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L'Afrique du Nord illustrée. 1930/04/26-1930/05/02.

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L'AFRIQUE DO NORD ILLUSTREE Annonçasl
ANNONCES
II
L'AFRIQUE DO NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
III
ANNONCES
IV L'AFRIQUE DU. NORD ILLUSTREE
V
ANNONCES
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
ANNONCES
VI L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
VII
VIII
ANNONCES L'AFRIQUE DU NORD ï LLUST RE E
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE IX
ANNONCES
X
ANNONCES r.'AFRIOUE DU NORD tUtlSTUF"
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
XI
ANNONCES
JXH
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
Prix du numéro : 2 francs. SAMEDI 26 AVRIL 1930 25' Année. — Nouvelle Série, N° 469.

DIRECTION ET ADMINISTRATION : 3, Rue Pelissier, ALGER ABONNEMENTS :


ALGERIE-TUNISIE-MAROC FRANGE: Un an 120 fr.
Agence à PARIS : 28, Rue Beaurepairp — Tél. Nord 2B.84 Un an : 60 fr. ETRANGER: Un an 160 fr.

moto loicnncK"
- GouverneurGénéral,reçoit au Palaia d'Eté les Victimesde la Guerre et Anciens Combattants.
Los Manifestationsdu Contenais de l'Algérie. M. Bordes,
L'AFRÎQUE DU NORD ILLUSTREE

l'.« Fortuné » .et .'guelques heures fusionnent, se mélangent, des énergies la-
CHRONIQUE PB LA SBMAINB Empire
avant de remonter sur le bateau qui les de- tentes se dégagent, une race neuve grandit,
Le Maroc des écrivains vait reconduire en France, leur président iont le rôle, sans doute inscrit au livre de
M. Latapie, ÏÏisàit publiquement à, peu près i .'Avenir, reste ignoré des hommes.
« Le Maroc, a dit un humoriste, est un ceci : « Messieurs, -avant toute chose, nous Aucun continent ne s'offre plus sur notre
froid dont le soleil est chaud ». devons faire amende honorable. Reconnaître planète à la chance des Christophe Colomb.
pays
Pour être spirituelle, la définition n'en est ses torts et son ignorance n'est qu'une preu- \fais, le philosophe, le sociologue, l'écrivain,
moins un sommaire. Et beaucoup ve de bonne foi. Nous reconnaissons les nô- le romancier, le poète tous gens assez dédai-
pas peu
sérieux s'intéressent à la France tres envers, vous et envers votre oeuvre. Le gnés à notre époque de réalisations brutales,
d'esprits qui découvrir aux
d'outre-mer rie s'en satisfont Ceux-là Maroc que nous venons de parcourir,— bien sont tout indiqués, eux, pour
pas.
cherchent \à découvrit, à travers. les écri- trop rapidement à notre gré,"mais pas assez yeux du vieux continent, clos sous les pau-
ce réellement chéri- ri?avoir ni vu ni Compris,''— est une. pières lourdes du temps, le monde nouveau
vains, qu'est ï'enipire pour
fieii. Mais la documentation livresque dispo- révélation. En France, on vous ignoré, vous qui se lève et que la civilisation appelle aux
nible reste bien incomplète. Les écrivains les pionniers. On ignore le Maroc, et ce que destinées les plus éclatantes.
de des ont fait et ce d'autres — « Un monde nouveau ? -^- Mais on fête
d'imagination,"-— et ce sont, beaucoup Français y que
— surtout du font. Pis encore : on vous mécon- actuellement son centenaire en Algérie ! »
les plus nombreux, ont parlé Français y
Maroc rpniantique et féodal ; pays de mos- naît ! Et .nous-mêmes dont c'est pourtant le va-t-on objecter.
de minarets, de marabouts, de pal- métier d'être renseignés et d'informer le pu- Un siècle ! Qu'est-ce que cela pour un
quées, une Société ? L'enfance.
miers,-de 4oums, de bourriquots et de cha-: blic, nous en étions encore au Moghreb féo- Empire, pour
nieaux ; pays aussi d'armes damasquinées, dal, au Maroc de la légende et, dés thèmes Supposer cette anticipation d'une Afrique
de jolis cuirs, de tapis, de thé à la menthe,: romantiques, ou bien à celui de Farrère et dominante, entrevoir même en rêve- ces
de baroud, de danseuses et de femmes voi- des « Hommes Nouveaux ». Bouron n'est temps futurs, être impressionné, remué, ému
lées. ;.-..".' pourtant pas si vieux, puisqu'il vivait au comme devant un beau ciel clair et mysté-
Un !Maroc nouveau est cependant né à temps du Maréchal, votre premier et inou- rieux, par une nuit d'août sur quelque cîme
côté de l'ancien et qui surprend et déroute bliable animateur. alpestre ou sur les monts d'Auvergne, est-ce
chercheuïs sa « Mais, combien nous seiltôns.que vous une jouissance de visionnaire plutôt que celle
les par complexité.
Jean Hess publia, ayez parcouru un immense chemin depuis. d'un esprit clairvoyant ?
Lorsque l'explorateur
voila bientôt trente ans, son livre truculent Bourron ? Qui ça Bourron ? Voilà longtemps, DeA'iner c'est prévoir. Et, dans un ordre
et passionné : Israël au Maroc, cet ouvrage dix ans peut-être déjà que l'espèce a dispa- d'idées moins philosophique et plus précis,
fit quelque bruit. Néanmoins, avec le temps ru. Di ans, c'est-à-dire, pour vous qui avalez moins grandiose et plus à la portée de tou-
on l'oublia. Depuis lors, il est vrai, d'autres le temps, les distances et le progrès avec une tes les intelligences, existè-t-il en effet des
événements et d'une autre importance se extraordinaire facilité, à peu près un siècle. écrits plus éloquents et plus instructifs que
comme exemple le coup Votre cadence étonnerait les américains^ les pages d'annonces des journaux maro-
produisirent, par
d'éclat de Tanger et celui d'Agadir, la grande « Vos fermes, vos ports, vos villes sortent cains ?
et aussi la campagne contre Àbd-el- de terre comme par enchantement. Vos rou- L'éminenl directeur de l'Institut Scienti-
guerre,
Krim dont Hubert-Jacques écrivit une belle tes sont uniques au monde, vous équipez le fique Chériiien, le docteur Liouville, répète
et selon les modernes formules ; sa volontiers, -— et combien est convaincante
histoire, mais incomplète partiale. pays plus
invités ainsi dire n'est discutable dans son en- sa voix de croyant ! — que ces
Les frères Tharaud, pour prospérité pas profonde
du maréchal Lyautey, nous révé- semble. Votre agriculture est à la fois en pages ont « quelque chose d'émouvant » et
permanents
lèrent avec beaucoup plus de talent que pleine évolution et en plein développement, que tout le Maroc est « émouvant ».
d'exactitude, des à côté curieux de la yie et et votre industrie minière stupéfiera peut- « Remarquez bien, dit-il ; remarquez. Des
des moeurs marocaines, dans deux ou trois être un jour le monde. Dans cinquante ans, colonnes entières pour les tracteurs, les dé-
de leurs livres, et plus spécialement dans dans vingt ans, sait-on, vous aurez achevé fonceuses, les faucheuses, les batteuses, les
Marrakech et les Seigneurs de l'Atlas. d'édifier un grand Empire ! moteurs, les engins puissants, les camions,
Simultanément, deux bons auteurs, moins « C'est de cela que nous sommes émerveil- les matériaux divers de construction. D'au-
brillants peut-être, mais infiniment mieux lés, nous qui pourtant avons vu tant de mer- tres pages célèbrent la gloire des huiles lour-
documentés, nous introduisirent dans la So- veilles au cours dé notre longue carrière. des, de l'essence, du pétrole, des produits
ciété berbère. Le premier "Maurice Le Glay C'est pour cela que vous devez être félicités. industriels et alimentaires ; d'autres encore
avec ses Contes de la Plaine et des Monts et Nous allons l'écrire dans nos journaux, et sont consacrées aux grands magasins, aux
Baddah fille berbère ; le second Paul Odi- nous ne cesserons de le répéter dès notre hôtels, restaurants, brasseries, au commerce
not avec Le Caïd Abdallah. Et ce furent aussi retour en France, afin que l'on vous con- protéiforme et aux plaisirs qui délassent :
M""" Titaïna et Célarié, et le fougueux Jean naisse, que l'on ATOUSadmire en vous théâtres, cinémas, dancings.
Renaud dans des oeuvres diverses et Camille aimant ». Or, hier encore, ici-même, là où nous som-
Mauclair et Bouchor avec Fez ville sainte qui Pour flattés qu'ils soient d'un pareil lan- mes en ce moment, c'était pourtant le bled
tentèrent de nous faire voir le Maroc, tel gage, les Marocains n'en demandent pas tant. envahi par le doum !
l'avaient vu. Mais quel Maroc ? Un Le premier souhait qu'ils forment c'est qu'en Quel esprit clair, quel coeur un peu sen-
qu'ils
Maroc encore truqué, presque turque, revêtu France on leur fasse un peu plus confiance. sible ne serait-il pas ému à la lecture de ces
des oripeaux d'une réalité à peu près com- Leur labeur mérite autre chose que le scep^ pages qui sont, "comme l'expression fidèle
imaginaire. ticisme et le doute. Passe encore qu'on d'une irrésistible force créatrice et donnent
plètement
Le Maroc de Pierre Dumas serait plutôt l'ignore ; mais ils ne veulent pas qu'on en à tous une si belle leçon d'énergie et d'es-
un guide pour les artistes et Le Petit Maroc suspecte la qualité, ni que l'ignorance s'al- pérance !
de l'amusant et délicat Alphonse M,étérié; lie à la méchanceté pour en médire, pour le A-t-on jamais écrit un plus beau livre ma-
dont on ne connaît encore que quelques calomnier. rocain ??
devra, semble-t-il, son charme Il y a toujours quelque chose d'admirable A défaut d'une visite au Maroc « émou-
jolies pages,
à la fantaisie beaucoup plus qu'à la véritc et de grandiose dans l'évolution dès peuples vant » si ceux que l'on appelle « les diri-
totale. et dans la transformation des Sociétés hu- geants de l'opinion publique » en France et
Enfin, il y eut Claude Farrère et quelques maines. ailleurs, lisaient quelquefois et avec un peu
autres auteurs que j'oublie ou que je passe, La poésie de ces bouleversements, lents d'attention les journaux marocains — con-
ne avoir l'air d'écrire une biblio- ou brutaux, dépasse en splendeur celle des jointement avec ceux d'Algérie et de Tunis,
pour pas
plus admirables chefs-d'oeuvre. Car c'est — sans doute seraient-ils émus eux aussi
graphie.
Nul d'entre eux, cependant, n'a deviné, n'a bien une poésie, harmonieuse et puissante, par cette inimitable poésie de l'Effort fran-
le Maroc d'à présent, d'aujourd'hui. une poésie qui n'est ni écrite ni chantée, çais en Afrique du Nord, et se plairaient-ils
prévu
Ce Maroc neuf n'est raconté que par les mais bien mieux, gravée dans le sol -même* alors à en réciter, devant leurs écouteurs,
le Ce sont eux sur lé roc et dans la terre, sur les Côtes les
journalistes, au jour jour. strophes d'un si beau lyrisme et d'un si
les historiens de la petite histoire marocaine. ocèanes et le rivage méditerranéen, dans les haut enseignement !
Les historiens de la grande viendront plus vallées luxuriantes et le bled aride, et jus- HENRIRAINALDY.
fouiller dans les africaines et qu'aux sommets de l'Atlas, qui émane de
tard, gazettes
recheï'Cher, de la première à la dernière ligne ce nouveau..monde en gésine. frlle maudite
les petits faits dont l'ensemble expliqué la Et je ne peux m'empêcher d'imaginer quel
et la succession d'Henri Menier
vie des peuples et des sociétés. livre extraordinaire eut pu écrire sur le pays
Les annonces mêmes les éclaireront sur moghrébien l'auteur du Cuivre et de L'En- Le grand public connaît surtout de la vie judi-
moeurs et l'économie du pays, et fixeront fant d'Austerlitz, de la Force et de La Ville ciaire, horsle retentissementdes poursuites crimi-
les ces dits « pittoresques» et très sou-
renfort de statis- Inconnue, mon cher et regretté Paul Adam. nelles, procès
pour eux, avec le quelques
Il eut lui, comment sur ce vaste vent «parisiens » dont il convient qu'il soit saisi
de sa expliqué,
tiques, les successifs degrés prospérité.
d'Élaboration nordi- en mêmetemps que le juge lui-même.Quelle est
Lors du tout récent voyage des membres Champ qu'est l'Afrique pour une femmela convenancedu vêtementmas-
de l'Association Profession- que, trois et quatre fois plus grand que.la culin, ou bien la statuette nègre devra-t-elleréin-
d'une délégation
de la Presse Républicaine à travers vieille France, des peuples et des nationalités tégrer au nom de l'art l'expositiondu Théâtre Pi-
nelle
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

galle, dont elle fut rejetée pour la sauvegardede


la vertu ? En revanche,rarement ces grands pro-
cès, dont on parle longtempsau Palais parce qu'ils
se prêtent aux savantesdiscussionsjuridiques,par-
viennentdans leur détail à la masse des profanes;
et cela n'est pas extraordinaire,car rarement ils
sont de nature à satisfaire, voire à stimulerseule-
ment, les curiosités.L'affairede la successionMe-
nier, cependant,qui fut naguère plaidéedevant la
première Chambrede la Cour et dont les magis-
trats de la Cour de Cassationvont être saisis en
suprêmeinstance,était sauvéede l'indifférencepar
la seule appellationdes parties. M"""veuveMenier,
qui fut depuis la mort d'Henry Menier,M",e de
Elisaïeff, puis M'"°Pierre Bodin,venait demander
la révision du partage, fait avant-guerre, de la
successionde cet industriel notoire, hommefaste
en son privé, qu'il plut à l'un des avocats de bap-
tiser «une majesté chocolatière».
Quand on veut revenir sur un partage, c'est
qu'il se révèle désavantageux; un des éléments
de ce désavantage,une des lésions invoquéesétaic
bienmieuxqu'un château,qu'un parc....,c'était An-
ticosti, l'île de l'Assomption.A M. Henri Menier,
qui avait des meubles somptueux,des hôtels, des
yachts, il avait fallu ce surcroîtde luxe, cette con-
sécration de la splendeur,une île. Il é^ait pro-

M'""Lucien Saint à l'entrée de l'Orphelinatindigènede Fès, accompagnéede S. E. Si MohamedTazi,


