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Le journal indépendant de l’Université d’Ottawa

www.larotonde.ca Édition du 8 novembre 2010 – Volume LXXVIII No 8

La Rotonde
Football
Les Gee-Gees passent en finale de la Coupe Yates | P. 14

Révision de notes
L’adoption d’un règlement
universitaire pourrait
uniformiser et raccourcir
les délais qu’implique la
procédure de contestation
d’un résultat attribué par un
professeur. Actuellement, le
processus de révision d’une
note obtenue à la suite d’un
travail ou d’un examen peut
être long et variable selon les
facultés.
» Article en page 4

Basketball
Le début de la saison régulière
s’annonce prometteur pour les
équipes féminine et masculine
des Gee-Gees. | P. 16

Renouveau
au Café Nostalgica
Un nouvel édifice dès 2011? | P. 3

Impro vs Hockey
L’un est le sport national du Canada et
l’autre, une pièce de théâtre en un très
court acte où presque tout est permis.
Les deux, pourtant, ont de fortes
ressemblances...
La musique de Hotshotcasino | P. 8 » Articles en pages 10 et 11
le 8 novembre 2010

Catherine Cimon
Isabelle Larose
actualites@larotonde.ca

Conférence
Actualités
Réflexion sur la réconciliation
Dans le cadre de la Semaine de la souveraineté autochtone, qui se déroulait du 27 octobre au 4 novembre derniers, le Forum d’études et de recherches
autochtones (FERA) de l’U d’O organisait une conférence intitulée « La crise d’Oka – 20 ans plus tard : la réconciliation est-elle possible? ».
Anaïs Elboujdaïni percussions. Il énumère les traités et qui, en 2004, lui prêtait un livre qu’il y a de grandes choses qui se rue Laurier ou Rideau, rien ne m’in-
les lois brimant les droits des autoch- intitulé At the Wood’s Edge qui a font dans les milieux autochtones dique que je suis sur une terre algon-

L
a salle est bondée et certains se tones et remet en cause les structures fait changer sa vision du peuple et qu’il est temps de choisir entre quine!  » remarque-t-elle. Abondant
tiennent debout afin d’assister institutionnelles du Québec afin de mohawk. C’est en découvrant les théoriser et agir. Selon elle, «  le dans le même sens que Mme  Lemay,
à la conférence donnée par des faire face à la crise, mais aussi aux injustices subies par les membres seul fait de se rappeler que cette Ellen Gabriel rappelle que les 95 mé-
panélistes d’horizons divers. Le moins droits des autochtones en général. Ses de cette communauté qu’elle déci- conférence se tient sur des terres dias qui avaient été conviés au lance-
qu’on puisse dire, c’est que le discours, conclusions? «  L’État peut-il mettre de de traduire le livre sous le titre algonquines jamais cédées est un ment officiel du livre L’orée des bois
20 ans plus tard, émeut encore ceux et fin à la crise, 20  ans plus tard? C’est À l’orée des bois. «  Je l’ai traduit pas important  [dans le change- ne s’étaient pas présentés. « La vision
celles qui en parlent. peu probable. Les enjeux sont trop dans le but d’informer […] et pour ment des mentalités] ». de la “crise” comme étant entre la
grands […] et le statu quo politique bâtir des ponts », explique Mme Le- Sûreté du Québec et les warriors est
Condamnation neutralise le dialogue. » M. Salée ter- may. Elle termine en insistant que Vers plus de démocratie erronée, mais c’est ce qu’ont transmis
mine en affirmant que seul « un dia- «  la réconciliation n’est concrète les médias », déplore-t-elle.
Une chose est certaine, c’est que logue interculturel posant des condi- que lorsqu’elle est accompagnée Comme dernière panéliste à s’ex- Son message est ultimement que
tous condamnent la réaction du Qué- tions de coexistence » mettrait fin au d’actions, comme aujourd’hui. primer sur la crise d’Oka, Ellen Ga- « l’apathie de la société canadienne »
bec et du Canada d’avoir envoyé l’ar- malaise persistant. […] Une action, ça peut être aussi briel, présidente de l’Association des doit cesser immédiatement. La récon-
mée dans ce conflit. « Nos droits fon- simple que rétablir la vérité, les femmes autochtones du Québec, sou- ciliation n’est possible qu’en mettant
damentaux ont été bafoués », déclare « C’est le pardon qui est au cœur faits. » lève autant de passion que les deux fin aux généralisations sur les autoch-
Ellen Gabriel, mieux connue pour son de la réconciliation » Jessica Yee, directrice du Natio- précédentes. Mme  Gabriel annonce tones et en demandant une plus
rôle de porte-parole des Mohawks en nal Aboriginal Youth Council, Ca- qu’en 20 ans, elle peut dire qu’elle en grande justice de la part du gouverne-
1990. «  C’est du jamais vu et jamais La présence de Francine Lemay, nadian Aboriginal AIDS Network, a beaucoup appris, notamment sur la ment, en plus de faire pression sur le
aucun gouvernement [provincial] sœur du caporal Marcel Lemay, seul lance à la salle qu’elle ne comprend loi, qui traite encore les autochtones Canada pour qu’il signe la déclaration
n’aurait eu l’idée d’envoyer des chars policier du côté de la Sûreté du Qué- pas « pourquoi nous jouons encore comme des enfants. de l’ONU sur les droits des peuples
d’assaut si cela n’avait pas concerné bec à avoir perdu la vie durant les à ce jeu ». Ce jeu qui renforce l’usa- « Quand je marche à Ottawa, sur la autochtones.
des autochtones », continue-t-elle. affrontements d’Oka, avait de quoi ge de mots à connotation négative
surprendre. Celle-ci déclare d’ailleurs et qui empêche l’avancée vers « la La « crise d’Oka » est un événement qui a marqué le Québec en 1990 et qui s’est
Émotions fortes d’emblée : « La réconciliation est-elle vérité » au Canada. « Ma rage me
possible? Oui, j’en suis la preuve. » rappelle pourquoi je suis encore ici ultimement soldé par des affrontements entre la province et les Mohawks. Ces
Daniel Salée, professeur en scien- Elle explique le long chemin vers et pourquoi ma tota [grand-mère] derniers s’opposaient à la construction de condos de luxe et à l’agrandissement
ces politiques à l’Université Concor- le pardon, qui aura pris 14  ans. est encore là  », insiste-t-elle en
dia, expose la manière dont le Québec Mme Lemay insiste sur l’importan- parlant de la force des autochtones
d’un terrain de golf sur leur territoire par la municipalité d’Oka.
a pris en main la crise d’Oka et ses ré- ce de s’informer. C’est une amie, au fil du temps. Mme  Yee indique

PORTRAIT
Au nom du fils
Antoine Trépanier de l’Université McGill en littérature,
Sur les traces d’un père mais aussi de l’Université de la Co-
L’homme qui s’est présenté au jour- lombie-Britannique, en éducation.
naliste, à la sortie de la Chambre des Lorsqu’on discute d’idole poli- Ajoutez à cela une maîtrise de McGill
communes, est jeune : 38 ans, bien- tique, il s’arrête, pense quelques en géographie de l’environnement,
tôt 39. Il est grand, élégant, calme et instants et répond calmement qu’il quelques années à la présidence de
posé. BlackBerry dans une main et n’a pas d’idole, mais bien plusieurs l’organisation jeunesse Katimavik
alliance dans l’autre, Justin Trudeau références qu’il admire. « Ça ne me et une expérience d’enseignement
a l’attitude de l’emploi : politicien. dérange pas d’admirer, de voir ce au secondaire et vous avez un jeune
M. Trudeau baigne dans la politi- qui fonctionne chez les autres et de politicien qui a du vécu. « Pour moi,
que depuis maintenant 38 ans, bien- m’adapter à ça. Il faut s’approprier surtout en tant que jeune, je me suis
tôt 39. Son père, Pierre E. Trudeau, le meilleur des autres afin de s’amé- dit que si j’entrais en politique trop
est considéré comme l’un des plus liorer », conclut-il d’un ton posé. tôt, les gens allaient dire : “Ah, il n’a
grands premiers ministres de l’his- Selon le jeune député, le paternel rien fait dans la vie, il porte juste
toire du Canada. Justin, comme son avait deux grandes passions : ses en- le nom de son père!” Il fallait que
entourage l’appelle, est le deuxième fants et le Canada. Partage-t-il cette je sois prêt à entrer [dans ce mon-
enfant dans l’histoire du pays à être philosophie? « Oui, je partage, mais de] », relate le père de deux jeunes
né alors que papa était au pouvoir. j’ajoute ma femme, quand même! enfants.
Son grand-père maternel, James Mon père a été extraordinaire. Il a Justin Trudeau a dû passer par
Sinclair, a également siégé à la été un politicien extrêmement dédié toutes les étapes afin d’en arriver
Chambre des communes. C’est donc à son pays. Je trouve qu’il est très là. Être accepté par le Parti libéral,
tout naturel de voir le jeune homme important d’être bien ancré dans gagner le siège de la circonscrip-
occuper ce poste. ma famille aussi. Mes enfants me tion de Papineau, se présenter aux
«  L’historique me suit toujours, donnent la motivation en politique, élections et battre une adversaire
évidemment, mais au quotidien, mais aussi, ils me gardent honnê- coriace du Bloc québécois ne lui ont
c’est différent. Il n’en tient qu’à te », explique-t-il sans détour. pas été donnés si facilement. « Pour
moi  », explique le député fédéral certains, et pour moi-même, je n’ai
de la circonscription de Papineau Un parcours nécessaire plus rien à prouver à ce niveau, j’ai
(Montréal), en ajoutant que les jeu- mérité ma place, explique-t-il avec
nes et les nouveaux arrivants, sou- M. Trudeau n’est pas un inconnu, fierté. Pour d’autres, je serai tou- Photo de Anne Danford Dussault
vent, ne connaissent pas toute l’his- ni ce qu’on appelle en anglais un no- jours le fils de l’autre, mais je ne À 38 ans, Justin Trudeau est un jeune politicien qui a du vécu.
toire de son père. body. Non seulement est-il diplômé m’en préoccupe pas trop. »

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le 8 novembre 2010 Actualités
GSAED

Un nouvel édifice pour le Café Nostalgica


Dès 2011, le restaurant fera place à une structure plus moderne et efficace.

Catherine Cimon plus grande. Ces aménagements rendront le


Café plus accessible aux personnes en fauteuil
L’édifice qui abrite le Café Nostalgica et l’Asso- roulant, notamment, qui sont actuellement inca-
ciation des étudiants diplômés (GSAED) sera pables d’y entrer. Le nouvel édifice du Café Nos-
rasé pour permettre la construction d’un tout talgica restera par ailleurs au même endroit sur
nouveau bâtiment à vocation unique, moderne la rue Cumberland.
et mieux adapté. En effet, l’édifice situé sur la rue « On va pouvoir installer une cuisine dans
Cumberland, près de la résidence Thompson et le sous-sol spécialement pour les commandes
de la bibliothèque Morisset, ne répond plus aux et pour pouvoir aisément passer d’un menu à
besoins des étudiants. La Rotonde a été en me- l’autre. On aura aussi plus de capacité de range-
sure de confirmer la rumeur auprès de Guillau- ment et on aura de la place pour des kegs de 50
me Lemieux, commissaire à la vie étudiante. litres – qui reviennent moins cher que ceux de
La GSAED verra donc ses bureaux temporai- 20 litres qu’on est obligé d’acheter présentement
rement transférés au deuxième étage du pavillon parce qu’on n’a pas de place pour les stocker –, ce
Morisset, au Déjà-Vu, en attente de la construc- qui fait qu’on pourra vendre la bière moins cher
tion du nouveau Centre universitaire où elle dé- et faire plus de profit », explique M. Lemieux.
ménagera officiellement dans des bureaux situés Le déménagement des locaux de la GSAED
au coeur de la vie étudiante, et non plus reclus laissera d’ailleurs plus de place à la création d’un
dans un duplex. espace de spectacle approprié et pour installer
davantage de chaises et de tables dans le Café
Une situation qui ne Nostalgica. Guillaume Lemieux précise que le
pouvait plus durer restaurant pourra aussi faire plus de profit en
maximisant l’espace pour les clients grâce à la
Le projet de rénovation et d’expansion du création d’un salon d’étude confortable où les
Café Nostalgica est sur la table depuis quelque étudiants diplômés pourront se réunir sans en-
temps déjà. Guillaume Lemieux explique que le combrer les tables dans l’espace bar-restaurant.
projet a été freiné vu l’ampleur des travaux à réa- Il ajoute aussi qu’au troisième étage, les étu-
liser pour rentabiliser le café et les fonds à déblo- diants diplômés pourront profiter d’une salle de
quer. Le budget initial a d’ailleurs dû être révisé réunion du style de celle du Sénat, qui sera mu-
à la hausse : « On doit tout refaire. Le plan ori- nie d’un écran mural et où les thèses de maîtrise
ginal de mon prédécesseur prévoyait quelques et de doctorat pourront être défendues.
centaines de milliers de dollars, mais elle s’est De plus, le nouveau bâtiment ne sera pas un
rapidement rendu compte que ce serait plus vers autre édifice gris en béton comme il en pousse
le million. » déjà sur le campus : « On va refaire le Café avec
Si la situation précaire du Café Nostalgica le cachet et l’esthétique actuels […] On regarde
tend à se normaliser depuis les deux derniers présentement pour des briques rouges et des
mois en affichant des bilans de revenus posi- pentures en bois et au troisième; on aimerait
tifs, M. Lemieux affirme que le Café Nostalgica plus de lumière, donc de grandes fenêtres pres-
reste une entreprise déficitaire et qui ne peut que mur à mur », précise M. Lemieux.
plus continuer à engloutir autant d’argent. Le
Café doit recommencer à offrir un service de Un projet qui avance vite
qualité, non seulement aux étudiants diplô-
més, mais aussi au reste de la population étu- Ainsi, la GSAED tiendra une audience pu-
diante : « Depuis 1995 [ouverture du Café], le blique à l’auditorium des Anciens ce mercredi
nombre d’étudiants a beaucoup augmenté sur 10 novembre à partir de 17 h pour lancer offi-
le campus. […] Le Café ne fait plus le travail ciellement l’initiative de réinvention du Café
pour desservir les étudiants correctement. Nostalgica. Tous les étudiants sont les bienve-
[…] Avec le loyer qu’on doit payer à l’Univer- nus. M. Lemieux précise aussi qu’« au sortir de
sité, les frais de chauffage à cause de la mau- cette rencontre, les étudiants diplômés sauront
vais isolation, […] le bâtiment ne sera jamais
rentable. »
de combien sera la cotisation de “X” M$ qu’on
leur demandera et le prêt à long terme sur les
« On doit augmenter
la capacité du café,
De fait, le Café Nostalgica, qui est graduel- 30 ou 40 prochaines années qu’on contractera
lement devenu un restaurant avec une licence ». Guillaume Lemieux a préféré ne pas préciser
d’alcool et une salle de spectacle, ne peut tout le montant de la cotisation, préférant inviter les
simplement plus prendre d’expansion et étouffe
dans des locaux devenus exigus : « On doit aug-
menter la capacité du Café, augmenter les divers
étudiants à se rendre à la réunion publique pour
avoir les détails à cet effet.
À la suite de cette consultation étudiante, la
augmenter les divers
genres de services offerts et offrir un réel espace
étudiant aux étudiants diplômés », soutient M.
GSAED rédigera la question référendaire avant
les Fêtes et les étudiants diplômés se prononce- genres de services offerts
Lemieux. ront sur le projet, qu’ils financeront en grande

