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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI

M.B.F : 2007/2008

L’environnement des entreprises Marocaines a connu de profondes mutations


au cours de ces dernières années. Surtout que la plupart des économistes Marocains
parlent de défis que nos entreprises doivent en faire face, en particulier les Petites et
Moyennes Entreprises (PME) qui font ces dernières années un sujet remarquable et
important. Sur le plan économique, la libéralisation de notre commerce extérieur,
l’adhésion à l’O.M.C, les accords et conventions passées avec plusieurs pays (Union
Européenne, Etats-Unis, Turquie, Emirats Arabes Unis, Egypte, …etc.) ainsi que le
phénomène de Mondialisation ont des répercussions fortes sur ces entreprises en
terme de leur compétitivité. Sur le plan juridique, la réforme fiscale, la réforme de la
loi bancaire, la réforme du marché de capitaux,…etc. constituent des exigences
beaucoup plus sévères en terme de rigueur et de transparence.

Ces mutations et défis se sont accompagnés par une relative modernisation des
structures de l’économie (qui reste toujours une économie de rente), des entreprises et
de ses responsables ou proprement dit ses managers et ses propriétaires. Sur ce
nouveau contexte, les entreprises sont soumises à une véritable obligation de résultat
en créant de la valeur pour les différentes parties prenantes de l’entreprise et plus
particulièrement les détenteurs du capital. Mais, la question qui se pose quel
instrument peut on utiliser pour juger cette création de valeurs ? La réponse peut être
multiple, on peut se référer aux évaluations de l’entreprise, ou comme c’est le cas de
ce mémoire, une analyse financière ou diagnostic financier de l’entreprise à partir de
ces documents comptables.

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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L’objet donc de l’analyse et du diagnostic financiers est de faire le point sur la
situation de l’entreprise en mettant en évidence ses forces et ses faiblesses. Ainsi, les
orientations de l’analyse financière seront fortement influencées par les contraintes
majeures de l’entreprise (le risque par exemple). De la même façon, ces orientations
dépendront à la fois des objectifs poursuivis par l’analyste et de la position des
différents utilisateurs.

C’est dans cette perspective que s’inscrit ce mémoire de fin d’études, dans
lequel on a essayé de limiter un peu son thème qui est vague et pleins de notions et de
difficultés conceptuelles et méthodiques.

Dans le premier chapitre de ce travail, est exposé le concept fondamental de


Diagnostic Financier en posant les deux questions majeures à savoir le pourquoi (le
but) et le comment (la démarche), tout en citant une typologie de D.F, les grands
objectifs du Diagnostic, et une introduction à la comptabilité tout en se fixant à l’esprit
qu’on étudie les concepts dans une approche financière. Cela va nous amener à
aborder le passage du bilan comptable au bilan financier en citant les retraitements et
les reclassements financiers du bilan comptable, ainsi qu’un passage en revue des
outils de l’Analyse Financière à savoir le Compte de Produits et Charges (C.P.C) et de
l’état de Soldes de Gestion (E.S.G).

Pour le deuxième chapitre qui a comme préoccupation l’analyse de l’équilibre


financier. Le Fonds de Roulement (F.R), et le Besoin en Fonds de Roulement (B.F.R)
et la Trésorerie commandent l’équilibre financier à court terme et constituent pour les
analystes financiers une préoccupation principale, font l’objet du premier titre. Le
deuxième titre est consacré aux moyens de mise en œuvre de l’analyse financière, et
particulièrement la méthode des Ratios (externe, statique) et le Tableau de
Financement (interne ou encore dynamique).

Par ailleurs, l’objectif de ce mémoire est de coller la partie théorique à la


réalité des Entreprises Marocaines, et cela sera fait dans le troisième chapitre qui va
prendre en considération une étude de cas d’une Petite et Moyenne Entreprise

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Marocaine. certes, un échantillon réduit mais qui va permettre d’illustrer presque tout
ce qui est dit dans les deux premiers chapitres de ce travail.

En utilisant une méthodologie déductive, qui s’appuie sur une partie théorique
et une partie pratique, et didactique qui présentent les concepts d’une manière simple,
précise, brève, et claire. On peut tirer certaines conclusions et pourquoi pas se
permettre d’adresser certaines recommandations, chose qui va faire l’objet de notre
quatrième chapitre.

Il faut signaler enfin, que ce mémoire de fin d’études a trouvé son origine et sa
raison d’être dans la formation supérieure polyvalente du Master Monnaie, Banque et
Finances, et qui permet de mieux situer l’entreprise dans son environnement surtout
monétaire et financier.

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Chapitre 1 :

Introduction à l'Analyse Financière.

Pour s’introduire à l’Analyse Financière, il s’avère important de comprendre


certains concepts et mots clés. Le diagnostic financier, comme il est détaillé ci après,
peut être définit comme étant une démarche, qui s'appuie sur l'examen critique de
l'information comptable et financière fournie par les dirigeants de l’entreprise à
destination des tiers, et qui commence par la collecte des informations, l’analyse
attentive de ces informations, et la mise en œuvre des indicateurs significatifs. Les
utilisateurs de l’information comptable et financière sont différents selon la personne
qui rédige le diagnostic, il peut être à l’interne de l’entreprise (l’analyste financier de
l’entreprise), ou bien externe (banquier, actionnaire, …etc.), cette diversité des
utilisateurs se traduit par l’existence de deux types de diagnostic financier qui sont le
Check up et le diagnostic de type Curatif (disons soignant). Selon la théorie financière
en général, la théorie financière de l’entreprise en particulier, l’objectif de toute
gestion est d’arriver à maximiser la valeur le plus possible. Ce sont les objectifs
qu’essaient tous les intervenants d’évaluer, et cela donne naissance à une diversité des
objectifs recherchés par l’entreprise elle-même ou bien par les autres intervenants
(actionnaires et grand public, créanciers, salariés).

Pour faire le passage du bilan comptable au bilan financier, on juge obligatoire


et important de répondre et de comprendre qu’est ce qu’un bilan (Actif et Passif et
Trésorerie). Un passage qui se conjugue par une série de retraitements et de
reclassements du bilan. Après avoir fait ce passage, on passera ensuite à présenter le
Compte de Produits et Charges (C.P.C) tout en exposant les trois concepts
fondamentaux de bénéfice, Rentabilité et liquidité, ce qui permet de soulever les
différents Résultats (d’Exploitation, Financier, Courant, Non Courant, Avant Impôt, et
Net). Enfin, il reste à traiter le dernier outil permettant de savoir comment l'entreprise

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génère sa rentabilité, c'est l'état de Soldes de Gestion (E.S.G) qui va servir à
déterminer les différents résultats (Marge Brute, Production de l'Exercice, Valeur
Ajoutée, Excédent Brut d'Exploitation, Résultat d'Exploitation, Résultat Courant, et le
Résultat Net).

I. Le Diagnostic Financier (D.F).


A. le Diagnostic Financier :

L’analyse financière a un caractère rétrospectif. Elle porte sur l’évolution


passée et les caractéristiques constatées au moment de l’analyse. Elle se distingue
ainsi des travaux de gestion prévisionnelle orientés vers l’action.

L’analyse financière comporte cependant une phase de synthèse et


d’interprétation, ou diagnostic financier, dont l’objet est de prévoir et d’anticiper les
risques, et en particulier les risques financiers, qui menacent l’entreprise. En effet, la
situation constatée à un moment donné contient potentiellement les éléments de
transformation de cette situation. Le prolongement des tendances constatées au cours
d’une période peut également permettre d’anticiper l’évolution de la situation
financière en tenant compte des éléments nouveaux susceptibles d’intervenir. Rien ne
saurait cependant remplacer en ce domaine, et sous réserve de la disponibilité et de la
fiabilité de l’information prévisionnelle, l’élaboration de documents financiers
prévisionnels.

La qualité du D.F va dépendre d’une part, de la démarche suivie par l’analyste


financier lors du traitement des informations disponibles et de l’élaboration des
indicateurs fondamentaux, d’autre part, de son expérience des problèmes des
entreprises. La phase du diagnostic, si elle privilégie les aspects financiers, déborde
largement ce cadre et doit s’appuyer sur l’ensemble des aspects économiques et
sociaux de la vie des organisations.

a. Objectifs du Diagnostic Financier :

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Selon ses objectifs, l’analyste financier étudiera plus particulièrement certains
aspects de la situation financière de l’entreprise. Son développement et son
fonctionnement repose sur l’aménagement d’une double contrainte financière de
solvabilité et de rentabilité.

Un banquier qui prête à long terme se préoccupe de la capacité bénéficiaire de


l’entreprise, de la part des charges financières dans les résultats de l’entreprise et de sa
structure financière. S’il prête à court terme, il étudiera la liquidité de l’entreprise, la
saisonnalité de son activité et sa sensibilité face aux fluctuations de la conjoncture.
L’approche sera encore différente pour le fournisseur qui va accorder un crédit
fournisseur important ou un groupe qui désire acquérir cette entreprise.

Quels que soient les objectifs, un bon diagnostic nécessite l’étude des deux
dimensions de la situation financière de l’entreprise à savoir : l’équilibre financier et la
mesure de la rentabilité des capitaux investis. Ces deux objectifs permettront d’évaluer
le degré d’autonomie de l’entreprise et éventuellement sa valeur sur le marché.

1) L’équilibre financier :

L’équilibre financier et les conditions de financement peuvent être appréciés


soit à un moment donné soit sur une période. On distinguer ainsi l’analyse statique du
bilan de l’analyse dynamique des flux financiers (chose qu’on va détailler un peu plus
loin dans ce mémoire).

L’analyse statique est fondée sur l’étude de la structure du capital de


l’entreprise (actif et endettement). La méthode utilisée est la confrontation des
différents éléments complémentaires ou opposés de cette structure sous forme d’écarts
(le Fonds de Roulement comme exemple) ou de rapports (les Rations). L’analyse
dynamique mesure les transformations du volume et de la structure du capital sur
plusieurs périodes successives. Elle est fondée sur la mesure et l’analyse des flux
financiers (voir ci après).

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L’étude de l’équilibre financier distingue très nettement l’équilibre financier à
long terme et le problème du financement et l’étude de la trésorerie, c'est-à-dire
l’étude des conditions de l’ajustement des flux financiers à court terme. L’indicateur
d’équilibre à long terme le plus souvent utilisé est le Fonds de Roulement défini
comme l’excédent des capitaux à long terme sur les emplois à long terme, cette notion
diffère de la notion comptable de Fonds de Roulement Net Globale.

2) La rentabilité :

L’étude de la rentabilité a pour objectif de déterminer la rentabilité des


capitaux engagés dans l’entreprise. Elle met essentiellement en œuvre la méthode des
ratios. On fait la distinction entre deux notions : la rentabilité économique qui traduit
l’efficacité de l’entreprise dans la mise en œuvre de son capital économique, et la
rentabilité financière qui mesure le rendement du placement financier des investisseurs
(actionnaires et créanciers).

b. La démarche de Diagnostic financier :

Tout diagnostic s’appuie nécessairement sur une méthodologie composée de


deux étapes ou plus à savoir :

- La collecte des informations ;

- Le traitement et l’analyse de ces informations ;

- La sélection et la mise en forme d’indicateurs significatifs.

1) La collecte des informations :

Les informations collectées par peuvent être d’origine intérieure ou extérieure


et sont variables suivant la position de l’analyste financier (responsable financier de
l’entreprise, banquier, expert comptable, …etc.). Cependant, dans le cas d'un
diagnostic général, l’outil privilégié et utile pour l'enquêteur est de disposer d'un
certain nombre de documents financiers de synthèse issus du système comptable,
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notamment les bilans, les comptes de Produits et Charges, les annexes, c'est-à-dire les
états de synthèse des 2 ou 4 dernières années.

2) L’analyse des informations :

L'analyse financière permet à l'enquêteur de s'informer d'une manière détaillée


du fonctionnement de l'entreprise et de sa situation.

L'analyse permet de déceler les points forts et les points faibles de l'entreprise,
elle permet également à l'enquêteur d'évaluer la situation financière de l'entreprise
d'une manière plus objective et réelle.

3) La sélection des indicateurs significatifs :

Ces indicateurs sont construits sur la base des informations retraitées dans la
perspective du diagnostic financier, c'est-à-dire offrant le moins possible de difficultés
d’interprétation financière. L’analyse ne doit pas se limiter à l’étude des documents
financiers relatifs à un seul exercice comptable mais couvrir la période la plus longue
possible, afin de mettre en évidence les évolutions voulues ou subies par l’entreprise.
L’interprétation du niveau des indicateurs est souvent faite sur la base des
comparaisons dans le temps ou de références professionnelles et sectorielles. La
qualité de l’interprétation repose surtout sur la capacité à bien cerner les spécificités de
l’entreprise et de son environnement.

c. Les types du diagnostic :

La diversité des utilisateurs de l'analyse financière, selon que l'analyste se


trouve à l'intérieur ou à l'extérieur de l'entreprise et la multiplicité des objectifs fait que
les outils et les démarches d'analyse sont variés. On peut distinguer dans ce cadre deux
types de diagnostic utilisés dans la pratique à savoir :

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1) Le check-up :

Le check-up à titre préventif permet de faire périodiquement le point de la


situation. La périodicité du check-up peut varier entre 3 à 5 ans selon l'évolution de
l'entreprise et la conjoncture socio-économique.

Le check-up permet de révéler à temps les points forts et les points faibles de
l'entreprise et palier les inconvénients qu'ils occasionnent.

2) Le diagnostic de type Curatif :

Le diagnostic type Curatif est généralement provoqué par une perturbation ou


une déficience dans le fonctionnement de l'entreprise causant des résultats négatifs
pour sa survie.

Cette déficience concerne généralement la situation financière, ou la rentabilité


de l'entreprise, comme elle peut être imputable à une activité donnée de l'entreprise
(qualité des produits ou mauvaise politique de commercialisation de ces produits).

Pour cela, il serait indiqué de procéder à un diagnostic de type Curatif qui peut
aider à détecter l'origine de la perturbation et de la déficience enregistrée dans
l’entreprise.

B. Les objectifs du Diagnostic Financier :

Les différentes informations comptables et financières disponibles vont servir


aux principaux acteurs de la vie des affaires, soit pour disposer d’un diagnostic, et
connaître les caractéristiques d’une situation à un moment donné, soit pour établir un
pronostic, la prévision d’une conjoncture à un horizon donné.

Il est évident que le diagnostic est la base et le préalable au pronostic mais seul
ce dernier peut être le support d’une décision financière interne à l’entreprise (décision

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d’investissement et de financement) et d’une décision financière externe (achat ou
vente d’actions pour les S.A). Le problème majeur que rencontre le diagnostic
concerne surtout les PME (Petites et Moyennes Entreprises). Ces sociétés sont souvent
vulnérables à l’évolution de leur secteur d’activité et à celle de la conjoncture. La
prévision de la défaillance a fait l’objet de nombreuses études, et une procédure
d’alerte a été définie pour prévenir les accidents de trésorerie.

Le succès de telles initiatives reste limité en raison de la nature des


informations dont on dispose. En effet, l’analyse financière de la décision
d’investissement met bien en évidence que l’équilibre futur de l’entreprise et
l’évaluation de son capital dépend de l’ajustement de flux financiers dans le futur.
L’analyse financière traditionnelle permet d’en apprécier un volet au travers de la
situation d’endettement et de l’importance de la prise de risque des associés, mesurée
par es capitaux propres. Dans une conjoncture largement ouverte à la concurrence, la
vulnérabilité des marchés est devenue parfois très grande. Aussi la situation financière
peut se détériorer gravement et rapidement sans que les outils d’analyse aient permis
de bonnes anticipations.

C’est la connaissance interne des marchés, de la technologie, des


innovations qui seule permet une anticipation de bouleversements susceptibles
d’affecter la situation financière de l’entreprise.

a. L’information financière :

L’analyse financière repose sur l’exploitation des données relatives au


fonctionnement et à la situation de l’entreprise à partir d’un certain nombre
d’instruments et de procédures simples. Elle aboutit à un diagnostic. Sa mise en œuvre
dépend donc principalement des conditions de collecte des données, de leur traitement
et surtout des objectifs visés.

Outre l’entreprise elle-même, de nombreux agents économiques sont concernés


par la situation financière d’une entreprise : actionnaires, prêteurs, salariés,
investisseurs, …etc. Leur situation est différente l’un de l’autre, tant du point de vue

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de collecte d’informations nécessaires que des objectifs visés, donc de la démarche
suivie.

L’information des tiers a retenu l’attention du législateur à différentes reprises


au cours de ces dernières années. Les informations obligatoires ne sont plus seulement
destinées aux propriétaires de l’entreprise, elles ont pour but d’informer l’ensemble
des acteurs de la vie économique.

b. Les conditions de l’analyse financière :

L’analyse financière porte sur le traitement des données comptables de


l’entreprise et des données économiques relatives à l’entreprise elle-même et à son
environnement. La collecte des données joue un rôle fondamental sur la nature de
l’analyse financière. Les responsables financiers de l’entreprise et les tiers sont dans
une situation très différente. Les premiers disposent de toutes les données comptables
et des informations sur leur condition d’élaboration. Ils connaissent également les
conditions dans lesquelles ont été prises les décisions qui se traduisent par des
résultats comptables et les objectifs visés par l’entreprise. Par contre, leur
connaissance de l’environnement et, en particulier, de la concurrence est souvent
limitée.

Parmi les tiers, il faut distinguer les entreprises, les banques, et les autres
institutions financières. Les entreprises sont généralement dans une situation peu
favorable pour apprécier la situation d’un concurrent ou des entreprises avec
lesquelles elles sont en relation. Si ces dernières ne sont pas tenues à la publication de
leurs résultats, il leur est souvent difficile d’avoir des informations sur un concurrent
ou d’en exiger d’un fournisseur ou d’un client. Elles peuvent parfois disposer de ce
que l’on appelle pudiquement « les renseignements bancaires ».

Au contraire, les institutions financières sont bien et mieux placés pour


accumuler systématiquement des informations sur différentes entreprises appartenant
au même secteur. Outre les informations publiées, les banquiers sont en mesure
d’obtenir des informations relativement détaillées sur les entreprises à qui ils
consentent des crédits. Ils disposent ainsi des bases de comparaison extrêmement
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utiles au sein des différents professionnels. Ces comparaisons jouent un rôle important
dans la formation d’un diagnostic. Par ailleurs, il faut reconnaître que bien que les
instruments utilisés soient simples, leur mise en œuvre efficace, en particulier au
niveau de l’interprétation des résultats, exige des compétences particulières.

c. Les objectifs de l’entreprise.

L’analyse financière constitue pour l’entreprise un instrument de gestion. Elle


peut intervenir dans des optiques très différentes suivant les problèmes posés.

1) Les décisions financières :

Les deux décisions principales, d’ailleurs liées, qui exigent une analyse
financière préalable détaillée, sont la décision d’investissement et la recherche des
moyens de financement.

Au moment d’établir un plan d’investissement et de financement dont la


réalisation va venir modifier profondément la structure d’actif et du passif, il est
indispensable de connaître la situation financière de l’entreprise et son évolution
récente. L’analyse sera principalement orientée vers l’étude de la structure de l’actif
(degré d’immobilisations par exemple, liquidité, …etc.) et sur la capacité d’emprunt et
de remboursement. L’évolution antérieure des conditions de financement (opérations
d’emprunt, politique d’autofinancement) permet d’expliquer la structure constatée à
un moment donné et son évolution probable en l’absence de nouveaux programmes. Il
ne suffit pas de concevoir un programme équilibré ; sa réalisation peut être
compromise si la situation de départ est déséquilibrée.

Cette forme d’analyse financière a un caractère discontinu ; elle intervient au


moment des travaux de préparation d’un plan et de l’établissement des dossiers de
demande de crédits.

2) Le contrôle financier :
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Le contrôle de la réalisation de la politique financière vise principalement les


conditions de réalisation de l’équilibre financier et le niveau de rentabilité. Ce contrôle
a de nombreux aspects et dépend des méthodes de gestion prévisionnelle utilisées par
l’entreprise.

Seul le contrôle de la réalisation du plan d’investissement et de financement


conduit à une véritable analyse financière. Celle-ci interviendra le plus souvent au
moment où l’on établit de manière rigoureuse les documents de synthèse comptables
(bilans annuels).

Son objet est de mesurer les conditions de réalisation du plan (équilibre des
emplois et des ressources) et de contrôler l’évolution de la situation financière initiale
au moment de l’élaboration du programme d’investissement.

Cette analyse est orientée vers l’information de la direction générale et


éventuellement des banquiers. Elle se traduit par la tenue d’un tableau de bord
financier.

3) L’information des tiers :

L’information des tiers peut conduire à des analyses financières suivant les
obligations qui sont faites à l’entreprise ou suivant sa politique à l’égard du marché
financier et du grand public.

Ces analyses ne sont pas spécifiques ; elles sont le plus souvent une adaptation
des analyses réalisées à des fins de gestion interne. C’est le cas, par exemple, des
informations fournies dans le rapport du conseil d’administration à l’assemblée
générale. Les banquiers et les autres institutions financières peuvent toutefois
contraindre l’entreprise à des analyses particulières à l’occasion des négociations
portant sur la réalisation d’une opération d’emprunt. La politique de l’entreprise à
l’égard des tiers sera le plus souvent toujours prudente. On va voir ci après les
différents objectifs des tiers.

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d. Les objectifs des tiers :

Il faut distinguer parmi les tiers ceux qui sont directement concernés par un
engagement financier (participation au capital ou emprunt), les salariés et les autres
agents économiques.

1) Les actionnaires et le grand public :

On entend par grand public, l’ensemble des agents économiques susceptibles


de disposer d’une épargne qui pourrait être investie dans le capital d’une entreprise. Le
grand public ne concerne que les entreprises cotées en bourse.

Au-delà de l’information directement fournie par l’entreprise, le public est


généralement guidé par les travaux menés par les analystes financiers externes dont les
préoccupations sont la mise en évidence de la rentabilité du placement et du risque
qu’il comporte. Des gains que l’on peut attendre, soit en revenus, soit en plus-value du
capital, dépend l’intérêt du placement. L’analyse financière est alors principalement
orientée vers l’évaluation du capital de l’entreprise et l’évolution probable de sa
rentabilité. La seule exploitation des données comptables est insuffisante pour porter
un jugement sur ces deux aspects. L’analyse économique du secteur d’activité auquel
appartient l’entreprise joue dans ce cas un rôle extrêmement important.

2) Les créanciers (prêteurs) :

Les préoccupations des prêteurs sont essentiellement orientées vers la mesure


du risque et la disposition de garanties. Le prêteur doit percevoir les intérêts et
récupérer progressivement son capital. La rentabilité de l’entreprise le concerne dans
les limites de la rémunération qu’il perçoit et le cash-flow nécessaire à son
remboursement. Il n’est pas directement intéressé par la rentabilité du capital investi.
L’évaluation de la capacité de remboursement de l’entreprise est l’objectif principal de
son analyse.

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C’est dans ce cas que peuvent être le plus facilement utilisées les procédures
d’analyse normalisées que l’on a déjà évoqué. Il est bien évident que si son optique est
particulière, le prêteur ne négligera pas pour autant les autres facteurs et en particulier
la valeur du capital de l’entreprise qui constitue sa garantie en cas de difficultés de
remboursement.

3) Les salariés :

L’évolution de la législation sociale fait progressivement des travailleurs, des


interlocuteurs de l’entreprise, concernés le plus souvent par sa rentabilité et les
conditions de partage de la valeur ajoutée. Leur point de vue est en concurrence avec
celui des actionnaires.

Les entreprises sont désormais tenues de communiquer périodiquement au


comité d’entreprise des informations à caractère économique et financier, et présenter
annuellement un rapport d’ensemble sur l’évolution de l’activité et de la situation
financière.

C. Introduction à la comptabilité : par


l’approche financière.
a. Qu’est ce qu’un bilan ?

On peut définir le bilan en tant qu’un outil permettant de visualiser à un


moment donné l’état des emplois et des ressources de l’entreprise, c'est-à-dire ce
qu’elle détient et ce qu’elle doit. En analyse financière, le bilan a toujours constitué un
document essentiel pour l’appréciation de la solvabilité et de l’équilibre financier de
l’entreprise. L’approche fonctionnelle étant celle du plan comptable, aucun
retraitement ou reclassement ne devra donc être effectué.

Présentation schématique du bilan fonctionnel1 (Figure N°1) :

1
R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAETAN MORIN, Maghreb 1997.
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Actif (Emplois) Passif (Ressources)


Actif Immobilisé Financement Permanent
Actif Circulant (hors trésorerie) Passif Circulant (hors trésorerie)
Trésorerie Actif_ Trésorerie Passif

b. L’actif du bilan :

 L’Actif Immobilisé :

Il constitue très souvent un élément clé du patrimoine de l’entreprise, et


contribue par le biais de charges calculées, à la formation de la capacité
d’autofinancement de l’entreprise. Il est formé par les immobilisations en non valeurs
(frais préliminaires, charges à répartir sur plusieurs exercices, …etc.), les
immobilisations incorporelles (recherche & développement, les brevets, marques,
fonds commercial, …etc.), les immobilisations corporelles (terrains, constructions,
matériel et outillage, …etc.), les immobilisations financières (prêts immobilisés, titres
de participation, …etc.), et les écarts de conversion actif sur éléments non circulants.

 L’Actif Circulant (hors trésorerie) :

L’Actif Circulant comporte les stocks (qui sont les marchandises pour les
entreprises commerciales. Les matières premières, les produits en cours, les produits
intermédiaires, et les produits finis), les créances de l’actif circulant (fournisseurs,
clients et comptes rattachés, …etc.), les écarts de conversion actif, et les titres et
valeurs de placement (actions, obligations, bons de caisse, …etc.).

 La Trésorerie actif:

La trésorerie active représente l’ensemble des moyens de règlement dont


dispose l’entreprise, c'est-à-dire les chèques et valeurs à encaisser, la banque, et la
caisse.

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c. Le passif du bilan :

 Le financement permanent :

Il est composé de cinq rubriques qui sont :

- Les capitaux propres qui constituent le patrimoine juridique. Ils


correspondent aux apports des associés (capital social, primes d’émission,
de fusion et d’apport), les écarts de réévaluation, les reports à nouveau, …
etc. ;

- Les capitaux propres assimilés qui comprennent les subventions


d’investissement, et les provisions réglementées ;

- Les dettes de financement qui sont les emprunts obligataires, et les


autres dettes de financement ;

- Les provisions durables pour risques et charges (provisions destinées à


faire face aux risques ou à des charges), dont le délai de réalisation est
supérieur à un an ;

- Les écarts de conversion passif sur éléments non circulants, qui sont
l’inverse des écarts de conversion actif qui constituent des pertes latentes,
constituent des profits latents sur des créances immobilisées et sur des
dettes de financement.

 Passif Circulant (hors trésorerie) :

Il regroupe les dettes du passif (fournisseurs et comptes rattachés, personnel,


organismes sociaux,…etc.), les autres provisions pour risques et charges dont le délai
de réalisation est inférieur ou égal à un an.

 Trésorerie Passif :

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La trésorerie passive regroupe les crédits d’escompte, les crédits de trésorerie,
et les soldes bancaires créditeurs qui sont globalement les sources de financement à
court terme.

II. Le passage du bilan comptable au bilan


financier.

Avant de procéder à une analyse financière du bilan un ensemble de


retraitements économiques et financiers et de reclassements des comptes sont
nécessaires en vue de faciliter le passage du bilan comptable au bilan financier.

Ces retraitements sont l’équivalent d’un ensemble de corrections permettant


d’éliminer le décalage existant entre la réalité économique et la situation patrimoniale
de l’entreprise. Ceci exige une sorte de préparation méthodologique des états de
synthèse comptable en vue de les adapter à l’optique et à l’objectif de l’analyse.

Les états de synthèse sont élaborés en respect des principes comptables


fondamentaux et des règles d’évaluation reconnus par la norme générale comptable.
Malgré cet effort de normalisation introduit par le Plan Comptable Général, le
formalisme comptable masque parfois la réalité économique de l’entreprise. Or,
l’analyse financière est beaucoup plus soucieuse de l’efficacité que du formalisme.
Elle vise à parvenir à une analyse pertinente sans être prisonnière des règles
comptables contraignantes concernant ses sources d’information, ses démarches et ses
outils.

L’objectif de ces retraitements est, partant d’un bilan comptable, l’obtention


d’un bilan retraité. Les informations comptables vont être soigneusement examinées et
quelle que soit l’approche retenue (financière ou fonctionnelle), des corrections
économiques et des reclassements des comptes y sont apportées.

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


Marocaine 55
Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
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Trois principes doivent être retenus par l’analyste au moment des
retraitements :

Le premier principe est celui de l’importance significative qui veut dire que
toute information d’ordre économique ou financier susceptible d’éclairer le lecteur des
états financiers doit être retenue pour le retraitement. Lorsque les montants ne sont pas
significatifs aucun retraitement n’est envisagé.

Le second principe est celui de la prudence ou de la vigilance. Ce principe


signifie que l’analyste doit disposer d’un flair particulier et d’une expérience
suffisante lui permettant de s’assurer que les retraitements effectués permettent de
corriger l’image financière de l’entreprise et de s’assurer également de la valeur
économique et financière des informations à prendre en considération. Il doit avoir
également la capacité de localiser facilement et rapidement les sources d’information
auprès des quelles vil doit puiser les informations dont il a besoin.

Le dernier principe est celui de l’équilibre. Autrement dit, les retraitements


opérés ne doivent pas remettre en cause la règle de l’équilibre entre l’actif et le passif
du bilan.

A. Bilan financier :

Le bilan financier est un bilan organisé en vue d'évaluer le patrimoine de


l'entreprise et d'apprécier le risque de faillite à cours terme.

Les postes du bilan financière sont :

o Classés selon les critères de liquidité (actif) et d'exigibilité


(passif) croissantes.

o Évalués aux prix actuellement en vigueur (valeur actuelle).

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Le passage du bilan comptable au bilan financier nécessite d'effectuer
différents reclassements avant de grouper les postes de l'actif et du passif en masses
homogènes.

a. Les retraitements financiers du bilan comptable :

Les retraitements financiers du bilan comptable visent à mettre en évidence les


emplois de fonds et les engagements significatifs afin de mieux coller à la réalité
économique de l’entreprise.

Figure N° 2 : schéma descriptif du passage2.

RETRAITEMENTS PREALABLES A L’ANALYSE FINANCIERE

ETATS DE SYNTHESE COMPTABLES

+
RETRAITEMENTS FINANCIERS

+
RETRAITEMENTS ECONOMIQUES (si significatifs)

+
RECLASSEMENTS FONCYIONNELS ET FINANCIERS

ETATS DE SYNTHESE FINANCIERS ou FONCTIONNELS

Ces retraitements sont des ajustements préalables ayant pour objet de corriger
les insuffisances des documents comptables, de façon à assurer l’homogénéité de
l’analyse financière. Il s’agit d’effectuer un travail permettant de rétablir certains

2
Professeur abdelkarim MOUSSA,"Cours d’analyse financière", Université Sidi Mohamed Ben Abdelah,
2005/2006, p.17
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postes dans leurs fonctions naturelles et ce en tenant compte des spécificités de chaque
entreprise.