1" khalifa et Présidentdu Comité de Patronage de l'Orphelinat. Photo Aimé.

au fil des grands fleuves,suivant une majestueuse paux de Fès, et le montantdes travaux doit s'éle-
et économiqueflottaison? ver à près d'un millionet demi.
Sans doute,M.GastonMeniera vendul'île 0 mil- Avec la maternité, M'"" Lucien Saint a voulu
lions de dollarsen 1U2C ; mais il a fallu cette cir- doter la villede Fès d'un orphelinatindigène.
constance exceptionnelleque ces trois plus gros- Le jeudi 27 mars 1030,M LucienSaint réunit
ses sociétésde papier du Canada,qui constituent
uen puissancefinancièretrès considérable, déci- donc, à la Résidencede Boujeloud,les principaux
dassent de se syndiquerpour acheter l'île ; il pa- notablesde la Médina,sous la conduitede S. E.
raît d'ailleurs qu'ellesen ont réduit l'exploitation. Sidi MohamedTazi, premier khalifa du Pacha, et
Et il avait fallu aussi que M. Gaston Menier fit comprenantnotammentle Présidentde la Chambre
sur l'île de grandesdépenses,que suivant l'expres- Mixte indigène, le Mohtasseb,des membresdu
sion pittoresquede M" Baudelot, il engraisse son Conseilmunicipalindigène,un Caïdde la banlieue,
billet de loterie. le Nadir des Habous.Assistéedu capitaine-inter-
Au procès de première''instance, le bâtonnier prète Sagne,qui est très connuà Fès et qui est
Rousse-avait apporté au tribunal un superbe al- actuellementattaché à la Directiondes Affairesin-
bum où tous les aspects d'Antiscosti étaient dé- digènes à Rabat, M'"" Saint exposa aux notables
peints. Cet album datait du temps où M. Henri musulmansle but et l'utilité de l'oeuvrede l'or-
Menier,qui venait d'acheter l'île, ressentait dans phelinat.
le vif la gloire un peu amusante de cette Ils applaudirenttous à cette initiative et félici-
royantéd'outremer.La désillusionétait venue,mais tèrent respectueusementM"'" Saint, en l'assurant
l'albumétait resté. Pour le grand avantage du pré-
toire. Car bien que les magistrats aient dû jadis de la vive gratitude de toute la populationmaro-
à M,"Lecoqde Kerland,le spectaclevnrié des pro- caine. Un Comitéde patronagefut immédiatement
l'holoHenriManuel. jections cinématographiques,sans doute n'ont-ils constitué.
point dédaignéles figures de l'île lointaine,froi- Le lendemain,vendredi, au matin, M Lucien
M. Edgai-dFaure. des et menues,énigmatiquessur les pages de l'al- Saint, accompagnéede M. le contrôleurVimal,ad-
bum. Peut-être mêmefurent-ils quelquepeu dis- joint civil au général commandantla Région,M.
traits de l'ensemblede l'affaire, et des discussions Ambrosini,ingénieuren chef des Travaux munici-
priétairc de l'île d'Anticosti,située à quarante mil- techniquesaiguës...Ainsi, et soit dit sans aucune
les du Labrador, à cent milles de la provincede paux; M.le docteurDarmezin,directeurdu Bureau
irrévérence,ainsi dans la pièce de Gantillon,quand d'Hygiène;MM.le capitaine Sagnes,le lieutenant
Québec,et que Elysée-Reclusappelait Ile Maudi- le colleur d'affichesinterrompaitsa besognepour
te, car elle fut fatale aux navigateurs. Anticos- murmurer rêveusementles syllabes de Chanderna- Andréani, fut reçue par S. E. Tazi et les autres
ti, « Natiskotek» pour les indigènes,nom moins gor. membresdu Comitéde Patronage à l'entrée d'un
suave sans doute que celui de ces îles dont le Edgar-Faure. fondouk appartenant aux Habous, à la Médina.
rhum avait enivré le Marius de Pagnol,mais aus- Après une visite minutieusedes lieux, M'""Saint
si plus rocailleux,plus crispé contre les tempêtes; décida immédiatementd'arrêter son choix sur ce
tout aussi digne, en somme,de tenter les conqué- Madame Saint à Fez fondouket chargea M. Ambrosini,sousles auspices
rants d'aventure,et ceux qui ont le goût des hori- de M. le contrôleurVimal,conseillerdu Comitéde
zonsneufs. Il est difficilede croirequ'Anticostiait d'établir un devis permettant d'installer
été pour Henri Menierune spéculation,mêmedans Patronage,
M'""LucienSaint est venuepasser une semaine l'orphelinat.
le sens ou la spéculations'approchele plus de la à Fès, entre le 25 mars et le 1'" avril 11)30.
poésie,tant par la magnificencede son objet que Dès l'arrivée de M'""Saint ici, tout le monde L'établissementdoit être divisé en deux parties
par la nécessité d'un rêve. Anticosti, accessible les en ce con- nettement séparées, l'une réservée aux garçons et
conçut plus grandes espérances qui
pendant l'hiver aux seuls brise-glace, dépourvue cerne les réalisations d'oeuvressociales et chari- l'autre aux filles,sans aucunecommunication,évi-
de populationnaturelle, infertile en céréales, in- tables au Maroc. tant ainsi une promiscuitédangereuse.Chaquepar-
grate au bétail, était pour Henri Menier,bien plu- En efiet,les échosétaient arrivés jusqu'à nousde tie doit comporterdeslocauxspéciauxpour le cou-
tôt qu'une entreprise,l'occasiond'un jeu de prin- l'activité bienfaisantede M"'"Lucien Saint, en fa- chage des pensionnaires,d'autres pour le vestiaire,
ce et des gestes de la grandeur.Il l'avait peuplée,
lui donnait un gouverneuret en surveillaitl'exis- veur de la protection de l'enfance et des mal- pour la cuisine.
heureux. Chaquesection aura, en outre, de petits ateliers
tence. On se laisse aller à imaginerAnticostiva-
guementintermédiaireentre l'île de Don Quichotte M'"" Saint comprit immédiatement que notre pour le préapprentissagedes garçons et des filles.
dont la i s- Dès que ces garçons auront reçu les premières
et celle du CapitaineCorcoran.C'est au dire mê- grande capitale, populationmusulmane,
me des géographesunede ces terres désoléesdont raélite et européennedevenait de plus en plus notions de travail, ils seront dirigés sur l'école
l'industriene tirera guère, et faites pour l'abordde dense, ne pouvait rester plus longtempssans une professionnelleindigènede Benjeloud,située préci-
quelque vaisseau fantôme surgi des légendes de maternité digne de son haut prestige et du chiffre sémentà peu distancedu futur orphelinat.
Sterstevens, ou pour que l'étrange Maldoror,qui imposantde ses habitants. Avecune clarté de vue, I Les filles recevront des leçons appropriées de
naguère donna so\ nom à une boîte montparnas- une rapidité de décision,une fermeté de proposet couture, broderieset travaux ménagers.
sienne,en viennecourir les côtesen déclamantson une compétenceremarquables qui ont vivement Le budget de l'orphelinatsera alimentépar des
interminablepsaume: « Vieil océan,ô grand céli-
bataire, Je te salue, ô' vieil océan.» frappé ceux qui ont approchéla digne compagne subventions de la ville de Fès, des Habouset des
de notre éminent Résident général, M'"" Lucien dons particuliers recueillis par les membres du
De fait, quand on songe que la principale ex- Saint résolut de créer une importante maternité Comité.
ploitation possible était celle du bois, on s'aper- à Fès. On prévoit le recrutement immédiatd'une soi-
çoit combiensa prospérité était aléatoire,puisqu'il
fallait amener ce bois au port mêmepar une voie L'implantationdu bâtiment a été déterminéelors xantaine de pensionnaires,chiffredéjà très appré-
ferrée, puis l'amener au moulinà papier, distant de la visite de M""'Saintsur le terrain, le vendredi ciable,qui s'accroîtratrès rapidement.
28 mars 1930,à 11h. 20. La visitede M"" Sainta provoqué,dans tous les
de 450 kilomètres.Commentce bois, richesse ad-
mirabled'ailleurs,pouvait-ilconcurrencercelui des Le devisa déjà été établi par M. Ambrosini,l'ha- milieuxindigènes,une vive sensation.
forêts du continent,qui s'en va tout naturellement bile et actif ingénieur,chef des Travaux munici- • Max Lepur.
L'AÈMUQUK DU NORD ILLUSTHRK

Le Ve congrès international d'Archéologie


L'Archéologieest certainementet avant tout la
plus aimabledes sciences;elle est encore,sans au-
cun doute, la plus pacifique,les discussionsaux-
quelleselle a pu donnerlieu étant restées toujours
dans le domainede la pensée.
Et cependant existe-t-il une source plus abon-
dante de controverses,puisque son champ d'in-
vestigationssouventremonteà la préhistoireet se
dévoileaux esprits les plus savants d'une lamen-
tablestérilité.
Il n'en paraissaittoutefoisaucunetrace au cours
de la tenuede ce congrès;par contre, ce qui fut le
plus remarquable,c'est d'y trouver une représenta-
tion à peu près complètede la Sociétédes Na-
tions,car nous y avonsconstatéla présencede dé-
léguésde l'Espagne,de l'Italie, de l'Allemagne,du
Portugal, des Etat-Unis, du Maroc,de la Tunisie,
de l'Egypte,de Tchécoslovaquie, de Tripolitaine,du
Canada,etc..
Et, en dernière analyse, ce fut la glorification
d'une grande figurealgérienne,peut-ondire, en la
personnede M. Gsell, membrede l'Institut, prési-
dent du Congrès.
Nul n'ignore,en effet, les remarquablestravaux
qui lui sont dus sur les villes mortes du départe-
ment de Constantineen particulier et à la recons-
titution historique desquellesil a contribué avec
une incomparablemaîtrise. La séance d'inaugurationdu V Congrèsde l'Archéologie.

titut et fut honoré de la présence de M. Koht,


présidentdu Comitéinternationaldes Scienceshis-
toriques; M. Susta, professeur à l'Université de
Prague; M. Smets, recteur de l'Universitéde Bru-
xelles; M. Castro, professeurà l'Universitéde Ma-
drid; M. Ussani, professeurà l'Universitéde Rome.
Il y a lieu de signaler, en outre, la présencede
MM. Glotz et Marion,membres de l'Institut; en-
fin et surtout de M.Emile Bourgeois,leur confrère
à l'Institut et professeuren Sorbonne.
La journée d'inaugurationfut, commetoujours,
consacrée plus particulièrementaux discours,qui
sont d'ailleurs nécessairespour créer une atmos-
phère de cordialecompréhension et préciserexacte-
ment l'esprit qui doit présider aux travaux ulté-
rieurs. Toutefois,il y a lieu de relever que le dis-
cours prononcépar M.G. Marques,professeurà la
Faculté des Lettres d'Alger, fut plutôt une confé-
rence, d'ailleurs profondémentattachante, sur le
Moyen-Ageberbère.Ainsi fut évoquéavec un art
consomméle jeu toujours renouvelédes influences
orientales et occidentalesqui se sont, dui-antdes
siècles,disputéesle Maghi'eb.
Au cours des travaux poursuivis par la suite,
les congressistesrivalisèrentd'éruditionet surent,
par l'élévation remarquablede leurs communica-
tions, dégager avec une incomparablegrandeur,
toute la philosophiede l'Histoire.
L'émotionfut portée à son comble,lorsque,à la
clôture des travaux, M. EmileBourgeois,qui avait
Le Congrès de l'Archéologie: Les congressistes à la sortie d'une séance. été déjà, au début, l'objet d'une manifestation

Nousne voudrionspas terminerce très modeste


et trop bref rappel d'une manifestationqui fut
grande, sans nousarrêter un instant sur l'un âf.a
discoursqui furent prononcé"à l'issue du banquet
de clôture.
Le délégué de l'Allemagne,M. Vygeârd,prenant
la parole,exprimeses remerciementspour l'invita-
tion qui lui a permis d'admirer le magnifiquela-
beur accomplisur la terre africainepar la France;
il exprime l'espoir que l'entente universellemani-
festée par ce congrèsdevienne de plus en plus puis-
sante, porte la santé en l'honneurde l'Algérie et
de son Gouverneurgénéral, et termine par le cri
de « Vivela Frarce » !
Reprenantce toast émouvant,M. Pierre Bordes
ne manquaitpas de le souligneravec l'autorité que
lui conféraientses éminentesfonctions,et ce fut
dans une atmosphère d'universellecordialité que
prit fin cette grande manifestation,dont l'Algérie
s'honore tout particulièrement d'avoir été le
théâtre.
— 'j
Le Congrès des Sciences historiques
Certes, s'il y a un congrèsqui s'imposaitavant
tout autre, à l'occasiondu Centenairede l'Algérie,
c'est bien le Congrèsdes Scienceshistoriques,très
heureusementorganisée par la SociétéHistorique
Algérienneet le CommissariatGénéral,qui préside
aux grandes commémorations de l'année. Le 2" Congrèsdes Scienceshistoriques: Les congressistespendant un repos.
Il était présidépar M. Coville,membrede l'Ins- l'imtosF.icuuckei
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

particulière,organiséeen son honneur,par ses an-


ciens élèves, prit la parole pour résumer, en quel-
que sorte, les hautes leçonsà retenir de ce congrès.
S'autorisant de ses cinquante arts d'enseigne-
ment, il exalte"le spectacleréconfortantde la jeu-
« nesse qui l'entoure, de la jeunesse de l'Algérie
o française, de la jeunessedes choses...»
Et ce fut, pour la Pensée française, commeune
apothéose,d'où l'Algérie sort plus brillante et cer-
tainement plus aimée.

Le Congrès pour l'avancement des Sciences

Ce Congrèsa été organisépar l'Associationfran-


çaise pour l'avancementdes sciences,dont la fon-
dationremonteà 1872,et qui fusionna,par la suite,
avec l'Association Scientifiquede France, fondée
par Le Verrier en 1864. **
Cette manifestationprend, indiscutablement,la
premièreplace dans l'ensembledes congrèsdont la
célébrationdu Centenairea provoquéla tenue en
Algérie. Elle a réuni des hommesqui, dans le do-
maine serein de la pensée, constituentla superbe
élite de la France contemporaine,digne continua-
trice des ClaudeBernard, des Broca, des Frédel,
des Quatrefages,dant le Gouverneurgénéral évo-
quait éloquemmentla mémoire en présidant à
l'ouverture destravaux.
Et s'il importepeu aux grandespersonnalitésmé- Les Congressistesde la radiologiedevant l'Opéra d'Alger où ils se sont réunis
tropolitaineset algériennes,qui y ont pris part, de pour se rendre à Dellys.