Des services de qualité


partie par l’entremise de leur cotisation à l’Asso-
ciation, l’hiver prochain lors des élections .
et offrir un réel espace
étudiant aux étudiants
et plus diversifiés Finalement, si le référendum passe auprès
des étudiants aux études supérieures pour la
M. Lemieux explique que pour pallier le construction du nouveau Café Nostalgica, les
manque d’espace, les plans finaux prévoient le
creusement d’un sous-sol et l’ajout d’un troi-
sième étage au nouvel édifice, en plus de la créa-
contracteurs commenceront à briser le sol à
l’automne 2011 et la construction sera terminée
pour l’automne 2012 : « Évidemment, c’est le
diplômés. »
tion d’une toute nouvelle terrasse privée dans
l’actuelle cour arrière et de l’agrandissement de
scénario le plus rapide, mais nous sommes très
confiants. On y va étape par étape », conclut
– Guillaume Lemieux
l’entrée de côté pour en faire une autre terrasse Guillaume Lemieux. Photo de Mark Colletti

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Actualités le 8 novembre 2010

Révision de notes

Un processus revu et corrigé


Un nouveau règlement sur la révision des notes de travaux et d’examens pourrait être adopté dès l’an prochain.
Isabelle Larose inhabituelle dans les autres facultés. processus pour les étudiants », explique Johanne
Facultés particulières Selon Pierre Thibault, doyen adjoint à la Bourdages, vice-rectrice associée aux études et
De la Faculté de droit à celle des arts en pas- Faculté de droit, section de droit civil, la pé- membre du CEPC. Sans toutefois donner beau-
sant par l’École de gestion Telfer, le processus Il en va cependant autrement pour les facul- riode de consultation d’examens s’avère, dans coup de détails, cette dernière mentionne que les
de révision de notes est loin de s’appliquer de tés de droit et de génie, ainsi que pour l’École bien des cas, un couteau à double tranchant : particularités des facultés professionnelles, no-
la même façon. Un nouveau règlement uni- de gestion Telfer. Les étudiants en gestion et en « Je reçois 250 demandes de révision de note tamment celle de droit, seraient prises en compte.
versitaire ayant pour but de raccourcir les dé- génie peuvent faire appel de leur note en sou- par session. C’est beaucoup. Au moins la moi- La Rotonde n’a toutefois pas eu accès à l’ébauche
lais et d’uniformiser les pratiques de révision mettant directement à leur faculté une demande tié de ces demandes-là sont farfelues et frivo- du règlement, l’Université refusant de le rendre
pourrait toutefois entrer en vigueur dès l’an écrite de révision, dans un délai de quatre se- les et ne s’appuient pas [sur] des motifs va- public avant qu’il soit entériné par le Sénat.
prochain. maines suivant la première communication de lables. » M. Thibault soutient que le nouveau Pierre Thibault, également membre du CEPC,
Actuellement, l’Université «  reconnaît à la note, sans nécessairement discuter avec leur règlement actuellement à l’étude permettra de indique que les nouveaux délais pour faire une
tout étudiant le droit de voir, sur demande professeur. réduire le nombre de demandes traitées grâce demande pourraient être raccourcis à cinq jours
et après notation, ses travaux, épreuves ou Quant à la Faculté de droit, tant dans la sec- à la création d’un comité de tamisage. Ce der- ouvrables durant la session, et à dix jours ouvra-
examens écrits pour un cours […], et de faire tion de droit civil que celle de Common Law, le nier fera en sorte que seules les demandes de bles une fois la session terminée et les notes of-
appel des notes qui lui ont été attribuées ». Ce ficialisées. Selon M. Thibault, les délais actuels
sont toutefois les facultés qui établissent leur
propre procédure de révision de note. Dans la
« Je reçois 250 demandes de révision de note par session. C’est beaucoup. sont « épouvantablement longs », s’étalant sou-
vent sur plusieurs mois. M.  Thibault soutient
plupart des facultés, les étudiants mécontents
d’un résultat disposent de deux semaines
Au moins la moitié de ces demandes-là sont farfelues et frivoles et ne que l’actuel projet à l’étude prévoit aussi de rac-
courcir les délais administratifs de traitement
après la remise de la note pour s’adresser à
leur professeur dans le but d’obtenir des ren-
s’appuient pas [sur] des motifs valables. » d’une demande de révision, en avançant le chif-
fre de 15 jours ouvrables.
seignements supplémentaires et de demander – Pierre Thibault Bien qu’elle voie d’un bon œil l’éventuelle mise
une révision. Une fois la décision du profes- en place d’un processus de révision plus court,
seur rendue, l’étudiant, s’il demeure insatis- processus de révision de note est beaucoup plus révision qui reposent sur des motifs sérieux Mireille Gervais, coordonnatrice du Centre de
fait, dispose de deux autres semaines pour accessible. Après chaque période d’examens, seront transmises à un professeur pour une recours étudiant, émet certaines réserves quant
adresser une demande écrite de réévaluation que ce soit à la mi-session ou encore à la fin réévaluation. aux nouveaux délais qui pourraient être mis en
de son travail au directeur départemental. du semestre, des séances de consultation des vigueur  : «  Cinq jours ouvrables, c’est un délai
Si la décision départementale ne le satisfait examens sont organisées. Les étudiants peu- Nouveau règlement beaucoup trop court pour essayer de discuter
toujours pas, l’étudiant pourra faire appel de vent prendre rendez-vous en ligne pour aller avec un prof, pour comprendre le processus de
la décision auprès du doyen de la faculté. Ce consulter tous leurs examens et peuvent rem- La disparité des règlements facultaires a mené révision, pour consulter le Centre de recours étu-
dernier mettra en place un comité chargé de plir un formulaire de demande de révision sur à la révision de tous les règlements par le Conseil diant, rédiger une demande de révision et la faire
réévaluer le travail, habituellement sans que place. En droit civil, comme les examens sont des études du premier cycle (CEPC). « On vou- relire au besoin par un de nos agents. »
le professeur ayant initialement noté le travail toujours corrigés de façon anonyme, le nom des lait avoir un règlement pour l’Université de façon Selon Johanne Bourdages, le nouveau règle-
y participe. S’il considère toujours avoir été étudiants étant caché sous un autocollant, tous globale pour être plus précis. L’harmonisation ment est presque finalisé et devrait être pré-
évalué injustement, l’étudiant peut, en der- les examens faisant l’objet d’une révision sont des règlements fera en sorte qu’il n’y aura qu’une senté devant le Sénat d’ici quelques semaines.
nier recours, se tourner vers le Comité d’appel directement retournés aux professeurs ayant seule date limite et qu’une seule manière de pro- « On espère que le nouveau règlement sera en
du Sénat. effectué la première évaluation, une pratique céder pour toutes les facultés. Cela facilitera le vigueur dès l’an prochain », conclut-elle.

Plagiat

Une fraude qui fait mal


Elisabeth Crête produire son propre travail, mais il doit toujours sanctions sévères pouvant avoir un impact
noter la référence. S’il reprend les propos tels sur le reste de son parcours scolaire. Il peut se
Vous avez un travail écrit de plusieurs pages à quels d’une certaine personne, ceux-ci doivent voir attribuer la note zéro pour le travail ou le
remettre pour votre prochain cours. Faute de sans exception être rapportés entre guillemets. cours en question et, outre cette conséquence,
temps, vous n’avez encore rien commencé de De plus, dans cette définition du plagiat, il est l’addition de 3 à 30 crédits à son programme
ce travail. Par hasard, en naviguant sur le net, bien question de « copier les idées d’une autre d’études. Dans un cas plus grave, l’étudiant
vous tombez sur un texte traitant exactement personne », ce qui veut dire que remplacer les peut être suspendu du programme ou de la fa-
du sujet de votre essai. Ou encore, vous déci- mots d’un auteur par des synonymes sans citer culté pendant au minimum une session et au
dez de commander votre travail sur Internet la référence est tout autant une forme de plagiat maximum trois ans.
sur un site comme academon.fr, qui vous offre que copier ses mots exacts, contrairement à la Ces sanctions relèvent de la faculté dans la-
des travaux «  clé en main  » pour une petite croyance populaire. quelle l’étudiant impliqué est inscrit. Cepen-
somme d’argent. Il est tentant de penser que Manon Tremblay, professeure de science dant, dans des cas extrêmes, d’autres consé-
le professeur n’y verra que du feu et de fermer politique à l’U d’O et membre du comité sur la quences s’appliquent, lesquelles relèvent du
les yeux sur les conséquences que cela pour- fraude scolaire, affirme qu’il est souvent évident Comité d’appel du Sénat. Celles-ci peuvent
rait engendrer. Sait-on vraiment ce qu’est le qu’un travail ne provienne pas d’un étudiant. aller de l’expulsion définitive de la faculté
plagiat? « Un texte qui n’est pas de niveau universitaire jusqu’à l’expulsion de l’Université pendant
ou qui n’est pas du style d’écriture de l’étudiant un minimum de trois ans. De plus, l’étudiant
Définir « plagiat » est reconnaissable. Quand on a un doute, on vé- peut voir son grade, son diplôme ou son certi-
rifie s’il y a eu plagiat », explique-t-elle. Le moyen ficat annulé ou révoqué.
Selon la définition officielle de l’U d’O, « pla- souvent utilisé est le moteur de recherche Goo- À l’U d’O, la plupart des cas de fraude sco-
gier, c’est voler les mots, les idées ou les statisti- gle; en tapant un bout de phrase d’un travail, il laire se règlent dans les facultés. Environ un
ques d’une autre personne en les faisant passer est possible d’en vérifier la provenance. étudiant par année se fait renvoyer de l’éta-
pour les vôtres. La traduction partielle ou totale blissement. « Je n’ai jamais connu de cas où le
des textes d’autrui constitue une forme de pla- Sanctions baccalauréat ou autre diplôme avait été révo-
giat si la source n’est pas indiquée. » Il est impor- qué, affirme Mme Tremblay. Nous traitons en
Photo de Anne Danford Dussault tant de connaître les limites du plagiat, car il est L’U d’O possède une réglementation stricte moyenne une cinquantaine de cas par année,
facile de tomber dans le piège. Un étudiant doit par rapport à la fraude scolaire; tout étudiant de toutes les natures, mais ils ne nécessitent
Qu’on se le dise : plagier, c’est voler. évidemment s’inspirer de certains textes pour qui ne suit pas les règlements s’expose à des souvent pas les sanctions les plus sévères. »

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le 8 novembre 2010 Actualités
Michaëlle Jean à l’U d’O

Allan Rock apporte quelques précisions


Même si la date d’arrivée de Michaëlle Jean reste encore à déterminer, sa présence à l’Ud’O accroîtra la visibilité de
l’établissement, selon le recteur Allan Rock.

Isabelle Larose ses bureaux ici. Des gens vont venir pour accommoder Mme Jean. Comme ce que tous les documents liés à cet
sur le campus pour aller la voir et ils Défi numéro un : l’espace les bureaux sont vides, c’était le mo- arrangement soient publics. Je vais
On apprenait, le 1er octobre dernier, vont baigner dans l’environnement ment propice », croit le recteur. demander à mon bureau de faire en
que l’ancienne gouverneure générale universitaire. [Elle] va sûrement par- Aux dires de M. Rock, c’est le gou- L’ancienne représentante de la sorte que tous les documents avec les
du Canada, Michaëlle Jean, logerait ler ailleurs dans le monde de son as- vernement du Canada qui l’a person- reine aura à sa disposition une salle détails soient mis sur le site web  »,
dans les locaux de Tabaret pour ac- sociation avec l’Université et je pense nellement approché pour que l’U d’O de réunion, ainsi que trois bureaux lance M. Rock.
complir sa nouvelle tâche d’envoyée qu’il sera bien connu qu’elle sera si- devienne le nouveau lieu de travail pour ses adjoints et elle-même. Selon Contactée à ce sujet par La  Ro-
spéciale en Haïti pour l’UNESCO. tuée ici, au cœur de notre campus. » de Michaëlle Jean : « C’est moi qui ai le recteur, l’espace dédié à Michaëlle tonde, Andrée Dumulon, directrice
La Rotonde s’est entretenue avec le reçu une offre, une expression d’inté- Jean est loin d’être démesuré : « Ta- des communications de l’Université,
recteur de l’U d’O, Allan Rock, pour Travailler de concert rêt, durant l’été. C’était quelqu’un du baret est un vieil édifice. Ce n’est pas a précisé qu’il était encore trop tôt  :
en savoir davantage sur ce déména- Bureau du Conseil privé du Canada commun d’avoir des bureaux vastes, «  Malheureusement, l’entente n’est
gement particulier. Rock mentionne qu’il a person- qui m’a appelé pour déterminer si exception faite du mien, lance-t-il à la pas encore finalisée. Il reste plusieurs
Le recteur Rock admet que c’est la nellement précisé à Michaëlle Jean l’Université était intéressée d’avoir le blague. C’est approprié et c’est suffi- petits détails administratifs à régler.
première fois, à sa connaissance, que que toute l’expertise de l’Univer- bureau ici. Après avoir consulté mes sant pour ses activités. Elle est venue Lorsque l’entente sera finalisée, nous
l’Université loue un espace à une per- sité serait à sa disposition pour collègues, j’ai dit oui, absolument. » pour examiner l’espace et s’est mon- examinons la possibilité d’organiser
sonne qui n’y est pas employée. Bien l’appuyer dans son travail. «  J’es- La venue de l’ex-gouverneure gé- trée satisfaite. » une cérémonie officielle de signa-
que l’arrivée de Michaëlle Jean soit un père que nous aurons l’occasion, nérale a bien entendu causé le trans- ture. »
cas d’exception, M. Rock n’y voit que au cours des mois et des années qui fert de quelques employés de l’Uni- Détails encore inconnus La date précise de l’arrivée de Mi-
du positif : « Ce n’est vraiment pas un viennent, de lier des liens étroits versité. « L’espace est le défi numéro chaëlle Jean dans les locaux de Taba-
problème. Je pense qu’il y a un jume- avec le travail de Mme  Jean pour un sur le campus. Il a fallu déménager Pour le moment, la durée de l’en- ret demeure aussi un mystère. «  Ça
lage entre les activités de Mme Jean et montrer au monde entier ce qu’on certains de nos bureaux, mais nous tente ainsi que les coûts de location va dépendre de l’horaire de Mme Jean
les valeurs et objectifs de l’Universi- a ici comme expertise […]. Je suis avions quand même un certain espa- qui lui sont rattachés demeurent et de la fin des rénovations. Tout le
té. » Rock compte grandement sur la en train d’imaginer simplement ce ce au 3e étage [de Tabaret] qui était inconnus. Toutefois, le contrat qui monde espère que Mme  Jean sera là
notoriété de l’ex-gouverneure généra- qu’on peut faire pour profiter de sa disponible », explique M. Rock. Ac- lie l’Université au gouvernement du dès le début de la nouvelle année, en
le pour apporter davantage de visibi- présence, mais c’est clair que nos tuellement en rénovation, ces locaux Canada, qui assumera les frais de janvier 2011 », affirme le recteur.
lité à l’Université d’Ottawa, et ce, aux professeurs et étudiants sont très temporairement vides étaient censés location et de rénovation des locaux, Le bureau temporaire de Mme Jean
quatre coins du globe : « Mme Jean va ouverts à la possibilité de travailler accueillir des membres du service de pourrait éventuellement être rendu n’a pas donné suite à la demande
certainement avoir des réunions dans avec elle », soutient-il. paie. « Nous avons changé les plans public. «  Je n’ai aucune objection à d’entrevue de La Rotonde.

