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FORMATION INITIALE, 2 è m e Année ************* Année académique 2005 – 2006 Volet 1

FORMATION INITIALE, 2 ème Année

*************

Année académique 2005 – 2006

Volet 1 : Déchets solides municipaux

Par Joseph WETHE

Expert, Eau et Environnement

OBJECTIF GENERAL DU COURS

L’objectif général de ce cours revêt trois aspects fondamentaux :

permettre aux étudiants de mieux cerner tous les aspects liés à l’assainissement d’un établissement humain donné ;

les amener à pouvoir concevoir les ouvrages d’assainissement adaptés à un contexte donné ;

et leur donner les outils nécessaires pour assurer une meilleure mise en œuvre des systèmes d’assainissement choisis.

PLAN PROVISOIRE DE LA PREMIERE PARTIE :

L’ASSAINISSEMENT DES ORDURES MENAGERES

1.

Généralités sur les déchets solides municipaux

2.

Classification et composition des déchets solides urbains

3.

Paramètres physico-chimiques des déchets solides urbains

4.

Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée (la précollecte, la collecte,

la valorisation et le traitement)

5.

Dimensionnement du matériel de précollecte et de collecte

6.

Dimensionnement d’une décharge contrôlée

7.

Principes de gestion des déchets solides municipaux.

8.

Aspects financiers et économiques de la gestion des déchets solides municipaux.

CONTENU DU COURS Cours, TD & TP.

Problématique de l’assainissement en Afrique

Le phénomène d’urbanisation en africain :

1. une croissance urbaine spectaculaire, proche du double de la moyenne mondiale ;

2. doublement quasi décennal de la population et de l’espace urbain ;

3. non maîtrise du développement des villes : multiplicité des tissus urbains avec cependant prolifération des quartiers pauvres et illégaux ;

4. inadaptation des dispositifs juridiques et insuffisance de moyens matériels, humains et financiers affectés au service d’assainissement,

5. incohérence des systèmes existants et faible taux de couverture du service d’assainissement

La Typologie urbaine des villes africaines :

Une typologie urbaine à deux vitesses depuis l’époque coloniale :

1. la ville spontanée (bidonvilles, quartiers à habitat spontané, quartier pauvre), consécutive à une occupation anarchique de l’espace née des difficultés d’obtention des titres fonciers et d’accès aux parcelles viabilisées, coûteuses pour les ménages pauvres ;

2. la ville planifiée et/ou administrée, anciens fiefs de la colonisation, quartiers résidentiels de haut et de moyen standing, nouveaux centres administratifs et commerciaux avec immeubles à grande hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie.

I/- GENERALITES SUR LES DECHETS SOLIDES MUNICIPAUX

I.1/- Définitions

Les déchets solides municipaux sont les résidus issus de la consommation ou des services qui ne sont plus d’utilité dans nos activités socio-économiques et culturelles. Ce sont des éléments de faibles dimensions que l’on peut rassembler dans des récipients faciles à manipuler en vue de leur enlèvement régulier à l’aide de véhicules ordinaires.

Les déchets solides municipaux comprennent : les ordures ménagères (provenant des foyers : restes de cuisines, papiers et verres usagers, vieux métaux et textiles, etc.), les déchets de marchés et d’abattoirs, les déchets provenant des hôpitaux, de l’artisanat et de l’industrie, assimilables aux

ordures ménagères, les déchets encombrants (encore appelés « monstres »), les déchets « inertes » provenant de la démolition ou de la rénovation (gravats, bois, briques, tuiles) et les déchets toxiques et les déchets radioactifs (par eux-mêmes ou alors contenant des éléments radioactifs).

I.2/- Classification et composition des déchets solides urbains

La composition des déchets solides urbains est généralement exprimée en pourcentage (%) de poids. Elle varie d’un contexte à un autre. Le choix des différentes classes caractéristiques des déchets dépend essentiellement des objectifs recherchés. Cependant, il existe dans la littérature deux principales modes de classification des déchets solides municipaux :

1. Le premier mode propose les grandes classes d’ordures ménagères qui sont les suivantes :

fines (φ < 20mm)

papier ou le carton

chiffons

matière plastique/caoutchouc

verre/porcelaine/faïence

métaux/alliages (aluminium/fer, etc.)

matière organique (MO),

débris combustibles non classés (bois),

débris non combustibles (gravats).

2. Le second mode de classification est basé sur le comportement des déchets et leurs effets sur l’environnement lorsqu’ils sont abandonnés à eux-mêmes. Il permet de distinguer :

les déchets inertes (fins ou encombrants) : gravats, carcasses de véhicules, verres et plastiques.

les combustibles : papiers, textiles, bois, et plastiques, etc.

les déchets biodégradables : matières organiques d’origine animale ou végétale.

les déchets toxiques ou radioactifs issus des industries électrochimiques, des hôpitaux, etc.

Tableau

: Exemple de composition (en 4 classes) des ordures ménagères dans certaines villes.

[GILET, 85], [ENDA, 90], [RAJAOMANANA, 96], [THUY, 98], [NGNIKAM et al, 98].

Villes

Fraction

Fraction

Fraction

Autres

Total

fermentescible

inerte

combustible

Moyenne de 14 villes algériennes

77.3%

5.4%

15.7%

1.6%

100.0%

Antananarivo (Madagascar)

15.0

5.9%

11.4%

67.7%

100.0%

Douala (Cameroun)

78.7%

9.0%

11.0%

1.3%

100.0%

Garoua (Cameroun)

42.8%

3.6%

11.2%

41.9%

100.0%

Dakar (Sénégal)

41.0%

5.0%

19.0%

26.0%

100.0%

France

25.0%

18.0%

42.0%

15.0%

100.0%

Bamako (Mali)

35.0%

4.5%

19.5%

41.0%

100.0%

En résumé, les déchets varient en valeur absolue, en qualité comme en quantité selon la localisation géographique, les aspects socio-économiques de la source de production.

I.3/- Paramètres physico-chimiques des déchets solides

Ce sont des paramètres caractéristiques des déchets solides urbains pouvant influencer le choix d’une filière de gestion dans un contexte donné. Les principaux paramètres physico-chimiques des déchets solides urbains sont :

la densité (densité en poubelle) : elle représente la masse des déchets solides rapportée au volume qu’ils occupent. Sa connaissance est essentielle pour le choix d’une part, du type de matériel de précollecte et de collecte et d’autre part, du type de traitement à préconiser. La valeur de la densité des déchets n’aura de sens que si l’on définit les conditions dans lesquelles elle a été déterminée. La densité en poubelle peut en effet varier fortement en fonction du matériel de précollecte et de collecte : pour les sacs ou les seaux « poubelle », elle varie de 0,20 à 0,30 ; dans les bennes basculantes et les tracteurs agricoles, elle oscille entre 0,30 et 0,40 ; dans les bennes tasseuses, sa valeur va de 0,45 à 0,55. La densité en poubelle varie également en fonction du type de tissus : elle décroît des quartiers pauvres (bidonvilles) aux quartiers de haut standing dans une même ville. La densité en poubelle varie enfin en fonction des saisons climatiques ou agricoles : elle est élevé en saison pluvieuse et relativement moins en saison sèche.

le taux d’humidité : il représente le pourcentage en poids de l’eau contenue dans une masse de déchets solides « frais », stockés à l’abri des intempéries et collectés dans un délai raisonnable. Le taux d’humidité est variable suivant la nature du déchet (importance relative des matières organiques), le lieu de production (type de tissus urbains), les saisons et les conditions sociales du producteur. Il a une influence majeure sur le pouvoir calorifique des déchets et permet en outre d’apprécier l’aptitude de ceux-ci au compostage : ainsi, pour un taux d’humidité compris entre 50% et 70%, le compostage est possible. En milieu tropical, ce taux oscille autour de 65% avec un minimum de 50% en saison sèche. [GILLET, 85], [NGNIKAM et al, 98].

le rapport Carbone/Azote (C/N) : ce paramètre permet d’apprécier l’aptitude des déchets solides à la biodégradation. Il garantit en quelque sorte la qualité du compost produit. C’est ainsi qu’un compost est dit « valable » si les ordures ménagères de départ ont un rapport C/N<35 ; dans ce cas, le rapport C/N du compost obtenu serait sensiblement compris entre 18 et 20. On parle aussi de la « fermentescibilité » du produit pour définir le rapport de la masse organique (MO) sur azote organique (N). Dans ce cas, un compost sera « mûr » si MO/N est suffisamment faible pour que les cultures ne subissent pas un effet dépressif appelé « fin d’azote ». Si MO/N>60, alors le produit est encore frais ; si 50<MO/N<60, le produit est mi- mûr ; si par contre MO/N<50 le produit est mûr. [HEBETTE, 96], pp.118.

le pouvoir calorifique inférieur (PCI) ou supérieur (PCS) d’un combustible : il mesure la

quantité de chaleur dégagée par la combustion complète de l’unité de masse de ce combustible à

une température et une pression de référence donnée. Le PCS prend en compte la chaleur de

vaporisation de l’eau contenue dans les ordures lors de la combustion. Le PCI est défini en

supposant que toute l’eau du combustible de combustion est sous forme vapeur au stade final.

Dans la pratique, on considère en général le PCI dans le cadre des études sur les ordures

ménagères. Sa détermination permet d’envisager la possibilité d’une éventuelle incinération des

déchets solides étudiés.

La relation qui existe entre PCI et PCS est la suivante :

PCI h = PCI s (

100- ωωωω

ωωωω

)

PCI h = PCI des ordures humides (en kcal)

- 5,835ωωωω

PCI s = PCS des ordures sèches (0 degré d'humidité) (en kcal)

ω = taux d'humidité des déchets solides considérés

La valeur du PCIs s'obtient par calcul en prenant comme référence le PCS des différentes

substances contenues dans les ordures ménagères

Tableau : PCI de quelques éléments contenus dans les déchets solides municipaux. [NGNIKAM, 00],

[GILLET, 85], [LPSS, 91]

Substance

PCI (kcal/kg)

Substance

PCI (kcal/kg)

Plastique

7 500 - 11 000th

Papier/carton

4 200 - 5 200th

tissus

4 200

matière organique sèche

4 000

II/- CARACTERISATION ET EVALUATION DE LA PRODUCTION DES DECHETS SOLIDES MUNICIPAUX

La typologie urbaine des villes africaines est composée de deux grands ensembles. Le premier,

encore appelé ville spontanée, est le plus important en terme d’espace occupé et de population

concernée. Il représente les formes d’installations spontanées (bidonvilles, quartiers à habitat spontané,

quartiers pauvres), nées de suite d’une occupation anarchique de l’espace, des difficultés d’obtention

des titres fonciers et d’accès aux parcelles viabilisées coûteuses pour les ménages pauvres. Le

second, encore appelé ville planifiée et/ou administrée, regroupe les anciens fiefs de la colonisation,

les quartiers résidentiels de haut et de moyen standing, les nouveaux centres administratifs et

commerciaux avec immeubles à grande hauteur et une trame de voirie urbaine bien fournie. La

connaissance des caractéristiques des tissus urbains dans une ville donnée est importante lorsqu’on

envisage de mener des études sur les déchets solides en particulier

II.1/- Classification des déchets municipaux

Les déchets solides municipaux sont extrêmement hétérogènes. Ainsi, pour mener à bien une campagne de caractérisation de ceux-ci, il est fortement recommandé de disposer d’un échantillon, aussi représentatif que possible, de l’ensemble des ordures ménagères de la zone à étudier. La représentativité d’un échantillon d’ordures ménagères se mesure sous trois dimensions, à savoir :

la dimension spatiale qui est fonction de typologie urbaine existante ;

la dimension temporelle, qui fait intervenir ici l’influence des saisons climatiques (sèche ou pluvieuse) et des saisons agricoles (périodes et types de récoltes, etc.) ;

la dimension spécifique, qui prend en compte le paramètre que l’on veut estimer dans le tas d’ordures ménagères.

Il est donc important de prendre en compte, simultanément, ces trois aspects dans la détermination des caractéristiques propres des ordures ménagères à étudier.