Pour ce faire, de nombreux groupes de retraitements sont requis :

1) Retraitements des immobilisations en non


valeurs et des actifs fictifs :

Au niveau économique et financier, ces éléments sont dépourvus de toute


liquidité ni immédiate ni future en raison de leur caractère fictif. Les immobilisations
en non valeur sont constituées de la manière suivante :

• Frais Préliminaires :

Ils concernent les frais de constitution préalable au démarrage, les frais


d’augmentation du capital, les frais sur opérations de fusions, scissions et
transformations, les frais de prospection, les frais de publicité et les autres frais
préliminaires.

Pour le financier, les frais préliminaires doivent être exclus des actifs de
l’entreprise puisqu’ils ne représentent pas un capital économique susceptible d’être
productif.

• Charges à répartir sur plusieurs exercices :

Elles concernent les frais d’acquisition des immobilisations, les frais


d’émission des emprunts et les autres charges à répartir.

La difficulté d’appréciation des charges à répartir consiste dans le fait qu’elles


ne sont pas toujours considérées comme des non-valeurs car elles sont supposées avoir
un impact bénéfique sur les exercices futurs. Toutefois, du point de vue du financier et
économique elles demeurent des immobilisations qui n’ont aucune valeur de
liquidation et compte tenu de leur importance, leur immobilisation demeure une
solution comptable en vue d’étaler leur impact sur plusieurs comptables par voie
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d’amortissement. Toutefois, au niveau de l’approche financière, elles n’ont pas de
valeur liquidative et sont déduites des capitaux propres.

• Primes de remboursement des obligations :

Elles concernent les primes octroyées lors des émissions des emprunts
obligataires. Elles représentent la différence entre la valeur nominale de l’obligation et
le prix d’émission (on parle donc de primes d’émission d’obligations). Lorsque ces
primes sont payées à la date d’échéance des obligations, elles sont qualifiées de primes
de remboursement des obligations. Ce type de frais ne concerne que les entreprises qui
satisfont les conditions émises par les autorités monétaires en vue de l’émission des
emprunts obligataires.

Les primes de remboursement viennent alourdir le coût de l’emprunt, mais


elles sont constatées au cours d’un seul exercice comme actif en non valeur afin de les
répartir sur plusieurs exercices par voie d’amortissement sur la durée du prêt, au
prorata des intérêts courus ou par fractions égales en fonction de la durée de
remboursement.

Lors du montage du bilan financier cette composante de l’actif doit être


neutralisée puisqu’elle est dépourvue de toute valeur liquidative. Le retraitement
financier de ces comptes consiste à neutraliser leur impact par le biais d’une
soustraction des éléments de l’actif immobilisé ou des capitaux propres. La deuxième
solution est la plus recommandée.

• Ecarts de conversion-actif :

Le cas le plus important est celui des écarts de conversion-actif. Ces écarts
traduisent des pertes de change latentes mais qui ne peuvent se concrétiser qu’à
l’échéance des dettes ou des créances. Ils traduisent des diminutions de créances ou
des augmentations de dettes en devises. Au même moment où l’entreprise constate ces
variations des créances et des dettes, elle peut constituer des provisions pour pertes de
change soit durables ou non.

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Le retraitement financier (l’approche financière) des écarts de conversion-actif


conduit à les déduire des actifs correspondants en tant qu’actifs en non valeurs. En
contre partie, le même montant est déduit des capitaux propres puisque, à l’instar des
autres immobilisations en non valeurs, les écarts de conversion-actif traduisent des
pertes de change potentielles latentes qui diminuent la situation nette de l’entreprise. Il
est possible également d’envisager l’annulation de l’effet des écarts de conversion-
actif par déduction du montant des dits écarts de comptes de créances et de dettes les
concernant.

2) Retraitements des écarts de conversion-


passif :

Ces écarts traduisent le fait que l’entreprise est en situation de gains de change
potentiels. Pour l’analyste financier, ces gains ne sont retraités que s’i sont
significatifs. Si l’éventualité des gains est forte et les montants sont importants,
l’analyste doit prendre en considération l’impôt latent sur le revenu (gains de change
futurs). La part de l’impôt latent doit être inscrite dans le compte de l’état créditeur
(impôt sur le résultat) s’il s’agit des écarts de conversion-passif (éléments circulants).
Toutefois, s’il s’agit d’éléments durables, l’impôt latent est considéré comme une
dette fiscale au plus d’un an.

Ces écarts sont rattachés aux capitaux propres (hors impôts latents) dans
l’approche financière.

3) La prise en considération des impôts latents


sur certains postes du passif :

Lorsqu’un impôt latent est à payer dans une échéance à moins d’un an, le
retraitement doit être fait par son intégration dans un compte de l’état créditeur des
dettes à court terme. Dans le cas contraire il faut l’intégrer dans un compte de dettes à
moyen et long terme.

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Selon l’approche financière, l’impôt latent peut être considéré soit comme une
dette à court terme (Passif Circulant hors exploitation) ou une dette à long et moyen
terme (ressource de financement permanent).

Parmi les comptes concernés par ce type de retraitement, on retrouve les


subventions d’investissement, les provisions réglementées et les provisions pour
risques et charges, autrement dit tous les comptes qui donnent lieu à des reprises ou
des réintégrations au niveau du C.P.C.

4) Les éléments de la trésorerie-passive :

• Les comptes courants associés créditeurs :

Il y a lieu de constater deux types de comptes courants associés créditeurs. Les


comptes bloqués et les comptes non bloqués.

• Les comptes d’associés créditeurs bloqués sont considérés


comme des capitaux propres ;

• Les comptes courants associés créditeurs non bloqués sont


considérés comme des éléments de la trésorerie passive.

Concernant les comptes courants associés débiteurs, ils sont assimilés à des
non valeurs et peuvent être déduits des capitaux propres.

Dans le cas Marocain, la réglementation fiscale ne tolère pas de comptes


d’associés débiteurs. Ces comptes doivent être soldés en fin d’année.

• Prise en compte des effets escomptés non échus :

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Les effets escomptés non échus apparaissent en comptabilité dans le débit du
compte clients effets à recevoir. La contrepartie du concours bancaire reçu de la part
de la banque figurant au débit du compte Banques (5141) au moment de l’escompte
apparaît dans le crédit du compte Crédit d’escompte (5520). Dans le cadre du plan
comptable Marocain aucun retraitement n’est envisagé puisque le concours bancaire
est déjà dans le passif de la trésorerie et l’effet est rattaché aux créances clients.

• Les retraitements des engagements Hors Bilan : sûretés réelles,


engagements financiers, et crédit-bail :

Pour ce qui est des obligations cautionnées, qui autorisent un délai pour le
paiement des droits de douanes, et les engagements hors bilan, tels les cautions et les
avals des banques surtout, il en va de même. L’engagement par signature de la banque
doit être considéré comme un concours de trésorerie et la créance vient s’ajouter aux
éléments de l’actif circulant si elle n’y est pas.

Ainsi, les engagements donnés par une entreprise sous la forme de sûretés
réelles (hypothèque, gage, nantissement, warrant) ou d’engagements financiers (aval,
cautions) peuvent constituer un facteur de risque très important pour l’entreprise. C’est
pourquoi l’analyste financier devra les étudier avec une grande attention.

Il en est de même pour le crédit-bail qui, conformément aux normes


comptables en vigueur, ne fait pas l’objet d’une inscription en actif. Seules figurent en
effet au Compte de Produits et Charges les redevances correspondantes.

Le crédit-bail ou leasing a été introduit au Maroc dés 1965. il s’agit d’un


contrat à durée déterminée, par lequel la société de crédit-bail acquiert un bien à la
demande de son client, et le lui loue moyennant un échéancier convenu. Â l’issue de la
période de location, le locataire a la possibilité de racheter le bien pour une valeur
résiduelle convenue dans le contrat, de restituer le bien, ou de renouveler le contrat.

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D’un point de vue financier, l’appréciation réaliste de l’outil industriel et
commercial ou actif économique de l’entreprise nécessite la prise en compte des biens
acquis en crédit-bail, dans la mesure où ils contribuent à son activité économique.

Pour les retraitements du crédit-bail au niveau du bilan, l’analyste financier


dispose des informations nécessaires, qui figurent dans les annexes, telles que la
valeur estimée du bien à la date du contrat, la durée théorique d’amortissement du
bien, le montant des redevances de l’exercice et le cumul des redevances des exercices
précédents, les redevances restant à payer, …etc.

Le retraitement comptable du crédit-bail peut être effectué selon le procédé


suivant :

• Inscription à l’actif des biens financés par le crédit-bail pour


leur valeur comptable nette, c'est-à-dire leur valeur d’origine, diminuée
des amortissements théoriques ;

• Constatation en dettes de financement au passif d’un emprunt


équivalent.

5) La correction des méthodes d’évaluation comptables.

La prise en considération des principes comptables fondamentaux et des


méthodes d’évaluation comptables des éléments du bilan contribue à la création de
distorsions entre la réalité économique et la réalité comptable.

Le principe du coût historique, consiste à enregistrer les éléments d’actifs à


leur valeur d’entrée fondée sur le coût d’acquisition ou de production. Cette valeur
d’entrée reste inchangée durant toute la vie du bien jusqu’à sa sortie, sauf réévaluation
pour les biens éligibles à cette formule.

Trois éléments sont à prendre en considération :

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- L’influence des amortissements sur la valeur réelle des
immobilisations ;

- L’influence des provisions sur la valeur réelle des actifs ;

- La réévaluation des actifs.

• La pratique des amortissements et l’appréciation de la valeur


réelle des immobilisations :

Dans la pratique comptable les méthodes d’amortissement en vigueur sont :


l’amortissement linéaire, l’amortissement dégressif et l’amortissement exceptionnel.
La pratique de l’une ou de l’autre de ces méthodes peut conduire dans pas mal de cas à
la naissance des distorsions entre la valeur comptable et la valeur économique du bien.
Ces distorsions peuvent être corrigés par une actualisation des valeurs des actifs.

Si l’opération donne lieu à des redressements, ces derniers touchent el même


temps les comptes d’amortissements concernés ainsi que les comptes de capitaux
propres (soit par l’intermédiaire du résultat via les dotations aux amortissements soit
par déduction ou augmentation directe des capitaux propres).

• La pratique des provisions et l’actualisation des actifs :

En vertu du principe de prudence, les charges sont prises en considération dés


qu’elles sont probables. Ceci donne lieu à la constitution des provisions pour
dépréciation des actifs. Par mesure de prudence ou de recherche d’avantages fiscaux
même temporaires, les entreprises ont tendance à surestimer leurs charges probables.

En cas de surestimation, ces provisions peuvent être ramenées à leur valeur


réelle.

• Le réajustement de la valeur d’entrée des immobilisations :

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Du point de vue comptable, la réévaluation des bilans était règlementée, au
Maroc, par un texte législatif. Deux types de réévaluations étaient envisagés pour les
immobilisations : une réévaluation libre et une réévaluation légale. Avant 1999 les
cœfficients de réévaluation étaient communiqués annuellement par l’administration
fiscale. Actuellement, la réévaluation légale est abrogée, il ne reste que la réévaluation
libre.

En comptabilité, la réévaluation donne lieu à une constatation d’un écart de


réévaluation qui est la contrepartie de l’élément de l’actif réévalué. Dans l’optique
financière deux logiques sont en application :

La première est celle qui envisage de corriger les éléments de l’actif, surtout
les immobilisations, en prenant en considération leur valeur économique et non leur
valeur d’entrée. Cette opération donne lieu à une correction à la hausse ou à la baisse
des éléments de l’actif. La contrepartie est déduite ou ajoutée aux capitaux propres.

Dans la seconde, si le retraitement économique donne lieu à une plus-value


économique (soit à court ou à long terme) la contrepartie doit être constatée aux
capitaux propres mais corrigés des impôts latents à constater dans les dettes fiscales
(soit à court terme ou à long terme). L’impôt latent est pris en considération puisqu’en
cas de concrétisation de cette plus-value l’impôt sera constaté. Cette deuxième optique
est valable dans le cas où il serait envisagé une cession du bien à court ou à long
terme. Dans le cas contraire (moins-value), les actifs sont rectifiés à la baisse, la
contrepartie est diminuée des capitaux propres.

6) La répartition des résultats :

La répartition des résultats est une mesure envisagée dans le cadre du bilan
liquidité ou dans l’approche patrimoniale et surtout dans les entreprises ayant la forme
de sociétés. Ces dernières leur répartition obéit à certaines règles juridiques, comme
c’est le cas de l’affectation de 5% du bénéfice à la réserve légale dans la limite de 10%
du capital, des réserves statutaires ou même des intérêts statutaires.

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Lors de l’affectation du résultat en vue de présenter un bilan retraité, on doit
respecter ces règles. Le résultat à affecter est e résultat net corrigé du solde des reports
à nouveau et des résultats en instance d’affectation.

La répartition des bénéfices consiste à répartir le résultat entre les réserves


légales et statutaires, les dividendes et les impôts retenus à la source sur le produit des
actions. La partie des résultats non distribuée vient augmenter l’autofinancement de
l’entreprise.

b. Les reclassements fonctionnels et financiers

La deuxième étape dans la préparation des bilans fonctionnels et financiers est


le reclassement des postes de l’actif et du passif. Il s’agit d’un ensemble de
redressements complémentaires visant à regrouper les éléments de l’actif et du passif
selon les critères adéquats, qui permettront d’appliquer efficacement les méthodes
d’analyse adaptées à l’approche de l’analyste.

Les reclassements fonctionnels permettent d’aboutir à un reclassement des


postes de l’actif et du passif en tenant compte des différentes fonctions économiques
de l’entreprise à savoir : l’investissement, l’exploitation, hors exploitation et la
trésorerie. Les postes du bilan seront regroupés pour répondre à ce classement sans
tenir compte ni du degré de liquidité ni du degré d’exigibilité.

Les reclassements financiers permettent de reclasser les postes de l’actif en


fonction du critère de liquidité croissante et les postes du passif en fonction du critère
d’exigibilité croissante. Ceci permet de regrouper les actifs à plus d’un an et les
passifs durables en haut du bilan, puis les actifs et les passifs à moins d’un an et enfin
les éléments de la trésorerie.

Selon l’optique choisie, l’opération de reclassement permet d’affecter des


glissements de valeurs d’un poste à un autre au niveau de l’actif ou du passif ou de
l’actif vers le passif comme c’est le cas des amortissements et des provisions dans
l’approche fonctionnelle.

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Le point commun entre ces deux approches est qu’elles s’accordent sur les
retraitements économiques : élimination des actifs fictifs, intégration du crédit-bail,
prise en compte les impôts latents, …etc.

Les principales différences entre les reclassements fonctionnels et les


reclassements financiers sont :

 Pour l’approche fonctionnelle :

L’analyste part d’un bilan en valeurs brutes, avant affectation du résultat. Le


résultat net ainsi que les amortissements et les provisions sont considérés comme du
financement durable.

Le point le plus important de cette approche est celui de la prise en


considération des différents cycles de l’entreprise. Les comptes seront reclassés en
fonction de leur lien avec l’investissement, avec l’exploitation ou avec ce qui est hors
exploitation. Elle demeure l’approche la plus adéquate pour une analyse interne de
l’entreprise.

 Pour l’approche financière :

On part d’un bilan en valeurs nettes et après affectation des résultats. Au


niveau des reclassements des comptes, on constate une nette séparation entre les
emplois et les ressources à plus d’un an et les emplois et les ressources à moins d’un
an. Le reclassement des comptes est fait en fonction des critères de liquidité et
d’exigibilité croissante.

Pour opérer de tels reclassements, des postes voire des comptes entiers doivent
faire l’objet de glissement du bas vers le haut ou du haut vers le bas du bilan.

Chacune de ces approches est sujette à des critiques et compte des points
faibles et points forts, toutefois elles demeurent les approches les plus connus et les
plus en vigueur.

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B. Le Compte des Produits et


Charges (C.P.C).

En complément de l’étude du bilan, l’étude du Compte de Produits et Charges


constitue un point obligé de l’analyse financière pour la mise en œuvre ultérieure de la
méthode des ratios et du tableau de financement.

Le C.P.C est établi à partir des comptes généraux de gestion organisés de telle
sorte qu’ils permettent de calculer directement la valeur ajoutée produite par
l’entreprise et l’excédent d’exploitation à partir duquel est obtenue la capacité
d’autofinancement.

a. Présentation du Compte des Produits et Charges :

Le C.P.C du Plan Comptable Marocain (P.C.M) est présenté en liste (il existe
deux types de présentations en liste et en compte)3, et permet de dégager divers
niveaux de résultats, qui traduisent les conséquences des opérations d’exploitation de
l’entreprise, de sa politique de financement, de ses opérations non courantes et de
l’impôt sur les sociétés. Dans les deux cas, le rappel des informations de l’exercice
précédent est obligatoire. Les produits et les charges de l’entreprise, qu’ils soient
afférents à l’exercice en cours ou à des exercices antérieurs, sont enregistrés par nature
et classés en trois rubriques :

 Les opérations d’exploitation ;

 Les opérations financières ;

3
P. CONSO & F. HEMICI, "Gestion financière de l’entreprise", Edition DUNOD, 10eme édition, Paris 2002.
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 Les opérations Non courantes.

Ainsi, le C.P.C fait apparaître les résultats intermédiaires suivants :

Figure N° 24 : Présentation en liste

Résultat d’exploitation = Produits d’exploitation - Charges d’exploitation


Résultat Financier = Produits Financiers - Charges Financières
Résultat Courant = Résultat d’Exploitation + Résultat Financier
Résultat Non Courant = Produits Non Courants - Charges Non Courantes.
Résultat Avant Impôt = Résultat Courant + Résultat Non Courant
Résultat Net = Résultat Avant Impôt - Impôt sur le résultat

Par ailleurs, la somme du Résultat d’exploitation et du résultat financier permet


de dégager un résultat courant Avant Impôts, qui constitue en fait la marge issue de
l’activité normale de l’entreprise.
Après avoir présenté le Compte de Produits et Charges, venons procéder à un
aperçu sur les trois concepts fondamentaux qui vont nous servir de comprendre
l’importance des différents résultats cités au dessus.

b. Les trois concepts fondamentaux : Bénéfice,


Rentabilité, liquidité.

Lorsque le financier désire étudier la rentabilité de l’entreprise, il doit séparer


nettement trois différentes mesures de la rentabilité générée par l’activité de
l’entreprise. La première traduit de l’enrichissement de l’entreprise tel qu’il est mesuré
par le fisc (bénéfice net). La deuxième traduit la capacité d’autofinancement générée
durant l’exercice et la troisième les flux de liquidité rendus disponibles par cette
activité bénéficiaire.

• Bénéfice :

4
Op. Cite, Professeur Abdelkarim MOUSSA," Cours d’analyse Financière", Université Sidi Mohamed
BenAbdilah, 2005/2006, p.61 et 62.
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La notion de bénéfice net est notion fiscale. Il s’agit de la part des flux de fonds
générés par l’activité bénéficiaire de l’entreprise (enrichissement) qui a le poids de
l’impôt. Ce bénéfice est sensible à toutes les manipulations ayant pour but de réduire
le montant de l’impôt sur les bénéfices et notamment les différentes dotations aux
amortissements et provisions. Pour cette raison, nombreux considèrent que le bénéfice
net est souvent dépourvu de signification économique ou financière.

• Rentabilité :

Afin de mesurer la rentabilité d’un investissement, il convient de comparer le


montant dépensé pour l’investissement à l’ensemble des flux positifs générés par cet
investissement. L’investissement correspond dans ce cas là à l’ensemble des actifs
nécessaires à l’exploitation ; les flux de fonds générés sont à la fois ceux ayant subi
l’impôt et ceux constitués en franchise d’impôts. Il est nécessaire d’introduire ici la
notion de Capacité d’Autofinancement ou Cash-flows5, c'est-à-dire l’ensemble des
fonds générés par l’activité de l’entreprise. Il s’agit donc du solde entre les produits et
les charges entraînant effectivement une entrée ou une sortie de fonds. En négligeant
pour l’instant les délais de règlement (ventes, achats, …etc.) et de stockage, les postes
de ventes, d’achats, de salaires …etc., correspond à des rentrées ou des sorties
d’argent effectives. Au contraire, la dépense associée aux dotations (amortissements
ou provisions) est nulle ou tout au plus égale au coût de l’encre utilisé par le
comptable pour ces écritures.

• Liquidité :

Le flux financier ou flux de liquidité effectivement généré par l’activité de


l’entreprise diffère du cash-flow potentiel du fait que certains produits et charges ne
sont pas réglés comptant. Il s’agit notamment des achats qui peuvent être effectués à
crédit (augmentation du crédit fournisseur) et à l’inverse des ventes qui ne sont pas
réglées comptant (mais passent en augmentation de crédit client) ou même de
l’augmentation de stocks qui n'a pas encore fait l’objet d’une vente et donc d’un
règlement.

5
C’est un terme importé des Etats-Unis, il fait l’objet de nombreuses définitions comptables différentes.
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c. Les résultats : d’Exploitation, Financier, Courant,


Non Courant, et le Résultat Net de l’exercice :

1) Le Résultat d’exploitation :

Le Résultat d’Exploitation = Produits d’exploitation - Charges d’exploitation.

Les produits d’exploitation sont ainsi :

 Les ventes de marchandises ;


 Les ventes de biens et services produits ou production vendue ;
 Les variations de stocks de produits ou production stockée ;
 Les immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même
ou production immobilisée ;
 Les subventions d’exploitation qui permettent de faire face à
une insuffisance du prix de vente ou à des charges d’exploitation ;
 Les autres produits d’exploitation ;
 Les reprises d’exploitation : transferts de charges.

Les charges d’exploitation comprennent :

 Les achats revendus de marchandises, qui correspondent aux


achats de l’exercice, corrigés par la variation de stocks ;
 Les achats consommés de matières et fournitures ;
 Les autres charges externes ;
 Impôts et taxes ;
 Charges du personnel ;
 Autres charges d’exploitation
 Dotations d’exploitation.

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Le Résultat d’Exploitation correspond donc au surplus dégagé par les
opérations liées à l’activité ordinaire de l’entreprise (achat, production, vente), et
constitue un indicateur de mesure des performances industrielles et/ou commerciales
de l’entreprise. Il traduit un résultat opérationnel avant incidence des opérations
financières, des éléments non courants et de l’impôt sur les résultats.

2) Le Résultat Financier :

Le Résultat Financier = Les produits financiers - les charges financières.

Donc, le Résultat Financier est donné par la différence entre les produits
financiers et les charges financières, et permet d’apprécier la qualité de l’ingénierie
financière de l’entreprise (politique d’endettement, coût de crédits, utilisation des
modes de financement adéquats et les moins onéreux, …etc.).

Les produits financiers sont :

 Les produits de titres de participation et autres titres


immobilisés ;
 Les gains de change ;
 Les intérêts et autres produits financiers ;
 Les reprises financières, transferts de charges.

Les charges financières regroupent :

 Les charges d’intérêt ;


 Les pertes de change ;
 Les autres charges financières ;
 Les dotations financières.
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Marocaine 55
Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008

3) Le Résultat Courant :

Résultat Courant = Résultat d’Exploitation + Résultat Financier

Le Résultat Courant est la somme du Résultat d’exploitation et du Résultat


Financier. Il traduit donc le niveau des performances tant commerciales
qu’industrielles et financières de l’entreprise. Comme il intègre les résultats des
opérations de financement et de placement de l’entreprise, le Résultat Courant sera
tributaire de l’évolution des taux d’intérêt, des performances des marchés financiers et
du risque financier que présente l’entreprise.

Si le Résultat Financier est lié à des décisions de gestion financière concernant


le cycle d’exploitation, d’investissement et de financement de l’entreprise, il n’en
demeure pas moins que son niveau dépendra aussi des stratégies de croissance externe
poursuivies par l’entreprise et des facteurs d’évolution de l’environnement monétaire.

4) Le Résultat Non Courant (R.Nn.C) :

Résultat Non Courant = Les produits non courants - les charges non courantes.

Le Résultat Non Courant est égal à la différence entre les produits non courants
et les charges non courantes. Le Résultat Non Courant résulte donc des opérations qui
ne relèvent pas de l’activité ordinaire de l’entreprise ou qui altèrent sa structure.

Les produits non courants sont :

 Les produits de cessions d’immobilisations ;

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 Les subventions d’équilibre qui permettent de compenser
totalement ou partiellement les pertes qui auraient été subies par
l’entreprise en l’absence de subventions ;
 Les subventions d’investissement ;
 Les autres produits non courants ;
 Les reprises non courantes ; transferts de charges.

5) Le Résultat Net de l’exercice :

Résultat Net = Total des Produits – Total des Charges

Le Résultat Net de l’exercice est le solde final du Compte de Produits et


Charges qui intègre tous les aspects de l’entreprise. Il est déterminé par la différence
entre les produits et charges de l’exercice. Si les produits excédent les charges,
l’entreprise aura dégagé un bénéfice. Dans le cas inverse, il s’agira d’une perte. Les
deux schémas suivants représentent ces deux cas :

(Figure N°2)6 : cas de bénéfice (Figure N°2)7 : cas de perte

6
Op. Cite, P.CONSO & F.HEMICI, "Gestion Financière de l’Entrepris"e, Edition DUNOD, 10 éme édition,
Paris 2002.
7
Idem.
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C. l’état de Soldes de Gestion


(E.S.G).

Si le C.P.C permet de déterminer les différents niveaux de rentabilité


(exploitation, financier, courant, non courant), l’état des Soldes de Gestion (E.S.G)
permet de visualiser à travers les soldes de gestion comment l’entreprise a généré son
bénéfice et sa capacité d’autofinancement.

a. La Marge Brute sur Ventes en l’état (M.B.V) :

L’activité de l’entreprise est séparée en activité de négoce (achat et vente en


l’état) et en activité de production. La marge brute issue de l’activité de négoce est
calculée par la différence entre les ventes de marchandises (en l’état) et les achats
revendus de marchandises :

Marge Brute = ventes de marchandises en l’état – achats revendus de marchandises

Les achats revendus sont égaux aux diminués de la variation de stocks de


marchandises (stock final – stock initial). Notons au passage une distorsion de la
composante ‘achats’, valorisée au prix d’achat, et de la composante ‘variation de
stocks’ qui, elle, valorisée au coût d’achat, c'est-à-dire au prix d’achat majoré des frais
accessoires d’achat.

Pour les entreprises commerciales, le taux de marge, c'est-à-dire le rapport de


la marge brute au chiffre d’affaires hors taxe, constitue un indicateur fondamental
pour l’analyse du seuil de rentabilité, en l’absence de comptabilité analytique, et pour
l’analyse de la politique commerciale de l’entreprise dans le temps et par rapport à la
concurrence.

b. La Production de l’exercice (P.E):


Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
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Si le chiffre d’affaires traduit le dynamisme commercial de l’entreprise, il n’est


pas toujours significatif de l’activité réelle de celle-ci. C’est pourquoi on a recours
pour les entreprises industrielles ou de services au concept de production qui englobe :

• La production vendue, c'est-à-dire le chiffre d’affaires ;

• La production stockée, à savoir les variations de stocks de


produits ;

• La production immobilisée, c'est-à-dire les immobilisations


produites par l’entreprise pour elle-même.

Production = production vendue ± production stockée ± production immobilisée de


l’exercice

Il convient de noter que les reprises d’exploitation et les transferts de charges


ne sont pas pris en compte, car ils sont sans impact sur la production de l’exercice. Par
contre, l’exclusion du calcul de la production des subventions d’exploitation semble
injustifiée quand celles-ci constituent des compléments de prix comme dans le secteur
agro-alimentaire par exemple.

L’intérêt du concept de production est tout d’abord de fonder une opinion


valable sur le niveau d’activité de l’entreprise, en particulier quand les encours de
fabrication sont importants et/ou que l’entreprise réalise des travaux pour elle-même.
Ensuite, il permet de rapprocher la production de l’exercice des consommations
correspondantes.

On note enfin certaines limites de ce concept qui agrège des éléments calculés
sur des bases hétérogènes. Alors que la production vendue est évaluée en prix de
vente, la production stockée et la production immobilisée sont évaluées au coût de
production.

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c. La Valeur Ajoutée (V.A) :

On peut définir la Valeur Ajoutée comme : “l’expression d’une création de


valeur ou d’accroissement de valeur que l’entreprise apporte aux biens et services en
provenance des tiers dans l’exercice de ces activités professionnelles courantes”.

Pour ce qui est du plan comptable, la VA s’évalue par la différence entre la


marge brute et la production d’une part, et les consommations de l’exercice d’autre
part. elle peut être obtenue de méthodes de calcul à savoir : la méthode soustractive et
la méthode additive. Pour notre cas on va utiliser la méthode soustractive mais cela
n’empêche pas de rappeler la méthode additive.

La méthode soustractive :

V.A = Marge Brute + Production – Consommations de l’exercice

Les consommations en provenance des tiers englobent deux types selon


l’activité de l’entreprise :

• Les entreprises commerciales : Autres Consommations de biens


ou services ;

• Les entreprises industrielles : les Achats Consommés de


Matières et Fournitures et les autres Charges Externes réellement
consommées.

Le concept de VA reste un terme primordial dans l’économie puisqu’il nous


permet de relier l’analyse Micro-économique et l’analyse macro-économique. La V.A
mesure en effet l’apport réel de l’entreprise dans l’économie, et la somme des V.A de
toutes les entreprises dégage le Produit Intérieur Brut (P.I.B) du pays dans la
comptabilité nationale. Ce concept sera donc préféré au chiffre d’affaires pour

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apprécier la taille et la contribution de l’entreprise et de ses facteurs de production à la
richesse nationale.

La méthode additive :

Il faut mentionner ainsi que le concept de Valeur Ajoutée présente un intérêt


particulier pour l’analyse de la répartition des revenus entre les différentes parties
prenantes tels que le personnel, l’Etat, les apporteurs de capitaux, et l’entreprise elle-
même. Le calcul dans ce cas est de manière additive, en faisant la somme de la
rémunération des parties prenantes de la V.A.

La répartition de la Valeur Ajoutée peut être schématisée comme suit8 :

Parties prenantes Mode de rémunération

Personnel Charges du Personnel

Etat Impôts et Taxes

Apporteurs de
Intérêts ou Dividendes
capitaux

8 Dotations
Op. Cite, P.CONSO & F.HEMICI, "Gestion Financière", aux Amortissements
Edition DUNOD, 2002, p.146. et aux Provissions.
Entreprise Affectation
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RésultatP.M.E
aux réserves.
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d. L’Excédent Brut d’exploitation (E.B.E) :

L’E.B.E représente le résultat provenant du cycle d’exploitation et constitue à


ce titre le premier solde significatif en termes de rentabilité.

Il est calculé à partir de la V.A, en y ajoutant les subventions d’exploitation et


en y rattachant les impôts, taxes et virements assimilés, de même que les charges du
personnel. Si le solde est négatif, on parle dans ce cas d’une Insuffisance Brute
d’Exploitation (I.B.E)9.