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Actualités le 8 novembre 2010

Excellence en recherche universitaire

L’Université d’Ottawa se classe 7  au pays e


L’U d’O obtient une septième position parmi les meilleures universités canadiennes de Classement de l’année des universités
recherche pour une deuxième année consécutive, selon le palmarès annuel de Research canadiennes pour leur rendement en recherche
Infosource. Classement
Sophie Marcotte subventions à cet axe de recher- découvertes les plus récentes, ce
2009 2008
Un honneur pour
che.
De plus, le corps professoral re-
qui stimule l’apprentissage et les
connaissances.
University of Toronto 1 1
un institut de recherche
encore à ses débuts
nouvelé récemment n’en est qu’à
ses débuts dans la publication
Par ailleurs, une université de
recherche parmi l’élite permet aux
Université McGill 2 2
Au sommet du palmarès, l’Uni-
de communiqués scientifiques.
Mme  Nemer ajoute que les décou-
étudiants à la maîtrise et au doc-
torat d’effectuer des recherches en
University of Alberta 3 4
versité de Toronto suivie de l’Uni-
versité McGill, lesquelles, selon
vertes comme celle concernant
les gaz à effet de serre ont toutes
dehors des heures de cours grâce
aux laboratoires et aux sources
University of British Columbia 4 3
Mona Nemer, vice-rectrice à la
recherche de l’U  d’O, ont un his-
les chances de hisser l’Université
plus haut dans le palmarès de l’an
d’information à leur disposition.
Mme  Nemer ajoute que «  plus de
McMaster University 5 5
torique beaucoup plus ancien en
recherche que l’université cana-
prochain. Quant à la progression
de l’institution en recherche, elle
1300  étudiants ont reçu plus de
12  M$ en bourses ou en assista- Université de Montréal 6 6
dienne. En effet, Mme Nemer affir-
me qu’une septième position est
est indéniable. La vice-rectrice
à la recherche confie d’ailleurs
nats de recherche provenant des
subventions de recherche accor- Université d’Ottawa 7 7
excellent pour une université qui a
un institut de recherche si récent.
que «  selon les chiffres des trois
conseils fédéraux majeurs qui
dées aux professeurs. Ainsi, les
activités de recherche des profes- University of Western Ontario 8 9
Cependant, elle avoue qu’en 2005,
à la suite de la mise sur pied du
donnent les subventions, l’Uni-
versité d’Ottawa a eu la meilleure
seurs contribuent directement à
appuyer nos étudiants. » University of Calgary 9 11
programme Vision 2010, qui avait
au cœur de ses objectifs l’acces-
croissance de toutes les universi-
tés ontariennes au cours des cinq
Les étudiants qui participent à
la recherche peuvent acquérir de Queen’s University 10 8
sion au sommet des universités de
recherche canadiennes, l’U d’O ne
dernières années ». l’expérience professionnelle et vé-
ritablement apprécier la réalité de Source : Research Infosource Inc.
visait rien de moins que la cinquiè- Les étudiants bénéficient leur profession future. C’est en-
me position en 2010. D’ailleurs, de ces résultats tre autres pourquoi la recherche
elle affirme que l’une des raisons est intimement liée à l’éducation
qui expliquent cet écart est l’un Un tel accroissement n’est pas universitaire, selon Mme  Nemer. Découverte scientifique
des principaux critères d’évalua- uniquement avantageux pour le Bref, malgré sa nouveauté et ses
tion du classement  : les subven-
tions. L’Université d’Ottawa a un
corps professoral associé aux re-
cherches, mais aussi pour les étu-
subventions modestes dans l’axe
de recherche des lettres, l’U d’O se
Des chercheurs de l’U d’O au service de
secteur des lettres très développé
et pourtant, on accorde moins de
diants. En effet, les professeurs
sont en mesure d’enseigner les
trouve sur une pente ascendante du
palmarès de Research Infosource.
l’environnement
Hélène Boulay d’énergie afin d’être regénérés pour
leur réutilisation. » Il ajoute qu’une
Prévenir l’accumulation du CO2 autre utilisation des MOF pourrait
dans l’atmosphère est une préoccu- être d’éliminer le CO2 des gisements
pation mondiale sur laquelle se sont de gaz naturel non conventionnels.
penchés des chercheurs de l’Univer- Il reste toutefois quelques défis à
sité d’Ottawa en collaboration avec surmonter avant que cette technolo-
des chercheurs de l’Université de gie puisse être utilisée. « En ce mo-
Calgary. Ensemble, ils ont publié un ment, les matériaux que nous étu-
article dans l’édition du mois d’oc- dions absorbent la vapeur d’eau et
tobre de la revue Science qui expose donc nous devons trouver des ma-
des avancées prometteuses dans le tériaux qui attirent le CO2, mais pas
domaine de la capture du CO2. l’eau puisque toute combustion dé-
«  Cet article porte sur l’observa- gage une certaine quantité d’eau »,
tion de la façon dont le CO2 est cap- explique M. Woo.
turé dans des matériaux. Les maté- Un aspect important de cette re-
riaux que nous avons observés sont cherche a été la concordance entre
des cadres métal-organiques (MOF). les expériences et la simulation faite
Leur particularité est que même en par ordinateur. Il sera donc possible
petite quantité, ces matériaux ont à l’avenir de prédire la capacité d’un
une surface d’absorption immense matériau de piéger le CO2 grâce aux
grâce à leurs pores  », indique Tom simulations par ordinateur, avant
Woo, professeur agrégé de chimie et même d’avoir produit ce matériau
titulaire d’une chaire de recherche en laboratoire, souligne Tom Woo.
du Canada à l’U d’O. « L’Université d’Ottawa a fait les
Ces travaux de recherche sur la simulations par ordinateur et l’Uni-
capture du CO2 dans les MOF pour- versité de Calgary, les expériences
raient servir à une multitude d’ap- pratiques, ajoute-t-il. Nous avons
plications telle l’atténuation des déterminé que les simulations par
émissions de gaz à effet de serre au ordinateur fonctionnent très bien. Il
sommet des cheminées des centra- sera donc possible de faire un tri des
les de charbon. « La combustion du matériaux à étudier par ordinateur à
charbon est le mode de production l’avenir, ce qui pourrait représenter
d’électricité le plus populaire, expli- une grande économie de temps. »
que M. Woo. [Les MOF] pourraient L’U d’O compte parmi les institu-
absorber le CO2 produit par ce pro- tions les plus fortes en recherche au
cessus. Cette technologie existe Canada et encourage ce partenariat
déjà, mais elle n’est pas viable, car interuniversitaire dans l’étude des
les matériaux utilisés en ce moment questions importantes à l’échelle in-
requièrent une grande quantité ternationale.

6 • www.larotonde.ca actualites@larotonde.ca
le 8 novembre 2010 Actualités
Main pleine
Facebook ou de la non-
productivité étudiante
Il était une fois…
À pareille date, il n’y a de cela pas si longtemps, La Rotonde rapportait...
Catherine Cimon,
Chef de pupitre Actualités,
actualites@larotonde.ca
Catherine Cimon qu’une controverse était née de cette libéra- opposants. Le docteur Henry Morgentaler
tion, puisque plusieurs médias et organis- est photographié pour l’article juste à côté
Au sortir du dernier sprint d’examens de la Le 9 novembre 1982 mes non gouvernementaux évoquaient un d’une photo d’Albert Einstein, qui disait
mi-session, je peux maintenant affirmer que accord entre la Maison blanche et l’Iran qui lui-même  : «  Les grands esprits ont tou-
cet outil de réseautage global, un des derniers- Dans la section «  Analyse politique inter- aurait causé un froid entre ces deux pays jours rencontré une opposition farouche
nés de l’ère 2.0, qu’on nomme Facebook, a nationale et informations  », on retrouvait depuis l’« Irangate » et notamment permis des esprits médiocres. »
coulé toutes mes bonnes résolutions d’étude un article sur la guérilla en Amérique cen- à M.  Jacobsen de retrouver sa liberté. De
sérieuse, assidue et concrète. trale, plus précisément au El Salvador, qui fait, cet accord, que démentait la Maison Le 11 novembre 1997
Il faut dire que c’est aussi la faute des pro- se concentrait sur une initiative d’étudiants blanche, porterait sur un «  don  » d’armes
fesseurs si j’ai perdu autant de mon temps de l’U d’O, « Carrefour Magoshan », qui se de guerre au gouvernement iranien contre En pleine révolution technologique et
sur le chat Facebook, à communiquer gaie- voulait entre autres une campagne de so- leur intervention sur les autorités libanai- informatique de la fin des années 1990,
ment avec mes amis, m’endoctrinant dans la lidarité contre la violence et la corruption ses en cause. L’affaire n’a pas été éclaircie La  Rotonde publiait un article qui expri-
procrastination crasse, alors que j’aurais dû politique dans ce petit pays latin aux prises depuis. mait les inquiétudes des étudiants au bac-
concentrer mes facultés mentales et motri- avec les cartels de la drogue et les renver- calauréat en communication concernant la
ces (motrices = cligner des yeux et boire du sements politiques. Le slogan du carre- Le 7 novembre 1994 validité et la qualité de la formation offerte
café + quelques mouvements accessoires) sur four était assez évocateur  : «  heureux les par le Département de communication de
une seule chose : une étude efficiente et effi- artisans dans la paix  ». Bref, ce carrefour Josée Mallet, ancienne journaliste étu- l’U d’O par rapport aux exigences du mar-
cace de la matière à évaluation, ou encore la regroupait des étudiants autour de discus- diante de La  Rotonde, offrait dans cette ché du travail. Néanmoins, une professeure
rédaction acharnée d’un essai révolutionnaire sions et de débats animés principalement édition du début de novembre un portrait du Département, Lise Boily, se faisait rassu-
qui m’aurait valu un A+, j’en suis certaine. En sur la situation du El Salvador, mais aussi audacieux du controversé docteur Henry rante en affirmant à La Rotonde que celui-
effet, les professeurs, en mettant les lectures sur des questions de paix internationale et Morgentaler, un pionnier des droits des ci subissait alors la plus grande évolution.
obligatoires sur le campus virtuel, donc sur de développement mondial. femmes et de la légitimité de l’avortement, La  Rotonde montrait aussi l’autre côté de
Internet, encouragent délibérément leurs étu- juif polonais et ancien prisonnier du camp la médaille en exposant qu’au moins deux
diants au laisser-aller. Le 11 novembre 1986 de concentration d’Auschwitz. La Rotonde des professeurs du Département de com-
De plus, une fois qu’on a succombé à l’ap- dressait ainsi un résumé des principaux munication étaient alors en année sabbati-
pel de Facebook, ne serait-ce que quelques Un article de La Rotonde relatait la libé- coups d’éclat de M. Morgentaler après son que, grande évolution ou pas. Par ailleurs,
minutes, la partie est terminée pour le reste ration d’un otage américain détenu depuis arrivée au Canada en 1950, cinq ans après le journal faisait état de plusieurs plaintes
de la soirée; on a déjà été happé par un tor- 14 mois au Liban : Davis Jacobsen. La jour- la fin de la Deuxième Guerre mondiale, des présentées à l’Association des étudiants de
rent d’amis qui s’enquièrent de notre bonne naliste Annie Lise Clément mettait néan- avancées qu’il a apportées dans les lois ca- communication, notamment concernant
santé, de nos projets pour la prochaine soirée moins l’accent sur les circonstances dou- nadiennes sur le droit à l’avortement à la les absences prolongées de certains profes-
ou encore nous exposent leurs problèmes de teuses de cette libération soudaine et de persévérance dans sa mission et son travail seurs et l’obligation que ne respectait pas
couple. l’intervention clé d’émissaires politiques même lors des répliques violentes (atten- le Département de fournir un suppléant
Vous me direz qu’il est simple de ne pas iraniens dans le dossier. Ainsi, on exposait tats à la bombe contre ses cliniques) de ses après un certain temps.
répondre aux appels de ces derniers, qui ap-
paraissent comme des champignons sur notre
page de profil, mais le code d’éthique non écrit Revue de presse universitaire
de la conversation Facebook, hérité de MSN,
veut que nous répondions à cette sommation Florence Muyenzi diants, les administrateurs et les fournisseurs, même ces postes à temps partiel ne sont plus
de dialogue sans appel au plus vite. Vous me se soient assises pour discuter la problémati- aussi disponible », souligne Sydney Craig, direc-
direz encore qu’il est aussi simple de dire que de l’eau en bouteille sur le campus. teur de l’enseignement à la faculté d’éducation
bonjour, puis d’expliquer poliment qu’on est Selon Chris Mota, directrice du Service de l’Université de la Colombie-Britannique.
occupé; d’accord, mais quand on a plusieurs des relations médias, le renouvellement du Nadine Bouliane est l’une des nombreux di-
centaines d’amis, les chances sont grandes contrat avec PepsiCo durant l’été n’avait plômés des programmes d’enseignement qui
qu’on passe la soirée et même la nuit à répon- pas besoin d’être révélé aux étudiants : des s’est déniché un emploi à l’étranger, soit à Mok-
dre de façon bien éduquée d’aller se chercher contrats se signent chaque jour et aucune po, en Corée du Sud. « J’ai été embauchée par
quelqu’un d’autre pour partager commentai- institution ne refuse de signer un contrat en une agence de recrutement que j’ai rencontrée
res et exclamations sur les derniers clips You- fonction de sa clientèle. durant un salon des carrières à l’Université  »,
tube notables disponibles en ligne… La cofondatrice de TAPthirst ne veut pas raconte-t-elle.
Néanmoins, lorsqu’on sort finalement de ce que cette situation devienne un scandale pour
tourbillon envahissant de conversations, en l’Université, mais préfère que ce soit l’occa- Un professeur conteste
procédant solennellement à notre mise hors sion pour l’administration d’instaurer des un doctorat devant les tribunaux
ligne du chat, la partie n’est pas encore gagnée consultations publiques et d’inclure les étu- The Manitoban
pour se mettre à rédiger ou à lire assidûment. diants dans la négociation des contrats.
Ainsi, notre œil sera toujours attiré par les Gabor Lukacs, professeur de mathémati-
petites alertes rouges au coin supérieur gau- Le marché de l’emploi inaccessible ques à l’Université du Manitoba, s’est engagé
che de la page, qui piqueront notre curiosité aux diplômés en enseignement dans une procédure judiciaire contre ce qu’il
(parce qu’on a peut-être eu la force de sortir The Ubyssey croit être une décision injuste d’accorder un
du chat, mais pas de fermer complètement doctorat à un étudiant qui n’a pas rempli tou-
la page Facebook), et nous amèneront à vo- PepsiCo : les étudiants Les diplômés des programmes d’enseigne- tes les exigences.
guer sur les photos et statuts de nos amis et crient à l’abus de confiance ment en Colombie-Britannique trouvent de M. Lukacs a été suspendu sans rémunéra-
connaissances, ceux-ci étant beaucoup plus The Link plus en plus difficile d’obtenir un poste dans tion après avoir révélé le nom de l’étudiant
intéressants que l’étude en question, même si les écoles; plusieurs sont d’ailleurs contraints dans une requête en révision soumise à la
celle-ci commence à devenir urgente. Laura Beach, cofondatrice du groupe d’étu- de quitter la province ou d’aller travailler à Cour du Banc de la Reine. Selon une lettre du
Fatigués et excédés par notre manque de diants contre la privatisation de l’eau, TAPthirst, l’étranger. recteur de l’Université, David Barnard, obte-
discernement et d’assiduité en plus d’un va- a livré un avis légal à l’administrateur supérieur Selon le ministère de l’Enseignement supé- nue par The Manitoban, ces actions ont violé
gue découragement à l’idée de devoir nous le- de l’Université Concordia, Michael Digrappa, rieur de la province, le nombre d’enseignants la vie privée de l’étudiant, les documents de
ver tôt pour un examen à 8 h 30, nous bâclons le 29  octobre. L’étudiante et activiste a livré employés dans les écoles publiques est stable la Cour incluant « la référence non autorisée
notre étude ou la rédaction d’un travail et cet avis, car elle estime que l’administrateur et depuis cinq ans. En 2004-2005, le nombre à l’information personnelle et de santé d’un
nous nous retrouvons en classe le lendemain, deux autres directeurs de l’Université ont agi d’enseignants était de 33  704, mais entre étudiant ».
vannés et pas prêts pour l’examen. En somme, de mauvaise foi en renouvelant le contrat avec 2005 et 2010, il a baissé de 300. Plusieurs étudiants et membres du person-
l’avènement des médias sociaux et du web 2.0 PepsiCo. « Depuis de nombreuses années, nous disons nel de l’Université continuent de démontrer
correspond également à la lente extinction de Mme  Beach soutient que les membres de à nos étudiants qu’ils commenceront probable- leur solidarité envers M. Lukacs. Ils ont signé
l’assiduité scolaire; une vertu troquée au profit l’administration l’avait assurée qu’aucune ment leur carrière comme enseignants sur ap- une pétition pour mettre fin à la suspension
du désir inné de communication et de partage décision ne serait prise au sujet du contrat pel, et cela a été le cas pendant plus de cinq ans. du professeur.
d’information avec son capital social. jusqu’à ce que toutes les parties, soit les étu- Je pense que ce que vous entendez, c’est que Une audience est prévue le 30 novembre.