L'exposition d'art médical


et d'hygiène publique

M. le Docteur Raynaud, inspecteur général des


Services de l'Hygiène publique,a organisé, dans
des locaux de la Faculté de Médecine,à Alger,
une expositiond'art médicalet d'hygiènepublique.
Lt grand prestige dont jouit, dans le monde
scientifique,I'éminentanimateur de cette manifes-
tation algérienne,suffisait pour appeler sur celle-
ci l'attention déférente des membres du Congrès
pour l'avancementdes sciences.
Aussi tinrent-ils à honneur de lui rendre l'hom-
mage déférent d'une visite,qui a eu Heu,le 15avril
dernier, en la*présence de M. Pierre Bordes.
Le GouverneurGénéral était accompagnéde
M Pierre Bordes,de M. Galle, présidentdes Dé-
légations financières,de M. Atger, préfet d'Alger,
M. Brunel, maire d'Alger, et de nombreusesnota-
bilités.
C'est au cours âù cette visite qu'a pu être prise-
la photographieci-dessous,au momentoù le Gou-
verneur Général visitait la sectiondes spécialités
pharmaceutiqueset s'arrêtait plus particulièrement
devant l'expositionde la grande firme Bayer, si
connue.
Tous les exposantsbénéficiaientd'ailleurs d'une
attention flatteuse. Toutefois,l'attention des visi-
teurs a été plus particulièrementretenue par un
panneau contenant de nombreuses photographies
de soldats morts pour la Patrie. Il était d'ailleurs
Le Congrès de l'avancementdes Sciences: Les Congressistespendant un repos. présenté par M Régis et M. Broussais,au nom
de la Société « L'Algérienne».
commele commanderait En se retirant, M. Pierre Bordes ne manquait
se voir citer l'hommage naissant que l'Algérie a réservé à leur haute pas d'adresser au docteur Raynaud et à ses colla-
que nous leur devons, du moinsnous sera-t-il per- valeur. borateurs ses chaleureusesfélicitations.
mis de signaler ici les heureuxeffetsde leur puis-
sant et rayonnant prestige personnel.
C'est à la science française, sans doute, mais
c'est aussi à ces mêmes personnalités qu'il faut
attribuer l'empressementavec lequelsont venus se
joindre à elles les représentants les plus qualifiés
de la sciencemondiale,et que nous croyonsdevoir
saluer ici avec respect : tels furent, entre autres,
M. le professeurFlahaut, délégué de l'Association
françaisedu Canada;M. Vila,déléguéde l'Associa-
tion espagnolepour l'avancementdes sciences; M.
Dehalu, chef de la délégation du Gouvernement
belge; M. le professeur Chugi; M. Sergesco,dé-
légué de la Roumanie...
Il n'est pas possible de faire contenir dans le
présent compte-renduun examen, même succinct,
des études importantes qui ont été traitées au
coursde ce congrès.Nous pouvonscependantsigna-
ler que c'est à la sectiond'électrologieet de radio-
logie médicaleque se sont traitées les questionsles
plus intéressantes, en ce sens qu'elles se rappor-
taient à la défensede la vie humaine,qui est, com-
me chacun sait, l'objet d'une attention universelle.
Des banquets,des vins d'honneur,des excursions
sont intervenus,entre temps, dans une très juste
mesure, pour distraire les éminents congressistes
de la sévérité auguste de leurs travaux et, si leur
bref séjour au milieu de nous n'a pas ajouté des
élémentsessentiels à leurs vastes connaissances,il
est certain qu'ils en emporterontle souvenirlumi- Le GouverneurGénéral et les Congressistesvisitant l'Exposition des spécialitésphnrmaccutkrues.
neux et durablede l'accueilrespectueux et recon- Photos Dcssault,
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

La pose de la première pierre de l'église


du Sacré-Coeur à Casablanca

Nous avons relaté en son temps l'inauguration


par Sa Grandeur Mgr Vielle,de l'église Sainte-
Margueritedes Roches-Noires, à Casablanca.Quel-
quesmois ont passé depuiscette cérémonie,et Mgr
Vielle est revenu dimanche 13 avril à l'occasion
d'une fête analogue.
C'est, en effet, le dimanchedes Rameauxqu'a
eu lieu en sa présence,au milieudes ombragesdu
Parc Lyautey,la pose de la premièrepierre de la
future église du Sacré-Coeur,dont nous avonspu-
blié, il y a quelquesmois,la maquette.
Le R. P. Clément, vicaire général, et le R. P.
Henri Koelher,directeur général des OEuvres,ac-
compagnaientMgr Vielle.
La messe fut célébrée le matin dans la petite
église actuelle,bien modesteen regard de la ma-
gnifiquecathédralequi va s'élevertout à côté. De-
vant une assistance nomb>~use,Mgr Vielle bénit
la première pierre dans laquellef"t scellé un tu-
be métalliquecontenant le pro',",s.ver' 1 de la cé-
rémonie:
« Ce dimanchedes Rameaux,13 avril 1930,cet-
te pierre, première d'une église qui sera dédiée
au Sacré-Coeurde Jésus, a été bénitepar Sa Gran-
deur MonseigneurVielle, vicaire apostolique du
Maroc, Sa Sainteté Pie XI glorieusementrégnant, — La cérémoniede la pose de la première pierre de la Cathédralede Casablanca.
CASABLANCA.
M. Lucien Saint, étant Résident gér'ral de la
France au Maroc,M. Orthlieb,contrôleuren chef
de la région de la Chaouïa,M. Courtin, chef des soleil,le calmede cette courintérieure. i ral et MadamePierre Bordes recevaientau Palais
Servicesmunicipaux,M. l'AbbéJ. Toupin,curé de Tout autour, les secteurs des Compagniespar- j d'Eté les membresdu CongrèsNational des Victi-
la paroisse,MM.Tourmonet Lafforgue,architec- ticipantes: Alsace-Lorraine,Est, Etat, Etat-Al- mes de la Guerre et des AnciensCombattants.
tes, M. Bohly,entrepreneur.» gérien, Midi,Nord, P.-L.-M.(Tous réseaux), P.O. Plusde millecongressistesrépondantà l'aimable
La première pierre fut ensuite solennellement Une place a été réservée également dans les invitationse réunirent autour des tables dressées
secteurs algériens de l'Etat et du P.-L.-M.à la et décoréesavec goût au milieu des jardins.
placée à son emplacementdéfinitif,c'est-à-dire à
la base de la colonnede l'évangile,et les assis-CompagnieFermière des Cheminsde fer tunisiens La réputée Musiquede la Légion Etrangère et
tants se séparèrent tandis que retentissait danset aux Cheminsde fer du Maroc. « La Voix du Géant» agrémentèrent cette belle
l'air du matin brumeuxle chant du «Te Deum». L'édificationde ce pavillona été confiéeau Ré- manifestation où les grands mutilés étaient aux
seau P.-L.-M.Algérien, qui en a chargé son chef places d'honneur.
des Servicescommerciauxet touristiques,M. Ma- M. Pierre Bordesen une heureuseet émouvante
Les chemins de ier ria. improvisationrendit un vibrant hommageaux vic-
M. Wolf, architecte,diplômé du Gouvernement times de la guerre et aux ancienscombattants,al-
A l'occasionde l'Exposition du ^Centenaireà a eu la charge de la partie technique. locution qui fut unanimementet chaleureusement
Oran, les Grands Réseaux ferrés de la Métropole M. Antelme,entrepreneur,a construit l'édifice. applaudiepar tous les assistants.
et de l'Afrique du Nord ont édifié,à frais com- Dans le Grand Palais, la CompagnieP.-L.-M., M. Soulmagnon,président de l'Interfédération
muns, un pavillonoù sont exposéstous les docu- clansun stand particulier,présente un modèlede Nationale,offrit au nom de ses camarades,à M.
locomotivede train express construitepar les élè- Pierre Bordes, un magnifiqueet luxueux exem-
ves de 2" année de l'Ecole d'Apprentis du Dépôt plaire de l'oeuvre admirable de Dorgelès « Les
d'Oran, et un modèlede machinefixe à vapeur Croixde Bois».
construite par M. Lauze, chef de brigade d'ou- Tour à tour MM.Soulmagnon,Pichot,président
vriers, chargé du cours du dessin et de la Direc- de l'Union Fédérale, Rivollet, secrétaire général,
tion des travaux d'atelier à l'Ecole d'Apprentis. prirent la parole pour remercierle GouverneurGé-
Tout à côté, une maquetteau 1/20"de la Gare néral de l'accueil affectueuxet inoubliablequ'ils
d'Oran, faite toute en carton par un employédu avaient reçu de l'Algérie; ils manifestèrenttoute
Servicede la Voie M, Jeantet (Alfred), est sai- leur gratitude à M. Pierre Bordes pour sa bien-
. sissante d'exactitudeet d'originalité. veillanceet sa sollicitudeenvers les victimes de
la guerre et anciens combattants.
Congrès National des Victimes de la guerre | C'est en pleine nuit que se termina cette émou-
et des anciens Combattants i vante réceptionempreinteà la fois de grandeur et
de simplicité.
Lundi21 avril, à 18 heures le GouverneurGéné- Fred Bédeil.

Le Pavillon des Cheminsde fer.

ments de propagande touristique de chacun des


dits réseaux.
Ce pavillon,qui est situé à proximitédu Grand
Palais, le long de l'allée centrale de l'Exposition,
.affecte une forme dodécagonale ; il est surmonté
d une tour mauresquede 15 mètres de hauteur.
~ l'intérieur se trouve une cour dal-
mauresque
lée de zelliges multicoloresqui lui donnent l'as-
pect clune. des plus jolies cours de mosquéequi
se puissent voir clans l'Afrique du Nord.
Au centre, un bassin rempli d'eau claire duquel
jailhssent neuf jets d'eau qui animent de leur
bruit léger et rafraîchissent,aux heures de grand
Vue intérieuredu pavillon.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

La Foire de Marrakech: I. M. Saint visiteles stands; II. Le Résidentadmireunecuiller d'argent exécutéepar un artisan.

La 10e foire de Marrakech Syndicats d'initiative,qui ont fait preuve, dans représenté,sousla directionéminentede M. Canas
leurs organisationsrespectives,du meilleur goût Fuentès,et que cette participationdu Comitéoffi-
local le plus touchant. cieldu Tourismede la zoneespagnoleest vraiment
Cette manifestationde l'activitétoujourssurpre- ! et du chauvinisme Maroc brillamment émouvante.
nante du Maroc,en général,et de la villede Mar- | Notons que le espagnoly est
rakech, en particulier,a déjà une histoire qui mé- :
rite quelqueattention.
L'idéepremièrese bornait, dèsle principe,à l'or-
ganisation d'une simple foire de ville, maintenue
dans des limites très modestes;un concoursd'éle-
vage y était compris,mais l'associationdes agri-
culteurs et éleveursde Marrakech,allant plusloin,
fit si bien que cette simple manifestationétait
transforméeen un concoursagricole.
L'ensembleobtint un tel succès que, en 1921,
c'était la « Semainede Marrakech» qui était or-
ganisée au bénéficedes trois grandesbranchesin-
séparables de l'activitéhumaine: l'agriculture,le
commerceet l'industrie.
La réussite dépassatoutesles espérances.Il n'en
fallait pas plus pour autoriser et déclancherun
nouveauprogrès.
Le principede la la grandefoire prenaitcorpset
trouvait aussitôt des partisans convaincuset con-
fiants.
Le généralcommandantalorsla région,la Cham-
bre mixte, l'Associationdes Agriculteurset Ele-
veurs, le pacha de Marrakech,les grands caïds
se mirentà l'oeuvre,avec élan, et la Foire de 1922,
fruit d'une collaborationaussi éclairéequ'unanime,
fut un triomphe.
L'affaire était définitivementlancée, le succès
était désormaisaffirmé pour l'avenir: il n'y avait
plusqu'à procéder,avecsagesse,à une organisation
définitive,en adaptant aux possibilitéslocalesles
dispositionsen usage dans les grandesvilles dela
Métropole Le cortègepasse clansles allées du Djemaa-ei•Arsi.
Un Comité permanent préside à cette entre-
prise; il a acquis des terrains sur lesquels s'édi-
fient peu à peu les pavillonset stands, répondant
auxbesoinset déjà s'est fait sentir la nécessitéde
créer une grande salle des fêtes, complétantun
ensemblefavorableà toutes autre manifestations
dont la belle région,dont Marrakechest le centre,
poui-raêtre l'instigatrice.
La Foire de Marrakecha ainsiobtenuet fixésa
bonneplacedansle calendrierdesmouvementséco-
nomiques: le temps et la brillanteactivitédesor-
ganisateursne pourrontque l'améliorerencore.

La 10eFoire, actuellementen cours, au moment


où nous écrivonsces lignes,porte le nom symbo-
lique de « La Grande Semainedes Arts indigènes
et du Tourisme».
La premièrepartie comporte:
1" Le Ssrvicecentral, organisépar les soins de
M. Ricard; il groupe de riches spécimensde tapis
de Rabat, descuivreset poteriesde Fez, des samo-
vars et cuivresde Meknès,des broderiesde M"10J.
Dumas,de Casablanca;
2" Le Servicerégional,organisépar Si Mameri,
inspecteurrégionaldes'Arts indigènes;il comprend
de nombreuxtravaux de l'artisanat indigène,meu-
bles,tapis, cuirs ouvrés...;
3" Le Servicedu « Vieux Maroc», qui a réuni
tout ce que le passé a légué de productionsorigi-
nales et artistiques,d'un indiscutableintérêt.
La deuxièmepartie est affectée au tourisme.
D'une présentation parfaite, elle est l'oeuvredes Une expositiond'objets d'art indigènes.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Réceptionau Palais d'Eté des Anciens Elèves des Ecoles primaires Supérieures.