E.B.E = V.A + Subventions d’exploitation – Impôts et Taxes – Charges du Personnel

Il s’agit d’un résultat d’exploitation indépendant et neutre vis-à-vis de la


politique de financement de l’entreprise (charges et produits financiers), de la
politique d’investissement et de renouvellement des immobilisations (amortissement),
de la politique fiscale (impôt sur les résultats) et des éléments non courants. L’E.B.E
apparaît comme la bonne mesure des performances industrielles et commerciales de
l’entreprise.

Tout comme la Valeur Ajoutée dont il découle, l’E.B.E doit être d’un volume
conséquent pour permettre le bon fonctionnement de l’entreprise en assurant les
prestations dues, vis-à-vis de différents agents économiques : rémunérer la dette,
permettre le maintien du capital avec la dotation aux amortissements, assurer
l’intéressement, payer les impôts et taxes, distribuer les dividendes et enfin permettre
la croissance avec l’Autofinancement (AT).

e. Le Résultat d’Exploitation (R.E) :

9
Idem..
Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
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Le Résultat d’Exploitation figure à la fois dans le C.P.C et dans l’E.S.G. le
Résultat d’Exploitation qui est égal à la différence entre les produits d’exploitation et
les charges d’exploitation peut être calculé à partir de l’E.B.E10 :

R.E= E.B.E +Autres Produits d’exploitation – autres charges d’exploitation


+ Reprises d’exploitation + Transferts de Charges – Dotations d’exploitation

Le R.E constitue une bonne mesure des performances industrielles et


commerciales de l’entreprise, indépendamment de sa politique de financement et des
opérations non courantes. Signalons que les reprises et que les transferts de charges
d’exploitation constituent des produits calculés dont l’impact sur le résultat de
l’entreprise n’est qu’apparent.

Notons également le problème relatif aux dotations aux amortissements, dont


l’évaluation découle plus de l’application des règles comptables et fiscales que d’une
appréciation de la dépréciation économique normale de l’immobilisation.

On note ainsi que le Résultat d’Exploitation est calculé hors produits


financiers, alors que ces derniers constituent une composante essentielle de la gestion,
dans la mesure où ils permettent de compenser une pratique de prix de vente modérés.

f. Le Résultat Courant (R.C) :

Le Résultat Courant peut être calculé de la manière suivante11 :

Résultat Courant = Résultat d’exploitation +Produits Financiers – Charges Financiers

N.B : Produits Financiers – Charges financières = Résultat Financier

10
Op. Cite, P.CONSO & F.HEMICI, "Gestion Financière", DUNOD 2002 ; p.147.
11
Op. Cite. P.CONSO & F.HEMICI, "Gestion Financière", DUNOD 2002, p.148
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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
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Le Résultat Courant résulte donc des opérations ordinaires ou habituelles de
l’entreprise sur un plan industriel, commercial et financier, exclusion faite des
éléments non courants et de l’incidence fiscale de l’impôt sur les résultats.

Le Résultat courant doit être analysé avec prudence, notamment si des


transferts de charges importants sont effectués de l’exploitation dans le non courant.
Des entreprises en situation de récession peuvent enregistrer les pertes importantes et
les considérer comme des éléments non courants pour afficher un résultat positif.

Le Résultat Courant est très prisé par les analystes financiers, qui lui
appliquent l’imposition pour dégager un résultat net corrigé issu de l’activité normale
de l’entreprise.

g. Le Résultat Net Comptable (R.N.C) :

Il s’agit là du dernier résultat, qu’on l’obtient en corrigeant le Résultat Courant


des opérations non courantes et en déduisant l’impôt sur les résultats.

Il est calculé comme suit12 :

Résultat net = Résultat Courant + Produits non courants – Charges non courantes
– Impôts sur les résultats.

N.B :

Produits Non Courants – Charges Non courantes = Résultat Non Courant

Le Résultat Net constitue la mesure comptable de l’enrichissement ou de


l’appauvrissement de l’entreprise. C’est ce résultat qui est soumis à l’assemblée
générale ordinaire. Ce résultat fait apparaître ce qui reste au niveau de l’entreprise
après la répartition qui est faite entre les principaux intéressés tels que l’Etat et le

12
Op. Cite. P.CONSO & F.HEMICI, "Gestion Financière", DUNOD 2002, p.148
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personnel. Les associés disposent ainsi du bénéfice net qui fera l’objet d’une nouvelle
répartition au niveau de l’entreprise entre réserves, reports et dividendes.

Le Résultat Net bénéficie d’une grande diffusion auprès des tiers et il demeure
le meilleur indicateur de la rentabilité de l’entreprise. Toutefois, sa signification est
altérée par son caractère composite : des éléments courants et non courants.

Cependant, une entreprise est considérée comme potentiellement rentable si


son Résultat Net provient en grande majorité des éléments courants voire des éléments
d’exploitation. Le résultat obtenu à cet égard est un résultat comptable. C’est ce
dernier qui sera retraité afin de déterminer le résultat fiscal, base de calcul de l’impôt
sur le résultat.

Après avoir exposé d'une manière générale, et non plus détaillée, les outils
jugés importants pour comprendre ce qu'est une analyse financière, qui respecte un
certain enchaînement qui se diffère d'une personne à l'autre (selon les auteurs). Ce
chapitre reste le mot clé pour mener une analyse financière fine qui permet de juger la
santé financière, patrimoniale, et commerciale ou industrielle de l’entreprise, il nous
permet d’évaluer la situation de l’entreprise dans un moment donné ou une durée
déterminée, et de ressortir les points forts et les points faibles. Ainsi, à partir du calcul
des différents résultats exposés au dessus, l’analyste financier arrive à juger si
l’entreprise réalise ses objectifs de bénéfice, de rentabilité et de liquidité. Il peut même
dégager l’importance et la force de ses opérations d’exploitation par rapport a ses
concurrents, et leur évolution dans le temps et dans l’espace en utilisant les données de
différents exercices successifs.

On va aborder dans le deuxième chapitre, l'équilibre financier qui représente


une importance remarquable du fait qu'il contient la notion de Fonds de Roulement et
du Besoin en Fonds de Roulement.

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
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Chapitre 2 :

L'Equilibre Financier : Notion, analyse externe, et analyse


interne.

La liquidité d'une entreprise est définie comme étant sa capacité à honorer ses
engagements financiers à court terme.

Pour assurer cette liquidité au sein de l’entreprise un certain équilibre doit


exister entre la durée des opérations à financer et la durée des moyens de financements
correspondants.

Pour ce deuxième chapitre, on essaie d'exposer qu'est ce qu'on veut dire par
l'équilibre financier ? Pour répondre à cette question, on va commencer premièrement

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
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par une définition de la notion d'équilibre financier, ce qui va nous permettre de traiter
le Fonds de Roulement, les besoins de financement du cycle d'exploitation qui vont
servir à mieux comprendre le Besoin en Fonds de Roulement, et en dernier lieu de
faire la relation entre l'analyse financière et le Fonds de Roulement.

On va suivre et terminer ce chapitre par une exposition de deux types d'analyse


financière à savoir, d'une part, l'analyse financière externe dite statique par la méthode
des ratios tout en analysant la rentabilité, la liquidité et la structure financière, et en
concluant par les limites de cette méthode. D'autre part, l'analyse financière interne ou
encore dynamique en analysant deux composantes à savoir la Capacité
d'Autofinancement et le tableau de financement.

I. La notion d’équilibre financier.

Selon cette approche d’analyse, il faut avoir un équilibre entre le degré de


liquidité des éléments d'actif et celui d'exigibilité des éléments du passif, c'est-à-dire
que les emplois à plus d'un an doivent être financer par des ressources pouvant
demeurer à la disposition de l'entreprise pour une durée égale à la durée de vie de ces
emplois.

Cette règle peut s’écrire ainsi13 :

Les emplois stables doivent être financés par les ressources durables

Il s’agit d’une règle de bon sens et de prudence. En effet, les ressources


attendues des actifs immobilisés s’étalent sur la durée de leur vie et il est logique de
vouloir utiliser ces ressources pour rembourser les financements correspondants. Pour
cela, il faut que la durée de ceux-ci soit au moins égale à la durée de vie des actifs
concernés.

A. Le Fonds de Roulement.

13
J. BARREAU & J. DELAHAYE, "Gestion Financière", EDITION DUNOD, 9ème édition, Paris
2000, p.133.
Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
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La situation financière de l’entreprise est définie par son aptitude à maintenir
un degré de liquidité suffisant pour assurer en permanence sa solvabilité. L’équilibre
financier résulte de l’opposition entre la liquidité des actifs que l’entreprise détient et
l’exigibilité de son endettement, c’est pourquoi l’analyse de la structure du bilan, c'est-
à-dire de la composition de son capital, permet d’apprécier la situation financière.
Cette analyse porte sur le bilan financier de l’entreprise dont la mise en forme
nécessite les retraitements de l’information comptable précédemment évoqués.
L’analyse financière utilise deux techniques d’interprétation du bilan financier. La
première donne une mesure globale de l’équilibre financier mesuré par le Fonds de
Roulement (F.R), la deuxième a pour objectif la recherche de rapports caractéristiques
existant entre les différentes composantes du capital ou Ratios. Le fonds de Roulement
n’est pas un simple instrument d’analyse statique. La notion de Besoins en Fonds de
Roulement (B.F.R), qui lui est associé, joue un rôle fondamental lors de la mise en
œuvre de la gestion financière prévisionnelle.

La notion de Fonds de Roulement est sans doute celle qui est la plus utilisée
dans l’analyse financière, tant au niveau de l’analyse théorique qu’en pratique.

Le Fonds de Roulement peut signifier une marge de sécurité représentée par la


fraction des capitaux permanents qui n'est pas utilisée pour le financement des valeurs
immobilisées, mais intervient pour le financement d'emplois liés à l'actif circulant et
pour faire face au décalage pouvant se produire entre les sorties et les entrées des
fonds.

a. Définition du Fonds de Roulement :

L’équilibre financier résulte de l’ajustement des flux financiers. Si cet


ajustement est réalisé, l’entreprise doit pouvoir à un moment donné acquérir ses dettes
exigibles et disposer d’une encaisse. Cette constatation n’a qu’une signification
limitée car cet équilibre est immédiatement remis en cause par la transformation des
actifs et des dettes. C’est pourquoi l’étude de l’encaisse et de ses variations ne peut
donner une indication suffisante sur les conditions de l’équilibre financier.

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
En revanche, chaque élément d’actif qui participe à un cycle financier dont la
durée est donnée par sa nature, est caractérisé par son degré de liquidité. Chaque
élément d’endettement est caractérisé par son degré d’exigibilité. L’équilibre financier
résulte donc de la confrontation entre la liquidité des actifs qui détermine le flux de
recettes futures et l’exigibilité de l’endettement qui détermine le flux des dépenses
futures. L’équilibre financier n’est pas défini par le seul équilibre entre le capital
économique détenu (les actifs) et les moyens de financement mis en œuvre.

La confrontation entre les éléments stables de l’actif et du passif du bilan


donne une indication sur les conditions de l’équilibre ; leur stabilité assure l’équilibre
à venir et non seulement l’équilibre à un moment donné. Tout excédent des capitaux à
long terme sur l’actif immobilisé appelé Fonds de Roulement, constitue une certaine
marge de sécurité qui vient conforter cet équilibre.

Le F.R est un indicateur de l’équilibre financier de l’entreprise. Son intérêt est


d’avoir une signification non pas à l’égard de la solvabilité au moment de sa mesure,
mais surtout à l’égard de sa solvabilité future. La rapidité des modifications de
structure de l’actif circulant et du crédit (Fournisseurs) vient cependant tempérer la
garantie d’équilibre qu’offre l’existence d’un Fonds de Roulement aussi rigide. La
permanence de l’endettement notamment à court terme conduit d’ailleurs à
s’interroger sur sa signification. On constate cependant que le renouvellement des
crédits à court terme n’est pas toujours automatique, en particulier pour les entreprises
où le F.R reste élément essentiel de la gestion financière.

b. Calcul du F.R :

Le F.R. peut être calculé de deux manières différentes14, soit par le haut du
bilan ou bien par le bas du bilan, et selon les deux approches citées auparavant à
savoir : l’approche fonctionnelle et l’approche financière (liquidité).

1) Calcul à partir de l’approche fonctionnelle :

14
http://geronim.free.fr/compta/analysefin/partie34.htm
Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
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Le Fonds de Roulement est dit Fonctionnel lorsque les dettes et les créances
sont analysées et enregistrées selon leur fonction (financement ou emplois stables,
exploitation, …etc.) et sont maintenues dans leur compte d’inscription initial jusqu’à
leur règlement final. Le F.R.F est donc formé de la différence entre les ressources et
les emplois qui ne résultent pas d’opérations d’exploitation et d’une durée supérieure à
un an à l’origine ; c’est ce Fonds de Roulement Fonctionnel qui ressort de l’étude du
bilan du P.C.G des entreprises et qui est déterminé dans le Tableau de Financement
que nous allons étudier dans la suite de ce mémoire.

• Par le haut du bilan :

F.R.F = Ressources Stables - Emplois Stables

F.R.F = Financement Permanent – Actif Immobilisé

• Par le bas du bilan :

F.R.F = Actifs Circulants - Passifs Circulants

2) Calcul selon l’approche financière :

Non retenu dans le P.C.G des entreprises, mais classique dans l’analyse
financière, le F.R liquidité est obtenu par la différence entre le Financement
Permanent et l’Actif Immobilisé dans le cadre d’un classement dans le bilan des
créances et des dettes en fonction de leur échéance (c'est-à-dire le bilan financier après
retraitements).

Par rapport au F.R.F, les différences essentielles sont en conséquence, d’une


part l’exclusion des créances et des dettes arrivées à un an ou moins d’un an de leur
échéance, dans le Financement Permanent (dettes) et dans l’Actif Immobilisé
(créances). D’autre part, l’inclusion dans l’Actif Circulant des créances et des dettes
dont l’échéance est inférieure ou égale à un an.

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• Par le haut du bilan :

F.R = Ressources durables - Emplois durables

• Par le bas du bilan :

F.R = Actif à moins d’un an - Passif à moins d’un an

Le Fonds de Roulement varie de deux manières :

- De manière continue : du fait des amortissements et du


résultat qui modifient, progressivement et tout au long de
l’exercice, le montant des ressources stables (durables).

- De manière discontinue : à la suite d’opérations telles


qu’une augmentation du capital, distribution de dividendes,
acquisition d’immobilisations …etc.

B. Les besoins de financement du cycle


d’exploitation.

Le caractère statique de la notion de Fonds de Roulement apparaît


immédiatement quand on note que des capitaux permanents, c'est-à-dire stables,
contribuent au financement des actifs circulants soumis à des fluctuations fréquentes
et plus ou moins accentuées en fonction de la nature de l’activité et de l’évolution de
l’environnement. La marge de sécurité que représente le F.R est incontestablement
délicate à définir et à apprécier. C’est pourquoi, il convient d’analyser l’évolution à
court terme des actifs et des dettes qui participent au cycle d’exploitation, c'est-à-dire
des besoins de financement du cycle d’exploitation. Chose qu’on va essayer de
simplifier en étudiant la nature de ces besoins de financement et les fluctuations
saisonnières qui peuvent apparaître durant l’activité.

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a. La nature des besoins :

Le fonctionnement du cycle d’exploitation exige la détention d’actifs


physiques et financiers. On peut parler d’un terme « d’Argent Gelé » car le cycle
d’exploitation induit un solde net de besoins, que l’on a analysés et que l’on peut
regrouper en trois catégories :

- Des capitaux sont gelés en stocks de matières premières, les stocks en


cours de production et les stocks de produits finis, c'est-à-dire des coûts
d’achat et des coûts de production n’ayant pas abouti à une vente de
produits ;

- Des fonds sont gelés en créances sur la clientèle (ventes non encore
réglées par les clients) ;

- Des dettes vis-à-vis des fournisseurs et qui ne sont pas encore réglées
par l’entreprise.

La détention des stocks a pour contrepartie un endettement induit : le crédit sur


les acquisitions de matières et de fournitures. Cet endettement à court terme vient
diminuer les besoins de financement nés de la détention des actifs circulants. La
différence entre les actifs circulants et les dettes à court terme exprime un besoin de
financement du cycle d’exploitation.

Le montant de crédits dont bénéficie l’entreprise est généralement inférieur au


montant des actifs circulants. L’importance du besoin de financement dépend de la
nature de l’activité de l’entreprise et des conditions de gestion.

La nature de l’activité de l’entreprise détermine la composition des actifs


circulants et des dettes, ainsi que de leur volume. Suivant les secteurs d’activité, les
conditions d’exploitation sont différentes. Les conditions d’approvisionnement
influencent les volumes du stock de matières premières et l’importance des crédits
fournisseurs dépend des habitudes commerciales pratiquées sur le marché. La nature
du processus de production et, en particulier, sa durée influencent le volume des en
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cours de production. Enfin, le marché sur lequel vend l’entreprise, dépendent
l’importance des stocks de produits finis et surtout le volume du crédit consenti à la
clientèle.

L’entreprise est ainsi soumise à un certain nombre de contraintes auxquelles


elle ne peut échapper du fait de sa fonction de production et de son environnement. Il
est donc important de noter que le poids des contraintes n’est pas le même pour des
entreprises appartenant à des secteurs différents. Ainsi, les entreprises de distribution
(hyper marché MARJANE par exemple) ont souvent un besoin de financement nul
sinon négatif du moins durant certaines périodes.

S’il existe un besoin de financement minimum dû à cette contrainte, son


montant est cependant fonction du volume d’activité de l’entreprise et des conditions
de gestion. L’efficacité des méthodes de gestion industrielle et commerciale a un effet
sur le volume des stocks de matières et de produits finis. Il appartient à l’entreprise
d’apprécier les conséquences de ruptures de stocks éventuelles et en particulier le
niveau de service qu’elle souhaite offrir à sa clientèle. Le volume du crédit consenti à
la clientèle est souvent une contrainte en raison des conditions traditionnelles offertes
sur le marché. La politique commerciale de l’entreprise peut cependant influencer le
volume du crédit ‘clients’.

b. Les fluctuations saisonnières :

Le montant des besoins de financement varie sans cesse sous l’effet des
fluctuations de l’activité de l’entreprise. En même temps, les biens constituent
l’origine de ces besoins se renouvellent. Ils sont caractérisés par une certaine vitesse
de rotation.

Les fluctuations proviennent soit des conditions d’approvisionnement, soit des


conditions de vente. Les achats de matières premières peuvent être saisonnières
(produits agricoles par exemple), alors que les ventes sont régulières. Les ventes sont
le plus souvent à l’origine des fluctuations saisonnières les plus importantes en raison
de la variation des besoins de consommation suivant les saisons. Par contre, sauf le cas

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des matières premières périssables, la production est continue pour obtenir la
meilleure efficacité de l’outil de production.

Ces fluctuations d’activité se traduisent par des variations du volume du stock


de matières premières et surtout du stock de produits finis et des créances sur la
clientèle. En même temps, les variations du rythme d’approvisionnement font varier le
volume de la dette à l’égard des fournisseurs. L’évolution des actifs et des dettes peut
être divergente.

C. Le Besoin en Fonds de Roulement (B.F.R).

a. Définition :

Là encore, il faut retenir la même idée que celle citée pour le Fonds de
Roulement. Il faut distinguer, d’une part le Besoin de Financement Global (B.F.G) qui
est la différence entre l’A.C (H.T) et le P.C (H.T) que doit financer l’entreprise à la
date du bilan et qui est calculé à partir du bilan comptable ou fonctionnel. D’autre
part, le Besoin en Fonds de Roulement calculé à partir du bilan financier (après les
retraitements) et se diffère donc du Besoin de Financement Global.

La notion de Besoin en Fonds de Roulement est liée au problème posé par la


couverture du besoin de financement du cycle d’exploitation. La caractéristique de ce
besoin est d’être instable, fluctuant et soumis aux aléas de la conjoncture. Des
conditions de son financement vont dépendre les conditions de maintien de l’équilibre
financier de l’entreprise. La définition de Besoin en Fonds de Roulement serait simple
si le seul moyen de couvrir ces besoins était le recours à des capitaux permanents
(financement interne ou externe).

Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) provient des opérations engendrées


par le cycle d'exploitation, il résulte du décalage dans le temps existant généralement
entres les flux physiques (réel) et les flux monétaires qui représentent les règlements
des opérations. Le cycle d'exploitation se caractérise par une succession d'opérations
de natures différentes (Approvisionnement, stockage, production, stockage de produits
finis) dont le renouvellement est périodique.
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b. Mode de calcul :

Selon le P.C.M, le B.F.G se calcule par la différence entre l’A.C (H.T) et le


P.C (H.T). Si cette différence est positive, cela montre que les emplois sont supérieurs
aux ressources, ce qui traduit un B.F.G qui doit être comblé. En cas d’une différence
négative, il s’agit donc d’une ressource de financement.

Ainsi, le Besoin en Financement Global peut se calculer de différentes


manières. Mais, puisque le P.C.M n’a pas prévu de distinction entre le B.F.G
d’exploitation et le B.F.G hors exploitation15, on retiendra celle la plus connu et
utilisée à savoir16 :

B.F.G = Actif Circulant (H.T) – Passif Circulant (H.T)

B.F.R = Actif Circulant (H.T) – Passif Circulant (H.T)

D. La Trésorerie Nette (T.N) :

a. Définition :

La trésorerie est le montant des disponibilités à vue ou facilement mobilisables


possédés par une entreprise de manière à pouvoir couvrir sans difficultés les dettes qui
viennent à échéance.

Une trésorerie importante représente un capital oisif qu'il faut le gérer


(investissement, règlement des dettes), mais une trésorerie négative est un signe de
manque de liquidités donc l'objectif d'une entreprise c'est d'avoir une trésorerie nulle
(situation d'équilibre).

b. Mode de calcul :

15
Pour plus d’informations et de détails, veuillez consulter l’ouvrage Op. Cite, de BELKAHIA &
OUDAD, « Finance d’Entreprise », p.89, 90 et 91. Et Op. Cite, abdelkarim MOUSSA, « Cours d’analyse
financière », p.35, 36 et 37.
16
http://geronim.free.fr/compta/analysefin/partie35.htm
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La Trésorerie Nette peut se calculer de deux manières17, à savoir :

Première méthode :

Trésorerie Nette = Fonds de Roulement fonctionnel – Besoin de Financement Global.

Trésorerie Nette = Fonds de Roulement – Besoin en Fonds de Roulement.

Deuxième méthode :

Trésorerie Nette = Trésorerie Active (T.A) – Trésorerie Passive (T.P).

On note enfin que la même remarque se fait pour les deux approches de calcul,
c’est à dire si :

- le F.R (F.R.F) est supérieur au B.F.R (B.F.G) le Fonds de Roulement


(F.R.F) finance en totalité le Besoin en Fonds de Roulement (B.F.G) et il
existe un excédent de ressources qui se retrouve en trésorerie.

- Le F.R (F.R.F) est inférieur au B.F.R (B.F.G), le Fonds de Roulement


(F.R.F) ne finance qu’une partie du Besoin en Fonds de Roulement
(B.F.G). la différence doit alors être financée par les crédits bancaires.

c. Le fonds de roulement minimum nécessaire :

L'évaluation des besoins en fonds de roulement, donc du niveau de Fonds de


Roulement nécessaire, c'est-à-dire du montant des capitaux permanents qui doivent
être affectés à la couverture des besoins de financement, repose sur un choix de
politique financière.

Le Fonds de Roulement minimum nécessaire par rapport auquel on va définir


les Besoins en Fonds de Roulement est celui qui répond aux contraintes de la fonction

17
Op. Cite, J. BARREAU & J. DELAHAYE," Gestion Financière", EDITION DUNOD, 9ème édition,
Paris 2000, p.132.
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de production et aux objectifs visés par l'entreprise. On a vu comment évaluer à partir
de ces éléments constitutifs (actifs circulants et crédit « fournisseurs ») le besoin de
financement du cycle d'exploitation. Il est plus difficile de définir l'attitude de
l'entreprise à l'égard des conditions de maintien de l'équilibre financier. Tout recours à
des crédits à court terme vient diminuer le degré d'autonomie de l'entreprise. Le risque
financier du moins sous son aspect rupture de liquidité croît avec l'importance des
crédits bancaires à court terme. Par contre, la diminution de l'encaisse oisive (durée et
montant) vient augmenter la rentabilité.

d. Les opérations hors exploitation :

On a retenu jusqu'ici, pour évaluer les besoins, les seules données de l'exploita-
tion. Or, les opérations d'investissement et les opérations financières viennent affecter
les actifs circulants et les dettes à court terme. Il peut en résulter un besoin de
financement complémentaire. C'est le cas lorsque la TVA à récupérer à la suite
d'acquisitions d'immobilisations atteint des montants importants qui viennent alourdir
les actifs circulants. Au contraire, le crédit « entrepreneurs » vient augmenter les
dettes à court terme. Les remboursements d'emprunts à long terme se traduisent sur le
plan comptable par l'enregistrement dans les dettes à court terme de la fraction de ces
emprunts à moins d'un an d'échéance. Ce crédit est disponible pour l'entreprise sur
courte période, mais une variation brutale du montant des annuités de remboursement
d'emprunts peut venir modifier l'équilibre à court terme d'une période à une autre.
L'entreprise doit donc toujours tenir compte, lors de l'évaluation du fonds de
roulement minimum nécessaire, des besoins autres que ceux nés de l'exploitation.

Mais, il convient de noter dès maintenant que toute évaluation comporte une
incertitude. .L'évaluation du Fonds de Roulement minimum nécessaire doit en tenir
compte. Ceci se traduira par une encaisse de précaution au cours de certaines périodes
et des besoins de crédit à court terme dont le montant est inférieur à celui que peut
normalement obtenir l'entreprise au cours d'autres périodes.

E. Analyse Financière et Fonds de Roulement.

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Le Fonds de Roulement est un outil important de l'analyse financière ; il est
une préoccupation permanente des responsables financiers de l'entreprise et des
banquiers. Son rôle est cependant de plus en plus souvent contesté car s'il est parfois
un bon indicateur de l'équilibre financier, son caractère statique restreint
incontestablement sa signification. La notion de besoin en fonds de roulement qui lui
est associée répond mieux aux besoins de l'analyse dynamique du fonctionnement de
l'entreprise.

Malgré les critiques que l'on peut lui adresser, le fonds de roulement est un ins-
trument de mesure simple qu'il faut évidemment savoir interpréter et compléter
éventuellement par d'autres observations. L'équilibre financier de l'entreprise pose le
problème de l'appréciation de son degré d'autonomie, des conditions de coût de
l'équilibre réalisé et de son maintien durant la croissance.

a. Solvabilité et autonomie :

Le Fonds de Roulement donne une mesure globale de la structure de l'actif et


de la structure du passif à la fin d'une période. II ne renseigne donc pas sur les flux
financiers ou les flux réels qui sont venus modifier la consistance et le volume du
capital au cours d'une période. Le niveau de fonds de roulement est cependant la
résultante de ces flux. Il donne en même temps une indication sur l'équilibre des flux à
venir qui dépendent de la structure de l'actif, du volume et de la structure de
l'endettement. L'utilisation du fonds de roulement est un moyen d'apprécier
globalement l'échelonnement dans le temps des flux financiers car son calcul ignore
l'échéancier de l'endettement. Cet échéancier est une information complémentaire pour
l'analyste.

Le niveau du Fonds de Roulement commande, comme on l'a vu, le niveau de la


trésorerie, donc le maintien de la solvabilité. Il constitue une garantie du niveau des
liquidités, du moins dans le cadre d'une évolution normale des actifs circulants pour
une entreprise appartenant à un secteur donné. En d'autres termes, le niveau du fonds
de roulement doit être apprécié en fonction de la vitesse de rotation des actifs
circulants et du rapport entre cette vitesse et celle de renouvellement du crédit consenti
à l'entreprise. Son importance assure une plus ou moins grande marge de sécurité face
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aux aléas de fonctionnement de l'entreprise. Il n'existe guère de transition entre les
différents modes de financement du moins quant à leur durée. Toute insuffisance du
fonds de roulement implique nécessairement soit une encaisse réduite, soit un
endettement à court terme plus important. Les risques d'insolvabilité sont d'autant plus
grands que le fonds de roulement est faible. Ce risque croît avec le montant des crédits
à court terme et leur durée d'utilisation. L'autonomie financière de la firme s'en trouve
donc affectée. Il convient cependant d'apprécier cette situation avec prudence car le
degré d'autonomie dépend également de la structure de l'ensemble du passif (part
relative de l'endettement dans les ressources globales) et de l'importance du cash-flow
face aux charges de remboursement d'emprunt.

Le Fonds de Roulement est un indicateur d'équilibre global qu'il faut toujours


apprécier avec prudence et en fonction de la nature de l'activité de l'entreprise. Ce
dernier aspect est fondamental. Le Fonds de Roulement traduit également l'attitude de
l'entreprise face au risque et à la rentabilité.

b. Solvabilité et rentabilité :

Le niveau de Fonds de Roulement traduit en partie le choix d'une certaine poli-


tique financière. En effet, si l'importance du Fonds de Roulement est une garantie de
solvabilité, elle affecte cependant la rentabilité de l'entreprise car la détention d'une
encaisse de sécurité est onéreuse. Certes, l'encaisse oisive qui ne participe pas
directement au fonctionnement de l'entreprise et qui vient diminuer la vitesse de
rotation du capital peut faire l'objet de placements à court terme. Mais le revenu qu'on
peut en tirer reste faible face au coût de détention des capitaux utilisés. Seul l'emploi
des fonds à des fins productives peut assurer un profit suffisant pour justifier l'usage
des capitaux propres ou des capitaux d'emprunt.

Sous cet aspect, la rentabilité s'oppose à la solvabilité. À court terme, la


recherche de la rentabilité la plus élevée possible va à l'encontre de la solvabilité.
L'arbitrage entre la rentabilité et le risque se traduit par un certain niveau de fonds de
roulement. Le fonds de roulement optimal est celui qui répond aux objectifs que s'est
fixé l'entreprise. La variation du Fonds de Roulement ne doit pas être subie par

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l'entreprise, mais maîtrisée par elle. « Investir » dans le Fonds de Roulement, c'est
détourner des capitaux permanents de leur emploi dans des investissements productifs
et a priori aller à l'encontre de l'objectif de rentabilité. Mais l'investissement en actifs
circulants peut contribuer à augmenter le chiffre d'affaires, le profit et la rentabilité de
l'actif global.

c. Solvabilité et croissance :

La croissance de l'entreprise entraînait une augmentation progressive des


besoins de financement du cycle d'exploitation et ce, indépendamment des fluctuations
saisonnières. Or, la croissance est assurée le plus souvent par, l'accroissement de la
capacité de production, c'est-à-dire par l'augmentation des immobilisations.
L'investissement exige des apports de fonds importants et entraîne une augmentation
du Fonds de Roulement nécessaire au maintien de l'équilibre financier.