Il existe plusieurs techniques d’échantillonnage des déchets solides municipaux parmi lesquelles la Méthode de Caractérisation des Ordures Ménagères (MODECOM) développée par l’Agence française pour le Développement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME). Ces techniques sont cependant difficilement applicables dans le contexte africain en raison de la multiplicité des tissus urbains dans les villes, l’irrégularité voire l’inexistence de la collecte et le faible taux de couverture du service de ramassage des ordures ménagères qui font que l’échantillon qui sera prélevé risque de ne pas être assez représentatif de l’ensemble des déchets produits. Une des démarches adaptées serait la suivante :

1- la stratification de la localité considérée en zones homogènes d’occupation du sol et d’habitat ; pour cela, l’aire de prélèvement des échantillons devra être découpée et aménagée en tenant compte de tous les types de tissus urbains rencontrés ;

2- la constitution de l’échantillon représentatif : le quartage, le prélèvement des échantillons primaires et secondaires à étudier, la pesée des échantillons dans un volume de récipient donné et la mesure directe de la densité en poubelle,

3- le tri manuel des déchets des échantillons selon les catégories adoptées, sur tamis de maille égale à 20mm, la pesée de chaque composante principale et le calcul des pourcentages en poids de chacune d’elle ;

4- le prélèvement d’échantillons pour les analyses ultérieures en laboratoire de certains paramètres (taux d’humidité, PCI, C/N, etc.) ;

La stratification a pour but d’identifier et de définir d’une part, les activités socio-économiques structurantes de la localité considérée et d’autre part, l’ensemble des tissus urbains existant dans

cette localité. Elle se fait à partir de la photographie aérienne actualisée de cette localité, complétée le cas échéant par des descentes de vérifications sur le terrain. C’est en fonction du poids de chaque type de tissus identifiés que l’on déterminera la base de sondage et le pourcentage de prélèvements d’échantillons par type.

La constitution de l’échantillon représentatif est une étape importante de la classification des déchets solides. Compte tenu de l’extrême variabilité des déchets solides municipaux et de la complexité des types de tissus rencontrés, il est important de connaître la quantité optimale d’ordures ménagères qui doit être prélevées dans une zone homogène donnée. Pour connaître ce poids optimum, il faut déterminer :

1. le poids des prélèvements élémentaires (Pe) à effectuer ; en général, ce poids varie entre 100 et 150 kg par zone homogène.

2. le nombre (N) de prélèvements élémentaires à faire ; pour cela, il faut tenir compte du coût ou du budget alloué à la campagne d’échantillonnage.

3. la base de sondage, qui est fonction du poids de chaque strate identifiée, du poids et du nombre des prélèvements estimés.

Dans une strate donnée, la prise de l’échantillon primaire ou de l’échantillon secondaire peut se faire par prélèvement directe dans les conteneurs d’ordures ménagères fraîches ou par des sacs poubelles remises aux producteurs la veille de l’opération. La collecte des échantillons ou des sacs poubelles s’effectue par strate selon un itinéraire bien défini à l’avance. Pour chaque strate, il est important de collecter une quantité suffisante de déchets : une moyenne de deux tonnes par strate est conseillée pour constituer l’échantillon primaire. Le contenu du camion est déversé dans l’aire des opérations et la prise des échantillons secondaires peut se faire soit par la méthode d’échantillonnage par partage, soit par la méthode des « quarts ».

La première méthode consiste à subdiviser l’échantillon primaire en un certain nombre de fractions de masses voisines et de propriétés similaires (échantillons jumeaux) et à sélectionner par la suite un ou plusieurs échantillons réels par tirage au sort après partage.

La méthode par quartage consiste à subdiviser l’échantillon primaire, préalablement homogénéisé, en quatre parties sensiblement égales et à retenir un quart après tirage au sort. Cette opération doit être répétée une fois de plus pour obtenir l’échantillon secondaire final devant faire l’objet de tri manuel. La figure ci-dessous schématise la méthode des quarts.

EXEMPLE

Masse de l’échantillon primaire = 20 kg

EXEMPLE • Masse de l’échantillon primaire = 20 kg Etape 1 : Etaler les déchets sur
EXEMPLE • Masse de l’échantillon primaire = 20 kg Etape 1 : Etaler les déchets sur
EXEMPLE • Masse de l’échantillon primaire = 20 kg Etape 1 : Etaler les déchets sur

Etape 1 : Etaler les déchets sur une surface dégagée et diviser le tas en quatre portions égales

8

Figure 1 : Processus de prélèvement d’échantillonnage par la méthode de quartage

II.2/- Evaluation de la production des déchets solides urbains.

Dans une agglomération donnée, la production d’ordures ménagères est définie en poids (en kg/hab.) ou en volume (en m3/jour). Elle dépend des paramètres climatiques (saison pluvieuse ou sèche), démographiques (croissance de la population), socioculturels (habitudes alimentaires, us et coutumes, etc.), urbanistiques (typologie urbaine) et temporels (en semaine ou en week-end). Les données nécessaires pour l’évaluation de la production des déchets solides produits dans une localité sont les suivantes :

1-

les paramètres permettant de connaître le milieu naturel et culturel : il s’agit du climat, la température, la pluviométrie locale, les us et coutumes, l’hydrographie, l’hydrogéologie, la nature des sols, le relief, la typologie de la végétation, la superficie de la zone géographique, etc.

2-

les données liées à la connaissance de l’établissement humain considéré : elles concernent la démographie, la délimitation administrative de la localité, la typologie de l’occupation des sols et de l’habitat, la répartition spatiale des activités socio-économiques, les infrastructures existantes.

3-

les paramètres de quantification et de qualification des déchets en fonction des saisons : les quantités des déchets produits en fonction des saisons, des types de tissus et des types d’activités rencontrées, la classification des déchets et leurs caractéristiques physico-chimiques.

4-

les paramètres saisissant les pratiques actuelles de gestion des déchets municipaux dans la localité : filière utilisée, moyens mis en œuvre, activités de récupération ou de recyclage, principaux acteurs et leurs rôles respectifs, etc.

III/- ANALYSE DES SYSTEMES DE GESTION DES DECHETS SOLIDES DANS LES

VILLES AFRICAINES

III.1

Le cheminement global des ordures ménagères dans une ville donnée

Les principales étapes de la gestion des déchets solides municipaux sont celles présentées par

l’organigramme ci-dessous : Précollecte Collecte et Traitements transport Valorisation (recyclage et
l’organigramme ci-dessous :
Précollecte
Collecte et
Traitements
transport
Valorisation (recyclage
et récupération)

Figure 2 : Cheminement classique des déchets solides municipaux dans une localité donnée.

Dans les villes africaines, la gestion des déchets solides concerne essentiellement la salubrité du

domaine public. Les autres opérations étant prises en charge par les usagers (ménages, commerçants,

industriels, artisans) par apport volontaire ou par des intermédiaires rémunérés. Le schéma ci-dessous

montre quelque peu la complexité du cheminement des déchets municipaux dans les villes

africaines.

Production des déchets solides : Sources : ménages, PME, industries, artisans, commerce, bureaux, équipements
Production des déchets solides :
Sources : ménages, PME, industries,
artisans, commerce, bureaux, équipements
Stockage banalisé au niveau du
producteur (sac à poubelles, sachets,
récipients, etc.)
Tri des fractions
valorisables
Stockage banalisé au niveau du point de
collecte ou de regroupement (dépôts au
sol, murets maçonnés, bacs à ordures)
Valorisation par les
ménages, les artisans, les
PME et industries locales
Collecte et transport des déchets en vrac
Commercialisation
Mise en décharge en vrac (décharges
sauvages, décharges contrôlées)
Action des
PME, des
Action des
Entreprises
Entreprise ou
usagers ou
ou
Action des
des
PME
sCommune
usagers
Communes
rémunérées
Retour aux
usagers

Figure3 : Cycle des déchets solides municipaux dans les villes africaines

III.2

La précollecte

La précollecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramener les déchets de la source de production au point de regroupement ou de collecte (bac à ordures ou espaces aménagés). Ces éléments doivent être judicieusement dimensionnés en fonction de la production journalière et de la fréquence de collecte pour éviter tout débordement. La précollecte est adaptée dans les zones densément peuplées et inaccessibles aux véhicules de collecte ou dans les zones de faible densité de

population et où lhabitat est dispersé. Elle peut se faire soit par apport volontaire de l’usager, soit en porte à porte par un intermédiaire moyennant rémunération par l’usager.

1. Dans la précollecte par apport volontaire, les usagers transportent les déchets produits vers les bacs à ordures ou les lieux de regroupement à l’aide de poubelles (poubelles classiques, sachets en

plastiques, vieux seaux, vieux récipients, brouettes, porte – tout, etc.). Ce système est à prévoir

lorsque les espaces nécessaires à l’installation des bacs à ordures ou des lieux de regroupement sont disponibles à moins de 500m des usagers et accessibles aux véhicules de collecte.

2. La précollecte en porte à porte, qui exige que les usagers soient motivés pour payer le service rendu, est envisageable lorsque d’une part, la zone n’offre pas d’espaces suffisants pour installer les bacs à ordures ou les lieux de regroupement et d’autre part, dans les zones faiblement densifiées avec des maisons éloignées les unes des autres.

Pour être économique, la précollecte doit se faire à l’aide de matériels et d’équipements produits localement par les artisans locaux ou par les petites et moyennes entreprises locales. Parmi ces équipements, on peut citer : les charrettes à traction animale, les pousse-pousses ou porte-touts à traction humaine, les brouettes, pelles, râteaux, machettes, gants, bottes et cache-nez, etc.). L’utilisation des moyens de transport « artisanaux » tels que les brouettes, les charrettes à traction animale ou les tricycles pour la précollecte se développe dans certains secteurs des villes africaine. Cette technologie reste cependant à rationaliser afin d’améliorer la qualité du service de ramassage des déchets solides surtout dans les quartiers à habitat spontané et dans les zones périurbaines.

III.3

La collecte et le transport.

La collecte des ordures ménagères est l’opération qui consiste à ramasser les ordures ménagères des bacs à ordures ou des lieux de regroupement vers la décharge contrôlée ou le lieu de valorisation. Elle se fait au porte à porte dans les zones dotées d’un réseau de voirie en bon état et accessibles

aux véhicules de collecte. Elle peut également se faire à partir des bacs à ordures ou à partir des lieux de regroupement aménagés, localisés et accessibles.

Le matériel de collecte est composé généralement de bacs à ordures (de volume variable selon les

localités), de plate-forme d’accueil aménagée (casier en ciment munis d’escaliers et d’une rampe pour

permettre l’accès des brouettes, des charrettes et de porte-tout). Leurs caractéristiques respectives sont :

Tableau : Caractéristiques de quelques éléments du point de collecte. [HEBETTE, 96].

Caractéristiques

Conteneurs ou Bacs à ordures

Plate-forme

Espace de regroupement aménagé

d’accueil

Volume (m3)

0,1 – 20

10

100

– 150

Hauteur (m)

0,5 – 1

1,2

1,5 – 2

Longueur (m)

1

– 6

4

1.000 – 2.000

Largeur (m)

0,9 – 2,3

2

 

2

Fréquence de vidange (jours)

2

– 3

3 – 4

 

3 – 4

Population desservie

100 – 2.000

2.000

20.000

Zone desservie (ha)

 

-

 

100

- 200

Tableau : Comparaison des conteneurs utilisés en fonction du mode de précollecte.

Mode de

Type de

Avantages

Inconvénients

précollecte

conteneurs

   

- technologie simple, car matériel de récupération

- très faible durée de vie (moins de 3 – 6 mois)

Démi – fût de 0,1 – 0,2m3

- manutention facile

- faible volume, donc nécessité d’en disposer beaucoup,

- accessibilité aux enfants

Apport

 

- faible coût d’acquisition

- lenteur lors du vidage et fréquence de vidage élevée.

volontaire

 

- relativement peu encombrant

- nécessité d’une manutention mécanique

Bacs à ordures de

- durée de vie relativement élevé que les précédents (2 à 3 ans)

1m3

- peu accessible aux enfants

- coût d’acquisition relativement élevé

Par des tiers rémunérés

 

- volume plus important, donc nombre réduit,

- durée de vie plus importante (en moyenne 3 à 5 ans),

- coût d’acquisition élevé,

Conteneurs de 6 – 20m3

- nécessité d’espaces disponibles car matériel encombrant (minimum

50m²/conteneur)

 

- rythme de remplissage faible

- exigence d’un socle de bétonné pour éviter l’infiltration de lixiviats

- nécessité d’une manutention mécanisée.