actualites@larotonde.ca www.larotonde.ca • 7
Arts et culture
le 8 novembre 2010

Catherine Dib
culture@larotonde.ca

Festival Champs électriques

À la croisée des mondes de l’art et de la technologie

David Beaudin-Hyppia aussi architectural qu’expérimental. qu’Artengine produit. » Artengine représentations phénoménales de Le campus est de connivence
Adrian Göllner a présenté quelques- est un groupe d’artistes autogéré à la part des groupes ABCD  Lights

D
u 3 au 7 novembre, la région unes de ses œuvres architecturales à but non lucratif qui évolue dans cet et de TIND. Le festival a même Toujours dans le cadre du festival,
de la capitale nationale ac- la représentation Creative langua- univers. C’est un rassemblement reçu des invités internationaux, la Galerie  115 de l’U  d’O présentait
cueillait le festival Champs ge. Le duo Power, lors du lancement issu de l’Outaouais qui soutient comme Tim Olden, des Pays-Bas, Light Breeze en collaboration avec
électriques et se faisait un point du 4 novembre, a joué avec les sons autant le monde des arts fran- qui est venu expliquer le processus le Département d’arts visuels, une
d’honneur de mettre de l’avant la que produit un dispositif appelé cophone qu’anglophone, surtout de création du projet Wixel. On exposition faisant honneur au tra-
musique et les arts électroniques. Tesla, transformant des bruits en dans une approche esthétique dite peut voir qu’il y a une approche vail de Chris Lindsay. Par l’usage de
La Cour des Arts, AXENÉO7, la musique expérimentale. électronique : « On essaie d’explo- intrigante entre l’homme et la ma- ventilateurs banals, cet artiste et étu-
galerie Karsh-Mason ainsi que la rer la région grise entre l’art et la chine, une relation puissante entre diant de l’U d’O a su offrir une expé-
Galerie  115 présentaient différen- Artengine : à l’écoute technologie, certains collabora- la science et l’art. «  On voit une rience visuelle interactive montrant
tes expositions et expérimentations des artistes teurs ne se considèrent même pas relation entre ce qu’on veut faire la dynamique des couleurs présentes
audiovisuelles, générant une toile comme des artistes. […] Comme et ce qu’on peut faire. Tim Olden, dans une lumière blanche.
créative ondoyante sous l’initiative «  [Le
�������������������������
festival Champs élec- les compagnies de production, on par exemple, montre une relation Pour conclure, le festival Champs
du centre artistique Artengine. trique]. est un genre de centre a une vision. Nous ne sommes pas entre le monde industriel et ima- électriques est une expérience qui
d’expérimentation, un mélange seulement une communauté, mais ginaire, une tension entre deux montre l’art sous un angle très mo-
Introduction à un genre de software, d’audio et de vidéo, un groupe d’entraide  », explique éléments, illustre M. Stec. On peut derne. Non seulement y voit-on des
explique Ryan Stec, directeur ar- M. Stec. voir ça chez différents artistes. Ce créations inimaginables, mais on y
Les œuvres d’art présentées sont tistique d’Artengine. Pour nous, sont des idées conceptuelles qui vit aussi des aventures audiovisuel-
toutes des projets reliant la tech- c’est d’avoir cet élément qui nous Une diversité électrifiante mélangent beaucoup d’éléments les hors du commun. La machine y
nologie et l’art visuel de façon in- permet de relier le public d’Ottawa scientifiques, une expression hu- agit comme prothèse artistique, et il
novatrice. Le festival se veut un avec le monde de l’art électroni- La formation montréalaise Elek- maine au travers de moyens tech- est possible d’y réaliser cette trans-
rassemblement d’art technologique, que, c’est aussi la deuxième édition tra était aussi de la partie avec des nologiques. » formation à son plein potentiel.

Artistes étudiants

Hotshotcasino : épiquement des nôtres


Catherine Dib et Philippe Pépin pour former le Hotshotcasino qui la Semaine  101, en septembre der-
a enthousiasmé le public vendredi nier. Les membres de Hotshotca-
Lorsqu’on pense à Hotshotcasino, dernier. sino cherchent à innover continuel-
un groupe musical de quatre étu- Le feu ardent d’une passion pour lement dans leur art. « On applique
diants présent sur le campus depuis la musique se profile dans les traits pour des bourses, ajoute Pascal.
maintenant environ deux ans, une de Julien lorsqu’il est question de C’est une tonne de paperasse et c’est
douce image de son guitariste jouant cette forme d’art et des influences complexe, mais ça en vaut la peine.
un solo en chevauchant un dauphin musicales : « On veut garder des élé- Il y a des ressources pour la musi-
dans l’espace nous apparaît. C’est ments de ce qu’on a acquis par nos que, il faut juste prendre le temps
du moins ce qui vient à l’esprit de connaissances en théorie musicale d’y accéder! » Un élément-clé, selon
certains membres de Hotshotcasi- et le son expérimental », explique-t- Pascal et Julien, est d’accroître le
no, ayant joué leur dernier show de il. Les membres précisent toutefois dialogue avec les gens du milieu, en
la décennie – The Last Show of the qu’ils intègrent actuellement une rencontrant par exemple de nouvel-
Decade – le vendredi 5  novembre structure plus accessible de la chan- les personnes avec qui ils pourraient
au Café Nostalgica. son qui rejoint plus de gens, comme appréhender de nouveaux projets
Ce groupe qui connaît une ascen- dans la chanson «  This City  ». Ils «  Nos projets sur le plan immé-
sion fulgurante dans le buzz local décrivent leur son comme intégrant diat seraient d’avoir plus de maté-
s’est formé à l’U  d’O, mais ce fut plusieurs styles  : le ska, le rock, le riel pour le band », explique Pascal
l’œuvre, non seulement du campus grunge, le pop et le jazz. Et possible- en faisant référence aux t-shirts
unificateur, mais aussi du destin. En ment électro? « Un de nos amis tra- aux designs insolites fraîchement
effet, dans un passé qui fait mainte- vaille présentement à un remix de imprimés qui étaient disponibles
nant partie de l’histoire, deux mem- “This city,” ça va être fou! » déclare au Nostalgica durant leur show.
bres du groupe, Julien Dussault Pascal, chanteur et guitariste du «  Mais on a aussi l’ambition de
(guitariste) et Greggory Clark (bas- band. Les membres soulignent par produire un album d’environ 8 à
siste), se sont croisés en Hollande et ailleurs que l’idéal serait d’atteindre 12  chansons, création à laquelle
ont pu s’extasier devant les proues- un équilibre entre l’approche accro- on travaille depuis plus d’un an et
ses musicales l’un de l’autre. Quel- cheuse de la pop et l’expérimental demi  », poursuit-il. Le groupe a
que temps après, leur entrée res- qui les a allumés à leurs débuts, et trouvé la communauté du campus
pective sur le campus ottavien a été surtout de voir ce dont ils sont capa- fort réceptive à son œuvre et estime
marquée par une collision avec la bles en musique. que jouer pour les étudiants est un
Photos courtoisie de hotshotcasino fortune : ils sont tombés nez à nez. Ils se montrent fort ambitieux, véritable plaisir : « On aime quand
Ce n’a été qu’une question de temps jouant partout à Ottawa et ayant le party prend avec le monde, on
Le groupe Hotshotcasino, formé à l’U d’O, connaît une ascension pour que Pascal Huot et Mark Pat- déjà fait leurs preuves lors de spec- veut avoir un gros maxi-fun avec
fulgurante sur la scène locale. terson se joignent aux joyeux lurons tacles tels que celui de la clôture de lui! » conclut Pascal.

8 • www.larotonde.ca culture@larotonde.ca
le 8 novembre 2010 Arts et culture
Entrevue
Un artiste de renom de passage à Ottawa
Stéphanie Déborah Jules plus réputés. sous l’influence d’une femme, se voit aura lieu le lancement de la publica-
et Catherine Dib M.  Highway est non seulement expulsé du jardin d’Éden. « Dans le tion en langue crie de deux des piè-
un auteur de renom, mais aussi le cadre du panthéisme, nous sommes ces les plus populaires et connues
directeur artistique de Native Earth toujours dans ce jardin, et le Canada mondialement de M.  Highway  :
Tomson Highway sera de passage Performing Arts, la seule troupe de s’avère être le plus magnifique des The Rez Sisters et Dry Lips Oughta
à Ottawa du 8 au 10  novembre théâtre autochtone professionnelle jardins », précise-t-il. Move to Kapuskasing. Fait curieux,
pour le lancement de deux livres en de Toronto. The Rez Sisters et Dry la publication de ces romans, déjà
langue autochtone crie, dont il lira Lips Oughta Move to Kapuskasing Un spectacle prometteur traduits dans plusieurs autres lan-
quelques extraits, et d’un disque ne sont que quelques-unes de ses gues, sera la première en version
compact, puis une conférence sur la pièces à succès, qui font partie de En compagnie de Patricia Cano et originale. « Je suis ravi, c’est la lan-
littérature autochtone. Il terminera certains programmes d’études de de Vince Rimbach, Tomson High- gue dans laquelle je pense et crée,
son séjour par un spectacle de type nombreuses écoles et universités way présentera son spectacle Caba- pour les traduire en anglais par la
cabaret avec la chanteuse Patricia canadiennes. ret Kisageetin à la Quatrième Salle suite. C’est une première pour ma
Cano. Le dramaturge de renom a eu Les créations de M. Highway sont du Centre national des Arts les 9 langue originelle », déclare l’auteur.
la cordialité d’accorder une entre- inspirées de la trilogie de religions et 10  novembre prochains. C’est à Ces lancements seront suivis de ce-
vue à La  Rotonde malgré son hor- que forment la mythologie de la travers la voix de Patricia Cano, ac- lui de son nouveau disque compact,
aire chargé. Grèce antique polythéiste, le chris- compagnée par Vince Rimbach au enregistré en direct du Centre na-
tianisme monothéiste et le panthé- saxophone et par Tomson Highway tional des Arts en juin 2009 et in-
Un grand dramaturge isme présent dans les mythes au- au piano, que les spectateurs décou- titulé : Patricia Cano Sings Tomson
tochtones. M. Highway se dit obsédé vriront les 12  chansons de ce nou- Highway Live at the N.A.C..
Polyglotte aux multiples talents par l’absence flagrante de la déité vel album. Le répertoire musical, La soirée se terminera par une
originaire du nord du Manitoba, féminine dans le christianisme, qui sous forme de berceuses d’amour, conférence de M.  Highway sur un
Tomson Highway est l’un des plus s’oppose aux religions autochtones, exprime bien le titre cri du specta- sujet qui lui tient à cœur  : la litté- Lancement des livres et confé-
grands écrivains et dramaturges où elle détient une place centrale. cle, « Kisageetin », qui signifie « je rature autochtone au Canada et sa rence (entrée libre)
autochtones d’Amérique du Nord. « Mon œuvre – pièces, romans, mu- t’aime  ». «  Entendre du cri chanté renaissance depuis les 30 dernières Où? À la chapelle du pavillon
Détenteur d’un baccalauréat en mu- sique – tourne autour de l’idée de la sur du jazz est toute une expérience, années. En effet, comme le souligne Tabaret
sique et en littérature, de huit doc- mort progressive des dieux et de la mais le français, l’anglais ainsi que Simone St-Pierre, chef des commu- Quand? Le 8 novembre à 19 h
torats honorifiques, et lauréat d’un renaissance de la déesse », exprime- l’espagnol seront de la partie pour le nications de la Fédération culturelle
prix d’excellence de la Fondation na- t-il. cabaret », ajoute ce polyglotte. canadienne-française, «  c’est un Spectacle Cabaret Kisageetin
tionale des réalisations autochtones Le concept de la déité féminine moment historique, c’est la premiè- Où? À la Quatrième Salle du
ainsi que du prix Gascon-Thomas est présent jusque dans sa langue Lancement triple re fois que M.  Highway, un auteur Centre national des Arts
de l’École nationale de théâtre, cet maternelle  : le cri. Il illustre ses d’une réputation internationale, Quand? Les 9 et 10 novembre à
homme cultivé est incontestable- propos en racontant la Genèse de Le 8  novembre à 19  h, à la cha- peut éditer ses livres en cri, sa lan- 19 h 30
ment l’un des auteurs canadiens les l’Ancien Testament, où l’homme, pelle du pavillon Tabaret de l’U d’O, gue maternelle. »