L'investissement se traduit le plus souvent par une baisse sensible des liquidités
et un accroissement de l'endettement. Toutes les ressources de l'entreprise sont
immobilisées à cette fin. Par contre, les besoins du cycle d'exploitation vont croître
progressivement au fur et à mesure de l'utilisation de la capacité de production. C'est
pourquoi on assiste le plus souvent à une diminution du Fonds de Roulement soit en
valeur absolue, soit relativement aux actifs circulants. Sa reconstitution ou son
augmentation progressive va en partie dépendre du cash-flow sécrété par les nouveaux
investissements ou des opérations financières ultérieures. Il faut donc toujours tenir
compte de la phase de développement de l'entreprise pour apprécier le niveau du fonds
de roulement.

Même en l'absence d'un programme d'investissement important le Fonds de


Roulement ne peut suivre régulièrement l'évolution des besoins de financement car,
outre le cash-flow, ce sont les opérations financières d'emprunt (ou d'augmentation de
capital) qui maintiennent son niveau ou viennent le renforcer. Or ces opérations
n'interviennent que pour des montants importants et à des intervalles réguliers.

Pour éviter une surabondance de liquidités inemployées, il est de bonne


politique de retarder le plus possible la réalisation d'une opération financière
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importante. Le niveau de couverture des besoins de financement à long terme par les
capitaux permanents varie suivant les phases de développement de l'entreprise. Cette
dernière peut donc s'écarter au cours de certaines périodes de la politique qu'elle s'est
fixée sans pour autant mettre en péril sa situation. Ce sera le cas chaque fois que le
fonds de roulement est insuffisant, mais que l'entreprise dispose encore d'une certaine
capacité d'endettement.

L'augmentation du Fonds de Roulement est cependant une contrainte de la


croissance. Cette contrainte peut peser lourdement sur la politique de l'entreprise et il
est fréquent de voir apparaître des difficultés financières au moment où l'entreprise
connaît un développement rapide. L'augmentation du Fonds de Roulement est éga-
lement une contrainte de l'inflation. Sinon l'entreprise voit son équilibre financier
progressivement et insensiblement affecté.

d. Fonds de Roulement et endettement :

L'évolution des conditions de l'endettement conduit naturellement à


s'interroger sur la validité du concept de capitaux permanents. Le crédit à court terme
apparaît de plus en plus comme un moyen de financement non pas ponctuel mais
renouvelable de telle manière qu'il semble permanent. Cette situation est d'autant plus
sensible qu'en période de crise les entreprises sont contraintes d'augmenter le recours
au crédit à court terme, pour assurer leur solvabilité avant de tenter de rééquilibrer
cette situation par autofinancement ou allongement de leur endettement. En réalité, le
crédit à court terme a toujours une apparence de permanence tant que l'entreprise
fonctionne normalement. Mais il suffit que l'activité de l'entreprise diminue pour que
cette permanence se traduise en une volatilité extrêmement dangereuse pour la
solvabilité et l'autonomie de l'entreprise. Il arrive toujours un moment où le critère
juridique l'emporte sur tous les autres. Le crédit qui reste permanent est celui qui a été
négocié, suivant un échéancier long. Il est 'commode de dire que le Fonds de
Roulement est inutile ; il suffit pour cela de disposer d'un crédit à court terme
confirmé... ce qui revient à disposer de capitaux permanents donc d'un fonds de
roulement.

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II. Analyse Financière externe (statique) et interne


(dynamique).

L'analyse financière d'une entreprise consiste à étudier et interpréter sa


situation financière, une bonne gestion doit être baser sur une bonne analyse et une
bonne compréhension de l'entreprise et par suite la détection rapide des problèmes
éventuels.

La situation économique et financière d’une entreprise à un moment donné est


la résultante de plusieurs facteurs qui interagissent ou qui agissent séparément :

- Les facteurs financiers : niveau des fonds propres, niveau, nature et


coût de l’endettement, type de financement, …etc. ;

- Les facteurs économiques : chiffre d’affaires, charges, fiscalité, …etc. ;

- Les facteurs humains : qualité du management, productivité des


ressources humaines, …etc.

L'analyse financière a besoin des certains instruments de mesure pour faire le


rapprochement entre ces facteurs, et pour atteindre son objectif recherché. L'analyse
externe (statique) par la méthode des ratios constitue l'un de ces instruments la plus
utilisés, sans oublier un autre instrument qui peut être aussi important celui d’analyse
interne (dynamique) du tableau des flux financiers (tableau de financement).

A. Analyse Statique : méthode des Ratios.

a. Méthode des Ratios Financiers :

L’analyste financier se propose d’étudier les comptes d’une entreprise pour


porter un diagnostic financier. Dans l’énorme masse d’informations comptables, il va
opérer une sélection et effectuer des rapprochements entre les différents postes afin de
calculer des Ratios Financiers qui mettent en évidence les caractéristiques
économiques et financières de l’entreprise concernée.
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L’objectif de l’entreprise est la recherche de la Rentabilité. Pour cela, elle


devra choisir une politique d’investissement et une politique de financement jugées
capables d’‘optimiser’ sa rentabilité à long terme. Toutefois, cette recherche de la
rentabilité doit prendre en considération deux types de contraintes à savoir ; d’une part
il faut trouver un bon financement de ses investissements et donc suivre une politique
de financement (structure financière) cohérente. D’autre part, il faut faire face au
risque d’illiquidité, car nombre d’entreprises se retrouvent en situation de cessation de
paiements, bien que relativement rentables.

L’analyse par les ratios est un art plus qu’une science. Pour être plus
significative, l’analyse en termes de ratios doit respecter un certain nombre de
principes :

• Les ratios utilisés doivent être peu nombreux mais assez significatifs ;

• Il faut éviter les jugements absolus des ratios ou leur donner une portée
future très importante puisqu’ils ont été construits sur la base des
données passées.

Pour ce qui nous concerne, on propose une approche simplifiée cernant les
trois principales dimensions financières de l’entreprise : sa rentabilité, sa
liquidité, et sa structure financière.

Partant des comptes redressés et regroupés d’une entreprise, la méthode des


ratios se propose de mettre en lumière un certain nombre de grandeurs significatives et
d’en proposer une interprétation. Un ratio est un rapport entre deux grandeurs
comptables ou un groupe de postes, soit du bilan soit du Compte de Produits et
Charges, soit les deux ensembles. Il est calculé pour apprécier une vue globale sur le
développement de l'activité de l'entreprise dans le temps et dans l'espace.

Les ratios sont très utiles pour les gestionnaires dans la mesure ou ils leurs
permettent de :

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- Mesurer la performance de l'entreprise à travers le


temps ;

- Détecter les problèmes existants et donner des solutions ;

- Evaluer l'entreprise en terme de rentabilité, liquidité, et


en terme de sa structure financière.

Il faut noter enfin que cette technique d'analyse a souvent 1a préférence des
analystes extérieurs à l'entreprise, alors que les services financiers de l'entreprise doi-
vent le plus souvent traiter les données brutes pour répondre aux exigences de la
gestion financière.

b. Analyse de la rentabilité.

La rentabilité s’appréhende à trois niveaux selon les objectifs de l’analyse ; il


s’agit donc de la rentabilité commerciale, de la rentabilité économique et de la
rentabilité financière.

1) Rentabilité économique :

L’entreprise a besoin de l’ensemble de ses actifs pour générer ses bénéfices. Il


est donc important de mesurer la rentabilité qu’elle génère sur ses investissements.
Donc, on utilise le ratio suivant dit Return On Assets (ROA)18 :

Résultat Net
ROA =
Actif Total

18
Op. Cite, Professeur Abdelkarim MOUSSA, "Cours d’analyse financière", Université Sidi Mohamed
Ben Abdelah, 2005/2006, p.103.
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Les analystes préfèrent souvent des ratios calculés à partir des Cash-flows qui
sont plus proches de la réalité financière de l’entreprise et moins sensibles aux
manipulations fiscales19 :

Capacité d’Autofinancement

Actif Total

Les indicateurs de rentabilité économique permettent d’éclairer les


investisseurs sur la rémunération des capitaux nécessaires à l’exploitation. Or, ces
indicateurs ne sont pas significatifs pour tous les utilisateurs de l’analyse financière.

A titre d’exemple, les apporteurs de capitaux sont intéressés par la rentabilité


financière et plus précisément par la rémunération que leur apporte l’activité dans sa
globalité.

2) Rentabilité financière :

La finalité de l’entreprise est d’offrir une bonne rentabilité à ses propriétaires


de façon à leur compenser le risque encouru, et il convient d’évaluer cette rentabilité
par rapport aux capitaux propres investis20 :

Résultat Net

Capitaux Propres

19
Idem.
20
Op. Cite, Bruno SOLNIK, "Gestion Financière", Edition DUNOD, Paris 2001, p.42.
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Pour les mêmes raisons que précédemment, on préfère souvent prendre en
compte l’ensemble des Cash-flows, qu’ils aient subi ou non le poids de l’impôt ; d’où
le ratio21 :

Capacité d’Autofinancement

Capitaux Propres

La rentabilité financière demeure un objectif essentiel pour l’entreprise. Son


amélioration passe par une bonne gestion de l’actif et du passif et une rentabilisation
des actifs ayant une relation étroite avec les éléments d’exploitation. En fait, la
rentabilité financière est une rentabilité qui tient compte des effets de l’endettement et
des éléments non courants.

c. Analyse de la liquidité :

La liquidité est une contrainte de la gestion financière et même de la survie de


l’entreprise. Un certain nombre de dettes sont exigibles à très court terme et il
convient d’être en mesure de faire face à ses engagements. Aussi, en période de crises,
les banques sont-elles amenées à réduire leurs crédits de trésorerie et notamment le
découvert bancaire de certaines entreprises. Celles qui ne peuvent rapidement liquider
une partie de leurs actifs d’exploitation (stocks… etc.) pour rembourser ces dettes sont
en situation de cessation de paiements et peuvent être mises en liquidation judiciaire
même si elles font par ailleurs des bénéfices. Cette situation apparaît notamment pour
les entreprises à forte croissance et faible rentabilité.

Une bonne analyse de la situation de la liquidité de l’entreprise nécessite une


étude détaillée du cycle d’exploitation. Il est toutefois possible de calculer un certain
nombre de ratios comparant le degré de liquidité des actifs au degré d’exigibilité des
dettes du passif. On cite ainsi, trois types de liquidité qui sont : la liquidité générale, la
liquidité réduite, et la liquidité immédiate, et qui se calculent comme suit.

1) La liquidité générale :
21
Idem.
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On compare notamment les actifs circulants, c'est-à-dire l’ensemble des actifs


non immobilisés, à l’ensemble des dettes à court terme (Passif Circulant) par le
rapport22 :

Actif Circulant
Ratio de Liquidité Générale =
Passif Circulant

Ou leur différence23 :

Fonds de Roulement = Actif Circulant - Passif Circulant

Plus le Fonds de Roulement sera élevé (ratio de liquidité générale supérieur à


1), plus faible sera la part du Passif Circulant face à l’actif circulant qui pourra couvrir
ces dettes. Il faut bien voir que ce raisonnement veut dire que pour des besoins de
cycle d’exploitation donnés (stocks, crédits clients), il est plus prudent d’avoir un
financement à long terme qu’exigible à court terme.

La liquidité s’appréhende donc à travers des indicateurs très généraux (ratio de


liquidité générale, Fonds de Roulement) mais aussi et surtout par une analyse détaillée
de l’actif et du passif circulants qui créent les problèmes de liquidité (clients, stocks,
…etc.). Un F.R important peut constituer un coussin de sécurité utile pour l’entreprise
et il est important de l’évaluer en fonction de son niveau d’activité, c'est-à-dire en
jours de chiffres d’affaires.

2) La liquidité réduite :

22
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAÊTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.181
23
Op. Cite, Bruno SOLNIK, "Gestion Financière", Edition DUNOD, Paris 2001, p.45.
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Les analystes pensent que la liquidité des stocks n’est pas toujours évidente
(stock outil, durée du processus de production, …etc.), pour en sortir de cette
hypothèse ils retiennent généralement le ratio de liquidité réduite suivant24 :

Actif Circulant - Stocks


Ratio =
Passif Circulant

3) La liquidité immédiate25 :

Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements à court


terme grâce à ses moyens disponibles. Il reste sans intérêt du fait, d’une part des
fluctuations importantes qu’il peut connaître, et d’autre part de l’objectif de trésorerie
« zéro » qui traduit une gestion financière prudente et efficace en évitant toute
trésorerie oisive.

Disponibilités
Ratio =
Passif Circulant

d. Analyse de la structure financière :

La structure financière d’une entreprise est une notion très utilisée dans le
langage de la finance d’entreprise. Elle intéresse tous les analystes et surtout les
banquiers. L’étude de la structure financière se concentre sur l’étude du passif du bilan
et plus précisément sur l’endettement et le choix des modes de financement.

Or, les choix entre les modes de financement disponibles à l’entreprise se


situent à deux niveaux à savoir :
24
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.181.
25
P. VERNIMMEN, "Finance d'entreprise", Edition DALLOZ, 5ème édition, Paris 2002, p.302.
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- Le choix entre le financement propre (apports des actionnaires) et le


financement externe (emprunts);

- Le choix, parmi les financements internes, entre les apports en capital et


l’autofinancement.

L’analyse de la structure financière de l’entreprise privilégie le premier point


et le souci majeur de l’analyste financier demeure la mesure du niveau d’endettement,
de l’autonomie financière de l’entreprise et l’étude du risque financier qui en découle.
Ce risque financier est lié à l’incertitude que fait peser l’endettement sur le niveau
d’activité de l’entreprise. Le second point relatif au choix entre les apports en capital
et l’autofinancement relève beaucoup plus de la politique de répartition de résultats
que de la politique de financement.

1) L’autonomie financière :

Les ratios de structure financière comparent le financement externe aux fonds


propres de l’entreprise. Dans la structure du passif, on met plus particulièrement en
évidence la part de l’endettement total dans le passif et la répartition des capitaux
permanents entre fonds propres et endettement à terme (dettes à long et moyen terme).
On utilise l’un ou l’autre des ratios complémentaires suivants26 :

Dettes de Financement Capitaux Propres


Ratio = ou R =
Passif Passif

Ces deux ratios permettent de mesurer le niveau d’autonomie financière ou


d’indépendance financière de l’entreprise et reflètent les choix de politique financière.
Ils permettent de mesurer le risque qui pèse sur les créanciers de l’entreprise, qui ont
intérêt à voir les fonds propres prédominer dans la structure de financement.

26
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.179.
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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
A l’inverse, les actionnaires peuvent préférer assurer le financement sur fonds
d’emprunts et contrôler l’entreprise, moyennant des fonds propres réduits, d’autant
plus que la déductibilité fiscale des charges d’intérêt peut améliorer, toutes étant
égales par ailleurs, la rentabilité des capitaux propres, phénomène connu sous le nom
d’Effet de Levier.

2) L’endettement à terme :

La capacité d’endettement à terme peut être mesurée à partir de trois ratios27 :

Dettes de Financement Dettes de Financement Cap. Propres


R.E = ou R = ou R =
Cap. Propres Financement Permanent Fin. Permanent

Ces trois ratios sont équivalents et peuvent être utilisés séparément. Ils
traduisent soit une capacité d’endettement potentielle, signe de flexibilité financière,
soit la saturation de cette capacité et la nécessité de recourir à des fonds propres.

3) La capacité de remboursement des dettes à terme :

Les créanciers à long terme courent le risque de perdre leur capital prêté et
aussi de ne pas toucher les intérêts y afférents. Trois ratios permettent aux créanciers
de mesurer la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements28 :

Dettes de Financement
Ratio 1 =
27 Capacité
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, d’Autofinancement
"Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.180.
28
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.180.
Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
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M.B.F : 2007/2008

Résultat d’Exploitation
Ratio 2 =
Charges Financières

Capacité d’Autofinancement
Ratio 3 =
Annuité et principal de la dette + Charges Financières (1-t)

Le premier ratio traduit le nombre d’années nécessaires à l’entreprise pour


assurer le remboursement total des dettes à terme, au moyen de sa Capacité
d’Autofinancement (C.A.F). Les banquiers considèrent comme risquée la situation
financière de toute entreprise dont les dettes à terme excédent cinq années de Capacité
d’Autofinancement. Le deuxième ratio montre le degré de couverture des charges
financières par le résultat d’exploitation. Le dernier ratio indique la capacité de
l’entreprise à faire face au remboursement des annuités en termes de principal et
d’intérêts. Un facteur (1-t) a été appliqué aux charges d’intérêt afin de tenir compte de
leur déductibilité fiscale du résultat imposable, « t » représentant le taux de l’impôt sur
les résultats. Plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise est autonome et plus elle sera en
mesure de saisir des opportunités d’investissement au moyen des Cash-flows qu’elle
sécrète.

e. Les limites et les insuffisances de la méthode


des ratios.

La méthode des ratios bénéficie de la faveur des banquiers et des analystes


financiers en raison de sa simplicité. A partir de rapports entre deux grandeurs, elle
permet de fonder une opinion sur la situation financière de l’entreprise grâce à
l’évolution de ces ratios dans le temps.

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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
Cependant, la simplicité de la méthode des ratios et son intérêt pratique ne
doivent pas masquer les insuffisances et les limites qu’elle connaît. On va citer
quelques exemples de ces limites.

1) Les ratios et l’information comptable :

Le calcul des ratios est établi à partir des informations et des données
contenues dans les états de synthèse de l’entreprise. Or, la comptabilité fondée sur
l’enregistrement des opérations en coûts historiques et le phénomène permanent
d’inflation, font que l’information comptable est déformée.

En outre, la rigidité des principes comptables empêche le bilan de rendre en


compte de la réalité économique de l’entreprise. C’est ainsi que des immobilisations
importantes financées par le crédit-bail concourent à l’activité et à la formation du
résultat de l’entreprise, mais n’apparaissent pas dans ses actifs, en raison de la
conception juridique ou patrimoniale du bilan. De la même façon, l’application du
principe de prudence introduit des biais, et fausse ainsi l’analyse de certains ratios. A
cet égard, il est important de rappeler le caractère fondamental de divers retraitements,
à la fois au niveau du bilan et du C.P.C de l’entreprise.

Enfin, certains dirigeants soucieux de donner à leur entreprise une image


attractive ou d’atténuer l’imposition de leur entreprise manipulent l’information
comptable et font de l’habillage du bilan. On peut voir les pratiques les plus fréquentes
de manipulation du résultat imposable (ce qui peut faire l’objet d’une répression
pénale) :

o Absence d’amortissements ou amortissements insuffisants pour


dégager des bénéfices fictifs ou minimiser une perte ;
o Constitution des provisions injustifiées pour reporter sur
d’autres exercices le paiement de l’impôt, ou au contraire non
constitution de provisions pour gonfler le résultat ou réduire la perte et
améliorer la présentation ;

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M.B.F : 2007/2008
o Majoration ou minoration des stocks pour moduler le résultat de
l’exercice;
o Maintien à l’actif de créances irrécouvrables, modification des
méthodes comptables, accroissement des comptes courants d’associés
juste avant la clôture des comptes.

Ces manipulations visent soit à présenter une situation financière mirifique de


l’entreprise alors que la réalité est désastreuse, soit à se soustraire au paiement de
l’impôt en introduisant de sérieuses entorses dans la sécurité et la fiabilité de
l’information comptable.

2) Les ratios et les stratégies d’entreprise :

Une entreprise investit et lance un nouveau produit qui va lui permettre de se


positionner en leader sur son marché et de réaliser des bénéfices très importants dans
un délai de deux à trois ans. Il est clair que les ratios calculés avant cette échéance ne
sauront renseigner l’analyste financier, ni sur les profits à venir.

3) Les ratios et le facteur humain :

Bien des entreprises ne doivent leur succès ou leur situation florissante qu’à un
seul dirigeant ou à une petite équipe en place. Ceci est particulièrement vrai pour les
Petites et Moyennes Entreprises (P.M.E). En l’absence d’une structure de relève
crédible et compétente, il suffit que l’animateur principal décède pour que les tiers
s’inquiètent et que l’avenir de l’entreprise s’assombrisse. Ce type de situation échappe
complètement aux ratios élaborés à partir de données chiffrées.

4) Les ratios et les stratégies de groupe :

Les ratios calculés pour une entreprise considérée isolément et éventuellement


comparés à ceux d’une entreprise concurrente peuvent paraître bons ou mauvais.
Même si l’entreprise fait partie d’un groupe, leur signification sera assez relative car

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ils n’expriment plus le résultat d’une stratégie propre à l’entreprise, mais celui d’une
stratégie de groupe qui peut en être éloignée.

Malgré les diverses imperfections et déformations qui caractérisent


l’information comptable, la méthode des ratios demeure l’instrument privilégié de
l’analyse financière statique. Aussi, cette méthode doit elle être complétée par les
approches basées sur les flux, qui ont le mérite de mettre en évidence d’une manière
dynamique tous les flux financiers qui traversent l’entreprise.

B. Analyse Financière dynamique : Capacité


d’Autofinancement, et Tableau de Financement.

Pour se maintenir et se développer, l’entreprise doit procéder à des


investissements de renouvellement ou d’expansion, faire face à la dépréciation de ses
actifs et à des risques divers et assurer le financement de son Besoin en Fonds de
Roulement.

Pour ce faire, l’entreprise dispose d’un ensemble de ressources dont l’origine


peut être externe (augmentation de capital, dettes de financement, …etc.) ou interne
(Fonds Propres). S’agissant des ressources internes, ce sont celles qui sont sécrétées
par l’exploitation de l’entreprise et qui sont désignées par les vocables de Capacité
d’Autofinancement et d’Autofinancement.

a. Mesure et signification de la Capacité


d’Autofinancement (C.A.F) :

Le Plan Comptable Marocain définit la Capacité d’Autofinancement comme


une ressource de financement générée par l’activité de l’exercice, avant toute
affectation du Résultat Net, et calculée selon les dispositions indiquées dans l’E.S.G.
Pour bien cerner cette notion, il convient d’en examiner le mode de calcul.

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1) Le calcul de la Capacité d’Autofinancement à partir le
Résultat Net (méthode indirecte29) :

La méthode indirecte n’est autre qu’une manière rapide de calculer la Capacité


d’Autofinancement le principe est le suivant : le Résultat Net représenterait la liquidité
si tous les produits étaient encaissables et toutes les charges décaissables puisqu’il
n’en est rien, il suffit de corriger le Résultat Net de toutes les charges et tous les
produits calculés pour retrouver la liquidité.

Le P.C.M propose de calculer la Capacité d’Autofinancement à partir du


Résultat Net comme suivant30 :

Capacité d’Autofinancement
=
Résultat Net de l’exercice (+ bénéfice, - perte)
+
Dotations de l’exercice autres que celles relatives aux actifs, aux passifs
circulants et à la Trésorerie (Dotations d’Exploitation, Financières, et Non
Courantes
-
Reprises sur Amortissements, sur Provisions (autres que celles relatives au
actif et au passif circulants et à la trésorerie) et sur les subventions
-
Produits de Cessions d’Immobilisations
+
Valeur Nette d’amortissement des immobilisations cédées ou retirées de l’actif

Le calcul de la C.A.F à partir du Résultat Net participe d’une approche


résolument microéconomique, orientée davantage vers les décideurs privés et les
banquiers familiers avec la notion de Cash-flow, qui est un concept simple à utiliser et
29
Jacques TEULIE & Patrick TOPSACALIAN, "Finance", Edition VUIBERT, 3ème édition, Paris 2000,
P. 123/124.
30
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.151.
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M.B.F : 2007/2008
à intégrer. Cependant, l’assimilation abusive de la C.A.F à la notion de Cash-flow,
c'est-à-dire de trésorerie immédiatement disponible, peut conduire à des erreurs
d’appréciation. En fait, la C.A.F correspond au potentiel généré par l’activité normale
de l’entreprise pour :

o Financer ses investissements de renouvellement (dotations aux


amortissements) et d’expansion (bénéfices non distribués) ;

o Faire face à la dépréciation de l’actif immobilisé (dotations aux


provisions) ou à des risques et des charges probables (provisions
probables pour risques et charges) ;

o Assurer la rémunération des apporteurs de capitaux


(dividendes).

On remarque que les résultats de cessions d’actif immobilisé ne sont pas pris
en compte, bien qu’ils constituent un flux, dans la mesure où la C.A.F ne prend pas en
considération que les opérations trouvant leur origine dans l’activité ordinaire de
l’entreprise. Elle mesure davantage la capacité de l’entreprise à dégager un
Autofinancement par son activité ordinaire que l’Autofinancement potentiel généré
par l’ensemble des opérations de l’exercice.

2) Le calcul de la C.A.F à partir de l’E.B.E (méthode


directe31) :

Cette méthode fondée sur l’idée de flux de liquidité consiste à rajouter ou à


retrancher de l’E.B.E toutes les autres variables du C.P.C qui représentent des
encaissements ou des décaissements réels ou potentiels (hormis les cessions
d’immobilisations). Il est peut être bon de rappeler à ce stade que les Dotations aux
Amortissements et Provisions et les Reprises sur Amortissements et Provisions sont
des variables calculées n’impliquant aucun mouvement de fonds. Donc, il est

31
Op. Cite, Jacques TEULIE & Patrick TOPSACALIAN, "Finance", Edition VUIBERT, 3ème édition,
Paris 2000, p.122.
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Marocaine 55
Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
recommandé à titre d’analyse et de contrôle de calculer la C.A.F selon une méthode
soustractive à partir de l’E.B.E. le schéma de calcul est le suivant32 :

Schéma de calcul de la C.A.F à partir l'E.B.E :

Capacité d’Autofinancement
=
E.B.E ou I.B.E
-
Charges décaissables :

Autres charges d’exploitation.


Charges financières (sauf dotations sur actif immobilisé et
financement permanent).
Charges non courantes (valeur net d’amortissement des
immobilisations cédées et dotations sur actifs immobilisé ou sur
financement permanent).
Impôt sur les résultats
+
Produits encaissables :

Autres produits d’exploitation.


Transferts de charges d’exploitation.
Produits financiers (sauf reprises sur provisions réglementées ou sur
provisions durables et reprises sur amortissements).
Produits non courants (sauf produits de cessions d’immobilisations,
reprises sur subventions d’investissement et reprises sur provisions
durables ou réglementées).

Le calcul de la C.A.F selon la méthode soustractive à partir de l’E.B.E s’inscrit


davantage dans une démarche macroéconomique chère aux comptables nationaux. La
C.A.F constitue dans un reliquat plutôt qu’un agrégat comme dans la méthode
précédente.

32
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
Maghreb 1997, p.152.
Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E
Marocaine 55
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M.B.F : 2007/2008
Selon la méthode soustractive, le caractère potentiel ou théorique de la C.A.F
apparaît clairement, car elle s’obtient par la différence entre les produits encaissables
et non calculés et les charges décaissables et non calculées. En fait, la C.A.F
correspond à la différence entre les produits encaissés et les charges effectivement
décaissées si et seulement s’il n’existe pas de décalage de trésorerie, c'est-à-dire si les
produits et les charges se traduisent par des encaissements et les décaissements
immédiats et intégraux.

3) Mesure et signification de l’Autofinancement :

L’Autofinancement constitue le ‘surplus monétaire (ressource) généré par


l’entreprise et conservé durablement pour assurer le financement de ses activités’. On
le calcule en rattachant de la C.A.F les distributions ou retraits de bénéfices intervenus
au cours de l’exercice. Il se calcul comme suit33 :

Autofinancement = C.A.F – Bénéfices (dividendes pour les S.A) distribués au


cours de l’exercice

Cette définition montre que la C.A.F constitue le maximum de ressources que


l’entreprise pourrait consacrer à l’Autofinancement (A.T), en l’absence de distribution
de dividendes.

4) Analyse critique des concepts de Capacité


d’Autofinancement et d’Autofinancement :

• La Capacité d’Autofinancement :

La C.A.F constitue un indicateur central du diagnostic financier de la


rentabilité de l’entreprise. La C.A.F, qui est le solde des produits encaissables et des
charges décaissables, représente le plafond que l’entreprise peut consacrer au
paiement des charges autres que celles liées à la réalisation des ventes. Une C.A.F
négative est le signe que l’exploitation engendre plus de dépenses que de recettes,
33
Op. Cite, R.BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’entreprise Tome1", Edition GAETAN MORIN
MAGHREB 2007, p.161.
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M.B.F : 2007/2008
cette situation étant très risquée pour l’équilibre financier à terme de l’entreprise. A
contrario, une C.A.F positive mesure l’aptitude de l’entreprise à financer par ses
propres ressources les besoins financiers liés à sa pérennité et à son développement
(dividendes, investissements ; remboursements de dettes).

Malgré son intérêt, la C.A.F n’est plus parfaite et n’est pas exempte de
critiques qu’on peut citer par exemple :

o On peut tout d’abord relever son caractère hétérogène, dans le


sens où elle contient des éléments qui ont supporté l’impôt sur les
résultats alors que d’autres ont été dotés franchises d’impôts. La C.A.F
se trouve donc amélioré durant les exercices de dotations importantes
aux amortissements et aux provisions, et il est possible d’arriver à une
situation paradoxale d’amélioration de la C.A.F et de détérioration de la
trésorerie de l’entreprise ;

o De la même façon, la C.A.F intègre aussi bien les éléments


courants que les éléments non courants, à l’exclusion des opérations
liées aux cessions d’actifs qui ont été neutralisés. Aussi, une bonne
appréciation du potentiel de l’entreprise doit elle être fondée sur une
séparation de notions de C.A.F courante et de C.A.F non courante, avec
une distinction entre les dotations aux amortissements et provisions
courantes et non courantes, et entre les impôts sur les résultats courants
et non courants. …etc.

• L’Autofinancement :

Avantages :

L’A.T présente des avantages certains sur un plan stratégique et sur un plan
financier :

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o Sur le plan stratégique : l’A.T confère à l’entreprise des degrés
de liberté en matière de choix d’investissements ;

o Sur le plan financier : l’A.T constitue un facteur d’indépendance


financière appréciable. Il permet à l’entreprise de limiter le recours à
l’endettement (jugé très coûteux) et améliore donc sa rentabilité, en
réduisant le poids des charges financières. De plus, l’amélioration de la
situation nette de l’entreprise s’accompagne généralement d’une
appréciation par le marché de la valeur boursière de l’action pour les
sociétés cotées.

Comme le cas de la C.A.F, l’A.T a des limites. Voici les principaux


inconvénients qu’on peut citer :

o Diminution des bénéfices distribués ;

o Il est souvent insuffisant pour financer les grands


investissements ;

o Apparence gratuite de l’autofinancement peut entraîner des


investissements dont la rentabilité est nulle.

b. L’analyse financière dynamique : Tableau de


Financement :

Alors que l’analyse financière statique basée sur le bilan permet de fonder une
opinion sur l’équilibre financier et la situation de trésorerie de l’entreprise à un
moment donné, l’analyse des flux financiers vient compléter le diagnostic par une
approche plus dynamique des mouvements financiers de l’entreprise au cours de
l’exercice. Les flux financiers n’apparaissent explicitement ni dans le bilan, qui donne
une photographie de l’entreprise à un moment donné, ni dans le C.P.C qui regroupe
les flux réels de la période. Aussi, les analystes financiers recourent au Tableau de
Financement qui met en évidence l’évolution financière de l’entreprise au cours de

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
l’exercice en décrivant les ressources dont elle a disposé et les emplois qu’elle en a
effectués. L’introduction du Tableau de Financement dans le Plan Comptable
Marocain (P.C.M), vient donc consacrer l’analyse des flux. La reconnaissance dont
bénéficie aujourd’hui le Tableau de Financement au plan international montre à
l’évidence l’intérêt réel de ce document en vue de l’appréciation de la variation du
patrimoine et de la situation de l’entreprise.