Une réception au Palais d Eté empêeh?point cependantd'avoir pleinementcons- eux » à un yaouledcireur qui ne manquepas d'al
cience en leurs devoirs de scouts et d'observer, ture, bien qu'il soit de paille.
quand il le faut, une disciplineet une pondération Et ce petit mondeva et vient, siffloteet respire
Parmi les nombreuxcongrès qui tiennent leurs irréprochables. au grand air du Sahel, tout chargé dessenteursdu
assises à Alger pendantles fête-sdu Centenaire,il Pour comprendreet mieux aimer l'éclaireur, il bois d'eucalyptusvoisin. Pas une seule note dis-
en est un qui servira plus particulièrementl'Al- faudrait partager, pendant quelquesjours l'exis- cordante; Français, Algérienset Etrangers ne for-
gérie et qui la fera mieux connaître à une très tence qu'il mène en camping,vaincre avec lui les ment plus qu'un bloc fraternel. Ils sont quinze
importante catégorie de Français. Nous voulons innombrablesobstaclesque lui opposentla nature cents, mais il n'y a qu'un seul coeur,qu'une seule
parler du Congrèsde la FédérationdesAssociations et des circonstancesd'ordres divers; participer à âme et c'est bien là le résultat immédiatet le plus
des Anci:ns E'èvesdes EcolesPrimaires Supérieu- ses travaux, ses exerciceset à ses jeux; assister significatifdu scoutismeinternational.
res de France et des Colonies. à ses fêtes champêtres et écouter, le soir, à la Dans un geste spontané et louable, M. le Gou-
Ce congrès,qui a réuni à Alger de très nom- lueur du feu qui crépite et vacille, les histoires verneur général Pierre Bordesa tenu, jeudi der-
breux professeurset élèvesde la Métropole,a te- de Calumetou autres Parana. nier, à inaugurer officiellementle Camp National.
nu sa séanceinauguralele mardi 15 avril sous la Accompagnédes principalesautorités civileset mi-
présidencede M. Pierre Bordes,GouverneurGéné- Mais,visitezle camp nationalet vous aurez déjà litaires de la Colonie,auxquelles
une première impressionde ce que peut être le étaient venus se
ral de l'Algérie. « modusvivendi» d'un boy-scout,de tout ce qu'il joindre le colonel Marchai,directeur des services
A l'issue de cette cérémonie,les congressistes militairesau cabinetde M. Morinaud;MM.Hubert
sontallés déposerune palme,cravatéeaux couleurs contientde romantismeet de noblesse.
Parcourez les différentessections. Voyez avec Martin, présidentdu Bureauinternationaldu scou-
nationales, au pied de la plaque de marbre où tisme mondial; Lefèvre, chef de camp; Ncrdeux,
sont inscrits les noms glorieux des professeurset quel soin jaloux elles ont été aménagées.Chaqu" chef adjoint; Chartus, chef de troupe à Alger, et
élèves do l'Ecole Primaire Supérieurede la ram- pays,chaquerégion ont rivaliséde goût et d'intel- Fernand Hugues, président du Comitéd'organisa-
pe Valée, morts pour la Patrie pendant la grande ligence, mettant à profit les moindres accidents tion, il parcourut les huit sections,visiblementin-
tourmente. du terrain et l'aide précieuse de l'arbre. Ici, le
mot d'ordre est «bonne humeur» ! L'éclaireur, téressé par le spectacleoriginal et plaisant qui lui
L'après-midi,à 17 heures, M. le GouverneurGé- même dans les momentsles plus difficiles, doit était donné d'admirer.
néral et M1""Pierre Bordes ont conviéà un vin conserverle sourire.Il s'ingénieà décorerson do- La visitedu campterminé, nos boys-scoutsoffri-
d'honneurles membresdo ce congrès. maine avec esprit. Telle troupe bourguignonne rent au représentantdu Gouvernementune fête en
Au cours de cette cordiale manifestation,qui tous points parfaite. Après un défilé impeccable
sculptera dans la terre humide un superbeescar- devant la tribune spécialement établie, petits et
eut lieu au Palais d'Eté, et qui fut agrémentée got et découperadans des feuilles de figuier de
par un concertdonnépar l'excellenteMusiquedes Barbaried'imposantesgrappesde raisins,Les boys- grands,eclaireurs,louveteauxet girls-scoutss'élan-
Zouaves, « La Voix du Géant» se fit entendre. marins d'Algervous préviendrontaimablementpar cèrenten une charge à la fois grandioseet profon-
Installée au milieudes jardins, face au Palais, de larges pancartesqu'il y a danger à s'aventurer dément émouvante.Leurs cris de joie, leurs hur-
« La Voix du Géant» retransmit à l'aide de ses dans « leurs eaux » où foisonnent,paraît-il, de ter- rahs frénétiques,le bruit des bâtons qui s'enti-echo-
puissants haut-parleurs, l'émissionde Radio-P.T. ribles requins...en l'occurenced'inoffensifsharengs quaient et le claquement sec de leurs étendards,
T.-Alger. Entre temps, elle donna les meilleurs fumés dont la dorure, terne et lépreuse,fait son- c'était commeun hymne à la jeunesseet à la vie,
morceauxde son répertoire. ger au dômedes Invalides.Un peu plus loin, les qui montait,vibrant et formidable,vers le soleil...
«La Voix du Géant», que l'on entendait pour Bônois ont confiéla conciergeriede leurs « che-c AndréSarrouy.
la première fois à Alger, obtint un gi-ossuccèsde
curiosité.
Les congi'essistesfurent particulièrementchar-
més par le bienveillantaccueilde M""'et M. Pier-
re Bordeset émerveilléspar le cadre enchanteur
du Palais d'Eté. Ils chargèrent M. Dumas, prési-
dent de leur Fédération,de remercierM. le Gou-
verneur Généralet MadameBordeset de les as-
surer de toute leur respectueusegratitude.
F. B.

Au camp National des Eclaireurs

Nul n'ignoreaujourd'huile bel idéal caressé par


les animateurs du scoutismeet il serait superflu
de faire ici l'éloged'une organisationdor.'.la hau-
te portée moralen'échappeplus à personne.
A l'occasiondu Centenaire, « le camp national
des Boys-Scouts» se tient cette année à Alger et
c'est aux portes du Sah'l que nos eclaireurs, ve-
nus de tous les points de la Méti-opolc,do l'Etran-
ger et de l'Afrique du Nord, ont planté leurs pe-
tites toiles rectangulaires.Us sont là quinzecents,
tous joyeux, insouciants,Leur exubérancene les M, Bordes visite le camp des Boys-Scouts. Photos Dcssault.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Un monument est élevé à Sfax


à la mémoire de Paul Bourde

La Tunisie a honoréla mémoiredu premier di-


recteur de l'Agriculture, M. Paul Bourde, en lui
élevant un monumentà Sfax, destiné à rappeler
à tous l'oeuvreféconde qu'il accomplit pour le
pays. Ayant débuté dans le journalisme, au
« Temps», Paul Bourde,à 28 ans, fut chargé, par
le « Moniteur Universel», d'accompagneren Al-
gérie une caravane parlementaire organisée par
M. Thomson. Ce voyage détermina sa vocation
colonialeet désormais il appliqua toute son éru-
dition, qui était grande, tout son talent de jour-
naliste à l'oeuvrede colonisationqui l'attirait vers j
ce pays d'Afrique.
Etant venu en Tunisie, en 1899,il publie,à son .
retour de mission un rapport précis sur les cul- j
tures fruitières et, en particulier, sur la culture j
de l'olivier dans le centre de la Tunisie.
L'année suivante, M. Massicault,alors Résident
général de France en Tunisie,le nommeDirecteur j
de l'Agriculture du Protectorat, dont les assises
n'étaient établiesen ce pays que depuis neuf ans à
peine. Ses premièrestournéesclansle pays l'amè-
nent à constater partout dans la région du Centre
des vestiges de moulinsà huiles, de pressoirs da-
tant de l'époqueromaine; ces découvertesconfir-
ment ce que tous les textes latins lui ont appris,
savoir l'existence d'une immense forêt d'oliviers Un monumentélevé à la mémoirede Paul Bourde.
dans tout l'hinterland,depuis Sousse, Sfax jusqu'à
Sbeita et la frontière algérienne. Son projet de
reconstituer l'antique forêt d'oliviersest désormais
mis sur pied. Desterres seront concédéesaux co- j
Ions français, moyennant paiement d'une rede-
vance minime,car la valeur de solaride est infime,
elle ne prend d'importancequ'au fur et à mesure
des efforts consacrésà la planter.
La population indigène laborieuse de Sfax est
associéeà cette oeuvreféconde par le jeu du con-
trat de « mgharça», dont Paul Bourdefait revivre j
les effets avec une clairvoyancejudicieuse: c'est ]
un bail à comptanten usage entre propriétaireset
cultivateurs indigènes,qui permet au propriétaire
du sol d'avancerles fondsau mgharci,lequeleffec-
tue la plantation. Les oliviers étant âgés d'au
moinsdix ans, le partage se fait équitableentre le
propriétaire et le mgharci. Avec le concours pré-
cieux des autorités locales qui ont compris l'im-
mense portée de la tâche à accomplir,le program-
me se réalise peu à peu. En 1881,le nombred'oli-
viers plantés en Tunisie était au plus de -1mil-
lions; aujourd'hui, il atteint le chiffre de 17 mi-
lions de pieds et la productionmoyenneannuelle
de la Régencereprésente environun vingtièmede
la productionmondialede l'huile d'olive.Dans la
seule région de Sfax, celle dont s'est plus particu-
lièrement occupéPaul Bourde,les oliviers plantés
à son instigation,depuis 1893,atteignent, dans un
rayon de cent kilomètres,sur près de .",50.000 hec-
tares, le nombrede 4.500.000pieds. Et cette forêt M. Serot, sous-secrétaired'Etat à l'Agricultureet M. Manceronécoutent les discours.
splendide,qui ceinture Sfax, en a l'ait aujourd'hui
le premier port de la Tunisieau point de vue des
exportations,grâce aussi à l'apport des phosphates
de chaux provenant des gisements de Metlaoui
exploitéspar la Compagniede Sfax-Gafsa.
Telle est l'oeuvreadmirable accomplieen Tuni-
sie par Paul Bourde;elle fut retracée ôloquemment
par denombreuxorateurs en présencede M. Sérot,
sous-secrétaired'Etat à l'Agriculture; M. de Mi-
cilly, ambassadeurde France, représentant le Mi-
nistre des Affairesétrangères; M. Manceron,rési-
dent général de France à Tunis; M. le général de
Chambrun,commandantsupérieur des troupes de
Tunisie.

Mademoiselle Germaine Decot, peintre

GermaineDecot,jeune algéroise,vient d'exposer


pour la première fois à Paris.
Après avoir fait ses études au Lycée d'Alger,
elle travailla un an à l'Ecole des Beaux-Arts de
cette ville et vint à Paris où, à l'Ecole Supérieure
des Beaux-Arts, elle fut acceptée par le maître
LucienSimonà compterparmi ses élèves.
C'est au Salon des Indépendantsque les pein-
tures de la jeune artiste ont été très remarquées
de la Presse parisienneparmi 4.476exporants.
M. Guy Mounereau;dans l'« Echo de Paris», a
signalé son envoi,et « Comoedia » a attiré l'atten- Vue d'ensemblependant la cérémonie.
tion de ses lecteurs suv les oeuvresextrêmement
intéressantesdu jeune peintre. «Paris-Midi», en-
fin, a consacréun échospécialpour ce jeune talent. une simplicitécondensée,dénotent déjà une maî- l'Algérie,dans sa vie artistique, un succèsque mé-
Un paysage parisien, plein de tonalités char- trise très rare chez une jeune artiste... ritent, et ses grandesqualités,et son goût sûr.
mantes et surtout une nature morte, traitée avec Souhaitons à cette nouvelle représentante de MauriceBcaugier.
10 1. AFRIQUE DD NORD ILLUSTREE

ALGER.— L'hommagedes Gymnastesau Monumentaux Morts.

Le Centenaire

La 52'' Fête FédéraleNationalede Gymnastique.


C'est un véritable tour de force que de mettre
sur pied en Algérie pai'eille manifestation.Aux
problèmeshabituels et, si l'on peut dire, classi-
ques, qui tant de fois sèment la panique parmi
les organisateurs,s'ajoutent ici d'innombrableset
sérieux obstacles.
Et pourtant,ce tour de forcea été réalisé, grâce
à l'énergie,à l'habile doigté et au labeur opiniâtre
de quelqueshommes;il a été brillammentréalisé
mêmeet ceux qui, hier encore,se confinaientdans
une appréhensionangoissanteou raillaient ridicu-
lement, ceux-là sont les premiers aujourd'hui à
applaudiravec frénésiele succèsintégral et écla-
tant de la 52"Fête Fédérale Nationale de Gym-
nastique.
Le programmeétait copieux et varié. Il tint
entièrementses promesseset se dérouladans un
ordre parfait. Dèssamedi,nos gymnastestinrent à
rendre un pieux hommageà la mémoiredes en-
fants d'Alger morts pour la patrie. Après avoir
copieusementfleuri le majestueux monumentdu
boulevardLaferrière, ils parcoururent les princi-
pales artères de la ville en un défilé impeccable
et imposant,auquel étaient venues se joindre les
troupes reconstituéesde 1830.La foule houleuse,
qui se pressait sur leur passage, ne ménagea ni
ses ovations,ni ses fleurs.
Après quelquesjours sombreset froids, le ciel Le Salut des bretons.
avait retrouvé toute sa radieuse limpidité et le
soleil,dont les rayons illuminaientbrillammentla
capitale, laissait espérer des lendemainsidéale- Déjà de réels progrès ont été obtenus. La péda- les plus pittoresques. Statues vivantes, aux sil-
ment beaux. gogie, plus sobre, plus moderne,et qui fait une houettessculpturaleset superbes;petits paysans et
La fête de nuit. grande place aux mouvementsrespiratoires, doit paysannes en costume national, évoluant gracieu-
logiquementdonnerles plus beaux résultats. sement au rythme des refrains du terroir, tout
Dimanche,la journée était réservée aux mili- Le soir, à 9 heures, la fête de nuit attira, au cela prenait, sous la lueur des projecteurs,un as-
taires et aux scolaires qui se pi-oduisirentsur le Stade de Saint-Eugène,un gros public.
terrain de l'hippodromeen une série d'exercices pect fantastique et d'un heureux effet.
Spectacle charmant que celui offert par toute La tâche du jury fut particulièrementdélicate.
savammentréglés. cette jeunesserivalisant d'adresse, d'ingéniositéet Il n'était pas facile de départager les concurrents!
Il est superflu d'insister sur l'utilité de l'édu- de talent ! Sur le « plateau » défilèrent, tour à Et pourtant les récompensess'adressèrenttoujours
cation physiquedans nos casernes et nos écoles. tour, les groupes les plus artistiques et les types aux plus méritants.

La Fête de Nuit au Stade dû Saint-Eugène: I. Combatde Gladiateurs;II. Une phase de rugby.


11
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Mouvementsd'ensembleexécutés par plus de 6.000gymnastes.