- important à l’entrée des quartiers à habitat spontané et des marchés

La démarche pour la détermination du nombre de conteneurs ou de bacs à ordures est la suivante :

1. on détermine la production totale des ordures de la localité (Q en m 3 ) ;

2. on détermine la quantité d’ordures ménagères (Q1 en m 3 ) par jour de service(N qui est généralement pris égal à 6 jours de collecte par semaine) : Q1=Q/n (en m 3 /j) ;

3. connaissance du taux de remplissage (tr%), on détermine le volume total des conteneurs Vc (en m 3 ) qui est égal à Q1/tr% (en m 3 ) ;

4.

connaissant le volume d’un conteneur (v1), on calcule le nombre total de conteneurs (Nc) qui est égal à Vc/v1, auquel il faudra ajouter le nombre de conteneurs supplémentaires de chaque véhicule de collecte à déposer sur le point de collecte lors de la première rotation.

Les véhicules de collectes sont divers et variés. Leur choix dépend essentiellement des moyens financiers disponibles, du personnel affecté à la collecte, de la distance à parcourir entre les points de collecte et la décharge contrôlée, des caractéristiques et de la quantité des ordures à collecter et du type de matériel existant au point de collecte. Parmi les véhicules de collecte les plus utilisés dans les villes africaines on distingue :

1.

Les véhicules spécialisés

 

Le matériel à traction animale ou humaine : il est adapté pour les quartiers enclavés et ont une durée de vie courte (entre 6 mois et 3 ans). Les distances de transport à parcourir ne dépassent pas 1,5km pour les tractions humaines et 3km pour les véhicules à traction animale. Le rendement de collecte est relativement faible (entre 5 et 20m3 d’ordures collectées par jour). Ils sont complémentaires aux véhicules motorisés plus rapides.

Les tricycles et les tracteurs : ils sont relativement plus chers que les précédants et adaptés pour les petites distances. Ils ont une faible capacité, exigent moins d’éboueurs et sont envisageables pour les petits centres.

Les camions bennes d’entreprise : ils ont une capacité plus grande que les précédents et parcourent des distances 4 à 5 fois plus importantes à des vitesses plus élevées. Ils sont adaptés pour des espaces de regroupement aménagés, les points de transit et les plates-formes d’accueil ; ils sont adaptés pour la collecte à main d’hommes ou motorisée (pelles chargeuses).

2.

Les véhicules spécialisés

 

les

camions

porte-conteneurs :

ils

sont

équipés

d’un

bras

hydraulique

pour charger les

conteneurs pouvant transporter d’importantes de déchets. Ce type de véhicule est envisageable pour les décharges contrôlées éloignées des grandes agglomérations.

les camions Porte – Coffre, les multi-bennes, et les bennes compacteuses sont également des véhicules très rapides qui offrent en outre la possibilité d’augmenter la quantité transportée par compactage des déchets.

Tableau : Caractéristiques de quelques véhicules de collecte

 

Véhicules non - spécialisés

Véhicules spécialisés

Caractéristiques

Tricycles

Tracteurs

Bennes

Porte–conteneurs Ampliroll ou Porte – Coffre

d’entreprise

Capacité (m3)

2,5

4,5 – 7

5 – 8

6 – 16

Nombre d’éboueurs

1

– 2

3

 

3

 

2

Rendement de collecte (kg/mn)

 

30

30

30

– 40

 

-

Rendement au chargement (kg/mn)

15 – 20

15 – 20

15

– 20

 

-

Vitesse moyenne (km/h)

 

30

30

30

– 40

30

– 40

Distance maximale admissible (km)

3

– 5

3 – 5

12

– 15

12

– 15

Les principaux paramètres à prendre en compte dans la détermination du nombre de véhicules requis pour la collecte et de transport des ordures ménagères dans une localité donnée sont les suivants :

la quantité journalière d’ordures ménagères produites ;

la fréquence de collecte choisie et le nombre de jours de service de ramassage ;

la vitesse moyenne de circulation du camion (qui dépend étroitement de la fluidité du transport et de l’état général de la voirie dans cette localité) ;

la durée d’un cycle ou d’une rotation qui est la somme des temps de chargement du véhicule en ville, d’un aller-retour vers le lieu de traitement ou de valorisation, les temps de chargement, de manœuvrage de pesage, de pointage et de déchargement ;

le nombre de rotations possibles par jour de service et par véhicule pour évacuer la quantité produite ;

le nombre de véhicules, qui est la production totale rapportée au volume que peut évacuer le véhicule choisi.

Pour réduire les distances de transport, dont le coût représente selon les cas plus de 60% du coût total de gestion des déchets solides dans une ville donnée, il est recommandé de prévoir des sites de transit, qui constituent en fait des lieux de stockage provisoire des ordures ménagères. Cependant, son installation ne devient nécessaire que si, dans des conditions économiques et opérationnelles acceptables, le point de destination finale est trop éloigné et ne peut être atteint que par les mêmes véhicules ayant servi à la collecte. Ainsi, pour des décharges contrôlées situées à moins de 15km des points de collecte ou pour des villes produisant moins de déchets (<10t/j), ce genre de site n’est pas rentable. Au-delà de 15km, surtout avec une production relativement élevée (>50t/j) le site de transit devient intéressant sur le plan économique. [HEBETTE, 96].

Pour les villes africaines, il est souhaitable d’envisager des sites de transit aménagés (plate-forme, fosse, etc.) dotés d’équipements moins sophistiqués pour éviter des investissements et des coûts d’exploitation élevés. Les aménagements portent d’une part, sur la voie de desserte judicieusement dimensionnée pour supporter les charges lourdes (camions de collectes), d’autre part sur les postes de déversement, aires de manœuvre et de déchargement (quais aménagés et sécurisants) bien dimensionnés pour éviter les pertes de temps. L’ensemble doit être clôturé, bien drainé et éclairé.

On considère en général les grands conteneurs (au moins 30m 3 ) pouvant être portés par des camions spécialisés tels que les porteurs 2 essieux de plus de 19 t en charge.

III.4

Le traitement des déchets solides

En fonction des objectifs que l’on se fixe, il existe plusieurs types de traitement des déchets solides municipaux. certaines sont encore au stade de la recherche expérimentale et n’ont pas encore été éprouvée sur le terrain. Toutefois, la mise en décharge, le compostage et la méthanisation sont les filières les plus utilisées en Afrique sub-saharienne.

III.4.1 La mise en décharge contrôlée des déchets solides

A/- Définition préliminaire

Une décharge contrôlée est un lieu d’élimination « définitive » des déchets solides urbains basée sur le stockage rationnel des déchets solides dans le but d’éviter tout risque de nuisances sur la santé humaine et l’environnement. Cette technique est le type de traitement le plus répandu en Afrique. Cependant, l’insuffisance des moyens financiers disponibles oblige les municipalités à utiliser des méthodes peu recommandables, notamment la mise en place des décharges « sauvages » où sont regroupés de manière spontanée les déchets produits dans la ville.

B/- Classification des décharges contrôlées

En respect du souci de protection de l’environnement au sens strict du terme, les décharges contrôlées devraient en principe recevoir des flux de matières qui ne nécessitent plus d’autres formes de traitement ultérieures. Selon l’ordonnance Suisse du 01/02/1991 sur le traitement des déchets, il existe, trois grands groupes de décharges contrôlées :

1-

les décharges de matières inertes (ou décharge de Type A) sont réservées aux déchets polluants ne nécessitant aucun traitement particulier avant leur « stockage définitif » (bris de verre, gravât,

excavation des routes, bris de béton, de tuiles et de parpaings de ciment, etc.);

2-

les décharges de résidus (ou décharge de Type B) intéressent les déchets issus de l’incinération de substances organo-chimiques et des déchets spéciaux respectant les critères stricts de la qualité des « déchets aptes au stockage définitif » ; c’est à dire qu’au moment où ils sont stockés, ils ne doivent pas rejeter des substances polluantes pour l’environnement ;

3- les décharges bio-actives (ou décharge de Type C) sont polyvalentes et réservées au stockage des déchets provenant des usines d’incinération (scories), de gravât exempts de déchets

spéciaux, des boues des stations d’épuration, des produits de vidange des fosses septiques dont la teneur en eau ne dépasse pas 65%, des déchets urbains qu’il est impossible de brûler, des déchets inertes de l’industrie et de l’artisanat. Cette catégorie est la plus utilisée en Afrique.

C/- Critères de choix d’une décharge contrôlée

Les critères de choix d’un site devant abriter une décharge contrôlée sont entre autres :

la perméabilité du site : elle est liée à la nature des sols ainsi que leurs propriétés physiques, chimiques ou biologiques. Selon le coefficient de Darcy, on distingue : les sols imperméables favorables à l’installation d’une décharge sauvage moyennant un dispositif de drainage efficace

(exemple : les schistes argileux, les marnes, etc. dont le coefficient de Darcy<10-9m/s ou 0,1mm/j) ; les

sols semi-perméables envisageables pour l’installation d’une décharge contrôlée si le pouvoir

auto-épurateur est suffisant (exemple : sols sablo-argileux, grès, etc. dont le coefficient de Darcy est compris entre 10-9 et 10-6m/s ou 0,1 et 10cm/j) ; enfin les sols perméables qui ne sont pas

conseillés pour une décharge contrôlée d’ordures ménagères (cas du gravier ou des alluvions, dont

le coefficient de Darcy>10-6m/s ou > 10cm/j).

la localisation du site par rapport aux sources d’alimentation en eau et aux points de captage d’eau : sauf cas exceptionnels nécessitant obligatoirement des aménagements stricts et onéreux, toute décharge contrôlée doit être impérativement située en aval de points de captage ou des sources d’alimentation pour éviter toute contamination de cette ressource naturelle.

la capacité de stockage : elle caractérise la durée de vie de la décharge dont la moyenne varie généralement entre 15 et 30 ans. La capacité d’une décharge dépend essentiellement de sa superficie, de la hauteur d’entreposage (5 à 10m), de la densité des ordures, du volume des ordures comparé au volume des matériaux inertes utilisés pour la couverture et enfin, de l’épaisseur de la couverture finale. Par rapport au volume total de la décharge, un ratio moyen de (70 à 100%) d’ordures ménagères contre (0 à 30%) de matériaux inertes de couverture est recommandé pour exploiter de manière rationnelle la décharge contrôlée.

les conditions climatiques : une décharge contrôlée ne doit jamais être orientée dans le sens des vents dominants afin d’éviter l’envol des déchets légers et la propagation d’odeur vers les zones d’habitation. Il est également recommandé d’éloigner la décharge des cours d’eau et des zones inondables afin d’éviter le lessivage du dépôt lors des ruissellements. On conseille aussi de limiter ou d’éviter le ruissellement des eaux dans le site de la décharge en construisant les drains appropriés.

les contraintes socio-économiques et urbanistiques : la décharge contrôlée ne doit pas être trop éloignée du centre de production (maximum 15 à 20 km) afin de minimiser les coûts de transport ; au-delà de 25km commencer à envisager l’installation des sites de transit.

l’intégration paysagère : une décharge contrôlée ne doit pas constituer une rupture de paysage dans lequel elle est implantée. Des dispositions doivent être prises le cas échéant pour intégrer le site dans son paysage initial pendant et après son exploitation définitive.

Une des conditions sine qua non de l’installation d’une décharge contrôlée est la réalisation sans complaisance d’une étude d’impact environnementale selon les règles de l’art. (se conformer aux cours d’EIE).

D/- Fonctionnement et structure d’une décharge contrôlée.

Une décharge parfaitement bien structurée et organisée est la garantie d’une exploitation efficace. Elle doit à cet effet être équipée d’une balance à l’entrée, des dispositifs des espaces de tris des matériaux recyclables, des dispositifs de collecte des déchets spéciaux, des salles et des bureaux pour le personnel.

La mise en décharge des déchets consiste à les étaler en couches successives d’environ 1 à 2m dans le site à l’aide d’un engin de génie civil, puis, à les compacter éventuellement après les avoir recouverts d’une couche de matériaux inertes d’épaisseur de 20 à 30cm. La Ligue Pour la Propreté en Suisse, pense que la densité des déchets mis en décharge avoisine 0,5 et qu’il faut attendre environ 4 à 5 années pour observer un tassement différentiel et une diminution du volume des déchets compactés de près de la moitié. [LPPS, 91].