1) L’intérêt du Tableau de financement :

Le Tableau de financement fait ressortir les mouvements financiers intervenus


au cours d’un exercice, c'est-à-dire les ressources nouvelles dont l’entreprise a disposé
et les emplois auxquels elle a procédé.

En règle générale, tout accroissement d’un élément de l’actif (variation


positive) et toute baisse d’un élément du passif (variation négative) constituent des
emplois. A contrario, toute augmentation d’un poste du passif (variation positive) et
toute diminution d’un poste de l’actif (variation négative) représentent une ressource :

Les accroissements d’actifs sont des emplois qui correspondent à des


investissements à long terme ou à l’acquisition de biens physiques et financiers faisant
partie de l’actif circulant. Les diminutions d’actifs constituent des ressources et
correspondent à un échange de biens contre des créances ou de la monnaie.

Les accroissements du passif constitue des ressources et correspondent à des


apports de fonds (augmentation de capital par exemple) et à l’enregistrement de dettes

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(fournisseurs, concours bancaires, etc.). Quant aux diminutions du passif, elles
correspondent à une diminution de capitaux propres ou à un remboursement de dettes.

2) La présentation fonctionnelle du tableau de financement :

Le tableau de financement proposé par le P.C.M, s’intéresse à l’ensemble des


activités de l’entreprise, et permet d’expliquer l’évolution de l’équilibre financier et de
la situation patrimoniale de l’entreprise, à travers l’évolution de la variation du Fonds
de Roulement Fonctionnel (F.R.F). L’évolution de la variation du Besoins en Fonds de
financement Global (B.F.G) permet d’établir la relation fondamentale de la
trésorerie34:

Variation Trésorerie = Variation F.R.F – Variation B.F.G

La construction du tableau de financement obéit donc aux principes de


l’analyse fonctionnelle préconisée par le Code Général de Normalisation Comptable
(C.G.N.C). Avant de procéder à la présentation du contenu du tableau de financement,
voici au début les retraitements prévus par le Plan Comptable Marocain (P.C.M).

3) Les retraitements nécessaires :

Le Tableau de Financement est un document qui répond davantage à des


considérations économiques que comptables. C’est pourquoi certaines neutralisations
et/ou reclassements doivent être effectuées pour limiter l’analyse aux seuls flux de
fonds qui correspondent à des mouvements financiers réels. Ainsi, sont exclus du
tableau de financement tous les mouvements qui ne constituent pas de flux, tels que
les écarts de conversion, les écarts de réévaluation, les virements de compte à compte,
etc.

34
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
MAGHREB 2007, p.272.
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M.B.F : 2007/2008

 Les Ecarts de conversion actif ou passif :

Comme on l’a déjà vu, les créances et les dettes libellées en devises sont
converties au cours de change à la clôture de l’exercice, et des écarts de conversion
sont constatés soit à l’actif en cas de pertes de change latentes, soit au passif en cas de
gains de change latents. La constatation de ces plus ou moins-value ne correspond à
aucun mouvement réel de fonds (emploi ou ressource), et c’est la raison pour laquelle
les dettes et les créances doivent être ramenées à leur valeur d’origine en dirhams :
cette neutralisation s’effectue par la contre-passation des écritures comptables ayant
constaté les écarts de conversion ;

 Les Ecarts de réévaluation :

La réévaluation d’actifs, qui est une dérogation au principe du coût historique


se traduit par l’accroissement d’un actif et l’inscription corrélative d’un écart de
réévaluation au passif. Or, cette opération purement patrimoniale n’entraîne aucun
flux. Aussi, la neutralisation porte sur l’écart de réévaluation, qui figure au passif, et
qui correspond à la différence entre la valeur actuelle et la valeur nette comptable des
actifs en cause. On diminuera donc à la fois les capitaux propres de l’entreprise et la
valeur nette des immobilisations.

 La prime de remboursement des obligations :

Les reclassements des primes de remboursement des obligations consiste à


diminuer le montant des emprunts obligataires au passif de la valeur nette des primes
de remboursement inscrite à l’actif dans les immobilisations en non-valeurs.

 Les virements de compte à compte :

Les virements de poste à poste n’entraînent pas de flux et par conséquent ne


doivent pas être pris en considération. C’est le cas par exemple des virements d’un
poste d’immobilisations en cours à un poste d’immobilisations, des mouvements de

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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
capitaux propres qui ne correspondent pas à des flux (résultat de l’exercice et
incorporation au capital de sommes prélevées sur les réserves ou sur l’écart de
réévaluation par exemple).

4) La structure du Tableau de Financement :

Le Tableau de Financement du P.C.M comporte deux parties : la Synthèse des


Masses du bilan et le tableau des Emplois et Ressources.

 LA SYNTHESE DES MASSES DU BILAN :

La Synthèse des Masses du bilan est un tableau établi sur deux exercices, à
partir des montants nets du bilan fonctionnel avant répartition des résultats.

Tableau de Financement de l’exercice (modèle normal) : Synthèse des Masses35.

Synthèse des Masses

Masses Exercice Exercice Variations a – b

Emplois Ressource
a b s
c
d
1 Financement Permanent Ou
Ou
2 Moins l’actif immobilisé
=
3 Fonds de Roulement Fonctionnel (1- 2)(A) Ou

35
Op. Cite, , Professeur Abdelkarim MOUSSA," Cours d’analyse Financière", Université Sidi Mohamed
BenAbdilah, 2005/2006, p.133.
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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
M.B.F : 2007/2008
4 Actif circulant Ou
Ou
5 Moins Passif Circulant
= Ou

6 Besoin de Financement Global (4 – 5) (B)


7 Trésorerie Nette (Actif – Passif) (A – B) Ou

Ce tableau permet de mettre en évidence les variations constatées entre deux


exercices qui correspondent soit à des emplois financiers, soit à des ressources de
financement :

Si la variation du financement permanent › la variation de l’actif immobilisé


Variation du F.R.F (A) = Ressource Nette

Si la variation du financement permanent ‹ la variation de l’actif immobilisé


Variation F.R.F (A) = Emploi Net

Si la variation de l’actif circulant hors trésorerie › la variation du passif circulant hors


trésorerie

Variation B.F.G (B) = Emploi Net

Si la variation de l’actif circulant hors trésorerie ‹ la variation du passif circulant hors


trésorerie

Variation B.F.G (B) = Ressource Nette

La variation de la trésorerie nette, qui s’obtient horizontalement par la


différence entre la trésorerie active et la trésorerie passive, peut être calculée
verticalement par la différence entre la variation du F.R.F et la variation du B.F.G.

 LE TABLEAU DES EMPLOIS ET RESSOURCES :

Le Tableau du Financement présente pour deux exercices quatre masses


successives :

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• Les ressources stables et les emplois stables de l’exercice exprimés en
terme de flux ;

• La variation du B.F.G et la variation de la trésorerie nette exprimées en


termes de variation nette globale.

Tableau de Financement de l’exercice (modèle normal) : Suite36

Emplois et Ressources

Exercice Exercice précédent

Emplois Ressources emplois Ressources

Ressources stables de l’exercice (flux)

Autofinancement (A)
Capacité d’Autofinancement
Distribution de bénéfices

Cessions et réductions d’immobilisations (B)


Cessions d’immobilisations incorporelles
Cessions d’immobilisations corporelles
I Cessions d’immobilisations financières
Récupérations sur créances immobilisées

Augmentation des capitaux propres et assimilés (C)


Augmentation de capital, apports
Subventions d’investissement

Augmentation des dettes de financement


(D)
(nettes de primes de remboursement)

TOTAL 1 Ressources Stables (A+B+C+D)

36
Op. Cite, R. BELKAHIA & H. OUDAD, "Finance d’Entreprise Tome1", Edition GAËTAN MORIN,
MAGHREB 2007, p.55.
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Emplois et Ressources (suite)


Emplois stables de l’exercice (flux)

Acquisitions et augmentations d’immobilisations (E)


Acquisitions d’immobilisations incorporelles
Acquisitions d’immobilisations corporelles
Acquisitions d’immobilisations financières
Augmentation des créances immobilisées

Remboursent des capitaux propres (F)


I Remboursement des dettes de financement (G)
I Emplois en non valeurs (H)

TOTAL 2 Emplois Stables (E+F+G+H)

Variation du Besoin de Financement Global (B.F.G) ou ou

Variation de la Trésorerie ou ou

Total Général

Les Ressources et les Emplois stables de l’exercice :

Les ressources stables de l’exercice comprennent l’Autofinancement, les


cessions et réductions d’immobilisations, l’augmentation des capitaux propres et
assimilés, l’augmentation des dettes de financement.

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• L’AT constitue le moyen de financement interne privilégié de
l’entreprise. Il traduit un surplus monétaire qui représente un potentiel
de liquidités. Rappelons que l'autofinancement est calculé par la
différence entre la C.A.F et les dividendes mis en paiement en cours de
l'exercice ;

• Les cessions d'immobilisations apparaissent au niveau du C.P.C


en produits non courants. On retient dans le tableau de financement le
flux du prix de cession qui représente une ressource définitive pour
l'entreprise. A noter que les cessions d'immobilisations financières
portent sur les titres de participation et les autres titres immobilisés,
alors que les réductions d'immobilisations concernent les prêts
immobilisés et les autres créances financières (dépôts, …etc.) ;

• On retient en ressources les augmentations de capital en nature


ou en numéraire, primes d'émission, de fusion ou d'apport comprises ;
Parmi les augmentations de capitaux propres assimilés, on prend en
compte les subventions d'investissement pour le montant perçu ou à
recevoir ;

• En ce qui concerne l'augmentation des dettes de financement, il


s'agit des nouveaux emprunts (obligataires ou non) à plus d'un an, des
avances, dettes, dépôts et cautionnements nouveaux acquis au cours de
l'exercice.

Les emplois stables de l'exercice comprennent les acquisitions et


augmentations d'immobilisations, le remboursement des capitaux propres, le
remboursement des dettes de financement, les emplois en non-valeurs.

• Le détail des acquisitions et augmentations d'immobilisations


par l'entreprise ;

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• Le remboursement des capitaux propres correspond à des
réductions de capital, qui se traduisent par des sorties monétaires. De
fait, en sont exclus les réductions de capital par imputation de pertes ;

• Le remboursement des dettes de financement correspond aux


remboursements des emprunts, avances, dépôts et cautionnements, et
dettes diverses de l'entreprise ;

• Les non-valeurs figurent dans le tableau de financement car


elles correspondent à de véritables sorties monétaires.

LE B.F.G et la Trésorerie Nette de l'entreprise

Alors que les emplois et les ressources stables de l'exercice sont repris dans le
Fableau de Financement pour leur valeur brute, le B.F.G et la Trésorerie Nette sont
représentés par les montants nets calculés et consignés dans la Synthèse des Masses du
bilan.

5) L'interprétation du Tableau de Financement :

Le Tableau de Financement constitue pour l'analyste financier un document


essentiel, en particulier quand il est pluriannuel. Il permet tout d'abords d'apprécier la
politique d'investissement et de financement de l'entreprise, et de s'assurer que
l'équilibre financier de l'entreprise est satisfaisant, en vérifiant que le F.R.F permet de
faire face au Besoin de Financement Global de l'entreprise.

Le tableau de financement traduit donc une synthèse de la politique financière


poursuivie par l'entreprise et peut être exploité de diverses manières :

• Expression en valeurs relatives des diverses composantes du


tableau par rapport au total pour une approche globale ;

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• Analyse fine de la structure et de l'évolution des emplois en
général et des catégories d'investissements en particulier pour identifier
la stratégie de croissance (interne ou externe) ;

• Appréciation de la politique de désinvestissement ;

• Analyse de la politique d'investissement de l'entreprise, de son


degré d'autonomie financière et du taux d'autofinancement de ses
investissements ;

• Appréciation de la politique de dividendes de l'entreprise.

A titre indicatif, les ratios suivants peuvent être directement calculés à partir de
la synthèse des masses du bilan et/ou du tableau d'Emplois et de Ressources37 :

Autofinancement C.A.F Dettes de Financement


Ou
Total Ressources Total Ressources Total Ressources

Acquisition et augmentation d'immobilisations Distribution de bénéfices

Total emplois C.A.F

Variation F.R.F

Variation B.F.G

Remboursement dettes de financement Remboursement dettes de


financement
Ou
C.A.F Autofinancement

6) Les limites du tableau de financement :


37
Op. Cite, R.BELKAHIA & H.OUDAD, "Finance d'entreprise Tome1", Edition GAËTEN MORIN,
MAGHREB 2007, p.277.
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Le tableau de financement recèle de nombreuses informations, et constitue à ce


titre un instrument valable d'analyse de la gestion financière de l'entreprise.
Cependant, ce document n'échappe pas à des critiques en raison de ses insuffisances.

La première limite de ce document est tout d'abord conceptuelle en raison des


notions de C.A.F et de F.R.F qui sont avant tout des indicateurs comptables.

La C.A.F est un concept hybride, dans le sens où elle est à la fois calculée
avant rémunération des capitaux propres (dividendes), mais après rémunération des
dettes financières (charges financières), et non pertinente dans la mesure où elle ne
traduit qu'un potentiel de trésorerie, rarement disponible en pratique, du fait des
variations positives du B.F.R de l'entreprise.

Le concept de Fonds de Roulement Fonctionnel (F.R.F) n'est également pas


exempt de critiques, du fait de l'ambiguïté de la notion de stabilité des ressources.
Ainsi, par exemple, la partie à moins d'un an d'un emprunt est considérée comme
stable, alors que des crédits de trésorerie revolving ne sont pas considérés comme
stables, même s'ils sont permanents en pratique. Il y a également lieu de signaler la
cœxistence des notions de F.R.F et de Fonds de Roulement Financier ou Permanent,
qui ne peut que nuire à l'intérêt de ce concept dans la mesure où leur contenu est
sensiblement différent.

D'autres limites existent. Elles concernent le retraitement des opérations de


crédit-bail, qui n'a pas été prévu par le P.C.M, et les titres et valeurs de placement qui
sont classés dans le Besoin de Financement Global (B.F.G), alors qu'ils constituent
dans beaucoup des cas de véritables placements de trésorerie.

Enfin, on parle de l'absence de distinction au niveau du Besoin de Financement


Global, entre les opérations d'exploitation et les opérations hors exploitation.

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Dans ce deuxième chapitre, on a pu soulever l’importance de certains concepts


qui expriment et qui simplifient la notion d’équilibre financier, tels que le Fonds de
Roulement et le Besoin en Fonds de Roulement, tout en montrant la différence qui
existe entre ces deux concepts et les deux autres concepts dits Fonds de Roulement
Fonctionnel et Besoin de Financement Global, cette différence qui trouve son origine
dans l’approche utilisé pour déterminer chacun de ces éléments, qu’elle soit
fonctionnelle (bilan) ou financière (bilan financier). On a exposé encore, les
différentes méthodes de calcul de ces grandeurs tout en mentionnant pourquoi le faire.
En outre, la détermination du Fonds de Roulement, du Besoin en Fonds de Roulement,
et de la Trésorerie Nette a nécessité de soulever ce lien qui existe entre l’analyse
financière et le Fonds de Roulement.

Après avoir exposé et expliquer la notion d’équilibre financier, il s’avère


important et obligatoire de montrer théoriquement comment se fait l’analyse de
l’équilibre financier ou autrement dit comment peut on analyser l’équilibre financier
en utilisant les données des états de synthèse ? La réponse était présentée par deux
méthodes connues et citées par la plupart des analystes et des auteurs de la matière à
savoir : la méthode des Ratios, et la méthode des Flux Financiers représentée par le
Tableau de Financement qu’on l’a précédé par une exposition de ce qu’est la Capacité
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d’Autofinancement. La première méthode est dite statique ou externe puisqu’elle
utilisé par des analystes externes de l’entreprise leur permettant de fonder une opinion
sur l’équilibre financier et la situation de trésorerie de l’entreprise à un moment donné.
L’analyse des flux financiers vient compléter le diagnostic par une approche plus
dynamique des mouvements financiers de l’entreprise au cours de l’exercice. Les flux
financiers n’apparaissent explicitement ni dans le bilan, qui donne une photographie
de l’entreprise à un moment donné, ni dans le C.P.C qui regroupe les flux réels de la
période. La deuxième méthode est dite dynamique ou interne, parce qu’elle menée par
l’analyste financier de l’entreprise elle-même

Chapitre 3 :

Etude de cas : cas d'une Petite et Moyenne Entreprise

Dans ce troisième chapitre, on va se référer aux deux premiers chapitres, et aux


annexes situées à la fin de ce mémoire pour bien illustrer et coller la théorie avec la
réalité économique. Ces annexes appartiennent à une Entreprise de taille moyenne
(P.M.E), et qui travaille dans le domaine public par l'installation électrique dans le
milieu rural.

On va commencer par une définition de l'entreprise cible, tout en cachant son


nom et son siège pour garder la confidentialité des données et le secret du métier, en
citant son capital, sa taille, son chiffre d'affaires, son secteur, …etc. Ensuite, on
appliquera ce qu'on vient d’exposer théoriquement dans les deux premiers chapitres,
pour interpréter les différents résultats et les différentes grandeurs et rapports réalisés
par cette entreprise durant deux exercices d’activité. Les données, les tableaux, et les
différents états de synthèse des deux exercices sont trouvés à la fin de ce mémoire, et
on va les utiliser pour décortiquer ce qui nous semble nécessaire pour compléter ce
travail.

À la fin, on essaiera de donner quelques remarques, recommandations, pour


conclure ce modeste travail qu'on a essayé de le rendre simple mais stimulant son

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lecteurs à réfléchir sur ce thème qu'on juge d'actualité et d'importance, et dans lequel
on a trouvé pas mal de difficultés conceptuelles et professionnelles.

Section 1 : Introduction à l'Analyse Financière.

Définition de l'entreprise :

Nom : x (confidentiel).

Siège : MAROC.

Capital social ou personnel : 800 000,00 Dirhams.

Taille : Petite et Moyenne Entreprise.

Chiffre d'affaires : 9 442 890,92 Dirhams.

Secteur : Marché publique, l'électrification du milieu


rural, autrement dit B.T.P.

Statut juridique : Société à Responsabilité Limitée (S.A.R.L).

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I. Le Diagnostic Financier (D.F)

A. Le Diagnostic Financier :

Le diagnostic peut être définit comme étant : "une démarche qui s'appuie sur
l'examen critique de l'information comptable et financière fournie par les dirigeants de
l’entreprise à destination des tiers, et qui commence par la collecte des informations,
l’analyse attentive de ces informations, et la mise en œuvre des indicateurs
significatifs.

a. Objectifs du Diagnostic Financier :

La réponse à la question de pourquoi le diagnostic financier peut être résumée


comme suit :

- L'équilibre financier : deux méthodes pour le déterminer soit la


méthode statique (externe ou encore traditionnelle), soit par la méthode
dynamique (interne ou encore contemporaine) ;

- La rentabilité : l'objectif est de juger si l'entreprise a réalisé des


investissements rentables par rapport aux capitaux engagés.

b. La démarche de Diagnostic financier :

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La démarche peut être schématisée comme suit :

La collecte des Externe : Bilan, C.P.C, tableaux,… etc.


informations
Interne : informations
complémentaires.
L’analyse de ces Points forts
informations
Points faibles

La sélection des
indicateurs Ratios, …etc.
significatifs

c. Les types du diagnostic :

Check Up
Types de
D.G Curatif

B. Les objectifs du Diagnostic Financier :

Les objectifs se diffèrent, de l'entreprise elle-même qui utilise l'information


financière pour avoir des décisions financières adéquates, aux tiers qui veulent porter
un jugement sur la situation financière de l'entreprise. On peut résumer ces différents
objectifs comme suit :

- L'entreprise : l'objectif de l'entreprise en exploitant l'information


financière est d'arriver à prendre les décisions financières jugées
satisfaisantes et adéquates, en ce qui concerne les deux politiques
d'investissement et de financement;

- Les tiers : leurs objectifs diffèrent, les actionnaires et les


épargnants cherchent une grande rentabilité avec un moindre
risque. Par contre, les prêteurs cherchent plus de garanties que de

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profits, ainsi les salariés cherchent à participer à la répartition de
richesses et de la V.A.

C. Introduction à la comptabilité : par


l’approche financière.
a. Qu’est qu’un bilan ?

On peut définir le Bilan en tant qu'un flash permettant de visualiser ou de


décrire dans un moment donné ce que l'entreprise détient (Passif ou Ressources) et ce
qu'elle doit (Actif et Emplois). Il joue un rôle primordial et majeur dans l’ana lyse
financière de l’entreprise, et c’est à partir de lui qu’on puisse comprendre les autres
états de synthèse.
b. L'actif du bilan :

 L’Actif Immobilisé (A.I) :

En se référent à l'annexe 1 qui désigne l'Actif de l'entreprise, on trouve que


l'A.I est de 3 632 814,01 DHs alors qu'il était pour l'exercice précédent de 2 297
693,75 DHs, c'est-à-dire une variation positive de 58,10% entre les deux exercices. En
détaillant l'A.I, on trouve que l'entreprise n'a pas d'Immobilisations en Non Valeurs,
les Immobilisations Incorporelles constituent 0.01% avec un montant de 941,57 DHs.
Par contre, la majorité est formée par les Immobilisations Corporelles qui représentent
99,99% (100% pour l'exercice précédent) de l'A.I dont la grande partie sont des
Constructions (1 650 971,07DHs). Ainsi qu'une absence des Immobilisations
Financières 0DHs, puisque l'entreprise est une P.M.E non cotée et locale ce qui
justifie encore l'absence d'Ecarts de Conversion Actif 0DHs. Enfin, on constate que
l'A.I représente par rapport au total général d'Actif plus de 54%.

 L'Actif Circulant (A.C) :

L'annexe 1 montre cette fois ci que l'A.C est d'un montant total de 2 404
565,49 DHs et 855 369,99 DHs pour l'exercice précédent, c'est-à-dire une variation
positive de plus de 180%. L'A.C qui comporte les Stocks, qui sont d'un montant de 41
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700,00 DHs qui n'a pas varié, représentant 1,73% du total d'A.C, et qui est formé en
totalité par les Matières et Fournitures Consommables, avec une absence totale des
Marchandises 0DHs, des Produits en Cours 0DHs, des Produits Intermédiaires 0DHs,
et des Produits Finis 0DHs (ce n'est plus une entreprise commerciale ou industrielle
mais d'installation électrique BTP). Pour la deuxième composante de l'A.C à savoir les
Créances de l'A.C, celles-ci sont d'un montant de 2 362 865,49 DHs (pour l'exercice
précédent 813 669,99 DHs) avec un pourcentage de plus de 98% du total d'A.C dont
la grande majorité est réservée aux Clients et Comptes Rattachés (1 868 982,99 DHs)
et Etat – Débiteur (490 721,40DHs). Pour les deux composantes qui restent qui sont
les Titres et Valeurs de Placement, et les Ecarts de Conversion Actif (Eléments
circulants) sont nuls pour les raisons citées auparavant. Enfin, l'A.C représente
presque 36% du total général d'Actif.

 La Trésorerie Active (T.A) :

Pour la Trésorerie Active, qui est les moyens de règlement disposés par
l'entreprise, elle est d'un montant de 683 324,71 DHs et de 789 214,99 DHs pour
l'exercice précédent c'est-à-dire une variation négative de -13.41%. Elle est composé
en général par les Chèques et Valeurs à encaisser soit un montant de 670 248,81 DHs
c'est-à-dire plus de 98% du total de la T.A, les Banques et C.C.P sont nuls, et la
Caisse, régies d'avances et accréditifs avec un montant de 13 075,90 DHs soit Presque
2% de la T.A. cette dernière représente plus de 10% du total général d'Actif.

Le total général de l'Actif pour cet exercice est de 6 720 704,21 DHs, soit une
progression de plus de 58% par rapport à l'exercice précédent qui était d'un montant
total de 3 942 278,73 DHs, cela veut dire que l'activité de l'entreprise a évolué d'un
exercice à l'autre.

c. Le passif du bilan.

 Le Financement Permanent (F.P) :

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Comme on a exposé dans la partie théorique, le F.P se compose de cinq
rubriques. L'annexe 2 montres que le total du F.P de l'exercice est de 2 650 652,56
DHs et de 988 000,26 DHs pour l'exercice précédent soit une variation positive de
plus de 168%. Le total des Capitaux propres est de 1 555 015,00 DHs et de 986
029,92 DHs l'exercice précédent soit une variation positive de presque 58%, les
Capitaux Propres représentent 58,66% du total du F.P. Pour les Capitaux Propres
Assimilés sont nuls avec 0DHs. Concernant les Dettes de financement qui ont connu
une variation remarquable entre les deux exercices le montant s'est passé de 1 970,34
DHs à 1 095 637,55 DHs formé totalement par les Autres Dettes de Financement, les
Dettes de financement représentent 41,34% du total du F.P. pour les deux autres
composantes qui restent sont nulles, Provisions Durables pour Risques et Charges
0DHs et Ecarts de Conversion Passif 0DHs. Le F.P constitue 39,44% du total général
du Passif.

 Passif Circulant (P.C) :

Le P.C de l'entreprise est de 3 282 376,85 DHs et de 2 617 092,41 DHs pour
l'exercice précédent soit une variation positive de 25,42%. Il est formé dans sa totalité
par les Dettes du Passif Circulant 3 282 376,85 DHs, presque 82% du total formé par
les comptes Fournisseurs et comptes rattachés pour 1 402 482,94 DHs et les Comptes
d'associés pour 1 287 295,69 DHs. Pour les deux autres composantes c'est-à-dire
Autres Provisions pour Risques et Charges pour 0DHs et les Ecarts de Conversion
Passif (éléments circulants) pour 0DHs. Le P.C constitue 48,83% du total général du
Passif.

 Trésorerie Passive (T.P) :

Le montant de la T.P est de 787 674,80 DHs et 337 186,06 DHs l'exercice
précèdent soit une variation positive de 133,60%. Le compte Banques (soldes
créditeurs) constitue 100% du montant de la Trésorerie Passive, le recours au compte
Banques s'est passé de 337 186,06 DHs à 787 674,80 DHs. La T.P représente 11,72%
du total général du Passif.

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Enfin, le total général est de 6 720 704,21 DHs et de 3 942 278,73 DHs soit
une variation positive de 70,42%. Donc, on peut déterminer les grandes masses du
bilan fonctionnel en N comme suit :

Actif Immobilisé
3 632 814,01 Financement Permanent
2 650 652,56
Actif Circulant (Hors Trésorerie) Passif Circulant (Hors Trésorerie)
2 404 565,49 3 282 376,85

Trésorerie active Trésorerie Passive


683 324,71 787 674,80
6 720 704,21 6 720 704,21

II. Le passage du bilan comptable au bilan


financier.

A. Le Bilan Financier :

Le bilan financier est un bilan organisé en vue d'évaluer le patrimoine de


l'entreprise et d'apprécier le risque de faillite à cours terme.

Le passage du bilan comptable au bilan financier se fait à l'aide des


retraitements et des reclassements de certains postes d'Actif et du Passif. Le passage
du bilan comptable au bilan financier nécessite d'effectuer différents reclassements
avant de grouper les postes de l'actif et du passif en masses homogènes, cela veut dire
regrouper à l'actif et au passif des éléments patrimoniaux selon leurs échéances à plus
ou moins d'un an.

Les retraitements financiers du bilan comptable :

1) Retraitements des immobilisations en non valeurs et


des actifs fictifs :

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Toujours en se référent à l'annexe 1, on remarque que l'entreprise ne possède


pas des immobilisations en non valeurs. Et c'est la même chose pour les Ecarts de
conversion-Actif.

2) Retraitements des écarts de conversion-Passif :

Tel est le cas des Ecarts de Conversion-Actif, on remarque encore une absence
des Ecarts de conversion-Passif, et la cause c'est que l'activité de l'entreprise ne
dépasse pas le territoire du Maroc et n'a pas de relations économiques avec l'extérieur.

3) La prise en considération des impôts latents sur


certains postes du passif :

Les comptes concernés par ce type de retraitement, on retrouve les subventions


d’investissement, les provisions réglementées et les provisions pour risques et charges,
n’existent pas pour notre société étudiée.

4) Les éléments de la trésorerie-passive :

• Les comptes courants associés créditeurs :

Il y a lieu de constater deux types de comptes courants associés créditeurs. Les


comptes bloqués et les comptes non bloqués.

• Les comptes d’associés créditeurs bloqués sont considérés


comme des capitaux propres.

• Les comptes courants associés créditeurs non bloqués sont


considérés comme des éléments de la trésorerie passive.

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On considère les comptes d’associés créditeurs non bloqués et qui sont d’un
montant de 1 287 295,69 DHs pour cet exercice N et étaient de 1 507 295,69 DHs
l’exercice précédent, et on va les considérer en tant qu’éléments de Capitaux.

• Prise en compte des effets escomptés non échus :

Dans le cadre du Plan Comptable Marocain aucun retraitement n’est envisagé


puisque le concours bancaire est déjà dans le passif de la trésorerie et l’effet est
rattaché aux créances clients.

• Les retraitements des engagements Hors Bilan : sûretés réelles,


engagements financiers, et crédit-bail :

Les engagements donnés par une entreprise sous la forme de sûretés réelles
(hypothèque, gage, nantissement, warrant) ou d’engagements financiers (aval,
cautions) peuvent constituer un facteur de risque très important pour l’entreprise. C’est
pourquoi l’analyste financier devra les étudier avec une grande attention.

Donc, le Bilan Financier ou liquidité en N est comme suit :

Actif Immobilisé 4 920 Financement Permanent 2 650 652,56


Actif Circulant (HT) 109,70 Passif Circulant (HT) 3 282 376,85
Trésorerie Active 2 404 565,4 Trésorerie Passive 2 074 970,49
9
683 324,71
8 007 8 007 999,90
999,90

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B. Le Compte des Produits et Charges


(C.P.C).

a. Présentation du Compte des Produits et Charges :

Le CPC du Plan Comptable Marocain (P.C.M) est présenté en liste, et permet


de dégager divers niveaux de résultats, qui traduisent les conséquences des opérations
d’exploitation de l’entreprise, de sa politique de financement, de ses opérations non
courantes et de l’impôt sur les sociétés. Dans les deux cas, le rappel des informations
de l’exercice précédent est obligatoire.

b. Les trois concepts fondamentaux : Bénéfice,


Rentabilité, liquidité :

• Bénéfice :

Il s’agit de la part des flux de fonds générés par l’activité bénéficiaire de


l’entreprise (enrichissement) qui a le poids de l’impôt. Ce bénéfice est sensible à
toutes les manipulations ayant pour but de réduire le montant de l’impôt sur les
bénéfices et notamment les différentes dotations aux amortissements et provisions.