La fête fédérale. I hommageempreintd'un profondrespect, à l'égard depuisprès d'un demi-siècleaux destinéesde la Fé-
Le record d'affluencefut battu lundi dernier à de M. Cazalet,qui a été un précurseur et préside dération des Sociétésde gymnastiquede France.
l'occasionde la fête fédérale et l'Hippodromedu
Caroubier,pourtant habitué aux foules compactes,
n'avait jamais connu pareille multitude.
Il est assezdifficilede décrireune fête de gym-
nastique et surtout d'émettre une critique quel-
conquesur les différentesproductionsdes concur-
rents. Nous laisserons donc ce soin à d'autres
mieux qualifiésque nous.
Disonsseulementque les mouvementsd'ensem-
ble exécutés par les cinq mille jeunes gens, sur
un motif oriental spécialementcomposépar le
capitaine Chevalier,chef de musique au 9' Zoua-
ves, produisit une impression profonde et, sans
doute, inoubliable.La puissancede la masseet son
extraordinaire dynamisme se révélèrent presque
brutalementaux yeux de l'incrédule,et beaucoup
comprendrontmaintenant poui'quoicertains mo-
dernes épris d'idéal — cet idéal que l'on appelle
généralementavant-gardisme— viennenty puiser
les meilleuresinspirations.
Après le concours, M. Berthier, délégué d'Or-
léans, remit à M. Morinaud,sous-secrétaired'Etat
à l'Education Physique, — qui présidait en com-
pagnie de MM. Champetierde Ribes, ministre des
Pensions; Ricolfi, sous-secrétaired'Etat à la la
Guerre, et Pierre Bordes, gouverneurgénéral de
l'Algérie — le drapeau fédéral. M. Morinaudten-
dit l'emblèmeà M. Brunel,maire d'Algeret, tourné
vers les gymnastes attentifs, prononça une tou-
chante allocution,dont nous extrayons le passage
suivant :
« L'éducation physique, continuant la prépara-
tion militaire, donnera à la France des hommes
sains et forts, aptes au travail, utiles dans la paix.
Dans l'intérêt de notre jeunesse et de la Nation,
il faut donc qu'à l'école, au collège,au lycée et La Tribune officielle'pendant les manifestations: Au centre, M.Morinaud.
dans nos sociétés post-scolaires,tous les jeunes
Français s'astreignent à bien se préparer au ser-
vice militaire.
« Nous nous efforceronsde remplir, quant à
nous, de toutes nos forces cette tâche patriotique.
" Le bel exempleque vous nous donneznous y
encourage,nous y incite et nous y pousseirrésis-
tiblement.
« Jeunes gens des nations amies, je vous sou-
haite la plus affectueusebienvenue.Je suis heu-
reux que vous ayez particulièrementbrilléà notre
grande fête fédérale.
« Jeunes gens de la Mère-Patrie,je vous salue
sur cette terre d'Afrique, où notre France, par
son oeuvre civilisatrice, s'est pour l'éternité cou-
verte de gloire.
« Jeunes Français d'Algérie, recevez tous nos
éloges pour votre belle tenue! »
Puis ce fut la ruée vers les trains, les tram-
ways et les autobus et le joyeux retour à Alger
qui disparaissaitdéjà sousles flotsde lumière.
Aux principaux artisans d'une aussi belle et
aussi complèteréussite, à MM.Dominique,Ferrier,
Giordanoet à tous leurs collaborateursdévoués,
nous adressons nos complimentssincères et cor-
diaux.

Nous ne voudrionspas laisser se terminer dans


une véritableapothéose,ces grandes fêtes de l'édu-
cation physique de France, sans exprimer un re-
gret, un seul, mais gai, pour nous,a la valeur d'un Le Défilédes Etendards. Photos Dessnult.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

M. Gustave Wolf

C'est avec le plus vif empressementque nous


venons,aujourd'hui,offrir à M- GustaveWolf, de
Bône, nos plus cordialesfélicitations, à l'occasion
de sa nominationtoute récente dans l'ordre natio-
nal de la Légiond'honneur.
Cette distinctionétait attendue par nous depuis
longtemps,car M.G.Wolf s'est toujourssignalé par
l'activité qu'il a miseau service du progrèsgénéral

La maquette du futur Hôtel de Ville de Philippeville.

Mairie de Philippeville tres de longueur. Les constructionssont prévues


] sur
pieux Franki et la décoration sera faite par M.Wolf Gustave.
des artistes algériens.
Les Villes d'Algérie possédantun Hôtel-de-Ville Cette Mairie doit être la véritable maison com-
sont rares. La plupart pressées de s'installer, choi- mune. Maisonde Travail, elle doit proclamer la du pays et par le prestige dont il jouit auprès de
sissaient des locauxrestreints, très modestes,dont grandeur française et le rang élevéde son usage. tous ses concitoyens.
beaucoupsont de pauvres bâtisses qui subsistent Elle simplifierala missiondes élus. Elle facilitera Il a créé à Bône une importante brasserie dont
encore. l'accès du citoyen.Elle doit faire avant tout oeuvre l'organisationest remarquable.
Philippeville,sous la vigoureuse impulsionde utile. Par ce moyen,il assure l'existenced'un personnel
son Sénateur-Maire,Paul Cuttoli, a compris dans
ses travaux d'utilité de premièreurgence,la cons- nombreux,et dispensedans tout le départementde
truction de son Hôtel-de-Ville,dont les travaux Constantineun produitvraiment algérien,jouissant
Une belle soirée à Souk Ahras d'ailleursd'une faveur progressive,bien faite pour
seront entrepris très prochainement.
Situé face à la mer à l'entrée du port commele éliminer peu à peu toute intervention étrangèl'e.
sont la plupart des Mairies maritimes,cet édifice Par ailleurs, membre de la Chambrede Com-
La charmante petite ville de Souk-Ahrasvient
est conçuavec des donnéesnouvelles. de se à l'actualité par une très jolie fête, merce, son expérience des affaires s'exerce avec
Toutes les pièces sont reliées par de larges ves- signaler fruit dans l'intérêt de la communautéau sein de
dont les diverses caractéristiques méritent d'être
tibules, dégagementset escaliers. A l'angle de la cette honorable Compagnie.
rue Nationale,sur la mer, se dressera un beffroi, relevées avec le plus grand intérêt. Nous nous réjouissonshautement de le voir au-
étudié dans une note mauresquemais pour lequel Il s'agissait, en premier lieu, de glorifier une
jourd'huià l'honneur.
l'architecte éviterade copier le minaretd'unemos- heureuseidée, l'électrificationde la Compagniedes
quée.Ultérieurementdans ce minaret serontinstal- Cheminsde fer algériens de l'Etat. Il y avait lieu,
lés un carillonet un haut-parleur. ensuite, de procurer des ressources nouvellesaux
La partie administrativeest conçued'une façon orphelinatsdes Cheminsde fer et au Bureau de M. Henri Sultana
nouvelle.Elle conserveson autonomieentière et bienfaisance.
peut être complètementisoléede la partie réception. Enfin, la sympathiquepopulationde la ville te-
Elle comprendun grand hall, sur lequeldonnel'éta- nait à montrer qu'elle n'était pas insensible au Nous avons relevé avec la plus sincère satis-
ge, dans laquellesont installéstous les bureaux ou grand souffle qui unissait l'Algérie tout entière faction, dans la dernière promotionde la Légion
services publics. Au premier étage avec escalier dans la célébration du Centenaire. d'honneur, le nom de notre ami, M.Henri Sultana,
spécial est une joyeuse de Bône.
prévue grande bibliothèquedon- La fête fut magnifique,l'aflluenceconsidérable,
nant sur l'avenuePasserieu. Le nouveaulégionnairejouit auprès de ses conci-
Sur la demandedu Sénateur-Maire,le stylo ara- et c'est l'aube qui mit fin au brillant et entraînant toyens et dans tout le département de Constantine
be a été choisi, mais il sera adapté à nos besoins cotillon, prévu au programme. de l'estime et de la sympathiegénérales.
modernes. Ce fut enfin une belle « nuitée» pour les des- Créateur-directeurdu plus important garage de
La surface couverteau rez-de-chausséeest envi- hérités, car il a été recueilli une somme de 2.000 la villede Bône,il est aussi administrateurdélégué
ron de 2.400 mètres, avec une façade de 72 mè- flancs versée aussitôt aux oeuvresen cause.

M. Henri Sultana.

de la Société Commercialed'Armement,président
de l'AssociationSportive Bônoiseet membrede la
Chambrede Commerce.
Industriel et commerçantavisé et d'une cons-
cience qui est un exemple, amateur et animateur
de tous les spoi'ts, défenseur infatigable des inté-
rêts de la collectivité,M. H. Sultana reçoit aujour-
d'hui la très légitime récompensede son labeur
fécond,de son généreuxaltruisme et de sondévoue-
ment à la chose publique.
Nous ne saurions manquer de lui adresser, en
SOUK-AHRAS.— Une fête masquéedonnée par la C.F.A.E.au profit du Bureau de Bienfaisance: cette heureuse circonstance,nos plus chaleureuses
Un groupe de danseuses. félicitations.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE 13

L'Exposition de Beni-Ounif
Par l'ouverture de cette Exposition organisée
par les Servicesdes Territoires du Sud, voilà de
nouveaule Sahara porté sur le plan de l'actualité.
Commentse fait-il que cette nouvellemanifesta-
tion du Centenairede l'Algérien'ait pas joui d'une
faveur au moins égale à celle dont a bénéficiéle
Congrès de la Rose et de l'Oranger, tenu à El-
Goléa ?
Il faut bien reconnaîtreque la possibilité d'at-
teindre Beni-Ounifpar le moyen banal du che-
min de fer enlève à cette entreprise le caractère
essentiellement pittoresque qu'a offert aux con-
gressistes la route de l'Extrême-Sudalgérois.
Et cependant,la mer d'alfa oranaise,les chotts,
Aïn-Sefra,Figuig offrentau touriste des spectacles
vraiment attrayants, et puis, pourquoi se priver
du léger, mais délicieuxfrisson que peut procurer
aux sensitifs l'approchedu « bled essiba», de ce
Tafillelt, d'où sortent de temps à autre des « har-
kas » qui viennent faire parler la poudre sur la
Zousfana ?
Et encore, n'offre-t-ilpas un certain intérêt ce
pays que le fameuxtraité de 1845,déterminantla
frontière entre le Marocet l'Algériefrançaise, dé-
clarait « no man's land », parce que, au Sud du
Téniet-es-Sasci,la terre, disait-il, ne méritait au-
cune attention, puisqu'elle« ne s'y laboure pas ».
Quoiqu'il en soit, l'immenserégion, dont l'arête
centrale, marquéepar le cheminde fer, est, pour Expositiondu Centenaireà Beni-Ounif: Vue générale des bâtiments.

le moment, la seule partie bien vivante, est digne


que l'opinion française s'en préoccupe autrement
que pour enregistrer les quelques faits divers qui
ont ensanglanté son histoire jusqu'à ces derniers
temps, et l'Expositionde Beni-Ounifvient à pro-
pos pour réveiller l'attention des esprits trop in-
différents.
Cette Expositionest présentéedans un bâtiment
de style arabe du plus heureux effet,La porte d'en-
trée est un véritable bijou, son gardien, un magni-
fique modèlede couleur locale.
La documentationbien inattendue qui s'y pré-
sente, sous une forme originale, est digne d'une
longue attention- Elle est inscrite dans douze
stands tous intéressants.
En outre de son exposition,Beni-Ounifoffre au
visiteur son austère et vaste cadre, nettement sa-
harien, son incomparablelumière et, immédiate-
ment dans ses abords,la nragnificonec de l'oasis de
palmiers,que dominentles
Figuig, dont les 1500.000

Le Stand de la Dinanderie.

Une belle selle arabe.

minarets de sept ksours, se groupent dans un cir-


que de montagnesd'une impressionnantebeauté.
Porte de Figuig, Beni-Ounifest, par cheminde
fer, à dix-neufheures d'Oran. Les trains, circulant
trois fois par semaine, comportent des wagons-
lits et une voiture restaurant.
Trois hôtels,dont l'un appartient à la Compagnie
Transatlantique,réservent au voyageurun accueil
agréable et confortable.Un voyage sans fatigue,
un gîte recommandable,des impressionsrares et
inoubliables,voilà ce qui attend les touristes qui
entreprendront l'excursion de Beni-Ounif.L'expo-
sition actuelle vient on augmenter l'attrait et si,
parmi ceux qui se laisseront séduire, il en est,
commenous l'espérons,qui voudront s'élever au-
dessusdes sensationsfugitivesdol'heure qui passe,
ils auront, une nouvellefois, l'occasiond'apprécier
la grandeur de l'oeuvrecolonisatricede la France
et d'admirer,au surplus,le dévouementet l'abnéga-
tion de tous ceux qui en sont, sur cette terre encore
Le Stand des Cuirs : Le Maître et les Elèves, hostile, les magnifiqueset trop modestespionniers.
14 DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE

Le Casino Municipal

Le nouveau Casino Municipalélève ses impo-


santes masses architecturales,son corps central et
ses deux pavillons latéraux sur l'ancien emplace-
ment d'une construction vétusté, de style Louis-
Philippard, qui se vengeait de sa monotonieexté-
rieure de caserne ou de prison en groupant sous
son toit des institutions multiples et disparates:
un musée d'art, un tribunal de simplepolice,une
geôle et un centre de prophylaxiecontre les ma-
ladies spéciales.
Par sa ligne et son mouvement,le nouvel édi-
fice est très bien, simple, rationnel commel'exi-
geait le matériau employéà le construireet qui fut
le ciment armé, d'un plan remarquable,de propor-
tions agréableset fort belles.Pourtant les difficul-
tyés à surmonter pour le soustraire à la banalité
du style palacefurent fort grandes : exiguitérela-
tive de la place disponible,nécessité de se confor-
mer au plan de voiriesur deux côtés imposantles
arcades et par là interdisant les mouvementsac-
cusés de la façade. De tout cela, les architectes
triomphèrent avec honneur,nous dotant d'un mo-
nument que sa destinationne vouait du reste pas
au grandiose, duquel on ne peut exiger qu'il
soit une cathédrale,mais qui est à l'échelleet de
justes proportions,sans ornementde surcharge ni
hixe inutile,sobre sans insolence,élégant sans clin-
quant, noble sans austérité et heureusementre- Le Nouveau Casino Municipal: La façade du boulevardCarnot.