Francophonie

Un service qui stimule la communauté


Sara Pedroso services, des facultés […], mais aussi et TV Rogers a également lieu la nou-
de la communauté francophone ex- velle émission Coups francs, filmée
«  Le Service de vie communautaire terne  », explique Marie-Soleil Pin- à l’Agora du Centre universitaire.
anime la vie culturelle et sociale sur sonnault, agente de programmation Celle-ci accueille une variété d’invités
le campus afin de vous faire vivre en français.  du milieu franco-ontarien, de la com-
une expérience universitaire des plus Les événements les plus popu- munauté et de l’U  d’O qui viennent
mémorables. » C’est sous cette devise laires sont clairement les concerts partager leurs visions et leurs idées.
que le Service de vie communautaire Chasse-Galerie au 1848, ainsi que La prochaine émission sera diffusée
(SVC) de l’U  d’O anime et organise les spectacles, comme celui de le 15 novembre et tous sont invités à
une multitude d’événements auxquels Louis-José Houde le 18  novembre participer à l’enregistrement de celle-
chacun peut s’identifier par rapport à prochain et de Messmer, qui vien- ci.
ses intérêts, que ce soit pour la mu- dra hypnotiser le campus en février.
sique, le cinéma, le divertissement, Dans le contexte de ses concerts, Alerte aux francophiles
le plein air, les langues ou toute autre le 1848 accueillera entre autres, le
inclination sociale ou culturelle. De 17 novembre, Andrea Lindsay et, le Le Réseau francophile est un
plus, la programmation francophone, 1er  décembre, la formation québé- groupe Facebook qui a été créé en
née en 2008, offre un riche éventail coise Vulgaires Machins. Pour un même temps que la programma-
d’activités prévues pour les prochains charmant divertissement à l’heure tion francophone afin d’informer sur
mois dans le milieu francophone. du dîner, il y a aussi les midis-décou- divers événements et discussions
verte, où un groupe d’étudiants, un entourant la francophonie. La pro-
Services et activités service ou un département présente grammation francophone est riche
une activité en collaboration avec le et reflète un intérêt grandissant de la
Situé dans le Centre universitaire, SVC. Sont organisées également les part des francophiles et étudiants d’ici
pièce 318, le SVC permet de s’engager soirées Ciné franco, en collabora- et d’ailleurs qui veulent s’immerger
dans la vie sur le campus et en société tion avec le Centre de bilinguisme dans un milieu francophone ou re-
en prenant part aux nombreux ser- de la FEUO, où des films franco- trouver l’esprit communautaire de
vices et activités qu’il offre. phones sous-titrés en anglais y sont leur pays d’origine.
« Le mandat de la programmation présentés.
francophone, c’est vraiment d’animer De plus, en collaboration avec Francophones engagés
la vie socioculturelle sur le campus en l’Association des professionnels de
retenant la participation des clubs et la chanson et de la musique (APCM) Le SVC dépend en grande partie
de l’engagement des bénévoles pour

ERRATUM ses activités. Il est en lien étroit avec


d’autres associations et organismes
Dans « Ottawa et le campus, culturellement éloquents? », en page 9 de l’édition du 1er novembre, sur le campus, tels que le Centre de bi-
il aurait dû être indiqué que l’organisme pour lequel travaillent les intervenantes Christine Tremblay linguisme et le Service d’appui au suc-
cès scolaire. De plus, la collaboration
et Heather Jamieson est le Conseil des arts d’Ottawa, et non le Conseil des arts de l’Ontario. Toutes avec l’Alliance française et l’APCM
Photo d’archives
nos excuses. permet d’établir une solidarité sociale
La jeune Lisa LeBlanc lors d’une soirée organisée par le Service de La rédaction et culturelle.
vie communautaire l’an dernier.

culture@larotonde.ca www.larotonde.ca • 9
Sports et culture le 8 novembre 2010

« Passe-moé la puck »
Les yeux ainsi que les projecteurs sont braqués sur eux tandis que la sueur perle sur leur front. Ils doivent faire preuve de
réflexes indéfectibles, éclatant de rapidité, et ressortir de la partie dignement. Le sport, physique comme de l’esprit, exige une
concentration extrême des tributaires du hockey, mais aussi de l’improvisation. Le hockey et l’improvisation sont caractéristiques
de l’identité franco-canadienne et colorent nos quotidiens au fil des saisons. On a plus que souvent tendance à dissocier l’art et
le sport, à les polariser à l’extrême, mais ils sont pourtant intrinsèquement liés, le sport touchant la culture tant au niveau local
que national, comme dans le cas du hockey, et l’art étant surtout un sport de l’esprit. Investigation à la loupe des interactions
des univers de l’improvisation et du hockey.

Vincent Duquette pièce, des buts de toute beauté et une En improvisation, l’arbitre en chef sur la coupe Stanley (trophée remis
histoire riche en succès représentent remplit les mêmes fonctions qu’un ar- aux champions de la LNH), s’est aussi
L’origine bien le sport le plus populaire au bitre de hockey et il est aussi souvent aligné avec le Gris et Grenat dans les
Canada. Ce sont deux équipes de six critiqué dans ses décisions. Yvan Pon- années 1930. Cette saison, ce sont Luc-
Le hockey puise ses origines mod- joueurs (trois attaquants, deux défen- ton est arbitre pour la Ligue nationale Olivier Blain, Matt Methot, Dominic
ernes en Amérique de Nord, mais est seurs et un gardien) qui bataillent d’improvisation (LNI) depuis 1977. Jalbert, Julien Demers et Kyle Ire-
inspiré de peintures hollandaises du pendant 60 minutes pour l’obtention Il est une personne influente dans le land qui ont le mandat de préserver
xvie  siècle, qui présentaient un sport d’une rondelle de caoutchouc qu’elles monde du sport puisqu’il coanime le la tradition victorieuse des Gee-Gees.
d’hiver semblable disputé sur la gla- doivent envoyer dans le but adverse, tennis au Réseau des sports, en plus « C’est sûr qu’on joue au hockey pour
ce. Il reste que c’est au Canada que ce et ce, au moyen d’un bâton recourbé. d’avoir joué dans la série Lance et avoir du fun, mais on veut gagner
sport a vraiment connu une ascension Évidemment, ce sport se déroule sur compte et la série de films québécois pour avoir le plus de succès possible,
fulgurante. À l’Université McGill de une patinoire et les athlètes portent Les Boys. parce qu’on ne sait jamais qu’est-ce
Montréal, le premier club de hockey des patins, qui leur permettent de qui va arriver après », a mentionné
a été formé en 1880 et c’est à ce mo- glisser sur celle-ci. Le hockey Gris et Grenat Luc-Olivier Blain lors d’une entre-
ment que ce sport a augmenté en pop- vue donnée à La Rotonde. «  On
ularité. C’est finalement en 1909 qu’a L’arbitre et les règles À l’U  d’O, le hockey est une tradi- a toujours plus de fun quand on
été fondé le premier club profession- tion depuis plus de 120 ans. Plusieurs gagne et je crois que c’est impor-
nel et le plus vieux encore existant Les règles sont de plus en plus com- joueurs importants ont marqué le tant parce qu’il faut gérer autant
aujourd’hui : le Club de hockey cana- pliquées et strictes au hockey profes- hockey à Ottawa. Frank Finnigan a les études que le sport. »
dien de Montréal. sionnel et amateur et l’arbitre en chef disputé quelques saisons avec le Dou-
a la mission de les faire respecter du- ble  G avant de se joindre aux Séna-
Le comment rant la partie. Cet arbitre est souvent teurs d’Ottawa dans la Ligue na-
critiqué dans ses décisions, surtout si tionale de hockey (LNH). Son
Le hockey est depuis longtemps celles-ci pénalisent l’équipe locale. Au numéro, huit, a d’ailleurs été
considéré comme le sport collectif niveau universitaire, les matchs sont retiré par les Sénateurs après sa
le plus rapide au monde. Une at- arbitrés par un seul officiel, contraire- brillante carrière de 556 matchs
mosphère électrisante, des ment au hockey professionnel, qui dans la grande ligue. Bill Cowley,
montées à l’emporte- en requiert deux. qui a inscrit deux fois son nom

Photo d’Anne Danford Dussault

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le 8 novembre 2010 Sports et culture
Catherine Dib s’inspirant du sport le plus populaire Des règlements créant par faculté, huit se sont formées
au pays, le hockey sur glace, Gravel as- propices à la créativité et ont démarré une première saison en
Une nouvelle dynamique pirait à rendre le théâtre accessible au janvier 1985. Pimentée par l’humour
pour le public public. « Au début, ça devait se déroul- Les quatre équipes sont présentées et l’enthousiasme qu’elle suscitait sur
er pour une durée de deux à trois soirs à l’auditoire en délire pour ensuite le campus, la LUI, qui est par la suite
L’improvisation telle qu’on s’y uniquement, en tant qu’expérience, laisser place au redouté arbitre, qui devenue la LIEU qu’on connaît, est
réfère aujourd’hui n’a point toujours mais la formule prit et la popularité fut déclare la nature, le thème, le nom- aujourd’hui l’un des porte-étendards
existé dans la forme à grand succès du telle qu’on vit apparaître une nouvelle bre de joueurs, la catégorie et la durée francophones du campus.
« match d’impro ». En effet, bien que vague de gens pas nécessairement is- de chaque improvisation. La nature La LIEU a vu passer des joueurs
le théâtre d’improvisation remonte sus du théâtre désirant prendre part –mixte ou comparée – détermine si les qui sont maintenant bien connus, tels
aussi loin qu’à la commedia dell’arte aux matchs d’impro  », indique Men- équipes se mêleront dans une même que Vincent Poirier, et des joueurs
de Ruzzante au xvie siècle, c’est durant del Péladeau-Houle, joueur de la improvisation ou joueront de manière aux jeux fort variés. Chacun valorise
les années 1960 que plusieurs troupes Ligue d’improvisation étudiante uni- successive. Le thème consiste souvent différents aspects de l’improvisation,
théâtrales ont commencé à s’attaquer versitaire (LIEU). Des éléments du en une courte phrase désignant le su- que ce soient les « punchs », les per-
à la forme en vue de la populariser. célébré sport ont été introduits, expli- jet autour duquel l’improvisation se sonnages, ou encore la construc-
Plusieurs formules ont été suggérées que Manuel Belmadani, aussi joueur construira, allant d’éléments banals à tion de l’histoire  : «  À mon avis, dit
afin de susciter l’intérêt du public, de la LIEU, tels que la forme basée sur des compositions plus extravagantes. Péladeau-Houle, Michel Sauvé, un
mais c’est le match d’improvisation une joute sportive, les règles appli- Souvent considérée comme la tour- joueur venu du milieu du théâtre, est
théâtrale qui a propulsé le genre tel quées par l’arbitre, ainsi que le déco- mente des joueurs, mais surtout ajou- possiblement le plus grand construc-
qu’on le connaît actuellement. rum, rappelant celui d’une patinoire. tant une dimension captivante pour teur d’histoire que j’ai vu jouer dans la
Créé par Robert Gravel en 1977 dans Sans oublier l’emblématique maillot le public, la catégorie étale un large Ligue, ou encore le plus grand joueur
le cadre du Théâtre expérimental de « hockeyesque » paré d’un numéro et éventail de possibilités de jeu  : à la tout court!  » Quant aux rumeurs en-
Montréal, le « match d’impro » a con- l’appartenance à une équipe. manière de Charlie Chaplin, roman à tourant Suzanne Pinel, une ancienne
nu la controverse à son introduction La ressemblance va jusqu’à la dy- l’eau de rose, chantée, fusillade, etc. de l’U d’O connue par les enfants sous
au monde du théâtre. La nouvelle for- namique même entre les joueurs, Ces catégories, quoiqu’elles rendent la le nom rayonnant de Marie-Soleil, les
mule approchait le public en cassant le public et l’arbitre, ce dernier vêtu tâche plus ardue aux équipes en leur joueurs de la LIEU réagissent avec hu-
le cliché élitiste du théâtre, considéré d’une tenue pareille à celui de son imposant des restrictions, ajoutent mour. Péladeau-Houle, d’un ton rieur,
comme une boîte noire par les non- homologue du hockey. Le théâtre est une dimension cocasse et permettent remarque  : «  Il est marrant que la
initiés. Les comédiens, au commence- joué dans l’interaction, le public est aux joueurs de démontrer la variété de LIEU se réclame fondée par Suzanne
ment des ligues, déploraient l’aspect invité à huer l’arbitre, qui endosse le leur jeu. Pinel, mais même si c’est faux, c’est
compétitif de la formule, dévoilant rôle du bourreau, sans inhibition et à notre ancêtre spirituelle!  » Réponse
au grand public le visage caché de la acclamer l’entrée glorieuse de chaque La LUI est devenue la LIEU somme toute bien improvisée.
compétition dans la sphère théâtrale. joueur « héroïque » sur l’improvisoire.
« L’arbitre, est un personnage impor- Lancée à l’U d’O le 16 novembre 1984
Le théâtre parodie tant au sein des matchs. C’est en fait par un étudiant de droit civil, après
l’antithèse des joueurs, qui permet une deux années de préparation, la Ligue
C’est en prenant une cuite au complicité entre les équipes jouant universitaire d’improvisation (LUI)
cours d’une soirée que l’idée a les unes contre les autres, explique invitait les «  pseudo-intellectuels  »,
pris racine par la suggestion Belmadani. C’est un méta-spectacle, comme la journaliste rotondienne de
de l’ajout d’un élément com- c’est-à-dire qu’il y a deux niveaux de l’époque les désignait, des facultés de
pétitif au théâtre, en oppos- spectacles  : l’improvisation et la dy- droit civil, de récréologie, de
ant des équipes d’acteurs. En namique entre les trois agents. » Qui communication et des arts
plus est, à l’instar du hockey, le public à joindre ses rangs. Les
est incité à lancer des claques pour équipes de l’époque se
montrer son désaccord avec ce qui se
passe dans l’arène.