Il existe selon la morphologie du site choisi, deux formes d’exploitation des décharges contrôlées :

1. lorsque le site est plat, on recommande de subdiviser l’espace disponible en casiers homogènes et indépendants, encore appelés alvéoles ou parcelles séparées de digues, de superficies variant entre 0,3 à 1 ha ; ces casiers peuvent être réalisés par la méthode des tranchées (qui consiste à

creuser des tranchées dans le sol) ou par la méthode des monticules (qui consiste à réaliser des digues sur le sol) ;

2. en terrain accidenté, présentant soit des cuvettes soit des dépressions, il est recommandé d’enfouir les déchets par couches successives légèrement inclinées et régulièrement recouvertes jusqu’au remplissage de matériaux inertes prélevés immédiatement à proximité du site.

Le matériel roulant indispensable dans une décharge contrôlée d’ordures ménagères est composé

dun chargeur à chaîne (qui ont une meilleure adhérence que les chargeurs sur pneus), et/ou bouteur

résistant pour l’épandage ou le poussage des déchets, soit alors d’un compacteur – épandeur équipé

de godet – chargeur ou de lame de remblayage qui assure le compactage des couches de déchets d’épaisseur variant entre 1 et 2m jusqu’à une densité de l’ordre de 0,8 à 1.

E/- Deux principales nuisances dans une décharge contrôlée : le biogaz et le lixiviat

E1/- Le biogaz

Le biogaz est un mélange de gaz carbonique inerte et de méthane combustible en des proportions diverses qui varient selon la nature des déchets en présence et du taux de dégradation de la matière fermentescible. Après un temps de stockage, les substances organiques présentes dans les déchets se décomposent au contact de l’air (décomposition aérobie) et dégagent essentiellement du gaz carbonique : c’est le cas des décharges non compactées. Dans une décharge d’ordures ménagères où les déchets sont entassés par des compacteurs, en l’absence d’oxygène dans les couches compactées, il se produit un processus de décomposition anaérobie dû à l’action de micro-organismes ; ce processus s’accompagne de dégagement de méthane (CH 4 ), de gaz carbonique (CO 2 ), des gaz à l’état de trace tels que l’hydrogène sulfuré (H 2 S, les gaz hydrochloriques et le fluorure d’hydrogène).

La gestion du biogaz des décharges représente une source d’énergie valorisable dans des conditions techniques et économiques acceptables si le diagnostic préalable du gisement est effectué et si la

conception du réseau de collecte le rend pérenne. Les gaz des décharges peuvent être brûlés, utilisés

pour la décharge pour produire de l’électricité. Des précautions doivent être prises pour maximiser le taux de récupération du biogaz dans la décharge 1 . Ces précautions sont absolument nécessaires car le méthane non récupéré autant que le CO 2 , est un gaz à effet de serre dont le potentiel de réchauffement est 24 fois supérieur à celui du gaz carbonique. En outre, le méthane est inflammable et parfois explosif. En Afrique au sud du Sahara, il n’existe pas de décharge avec récupération de méthane.

E2/- Les lixiviats

Les lixiviats sont la conjonction de plusieurs phénomènes suivants qui se produisent dans la décharge : mode d’écoulement de l’eau (percolation, infiltration ou diffusion), évolution du pH, du pouvoir tampon, de la salinité, du potentiel d’oxydoréduction de la solution percollante à travers les déchets, processus biologiques aérobies ou anaérobies. La composition des lixiviats dépend non seulement des déchets en présence, mais surtout du temps et de l’âge de la décharge, en fonction duquel, on relève une évolution de la composition du lixiviat.

Tableau : Composition des lixiviats en fonction de l’âge de la décharge.

Type de lixiviats

Jeunes

Intermédiaires

Stabilisés

Age de la décharge

< 5 ans

5 – 10 ans

> 10 ans

pH

< 6,5

6,5 – 7,5

> 7,5

DCO

> 10 – 20

< 10

< 5

DCO/COT

> 2.7

2 – 2.7

< 2

1 actuellement, le taux de récupération du biogaz ne dépasse que rarement les 50 à 70% dans les pays développés

DBO 5 /DCO

> 0.5

0.1 – 0.5

< 0.1

AGV (%COT)

> 70

5 – 30

< 5

Les lixiviats des décharges d’ordures ménagères sont des sources dangereuses de pollution par les métaux lourds. Il est donc fortement recommandé de bien s’assurer du drainage du socle de la décharge de manière à renvoyer les lixiviats vers une zone centrale de traitement.

F/- Précautions à prendre lors de la mise en place d’une décharge contrôlée

Elle sont les suivantes :

1. bien délimiter l’emprise de la décharge et l’entourer d’une clôture pour éviter d’éventuels accidents et empêcher l’accès dans le site des animaux et des personnes non autorisées ;

2. s’assurer de l’imperméabilité du site ; à défaut, prévoir un revêtement du sol (film plastique,

matières synthétiques, couche de revêtement en asphalte de 5 à 10cm d’épaisseur) ; une station

d’épuration des lixiviats doit être prévue dans le site de la décharge ;

3. drainer les eaux d’infiltration hors de la décharge en prévoyant des fosses de ceinture et renforcer le socle sur lequel la décharge va se reposer pour éviter les glissements de terrain ;

4. prévoir, dans chaque carré de 50m de côté un système de captage, de traitement ou de valorisation des gaz qui se forment dans les couches profondes de la décharge (exemple : buses verticales à parois perforées empilées et lestées de pierres pour une bonne stabilité) ;

5. prévoir des systèmes de coupe-feu (digues ou tranchées) pour prévenir la propagation des incendies ; il est conseillé d’avoir à proximité du site une réserve de terre suffisante pour lutter efficacement contre les incendies éventuelles ;

6. prévoir des routes d’accès, les dispositif de pesage des camions, des bureaux et salle pour le personnel, des ateliers de réparation des machines et des panneaux de signalisation.

7. en fonction des moyens financiers mis en jeu, s’équiper d’engins de tassement (compacteurs) afin d’augmenter la capacité de la décharge ;

8. assurer un entretien et une maintenance régulières des infrastructures et équipements existants et prévoir les travaux de restitution du site une fois la décharge exploitée (reboisement,

réaffectation du site pour d’autres usages tels que le loisir, etc.),

III.4.2 Le compostage des ordures ménagères biodégradables

A/- Définitions

Parmi les définitions existant dans la littérature, on peut en retenir deux :

1. Le compostage peut être défini comme étant « l’ensemble des opérations par lesquelles on prépare, à partir des ordures ménagères brutes, un composé appelé compost, ayant les caractères généraux de l’humus (composé amorphe, hydrophile, de couleur noirâtre ayant l’odeur caractéristique des terreaux) ». [GILLET, 1985].

2. Le compostage est également défini comme étant « un procédé biologique, contrôlé, de conversion et de valorisation des substrats organiques (sous-produits de la biomasse, déchets organiques d’origine biologique) en produits stabilisés, hygiénisés et semblables à un terreau et riche en composé humique, encore appelé le compost ».

Tous les déchets contenant du carbone « éliminable » par voie biologique peuvent être compostés. Il s’agit : des épluchures de fruits et légumes, les restes de repas, les déchets de cuisine en général, plantes vertes, litières des animaux domestiques, pailles, poils, plumes, feuilles mortes, branches d’arbres et de haies, etc. Ne peuvent être compostés les produits suivants : les papiers journaux avec

encre, les papiers peints, les déchets inertes (plastiques, métaux, verres, céramique, cailloux et gravât).

La durée du compostage dépend de plusieurs facteurs tels que la grosseur des éléments à composter, l’importance du tas à composter, la proportion des matières organiques difficilement dégradables

(matières ligneuses végétales), la fréquence des retournements (plus le retournement est rare plus long est

le processus de fermentation), la teneur en eau dans le tas. Cependant, en région tropicale, si toutes les étapes sont bien respectées, la durée du compostage est d’environ 3 mois.

Le ver de terre, les micro-organismes et les bactéries envahissent le tas en décomposition et contribuent ainsi à l’accroissement rapide de la température de ce tas (jusqu’à 75°C). Ils dégradent les glucides et les protides indispensables à leur croissance. Il se produit l’oxydation des composés carboniques et l’émission d’eau et de dioxyde de carbone. Lorsque les substances facilement accessibles sont consommées au maximum par les micro-organismes, la température du tas de compost commence à baisser. Les substances difficilement dégradables sont ensuite éliminées par d’autres formes de micro-organismes, moins nombreux et dont les besoins en oxygène sont inférieurs. A ce stage, la chaleur se dissipe plus rapidement qu’elle ne se forme et entraîne une baisse de température. Cependant à chaque retournement du tas la température peut augmenter légèrement. La phase de mûrissement qui s’ensuit est caractérisée par la baisse sensible de la température du tas de compost jusqu’à la valeur de la température ambiante. C’est à partir de ce moment que l’on peut utiliser le compost. En fonction de l’évolution de la température dans le tas en décomposition, on distingue trois principales phases de la dégradation de la matière organique qui sont :

la phase mésophile, pour les températures variant entre 40 et 50°C, durant laquelle les protéines sont attaquées en premier lieu ;

la phase thermophile, caractérisée par un dégagement intense de la chaleur, libérant ainsi de la vapeur d’eau et du CO2 ;

la phase de mûrissement ou de maturation avec la disparition progressive des espèces thermophiles et la baisse de la température jusqu’à la température ambiante ; cette phase est caractérisée par la stabilité du compost produit qui prend ainsi l’aspect des terreaux.

Certains paramètres peuvent influencer le processus de compostage. On peut citer entre autres, la taille des particule en décomposition, le taux d’oxygène lacunaire, la température, le pH, la teneur en eau, la concentration du substrat, la présence ou non d’accélérateur ou d’inhibiteur des réactions enzymatiques.

B/- Les précautions à prendre pour l’installation d’un site et les techniques de compostage

Les principales précautions liées au choix et à l’implantation d’une compostière sont entre autres :

1. l’accessibilité du site aux véhicules de collecte des ordures ménagères ; ce site doit en outre être clôturé ;

2. le drainage parfait du site au moyen des caniveaux bien dimensionnés ; le site doit avoir en outre une déclinaison suffisante (>0,2%) pour permettre l’écoulement des eaux de surface ;

3. le bon dimensionnement du site de manière à ce qu’il permette les opérations de compostage y compris toutes les autres équipements utiles (hangar de broyage, magasin) ;

4. l’éloignement du site (> 200m) des habitations (pour éviter les bruits pendant le broyage motorisé) ;

5. la possibilité d’avoir des espaces agricoles pour l’expérimentation du compost en vue de sa promotion auprès des agriculteurs et jardiniers.

C/- Les différentes techniques de compostage

Il est nécessaire de distinguer le compostage à petite échelle, encore appelé compostage artisanal, et le compostage industriel.

1. Le compostage artisanal (ou décentralisé), plus courant dans les pays africains, utilise du matériel léger avec une forte intensité de main d’œuvre. Cette pratique est limitée au traitement d’une quantité peu importante de déchets (maximum 20 tonnes/jour) et nécessite peu d’investissement mais plus de besoins en terrain suffisant. Dans les pays en développement on a

pu identifier cinq pratiques de compostage décentralisé dont les caractéristiques spécifiques sont consignées dans le tableau ci-dessous. [NGNIKAM, 00], pp47.

Tableau

:

Comparaison

des

différentes

méthodes

de

compostage

décentralisé

des

ordures

 

ménagères.

Méthode

Caractéristiques

   

Points faibles

 

Lieux d’application

Récupération de

Tri par tamisage manuel de la

Pas

de

tri

préalable

Bamako (Mali)

terreau

des

matière

organique

en

des déchets ;

Niamey (Niger)

décharges

décomposition

Risques

 

de

Cotonou (Bénin)

contamination

par

les

Kinshasa (Congo D.)

métaux lourds

 

Yaoundé (Cameroun)

Compostage

en

Tri manuel des fractions non fermentescibles

N’est pas adapté pour

Jakarta (Indonésie)

tas

la production à grande

Lima (Pérou)

Formation de tas successifs de 1 à 5 m3 avec retournements périodiques.