des tentures de veloursvert dont le toc rattrape le


vert plus pâle des sièges, des plafonds mouve-
mentés de gorges et de cornichesd'où tombent,
un peu en pyramides renversées, les lampadaires
faits de plaques de cristal dépoli-A droite, le bar
américain; à gauche, sur toute la portée do
la façade, les salles du restaurant par de hautes
fenêtres tendues d'une glace et de rideaux de gui-
pures en contrariant en X larges ouvertes sur
le boulevardet les perspectivesillimitéesde l'hori-
zon marin. Sol carrelé de marbre, feutré de tapis
ou fait de bois lisse selon que l'on y passe, qu'on
s'y arrête ou qu'ony danse. Un couloiret la salle
de baccara, immensepièce tendue d'épaisse mo-
quette d'un grenat sourd hachuré de motifs noirs,
les trois tables de jeu, les fauteuils innombrables
et profonds.Le doubleescalier qui mène au théâ-
tre et, réplique de la salle centrale du restaurant,
la salle de la boule.Cinq tables, murs vert d'eau
filetésd'or, tapis, grandes baiesvitrées ouvrant sur
le jardin et la rue de Constantine.Il y a là, com-
me de l'autre côté et à une échelleforcément ré-
duite, quelquechose qui rappelle la grande archi-
ture française et l'élégance de la Galerie des
Glaces.A côté, le salon de lecture dans une note
colorée différente.
On monteencoreet c'est l'hôtel, deux étages de
palace.Ameublementsobreet net, hygiénique,sans
la frigidité nue du style touring; fauteuils, tables,
lits, miroirs, tapis partout et tentures aux cou-
La Salle de Restaurant. leurs reposantes.Et partout, pour chaquechambre,
une salle de bain, porcelaine blanche et nickel.
Cloisons,on pourrait dire étanches,isolatrices, im-
haussé par ses terrasses d'une pointe d'origina- de thé, mais discrète, sans nickel ni rutilance in- perméablesau bruit, où vous aurez la certitude de
lité spécifiquementalgérienneet locale. tempestive.Des murs crayeux, de couleur crème, vous détendreet de dormir sans voir votre repos à
L'intérieur est d'une ordonnancetout aussi belle
et judicieuse.Au sous-sol,les services, les com-
muns, les cuisines et les caves; au rez-de-chaus-
sée, d'un côté, le théâtre, les portes simples, à
l'échelle humaine, s'ouvrant sur la clairière du
jardin-garage, qui permettent d'accéderà la salle
de spectacles,élégante,bien comprise,d'uneacous-
tique parfaite et d'un dessin charmant, avec ses
tapis, ses fauteuils rouges,ses loges,sa rampe, son
éclairage et son luxe sourd bien faits pour mettre
le spectateur à l'aise sans l'écraser par trop de
magnificence;ailleurs, des locauxà usage d'exploi-
tation hôtelière,puis sur le boulevard,l'entrée du
restaurant, l'escalier qui mène au premier étage.
Rien d'écrasant, rien qui ne soit en liaison avec
l'ensemble : au-dessusdes portes à tambour, les
fresques aux couleurs,commeil sied, calcaires du
peintre Cai'los Raimon, d'un algérianisme plutôt
relatif et surtout vu de Paris, des murs blancs
crème à rehauts d'or discretet intailléspar places
de panneaux décroatifs et l'accueil aimable des
moelleuxtapis d'unelie de vin effacée,sur chaque
marche retenus par une large et scintillantebande
de cuivre. On monte et c'est le premier étage. Pi-
lastres, hauts plafonds,immensesalle que des déni-
vellationsfragmententpour la nécessitédes divers
usages,mais quel'oeilprenddansun seulregard sous
la grande lumière tombée des hautes baies. Des
sièges autour des tables rondes : le café, la salle La Salledes Fêtes. PhotosEichackcr.
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

tout moment cassé par les bruits de la vie qui


continue,les discoursou les jeux de vos voisinsde
palier. Des terrasses, des jardins suspendus ou
faii'e de la chaise-longueen contemplantle ma-
gnifiquedéroulementdes perspectives: les coteaux
et la baie, la ville et la mer.
Tel est le Casino Municipalen soi,danssa struc-
ture et son plan. Il nous faut dire ce qu'il est et
ce qu'il se propose d'être, par ailleurs, de par la
grâce de ceux qui le dirigent : M. Aletti, qui a |
la haute main sur l'exploitation, et M. Laurent,
délégué du Conseild'administration,qui l'assiste.
Tous deux sont des hommes charmants, d'ac-
cueil ouvert, qui unissent à toutes les qualités de |
l'homme privé les hautes vertus de l'hommed'af-
faires. C'est M. Aletti, dont on a pu dire avec
raison qu'il était le Napoléonde l'industrie hôte-
lière française, qui a lancé Vichy et fait de cette
bourgade insignifianteen soi, quoique riche de ses j
eaux fameuses, la reine des stations thermales
françaises, la ville des élégances,du luxe et des
plaisirs. Un tel homme,aussi actif, possédant son | .
tour de main,son chicet son art, pourra beaucoup
pour Alger et c'est un vrai bonheur qu'il soit venu
se fixer parmi nous et prendre à tâche d'apporter (
à notre villece qui lui a toujours manquéjusqu'ici :
l'appoint du touriste étranger, le mouvement,le
luxe, la vie et toutes les ressourcesqui sont consé-
cutives et qui découlent.
Cela à force d'ingéniosité,de talent dépensé,de
travail honnêteet consciencieux. La Salle de baccara.
Dancinget jeux n'y seront pas de destinationplus
immorale qu'ailleurs, bien au contraire; le théâ-
tre nous offrira des spectaclesnouveaux.
L'hôtel commeon l'a dit, présentera un confort i
à peu près inconnu jusqu'ici, sauf dans les très
grands hôtels de luxe où les prix, eux aussi, sont
de luxe.
La restauration s'affirme supérieure, inégala-
ble quant au choix, à la qualité, à l'art de pré-
senter et à la sciencedes cuiseurs. Le chef Som-
mer, qui assume la lourde charge de diriger les
cuisines,est un véritable artiste.
Construction,immeubleset meubles,matériel, on
peut évaluerà une centaine de millionsle capital
investi dans cette entreprise. Elle se destine à ai-
der à la prospérité d'Alger et de l'Algérie en y
attirant les étrangers, en imprimant une vigoureu-
se impulsionà l'industrie du tourismeet des voya-
ges. Sur notre terre inconnueou méconnue,dont
trop peu savent le charme et les splendeurs,elle
provoqueral'afflux des visiteurs, la circulationde
l'argent ; elle nous vaudra des ressourcesnouvel-
les, du travail, du mouvement,de l'activité, toutes
choses dont l'Algérie et les Algérienstireront des
profits. Mais à cela seulementne se bornera pas
son rôle et une contre-partietout autant apprécia-
ble est qu'elle contribuera à la colonisationintel-
lectuelle et éducative poursuivi depuis un siècle
par la France sur la terre africaine. A notre peu-
ple algérien si valeureux et riche en possibilités,
elle apportera un peu de l'esprit de Paris et dans
une certaine mesure elle apprendra l'élégance,la
tenue, le bon goût, l'amour du beau. Les Salonsde jeux.
Pour tous ce sera un affinement, un dressage,
une ascensionvers des modes supérieurs de vivre
et de sentir et pour beaucoup,qui se sentiront Et c'est pour toutes ces raisons là, réelles, pra- d'une oeuvreplutôt désintéresséeet de gens déli-
pousser des dents, un appel à l'énergie,au dévelop- tiques, utilitaires ou bien idéales, distantes et bérément venusvers eux beaucoupplus pour leur
pementde l'être en force et en puissance,une ému- mêmeintellectuellesque les Algériens se doivent être utiles que pour se servir d'eux.
lation honnête,l'éveildes désirs qui créent les ges- d'apporter le plus entier concoursà la réussite C H.
tes et les activités.

La Salle de lecture. Le Théâtre.


16 L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

Création HélèneCorbctte. CréationBetty Barrns.


BonnlchOn<lcpaille ajourée noire. l'élite forme pailla et salin.
PhotosMnnili-l

Jeanne GARCIA, Hau- Bernard et C"', couture,35, avenue


de l'Opéra.
tes Modes, expose cha- Jean Latour, couture, 40, ime de
semaine des nou- Douai.
que Andrée Nordet, modes,43, rue Ri-
Robesde Mariées et de Cortège. veaux modèles dans ses chelieu.
La saison des nids est aussi celle salons, Rue Hélène Corbett, G, rue Richepanse.
48, d'isly,
des mariages.Robesécourtéesdes pe-
tites mariées de ces dernières années, Alger, au 1er étage.
à côté des longues robes d'aujour-
d'hui que, vous scmblezdépourvuesde Et si nous parlions de la coiffure.
et de ! Les petites couronnes d'oranger ou de
grâce majesté
Cette saison, les robes de mariées roses ont vécu.Le turban triomphe en
touchent le sol et la longue traîne perles, en tulle ou en dentelle.Ravis-
achèvede leur donner la note somp- sante aussi la résille. Il suffit d'étu-
tueuse que la mode exige. dier devant le miroir la coiffurefai-
Ces robes immaculées aux façons sant le mieux valoir la physionomie.
compliquées, a ux corsages moulant le Le voile adoucissant le regard achève
buste, aux jupes élargies de godets de donner nous à l'ensemble la grâce pu- ] PETIT COURRIER
aimons dans une ma- A Constantine.
savants, demandentau crêpe satin ou dique que Entre nous. — Pour garder la ligne La Société Constantinoisca eu le
au crêpe de Chine de rentrer dans riée. fine et souple, faites des onctionset grand plaisir de revoir dans sa cité, M.
leur composition. Les demoiselles d 'honneur heureuse- frictions avec l'Emacine de la Parfu- HenryGalllslnn,de la SociétéMarseil-
Oh! les ravissants modèlesde ro- ment suivent maintenant la de coutume merie Ninon, 31, rue du
Quatre-Sep- laise de Crédit,en tournéed'inspection.
bes de mariées présentés actuellement anglaise et s'habillenttoutes la mê- de tembre.Elle amènera là seulementoù M. Gollislnna été, pendant plusieurs
haute couture. Voiciun modèle me couleur. Si elles sont à peu près il le faut la années,directeurdu Crédit Lyonnaisà
par la diminutionde l'embon-
des robes point. La Pâte et le Savondes Prélats Constantine,où il avait su se créer de
en crêpe de Chinerehausséd'un plas- mêmessihouettesles façons très nombreuxamis.
tron de dentellesur lequel le corsage sont conçues sur un seul modèle.Au nettoient et satinent la main admira- Il nous plaît de releverici que ceux-
le
se pose. La jupe plongeante dans le mariage plus parisien de la saison, blement.Parfumerie Exotique,26, rue ci lui ont réservél'accueille plus flat-
dix de-
dos est très compliquéede godets. Les nous admirions dernièrement frôlant du Quatre-Septcmbre,Paris.
aux i-obes teur. Nousne saurions trop en féliciter
manches se terminent par un large moiselles d'honneur Une Coquette. — Parmi les tissus M. Galllsian.
volant en forme incrusté de dentelle. le sol et absolumentpai'eilles.Ces ro- la de la nouvellesaison, le rodelie,le si-
Encore un joli modèle conçu en bes et cellede la mariée portaient nellie, le tussunnam triomphent.
de Jeanne Lannir, un des
Georgette et en laize de dentelle. Le signature Maryane.
de l'aristocratie de la couture. du Rénovateur de l'Abbé
— Suivez le traitement
corsage décolleté devant en pointe noms la mariée s'évade au- Legros et
cernée de dentelle.On retrouvela lai- La mère de tous ces malaisesdisparaîtront en mê-
ze de dentelleau bas des manchesqui jourd'hui des teintes sombres.Le gris, me temps que leur cause : la Consti-
s'achèventen volants. Elle borde lar- le heige lui conviennent.Les jeunes riants pation. Le flacon9 fr. 60 contre man-
femmesfont appel aux coloris
gement les panneaux de la jupe cou- et doux. Elles assortissentcomme tout dat à M. Boutry, pharmacien,8, rue
pés en pointes.Cette jupe est montée l'élément féminin du cortège les cha-
de Passy, Paris (16").
sur un empiècementqui prolongepoui S. W.
ainsi dire la longueur du corsage. C< peaux aux robes. Leschaussures s'ins-
dernier est blousant sur une petit< pirent de cette harmonie.
ceinture de Georgette et boucle d< SuzanneWerthy.
strass. Voilà une robe délicieuse,fa
cile à transformer après le mariage
en robedu soir, puisqu'iln'y aura qu':
faire disparaître la traîne.

MÉMENTO
Bèrthe Hermance,couture, 91, ave-
nue des Champs-Elysées-
1:
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