Photo de Stéphanie Desrosiers

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Arts et culture le 8 novembre 2010

Université d’Ottawa

Viens assister à Coups francs,


émission animée par Hugues Beaudoin-Dumouchel!
Le lundi 15 novembre
Centre universitaire Jock-Turcot, Agora
De 19 h 30 à 21 h 30

Entrée gratuite

Invité spécial ce mois-ci :


Mathieu Fleury
Conseiller municipal de Rideau-Vanier

Partenaires :

Pour obtenir la liste complète des invités, joins-toi à la page Coups Francs sur Facebook.

www.viecommunautaire.uOttawa.ca | 613-562-5800 (4424)


12 • www.larotonde.ca culture@larotonde.ca
le 8 novembre 2010 Arts et culture
Mots à maux Critique de restaurant

Quand la culture Chez Lucien


Catherine Dib de trouver des sièges et du service rapide. Les que les Ottaviens reluquent tant.
joue au cancre Dès que le nez pluvieux et glauque de novem-
serveurs sont débordés et la place est un peu
intimidante en raison du grand nombre de
On aime  : la chaleur et les plats préparés
avec plus de soin que dans la majorité des
bre se pointe, l’envie de se retrouver parmi ses clients qui s’y pointent dès 18 h. Il y a une net- pubs. On aime moins : le service dès la tom-
camarades dans une atmosphère chaude à la te différence entre le service et la nourriture bée du soir, le stress des serveurs étant pro-
Catherine Dib British pub en sirotant une belle bière ambrée offerts durant le jour et ceux offerts durant la portionnel au nombre de clients.
Chef de pupitre Arts et culture nous submerge et me pousse à aller faire un nuit. Une vraie cage aux lions! Heureusement,
culture@larotonde.ca tour Chez Lucien. Tendant vers le pub gastro- le juke-box reste à la disposition des clients, Où? 137, rue Murray
nomique, l’établissement, bien dissimulé sur gratuit à l’usage et contribuant au souci du dé- Quand? Tous les jours de 11 h à 2 h
Nul autre ne s’est plus mis les pieds dans les la rue Murray, dans le marché By, un peu à tail qui fait de Chez Lucien la place conviviale
plats que cet attendrissant Guillaume Lemay- l’écart du brouhaha général du centre-ville,
Thivierge. En effet, face au flop total de son ravit les papilles et les conversations jusqu’à
film Le poil de la bête en octobre dernier, il 2  h du matin. Sans gros panneau lumineux
a couru comme un éléphant dans un magasin ni présentation extravagante, Chez Lucien
de porcelaine devant les médias pour pleur- est invitant pour les curieux, doté de murs de
nicher le délicat enfant battu qu’est le cinéma briques écarlates et de photos donnant dans
québécois. Je cite, en restant comme deux la nostalgie d’un autrefois qu’on n’a jamais
ronds de flan  : «  On dirait qu’on aime nous connu.
taper dessus, mais je crains qu’on tue notre ci- Avec la cuisine ouverte jusqu’à minuit ta-
néma en agissant ainsi. » Bonhomme Lemay- pante, la sélection de plats, surtout les bur-
Thivierge doit s’imaginer les critiques comme gers, sait se faire alléchante avec des prix
de monstrueux méchants loups, prêts à taper très raisonnables. Offerte avec des frites
à qui mieux mieux sur ce que le «  p’tit peu- croustillantes et une salade verte plutôt ordi-
ple » produit à la sueur de son impôt. naire (les éléments manquant souvent de fraî-
Pourtant, c’est plutôt le contraire qui se cheur), elle rassasie n’importe quelle faim et
produit : on a tendance à bercer les bambins on en ressort avec une vive satisfaction. Bien
culturels du milieu, à les nourrir de nos dithy- qu’il soit un élément-clé peu original au pub,
rambes. « Ce n’est pas grave si tu n’es pas aus- le burger de Lucien est parfaitement juteux et
si cool qu’Hollywood, on t’aime parce que tu combine des éléments qui se complètent par-
es spécial!  » déclare-t-on presque. On prend faitement (jalapeños et oignons frits, poire
souvent des allures de « matante » extatique et brie, champignon, bacon et fromage à la
pinçant les joues de nos artistes locaux. On les crème). Le plat de nachos, bien que commun,
bourre de compliments mitonnés maison à est louable pour son prix dérisoire de 6 $ et le
1000 calories pièce en espérant les voir pren- croque-monsieur, quoique énormément salé
dre leur envol au-delà de la sphère culturelle et riche, illustre bien la recherche de qualité
locale. Évidemment, ils nous abandonnent un par l’établissement. Photo libre de droit
jour pour un monde meilleur, plus précisé- Avec de succulentes bières en fût difficiles
Une atmosphère conviviale vous attend au pub gastronomique Chez Lucien.
ment nos voisins du sud ou encore l’Europe. à refuser, le vrai défi, dans ce pub, demeure
Ah, comme notre jeunot a grandi, il quitte
maintenant le foyer familial! L’exemple le Calendrier culturel du 8 au 15 novembre
plus récent est l’idolâtré Xavier Dolan, porté
aux nues par le saint-esprit de Cannes.
Quoiqu’il me rappelle franchement un fis- sur le campus MUSIQUE THÉÂTRE
ton qui tente de convaincre ses parents déçus Lancement des livres et conférence sur la lit- Kisageetin, cabaret cri avec Tomson High- Sahel de Franco Catanzariti
que c’est la faute du professeur s’il a échoué, térature autochtone avec Tomson Highway way, Patricia Cano et Vince Rimbach Quand? Du 10 au 20 novembre
le petit Guillaume n’est pas le seul tributaire Quand? Le 8 novembre à 19 h Quand? Les 9 et 10 novembre à 19 h 30 Où? La Nouvelle Scène, 333, avenue King-
de cette énormité, tout comme le népotisme Où? Chapelle du pavillon Tabaret Où? Quatrième Salle du CNA, 53, rue Elgin, Edward, Ottawa
québécois pour son cinéma ne se limite pas à Ottawa
la province. Et c’est tout à fait normal de dé- Les cafés féministes  : Citoyennes avant ARTS VISUELS DIVERS
sirer que nos petits bourgeonnements fleuris- l’heure? Quand les adolescentes produisent
sent gracieusement parmi la mauvaise herbe Exposition internationale d’estampe numé- Face à face avec Robert Lepage
leurs médias
de la stagnation créative. Preuve à l’appui, je rique miniature Quand? Le 13 novembre à midi
Quand? Le 8  novembre de 11  h  30 à
tente, avec la voix qui m’est permise au sein Quand? Du 6 novembre au 11 décembre Où? Studio du CNA, 53 rue Elgin, Ottawa
13 h 30
du journal, de promouvoir ce qui se fait sur Où? Centre d’artistes Voix visuelle, 81, ave-
Où? Pavillon Desmarais, pièce 3120
le campus autant qu’entre les murs du CNA. nue Beechwood, Ottawa
Mais il ne faut pas non plus prendre le public Projection du film Food Inc. et potluck
pour des pauvres ignares qui imitent comme Expositions «  New Work  » de Mélanie Le-
Quand? Le 8 novembre à 19 h
les moutons de Panurge : ce n’est point parce blanc et Behavioural enrichment
Où? Café Alt, sous-sol du pavillon Simard
que c’est cultivé localement ou que ça se ratta- Quand? Du 7 au 26 novembre
che au patriotisme que c’est meilleur. Où? ��������������������������������������
Lafrenière & Pai Gallery, 13, rue Mur-
Midi-découverte : C’est quoi vivre vert pour
En effet, on ne se légitime pas aux Québécois ray, Ottawa
toi?
en criant « Poutine! » tout comme on n’inter- Quand? Le 10 novembre de 12 h à 13 h
pelle point les Canadiens en baragouinant que C’est ce que c’est – Acquisitions récentes
Où? Agora du Centre universitaire
Harper est un gros nounours A&W, sans avoir d’art actuel canadien
du bon contenu. On veut de la bonne poutine Quand? Du 5  novembre 2010 au 24  avril
Les Cultural Studies dans les mondes fran-
et on veut savoir ce que ce pauvre nounours 2011
cophones
vous a fichu. Clairement, la complaisance Où? Musée des beaux-arts du Canada, 380,
Quand? Le 11 novembre de 16 h 30 à 18 h
n’est pas ce qui va assurer le foisonnement, ou promenade Sussex, Ottawa
Où? Pavillon Desmarais, pièce 3105
du moins la survivance, de la culture locale.
La critique, par des journalistes ou des La LIEU affronte la LicUQAM
amateurs, qu’on soit d’accord avec elle ou pas, Quand? Le 11 novembre à 20 h 30
suscite le dialogue et soulève des questions. Si Où? Auditorium des anciens du Centre uni-
ce n’était de cela, on tomberait dans la redon- versitaire
dance. Dans les paroles d’un certain Kipling :
« Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
/ Et recevoir ces deux menteurs d’un même
front, […] Tu seras un Homme, mon fils.  »
ERRATUM
Vlan! dans les dents, M.  Lemay-Thivierge! Dans « Du nouveau chez les Rouges », en page 11 de l’édition du 1er novembre, les photos auraient dû être signées « Photo de
Fais un homme de toi!
Stéphanie Desrosiers ». Toutes nos excuses.
La rédaction

culture@larotonde.ca www.larotonde.ca • 13
Sports
le 8 novembre 2010

Vincent Duquette
sports@larotonde.ca

Football

Les Gee-Gees plument les Golden Hawks


Vincent Duquette

«
 J’espère commencer d’une meilleure
manière lors du prochain match, mais
je suis content de voir mon équipe
batailler pendant 60  minutes et ne jamais
laisser tomber.  » C’est ce que l’entraîneur
Jean-Philippe Asselin a exprimé après la
victoire des Gee-Gees contre les Golden
Hawks de l’Université Wilfrid-Laurier lors
du match de demi-finale des Sports uni-
versitaire de l’Ontario (SUO). Le Double G
tirait de l’arrière tard au 4 e quart, mais un
placement de Matthew Falvo à 2:59 de la
fin a donné la victoire aux Gee-Gees au
compte de 32‑31.
Même si Ottawa avait pris les devants
rapidement au premier quart, les Golden
Hawks ont démontré qu’ils étaient bien Photo d’Antoine Trépanier
préparés pour le match puisqu’ils ont ré- Cyril Adjeitey a capté une passe de touché, le deuxième des siens, dans la victoire des Gee-Gees contre Wilfrid-Laurier.
pliqué à toutes les attaques ottaviennes.
Une remontée au dernier quart a encore
été nécessaire au Gris et Grenat pour rem-
La défense met ses sabots Les secondeurs Nick Lecours et Tyler Sawyer
ont aussi connu d’excellentes performances chez
Soccer féminin
porter le match, lui qui nous a habitués à La défense a eu beaucoup de difficulté à conte- le Gris et Grenat en amassant neuf plaqués cha-
ce genre de fin de match depuis le début nir l’attaque de Wilfrid-Laurier, qui a inscrit
24  points au tableau en première demie seule-
cun; Sawyer a ajouté un sac du quart à sa fiche. Ottawa se couvre de bronze
de la saison.
En attaque, le receveur Alex Fortier-Labonté ment. En se retirant au vestiaire à la demie, le La coupe Yates à Ottawa
a connu un fort match en captant quatre pas- pointage était de 24 à 16 en faveur des visiteurs.
ses pour des gains de 119 verges et un touché. La défense ottavienne n’avait pourtant pas dit Les Gee-Gees n’auront pas le temps de cé-
Il a inscrit le premier touché des Gee-Gees sur son dernier mot. Après avoir accordé un touché lébrer cette victoire puisqu’ils affronteront les
une longue passe du quart-arrière Brad Sino- en fin de troisième quart, celle-ci n’a rien donné Mustangs de l’Université Western Ontario la
poli, lequel a continué sa domination sur les de plus aux Golden Hawks, mais a plutôt récolté semaine prochaine dans un match qui détermi-
défenses adverses en récoltant 315 verges par plusieurs sacs du quart, mettant ainsi fin à plu- nera l’équipe championne en Ontario. Les Mus-
la passe et 49 verges au sol. Même si ces sta- sieurs menaces de ses adversaires. Le joueur de tangs, deuxième meilleure équipe au Canada,
Photo d’Anne Danford-Dussault
tistiques sont impressionnantes, l’attaque ot- ligne défensive Bjan Willan a été le plus productif ont vaincu les Maraudeurs de McMaster samedi
tavienne a eu beaucoup de difficulté à prendre avec une récolte de quatre sacs du quart à laquel- dernier. La partie aura lieu le samedi 13 novem-
Vincent Duquette
son rythme et ce n’est que vers la fin du match le s’ajoutent cinq plaqués. bre à 13  h au stade Frank-Clair d’Ottawa. Le
que le vrai visage de la meilleure offensive par « On ne jouait pas notre meilleur football en gagnant se méritera la coupe Yates et aura la
Même si les Gee-Gees se sont inclinées
la passe au Canada s’est dévoilé. début de match. On jouait beaucoup sur les ta- chance de se diriger vers les Maritimes pour y
contre les Golden Hawks de Wilfrid-Laurier
« Nous n’avons pas fait beaucoup d’ajus- lons, mais les entraîneurs nous ont motivés à affronter la meilleure équipe des Sports univer-
samedi après-midi, elles ont mis un terme
tements à la demie. Je crois qu’il fallait la mi-temps pour que nous puissions retrouver sitaires de l’Atlantique. Le gagnant de ce dernier
à leur saison en remportant la médaille de
tout simplement garder notre calme pour notre calme et notre niveau de compétition ha- match aura son billet pour la coupe Vanier, qui,
bronze des Sports universitaires de l’Onta-
que les choses reviennent à la normale », a bituel », a révélé le massif joueur de ligne défen- comme l’année dernière, est présentée au PEPS
rio, ayant disposé des Maraudeurs de Mc-
ajouté Asselin. sive. de l’Université Laval, à Québec.
Master au compte de 2 à 1. La troupe de Ste-
ve Johnson obtient donc sa deuxième mé-
daille de bronze consécutive, elle qui avait
obtenu ce même titre en 2009. L’équipe
termine donc sa saison avec seulement deux
défaites en 19 matchs.
Située au deuxième rang de la section
Ouest des SUO, McMaster n’était tout sim-
plement pas de taille comme les Gee-Gees,
qui ont dominé la rencontre du début à la
fin. Le seul moment de réjouissance pour
l’équipe de Hamilton a été le but inscrit à la
33e  minute du match par Tara Dawdy. Les
Gee-Gees ont rapidement répliqué à ce but :
Kate Landry égalisait la marque une minute
plus tard. Le but vainqueur a été inscrit par
Krista Draycott à la 53e minute du match; il
s’agissait de son 5e but de la saison.
L’attaquante recrue Elisabeth Wong a
remporté le titre de joueuse du match, ce qui
est à l’image de la saison qu’elle a connue.
Elle a en effet remporté le titre de recrue
de l’année dans les Sports universitaires de
Photo de Simon Cremer l’Ontario (SUO) section Est en inscrivant
neuf buts en saison régulière en plus d’être
Le Double G tirait de l’arrière tard au 4e quart, mais a emporté le match au compte de 32‑31. une attaquante redoutable pour Ottawa.

14 • www.larotonde.ca sports@larotonde.ca
le 8 novembre 2010 Sports
Hockey masculin

À deux points de l’an dernier


Siniša Šindik match depuis le début de la saison, y accueillir les Paladins du CMR puis le début de la saison », a confié nait creuser l’écart à 3‑1. Puis, après
Ottawa (4‑3‑2) et Queen’s (5‑3‑1) (0‑9‑1). Même si ces derniers sié- Dave Leger. un but du CMR, Ireland est venu
Le Gris et Grenat poursuivait son ont dû trancher le débat en fusilla- geaient au tout dernier rang du clas- Après une première période sans sceller l’issue du match en mar-
calendrier régulier cette fin de se- de. Après une défaite de 7‑6 dans le sement de l’Est des Sports universi- histoires, les deux équipes étaient quant dans un filet désert pour por-
maine avec deux rendez-vous au premier match de la saison face aux taires de l’Ontario (SUO), leur seul de retour sur la glace en début de ter le score final à 4‑2.
programme. D’abord, vendredi Gaels, les Gee-Gees se rendaient, point a été acquis aux dépens des deuxième avec la ferme intention Depuis le début de la saison, 29
soir, la troupe de Dave Leger fai- vendredi soir, au Kingston Memorial Ottaviens, qui devaient donc rester de briser l’égalité. Les visiteurs ont des 42  buts (69  %) des Gee-Gees
sait escale à Queen’s pour y affron- Centre pour tenter de prendre leur re- alertes. été les premiers à s’inscrire au poin- ont été marqués par quatre joueurs
ter les Gaels, et le lendemain soir, vanche. Malheureusement, même en Malgré un match parsemé de tage, leur meilleur marqueur, Jus- seulement (Methot, Blain, Ireland et
elle recevait la visite des Paladins ayant effacé un déficit de trois buts, le hauts et de bas, le Double G a réussi tin Lacey, ayant profité d’un retour Jalbert). Malgré cette statistique fas-
du Collège militaire royal (CMR). de lancer donné par Harrison May cinante, Blain aurait aimé voir son
Même s’il a échappé un point ven- « Les Paladins sont derniers au classement et donc nous aurions pour procurer l’avance aux siens. équipe être plus convaincante same-
dredi soir aux mains des Gaels, Le premier trio des Gee-Gees s’est di: « Oui, nous avons gagné le match,
le Gris et Grenat termine tout de dû être plus productifs en attaque, selon moi » alors chargé de sortir son équipe du mais sans vouloir les prendre à la
même le week-end sur une bonne - Luc-Olivier Blain trouble. Matthieu Methot a d’abord légère, les Paladins sont derniers au
note avec une récolte de trois points créé l’égalité trois minutes après le classement et donc nous aurions dû
sur une possibilité de quatre. Cela but des Paladins. Puis, tout juste être plus productifs en attaque, selon
veut donc dire qu’Ottawa compte Gris et Grenat a dû s’avouer vaincu à bien se tirer d’affaires avec une avant le retrait au vestiaire, Luc- moi », a-t-il témoigné au terme de la
maintenant douze points, soit deux en tirs de barrage dans une marque victoire de 4‑2, notamment grâce au Olivier Blain a marqué le premier de rencontre.
de moins que le total de la saison finale de 5‑4. brio du premier trio. «  Encore une ses deux buts et procuré une avance Les Gee-Gees vont disputer une
dernière. fois, ce n’était pas un match parfait, de 2‑1 à Ottawa. série aller-retour face à Toronto la
Methot, Blain et Ireland… mais l’important, c’est de sortir d’ici En troisième période, Blain, Mat- semaine prochaine. Ils leur rendront
Les Gaels fusillent Ottawa Qui d’autre? avec deux points en banque. Nos thieu Methot et Kyle Ireland ont uni d’abord visite vendredi soir, puis les
pour une deuxième fois gros joueurs ont encore trouvé le leurs forces pour mettre le match accueilleront au Complexe sportif
Samedi soir, les Gee-Gees (5‑3‑2) moyen de produire au bon moment hors de portée des Paladins. Blain, dimanche après-midi à compter de
Pour la deuxième fois en deux étaient de retour à domicile pour et c’est ce qui fait la différence de- avec son deuxième de la soirée, ve- 14 h.