• Rentabilité :

Pour arriver à mesurer la rentabilité d’un investissement, il convient de


comparer le montant dépensé pour l’investissement à l’ensemble des flux positifs
générés par cet investissement. Il s’agit donc du solde entre les produits et les charges
entraînant effectivement une entrée ou une sortie de fonds. Au contraire, la dépense
associée aux dotations (amortissements ou provisions) est nulle ou tout au plus égale
au coût de l’encre utilisé par le comptable pour ces écritures.

• Liquidité :

Le flux financier ou flux de liquidité effectivement généré par l’activité de


l’entreprise diffère du cash-flow potentiel du fait que certains produits et charges ne
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sont pas réglés comptant. Il s’agit notamment des achats qui peuvent être effectués à
crédit (augmentation du crédit fournisseur) et à l’inverse des ventes qui ne sont pas
réglées comptant (mais passent en augmentation de crédit client) ou même de
l’augmentation de stocks qui n'a pas encore fait l’objet d’une vente et donc d’un
règlement.

c. Les résultats : d’Exploitation, Financier, Courant,


Non Courant, et le Résultat Net de l’exercice :

Pour les différents résultats qu’on va citer ci après se trouvent en détail dans
l’annexe 3 à la fin de ce travail. On va montrer comment ils se calculent tout en
essayant de les commenter.

1) Le Résultat d’exploitation (R.E) :

Le Résultat d’Exploitation = Produits d’exploitation - Charges d’exploitation.

Pour l’exercice N :

Le R.E = 9 442 890,92 – (6 589 983,51+1 116 498,10+67 319,20+797 273,61+182 249,69)
Le R.E = 9 442 890,92 – 8 753 324,11 = 689 566,81 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

Le R.E = 7 280 006,96 – (5 054 010,30+1 050 917,93+84 440,60+814 017,20+122 323,34)
Le R.E = 154 713,83 DHs.

Donc, à partir des deux résultats calculés ci-dessus, on remarque que


l’entreprise a dégagé un surplus de 689 566,81 DHs pour l’exercice N et 154 713,83
DHs l’exercice N-1, ce qui constitue un indicateur de performance commerciale de la
société.

2) Le Résultat Financier (R.F) :


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Le Résultat Financier = Les produits financiers - les charges financières.

Pour l’exercice N :

Le R.F = - 11 552,93 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

Le R.F = 416,23 – 19 079,80


Le R.F = - 18 663,57 DHs.

Le Résultat Financier est négatif pour les deux exercices, soit (11 552,93) DHs
pour l’exercice et (18 663,57) DHs l’exercice précédent. Ce qui montre que
l’entreprise n’a pas de produits financiers et a des charges financières, ce qui pose pas
mal de questions sur la qualité de l’ingénierie financière de l’entreprise et de sa
politique de financement.

3) Le Résultat Courant (R.C) :

Résultat Courant = Résultat d’Exploitation + Résultat Financier

Pour l’exercice N :

Le R.C = 689 566,81 + (- 11 552,93)


Le R.C = 678 013,88 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

Le R.C = 154 713,83 + (- 18 663,57)


Le R.C = 135 634,03 DHs.

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 partir de ces deux résultats, qui sont successivement 678 013,88 DHs
l’exercice N et 135 634,03 DHs l’exercice N-1, on peut dire que les opérations
d’exploitation positives ont pu couvrir la négativité des opérations financières c'est-à-
dire celles de financement et de placement, ce qui montre que la société est plus
performante en commercial par rapport au financier, qui doit le tenir en considération
au future pour donner une meilleure image à ces tiers surtout les banquiers.

4) Le Résultat Non Courant (R.Nn.C):

Résultat Non Courant = Les produits non courants - les charges non courantes.

Pour l’exercice N :

Le R.N.C = - 14 442,33 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

Le R.N.C = - 8 039,49 DHs.

Le R.N.C qui est obtenu à partir des opérations non courantes, ou encore dites
par les auteurs français, exceptionnelles, c'est-à-dire qui ne sont pas relatifs à
l’exploitation. On trouve que ce Résultat est négatif pour l’exercice N d’un montant de
(14 442,33) DHs et de (8 039,49 DHs) l’exercice N-1.

5) Le Résultat Net de l’exercice (R.N) :

Résultat Net = Total des Produits – Total des Charges

Pour l’exercice N :

R.Net = 9 442 890,92 – 8 764 877,04


R.Net = 593 051,02 DHs.

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Pour l’exercice N-1 :

R.Net = 7 280 423,19 – 7 144 789,16


R.Net = 135 634,03 DHs.

Mais, ce Résultat Net est différent lorsqu’on utilise le total des charges calculé
à partir les trois annexes (4a, 4b et 4c) de DETAIL DES POSTES DES COMPTES
DE CHARGES, qui contient deux autres éléments non calculés sur l’annexe 3 à savoir
charges non courantes et les impôts sur les bénéfices. D’où le Résultat Net est égal
pour :

Pour l’exercice N :

R.Net = 9 442 890,92 – 8 873 905,85


R.Net = 568 985,08 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

R.Net = 7 280 423,19 – 7 176 564,60


R.Net = 103 858,59 DHs.

Donc, dans les deux cas de figures cités en haut, on trouve que le Résultat Net
est positif et proche d’atteindre 600 000,00 DHs, c'est-à-dire que l’exploitation a pu
dégager un bénéfice positif d’une année à l’autre permettant à la société de survivre et
de se développer. Ce bénéfice permet à l’entreprise en effet d’assurer la rémunération
des capitaux propres, de faire face aux besoins de fonctionnement et de
développement, et de se disposer des réserves suffisantes pour pallier les aléas de
l’environnement et de la future. L’absence des bénéfices traduit une situation critique
et révélatrice de déficiences de gestion importantes. De ce fait, le R.N qui est un
critère clé du D.F doit être étudiée avec une attention particulière.

Il faut signaler que, la rentabilité d’une entreprise suppose l’appréciation des


résultats dégagés à chacun des niveaux reconnus comme significatifs pour porter un
jugement réel et adéquat sur la qualité de la gestion, puisqu’on a vu que le R.F et le
R.N.C étaient négatifs. Cela peut être expliqué comme une faiblesse dans la gestion
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des opérations financières et des opérations non courantes (exceptionnelles) et qui
peuvent affecter la situation de l’entreprise.

C. L’état de Soldes de Gestion (E.S.G).

L’état des Soldes de Gestion (E.S.G) permet de visualiser à travers les soldes
de gestion comment l’entreprise a généré son bénéfice et sa capacité
d’autofinancement. La cascade des soldes permet de dégager plusieurs niveaux de
mesure de la performance d’une entreprise. L’E.B.E y joue un rôle charnière en tant
qu’indicateur de la performance économique de l’entreprise, et constitue également le
point de départ de la mesure et de l’affectation du surplus monétaire. L’annexe 5 dans
la fin de ce travail contient les données et les résultats qu’on va étudier ci après.

a. La Marge Brute sur Ventes en l’état (M.B.V) :

Marge Brute = ventes de marchandises en l’état – achats revendus de marchandises

Pour notre société cible, on trouve que la formule change un peu en remplaçant
ventes de marchandises en l’état par ventes sur travaux (suite à l’activité BTP de cette
société).
Pour l’exercice N :

M.B.V = 9 442 890,92 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

M.B.V = 7 280 006,96 DHs.

On peut dire que la M.B.V est positive dans les deux exercices, soit
9 442 890,92 DHs en N et 7 280 006,96 DHs en N-1, c'est-à-dire une variation
positive de presque 30%. Cela se justifie par a nature d’activité de l’entreprise qui ne
possède pas un stock de marchandises. Pour les entreprises commerciales on peut
utiliser la M.B.V par rapport au chiffre d’affaires hors taxes pour déterminer un seuil

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de rentabilité pour analyser la politique commerciale de l’entreprise par rapport aux
concurrents.

b. La Production de l’exercice (P.E) :

Production = production vendue ± production stockée ± production immobilisée de


l’exercice.

Pour ce qui est de la production d’exercice, ça n’existe pas pour cette


entreprise toujours pour la même raison (nature d’activité). L’entreprise n’a pas de
Prestations de services, ni des stocks, ni des immobilisations produites pour elle-
même.

Cela nous prive de porter un jugement sur le niveau d’activité de l’entreprise,


surtout que ses ventes (son chiffre d’affaires), qui traduisent le dynamisme
commercial de celle-ci, s’approchent d’un million de Dirhams ne sont pas toujours
significatives de l’activité réelle.

c. La Valeur Ajoutée (V.A) :

Comme on l’a déjà souligné auparavant de ce travail, on utilisera la méthode


soustractive pour déterminer la V.A.

V.A = Marge Brute + Production – Consommation de l’exercice

Avant de calculer la V.A des deux exercices, on doit comme même montrer
comment se calcul la Consommation de l’exercice et la déterminer. Mentionnons ainsi
que cette entreprise ressemble plus à une entreprise industrielle que commerciale, pour
cela les consommations en provenance des tiers sont les Achats Consommés de
Matières et Fournitures et les Autres Charges Externes.

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Consommation de l’exercice = Achats Consommés + Autres Charges Externes

Pour l’exercice N :

Consommation = 6 589 983,51 + 1 116 498,10


Consommation = 7 706 481,61 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

Consommation = 5 054 010,30 + 1 050 917,93


Consommation = 6 104 928,23 DHs.

Donc, la Valeur Ajoutée est égal à :

Pour l’exercice N :

V.A = 9 442 890,92 - 7 706 481,61


V.A = 1 736 409,32 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

V.A = 7 280 006,96 – 6 104 928,23


V.A = 1 175 078,74 DHs.

A partir des deux résultats de la V.A et qui sont de 1 736 409,32 DHs pour
l’exercice N et de 1 175 078,74 DHs pour N-1, on constate que l’entreprise a réussi à
créer de la valeur ajoutée pour les deux exercices soit une variation positive de 48%,
ce qui va permettre à l’entreprise de trouver une ressource pour se développer et
rémunérer les différentes parties prenantes. Ce concept sera donc préféré au chiffre
d’affaires pour apprécier la taille et la contribution de l’entreprise et de ses facteurs de
production à la richesse nationale, et qui mesure en effet l’apport réel de l’entreprise
dans l’économie.

d. L’Excédent Brut d’exploitation (E.B.E) :

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E.B.E = V.A + Subventions d’exploitation – Impôts et Taxes – Charges du
Personnel

Pour l’exercice N :

E.B.E = 1 736 409,32 – (67 319,20 + 797 273,61)


E.B.E = 871 816,51 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

E.B.E = 1 175 078,74 – (84 440,60 + 814 017,20)


E.B.E = 276 620,94 DHs.

L’E.B.E représente le résultat provenant du cycle d’exploitation et constitue à


ce titre le premier solde significatif en termes de rentabilité.

Pour notre entreprise, elle a réalisé un E.B.E positif pour les deux exercices
soit un montant de 871 816,51 DHs l’exercice N et de 276 620,94 DHs l’exercice N-
1, c'est-à-dire une variation positive de plus de 200%. C’est un résultat d’exploitation
indépendant et neutre vis-à-vis de la politique de financement de l’entreprise, de la
politique d’investissement et de renouvellement des immobilisations, de la politique
fiscale et des éléments non courants. L’E.B.E apparaît comme la bonne mesure des
performances industrielles et commerciales de l’entreprise.

Tout comme la Valeur Ajoutée dont il découle, l’E.B.E doit être d’un volume
conséquent pour permettre le bon fonctionnement de l’entreprise en assurant les
prestations dues, vis-à-vis de différents agents économiques.

e. Le Résultat d’Exploitation (R.E) :

R.E = E.B.E +Autres Produits d’exploitation – autres charges d’exploitation


+ Reprises d’exploitation + Transferts de Charges – Dotations d’exploitation

Pour l’exercice N :

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R.E = 871 816,51 – 182 249,69
R.E = 689 566,82 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

R.E = 276 620,94 – 122 323,34


R.E = 154 297,60 DHs.

Comme c’était le cas pour les soldes précédents, l’entreprise a pu réaliser un


R.E positif qui est de 689 566,82 DHs en N et qui était de 154 297,60 DHs en N-1 soit
une variation positive de presque de 350%. L’entreprise montre encore une fois
qu’elle est performante indépendamment de sa politique de financement et de ses
opérations non courantes.

Mais, on note que le R.E est calculé hors produits financiers, alors que ces
derniers constituent une composante essentielle de la gestion globale de l’entreprise.

f. Le Résultat Courant (R.C)

Résultat Courant = Résultat d’exploitation +Produits Financiers – Charges


Financiers

Résultat Courant = R.E ± R.F

Le R.F est déjà calculé dans la partie du C.P.C, c’est le même résultat et c’est
la même manière de le calculer.

Pour l’exercice N :

R.C = 689 566,82 – 11 552,93


R.C = 678 013,88 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

R.C = 154 297,60 – 18 663,57


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R.C = 135 634,03 DHs.

Le Résultat Courant résulte des opérations ordinaires ou habituelles de


l’entreprise sur un plan industriel, commercial et financier, exclusion faite des
éléments non courants et de l’incidence fiscale de l’impôt sur les résultats.

L’entreprise continue à dégager des résultats positifs, le R.C est de 678 013,88
DHs en N et de 135 634,03 DHs en N-1 c'est-à-dire une variation positive qui
s’approche de 400%. Le R.C doit être analysé par l’entreprise avec prudence,
notamment si des transferts de charges importants sont effectués de l’exploitation dans
le non courant. Des entreprises en situation de récession peuvent enregistrer les pertes
importantes et les considérer comme des éléments non courants pour afficher un
résultat positif.

Le Résultat Courant est très prisé par les analystes financiers, qui lui
appliquent l’imposition pour dégager un résultat net corrigé issu de l’activité normale
de l’entreprise.

g. Le Résultat Net Comptable (R.N.C) :

Résultat Net Comptable = Résultat Courant + Produits non courants – Charges


non courantes – Impôts sur les résultats.

R.N.C = R.C ± R.Nn.C – impôts sur les résultats

Le R.N.C est calculé de la même manière qu’au C.P.C, il reste inchangeable


pour l’E.S.G.

Pour l’exercice N :

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R.N.C = 678 013,88 – (14 442,33 + 118 652,43)
R.N.C = 544 919,13 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

R.N.C = 135 634,03 – (8 039,49 + 23 735,95)


R.N.C = 103 858,59 DHs.

Nous venons au dernier résultat de ce tableau qu’on l’obtient en corrigeant le


Résultat Courant des opérations non courantes et en déduisant l’impôt sur les résultats.
Malgré cette déduction, le R.N.C reste positif pour les deux exercices et atteint
544 919,13 DHs en N et 103 858,59 DHs en N-1 avec une variation positive énorme
d’un exercice à l’autre soit plus de 400%. Cela mesure l’enrichissement réalisé par
cette entreprise, et qui va permettre de déterminer ce qui lui reste après la répartition
qui est faite entre les principaux intéressés tels que l’Etat et le personnel. Les associés
ou encore propriétaires disposent ainsi du bénéfice net qui fera l’objet d’une nouvelle
répartition au niveau de l’entreprise.

Le Résultat Net bénéficie d’une grande diffusion auprès des tiers et il demeure
le meilleur indicateur de la rentabilité de l’entreprise. Toutefois, sa signification est
altérée par son caractère composite : des éléments courants et non courants.

Cependant, une entreprise est considérée comme potentiellement rentable si


son Résultat Net provient en grande majorité des éléments courants voire des éléments
d’exploitation. Le résultat obtenu à cet égard est un résultat comptable. C’est ce
dernier qui sera retraité afin de déterminer le résultat fiscal, base de calcul de l’impôt
sur le résultat.

Après avoir terminé cette introduction en Analyse financière, nous passons


voir ce qu’est une analyse d’équilibre financier en déterminant le F.R, le B.F.R, et la
Trésorerie Nette.

Section 2 : Analyse de l’équilibre financier.

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I. Notion d’équilibre financier.

Selon cette approche d’analyse, il faut avoir un équilibre entre le degré de


liquidité des éléments d'actif et celui d'exigibilité des éléments du passif, c'est-à-dire
que les emplois à plus d'un an doivent être financer par des ressources pouvant
demeurer à la disposition de l'entreprise pour une durée égale à la durée de vie de ces
emplois.

A. Le Fonds de Roulement (F.R) :

a. Définition du F.R :

On peut le définir comme une ressource nette stable de l’entreprise ou bien une
marge de sécurité représentée par la fraction des capitaux permanents qui n'est pas
utilisée pour le financement des valeurs immobilisées, mais intervient pour le
financement d'emplois liés à l'actif circulant et pour faire face au décalage pouvant se
produire entre les sorties et les entrées des fonds.

b. Calcul du F.R :

1) Selon l’approche fonctionnelle :

• Par le haut du bilan :

F.R.F = Ressources Stables - Emplois Stables


F.R.F = Capitaux Propres + Dettes à moyen et long terme - Actif immobilisé

F.R.F = Financement Permanent – Actif Immobilisé

L’exercice N-1 L’exercice N


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Capitaux Propres 986 029,92 1 555 015,00
Dettes de Financement 1 970,34 1 095 637,55
Actif immobilisé 2 297 693,75 3 632 814,01
Fonds de Roulement Fonctionnel (1 309 693,49) (982 161,45)

N.B :
Les montants trouvés entre parenthèses signifient qu’ils sont négatifs. On
retiendra cette règle tout au long de ce travail.

• Par le bas du bilan :

F.R.F = A.C hors trésorerie (y compris la T.A) – P.C (y compris la T.P)

L’exercice N-1 L’exercice N


Stocks 41 700,00 41 700,00
Créances de l’actif Circulant 813 669,99 2 362 865,49
T.A 789 214,99 683 324,71
Passif Circulant 2 617 092,41 3 282 376,85
T.P 337 186,06 787 674,80
Fonds de Roulement Fonctionnel (1 309 693,49) (982 161,45)

L’entreprise a réalisé un F.R.F négatif pour les deux années, en N-1 c’était de
(1 309 693,49) DHs et en N est de (982 161,45) DHs, cela signifie que les ressources
stables de l’entreprise n'ont pas pu financé la totalité des emplois stables.

Les auteurs et les analystes financiers disent que c’est un cas rare (F.R.F
négatif) mais valable pour certaines activités dont la mobilisation des capitaux n’est
pas en bonne condition pour l’investissement et le financement des besoins
d’exploitation nés. C’est le cas des grandes surfaces, par exemple MARJANE au
MAROC, et les activités, telle que celle de ce cas pratique, disposent d’un potentiel de
négociation très fort vis-à-vis de leurs fournisseurs et de leurs clients également.

2) Selon l’approche financière :

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On va calculer le F.R en se basant sur le bilan financier déjà déterminé
(paragraphe II de la section 1 de ce 3ème chapitre). Donc, le F.R pour l’exercice N est
de :

• Par le haut du bilan :

F.R = Ressources durables - Emplois durables

L’exercice N
Capitaux Propres 1 555 015,00
Dettes de Financement 1 095 637,55
Actif immobilisé 4 920 109,70
Fonds de Roulement (2 269 457,15)

• Par le bas du bilan :

L’exercice N
Stocks 41 700,00
Créances de l’actif Circulant 2 362 865,49
T.A 683 324,71
Passif Circulant 3 282 376,85
T.P 2 074 970,49
Fonds de Roulement Fonctionnel (2 269 457,15)

On peut faire la même constatation que celle faite pour le F.R.F, puisque les
deux sont négatifs.

B. Les besoins de financement du cycle


d’exploitation.

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a. La nature des besoins :

Le fonctionnement du cycle d’exploitation exige la détention d’actifs


physiques et financiers. On peut parler d’un terme « d’Argent Gelé » car le cycle
d’exploitation induit un solde net de besoins, que l’on a analysés et que l’on peut
regrouper en trois catégories :

- Des capitaux sont gelés en stocks ;


- Des fonds sont gelés en créances sur la clientèle ;
- Des dettes vis-à-vis des fournisseurs.

b. Les fluctuations saisonnières :

Le montant des besoins de financement varie sans cesse sous l’effet des
fluctuations de l’activité de l’entreprise. En même temps, les biens constituent
l’origine de ces besoins se renouvellent. Ils sont caractérisés par une certaine vitesse
de rotation.

Les fluctuations proviennent soit des conditions d’approvisionnement, soit des


conditions de vente. Les achats de matières premières peuvent être saisonnières, alors
que les ventes sont régulières. Les ventes sont le plus souvent à l’origine des
fluctuations saisonnières les plus importantes en raison de la variation des besoins de
consommation suivant les saisons. Par contre, sauf le cas des matières premières
périssables, la production est continue pour obtenir la meilleure efficacité de l’outil de
production.

C. Le Besoin en Fonds de Roulement (B.F.R).

a. Definition :

Là encore, il faut retenir la même idée que celle citée pour le Fonds de
Roulement. Il faut distinguer, d’une part le Besoin de Financement Global (B.F.G) qui
est la différence entre l’A.C (H.T) et le P.C (H.T) que doit financer l’entreprise à la
date du bilan et qui est calculé à partir du bilan comptable ou fonctionnel. D’autre
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part, le Besoin en Fonds de Roulement calculé à partir du bilan financier (après les
retraitements) et se diffère donc du Besoin de Financement Global.

b. Mode de calcul :

B.F.G (B.F.R) = Actif Circulant (H.T) – Passif Circulant (H.T)

Pour l’exercice N :

B.F.G (B.F.R) = 2 404 565,49 – 3 282 376,85


B.F.G (B.F.R) = - 877 811,36 DHs.

Pour l’exercice N-1 :

B.F.G (B.F.R) = 855 369,99 – 2 617 092,41


B.F.G = - 1 761 722,42 DHs.

Le B.F.G est négatif pour les deux années N-1 et N, respectivement un montant
de (877 811,36) DHs en N et de (1 761 722,42) DHs en N-1. Cette situation est peut
être due au terme moyen du compte « Fournisseurs » qui est supérieur à celui du
compte « Clients ». Ce qui permet à cette entreprise d’éviter un décalage à financer
entre ces deux comptes et de couvrir les besoins de financement du cycle
d’exploitation. On parle dans ce cas là d’une ressource de financement.

D. La Trésorerie Nette (T.N).

a. Définition :

La trésorerie est le montant des disponibilités à vue ou facilement mobilisables


possédés par une entreprise de manière à pouvoir couvrir sans difficultés les dettes qui
viennent à échéance.

b. Mode de calcul :

Première méthode :

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Trésorerie Nette = F.R.F – B.F.G

N-1 N
F.R.F (1 309 693,49) (982 161,45)
B.F.G (1 761 722,42) (877 811,36)
Trésorerie Nette 452 029,02 (104 350,09)

Deuxième méthode :

N-1 N
Trésorerie Active 789 214,99 683 324,71
Trésorerie Passive 337 186,06 787 674,80
Trésorerie Nette 452 029,02 (104 350,09)

On peut calculer ainsi, la Trésorerie à partir le Fonds de Roulement et le


Besoin en Fonds de Roulement :

N
F.R (2 269 457,15)
B.F.R (877 811,36)
Trésorerie Nette (1 391 645,78)

On constate que la T.N de l’entreprise était positive dans l’année N-1 d’un
montant de 452 029,29 DHs. Malgré un F.R.F négatif de (1 309 693,49) DHs qui
signifie que les ressources stables n’ont pas pu financer la totalité les emplois stables,
le B.F.G négatif de (1 761 722,06) DHs vient pour corriger cette situation grâce à la
faiblesse du compte Stocks qui se transforment rapidement en liquidités, et l’absence
de décalage important entre le compte « Fournisseurs » et le compte « Clients ». Pour
l’année N on peut dire que la situation est plus complexe puisque les grandeurs sont
négatifs, c'est-à-dire que le F.R.F négatif de (982 161,45) DHs, le B.F.G est négatif
de (877 811,36) DHs ce qui nous a donné une T.N négative de (104 350,09) DHs. La
T.N négative peut être expliqué par l'incapacité de financement des emplois à court
terme par les ressources à court terme.
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Ainsi, selon l’approche financière, le F.R négatif absorbe la totalité de
ressources constituées par le B.F.R. En fin les capitaux propres sont insuffisants par
rapport aux immobilisations et la rentabilité de l'entreprise n'est pas en mesure de
produire une trésorerie nette positive. Ä Dans ce cas l’entreprise reste toujours en
dépendance à l'égard des banques qui lui accorde des emprunts pour financer ses
emplois.

Enfin, on peut dire que cette société qui présente une T.N tantôt excédentaire
tantôt déficitaire, est dans une situation normale mais qu’elle doit l’analyser avec plus
d’attention et de réflexion sur les éléments qui composent le F.R.F (F.R) et le B.F.G
(B.F.R) qui déterminent cette trésorerie, c'est-à-dire trouver un équilibre en accroissant
le haut de bilan (F.R.F, F.R) et réduisant le bas de bilan (B.F.G, B.F.R).

c. Le Fonds Roulement minimum est-il nécessaire ?

Le F.R est une notion qui constitue à l’évidence le pivot de toute analyse
financière. Même s’il n’y a pas de position unanime sur le niveau optimum du Fonds
de Roulement, il est admis par tous les auteurs et les intéressés que l’existence d’un
Fonds de Roulement positif est une nécessité pour la plupart des entreprises. Cette
position a d’ailleurs été adoptée par B.A.M (Bank Al Maghrib), qui considère qu’une
situation financière est déséquilibrée lorsque les Financement Permanent ne trouve pas
intégralement l’Actif Immobilisé.

Ainsi, on peut dire que le Fonds de Roulement minimum nécessaire par rapport
auquel on va définir les Besoins en Fonds de Roulement est celui qui répond aux
contraintes de la fonction de production et aux objectifs visés par l'entreprise. On a vu
comment évaluer à partir de ces éléments constitutifs (actifs circulants et crédit «
fournisseurs ») le besoin de financement du cycle d'exploitation. Il est plus difficile de
définir l'attitude de l'entreprise à l'égard des conditions de maintien de l'équilibre
financier. Tout recours à des crédits à court terme vient diminuer le degré d'autonomie
de l'entreprise. Le risque financier du moins sous son aspect rupture de liquidité croît
avec l'importance des crédits bancaires à court terme. Par contre, la diminution de
l'encaisse oisive (durée et montant) vient augmenter la rentabilité.
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d. Les opérations hors exploitation :

On a retenu jusqu'ici, pour évaluer les besoins, les seules données de l'exploita-
tion. Or, les opérations d'investissement et les opérations financières viennent affecter
les actifs circulants et les dettes à court terme. Il peut en résulter un besoin de
financement complémentaire. On a vu dans ce qui précède surtout pour les résultats
calculés l’importance des éléments exceptionnels dits encore hors exploitation et leur
influence sur les autres soldes qui les suivent (puisqu’ils sont négatifs) dans le C.P.C
et l’E.S.G. L'entreprise doit donc toujours tenir compte, lors de l'évaluation du fonds
de roulement minimum nécessaire, des besoins autres que ceux nés de l'exploitation.

E. Analyse Financière et Fonds de Roulement :

Le Fonds de Roulement est un outil important de l'analyse financière ; il est


une préoccupation permanente des responsables financiers de l'entreprise et des
banquiers. Son rôle est cependant de plus en plus souvent contesté car s'il est parfois
un bon indicateur de l'équilibre financier, son caractère statique restreint
incontestablement sa signification. La notion de besoin en fonds de roulement qui lui
est associée répond mieux aux besoins de l'analyse dynamique du fonctionnement de
l'entreprise.

Pour plus de détails sur la relation entre l’analyse financière et le Fonds de


Roulement, le lecteur peut lire le titre E du deuxième chapitre auparavant dans lequel
on a essayé de simplifier cette relation en reliant la solvabilité avec l’autonomie, la
rentabilité, la croissance, et le F.R avec l’endettement.

II. Analyse Financière externe (statique) et


interne (dynamique).

L'analyse financière d'une entreprise consiste à étudier et interpréter sa


situation financière, une bonne gestion doit être baser sur une bonne analyse et une

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bonne compréhension de l'entreprise et par suite la détection rapide des problèmes
éventuels.

A. Analyse Statique : méthode des ratios.

a. Méthode des Ratios Financiers :

L’analyse par les ratios est un art plus qu’une science. Pour être plus
significative, l’analyse en termes de ratios doit respecter un certain nombre de
principes :

• Les ratios utilisés doivent être peu nombreux mais assez significatifs ;

• Il faut éviter les jugements absolus des ratios ou leur donner une portée
future très importante puisqu’ils ont été construits sur la base des
données passées.

b. Analyse de la rentabilité.

1) Rentabilité économique :

Résultat Net
ROA =
Actif Total

N-1 N
Résultat Net 103 858,59 568 985,08
Actif Total 3 942 278,73 6 720 704,21
ROA 0,02 0,08

On peut calculer ce même rapport mais en utilisant cette fois ci la C.A.F par
rapport à l’Actif total, puisque Les analystes préfèrent souvent des ratios calculés à
partir des Cash-flows qui sont plus proches de la réalité financière.

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N-1 N
C.A.F 225 765.70 727 168,82
Actif Total 3 942 278,73 6 720 704,21
Ratio 0.05 0.10

Les indicateurs de rentabilité économique permettent d’éclairer les


investisseurs sur la rémunération des capitaux nécessaires à l’exploitation.
Pour notre cas, on voit que cet indicateur est faible puisqu’il n’a pas pu
dépasser 0,10 en N et 0,05 en N-1. Les propriétaires de cette entreprise peuvent
utiliser ce ratio pour jouer sur l’augmentation de leur Résultat Net et de leur
C.A.F.

2) Rentabilité financière :

Résultat Net
Rentabilité financière =
Capitaux Propres

N-1 N
Résultat Net 103 858,59 568 985,08
Capitaux Propres 986 029,92 1 555 015,00
Ratio 0,10 0.36

Comme le ratio précédent, et pour les mêmes raisons on utilisera la C.A.F par
rapport aux Capitaux Propres pour déterminer ce ratio :

N-1 N
C.A.F 225 765.70 727 168,82
Capitaux Propres 986 029,92 1 555 015,00
Ratio 0,22 0.46

Le ratio de la rentabilité financière permet d’appréhender la capacité de


l’entreprise à servir un résultat à ses apporteurs de capitaux (associés, actionnaires,
prêteurs) et à rémunérer ces derniers de façon à compenser le risque encouru. Pour
l’entreprise X, on constate qu’elle a pu réaliser un ratio positif qui s’est évolué en
passant de 0,22 en N-1 à 0,46 en N, et cela est peut être due à l’augmentation de la

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marge bénéficiaire de l’entreprise (rentabilité commerciale), c'est-à-dire
l’augmentation de son chiffre d’affaires à 9 442 890,92 DHs, et à la bonne gestion des
actifs et des passifs. Ainsi, il ne faut pas oublier à cet égard l’importance de la mesure
de l’effet de l’endettement sur la rentabilité de l’entreprise et le choix entre fonds
propres et endettement extérieur, ce choix qui ne peut être bénéfique que si la
rentabilité économique est supérieure au coût de l’endettement.

c. Analyse de la liquidité.