nograplies du Palais-Bourbon,dit Le
Journal des liclaireurs:
—Vousvoulez réglementerla mort.
Essayez donc...vous verrez ce qu'elle
vous répondra...
--Nous ne comprimeronspas les jeu-
nes cerveauxdès leurs premiers pas...
- Une crise très violente, mortelle,
celle-là,s'est produite; mais elle n'eut
pas de Conséquences graves...
—Le COEUr qui bat sous la blouse
de l'ouvrierest souventaussi vaillant
que celui qui bat sous le haut de for-
me du bourgeois.
—Vous leur liez tellement les bras
qu'ils ne savent plus sur quel pied
danser.
—Je l'ai consulté.Il m'a réponduaf-
firmativement ; non.
Les Propos de table d'hôte -Le jour est enfinvenuoù les cer-
de « L'Hôtellerie». veaux des enfants du peupleauront le
(/est une petite artiste qui chercheà !droit les...
de s'asseoirsur les bancsdes êco-
percer, m ais(pli nebrille pas par l'intel-
ligence.
Devantelle, on racontaitl'histoiredu
monsieurqui demandaità un garçonde
restaurant,assezpeu empressé,s'il avait
des varices,et auquel le garçon avait
répondu :
- - .le vais voir à la cuisine.
.Moi,lit remarquerl'aimableartis-
te, -ça ne nie serait pas arrivé.
Et pourquoi donc?
— Je regardetou jours la carte avant
de coinmander. S. A.C.A.I).N.A.
La Société Amicale (les Cinéaste-
)il| spécialité de Baptême ses | Vmuteursde l'Afriquedu Norda tenu
AU bonbons fins. ion assembléegénéralesamedi dernier
fans les salons de la Brasserie de
Mouillagedes /lotira Française l'Etoile sous la présidenced'honneur
cl Elrangire de M. Ilanuedoiiebe.
dans le pori d'Alger. Aucoursde la .réunionde celle jeune
La Directiondu Port nous informe et active Société,d'importantes déci-
sions ont été prises pour le plus grand
qu'il l'occasionde la visite en Algérie intérêt de l'art cinématographique
de M. le Présidentde la Itépubliqueet amateur.
îlescérémonieset l'êtesqui auront lieu Il a été
pendantson séjour,le l'orl d'Algersera cours doténotamment décidéqu'un con-
(le et
appelé à abriter dansses eauxun grand le sujet sera prochainementarrêté,dont
plusieurs prix
nombre de bâtiments de guerre Iran ra lieu entre tous les membresîleau- la
çois et étrangers pendant la pérh-dc Société.
compriseentre le I mal au malin et te En outre,une soiréeamicaleau cours
tu mai au malin.
UneCommission spécialenomméepar de laquelle seront projetés les meil-
M.le GouverneurGénéralet comprenant leurs lilnis pris par les membresde la
des représentantsde toutes les Admi- S.A.C.A.I).A.N. pendantle défiléhistori-
nistrationset Groupementsintéressésa que du \'i avril, sera donnée aussitôt
examinécette question. que la sélectionen aura été l'aile par
Conformément aux avisémis par cette le Comitétechniquede la Sociétédont
Création h'rancis. Photo Manuel. Commissionet aux instructionsde M. un des membresfera la critiqueen mê-
Robecrêpeîle chine marineagrémen- en chef du l'hon- me temps(|Uune causeriede vulgarisa-
tée d'un boléro. l'Ingénieur port,j'ai
neur de vous l'aireconnaîtreque, pen- tion.
dant la période sus-indiipiée.tout le Les amateursde la photographiéani-
protestercontreles traîtres de cinémaI plan d'eau du bassin de l'ancien port mée qui ne l'ont pas encore partie de
Il parait, en effet, qu'à Hollywood sera utilisé pour le mouillaged'une im- la S.A.C.A.D.A.X. sont priés de se faire
c'est généralementun Chinois qui est portante partie de la •"lotte française inscrire au Siège social de la Soeiélé.
chargé de jouer ce rôle classique, lit et des bâtiments étrangers venant sa- 1, rue d'isly, à Alger.
les Chinoisen ont assez...de servirde luer le Chefde l'Etat. Serontseuls ré-
tète de Turc. servés les postesdes courriersréguliers
D'autantqu'à côté des argumentssen- de France et trois postes des Compa-
timentauxils invoquentdes arguments gnies CÔtièrcs.Les autres navires ne
matérielséloquents. pi iirrontêtre placésque dans le bassin
Notamment celui-ci: (pu- la Chine de l'Aghacl la DarseSud.
La Guadeloupeproteste contre le contient des millions de spectateurs Je vous invite,en conséquence, à te-
projet de création d'un Gouver- dont la susceptibilitévaut d'être mé- nir Comptede cette situationet à avi-
ment général des Antilles. nagée. ser les armementsdont vous êtes les
Tout ceciest bel et bon, maisne fait I représentants à Alger(pie la Direction
M. Henry Bércngcr,sénateur de la ! du Port ne disposera(pie d'un nombre
Guadeloupe,vient de recevoir de M. guère l'affaire des cinéastes,qui se de- i taire
mandenteu ils restreintde postes (l'amarrage
quel pays perdu pour-i face aux besoins du CommerceMari- p our
Justin Archimèdc,présidentdu Conseil1 ront
général de la Colonie,le télégramme! leursbien, désormais, aller chercher time.
traîtres ?
suivant: il.esbâtimentsarrivant à partir du '.\ La « Vie Agricoleet Rurale».
-' Pays entier, avec,énergie,proteste mai qui ne pourront trouver placs à
et vous demande protester Sénat con- devrontmouiller horsdes jetées, Le numérodu (i avril 1930est exclu-
l'Agha,
tre projet éventuelcréation gouverne- aux emplacementsqui leur seront des: sivement consacréau Centenairede l'Al-
ment général Antilles.Recevrezdélibé- Huéspar les pilotes et de façon à il. gérie et contientles articlessuivants :
ration par prochain courrier. .!;- pas gêner les mouvementsprévus de çaise, L'Algériedans l'Afriquedu Nordfran-
ehiintde.» bâtimentsde guerre et le balisage(pi par P. Cbervin: la colonisation
sera mouillépourla revuenavale. en Algérie(1830-1930), par C. Mercier;
L'évçlutlonde la colonisationagricole
en Algérie,par P. Bcrlhnult; l.e mou-
vement mutualistevu Algérie,por L.
Boyor-Bansc; Le vignoblealgérienet le,
culturesde remplacement,par E. Vivet;
Les possibilitésarboricolesde l'Algérie,
par M.Brichct;Leschevauxbarbes,par
(i. Trouctte; La lutte biologiqueappli-
La protestation des « traîtres ». quée à l'agricultureen Algérie,par De-
lassuset Lcpigrc;Commentdevenirco-
Chacun sait (pie le cinéma,muet ou lon, par P. Chervin.
parlant, fait une grande consommation Envoi franco de ce numéro, in—1",
de « traîtres ». contre '2 fr. 50 en timbres-posteadres-
Dansun drame, le traître est un per- sésà la librairieJ.-B.Hallièreet fils, 1'.),
sonnagenécessairetau demeurant,dans rue Hautcfeuillc, P aris.
le grand drame de la création, n'a-t-il
pas fallu introduire Ahriman ou Sa-
tan?...) Stén«-Dactylographi«-C«mptabiUM
A petites causes, grands effets. 16.luit, lafêrrlèrê
r»«»i»'« Ortadtlui» d'Algar
Le GouvernementChinoisvient de •in««4ft UM*«I* •• Droit
18 DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE

Le Steamer « Charles-Schiaff
ino».

Les progrès ^réalisés par la Société Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici les li- Catherine-Schiaffino 2.100T.
gnes desservies par cette Compagnie,dont l'im- Schiaffino-XXn 1.500T.
Algérienne "de Navigation pour l'Afrique 16 " portance et l'accroissementdémontrent son pro- Schiaffino-XXIII 2.300T.
dujNord Charles Schialîino et G digieux développement,ainsi que le chemin par- ScliiaffinoXXIV 2.300T.
couru depuis sa constitution, qui remonte à dix LIGNESCOTIEBES
Les offortsconjuguésdes Pouvoirspublics et de ' années. iS/s Jeanne-Schiaffino 1.300T
l'Armementfrançais,pour opérer la rénovation de Ces lignes sont les suivantes: Finistère 1.250T.
noire Marine Marchande,n'uni pas laissé indiffé- LIGNEDEROUEN Prosper-Schiaffino 1.200T.
rente la Société Algériennede Navigationpour S/s Charlcs-Schiaffino 5.900 T. Actif 1.100T.
l'Afriquedu Nordce CharlesScliiaffinoet C" », qui
son tribut à Monique-Schiaffino 5.300 T. Ville-de-Tipaza 100T.
s'est donnéepour mission d'apporter . 5.800 T. Yillc-dc-Téncs 400T.
l'oeuvrede redressementnational, suivanten fidè- Ange-Schiaffino
Marcel-Schiaffino 5.600 T. N.-Dame-d'Afrique ;t00T.
lement le programme d'extension et de développe- 6.700 T. On comprendque grâce à de tels moyens,la So-
ment techniqueet commercialqu'elle s'est tracée. Nicole-Schiafflno ciété Algériennede Navigationpour l'Afrique du
Celte firme,dont nous avonsà maintes reprises LIGNE DE BBEST-DUNKEHQUE Nord » CharlesScliiaffinoet C1"» soit appelée à
signalé le souci particulier qu'elle attache aux inté- Schiaffino-Frères 4.800T. jouer un rôle prépondérantdans l'activité économi-
rêts de la Colonie,s'est ingéniée,au cours de ces S/s Lautent-Schiaffino 5.000T. que de la plus belle de nos possessionscoloniales
derniers temps,à mettreà la dispositiondu Com- Marie.I.ouise-Sehiaffino 5.500 T. et ait à coeurd'améliorerchaquejour la placequ'el-
merce algérien des unités de mieux on mieux ap- Scliiaffino 5.500 T. le occupe dans
son et tndant à don- 5.500 T. l'Armement français.
propriées aux besoinsde trafic Rose-Schiaffino Nos souhaits sont que d'heureuxrésultats dans
ner à l'ensemblede sa flotte un caractèrede plus TTfiv? nv. LA MEDITERRANEE son exploitationsoient la juste récompensede l'in-
grande homogénéité. S/s Antoine-Schiaffino .1.200T. térêt qu'elle porte au commercealgérien.
On peut affirmer, sans crainte d'être démenti,
que son organisationméthodique, en cette annéedu
Centenairede l'Algérie,voit le couronnementde ses
effortsréalisé par la mise en servicerécente de
deux superbesunités, dont nous donnonsla photo-
graphie.
Le 10 décembre1929, les Chantiers Howaldls-
werke et Kiel, ont, en effet, mis à l'eau, pour le
comptedecette Société,le s/s «les Marcel-Schiaffino »,
dont les caractéristiquessont suivantes:
Longueurentre perpendiculaires : 102m. 65.
Largeur boys membrures : 14 m. 63.
Creuxsur quille : 8 m. 07.
Vitesseen charge: 11 noeuds.
D'autre part, le 16 mars dernier,les Chantiersde
la Seine Maritime,au Trait, ont procédéau lance-
mentdu s/s « Çharles-ScKiaffitîo », portant le nom
du fondateurde la Société,ayant les caractéristi-
ques suivantes: : 106m. 720.
Longueurentre perpendiculaires
Longueurhors tout : 111 m. 500.
Largeurhors membrures: 15 m. 680.
Creux sur quille : 7 m. 600.
Vitesseen charge: 11 noeuds.
Possédantla plus haute cote du Bureaude clas-
sificationVeritas,ces deux unités sont d'une con-
ception minutieuse,d'une réalisation pratique, sû-
re et irréprochable ; remarquablementaménagées
pou/ le trafic auquel elles sont destinées : marchan-
dises diverses,vins, fûts, etc., elles disposentde
cales et d'entreponts spacieux,desservis par des
panneaux aux plus grandesdimensionsdes et par de
puissants moyensde levage permettant mani-
pulations rapides; leurs ponts, bien dégagés,des les
désignenttout spécialementpour le transport
colis lourdset encombrants.Elles sont toutes deux
alTecté-es à des servicesréguliersentre l'Algérieet
les ports français de l'Océanet de la Manche. Le «Marcel-Schiaffino».
19
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE

