État moderne :
démocratie, État de droit, promotion de la femme etc.
Réformes et projets structurants, générateurs de croissance :
modernisation de l¶économie, chantiers d¶infrastructures, etc.
Développement humain dans ses dimensions économique, sociale et
culturelle, fondé sur les principes de bonne gouvernance

 cR 

Nous considérons que la construction d¶un Etat social passe


essentiellement par les deux éléments suivants :

les gouvernements locaux :

Le mouvement des ONG de développement et des associations locales


ont dépassé le simple pouvoir de nuisance ou de revendication, pour
s¶inscrire dans les démarches de dialogue social avec les autorités
locales.

Les travaux sur le développement local font ressortir une substitution


au développement par le haut, l¶apport de ces gouvernements locaux
au développement est d¶épouser une démarche par le bas mais
ascendante en se préoccupant des relais possibles à un niveau plus
large : Le développement de services de proximité par l¶initiative
d¶habitat social communautaire et de coopératives d¶habitation...
Le soutien à la micro et petite entreprise (MPE) par le développement
d¶associations de petits commerçants et industriels du secteur
informel, le développement en amont et en aval de la formation de la
main-d¶œuvre et de la commercialisation collective de leurs produits.

La mise en place de nouvelles structures de financement (fonds local


de développement, mutuelles d¶épargne et de crédit...) pour faciliter le
crédit à ces initiatives économiques et sociales.

La coproduction des services collectifs avec les associations locales


dans le cadre des politiques municipales et régionales décentralisées
(budget participatif...).

Autrement dit le modèle « développementiste » misant sur le « tout à


l¶Etat » n¶est plus d¶actualité.

Les espaces de corruption, problème majeur dans des sociétés où les


processus d¶institutionnalisation (avec ses règles, procédures, appels
d¶offre, etc.) sont encore embryonnaires.

Si nous cherchons à mettre en perspective ces initiatives novatrices


autour de l¶hypothèse d¶un nouveau modèle de développement, il est
souhaitable de considérer qu¶à cette étape-ci, dans les pays du Sud,
c¶est probablement d¶abord par les gouvernements locaux et les
partenariats « municipalités, associations, ONG et PME » que passent
de nouvelles pratiques et politiques favorisant le développement et
ultimement la construction d¶un Etat social.

Une clé actuelle de développement au Sud consiste à dire que le


premier cadre institutionnel de développement et de démocratie passe
par le développement des communautés locales, de leurs
gouvernements locaux et des alliances (partenariats) entre associations
locales, ONG, municipalités, associations de migrants, PME et PMI.

Le développement de l¶intérieur qui mise sur l¶économie populaire et


l¶économie sociale

Mentionnons ensuite que, dans tous les cas de figure, qu¶il s¶agisse de
la théorie libérale, de la théorie « développementiste » ou de la théorie
néolibérale des PAS, c¶est le premier développement, celui des
territoires et de l¶économie populaire, qui a été et est ignoré, voire
considéré comme un obstacle : les marchés urbains élémentaires et les
petites boutiques d¶artisans, sorte de « plancher de la vie
économique », lesquels forment les indispensables ressorts sans
lesquels le développement à une autre échelle devient impossible.

De nombreuses initiatives de développement local et d¶économie


sociale au Sud comme au Nord travaillent aujourd¶hui au
renforcement de ces ressorts, faisant ainsi la preuve qu¶il est possible,
à partir de stratégies misant sur l¶économie populaire réellement
existante, d¶amorcer ce premier développement. En clair, au Sud, sur
le registre scientifique, il faut porter attention à ce premier
développement (trop longtemps sous-estimé) et, sur le registre
politique, affirmer le droit à ce premier développement (trop
longtemps oublié).

   

Ministère de l¶intérieur/ Direction générale des collectivités locales,


1998, Inventaire des 6 colloques nationaux de la directions générale
des collectivités locales, Casablanca

Stiftung F B., relation du mouvement associatif aux acteurs


politiques et socioéconomiques, Espace associatif

Ministère de l¶intérieur/ Direction générale des collectivités locales,


Charte communale, éd. Centre de documentation des collectivités
locales

Ministère de l¶intérieur/ Direction générale des collectivités locales,


2001, Les collectivités locales au Maroc

Ministère de l¶intérieur, 2003, Le partenariat entre l¶Etat et les


associations, Circulaire ministérielle n°7

Espace associatif, 2003, Pour un partenariat efficace et équitable


entre les associations, les pouvoirs publics et les collectivités locales
Rousset M., Garagnon J., 2003, Droit administratif marocain, éd. La
porte.

El mouchtaray M., 2000, Le rôle des collectivités locales dans le


développement économique et social au Maroc, éd. REMALD

Ministère de l¶intérieur/ Direction générale des collectivités locales,


2005, Guide de coopération décentralisé (en arabe), Rabat, éd. Centre
de documentation des collectivités locales

Bahi M., 2005, Les compétences du Wali, du Gouverneur & des


autres Agents d¶autorité 1.Domaine des collectivités locales
(Communes, Préfectures, Provinces et Régions) éd. Imprimerie Najah
El Jadida, Casablanca

Association Forum Urbain., 2001, Guide des associations de


Quartier au Maroc éd. Okad Lamrini A., 2002, Relation du
mouvement associatif aux acteurs politiques et socio-économiques,
éd. El Maârif Aljadida, Rabat

è  

www.Leconomiste.com
www.maroc.desregions.com