1) La liquidité générale :

Actif Circulant
Ratio de Liquidité Générale =
Passif Circulant

N-1 N
A.C 855 369,99 2 404 565,49
P.C 2 617 092,41 3 282 376,85
Ratio 0,32 0.73

Ce ratio mesure le degré de couverture du passif à court terme par les actifs à
court terme. Ce ratio doit être supérieur ou égale à « 1 ». Pour notre cas d’étude ce
ratio est inférieur à 1 pour les deux années soit 0,32 en N-1 et 0,73 en N. Ainsi, cette
constatation, le ratio est inférieur à la norme 1et plus, peut être expliquée par le fait
que les actifs à court terme ne garantissent pas une marge importante de paiement du
passif à court terme. En plus ce ratio est en hausse puisque l’A.C a augmenté plus que
proportionnel que le P.C, sachant que les Créances de l’A.C sont évolués en N et les
stocks sont restés stables pour les deux années.

Pour bien apprécier la liquidité de l’entreprise, on doit recourir à d'autres ratios


plus significatifs.

2) La liquidité réduite :

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Actif Circulant - Stocks


Ratio =
Passif Circulant

N-1 N
A.C (hors stocks) 813 699,99 2 362 865,49
P.C 2 617 092,41 3 282 376,85
Ratio 0,31 0,71

On constate que même en calculant la liquidité de l’entreprise hors Stocks le


Ratio ne change pas radicalement, il reste de 0,31 en N-1 et de 0,71 en N. On se
demande pourquoi ? La réponse est peut être simple, on constate que la part des stocks
dans l’Actif Circulant est faible et reste stable pour les deux années avec un montant
faible de 41 700.00 DHs par rapport à l’évolution des Créances. Ainsi, on peut
remarquer que l’entreprise est en mesure de rembourser en moyenne 31,5% en N-1 et
72% en N de ses dettes à mois d'un an en immobilisant la totalité de ses créances et de
ses liquidités.

3) La liquidité immédiate :

Disponibilités (T.A)
Ratio =
Passif Circulant

N-1 N
T.A 789 214,99 683 324,71
P.C 2 617 092,41 3 282 376,85
Ratio 0,30 0,20

Ce ratio mesure le degré des interventions de l'entreprise en utilisant ses


disponibilités immédiates. On constate que ce ratio est faible même s’il presque
similaire aux deux ratios de liquidité calculés en haut soit 0,30 en N-1. Ce n’est pas le
cas pour l’exercice N, ce ratio est de 0,20 soit une différence de 0,50. Cela peut être
expliqué par l’absence des ressources non employés, ou bien il est du à une mauvaise
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du compté « Clients » qui représente la majorité de l’A.C (H.T). Ainsi, on peut ajouter
que le ratio de liquidité immédiate exprime la partie de D.C.T qui peut être remboursé
grâce aux disponibilités (T.A).

d. Analyse de la structure financière :

La structure financière d’une entreprise est une notion très utilisée dans le
langage de la finance d’entreprise. Elle intéresse tous les analystes et surtout les
banquiers. L’étude de la structure financière se concentre sur l’étude du passif du bilan
et plus précisément sur l’endettement et le choix des modes de financement.

1) L’Autonomie financière :

Dettes de Financement
Ratio =
Passif

N-1 N
Dettes de Financement 1 970,34 1 095 637,55
Passif 3 942 278,73 6 720 704,21
Ratio 0.0000049 0,16

Capitaux Propres
Ou R =
Passif

N-1 N
Capitaux Propres 986 029,92 1 555 015,00
Passif 3 942 278,73 6 720 704,21
Ratio 0,25 0,23

On constate que le premier ratio d’autonomie financière est presque nul, il a


légèrement évolué en passant de 0,0000049 en N-1 à 0,16 en N, cela montre que les
Dettes de Financement représentent une faible partie sur le total du passif. Ce faible
ratio peut être un indicateur de risque pour les créanciers de l’entreprise.

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Ainsi, la constatation du deuxième ratio qui est de 0,25 en N-1 et 0,23 en N,
montre qu’il n’a pas dépassé 0,5 c'est-à-dire que les capitaux propres n’ont pas pu au
moins représenter la moitié du Passif. A partir de ce ratio trop faible, on peut dire que
l’entreprise doit réfléchir avant de recourir à un financement par endettement puisque
selon les mesures traditionnelles des banques la capacité d'emprunt de l’entreprise est
saturée, sauf si son banquier à un autre point de vue.

2) L’endettement à terme :

Dettes de Financement Dettes de Financement Cap. Propres


R.E = ou R = ou R =
Cap. Propres Financement Permanent F.P

Comme on l’a souligné auparavant, ces ratios sont équivalents et ont la même
signification. Pour cela on calculera le premier ratio :

N-1 N
Dettes de Financement 1 970,34 1 095 637,55
Capitaux Propres 986 029,92 1 555 015,00
Ratio 0,001 0,70

La constatation de ce ratio montre la grande variation entre les deux exercices,


en N-1 ce rapport était purement faible soit 0,001 et cela peut être expliquée par le fait
que l’entreprise est jugée autonome et dispose d’une capacité d’endettement plus
importante. En N, ce rapport a progressé d’une façon marquante en arrivant à 0,70, ce
qui exige à l’entreprise d’être plus prudente puisqu’il s’approche de 1. Ainsi, si ce
rapport dépasse 1, la situation de l’entreprise, dans ce cas là, est jugée inquiétante.

3) La capacité de remboursement des dettes à terme :

Afin de pouvoir inspirer la confiance de ses partenaires financiers, l’entreprise


doit disposer d’une capacité d’endettement et en même temps d’une capacité de

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remboursement. La mesure de cette capacité de remboursement se fait à travers une
comparaison entre les dettes à long et moyen terme et les flux de revenus générés par
l’entreprise (sa C.A.F). Trois ratios permettent de mesurer cette capacité, seuls les
deux premiers sont utiles pour notre cas, l’autre restant est à rejeter :

Dettes de Financement
Ratio 1 =
Capacité d’Autofinancement

N-1 N
Dettes de Financement 1 970,34 1 095 637,55
C.A.F 225 765,70 727 168,82
Ratio 0,008 1,50

Ce ratio qui suppose que la totalité de la C.A.F est affecté au remboursement


des emprunts et ne prend pas en considération les Charges Financières dans la mesure
où elles seront prises en considération dans le calcul du deuxième ratio par rapport au
résultat d’exploitation. Pour l’interprétation du présent ratio calculé, on constate qu’il
était encore une fois trop faible soit 0,008 pour l’exercice N-1 ce qui indique que la
C.A.F était totalement capable de rembourser les Dettes de Financement. Mais cette
constatation n’est nullement part valable en N, puisque le rapport est de 1,50 due à une
grande variation des Dettes de Financement non proportionnelle à celle de la C.A.F.
Malgré cela, on peut dire que le banquier considère comme non risquée la situation de
cette entreprise puisque les Dettes de Financement n’excédent la C.A.F que d’une
année et demi (1,50). Les banquiers considèrent comme risquée la situation financière
de toute entreprise dont les dettes à terme excédent cinq années de Capacité
d’Autofinancement.

Résultat d’Exploitation
Ratio 2 =
Charges Financières

N-1 N
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Résultat d’Exploitation 154 297,60 689 566,82
Charges Financières 19 079,80 11 552,93
Ratio 8,08 59,68

On constate à partir de ce deuxième rapport, qui était de 8,08 en N-1 et de


59,68 en N, que les Charges Financières sont totalement couvertes par le Résultat
d’Exploitation.

e. Les limites et les insuffisances de la méthode des


ratios.

La simplicité de la méthode des ratios et son intérêt pratique ne doivent pas


masquer les insuffisances et les limites qu’elle connaît. On va citer quelques exemples
de ces limites.

1) Les ratios et l’information comptable :

Le calcul des ratios est établi à partir des informations et des données
contenues dans les états de synthèse de l’entreprise. Or, la comptabilité fondée sur
l’enregistrement des opérations en coûts historiques et le phénomène permanent
d’inflation, font que l’information comptable est déformée.

2) Les ratios et les stratégies d’entreprise :

Une entreprise investit et lance un nouveau produit qui va lui permettre de se


positionner en leader sur son marché et de réaliser des bénéfices très importants dans
un délai de deux à trois ans. Il est clair que les ratios calculés avant cette échéance ne
sauront renseigner l’analyste financier, ni sur la situation actuelle, ni sur les profits à
venir.

3) Les ratios et le facteur humain :

Bien des entreprises ne doivent leur succès ou leur situation florissante qu’à un
seul dirigeant ou à une petite équipe en place. Ceci est particulièrement vrai pour les
Petites et Moyennes Entreprises (P.M.E), telle que notre cas pratique. En l’absence
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d’une structure de relève crédible et compétente, il suffit que l’animateur principal
décède pour que les tiers s’inquiètent et que l’avenir de l’entreprise s’assombrisse. Ce
type de situation échappe complètement aux ratios élaborés à partir de données
chiffrées.

4) Les ratios et les stratégies de groupe :

Les ratios calculés pour une entreprise considérée isolément et éventuellement


comparés à ceux d’une entreprise concurrente peuvent paraître bons ou mauvais.
Même si l’entreprise fait partie d’un groupe, leur signification sera assez relative car
ils n’expriment plus le résultat d’une stratégie propre à l’entreprise, mais celui d’une
stratégie de groupe qui peut en être éloignée.

B. Analyse Financière dynamique : Capacité


d’Autofinancement, et Tableau de Financement.

Pour se maintenir et se développer, l’entreprise doit procéder à des


investissements de renouvellement ou d’expansion, faire face à la dépréciation de ses
actifs et à des risques divers et assurer le financement de son Besoin en Fonds de
Roulement. Elle peut choisir soit un financement externe tels que le crédit bancaire, …
etc., ou un financement interne représente par l’Autofinancement. On étudiera cette
dernière ressource, par le calcul de la C.A.F et de l’A.T.

a. Mesure et signification de la C.A.F :

Le P.C.M définit la Capacité d’Autofinancement comme une ressource de


financement générée par l’activité de l’exercice, avant toute affectation du Résultat
Net, et calculée selon les dispositions indiquées dans l’E.S.G. Pour bien cerner cette
notion, il convient d’en examiner le mode de calcul.

1) Le calcul de la Capacité d’Autofinancement à partir le Résultat Net


(méthode indirecte) :

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Le P.C.M propose de calculer la Capacité d’Autofinancement à partir du
Résultat Net comme il indiqué sur l’Annexe 5 (E.T.I.C) (voir également p.75 de ce
mémoire) :

Capacité d’Autofinancement (C.A.F) – Autofinancement :

Exercice
Exercice N Précédent
(N-1)
1 Résultat Net de l'Exercice 544 919,13 103 858,59
2 + Dotation d'Exploitation 182 249,69 122 323,34
3 + Dotation Financières
4 + Dotation Non Courantes
5 - Reprises d'Exploitation
6 - Reprises Financières 416,23
7 - Reprises Non Courantes
8 - Produits Cessions Immobilières
+ Valeurs Nettes d'amortissement des
9
Immobilisations Cédées

I Capacité d'Autofinancement 727 168,82 225 765,70

10 - Distribution de Bénéfices

II Autofinancement 727 168,82 225 765,70

Comme son nom l’indique la C.A.F détermine les possibilités


d’Autofinancement de l’entreprise. Ainsi, la C.A.F de l’entreprise étudiée reste
positive, elle était de 225 765,70 DHs en N-1 et elle est de 727 168,82 DHs en N, soit
une variation positive de 222,09%. Plus la C.A.F de cette entreprise est grande, plus
ses possibilités financières sont grandes. Non seulement la C.A.F permet le
financement des investissements et/ou le remboursement des emprunts, mais elle
accroît également le potentiel d’endettement. On a vu dans le calcul des ratios
comment la C.A.F détermine également la capacité de remboursement des dettes à

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terme. Cette méthode de calcul part d’une approche résolument microéconomique,
orientée davantage vers les décideurs privés et les banquiers.

2) Le calcul de la C.A.F à partir de l’E.B.E (méthode directe) :

Le calcul de la C.A.F selon la méthode soustractive à partir de l’E.B.E s’inscrit


davantage dans une démarche macroéconomique chère aux comptables nationaux. La
C.A.F constitue dans un reliquat plutôt qu’un agrégat comme dans la méthode
précédente.

Exercice N Exercice Précédent


N-1
E.B.E 871 816,51 276 620,94
- Charges décaissables :

Autres Charges d’exploitation. 11 552,93 19 079,80


Charges Financières. 14 442,33 8 039,49
Charges Non Courantes. 118 652,43 23 735,95
Impôts sur les Résultats
+ Produits encaissables :

Autres Produits d’exploitation.


Transferts de charges.
Produits Financiers. 416,23
Produits Non Courants
Capacité d’Autofinancement 727 168,82 225 765,70

On constate qu’on a pu déterminer le même résultat pour la C.A.F. Mais ce qui


change pour cette méthode soustractive, c’est qui la marque plus que la méthode
indirecte, c’est son caractère potentiel ou théorique de la C.A.F apparaît clairement,
car elle s’obtient par la différence entre les produits encaissables et non calculés et les
charges décaissables et non calculées. En fait, la C.A.F correspond à la différence
entre les produits encaissés et les charges effectivement décaissées si et seulement s’il

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n’existe pas de décalage de trésorerie, c'est-à-dire si les produits et les charges se
traduisent par des encaissements et les décaissements immédiats et intégraux.

3) Mesure et signification de l’autofinancement :

L’Autofinancement constitue le ‘surplus monétaire (ressource) généré par


l’entreprise et conservé durablement pour assurer le financement de ses activités’. On
le calcule en rattachant de la C.A.F les distributions ou retraits de bénéfices intervenus
au cours de l’exercice.

Autofinancement = C.A.F – dividendes distribués au cours de l’exercice

L’Autofinancement pour notre cas, et comme il est déterminé dans le tableau


précédent, reste le même et il est égal à la C.A.F, car l’entreprise n’a pas distribué de
bénéfices pour les deux exercices. A partir de cette constatation, on peut dire que la
C.A.F constitue le maximum de ressources que l’entreprise pourrait consacrer à l’A.T,
chose recherchée par ce type d’entreprises (P.M.E) puisqu’elle leur permettent de
garder leur autonomie financière, managériale, et de prise de décisions, loin d’une
dilution du pouvoir ou du bénéfice. Mais, l’entreprise va se trouver obligé, dans mon
point de vue, de recourir à l’endettement externe pour financer son expansion et pour
financer ses opérations d’exploitation et ses besoins urgents.

4) Analyse critique des concepts de Capacité d’Autofinancement et


d’Autofinancement :

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C.A.F A.T
Avantages :  Un indicateur central du  Sur le plan stratégique : l’A.T
diagnostic financier de la confère à l’entreprise des degrés de
rentabilité de l’entreprise. liberté en matière de choix
 Elle représente le plafond d’investissements.
que l’entreprise peut  Sur le plan financier : l’A.T
consacrer au paiement des constitue un facteur d’indépendance
charges autres que celles financière appréciable. Il permet à
liées à la réalisation des l’entreprise de limiter le recours à
ventes. l’endettement (jugé très coûteux) et
améliore donc sa rentabilité, en
réduisant le poids des charges
financières.
Inconvénie  Son caractère  Diminution ou même pour ce cas
nts : hétérogène. une absence totale des bénéfices
 Elle intègre aussi distribués.
bien les éléments courants  Il est souvent insuffisant pour
que les éléments non financer les grands investissements.
courants.  Apparence gratuite de
l’autofinancement peut entraîner des
investissements dont la rentabilité est
nulle.

b. L’analyse financière dynamique : Tableau de


Financement :

Alors que l’analyse financière statique basée sur le bilan permet de fonder une
opinion sur l’équilibre financier et la situation de trésorerie de l’entreprise à un
moment donné, l’analyse des flux financiers vient compléter le diagnostic par une
approche plus dynamique des mouvements financiers de l’entreprise au cours de
l’exercice.

1) L’intérêt du Tableau de financement :

Analyse Financière de l’Entreprise : cas d’une P.M.E


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Mémoire de fin d’études Abdelkader EL YAAGOUBI
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Le Tableau de Financement fait ressortir les mouvements financiers intervenus
au cours d’un exercice, c'est-à-dire les ressources nouvelles dont l’entreprise a disposé
et les emplois auxquels elle a procédé.

2) La présentation fonctionnelle du tableau de financement :

Avant de présenter la structure du Tableau de Financement, on commence par


une présentation littéraire de ce Tableau. Celui-ci s’intéresse à l’ensemble des activités
de l’entreprise, et permet d’expliquer l’évolution de l’équilibre financier et de la
situation patrimoniale de l’entreprise, à travers l’évolution de la variation du Fonds de
Roulement Fonctionnel (F.R.F). L’évolution de la variation du Besoins en Fonds de
financement Global (B.F.G) permet d’établir la relation fondamentale de la trésorerie.
De la même façon que ce qu’on a fait auparavant, mais cette fois en calculant la
variation, donc on a :

Variation Trésorerie = Variation F.R.F – Variation B.F.G

Avant de procéder à la présentation du contenu du Tableau de Financement,


voici au début les retraitements prévus par le P.C.M.

3) Les retraitements nécessaires :

 Les Ecarts de conversion actif ou passif ;


 Les Ecarts de réévaluation ;
 La prime de remboursement des obligations ;
 Les virements de compte à compte.

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4) Structure du Tableau de Financement :

Le Tableau de Financement du P.C.M comporte deux parties : la Synthèse des


Masses du bilan et le tableau des Emplois et Ressources.

• LA SYNTHESE DES MASSES :

Tableau de Financement de l’exercice (modèle normal) : Synthèse des Masses,


l’entreprise X est le suivant :

Synthèse des Masses

Masses Exercice Exercice Variations a – b

Emplois Ressources
N N-1

1 F.P 2 650 652,56 988 000,26 +1 662 652,3


2
Moins l’A.I 3 632 814,01 2 297 693,75 1 335 120,26
=
3
F.R.F (1- 2) (A) (1 309 693,49) (982 161,45) 327 532,04

4 A.C 2 404 565,49 855 369,99 +1 549 195,5


5
Moins P.C 3 282 376,85 2 617 092,41 + 665 284,44

= 6 B.F.G (4 – 5) (B) (877 811,36) (1 761 722,42) 883 911,06

7 T.N (Actif–Passif) (A–B) (104 350,09) 452 029,02 556 379,11

On constate dans ce tableau de Synthèse de Masses que, la première variation


du F.P entre les deux exercices qui est de 1 662 652,30 DHs est supérieure à celle de
l’A.I qui est de 1 335 120,26 DHs, ce qui a donné une ressource nette de 327 532,04
DHs. Ainsi, la variation de l’A.C est de 1 549 195,50 DHs supérieure à la variation du
P.C qui est de 665 284,44 DHs, ce qui engendré un emploi net de 883 911,06 DHs.
Ces variations se résultent par une Trésorerie Nette, obtenue par la différence entre le

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F.R.F et le B.F.G, égale à 556 379,11 DHs qui va diminuer les ressources de
l’entreprise.

• LE TABLEAU DES EMPLOIS ET RESSOURCES :

Emplois et Ressources

Exercice

Emplois Ressources

Ressources Stables de l’exercice (flux) 727 168,82

Autofinancement (A)
Capacité d’Autofinancement 727 168,82
Distribution de bénéfices

Cessions et réductions d’immobilisations (B)


Cessions d’immobilisations incorporelles
Cessions d’immobilisations corporelles
I Cessions d’immobilisations financières
Récupérations sur créances immobilisées

Augmentation des capitaux propres et assimilés (C)


Augmentation de capital, apports
Subventions d’investissement

Augmentation des dettes de financement


(D)
(nettes de primes de remboursement)
727 168,82
TOTAL 1 Ressources Stables (A+B+C+D)

Emplois et Ressources (suite)

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Emplois stables de l’exercice (flux)

Acquisitions augmentations d’immobilisations


(E)
Acquisitions d’immobilisations incorporelles a 1 000,00
Acquisitions d’immobilisations corporelles b 1 516 369,95
Acquisitions d’immobilisations financières
Augmentation des créances immobilisées

Remboursent des capitaux propres (F)


II
Remboursement des dettes de financement (G) 650 089,04

Emplois en non valeurs (H)

TOTAL 2 Emplois Stables (E+F+G+H) 2 167 458,99


Variation du Besoin de Financement Global 883 911,06
(B.F.G)
Variation de la Trésorerie 556 379,11

Total Général 2 167 458,99 2 167 458,99

a = valeur brute en N – valeur brute N-1, soit 1 000,00.


b = 4 136 488,11 – 2 620 118.16 = 1 516 369,95

Pour ce qui est de l’interprétation de ce Tableau de Financement, on peut dire


qu’on a constaté que les ressources sont composées par l’Autofinancement avec
727 168,82 DHs, la variation du B.F.G avec 883 911,06 DHs, et de la Trésorerie Nette
avec 556 379,11 DHs. Alors que les emplois sont formés en général par les
acquisitions d’immobilisations corporelles, soit 1 516 369,95 DHs. Ainsi, on peut
retenir les mêmes constatations que celles faites lorsqu’on a parlé du F.R.F et du
B.F.G, et les mêmes remarques faites en calculant le ratio d’autonomie financière. On
peut ajouter que cette entreprise n’a pas une politique de dividendes ou autrement dit
de distribution de bénéfices.

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Chapitre 4 :

Recommandations, et Propositions.

Dans ce dernier chapitre, je me suis trouvé incapable d’adresser des


recommandations et des propositions, au vrai sens des deux mots, mais juste comment
je vois moi cette P.M.E Marocaine et l’environnement dans lequel elle travaille, tout
en commençant par une description de ses points forts et de ses points faibles, puisque
le fait de proposer des vraies solutions nécessitent plus d’études et un échantillon
suffisant, avec une certaine capacité d’avoir toutes les informations nécessaires. Mais,
je préfère comme même ouvrir un débat sur les théories financières qui tiennent en
compte ce qu’on appelle la structure financière, et la recherche d’une structure jugée
optimale (s’elle existe bien sûr). Et là, je limite le débat sur deux théories qui me
semblent importantes et de grande utilité à savoir : la théorie de Gouvernance, et la
théorie de Dénaturation des P.M.E. En ce qui me concerne pour ce travail, je souligne
très bien que je ne vais pas entrer dans les détails, puisque j’ai déjà dit au début que
j’ai essayé face aux contraintes de limiter mon sujet (méthodologiquement un sujet
vaste égal l’incapacité de le maîtriser et donc de convaincre), mais de donner une idée
générale sur ces deux théories. Tout en laissant au lecteur de ce mémoire,
l’opportunité de développer ces connaissances à propos de tout ce qu’on a exposé et ce
que on exposera par la suite.

A. Recommandations, et propositions :

La présente entreprise représente un exemple simple mais plein de sens et


d’explications de la réalité de la majorité des P.M.E Marocaines (et non pas toutes). Je
pense que je peux (à partir de mon expérience et de ma formation) déterminer les
points forts et les points faibles, et de proposer à cette entreprise des solutions :

a. Les points forts :


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Les points forts que j’ai pu ressortir à partir de mon stage sont les suivantes :

• L’entreprise est parmi les premières entreprises d’électrification


dans sa région ;

• L’activité de l’entreprise est d’une grande importance, elle


bénéficie d’une clientèle sûre et loin du risque de défaillance, elle peut
même s’implanter dans d’autres régions pourquoi pas d’autres pays ;

• L’entreprise évolue rapidement et augmente son activité, ce qui


se traduit par la variation positive de ses chiffres ;

• L’évolution de l’entreprise se traduit par un rentabilité


remarquable, puisque son Résultat Net qui a passé de 103 858,59 DHs
en N-1 à 544 919,13 DHs en N ;

• Le B.F.R de l’entreprise est négatif, ce qui montre que


l’entreprise est capable d’éviter un décalage financier et de couvrir ses
besoins de financement ;

• Les opérations non courantes et les opérations financières sont


presque absentes ou d’une influence légère pour cette entreprise, ce qui
permet à cette dernière d’éviter leur impact sur son cycle
d’exploitation ;

• L’entreprise peut bénéficie de la protection de l’Etat, et donc


mettre des barrières à l’entrée pour les nouvelles entreprises soucieuses
de s’implanter.

b. Les points faibles :

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Les points faibles de cette entreprise se limitent au niveau financier, puisqu’on


n’a pas des informations sur ses niveaux commercial, personnel (ressources humaines)
et managérial :

• L’entreprise a réalisé un Fonds de Roulement négatif pour les


deux exercices N-1 et N, ce qui peut se justifier par une forte
augmentation des acquisitions d’immobilisations surtout corporelles
devant une certaine faiblesse de ses capitaux propres ;

• La Trésorerie Nette est négative en N, ce qui peut être expliqué


par l'incapacité de financement des emplois à court terme par les
ressources à court terme, et risque les ressources de l’entreprise ;

• On a vu que le ratio de liquidité générale est inférieur à la norme


1 et plus, ce qui explique que les actifs à court terme ne garantissent pas
une marge importante de paiement du passif à court terme. Ainsi,
l’entreprise a une capacité d’intervention limitée en utilisant ses
disponibilités immédiates (faible ratio de liquidité immédiate) ;

• L’autonomie financière de l’entreprise et sa capacité


d’endettement sont sensibles. A partir les deux ratios calculés de
l’autonomie financière et de capacité d’endettement, on trouve que la
situation de l’entreprise est plus inquiétante et risquée en N par rapport
à N-1, puisqu’il y avait une variation importante des Dettes de
Financement plus que proportionnelle de celle des Capitaux Propres.

c. Propositions :

Après avoir déterminé quelques points forts et points faibles de cette


entreprise, les solutions peuvent être comme suite :

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• L’entreprise peut recourir à un renforcement de ces capitaux
propres par les apports de ses associés (en nature ou en numéraire),
pour faire face à l’augmentation de l’Actif Immobilisé ;

• Essayer de stimuler la Trésorerie pour pouvoir financer les


emplois à court terme, et rembourser les Dettes à Court et Moyen
terme ;

• L’entreprise doit essayer de rectifier sa politique de


financement, par le recours aux fonds propres et à ressources stables
pour éviter ou bien limiter le coût de l’endettement extérieur surtout le
crédit bancaire.

B. Théorie de Gouvernance et théorie de Dénaturation :

Tout phénomène financier peut s'appréhender comme un transfert temporel de


richesse, lequel est fondamentalement risqué. Aucun agent économique n'est certain
de la richesse réelle qu'il percevra à la fin du contrat qui réglemente ce transfert. Le
risque encouru varie dans sa nature et dans son intensité, selon le support du transfert,
c'est-à-dire en fonction du type d'actif utilisé. Les deux dimensions fondamentales du
raisonnement financier sont donc le temps et le risque.

La théorie financière a pour objectif principal l'explication et la


compréhension des différents phénomènes financiers, par exemple la création de
valeur par les entreprises. Son champ d'investigation ne se limite pas à l'étude des
seuls marchés financiers ; il inclut également une étude approfondie des différentes
décisions financières de l'ensemble des agents économiques et notamment des firmes.
A ce dernier titre, la théorie financière devrait jouer à terme le même rôle, vis-à-vis de
la gestion financière, que la science physique par rapport à l'art de l'ingénieur et
conduire à l'élaboration d'une technologie financière. L’une des questions
importantes et majeurs de la finance est la possibilité ou la capacité d’atteindre une
structure financière optimale que pas mal de théories ont essayé de la répondre

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(théorie d’équilibre financier, modèles actuariels, l’apport de Modigliani et Miller
1958, …etc.).

Les théories qui ont essayé d’expliquer les phénomènes financiers sont
nombreuses et différentes, ce qui a donné naissance à des divergences entre ces
théories. Les explications philosophiques et idéologiques sont contradictoires,
émanant des auteurs tels que Machiavel, Kant, ou encore Locke et Marx. Chacun de
ces penseurs donne sa propre conception selon ses préférences, ses objectifs, et ses
appartenances. Malgré cette diversité, on compte exposer les deux théories jugées
d’actualité et qui sont : la théorie de Gouvernance qui trouve ses origines dans d’autres
théories plus anciennes, et la théorie de Dénaturation des P.M.E qui essaie de trouver
une réponse aux problématiques posées par ce type de sociétés, qui représentent une
part importante dans presque tous les pays du monde.

Pour Mr. Stéphane TRÉBUCQ38, il pense que préalablement à la présentation


des théories de la gouvernance, et à la construction d'une typologie, il semble
souhaitable d'apporter quelques précisions historiques à leur propos. Si l'on retient la
base de données Umi-Proquest référençant les articles de revues anglo-
saxonnes, l'un des premiers articles mentionnant le thème de la gouvernance, figure
dans la revue américaine Industry Week (Perry 1975). La gouvernance ('corporate
governance') est alors listée parmi les grands thèmes appelés à mobiliser les
entreprises en vue de transformer, à terme, leur mode d'organisation. Mais ce n'est qu'à
partir des années 90 que le sujet prendra un réel essor, à la suite du rapport Cadbury
(1992) et de la montée en puissance des investisseurs institutionnels

Si l'ensemble de ces publications se réfère, plus ou moins explicitement, aux


théories pré-existantes, il n'en demeure pas moins vrai que la gouvernance a été
largement appréhendée en fonction des différents prismes disciplinaires inhérents aux
sciences de gestion. Durant la période 1985-1996, la gouvernance apparaît en effet
comme un thème relevant plus particulièrement de la stratégie. En revanche, entre les
années 1997 et 2001, la majorité des articles associe la gouvernance à la finance.
Quant à l'année 2002, suite à la falsification de certains comptes de sociétés
38
Maître de conférences à l'Université Montesquieu Bordeaux IV.
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américaines, elle fait de la gouvernance une thématique rattachée principalement à la
comptabilité, et accessoirement à la finance.

Dans un article publié en 1976, Jensen & Meckling intégrant la théorie de


l'agence, la théorie des droits de propriété et la théorie financière afin d'aboutir à une
théorie de la structure de propriété de la firme, a inspiré la plupart des recherches
menées ultérieurement dans une optique financière. L'orthodoxie retient comme
objectif assigné au dirigeant (agent) la maximisation de la richesse de l'actionnaire
(principal), et la nécessité de contrôler le dirigeant afin de limiter l'expression de son
opportunisme (Williamson 1985). En réaction à ce courant de pensée, Freeman et
Reed (1983) recommandent d'élargir le cadre d'analyse de l'agence, trop focalisé sur le
seul intérêt des actionnaires, et ce, afin de mieux orienter la stratégie de la firme.
L'entreprise est alors censée servir non pas l'intérêt exclusif des actionnaires, mais
aussi celui de la société toute entière. Les dirigeants sont alors incités à prendre en
considération les intérêts, parfois contradictoires, de toutes les parties prenantes, c'est-
à-dire, selon l'acception la plus large, l'ensemble des groupes ou individus
identifiables pouvant affecter ou être affectés par la poursuite des objectifs de la
firme. D'autres chercheurs, spécialisés en 'organizational behavior', ont élaboré, à
partir de 1989, la théorie dite de l'intendance ('stewardship theory'), plus
particulièrement centrée sur la question des motivations du dirigeant (Donaldson &
Davis 1989, Donaldson 1990).