Tirs de barrage
Luc-Olivier Blain, nouveau coup de cœur des Gee-Gees
La Rotonde poursuit son survol des nouveaux joueurs francophones de l’équipe de hockey masculine de l’U d’O en s’entretenant avec Luc-Olivier Blain, un joueur de
centre québécois qui a disputé quatre saisons dans le circuit Courteau. Blain, qui connaît un début de saison du tonnerre, commente son arrivée dans le Double G ainsi que
son parcours de hockeyeur.

Photo d’Anne Danford-Dussault

Le joueur Luc-Olivier Blain n’a pas fini d’étonner : déjà 6 buts et 11 passes en 8 matchs.

Vincent Duquette maintenant, ça se passe bien! Même Jalbert? jouer avant que je quitte pour la veau Junior AAA au Québec parce
chose pour Kyle Ireland : il score à LOB  : Nous sommes de super Colombie-Britannique [NDLR  : que je trouvais que la ligue man-
La  Rotonde  : Comparative- chaque match; je ne sais pas trop ce bons amis; à Chicoutimi nous étions Luc a joué une saison avec les quait un peu de sérieux. C’est fina-
ment à l’année dernière, les qui se passe avec lui [rires]! À vrai déjà de bons amis. C’est sûr que ça Clippers de Nanaimo (C.‑B.)] et lement Louis Gravel, le dépisteur
Gee-Gees connaissent un très dire, notre ligne va très bien en ce [s’est] beaucoup développé depuis le il connaissait le dépisteur à Na- à Nanaimo, qui m’a contacté pour
bon début de saison. Comment moment, on se complète bien sur la début de l’année parce que c’était le naimo, qui est un ancien entraî- que j’aille jouer en Colombie-Bri-
ça se passe de ton côté? glace. seul joueur que je connaissais dans neur des Gee-Gees. Dave est en- tannique. Je retiens de très bons
l’équipe. On s’entend aussi bien sur suite entré en contact avec moi par souvenirs de cette expérience.
Luc-Olivier Blain  : C’est sûr LR  : Comment vois-tu Dave la glace qu’en dehors de la glace. e‑mail et on se parlait régulière-
qu’il y a quelques matchs que nous Leger en tant qu’entraîneur et ment. Je suis aussi venu le rencon- LR  : Penses-tu que le sys-
voudrions effacer, mais dans l’en- en tant que personne? LR : Est-ce que cela a été un trer à Ottawa pour que je puisse tème de hockey universitaire
semble, ça va bien. Nous avons une LOB  : J’ai toujours dit que Dave facteur déterminant dans ton visiter le campus. aux États-Unis est plus avan-
équipe très jeune. Si nous voulons m’avait charmé la première fois que je choix de l’U d’O? tageux que le junior majeur
gagner tous les soirs, je crois que no- l’ai vu. À notre première rencontre, je LOB : Ce n’est pas la raison prin- LR  : Pourquoi as-tu pris la canadien?
tre ligne doit générer de l’attaque. l’ai apprécié en tant qu’entraîneur et cipale, mais c’est sûr que ça a fait décision d’aller jouer à Na- LOB : Je ne regrette pas d’avoir
individu parce que c’est vraiment un pencher la balance. C’est un bon naimo pendant un an? joué junior majeur à Chicoutimi
LR  : T’attendais-tu à perfor- player’s coach, il est très proche des ami et un super bon joueur, donc LOB : À vrai dire, je n’étais pas parce que j’ai eu de très belles expé-
mer autant à ton arrivée chez joueurs. J’ai toujours été coaché par c’est sûr que ça m’a aidé à faire mon vraiment le style de joueur que riences de hockey là-bas. En même
les Gee-Gees (6  buts et 11  pas- des entraîneurs qui aiment pousser choix. mon ancien entraîneur à Chicouti- temps, la NCAA [National Colle-
ses en 8 matchs)? leurs joueurs au maximum et ça fait mi – tout le monde connaît un peu giate Athletics Association] est une
LOB  : Non pas du tout! Je ne du bien de changer un peu la dynami- LR  : Comment Dave Leger Richard Martel [rires] – aimait ligue de hockey presque profession-
connaissais pas vraiment le calibre que avec un gars comme Dave. a-t-il fini par t’approcher pour vraiment et il n’y avait que trois nelle qui met l’accent autant sur le
de jeu ici, mais je savais que Dave que tu viennes jouer pour le places disponibles pour les joueurs hockey que les études. Le calibre de
Leger voulait me donner un rôle LR : As-tu une bonne relation Gris et Grenat? de 20 ans dans l’équipe. Je ne vou- jeu est très bon et tu en ressors avec
important dans l’équipe. Jusqu’à avec le nouveau venu, Dominic LOB  : Je crois qu’il m’avait vu lais pas non plus aller jouer au ni- un diplôme en bout de ligne.

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Sports le 8 novembre 2010

Plan de match Basketball féminin

Une moustache pour la Le Gris et Grenat remporte ses deux premières joutes de la saison
cause!
Vincent Duquette, Vincent Rioux Sunley-Paisley et compagnie. pour subir un deuxième revers en autant de
Chef de pupitre Sports Outre la solide performance de Sunley- matchs cette saison. Les jeunes et surprenan-
C’est en fin de semaine que s’amorçait officiel- Paisley, qui a encore une fois démontré qu’elle tes joueuses du Double  G ont obtenu la vic-
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lement la saison régulière de l’équipe de bas- sera la grande leader du Gris et Grenat cette toire au compte de 50 à 36.
ketball féminine du Double  G. Avec plus de année, les recrues Kim Cupid, Tatiana Han- À la grande surprise de plusieurs, la
Il arrive souvent de voir les joueurs des équipes la moitié de l’équipe hors de l’alignement en lan et Sarah Nolette ont offert un spectacle meilleure pointeuse d’Ottawa a été la meneu-
sportives se faire pousser la barbe pour rallier raison de blessures et de problèmes d’éligibi- de qualité, affirmant par le fait même qu’elles se de jeu Kim Cupid, qui s’est distinguée en
les troupes lors de leur périple éliminatoire. La lité, l’entraîneur en chef Andy Sparks s’est vu étaient prêtes à jouer dans la cours des gran- inscrivant pas moins de 16  points en 34  mi-
tradition de porter la barbe la plus longue et la obligé d’habiller seulement huit joueuses pour des. nutes sur le terrain. Cupid, qui s’est chargée
plus fournie est en place depuis très longtemps les matchs contre les Badgers de l’Université Après la joute, Sunley-Paisley affichait un de monter le ballon durant la majeure partie
et s’observe dans tous les sports de compétition Brock et les Gryphons de l’Université de Guel- large sourire : « C’est la première fois que mon de la soirée, imposait un rythme de jeu très
masculins. Évidemment, les femmes ne peuvent ph au pavillon Montpetit. Malgré le nombre équipe remporte le match d’ouverture et c’est rapide pour contrer le jeu défensif hermétique
se laisser pousser la barbe, mais elles se rallient restreint de joueuses, la jeune et talentueuse la première fois que je gagne contre Brock! qu’employait l’équipe adverse.
autrement de façon tout aussi loufoque. La bar- équipe a réussi à remporter ses deux matchs Nous sommes une jeune équipe et beaucoup À la suite de la rencontre, Sparks s’est dit
be est synonyme de virilité et il est normal de à domicile, amorçant d’une belle manière la de joueuses régulières ne pouvaient pas jouer satisfait du jeu des jeunes basketteuses du
voir les athlètes user de leurs poils faciaux pour présente saison. ce soir, donc je suis très heureuse de la vic- Double  G, qui ont eu l’occasion de passer
se rassembler en tant que mâles. Nous pouvons toire. » beaucoup de temps sur le terrain en raison
aussi voir les athlètes détourner un peu la tra- Un premier test réussi En effet il y avait bien des raisons d’être du manque de joueuses dans l’alignement.
dition en arborant des coiffures excentriques, heureux dans le camp d’Ottawa parce que la L’entraîneur a aussi insisté sur l’importance
ce qui avantage les jeunots imberbes. Tous les Des huit joueuses qui pouvaient participer victoire de vendredi mettait fin à une vilaine d’aller chercher des victoires pendant que la
moyens sont bons pour solidifier les liens entre à la rencontre, quatre en étaient à leurs pre- séquence de défaites face à Brock. De fait, la saison est encore jeune.
coéquipiers. miers pas dans le basketball universitaire, ce dernière fois que les Gee-Gees ont eu le dessus L’équipe a donc terminé sa première fin
Et c’est exactement ce que le mouvement qui rendait la tâche doublement difficile pour sur les Badgers, c’était il y a un peu plus de de semaine avec un bilan positif de deux vic-
«  Movember  » a compris lorsqu’il a présenté l’entraîneur d’expérience Andy Sparks. Quant cinq ans, soit le 15 janvier 2005. toires. Le prochain défi qui attend la troupe
sa campagne pour la lutte contre le cancer de à elle, la dominante Hannah Sunley-Paisley de Sparks sera la fin de semaine prochaine,
la prostate. «  Movember  » est un mouvement renouait avec ses fans vendredi soir alors que Un match à vive allure quand l’équipe se rendra à l’Université de
qui recueille des fonds pour venir en aide aux les Badgers de l’Université de Brock étaient Waterloo pour y affronter les Warriors le ven-
hommes atteints de ce cancer et qui utilise la en visite à Ottawa. La joute, qui s’est chau- L’histoire s’est répétée samedi, alors que dredi 12  novembre. L’équipe affrontera les
moustache pour faire mousser les dons de la dement disputée jusqu’à la dernière seconde, c’était au tour des Gryphons de l’Université de Goldenhawks de l’Université Wilfrid-Laurier
population. s’est conclue par un pointage de 58 à 55 pour Guelph de se présenter au pavillon Monpetit le lendemain.
En effet, les hommes qui adhèrent à ce mou-
vement peuvent sensibiliser la population en se
laissant pousser la moustache pendant 30 jours, Basketball masculin
la moustache étant un symbole de respect chez

Une équipe métamorphosée entame sa saison


l’homme depuis de nombreuses générations.
Le campus a décidé d’appuyer l’idée en affi-
chant des panneaux publicitaires sur les murs
des édifices de l’Université. Le but : voir le plus
d’hommes sur le campus arborant la moustache Vincent Rioux des Badgers. sible. La foule a chaudement applaudi ce jeu de
durant le mois de novembre. S’il était un joueur en pleine possession de finesse.
Laissez-moi vous dire que je suis un de ceux L’équipe de basketball masculine de l’U  d’O, ses moyens, c’était le vétéran Louis Gauthier, En contraste avec le match d’hier, Ward a
qui appuient l’idée à cent pour cent. Même si la qui se classait parmi les meilleures au pays la qui a inscrit un total de 16 points et 13 rebonds. joué le genre de match auquel il a habitué ses
moustache me va extrêmement mal, j’ai décidé saison dernière et qui compte dans ses rangs C’est entre autres grâce à la solide performance partisans l’année passée. Après la partie, De-
de la porter pour le reste du mois pour démon- l’un des meilleurs joueurs universitaires cana- en zone adverse du géant ottavien de 6’9” que rouin estimait que ses joueurs avaient bien
trer mon soutien à cette cause, et j’invite la po- diens en Warren Ward, a renoué avec ses nom- le Gris et Grenat était toujours dans le match répondu après la défaite qu’ils avaient subie la
pulation mâle de l’Université à me suivre dans breux et bruyants partisans à l’occasion des au quatrième quart. veille. Il a ajouté que les joueurs étaient moins
ma barbarie. Les équipes de hockey, de bas- deux premiers matchs de la saison présentés Après la partie, le nouvel entraîneur du Gris stressés et plus détendus que 24 heures aupa-
ketball et de football seraient bien placées pour dans le gymnase du pavillon Montpetit les 5 et et Grenat, James Derouin, expliquait la défaite ravant, contre les Badgers.
appuyer cette cause puisqu’elles rejoignent une 6 novembre. À l’horaire, les Badgers de l’Uni- par l’excellente exécution défensive de l’équipe
bonne partie de la population masculine sur le versité de Brock étaient en ville pour se frotter adverse : « Ils ont joué une très bonne partie
campus. aux Gee-Gees vendredi soir; le lendemain, ce défensivement, surtout contre Warren [Ward].
sont les Gryphons de l’Université de Guelph Ils ont réussi à le frustrer et à le sortir de sa
Félicitations à Lili Wong qui ont tenté de remporter leur premier gain zone de confort, et ça a paru. »
de la saison. Interrogé sur les fautes antisportives prises
J’aimerais féliciter personnellement la joueu- par son coéquipier, Louis Gauthier, qui a été
se d’avant recrue de l’équipe de soccer fémi- Ward sous haute surveillance le meilleur pointeur dans le camp d’Ottawa,
nine des Gee-Gees, qui a mérité sa place dans mentionnait que de tels incidents peuvent sur-
l’équipe tout étoile de la division Est des Sports Plusieurs partisans s’étaient déplacés à l’oc- venir avec de jeunes joueurs. «  Luc [Minani]
universitaires de l’Ontario. En plus de sa place casion du match d’ouverture du Gris et Gre- est un bon joueur qui apporte de l’énergie et de
dans l’équipe d’étoile, elle a aussi remporté le nat, espérant que leurs favoris remportent la la créativité à notre jeu. Il va être un excellent
titre de recrue de l’année dans cette même di- victoire. Toutefois, ce sont les Badgers qui ont joueur dans le futur et j’attribue ses fautes au
vision et sera en nomination pour le titre pro- obtenu le gain in extremis par un pointage de manque d’expérience. »
vincial. Rappelons que Wong a terminé à égalité 64 à 62.
au troisième rang des pointeuses dans toute la À la déception de tous, le match n’a pas été Nom à retenir : Johnny Berhanemeskel
province en récoltant un total de neuf buts en celui auquel s’attendaient les partisans. Man-
15 matchs, ce qui est beaucoup pour une recrue. que de cohésion, jeux décousus, fautes antis- La troupe de Derouin a eu l’occasion de se
Disons qu’elle a fait oublier les départs de Ca- portives et un joueur vedette en léthargie : voi- racheter auprès de ses partisans puisqu’elle re-
therine Scott et de Courtney Luscombe, les deux là à quoi ont eu droit les spectateurs présents cevait la visite des Gryphons de l’Université de
meilleures pointeuses du Double G l’année der- dans les gradins. Rien ne semblait fonctionner Guelph le lendemain. Et elle n’a pas manqué
nière. pour les joueurs ottaviens. son coup : le Gris et Grenat a infligé la défaite
Wong sera rejointe par Gillian Baggot et Lau- Le jeune et prometteur Luc Minani a été ex- aux Gryphons par la marque de 82 à 60.
rel Fougere dans la première équipe d’étoiles, pulsé de la rencontre après s’être vu attribuer Le joueur du match a sans aucun doute été
tandis qu’Élise Desjardins et Christine Hardie deux fautes antisportives à mi-chemin dans la la recrue Johnny Berhanemeskel, qui a inscrit
ont été choisies pour la deuxième. Brittany Har- partie. Comme si ce n’était pas assez, le joueur 18 points et en a mis plein la vue aux specta-
rison s’est aussi mérité un prix pour son enga- étoile de l’équipe, Warren Ward, semblait avoir teurs. Le jeu du match lui revient, alors qu’il
gement communautaire, elle qui a passé l’été perdu tous ses repères. En effet, celui-ci n’a pu restait quelques secondes au chronomètre des Photo de Vincent Rioux
au Belize pour faire du bénévolat au sein de la concrétiser que deux de ses 13 tirs au panier en lancées  : Berhanemeskel a récupéré le ballon
communauté. raison de l’efficacité de la couverture défensive derrière le panier et l’a lancé d’un angle impos- Warren Ward