LES BEAUXFILMS teo; aussi je pars, et, cette fois, vous de chef de bataillon au Tadla, puis, Gouverneur On ne peut que savoir gré à M. le
ne nie reverrez plus. après de nombreuxcombatsautour de général Pierre Bordes
"Unsoir à Cadix, il entra dans un Taza, reçoit l'élôgieuse citation sui- d'avoireula généreusepenséede faire
La femme et le pantin baile empli de marins. Deux femmes vante : « A prit part à de nombreuses imprimer,pour le faire distribueraux
tournoyaient sur l'estrade, dans une opérationsavec les troupes de Taza, cours ancienset aux jeunes zouaves,le dis-
Dansla nuit neigeuse,le train rou- atmosphèrechaudeet vibrante. Il en- donnanten toutescirconstancesle plus du colonelLaborde.
lait péniblement,se dirigeantvers Sé- tendit réclamer Conchita.Les cris re- bel exempled'énergie et de courage. Les paroles si émouvantesde ce fier
ville. doublèrent;il tourna la tête. C'était A su former une troupe d'une endu- et vaillant soldatméritent en effet de
Soudain le convoi s'arrêta, bloqué elle. rance et d'un mordant adinirables;en rester, car elles ont fait communier
par la neige. Mais ne dévoilons pas l'intrigue particulierau cours descombatsdes 16 tous les coeursdans un même senti-
Dans un compartimentde première, de ce très beau film, l'une des oeu- septembreet 25 octobre1917dans la mentdereconnaissanceavecles grands
un riche Sévillan, Don Mateo, était vres les mieuxréussies de Jacques de région de Touahar, a fait preuve des disparus et ont évoqué,avecune rare
fort ennuyéde cette halte forcée.Par- Baroncelli,qui bénéficie d'une inter- plus belles qualitésmilitaires.» puissance, le glorieux passé de la
courantles couloirs,il arriva dans un prélaiion. absolument remarquable. Il rejoint le front de France, au dé- France éternelle.
wagonde troisièmeoù il aperçut deux Conchita Monténégros'y révèle co- but de 1918,est adjointau commandant
femmesqui se battaient.L'une d'elles médienne de grande classe. du 1" Régimentde Zouaveset est cité Le Restaurant des Ambassadeurs
à l'ordre de cette unitéle 8 novembre. à Casablanca
Après quelquessemainessur le Rhin,il
retourne au Marocavecson régiment.
On sait lereste : lieutenant-colonelau En 1808,Napoléoninvitait Talley-
9eZouaves,il est promu colonelle 23 randà réunir les aéputésdu Corpslé-
mars 1928et maintenuau commande- ïisiatif dans des dîners nomDreux
ment du régiment. «pour cultiverleurs dispositions». Et
De tels états de servicesse passent ie tout temps «la chaleur conimuni-
de commentaires.Nousne saurionsce- cative des banquets» a exercé sur la
pendantterminer ce rapideexposésans conduitedes auaires une action in-
rappeler la belle cérémonie,toute ré- contestable.On entend dire souvent
cente, où furent si magistralementpré- que c'est au café que se traitent les
sentés aux «ancienszouaves»,par le auaires et que c'est au restaurant
colonelLaborde,les drapeauxde Solfé- qu'ellesse nouent.
rino et de Sébastopol- lie distingué propriétaire du Res-
Ceuxqui ont eu la bonnefortune d'y taurant des Amuassaueurs connaît
'• -•-'.
assister n'oiilvit'v.-i-;- ,-,r trop tes dessousde la politiquepour
ne pas s'être souvenuqu'à aer'aut de
Parlement, une belle salle de restau-
rant ne peut qu'être utile au négoce
et à la vie socialed'une grande ville.
Il ne s'est trompé.Et l'accueil cor-
dial, joyeux, approbateur,que l'élite
de la Sociétécasablancaisea t'ait à la
réalisationde son idée est pour lui la
réponse qu'il attendait.
JUe11 avril, de l'î à 19 heures, les
personnalitésles plus notoires étaient
Une scène de «La Femme et le Pantin». invitéespar les soms du directeur de
letaDlissemeiit,M. Garignano,à l'i-
nauguration
' de la salie. Le 1:2 avril,
était admirablementjolie; il- les se-1 Le Colonel Laborde un amer de gala a réuni toutes les
para, et la petite;slerécompensad'un! élégancesde Casablanca..Le lii avril,
sourire. Samedi 12 avril, au cours de la ue io h. à 18 n. i/z, un thé dansanta
Quelquessemaines plus tard, Don granderevue du Centenaire,le colo- clôtureces letes auxquellesla eordia-
Mateodonnaitune fête splendidedans lel Laborde,commandantle 9'' Zoua- I litê uc-scnefs de ia maison, l'empres-
ses jardins; il venait de reconduire 'es, qui compteplus de trente années ! sèmentdu personnelont donneun air
une de ses invitées, quand une rose le brillants servicesen Algérie,en Tu- ; de lamilie excessivementagréable.
tomba à ses pieds. Il leva la tête et îisie et au Maroc,a reçu, des mainsdu ! Rien n'a été néglige pour cnanner
reconnutla petite du wagon. MaréchalFranchet d'Espérey, la cra- les consommateurs : la salle est vaste,
—:Je me nommeConchaPerez, dit- vate de commandeurde la j les murs tapissés de beau marbre
Légion
elle, et j'habite avec ma mère calle l'honneur. j gris qu'un liseré d'or décore simpie-
Monteros; veniez me voir. Les «vieux chacals», qui connais- ' ment; un jeu de lumière sur l'en-
jette
Et Don Mateo alla voir Conchita. sent la réputationde bravouredu ma- de cette voix vibrante,animéedu plus sembleun éclairaged'une douceblan-
Il croyait l'avoir à sa merci, il fut gnifique soldat qu'est le colonelLa- j! pur souffle patriotique, qui, dans une clieur.
vite détrompé. borde, s'enorgueillissent de compter envolée magnifique,fit pénétrer au l^es menus, dont le prix n est pas
Un soir, il surprit Conchitaendor- parmi leurs amis ce sympathiqueoffi- i coeurde tous la plus intense, la plus plus élevé que dans les grands restau-
mie. Furetant dans la chambre, il cier, véritable entraîneur d'hommes formidableémotion. rants de la ville, sont CHOISIS avec le
découvritle portrait d'un joli garçon. qui, en dépit des trois graves blessu- Ah ! certes, à vous entendre,monco- désir évidentde satisfaire ia clientèle.
Une' jalousie,féroce l'envahit brus- res qu'il reçut au début de la guerre lonel, les vieux zouaves ont compris Il y a, dans les grands lioteis de
quement et il comprit que l'amour (une balle lui traversa la poitrine), pourquoi et comment «la belle 2"», Casablanca,de bellessalles de restau-
était né dans son coeur. est resté le chef alerte et vigoureux dontvous avez évoquéle souveniravec rant : celles de l'Hôtel i\iajestic sont
Alors, il demanda sa main à la qui s'imposeà l'affectionrespectueuse tant d'éloquenceet de conviction,ne connues; le restaurant de la villa Cla-
vieille mère et donna de l'argent. 11 de ses officierset de ses hommes. connut plus qu'une pensée lorsque, le ra, dans un joli cadre de verdure, est
fit acheter de superbes bijoux, des Déjà, en 1913, il manifestait ses 1" septempre1914,vous êtes tombé à très iréquentê; le Koi de la isiere et
fleurs qu'il allait envoyerà sa future bellesqualités. C'était au Maroc,où il quelquesmètres de l'ennemi: le Petit rJoucetsont très estimes,mais
femme, quand il reçut ce court bil- était parti, commecapitaine, avec le — Sauverle capitaine!... le Restaurant des AmDassaueursa
let : l'r bataillondu 1erRégimentde Zoua- Us ont compris aussi pourquoi, à réuni dans son organisation tout cd
« J'allais me donner à vous, vous ves. Prenant part aux opérations au Taza, le bataillon de marche du 4e que le progrès peut apporter de per-
avez voulu m'achetèr. Vous ne me Sud de Mogadpr,il est cité,le 12 avril, Zouaves,que vous commandiez,avait fectionnementet d'attirance. Il nous
reverrez jamais plus. Adieu.— Con- à l'ordredu corpsd'occupation. si belle réputation : Tel chef, tels sol- appartenait de le signaler à nos lec-
cha. Le 9 août 1914, il est en France, dats ! teurs.
Don Mateo donna des fêtes pour avecle régimentde marchede Zouaves.
s'étourdir; mais, au fond de son C'est le 1"' septembre, à Alincourt,
coeur,il y avait une blessure qui ne qu'il a la poitrine traversée d'une
se fermait pas : le souvenirde Con- balle, et un ordre de l'Armée, en
chita. date du 22 septembre 1914 (un des
Un soir, en passant dans une premiersde la grande guerre), le cite
ruelle, il s'entendit appeler. C'était en ces termes :
elle. Us parlèrent pendant toute la « Le 28 août 1914,a montréles plus
nuit, Conchaacceptait d'être sa fem- belles qualités militaires- A brillam-
me. Commeil allait partir, Don Ma- ment enlevésa compagnieà la baïon-
teo entendit siffler sous les fenêtres; nette, à l'attaque d'un village,a perdu
Conchas'élança vers un jeune gail- cent hommesdans cette attaque, sans
lard qui lui remit une lettre et dis- que le moral de sa compagnieait été
parut. C'était le garçon dont il avait atteint. Est tombé grièvementblessé
vu le portrait dans la chambrede la le l':r septembre,à la fin du combat,
petite. Conchalut le billet : ayant réussi, durant- toute la jour-
« Concha,nous partons demainpour née, à empêcherdes forces ennemies
Cadix,monfrère te remettra ce mot, supérieuresde déboucherdes bois.»
— Lola.» Nouvelleblessurele 16 juin 1915,en
Concha refusa de montrer la let- i entraînant ses zouavesà l'assaut, et
tre à Don Mateo et celui-ci,furieux, nouvellecitation. Troisièmeblessure,
partit en jurant qu'il ne reviendraitI le 25 septembre1915,en Champagne,
pas. et troisième citation. Après quoi, le
Il tint bon, deux jours et alors capitaine Laborde,promu officier de
qu'il allait s'avouer vaincu, il la vil la Légiond'honneur,est mis à la dis-
apparaître. Elle lui dit : position du Résidentgénéralau Maroc. CASABLANCA. La Salle du Restaurant des Ambassadeurs.
— Vous ne m'aimez pas, Don Ma- Il y gagne rapidement ses galons Photos Fiandrin.
20 L'AFRIQUE DU NOIt I) ItLUMUH-.

MM. Tramalloniet Giroud qui ont effectué le trajet Alger-Gao


en 65. heures.

Alger-Gao
en 65 heures

Nous ne saurions terminer nos dif-


férents compte-rendussur le Rallye
Saharien sans signaler le raid le plus
invraisemblableeffectuépar nos amis
Tramalloniet Giroud,deux sportsnien U/ie caravane de tourisme Dans ces trois concours Rochet-i sireraient assurer le transport des
qui-accomplirentle trajet Alger-Gao de vingt avions. Schneideret Billetcr cl Cartier enlè- voyageursd'Algerà Sidi-Ferruchpen-
en 65 heures. chacun leur vent en outre : dant les trois journées de coursesdes
Vingtavions,pilotés par
• Cette performance remarquable à propriétaire,entreprendront,à l'occa- Un Grand Prix. 11-17et 18 mai, sont priés de s'adres-
sion des vacances d e un vol de Un Prix d'Excellence. ser à M.Jocteur Monrozier,3, rue Dù-
tous points de vue montre surtout les 4.800km. à travers Pâques,Le Un Prix d'Honneur. niont-d'Urville, Tél. 48-48, de 2 à 3
qualités physiquesd'endurancede ces durc.radix jours et l'Europe. six femmes
voyage DeuxPremiers Prix. heures de l'après-midi,les 2223 et 24
y pren- Nous félicitons vivement Rochet- avril., pour faire connaître leurs con-
deux as du volant. dront part.
Soixante-cinqheures, n'est-ce pas lîowns Schneidqr et Billetcr cl Cartier qui ditions et .recevoir d es instructions.
Gordon, Sclfridgc junior. peuvent, à juste titre, s'intituler les
prodigieux,quand on songe qu'il fal- Slurw.W. I). MePhc-rson,». Lewis,fils champions de automobile. La CommissionSportive.
lait, y il a un an environ, de Sir Krederic Lewis et M. et M™" l'élégance
vingt jours Rappelonsque la grande marque
pour effectuerle même trajet ! Chalmcrs, sont parmi les participants. Koehel-Sehncidcr a une succursaleà
A une époque où tous les moteurs mais il cslL'itinéraire n'est pas encore lixé, Alger,10!),rue Michclct.
où toutes les probable que le groupe
marchent, roues tour- visiteral'Allemagne,la Suisse,la Tché-
nent, où toutes les carrosseries résis- coslovaquie,l'Autricheet la Hollande.
tent aux fantaisies des conducteurs,
où en un mot il suffit d'avoir qua-
tre roues et un moteur pour circuler
sans ennui et-même sans panne, une
telle performancetient du prodige.
Nous-sommes heureux et fiçrs de . Extrait du Règlement
féliciter MM.Tramalloniet Girouddu du Grand Prix d'Algérie.
bel exploit sportif qu'ils viennent de Aulomobile-Club de la Province Voituresde Course.
réaliser. d'Alger.— GrandPrix du Centenaire. Airr-ici.isI'IUÎMIKH. — L'Automobile-
L'Auloniobile-Club de la Province Club de la provinced'Alger organise,
d'Alger, pour célébrcd"grandiosenient sous la dénomination: 3'"Grand Prix
PIECES DETACHEES
ETFOURNITURES
FOUR C&U10HS
AUTOMOBILES les l'êtes du Centenaireet montrer à d'Algirie, une épreuve ouverte. pour.
nos visiteurs venant de France et de voiluresde coursequi aura lieu le di-
Magnétos SCINTILLA l'étranger le automobileest manche11 mai 1030.
AgentGénéral: que Sport
tenu en honneuren Algérie,où il est AHT.-1.— Parcours.—- Ce
4-,RueMonge-2, RueLulll,ALGER MaxMARIOLLE- 3 et5,RueMonge, ALGERpratiqué avec ardeur cl enthousiasme, Grand
Téléphone SO.OS organise à nouveau les 11 et 17 j Prix sera couru sur le circuit fermé
pour
Les règlementssur la police, niai, le -Grand.Prix du Centenaireet i de Slaouéli, d'un .développementde 7
de circulation rendus applicables le 18 mai le Grand Prix liugulli, sur km.200dans le sensdes aiguillesd'une
Humouraméricain. à l'Algérie. le circuit de Slaouéli. montre.
t*. >
Au cours d'une réunion des princi- Le Journal Officielpublic un décret Les succès des deux manifestations ART.5. — Voitures.— Cette épreu-
paux constructeursd'automohilcsd'Ou- portant extensionà l'Algériedes dis- précédentesl'.)28et 1!I2!);courues sur ve est ouverteaux voitures de course
Ire-Atlantique,il a été décidé de' de- positionsdu"décret-loidu 2« décembre àle-niême la mémoire
circuit sont encore,présents de la premièrecatégorie
de tous les al- prévue à l'ar-
manderau Gouvernement des
américainde- Ï!)26,portant unification règles de gériens et du nombreux sportifs ticle premier de l'annexe.C. du Code
consentirune réductionimportantesur compétenceen matièred'infractionaux (le 20.000 public (.plus sportif 'international.
les droits de douane sur les voitures règlementssur la policede circulation personnes)qui ont assisté Aii'r. —
de
importées l'Etranger. E n même et de conservation des voies publiques. et suivi avec
' intérêtces épreuves, p our (i.—7 Eliminatoires,. Handicap.
temps, Un Le 3" GrandPrix d'Algériecomprendra
ces constructeursont émis le voeude autre décret,relatif au mêmesu- que la CommissionSportive de ce deux
voir les pays d'Eu.ropesuivrecet exem- jet, rend applicableà l'Algérie,lé dé- groupement,pour ne pas déchoirde ses sistant manifestations: La premièrecon-
ple. Signalonsa ce sujet quedeuxcents cret du ,'iOseptembrel'J'-JS,intervenu che précédentesvictoiress'organiseet cher- en un en éliminatoires,la deuxième
automobilesétrangères environ pénè- pour l'applicationde l'article 7 du dé- née mémorable à faire encoremieux en cette an-j handicapscellé.
trent aux Etals-Unistous les ans, con- Ierct du 28 décembre1926. de 1930. . I
tre plusieurs dizaines de milliers de Il faut que le GrandPrix du Cente-
voituresaméricainesexportées. naire soif un véritable triomphe ap-
En attendant,sans doute pourrépon- L'IndustrieAutomobile précié et: connu du monde sportif en-
dre il ce voeu,le Gouvernement Lyonnaise à l'honneur. tier, pour qu'il soit suivi de nombreux
français
se propose de calculer les droits de Les merveilleuxchâssis 20 et 2(i CV lendemains les années suivantes.
douaneperçus sur les automobilesim- G cylindresRochet-Schneider, A cet effet, la CommissionSportive
élégam- s'est déjà mise en relations
n on
portées, plus sur le prix de revient, ment habillés par les carrossiersde d'Alger
commeil est fait en ce moment,mais marque Billetcr et Cartier )viennent avecde nombreuxet réputés coureurs
la plupart ont participé,la .semai-
sur un chiffrecorrespondantà peu près en quelques jours, de faire une vé- dont
au prix de vente de ces voituresdans ritable moisson de lauriers sur la ne dernièreau Circuitde Monaco.Nous
tiendronsle public au courant des ré-
la Métropole. Côted'Azur. sultats obtenus.
Qu'on en juge par le palmarès ci- Commeles dates des 11 et 17 mai
après : sont assez proches, nous prions MM.
Au concoursd'éléganced'Hyères: les coureurs qui désirent participer à
Une conduite intérieure 26 CV est ces ép.reuvcsde vouloir bien donner
classée hors concoursavec attribution leur inscription le plus rapidement
du challenge. possible à notre siège social, 4, rue
A Monte-Carlo,à Nice et à Cannes: Edouard-Cal,une première liste de
Un ravissant cabriolet26 CV est coureurssera publiéeavant le l'"rmai
classé trois fois hors concourset se AVIS
voit décernerà Cannesle Grand Prix
d'Honneur de la plus belle voiture MM.les Entrepreneursde transports
française. en commun(autocars,autobus")nui dé-
Xîil
ANNONCES
L'AFRIQUE DU NÔRD ILL USt REE
ANNONCES
XIV L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
ANNONCES
XVI
L ' AF R-1QUE - DU- NORB- TLL U-STREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
XVII
ANNONCES
XIX
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
ANNONCES
XX
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
XXt
ANNONCES
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
ANNONCES
XXII
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE
L'AFRIQUE DU NORD ILLUSTREE ANNONCES
XXIII
ANNONCES
XXIV
L'AFRIQUE DU NORD LLLUSTOEtEE
ANNONCES
L'AFRIQUE DÛ NORD ILLUSTREE
ANNONCES
XIV DU NORD ILLUSTB E R
L'AFRIQUE

: FONTANA
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