échelle

Olinda

et

Peixinhos

Nécessite

 

plus

(Brésil)

d’espace

Compostage

en

Tri manuel des fractions non fermentescibles

Nécessite

 

un

Novo

Porto

et

Tohué

andins ouverts

retournement plus fréquent et une main d’œuvre plus importante

(Bénin)

Formation des andins (de 2 à 3.5m de large et 1 à 1.8m de hauteur) avec retournements périodiques.

Accra (Ghana)

Yaoundé (Cameroun)

 

Ouagadougou

(Burkina

Faso)

Compostage

lits

en

ou construction d’une structure murale sur le sol

Ouverture

d’une

fosse

plus

d’investissement que la méthode des andins

Requiert

Louga (Sénégal)

Kano (Nigeria)

 

Ficksburg

(Afrique

du

Tri manuel des fractions non fermentescibles

 

Sud)

Guatemala City (Pérou)

Différentes activités du compostage décentralisé

Dans un système de compostage décentralisé, les principales opérations suivantes permettent d’obtenir du compost à partir des ordures ménagères biodégradables :

la collecte et le transport des ordures ménagères vers les sites de compostage ;

le tri de séparation des composantes biodégradables de celles qui sont dites inertes ;

le broyage ou le déchiquetage éventuel des déchets volumineux afin d’augmenter la surface spécifique et la surface d’attaque des micro-organismes et faciliter la pénétration de l’eau et de l’air à l’intérieur du tas constitué ;

les différentes techniques permettant la bonne fermentation aérobie de la matière organique : la mise en tas suivant des dimensions facilement « manipulables » par les éboueurs (exemple H=1,5m et Φ = 1,5 à 2m) ; l’arrosage ou l’étalement du tas éventuel selon la teneur en eau dans les tas et l’aération du tas pour augmenter la quantité d’oxygène ; les cycles de retournement et brassage du tas (3 à 4 fois dans la période) afin d’accélérer et d’uniformiser la décomposition de

la matière organique ; le contrôle régulier de la température du tas et enfin, le stockage en vue du mûrissement du compost, la baisse de la température et du taux d’humidité du compost, etc. ;

les diverses opérations d’affinage du compost produit en vue d’obtenir ou de faciliter son transport, sa manipulation et son utilisation en agriculture ou en élevage selon le cas (le broyage

final et le tamisage pour faciliter l’épandage dans les champs, le conditionnement du compost, etc.).

Pour créer les conditions favorables à la dégradation biochimique, il est recommandé de veiller à ce que la ventilation du tas soit appropriée de manière à faciliter le remplacement de l’air chargé de CO2 dans le tas par de l’air frais. En outre, il faut que les ordures ménagères en dégradation soient

homogénéisées et réduites en petits morceaux (broyage ou déchiquetage d’éléments grossiers à l’aide des machettes, des ciseaux de jardin ou de broyeurs) en vue d’augmenter les surfaces de contact entre

les déchets et la microflore.

Pendant le compostage des ordures ménagères, il est important de suivre les règles suivantes :

bien mélanger le tas de matières organiques, car les résultats du compost sont fonction des « input » : les déchets et les restes de cuisine apportent beaucoup d’éléments nutritifs et favorisent la décomposition microbienne ; les branches d’arbres fraîches ou les haies, plus difficilement dégradables et résistantes à la décomposition microbienne, conservent au compost une structure plus légère et sont excellentes pour la formation de l’humus. Aussi, en fonction des résultats que l’on souhaite obtenir, un dosage rationnel de ces composantes organiques dans un tas de compost est intéressant.

éventuellement y ajouter des adjuvants ou des accélérateurs de fermentation (bouses de vache,

fiente de poules, drêche de brasserie, etc.),

retourner régulièrement les tas pour assurer une bonne oxygénation et veiller au taux d’humidité dans les tas pour éviter toutes formes de pourritures (recouvrement des tas par temps de pluies, arrosage des tas par temps d’ensoleillement).

Lorsqu’on respecte les règles minimales du compostage, on est à l’abri des odeurs. De nombreuses expériences dans le monde et en Afrique ont montré que les rendements agricoles sont nettement améliorés avec l’apport d’un compost de bonne qualité, et ces plantes résistent mieux aux maladies.

2. Le compostage semi-industriel ou industriel (ou centralisé) requiert par contre du matériel semi- mécanisé ou totalement mécanisé, plus ou moins sophistiqué, et une main d’œuvre qualifiée. Ce procédé, très peu répandu en Afrique, est généralement utilisé dans les grandes villes pour traiter des quantités importantes de déchets municipaux. Les principales étapes de ce type de procédé sont les suivantes :

Stockage des déchets

Stockag e des déchets Broyage et Tri du « broyat » Fermentation aérobie (lente ou accélérée)

Broyage et Tri du « broyat »

Stockag e des déchets Broyage et Tri du « broyat » Fermentation aérobie (lente ou accélérée)

Fermentation aérobie (lente ou accélérée)

« broyat » Fermentation aérobie (lente ou accélérée) Maturation Figure 6 : Etapes du compostage industriel

Maturation

» Fermentation aérobie (lente ou accélérée) Maturation Figure 6 : Etapes du compostage industriel des ordures

Figure 6 : Etapes du compostage industriel des ordures ménagères [NGNIKAM, 00], pp.49

Affinage (Compost et Refus)

Le compostage sémi-industriel, dont la capacité peut atteindre 50t/j, est caractérisé par la

mécanisation des postes de réception et de transport interne des déchets ; par exemple, la

manutention et le retournement par des chargeurs sur pneus, les opérations de tri et quelquefois le

retournement peuvent être manuels. Le compostage industriel par contre peut être à fermentation

lente, avec apport d’air par retournement successif de la masse ou par aération forcée ; il peut

également être à fermentation accélérée dans une enceinte fermée munie d’un brasseur permanent

ou intermittent. La spécificité du compostage industriel est que le broyage se fait avant la

fermentation ; ce qui constitue un de ses inconvénients majeurs, car un élément indésirable peut être

broyé et dispersé dans la masse de déchets, rendant ainsi difficile les opérations de tri. L’absence de

tri avant broyage peut également entraîner la dispersion des métaux lourds dans le tas. Ce procédé

n’est pas adapté au contexte africain parce que d’une part, les déchets qui y sont produits sont très

humides et riches en sable, et d’autre part, les débouchés du compost sont quasi incertains. En

Afrique, les usines de compostage d’ordures ménagères souffrent des problèmes d’exploitation et

des problèmes techniques (inadéquation entre nature, composition des déchets et, technique utilisée, politique de maintenance et d’entretien, etc.) et le problème de mévente du compost.

Le choix entre le compostage décentralisé et le compostage centralisé dépend essentiellement des

moyens financiers disponibles, de l’importance des infrastructures routières, de la disponibilité des

sites de compostages, des utilisations réelles du compost produit, du personnel technique disponible

sur place et des équipements. Chacune de ces variantes présente les avantages et des inconvénients

suivants :

D/- Les enjeux sanitaires du compost

L'accumulation des ordures ménagères dans les dépôts sauvages, comme c'est le cas actuellement

dans la plupart des villes de l'Afrique Centrale et de l'Ouest, constitue un danger pour la santé des

populations avoisinantes à cause des vecteurs d'infections que les déchets peuvent développer. Par

contre, le compostage lorsqu'il est bien conduit, permet d’une part, la destruction des germes

pathogènes (grâce à la chaleur et les réactions antibiotiques) et d’autre part, la réduction du nombre

de dépôts sauvages des déchets, sites propices à la multiplication de mouches et de moustiques, vecteurs du paludisme et d'autres maladies infectieuses.

La pratique du compostage a été inspirée par le souci d’améliorer les rendements agricoles. L’utilisation des ordures ménagères brutes en agriculture présente des inconvénients du fait de la présence d’éléments inertes. Les plantes et les légumes cultivés sur du compost « hygiénisé » ne posent pas de problèmes épidémiologiques et peuvent en générale être consommés sans restriction. Il en est de même des ouvriers agricoles qui utilisent le compost en agriculture [CROOS & STRAUSS, 85]. Un problème hygiénique apparaît lorsque le compost utilisé est produit de manière

non professionnelle (matière organique triée directement sur une décharge). Des expériences ont révélé

que la destruction des germes pathogènes est efficace si le compostage aérobie est bien organisé, c'est à dire si une température de 70°C est maintenue pendant 30 mm dans l'ensemble du tas, ou 65°C pendant plusieurs heures. Une phase thermophile (température élevée), à 65°C pendant 7 jours, est recommandée pour le compostage en tas ouvert [BERTOLDI et al, 87].

E/- Les enjeux agricoles du compost

Les sols africains, surtout en zone de savane et sahélienne, deviennent de plus en pauvre par suite de leur surexploitation et par manque d'apport de matière organique. L’apport de la matière organique sous forme d'humus 2 améliore les conditions physiques, chimiques et biologiques des sols [SEGURA, 84]. Il stabilise et structure le sol tout en augmentant sa perméabilité. Il a un pouvoir tampon tout en régulant et en stimulant la nutrition minérale des plantes ; ce qui conduit à l’augmentation de l’activité biologique de celles-ci. Incorporé au sol, il réduit et annule les effets désastreux de l’érosion hydrique et éolienne. Il exerce sur les sols une action chimique permettant une meilleure utilisation des engrais chimiques. Le compost ne sera toutefois rentable que si son coût de revient au niveau de l’utilisateur est supportable. Pour cela, il faudra réduire le coût de transport, en produisant le compost là où la demande est réelle (proche des maraîchages), où la main d’œuvre est disponible et bon marché, et enfin, là où il y aura possibilité d’acquérir à moindre coût des additifs (tels la drêche des brasseries, la fiente de poule) qui permettent d’enrichir le compost.

L'azote présent dans le compost sous forme organique et en faible quantité est non lessivable. Il est lentement et progressivement minéralisé, ce qui lui vaut le pouvoir d’être facilement assimilé par les plantes en croissance. L'incorporation du compost urbain dans les champs a globalement des effets favorables sur les cultures. L'application du compost à 30 ou 50 t/ha sur certaines cultures (maïs, Laitue, Folon, Zoom 3 ) généralement pratiquées en zone périurbaine au Cameroun a montré une multiplication des rendements de récolte par 1,5, 2 ou 3 [NGNIKAM et al, 95]. Ainsi, le

2 une tonne de compost urbain à maturation produit 57 kg d'humus. [SEGURA, 84].

compostage, en plus des effets sanitaires, peut permettre d’améliorer les rendements agricoles en zone périurbaine, créant ainsi une plus value chez les maraîchers. Cependant, le compost ne trouverait pas encore de débouché important et durable en Afrique. [LPPS, 91].

F/- Les enjeux environnementaux du compost

Les principales nuisances liées au compostage sont dues au non respect des règles minimales en matière de compostage, à la pollution des eaux de surface ou souterraines suite à l’infiltration des lixiviats provenant des tas de compost non protégés et mal drainés. Mais une bonne maîtrise du

processus de compostage (bonne aération, protection contre les infiltrations des eaux de pluie,

imperméabilisation du fond de tas, etc.), peut permettre de limiter cette pollution.

En plus de la limitation de la pollution physique du milieu récepteur, un autre bénéfice essentiel du compostage est la limitation des émissions des gaz à effet de serre. Une étude menée récemment montre que le compostage et l'utilisation rationnelle du compost en agriculture permettent d'éviter les émissions de gaz à effet de serre de 7,8 tEC à l'horizon de 20 ans en zone forestière, 5.2 tEC en zone de savane : ceci nécessite un investissement de 1 200 fCFA par tonne de carbone évité dans les conditions de Yaoundé. Cet investissement semble être dérisoire comparativement aux autres procédés utilisés pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme le boisement qui coûterait 35 000 fCFA par tonne de carbone évité, le développement de l'hydroélectricité qui coûterait entre 50 000 et 100 000 fCFA par tonne de carbone évité, etc.[CHARTIER, 85]. Ainsi, le compostage artisanal apparaît comme une technologie adaptée pour limiter les émissions des gaz à effet de serre et à moindre coût.