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le 8 novembre 2010 Sports
classements

Les trois étoiles de La Rotonde


Basketball masculin SUO Est : Classement SIC
(en date du 2 novembre)

1
PJ V D PTS PP PC Carleton
Hockey féminin
Carleton 2 2 0 4 182 121 UBC
»Kayla Hottot
Toronto 2 2 0 4 180 162 St. FX
Ottawa 2 1 1 2 144 124 Saskatchewan La joueuse étoile des Gee-Gees a encore connu un week-end fructueux en attaque en récoltant
Queen’s 2 1 1 2 122 148 Concordia deux buts et deux passes dans la victoire de son équipe samedi contre les Ravens de l’Université
Ryerson 2 1 1 2 149 171 Western Ontario Carleton. Elle a aussi permis à l’équipe de remporter le premier match de son histoire à Montréal,
Laval
dimanche, face aux Carabins.
York 2 1 1 2 161 178

2
Laurentienne 2 0 2 0 125 153 Trinity Western
Hockey masculin
CMR 2 0 2 0 112 196 Ottawa
»Luc-Olivier Blain
York 8 0 8 0 73 416 Victoria
Luc-Olivier Blain a déjà accumulé 22 points depuis le début de la saison et il ne semble pas
Basketball féminin SUO Est : Classement SIC vouloir ralentir. Samedi dernier, il a inscrit son nom sur la feuille de pointage à chaque but de
(en date du 2 novembre) son équipe en récoltant deux buts et deux passes. Il a aussi obtenu une mention d’aide dans
PJ V D N PTS BP
Windsor la défaite du Double G vendredi soir dernier.
Toronto 3 3 0 6 201 155
Victoria
Ottawa 2 2 0 4 108 91

3
Regina
Carleton 2 2 0 4 124 101 Football
Western Ontario
Ryerson 3 1 2 2 172 197 »Bjan Willan
UNB
Queen’s 2 1 1 2 119 105
Saskatchewan Willan a été le héros obscur des Gee-Gees ce week-end puisqu’il a amassé quatre sacs du
CMR 2 1 1 2 107 125
York 2 0 2 0 90 153
Carleton quart dans la victoire de son équipe face aux Golden Hawks de l’Université Wilfrid-Laurier
Laval samedi après-midi. Il a mis fin à plusieurs menaces de l’adversaire avec ses nombreux
Laurentienne 2 0 2 0 97 164
Cape-Breton plaqués derrière la ligne de mêlée.
Trent 16 0 15 1 1 4
Acadia

Hockey masculin SUO Est Meilleurs pointeurs Hockey masculin:


PJ V D DP PTS BP BC No Joueur PJ B P PTS Ont participé à cette édition :
McGill 10 10 0 0 20 64 22 77. Kyle Ireland* 10 10 13 23
Carleton 10 7 1 2 16 33 24 90. Luc Blain* 10 8 14 22 Hélène Boulay
Concordia 10 7 3 0 14 43 36 63. Matthieu Methot 10 6 10 16 Sophie Marcotte
UQTR 10 6 4 0 12 40 32 71. Dominic Jalbert* 10 5 6 11 Élizabeth Crête
Ottawa 10 5 3 2 12 42 40 88. Matt White* 10 2 3 5 Florence Muyenzi
Queen’s 10 5 4 1 11 40 49 14. Steve Blunden* 5 2 3 5 Anaïs Elboujdaïni
Nipissing 10 4 4 2 10 35 35 9. Félix Boutin* 7 1 4 5
Philippe Pépin
Ryerson 11 4 7 0 8 35 47 24. Julien Demers 10 0 5 5
Stéphanie Déborah Jules
Toronto 9 2 4 3 7 25 38 10. Patrick Burns 9 1 3 4
David Beaudin-Hyppia
CMR 10 0 9 1 1 20 54 21. Paul Forster 10 1 3 4
* Joueurs recrues Siniša Šindik
Vincent Rioux

De toute l’équipe de
La Rotonde, merci!

Nouveau cette année : Étudiants et étudiantes de


 l’Université d’Ottawa, assistez GRATUITEMENT aux
matchs des Gee-Gees dans la toute nouvelle zone
étudiante! Soyez à la tête du peloton!




 *Nombre de sièges limité; une carte étudiante en vigueur de l’Université d’Ottawa doit être présentée.
** Ne s’applique ni aux séries éliminatoires ni aux matchs en dehors du campus, y compris le football.

 

   

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17
 
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le 8 novembre 2010

redaction@larotonde.ca

PHOTO DE LA SEMAINE
Opinions
SUR LE WEB
Commentaires sur l’article « La vérité commence à sortir », publié le 1er novembre sur
le site Internet de La Rotonde :

Photo d’Anne Danford-Dussault


Une journée d’automne sur le campus, vue d’une flaque d’eau. La photo, mille fois plus belle en couleur,
peut être contemplée sur notre site Internet. Faites-nous parvenir des photos amusantes ou insolites afin qu’elles
soient publiées dans cet espace en envoyant un courriel à redaction@larotonde.ca.

Lettre
La décriminalisation de la prostitution n’est pas une
solution à la violence envers les femmes
Le débat est lancé à savoir si le gouvernement canadien devrait décriminaliser la prostitution et
ce, en raison du jugement récent de la Cour supérieure de l’Ontario établissant comme inconsti-
tutionnelles trois des quatre lois relatives à la prostitution, soit l’article 212 (l’interdiction de vivre
des fruits de la prostitution, ce qui inclut le proxénétisme), l’article 210 (de tenir ou fréquenter une
maison de débauche) et l’article 213 (de communiquer à des fins de prostitution). Deux positions
principales s’affrontent, soit ceux en faveur d’une décriminalisation complète de la prostitution, tels
les groupes « pro-travail du sexe », et ceux qui s’y opposent, tels les groupes abolitionnistes, dont
fait partie la CLAP.
Soyons clairs, les deux clans s’entendent sur quelques points. Tout d’abord, la position du Canada
en matière de prostitution est floue et doit être clarifiée : l’acte en soi n’est pas illégal, mais toutes les
activités l’entourant le sont. Deuxièmement, les femmes prostituées sont grandement victimes de
violence, qu’elle soit physique, sexuelle ou psychologique. Troisièmement, les clients et les proxénè-
tes sont les principaux responsables de cette violence. Finalement, nous sommes d’accord que les
femmes prostituées ne devraient pas être traitées comme des criminelles, donc que la section du
Code criminel relative à la communication (art. 213) devrait être modifiée. Cependant, les ressem-
blances entre nos discours s’arrêtent là. […]
Si la CLAP est d’avis que le Canada doit s’opposer à la décriminalisation de la prostitution, elle
tient toutefois à apporter certaines nuances. Tout d’abord, la loi à elle seule ne peut empêcher les
crimes. […] Pour enrayer les comportements criminels, il est aussi essentiel de sensibiliser la popu-
lation, de changer les valeurs qui gouvernent notre société. Pour améliorer le sort des femmes, telles
les femmes prostituées, il nous faut non seulement des lois qui interdisent l’exploitation sexuelle,
donc qui pénalisent les clients et les proxénètes, mais aussi des mesures sociales offertes aux fem-
mes vulnérables, tant pour celles qui sont à risque de sombrer dans le monde prostitutionnel que
pour celles qui désirent en sortir. De plus, il est essentiel de mettre en œuvre des campagnes de sen-
sibilisation prônant l’égalité hommes-femmes, le respect et la non-violence. Dans ce sens, la CLAP
prône la mise en place de mesures correspondant davantage au modèle des pays scandinaves, tels
la Suède.
Décriminaliser entièrement les activités relatives à la prostitution n’est pas la solution à la vio-
lence envers les femmes. La CLAP espère que le gouvernement canadien saura prendre la bonne
décision, soit décriminaliser les femmes prostituées et modifier l’article 213, en gardant toutefois
intactes les lois interdisant l’exploitation sexuelle des femmes, soit les articles 210, 211 et 212.

Les membres de la Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP)

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La Rotonde est heureuse d’accueillir les analyses et commentaires de ses lecteurs et lectrices.
ou commenter les articles parus dans une de nos éditions. La Rotonde ne s’engage ni à publier les lettres, ni à justifier leur non-publication. Nous nous
NB : La Rotonde se réserve le droit de publier dans réservons la possibilité de réduire la longueur des textes retenus. Pour nous faire parvenir vos
lettres, veuillez nous envoyer un courriel.
son édition papier tout commentaire et le nom de l’auteur
apparaissant sur le site internet. redaction@larotonde.ca

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le 8 novembre 2010

Éditorial
le 8 novembre 2010 • Vol. LXXVIII No. 8

109, rue Osgoode


Ottawa (Ontario)
K1N 6S1
613 421 4686

Reconstruire le campus
RÉDACTION

Rédactrice en chef
Julie-Anne Lapointe
redaction@larotonde.ca
Deux projets de rénovation majeurs sont taquer aux locaux des plus petites associa- Secrétaire de rédaction
actuellement en branle à l’U d’O : l’agrandis- tions, et donc à un échantillon plus restreint Joanie Demers
sement du Centre universitaire et, confirmée d’étudiants. Toutefois, un campus envers le- revision@larotonde.ca
tout récemment, la remise à neuf du Café Nos- quel les étudiants ont un profond sentiment
Adjoints à la secrétaire
talgica. C’est un grand pas vers l’optimisation d’appartenance en est un où tout le monde de rédaction
du campus que de repenser deux endroits trouve sa place. Et pour cela, les étudiants Katy Le Van
prépondérants de la vie étudiante – le premier doivent avoir un espace à eux, fréquenté par Fortunat Nadima
pour les étudiants des cycles supérieurs, le se- des gens aux intérêts similaires. Les étudiants Actualités
cond pour l’ensemble du campus. de la Faculté de droit, par exemple, se sentent Catherine Cimon
Après une longue attente, la GSAED peut se bien plus «  chez eux  » au pavillon Fauteux, (Chef de pupitre)
réjouir que les démarches soient entreprises dans leur pavillon, avec leur bibliothèque, et actualites@larotonde.ca
Isabelle Larose
pour garantir un espace mieux adapté à ses leurs installations modernes. Il est donc tout à (Adjointe)
activités et à celles du Café Nostalgica. Situés fait légitime que la GSAED veuille se procurer nouvelles@larotonde.ca
dans un vieil édifice de style «  maison  » sur des locaux adaptés aux besoins des étudiants
la rue Cumberland, les locaux de l’Association qu’ils représentent. Arts et Culture
Catherine Dib
des étudiants diplômés et du Café sont depuis Les petites associations, malheureusement, culture@larotonde.ca
longtemps problématiques pour leur manque n’ont pas ce luxe. Il devrait donc être du devoir
d’entretien et leur ancienneté. C’est donc une de l’U d’O de veiller à ce que chaque installation Sports
Vincent Duquette
bonne nouvelle pour l’Association de savoir sur le campus réponde à un standard minimum sports@larotonde.ca
que les mauvaises conditions ne perdureront de qualité. Il est tout à fait déplorable que les
pas longtemps, à condition, évidemment, que associations doivent consacrer de leur temps Section Opinions
les étudiants acceptent de financer le projet. pour se battre afin d’accéder à des locaux à la redaction@larotonde.ca
Le manque de fonds est sans aucun doute limite de l’accueillant, quand, rappelons-le, on Web
l’obstacle numéro un à l’amélioration des in- investit des millions de dollars pour avoir une Antoine Trépanier
frastructures à l’U d’O. Pendant qu’on octroie prestigieuse tour Vanier aux côtés d’un Centre web@larotonde.ca
des sommes pour la rénovation de certains universitaire exigu, et qu’on déménage certains
Directeur de la production
espaces, « dans le besoin » ou non, les autres bureaux pour que l’espace en grande rénovation Buildman Biyong
continuent toutefois à se détériorer. au pavillon Tabaret puisse profiter à l’ancienne production@larotonde.ca
Dans ces pavillons aux odeurs douteuses gouverneure générale, Michaëlle Jean, dès son
Directeur artistique
et aux structures vieillies, comme les bureaux arrivée sur le campus en janvier. Quelles que Mark Colletti
de la GSAED, se trouvent plusieurs clubs, as- soient les raisons du laisser-aller de l’Université, direction.artistique@larotonde.ca
sociations étudiantes, services de la Fédéra- aucune association ne devrait avoir à subir les
tion étudiante et autres, qui n’ont pas tous la désavantages des locaux en décrépitude d’une Photographie
Anne Danford Dussault
chance de pouvoir utiliser les cotisations étu- université qui date de plus de 150 ans.
diantes (comme le fera la GSAED si les étu- ÉDITIONS ET VENTES
diants acceptent de financer le projet) et sont
contraints par leur petit budget. Directeur général
Pascal Justin Boyer
Plusieurs avanceront que l’essentiel, de direction@larotonde.ca
toute façon, est de s’occuper des espaces com-
muns à tous les étudiants, comme le Publicité
Edgar Donelle
Centre universitaire, avant de s’at- Accès Média
info@accesmedia.com
514 524 1182
1 800 391 1182 (sans frais)
La Rotonde est le journal étudiant de
l’Université d’Ottawa, publié chaque lundi
par Les Éditions de La Rotonde, et distribué à
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Il est financé en partie par les membres de la
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diplômés. La Rotonde est membre du Carrefour
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