Selon Davis, Schoorman et Donaldson (1997), la théorie de l'intendance a été


introduite afin d'étudier les relations entre acteurs, en se basant sur des hypothèses
comportementales différentes de celles du paradigme dominant, lequel est fondé sur la
théorie de l'agence. La question du partage de la valeur entre les différentes parties
prenantes n'est donc pas primordiale dans la théorie de l'intendance.

L’une des formalisations récentes est celle, dans un article plus récent, de
Jensen 2000 qui s'élève formellement contre une théorie préconisant la maximisation
des richesses en faveur de l'ensemble des parties prenantes. De son point de vue, il
s'agit là d'une tentative de politisation de la fonction objectif de la firme, a priori
nuisible. Il considère que le seul indicateur valable de la performance doit demeurer la

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création de valeur actionnariale, et ce, dans une optique de long-terme. Quant aux
problèmes d'abus de situations monopolistiques ou d'externalités négatives, ils doivent
rester sous la responsabilité exclusive des Etats et des gouvernements. Aussi, toute
dépense engagée au nom du principe de responsabilité sociale ou sociétale ne pourrait,
toujours selon Jensen (2000), que pénaliser la compétitivité des entreprises placées
dans un environnement concurrentiel.

Selon Lazonick & O'Sullivan (2000), le credo de la maximisation de la valeur


actionnariale, si tant est qu'il puisse être mis en œuvre, appartient clairement à une
vision idéologique de la gouvernance. L'origine de ce courant doit être replacée dans
son contexte historique, celui des années 70, une période où la plupart des entreprises
américaines étaient confrontées à de sérieuses difficultés de compétitivité, face à leurs
homologues japonaises. Les économistes américains à l'origine de l'essor des théories
contractualistes étaient convaincus de la supériorité du marché (sur les entreprises), en
tant que mécanisme efficient d'allocation des ressources. Si l'on en croit Lazonick &
O'Sullivan (2000), "ces économistes étaient opposés idéologiquement au pouvoir
pouvant être exercé par des managers", ces derniers étant susceptibles d'orienter à
mauvais escient les ressources et la rentabilité de la firme. Les théoriciens de l'agence
ont alors posé un cadre conférant aux actionnaires une position centrale, tout en
consacrant comme mécanisme régulateur, la discipline externe exercée par le marché,
via les offres publiques d'achat.

Selon Frankfurter & McGoun (1999), la croyance dans la supériorité du


marché, supposé naturellement efficient, constitue la pierre angulaire des théories
financières libérales dont l'objectif premier est la maximisation de richesse des
actionnaires. Ces auteurs estiment particulièrement spécieux l'usage du terme
"efficient". Ils l'estiment paré d'une connotation implicitement positive, en phase avec
l'éthique protestante, alors qu'en réalité les mécanismes de marché peuvent présenter
de nombreux écueils (myopie des dirigeants et des investisseurs, comportements
mimétiques et bulles spéculatives, répartition paréto-optimale conduisant à exclure
certains individus, incapacité de valoriser certains aspects). Toutefois, dans un cadre
généralisé de la théorie de l'agence, Hill & Jones (1992) ont proposé de lever cette

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hypothèse ou cette croyance de marchés efficients, en postulant l'existence
d'inefficiences et de pouvoirs déséquilibrés entre les différentes parties prenantes.

En ce sens, selon Bohren (1998), le modèle principal- agent n'intègre pas


l'équité. Il s'agit pourtant d'une notion pourtant fondamentale, à laquelle nombre
d'individus accordent beaucoup d'importance. En effet, selon la théorie de l'agence, le
principal ne ressentira aucun remord si l'agent travaille trop longtemps ou perçoit une
rémunération trop faible. De même, dans les modèles d'agence, le dirigeant n'aura
aucun scrupule à falsifier l'information, s'il se sait à l'abri des conséquences résultant
d'un tel agissement. Il agira ainsi en toute rationalité, afin d'optimiser à son avantage le
rapport effort personnel- rémunération personnelle. L'agent n'éprouve aucun cas de
conscience. Il agit et détermine ses actions en fonction de sa situation contractuelle.
Naturellement, dans un modèle multi- périodique, les effets de réputation pourront
venir réduire les tentations d'un usage malhonnête de l'information. Par ailleurs,
Bohren (1998) dénonce la conception passablement matérialiste de la théorie de
l'agence, mettant en scène un agent insatiable, âpre au gain, et désirant accroître sans
cesse sa rémunération tout en réduisant ses efforts.

Les théoriciens de l'agence ont également opté pour un individualisme radical


(Frankfurter & McGoun 1999) conduisant à délaisser les décisions intégrant
l'influence des comportements de groupe, ou encore l'influence des institutions
(Doucouliagos 1994).

S’il existe de nombreuses études sur l’impact de la bonne (ou de la mauvaise)


gouvernance financière disons sur le patrimoine des actionnaires, rares sont celles qui
sont consacrées aux créanciers. Certes, actionnaires et créanciers ont souvent le même
intérêt : celui de voir croître la valeur de l’entreprise. Ce n’est que dans certaines
circonstances que leurs intérêts divergent véritablement. C’est le cas des acquisitions.
C’est aussi le cas lorsque l’entreprise est en difficulté : tous les raisonnements
optionnels sont alors particulièrement pertinents pour analyser la répartition de la
valeur de l’entreprise entre ses différents pourvoyeurs qui ont apportés leurs fonds.
L’étude de cette problématique a fait l’objet d’une recherche menée et présidée par

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Michael BRADLEY, et George DALLAS et autres (the relation between corporate
governance and credit risk, bond yields and firm valuation).

Une autre manière de voir la gouvernance est celle proposée par Mr. Gérard
CHARREAUX39, qui essaie de montrer l’intérêt des approches comportementales
surtout celle liée à la Finance Comportementale, c'est-à-dire trouver une réponse à ce
conflit d’intérêts entre investisseurs propriétaires et managers, Mr. CHARREAUX est
l’un des chercheurs très actifs dans la matière. Le lecteur désireux de connaître plus
sur ses idées peut utiliser les liens Internet trouvées dans la Webographie de ce
travail. Dans un autre séminaire organisé par le FARGO en Septembre 2005, avec la
participation de CHARREUX et Alain SCHATT40, les deux auteurs disent que
souvent retenue comme référence, la « corporate governance » est regroupée
avec la « corporate finance » (la finance d’entreprise) dans une rubrique globale.
Cette proximité avec la finance, qui s’explique par des raisons historiques en
matière de recherche, fait que la « corporate governance » est souvent considérée –
de façon restrictive – comme une composante de la finance.

Cette association de la « corporate governance » à la finance est


principalement due à l’article généralement considéré comme fondateur du
domaine sur le plan international, celui de Jensen et Meckling publié en 1976 dans
le Journal of Financial Économics, « Theory of the Firm: Managerial Behavior,
Agency Costs and Ownership Structure ». Cet article, qui constituait le premier
jalon du projet très ambitieux des auteurs de construire une nouvelle théorie des
organisations, fondée sur la théorie de l’agence, proposait également une nouvelle
explication de la structure de financement (et de la structure de propriété). Sa
publication dans une revue de finance et l’attention portée au problème de la
structure de financement optimale allait associer la « corporate governance » à
la finance. L’idée centrale de la contribution de Jensen et Meckling était,
cependant, de montrer que les formes organisationnelles pouvaient s’expliquer
comme autant de réponses aux problèmes posés par les conflits d’intérêts entre
parties prenantes à la firme. La théorie de la structure de financement et de la

39
Professeur en Sciences de Gestion à l’université de Bourgogne, séminaire organisé par le Centre de recherches en
Finance, Architecture, et Gouvernance des Organisations, cahier n° 1050601 du FARGO, Juin 2005.
40
Professeur à l’Université Robert Schuman Strasbourg 3, cahier du FARGO n° 1050901, Septembre 2005.
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structure de propriété contenue dans l’article ne constitue qu’une simple application
de cette démarche très générale, centrée sur la résolution des conflits entre dirigeants
et investisseurs financiers.
Mais, je veux bien signaler que l’article le plus important pour moi puisqu’il
est en relation directe avec ce travail) est celui dans lequel Mr. CHARREAUX parle
de la Gouvernance des P.M.E/P.M.I. Le professeur affirme que Ce thème, très ancien,
a été développé aux Etats-Unis dans les années trente. Il est devenu d'actualité en
France et cela a conduit à la publication des rapports Viénot et Marini ; ce dernier
proposant un certain nombre de réformes du droit des sociétés. Ces rapports portent
principalement sur les pouvoirs des dirigeants, le rôle du conseil d'administration,
l'organisation des différents comités du conseil d'administration, la protection des
actionnaires minoritaires, ou encore le rôle des investisseurs institutionnels. Autrement
dit, ces débats ne semblent concerner apparemment que les grandes sociétés cotées et
leurs dirigeants.

Une des questions intéressantes qui sous-tend ces débats, porte sur la
comparaison des différents systèmes nationaux de gouvernance et leur incidence sur la
compétitivité des entreprises. Ainsi, la recherche est très développée sur les systèmes
de gouvernance anglo-saxons, allemands, japonais et, très accessoirement, français.
Paradoxalement, compte tenu du rôle économique important des PME, les petites
entreprises sont totalement absentes du débat dans la mesure où on considère que le
dirigeant est le plus souvent l'actionnaire principal. Certaines études concluent en
outre à une performance économique des petites entreprises supérieure à celle des
grandes.

Le plus attirant dans cet article c’est sa conclusion dans laquelle il a conclu que
relativement à ces différentes questions, le rôle de la recherche en gestion est de
mettre en évidence les contraintes exercées par les systèmes de gouvernance sur les
choix des dirigeants, en particulier en matière de changement. Il faut bien avouer
qu’actuellement, il existe peu de résultats établis sur ces questions cruciales, en
particulier pour les PME pour lesquelles on ne dispose pas d’une mesure de
performance boursière et pour lesquelles l’accès aux données est souvent difficile. Sur

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ce dernier point, on ne peut que souhaiter un renforcement des collaborations entre les
entreprises et les chercheurs en sciences de gestion.

Toutes ces théories qu’on vient de citer comme exemple (elles existent d’autres
théories et formalisations très récentes et riches surtout en France, aux Etats-Unis, et
en Allemagne, …etc.), discute et partent de la théorie d’agence et des autres théories
connues, et de ce conflit de pouvoir et de monopole de la firme. Les actionnaires
essayent de leur coté de garder leur pouvoir de prise de décision et d’augmentation de
bénéfices. Les managers de leur coté cherchent avec toutes les possibilités offertes
d’éloigner les actionnaires ou les propriétaires de leur champs de bataille, qu’ils
pensent d’avoir seuls le droit de le gérer de leur propres manières et selon leurs
conditions. On peut dire que c’est la même chose pour les P.M.E, on entend toujours
parler par les spécialistes et les journalistes de cette lutte qui existe entre le
propriétaire et ses employés ou disant cadres ayant des compétences et des
connaissances et maîtrisant l’information. Donc, on n’est pas encore bien positionné
pour comprendre si la P.M.E peut être analysée selon sa nature et ses spécificités ou
bien on lui applique la théorie financière en générale, comme on l’a exposé dans les
paragraphes précédents.

Une autre explication s’impose, c’est celle développé par trois articles de deux
chercheurs français. Le premier est de Najat BOUSSAA THEMA41, et les deux autres
sont d’Olivier TORRES42. Pour commencer, on trouve dans l’article de Najat
BOUSSAA une méthodologie qui simplifie ce sujet de la structure financière de
l’entreprise, puisqu’elle a divisé son travail à cinq sections. Elle a commencé par un
passage en revue de quelques théories financières (la théorie de l’agence, la théorie de
financement hiérarchique, et la théorie de cycle de vie), dans la deuxième section elle
présente sa méthodologie et son échantillon, ensuite elle analyse les résultats des
différents tests effectués, les principaux résultats sont résumées dans la quatrième
section, dans la dernière section elle reprend le résultat qui caractérise son étude par
rapport aux autres.

41
L’Université de Paris –X- Nanterre.
42
Professeur Agrégé (PRAG) à l'Université Paul Valéry, de Montpellier III Membre de l'ERFI (Equipe de
Recherche sur la Firme et l'Industrie) Université Montpellier I.
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Commençant par son revue de littérature (on expose ce qu’on juge important,
l’essentiel pour nous c’est sa conclusion). Elle annonce que c’est à partir du milieu
des années 70 que la recherche en PME a commencé à se développer et à considérer
ces entreprises comme des organisations particulières. La PME n’est plus une
miniature de la grande entreprise. Les premières études menées dans ce sens ont tenté
de reprendre les théories déjà existantes et de trouver celles qui peuvent expliquer le
comportement financier des PME. Si on part du modèle de Modigliani et Miller
(1958), on s’aperçoit que l’une des hypothèses centrales du modèle, l’existence de
marchés financiers en concurrence parfaite, s’avère non adaptée aux PME. Celle-ci ne
tient pas compte de l’effet de la taille ou du stade de développement sur la structure
financière.

Colot et Michel (1996) se fondent sur trois axes de recherche dans la


théorie financière : la diversification, le CAPM (Capital Asset Price Model) et la
théorie de l’agence et montrent qu’ils ne sont pas les meilleurs outils qui permettent
d’expliquer la structure financière des PME. Cependant, la théorie de l’agence révèle
un potentiel explicatif important pour traiter de la problématique des PME. Elle est
défendue par de nombreux auteurs tels que Ang (1991, 1992) ou Charreaux (1984).
Toutefois, quelques études empiriques (Norton 1991), Landstrom (1992) rejettent le
bien fondé de cette théorie.

Pour la théorie de l’agence, la relation d’agence est un contrat dans lequel une
(ou plusieurs personnes) a recours aux services d’une autre personne pour accomplir
en son nom une tâche quelconque, ce qui implique une délégation de nature
décisionnelle de l’agent (Jensen et Meckling 1976). Des problèmes surviennent
lorsque l’agent satisfait ses intérêts plutôt que ceux de son mandant. La réduction des
risques de ces conflits engendrés par un comportement discrétionnaire du dirigeant
entraîne des coûts appelés coûts d’agence (Jensen et Meckling 1976) : coûts de
surveillance, coûts de dédouanement et coûts résiduels.

Un optimum d’endettement sera atteint lorsque les coûts d’agence totaux


sont minimaux. Dans le cas des PME, les problèmes d’asymétrie d’information et de
risque moral sont plus importants que dans le cas des grandes entreprises. Ceci est

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expliqué par le manque de transparence financière et par leur structure de propriété, ce
qui engendre une réticence de la part des créanciers à leur prêter à long terme étant
donné le risque élevé de substitution des actifs. Ainsi, les plus petites entreprises
auront plus recours aux dettes à court terme au détriment de leurs liquidités. Les
problèmes d’agence peuvent être réduits en présentant des garanties. Dans ce sens,
les entreprises ayant une part élevée d’immobilisations peuvent accéder plus
facilement à des financements externes.

La théorie du financement hiérarchique suppose qu’il y a un classement entre


les différents modes de financement. Les modèles de départ sont basés sur l’hypothèse
d’asymétrie de l’information (Myers et Majluf, 1984, Narayanan, 1988). L’explication
fournie par ces modèles est que le dirigeant agit en faveur des actionnaires
existants au détriment des actionnaires futurs. Par la suite, l’hypothèse de
l’asymétrie de l’information a été relâchée (Myers, 1990) sans pour autant mettre en
cause le principe de hiérarchie.

La théorie du financement hiérarchique permet de conclure à la non


séparabilité entre les décisions d’investissement et de financement. Cependant, il y a
des problèmes de testabilité des théories du financement hiérarchique rendus encore
plus difficiles à cause des conclusions parfois contradictoires de chacun des modèles.

En ce qui concerne les P.M.E, la hiérarchie trouvée par Myers et Majluf


(1984) semble être la mieux adaptée à leur choix de financement. En effet, ce n’est
pas uniquement les préférences du dirigeant qui décident du classement à adopter
mais aussi les possibilités d’accéder au marché financier. De plus, ayant un risque
élevé de faillite, les banques se méfient beaucoup de leur accorder des emprunts.

Pour le dernier courant de cycle de vie, il pense que la croissance et l’accès au


marché financier ont une influence sur la structure financière. Les entreprises
dynamiques auront besoin de financements externes pour financer leur croissance.
Pendant la période de démarrage la seule source de financement disponible est les
fonds propres sous forme de capital avancé par le propriétaire. Toutefois, ces firmes
sont caractérisées par un passage rapide à la phase de croissance. Cette phase est

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généralement financée par les dettes commerciales ou des dettes bancaires à court
terme. Ces financements à court terme peuvent engendrer des risques d'illiquidité
étant donné les taux de croissance très élevés. A ce stade l'entreprise doit choisir entre
la réduction de sa croissance, l'introduction au marché des capitaux ou le recours au
capital risque. Ainsi, on peut prévoir que les entreprises caractérisées par un taux
de croissance élevé combiné à une difficulté d’accès au marché financier ont un
endettement total et à court terme excessif.

Maints travaux ont essayé de valider l’ensemble de ces théories financières


dans le cas des PME. L’enquête effectuée par Norton (1991) auprès d’une centaine de
dirigeants de PME américaines en croissance montre que les éléments liés aux coûts
de faillite, d’agence et d’asymétrie de l’information n’expliquent pas la structure du
capital des PME. Cependant, les décisions des responsables financiers semblent être
conformes aux conclusions du modèle du financement hiérarchique : fonds internes,
fonds externes et financement par fonds propres en dernier recours. D’autres auteurs
(tel que Foss 1993) plaident pour une théorie de la firme centrée sur la notion de
compétence de l’entrepreneur qui ne peut pas être sujette à contrat.

Passant donc directement aux conclusions de ce travail. L’objectif était


d’étudier les variables déterminantes de la structure financière des P.M.E dans le
cadre du courant de la dénaturation. En ce qui concerne le choix entre dettes et fonds
propres, les variables déterminantes sont la taille et la rentabilité. Ceci confirme la
théorie du financement hiérarchique. En effet, à capacité d’autofinancement égales,
les entreprises préfèrent recourir au C.I.E (Crédit interbancaire) et en second lieu à
l’endettement qu’au financement par émission d’actions. Dans le cas des P.M.E, ces
résultats soulignent les difficultés d’accès aux sources de financement. En ce qui
concerne la structure de la dette, on constate l’importance des garanties comme
variable déterminante dans l’octroi des dettes.

Au total, elle a montré que les théories de l’agence, de cycle de vie et du


financement hiérarchique sont pertinentes pour expliquer les choix en matière de
financement des PME. L’analyse empirique met l’accent sur l’effet de la particularité
de la structure de propriété des P.M.E (en effet le niveau de dette est souvent

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déterminé par la capacité personnelle du dirigeant d’assumer le risque financier) ainsi
que l’importance du C.I.E.

Elle signale la non pertinence de la cotation dans l’explication de la structure


financière de ces entreprises. Cependant, lorsque la cotation est associée à la
croissance elle devient significative. Parfois, on se trouve devant un effet statut et pas
seulement taille. Paranque (1994) affirme que «le niveau pertinent de fonds propres
est à évaluer quasiment au cas par cas, à l’aune du dynamisme des P.M.I et de leurs
capacités à répondre à la demande qui leur est adressée». Ang (1992) retient
essentiellement la difficulté de séparer les états financiers de la P.M.E de ceux de
son propriétaire.

Pour le travail d’O. TORRES, on va exposer juste ces apports pour le courant
de dénaturation du milieu des années 90 (puisque l’auteur a cité d’autres courants tels
que de diversité, de spécificité, …etc.). L’auteur essaie de trouver une relation entre la
diversité et la spécificité. Il affirme que La thèse de la spécificité n'est jamais remise
en cause, elle est simplement modulée. La diversité ne signifie que des changements
de degré au sein du cadre universel de la spécificité. L’auteur s’est posé une
question qui est comme suit : les changements de degré ne peuvent-ils pas
s'accompagner de changements de nature ?

Poser cette question pour l’auteur, conduit à ne plus considérer la thèse de la


spécificité comme un postulat mais comme une simple hypothèse de recherche
réfutable. Il ne s'agit plus d'ériger le dogme de la spécificité comme le cadre absolu de
la recherche en PME mais d'entamer un examen critique de cette thèse. Jusqu'à quel
point, le cadre d'analyse proposé par les chercheurs en P.M.E est-il valide ? La
question n'est pas de savoir si le concept P.M.E est pertinent ou non mais de délimiter
son champ de validité. Dans quelles conditions peut-on accepter la thèse de la
spécificité et à partir de quel moment ce concept n'est-il plus valide ? Pour que l'objet-
P.M.E puisse être un véritable objet de recherche, il faut, non seulement le définir,
mais aussi en fixer les limites. Il convient donc d'adopter une démarche contingente
(réfutable) de la spécificité.

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L’auteur passe à nous exposer deux travaux qui semblent récuser l'universalité
de la spécificité de la PME.

- Dénaturation de la PME et autonomie de gestion :

Curvalle (1994) s'interroge sur l'impact des méthodes de Juste à Temps et


d'Echange de Données Informatisées sur le mode de fonctionnement des P.M.E. De
même, dans une perspective précisément contingente, Dubost (1995), tout aussi
interrogative se demande si "les P.M.E françaises évoluent vers des bureaucraties",
autrement dit s'éloignent du modèle traditionnel de la P.M.E du fait de l'augmentation
des phénomènes de contrôle externe et de dépendance dont elles font l'objet. Au total,
si l'indépendance juridique est depuis longtemps utilisée comme un critère apte à
définir l'appartenance ou pas d'une entreprise de petite taille au monde des P.M.E, la
notion d'indépendance organisationnelle (plus difficile à cerner que l'indépendance
juridique) paraît devoir jouer le même rôle.

- Dénaturation de la PME et indépendance financière !

En ce qui concerne les activités financières de l'entreprise, plusieurs études


tendent à montrer que les caractéristiques traditionnelles (spécificités) des P.M.E sont
sensibles aux modes de financement. L'ouverture du capital soit par capital-risque
(Stephany, 1993), soit lors d'une introduction sur le second marché (Belletante et
Desroches, 1994) tend à réduire les spécificités des P.M.E, voire à les remettre en
cause comme cela peut être le cas lors d'un rachat d'une P.M.E par un groupe. En
interprétant ces résultats selon l'optique qui est la nôtre, la question est de savoir où
placer le seuil critique délimitant la spécificité du modèle-P.M.E ? Entre
l'indépendance financière totale où l'entrepreneur autofinance tous ces investissements
et la dépendance financière totale où l'entreprise devient la filiale d'un groupe et par
voie de conséquence est exclue du monde des PME, il demeure plusieurs situations
intermédiaires où les caractéristiques spécifiques de la PME s'atténuent plus ou moins
fortement. On peut alors suggérer deux seuils. Dans une optique restrictive, on
considérera que le modèle- PME est un modèle d'indépendance financière. Partant de
là, toute autre situation est dénaturante. Ainsi, une entreprise de petite taille qui fait

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appel à une société de capital-risque ou qui émet des actions n'est plus une PME au
sens théorique. Mais on peut avoir une définition plus large et considérer que le
modèle- P.M.E est un modèle de non- dépendance financière. Dans ces conditions,
seules les P.M.E appartenant à un groupe sont exclues. Cette deuxième conception
paraît largement majoritaire au sein de la communauté scientifique en PME. Mais le
développement des pratiques de capital-risque et la création de marché des capitaux
plus adaptés aux entreprises de petite et moyenne taille comme le second marché et le
hors-cote ne sont-elles pas des tendances récentes de nature à transformer
radicalement les modes de financement traditionnels de la PME et par voie de
conséquence à dénaturer le modèle-P.M.E tout entier ?

Pour conclure cette partie dans laquelle on a exposé ces théories, on peut dire
que les recherches concernant les P.M.E sont vraiment dans un stade développé et
riche, surtout lorsqu’on voit ce grand volume de séminaires, de thèses, et d’ouvrages
dans les pays développés. Mais, l’essentiel et l’objectif qu’on cherche est de se
positionner par le fait de se poser quelques questions et de leur trouver des réponses le
plus proche possible : quelle est notre position et notre niveau de compréhension de ce
phénomène au Maroc par rapport à ce qui se passe en Europe ou en Amérique ou
autres ? Quel modèle pouvons suivre ? Et dans quelles conditions ? Notre
réglementation est elle suffisante ou bien nous avons besoin d’une nouvelle
réglementation ? …etc. La réponse à ces questions et d’autres questions peut faire
l’objet d’une thèse de doctorat, ou des séminaires tout en exploitant les recherches
faites par certains chercheurs leaders dans la matière tels que G.CHARREUX, O.
TORRES, …etc. Puisqu’on entend toujours parler que les P.M.E représentent 95%
des entreprises existantes dans notre pays, on espère que tous les intervenants se
mobilisent pour rendre ce type de société compétitif, transparent et capable de faire
face aux défis futurs.

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La finance d’entreprise peut être considérée comme l’une des rares disciplines
de l’économie qui soit autant en pure relation avec la réalité quotidienne extérieure à
l’entreprise, tout en analysant et en maîtrisent ses différents éléments internes quelque
soit leur nature (économique, financière, technique, sociale, …etc.).

L’entreprise comme nous l’avons vu, résulte de la combinaison d’un ensemble


de facteurs agencés en vue de produire des biens et des services et de les échanger
avec d’autres agents économiques. La production nécessite des facteurs humain,
technique, et financier (capital). Cela permet à l’entreprise de créer de la valeur. La
maximisation de cette dernière représente, selon la théorie financière, l’objectif
essentiel de la gestion de l’entreprise. En effet, l’appréciation de cette valeur passe à
travers la mesure de la capacité bénéficiaire et de la rentabilité.

Nous avons pu voir que l’objectif de l’analyse et du diagnostic financier est de


faire le point sur la situation financière de la société en mettant en évidence ses points
forts et ses points faibles. On a vu aussi que, les orientations de l’analyse financière
sont fortement influencées par les contraintes ou biens objectifs majeurs de
l’entreprise. Ces objectifs qui peuvent être soit la maximisation du profit, c'est-à-dire
que l’équilibre financier est réalisé lorsqu’on atteint des gains supérieurs aux risques

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encourus. Ou bien un objectif de solvabilité qui se traduit par une capacité d’honorer
ses engagements surtout financiers à l’égard de différents intervenants, le degré de
solvabilité est fonction des ressources financières disponibles pour faire face aux
exigences de financement de l’activité. Le dernier objectif peut être celui de la
rentabilité, qui reste une condition essentielle pour la survie et le développement de
l’entreprise, et pour éliminer les contraintes liées au maintien du capital ou à la
rémunération de ses fonds propres …etc. le niveau de rentabilité peut être un
indicateur de la solvabilité future de l’entreprise.

On a exposé donc, les différents outils de l’analyse financière qui nous


permettent de juger la réalisation ou non de ces objectifs cités. Nous avons commencé
tout d’abord, par le bilan qui reste un moyen clair et simple pour décrire la situation de
l’entreprise, et d’évaluer les principaux éléments de son patrimoine. Ensuite, nous
avons vu comment le C.P.C permet de regrouper toutes les opérations de l’exercice
dans ce seul compte. Le classement des produits et charges donne la possibilité de
ressortir les différents résultats liés aux trois catégories d’opérations (opérations
d’exploitation, financières, et non courantes). Après cette présentation des données du
C.P.C, nous avons pu élaboré directement l’E.S.G, qui se compose de deux tableaux à
savoir : le tableau de formation des résultats, et le tableau de calcul de la C.A.F et de
l’A.T. ces deux tableaux nous ont permis de visualiser à travers les soldes de gestion
(marge Brute, V.A, E.B.E, …etc.) comment l’entreprise a généré son bénéfice et sa
capacité d’autofinancement.

Pour bien apprécier la notion d’équilibre financier, nous avons décidé de lui
consacrer une partie entière, en croyant à son importance et son utilité. Pour mieux le
comprendre nous avons cité une définition de cette notion d’équilibre, et nous avons
détaillé les notions de Fonds de Roulement (F.R.F) et de Besoin de Fonds Roulement
(B.F.G) en donnant leur définition, les raisons de les étudier, et leurs différentes
méthodes de calcul. Nous n’avons pas pu se limiter à ces deux termes pour décrire
l’équilibre financier en exposant deux méthodes permettant d’évaluer cet équilibre, la
première méthode dite statique est celle des Ratios, c'est-à-dire les différents rapports
établis entre les grandeurs calculés permettant de porter un jugement sur l’entreprise
dans un moment donné. La seconde méthode essaie de faire face aux insuffisances de

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la première, c'est-à-dire que le Tableau de Financement est d’un caractère dynamique
puisqu’il complète le diagnostic par une détermination des mouvements financiers de
l’entreprise au cours de l’exercice.

Dans un troisième chapitre dans lequel nous avons rencontrer quelques


problèmes liés à la difficulté d’avoir toutes les informations nécessaires à une analyse
financière fine (problème de confidentialité des données). Nous avons collé
l’exposition théorique avec un cas réel et pratique d’une Petite et Moyenne Entreprise
Marocaine, ce qui nous a donné l’occasion de valider nos connaissances et acquis
théoriques. Cette partie reste primordiale pour apprécier ce thème -du fait de la nature
de cette société, sa taille, son secteur, et autres facteurs- car c’est ici qu’on apprend la
capacité d’interpréter un tel ou tel résultat et de justifier un tel jugement, et de rester
en relation intime avec les chiffres, c'est-à-dire être dans la mesure de juger d’une
manière objective en oubliant tout ce qu’on a connu, ce qu’on connaît, et ce qu’on va
connaître.

Cette capacité de juger et de justifier, s’apprécie de plus sur le quatrième


chapitre dans lequel nous avons essayé de soulever les points forts et les points faibles
(objectivement) de cette entreprise. Nous avons pu sentir et ressortir ses points forts
qui lui donnent la possibilité de continuer sa survie et sa réussite, sans oublier de
l’avertir des imperfections ou bien faiblesses liées à son niveau financier. Cette
détermination des points forts et faibles, était accomplit par une certaine proposition
de solutions jugées satisfaisantes de notre part. Ainsi, l’importance de la partie
pratique se traduit par cette curiosité de connaître et chercher le cadre théorique qui
tient en compte l’étude des P.M.E, surtout dans les pays développés et dans nos
partenaires commerciaux et économiques du Nord. Et enfin, on demande à tous les
lecteurs de ce travail, d’essayer de formuler leurs points de vue concernant ce thème
d’analyse financière des P.M.E en particulier, et de la finance en général pour aboutir
à une économie Marocaine forte, compétitive, et productive puisqu’on souffre
toujours et encore de cette économie de rente qui donne l’impression d’une certaine
mauvaise politique économique, et une mauvaise répartition des richesses. Sans
oublier les scandales financiers que connaît la planète et les crises financières qui se
suivent, ce qui nécessite des entreprises fortes et des règles transparentes et prudentes.

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