III.4.3 La récupération et le recyclage des déchets solides municipaux

A/- Définition

Une certaine confusion règne sur la définition des ces deux termes :

le recyclage peut être défini comme étant l’utilisation des résidus et des déchets, ainsi que l’introduction de matières déjà utilisées dans le cycle de consommation et de production économique. Il s’agit également de la séparation d’un résidus ou d’un groupe de résidus spécifiques de la masse totale des déchets solides municipaux, et la transformation de ces déchets en produits utiles à la fabrication d’autres produits, lesquels peuvent ou non ressembler au produits d’origine.

la récupération des déchets est l’extraction de ces déchets de la matière ou de l’énergie, en vue d’utilisation économiquement rentable.

Il en découle que le recyclage des déchets peut permettre d’économiser les matières premières. Cependant, le recyclage de certains déchets est très coûteux en ce qu’il nécessite une quantité d’énergie considérablement élevée et des procédés de raffinage sophistiqués. En outre, les produits dérivés des déchets n’offrent pas toujours une qualité de finition satisfaisante.

La récupération des déchets est assez pratiquée en Afrique mais beaucoup plus à petite échelle (secteur informel) à cause de la main d’œuvre bon marché et de la rareté des ressources financières. C’est en cela qu’elle ne réduit que de très peu la quantité des déchets produits sur l’ensemble de la localité. Elle se déroule au niveau du producteur lui-même, dans les points de collecte, les lieux de regroupement ou dans les décharges. Les récupérateurs (directs, intermédiaires) de déchets, utilisent du matériel artisanal pour la collecte de leurs « produits » qu’ils revendent aux ménages, à des transformateurs, des réutilisateurs ou des commerçants. Ces derniers peuvent soit directement les réintroduire dans le circuit de consommation sans aucune forme de transformation, soit par des techniques simples, fabriquer des objets utilitaires revendus sur le marché local. La récupération et le recyclage intéressent les sous-produits suivants :

1. Le cas des vieux papiers/cartons : (journaux, déchets à base de papiers et de cartons usagés ou non, imprimés ou non, provenant des industries, du commerce, de l’administration, des bureaux, de

l’artisanat et des ménages). La récupération des vieux papiers est de plus en plus vulgarisée et permet d’économiser la cellulose. Cette récupération permet d’en fabriquer d’autres papiers ou alors des objets utilitaires à base de papier ; elle nécessite beaucoup d’eau pour le lavage,

l’apport en produits chimiques (soude caustique, peroxyde d’hydrogène, du savon ou de l’acide

oléique) et de l’air insufflé pour la séparation des impuretés (encre, colles, etc.). Ces impuretés sont transférées dans une station d‘épuration prévue à cet effet. La pâte purifiée peut également être séchée et stockée sous forme de ballots ou de feuilles. En Afrique, des expériences de recyclage « artisanal » des vieux papiers et cartons existent. Les principaux produits issus de ce recyclage sont les papiers recycler, les mannequins, les alvéoles d’œufs, etc.

2. Le recyclage des

verres usagers : il nécessite des investissements importants, une technicité

élevée, une quantité importante d’énergie fossile (fuel lourd, gaz, électricité) pour la cuisson et la fusion dans les fours. Le recyclage du verre est une activité rentable pour les industries concernées et les pertes lors du recyclage sont faibles. La qualité du nouveau produit issu du recyclage de verre est toujours conservée. En Afrique seul la récupération des verres usagers est

développée : les bouteilles de boisson, les dames-jeannes, etc. sont réutilisés à d’autres fins (vente détaillée d’huile, de pétrole, de sels, etc.).

3. Le cas des vieux métaux ferreux ou non ferreux : le recyclage des métaux est trop coûteux et s’effectue de manière industrielle dans les pays du Nord. Il nécessite que les déchets soient préalablement bien triés et propres. L’incinération des métaux entraîne le plus souvent des émanations de gaz toxiques. En Afrique, le recyclage de l’aluminium est très développé dans les grandes villes. Il permet de fabriquer des ustensiles de cuisine (casseroles, marmites, plats,

cuillères, etc.).

4. Le cas des plastiques : Les matières plastiques, parce que très diversifiées, ont des applications multiples. Elles interviennent de plus en plus dans notre mode de vie et de consommation. Leur récupération permet d’économiser la matière première. Les matières les plus utilisées sont le polyéthylène, le polyvinyle de chlorure (PVC), le polyamide et le polystyrène. Ceux-ci appartiennent à la catégorie des thermoplastiques (films d’emballage, sacs en plastiques, pots de yaourt, bouteilles d’eau minérale ou d’huiles, etc.). Le second groupe des matières plastiques

sont les thermodurcissables, (résines phénoliques ou mélanines et polyesters non saturé dans les produits tels que les interrupteurs, les couverts de table, les boîtiers de perceuses, les manches de poêles,

etc.). Le troisième groupe est constitué des élastomères qui se situent entre les thermoplastiques et les thermodurcissables ayant une plasticité élevée : chargés, ils s’étendent et déchargés, ils reprennent leurs formes initiales. On regroupe dans cette classe, le caoutchouc naturel ou de synthèse, les polyuréthannes tels que la gomme, les éponges, etc.

La fonte des thermoplastiques permet leur réutilisation plusieurs fois dans le secteur des emballages et la fabrication d’autres produits tels que les cintres, les pots de fleurs, les ustensiles de cuisine, les seaux, les gaines de protection des câbles, les tubes et boîtiers électriques, les tuyaux d’irrigation, les sachets et films d’emballage, les sacs poubelles, les mannequins et poupées, les jouets pour enfants, etc. La principale difficulté rencontrée reste cependant la présence d’impuretés et de saletés dans les déchets plastiques, du fait de l’absence de collecte sélective des déchets à partir des ménages : on note ainsi un encrassement des déchets de plastiques par les huiles, les graisses, les peintures, les produits détergents, les produits chimiques, la matière organique, etc. Cette situation nécessite un nettoyage supplémentaire et donc des coûts additifs non négligeables. Les coûts de collecte des matières plastiques sont en outre trop élevés pour un volume de collecte important malheureusement avec un poids relativement faible. Enfin, la diversité des matières plastiques rend également difficile leur récupération directe et leur recyclage.

Outre la transformation des déchets de matières plastiques en granulés (encore appelée refonte, bien

adaptée aux polyéthylènes, polypropylènes et polystyrènes), il existe deux procédés (chimiques) de

recyclage des matières plastiques permettant de les réintroduire dans le cycle des matières premières. Ce sont, la pyrolyse et l’hydrolyse.

La pyrolyse est adaptée au recyclage des matières plastiques fortement imprégnées d’autres substances et parfois sales. Elle se fait dans un réacteur à combustible fluidisé. Le procédé est simple et consiste dans un premier temps à séparer, en l’absence de l’air dans le réacteur fermé et chauffé entre 400 et 800°C, les plastiques en fonction de leur composition chimique initiale. Ce procédé s’achève ensuite par le stockage de la nouvelle matière première (méthane, éthylène,

benzène et substances aromatiques liquides réutilisables dans les industries chimiques) et l’énergie (sous forme de gaz, huile, houille).

L’hydrolyse est adaptée pour le recyclage des polyuréthannes (mousse de polyesters, matelas,

revêtements, pièces de véhicules, etc.), des polyamides et des polyesters (textiles, revêtement de sol,

pièces techniques). Grâce à la vapeur d’eau, une forte pression et une température élevée, les matières plastiques se décomposent et produisent des matériaux de base de bonne qualité.

5.

Le cas des batteries et piles usagées :

Les solutions de recyclage des piles et des batteries

usagées sont très onéreuses. Les deux principales méthodes de recyclage utilisé en Suisse son

les procédés Récytec et Sumimoto [LPPS, 91] :

le procédé « Récytec », est conçu pour tous les types de piles sèches. Il consiste à briser les piles par pyrolyse (à 650°C), à récupérer et à retraiter toutes les matières par lavage des restes de piles dans de l’eau bouillante, par sédimentation du bioxyde de manganèse et par séparation par voie magnétique des restes métalliques (extraction des éléments ferreux des non-ferreux). A la suite de ces opérations, il est procédé à la dissolution de l’ensemble dans un bain de tétrafluore et au tri sélectif de zinc, de cadmium, de cuivre et de nickel. Les déchets « ultimes » sont mis en décharge ;

le procédé « Sumimoto », avait été élaboré au Japon ; il accepte tous types de piles mais n’offre pas un rendement acceptable si la pile ou la batterie a une teneur accumulateur NiCd inférieure à 5%. Les déchets de piles passent dans un four vertical à pyrolyse où est extraite une bonne quantité de mercure transformée en mercure liquide ou métallique. Pendant cette phase, les éléments organiques sont décomposés en combustibles liquides ou en résidus solides carbonifères et en composés halogènes organiques. Le chauffage de ce mélange, à base de métal et d’oxyde à une température élevée dans un four de fusion par induction, transforme respectivement le bioxyde de manganèse et l’oxyde de fer en manganèse et en fer réutilisables dans la production d’acier. Le zinc quitte le four de fusion sous forme de gaz pour être par la

suite condensé et transformé en barres. Les scories (matériaux réfractaires) sont enfin mises en décharge ou peuvent être réutilisées dans le secteur du génie civil.

6.

Le cas des huiles usagées : Les huiles usagées (huiles de graissage usagées, des émulsions d’huiles, des huiles de moteur et d’engrenage, des résidus venant des conteneurs d’huiles et de carburants, etc.),

sont des déchets spéciaux boueux contenant des substances huileuses et graisseuses qui proviennent des secteurs de la mécanique automobile, des industries électrotechniques et électromécaniques, etc. Les huiles usagées sont rejetées dans le milieu naturel, principalement dans les caniveaux de drainage sans traitement et posent ainsi d’énormes problèmes sur l’environnement en polluant durablement la ressource en eau par infiltration dans le sol. Le recyclage des huiles usagées peut être possible, à condition qu’elles ne soient pas mélangées à d’autres impuretés : il est nécessaire que les huiles minérales (lubrifiants) et les huiles organiques soient séparées au départ. L’incinération des huiles contenant des impuretés telles que les polychlorures de biphényle (PCB) utilisés dans l’industrie des machines-outils pour éliminer les copeaux des pièces d’usinage, libèrent de la dioxine et requiert des procédés trop coûteux. Il existe deux procédés de récupération des huiles usagées minérales, à savoir :

le raffinage : il est envisageable pour des résidus « propres », exempts de PCB ; le raffinage conduit à la fabrication de nouvelles huiles de base qui, après traitement, permettent d’obtenir de nouveaux combustibles utilisables en entreprise ;

l’incinération : elle produit de la chaleur que l’on peut récupérer et réutiliser comme combustible sur le lieu d’émission ou dans d’autres industries situées à proximité. Cependant l’incinération des huiles minérales libère des gaz et des substances très toxiques contenant du zinc, du plomb et autres composés métalliques. Les huiles organiques, telles que les huiles de fritures ne peuvent être récupérées que pour la fabrication de nourritures pour les animaux, des graisses et des savons à usages techniques et domestiques.

7.

Le cas des pneus usagés

: L’accroissement rapide du parc automobile dans les villes génère

des vieux pneus encombrants. Ces derniers peuvent être recyclés par plusieurs approches :

par rechapage ou regommage ou encore recaoutchoutage, : à chaud, le rechapage des pneus usagés consiste à revêtir d’une bande de roulement neuve après avoir enlevé la bande de roulement usagée et apposé du caoutchouc brut que l’on reprofile et chauffe à 150°C pendant 40mn. Le rechapage à froid consiste à apposer sur la carcasse une bande de roulement reprofilée au départ puis à introduire l’ensemble dans un four chauffé à 90°C. Les pneus rechapés coûtent moins cher (25% du prix de revient) et permettent de réaliser des économies d’énergie

considérable (moins de 50% de carburant utilisé lors du rechapage qu’à la fabrication de pneus neufs) ;[LPPS, 91].

par incinération et récupération d’énergie : ce procédé est très utilisé dans les cimenteries ou pour la production d’eau chaude ou de vapeur d’eau ; le PC d’une tonne de pneus usagés équivaut à 850kg de fuel de chauffage. Cependant, l’incinération des pneus usagés pose le problème de rejet d’importante quantités de soufre, de zinc et de suies dont l’élimination est onéreuse.

comme matériaux de construction : les vieux pneus sont utilisés dans les travaux de génie civil pour le remblaiement des zones marécageuses, comme supports d’ancrage (étayage) en assainissement des talus, pour le soutènement des pentes, comme granulats en caoutchouc, et comme éléments de répartition des charges dans la voirie en cas de sol de fondation peu résistant.

D’une manière générale, la récupération ne sera envisageable en Afrique que si les déchets solides produits sont suffisamment « riches » en résidus à récupérer ; ce qui n’est pas le plus souvent le cas. [ENDA, 90]. La participation du secteur informel dans le circuit de récupération est remarquable en Afrique. Cependant cette participation n’est pas encore suffisamment pris en compte dans les différents plans d’action des municipalités, alors qu’elle pourrait avoir une influence notable sur l’économie des investissements à effectuer dans la gestion globale des déchets solides municipaux.

- Le recours à la récupération et au recyclage des ressources comme méthode de traitement des déchets devra se justifier dans les cas de figure où l’analyse économique de cette filière n’est économiquement rentable pour la municipalité, comparée à la méthode conventionnelle (en l’occurrence la mise en décharge) de traitement que l’on voulait substituer ou combinée.

L’évaluation des flux des matière recyclées demeurent très complexes en Afrique Sub- saharienne. Elle nécessite en effet des enquêtes de longue durée, et plusieurs études effectuées dans ce sens ne se sont intéressées jusqu’ici, qu’aux volets domestiques de la récupération 4 , au niveau des décharges municipales ou dans les décharges sauvages. Les déchets provenant des secteurs industriels et administratifs sont souvent oubliés

III.4.4 L’incinération des déchets

4 Eveline WASS et O. DIOP : Economie populaire du recyclage des déchets à Dakar. in [ENDA, 90], pp 105-128.

L’incinération des déchets solides municipaux est une autre forme de valorisation de ces derniers.

Cette méthode est trop coûteuse et contraignante.

A/- Les conditions requises

L’incinération des déchets municipaux exige avant son adoption que certaines conditions soient

respectées. Parmi ces conditions, on peut citer entre autres :

1. le PCI des déchets doit être approprié ;

2. la possibilité de récupérer, de valoriser ou de réutiliser la chaleur issue des incinérateurs ;

3. l’existence de mesures d’intervention ou d’atténuation en cas de pannes dans les installations ;

4. la possibilité d’éliminer les résidus d’incinération (encore appelés scories) et de traitement des

eaux usées ;

5. la nécessité de disposer d’équipements de dépoussiérage et d’épuration des fumés ;

6. l’exigence que les résidus d’incinération comportent au maximum 3% de substances imbrûlées ;

7. l’exigence de collecter et de transformer les scories en produits réutilisables ou traités en vue de

leur stockage définitif dans une décharge contrôlée.

Le respect de ces conditions est nécessaire bien que les coûts y afférents soient élevés.

B/- Fonctionnement d’une usine d’incinération et bilan des flux dans un incinérateur

Les principales étapes suivies par les déchets solides urbains dans une usine d’incinération sont les

suivantes :

les déchets collectés sont acheminés dans l’usine par des camions qui sont pesés à l’entrée sur

un pont à bascule prévu à cet effet ;

le contenu de chaque camion est vidangé dans des silos à déchets sous pression pour empêcher

les échappés de poussières 5 ;

les déchets sont ensuite mélangés et broyés ou déchiquetés puis, introduits régulièrement dans

une trémie du four pour brûlage entre 800 et 1000°C ;

les scories sont enfin extraites dans des bassins remplis d’eau froide avant d’être transportées

dans des silos de stockage puis vers la décharge.

Le schéma général des flux à l’intérieur d’une usine d’incinération est celui présenté par la figure

ci-dessous. [LPPS, 91]. 770 kg de: gaz pur et de vapeur d’eau 5 en Suisse,
ci-dessous. [LPPS, 91].
770 kg de: gaz pur et
de vapeur d’eau
5 en Suisse, 1 tonne de déchets municipaux regorge environ 25 à 30kg de poussières. [LPPS, 91].
substances organiques
kg de
hets

32

Figure 7 : Flux de matières à l’intérieur d’un incinérateur. [LPPS, 91].

C/- La récupération de chaleur produite dans un incinérateur

La première fonction d’une usine d’incinération est de brûler les déchets et la seconde est la récupération optimale de la chaleur qui y est produite. Dans une usine d’incinération, on peut convertir la chaleur produite pour des besoins en électricité ou de chauffage thermique. La conversion en énergie électrique se fait grâce à la vapeur d’eau qui actionne une génératrice par le biais d’une turbine ; cependant le rendement reste encore faible à nos jours 6 . La conversion en vue du chauffage thermique se fait par la transmission directe de chaleur sous forme de vapeur d’eau chaude ; les rendements sont relativement élevés et varient entre 70 et 75%.

Le pouvoir calorifique (PC) varie essentiellement en fonction de la composition et du taux d’humidité dans les déchets.

Tableau : Ordres de grandeur de PCI de certaines matières en Suisse.

Matières

Valeur du PCI (en kJ/kg)

Matières

Valeur du PCI (en kJ/kg)

déchets urbains

13.000

bois de chauffage

16.000

fuel de chauffage lourd

38.000

fuel de chauffage léger

41.000

gaz naturel

65.000

   

D/- Les contraintes majeures dans une usine d’incinération

Dans une usine d’incinération, on est toujours confronté à plusieurs types de contraintes dont les plus marquantes sont entre autres :

les émissions dans l’atmosphère de substances polluantes très dangereuses (anhydride sulfureux,

acide chlorhydrique, fluorure d’hydrogène, plomb, zinc, cadmium, mercure, etc.) ;

6 Ce rendement n’est que 17% en Suisse où 1 tonne de déchets incinérés produit seulement entre 350 et 400 kWh d’électricité.

les difficultés éprouvées pour épurer les fumées avant leur rejet dans le milieu récepteur ;

Tableau : Teneur et charge annuelle en substances polluantes relevées dans les différents résidus par les usines d’incinération en Suisse. [LPPS]. pp 229.

 

Déchets

Scories

Cendres

Boues (épuration des fumées)

Eléments

(électrofiltres)

Teneur

Charge par an (en tonnes)

Teneur

Charge par an (en tonnes)

Teneur

Charge par an (en tonnes)

Teneur

Charge par an (en tonnes)

(en ppm)

(en ppm)

(en ppm)

(en ppm)

Chlorure

8.000

20.000

2,80

1.680

55

2.200

5

30

Plomb

500

1.250

1,30

780

7,7

308

3

18

Cadmium

10

25

0,01

6

0,5

20

0,1

0,6

Mercure

4

10

0,0002

0,12

0,02

0,8

1

6

Zinc

1.500

3.750

2,8

1.680

26

1.040

8

48

Cuivre

400

1.000

1,6

960

1,5

60

0,3

1,8

Comme l’indiquent les données du tableau ci-dessus, plusieurs types de substances très toxiques et dangereuses sont rejetées dans l’atmosphère en des teneurs élevées. Les fumées des incinérateurs sont ainsi composées de plusieurs substances toxiques ; on distingue entre autres :

les poussières constituées de la suie et des composés métalliques dont l’augmentation de la concentration peut entraîner la formation de nuages toxiques ;

les métaux lourds : ce sont le mercure, le cadmium, l’étain, le zinc, le plomb, le cuivre, le chrome, etc. ; bien que certains de ces métaux lourds soient indispensables à l’homme (cuivre, zinc, manganèse) lorsqu’ils se présentent en quantités infimes, la plupart d’entre eux sont selon la forme et la quantité, toxiques et présentent des conséquences néfastes sur le système nerveux, le foie et les reins. Ils s’accumulent dans la chaîne trophique.

le chlorure d’hydrogène (ou acide chlorhydrique) et autres composés chlorés provenant de l’incinération des matières plastiques, des matériaux composite, sont néfastes à l’homme et irritent les yeux ;

le fluorure d’hydrogène, est un gaz incolore et toxique s’il est fortement concentré ;

l’anhydride sulfureux et l’oxyde d’azote (NOx) sont en quantité relativement peu élevée.

En Afrique, l’incinération est généralement pratiquée à petite échelle au niveau de la source de production des déchets où chez les « artisans-récupérateurs ». Cette forme d’incinération est cependant pratiquée de manière anarchiques surtout dans les quartiers pauvres non desservis par le service de ramassage des déchets solides qui sont malheureusement « impropres » à l’incinération à cause du taux d’humidité élevé et de la prépondérance de la matière organique biodégradable ayant un très faible pouvoir calorifique. Etant un procédé onéreux pour des municipalités pauvres, l’incinération ne peux être prescrite dans les grandes villes africaines que si l’option de la mise en décharge contrôlée est contraignante, sur le double plan économique et environnement ; en

(vitesse Vh)

Hydrolyse

Acidogénèse

(vitesse VA)

Acétogénèse

(vitesse Va)

Vm1

particulier s’il est constaté le manque de terrain suffisant pour accueillir les déchets produits sur une

durée acceptable ou bien si le prix d’acquisition de se terrain n’est pas économiquement rentable.

III.4.5 La biométhanisation

A/- Généralités sur la biométhanisation

La biométhanisation est une autre méthode de traitement biologique des ordures ménagères par

dégradation de celles-ci en l’absence d’oxygène. Ce processus conduit à la production de biogaz et

d’amendement organique Comme le présente la figure ci-dessous, la digestion méthanique

s’effectue en quatre phases :

Matières organiques particulaires (sous forme de

molécules complexes)

Matières organiques solubles

(molécules simples : peptides, acides aminés, sucres, etc.)

Acides gras volatiles (AGV) et alcool
Acides gras volatiles (AGV)
et alcool

Homoacétogénèse

Méthanogénèse

Acétates

et alcool Homoacétogénèse Méthanogénèse Acétates CH4 + CO2 (70%) CO2, H2 Vm2 CH4 + H2O (30%)

CH4 + CO2

(70%)

CO2, H2

Vm2 CH4 + H2O (30%)
Vm2
CH4 + H2O
(30%)

Figure 8 : Etapes biochimiques de la digestion anaérobie. [HEDUIT, 93], [DE LA FARGE, 95], (in [NGNIKAM,

00], pp. 52]. Remarque : les vitesses de réaction de chaque phase sont telles que Vh<Vm1<Va<VA<Vm2

1. la phase d’hydrolyse par laquelle les macromolécules organiques se trouvent décomposées en

produits simples ;

2. la phase d’acidogénèse qui conduit à la formation d’acides gras volatiles (AGV) ; dans ces

deux premières phases, les molécules sont hydrolysées en monomères aux côtés des autres

molécules simples, et transformées principalement en acides gras volatiles, en H 2 et CO 2 .

3.

la phase d’acétogénèse qui transforme les AGV en acide acétique et les intermédiaires métaboliques en acétate, en hydrogène et en gaz carbonique grâce à l’action des bactéries méthanogènes qui métabolisent les acétates et l’hydrogène avec le gaz carbonique. ;

4. la phase méthanogénèse qui représente la phase ultime de production de méthane à partir d’acide acétique, du gaz carbonique et de l’hydrogène produits aux étapes précédantes. Elle est plus lente et peut conduire à l’accumulation d’acide acétique.

B/- Principaux paramètres influençant le processus

Les paramètres suivants influencent le processus de méthanisation :

1-

la température : selon les préférences de la flore et de la faune anaérobies, on distingue les bactéries psychrophiles dont la température optimale de croissance varie entre 15 et 25°C, les mésophiles (entre 30 et 45°C) et les thermophiles (entre 55 et 65°C). La température optimale pour une bonne méthanisation est d’environ 35°C ;

2-

le pH optimale : pour la méthanisation, le pH se situe autour de 6,5 et 8 ; la chute du pH est signe du dysfonctionnement caractérisé par la production d’AGV supérieure à la consommation ; ce qui peut bloquer la production du gaz en l’absence d’intervention rapide ;

3-

la charge organique : elle caractérise la composition de substrat : plus les substrats sont très fermentescibles, plus il faut éviter les surcharges qui risquent de déséquilibrer le processus et acidifier le milieu par suite de la production accrue d’AGV ;

4-

le taux d’humidité : un taux d’humidité élevé dans les déchets entraînerait une augmentation du taux de production de gaz. La production serait maximale pour un taux d’humidité proche de la saturation, et elle serait inhibée pour des valeurs inférieures à 10%. Le taux optimal est compris entre 60 et 70%. [HEDUIT, 93] ;

5-

les besoins nutritionnels : un rapport C/N voisin de 20 – 30 ou un rapport C/P entre 100 et 150 serait optimum pour une bonne méthanisation. Trop de sulfate réduirait les populations méthanogénes. [DE LA FARGE, 95].

C/- Différents type de digesteurs

La méthanisation se déroule dans des réacteurs digesteurs qui peuvent être de types continus, semi- continus ou discontinus.

1-

Le digesteur discontinu : il fonctionne selon le cycle suivant : charge fermentation jusqu’à épuisement du substrat opérations de déchargement. Il est adapté aux produits tels que les fumiers et les ordures ménagères. Le processus est lent, irrégulier et nécessite l’utilisation de trois réacteurs au minimum et des batteries de cuve pour maintenir une production constante de gaz. En 40 jours, on peut obtenir un rendement volumique moyen journalier de 1m 3 de biogaz par m 3 de réacteur. Un de ce prototype a été réalisé au Burkina Faso par la CIEH. [HEDUIT, 93].

2-

Le digesteur semi-continu : le modèle indien ou chinois est caractérisé par un chargement de substrat en quantité et en qualité variables, une évacuation fractionnée des digestats et la nécessité de les arrêter pour les nettoyer. Il est adapté aux effluents liquides ou solides à faible teneur en composés lignocellulosiques. Il peut, comme les précédents, être enterré. Le temps de séjour est d’environ 100 jours. Il est simple de conception et de construction et peut être réalisé avec des matériaux locaux (briques de terre, etc.). L’inconvénient réside sur le stockage des boues qui réduit le volume du réacteur et le temps de séjour. Il demande donc un curage régulier. Le rendement moyen journalier est d’environ 0,5m 3 de biogaz par m 3 de digesteur.

3-

Le digesteur continu : il est le plus fréquent en Afrique de l’Ouest et utilise le « procédé piston ». Il est simple et n’est pas muni de système d’agitation des substrats. Il ne chauffe pas en général.

D/- Quelques expériences de méthanisation en Afrique et dans le monde

Les expériences de méthanisation en Afrique ont porté sur les résidus de récolte et d’élevage en zone rurale, à l’échelle familiale ou communautaire, en appui pour la lutte contre la désertification dans les pays du Sahel. Les principaux exemples en Afrique sont localisés entre autres :

1. au Bénin, l’expérience de production du biogaz a démarré en 1983 avec des unités pilotes de type chinois dans le cadre du projet « Création et développement d’unités de biogaz ». Celle du centre Songhaï à Porte Novo est un bel exemple à suivre et à développer.

2. au Burkina Faso où les premiers travaux de méthanisation datent de 1976, avec le soutien du Comité Inter-Africain d’Etudes Hydrauliques (CIEH), de l’Institut de recherche Agronomique Tropicale (IRAT) et le CIRAD sous financement du Commissariat à l’Energie Solaire (COMES). Ce programme a rencontré les difficultés d’ordre technique (surcharge de la cuve, fissuration et fuite de gaz au niveau des digesteurs, insuffisance de la matière organique à proximité, éloignement du point d’eau pour l’immersion de la matière organique, etc.) et socioculturel (manque d’information et de motivation des usagers, insuffisance du personnel d’animation et d’encadrement, etc.)

3. au Cameroun, où le Centre National d’Etudes et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) a installé depuis 1979 plus de 29 installations de biogaz (de 1 à 10m3) en zone rurale pour mettre à disposition à partir des ressources localement disponibles, de l’énergie issue du biogaz et de l’amendement provenant du compostage des digestats. Malheureusement ce programme sera arrêté en 1986, suite aux difficultés financières.

4. au Mali où le programme biogaz avait été lancé en 1984 suite à l’Atelier Technologique de Sira Kéfé. Jusqu’en 1995, 70 digesteurs (de types chinois) ont été réalisés avec la formation de 200 stagiaires ruraux dont 12 spécialistes villageois. L’objectif était de satisfaire aux besoins d’éclairage et de cuisson à travers de petites unités familiales ou communautaires au niveau des villages. Malheureusement ces unités n’ont pas fonctionné longtemps du fait de l’absence d’entretien du système, de l’insuffisance de la sensibilisation, de l’animation et de l’information des usagers, et de l’insuffisance d’organisation communautaire dans les villages et de motivation des spécialistes villageois chargés de la maintenance des systèmes.

5. au Niger, le programme biogaz a démarré en 1980 avec l’installation du centre pilote de Lossa constitué de trois digesteurs de 5m3 et de deux gazomètres. D’autres unités de 5 à 60m3 sont prévues dans certains villages.

6. au Tchad, un centre pilote a été expérimenté avec succès par la Faculté des Sciences de l’Université de N’Djamena, pour traiter les déchets d’abattoirs et des marchés de la ville. [BINTOU, 95]

7. au Togo, trois unités ont vu le jour à Avelon (50m3) Mango (10m3) depuis 1979 lors du début des recherches sur le biogaz entreprises par l’Université du Togo (Ecole d’Agronomie). Il est prévu de construire 25 unités de 10m3 dans le pays.

Les expériences de méthanisation sont réalisées en Afrique dans le cadre des financements par des bailleurs de fonds internationaux, et ne survivent pas pour la plupart après l’arrêt des subventions. La non-implication des usagers dans le processus de choix technologique n’encourage pas l’appropriation de la gestion de l’installation par les bénéficiaires. Une des causes des échecs constatés est d’une part, l’insuffisance des études de faisabilité socio-économique, culturelle et technique avant le choix et la mise en place du système et d’autre part le mauvais dimensionnement

des installations (choix arbitraire des volumes des digesteurs sans connaissance de la quantité de substrats disponibles et des besoins énergétiques réels de la communauté bénéficiaire).

VI/- PARAMETRES D’ANALYSE ECONOMIQUE D’UN SYSTEME DE GESTION DES DECHETS SOLIDES

L’étude économique du système de gestion est une partie importante pour le choix définitif de la filière adapté au contexte considéré. Il s’agit d’un instrument essentiel permettant la prise de décision en matière de gestion des déchets solides urbains. L’analyse économique de ce système doit prendre en compte :

les investissements au niveau de toutes les étapes de la filières : précollecte, collecte, aménagement des sites de transit (lorsque cela s’impose), installation de la décharge contrôlée ;

les frais de fonctionnement concernant : les salaires du personnel, les carburants et lubrifiants, le matériel de rechange, les frais d’entretien et de maintenance des équipements, les taxes diverses, les assurances, les frais d’administration du système, etc.

L’analyse économique permet donc d’évaluer systématiquement les coûts et les profits avant toute action.

VI.1/- Finalité de l’évaluation économique du projet

L’étude économique du système de gestion des déchets solides doit aboutir à la détermination de deux paramètres importants :

la dépense moyenne par habitant (sur une période journalière, mensuelle ou annuelle) ;

la dépenses moyennes par tonnage selon la période adoptée ; cette dernière doit intégrer l’amortissement des équipements acquis dans le cadre du projet.

Le calcul des amortissements dépend essentiellement du type de matériel et les ratios suivants sont souvent utilisés pour l’estimer. [HEBETTE, 96], [NGNIKAM et al, 97].

Tableau : Ratios d’amortissement utilisés pour quelques équipements.

Type d’équipements

Période d’amortissement

petit matériel de précollecte et de collecte (équipements des éboueurs, pelles, râteaux, pioches, machettes, fûts de 50-100 litres, etc.)

2

à 3 mois

matériel de précollecte (charrettes, etc.)

1

à 2 ans

véhicule de collecte

5

à 10 ans

conteneurs (6 – 16 m3)

2

à 3 ans

décharges contrôlées

15

à 30 ans

sites de transit

15

à 20 ans

VI.2/- Paramètres à considérés

L’évaluation financière d’un système de gestion des déchets solides tiendra compte des rubriques suivantes :

Rubriques

Investissements

Paramètres nécessaires

coût d’acquisition des différents types de matériel (conteneurs, pont–à bascule éventuellement, pelles chargeuse, compacteur, bulldozer, etc.) ;

 

mise en place d’un site de transfert et/ou d’une décharge contrôlée : achat de terrain, branchement aux réseaux d’eau et d’électricité, travaux de génie civil

divers (études hydrogéologiques, études d’impact, , réhabilitation, etc.).

Exploitation

personnel (chauffeurs, mécaniciens, éboueurs) et charges sociales (assurances, etc.) ;

amortissement du matériel utilisé ;

 

entretien et maintenance des équipements ;

carburants et lubrifiants pour transport aller – retour (points de collecte décharge) ;

exploitation des décharges contrôlées, éventuellement des sites de transite et de valorisation (compostière) ;

Frais divers

information des acteurs y compris les usagers ;

administration (cadres administratifs, personnel d’appui, communications, etc.) ;

immobilisation du matériel roulant de secours (10-15% du matériel roulant) ;

pièces de rechange (10 - 15% du coût total du parc) ;

Les étapes conduisant à l’évaluation financière du système choisi sont les suivants, [HEBETTE, 96],

[NGNIKAM, et al., 95], [GILLET, 85] :

Tableau

: Paramètres à considérer dans l’évaluation économique d’une filière de gestion des déchets solides municipaux.

Paramètres

Détails

Unité

 

effectifs de la population (et éventuellement le nombre de ménages)

 

hab.

Production

production moyenne journalière par tête d’habitant

kg/hab./j

locale des

densité moyenne des ordures

kg/m 3

déchets

production totale journalière

 

t/j

coefficient de pointe du lundi

 

%

nombre de jours de service de ramassage par semaine (en général =6)

j/sem.

volume total hebdomadaire d’ordures ménagères

m

3 /sem.

volume total par jours de service

 

m

3 /j

 

distance moyenne par rapport à la décharge

 

km

vitesse moyenne d’une rotation

km/h

rendement du chargement du camion de collecte

kg/mn

temps mis pour la collecte (entre points de regroupement)

 

mn

temps de transport vers la décharge contrôlée

 

mn

temps de manœuvrage (pesage et vidage) dans la décharge

 

mn

nombre de chauffeurs

 

Hoe.

nombre d’éboueurs

 

Hoe.

effectif total du personnel de terrain

 

pers.

Technique et

personnel technique dans la décharge

 

Hoe.

matériel de

personnel administratif (cadres et assistants d’appui)

 

Hoe.

collecte

nombre d’heures de travail par jour pour le personnel

 

h

nombre total de jours de travail par semaine du personnel

 

H-J

nombre total de jour de service par an

jours

prix d’achat du matériel

fCFA

durée d’amortissement

 

ans

prix du carburant (gasoil ou essence)

fCFA/l

pièces détachées

 

%

consommation de carburant pour la collecte

 

l/h

 

consommation de carburant pour le transport

l/km

prix pneumatique

fCFA

 

nombre de rotation des véhicules par jour de service

tours/j

nombre de véhicules en service

 

nombre de véhicules immobilisés

 

Résultats des

nombre total de véhicule

 

calculs

distance moyenne journalière d’un véhicule

km/j

distance moyenne annuelle d’un véhicule

km/an

distance totale des véhicules par an

km/an

consommation journalière d’un véhicule

litres/j

consommation annuelle des véhicules

litres/an

quantité totale annuelle d’ordures mises en décharge

tonnes/an

Paramètres

Détails

Unité

Coût

coût d’amortissement technique (pour chaque type de matériel)

fCFA

d’exploitation

Fonctionnement des équipements

 

frais de carburant

 

frais de lubrifiant (5 – 10% des frais de carburant)

fCFA

frais d’entretien et de réparation divers (15% prix d’achat du parc)

fCFA

frais de remplacement de la pneumatique (une unité/30.000km)

fCFA

assurance des équipements (4 – 5% du prix d’achat)

fCFA

Personnel

 

salaire et primes du personnel

a

fCFA

charges sociales (50 – 75% des salaires et primes)

b

fCFA

provision pour congé (15% de a+b)

c

fCFA

frais d’administration et d’encadrement (15% de a+b+c)

fCFA

Coût d’exploitation annuel du système

 

coût d’exploitation annuel des véhicules

 

coût d’exploitation annuel du personnel

 

coût des investissements

 

coût total des véhicules

 

coût total des pièces de rechanges (10% du coût des véhicule)

 

Ratios annuels

 

dépenses annuelles par habitant

fCFA/hab./an

dépenses annuelles par tonnage

fCFA/t/an

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